Et ce qu'il y a à apprendre de ce naufrage amusant.
Lancé au départ comme la machine de guerre de la droite libérale sur Internet et financé grâce à l'UMP par la bande - même si personne n'a été dupe dès le départ - Atlantico avait pourtant tout pour plaire (aux cons de droite) : une ligne éditoriale marquée qui assume, des intervenants en pagaille, un site pour une fois agréable à regarder et utiliser (ergonomie et design n'étant pas nécessairement antinomiques, contrairement à ce que semblent penser la totalité des ouébmasters de sites de gauche...) et un lancement en fanfare sur l'air de "vous allez voir ce que vous allez voir".
Voir, on est en train.
Et à l'évidence, pour un web-magazine politique disposant de moyens conséquents, le moins que l'on puisse dire est que ça sent déjà le cramé.
Ce qui met la puce à l'oreille, c'est le nombres de commentaires : peu. Très peu, surtout pour un joujou aussi dispendieux et qui balance du sujet comme vache qui pisse. Quand le moindre articulet sans intérêt de Rue89 peut monter jusqu'à 3 chiffres dans ses coms, même si les commentaires sont le plus souvent d'un intérêt...assez faible disons, ça montre au moins qu'il y a du répondant. Que les internautes ont envie de s'exprimer et de se chicorner sur les sujets, qu'ils ont en somme envie de participer.
Et sur Atlantico, un simple coup d'oeil sur la page d'accueil montre que les internautes n'ont tout simplement pas envie de participer.
Ce qui est très mauvais signe.
Je soupçonne que le Voici de la droite décomplexée ne fait en réalité pas plus d'audience qu'un blog moyen dans ses bons jours ; or et c'est là où la dissymétrie fait le plus mal, un blogueur est généralement bénévole dans cette activité, cela ne lui coûte au pire qu'un nom de domaine si il a des goûts de luxe, en somme l'investissement est minimal pour ne pas dire moins que marginal. Dépenser des tonnes de thunes, avoir des réseaux dans les agences de comm', produire du sujet au kilomètre, tenter de faire buzzer tout ce qui bouge pour au final faire moins qu'une blogueuse mode, il y a tout de même de quoi se les mordre.
D'autant que le créneau était là et bien là : il y avait une place pour un Rue89 de droite. Ils existent, les bataillons d'internautes droitards qui suffoquent sous le joug oppressant du Ouèb trotskyste et qui n'aspirent à rien de mieux que d'avoir "leur" espace.
Alors ?
Quelqu'un dans la salle pour me dire pourquoi ça se casse la gueule, Atlantico ? Oui, toi au fond, vazy exprime ton ressenti profond, lâche tout, fait nous vibrer :
"Parce que c'est de la merde !"
Mh, oui, certes en effet ça l'est et pas qu'un peu. Mais il faudrait peut-être developper, analyser, décortiquer afin d'affiner, non ?...
"D'accord, certes, oui-da : en attendant, Atlantico c'est VRAIMENT de la merde !"
De fait : la chose est indéniable.
Sauf que c'est bien pire que ça.Parce que si c'était seulement de la merde, ça ne suffirait pas à expliquer le ratage. Fsetouche, c'est du très très gros colombin de compétition internationale on est tous d'accord ; et ça cartonne en terme d'audience.
So fucking what ?
C'est pourtant très simple : il suffit de voir de plus près les initiateurs de l'entreprise et les gens qu'ils ont embarqué.
Qu'ont en effet en commun des gens comme Nono Dassier le libéral conformiste, Mry le communiquant fils de banquier, Matthieu Creux le bébé Rioufol mononeuronal, Hugues Serraf, H16, Benoît Rayski, Sophie De Menthon et j'ai la flemme d'en lister d'autres ?
C'est très simple : ce sont des gens vulgaires.
Absolument, profondément et incurablement vulgaires.
Partant, il est logique somme toute que cette vulgarité se projette sur le support où ils interviennent.
Atlantico ça ne marche pas parce que c'est d'une vulgarité crasse. Cette vulgarité spécifique à cette droite sarkozifiée néolibérale qui est incapable de considérer le monde autrement qu'à travers sa propre vulgarité et qui rejette tout ce qui n'entre pas dans son cadre de pensée.
Et si cette vulgarité peut s'épanouir le mieux du monde dans les cercles fréquentés par nos néolibéraux, il en est tout autrement quand il s'agit de se frotter à une population d'internautes éduqués et exigeants ; parce que la néolibéral vulgaire a une constante : il ne peut pas s'empêcher de prendre les gens pour des cons. Vu que c'est lui qui a raison et que c'est toujours de la faute des autres si il est incompris. Et qu'il n a donc jamais à se remettre en question.
Atlantico se vautre parce qu'il prend les internautes pour des cons en leur donnant du bas de gamme éditorial putassier.
Erreur que ne commet pas Causeur ; puisque se targuant d'une aura, hum, "intellectuelle" pour aller vite, il valorise son lectorat petit-bourgeois conservateur en lui donnant l'impression de fréquenter un cénacle de grands esprits mondains un peu encanaillés. Que ce soit la réalité ou pas n'a que peu d'importance : ceux qui aiment Causeur ont le sentiment qu'on les apprécie et qu'on tient compte d'eux.
Rien de ça sur Atlantico où on a en permanence le sentiment déplaisant d'être pris pour un abruti : pour preuve, les micro-news people, qu'on peut trouver partout ailleurs sur la Net et qui sont coincées au milieu d'intervention de militants UMP évidemment jamais présentés comme tels.
Ensuite, n'ayons aucune inquiétude pour Atlantico : la droite a largement les moyens de le financer à perte pendant très longtemps. Au moins jusqu'après les présidentielles. Ensuite, hélas, il y a de grands risques que nombre de ses contributeurs soient obligés de remplir un dossier à Pôle-Emploi...
En attendant, contemplons le spectacle et tirons en les leçons de ce qu'il ne faut surtout pas faire.













