mercredi 29 février 2012

Le renoi et le riche : métaphore sarkozyste

Par pur défi intellectuel et goût de la science, je me suis enfin décidé à regarder en entier Intouchables, et celle et ceux qui me lisent savent pourtant ce que provoque chez moi le concept de "comédie française" (= vomir). La dernière fois que j'avais tenté l'expérience pour comprendre un succès cinématographique, c'était avec Bienvenue chez les Ch'tis, expérience courte mais intense qui s'est déroulée comme suit :  j'ai lancé le film, allumé une clope. Fumé la clope, éteins la clope, stoppé le film, clic droit "Supprimer", "Vider la corbeille", "Voulez vous vraiment supprimer cet élément ?" "Oui", (OH PUTAIN OUI !!!) et lancé Ccleaner pour être certain que rien de cette flaque de chiasse de tuberculeux ne subsiste. J'ai même pensé à lancer un formatage complet pour laver cette souillure de mon disque dur. Genre. On comprendra donc que cette fois j'avais une certaine appréhension devant Intouchables, qui s'est révélé sinon bon film du moins au moins "voyable" et qui est surtout la preuve par son succès que Sarkozy sera réélu. Suivez le guide.

Structuré comme une comédie romantique sur la rencontre improbable de deux êtres que tout sépare et qui vont au début se détester, puis s'apprécier pour à la fin devenir inséparables, le biais d'Intouchables à l'originalité d'explorer cette trame par la relation entre un aide à domicile Noir issu de la banlieue et son usager blanc tétraplégique et millionnaire. On regrettera peut-être que la relation ne soit que d'amitié puisqu'il aurait été follement distrayant que se développe une torride histoire d'amour entre les deux, et l'esprit se divertit à imaginer des scènes où le renoi encule le paralytique ce qui aurait d'ailleurs permis de lancer un fructueux débat sur la tabou de la sexualité chez les personnes handicapées. Las, il faudra se contenter d'une plate histoire d'amitié toute bête jouant avec une finesse d'éléphant défoncé au Crystal sur les ressorts "comiques" des contrastes entre les deux protagonistes. Le renoi vient d'une téci pourrite et a fait de la zonzon, le riche est d'un goût aussi raffiné que son arrogance de bourge multimillionaire etc. et dès le début on connait ce film parce qu'on l'a déjà vu plein de fois, surtout dans ses versions américaines. Donc OUI, le renoi va s'affiner au contact du riche, lequel va se dévergonder au contact du renoi, ils vont s'apporter mutuellement dans le partage d'une grande richesse humaine, le voyou a évidemment un coeur d'or et le riche est super sympa au fond, rien, absolument rien, aucun cliché, aucune ficelle, aucun poncif ne nous seront épargnés ils sont venus ils sont tous là, alignés dans l'ordre et égrenés au fur et à mesure du déroulement.
Je dois ici admettre que malgré un goût malsain et assumé  pour l'hollywoodisme le plus hardcore, voir la même chose que chez les ricains en encore moins bien que dans des films déjà médiocres fût assez difficile. Mon zygomatique n'est remonté qu'une seule fois pendant tout le film et on admettra que c'est peu. Le fait est que Intouchables est un film en soi sans aucun intérêt sauf ses acteurs et particulièrement un Cluzet complètement bluffant. (et Audrey Fleurot si tu lis ces lignes, sache que les rousses pulpeuses me jettent dans de puissantes transes. File moi ton 06, c'est un ordre).

La seule chose vraiment intéressante d'Intouchables, c'est ce qu'il dit sur notre époque et sur le niveau de conscience politique des masses qui se sont ruées pour le voir. Et on va voir que le résultat n'est guère brillant.

Je reprends pour les socialistes au fond de la classe : tout est politique, absolument tout et y compris les objets de production culturels au sens large du terme. Rien n'est "anodin" et quand on sait voir, et comprendre derrière les apparences, et quand on a la bonne grille de lecture - marxiste donc - on saisit la dialectiques des rapports de forces et leurs dynamiques pour lire l'époque. Vous n'avez rien compris ? Je m'y attendais et vais donc illustrer mon propos.
Intouchables est intéressant dans la mesure où c'est un objet politique illustrant une anti-lutte des classes puisque niant totalement celle-ci. Le renoi pauvre et le blanc riche vivent dans des mondes séparés par l'argent, ce qui est démontré par les différences de traitement de l'image quand on est invité dans les deux réalités des personnages - lumière froide et glauque pour le quotidien du renoi, opulente et dorée pour le riche - et à aucun moment le film ne met le doigt sur cet antagonisme...puisque l'antagonisme n'existe pas. Il y a des pauvres. Il y a des riches. Et c'est comme ça. Et c'est même très bien comme ça puisque le riche donne du travail au pauvre, voyez comme c'est très bien organisé tout ça décidément ; et puisqu'on patauge en plein fantasme de réconciliation de classes - et de races, puisque le communautarisme est devenu une question politique n'est-ce pas -, cet apaisement des bêtes tensions platement revendicatives va en plus être au bénéfice de chacun puisque tout le monde va s'apporter du vrai humain et l'humain, hein, ben c'est le plus important je veux dire.

Cet humanisme larmoyant occulte tout de même un pan assez conséquent de nos réalités à tous. Genre celui sur lequel est construite toute la société : il n y a pas les pauvres d'un côté et les riches de l'autres "et c'est comme ça" : il y a des pauvres parce que il y a des riches qui ne le sont que grâce à l'exploitation et la spoliation des premiers. Ils ne vivent pas dans des réalités séparées pour quelque obscure raison naturaliste qui voudrait que certains sont faits pour être "en haut" et d'autres "en bas" (vison de droite n'ayant aucune légitimité ni réalité concrète), leurs réalités sont liées dialectiquement de par la domination d'une minorité riche sur une majorité. 
De ce point de vue, Intouchables est un film de propagande qui n'a pas conscience de faire de la propagande. Ce qui est pire en un sens, puisqu'ayant complètement intégré et digéré le climat droitiste de la France d'aujourd'hui et accepte avec enthousiasme une vision de la société où finalement, tout le monde est comme il est et c'est très bien comme ça...

Partant, le triomphe public de ce film s'explique aisément : il est le signe que la France est de droite et qu'aux prochaines élections, ce sera le candidat de droite qui sera réélu.
Ben ouais.


lundi 27 février 2012

PPHQLB : Awesome radio is awesome

Sauf qu'avec tout ça, on sait toujours pas ce que ça veut dire, "ça dare la savane"...

dimanche 19 février 2012

samedi 18 février 2012

Les aveugles

Il y a 6 mois, le Front National n'existait pas.
Il n y avait pas d'extrême-droite en France, d'ailleurs. Du tout. C'est très simple, on en entendait jamais parler donc partant : ça n'existait pas. Enfin si, ça avait une vague consistance, quelque chose de flou et d’indéterminé,  dont on savait que c'était méchant et puis ont se préoccupait d'autre chose. C'était loin. C'était tellement dans d'autres plans de réalités que ça n'avait pas ou si peu d'importance.
De temps en temps un esprit chagrin jouait les Cassandres en essayant de pointer une droitisation d'un certain électorat, mais celui-là on le connaissait et il faisait rien qu'à dire des choses désagréables pour sortir ses petits copains de leur ron-ron social-démocrate bobo à tendance relativement écolo. Puisque il y a 6 mois, l'extrême-droite ça n'existait pas.

Bon, maintenant que bobo s'est réveillé de son engourdissement et qu'il s'aperçoit que le FN existe bel et bien avec un risque très probable de 21 avril-bis, il se sent obligé d'en faire des caisses là dessus, sans doute pour rattraper son retard et se dire qu'il faut faire quelque chose. Ces derniers temps par exemple, il a ô surprise découvert le programme de l'extrême-droite et il pousse des "ho" et des "ah" de surprise et d'effarement devant la caractère en effet curieusement fort peu porté à la tolérance de ce camp politique. On glissera juste que l'extrême-droite ça fait un peu quelques décennies qu'on sait ce que c'est et qu'on en a exploré les contours de très - trop - près, et on évitera d'être trop méchant en disant que quand on se pique de politique on oublie jamais de toujours garder un oeil dessus même dans les moments où elle fait profil bas ; ce qui signifie avoir une culture politique et ne pas passer son temps à courir après Sarkozy, c'est vrai, et tout le monde n'a pas été à la LCR, soyons indulgent. Il n'empêche, bobo est du coup bien embêté et ne sait pas trop quoi faire, là.

Alors comme dit plus haut, vu qu'il a une culture politique se limitant à la lecture des Inrocks et l'écoute de Noir Désir, il fait ce qu'il pense être bien pour lutter contre la droite bien trop de droite et fait n'importe quoi et de préférence n'importe comment. En faisant par exemple 5 ou 6 articles par semaine sur Rue 89 puisque n'est-ce pas "on ne combat que ce qu'on connaît" et donc on va aller à la "rencontre" des gensses qui ont l'étrange idée de voter Le Pen. (et les articles sur le FN ça fait du clic et ça fait plaisir aux publicitaires et donc ça donne des sous, mais soyons certains que ces basses considérations mercantiles n'entrent jamais dans les brillants esprits qui ont concocté cette stratégie, évidemment).

On va donc aller voir de près ces curieuses bêtes qui envisagent de voter Le Pen et comble de l’exotisme on poussera l'audace à sortir de soi-même pour se frotter au prolétariat. Bigre, quelle aventure. Nantis d'un thermos de thé au jasmin - sans sucre - et d'un paquet de macarons Ladurée pour survivre en territoire forcément hostile, on va tenter de cerner les contours de ces pue-la-sueur cons dégénérés et incultes et qui logiquement vont voter Le Pen. Commisération, mépris de classe, semi-fascination révulsée pour le populo, las : nous deux braves et gentils bobos ne peuvent s'empêcher de laisser dégouliner leur répulsion à chaque ligne. Déjà qu'ils s'approchent de près de ce genre de chimpanzés, faudrait pas non plus trop leur demander d'aller en profondeur, faire du tourisme politique en France profonde c'est déjà une expédition à faire blêmir Indiana Jones, alors en plus en tirer de l'analyse, ça excède ce qu'on leur a appris en CFJ faut pas déconner.

Quel grand soulagement retire le bobo de cette lecture : ces gens ne sont décidément pas comme nous, si fins, si caustiques, si cultivés. Cette France moisie qui n'est même pas sur Twitter, ah hélas on comprend qu'elle éprouve quelque chagrin à avoir été ainsi trahie et abandonnée par la gauche, on en parlait l'autre jour au brunch de Charles et Emilie, militants PS, infographiste et responsable commerciale, des gens adorables qui font campagne pour François Hollande en ayant voté Montebourg aux primaires c'est dire si il sont de gauche, quoi. Là, dans la mollesse cotonneuse des opinions fades et des personnalités trop lisses de n'avoir rien vécu de vraiment difficile, on a déploré le vote frontiste des "pauvres" et il y en a même un qui s'est encanaillé à citer Bourdieu. Ensuite, tout le monde a dit du mal de Lana Del Rey, un moment très agréable, vraiment.

On a surtout évité de dire qu'on connaissait quelqu'un dans les cénacles pros et persos qu'on fréquente qui déclare qu'il va voter FN ; d'ailleurs lui ce n'est pas "vraiment" un vote xénophobe, il ou elle se contente de déclarer "qu'il en a marre", alors bon ça ressemble aux prolos du reportage sauf que ça n'a rien à voir vu qu'il ou elle est médecin, ou bosse dans la com, ou est cadre, ou est architecte.

Et tout le monde sait bien que des gens diplômés et cultivés ne peuvent pas vraiment voter extrême-droite, n'est-ce pas. Enfin, ils ne sont pas assez représentatifs pour y consacrer un reportage, en tout cas.
Manquerait plus qu'on découvre que les classes moyennes éduquées qui composent notre biotope sont aussi cons que les gueux. Cela ne se peut, berk.


vendredi 17 février 2012

PPHQLB : straw dogs

Cerveau droit

- Nicolas Sarkozy s'est déclaré candidat officiellement et comme c'était parfaitement prévisible il remonte. Il va gagner.

- Tu ne peux pas dire ça, tu es défaitiste, tu es méchant et tu fais le jeu de la droite.

- Heu...non, enfin je ne pense pas, enfin j'espère pas quoi...bon, c'est juste que le storytelling était parfaitement écrit à l'avance et qu'il a fonctionné à mort, c'est tout hein...

- Oui mais non parce que Sarkozy il est méchant et qu'il faut absolument virer Sarkozy avant toute chose et que dire le contraire c'est du cynisme et le cynisme c'est pas de gauche. Et tu es méchant.

- Point du tout, je passe tous les jours devant la crèche à côté de chez moi et mon petit coeur sensible est tout ému devant tellement de tendre innocence rieuse, tu vois bien. C'est juste que si on a une analyse "politique" de la dynamique des rapport de forces, ici, maintenant, en France, là tout de suite, ben Mimolette n'a aucune chance. Et Sarkozy va être réelu, que veux-tu que je te dise ?...

- Tu es méchant et tu es prétentieux et tu lis l'avenir maintenant, ah ben bravo quoi. 

- Non mais non mais évidemment pas, bon. Je constate qu'on est dans un pays de droite, ce qui me navre extrêmement, et que même les gens de droite qui détestent sincèrement Sarkozy pour toutes sortes de raisons préféreront encore voter pour lui par haine de la gauche. Voilà. On passe à autre chose maintenant, genre faire des choses utiles ?...

- C'est juste pas possible que Sarko repasse d'ailleurs toute ma Tweet List est d'acccord pour que Sarko il repasse pas alors tu vois bien ??

- Heu, Twitter c'est à 80 % des bobos soc' dems qui pensent qu'ils sont représentatifs alors que non...se baser là dessus, c'es un peu léger...

- Bon alors voilà : c'est foutu c'est mort et on a plus qu'à se suicider joyeusement, c'est bien ce que je disais, tu es défaitiste.

- (se pince l’arête du nez façon Lino en homme de la pampa) Ok...il me semble. Juste. Je dis ça je dis rien. Que. Entre d'un côté le gnagnagna anti-sarkozyste frontal fovirésarko fovirésarko et faut voter "utile" à tout prix. Et. De l'autre. Si on vote pas "utile" pour l'autre faisan qui préfère rassurer les marchés plutôt que les classes populaires. Du coup tout est foutu et on va tous mourir. Je pense. Moi perso. My 2 cents. Qu'on peut éventuellement commencer à réfléchir. Réfléchir. Avec son cerveau. Ce qui signifie ne pas se laisser emporter par de l'émotionnel et de "l'indignation" qui sert à rien. Réfléchir donc à comment on va pouvoir reconstruire une vraie gauche.

- Ah bravo. Une "vraie" gauche. Comme on dit des races qu'elles sont "pures", c'est ça, hein ??? Tu es immature, en plus, sale gauchiste !

- Mh, toi tu es tellement con que tu dois être végétarien, non ?

- Et tu es condescendant, de mieux en mieux.

- Je préfère dire "en distanciation émotionnelle", merci. C'est à dire que je ne projette pas ce que je voudrais  qu'il arrive mais que je constate ce qui est et que je me demande comment agir par rapport à ça. C'est un truc qui s'appelle de la stratégie, c'est politique, et en politique vaut mieux pas confondre la réalité et les sentiments.

- Tu n'as pas de sentiments alors ? Ni coeur, ni émotions ni rien, tu es une machine...

- Exactement, d'ailleurs pendant que je passais du temps à torcher des myopathes dans le boulot d'avant, c'était exactement la qualité requise. Je ne confonds pas sensibilité et sensiblerie est-ce que c'est si difficile à comprendre ???


- Ben je te parie une bouteille de champagne que tu as tort et que Sarko ne repassera pas !

- (Ricane) Avec toutes les bouteilles que j'ai parié là dessus, on m'en doit déjà au moins deux caisses. Et je ne prends des paris que si je suis certain de les gagner.

- Mais il faut virer Sarko parce qu'il est xénophobe et que Hollande il l'est pas, AH AH, tu es fait ! REP À SA STP !

- Non mais qu'est-ce que c'est que ce langage ? Et rappelle moi quand c'était la dernière fois que des sosses sont revenus sur des lois que la droite avait mise en place ? Tu penses vraiment qu'il ne vont pas expulser du sans-papier ? Chevènement, Vaillant, remember ?

- Ben faut pas se tromper d'ennemis non plus quoi !

- Absolument. L'ennemi c'est la droite, et partant une bonne partie du P"S". Tu vois que je fais preuve de nuance et de discernement.

- Alors faut plus rien faire, noir c'est noir il n y a plus d'espoir gris c'est gris tout est fini. Ouin. Je t'ai dis que tu étais méchant ? Tu es très méchant.

- Non, je suis d'une gentillesse impitoyable. Mais bon, je sais comment mon camp fonctionne, depuis le temps, entre l'enthousiasme déconnecté et l’effondrement catatonique y a plus rien.

- Et tu propose quoi ???

- Juste un truc qu'un type avait sorti y a longtemps, un Russe si mes souvenirs sont bons : Ni rire. Ni pleurer. Comprendre.

- Il était de gauche, ce type ?

- Un petit peu, ouais...

"Alors l'idée, voyez, ça serait qu'on ferait de la politique en évitant de vivre au pays des poneys, si j'ose dire."

lundi 13 février 2012

Les chiens

Pas de bol pour les grecs, une chanteuse droguée est morte pendant qu'on leur plantait le dernier gros clou de leur cercueil. 22 % du salaire minimum en moins donc 584 € par mois pour vivre. À ce compte là, la seule chose un peu étonnante c'est qu'ils ne soient pas davantage à incendier des banques, étonnement se dissipant aisément quand on voit à quelle point la "gauche" grecque est avilie, servile pleutre et corrompue en un mot : socialiste.  Et ne doutons pas une seule seconde que ce qui se passe là-bas est le laboratoire en temps réel de ce qui va nous tomber dessus d'ici...très peu.

Mais pour préparer le bon peuple, il y aura les chiens habituels pour aboyer la propagande néolibérale, et ça a déjà commencé : Marc Fiorentino sur BFM qui éxige les mêmes "mesures chocs" en France et le plus rapidement possible, Le dégénéré Quatremer qui se fout du sort des gens malades du moment que son idéologie européiste est appliquée à la trique, le sordide Mimolette assurant son approbation du "plan d'austérité" hier sur Canal+ suivi ce matin de Peillon qui déclare la bouche en coeur qu'en tant que député il aurait voté le plan, et les umpistes habituels dans leur numéros de haine de classe déguisée en souci hypocrite du bien-être national. Tous montent au front médiatique pour faire la "pédagogie des réformes", tous sont bien au chaud dans leurs prébendes et dans leurs consainguinités politico-jounalistico-mafieuses, aucun ne subira les conséquences concrètes de ce qu'ils veulent nous imposer.

Aucun ?
Vraiment ?
Sauf à leur faire comprendre de visu ce qui risque bel et bien de devenir un certain mécontentement, voire un mécontentement certain.

L'ennemi ça ne sort pas tous seul de la cuisse de Jupiter : ça se construit. Et coup de bol : l'ennemi - objectif de classe pour causer vintage - on sait qui il est et on sait où le trouver. Que ce soit à la sortie des rédactions ou à l'Assemblée Nationale, ces gens qui se pensent tellement au dessus de nous sont pourtant atteignables. Touchables. Ils ne vivent pas toujours dans des bulles, à certains moments ils sont bien obligés de descendre dans les rues et pendant ces moments là : ils sont accessibles pour leur demander des comptes.

Précision : je ne suis pas en train d'encourager à leur lancer des briques au visage. Non pas par bonté d'âme s'entend bien, mais parce que la maréchaussée républicaine aurait du mal à comprendre la subtilité politique de la démarche, et surtout parce que le populo n'est pas encore prêt a comprendre ce genre de choses. Pour l'essentiel, la majorité de la population pense encore, bêtement c'est vrai, qu'il y a encore un espoir de s'en sortir et d'être peut-être épargnés...
Quand ils verront leurs 1000 € par mois passer à 780 - 22 % en moins dans les dents, remember - et qu'il leur faudra survivre avec ça, gageons toutefois que l'énervement les gagnera assez vite. Il n'est même pas impossible qu'on passe d'une population complètement apathique à des foules émeutières en moins de temps q'il n'en faut pour dire "Alain Minc". Mais on en est pas encore là...
En attendant, il y a des responsables. Il y a des coupables. Il y a des personnes physiques qui sont coupables de collaboration active avec le libéral-fascisme et on a pas besoin et les chercher bien loin : ils passent tous les jours à la télé.

Je pense que nous serons un certain nombre d'ici peu à importer ces coutumes sud-américaines qui consistent à faire des concertos de casseroles sous les fenêtres des chiens du néolibéralisme, en arguant d'un fait fort simple : ils nous empêchent de vivre, nous les empêcherons de dormir.
L'idée d'un harcèlement pacifique mais déterminé, médiatiquement repris il va sans dire, est une piste intéressante à explorer dans la construction de l'ennemi et la désignation des coupables aux masses laborieuses qui tôt ou tard - quand leurs salaires seront ravagés cf. plus haut - qui sont les gentils. Et qui sont les méchants...


vendredi 10 février 2012

Abandonnez tout espoir

Le pire ce n'est pas seulement d'être cernés par des individualistes uniquement préoccupés de leurs Iphones et de leur crédits Sofinco sur leur canapé en cuir, même si c'est déjà hautement pénible. Le pire, c'est les gens de gôche qui passent leur temps à se masturber la nouille et à "douter". Vous faites tous chier avec vos doutes à la con. Le doute, ça ne sert à rien, juste à paralyser la décision. Les gens de gauche doutent et les abrutis de droite ont juste trois certitudes qui tournent en boucle dans leurs cervelles de veaux, c'est leur unique force et elle est dévastatrice. 

On est cernés par des cons et des égoïstes, la dépolitisation ne se contente plus d'avoir touché le fond mais empoigne vigoureusement une pioche pour gratter encore quelques centimètres, les horizons apparaissent on ne peut plus menaçants, et ils font quoi les gens de gôche ? Ils doutent. Ils s’interrogent. Il se prennent la tête à deux mains pour penser le complexe. Et ils se demandent si finalement ils ne vont pas voter "utile".
Allez vous faire enculer avec du gravier et de l'harissa, les défenseurs du vote "utile". D'ailleurs, même pas besoin de vous le souhaiter : c'est ce qui va vous arriver de toute façon. Comprenez rien, la cervelle paralysée de trouille et de sidération, l'oeil rivé sur Sarkozy et Le Pen en tremblant de vos petites fesses glaglagla et comme à chaque fois vous allez tenter lamentablement de sauver les meubles en votant "moins pire".

Il paraîtrait que je suis un "extrémiste" et qu'à un moment il faut être "réaliste". Sauf que non, les bobos, c'est moi qui suis réaliste et c'est vous qui vivez au pays des bisous : que ce soit Sarkozy ou Hollande, le Plan de rigueur du FMI et de la finance on se le prendra pleine poire de toutes manières, et les sans-papiers s'expulsent fort bien par les ministres de l'Intérieur de droite comme de pseudo-gauche. Mais ça c'est de l'argumentaire de simple bon sens, c'est la réalité observable, les choses basiques en sommes. Mais même ça n'arrive plus à entrer dans vos cervelles terrorisées, il n y a plus que de la peur rampante et plus rien du tout pour réfléchir. 

En plus, vous ne souhaitez même pas voter utile par sauvegarde de certaines valeurs, vous voulez juste préserver votre confort d'abonnés à Télérama et pouvoir continuer à aller voir des films afghans sur des chameaux qui pleurent en allant prendre un verre ensuite pour causer "culture". Je vais finir par dégueuler la "Culture" à force de la voir comme plus-value mondaine et refuge moral, quand on me parle "Culture" j'ai de la sympathie pour les maoïstes et pour un post-trotskyste croyez bien que ça fait bizarre. Votre "Culture" n'est plus un outil d'émancipation et de compréhension active du monde, c'est votre objet transitionnel, votre doudou pour vous consoler de ce monde trop méchant. Quand on aura éradiqué la "Culture" et la branlette intelloïde qui l'accompagne, on aura accompli un pas définitif dans la reconstruction d'une gauche digne de ce nom.

"Mais qu'est-ce que tu veux faire, mais on sait pas quoi faire, mais tu critiques tout tu propose rien, on va voter utile parce qu'on a peuuuuuuur". Ce que je propose ? Offrez-vous une paire de couilles, pour commencer (Mode VirilistoCryptoDominant/ON). Commencez à comprendre que le monde que vous voulez à tout prix sauvegarder y compris par des renonciations et des petites lâchetés minables, ils est mort. MORT. On vit dans des bulles par affinités culturo-militantes qui se rétrécissent de jour en jour, comme l'ours polaire sur son bout d'iceberg et à un moment il va falloir plonger dans le méchant bain glacé parce qu'il n y aura plus, du tout, le choix. Moi et mes 10 années de précarité on vous attend, j'ai tout, la masque le tuba et les palmes, et puis vous allez voir : au début elle est super froide et puis on se dit que c'est ça où couler.

Qu'est-ce qu'il vous faut, à la fin, pour vous sortir de vos indignations sans intérêt et de vos pétoches ? Ce n'est tout de même pas comme si tout était réuni pour vous faire percuter le réel, non ? Mais ça y est, je viens de comprendre : vous avez encore de l'espoir...comme c'est mignon. Si on était pas à ce point dans la merde, ce serait presque attendrissant. C'est un peu pathétique, aussi. Surtout.
Abandonnez tout espoir de maintenir encore le monde dans lequel vous vivez, il n'existe plus, vous avez encore l'illusion de pouvoir le sauver, sauf que c'est trop tard. Abandonnez toute espérance d'être épargnés, vous ne le serez pas. Acceptez l'évidence. 
C'est seulement quand vous aurez perdu tout ça que vous serez libres d'entrer dans un véritable espoir, moins doux et cotonneux, bien plus âpre et cruel, oh putain oui ; mais dont vous vous apercevrez qu'il est le seul qui vaille. Vous allez devenir de gauche, mes loulous, vraiment de gauche, mais ce sera uniquement quand vous n'aurez plus d'autre choix.


jeudi 9 février 2012

La droite des prétoires


"Eric Woerth, 56 ans, a été entendu mercredi par un juge d'instruction bordelais dans le cadre du tentaculaire dossier Bettencourt. A l'issue d'une longue journée d'audition, l'ancien ministre du Budget, puis du Travail, a été mis en examen pour trafic d'influence passif. Le délit de trafic d'influence est puni de dix ans d'emprisonnement et de 150.000 euros d'amende."


Ne rêvons pas trop : Worth le corrompu et corrupteur - de l'UMP - ne fera jamais 10 ans de zonzon comme le premier récidiviste venu. Ça pourrait être très amusant de songer à la vie d'un type passé des hippodromes au ramassage de savonnettes et la nécessité de se faire "protéger" par Gros Robert, 120 kilos de tendresse fruste et de gros besoins affectifs, mais notre ministre dispose de suffisamment de moyens obtenus illégalement et d'avocats douteux puisque de droite pour s'éviter ce genre de remise en question identitaire.
C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a autant d'avocats dans le camp de la bourgeoisie, pas cons les mecs : ils savent dès le départ qu'il vaut mieux connaître intimement le système des lois pour les utiliser à leur profit et ça servira également en cas de coups durs quand ils seront mis en examen ce qui, surtout si on a été cadre du RPR, arrivera immanquablement un jour ou l'autre.

(Un peu de patience toutefois : si les mises en accusations et autres gardes à vues concernent surtout des personnalités de l'ex-parti gaulliste, ne doutons pas que nous retrouverons des Jeunes Pop de maintenant empêtrés dans de tortueux démêlés judiciaires d'ici une dizaine d'années ; en ce moment, ils sont simplement occupés à finir leurs études et à comploter entre eux ce qui les préparera le mieux du monde à leurs existences de délinquants en cols blancs. C'est qu'il faut bien honorer les traditions de son camp politique, voyez-vous).

La droite a beaucoup glosé sur les dérives de certains roitelets "socialistes", Guérini et autres, d'abord parce que taper sur les autres c'est la règle du jeu, et aussi parce que ces affaires venaient à point pour faire oublier la nature profonde et structurelle de la droite : son hypocrisie et son incapacité à réfréner sa rapacité. Un psychiatre aurait d'ailleurs quelques choses fort passionnantes à dire sur le rapport obsessionnel-compulsif des droitards à l'argent et cette tendance à la psychopathie qu'ils semblent tous partager dès qu'il est question de s'enrichir financièrement y compris au mépris de la vie d'autrui, le BTP étant un des exemples les plus saillants dans ce domaine. Il y a une pathologie clinique à être de droite, admettons le, et on sait depuis un philosophe allemand et moustachu que les gens qui n'ont que Valeurs et Morale dans leurs bouches en culs de poule se comportent toujours comme les pires des salopards.

En attendant le verdict de la médecine, c'est la Justice qui tranche et il suffit de voir le nombre de gens de droite qui embouteillent les prétoires pour comprendre cette réalité première : on peut être malhonnête sans être de droite ; mais quand même ça aide bien. Disons que ce n'est tout de même pas un hasard si on rencontre davantage de droitards impliqués dans des affaires de corruption ou de moeurs que d'élus communistes ou de militants syndicaux. C'est tout simplement que des choses comme aller aux putes, violenter ses proches ou faire de la fraude fiscale sont des traditions de droite intrinsèquement liées à leur croyance en leur droit à dominer autrui par tous les moyens.

On comprendra donc une certaine répugnance, parfois, à certains discours appelant niaisement à "dépasser le clivage droite-gauche", comme si il était simplement possible d'envisager de faire quoi que ce soit avec des gens qui ne réfléchissent dès qu'ils vous rencontrent à comment ils vont vous enculer. On objectera que la dite pratique peut être fort agréable ce que je crois sur parole ; encore y faut-il être consentant au départ, tout de même. Et ces gens, derrière leurs faux sourires, manquent décidément des délicatesses idoines.


lundi 6 février 2012

Nazis mous


On ne peut pas dire que Libéral soit un être humain "normal", au sens de : comme les autres. L'individu lambda, même lobotomisé à coup de télévision et de lecture de gratuits dans le métro s'efforcera toujours de ressentir le minimum syndical de compassion et d'élan d'humanité envers son prochain, il suffit de voir les gens se précipiter pour aider quelqu'un qui fait un malaise sur la voie publique. Pas des secouristes pros, pas des médecins ou des infirmiers chevronnés, de simples personnes qui voient une autre personne aller - très - mal et se portent à son secours sans réfléchir ni calculer et il est possible que ça vous soit arrivé à vous aussi, et ça m'est arrivé à moi d'ailleurs. Même pas de gloire spéciale à en retirer, c'est en quelque sorte faire son job d'être humain.
On se demande quand même comment réagissent les Jean Quatremer quand ils voient quelqu'un tomber. Au vu de son tweet ci-dessus, probable qu'il passe son chemin en se disant que l'individu rationnel doit prendre ses responsabilités et aurait dû penser à se prendre en main pour ne pas tomber au milieu des autres individus responsables.

Il paraît que j’exagérerais quand je met en avant l'idée de "libéral-fascisme" ; ce n'est pourtant que la simple réalité aisément constatable chaque jour. Un libéral se moque éperdument de la vie d'autrui du moment que son idéologie est imposée aux autres. Il se moque des conséquences concrètes, des drames, des blessures, des morts, il ne ressent rien, doit probablement s'interdire de ressentir pour cadenasser sa foi fanatisée. Il faut que la concurrence libre et non faussée et les privatisations soient appliquées, les effets concrets en deviennent secondaires voire superfétatoires. Peu lui importe que les grecs malades décèdent, peu lui importe que les trains anglais déraillent, peu lui importe que les lituaniens soient jetés dans le chômage structurel : le libéralisme est tellement bon qu'ils sera imposé de force. Personne n'en veut ? Là aussi peu importe, un libéral est à ce point déshumanisé que les opinions publiques n'existent pas. Tout ce qui compte et doit compter, ce qui prime sur tout absolument tout, c'est le libéralisme.

Malgré leurs cris d'orfraies devant le programme "socialiste" (sic) de Marine Le Pen, au cas où ils auraient à choisir entre celle-ci et mettons Mélenchon, doutez-vous une seule seconde qu'ils voteraient pour elle d'un seul élan ? Bien sûr que non. Ils préféreront toujours soutenir le fascisme par "anticommunisme" pavolvien. Et nul doute qu'alors ils ne seraient en rien inquiétés par un pouvoir d'extrême-droite, tout au contraire : ils sauront se retrouver dans le darwinisme social et la haine des "faibles" et y nageront comme des poissons dans l'eau. En protestant toujours de leur amour des "libertés" : les leurs. Jamais celles des autres puisque les êtres humains non-libéraux n'existent tout simplement pas à leurs yeux.

Les libéraux sont en somme des nazis mous. Réclamant la férocité et admirateurs de la force, mais bien incapable eux-même de la mettre en pratique : ils se contenteront de laisser d'autres qu'eux faire les besognes ingrates, voilà tout.

dimanche 5 février 2012

Racolage actif

Si vous vous demandez quel est le réflexe de l'homme hétérosexuel qui le poussera spontanément à cliquer sur n'importe quoi quand il traîne ses guêtres sur Internet, c'est très simple et ça se résume en un mot : nichons. L'homme hétérosexuel voit une photo avec des nichons et il a envie de cliquer dessus pour mieux voir les nichons, accessoirement la personne qui les possède, et espère dans la foulée voir d'autres nichons sur d'autres personnes. Oui, nous sommes tragiquement prévisibles, c'est dramatique.
Et partant, en tant qu'homme hétérosexuel tragiquement prévisible au niveau de ses infra-pulsions, j'ai vu des nichons hier et j'ai cliqué pour voir ça de plus près.

Quelle ne fût pas ma surprise :



Claire, délicieuse étudiante en médecine et partant bûcheuse acharnée n'en néglige pas pour autant son minois de porno star californienne et les grandes questions de société : ainsi elle est "engagée & militante pour Marine Le Pen" et en profite ô coïncidence à vous inviter à aller à son meeting.
On admettra que la chose puisse laisser circonspect.
Pour le moins.

Plus tellement naïf concernant les choses de l'affectivo-sexuel et m'étonnant quelque peu de cette présence spontanée d'une bombasse frontiste, je supputais le gros fake qui tâche assez vite. Disons : immédiatement, voilà. Supputation confirmée devant l'empressement de la demoiselle à entrer en contact avec moi sans avoir regardé ma fiche ni rien d'autre.
Prestement signalé comme gros fake, le profil aguicheur de notre "étudiante" disparût quelques minutes plus tard, modéré par le site.

Ils sont quand même très forts.
"Claire", ou plus probablement Jean-Roger militant frontiste à poils ras et tête plein d'eau, passe donc son temps sur des sites de rencontres - ne doutons pas que "Claire" et d'autres copines à elle sont en ce moment même en train de racoler pour Le Pen un peu partout - ce afin de montrer qu'on peut être militante d'extrême-droite, grave bonne, intelligente et plus si affinités. Reconnaissons que c'est habile, même si la crédibilité de l’entreprise ne doit pas durer bien longtemps. Et peu importe : le projet, c'est coloniser Internet en étant présent partout et alors absolument : partout.
Je dis ça je dis rien, mais quand je vois les frilosités des gens de gauche à aller sur le Web pour y faire de l'agit-prop et se contenter quand ils daignent y descendre de faire des blogs moches dans lesquels ils passeront leur temps à parler de Sarkozy...
En face, ils n'ont pas nos délicats scrupules, il est vrai. Nous sommes tellement plus moraux et élevés que ça, paraît-il.

Et puis en communication Internet, on a rien que 10 ans de retard sur eux, après tout.

vendredi 3 février 2012

Néo-victorienne

C'est aussi dans l'anecdotique qu'on mesure le degré de régression d'une société qui il n y a pas si longtemps pouvait à juste titre se vanter d'encore posséder quelques conquêtes progressistes, une Sécurité Sociale, des services publics gratuits et compétents, une certaine vision de l'égalité...
Une forme d'intelligence, en somme. Parce que fondamentalement c'est ça, une démarche émancipatrice à l'échelle d'une société voire d'une civilisation : la conviction que l'intelligence doit triompher de l'obscurantisme et que les plus hautes qualités humaines, la solidarité et l'égalité, le souci d'autrui et la tolérance doivent être traduites en politiques dans la Cité. 
Ben à force de vivre dans un pays de cons de droite, c'est en train de se barrer en quenelle comme vous savez parce que la droite hait l'intelligence. Elle l'a toujours haïe parce qu'elle sait que c'est le pire ennemi de son désir de mainmise et de domination. Son intérêt objectif est donc de fabriquer des crétins et pour ça, ils faut concasser l'intelligence par tous les moyens. Laver les cerveaux avec la télé et privatiser tout étant les deux axes principaux de cet objectif, les plus visibles en tout cas, la régression en marche se traduit également par des détails, des anecdotes, des mini-buzz a priori insignifiants et pourtant en disent long ; ainsi ce "scandale" des affiches d'un film.

"Les infidèles" a l'air d'être une de ces bonnes grosses comédies bien de chez nous et partant aussi indigeste que non-drôle et à moins que je tombe dessus par total hasard lors de sa diffusion télé un jour, hypothèse d'autant plus improbable que je n'ai pas la télé, je n'y jetterai même pas un cil. Mais il paraîtrait que les affiches dudit film seraient choquantes.
Ah bon ?
Dujardin entre les jambes d'une femme et Lellouche avec une tête de femme devant l’entrejambe, donc. C'est tout ? C'est tout. Non, je veux dire : c'est tout ??? Ben oui et pourtant selon l'ARPP, "Cette campagne est contraire aux règles sur l'image de la personne humaine".
Fichtre. 
Rien Moins.
Et ça serait "sexiste" en plus.
C'est juste qu'on voit que l'ARPP nage en pleine hypocrisie, puisque si elle décidait de pousser la logique jusqu'au bout, elle entrerait en croisade devant toutes les affiches et publicité sexistes et autant dire que nos écrans et affichages seraient singulièrement décimés ; rappelons qu'un yaourt ne peut envisager de se vendre sans une nana à poil simulant l'orgasme et ça ne semble pas les chatouiller plus que ça, l'ARPP. Il y en a même, les niais, qui parlent de protéger les âmes innocentes de nos chères têtes blondes d'images par trop explicites, Mon Dieu, on est tombé bien bas. Dans quelle réalité alternative vivent ces gens ? Comme si les gosses ne savaient pas depuis lurette trouver du porno sur Internet avant même d'avoir l'âge de seulement comprendre ce que le monsieur fait à la dame et inversement.

Ces affiches ne sont donc pas le problème mais le buzz les entourant est un symptôme. Celui de la régression générale en cours - qui n'est pas la "décadence", concept fumeux de la droite réactionnaire qui rêve de revenir à un âge d'Or d'autant plus indéterminé qu'il n a jamais existé réellement d'où d'ailleurs son intérêt premier : on rêve d'autant plus fort que l'objet de ses fantasmes n'a jamais eu de substance concrète - et du retour en arrière à force de politiques de droite et de climat réactionnaire entretenu par des éditorialistes soi-disant baillonnés et pourtant omniprésents.
Ce que nous sort en somme l'ARPP c'est rien moins que ces affiches sont "contraires aux bonnes moeurs", expression bien vintage qui sent très fort son 19ème siècle, quand la société bourgeoise se faisait un délice de s'offusquer de pseudo-audaces licencieuses alors qu'elle ne voyait nul inconvénient à s'enrichir sur le dos de la classe ouvrière trimant dans des mines et usines et ne rechignait pas à aller en maisons closes pour évacuer ses fortes tensions ; c'est que dame, exploiter autrui, c'est que ça crispe vous savez, à force.

Le processus est exactement le même qu'à cette époque : pointer du doigts quelques anecdotiques et insignifiantes manifestations - pour le plus grand bénéfice des petits malins qui ont su construire le soi-disant "scandale" - en faisant mine de ne pas voir tout le reste au nom de la sauvegarde nécessaire d'une "morale" conservatrice qui n'a rien à voir avec le sentiment moral d’indignation légitime devant les vraies injustices.

Nous sommes donc tous à nos corps défendants embarqués par la droite et ses idéologues dans un gigantesque voyage dans le temps avec comme but de récréer une société de classes bien distinctes et bien tranchées : les dominants en haut, et le reste dans la précarité avec la possibilité de consommer pour se distraire. 
Parce que si des fois la piétaille se mettait à réfléchir, la première chose dont elle s'apercevrait c'est précisément qu'elle n'a pas besoin de la bourgeoisie.


jeudi 2 février 2012

Who's daddy ?

- C'est bon, enlevez leur les cagoules.

- (R) : Hhhhhhhh on est...on est où bordel ???

- (G) : Maismaismais on fait quoi ici et c'est quoi ce...CSP ??!!??

- Salut les loulous. Ouais c'est moi, CSP, Meilleur Blogueur De Gauche mais vous connaissez. Ça roule ?

- (R) : Tu...tu fais quoi là ? Pourquoi on est ici avec les mains attachées dans le dos et à genoux sur des parpaings ??

- (G) : Et ça fait hyper mal en plus.

- D'abord la politesse : je vous présente Igor et Boyka qui vous ont chloroformés et kidnappés à la sortie du bar, dites coucou. Ils sont pas bien bavards et entre nous tant mieux, c'est pas vraiment pour leur conversation que je les ai embauchés, hein, ah ah ah. Bref, je vous ait...invités pour qu'on ait une petite conversation. Entre hommes, quoi. Enfin, je parle et vous écoutez en acquiesçant, si vous voyez l'idée.

- (R) : Mais t'es encore plus bargeot qu'on le pensait ! 

- (G) : Et on pensait déjà que t'étais vraiment bargeot, pourtant. Je peux pas bouger un peu les genoux, ça pique un peu là ?

- Non. Alors comme ça on a un petit blog certes talentueux mais moins que moi pour me faire de la concurrence libre et non faussée, mh ?

- (R) : Attends. Attends. On peut tout expliquer, d'accord ? Tu nous détaches, et on discute, ok ?

- (G) : Et puis il fait vachement humide dans cette cave et j'ai oublié ma polaire.

- Non. Alors voyez, moi perso, je suis pas contre que ça crée une saine émulation, notez bien hein. Je veux dire, tant que je suis en situation de monopole objectif quoi. Ensuite, que deux sales petits jeunes viennent me marcher sur les plates-bandes, comme ça, sans venir me rendre hommage, sans même une visite de courtoisie...ça fait quand même quelques années que je suis dans le bazar, et cette absence de politesse élémentaire, ben vous voyez : ça me froisse. 

- (R) : Non mais on allait le faire hein !

- (G) : Ah mais carrément ! Pas un jour sans que je dise à R. : "Mais comment il faut grave aller voir CSP pour lui rendre un hommage hyper-respectueux et lui jurer de pas empiéter sur ses arpions bloguesques avec tout le respect tremblant qu'on doit au pionnier de la gauchosphère qui a dû faire toutes les guerres pour être aussi fort aujourd'hui !". Juré !

- Mouais, pas mal. Refait le avec plus d'émotion. Ceci dit, j'applaudis et encourage l'initiative, notez. Déjà c'est lisible, rien que ça c'est bien, ça change, voyez. Et puis on sent de l'effort, de la bonne volonté; z'avez compris que la propagande ça passe par le Web et c'est déjà un grand grand pas par rapport à vos petits camarades qui théorisent les moyens de se faire chier le plus possible dans le militantisme vintage. Je salue, sincèrement.

- (R) : Ah mais trop, quoi ! On suit ton exemple, Grand CSP, j'imprime tous tes billets pour les sertir dans des cadres en bois exotiques et parfumés, te dire comment je suis fan !

- (G) : On peut se lever maintenant ? Je crois que je saigne un peu du genou droit...

- Boyka, remet le à sa place. Merci, c'est chou. Où en étais-je ? Ah oui : donc tout ça c'est très bien, d'accord. Mais...je sais pas...y avait un état d'esprit...des sous-entendus, des petites mesquineries, oh pas bien méchantes au début mais ensuite ça a pris une tournure déplaisante..."CSP il est vieux", "CSP il a fait son temps, il est usé, fatigué", "CSP c'était mieux avant, c'est plus le même blogueur qu'avant", "nous on est jeunes on est l'avenir, faudrait pas qu'ils s'incruste trop longtemps..."...j'aime pas ces trucs, dans mon dos, je trouve ça, comment dire...mesquin, quoi.

- (G) : Oui enfin ça c'est surtout R. qui le disait, hein. Moi j'oserais jamais, Ô CSP.

- (R) :'Culé.

- (G) : Ouais ben t'es gentil mais se dire des trucs après la 12ème bière c'est une chose, avoir l'autre psychopathe en face ça rigole tout de suite moins, chacun pour soi mon pote. Allez CSP, tu me détache, je me passe du mercurochrome sur le genou et on ne parle plus de tout ça. Bro.

- Bro...

- (G) : Heu, Grand CSP je voulais dire allez quoi soit sympa détache moi j'ai froid j'ai peur et j'ai envie de faire pipi rapport à la bière toussa STEPLÉÉÉÉÉÉÉÉÉ ! (fond en larmes)

- Tiens t'as craqué en premier, marrant...j'aurais pensé que quand on fait du trekking en Palestine on aurait le cuir un peu plus rude, comme quoi...

- (R) : Ah et puis merde à la fin ! Rien à foutre de CSP ! Oui, t'es trop vieux et puis t'es trop chiant et nous c'est mieux ce qu'on fait, on est jeunes, on est fous, on se bourre la gueule et on drague des meufs, on est trop des punks talentueux et post-trotskystes et puis je parle couramment trois langues et pas toi d'abord, we're the future your future comme disait Johnny Rotten Béni Soit-Il, et puis CSP au début c’était rigolo parce que tu bashais tout le monde et puis maintenant tu te prends au sérieux et tu fais des analyses - évidemment brillantes - et tu veux expliquer la vie et puis y a même pas de meufs à poil sur ton blog tout pourri d'abord et puis...et puis...t'es trop...CHAUVE !!!

- (G) : On est morts.

- Tu devrais pas dire des choses comme ça, R...tu es dans l'émotion, tu es dans le ressenti outrancier et je comprends ça, vraiment...tu veux que je rende public les conversations qu'on a sur Facebook, sinon ?

- (R) : (déglutis) Tu...tu osera pas...t'es là dedans encore plus profond que moi. Je nierai TOUT !

- (G) : De quoi vous parlez sur Facebook ?

- Oh, de tout, de rien, de..relations humaines, surtout hommes-femmes à vrai dire...on badine, quoi...c'est juste que pour un progressiste, vachement de gauche et tout, mh...si jeune et déjà une réputation anéantie, quel dommage ce serait...

- (R) : Mais tu es pire que moi ! TU ES UN MONSTRE !!!

- La flatterie ne te mènera nulle part. Alors bon voilà ce qu'on va faire : je vais donc vous relâcher...

(Soupir de soulagements)

-...mais avant, je dois vous punir. Juste un petit peu. Mettez vous à ma place, aussi ; si je ne commet pas sur vous un châtiment cruel injuste et disproportionné, les gens vont jaser et dire que CSP perd la main. Et les gens sont tellement méchants. Et puis bon, pour écrire sur un blog, on peut très bien se passer de ses pouces. Igor, Boyka, tenez les pendant que je prends le sécateur.

- NOOOOOOOOOOOOOOON !!!!!!!!!!!!!!

- Allez, allez. Bon, et puis quand tout ça sera terminé, je vais vous parlez d'un petit projet que j'ai pour vous, puisque soyons sérieux vous n'allez plus y rester très longtemps dans votre groupuscule. J'ai de grandes idées pour vous, vous saurez avoir l'intelligence de ne pas refuser...


mercredi 1 février 2012