mercredi 30 novembre 2011

C'est bien ce qu'on disait

Le tueur d'enfants islamophobe Breivik est donc fou, selon les experts psychiatres qui l'ont examiné. "l'extrémiste de droite ne pourra donc pas être condamné à la prison, a rappelé le procureur. Le forcené sera sans doute interné dans un établissement psychiatrique où il sera astreint à des soins obligatoires". Au moins ne pourra t-il pas se proclamer "prisonnier politique" comme le font les gens de son espèce et c'est une minuscule satisfaction que de savoir qu'être placé chez les dingues lui sera une humiliation.

Ensuite, ça fait quand même quelque temps qu'on sait que les réactionnaires hystériques islamophobes ont une santé mentale pour le moins vacillante et c'est le moins que l'on puisse dire. Disons le net : les cas de "schizophrénie paranoïaque" sont même la norme de ces milieux à la cervelle en post-combustion permanente et si on faisait l'expérience d'en placer quelques uns devant des psychiatres chevronnés, nul doute que même les plus blasés d'entre eux découvriraient de nouveaux territoires de démences plurielles qui les enchanteraient. Breivik n'est finalement que le type de la bande qui est passé à l'acte et n'a fait que rendre concret les fantasmes de mort et de destruction qu'ils partagent tous et qui est le socle commun de leur psychisme de petits blancs minables et frustrés.

Parce qu'il faut en tenir une sacré grosse couche au niveau maladie de la tête pour parler de "Frankistan", pour se penser victime de "l'invasion immigrée" et pour sérieusement théoriser le "remplacement de la race blanche". Il suffit d'ailleurs de simplement lire les productions de Pierre Cassen et Christine Tasin de Riposte Laïque, ou celles de Renaud Camus et de son fan-club pour pouvoir poser un sévère diagnostic sans même être spécialement freudologue : ces gens sont des dingues, point final, et il n y a pas lieu d'avoir de discussion là dessus. Si la santé mentale se définit par la capacité à discerner avec pertinence dans quelle réalité on existe, c'est toute la réacosphère et le militantisme "nationaliste" qui en est déficitaire et il est à craindre que les cas ne soient incurables.

Le problème de leur folie étant bien entendu quand elle devient politique. C'est à dire qu'elle prend le prétexte de la politique pour s'organiser en tant que folie. De ce point de vue, se demander si l'idéologie racialiste et complotiste qu'ils partagent les a rendus fous ou si ils étaient déjà auparavant "en fragilité", l'idéologie n'ayant fait qu'approfondir et conforté leur démence pourrait être la question de l'oeuf et de la poule ; sauf qu'à juste y regarder d'un peu plus près, on adhère jamais à une idéologie par hasard, et plus cette dernière est basée sur la haine des autres et le repli paranoïaque, plus elle fera de dégâts sur la santé mentale de ses adeptes. L'extrême-droite est donc le bouillon de culture de prédilection de toutes les personnes pas suffisamment élaborées et matures au niveau de leur vision du monde, qui y trouveront avec délectation et soulagement de quoi alimenter leurs fantasmes simplistes et pourront se tenir au chaud entre elles pour se rassurer et pour soigneusement éviter de se prendre la réalité du monde en pleine face.

Sans doute par ailleurs l'extrême-droite n'est pas le seul terrain de prédilection de la démence pure : certains néolibéraux parmi les plus hallucinés étant absolument convaincus de vivre dans un satellite de l'ex-Union Soviétique, ce sont bien les mêmes mécanismes qui sont à l'oeuvre. Les idéologies néolibérales et fascistes ont toujours présenté un cousinage troublant.

L'article surprend toutefois quand il semble s'étonner qu'un fou puisse être organisé : "Ces conclusions constituent une surprise. En juillet le responsable du département norvégien de médecine légale estimait qu'il était peu probable que Breivik soit déclaré fou tant ses attaques avaient été soigneusement planifiées, préméditées et exécutées". On veut bien que les sciences humaines ne sont plus ce qu'elle étaient - ma pov' Lucette - mais ça fait au moins un gros siècle qu'on a compris qu'on peut être totalement délirant dans le discours, avoir une vison de la réalité complètement à la ramasse, et être structuré pour précisément donner corps à sa folie : le projet politique - terrorisme ici, militantisme FN ailleurs, propagande sur la net dans d'autres lieux - étant souvent le seul soutien évitant un effondrement complet de ces personnes dans la catatonie hallucinée.
Partant, idéologie raciste et démence clinique ne sont nullement excluantes l'une de l'autre et Breivik n'est en rien un cas isolé non-représentatif, un simple dingue isolé qui n'aurait rien à voir avec ses petits camarades : tout au contraire, il en est parfaitement caractéristique. Dans les milieux islamophobes, Breivik n'est pas une exception, il est une norme. Il n'a encore une fois fait qu'accomplir le saut qualitatif du passage à l'acte dont tous les autres rêvent plus ou moins en secret, et pour ça ils ont beau dire, ils l'admirent et ils l'envient...

Ensuite, il faut vraiment être en dessous de toute humanité élémentaire pour admirer un tueur d'enfants et lui chercher des excuses, nous sommes d'accord ; mais ces gens sont fous, souvenez vous. Et on ne discute pas avec les dingues, parce que ça ne sert à rien.
Et aussi parce que ce sont surtout à la base de satanés gros cons.

mardi 29 novembre 2011

L'échec du politiquement correct

Au départ, c'est plutôt une bonne idée, le "politiquement correct". Comme ça reste une idée assez floue, on va tenter une définition hâtive pour cerner le concept : en gros, en très gros même, c'est une volonté de vigilance morale pour fustiger les comportements langagiers visant à diffamer et discriminer les minorités, toujours cibles faciles de moqueries et d'insultes ; immigrés, homosexuels, femmes, handicapés etc.
On voit donc qu'au départ, il n'est pas plus mal de ne plus pouvoir exprimer à voix haute dans l'espace public ce qu'on pense des "youpins", des "nègres", des "pédés", et il est curieusement assez mal vu de désigner les femmes comme étant des "salopes" génériques. De même, se foutre de la gueule des personnes handicapées risque de vous valoir une certaine réprobation, etc. Et certes oui, qu'il soit même interdit par la loi de trop se lâcher sur les personnes qu'on juge "inférieures" - du haut généralement de son jugement étriqué de petit blanc pétochard qui hait tout ce qui ose ne pas lui ressembler - est un soulagement a minima.

Malheureusement, nous sommes bel et bien confrontés à un échec de cette volonté et partant à la nécessité de réévaluer sa pertinence.
Non point tant à cause de ses abus, qui existent indubitablement par ailleurs : ce politiquement correct peut très facilement se transformer en terrorisme intellectuel soft et ceux qui ont un peu traîné leurs guêtres à l'extrême-gauche en savent quelque chose. On a tous été confrontés à ces camarades sourcilleux en mode Gardiens De La Bienséance qui n'aiment rien tant qu'à tancer et faire la morale même devant une blagounette. C'est qu'utiliser le politiquement correct pour se donner une aura de moraliste de gauche est l'une des choses les plus aisées du monde, et certaines et certains adorent ce rôle.

C'est qu'il est très facile de veiller à la stricte orthodoxie du discours, surtout dans les petits milieux militants ; et bien plus facile de se faire curé donneur de leçons que se rendre compte que certes le langage est on ne peut plus policé et "correct", mais que ça n'empêche nullement à ce qu'il est interdit de dire de se passer quand même dans le monde réel.
On ne peut plus dire "nègre" ou "bougnoule" mais le racisme anti-Noirs et anti-arabes ainsi que les stéréotypes réducteurs qu'on leur accole se portent le mieux du monde.
Traiter un homosexuel de "pédé" vous vaudra peut-être jusqu'à un procès, mais les actes d'agressions homophobes augmentent.
Une réflexion ouvertement sexiste vous vaudra une vindicte méritée, mais les violences faites aux femmes, et dans nos contrées soit disant "civilisées", continuent de s'épanouir...

D'ailleurs, le racisme n'existe plus, n'est-ce pas ? Plus personne ne se dit raciste d'ailleurs, et tout le monde de s'en défendre vigoureusement. On peut dire des mots de racisme, on peut stigmatiser des populations - pauvres, de préférence, et suffisamment dépolitisées pour ne plus pouvoir se défendre -, on peut user de tous les stéréotypes et tous les clichés infamants mais on est évidemment en rien raciste le moins du monde...
Alors que bizarrement, le racisme se porte le mieux du monde dans la France de 2011.

Nous avons perdu la bataille du langage non seulement malgré le politiquement correct mais peut-être bel et bien à cause de lui : il nous a enfermé dans un rôle que nous avons trop bien épousé. Celui de profs/curés donneurs de leçons de vie qui tancent et font la morale à tout le monde sur ce qu'il faut dire et pas dire, faire et ne pas faire. Au fur et à mesure de reculs politiques et d'échecs à faire pièce à la Réaction, on s'est encore plus crispé autour du politiquement correct, jusqu'à traquer la déviation jusque dans les rangs progressistes, jusqu'à l'absurde. La dent que j'ai contre LMSI ne trouve pas sa source ailleurs, dans cette attitude perpétuellement soupçonneuse et excommuniante  de gardiens de la morale pure et parfaite qui fustigent tous ceux qui osent être en désaccord avec leurs lubies communautaristes.

À cause de cette crispation autour du politiquement correct, les progressistes sont devenus pénibles et scrogneugneu. Tout gris et tout chiants et d'autant plus que la pose morale est on ne peut plus confortable.
Surtout quand la régression est à ce point agressive.

Les Réacs ont assez vite vu la faille dans l'édifice : ils ont compris que ce monolithisme moral était en complet décalage avec l'époque de désenchantement généralisé et se sont engouffrés dedans. Ils ont décidé d'être fun.   
Autant les progressistes seront grimaçants, ils seront décomplexés, autant les premiers seront dans le scrupule sourcilleux, autant eux seront détendus et cools, autant les premiers ne rigoleront plus de rien à force de jansénisme militant, autant eux mettront les rieurs de leur côté...
S'ensuit le basculement des images actuelles : les progressistes semblant condamnés à une perpétuelle défensive et se recroquevillant de plus en plus en devenant de plus en plus scrogneugneu, les réacs à l'offensive d'autant plus rigolarde qu'ils ont pigé que l'époque est au Kewl et ne déteste rien tant que les chiants même si ils ont raison...

D'où le succès du fameux "politiquement incorrect" : c'est l'insolence, l'irrespect et la dérision de mai 68 récupérés par la droite pour défendre les valeurs des dominants et les idées inégalitaires qui vont toujours avec...et fustiger mai 68. Et ne pensez pas qu'il s'agit là d'un singulier caprice de l'Histoire ou d'un paradoxe de la dialectique, nullement : ces gens nous ont pris nos armes pour les retourner contre nous et c'était un projet clairement établi comme tel.

Face à ça, il est partant urgent de décrisper tout le monde et en ce moment ce ne sera certes pas chose aisée.
Il ne s'agit pas de se contenter d'en appeler aux mânes du Professeur Choron pour revivifier un camp politique aux abois, le passé est bel et bien passé et il ne reviendra plus. Et ça évitera d'encore regarder dans le rétroviseur, ce qui semble être la spécialité de tout le monde à gauche de la gauche.

Il s'agit d'arrêter d'avoir la tête dans le guidon activiste pour observer ce qui se passe autour de soi et entrer dans un long travail de refondation politique et de remise à plat. Et en premier lieu, il faut prendre acte de l'échec du politiquement correct, ce qui permettra par la suite de défoncer la mythologie de la "pureté" qui nous plombe. 
Aussi, il ne s'agit pas de préconiser qu'il faille désormais se foutre joyeusement de la gueule des opprimés. Il y en a qui comprendront ça, vous verrez. Il s'agit de les défendre et de nous défendre différemment. 

Il y a un cours de Systema à côté de Toulouse et je pense m'y inscrire dès que possible. C'est un art martial russe, utilisé entre autres par les Forces Spéciales et autant dire qu'on est pas ici chez les poètes. Il y a cependant dans cette discipline un aspect paradoxal et innovant : il insiste sur le fait que plus on est détendu et relaxé, plus on est brutal et efficace. Contrairement à d'autres arts martiaux, on ne se met pas en garde, on ne crispe pas des positions dès le départ, on ne bloque pas le corps. Tout est axé sur la détente physique, la souplesse des mouvements, et la maîtrise du stress devant l'agression, d'où l'aspect bizarre des entraînements où les pratiquants ont l'air "mous" et ne font que des mouvements fluides, sans hurler des "Kiai !" retentissants.
Parce que personne ne fait de katas ni ne hurle pour rien dans la vraie vie.
Si toutefois vous doutez de l'efficacité, essayez le truc de la "main lourde" sur quelqu'un. Veillez à ce que ça ne soit pas une personne qui risque de vous en vouloir après ; mais je vous jure que ça fait très mal, testé et approuvé.

Plus nous apprendrons à être décrispés, plus nous remplacerons le moralisme par l'insolence, plus nous deviendrons féroces et drôles, méchants et intelligents, plus nous comprendrons que la pureté politique est un carcan qui ne sert qu'à nous enfermer nous-mêmes et plus nous auront à l'esprit qu'en face, derrière leurs sourires de façades, ils ont absolument horreur qu'on se foute de leur gueule - parce que eux aussi se prennent terriblement au sérieux au fond mais ont l'intelligence d'éviter de trop le montrer -, plus nous serons efficaces pour leur rentrer dedans.

Comme il est inévitable que ça rouspète dans les commentaires sur ces sujets, juste une question pour conclure : la crispation moralisante qui tient lieu de ligne politique à la gauche depuis maintenant des décennies a t-elle conduit au moindre succès, à la moindre avancée, même au plus petit pas en avant ?...
Il y a un piège : la réponse est dans la question.



lundi 28 novembre 2011

Les petites lâchetés de Bruno Roger-Petit

Le Dimanche matin a priori devrait être ce moment calme et serein, sans bruit et sans fureur, où l'humble et honnête homme n'aspire qu'à gentiment traîner devant son ordinateur en surfant calmement, jusqu'au moment où il aura rassemblé assez d'énergie pour se traîner jusqu'à la douche et redevenir suffisamment humain pour envisager de faire des choses...ou pas, d'ailleurs, puisque c'est Dimanche, c'est le jour du Seigneur, et moi j'aime bien un peu de détente parfois.
Las : c'était sans compter sur Bruno Roger-Petit.
Qui ne semble pas partager cette universelle aspiration à la dominicale insouciance et vous pose ce genre de colombin sur Twitter :


On comprendra que lire avant même que d'avoir fini son café puisse émouvoir.
C'est-à-dire que c'est quand même un petit peu de la diffamation.
Et qu'il faut tout de même être un sacré salopiaud pour vous pondre ça. Et même à ce moment, Bruno Roger-Petit, à l'évidence incapable de même assumer ses diffamations, en remet une couche parce que c'est à ça qu'on le reconnaît : 


La première chose qu'on se dit donc à ce moment, c'est que Bruno Roger-Petit est un singulier goret pour écrire ce genre de trucs.
Puis on se souvient qu'il est strausskahnien et cette peuplade de losers s'est sont toujours distinguée par les comportements les plus avilissants. Ensuite, avoir défendu corps et âme un déviant sexuel violent et multirécidiviste, pour enfin s'apercevoir que la cause était sans espoir aucun et qu'on était les grands cocus de l'histoire doit affecter l'esprit, sans doute. Et c'est bien fait, évidemment, nous n'allons certes pas les plaindre.
Mais tout de même ; qu'est-ce qui peut expliquer cette mini-décompensation de notre BRP ?...

C'est qu'il faut se mettre à la place de ce pauvre garçon, aussi. Pensez-donc : des mois et des mois à défendre mordicus l'indéfendable, forcément au bout d'un moment, ça vous affecte l'équilibre...quand tous les autres se sont détournés de leur ancien champion et, écoeurés, ont jeté l'éponge et refusent même d'entendre parler de DSK, Bruno Roger-Petit, dans une obstination à la fois sublime et ridicule, continue, seul, verrouillé dans sa monomanie, à vouloir sauver un honneur qui n'a jamais existé nulle part...mais quand Sisyphe était la métaphore du tragique de l'humaine condition, Bruno Roger-Petit n'est que risible et insignifiant. Lisez ce qu'il écrit, c'est du dernier pathétique quel que soit le sujet abordé.

Aussi, faisons preuve d'empathie et mettons nous à sa place : on se croit héraut d'un chevalier qui va sauver la nation et peut-être rien moins que le monde, on se découvre bouffon d'un roitelet déchu et désaxé. On se rêve grand journaliste, profitant peut-être des largesses d'un nouveau pouvoir en place qu'on aura soutenu vent debout et qui aura su récompenser nos mérites et nos flatteries, peut-être même ayant sa propre émission politique dans laquelle des invités prestigieux débattrons des sujets les plus nobles et éminents, on comprend qu'on restera ad vitam un dérisoire pisse-copie qui pige au Figaro et et devra se contenter d'une minuscule tribune dans Le Plus du Nouvel Obs...

Ainsi, assoiffé d'une reconnaissance dont il comprend qu'elle ne lui sera d'autant plus jamais accordée qu'il n'a pas les moyens ni littéraires ni intellectuels d'y prétendre, troublé par son isolement croissant dans sa croisade promise à l'oubli, peut-être même lucide quant à sa propre insignifiance et son incapacité à un jour dépasser le caniveau où il végétera à vie, sans doute que Bruno Roger-Petit en est-il réduit à ce genre de petites attaques aigries et veules, parce que c'est le dernier moyen qu'il a de se faire un peu de pub et qu'on parle un peu de lui...

Par pure compassion, je tiens à lui faire ce plaisir. Que voulez-vous, j'ai travaillé suffisamment longtemps avec des personnes amoindries pour savoir que de temps en temps, il faut savoir leur passer un caprice.
À ceci près que même le plus diminué des handicapés psychomoteurs ne se serait jamais permis de descendre si bas ; mais c'est qu'il avaient une dignité, eux.

dimanche 27 novembre 2011

La guerre culturelle, c'est quand qu'on la fait ?

J'ai de plus en plus de mal à faire un tour sur les blogs de gauche, en fait.
Non pas que ceux-ci soient de mauvaise facture ou mal tenus, non pas que ce dont ils causent soit inintéressant, et non point également que leurs auteurs-teuses soient antipathiques en quelques manières, les quelques unes et quelques uns que je connais y compris IRL sont les personnes les plus charmantes du monde, en vérité.
C'est juste que j'ai un peu l'impression d'étouffer parfois, pas la suffocation irrépressible qui vous fait fermer l'onglet en urgence, rien d'aussi violent, mais un sentiment persistant de redite et de répétition. Auxquelles moi-même je succombe à l'occasion, je ne le nie pas mais ce n'est pas parce qu'on a soi-même des travers qu'il ne faut pas pointer les mêmes chez les autres.

Et surtout cette obsession fatigante et lancinante pour Sarkozy.
Le gros de la "gauchosphère" si tant est qu'elle existe parle trop de Sarkozy, bien trop, bien bien trop. Cela s'explique sans doute parce que les soc'-dem y sont sur-représentés et qu'étant militants ou sympathisants socialistes, ils veulent la victoire de leur parti contre celui en place. Admettons. C'est du moins logique. Mais traquer pour les décortiquer les moindres bouffonades sarkoziennes et celles de ses petits marquis à la Copé ou Bertrand, en faire la matière principale de ses billets, n'avoir pour seul horizon politique que l'anti-sarkozysme et le soutien à François Hollande, c'est un peu court, jeunes gens. Et l'indignation perpétuelle est surtout un confort moral à la longue. L'indignation qu'on voudrait nous faire prendre pour une fin en soi n'est qu'à peine le début du commencement de l'ébauche par le ressenti de l'action politique, on le voit bien avec le mouvement des Indignés français qui en restent à ce point zéro : c'est très bien de s'indigner. Mais si on se contente de ça, on reste dans de l'infra-politique impuissant et inefficace.

Et certes en face, l'ennemi est puissant et a de considérables moyens de mener sa guerre culturelle à lui, hors de mesure avec les nôtres. Le meilleur exemple en est TF1, bulldozer de choc des idées néolibérales, sécuritaires et individualistes qui s'infiltrent ainsi dans des millions de foyers et des millions de cervelles. On est littéralement là dans une cruelle dissymétrie, et théoriser encore comme certains universitaires - hautement respectables intellectuellement par ailleurs - qu'il ne faut surtout jamais que les progressistes se commettent en télévision est devenu, disons le franchement, du dernier ridicule. Cela revient à laisser toute la place aux autres, et c'est précisément tout ce qu'ils veulent : prendre toute la place et conforter leur hégémonie.

Et ils ne négligent pas les autres canaux médiatiques, puisque qu'il leur faut la télévision - ils l'ont -, il leur faut les quotidiens nationaux - ils les ont -, et il leur faut en plus les autres canaux dont Internet. L'ennemi a les moyens de salarier des personnes à plein temps pour s'occuper de sa propagande et de ne se consacrer qu'à ça, quand l'essentiel des gauchistes d'Internet sont les bénévoles de leurs idées et sont en butte à côté aux difficultés de la vraie vie avec les soucis afférents. Il y a aussi des bénévoles de droite ceci dit, et on pense aux groupes d'internautes organisés qui trollent à qui mieux mieux. Le FN a bien compris que ses militants pouvaient être aussi efficaces, voire plus parfois, devant un clavier qu'à distribuer des tracts, et les partis politiques de gauche comme les syndicats ne comprennent rien à Internet.

Le "terrain" et les "vrais gens" sont devenus le fétichisme qui sert à refuser catégoriquement de se remettre en question et de continuer dans les impasses connues et balisées. Les mots d'ordre ne touchent plus personne, les sages manifs-promenades même massives ne font plus peur et n'imposent plus le rapport de forces suffisant, les tracts sont illisibles, les sites sont moches. Mais il faut aller sur le "terrain" pour y faire de la "pédagogie" et y rencontrer les "vrais gens". Ça ne marche pas ? Continuons, ça marchera à force, et de toute façon on ne sait rien faire d'autre.
Je n'oppose pas le militantisme ras-du-sol pour y faire l'éloge de l'homme-tronc devant son écran ; mais chanter les louanges du terrain pour y refaire les mêmes choses stériles qui ne fonctionnent plus du tout ? Ce n'est pas là noble abnégation, c'est du patinage par incapacité à penser la nouveauté. Disons-le : c'en est même parfois du conservatisme. Et c'est ce conservatisme, allié à cette idéologie d'une pureté morale sclérosée qui est en train de nous écraser plus sûrement que la plus violente charge de CRS.

Il y a des manières de dire et de faire qui ne doivent, qui ne devraient en tout cas, plus exister du tout. Le billet d'avant-hier en est un exemple, puisque qu'il était évident dès le départ que la sortie de Christine Delphy, si pertinente politiquement soit-elle, est trop frontale en l'état pour seulement être audible. On objectera, en se braquant du haut de sa pureté intello-morale, qu'il ne saurait être question de formuler autrement et tant pis pour ceux et celles qui n'y entendent rien, ils n'ont qu'à être aussi éclairés et intelligents que nous. Ensuite, vivre dans son propre petit ghetto de conscientisés peut effectivement être un choix, sans doute. Je me demande juste si être de gauche se réduit à ça, et il ne me semble pas.

Les prochains billet seront consacrés à un effort - forcément modeste, je ne suis que blogueur n'est-ce pas - de réflexion sur ce que pourrait être une reformulationm’apparaît plus qu'indispensable.

vendredi 25 novembre 2011

Les mots sont importants, décidément

Le féminisme en ce moment, c'est comme l'antiracisme : l'un des combat les plus absolument nécessaire à mener dans le contexte actuel, et qui patauge pour cause d'atonie généralisée des progressistes. On aura compris également pour peu qu'on soit de gauche et partant sensibilisé à la lutte des classes - oui, on est de gauche que par rapport à ça, si vous pensiez autre chose, désolé mais vous ne l'êtes pas et d'ailleurs qu'est-ce que vous foutez sur mon joli blog, d'abord ? - que ces deux combats sont évidemment partie prenante de la guerre de classes en cours, uniquement hélas menée par la bourgeoisie, laquelle entend bien revenir sur absolument tout ce qu'on a pu lui arracher précédemment. Y compris les droits des femmes. Jusqu'à même la simple considération qu'on a pu avoir pour elles en tant qu'être humains à égalité des hommes. Ensuite, quand on théorise que l'inégalité est chose du monde la plus naturelle, surtout quand comme par hasard on est blanc homme et hétérosexuel, et riche de préférence, (et surtout de droite), on voit bien la cohérence idéologique du programme de la Réaction. 

Le féminisme souffre également des conséquences de la dépolitisation généralisée qui pousse des femmes à refuser de se dire "féministes" par peur d'apparaître ringardes. Il y a bel et bien régression, la même qui décomplexe un discours raciste sous couvert de laïcité parfois, mais de plus en plus raciste ouvertement.
Ce qui arrange bien les bonhommes du coup, puisque le féminisme étant là pour nous bousculer dans nos certitudes et ne pas nous laisser peinards avec nos bières et nos a priori, l'effacement politique de celui-ci et son remplacement par une version édulcorée et citoyenne instrumentalisée par les dominants encourage littéralement à la connerie et aux comportements les plus bas de gamme.Il semble qu'en cette journée contre les violences faites aux femmes - le reste de l'année on peut donc joyeusement les cogner, ces pénibles femelles -, il soit donc de quelque importance de rappeler qu'il n'y a pas de luttes "secondaires" et que comme le disait le regretté Daniel Bensaïd : "tout ce qui est injustice nous concerne". Nous : les gens de gauche pour les mal-comprenants. Et que le racisme, le sexisme, l'homophobie, l'antisémitisme etc. sont à mettre à stricte égalité puisque venant des mêmes sources.

J'insiste : si vous n'êtes pas d'accord avec ce qui précède, vous n'avez rien à faire ici et vous êtes priés de partir dans le calme et assez vite de préférence. N'étant pas d'humeur toléreuse aujourd'hui, je virerai les commentaires qui émettront des objections sur ces points. Capice ? Bien.

On lira dont avec intérêt le double entretien réalisé par Les entrailles de mademoiselle qui remet pas mal de points sur les I, et celui qui écrit ces lignes est bien loin d'être un fan-boy de Christine Delphy a qui il arrive parfois de dire des conneries plus grosses que moi - même si j'ai considérablement perdu - surtout quand elle parle du voile. Ensuite, on sait ce que vaut la petite bande de LMSI et on ne vas pas y revenir, ces gens n'offrant pour la plupart d'entre eux que bien peu d'intérêt. Disons que quand on pense que le progressisme passe par tous les caprices communautaristes, on fait de l'ethnicisation du social et ce genre de chose donne toujours des résultats navrants, je dis ça je dis rien.

Cependant, même si elle dit des choses intéressantes dans son interview, Christine Delphy en sort une assez énorme qui risque de ne pas être très bien comprise....

"Mais c’est pour les femmes hétérosexuelles que c’est le plus difficile. Beaucoup de femmes ont du mal à concevoir qu’elles ont cherché ou trouvé l’amour dans les rangs de la classe ennemie".

Badaboum.
Vous pariez combien que sur la totalité de l'entretien, c'est le seul truc qu'on retiendra ?
Maladresse, provocation ou sincérité désarmante ? ou plus "simplement", explicitation crue d'un rapport de domination de classe exprimée dans sa plus simple brutalité...
Puisque ce que dit Delphy ici, ce n'est rien moins que la même réalité que celle de tous les travailleurs qui ne voient pas leur employeur comme spécifiquement "ennemi", alors que ses intérêts objectifs, même quand lui-même n'en a pas conscience et croit être un "bon" patron, vont à l'encontre des intérêts de ses salariés. L'un achète la force de travail des autres le moins cher possible et les autres veulent la vendre le plus cher possible. D'où lutte des classes comme dit plus haut si vous suivez. Ce raisonnement s'applique donc également dans les rapports de domination hommes-femmes et il ne me semble pas abusif de penser que c'est ce qu'a voulu dire Delphy.

Seulement ça, on peut le comprendre quand on est "politisé".
Or, nous pataugeons donc en pleine dépolitisation...
Partant, nul doute que la formule, de fait particulièrement frontale, va en hérisser plus d'un, mais également plus d'une.
Ce n'est pas que Delphy a tort, en l'occurrence elle a même carrément raison. Mais cette façon d'exprimer les choses est tout simplement inaudible. Et suscitera immédiatement le rejet. Et d'aucun d'ailleurs en profiteront joyeusement pour jeter le bébé féministe avec l'eau du bain des droits des femmes, et ne manqueront pas de claironner que vous voyez bien ces folles de féministes ne veulent qu'attiser l'hostilité entre les sexes alors qu'elles sont déjà tout obtenu blablabla, les conneries habituelles...

Christine Delphy écrit donc sur un site qui s'appelle Les Mots Sont Importants. On voit ici à quel point c'est vrai...
Et c'est un peu tout le problème de la gauche radicale qui est en filigrane ici : dire des choses vraies avec des mots que personne ne pourra recevoir. Trop frontal, trop brutal, trop nébuleux, trop compliqué. Et donc rejet.
On objectera que précisément, on cherche par là à élever le niveau de conscience, certes ; mais il est à craindre que celui-ci soit descendu si bas que tant qu'on restera en surplomb des "gens", on aura raison, oh certes oui. Mais on sera les seuls à le savoir...
On me glisse dans l'oreillette que c'est d'ailleurs déjà le cas.

Il va falloir mettre un mouchoir sur son orgueil, camarades, et accepter d'aller à la mine.


mercredi 23 novembre 2011

La geste pathétique de l'antifascisme crétin

C'est de l'accablement qu'on ressent à la lecture de cet article. À toutes sortes de niveaux. 
Passons sur le milieu "antifa-autonomes" qui est la farce qu'on connaît depuis toujours. Déjà qu'ils sont infoutus de s'organiser pour prendre l'apéro, il ne faut pas en attendre des trésors tacticiens, et le conformisme d'acier qui règne dans ce micro-milieu - mêmes fringues, mêmes références culturelles, culte de l'entre-soi nécrosé, méfiance spontanée aux limites de la paranoïa complotiste vis-à-vis de tout ce qui n'est pas "eux", etc. - n'encourage certes pas la fraîcheur intellectuelle et l'analyse politique allant rien qu'un peu au-delà de "les fachos ils sont méchants faut les taper parce que ce sont des fachos et ils sont méchants." Ça sert peut-être à nos Black Blocks locaux à se prendre pour les Durruti de la Place du Capitole, mais ce n'est pas comme ça qu'on va faire pièce à la Bêtimonde.

Disons le net : c'est la gauche dans son ensemble et notamment sa branche "gauche de gauche" qui batifole dans l'antifascisme crétin. Et ce depuis fort longtemps. Avec une conséquence dramatique dans sa simplicité : nous avons en face la partie la plus moisie, réactionnaire et xénophobe de la droite qui est en pleine forme, conquérante, agressive et définitivement dans une optique de pouvoir ; et des progressistes qui se demandent comment on réinvente l'eau chaude à chaque AG. Ne parlons même pas des sosses qui sont complètement à la ramasse devant le phénomène, en espérant secrètement pouvoir faire peur à suffisamment de naïfs grâce au FN pour qu'ils votent "utile" en 2012. De fait il n y a pas de réponse politique à cette montée du populisme d'extrême-droite, et ce que décrit l'article sus-cité, au delà des piteuses pérégrinations de ses participants, décrit non seulement exactement ce qu'il ne faut pas faire, mais contient la raison profonde pour laquelle notre camps est à la rue :

La cruelle et complète absence d'analyse précise de ce qui se passe et partant la définition d'une stratégie efficace pour y faire pièce.
Pis : on semble même ici être confronté à une vrai paresse intellectuelle de la gauche dans son ensemble qui n'arrive plus, ne peut plus "penser" le néo-fascisme et ses évolutions. Dès qu'on sort de l'image d'Epinal rassurante de Kévin-faf avec sa boule à zéro, ses lacets blancs, son Lonsdale, sa 8.6 et sa tête pleine d'eau - il existe, certes, mais il est surtout folklorique même si il peut avoir son utilité, on va y revenir - c'est le désert.

Vous savez ce que c'est, le danger fasciste en 2011 en France ? Je l'ai déjà écrit auparavant mais il ne faut jamais hésiter à répéter les évidences.
Le fascisme en France en 2011, c'est Mimiche et Micheline qui vivent dans leur pavillon en semi-banlieue. Qui pensaient jusqu'à récemment appartenir aux classes moyennes et qui sont en train de se rendre compte qu'ils sont en fait des prolos déguisés et que les conséquences de la crise sont en train de les étrangler lentement mais sûrement. Qui ont toujours voté à droite par goût de l'ordre et peur des "communistes" (Eva Joly est une "communiste" par exemple, cette définition étant très élastique) et qui se rendent compte que leur camp politique est en train de les enfler et bien comme il faut, dont le canal principal d'informations sur le monde est la télé bloquée sur TF1 et M6 qui font leur beurre d'alimenter leurs flippes de petits blancs pétochards sur la pente cruelle du déclassement, et qui ont une box qui leur permet de se défouler dans les commentaires du Figaro.
Et qui ont décidé de voter Marine Le Pen en 2012 parce qu'ils en ont "marre".

Et qui rêvent de pogroms et d'épurations, aussi. C'est d'ailleurs là que Kévin-faf et ses potes entrent en scène, parce que ce ne sont certes pas ces rebuts de la classe moyenne qui vont se salir les mains. Ils en rêvent, oh certes oui, mais de là à passer à l'acte, ça c'est pour les petits SA bourrés à la bière tiède qui ça tombe bien rêvent de passer à l'acte violent.
Le problème étant que tout ce petit monde rêve très très fort et entend bien faire de ses rêves une sale réalité.

Et en face : KEUD.
Après, il y a bien des groupuscules post-trotkystes qui théorisent que l'antifascisme c'est petit-bourgeois et qu'il faut d'abord parler aux travailleurs pour les convaincre de la révolution imminente blablabla, verbiage creux et vain qui de toutes façons n'intéresse plus personne.

Martelons :
Tant qu'à gauche on aura pas une analyse politique, pas "morale" mais politique des mutations de l'extrême-droite, tant qu'on ne sera pas débarrassé des folklores militants inefficaces, tant qu'une salutaire remise à plat des présupposés qui ne marchent pas ne se fait pas, et partant, tant qu'on en peut pas définir une stratégie contre l'extrême-droite : on continuera à patauger.

Et ce serait bien qu'on s'y mette assez vite en fait.


mardi 22 novembre 2011

Les imbéciles heureux de la mondialisation plus heureuse du tout

Tenter de faire pièce aux tombereaux d’âneries régulièrement déverséx partout en tous temps et en tous lieux par les gogoles friedmaniens, c'est littéralement impossible. Rien que pour Internet il faudrait qu'une équipe entière se dévoue jour et nuit et ça serait un full time job qu'il faudrait même sans doute rétribuer vu l'aspect harassant de cette tâche. C'est que c'est productif la bêtise vous savez, puisque Libéral n'étant pas dans la Raison mais dans sa maladie il continuera jusqu'à ce que mort s'ensuive à essayer de convaincre tout le monde que son idéologie, dont pourtant l'échec est visible et patent et dont plus personne ne veut, est la seule solution à tous les problèmes. Un peu comme ces médecins de Molière qui voulaient saigner le malade jusqu'au trépas pour son propre bien, en somme.

On doit de temps en temps se contenter d'en bouler un ou deux par-ci par-là et de préférence en le choisissant parmi les plus beau spécimens. Ou celui qui raconte les bêtises les plus succulentes. De ce point de vue, Atlantico est une mine inépuisable, au point qu'il faut résister à la tentation de trop prélever sur une somme d'articles à ce point marqués au sceau de la débilité profonde.

Il y en a un par exemple qui s'émeut qu'on puisse s'émouvoir de "la désignation à des fonctions et des responsabilités publiques particulièrement éminentes d’anciens cadres dirigeants de la banque Goldman Sachs", ce qui serait "l’objet d’une polémique inappropriée et désagréable à tous égards".

Et là, presque benoîtement, on s'apprête à objecter et à expliquer, à dire le pourquoi de tant d'émotion si hautement légitime, mais emporté par sa fougue et son élan - et son incapacité compulsive à dire autre chose que des conneries, aussi sans doute - nous mâche à ce point la besogne qu'on en est tout esbaubis, jugez plutôt :

"Après avoir organisé et profité de la désorganisation des marchés, Messieurs Draghi, Monti et Achleitner, qui au sein de Goldman Sachs occupaient respectivement les postes de vice-président de la branche européenne, conseiller international et économiste de la banque, auraient ainsi été désignés en qualité de président de la Banque centrale européenne (BCE), président du Conseil italien et conseiller du Directeur général du Fonds européen de stabilité financière (FESF).
Comme des bandits organisés, ils auraient créé des circonstances favorables pour prendre le pouvoir, et ceux qui le leur ont donné sont évidemment des naïfs imbéciles.
"

Ici, moment de stupeur : Libéral aurait t-il enfin une crise de lucidité ?? Même passagère, même fugace, se pourrait-il qu'une seule fois dans sa vie il exprime la réalité, ce concept qu'il a toujours soigneusement évité jusque là ? On se pince, tant ce serait la première fois que ce genre de malade connaît une rémission spontanée...

"Mais à ce stade cette dénonciation, dont nous dénonçons la fausseté et le caractère profondément idéologique"

Las.On y a presque cru...
La suite nous éclaire pourtant d'un singulier paradoxe :

"au delà de ces personnes, au delà de leur incarnation, ce sont bien les marchés financiers qui sont les criminels et qui sont pointés pour avoir ainsi pris le pouvoir par personnes interposées."

 Ici nous est faite une révélation : les seuls moments où Libéral dit la vérité, c'est par inadvertance. Quand il reprend les arguments des ennemis du Joli Marché, en somme. Il ne le fait pas exprès et ne le fait qu'à son corps défendant, certes. Mais bon, dans son cas on doit se contenter que de temps en temps, des fragments de réalité traversent son cerveau en post-combustion. C'est déjà pas mal. C'est le mieux qu'il puisse supporter, en tout cas...

 Parce qu'ensuite rassurez-vous, il recommence à déblatérer n'importe quoi.

"Ainsi des intérêts de l’ombre apatrides et suspects, ont à la faveur d’un coup pris le pouvoir sur nos vies. Refrain de l’histoire.
Certes, personne n’est allé encore jusque là, encore dans l’accusation tout juste, mais gageons que ce n’est que momentané et qu’il s’agit à coup sûr de préparer l’opinion à cette prochaine vague : il existe bien une pieuvre bancaire, munie de tentacules apatrides. Un parti de l’étranger et la finance comme origine et cause de tous les déboires du monde !
"

"Personne n’est allé encore jusque là" puisque personne d'intelligent n'est effleuré par ce genre de choses, mais Libéral est dans son monde et il pose des questions stupides auxquelles il répond immédiatement par des réponses idiotes. Il est comme ça, Libéral : intellectuellement autonome, disons...

Retenez bien cette, mh, "ligne argumentaire", cependant : ce sera désormais celle de tous les Lou Ravis de la mondialisation qui pailleront au soupçon d'antisémitisme dès qu'on osera ne pas être d'accord avec leurs élucubrations. C'est-à-dire qu'à présent qu'ils sont idéologiquement isolés et que plus aucune population ne les prend au sérieux, que tout un chacun a pu voir les résultats concrets de cette secte, ils sont forcément un peu crispés : ils se contentaient du mépris, celui-ci vire à l'agressivité hystérique. D'autant que c'est le moment de plumer la volaille une bonne fois pour toutes, la droite espagnole ne cachant pas de revenir sur absolument tout ce qu'il y a eu d'un peu progressiste de ces dernières décennies.
Ne les plaignons pas trop toutefois : ils n'ont en face d'eux que la sociale-démocratie molle qui ne peut qu'échouer à force de courir après la droite, et surtout des populations apeurées et crédules qui avalent tout cru le discours selon lequel il "suffira" d'en chier pendant un certain temps avant que ça finisse par aller "mieux".
Un jour.
Dans on sait pas combien de temps.
Mais ça finira bien par venir, le bonheur néolibéral...

Et quand les espagnols naïfs - on a exactement les mêmes ici, évidemment - se rendront compte qu'il n y a plus rien et qu'ils sont dépossédés de tout ?

Oh, ce se sera pas la première fois que le Capital emploie une bonne vieille dictature d'extrême-droite pour calmer la populace à bout. C'est même son mode de fonctionnement privilégié.

Vous pensez vraiment que nos libéraux hésiteront à voter Marine Le Pen par "anti-communisme" ? Vous voyez bien.

Mais je m'en voudrais de plomber votre journée et nous conclurons sur une bonne rigolade.

"Loin des complots, l’accession aux responsabilités de messieurs Draghi, Monti et Achleitner, à en croire leurs détracteurs, n’est peut-être que la reconnaissance de leur compétence et de leur expérience."

Chez Libéral, l'humour c'est comme dire la vérité : toujours sans faire exprès.


samedi 19 novembre 2011

Toute choses égales par ailleurs

Je ne suis pas athée, au fait.
Bon, c'est bon, pas la peine de faire cette tête, non plus. Vous n'aviez pas remarqué que je ne critique jamais la religion ? Ben voilà. CSP, en fait, il faut aussi remarquer ce qu'il ne bashe jamais et ce n'est ni un hasard ni un oubli. Vous n'avez rien lu ici contre la culture classique, également. C'est à dire qu'on a beau être un méchant cynique atrabilaire, il existe tout de même deux ou trois fondamentaux universels avec lesquels on évite de rigoler.
Je suis terriblement conservateur, sur certaines choses, parfois.

Il serait u peu trop long de vous expliquer les relations complexes avec la notion de foi, je le ferai plus tard dans un autre billet. Et puis franchement les athées militants me gonflent un peu, des fois. Toujours à ne jamais oublier de rappeler à quel point ils sont athées de la cave au grenier, et de le rappeler encore, et d'encore l’asséner au cas où vous l'auriez oublié...aussi saoulants dans leur genre que des témoins de Jéhovah quand ils débarquent à votre porte avec leur sourire niais en bandoulière pour vous dégouliner dessus avec leur Dieu qui est amour. Bon, d'accord, on a bien compris, vous êtes athées et c'est très bien, j'avais pigé la première fois merci mais pourquoi vous le répétez sans arrêt ?...
Si j'avais l'esprit mal tourné, je finirais presque par me dire qu'il s'agit là d'abord de vous en convaincre vous-mêmes manière de vous faire reconnaître dans les cénacles que vous fréquentez, tiens.

Et partant, je n'ai rien contre la grande majorité des croyants, évidemment. Croire ne me semble en rien condamnable, et ce d'autant que l'essentiel de ces populations, qu'elles soient chrétiennes, juives ou musulmanes pour prendre le trio le plus connu, n'aspirent qu'à vivre leur foi en paix sans qu'on leur prenne la tête et sans vouloir prendre la tête aux autres. Vous pensez sérieusement que tous les musulmans ne mangent pas de porc et ne boivent jamais d'alcool, comme tous les catholiques ne forniquent jamais avant le mariage ? Dans ce cas, c'est à vous de réfléchir sur vos propres préjugés, les amis.
Le problème n'est donc ni la foi ni la religion en soi, mais la minorité d'excités qui veulent en imposer leur vision au reste de la planète.

Ces derniers étant en effet particulièrement braillards et spectaculaires dans leur démonstrations, on a un peu trop tendance à confondre ceux-là et l'essentiel de leur coreligionnaires qui n'approuvent pas et loin de là ce type d'hystérie qui finit surtout par les desservir.
Tenez, l'espèce de maniaque du billet d'hier, dans sa catégorie de sioniste suprémaciste en pleine paranoïa identitaire perpétuelle, est-il représentatif de la communauté juive dans son ensemble ? Bien sûr que non. Sauf que tant que ce type d'hystérique s'auto-proclamera porter la parole de cette communauté sans que les autres ne le démentent énergiquement et le remettent à sa juste place, celle de zinzin dément, on ne verra et n'entendra que lui.
De même pour les musulmans qui ne sont pas très contents assurément de les voir être confondus avec la pognée de terroristes qui font chier tout le monde. De même pour les catholiques dont on peut être certains que les clowns de Civitas leur hérissent plus le poil qu'autre chose.

Entre parenthèses, on se demande ce qui se passerait si des salafistes se mettaient en tête de vouloir interdire une pièce de théâtre en manifestant avec prières et tintouin : enfin non, on ne se demande pas, ce serait la une du Figaro, des annonces tonitruantes de Claude Guéant et la une de Charlie Hebdo, avec Caroline Fourest invitée chez Calvi pour causer de la menace intégriste. Les cathos intégristes qui font des happenings en ce moment à Toulouse n'auront cependant pas ce genre d'honneur, il va sans dire ; c'est que pur l'UMP, on ne peut pas se permettre de se mettre à dos le moindre réservoir d'électeurs, si minoritaire soit-il.

Tout ça pour dire que si vous vivez à Toulouse et que vous êtes à peu près progressiste, il serait du meilleur goût que vous soyez à 14 heures Place St Etienne pour faire chier SOS Touts Petits. Je vais y aller moi même avec la caméra, je vous rapporterai de jolies images.

"Sus, Jean-Edmond, aux forces bolchevisantes de l'Anti-France cathophobe !"

vendredi 18 novembre 2011

Il est tentant

Vous aurez sans doute remarqué que je ne porte pas une tendresse particulière au Parti "Socialiste". Disons le net, je ne l'apprécie pas du tout, voilà, c'est dit, et cet aveu a un goût de libération.
Vous pourriez au moins faire semblant d'être surpris.
De la même façon, je n'apprécie que fort modérément Europe Ecologie/Les Verts, qui sont bien gentils à vouloir sortir du nucléaire ce qui est une bonne idée en soi mais ont tout de même du mal avec une certaine critique du libéralisme, et deviennent franchement bêlants dès qu'il s'agit de "L'Europe" et qu'il faut construire "L'Europe" et que "L'Europe" sera la solution à tous nos problèmes etc. Ils avaient déjà saoulé tout le monde en 2005 avec ça en votant Oui comme tous les autres benêts et ils continuent dans cette voie. Autant dire que leur piètres gesticulations de ces derniers jours avec leurs alliés sosses m'en avaient à peine remué une tant la convergence des intérêts entre les soc'-dem hollandistes et les écolos capitalisto-compatibles était évidente depuis le départ.

Je n'aime pas non plus les nazis.
Oui, bon, d'ailleurs personne n'aime les nazis, lesquels ont tout de même bien cherché cette universelle impopularité. 
Vous ne voyez aucun rapport avec ce qui précède. Et vous avez raison. Puisque de fait et avec tout le mal qu'on peut en penser, il est tout de même très difficile de trouver un parallèle entre les socialistes, les Verts, et les nazis. On est à une époque de mutations politico-intellectuelles de grande ampleur où tout est dans n'importe quoi, certes, où on peut se dire de gauche quand on est de droite voire d'extrême-droite et où la droite reprend des notions de gauche pour faire un programme de droite et tout est confus et fait bobo à la tête. Mais. Tout de même. Là a priori sans réfléchir, vous ne voyez pas de points commune entre les socialistes, les Verts et les nazis.


Une bien belle collection de zinzins, sur ce site. Il héberge régulièrement les publications hallucinées de Guy Millière, celui qui pense qu'Obama est communiste et que la France est un satellite de l'Ex-Union Soviétique, oui celui qui a un regard qui fait peur, voilà.
Déjà que Richard Prasquier avait raconté absolument n'importe quoi sur le site du Crif - il est coutumier de la chose, ceci-dit - en prétendant que des personnes "évincées" des prochaines législatives l'auraient été pour des raisons d'appartenance communautaire, tout en essayant de désamorcer d'avance par une figure de rhétorique assez contournée : "Il est tentant de parler d’antisémitisme, certains l’ont déjà fait et je me garderai de les suivre".
Mais il a quand même réussi à placer "antisémitisme" et c'est bien tout ce qui compte, pas vrai ? C'est en tout cas ce que tout le monde retiendra et c'était probablement le but.

Ceci dit, l'autre lien propulse la chose à de toutes nouvelles stratosphères en se concluant par ce qui est un bijou de trollage en post-combustion :

"Votez PS ! Votez Vert ! les partis qui lavent plus pur que les nazis."

Deux hypothèses ici :
- Soit l'auteur de ces lignes, peut-être assumant mal les funestes conséquences du Beaujolais nouveau d'hier soir, s'est-il un peu trop lâché dans son enthousiasme à voir des antisémites partout jusqu'à mettre sur la même lignes nazis, sociaux-démocrates et écolos ; 
- Soit plus pernicieusement s'agit t-il d'une forme de provoc' destinée à faire parler de son site en créant le scandale. Dreuz, ça doit être 42 lecteurs hystériques par jour et par grand vent et ce n'est pas avec ça qu'on va se retrouver sur la première page de Google.
L'alliance des deux ne pouvant nullement s'exclure bien entendu.

Il est tentant toutefois d'y voir surtout de la bonne grosse diffamation à coups de parpaing et je me demande ce que nos amis sosses et écolos en pensent.
Je vais leur poser la question derechef.
Mais ces gens sont tellement mous et à la ramasse que vous allez voir qu'ils sont capables de ne pas réagir. Si si.


jeudi 17 novembre 2011

mercredi 16 novembre 2011

C'est quand le bonheur néolibéral ?

En ce jour du 5ème anniversaire de la mort de Milton Friedman, une poignée de facétieux blogueurs dont votre serviteur se sont décidés à adresser à des "personnalités" connues pour leur engagement néolibéral une manière de petite bafouille visant à clarifier leur position. En fait, on leur pose une simple question : 

"Madame, Monsieur,

Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une simple question.

Nous, blogueurs et citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis une bonne trentaine d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme économique – ou néolibéralisme si vous préférez – va être rien moins qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux mais que vous nous assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile où serait mise en place une sévère mais juste « rigueur » économique, finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans exceptions profitera…

Disons le net : nous sommes sceptiques.

Non pas que nous mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à force :

Ce fameux « bonheur néolibéral » qu’on nous promet depuis 30 ans, ça vient quand ?

Parce que dans un pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et des salariés pressurés comme des citrons en permanence, et où malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les bienfaits de ces fameux « marchés » que vous défendez pourtant mordicus en dépit du bon sens.
Comme toujours, vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes » parce qu’on a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut clairement admettre que vous vous êtes plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus s’enrichir au détriment de tous les autres.

Notre question sera donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général vis-à-vis duquel vos idées sont objectivement nuisibles, il serait mieux que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?

Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées."

Cette humble bafouille a été adressée par mail à Jean Quatremer, Eric Le Boucher, Sophie De Menthon, Laurence Parisot, Jean-François Copé, Michel Godet, Agnès Verdier-Molinié, Alain Madelin, H16, Jean-Michel Aphatie, Hervé Novelli, Laurent Wauquiez, Hugues Serraf, Jacques Attali, Jean-Marc Sylvestre, Franz-Olivier Giesbert, Pascal Salin et Monique Canto-Sperber; liste non close.

Nous attendons bien évidemment les réponses avec une certaine curiosité gourmande.

Merci à OcéaneMipmipAgnèsSeeMeeSeb MussetMarcoDadavidovVogelsongIntox2007DedalusChristian, MIP, Valérie ; si d'autres blogueurs-euses souhaitent en être, ils seront rajoutés au fur et à mesure.

P.S personnel : Nous comptons sur le lecteur pour faire tourner, avec nous, cette lettre et inonder avec les courriels et formulaires des émissions de télés et de radios toute la semaine.  En vous remerciant.
+
hashtag : #bonheur_neoliberal

mardi 15 novembre 2011

Superficiels réactionnaires

Du fond de mon exil patagonien, je n'en avais pas pour autant renoncé à suivre les zinzins qui sévissent en tout temps et lieux pour abreuver le pauvre peuple de leurs élucubrations réacosphéristes. C'est une sorte de drogue, que voulez-vous. Et surtout, après lecture, on se sent terriblement normal en fait, et ça fait parfois un bien fou.


Ici, qu'on se rassure de suite : l'objet du présent billet n'est pas de démontrer encore la démence clinique et chronique de l'ayatollah en chef de la Pravda Sarkozyste, la chose étant désormais connue de toutes et tous et tenter d'approfondir encore ce sujet - pourtant inépuisable, la folie par définition n'ayant pas de limites - risquerait d'être par trop redondant.
Plus précisément, c'est un aspect du discours réactionnaire que nous allons mettre - brillamment - en exergue : sa complète inaptitude à l'analyse factuelle et partant sa "profonde" superficialité si on ose dire. Verbatim de notre hululant Ivan :

"La Révolution conservatrice, ce phénomène européen qui s'inscrit en réaction aux politiques de la table rase, gagne la jeunesse abusée."

La preuve : tous les wesh-wesh de téci portent du Ralph Lauren. Fabriqué en Birmanie certes mais c'est l'intention qui compte. C'est cependant sur un autre point que Ivan Le Débile va tenter d'appuyer sa, heu, démonstration, disons.

"Une enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), menée auprès de lycéens et étudiants et publiée dans Le Monde de mardi, illustre ce retournement réactionnaire, à propos de l'armée. A l'antimilitarisme et à la détestation de tout ce qui pouvait se rapporter à la nation, ce fond de sauce du discours moderniste, a succédé un surprenant plébiscite des jeunes pour l'armée. Ils sont 85 % à lui accorder leur confiance. Le devoir et la discipline rencontrent l'adhésion, mais également la notion de sacrifice et le désir d'être utile à son pays."

On est jamais déçus, vous dis-je.
Le jeune aime l'armée, donc. L'uniforme seyant, le petit doigt sur la couture du pantalon, la discipline qui fera de toi un homme mon fils, ramper dans la boue avec un Famas, les chouettes bizutages sympas dans les chambrées et surtout bien entendu le rôle noble et sacrificiel de défenseur de la Nation une et indivisible. 
C'est tout simplement sublime.
Ou c'est tout simplement grotesque. Aussi, oui.

Au moins aussi grotesque en tout cas que se baser sur une question pour en extrapoler une vision du monde marqué au coin du non-sens : les jeunes font "confiance à l'armée" ? Même pas besoin de lire la question de départ pour deviner ce qu'elle était :
- Eh toi, le jeune, remonte ton slim ridicule on voit ton boxer et réponds à une question : est-ce que tu fais confiance à l'armée ?
- Euh...ouais, enfin j'crois quoi...
- Parfait, "Oui" donc, merci et va te laver les cheveux, espèce d'hirsute.

Ite missa est.
Or donc pourquoi le jeune, qui est certes toujours très con puisque jeune, se met-il tout soudain à accorder sa confiance à cette institution là ?
Par goût de l'ordre et désir de servir son pays ? Promenez vous dans une galerie commerciale un samedi après-midi et comptez le nombre de fana-mili qui y glandent, la réponse est dans la question.
Parce que le service national n'étant plus obligatoire, l'armée il ne savent tout simplement pas ce que c'est.
'L'armée", pour le d'jeunz, c'est lointain, comme concept, sauf pour les enfants de militaires mais c'est une minorité non représentative. Des militaires, il en croise dans les gares, il en voit défiler de temps en temps, et aussi à la télé en train de ramper sur du sable dans des pays avec du pétrole. Mais ce qu'est l'institution "armée" ? Il n'en a pas la moindre idée. Juste qu'il paraît que c'est utile pour protéger le pays, des fois que les belges voudraient nous envahir ou que les chinois s'énervent un peu trop.
Partant quand on lui pose la question bête : c'est bien l'armée ?, forcément, le d'jeunz dit oui et aussitôt après il pense à des choses plus fondamentales comme persuader Jennifer de lui laisser mettre la main dans le soutif.

Enter le réac.
Disposant de la capacité d'analyse d'un munster oublié dans un coffre de voiture en plein mois d'Août et possédant la pénétration intellectuelle d'un coquillage vide, Réac est foncièrement incapable de penser : il réagit et rien que ça harasse ses maigres ressources. Il se contente de voir les effet et jamais les causes réelles, et planque violemment ses débiles "idées" dessus, le plus fort possible, puisque le résultat qui l'intéresse d'abord, c'est surtout que ça entre dans son cadre de lecture. La connaissance du réel objectif - procédant d'une analyse des causes et de l'anticipation des possibles effets - il s'en tamponne absolument.

Résumons :
Le Cevipof il dit que les jeunes ils font confiance à l'armée donc les jeunes ils sont réactionnaires donc ils auraient voté Reagan...

Ce n’est plus de l'audace conceptuelle : c'est de l'art contemporain.

Parions également que si on avait demandé au jeune si il fait confiance à la police, qu'il côtoie parfois de fort près surtout si il est pauvre, les réponses n'auraient pas été tellement dans le sens voulu par ce bon Ivan ; mais ça c'est la réalité et réac en a une sainte horreur, de celle-là.

Réac est totalement superficiel dans sa vision des choses et cette faiblesse est sa force : il peut se contenter d'asséner des conneries sans réfléchir pour ne pas faire réfléchir ceux auxquels il s'adressent.
Mais on se tromperait toutefois en se disant que le simplisme est plus "facile" que la réflexion : là j'ai fait un billet entier pour exposer la chose parce que j'avais le temps. On peut lui régler son compte en deux tweets...

Sans doute serait-il profitable à notre camp, souvent féru de stériles bavardages, d'apprendre les vertus de la concision lapidaire.


lundi 14 novembre 2011

L'appel du devoir

- CSP ? CSP !!! Montre-toi ! Mais c'est quoi cette grotte, putain...CSP, c'est Agnès, je suis venue seule et sans armes, on va juste discuter, d'accord ? CSP, montre-toi et tout se passera...

- Je suis là, Colonelle.

- HHHHHH !!!! Comment t'as fait pour être dans mon dos comme ça ??? Je...bon, heu, tu vas...bien ?

- Qu'est-ce que vous voulez, Colonelle ?

- CSP, il faut que tu reviennes. Dehors, c'est trop le bordel, les droitards sont chauds comme des marrons et se permettent de dire encore plus n'importe quoi que d'habitude. On est à 5 mois d'une échéance qui s'annonce archi-merdique et on a besoin de nos meilleurs éléments. La Gauche A Besoin De Toi, CSP.

- C'est plus ma guerre, Colonelle. Vous avez fait le déplacement pour rien. Rentrez chez vous. Laissez moi seul, s'il vous plaît.

- Non mais tu me racontes quoi à moi, là ??? Tu veux vraiment rester dans cette grotte à con en pleine Patagonie qu'il m'a fallu des heures à cramer de l'empreinte carbone dans un 4x4 pour la trouver, et encore en triangulant trois satellites de la NSA et tu me dis d'aller me faire ? Pas de ça, mon bonhomme ! Tu vas revenir avec moi c'est un ordre !

- Je ne reçois plus d'ordres, Colonelle, avec tout le respect que je vous dois. Et je ne reviendrai pas. Je suis fatigué. 4 années, Colonelle. 4 années de guerre, c'est long, trop long, même pour moi. J'ai vu trop de choses, j'ai...fait trop de choses. Et toute cette violence pour quoi ? Pour si peu, au final... Ici, j'ai trouvé, sinon la paix du moins un peu de repos. Partez.

- Tu ne peux pas dire ça. Je comprends que tu sois fatigué, je comprends que c'est long, je comprends...tout, en fait. Mais tu ne peux pas arrêter. Tu ne peux pas parce que tu as besoin de la guerre. Tu as besoin de leur faire mal. Tu as besoin de les faire chialer de crise de nerf impuissante devant leurs claviers. Tu as ça dans le sang, CSP. Ne te ment pas à toi-même. Ne ment pas à ce que tu es !

- Je...non. Non. C'est trop tard. Trouvez quelqu'un d'autre.

- Il n y a personne d'autre, CSP. Personne comme toi. Les autres, il sont bons, certains sont mêmes très bons parfois, mais ce n'est pas pareil. Ils respectent les règles. Ils pensent qu'on est dans une guerre conventionnelle, avec les codes d'avant, qu'il faut respecter l'adversaire...ce sont des civilisés, et on a besoin d'animaux féroces.  Ils "raisonnent", mais n'ont pas d'instinct. Toi si.

- Mais à quoi bon ?? À quoi bon Colonelle ?! Ils sont trop nombreux, un homme tout seul ne peux pas faire la différence.

- Attends. Ecoute ça, je te le lis : "Nicolas Sarkozy est de droite, certes.  Mais depuis qu’il est au pouvoir, il a mené une politique socialiste. Il n’a pas peut-être pas créé l’État envahissant, mais il l’a perpétué, comme tout bon socialiste."

- Qu'est-ce que...quoi ???

- "Il est de droite certes, mais c’est un socialiste de droite"

- C'est..c'est pas bien, ce que vous faites là, Colonelle...

- "par moult régulations et rigidités imposées au secteur privé, Sarkozy a fait du socialisme son plan de bataille constant durant son mandat. Aujourd’hui on envisage même sans honte de nationaliser les banques, c’est dire le degré de socialisme qui a atteint la classe politique dirigeante"

- Arrêtez, Colonelle. Arrêtez ça. Je ne veux plus entendre ces choses. Ces gens sont fous...

-"Sarkozy est bel et bien un socialiste, comme tout le reste de la classe politique française actuelle. On a des socialistes qui s’assument à gauche et à l’extrême gauche, et des socialistes qui ne s’assument pas à droite et même à l’extrême droite (Marine veut renforcer l’État stratège, instaurer un protectionnisme national, tout un beau programme socialiste…)."

- ASSEZ !!! Mais ces gens sont trop...trop LIBÉRAUX et c'est à ça qu'on les reconnaît ! Bravo Colonelle, bravo, maintenant j'ai envie de passer des chatons au micro-ondes.

- Je te retrouve enfin. Tu as retrouvé cet oeil vitreux et glacé qui a toujours fait ton charme viril, avec ce corps puissant qui transpire une intelligence sauvage et qui me...

- Euh, tout va bien Colonelle ?

- Hum. Je. Oui. Long Trajet. En avion. Jet-lag. Tout ça, hein. Oublions. Vraiment. Maintenant tu m'enlève ce poncho ridicule et tu reviens.

- Ah mais moi je l'aime bien, ce poncho, je l'ai fait moi-même en laine de petit agneau mignon, touchez Colonelle c'est doux comme du mohair...

- Seigneur, enlève ce PUTAIN DE PONCHO et tu REVIENS FAIRE LA GUERRE, MERDE !

- Bien, Colonelle. J'obéis. Mais là, je ne répond plus de rien. Vous êtes consciente de ce que vous faites ?

- Non. Et franchement, j'évite d'y réfléchir.




dimanche 13 novembre 2011

All infantry, prepare to engage

- Alors ?

- Alors toujours rien, Madame.

- Bon sang ! Dix jours qu'il a disparu ! Et vous et tous vos ordinateurs et vos écrans et vos satellites, vous n'avez toujours pas la moindre idée où  il est passé ???

- Non Madame. C'est très compliqué de le tracer et...

- Stop. Je ne veux pas d'excuses, je veux des résultats. Dites-moi quelque chose de concret, merde !

- Madame, nous n'avons quasiment rien...que des bruits de fond, des échos disparates, des faits divers bizarres mais pas suffisamment parlants...nous naviguons à vue, dans ce cas précis.

- Exemples. Faits. Concrets.

- Mh...il y a ce souteneur de prostituées mineures en Ukraine. Retrouvé chez lui pendu par les pieds et éviscéré, très proprement. Son gros colon a été retrouvé dans son frigo dans un tupperware étiquetté.

- Ça pourrait être lui, en effet. Quelque chose d'autre ?

- Cet économiste bruxellois, très proche de l'extrême-droite, qu'on a découvert à Rotterdam. Il était, comment dire...pelé vivant...

- J'ai vu les photos, je me souviens. Qu'est-ce qui vous fait penser qu'il s'agit de la même personne ?

- Le pauvre homme était encore vivant quand on lui a fait ça.

- Bon, ça lui ressemble comme méthodes, en effet. Bordel de merde, notre meilleur agent dans la nature depuis presque deux semaines, sans savoir où il est ni ce qu'il a dans la tête, au moment où on a le plus besoin de lui...

- Je tiens à rappeler à Madame qu'il présentait des signes d'instabilités depuis quelque temps, et...

- CSP a toujours été instable, incontrôlable et...bon, oui, probablement dément, d'accord. C'est pour ça qu'il est le meilleur, c'est le plus...créatif, disons, d'un point de vue opérationnel. C'es pour ça qu'il faut le retrouver le plus vite possible.

- Je comprend, Madame, bien sûr. Cependant, je ne peux cacher qu'au sein de l'équipe, nous étions plusieurs à penser...

- À penser des conneries. Vous êtes des bobos qui vous encanaillez à faire des blogs. Vous n'avez ni vécu ni obstacles qui vous ont mis de vrais bâtons dans les roues. Vous pensez, CSP vit ce qu'il fait. C'est pour ça qu'il faut qu'il revienne, merde !

- Il y a...mais non, enfin, c'est forcément anecdotique...

- Balance.

- En Argentine, le ranch de Florent Pagny a entièrement brûlé, toute la maison et les dépendances. On soupçonne un acte de malveillance mais on a rien trouvé comme preuve.

- Et ?

- Et...c'est probablement rien mais une vue par satellite nous a montré un truc bizarre, dans un champ juste à côté. Ça.






















- Putain c'est lui.

- Vous êtes sûre ?

- Ouais, je suis sûre. C'est lui et il nous envoie un message pour nous dire où il est. C'est sa façon à lui de dire qu'il accepte de renouer le dialogue. Préparez un Falcon, j'y vais.

- En personne ??? Mais Madame, c'es extrêmement dangereux ! Nous ne savons pas dans quel état d'esprit il est, et tout indique qu'il est encore plus dérangé que la normale, enfin "sa" normale à lui, je veux dire. Laissez moi envoyer une équipe d'intervention pour le ramener, c'est plus raisonnable.

- Non, surtout pas. Ça va l'énerver et on passera la semaine à rédiger des faire-parts pour les familles. J'y vais. Je vais lui parler. Il m'écoutera.

- Bien Madame Monolecte. Je prépare votre avion. Bonne chance...


mardi 1 novembre 2011

Européistes en transes

(mais clique putain !)