vendredi 30 septembre 2011

Pourquoi Atlantico est en train de se casser la gueule

Et ce qu'il y a à apprendre de ce naufrage amusant.

Lancé au départ comme la machine de guerre de la droite libérale sur Internet et financé grâce à l'UMP par la bande - même si personne n'a été dupe dès le départ - Atlantico avait pourtant tout pour plaire (aux cons de droite) : une ligne éditoriale marquée qui assume, des intervenants en pagaille, un site pour une fois agréable à regarder et utiliser (ergonomie et design n'étant pas nécessairement antinomiques, contrairement à ce que semblent penser la totalité des ouébmasters de sites de gauche...) et un lancement en fanfare sur l'air de "vous allez voir ce que vous allez voir".
Voir, on est en train.
Et à l'évidence, pour un web-magazine politique disposant de moyens conséquents, le moins que l'on puisse dire est que ça sent déjà le cramé.
Ce qui met la puce à l'oreille, c'est le nombres de commentaires : peu. Très peu, surtout pour un joujou aussi dispendieux et qui balance du sujet comme vache qui pisse. Quand le moindre articulet sans intérêt de Rue89 peut monter jusqu'à 3 chiffres dans ses coms, même si les commentaires sont le plus souvent d'un intérêt...assez faible disons, ça montre au moins qu'il y a du répondant. Que les internautes ont envie de s'exprimer et de se chicorner sur les sujets, qu'ils ont en somme envie de participer. 
Et sur Atlantico, un simple coup d'oeil sur la page d'accueil montre que les internautes n'ont tout simplement pas envie de participer.
Ce qui est très mauvais signe.

Je soupçonne que le Voici de la droite décomplexée ne fait en réalité pas plus d'audience qu'un blog moyen dans ses bons jours ; or et c'est là où la dissymétrie fait le plus mal, un blogueur est généralement bénévole dans cette activité, cela ne lui coûte au pire qu'un nom de domaine si il a des goûts de luxe, en somme l'investissement est minimal pour ne pas dire moins que marginal. Dépenser des tonnes de thunes, avoir des réseaux dans les agences de comm', produire du sujet au kilomètre, tenter de faire buzzer tout ce qui bouge pour au final faire moins qu'une blogueuse mode, il y a tout de même de quoi se les mordre.

D'autant que le créneau était là et bien là : il y avait une place pour un Rue89 de droite. Ils existent, les bataillons d'internautes droitards qui suffoquent sous le joug oppressant du Ouèb trotskyste et qui n'aspirent à rien de mieux que d'avoir "leur" espace.
Alors ?
Quelqu'un dans la salle pour me dire pourquoi ça se casse la gueule, Atlantico ? Oui, toi au fond, vazy exprime ton ressenti profond, lâche tout, fait nous vibrer : 

"Parce que c'est de la merde !"

Mh, oui, certes en effet ça l'est et pas qu'un peu. Mais il faudrait peut-être developper, analyser, décortiquer afin d'affiner, non ?...

"D'accord, certes, oui-da : en attendant, Atlantico c'est VRAIMENT de la merde !"

De fait : la chose est indéniable.
Sauf que c'est bien pire que ça.
Parce que si c'était seulement de la merde, ça ne suffirait pas à expliquer le ratage. Fsetouche, c'est du très très gros colombin de compétition internationale on est tous d'accord ; et ça cartonne en terme d'audience.
So fucking what ?

C'est pourtant très simple : il suffit de voir de plus près les initiateurs de l'entreprise et les gens qu'ils ont embarqué.
Qu'ont en effet en commun des gens comme Nono Dassier le libéral conformiste, Mry le communiquant fils de banquier, Matthieu Creux le bébé Rioufol mononeuronal, Hugues Serraf, H16, Benoît Rayski, Sophie De Menthon et j'ai la flemme d'en lister d'autres ?
C'est très simple : ce sont des gens vulgaires.
Absolument, profondément et incurablement vulgaires.
Partant, il est logique somme toute que cette vulgarité se projette sur le support où ils interviennent.
Atlantico ça ne marche pas parce que c'est d'une vulgarité crasse. Cette vulgarité spécifique à cette droite sarkozifiée néolibérale qui est incapable de considérer le monde autrement qu'à travers sa propre vulgarité et qui rejette tout ce qui n'entre pas dans son cadre de pensée.

Et si cette vulgarité peut s'épanouir le mieux du monde dans les cercles fréquentés par nos néolibéraux, il en est tout autrement quand il s'agit de se frotter à une population d'internautes éduqués et exigeants ; parce que la néolibéral vulgaire a une constante : il ne peut pas s'empêcher de prendre les gens pour des cons. Vu que c'est lui qui a raison et que c'est toujours de la faute des autres si il est incompris. Et qu'il n a donc jamais à se remettre en question.
Atlantico se vautre parce qu'il prend les internautes pour des cons en leur donnant du bas de gamme éditorial putassier.
Erreur que ne commet pas Causeur ; puisque se targuant d'une aura, hum, "intellectuelle" pour aller vite, il valorise son lectorat petit-bourgeois conservateur en lui donnant l'impression de fréquenter un cénacle de grands esprits mondains un peu encanaillés. Que ce soit la réalité ou pas n'a que peu d'importance : ceux qui aiment Causeur ont le sentiment qu'on les apprécie et qu'on tient compte d'eux.
Rien de ça sur Atlantico où on a en permanence le sentiment déplaisant d'être pris pour un abruti : pour preuve, les micro-news people, qu'on peut trouver partout ailleurs sur la Net et qui sont coincées au milieu d'intervention de militants UMP évidemment jamais présentés comme tels.

Ensuite, n'ayons aucune inquiétude pour Atlantico : la droite a largement les moyens de le financer à perte pendant très longtemps. Au moins jusqu'après les présidentielles. Ensuite, hélas, il y a de grands risques que nombre de ses contributeurs soient obligés de remplir un dossier à Pôle-Emploi...

En attendant, contemplons le spectacle et tirons en les leçons de ce qu'il ne faut surtout pas faire.


jeudi 29 septembre 2011

La conspiration des connes

Il faut quand même être un tout petit peu trépané pour gueuler contre les féministes qui veulent faire supprimer "Mademoiselle" sur les formulaires administratifs. Il est vrai qu'en ces temps de zemmourisation accélérée où la pensée intellectuelle devient du niveau d'une conversation de bistrot entre VRP en pré-retraite défoncés au rosé tiède, cette assez simple demande ne pouvait que mal passer auprès des cons. Mais aussi des connes puisque on le sait, être féministe c'est nécessairement pour une femme être moche, gouine, mal-baisée, vautrée dans une inavouable penis envy et sentir mauvais sous les bras. Ah, quand c'est la "pensée" de drouâte qui refoule, forcément y a du gros niveau, toujours. Par ailleurs si vous voulez voir de la pauvre conne décérébrée qui clame haut et fort que féministe elle ? Ah la la certainement pas chuis trop libre dans ma tête tu'ois quoi, c'est ici. Extrait savoureux : 

"par principe je ne suis jamais d’accord avec les féministes"

La conne proclamant cette puissante pensée étant parait-il l'acmé de l'émancipation boboïsante, on voit donc décidément que le genre ne fait rien à l'affaire et que la débilité mentale est décidément un choix de vie à part entière. Il faudra au passage que je me penche plus avant sur le cas des "blogueuses sexe" dont il semble bel et bien qu'elles soient la plus splendide illustration que le libéralisme-libertaire détruit immanquablement le cerveau et rend graveleux et vulgaire.

Mais il y a mieux encore.
Il y a la conne pseudo-émancipée anti-féministe à QI de bulot et humour d'almanach Vermot comme citée plus haut ; et il y a la grosse conne anti-féministe puisque réactionnaire qui pue un peu de la gueule. Voyez ? Voyez

"Parce qu'aujourd'hui, on cherche à cacher des mots derrière d'autres mots.

Il ne faut plus dire clandestin mais candidat à l’immigration (Figaro).
Il ne faut plus dire gitans, rôdeurs, monte en l’air, mais gens du voyage (tous les médias).
Il ne faut plus dire clandestin, immigré illégal, ni même sans-papiers, mais privés de papiers (La Dépêche)
Il ne faut plus dire discrimination positive mais encadrement différencié (Belgique).
Il ne faut plus dire quartier à majorité immigrée mais quartier populaire (tous les médias).
Il ne faut plus dire crimes, agressions, violences, mais plutôt actes de délinquance ou incivilités et encore mieux bêtises (Le Parisien) ou faux-pas (France 2). Récent : les inconduites (CNRS).
Il ne faut plus dire émeutes ou guerre des gangs mais incidents (partout).
Il ne faut plus dire immigration mais mobilité européenne (Frattini, commissaire européen).
Il ne faut plus dire immigré mais client (autorités finlandaises).
Il ne faut plus dire bandes mais identités de quartier. (LCI.fr).
Il ne faut plus dire des bandes de noirs et d’arabes mais des jeunes qui se regroupent souvent sur des considérations ethniques » (Belgique).
Il ne faut plus dire enfants d’immigrés mais enfants issus de familles d’éducations éloignées.
Il ne faut plus dire attraper les voleurs mais lutter contre les délits d’appropriation (Midi Libre).
Il ne faut plus dire des vauriens font des graffitis mais des graffeurs habillent la ville de couleurs.
Il ne faut plus dire un voyou notoire mais un individu défavorablement connu de la justice.
Il ne faut plus dire mosquée mais centre culturel et religieux.
Il ne faut plus dire fusillade mais bagarre par balles (TF1).
Il ne faut plus dire Français attaché à son Pays, à sa culture, à ses traditions et fier de son drapeau mais raciste. (*)
Il ne faut plus dire noir mais black.
Il ne faut plus dire femme de ménage mais technicienne de surface ou auxiliaire professionnelle.

Bientôt il ne faudra plus dire "Mademoiselle" mais "Madame"."

Si vous voyez ce que je veux dire.
Et vous voyez très bien.
Champ lexical subtil comme une brique dans une face de banquier et déviation du langage qui fait pousser des petits cris de chiot au lectorat de Fsetouche, on a ici grosso merdo une liste des doléances habituelles de Réac qui n'aime rien tant qu'à se faire passer pour une victime.
Et les gens qui font semblant d'être des victimes sont toujours répugnants.
Non ?
Oui.

Et puis il faut se méfier avec les listes de choses et les définitions langagière : ça peut très bien se retourner, ça. La preuve : 

Il ne faut plus dire alcoolique éructant mais réac fier de l'être.
Il ne faut plus dire poissonnière identitaire mais Elisabeth Lévy.
Il ne faut plus dire France de 2011 avec un gouvernement de droite mais Frankistan bolchévisé.
Il ne faut plus dire poivrot qui dérape sur son vomi dans les toilettes du bistrot mais blogueur de droite.
Il ne faut plus dire être inférieur mystérieux et angoissant mais femme.
Il ne faut plus dire attachement consanguin à un monde qui n'existe plus mais identité nationale.
Il ne faut plus dire idiot utile du sarkozysme mais Hugues Serraf.
Il ne faut plus dire cassez vous les bougnes mais j'ai lu Alain De Benoist. Enfin j'ai essayé, quoi.
Il ne faut plus dire corruption endémique mais UMP.
Il ne faut plus dire les étrangers méritent de crever mais très bon le billet sur Drzz.
Il ne faut plus dire petit blanc paranoïde qui flippe sa race mais français de souche.
Il ne faut plus dire préjugé racialiste mais anticoformisme de la pensée.
Il ne faut plus dire légitimité de revendications mais festivisme décadent.
Il ne faut plus dire fantasmes de pogroms mais Riposte Laïque.
Il ne faut plus dire dégueulis de haine mais liberté d'expression.
Il ne faut plus dire meurtrier d'enfants mais malheureux norvégien incompris.
Il ne faut plus dire fascisme hypocrite mais Marine Le Pen.
Il ne faut plus dire Sigmund Freud mais dégénérescence de la pensée.
Il ne faut plus dire blogueur réac mais GNIIII !
Il ne faut plus dire j'ai une trouille morbide de tout ce qui n'est pas comme moi mais islamophobie.
Il ne faut plus dire je rêve d'exterminer les gens de gauche mais on peut plus rien dire dans ce pays.
Il ne faut plus dire guichetier de la CAF mais COMMUNISTE !!!!
Il ne faut plus dire pauvre sous-merde mais néoconservateur.

Il ne faut plus dire grosse connasse réactionnaire qui épanche sa bile sur son petit blog mais "Ladyblogue".

mercredi 28 septembre 2011

War on terror


Si vous ne connaissez pas encore cette vidéo, sacrifiez donc 3 minutes de votre précieux temps. Puisque ce jeune homme mis mis ne dit absolument rien d'autre que la vérité. Crue. Brutale. Sans fard. C'est sans doute même la meilleure explication de la nature intrinsèque du capitalisme et de ce qu'il est véritablement.
Une entreprise planétaire de prédation par le terrorisme et la destruction.
Et absolument rien d'autre.

On s'est demandé si ce n'était pas un hoax, une "Yes Men" joke dont ils ont le secret, tant le cynisme candide de notre expert es marché "qui rêve de récession" est d'une franchise déstabilisante. Pour ma part, avant même la fin de la vidéo je savais que ce type n'est pas un acteur : il ne joue pas. Il n'exagère pas. Et il n'est même pas "cynique" - ce qui implique toujours une forme de distance - : il dit simplement les choses telles qu'elles sont. Sans le moins du monde éprouver un problème avec ça.
Par ailleurs, et quand bien même ça aurait été une farce provocatrice, ça n'aurait rien enlevé au fond de ce qu'il raconte : les banques d'affaires et la finance dérégulée par le néolibéralisme mènent le monde. À sa perte. Sauf pour une poignée de personnes qui elles voient parfaitement ce qu'elles sont en train de faire et ont décidé, consciemment, sereinement presque, d'accélérer le mouvement en prenant le plus possible avant la chute inéluctable, pour ensuite se barricader dans des endroits hyper-sécurisés où elles auront les moyens d'être à l'abri de...ce qui se passera dehors.
Et Dieu seul sait ce qui s'y passera alors.

En Irak ou en Afghanistan existent dans les villes des green zones ou les soldats et quelques civils sont censément à l'abri du chaos sanglant qu'ils ont contribué à créer : le monde qui nous attend sera une sorte de Bagdad à échelle planétaire. Des green zones de très très riches très très protégés et relativement à l'abri, et de vaste étendues de red zones partout autour. La seule - piètre - consolation que nous pourrons avoir sera de voir tous les néolibéraux actuels, pourfendeurs de la fonction publique et autres monomaniaques du Marché se faire rejeter des zones protégées par les ingrats capitalistes qu'ils auront pourtant défendus jusqu'au bout.

Le seul moyen désormais d'éviter cette chute de civilisation, c'est que les Etats trouvent les couilles de déclarer une vraie "guerre à la terreur" financière, une "war on terror" contre les banques et les marchés. Ce n'est pas dans les banlieues qu'il faut envoyer l'armée comme en rêve la grotesque Elisabeth Lévy, c'est dans les banques. Ce n'est pas à crapahuter dans des montagnes hostiles pour des guerres déjà perdues qu'il faut employer les Forces Spéciales, c'est les faire traquer et choper les coupables de ce désastre. Ce sera d'ailleurs bien plus facile : on les voit en couverture des magazines. Un Gunatanamo pour les traders et autres "opérateurs de marché" ? Et pourquoi non ? Au nom de quoi les Talibans du Marché, qui font plus de dégâts et de morts par an que tous les attentats islamistes additionnés seraient-ils épargnés par des conditions de réclusions à faire vomir des chiens et par les joies de l'électricité dans leurs organes et autre waterboarding ? Ces gens sont des criminels de masse, des criminels économiques irresponsables sans morale ni pitié : même en les mettant hors d'état de nuire dans des prisons de haute sécurité, nous serions encore bien plus humains qu'eux puisqu'on ne priverait même pas de la vie, contrairement à ceux qui subissent concrètement les famines et les drames dont ils sont responsables et coupables.

Et en attendant que les Etats se réveillent et décident de mettre fin à ce cauchemar - et on risque d'attendre longtemps... - ce que nous pouvons faire de notre côté c'est harceler les néolibéraux, les complices, les sycophantes, les petits roquets qui jappent les Joies du Marché, pour ne jamais les laisser en paix et les tourmenter sans trêve ni repos. Ça ne changera rien au final ? Peut-être. Mais au moins qu'ils sachent qu'on ne va certainement pas les laisser se gargariser en rond de leur barbarie. Parce qu'un néolibéral est un barbare, n'est pas quelqu'un de "civilisé" et que partant on a pas à faire les politesses qu'on peut avoir avec les autres gens "normaux".


lundi 26 septembre 2011

Un attachement, une fidélité

J'ai donc vraiment un attachement fort, vibrant, à la fois tripal et raisonné, à la simple idée de "gauche", je m'en suis encore aperçu hier soir. Je le vois ce matin quand je lis partout : "la gauche a emporté le Sénat", et d'un coup d'un seul quelque chose en moi frémit et est content, tout simplement. Avant d'immédiatement redevenir raisonnable puisque je me fait la traduction en automatique, depuis le temps : ce n'est pas "la gauche" qui a gagné, mais "les socialistes". On conviendra qu'il ne s'agit pas vraiment de la même chose.

Alors bien sûr, bien sûr, il y a des moments où on doit se contenter de prendre ce qu'il y a : la rouste d'Isabelle Balkany ne serait-ce que ça, la tronche des mafieux corrompus jusqu'à l'os de l'UMP, les tweets crispés et aigris de ces moutons de Jeunes pops, et d'une manière générale l'ambiance dans cette droite charognarde entre cet échec lourd de symboles - depuis 1958 tout de même - et la remontée des affaires dans lesquelles elle a toujours été engluée. C'est juste que ça se voit trop, voilà tout, il faut rappeler que la corruption, comme la fraude fiscale et la fréquentation de prostituées sont des traditions de droite. Parce que on a un peu trop tendance à l'oublier, mais quand on est de droite et qu'on présuppose une sorte de méchanceté ontologique de l'être humain et que ce présupposé biaisé une fois posé on décrète que c'est comme ça et pas autrement, forcément : se laisser aller à toutes les turpitudes, ce n'est finalement que suivre une pente "naturelle". Sauf que les gens intelligents savent, eux, que ce n'est que de la construction culturelle pour trouver des excuses à son égoïsme et ses bas instincts. Le libéralisme ne fonctionne pas autrement, par ailleurs.

Donc oui, je l'avoue, "le Sénat à gauche" ça a fait frémir quelque chose dans les tréfonds ; il y en aura même pour minauder que toutes choses égales par ailleurs, c'est un "moindre mal". Ah, que de choses il y aurait à dire sur cette notion de "moindre mal", comme le vote "utile" : on constate sa soi-disant impuissance politique, on fait semblant d'être résigné et d'un air matois on assure que cette gauche là est un "moindre mal". J'ai toujours un peu de mal à départager exactement ce qui se mêle ici de naïveté et d'hypocrisie, dans quelles part exactes.
Un Sénat "de gauche" n'hésitera pas une seule seconde à voter dans l'allégresse les plans d'austérité du FMI.
C'est la simple vérité évidente que tous les ardents enthousiastes du jour savent parfaitement mais évitent soigneusement de clamer. Mais à la longue vous me connaissez : j'excelle à gâcher l'ambiance. J'ai du moins l'excuse de le faire avec délectation.

Pourtant et sachant tout cela, m'interdisant les charmes de l'illusion et considérant tout ça d'un regard froid, je lis cs titres et quand le vois "gauche", je vois que ça bande encore. Tumescence toute cérébrale, rassurez-vous mais l'amour c'est d'abord dans la tête pas vrai ? C'est la gauche avec ce qu'elle porte de générosité, de partage, de temps libre et d'émancipation, c'est carrément plus sexy que la droite et son individualisme de darwinisme social et de consumérisme pour se consoler d'être exploité. La preuve : les idées de droite sont dominantes et tout le monde a l'air crevé en permanence et fait la gueule.

Après, se rassurer sur soi est une chose ; mais quant à y voir une "victoire de la gauche", euh...

"Selon un premier décompte de l'AFP portant sur le 1er tour et les 30 départements métropolitains hors Ile-de-France concernés par le scrutin, le FN a triplé ses voix par rapport à 2001, passant de 300 à 1.031."


Je pense que les petits camarades de gauche, au lieu de se faire des films sur ce que ça pourrait signifier pour 2012, ferait mieux de considérer certaines données qui ne font pas la Une des quotidiens et dont il n'est pas fait mention sur Twitter, mais qui sont bien plus signifiantes que le renouvellement des institutions bourgeoises.
Et là, je gâche l'ambiance pour une fois sans en tirer trop satisfaction.






dimanche 25 septembre 2011

Plutôt vous que nous

Les temps sont rudes, pour Libéral.
Pour la petite masse grouillante de ceux "d'en bas", s'entend, ceux qui piaillent à longueur de temps pour leur secte et ne sont pas - et ne seront jamais - assujettis au moindre impôt sur la fortune et pour cause : ils ne deviendront jamais riches malgré tous leurs efforts. C'est à dire que quand on est intelligent, on sait que la fortune  n'est en rien mérite et travail acharné comme veut le faire croire la fable du "quand on veut on peut" : elle est d'abord héritages et dynasties. Chose auxquelles Libéral de base n'aura jamais accès puisque n'appartenant pas aux bon milieu et n'ayant aucune chance d'emballer de l'héritière, cette bourgeoisie de la domination ne se reproduisant qu'entre elle et méprisant considérablement Libéral de base qui la regarde pourtant avec des yeux  de Chimène et la défend bec et ongles. Le pauvre naïf. En bon idiot utile de ses maîtres, manipulé et con et content, il prétend parfois singer leurs habitudes et crashe sa CB en s'achetant de temps à autre une babiole ou un vêtement dispendieux qui lui font miroiter qu'il se rapproche, ne serait-ce que par les symboles, de ses seigneurs et maîtres. Le résultat étant évidemment encore plus pathétique puisqu'en singeant la bourgeoisie, on n'est au final que le singe de la bourgeoisie. C'est triste, n'est-ce pas ? On se prend pour un écuyer de grands seigneurs, et on est à peine autorisé à vider leurs pots de chambre...

C'est pour ça que fondamentalement, la vie de Libéral est toujours un échec : quand bien même il parviendrait à force de s'énucléer devant Boursorama, à enfin passer à la tranche fiscale supérieure à force de parasitisme boursicoteur, il se heurtera au plafond de verre de la conscience de classe. Que les valets soient dociles et travailleurs, certes. Qu'ils sortent la lyre pour chanter les louanges de leurs maîtres est du meilleur goût, assurément. Mais faire partie de la caste ? Pour qui se prend cet olibrius ? Qu'il se contente de son sort et nous remercie de nos largesses. Et Libéral, plus qu'à demi-fou d'aigreur et de frustration devant ce mirage qu'il n'atteint jamais, se retourne pour accuser les autres et la société communiste qui l'empêche d'être cet aigle qu'il mérite de devenir, sous le ricanement de ceux qui ne lisent jamais Challenges et se contentent d'y être en couverture.

Si on prend du recul, la vie de Libéral est à chialer de tristesse.
Compassion pourtant malvenue : nous la réserverons plutôt pour les victimes de l'idéologie qu'il défend.

"Une crise suicidaire se superposerait-elle à la crise financière que connaîtrait la Grèce? Un bien triste constat sur lequel revient le Wall Street Journal, dans un pays où, selon le ministère de la Santé, le nombre de suicides a pratiquement doublé depuis le début de la crise, qui a entraîné chômage et incapacité des ménages à rembourser leurs dettes. Selon l’autorité statistique grecque, le taux de suicide de la Grèce figurait parmi les plus bas de l’Union européenne entre 1990 et 2009.
Plus précisément, les Grecs seraient plus de 40% de plus à s'être suicidés dans les cinq premiers mois de l'année, selon le ministère de la Santé.
Klimaka est une organisation caritative qui tient une ligne téléphonique d’urgence de prévention du suicide, dont les employés témoignent recevoir plus de 100 appels par jour au lieu de 10 avant la crise."

Slate qui relaie un article du WSJ : vous allez voir que Libéral sera capable de hululer que ce sont des publications communistes. Et niera le lien de cause à effet entre néolibéralisme, crises systémique, rigueur et dépressions graves. Pourtant ce n'est que la simple réalité, tout simplement. Mais ça, c'est déjà trop pour lui. Déjà que tout le monde le regarde de travers depuis 2008. Il faut bien qu'il se console quelque part et n'a plus trop le choix d'être regardant sur ses nouveaux amis, le pauvret.
Ainsi, Georges Kaplan ne se contente plus de poser sa petite crotte friedmanienne chez Causeur, sans doute trop communiste à ses yeux : il va expliquer les joies du Joli Marché chez les danseuses d'ILYS, à coup sûr pas du tout gêné par le voisinage des articles paranoïdes sur l'invasion bougnoulocommuniste mais dame : quand on vous prête le canapé, on ne va pas avoir l'impolitesse de faire remarquer que les chiottes sont bouchées depuis des mois.
Quant à Contrepoints, entre deux articles révisionnistes qui réhabilitent les dictateurs, ils s'empressent d'accueillir un éminent représentant de l'extrême-droite suisse : on s'encanaille comme on peut, n'est-ce pas.
Et dire qu'il y en aura encore pour brailler qu'il n'y a aucun rapport entre libéralisme et néofascisme...

On remarquera que ce ne sont jamais les libéraux qui mettent fin à leurs jours. Pourtant, parvenus à de tels stades de désespoir devant ce monde cruel et injuste - et communiste, surtout - on pourrait penser qu'ils auraient le bon goût de prendre leurs "responsabilités" et de faire le "libre choix" de définitivement débarrasser le plancher. Hélas non. Parce que c'est bien connu : les paranoïaques ne se suicident pas, ils sont trop occupés à hurler sur les autres et à les pousser à l'irréparable. En se dédouanant toujours de leur pourtant évidente culpabilité puisque c'est bien entendu toujours de la faute des autres et jamais de la leur. Libéral n'assume que dalle et pour cause : si il le faisait, il comprendrait qu'il est le dindon d'une idéologie et tout son monde s'écroulerait.
C'est vrai que c'est tellement plus cosy pour le cerveau de se prétendre persécutés quand le désir profond de Libéral-fasciste est toujours au final d'être le bourreau des autres. D'ailleurs, les gosses massacrés par Breivik, au fond, ils l'avaient bien cherché, quelque part, non ?

Mais vous allez voir : il ne sera même pas un peu reconnaissant qu'on expose sa véritable nature. Le fichu ingrat.

samedi 24 septembre 2011

Le sens de l'Histoire Vs. les dégueulasses

La Palestine sera reconnue comme Etat membre de l'ONU, c'est une question de temps et c'est le sens de l'Histoire. Si vous faites partie de ceux qui s'en réjouissent, comme moi, tant mieux. Si vous faites partie de ceux qui s'en désolent, tant pis et aussi bien fait, puisqu'il y a de grandes chances que vous soyez un assez gros sac à merde.

Oh, ce n'est même peut-être pas pour cette fois, il faudra éventuellement encore attendre un peu. Attendre encore. Attendre encore alors que les palestiniens sont écrasés par un apartheid injuste et cruel, attendre alors que des colons d'extrême-droite leur tirent dessus à l'arme automatique par manière de loisirs, attendre pendant qu'ils sont contrôlés à des check-points, attendre alors que Gaza subit un blocus qui si il était appliqué à n'importe quel autre pays ferait bondir toute la "communauté internationale", attendre quand un gouvernement israélien de coalition droite extrême/extrême-droite légitime tous les crimes et tous les meurtres au nom d'une idéologie racialiste et impérialiste. 

Attendre, encore attendre pour être reconnu comme un Etat "normal", n'ayant même pas davantage de prérogatives que les autres mais simplement les mêmes, dont celui et c'est ça qui fout la trouille au Likoud et à son fan-club, d'avoir la possibilité de saisir la Cour Pénale Internationale et de faire reconnaître comme illégale l'occupation des territoires, voire pis : de demander à juger comme crimes de guerre les exactions de Tsahal pendant l'opération "Plomb durci". On comprend que ni Netanyahu ou le fanatique Liberman n'aient trop envie de terminer leur carrière en étant exposés à des juges, pensez donc, des dirigeants politiques qui écrasent un pays et leur font vivre un enfer, c'est bon pour des Nérons arabes décadents, pas pour une "démocratie". Il est décidément plus commode de bombarder des populations quand on est ami avec les Etats-Unis, ça fait au moins un point commun.

 La Palestine sera reconnue comme Etat membre de l'ONU malgré la lâcheté de Barack Obama qui ne veut pas se mettre à dos l'électorat communautariste et dont le discours dégueulasse de veulerie n'achèvera de convaincre qu'il n'est un président US comme les autres que les naïfs qui pensaient qu'il serait différent uniquement parce qu'il est Noir. Mais on fait de la realpolitik ici et plutôt que d'avoir l'honneur de faire un geste historique, Obama a préféré penser à une réélection qu'il n'est même pas certain d'emporter. Il a décidément gâché toutes ses chances de laisser une empreinte, et quand on voit que les Démocrates sont le modèle revendiqué par nos "socialistes", on sait de toutes façons ce qu'on a à attendre d'une alternance ici.

Mais ici aussi, en France, on a nos propres dégueulasses, ces parlementaires qui signent un texte attestant leur volonté de laisser les palestiniens crever la gueule ouverte. Décidément cette affaire a le mérite de faire tomber les masques : que Claude Goasguen en soit l'initiateur n'est en rien une surprise, quand on est réactionnaire ancien militant d'extrême-droite, faire chier les arabes est une sorte de seconde nature. Mais regardez la si gentille écolo Corinne Lepage, le si sympathique Jean Lassalle, le centriste tout mou Bennahmias, Panafieu la tellement cool, et une pincée de "socialistes" pour l'agrément, au milieu de tous les droitards les plus obtus dont ceux de la "droite populaire".

Mais eux aussi auront beau dire et beau faire, la Palestine sera reconnue par l'ONU. Ce n'est qu'une question de temps.
Vous êtes "néoconservateur" et "pro-sioniste" (= raciste anti-arabe) et cette perspective vous écorche la gueule ? Tant mieux. Rien que d'y penser vous fait monter dans les aigus ? C'est douce musique à nos oreilles. Vous vous roulez par terre de rage ? Vous n'avez pas fini. Vous essayez désespérément d'amalgamer antisionisme et antisémitisme ? Tout le monde se détourne de vous l'air gêné. Vous traitez les palestiniens de "terroristes" ? Personne ne vous prend au sérieux. Vous allez, tôt ou tard, c'est inéluctable, en chialer d'impuissance et d'hystérie ?
N'oubliez pas de poster la vidéo sur Youtube : on a hâte de voir ça.


vendredi 23 septembre 2011

Pompiers pyromanes et autres innocents aux mains pleines

Laurence Parisot.
Non, attendez : Laurence Parisot...
Invitée hier soir dans ce qui est l'une des plus débile émission du PAF, juste entre Secret Story et le zapping Youtube d'une chaîne de la TNT. Laurence Parisot qui a écrit un livre contre le Front National, sans déconner...
On croit avoir touché le fond : ils empoignent vigoureusement une pioche pour creuser un peu plus encore, histoire de gagner quelques centimètres.
"Patronne des patrons" et tout sourire hi hi hi, répondant à des questions liquéfiantes de niaiseries par des animateurs de plateaux ayant le QI d'une méduse morte sur une plage depuis un mois, notre passionaria antifascista a eu tout le temps du monde pour glapir son indignation ô combien vertueuse contre l'esstrêmedrouate, en nous expliquant que ouh la la, si Marine Le Pen vient au pouvoir, ça fait drôlement peur, dites donc.
C'est fou le nombre de gens qui se mettent à découvrir le fascisme tout soudain. Tenez, c'est comme Rue89 qui en pond ses 2-3 articles par semaines, certes avec l'intention de faire bien peur et de convaincre son lectorat de "voter utile", que d'agitation pour rien n'est-il pas. Eh oui, Laurence, Rue89, Slate etc. : le fascisme ce n'est pas gentil, merci, on s'en doutait un petit peu.

Wait...

Parisot nous dit : "Le FN, ouh la la, ça fait peur aux patrons".
Le Pen de répondre : "Oui, les patrons ont raison d'avoir peur".
Vlan, un point de plus pour Le Pen.

Parisot qui pendant des années a tenu le discours le plus provocateur et irresponsable, sur "la précarité" qui fait partie de la vie, sur les "charges" patronales, sur le bouclier fiscal, qui dans l'émission en remet une couche en approuvant Fillon qui il dit que l'âge de la retraite doit passer à 67 ans. Et ce juste après avoir présenté son bouquin. Contre le FN. Sans voir la corrélation pourtant évidente, criante, entre les deux....

Sous l'oeil d'Aphatie qui pour le coup et c'est le moins qu'on puisse dire n'a pas été tellement virulent ; mais bon, aussi, on est entre gens de droite, sur ce plateau.

Des gens sont dans une situation où leur position de pouvoir est de plus en plus contestée ; ils allument un feu pour faire diversion et l'alimentent et l'alimentent tout en le désignant comme un très très vilain feu, très très méchant et tout. À force de l'alimenter, le feu menace de passer à l'étape incendie. Les gens de pouvoir s'affolent en jettent dessus un verre d'eau.
Ça fait bien rigoler le feu.

Tous les néolibéraux sont responsables et coupables de la situation actuelle. Tous les monomaniaques de la "dette" qui réclament plus de rigueur sont responsables et coupables de faire monter le Front National. Et quand Parisot nous jure la main sur le coeur que jamais au grand jamais elle ne "coopérera" avec un éventuel gouvernement FN, et bien dans ce cas tu sera tout de suite débarqué de ton poste, Laurence, et remplacée par quelqu'un de plus conciliant. Le patronat n'a jamais fait de manière quand il s'agit de collaborer.

Le plus fort étant bien évidemment que ce petit monde n'a aucune conscience de sa responsabilité directe. Les innocents aux mains pleines.
Vous pouvez être sûrs et certains que mis dans des wagons à bestiaux par les mêmes qu'ils sont aidés - indirectement certes mais au final le résultat est le même - à installer au pouvoir, ils continueront à se demander candidement ce qui s'est passé...

jeudi 22 septembre 2011

Hystérie de l'impuissance

Troy Davis a donc été exécuté cette nuit et il est bien évident qu'on ne peut que ressentir de la compassion pour celui qui semblait incarner l'injustice faite homme ; qu'à cette occasion, beaucoup de personnes aient découvert tout ce qu'à d'effrayant et de morbide la peine de mort fait un peu tiquer, et on peut aussi se demander si les mêmes qui n’encensaient pas Obama lors de son élection ne vont pas tout soudain se mettre à l'agonir en voyant que finalement il se comporte comme un président américain "normal". Comme en plus sa réélection est en balance et risque bien de ne pas être évidente, il n'allait tout de même pas se mettre à dos son électorat pro-peine de mort, de la même façon qu'il a trop besoin des voix communautaristes pour approuver la reconnaissance de la Palestine à l'ONU. Bref, tout ça pour dire que oui, c'est très triste surtout si Troy Davis était innocent, mais en l’occurrence on peut se poser une question : pourquoi lui ? Pourquoi cette mobilisation autour de cette personne là, quand des milliers de condamnés attendent dans les couloirs de la mort US sans compter tous les autres de part le monde ?

Il n'est pas la première personne à avoir ému par son sort et on se souvient de Sakineh en Iran - que devient-elle au fait ? - qui avait eu la chance de voir son sort sinon amendé du moins allégé par la mobilisation internationale autour d'elle. Mobilisation pour certains pas complètement dénuée d'arrière-pensées puisque ça permettait d'en remettre une couche sur l'Iran comme méchant de service mais au moins elle n'a pas été exécutée.
Rien d'aussi fort cependant et surtout d'aussi impliquant émotionnellement qu'avec Troy Davis où on avait un peu le sentiment, très gênant, qu'on ne pouvait guère faire autre chose que s'indigner pour lui sans se poser quelques questions : c'est bien l'émotionnel qui l'a emporté dans les réactions autour de ce cas, et je ne doute pas que certains liront ces lignes en étant outrés qu'on puisse manifester tant de froideur vis à vis d'un homme mort. Mais à ce moment, il faudrait encore expliquer la différence entre sensibilité et sensiblerie et très franchement : ça me fatigue d'avance.

Il y a bel et bien comportement de meute à un moment ; et ce n'est pas tellement la question de la peine de mort qui a remué les esprits, du moins pour la plupart - si Troy Davis avait été avéré coupable, on l'aurait laissé se faire piquer comme un chien sans sourciller - qu'une vague émotionnelle qui a paralysé tout esprit critique voire pis : interdit qu'on fasse acte de réflexion sous peine de se faire traiter d'inhumain salopard. N'empêche que quand on voit des personnes se réjouir à corps et à cris de la mort de Ben Laden pour ensuite hurler à l'injustice devant une exécution, on peut se demander ou est le minimum de cohérence là dedans, et la réponse vient vite : de cohérence, point.  Rien qu'une hystérie contextuelle, ayant comme fondement une très possible injustice, certes, mais qui ne sera qu'un feu de paille. Troy Davis, paix à son âme, sera oublié dans moins de 48 heures par les plus délirants de ses défenseurs à distance.

On me dira : rien de nouveau sous le soleil de l'être humain, ce dernier ne s'étant jamais vraiment distingué par son souci de cohérence comme le prouve les 10 000 dernières années de son histoire. Ce n'est pas parce que Twitter existe que ça va rendre tout le monde intelligent, non plus. On se met à lyncher quelqu'un à un moment, puis on exige la grâce d'un autre et le tout en suivant un mouvement de masse et sans trop savoir pourquoi, same old story et la Terre continue de tourner. Soit. Et ces mouvement passionnels n'ont rien à faire avec le degré de culture ou les diplômes, contrairement à ce que pensent ceux qui aimeraient se consoler en se disant que la culture "élève" : dans ces moments, elle "élève" que dalle si elle n'est pas fermement ancrée à une exigence critique, celle-ci étant il est vrai parfaitement incompatible avec une société dépolitisée et acculturée qui ne tourne plus qu'à l'émotion immédiate et ponctuelle.

Au passage, puisqu'on parle ici de complète incohérence, on pourra trouver cynique de voir un juriste blogueur très connu, à la fois anti-peine de mort et néolibéral proclamé, qui ne voit absolument aucune contradiction à farouchement militer contre la peine capitale tout en chantant les louanges d'un système politico-économique qui fabrique des pauvres remplissant les prisons et détruit plus de vies que toutes les sentences de peines de morts de la planète. Quand le gouvernement grec annonce un nouveau tour de vis dans les "réformes", cela aura aussi des conséquences humaines tragiques, misère, dépressions et suicides : est-ce moins injuste et atroce que l'exécution d'un possible innocent ? Mais on sait que la sensibilité bourgeoise a ses limites : s'occuper des victimes du système qu'on défend, admettons ; le remettre en question, faut pas déconner : les traites de la villa du Lubéron ne vont pas se payer toutes seules, non plus.

Il n y a pas, ceci dit, que l'émotionnel qui est intervenu ici. Puisque si on regarde tout ça dans le contexte actuel, cette ferveur autour de Troy Davis peut aussi s'expliquer par la volonté de faire quelque chose, y compris n'importe quoi et n'importe comment... Les affaires s'accumulent, la gauche est inexistante, le spectre de la rigueur frappe à la porte et les nuages noirs s'accumulent dans un horizon proche, bien trop proche. Quand Marine Le Pen visite Rungis, l'accueil des prolos y est plus que chaleureux, presque reconnaissant : le fascisme - puisque c'est bel et bien ce que Marine Le Pen représente, histoire de le rappeler aux sots - devient le dernier espoir de pans entiers de populations déboussolées, exténuées, et confrontées à la rage de leur propre impuissance devant la dépossession de leur propre vie. Et dans ces moment là, quand on en peut plus de ne plus savoir quoi faire, on est prêt à faire n'importe quoi pour avoir ne serait-ce que le sentiment d'agir. Pour quelque chose.

Don't get me wrong : je sais bien que voter Le Pen et s'émouvoir pour Troy Davis ne sont pas les mêmes choses, merci. Il y aura bien quelques imbéciles pour brailler que CSP les met sur le même plan mais j'espère bien de mon lectorat qu'il ne s'abaissera pas au niveau du premier Hugues Serraf venu. Ça procède pourtant bel et bien dans les deux cas de cette hystérie de l'impuissance qui est en train de devenir le sentiment collectif majeur du monde occidental : cette violence d'un écoeurement ressenti devant un monde qui nous dépasse, sur lequel on a le sentiment de ne plus pouvoir intervenir même au niveau de sa propre vie, et qui pousse à vouloir agir, faire quelque chose, n'importe quoi n'importe comment, pour avoir le sentiment de se réapproprier quelque chose, pour avoir le sentiment d'agir et même carrément : d'exister...

Et nous allons beaucoup voir les conséquences de ces hystéries de l'impuissance, dans les temps qui viennent. Beaucoup. Et autrement spectaculaires...






mardi 20 septembre 2011

Économie politique

(en cliquant sur l'image, c'est mieux, sérieux)

lundi 19 septembre 2011

Sphères

Non, l'opération de com' de DSK hier soir n'est pas ratée, le moins du monde. Enlevez vous ça tout de suite de la tête. Parce que ce moment de communication de crise ne cherchait pas à être "réussi" et se foutait complètement qu'on juge que ce soit "raté" ou pas : comme beaucoup de démarche de propagande, elle était là pour exister en tant que telle. La communication se suffit complètement à elle même. Elle est là pour montrer et affirmer, peut-être éventuellement pour convaincre mais c'est secondaire. Et cette démarche pour être réussie n'a besoin que d'une seule chose : exister et être vue.

De longues minutes complaisamment offertes par les valets de l'oligarchie à un de leur membre pour qu'il ne donne qu'une version tronquée et calculé au micropoil de ce qui s'est passé, un lissage des évènement, un rien de pathos pour ensuite glisser aux choses sérieuses - et donc économiques - et cliffanger de folie : la fin reste ouverte, DSK ne va pas s'abaisser à se retirer d'où que ce soit tel le premier Jospin venu, il est là, il est de retour, et il reste disponible pour la France. C'est le message qui devait passer et il est passé. Et peu importe que personne n'y croit. Peu importe que tout le monde sache que Chazal est une amie intime du couple, peu importe qu'on ricane devant cette mise en scène, peu importe en définitive que les protagonistes et ceux qui les regardent ne soient à aucun moment dupes ni les uns ni les autres : il fallait raconter "une histoire" et ce qu'on nous a donné à voir devient de facto rien moins que l'Histoire Officielle. Qui restera désormais consultable pour des années et des décennies dans les archives de l'INA.

Pensez vous sincèrement que les acteurs de cette production ont pensé une seule seconde que les gens les croiraient ? Ils savent parfaitement que le "capital crédibilité" de Dominique est plus que cruellement entamé et qu'un retour sur la scène publique est inenvisageable, ni en ce moment ni même pour des années : on lui rebalancera systématiquement cette affaire dans la tête. Cette casserole planétaire ne le quittera plus. Donc la visibilité" médiatique, on oublie. C'est sans doute très préjudiciable, y compris en terme d'employabilité : tout poste exposé lui est désormais interdit.
Mais croyez vous que ça posera le moindre problème et que quelqu'un comme DSK va se contenter de planter des choux en goûtant une sereine pré-retraite ? Nul doute qu'on va le retrouver "consultant" quelque part pour un salaire toujours mirobolant, il sera plus discret et évitera les micros et les caméras, voilà tout.

Parce qu'il y a quelque chose qu'il ne faut pas oublier : Dominique Strauss-Kahn, Anne Sinclaire, Claire Chazal, leurs équipes de communiquants etc. n'évoluent tout simplement pas dans les mêmes sphères que nous. On parle clairement de cette néo-aristocratie des médias, de la politique et de l'argent qui ne savent plus depuis des décennies combien coûte une baguette. Ces gens existent littéralement dans un autre plan de réalité que le nôtre et de ce point de vue, il n'importe pas que la mise en scène de hier soir soit "crédible" ou non : c'était un passage obligé, tout le monde s'y est plié par solidarité de classe, et passez muscade : on passe à autre chose.

Analyse paranoïde de marxiste aigri qui croit déceler les mauvaises intentions des dominants partout ? Faites moi pleurer. La preuve qu'on a simplement assisté au spectacle de la bourgeoisie jouant un rôle et sachant parfaitement qu'elle en joue, tout ça pour uniquement créer de l'image et fabriquer du storytelling afin que les apparences soient sauves, c'est que vous allez longtemps attendre avant que Chazal ou Pujadas accordent 24 minutes à Nafissatou Diallo pour qu'elle raconte sa vie et parle de ses "blessures" dans un JT.

La bourgeoisie a fait bloc dans un attendrissant exercice de solidarité de classe. Elle a protégé et béni l'un des siens par l'image rédemptrice et le rideau est tombé. On restera dans l'entre-soi de ces sphères de pouvoir après avoir donné l’aumône d'une saynète aux manants.

dimanche 18 septembre 2011

Pourquoi il est nécessaire (et amusant) de haïr les libertariens

On peut finir par se poser la question, à la longue : mais pourquoi donc perdre du temps à démonter ces trous du cul de libertariens ? Franchement ? N y a t-il point d'autres choses bien plus importantes et urgentes à faire, comme par exemple repasser ses chaussettes ? De fait, je comprend qu'on puisse s'interroger sur tant d'acharnement pour des gens qui semblent si peu le mériter.
Nous allons voir cependant que tout au contraire, ils méritent ; et ils méritent même de prendre encore plus cher.

A priori, quand on l'observe comme ça, le libertarien - dans sa version française, ne connaissant que cette ramification de l'espèce, mais on peut supposer que c'est peu ou prou le même partout - n'est rien et ne ressemble à rien. Une sorte de pou névrotique monté en boucle sur 3 idées stupides concernant l'urgence d'absolument tout privatiser mâtiné de plus ou moins de désir d'ordre social à angle droit, et se caractérisant systématiquement par son hystérie paranoïde et une vision du monde à la limite de la psychiatrie lourde : penser que la France de 2011 est un satellite de l'URSS suffit à prouver le degré d’effondrement intellectuel de ces pauvres garçons ( ratio d'1 meuf pour 50 mecs à peu près, ce qui accroît encore leur mal-être et limite leur épanouissement affectif à Xhamster et au Sopalin).

Nonobstant les menus inconvénients de l'incompréhension généralisée, d'un sentiment rongeant d'impuissance devant un monde qui les prend à juste titre pour des zinzins et d'une perpétuelle misère sexuelle qui accumulent toute sortes de frustrations qui finissent par se lire sur leurs visages, les libertariens n'arrivent à tenir que grâce à une seule certitude : c'est eux et rien qu'eux les "vrais" libéraux purs et durs, tous les autres c'est rien que des crypto-communistes et leur croisade consistera à en convaincre un monde incrédule.
Ce qui fait sourire. Certes. Et avec raison.
Jusqu'à ce qu'on comprenne qu'en définitive, ils ont bel et bien raison : c'est effectivement eux les vrais libéraux.
Ils sont la réalité de ce qu'est le néolibéralisme dans tous ces aspects et toutes ses conséquences.

On l'a vu il y a deux jours, le libertarien n'hésite jamais à prendre de grandes libertés avec l'Histoire, jusqu'à se vautrer complaisamment dans le révisionnisme : Pinochet était un moindre mal, Franco était une nécessite contextuelle, Hitler était de gauche etc., il dépense une énergie folle à séparer les "bons" dictateurs - anticommunistes - des "méchants" dictateurs - tout aussi anticommunistes ou adeptes du totalitarisme soviétique - tout ça pour justifier son idée bison de base : le capitalisme n'a rien, mais alors rien avoir avec ces malheureuses déviances.
Or, nous autres marxistes savons qu'il a tout à voir ; puisque capitalisme et fascisme ont toujours été et continuent d'être des parents très proches qui ne font que semblent de cordialement se détester dans une relation père-fils ambivalente et fascinée, sauf quand papa est par trop secoué par ses employés qui rouspètent trop fort ; auquel cas, il n'hésite jamais à faire appel à fiston pour faire le ménage et rétablir l'ordre (nouveau) pour quelque temps, quitte à se débarrasser ensuite de lui quand il estime qu'à force c'est mauvais pour les affaires. C'est ce qui s'est passé au Chili entre autres.

Et de fait, les libertariens soi-disant si férus de "liberté" ne voient jamais aucun inconvénient à une bonne dictature d'extrême-droite : ils ne font ainsi qu'exprimer, avec une sincérité touchante, la vérité profonde de leur idéologie. De temps en temps, des Eric Le Boucher ou des Michel Godet marmonnent dans leur barbe que ça fait chier la démocratie, avant de rétropédaler vite fait en passant à autre chose. Les libertariens assument que la démocratie ça leur pète ouvertement les couilles et rêvent à voix haute d'un pouvoir "fort" qui aura les "couilles" d'en finir avec la chienlit syndicalo-bolchévique etc. Ils ne veulent en aucun cas "LA" liberté mais uniquement "LEUR" liberté. Entre leur plaidoyer pour qu'un gouvernement passe la gauche à la trique et leurs théorisation du darwinisme social le plus hardcore, l'évidence s'impose : ils disent à voix haute ce que les autres libéraux, plus policés parce qu'ayant un rond de serviette dans les médias, pensent tout bas.
À savoir que le néolibéralisme est une dictature économique qui est hantée par la tentation de passer en dictature politique. Et qui passe à l'acte régulièrement quand ses intérêts sont menacés.
De ce point de vue, le libertarien n'est rien moins qu'un libéral-fasciste qui n'assume pas son fascisme et le projette sur tous les autres en couinant "fachoooo" sur tous les pauvres hères qui n'ont commis que seule faute de n'est pas d'accord avec lui.

Mais le libertarien est également intéressant en cela qu'il porte les conséquences de son idéologie jusque dans son comportement : traiter les autres de "fachoooos" quand ils émettent le moindre doute, c'est la pratique quotidienne. Ce qui frappe le plus néanmoins, c'est l'agressivité hystérique qu'ils déploient et encore une fois la projection qu'ils effectuent en permanence sur les vilains "autres" : le libertarien a un gros problème avec la notion d'altérité et le dissemblable en général, et de toute façon c'est toujours, toujours, de la faute des "autres". Le libertarien n'est jamais responsable de rien et donc n'a jamais à se poser la moindre question : c'est toujours les "autres" le problème. Individualisme solipcisé poussé dans ses ultimes retranchements qui allié avec la conviction d'être un croisé du libéralisme pousse le libertarien à refuser tout débat et tout dialogue avec qui que ce soit, voire à vouloir faire taire ses opposants par exemple en balançant leur identité et leur adresse physique en ligne.
Les libertariens sont tous des cas sociaux et des personnalités borderline. Et même parmi les libéraux "normaux", Le Boucher, Godet, Rioufol etc., qu'on ne vienne pas nous dire que leur vision des choses est celle de gens sains d'esprit.

Et c'est parfaitement logique : ils sont tous libéraux et montrent ce que ça donne, "en vrai", le libéralisme quand il est implanté profond chez des individus.
Bien loin d'être des exceptions, les libertariens sont le vrai visage du libéralisme : pauvreté intellectuelle, intolérance, rejets des autres, enfermement, désir d'une société "propre", peur de tout, agressivité hystérique, personnalités frustes et frustrées et symptômes divers et variés.

Leur taper dessus à répétition en tant qu'ennemis politiques se justifie donc parfaitement.

samedi 17 septembre 2011

Les joueurs et les petits

"La sphère personnelle, comme chacun se complaît à le dire, est politique. Donc, si un crétin de politicien, ou un drogué de puissance, essaye de se la jouer politique pour vous faire du mal, à vous ou à tous ceux que vous aimez, PRENEZ-LE PERSONNELLEMENT. Mettez-vous en colère. La justice ne vous servira à rien, elle est vieille, lente, et leur appartient. Seuls les petits souffrent dans les mains de la justice ; les créatures de pouvoir s’effacent avec un clin d'oeil et un rictus. Si vous voulez la justice, vous devrez la leur arracher. Considérez que l'affaire est PERSONNELLE. Faites autant de dégâts que possible. FAITES PASSER VOTRE MESSAGE. Ainsi, vous aurez plus de chances d'être pris au sérieux la prochaine fois, ou d'être considéré comme dangereux. Et ne vous trompez pas : être pris au sérieux, être considéré comme dangereux est la SEULE différence à leurs yeux entre les joueurs et les petits. Ils passeront des marchés avec des joueurs. Ils liquideront les petits. Et vous verrez : ils enroberont votre liquidation, votre déménagement, votre exécution brutale de la pire justification qui soit : "Les affaires sont les affaires ; tout ça est politique ; c'est ainsi que tourne le monde, la vie est dure et N'Y VOYEZ RIEN DE PERSONNEL.".
Qu'ils aillent se faire mettre. Rendez l'affaire personnelle."

Richard MORGAN, "Carbone modifié"


Bien sûr que c'est personnel. Il n'en a jamais été autrement.
Quand je sais que mon salaire est bloqué parce que des gens que je ne connais pas et qui ne m'ont jamais rencontré en ont décidé ainsi parce qu'entre mon salaire et leur obsession maladive de "réduire les déficits", il n y a rien de plus éminemment personnel.
Quand tout a augmenté lors du passage à l'Euro ce qui rend la vie de tout un chacun beaucoup plus compliqué et angoissante, ça me touche parce qu'à l'instar de millions de personnes je suis aussi concerné ; c'est très très personnel, je la ressent même intimement, cette décision de la pourriture européiste. 
Quand on privatise et qu'après c'est vraiment moins bien et nettement plus cher, c'est très personnel, comme affaire ; c'est ce que je vis tous les jours vous savez. Et bien sûr que vous savez : vous le vivez aussi.
Quand il m'est absolument impossible d'allumer la radio ou la télé sans obligatoirement tomber sur des gueules de porcs libéraux partout et tout le temps en train de dire les mêmes choses, c'est à mon niveau personnel que j'en ai ras-le-bol de leurs trognes et de leur idéologie. Parce que je sais, pertinemment, que les idées ont des conséquences et que leurs idée auront des conséquences néfastes sur ma vie. 
Et la vôtre aussi.

Quand Claude Guéant enchaîne déclaration xénophobe sur stigmatisation des étrangers, je le prends personnellement parce qu'en faisant ça, il fabrique une société archi merdique basée sur la trouille et fait encore monter le FN dans une fuite en avant irresponsable de la droite : et très personnellement, il m'est extrêmement déplaisant de constater dans quelle direction nous amène cette irresponsabilité.
Si un(e) candidat(e) socialiste parvient dans une sorte de miracle à être élu(e) en 2012 et qu'il ou elle aura à choisir entre faire plaisir aux banques et aux agences de notation, ou à moi, mes proches, et par extension la classe sociale qui est mienne et notre, en sachant parfaitement et consciemment que cette austérité imposée sera une question de survie quotidienne, il ou elle choisira en toute conscience de faire plaisir aux banques et aux agences de notation. Vu que ça impactera directement mes conditions de vie, je le prendrai de façon très personnelle. Vu que ça impactera les conditions de vie des gens que je connais et des gens que je ne connais mais mais dont je sais qu'ils appartiennent à la même classe sociale, bref : ça sera très personnel.

Toutes ces conneries gauchistes sur la rationalité objective de la scientificité analytique dans le recul critique de l'esprit sourcilleux, tout ces hochets conceptuels rassurants comme autant de doudous de l'esprit pour se faire croire à soi-même qu'on est "intelligents", à la poubelle. Rien, absolument rien, que ce soit dans les choses de l'art comme en Histoire ne s'est construit avec de jolis esprits "critiques" : rien ne se fait si on ne se sent pas concerné au plus profond par ce qui se passe et par ce qu'on est en train de faire. Rien ne s'accomplit si à un niveau on ne le ressent pas comme personnel. Ensuite, on peut le rationaliser, le canaliser, le politiser etc. Mais ensuite seulement. L'échec de toute propagande qui ne tient pas compte de cette donnée humaine de base est somme toute logique : demander aux gens de réfléchir à ce qu'ils connaissent déjà au quotidien, bravo, vraiment. Ils le savent, qu'ils sont exploités et spoliés, merci pour eux. Ils le savent, qu'on est dirigé par des salauds, et que les méchants gagnent le plus souvent à la fin. Toujours cette volonté de profs qui vont apporter la lumière à ces pauvres prolos qui erreraient dans les ténèbres, ouf, heureusement qu'on est là pour leur expliquer leur propre vie, hein ?

Ils comprennent déjà que c'est on ne peut plus personnel, ce qui se passe. Le problème étant qu'en l'absence de politisation de ce ressenti, cette offense personnelle faite à eux et leurs proches ne trouve pas à s'extérioriser.



vendredi 16 septembre 2011

Dommage collatéral, en somme

"Jamais une révolte contre un gouvernement liberticide prêt à imposer la dictature d’une minorité sur la majorité ne fut aussi nécessaire au 20e siècle"

En l’occurrence, on parle ici de Pinochet.
Chez Libéral, c'est un peu la Foire Fouille de la crasse intellectuelle : on trouve de tout, y compris des piteuses tentatives de changer le réel quand ça ne lui convient pas ; c'est à dire tout le temps. Exemple ici avec l'oeuvre d'une petite merde révisionniste qui considère que certes, Augusto a éventuellement un peu exagéré, mais que voulez-vous ma pov' Lucette, c'était ça où Allende et on a bien compris où ça allait, hein (haussement d'épaules résigné).

Ignorance abyssale, stupidité sans fond, déchéance neurologique ou hypocrisie décomplexé ? Je ne puis trancher en ces matières, mais dans le cas de Libéral, il faut bien savoir que ces catégories peuvent parfaitement coexister en parfaite harmonie. Et puis ça vous a le mérite de la sincérité et ça c'est rafraîchissant : Libéral expose, de façon claire et nette, qu'entre la gauche au pouvoir et la dictature, sa préférence va spontanément à la dictature. Comme par réflexe, en somme. Sans vraiment y penser, quoi. Et d'enfoncer le clou pour les niais qui penserait encore que le libéralisme est une histoire de "liberté", la conclusion est de ce point de vue absolument parfaite. Pas d'autres mots.

"Comme le concluait The Economist dans son éditorial du 15 septembre 1973 : « Le gouvernement militaro-technocratique qui est apparemment en train de prendre forme tentera de reconstruire le tissu social que le gouvernement Allende a détruit. Cela signifiera la mort provisoire de la démocratie au Chili, ce qui sera déplorable, mais il ne faut pas oublier qui a rendu cela inévitable."

Libéral ne voit donc aucun inconvénient à "la mort provisoire de la démocratie", mais du moment qu'on parle de démocratie de gauche, il va sans dire.
Mais cette tentative de réhabilitation d'un criminel de masse ne s'arrête pas là, évidemment ; puisque tout de même, ce Pinochet est un petit peu embarrassant, au point qu'à l'époque même Freidman s'était rendu compte que le Chili n'était peut-être pas la vitrine idéale pour promouvoir la dictature néolibérale. Un peu salissant, quoi, voyez ?
Libéral pousse le révisionnisme un cran encore en ne craignant pas le ridicule dans les commentaires et affirme, droit ses bottes : 

"Le libéralisme, c’est d’abord et avant tout le respect des droits des individus. Ergo, le régime dictatorial de Pinochet n’avait rien de libéral"

Las.
Patatras.
On veut faire sérieux et "crédible", on ne fait que s'enfoncer dans le ridicule achevé.
"Ses idées économiques sur le monétarisme, la fiscalité, les privatisations et la dérèglementation ont inspiré les politiques économiques de nombreux gouvernements à travers le monde, notamment ceux de Ronald Reagan aux États-Unis, de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, d’Augusto Pinochet au Chili, ou de Brian Mulroney au Canada."

Fiche Wikipédia de Milton Friedman. Mais c'est vrai : Wikipédia c'est communiste. Et Hitler était de gauche, puisque tant qu'on en est à réviser l'Histoire dans le sens qui arrange, autant y aller franco (ah ah).
Sauf que; malheureusement pour Libéral, les faits sont têtus comme disait l'autre et le régime pinochétiste a illustré la vérité fondamentale du néolibéralisme : celui-ci peut parfaitement s'épanouir sous condition de dictature et de meurtres de masses. C'est malheureux pour Libéral, qui se tortille en tous sens pour faire croire le contraire. Mais c'est la triste réalité de son idéologie.

Tout de même, quand on y pense, cet article qui en somme dit quelque chose comme "Plutôt Pinochet que l'Unidad Popular"...
Ah zut, ça me rappelle quelque chose mais quoi ?...

jeudi 15 septembre 2011

La boîte à Grouik

C'était ce matin et pour une fois j'écoutais la radio, France Cul où Todd était invité. J'arrivais pile au moment où, après que Todd ait fini sa phrase, l'autre invité se mettre tout soudain à brailler "Corée du Nord ! Corée du Nord !!!". Signant ainsi avant même que je sache qui c'était son appartenance à la sous-espèce des trépanés libéraux qui polluent nos espaces depuis des décennies...
Véridique.
Être pris à froid ainsi dès le réveil, le mug de café à la main et avant même d'avoir cultivé mon futur cancer au goudron, c'est extrêmement désobligeant. J'en conçus quelque agacement, pour vous dire. Et en tirant sur la première bouffée, je l'avoue tristement mais ma première réaction, reptilienne, fut de songer fugacement à...toutes sortes de choses, disons...
Ces gens vous font parfois songer à des bêtises, vous savez, tant ils sont pénibles.

Fort heureusement, le processus de civilisation repris immédiatement ses droits et je chassais ces vilaines pensées. C'est que c'est finalement horriblement compliqué, vous savez. Il y a l'aspect légal et tous les tracas occasionnés, quand bien même en agissant ainsi on serait objectivement un bienfaiteur de l'humanité ; la société comprend mal les esthètes avant-gardistes, que voulez-vous. Mais surtout et c'est le pis, il y a cette satanée - si je puis dire - morale judé-chrétienne qui vous ordonne de ne point nuire à votre prochain. Même si le "prochain" en question n'est en rien proche de vous et si peu appartenant à l'espèce humaine comme le sont les économistes néolibéraux. C'est rageant. C'est frustrant. Je veux dire, bon, il semble bel et bien que la civilisation se soit construite sur le refoulement et la sublimation des pulsions et ça je veux bien l'entendre, voire même l'admettre. Mais tout de même, on y a perdu une certaine capacité à certaines distractions. Flûte, quoi. Tenez, quand bien même dans une dimension parallèle je pourrais mettre à exécution - hu hu hu, suis-je cocasse décidément - cet amusant projet ayant pour base la rencontre d'un libéral et d'une scie circulaire, et bien figurez-vous qu'ensuite, il me serait impossible de ne pas me sentir très très très mal...j'en serais psychologiquement ébranlé, à coup sûr, je ressentirais de la culpabilité, ce qui est tout de même un comble...
Sans compter tout le bordel à nettoyer ensuite. Moi qui déteste faire le ménage.

Non, décidément, ça ne va pas.
C'est en faisant mon jogging - CSP en Homme de la Renaissance 2.0 maîtrise tous les arts et excelle en toutes disciplines, en doutiez-vous ? - que l'idée me vint.
Une boîte à Grouik.
Sur le modèle de ce sommet de l'humour glacé et sophistiqué qu'est la très fameuse "boite à Meuh", qui se retourne pour produire un beuglement de mammifère domestique ruminant - il y a des parisiens qui me lisent, ils ne savent sans doute pas ce qu'est une vache et croient que les animaux poussent tout seuls dans des barquettes sous cellophane, les pauvres ignorants -, je verrais donc fort bien une personne confrontée à un libéral sur un plateau télé ou à la radio sortir une boîte à Grouik et la poser sur la table, pour la retourner à chaque fois que l'autre dégénéré sort une de ces fadaises conformistes et bêlantes qui leur servent d'éléments de langage. Par exemple, dès que l'imbécile couine "Corée du Nord !!!", hop, un mouvement de poignet et :



Vous voyez l'esprit.
La chose se renouvellerait au fur et à mesure de l'émission, dès que porcinet monétariste se mettrait en tête d'exposer les idées toutes plus débiles et nuisibles qui virevoltent dans l'éponge qui lui sert de cortex. Déficits publics ? Libre Marché ? Trop de fonctionnaires ? Laisser faire ? Prise de "risques" ? Assistanat ? Travailler plus pour gagner plus ? etc. , hop le poignet et :



La chose provoquerait d'abord l'amusement très forcé de l'imbécile, puis à coup sûr son énervement, puis il se mettrait en colère pour de bon, et ce serait drôlement amusant. Surtout que quand ils sont bien énervés, ils disent vraiment ce qu'ils pensent et ça risquerait d'être croquignolet. Entre "la population doit comprendre qu'elle doit faire des efforts " et  "PUTAIN MAIS LES PAUVRES PEUVENT CREVER PUTAIN !!!!!", on est plus sur le même plan du discours, n'est-ce pas.

Mh ? Leur quoi ? "Liberté d'expression" ?
Vous vous foutez de ma gueule, c'est ça ?
La "liberté d'expression", ça fait 40 ans qu'ils l'ont, ces trous de balle. 40 années qu'ils se pavanent partout et dégoisent leurs conneries quand bien même personne n'en veut et ça n'a jamais marché nulle part. Donc bon, ça va bien maintenant. Comme en plus il est inutile de "dialoguer" avec eux - on ne peut pas poser un discours de raison avec des paranoïaques, ne perdez pas votre temps -, autant se faire plaisir.

N'empêche, je me demande parfois d'où ça me vient, toutes ces idées.

mercredi 14 septembre 2011

Comme un parfum lourd et entêtant...

Il s'appelle Mamadou et il est responsable commercial des relations financières avec les partis de droite français. Tous les partis et même le Front National parce que la mondialisation heureuse, elle est comme ça : elle ne voit pas les couleurs et elle ne discrimine jamais quand on parle pognon. Il avait besoin d'une banque en ligne a qui parler parce que dans les histoires de transferts de fonds occultes destinés à financer des campagnes électorales, c'est pas simple à trouver. Heureusement une conseillère de Clearstream, un peu jolie mais pas trop et hyper-sympa au niveau de la compétence cool, lui a fortement déconseillé de passer par ces trucs là en ce moment : volatilité des liquidités, Grèce, chute de la zone Euro, bref : c'est le bordel. Des bonnes vieilles Samsonites bourrée de biftons, ça vous a un parfum vintage complètement tendance au niveau de l'air du temps nostalgique. On se prend pour un héros du Réseau Jeanson mais à l'envers, quoi : on finance l'oppression et la mainmise de l'oligarchie mais eh, l'époque a les frissons qu'elle mérite.

Mamadou et Clitoris - oué, elle a un prénom...déconcertant...- papotent gentiment par Ouèbcam. Elle demande si il va bientôt rentrer chez lui, et Mamadou est drôlement content de pouvoir dire qu'il va se casser ; porter des valises c'est bien gentil, mais les gens auxquels il les donne n'aiment pas beaucoup les étrangers et ça devient un peu oppressant, leurs blagues sur la bite des Noirs, à la longue. Clitoris acquièse, pensez, : elle est cadre bancaire responsable des relations avec les pays du Sud depuis 8 ans et elle en a vu, des saloperies. D’autant que là elle se sent un peu sur un siège éjectable vu qu'une agence ne va pas tarder à dégrader la note de la boite et elle se dit que ça commence à sentir le pâté, en réunion. Ensuite, au pire, elle se recasera dans au service commercial d'un groupe pétrochimique en Birmanie, paraît que la défiscalisation quand on est expat est assez alléchante. Elle n'en oublie toutefois pas Mamadou et lui glisse qu'elle aurait un assez bon plan pour sa fille qui fait Sur de Co, rapport à une OPA hostile sur une banque concurrente mais néanmoins amie : ça serait pas mal que fifille spécule à perte sur Boursorama, y a de la maille à se faire.

Mamadou est drôlement content de sa relation commerciale avec Clitoris qui est sa conseillère spéciale. Sans elle, arroser toute la droite française ça aurait été vraiment plus compliqué. Là, pendant des années, c'était comme papa dans maman et en plus tout le monde le savait. Mais tout le monde, hein. Au point que Mamadou se dit que si ça se passait dans son pays loin là bas, où c'est pas vraiment la dictature mais pas loin, même chez lui où on a en vu des vertes et des pas mûres vu qu'on a des diamants ET du Pétrole, c'est dire si les Blancs on les a vu de près et pendant longtemps, les enfoirés, ben même dans son pays à lui du soleil en plomb, plus de 40 années de prévarications et de corruption à tous les étages ? Yayaya, on fait du sushi de famille despotique pour encore vachement moins que ça. Mais bon, là, rien. On dirait que tout le monde trouve ça à peu près normal. Ils doivent être plus civilisés que nous, finalement, se dit Mamadou.

Et c'est pas tout ça mais Mamadou, il a encore du boulot parce que faut pas croire, hein : c'est pas une sinécure, porteur de valises. Il faut encore qu'il rencontre un type fils de quelqu'un pour arranger les bidons au niveau d'un autre parti français mais pas de droite, enfin, moins de droite que les autres et encore, que le précédent Président de son pays, non pas lui, l'autre, celui qui est encore vivant, celui-là il a fini dans un crocodile, bref, dont avant de servir d'apéritif pour niloticus il envoyait du pognon à tous les partis politiques français et ça risque de faire des histoires, ils sont chiants ces cons de Blancs à jamais rien assumer comme ça.

Pfou.

Allez, encore une tournée et retour au pays. En plus, les Blancs, c'est pas pour être méchant mais sérieux ? Ils sentent bizarre.

Et la valise en croco, c'est cadal, ça me fait plaisir.



mardi 13 septembre 2011

Un film anticapitaliste français, oui monsieur



Il est dommage que ce film éminemment sympathique n'ait comme on dit "pas trouvé son public" - se soit vautré, pour les mal comprenants -, ce qui est sans nul doute dû à la totale absence de promotion dont il a bénéficié à sa sortie. Disons que si le réal avait mis Franck Dubosc au casting ou mis des nichons sur l'affiche pour faire du buzz, il aurait au moins eu l'honneur d'être invité au Grand Journal, décidément devenu le dernier salon où l'on cause de toutes les conneries insignifiantes qui passionnent les bobos parisiens. Encore que : vu la charge que le film opère en direction des magnats de l'industrie qui détiennent les télés, l'absence de promotion télé était on ne peut plus prévisible ; et puis pensez : une comédie politique anticapitaliste, tss. C'est franchement de mauvais goût.

Ce n'est pas que vous apprendrez quoi que ce soit en voyant "Moi Michel G." Mais vous le verrez autrement et de façon cruelle et jubilatoire. La réussite incontestable du film étant de faire de la pédagogie sur le joli monde capitaliste dans lequel on essaie de vivre sans tomber jamais dans le pontifiant démonstratif : on voit comment fonctionne le capitalisme "à la française", il est incarné et mis en situation et on ne s'ennuie pas. Ce qui est en soi une qualité mettant "moi Michel G." à cent coudées au dessus de la propagande gauchiste usuelle, et fait mine de rien la preuve qu'on peut être virulent et drôle. 

Parce que drôle ça l'est et surtout grâce aux personnages. Ils sont venus ils sont tous là et vous les reconnaîtrez sans peine : oligarques hantés par leur image, héritiers du Comité des forges, actionnaires majoritaires, tête pensantes de tous les pouvoirs, énarques mielleux, épouses vénales et autres héritiers du CAC 40, tout de petit monde consanguin virevolte devant nous et sont présentés, pour une fois, non pas comme les fascinantes "élites" qu'on nous vend à longueur d'année et de papier glacé mais bel et bien tels qu'ils sont : avides, cupides, irresponsables et intéressés, et n'ayant aucune loyauté même entre eux. C'est extrêmement jouissif et il faut surtout souligner la performance de François Xavier Demaison qui mixe Nicolas Sarkozy, Aranud Lagardère, Bernard Tapie  et Jean-Marie Messier dans son rôle de Michel Ganiant, personnage tellement obsédé par l'image qu'il veut donner qu'il est incapable de parler autrement qu'en éléments de langage, caricature de caricature qui n'est même pas caricatural : puisque les "vrais" sont exactement comme ça.

La raison de l'échec commercial de Moi Michel G. se situe peut-être à son niveau frontal : il dit les choses telles qu'elles sont. Il défonce les baudruches et de moque d'elles, et quand on sait que les originaux ont achetés les groupes de médias, pas tellement étonnant que ce film n'ait pas eu droit à autant de couverture qu'une lucbessonerie. C'est peut-être la limite de l'exercice quand on veut utiliser le culturel pour faire passer des idées : mettre le doigt exactement là où ça fait mal et le faire sans fard ni détour, ça risque de faire bobo à la tête des gens qui ont intérêt à ce que les choses soient très bien comme elles sont.

Et le dernier petit délice de ce film est qu'il fera couiner nos têtes de fions libéraux qui en manqueront pas de brailler au scandale devant cette charge. Pensez donc : on se moque des gens auxquels ils rêvent de ressembler et qu'ils ne seront jamais, ces tristes noeuds. Et toutou n'aime pas qu'on soit méchant avec son maîmaître.

lundi 12 septembre 2011

Confiance aveugle

(j'ai cliqué sur l'image : en fait c'est hyper mieux)

dimanche 11 septembre 2011

Quand on est de gauche, on est pro-palestinien

"Les Etats-Unis ont finalement tranché, mettant fin aux pourparlers sur la demande d'adhésion d'un Etat palestinien à l'ONU. Jeudi 8 septembre, la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, a annoncé formellement et explicitement que les Etats-Unis opposeraient leur veto à une tentative des Palestiniens d'obtenir la reconnaissance d'un "Etat de Palestine" au Conseil de sécurité des Nations unies."


Et du coup, j'ai clairement un problème. Ou en tout cas un souci. De vocabulaire.
Car voyez-vous, le premier truc qui me soit venu spontanément à l'esprit en lisant ces lignes fut deux points ouvrez les guillemets :

"Enculés d'Américains".

Et comme je suis archi-sourcilleux de gauche au niveau de la non-discrimination vachement politiquement correcte, je me suis tout de suite repris, bien entendu.
Puisque si je traite les Américains "d'enculés", ça pourra être pris pour de l'homophobie. Alors que plus gay-friendly que moi, sérieux ? J'ai tout Britney Spears en MP3, c'est vous dire à quel point.
Donc, non, je ne peux décemment pas traiter "d'enculés" les Américains qui refusent l'adhésion de l'Etat palestinien à l'ONU, ce qui serait le moyen pour l'autorité palestinienne d'être enfin "reconnue" officiellement et ferait peut-être un peu plus réfléchir Israël quand il envoie facétieusement des colons ultra-orthodoxes faire chier les palestiniens en volant leurs terres, ou quand il décide de les passer à la bombe à fragmentation par manière de caprice. Voilà, il faut trouver un autre mot, je sais pas moi "salauds", ou "méchants", bref.

Mais également, si je mets tous les citoyens des Etats-Unis d'Amérique dans le même panier, on pourra alors me soupçonner d'américanophobie. Moi. Sans déconner. Alors qu'en vérité j'adore ces gros cons. Vous voulez que je vous dise, franchement ? Et bien entre la perspective ébouriffante de la énième promenade manifestante de rentrée, vous savez, le truc qu'on fait tous les automnes et qui ne sert strictement à rien, et la sortie de Modern Warfare 3, devinez ce que j'attends avec le plus d'impatience ? Vous voyez bien...
Et de fait, je me sens évidemment plus de points communs avec le brave ricain lambda, celui qui va bosser ou qui cherche du boulot, qui a un prêt sur le dos, qui est un type normal c'est dire dans l'ensemble honnête et modeste au meilleur sens du terme, qu'avec nombre de mes compatriotes, comme au hasard Alain Soral ou Laurence Parisot. Mais ça s'appelle de la solidarité internationaliste de classe et je sais qu'il y a des centristes qui me lisent, ne leur fatiguons pas le cerveau un dimanche matin en leur demandant trop d'efforts, allez.

C'est comme avec les gens qui vivent en Israël par ailleurs : nul doute que nombre d'entre eux en ont marre de l'hystérie impérialiste de leurs gouvernements successifs, et sont très affligés de constater que ce conflit perpétuel dans lequel les embourbent leurs dirigeants non seulement est une grande injustice envers tout un peuple, mais en plus en est train de ruiner leur propre pays. C'est que ça coûte cher, un apartheid, vous savez. Donc eux aussi, voudraient sans doute bien, soit pas compassion soit par lassitude, qu'on leur lâche un peu la grappe aux palestiniens et que si ils veulent un pays à eux mais qu'on leur donne à la fin bordel.
L'ennui pour eux se situant surtout au niveau de leurs gouvernants lesquels, si ils ne peuvent plus tourner les regards vers les "terroristes", seront obligés de faire face au rejet de la société ultra-libérale qu'ils imposent aux israéliens. Oui, dans le monde "occidental", on a peu ou prou les mêmes.

Et là tout de suite, rien que de dire ça, c'est la promesse d'entendre couiner les "pro-Israëls" néocons (comme des huîtres) qui se jetteront sur l'argumentaire de "l'antisémitisme". Puisque critiquer Israël et sa politique de spoliation des territoires occupés c'est être "antisémite" blablabla, je ne vous la refais pas vous les connaissez par coeur vous aussi. C'est qu'il faut bien que leur racisme anti-arabes - qui est le vrai fond de leur soutien à la l'extrême-droite israélienne et leur capacité de réflexion géopolitique se limite à ça, oui ce sont des gens pathétiques je sais aussi - s'exprime d'une manière ou d'une autre, pensez : ils n'ont que ça qui les tienne dans leur sinistre et misérable existence de souchiens ignorants et stupides. Misère de la "pensée" islamophobe qui en est réduite à désespérément tenter de faire l'amalgame "antisioniste" et antisémitisme, et qui mérite à peine le haussement d'épaules méprisant qu'on a pour ce genre d'empêchés du bulbe.

Toutefois, une chose trouble, chez ces gens.
Qui fait un peu reconsidérer le rejet spontané qu'on a pour la physiognomonie - "méthode fondée sur l'idée que l'observation de l'apparence physique d'une personne, et principalement les traits de son visage, peut donner un aperçu de son caractère ou de sa personnalité" () -  puisque quand on regarde à quoi ressemblent les gens qui pratiquement, sincèrement ou non peu importe, cet amalgame...
Et bien on se rend compte qu'ils ont systématiquement des têtes à sodomiser des porcs.
Coïncidence ?
Je ne crois pas.