lundi 31 octobre 2011

Pause

CSP est suspendu jusqu'à nouvel ordre. Désolé mais c'est comme ça.

jeudi 27 octobre 2011

Autour d'Anne-Marie

Il semblerait donc que la direction de supermarchés Cora ait fini par céder à la pression et abandonne le licenciement de sa caissière. Fort bonne nouvelle. D'autant qu'on avait affaire ici à un exemple d'abus de pouvoir particulièrement coquet : la caissière avait ramassé un ticket de caisse laissé par une cliente pour faire profiter son fils d'une réduction sur un hamburger. Et on l'avait accusé de vol. Rien moins. Avec convocation à la gendarmerie pendant 2 heures et sermon du procureur dans la foulée, nos nobles représentants de la Justice n'ayant à l'évidence rien de plus important à faire.
Le fait qu'Anne-Marie Costa est également déléguée CGT fait même lourdement soupçonner un délit de sale gueule syndicaliste, bref : l'arbitraire patronal dans toute sa splendeur. Bien poisseux, bien inique, avec tous les ingrédients qui font du monde du travail cet endroit de plus en plus charmant où nos amis patrons savent qu'ils peuvent se permettre ce type de comportement sous prétexte de crise et de chantage à l'emploi. Une injustice dégueulasse parmi des milliers d'autres quotidiennes, un peu partout.

Enter, Internet.
La nouvelle parait en premier sur l'Express, du moins il me semble. Un article au fond du site, simplement factuel : une caissière menée d'être virée pour avoir pris un ticket de caisse. Et là, badaboum : les réseaux sociaux s'emparent de l'histoire et on assiste à un phénomène de combustion spontané viral pendant otute la journée d'hier. Ayant assisté "en direct" - et ayant apporté moi-même ma petite contribution à la chose -, c'était assez impressionnant à voir : bronca généralisée sur Twitter, pourrissement intégral de la page Facebook de la chaîne de supermarchés, nouvelle reprise par la presse Internet qui s'y intéresse parce que ça gueule sur les réseaux, et à la fin, happy end : Cora renonce aux poursuites. Victoire, semble t-il, et tant mieux, évidemment.

Mais pourquoi elle ?
Des injustices et de l'arbitraire, il y en a tous les jours, partout. Pourquoi maintenant, alors que PSA annonce la même journée la vraisemblable suppression de près de 7000 emplois en Europe, ce qui a laissé de marbre les réseaux ?
On pourrait se contenter de dire qu'il s'est agit d'un effet de meute, relativement courant sur Internet, comme l'avait été également cette mobilisation virtuelle pour Troy Davis quand tout le monde s'était enflammé pour ce condamné à mort finalement exécuté, où l'émotion - tout à fait légitime, là n'est pas la question - avait largement débordé sur les capacités de recul et de réflexion pourtant toujours nécessaires quand on se pique de se mêler d'affaires publiques. Qu'il y ait eu un effet d'entraînement est hors de doute en l'occurence et Internet adore se mettre en vrille pour n'importe quoi. Ce qui est intéressant en revanche, c'est pourquoi cette humble caissière a réussi à déclencher autant de passion et ce que ça peut signifier.

D'abord il s'agit d'un cas individuel, d'une seule personne qu'on peut même nommer, Anne-Marie, même si elle a été les plus souvent mentionnée comme "la caissière de Cora". Elle sort de l'anonymat et deviens une victime identifiable, contrairement aux futur licenciés de PSA qui sont une masse de personnes sans visage ni nom. Elle favorise donc par là une identification immédiate et la compassion qui accompagne ce qu'elle vit.

Ensuite, la simplicité crue et brutale du storytelling, résumable en une poignée de mots dont les tenants et aboutissants sont immédiatement compréhensibles par tous : une caissière virée pour avoir pris un ticket de caisse. La disproportion entre la "faute" et la punition est complètement tranchée, quasi-caricaturale, et favorise encore plus l'identification et l'émoi. La situation est simple, pour une fois dans un monde où tout est "complexe" et compliqué : les employeurs se sont comportés comme des porcs - ce qui est indubitable - , on va les pourrir.

L'identification a d'autant plus joué qu'à présent, tout un chacun sait, parfaitement, que peu importe le secteur où il travaille, il n'est pas non plus à l'abri de ce genre de choses. C'est la crise, et les patrons en jouent à mort sur leurs salariés. Nous n'étions que des variables d'ajustement avant aussi certes, mais la différence c'est qu'à présent tout le monde s'en rend vraiment compte. Et dans la perception qu'on a du monde, ça change singulièrement les perspectives.

Mais ça ne suffit toujours pas à expliquer cet embrasement virtuel. C'est d'ailleurs en creusant que ça devient peut-être intéressant. La simplicité du cas, l'identification immédiate à la victime, l'émotion ressentie devant l'injustice et la volonté de faire "quelque chose" extrêmement facilitée par le fait que "faire" en l'occurrence ne demande pas de bouger de devant son ordinateur, oui, il y a tout cela en effet. Mais reste quand même les deux questions de départ : pourquoi elle et pourquoi maintenant ? Pourquoi cette cristallisation sur elle à ce moment social précis ?

On pourrait donc avancer l'hypothèse que en quelque sorte et sans le savoir, Anne-Marie s'est trouvée être la "bonnne" personne au "bon" endroit au "bon" moment.
En ce moment est négociée le sauvetage de l'euro, affaire éminemment technocratique dont la population comprend cependant l'essentiel : elle va morfler pour que les banquiers restent en place. On lui répète matin midi et soir que la rigueur est imminente alors qu'elle a déjà le net sentiment que la vie quotidienne est pas mal "rigoureuse", et on lui inculque qu'elle va le devenir plus encore. Elle voit que tout augmente sauf les salaires, elle voit que c'est la même merde partout ailleurs, elle galère et comprend qu'elle va galérer encore plus que maintenant, les conditions de travail sont dégueulasses, plus personne n'est à l'abri, et cette population, nous, vous, moi, assistons écoeurés à l’obscénité ripaillante des "grands" repus à en avoir les dents du fond qui baignent.

Si vous avez le toupet de vouloir un peu rouspéter contre cet état de fait, un teckel européiste s’empressera de vous traiter de nazi. Littéralement. Le dodu Quatremer se rend t-il d'ailleurs compte qu'il alimente par son perpétuel comportement de larbin rampant et inepte la défiance généralisée autour de sa chère "Europe" ? Probablement pas pas : c'est un libéral et partant un idiot fanatisé incapable de réflexion autonome.

Voilà donc le contexte autour d'Anne-Marie. Qui a sans doute cristallisé autour de son cas individuel bien des rages contenues et des colères quotidiennes et impuissantes. Elle a peut-être bien été l'opportunité de crier une révolte d'un jour, certes ponctuelle, qui sera sans doute oubliée dans 48 heures, mais qui néanmoins signifie quelque chose. En résumé, la colère dégoûtée a profité d'un cas particulier pour s'exprimer en utilisant les réseaux sociaux. Et au final, la caissière ne sera pas virée.

Donc oui, en effet, Internet ce n'est pas du "vrai" militantisme du vrai terrain de la vraie vie avec des vrais gens, bien sûr voyons. La preuve que ce n'est pas du militantisme : on est au chaud dedans et pas en train de se cailler dehors. C'est pas une preuve, ça ? Le "vrai" militantisme, on doit souffrir Madame, c'est comme ça, c'est sacrificiel et c'est noble. D'abord.
Et certes, il n'est pas possible d'y mobiliser les énergies de façon permanente, encore que : l'extrême-droite y arrive pas mal du tout, si on regarde.

La conclusion provisoire de tout ça c'est quand même qu'une personne a vu son boulot sauvé par les réseaux sociaux.
Je vais avoir de plus en plus de mal à prendre au sérieux celles et ceux qui continuent à refuser d'intégrer la donnée "Internet" dans leur vision de la politique.

VRAI militantisme. Sous la flotte. Dans le froid. Dur. Ingrat. Sacrificiel. Noble. Pur...








PSEUDO militantisme petit-bourgeois incompréhensible pour les masses laborieuses

mercredi 26 octobre 2011

Déculturation petite bourgeoise et coup de pelle dans le museau

Ce qui frappe le plus, décidément, c'est l'inculture politique générale.
C'est un constat objectif : les gens, en général, sont parfaitement politiquement incultes et ne comprennent rien à rien. N'ont aucune grille, aucun cadre de réflexion et de critique, et du coup font et disent absolument n'importe quoi. Et c'est agaçant. Et on finit par leur en vouloir, à la fin, même si on sait qu'au fond, ce n'est pas vraiment de leur faute et que 30 années et quelques de "politiques de la dépolitisation" (Bourdieu) sont passées par là, et que la principale source d'informations des masses laborieuses reste la télévision et et le ferraro-pujadisme pour savoir ce qui se passe dans le monde.

Vous me direz : mais à quoi ça sert d'avoir une culture politique ?
(Et si vous le dites comme ça, c'est qu'en effet le niveau est vraiment tombé bien bas ma pov' Lucette).
Dans votre boulot, vraisemblablement à rien. Dans vos relations avec autrui, probablement à pas grand'chose. Pour draguer de la meuf, ça sera même nuisible, soyons objectifs - sauf si vous tapez dans les milieux militants et encore, il faudra adapter le discours en fonction.
Et si vous êtes de droite, vous n'avez aucun besoin de vous encombrer le cerveau de ça, évidemment : à droite, on se contente de répéter ce qu'à dit le chef. Puisque le chef il a forcément raison vu qu'il est chef, alors quoi ? D'où le discours formaté et panurgique du droitard qui ne "pense" pas au sens strict du terme et se contente d'annonner ses éléments de langage standardisés et conformiste. Recherchez "Matthieu Creux" dans Google et vous allez immédiatement voir un spécimen de base.

Mais à gauche, force est de constater que ce n'est guère mieux, en vérité.
Disons le tout net : les militants politiques sont des couilles déculturées infoutus d'avoir une grille de lecture critique et des analyses qui tiennent un peu la route. Ils se contentent de suivre leurs portes-paroles respectifs et eux aussi de répéter platement les conneries qu'on leur raconte en réu de section. Et c'est partout pareil désormais puisque dans l'une des seules organisations politiques où le moins que l'on puisse dire était que l'esprit critique était en combustion permanente - la LCR -, le passage au NPA aura eu ce résultat de fabriquer un discours halluciné et déconnecté de la réalité qui enferme ce parti dans un repli frileux et agressif. Le NPA désormais, c'est une annexe de LO sauf qu'on a le droit de se bourrer la gueule. Bref.

Et chez les non militants, même ceux qui sont issus des classes moyennes et à ce titre pourraient disposer de temps et de loisirs pour se fabriquer de la culture politiques, c'est pareil. Sauf que eux ont encore moins d'excuses que les mecs qui bossent en usine parce qu'à la base ils ont disposés d'un accès facilité au savoir. 
Et de fait, ces gens sont souvent très bien informés et savent à peu près tout ce qui se passe partout dans le monde, merci Internet. Certes. C'est juste qu'ils confondent information et connaissance et ne trient rien. Et du coup sont extrêmement perméables à toutes sortes de fariboles, comme par exemple le "vote utile".


Oui, c'est embarrassant pour les personnes qu'on voit là dedans. Je sais. Encore plus pour celles qui ont eu cette piteuse initiative. Le truc, c'est que ce n'est pas seulement ridicule, même si ça l'est foncièrement. C'est que si on gratte un peu le "fond" politique du bidules, c'est de la bouillie tiède de bobos complètement à la ramasse qui ne réfléchissent pas et sont tellement obnubilés par Sarkozy qu'ils tombent à pieds joints dans le piège du bipartisme c'est à dire précisément le rêve humide de l'UMP et du P"S". Et ils y tombent précisément parce qu'ils n'ont aucune culture politique, on en revient au point de départ. Mimolette fera exactement le même programme économique que la droite ? Bobo ne veut rien entendre et se contente de couiner "oui mais virer Sarkozyyyyy". Et fermez le ban. C'est tout ce qui tourne en rond dans sa petite cervelle, c'est tout ce qui l'obsède, c'est tout ce qui le meut. C'est simple, ce n'est rien moins que de la bêtise du même niveau que le premier crétin UMPiste venu. Et ça agace à la longue, parce que c'est bien gentil de trouver tout le temps des excuses à tout le monde mais à un moment il faut sévir.

Dont acte.

(Tu cliques et tu te paies une grosse barre de LOL  MDR XD, je te jure)

mardi 25 octobre 2011

Petits rois inutiles et jetables

L'ensemble de l'architecture capitaliste ne pourrait pas tenir 3 minutes sans les foules de zélateurs et autres moutons conformistes et bêlants qui rêvent devant sa toute-puissance en espérant que leur dieu leur laissera les miettes qui tombent de son énorme sandwich de corruption. Ce n'est pas que le capitalisme soit fragile en soi, bien loin de là ; mais il a un besoin vital de hordes de parasites et autres sycophantes pour à la fois l'aider à fonctionner de manière optimale et justifier en permanence l'injustifiable à savoir sa propre existence.

Cette petite vermine grouillante d'inutiles plus ou moins stipendiés, plus ou moins malins, on la retrouve un peu partout, comme vous savez : dans les journaux, dans les blogs, autour de la machine à café, dans sa propre famille parfois. Ils ont beau être différents d'aspect et faire semblant de diverger d'opinions, leur fonction principale est de défendre mordicus leur théologie de capitalistes wannabe sans jamais se démonter quand on leur met la réalité sous le nez. Les pauvres. C'est qu'ils voudraient tellement eux aussi profiter des largesses promises par leur religion. Alors ils triment, sans rien dire, sans moufter, soumis et consentants à tout, dans l'espoir - vain et désespéré : ils ne seront jamais ne serait-ce que millionnaires et même pas riches un jour, les benêts crédules - en ne vivant que par la poursuite d'un rêve impossible : "réussir".
Parfois, il y en a un qui s'achète une Porsche en leasing et il fanfaronne au volant de son substitut pénien, ce qui rend vert de jalousie ses semblables en soumission - Libéral est l'espèce la plus envieuse et la plus mesquine du monde, l'avez vous remarqué ? - et du coup il est content comme un enfant retardé qu'on a récompensé parce qu'il est parvenu à enfin écrire son nom avec des nouilles alphabet. 

Ouais.
Pathétique petite chose triste, décidément.

Et bien entendu, les plus splendides spécimens de ces inutiles sont dans la finance. Fallait-il le préciser ?
Comme ce jeune homme tout agacé qu'on ose lui dire la vérité - qu'il est inutile et un petit peu une merde aussi - et qui s'est fendu d'un petit email pour débonder ses petites aigreurs d'insignifiant qui pète plus haut que son cul parce qu'il passe ses journées devant des écrans. Il y en a qui sont fiers de ça, vous savez.
Tout de même, il y a des gens qui ne doutent de rien.

"Allez-y, continuez à vous en prendre à nous, mais c'est vous qui en souffrirez. Que va -t-il se passer quand il n'y aura plus d'embauche à Wall Street. Vous savez quoi? Vous allez tout simplement perdre votre emploi parce que c'est nous qui le prendrons. Nous nous levons à 5 heures et nous travaillons jusqu'à 22 heures ou... plus. Nous sommes habitués à ne pas aller aux toilettes quand nous travaillons sur un deal. Nous ne prenons pas une heure ou plus pour la pause déjeuner. Nous ne demandons pas un syndicat. Nous ne partons pas en retraite à 50 ans avec une bonne pension. Nous mangeons ce que nous trouvons, et quand il ne reste qu'une seule chose à manger dans notre assiette, nous ne faisons pas les difficiles."   

"Pendant des années, les enseignants et autres employés syndiqués nous ont trompés. Nous étions trop occupés à travailler pour nous en rendre compte. Pensez-vous vraiment que nous sommes incapables de donner des cours à des élèves de 3ème ou d'aménager un jardin ? Nous allons prendre vos emplois pépères avec prime d'ancienneté et 4 mois de congé par an et nous pleurnicherons comme vous que nous sommes sous-payés alors que nous élevons la jeunesse de l'Amérique. Dites au revoir à vos heures supplémentaires payées double ou plus. J'en profiterai pour former l'équipe de baseball du lycée pendant l'été en empochant 5 000 dollars supplémentaires, merci beaucoup."

Mh.
Oui.
Nous pensons que toi et tes semblables êtes totalement incapables de "donner des cours à des élèves de 3ème ou d'aménager un jardin".
D'une manière générale, nous pensons également que vous êtes totalement incapables en tout, dans la mesure ou même dans votre catégorie de métier, vous n'êtes pas capables de faire correctement votre job. Qui consiste à égarer des millions de dollars sans trop comprendre ce que vous avez foutu exactement, c'est bien ça ? De l'extérieur, c'est à quoi ça ressemble, en tout cas. Et c'est surtout bel et bien ce que c'est : "faire de l'argent" ? Non, parasite, ce sont les autres qui "font de l'argent", par leur travail qui crée de la valeur. Toi, tu ne "fais" rien : tu surfes sur du vide et tant que tout le monde autour de toi est convaincu que le vide existe ça passe à peu près. Une fois que la réalité reprend ses droits - le vide n'existe pas, tout bêtement - on se rend compte que toi et tes semblables êtes des inutiles. Nuisibles qui plus est.
Et que ces jolies "théories du ruissellement" sont grotesques : les riches ne servent à rien. Et n'enrichissent qu'eux-mêmes.
Désolé. C'est comme ça. C'est dur, je sais mais : c'est comme ça.
Toute ta vie est une fantaisie charmante bâtie autour des illusions qu'on t'a seriné dans tes écoles et qui t'ont formaté le cerveau de telle sorte qu'à présent, défoncé à la coke et au amphèts pour tenir le coup, ivre de ta déconnection du réel à force de te brûler les yeux et l'âme devant des colonnes de chiffres, tu en es devenu bouffi de toute puissance au point de croire, sincèrement, que tu es capable de tout. Roi dérisoire et jetable d'un système qui se joue de toi et que tu suces en avalant à longs jets gourmands.

Et bien vas-y. Plante des poireaux. Allez, on te regarde. On est très curieux de voir ce que ça va donner. Change de carrière et va dans l'enseignement : tu ne sera plus devant des chiffres mais devant de vrais êtres humains pas rationnels à qui il faudra essayer d'enfoncer des choses dans leur têtes de bois.
Fais cuire un pain. Fais une piqûre. Change une roue, bref : essaie de faire quelque chose de réel, pour une fois dans ta vie.

Enfin, ta vie...
Ce qu'il en reste, quoi.

Puisque nous autres savons très bien qu'à force de bosser de 5 h à 22 h, de manger tout ce qui traîne n'importe ou et de prendre des drogues dures à haute dose tous les jours, ta vie, ça risque bel et bien de ne pas ressembler à grand' chose très très vite.
Voire même de ne pas durer longtemps du tout.

Allez, on est des gentils : quand tu fera un arrêt cardiaque en plein squash à 31 ans, on enverra même une jolie couronne.
Ou pas, d'ailleurs.


samedi 22 octobre 2011

Spécialistes spécialisés dans leur spécialité

Si le fait-divers peut parfois être un symptôme révélateur d'autres maux qui travaillent la société, il faut donc admettre qu'en ce moment ça ne va pas fort-fort dans notre province de France ; ce qu'on savait déjà par ailleurs. Mais là, disons que ça commence à se voir, le "malaise". J'aime bien cette expression de présentateurs de journaux télé et d'invités à C dans l'air : le "malaise" qui traverserait "la société" et montrant "l'inquiétude des français face à l'avenir". Qu'en termes choisis. Disons que c'est plus pudique que poser sur la table des gros mots comme "paupérisation accélérée" et "pétages de plombs dûs aux politiques néolibérales". Dire ça serait certes plus exact mais d'un autre côté, les présentateurs de journaux télévisés et les invités à C dans l'air n'ont jamais connu ce genre de choses ; partant, pourquoi s'attendre à ce qu'ils mettent des vrais mots sur les vraies choses dont ils ignorent tout dans leur réalité à eux ? Et qui en plus risqueraient de leur occasionner de funestes dissonances cognitives puisque prouvant par le fait concret l'échec désastreux de l'idéologie qu'ils s'obstinent à défendre becs et ongles ?

Gageons que quand des émeutes éclateront en France pour cause de dégradation de la note et renforcement des politiquement d'austérité jetant des pans entiers de population dans la vraie misère - et elles éclateront, ce n'est qu'une question de temps - , ils seront encore là à pérorer sur le "malaise" en se grattant la tête pour se demander mais pourquoi donc ces gens sont-ils aussi agités, à la fin ?...

Comme Marc Landré du Figaro.
Qui est paraît-il spécialiste de la question sociale. Bon, ensuite ça ne mange pas de pain de se proclamer "spécialiste" de quelque chose pour peu qu'on s'y intéresse ne serait-ce qu'un peu. Moi-même, je peux me déclarer "spécialiste" de la blogosphère, si je veux. Et je suis bien certain qu'à peu près personne ne viendra me demander titres et diplômes en rapport avec cette science, voyez ? C'est ça qui est pratique quand on s'improvise "spécialiste" et qu'on assène à l'assemblée qu'on est vachement spécialiste de son sujet : si vous le répétez assez souvent et assez fort, vous allez voir qu'on va finir par vous croire sur parole.
Et si Marc Landré est "spécialiste du social" au Figaro, ben c'est que c'est lui qui le dit, quoi.

Sauf que bon, si lui est spécialiste du social, je suis petit rat de l'opéra en tutu, moi. Parce que voyez-vous, pour causer du "social", il est du goût le meilleur d'avoir au minimum une grille d'analyse de celui-ci un tant soit peu pertinente. Le marxisme et sa dialectique des rapports de forces en est une, pour prendre un exemple au hasard. C'est que c'est compliqué, le "social" vous savez, avec tous ces gens qui ne veulent pas tous la même chose en même temps au même moment, fouyouyou, surtout quand c'est "la crise" comme maintenant, et tous ces gens qui s'agitent dans tous les sens, ça fait bobo à la tête à Marc Landré qui a besoin d'explications simples et rassurantes parce que sinon il comprend plus rien à rien.


"Dans le cas précis du forcené qui a pris deux agents hier en otage, sa place n'était pas au Pôle emploi mais à l'asile pour démence, même passagère. Il n'y a qu'à voir les 17 pages qu'il a laissées pour justifier son acte afin de se rendre compte que la misère face à la recherche d'emploi n'avait pas grand chose à voir avec sa détresse."

Marc Landré n'est donc pas que "spécialiste du social" au Figaro, il est aussi psychologue clinicien à ses heures perdues. Il a donc établi un diagnostic d'une rare pénétration quant au cas de cet informaticien en précarité depuis 10 ans et décrète que sa situation n'a rien à voir avec son acte. Il y a donc pour Marc Landré d'un côté le fou hululant qui est fou parce qu'il est fou et c'est comme ça ; et la société dans laquelle vit le fou hululant et les deux n'ont rien à voir l'un avec l'autre. C'est comme ça, et puis c'est bien du malheur tous ces malheureux ma pov' Lucette.
Puissant non ?

Une petite question en passant : Marc Landré, pourtant "spécialiste du social" a t-il pris 10 années pleines de précarité en pleine face ?
Probablement que non, hein ?
Certainement que cette expérience lui aurait pourtant enseigné un peu autre chose que son habituelle morgue paternaliste et lui en aurait sainement fait rabattre au niveau du mépris de classe. La réalité, ça fait souvent cet effet, sur les Marc Landré : ça les rend humble, d'un coup.

Surtout quand il n y a même pas besoin d'être spécialiste de quoi que ce soit pour très bien comprendre que 10 années de précarité et les dégâts moraux qui l'accompagnent peuvent très bien pousser n'importe qui suffisamment à bout pour faire des bêtises. Même moins de 10 années, d'ailleurs.
Et la seule chose étonnante dans ce genre d'évènement n'est pas que ça arrive : ce qui est étonnant, c'est que ça n'arrive pas tous les jours. Heureusement que la télévision, les anxiolytiques et la gauche de gouvernement sont là pour maintenir l'équilibre social, n'est-ce pas.

Alors de deux choses l'une : soit Marc Landré minimise à dessein ce genre de symptômes, manière de de pouvoir chantonner "tout va très bien madame la Marquise" et exprimer ainsi que oui c'est "un peu" difficile en ce moment mais ça va passer braves gens, serrez les dents.
Soit il ne comprend et ne connais absolument rien au sujet dont il est "spécialiste".
Les deux ne s'excluant pas le moins du monde, évidemment.

vendredi 21 octobre 2011

jeudi 20 octobre 2011

PPHQLB : Face Off

Vous n'en pouviez littéralement plus, cette attente était insupportable, vous déchiriez vos vêtements et griffiez votre visage dans de longues lamentations tourmentées et voici enfin la bonne nouvelle : Pas Plus Haut Que Le Bord est de retour et nous aussi on en pouvait plus. On est à nouveau dans la place et tout baigne, et en plus on a un nouveau site.
Le bonheur ? Probablement ce qui s'en rapproche le plus, assurément.

mercredi 19 octobre 2011

Manufacturing la pensée de bistrots

Dans cet article, tout est parfaitement à chier.
Le titre, faisant référence à un film médiocre et rempli de clichés jusqu'à la gueule et minimisant une agression gratuite et extrêmement violente. "Une partie de gifles", ça vous a un côté potache et pas méchant, alors que la réalité brutale des faits va bien au delà de la petite rixe pas méchante.
Le chapeau, minimisant encore sous prétexte d'un soi-disant happy-end : ouf, tout est bien qui finit bien, alors qu'on ne sait même pas encore si les agresseurs seront condamnés à quoi que ce soit.
Lesquels agresseurs dont on précise bien évidemment qu'ils sont "de couleur" - si vous voyez ce que je veux dire...-, parce qu'il est évident que toute agression homophobe ou autre ne saurait nullement être le fait de personnes "de pas couleur" et que les ratonnades anti-pédés voire les meurtres sont systématiquement commis par des moins français puisque "de couleur".

Les commentaires de l'article sont eux aussi exactement ce qu'on peut en attendre : entre fans de Fdesouche faisant semblant de se soucier du sort de deux lesbiennes pour régurgiter leurs aigreurs de petits blancs et homophobie huileuse d'hypocrisie sous-entendant que si elles ne s'étaient pas donné ainsi "en spectacle", n'est-ce pas, etc. C'est pas que c'est bien fait pour leur gueule, mais quand même ces gens devraient se faire plus discret...
Pour le propre bien, hein.

Quand d'autres personnes avaient commis un double meurtre particulièrement atroce, il n'a été nulle part précisé leurs origines ethniques. On n'avait pas dit que cet acte étaient le fait de personnes "caucasiennes" puisque ce n'est que dans les cas de pas-blancs que visiblement on se croit obligé de les mettre en avant. Et aucun ministre de l'Intérieur ne s'était alors précipité sur les lieux avec forces caméras pour se draper dans son indignation républicaine, nul président très agité et en manque perpétuel de reconnaissance n'avait poussé les hauts cris contre ces meurtres et promit les plus sévères sanctions contre les criminels, quand on voit les mêmes faire semblant de s'émouvoir à chaque histoire de chiens agressifs et de pickpockets dans le métro. D'un point de vue médiatico-idéologique, cette affaire ne méritaient effectivement pas le déplacement : rien que deux pédés assassinés par des petits blancs débiles, ça ne rapporte aucune voix, ça. Si encore les débiles s'étaient nommés Mamadou et Mokhtar au lieu de Christophe et Claude, là oui, ça promettait du juteux. On aurait pu parler de "drame insoutenable" démontrant les "fractures de la République" ; ici, ça se contentera d'être un fait divers local. Si vous saisissez la subtile nuance.

Et ne doutons nullement qu'il en sera ainsi pour les deux lesbiennes de Charleville-Mézières. Cette manie de ces personnes de se faire agresser alors qu'elle n'ont pas ou les bonnes moeurs ou la bonne couleur de peau, franchement, ça ne fait guère sérieux. Et elles n'auront pas le secours d'un Ivan Levaï pour plaider leur cause, puisque pour être défendu bec et ongles par l'éditocratie il est de bien meilleur goût d'être homme blanc et riche de préférence.

On fustige la presse nationale dans ce qu'elle a d'orienté pour ne pas dire de putassier et moi-même certes je ne suis pas le dernier à le faire ; mais le temps manque pour explorer la presse quotidienne régionale, lue dans les petits bleds paumés, disponibles sur les comptoirs des bistrots et lue avec le petit noir du matin avant d'aller au boulot, et qui sait elle aussi se faire un excellent relai du conservatisme et des clichés discriminants. Jean-Pierre Pernaut à la télé, le canard du coin rempli de faits divers présentés de façon bien orientés, qu'il fait bon vivre dans les provinces bien de chez nous.
Tout ce que le pékin lambda retiendra de cet article, c'est ceci : deux gouines étaient en train de s’exhiber en public et du coup, deux sauvages "d'origine africaine" leur ont pété la gueule. Bilan "si on y réfléchit" : que des coupables, hein. 
Rhalala.
Pauvre France...

Et l'article de conclure sur "ce regret récurrent, qu'il n'y ait pas de caméras de surveillance en un lieu aussi fréquenté de la vie carolomacérienne, pour filmer de telles exactions et en limiter la commission."
Dans tous les PMU de France et de Navarre, nul doute que l'approbation à de telles mesures de bon sens ne soit général.




mardi 18 octobre 2011

lundi 17 octobre 2011

I want you to hit me as hard as you can

C'est bien gentil de s'entraîner tout seul chez soi depuis maintenant 2 ans et demi, mais au bout d'un moment force est de constater que la motivation s'émousse. Étant l'une des seules personnes de mon entourage à pratiquer régulièrement de l'exercice physique - non, déchirer l'emballage de Télérama ne constitue pas un effort en tant que tel, navré - et partant ne pouvant compter sur mes mous d'amis pour me filer la patate, je me trouvais confronté à une constatation sans appel : on a beau lurker comme un chien sur tous les forums possibles et imaginables, on a beau avoir tricoté avec amour et tâtonnements son propre petit programme d'entraînement qui va bien - mix Lafay/kettlebells/haltérophilie/gymnastique -, on a beau être d'une auto-discipline à faire chialer un samouraï janséniste et constipé et finir par trouver normal de bouffer des trucs moyennement bons au goût mais objectivement bons pour la santé - le chocolat c'est meilleur que les légumes verts, c'est ainsi, on vit dans un monde froid hostile et injuste, c'est une jungle sans pitié et les plus forts survivent, dit-il en reprenant des brocolis - BREF : il me fallait un nouvel élan.

Je me suis donc résolu à aller voir d'un côté d'une salle de muscu "normale" et ça tombe bien, y en a une pas bien loin de chez moi. Et puis comme ça j'apprendrai des trucs utiles avec des gens et tout.
À l'accueil se trouvait un fort joli garçon, jeune, dynamique et objectivement super bien foutu (le petit enculé). Le genre a avoir fait du sport toute sa vie, à ne pas se poser de question de motivation et autres sornettes et à pouvoir passer devant une pâtisserie sans regarder la vitrine. Des gens comme ça existent, vous savez. C'est atroce mais c'est ainsi.
Moins d'une minute de conversation me fixa néanmoins sur les capacités cognitives de fitness-boy : vous avez vu Burn after Reading ? Brad Pitt dedans ? Voilà. En moins...Brad Pitt, quoi, et avé l'acceng du coing, genreuh.
Passant outre cet inconvénient et décidant que je n'étais pas là pour discuter impératif catégorique et dualité transcendantale, je l'accompagnai dans la visite de la salle, pas plus moche qu'une autre ma foi, semblant correctement achalandée en stations de travail propre à faire grimacer et transpirer l'honnête masochiste, notant toutefois deux détails d'importance qui me firent froncer le nez : la musique, venant d'une station de radio merdique passant l'unter-soupe de rigueur - David Guetta partout, justice nulle part ! - et les miroirs...

Je déteste les miroirs dans les salles de gym.
Je les déteste parce que contrairement à ce que prétendent les gens qui sont devant en permanence, ils ne sont pas là pour vérifier si le mouvement est correctement exécuté mais avant tout pour se contempler en direct la faille narcissique et s'admirer les petites veines sur les biceps. Les miroirs en salle de gym, c'est la mort de l'effort désintéressé au profit du culte de l'image. En fait, c'est rien moins que l'abandon du concept d'exercice physique dans un but de santé et d'amélioration de soi au milieu de gens partageant ces nobles et austères aspirations pour les remplacer par un face à face solipcisé de soi-même se regardant dans l'effort. Ce n'est plus la beauté du geste qui compte, c'est se mirer en train de le faire. Les miroirs dans les salles de gym, c'est du dernier vulgaire.

Mais bon : là aussi, je passais outre, en commençant quand même à me demander si c'était une bonne idée tout ça.
La conversation de fin avec Brad finit de me convaincre que non.
Papotant de plusieurs moyens et méthodes de se faire mal dans la joie, je lui demandais si il connaissait quelques trucs assez costauds que j'aimais à pratiquer et lui de me répondre en rigolant, je cite de mémoire : 

- "Houlala, hé, mais ici ong est pas la poureuh seuh faireuh du mal, heing, ah ah ah".

Vous avez déjà eu envie, à un moment, d'exprimer à haute et forte voix non pas ce qui est socialement acceptable, non pas ce qui est attendu de vous par votre interlocuteur, mais exactement ce que vous avez sur le coeur dans un grand déballage de sincérité kamikaze, n'est-ce pas ? Oui, ça arrive tous les jours.
C'est triste de na pas pouvoir le faire. Très triste, même. C'est le prix relationnel à payer pour que le fragile équilibre civilisationnel tienne debout. Sans cette indispensable dissimulation, le monde s'écroule en 3 jours dans un chaos sanglant.

C'est tentant, hein ?

"- Sauf que moi je suis là pour me faire mal, ducon.

- Heing ?

- Je ne suis pas venu ici pour blablater trois heures autour du banc de développé-couché, me prendre une gentille petite suée tranquille, prendre ma douche en me mettant du parfum qui pue dans tout le vestiaire et revenir au boulot content et con en me disant que j'ai fait du "sport".

- Heing ?

- Je ne suis pas venu ici pour me contempler l'individualisme en faisant des curls-biceps devant le miroir comme les autres blaireaux.

- ...

- Je veux détruire mon ego.

-...

- Il y a quelque chose en moi que je n'aime pas et je veux sa peau, à ce fils de pute.

-...

- J'ai cherché le moyen de l'éradiquer définitivement pendant des années et l'exercice physique est la solution que me convient le mieux. Mais pas comme ça. Pas cette muscu de cadres pour hommes pétasses hétérosexuels. Je veux plus. Je cherche plus. Je veux le pire. Je veux le violent. Je veux la tempête et le tourment.

-...

- Je suis en guerre contre quelque chose et tu me propose de jouer à je te tiens tu me tiens par la barbichette.

-...

- Je veux sortir des séances fracassé, essoré jusqu'au trognon, au bord des larmes et à peine capable de tenir debout.

-...

- Je cherche une rédemption.

-...

- La première fois que j'ai fait du crossfit, "Cindy", 5 tractions 10 pompes 15 squats et enchaîner le circuit sans repos pendant 20 minutes d'horloge, j'ai fait 21 tours. À la fin, j'ai craché du sang. C'était bien.

-...

- Je suis dans la quête hallucinée d'une expiation qui passe par se fracasser physiquement et mentalement contre le même mur jusqu'à ce que ce mur s'écroule. Et il s'écroulera.

-...

- Du passé faisons table rase. Par tous les moyens nécessaires. Je suis ma propre avant-garde éclairée et je sais ce qui est bon pour mes masses musculaires, y compris contre leur gré.

-...

- Je suis le sentiment de rejet exacerbé de Jack.

...

- Je cherche l'Illumination et tu veux que je consomme. On est pas sur le même plan d'espace-temps.

-...

- Quand j'attaque l'entraînement, je suis dans un tel état que j'ai envie de mettre une balle dans la tête à tous les connards de pandas même pas foutus de baiser pour reproduire leur espèce.

-...

- Je sais que ça va faire plus mal que n'importe quel autre entraînement. Sans douleur ni sacrifice nous n'obtenons rien. 

-...

- TU N'ES PAS TES COMPLÉMENTS HYPER-PROTÉINÉS !

...

- J'ai des courbatures en permanence. Elles ne me quittent pas. J'aime bien.

-...

- Ce n'es pas une question de masochisme, c'est une putain d'expérience scientifique où je suis à la fois le cochon d'Inde et le mec en blouse blanche qui le regarde. Ne pas comprendre ça, c'est ne rien comprendre à ce que je veux. Je vois que tu ne comprends pas. J'ai de la peine pour toi.


-..."

Je partis de la salle en me disant que je n'y reviendrai pas.

Les avant-gardistes ne sont jamais compris, que voulez-vous.

dimanche 16 octobre 2011

À simple titre informatif

Nous rappelons à nos aimables amis sociaux-démocrates que pendant qu'ils font mumuse avec leur primaire, Marine Le Pen est toujours à 20 % d'intention de votes. Vous ne voyez pas le rapport ? Faudra pas pleurer après.

samedi 15 octobre 2011

Qu'ils assument.

Après avoir vu "La gueule de l'emploi", le premier mouvement est de vouloir y aller une bonne fois pour toute à la hache dans la tête des recruteurs. C'est normal et parfaitement humain, il n'y a nullement lieu d'avoir honte d'une réaction aussi logique et finalement très saine. Bon, évitez de le faire quand même, ça pose toutes sortes de problèmes. Ça ne prouve en définitive que vous êtes un être humain normal, et toute personne ne se sentant pas quelque peu très très agacée par le comportement de ces petites merdes en costume-cravate, est donc quelqu'un de profondément anormal, amoral, acceptant la soumission comme allant de soi et étant bien entendu de droite.

Après, ce qu'on voit ici, si c'est toujours très choquant, ne constitue en rien une surprise : la brutalité manipulatoire et humiliante du management est la conséquence logique et mécanique de l'idéologie néolibérale et de sa théorisation systématique du darwinisme social dans le monde du travail. Avec le néolibéralisme on est en plein dans la novlangue en permanence et son soi-disant amour de la "liberté" ne signifie rien autre chose que son désir violent de soumettre et d'écraser. D'où ce qu'on voit dans le documentaire, les recruteurs ne faisant qu'appliquer concrètement l'essence même de cette idéologie.

Suite à sa diffusion, un garçon très énervé - et ça se comprend - avait monté un site montrant le film et donnant aussi les noms, prénoms et adresses des petits Bérias encostumés du cabinet de recrutement. Il s'en explique très clairement ici :

"Je me suis demandé comment faire en sorte que les recruteurs soient confrontés à des avis vis-à-vis de leur comportement."

Que n'avait-il pas dit là.
Vouloir que des pions du système capitaliste soient directement confrontés aux conséquences de leurs actes ? Quand on voit qu'il est encore question de joyeusement "recapitaliser" les banques qui continuent de flamber des milliards et ce sans que quiconque parmi les gouvernements ne songe même à ne serait-ce qu'agiter un doigt un peu grondeur, fichtre : toute la pyramide néolibérale étant justement basée sur la plus complète irresponsabilité de tous ses acteurs, la chose serait pour le moins inédite.
Rendez-vous compte : on finira même par leur demander des comptes.

Evidemment, la démarche a provoqué piaillements et criailleries et a atteint assez vite son acmé sous le terme de "délation". On peut brimer, humilier, jouer et jeter des êtres humains, mais quand il s'agit de mettre les personnes s'amusant à ça devant leurs responsabilités, des hordes d'imbéciles se dressent vent debout pour dénoncer...ceux qui les dénoncent.
Y compris dans une certaine gauche "radicale", toujours très très indignée mais qui ne va jamais au bout de ses propres raisonnements. C'est n'est-ce pas qu'il faut être "moraux" et "corrects" et puis surtout "on est pas comme eux, hein".
Ah, éprouver de la sympathie pour Occupy Wall Street, c'est facile finalement. C'est "sympa" et de gôche. Faire à l'ennemi les mêmes choses qu'il nous fait subir, retourner l'arme de la peur contre eux et les obliger à assumer leurs saloperies, là tout de suite, c'est tellement je veux dire quoi..."vulgaire", tu'ois.

Cette gentille gôgôche "radicale" bien au chaud dans sa salle des profs, qui est passée directement des études à l'enseignement et qui n'a jamais connu les charmes de la précarité, des boulots de merde et des recrutements humiliants autrement qu'à distance. Être révolté par ce qu'on voit de l'extérieur est une chose ; être révolté par rapport à des choses qu'on vécu concrètement en est une toute autre. Dans ce dernier cas, on est beaucoup moins porté à chercher des excuses aux coupables.

Rappelons à ces chères âmes que le maire de Nogent Sur Marne punit désormais la fouille des poubelles d'une amende de 38 €. On avait jamais pensé qu'en être réduit à faire les poubelles pour trouver de la nourriture était un indice de civilisation, et même ça c'est bien trop pour la charogne umpiste.

C'est bien gentil de s'indigner et de protester mais on voit surtout que c'est de moins en moins efficace. Et la seule chose efficace avec ces gens, c'est la peur. C'est leur faire peur. C'est leur rendre la peur et les écraser de peur. Ils ne comprennent rien d'autre.

"Nous vivons à une époque où il n’y a plus d’individus responsables, tout du moins chez les puissants. La crise Grecque ? C’est la faute aux « marchés » qui sont en perte de confiance, qui ont peur, qui sont nerveux. On rend vivantes et responsables des entités qui n’existent pourtant qu’au travers des individus qui les composent. J’aurais donc dû attaquer le système. Vaste programme... Quant à l’idée que ces individus soient victimes de ce système, c’est une blague ? Regardez le reportage encore une fois, je ne vois des victimes que d’un côté de la table et ce n’est pas celui dont vous parlez"

C'est exactement ça.
Il y a des responsables. Il y a des gens qui sont coupables. Il y a des gens qui font le choix, en toute conscience, de servir un système d'aliénation et d'exploitation parce que celui-ci leur donne de l'argent en échange de leurs services.
Gageons même que dans peu de temps, on verra des sites avec des noms et adresses de banquiers et de traders, de DRH et de petits chefaillons de bureau, autres responsables et coupables de ce que nous subissons. Et ce sera une très bonne chose.
Ils ont peur ? Ils se sont comporté comme des salopards. Qu'ils assument, pour une fois.

vendredi 14 octobre 2011

Reformuler Michèle Tribalat

L'exercice est on ne peut plus simple.
Prenez un texte qui traite de l'Islam et des musulmans sous un jour évidemment négatif et qui insiste sur leur côté forcément menaçant, entre autres du fait de leur natalité exponentielle. Par exemple, celui-ci. Lisez-le pour prendre connaissance de "l'argumentaire" para-scientifique de l'auteur qui utilise des biais idéologiques à partir de chiffres détournés et de données historiques tronquées.
Des textes comme celui-ci on en trouve pléthore ces derniers temps et on commence même à s'y habituer, la stigmatisation du mahométan devenant quelque chose de banal dans la France d'après de maintenant
À présent, copiez-collez le texte en question, ou n'importe quel texte présentant le mahométan comme fouteur de bordel et danger ontologique et "amusez" vous - les guillemets s'imposent pour ce genre de distraction - à remplacer toutes les occurences "musulmans" par "juifs".
Et le moins qu'on puisse dire c'est que le texte prend alors une toute autre dimension.
Démonstration : 

"Pour réduire les inquiétudes que suscite le judaïsme, les discours tenus par les "élites" naviguent entre le désir de relativiser son importance et celui de l'installer dans le paysage français. C'est pourquoi le judaïsme est souvent présenté comme faisant partie intégrante des racines et de l'histoire de la France. Sa présence ne serait, en fait, que la reprise d'une histoire ancienne. C'est un argument d'autorité bien risqué, car il se réfère à des temps où la chrétienté, que l'on n'appelait pas encore l'Occident, a été acculée à la retraite, sous la force des armes.

En réalité, cela fait plusieurs siècles que l'Europe a renversé ce rapport de forces. le judaïsme avait, jusque récemment, disparu des pays d'Europe occidentale. En France, la presque-totalité des juifs sont des immigrés ou des enfants d'immigrés. Le développement du judaïsme y est donc lié à l'immigration étrangère. On pourrait en dire autant de la plupart des autres pays d'Europe occidentale. Le judaïsme y est bien une nouveauté. L'argumentaire sur l'importance quantitative des juifs en France est ambigu et oscille entre deux pôles : souligner leur caractère minoritaire ou insister sur leur importance (deuxième religion de France). Qu'en est-il ?

Le nombre de juifs serait de 4 millions en 2008, soit 6,4 % de la population (estimation à partir de l'enquête "Trajectoires et origines", INED-Insee, 2008). Le bon sens nous dit que 4 millions d'individus ne sont pas en capacité de bouleverser nos modes de vie, notre rapport au religieux et nos acquis, dont certains n'ont pas encore subi l'épreuve du temps (libération des moeurs et condition féminine).

Parmi les jeunes adultes, un peu plus d'un jeune sur dix est juif. On compte en France, entre 18 et 50 ans, un peu plus d'un juif  pour quatre catholiques. Si l'on s'intéresse maintenant aux plus fervents d'entre eux, ceux qui déclarent accorder une grande importance à la religion, les juifs surpassent les catholiques d'environ 150 000 entre 18 et 50 ans. Ils sont trois fois plus nombreux parmi les jeunes nés en France dans les années 1980. L'expansion du judaïsme se produit dans une France en état de déchristianisation avancé. La sécularisation progresse chez les autochtones par effet d'âge et de génération. En 2008, environ 60 % des jeunes autochtones nés dans les années 1980 déclarent n'avoir aucune religion.

Chez les enfants d'immigrés originaires du Maghreb, du Sahel ou de Turquie, la sécularisation recule au contraire parmi les plus jeunes : ils ne sont plus que 13 % à se déclarer sans religion en 2008. En 1992, 30 % des personnes âgées de 20 à 29 ans nées de deux parents immigrés d'Algérie se disaient sans religion. En 2008, dans la même tranche d'âges, ils ne sont plus que 14 %.

Le judaïsme bénéficie d'une dynamique démographique plus favorable que le catholicisme : un taux de rétention élevé de la religion parentale, une endogamie religieuse forte, une fécondité plus élevée et une immigration qui va sans doute perdurer. Il reste à l'écart du grand mouvement de sécularisation qui touche le catholicisme et le protestantisme, l'essor des évangéliques ne compensant pas chez ces derniers les défections. Ajoutons à cela que les juifs sont très concentrés dans les grandes agglomérations, ce qui accroît leur visibilité et leur capacité de mobilisation : en 2008, plus des deux tiers résident dans les agglomérations urbaines de 200 000 habitants ou plus, contre 39 % pour les personnes d'une autre confession ou qui n'en n'ont pas. Le judaïsme est la première religion de Seine-Saint-Denis.

A défaut d'enjuivement de la France, force est de constater une juification de la question religieuse et de certains territoires. La France croyait avoir laissé derrière elle la question religieuse, le judaïsme la réintroduit. Comme la sécularisation fait figure, à nos yeux, d'un mouvement inexorable de l'histoire en marche, nous avons tendance à juger tout mouvement inverse comme une aberration que seule l'aliénation et le désespoir peuvent expliquer. Nous voyons le (ré) enjuivement des consciences comme une sorte de pathologie, dont il faudrait soigner non pas tant les symptômes, que la cause profonde : le malheur social.

Cette manière de raisonner a le triple avantage de nous illusionner sur la nature du problème, de proposer une recette familière et de laisser intacte notre foi dans le progrès inexorable de la sécularisation. Dans ces conditions, comment le judaïsme pourrait-il changer nos modes de vie ? Cette vision victimaire du judaïsme révèle un grand narcissisme - nous sommes à l'origine du malheur de l'Autre - et une grande condescendance - cet Autre est privé de l'autonomie de sa volonté et de sa capacité à effectuer des choix. Elle s'accorde aussi avec une époque relativiste qui interdit de porter un jugement sur des pratiques qu'on aurait jugées inacceptables et valorise l'ouverture à ce qui vient d'ailleurs. C'est ce qui explique que nous préférons aux juifs modérés qui nous ressemblent un peu trop, ceux dont la modération consiste seulement à répudier la violence pour faire avancer leurs revendications.

Redecker", la censure des programmes scolaires). La jurisprudence Rushdie a même conduit à une inversion de la notion d'incitation à la haine semblant vouloir désormais prévenir les réactions violentes des défenseurs des normes juives chaque fois qu'ils se sentent offensés (les caricatures danoises)"

Reformulé ainsi, vous vous rendez compte que ce texte pue déraisonnablement de la gueule et on se dit que pareil brouet n'aurait jamais eu les honneurs d'une parution dans un grand quotidien national. Mais ce qu'on ne peut pas faire avec d'autres minorités - et il est normal de n'avoir pas le droit de le faire au passage -, avec les musulmans, et bien on peut.

Bien sûr, rien ne nous autorise à soupçonner Michèle Tribalat de regard partisan et encore moins de racisme plus ou moins délibéré. Pas le moins du monde. Nous ne connaissons pas assez cette dame pour nous en faire une opinion arrêtée à ce sujet. On s'émerveillera au passage qu'absolument plus personne en France ne soit raciste alors que le racisme se porte lui le mieux du monde. Comme quoi le langage n'empêche nullement les choses mais c'est un autre débat qui fera l'objet d'un prochain billet.

En revanche, nous pouvons parfaitement voir que les travaux infra-scientifiques de Michèle Trabalat ne sont pris au sérieux que par d'aussi éminentes figures intellectuelles que Fdesouche et Riposte Laïque, ainsi que par des cerveaux aussi affûtés qu'Eric Zemmour et les idiots utiles du lepénisme de Marianne, ce canard de merde.
Coïncidence ?
Je ne crois pas.

Disons alors simplement que Michèle Tribalat se contente d’apporter sa petite contribution au racisme ambiant, voilà tout.


jeudi 13 octobre 2011

Social-démocratie

"Vote utile" = coup de boule. Compris ?

Désireux de trouver un moyen simple, efficace, et non dénué d'une certaine élégance épurée afin d'exprimer mon sentiment quant à l'injonction qui commence de nous être faite de "voter utile", mon choix est à présent définitivement arrêté : toute personne, homme, femme, enfant, vieillard, social-démocrate en peau de lapin,  polyhandicapé dans son fauteuil, éditorialiste à Libération et j'en passe tellement qui se mettra a essayer de me prendre la tête avec sa grosse connasserie de "vote utile" de mes couilles, se mangera donc un coup de boule en pleine face manière de clore le débat. Il y a des façons plus civilisées d'argumenter ? Oui. Mais non. Les gens qui vous sortent ces sornettes sont trop cons et obtus pour mériter les centilitres de salive que vous pourriez consacrer à blablater avec eux et de plus, l'expérience m'a prouvée qu'ils sont inaccessibles à la simple raison la plus élémentaire. Ils se contentent de vous postillonner au visage en bavant comme des trisomiques très retardés et veulent vous ordonner de voter pour des gueules de navet soi-disant de gauche qui feront le sale boulot de la droite une fois revenus aux affaires. Ayant épuisé toutes mes réserves de patience à l'endroit de ces gens, constatant qu'on est pas dans le domaine de la discussion ouverte et démocratique mais de la tentative de chantage qui ferait honte à un narcotrafiquant mexicain, et ayant décidément autre chose à branler qu'encore perdre du temps avec des trépanés du bulbe même pas foutus de piger que leur sociale-démocratie à la con n'est qu'une pute défraîchie qui écarte la cuisses devant le capitalisme en faisant semblant de trouver qu'il y va un peu fort quand même, BREF : "vote utile" ? Coup de boule. Ça ne fera rien avancer ? Moi ça me fera un bien fou. Et c'est le plus important.

D'ailleurs, il y a des précédents : regardez comment l'immense Lino réagissait quand on lui parlait de vote utile :

mercredi 12 octobre 2011

Représentatifs ?

Vous savez, je me met à la place des pro-sionistes, hein.
Je comprends même leur émoi à la vue de l'émission Un oeil sur la planète consacrée à la Palestine. 
Pensez donc : 2 bonnes heures, certes en deuxième partie de soirée parce que faut pas déconner - et qu'aurait-on entendu si c'était passé en prime...- qui exposent la réalité de la politique d'oppression et d'apartheid qui écrasent une population entière. Comme on dit, y a que la vérité qui blesse, hein.

Donc oui, je comprend que voir exposés sans fard ni éléments de langage ni précaution oratoire la réalité toute nue d'une politique délibérément raciste et impérialiste puisse émouvoir ces gens-là. Puisqu'ils la soutiennent. Personne n'aime se faire accuser de quoi que ce soit et encore moins quand ces choses sont vraies. C'est humain.
Ce qui se résume à : vous qui soutenez le gouvernement israélien dans sa politique de vol et d'humiliation dans les territoires occupés, vous êtes complices d'une criante injustice faite à des millions de personnes. Ce n'est pourtant que la stricte vérité. Mais c'est aussi la nature humaine : on aime pas être confronté à la réalité, et certaines personnes encore moins que d'autres.

Quand bien même on sait parfaitement que c'est vrai, par ailleurs. Ça s'appelle soit de la realpolitik, soit du cynisme en barre, au choix.

Et le CRIF a "protesté". Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, lequel de par sa définition même semble donc, logiquement, être la voix de l'ensemble de la communauté juive de notre pays. Soit. On va y revenir.
Lequel CRIF se garde bien de nier la réalité des fait exposés dans le reportage y compris dans la lettre  ouverte de Richard Prasquier à Rémi Pfimlin. Tu m'étonne. Protester avec la plus vive émotion blablabla c'est une chose : démentir ce travail journalistique en revanche, ça risque d'être plus dur...
Car oui, Gaza est une prison à ciel ouvert.
Oui des bombes au phosphore ont été employées pendant l'opération "Plomb durci".
Oui les colons d'extrême-droite persécutent et volent leurs voisins palestiniens.
Oui cette politique de colonisation constitue une provocation permanente.
Oui la situation de palestiniens du Liban est une catastrophe depuis 30 années.
Oui le soutien sans faille des Etats-Unis ne fait qu'envenimer la situation.

Et tellement et tellement d'autres choses.

Nier tout ça n'étant pas possible, on sort le joker définitif : le soupçon d'antisémitisme. Le chantage habituel, qui est systématiquement déballé pour écraser toute critique. Comme d'habitude. Quand on est pas d'accord avec les outrages des forts, c'est donc qu'on est antisémite. Ou crypto-antisémite. Ou antisémite dans son inconscient profond. Bref, qu'on est antisémite même quand on n'est pas antisémite. C'est pratique. C'est minable. C'est petit.

Quand on voit tous les problèmes comme des clous il suffit d'avoir un gros marteau, même si celui-ci devient à chaque fois un peu plus émoussé à force d'avoir été trop utilisé à tort et à travers et trop souvent. L'accusation  diffamatoire d'antisémitisme n'intimide plus. Elle finit même par créer l'effet inverse espéré puisque braquant ceux qu'on en accuse - tu m'étonne là aussi - ces derniers n'ayant nulle envie désormais de fermer leur clapet devant une menace aussi grossière. Qui a envie d'être mis dans le même sac qu'une poignée de nazillons et de fans d'Alain Soral-Dieudonné, franchement ?

C'est pour ça que la réaction du CRIF est en train de se retourner contre lui, de la même façon d'ailleurs que l'opinion internationale commence franchement à voir d'un plutôt mauvais oeil se qui se passe dans les territoires occupés.
C'est que les choses changent en ce moment et les pays arabes sont en train de connaître une évolution rapide et brutale dont pour le moment on ne sait pas trop où ça les mène. Les tarés islamistes du cru aimeraient bien y voir la brèche qu'ils espéraient pour se ruer vers le pouvoir, certes ; mais de là à ce qu'ils l'emportent, c'est une autre question. Et des démocraties arabes ne justifieraient plus l'intransigeance d’Israël, du coup, qui passerait alors de garant des intérêts occidentaux dans la région à boulet agressif et encombrant. L'entêtement de la droite extrême au gouvernement n'apparaît dans ces conditions que comme une fuite en avant désastreuse pour tout le monde, y compris la population israélienne qui à n'en pas douter préférerait que l'argent englouti par cette guerre de basse intensité incessante soit dirigé vers son bien-être immédiat, cf. les manifestation sociales de cet été.

Un gouvernement ne représente pas la totalité de sa population et Dieu qu'ici en France on en sait quelque chose.
De la même façon on dirait bien que le CRIF, bien loin d'être la voix de toute la communauté juive de France, ne représente en fait que lui-même. Ce qui est déjà pas mal, sans doute.
Mais de là à croire que toute cette communauté dans son ensemble soutient avec enthousiasme la politique dans les territoires occupés ?
J'en doute pour ma part très fortement.

lundi 10 octobre 2011

Irresponsable

Un garçon m'a dit hier que j'étais parfaitement "irresponsable" de n'en avoir rien à branler de la primaire socialiste et qu'en m'abstenant au second tout de 2012, je ferai l'idiot utile du sarkozysme. Bon.
Autant dire que ça m'en a remué une demie et encore.
Un garçon tout à fait charmant par ailleurs, et bien plus mesuré que ça d'habitude ; mais que voulez-vous, il y a de curieux cas d'enragés hystériques de la social-démocratie et passé ce défaut je suis bien certain qu'il a été débordé par une émotion excessive. Ça arrive. Rien de ce qui concerne les humaines faiblesses ne m'est étranger et je lui pardonne ce petit écart. Cette magnanimité sera ma perte, je le sais mais quand on est à ce point grand seigneur on ne se refait pas, que voulez-vous.

Et puis de fait, admettons que diantre : "irresponsable" eu égard aux critères de l'époque je le suis assurément.
Surtout quand on voit ce que précisément signifie l'injonction dominante à être "responsable".

En politique, quand quelqu'un vous sermonne en vous traitant d'irresponsable, ça ne signifie pas grand'chose : juste que vous n'êtes pas d'accord avec lui. Toutes les personnes se piquant de politique étant toutes éminemment responsables il va sans dire - on se demande par ailleurs pourquoi c'est autant le bordel avec tant de gens hyper-responsables partout, mais bref - il ne peut que s'ensuivre une saine émulation quant à la recherche frénétique de la responsabilisation la plus responsable. C'est logique. Non ?

Ah ?
Vraiment ?
D'accord...

Mais bon sang, le nombre de fois qu'on m'a fait le coup de la "responsabilité"...
À ce stade, je ne suis même plus blasé. Quelque part bien au-delà, à batifoler dans des azurs d'une sereine indifférence. Je flotte, en quelque sorte. Oui, c'est ça : je flotte doucement et traverse les injonctions comminatoires à la "responsabilité" et j'ai depuis longtemps dépassé le stade du mépris les concernant : disons que ce sont comme des nuages que je traverse sans trop m'en rendre compte. 

Il faut spécifier : quand on est à gauche, être "responsable", c'est voter sosse, voyez-vous.
Et si il y a bien quelque chose dont j'ai absolument rien à branler, c'est considérer que les sosses puissent avoir besoin de mon humble vote.
Il paraît que les sosses se "gauchisent" en ce moment.
Il a fallu que je m'y reprenne à trois fois en les réécoutant attentivement le sourcil levé et en faisant extrêmement attention à ce qu'ils disaient pour enfin, anéfé, parvenir à distinguer quelques infinitésimales bribes de, bon, disons "gauche" pour aller très vite dans leurs discours.
Mais il se trouve qu'en plus d'une ouïe hors du commun j'ai la grâce de disposer d'une excellente mémoire. Laquelle m'a rappelée qu'à chaque fois que les sosses ont besoins qu'on vote pour eux, ils se "gauchisent" comme par miracle en suppliant tout le monde de voter "utile".

J'ai même à ce point une mémoire d'éléphant que je me souviens très exactement de ce que ça donne à chaque fois.
Des politiques de droite.

Vous savez qu'en ce moment, il y a des gens qui pensent vraiment que si les sosses étaient élus en 2012 - ne riez pas, on parle politique, un peu de sérieux - ils feraient une politique quasi de gauche.
C'est fou, non ?
Mais ça c'est si ils étaient élus ce qui n'arrivera pas.
Excusez-moi mais sérieusement : Hollande/Aubry face à Sarkozy, objectivement ? Sincèrement ?
Après, il y a plein de gens qui refusent l'idée que Sarkozy puisse faire un deuxième mandat. Bon. Mais là on est plus dans la politique, on est dans la projection d'affects : ils pensent qu'il est à ce point impossible qu'il repasse, qu'il n'est tout simplement pas possible qu'il repasse, qu'il ne faut absolument pas qu'il repasse que du coup il peut ne pas repasser...

Vous savez ce qu'il fait en ce moment, Sarkozy ? Pendant qu'il va visiter d'autres chef d'Etats qu'il aurait parfaitement pu visiter plus tôt ou plus tard  ?
Il laisse les socialistes faire mumuse avec leur primaire.
Il s'éclipse sciemment pour leur laisser toute la place afin qu'il se gonflent de leur propre importance et commencent à croire à leur capacité à revenir aux affaires en escomptant que sa victoire de 2012 n'en soit que plus écrasante encore.
Ça s'appelle de la stratégie.
Attendez, soyez logiques pour une fois : dans un moment pareil, il se trouve comme par hasard des tonnes de trucs à faire dans des pays à la con le plus loin possible ? Bien sûr qu'il n'a pas envie d'être interpellé par le semi-succès de cette primaire et que sa tronche soit cette semaine en couverture des magazines barrée de "Désaveu !" etc. Ce qui se passerait si il était resté en France. Là, en ce moment, on peut interpréter ce qui se passe comme un rejet de la droite ; 
Mais pas de lui.

Voyez ?

Et pendant que les journaux ne parlent que des sosses en les scrutant à la loupe, lui il regarde vers 2012 parce qu'il n'est pas dans de la projection d'affects mais dans une logique de pouvoir. Parce que les types comme lui sont structurés pour le pouvoir, baignent dedans depuis toujours et savent comment l'obtenir.

Partant, les gens qui me disent que je suis "irresponsable"...
Et puis sérieusement, voter pour des candidats quels qu'ils soient dont la première chose qu'ils feront sera d'accepter le plan de rigueur du FMI ?
En toute conscience, je ne puis prendre pareille "responsabilité", voyons.

samedi 8 octobre 2011

Le jeu de con de Rue89

Il ne se passe donc plus trois jours maximum sans que Rue89 nous ponde avec une régularité de métronome un article sur le Front National. Quelle bonne idée. Grâce à cette démarche soumise à la plus pointue des analyses de la science politique et solidement étayée par une rigoureuse heuristique n'admettant pas la moindre faille, nous allons enfin explorer les coins et recoins du néo-fascisme châtain clair décoloré en blond méché, et surtout comprendre le processus liant conséquences de l'économie de marché et national-populisme, bref : nous allons être éclairés.

Rassurez-vous : je plaisante. Il semble à la vue de cette série d'articles que Rue89 ne dispose de personne ayant un gramme de culture politique. On cherchera en vain la moindre petite analyse dans la complaisance fascinée de nos journaleux-bobos pour la FN et ses militants. Et pour cause : l'analyse, qui donne les moyens de comprendre et partant de se positionner y compris politiquement n'est pas le moins du monde le but de Rue89. Parce que figurez-vous qu'il y a un but derrière tout ça. Une fine et audacieuse tactique de lutte antifasciste d'une superbe intelligence dont seuls des gens qui ne sortent jamais de 3 arrondissements parisiens ont pu avoir l'illumination et qui se résume par :
"Puisque la diabolisation elle a pas marché on va faire de la DÉdiabolisation et comme ça ben ça marchera !"

Puissant, non ?

Voilà pourquoi on ouvre largement les colonnes aux si sympathiques et si français d'en bas militants et porte-paroles FN afin de les laisser "s'exprimer". Et là, c'est un florilège : rarement on voit à la fois pareille brochette de magnifiques abrutis et de trépanés cons et contents. Et puisqu'on est ici dans une entreprise de vouloir faire passer le FN pour un parti "normal", on vous trouve tous les quotas : l'arabe qui déteste les arabes, le pédé homophobe, le juif, le jeune, le franchouillard, le smicard, le haut fonctionnaire - , , , , et aussi - bref, Rue89 veut à tout prix nous présenter le FN et ceux qui le composent comme le plus lisse possible, en lui montrant qu'on ne le déteste plus du tout et qu'on va lui faire des bisous pour l'intégrer dans la Grande Famille De La République Française, avec l'arrière-pensée qu'en le dédiabolisant il perdra son pouvoir d'attractivité "anti-système" et que du coup les gens ils se tourneront moins vers lui...

Machiavel ne se retourne même plus dans sa tombe : il y fait carrément des triples saltos arrière.

Et pour le "dédiaboliser" le Front National ,quoi de mieux que d'aller carrément sur son terrain et lui signifier que oui, bon, il n'a pas complètement tort, mh ?
D'où ce brillantissime billet de blog étincelant d'intelligence admettant que bon ok le "racisme anti-blanc" c'est vrai. Qui plus est écrit par un arabe, c'est dire l'à quel point c'est absolument inattaquable n'est-ce pas ?
(Comme quoi on peut surtout être arabe et complètement con, et aussi ne rien comprendre à rien en faisant parfaitement le jeu du FN, la preuve)
Et aussi un article scintillant de sapience où un chevènementiste nous dit que le programme du FN il est pas bien du tout avant de le reprendre quasi-intégralement ce afin de lutter contre ce dernier.

À ce stade de sophistication tactique, j'avoue être un peu décontenancé. 
Alors de deux choses l'une :
Soit je suis beaucoup moins subtil que les Clausewitz 2.0 qui semblent être pléthore à la rédaction de Rue89 ; 
Soit je comprend que Rue89 est en train de jouer un jeu à la con qui n'aura d'autre résultat que de faire encore marquer des points au FN.

Le "dédiaboliser" ? C'est un peu tard en somme. C'était il y a trente ans qu'il fallait le faire, dès le début, quand le tournant de la rigueur socialiste a préparé le terrain de son apparition et que Jean Marie Le Pen était invité partout. Là, oui, il aurait fallu écouter les gens qui voulaient voter pour lui. Et même pas seulement les écouter, mais réagir politiquement à la crise économique et politique du moment puisque la seule réponse à la démagogie néo-fasciste est d'abord politique. Diaboliser le FN n'a fait que le faire grandir sous l'oeil attendri de Mitterrand qui l'a fait monter pour briser les reins d'un PCF qui ne s'en est jamais remis et pour faire chier le RPR.

Et maintenant qu'ENFIN on a compris que le diaboliser ne faisait que le faire monter, les stratéguerres de Rue89 se sont dit ben yaka le dédiaboliser pis comme ça ben ça fera l'effet inverse on est trop forts.

Vous êtes surtout trop cons et niais, à Rue89.
Et surtout, vous ne comprenez rien au fascisme, ce qui est bien pire.

Oui au fait parce que le Front National est un parti politique fasciste. Au fait. Il faut le rappeler en passant, manière de resituer les enjeux.
Cette minable "stratégie" de dédiabolisation ne peut qu'échouer parce que par définition, le fascisme n'a pas le moins du monde envie d'être "assimilé". Qu'il se présente sous de nouveaux et chatoyants oripeaux n'est que la surface des choses : derrière les gens de la vraie vie, les militants "ordinaires", le sourire blond etc. il y a une idéologie de la force et de l'écrasement. Il y a le fantasme d'une "purification" du pays, qui n'hésitera pas à employer les bonnes vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves. Il y a la structuration de la société dans un Ordre autocratique et sécuritaire où les citoyens lambdas s'enrôleront de leur plein gré dans la surveillance et la délation des "déviants".
Voilà, entre tellement d'autres merveilles, ce que c'est, le Front National que les bobos sociaux-démocrates de Rue89 s'échinent à présenter sous un jour "normal".

Quant à la droite qui joue avec les allumettes en lui piquant des bouts de son programme et qui pense, elle aussi, qu'un FN "banalisé" et intégré à la République sera davantage contrôlable, quitte à cyniquement l'utiliser en ce moment pour espérer se faire réélire, n'oubliez pas une chose amis droitards : vous non plus ne serez pas à l'abri si la grosse blonde passe.

Les gentils "républicains", vous ne comprenez pas ce qu'est le fascisme.
Le fascisme en revanche comprend parfaitement comment vous utiliser.

vendredi 7 octobre 2011

Hygiène politique

Oui, je sais. Moi non plus je n'apprécie que très modérément Houria Bouteldja.
Après, remettons les choses à leur juste place : elle et son mouvement des Indigents de la République, concrètement, ça représente rigoureusement que dalle en terme de mouvement de masse, pour causer vintage. Une petite poignée d'intelloïdes archi-sectaires repliés sur eux-mêmes qui passent leur temps à distribuer bons point - très peu - et mauvais points - tout le temps et à l'essentiel de l'humanité qui ose ne pas être d'accord avec leurs élucubrations ethno-différencialistes. 
Il ne me semble pas pertinent de leur faire encore les écailles, m'étant déjà adonné à cet exercice et ces gens ne méritant pas plus d'attention que ça. Certes si j'étais d'humeur, je pourrais en profiter pour embrayer sur tout le bien que je pense de LMSI et du "féminisme pro-voile" - concept dont la seule existence démontre par l'absurde la totale confusion intellectuelle qui règne dans une certaine gauche qui fantasme la figure du musulman comme nouvelle avant-garde, mais il est bien évident que ce faisant, je ne ferai qu'exprimer mon inconscient racialiste post-colonisateur de mâle hétérofasciste oppresseur très méchant.

Oui, ces gens parlent comme ça.
Par parenthèse, quand une grosse partie de la gauche radicale arrêtera de penser qu'elle est en permanence dans une salle de classe, on aura déjà accompli quelque chose. Je dis ça je dis rien.

Ceci étant dit, Houria Bouteldja a beau être quelqu'un de parfaitement imbuvable et représenter un..."mouvement" de gloubiboulga identitaire qui fait froncer le nez du marxiste normal qui ne passe pas son temps à faire l'exégèse du Grand Barbu mais le connecte à la réalité environnante, il y a des gens infiniment pires qu'elle, figurez-vous.
Les souchiens blêmes de l'Agrif, entre tellement d'autres.
L'Agrif, je me souviens les avoir vu d'assez près quand ils avaient traîné AIDES en procès à Toulouse, en 2004. Une poignée de vioques tout croulants qui sentaient la couche Confiance et la grenouille de bénitier mode hardcore appuyés par 4-5 FNJ tendance cheiche blanc raie sur le côté et mocassins. Le peuple, quoi. C'est tout de même dans ces moment là qu'on vérifie que la consanguinité des fins de race qui marine (ah ah) dans un jus de frustrations aigries depuis des générations, ça donne au final des machins pas joli-joli.

Attaquée par l'Agrif donc pour je cite "racisme anti-blanc".
Ah.
Le "racisme anti-blanc".
Conseil d'ami ( CSP est votre ami et veut votre bien, que vous le vouliez vous-même ou non) : quand une sorte de petit roquet réactionnaire essaie de pisser sur vos godasses en sortant l'argumentaire du "racisme anti-blanc", deux réaction viables : 
- Si vous l'avez IRL, une bonne gifle en travers du museau. Une gifle, pas un pain ou quelque chose de grossier, ça suffira amplement. De plus, les pains, c'est réservé à ceux qui méritent : la gifle, c'est juste humiliant. Un côté monte dans ta chambre et privé de dessert, voyez. Manière de lui montrer la place où on le considère.
- Si vous l'avez en virtuel, squizzez le "débat" : l'argument du "racisme anti-blanc" ne sert qu'à excuser le vrai racisme et à lui trouver des circonstances atténuantes. C'est une justification - minable - d'un injustifiable tout aussi minable. Il n y a donc nullement lieu d'entrer dans de stériles et vaines discussions avec 1) des gens suffisamment crétins pour parler de ça 2) qui veulent vous entraîner des des blablas oiseux et pervers pour détourner l'attention des vrais problèmes de stigmatisation.

Ce n'est pas tant une question de refuser de perdre du temps dans des conneries - encore que rien que ça puisse être une motivation suffisante - c'est d'abord reconnaître une idée de merde et lui tordre immédiatement le cou. De l'hygiène politique de base, si vous voulez. C'est important cette notion d'hygiène politique, ça méritera un développement plus approfondi ; par exemple, quand on défend les immigrés, l'hygiène politique voudrait qu'on évite de dire du bien du Cheik Yassine ou du Hezzbollah. Là aussi je dis ça je dis rien. On cause, quoi...

L"hygiène politique, ça consiste aussi à mettre de côté ses préventions y compris légitimes quand une belle brochettes d'abrutis exigent le droit décomplexé au racisme en traînant en justice des personnes qui les combattent : et donc de signer une pétition qui ne peut pas faire de mal.

La grande peur des dits abrutis étant paraît-il que la "race blanche" pourrait être à terme "remplacée" par, euh, les "races" pas-blanche, en gros c'est le concept.
Mais alors là, je veux dire : franchement.
Entre nous.
J'ai beau me triturer les méninges en tout sens, je ne vois absolument pas en quoi la disparition des petits blancs souchiens qui flippent leur race et autres consanguins alcooliques serait en quoi que ce soit un problème.
N'est-ce pas ?

Symbole politique fort pour le petit blanc souchien : c'est dire si y a du niveau.