mercredi 31 août 2011

Pauvres, hétérosexuels, blancs, stupides et soumis

Le projet de la droite a le mérite de la clarté et en est même d'une certaine élégance dans sa simplicité brute de décoffrage  ; ou sinon d'élégance en tout cas d'honnêteté radicale. La droite veut, implicitement certes mais de manière très active et convaincue, fabriquer rien moins qu'un Homme Nouveau à l'instar des plus belles heures de l'enthousiasmant Tonton Joseph en Soviétie de la grande époque. Au moins ce dernier pouvait t-il prétexter "l'émancipation des masses" manière de cacher sa mise en esclavage de tous et de tout. Notre droite n'a même pas ces pudeurs et assume complètement de vouloir transformer les gens en bétail.

Et par pitié, qu'on arrête tout de suite de faire semblant de croire que la Droite Populaire n'est pas représentative du projet de société UMP et qu'il ne s'agirait là que d'un groupe braillard et isolé avec lequel les "républicains" n'auraient rien à voir : ces types sont en service commandé. On leur a donné le rôle des "méchants" de service pour permettre de la main droite de flatter la frange la plus réactionnaire et faisandée de l'électorat par trop tenté de voir du côté de l'original plutôt que de la copie, tout en se dédouanant de la main gauche en condamnant leurs "excès". La tactique est grossière, mais qui a dit qu'il fallait tout le temps être sophistiqué pour être efficace ? Et puis quand le coeur de cible est constitué des plus gros cons décérébrés de France et de Navarre, ceux qui hurlent contre l'immigration dans les commentaires du Figaro et se paluchent devant Fdesouche, vaut mieux faire simple et direct puisque seul le cerveau reptilien est actif  chez eux. 
Mais qu'on ne s'y trompe pas : si la Droite Populaire parle fort, c'est qu'elle y est autorisée et encouragée par Copé et Sarkozy. Dans un parti où la démocratie interne est un concept abstrait, si on voulait vraiment leur fermer la gueule ce serait fait depuis longtemps. Quelques menaces et quelques caresses, et tout le monde rentrerait sagement dans le rang : la droite a toujours aimé la docilité veule, ça fait partie de son ADN.

Elle nous veut donc :

Pauvres, et endettés jusqu'au trognon pour des générations ; parce que quand on est dans la hantise du déclassement, de la perte d'emploi et la survie, on a tendance à beaucoup moins réfléchir et on rouspéte considérablement moins face à l'arbitraire patronal.

Hétérosexuels, parce que tout ce qui sort ne serait-ce qu'un peu de ce modèle leur colle des angoisses morbides ; au passage, être homosexuel et de droite, c'est comme être employé et néolibéral : un sacré gros pigeon bien crédule qui soutient ceux qui le méprisent. Mais nous garderons notre compassion pour des gens qui le méritent vraiment.

Blancs, et franchouillard fier des ses racines et de son terroir. Pas tant une exaltation de la race blanche, qui est un projet politique conquérant pour justifier l'esclavage des pas-blancs - encore que...- mais le repli recroquevillé et frileux sur son "identité" de crétin bien souchien jusqu'au trou de balle qui flippe devant tout ce qui est différent de sa sous-existence de droitard névrosé.

Stupides, et malléables à souhait ; vautrés comme des porcs devant TF1 et M6, disposant des capacités d'esprit critique d'une méduse morte ou d'un Jeune Pop qui confond opinions politiques et crise de post-puberté, les idéaux-types citoyens de la droite gobent tout ce qu'on leur raconte et sont tellement incultes et dépolitisés qu'on leur fait faire ce qu'on veut. Le projet libéral-sécuritaire de la droite, c'est rendre con. Parce que tout simplement c'est le meilleur moyen de rester au pouvoir.

Soumis, parce que même rendre cons ne suffit pas ; il reste encore des esprits forts pas entièrement convaincus des bienfaits du libéralisme et qui rechignent à considérer l'immigré comme un ennemi intérieur. La paupérisation passée de rampante à galopante, la déculturation politique - on se dit "de gauche" sans savoir exactement ce que c'est - et les charges de CRS sont là pour les mettre au pas, sous le regard courroucé des imbéciles de droite qui ne comprennent pas qu'on refuse d'être aussi cons qu'eux.

Ensuite, on est en "démocratie", après tout. Libre à vous de vous reconnaître là dedans. Même si, bien entendu, admettre qu'on est une larve soumise fait un peu mal au cul et qu'on s'en défend en braillant à la "liberté" et ce genre de naïvetés.
Et aussi, il faut admettre que devenir un Bidochon est considérablement plus aisé : il suffit en somme...de ne rien faire, et de se laisser aller à ses pentes "naturelles", sans chercher à comprendre, sans réfléchir, en se faisant bercer par les JT et en acceptant les choses comme elles sont...

Je ne pourrai pas être de droite, décidément : c'est vraiment trop facile.


mardi 30 août 2011

Salauds de naz...heu de communi...heu...


"Des expériences menées par des scientifiques américains au Guatemala se sont traduites par 83 morts dans les années 1940. Les chercheurs avaient inoculé à 1300 cobayes humains la syphilis et la blennorragie. Une commission d'enquête américaine se penche sur les conséquences de ce drame.

Les expériences, qui ont eu lieu entre 1946 et 1948, étaient financées à l'époque par les Instituts nationaux américains de la santé. Elles visaient à déterminer si la pénicilline, dont on commençait à se servir, pouvait prévenir diverses maladies sexuellement transmissibles. Dans le cadre de ces recherches, des scientifiques américains ont sciemment inoculé, à leur insu, à la syphilis et la blennorragie à de nombreux cobayes humains. Plusieurs milliers de personnes auraient été directement ou indirectement concernées au Guatemala. Aujourd'hui, une commission américaine se penche sur ce drame et reconnaît les responsabilités des scientifiques américains".

(source)

Pour se détendre après tant d'effroi, un peu de musique par un artiste bien de chez nous.



Le libéral de gauche, ce clown triste

Ça y est : je viens enfin de trouver un intérêt aux lamentables primaires socialistes.
C'est qu'il m'a fallu chercher, vous savez. On admettra que ça n'a rien d'évident, d'autant que pour cela, on ne peut guère compter sur son entourage de gens normaux qui s'en foutent éperdument et avec grande raison. "Tu en penses quoi des primaires socialistes ?" "Heu...rien...heu...pourquoi ?...". Voyez quoi. Et la vérité m'oblige à préciser que même "chercher" est un peu fort, tant tout ce cirque me tourmente fort peu. D'autant qu'il est évident que je n'irais pas voter à ce ridicule bidule pour la bonne et simple raison que je ne vote pas "socialiste". Ils n'ont qu'à être de gauche.

Donc disais-je, il y a au moins un intérêt à cette primaire, où les gens sont appelés à voter pour leur apparatchik préféré. Mais lequel, hurlez-vous pantelant en fracassant vos claviers, lequel par Dieu et par tous ses saints ???
Celui de voter pour Aubry ?
Je déconne. Elle joue sur le sécuritaire et ce sont là des procédés qui la disqualifient d'emblée, entre autres choses.
Voter pour Hollande ?
Il est peut-être très rigolo en sketchs, mais bon, quand on passe son temps à courir après la droite pour prouver qu'on est "crédible", hein ? On s'est compris.
Montebourg ? Aucun intérêt.
Royal ? Excusez-moi je viens d'éclater de rire. Ce n'est pas gentil.

Alors quoi donc ???

On va voir "vraiment" ce que pèse Manuel Valls.
Mais si voyons, vous ne l'avez pas encore oublié : c'est ce type à tronche d'envieux chronique qui regarde le monde comme si il se disait "Pourquoi lui il a ça et pas moi alors que je suis mieux que lui d'abord ?". Voilà, lui. Le mec de droite qui se dit de gauche. Non, pas Moscovici, l'autre, à côté. Le petit. Mais c'est vrai que tous ces ex-strausskahniens se ressemblent terriblement.
On va donc voir combien de "gens", qui iront voter à cette primaire, apporteront leurs suffrages à Manuel Valls. Et on peut d’ores et déjà dire que ça va être très distrayant.
Parce qu'il va se prendre une branlée parfaitement monumentale.
Il n'est même pas un outsider : il en est au stade où il est derrière les outsiders. Ce n'est même pas qu'il subit une criante injustice en étant éclipsé par ses pairs, c'est que la vérité crue et nue va apparaître au grand jour : si il n'était pas sur un positionnement marketing de niche consistant à être de droite dans Rue89 comme Hugues Serraf qui nous a fait bien rire dans le P"S", il ne serait pas invité dans les médias. Et si il n'était pas invité dans les médias, il n'existerait pas...

Excusez-moi mais des "libéraux de gauche", combien de divisions ?
Même un NPA en chute libre a plus de militants et sympathisants que les anciens - ils vieillissent, mine de rien...- fan-boys blairistes que tout le monde désormais prend avec raison pour ce qu'ils sont : des clowns ridicules et pas drôles. Vous me direz : leurs egos respectifs étant inversement proportionnel à leur crédibilité politique, ils ne s'en émouvront pas. Et comme ils ne sont pas assez intelligents pour avoir conscience de leur ridicule - le libéral de gauche est intellectuellement très limité et d'un rare conformisme -, parions qu'ils sauront passer outre l'échec retentissant de leur poulain vallesque en soupirant sur cette pauvre France archaïque.
Les pathétiques blaireaux.
(Ne les plaignez pas trop quand même : ils n'adorent rien tant que poser aux martyrs incompris et plutôt que d'en tirer la conclusion logique que si tout le monde se fout de leur gueule c'est parce qu'ils sont des ânes bâtés, ils voient dans ces moqueries la preuve qu'ils ont raison seuls contre tous...le libéral de gauche, c'est d'abord un gros narcissisme catégorie attention whore même pas assez audacieux pour avoir des idées à lui).

Est-ce pour autant qu'ensuite nous pourrons pousser un soupir de soulagement en espérant être débarrassés de Manuel Valls ?
Tss tss. Vous connaissez mal le genre de bonhomme. Il en profitera pour revenir expliquer sa cuisante défaite partout et en tout temps avec d'autant plus de facilité que les journalistes adorent les gens qui sont aussi conformistes qu'eux.
Mais ne boudons pas notre plaisir : au moment des résultats de la primaire, il y aura bien une caméra qui zoomera sur la tronche ulcérée de Valls, et même, qui sait ? captera t'elle la subtile nuance de doute, le léger frémissement du mec qui vacille en se rendant compte qu'en fait il n'est rien. Du tout. Et que comme c'est cuit et re-cuit et carbonisé pour "l'ouverture" sarkozyste, il n'a aucun avenir politique nulle part.

La preuve, c'est qu'il n'était même pas une prise assez intéressante pour un gouvernement de droite.
On a presque de la peine pour lui, vous savez.


samedi 27 août 2011

Sous le sectarisme crispé, la plage

J'aurais bien aimé aller à Port-Leucate cette année.
L'idée de génie, c'était vraiment d'avoir déplacer l'Université d'été de la LCR d'un coin en montagne vers la mer. C'est tout de suite une autre atmosphère, plus "vacances", quoi. Et si on a pas envie de participer aux débats, parfois quelque peu abstrus, on prend sa serviette et direction la plage. Voyez l'idée, quoi.
Mais qu'est-ce que je foutrais à l'Université d'été d'un parti où je ne suis plus, franchement ?

Parallèlement, je vois que le P"S" fait son raout à la Rochelle, et en comparant les deux évènement, je vois un point commun, entre les deux : je me demande ce que ça fait d'être dans une formation politique qui va se ramasser en 2012 ? C'est sans doute le seul point commun entre les deux, mais il est de taille, on l'admettra.
Les socialos, à moins de ce qu'on ne peut que qualifier de miracle, n'ont absolument plus aucune chance de l'emporter en 2012, tellement ils sont grillés et décrédibilisés. C'est la droite qui fixe l'agenda politique et eux passent leur temps à courir après. Et puis les entendre décrire leur "projet", ça donne envie ? Est-ce que ça a seulement une once de souffle, ce truc ? Qui peut avoir envie de voter pour quelque chose d'aussi vide ? Question purement rhétorique.

Quant au NPA, son Université d'été sera une tribune de petits professeurs rouges qui passeront leur temps à tancer les "droitiers" et autres traîtres à la cause, tout ça pour justifier la bunkerisation de l'orga basée sur une analyse de fond politique qui me ferait dresser les cheveux sur la tête si il m'en restait encore. De ce point de vue, il n y a plus guère de différence de fond entre le NPA et LO : même millénarisme attentiste, même théorisation qu'il faut être prêts pour le réveil des masses qu'il faudra guider vers le Socialisme Triomphant, et désormais même vision du militantisme comme sacrifice de soi au service de la Révolution Permanente. Les différences avec Lutte Ouvrière étant qu'on a la possibilité de se bourrer la gueule, et que si à LO ils y croient dur comme fer, la moitié des personnes qui vous sortent ces théorisations débiles au NPA n'y croient même pas elles-mêmes. 
Et dans les deux cas de figures, que Poutou parvienne à obtenir les signatures de maires ou pas, 2012 sera un tel désastre que ça n'aboutira qu'à encore plus de repli, de fuite de militants et de théorisations sur du vide.

Bref.

Mes pensées vont aux téméraires qui restent malgré tout (pour le moment : quand l'actuelle majo décidera de traquer les déviants en interne, ce qui à mon avis ne saurait tarder, la nécessité de sauvegarder sa santé mentale saura prévaloir) et saluons au passage l'initiative mauvais esprit de deux joyeux lurons que je recrute d'emblée et de force pour l'après CSP. Keep up, bros et vous me raconterez, hein. Avec les détails. 




vendredi 26 août 2011

Pour en finir avec la consolation culturelle

Au milieu des médiocres nouvelles de cette rentrée - et c'est là qu'on voit qu'on est dans un pays de droite : c'est même pas encore Septembre que c'est déjà la rentrée et qu'il faut travailler plus pour gagner rien - il y a quand même une nouvelle un peu réjouissante : Bernard Lenoir prend enfin sa retraite. Si vous voyez ce matin certains de vos collègues dans la tranche fin de trentaine pétulante/quarantaine sémillante l'expression vide et la mine défaite, avec des cernes et les yeux rouges d'avoir pleuré toute la nuit, c'est à cause de ça. Quand moi je suis rose et frais comme un gardon, un sourire d'enfant aux lèvres.

Évoquer Bernard Lenoir, c'est pour moi comme goûter une madeleine moisie : ça me replonge immédiatement dans la période lycée dont je garde le souvenir le plus ingrat qui soit. Je me suis ennuyé comme rarement à cette période, et j'étais bien trop complexé pour draguer des meufs et mettre ma langue dans leurs bouches. Autant dire que cette forme d'exclusion sociale dans cette société en réduction était assez pénible, et aussi elle se redoublait d'une tare affreuse et stigmatisante : je n'écoutais pas Bernard Lenoir. Parce que la musique qu'il programmait me faisant chier au delà des mots.
Même encore maintenant, franchement, Joy Division me semble être un groupe assez sympathique mais totalement surfait, dont il est probable que plus personne ne l'écouterait aujourd'hui si son chanteur n'avait eu le bon goût d'assumer sa dépression et de se pendre dans sa cuisine. Au passage, un modèle de vie pour tous les pénibles qui se répandent dans la réacosphère et pleurent sans trêve ni repos que c'était mieux "avant" : guys, vous avez là le moyen sinon de laisser une oeuvre - votre totale absence de talent rendant cette sotte prétention impossible à atteindre - du moins de partir en martyrs. Un tabouret, une corde, une lettre déchirante expliquant votre incapacité à continuer de souffrir en Frankistan et la postérité est enfin à vous. La gloire vous tend enfin les bras mes amis, n'hésitez plus. 
Et si vous hésitez au passage à l'acte, il suffira pour vous décidez d'écouter en entier un album de Björk

Björk.
Sans déconner.
Si il y a bien quelque chose qu'il faut reprocher à Lenoir et à son alliance funeste avec les Inrockuptibles - que les petits cons abonnés appelaient déjà "lézinroc" à l'époque, c'est d'avoir sorti l'islandaise hystéro-alcoolique de son anonymat. Même encore à présent, rien que de l'écouter c'est comme une craie qui crisse sur un tableau ou une chatte en chaleur braillant son urgentissime besoin de se faire saillir : ça donne envie des défenestrer des gens. Et si il n y avait qu'elle...

Lenoir/lézinroc ont fabriqué deux générations de petits bourgeois intellectualisants, snobs dès 15 ans et pontifiants sur ce qu'il était de bon goût ou pas d'écouter, de lire ou de voir. Quitte à changer d'avis 2 mois plus tard en fonction des injonctions de leurs gourous, ce genre de bobos ayant toujours été d'un conformisme et d'une obéissance à donner envie à une junte birmane. C'est d'ailleurs pour ça que j'en tiens spécialement rigueur à Lenoir : même pas à lui en tant que tel puisqu'il avait l'air assez sympathique comme bonhomme, mais d'avoir formé des milliers d'arbitres des élégances culturelles moulés comme des petits suisses, avec les mêmes tics, les mêmes pulsions consuméristes, les mêmes Iphones, les mêmes goûts "indés", le même élitisme en carton. Vous en avez forcément autour de vous et moi aussi, et qui savent parfaitement que c'est vraiment pas la peine de me prendre la tête avec leur bouillie popisante. Jusqu'à ce garçon, adorable par ailleurs et que je tiens en grande estime, qui était pourtant jusqu'à oser m'affirmer sans ciller que les Pixies c'était quand même bien mieux que Nine Inch Nails...
NON MAIS ON VA OÙ LÀ ???
Et on s'étonne après que des gens décompensent en massacrant au hasard, quoi.

Ah oui : et ils sont tous "de gôche", évidemment. 
Mais en règle générale, du calme : on parle là d'une gentille gogoche très trèèèèèès raisonnable, socialo-compatible et qui pense que le libéralisme c'est pas bien et pas très mignon mais on va quand même pas devenir d'extrême-gauche quoi paske sinon l'Apple Store va fermer et ça tu vois, c'est JUSTE pas possible quoi.

Bref.
N'épiloguons pas. 
Bernard Lenoir est à la retraite, et peut-être qu'avec un peu de chance lézinroc seront bientôt en cessation de paiement. Une fois qu'on se sera aussi débarrassés de Télérama, ce sera un pan entier du snobisme culturel de ce pays qui s'effondrera dans les larmes, et ce sera la chose du monde la meilleure ou peu s'en faut.
Parce qu'on ne m'ôtera pas de l'idée que ce qu'on pourrait définir comme la grande "consolation culturelle" ne fait pas peu, finalement, pour décourager les forces vives du progrès. Je m'explique :
La droite a tous les pouvoirs ?
Les même économistes néolibéraux passent en boucle partout depuis 30 ans ?
La domination possède les banques, les assurances et les conseils d'administration ?
Les partis de gauche sont en dessous de tout ?
La luttes de classe est de plus en plus âpre et cruelle dans le mauvais sens ?
La régression est générale à tous les niveaux ?

Bonbin on a quand même la Culture pour se "consoler"...

 Et c'est vrai que quand tout s'écroule, on a toujours la possibilité de se cultiver en allant des voir des films danois et en achetant des CD de groupes sans intérêt : on se console, quoi. Et c'est bel et bien à ça que sert la Culture pour des pans entiers du peuple de gauche : un objet transitionnel qu'on serre très fort contre soi en suçant son pouce. La culture n'est plus ce qui permet de s'émanciper individuellement et collectivement, elle permet d'être à la fois hochet consumériste - dame, c'est qu'il y a des industries du divertissement à faire tourner, n'est-ce pas - et baume apaisant : ça ne guérit pas la douleur, mais ça fait un peu du bien...

Alors au lieu de gueuler paske CSP il est méchant et il aime rien ni personne, interrogez-vous plutôt à quoi vous "sert" la culture.
À vous créer les moyens conceptuels concrets du progressisme ?
Ou à vous rassurer et à vous consoler dans un monde trop méchant ?


jeudi 25 août 2011

mercredi 24 août 2011

I sleep with both eyes open

Je lis la correspondance de Hunter S. Thompson en ce moment. Un best-of de lettres qu'il a envoyé au monde entier ou peu s'en faut sur une période de plus de 30 années, et dans lesquelles ils se montre d'une assez stupéfiante faconde dans l'art d'insulter son prochain. Un capitaine Haddock en beaucoup plus grossier et avec encore plus d'imagination, si vous voyez.
Celle qui me plaît le plus, entre tellement d'autres, celle pour laquelle j'ai définitivement une préférence, c'est "enculeurs de porcs". C'est truculent, c'est imagé, ça rend le mieux du monde comment on considère la personne à laquelle on l'adresse et c'est d'une telle vulgarité que ça en devient de l'art. J'aime vraiment beaucoup.
Ça tombe bien : "enculeurs de porcs", c'est immédiatement ce qui me vient en premier à l'esprit quand je vois les réactions de la caste politico-journalistique qui est en train de transformer Dominique Strauss-Kahn en martyr.

J'ai beau chercher, je ne trouve rien qui les qualifie mieux.

Dès la nouvelle de l'abandon des charges, c'était couru d'avance : on allait voir le défilé sur tous les plateaux, dans toutes les radios, dans tous les journaux. Toutes et tous pour clamer leur "soulagement" et leur "joie" que leur "Dominique" était enfin lavé de l'outrage et qu'il allait pouvoir revenir, en faisant mine d'oublier qu'en aucun cas il n'était blanchi de toute accusation mais ici c'est la victoire symbolique qui compte. Et au niveau du symbole, cette unanimité de solidarité de classe et de caste - mêmes écoles, mêmes promos, mêmes intérêts -  en laisse au moins un qui va peser très lourd.

Si vous avez la malchance de subir un "comportement déplacé" de la part d'un type a la libido envahissante, faite bien attention avant de porter plainte de vous demander deux choses :
- Avez-vous été particulièrement irréprochable tout au long de toute votre vie ? Car pour être crédible désormais, être une sainte au delà de tout soupçon même minime sera indispensable. Et encore : les preuves de vos turpitudes, on peut les inventer si besoin est.
- Assurez vous que le personnage "déplacé" qui vous occasionne des hématomes dans les parties génitales n'est pas quelqu'un de riche et puissant disposant d'un réseau dans les médias et pouvant se payer les meilleurs avocats et les conseils d'agences de communication. Faites vous "déplacer" par un pauvre, quoi. Ça n'empêchera pas qu'on vous traite de pute qui l'a bien cherché, mais vous ne ferez pas la une de la presse mondiale. Sinon, c'est bien simple : votre vagin n'aura plus de secrets pour absolument personne...

Voilà en somme le message que cette affaire adresse aux femmes. Enfin, "les femmes" : les non-riches, quoi. Ces dernières, elles, confrontées aux mêmes situations, trouveront toujours moyen de se faire entendre. Ou pas, puisque ce genre de choses peut parfaitement se régler dans l'entre-soi feutré des gens très bien élevés qui connaissent l'importance des apparences.

Et encore le pire est à venir : l'entreprise de transfiguration de DSK en Martyr est en marche, stratégie certainement planifiée depuis longtemps et qui va tourner à plein régime dans les mois qui viennent. Ce qui se passe vous écoeure au delà des mots ? Réservez-en encore parce que vous n'avez pas fini. La haine de classe de la bourgeoisie envers quiconque ose exprimer le moindre doute les concernant va couler comme des rivières de merde, et elle sera encouragée par les meutes de roquets à l'échine pliée qui séviront partout et en tout lieux.
Et les "socialistes" ne seront pas les derniers à se commettre dans cette fange.

On pourrait penser que les apparatchiks se sont encore "déshonorés" à cette occasion ; mais ça serait penser qu'ils avaient déjà la moindre probité auparavant. Dans la même journée, ils auront réussi à vigoureusement féliciter Sarkozy  pour l'intervention en Libye, en faisant semblant d'oublier que contrairement à ce que pensent les imbéciles personne n'est là bas pour la démocratie mais pour faire main basse sur le pétrole, et à exprimer leur contentement de voir un des "leurs" se sortir d'une bien sordide histoire...
Ils feront une autre tête quand DSK va revenir pour de bon : grâce à lui, les dernières - et déjà fort improbables... - chance que la P"S" l'emporte en 2012 viennent de s'envoler.

Personne ne semble remarquer que l'UMP, pourtant jamais dernière à aboyer au moindre prétexte, se tient singulièrement coite ces jours-ci : pourtant, quoi de plus logique ? Les grandes victoires savent parfois se savourer en silence...Eux comprennent, et très bien, que DSK mal blanchi et de retour dans le giron socialiste va les éliminer de la course pour de bon, sans compter les réactions en interne. Il est douteux que tous les militants socialos de base soient complètement enchantés de ce qui se passe, et surtout les femmes...
Il est même probable que l'avalage de couleuvres trouve ici sa limite pour beaucoup d'entre elles. Et de toutes façons, ce sera la discorde et les luttes intestines dans un parti trop fractionné pour envisager une campagne efficace, au sein d'un parti complètement décrédibilisé dans absolument tous les domaines.

Et pour finir en beauté, une remarque : ni Aubry, ni Guigou, ni Royal, ni Hollande, ni Le Guen, Ni Moscovici; ni...n'ont eu un mot, pas un seul mot, pour Nafissatou Diallo. Ni en bien. Ni en mal non plus. Elle a été complètement nettoyée de leur conscience. Pour eux, a t-elle même seulement existé en tant qu'être humain ? Ou dès le départ n'a t-elle été vue que comme un obstacle incongru et une source d'emmerdements pour leurs intérêts ?
Je n'ai pas de réponse à cette question.
Je me contente de constater que cette absence dans le discours, probablement même inconsciente, en dit le plus long du monde sur cette gauche là.


mardi 23 août 2011

3 films d'extrême-droite

Continuons sur notre lancée et de toute façon c'est ça ou parler du fait que quand on est blanc et riche, on a parfaitement le droit de violenter les pauvres bronzées sous les applaudissements de la caste politico-journalistique. Je m'occuperai plus tard de ce ramassis d'enculeurs de porcs, rassurez-vous.

Trouver des films de gauche pas chiants était une gageure que j'ai évidemment surmonté avec cette stupéfiante vista qui n'appartient qu'à moi. En revanche, trouver des films d'extrême-droite n'est pas si compliqué que ça. C'est-à-dire des films qui reprennent les thématiques réactionnaires, paranoïdes et xénophobes de ce courant, et qui exaltent la violence comme réponse universelle à tous les problèmes d'ici-bas.
Vu qu'il y en a qui sont quand même trop faciles et évidents, on ne commentera pas ici les plus typiques, genre Conan le barbare ou 300 ; si voir des body-buildés en slip met fafounet dans tous ses états - fafounet cache derrière ses mâles discours une furieuse envie refoulée de se faire démonter la rondelle par les surhommes qu'il vénère, le petit coquin -, on choisira plutôt de taper dans des registres moins grossiers mais pas moins explicite pour autant.

Harry Brown
de Daniel Barber (2009)

Harry, c'est un papy tout frileux et pas méchant, qui vit dans une téci bien pourrie du côté de Londres. Il voit tout foutre le camp autour de lui, des hordes sauvageonnes propagent de l'ultra-violence évidemment en toute impunité, l'Occident sombre dans le chaos, mais lui vu qu'il est un peu occupé à pleurer sa femmes décédée, il veut pas d'ennuis. Jusqu'au jour où son seul pote se fait - lâchement, il va sans dire - assassiner par des voyous sans foi ni loi ni patrie, et là, Harry va se souvenir qu'il a été marine et ça va chier pour leur gueule.
Alignant tous les poncifs du vigilante movie dans un scénario basique à faire chialer Eric Zemmour, Harry Brown est tout de même un cran nettement au-dessus de la production habituelle du genre. D'abord par une réalisation bien nerveuse et une photo qui rend physiquement l’atmosphère oppressante et la glauquerie du monde de Harry - la scène chez les junkies est assez incroyable de ce point de vue : on en est à presque sentir les odeurs...-, et bien sûr grâce à un Michael Caine comme toujours souverain, qui interprète Harry avec sobriété et intensité. Et là, tu te demande comment on peut être les deux à la fois mais c'est là où on voit les grands acteurs : ils peuvent être sobres ET intenses à la fois. Ben ouais.
Mais autant son personnage est abordé avec nuances et sensibilité, autant les voyous sont chargés comme des mulets : c'est simple, ce ne sont plus des êtres humains, et à peine des animaux. À ce stade de brutalité et de sadisme gratuit, ils sont littéralement le Mal qu'il va falloir purifier par un feu rédempteur, et comme on est dans un film d'extrême-droite on en profite pour se débarrasser du contexte et autres raisons politiques qui font bobo à la tête. Ne reste plus que le nettoyage par le vide dans une violence cathartique et sérieux, c'est tellement des barbares que quelque part c'est leur rendre service. Et à la fin, Harry, still standing, peut enfin se balader dans des rues propres et apaisées. C'est bouleversant.



I spit on your grave
de Steven R. Monroe (2010)

Jennifer est jeune, jolie, gentille et douce comme le lilas. Elle est écrivaine et donc forcément très cultivée, et vit en ville dans la vraie civilisation gentille avec que des gens d'une exquise urbanité. Là, elle s'est trouvée un petit coin de campagne trop mignon et hyper loin de tout pour réfléchir à son prochain livre, et elle est toute contente de s'installer dans un chalet bien isolé du reste du monde où zut alors son portable passe pas mais c'est pas grave parce que ça lui permet de se détendre en bikini. Jennifer est aussi super bien gaulée, il va sans dire. Mais elle est innocente au point que son caca doit sentir le jasmin. C'est curieux quand même que ses voisins la regardent aussi bizarrement...
Ici, combo-win de deux thématiques de films de genre à la fois : le rape & revenge et le torture-porn. Parce que bien entendu, Jennifer va se faire agresser, violenter, violer en tournante, tabasser la tronche et laissée pour morte par des rednecks du cru parfaitement dégénérés et sadiques, et qui sont tellement infra-humains que non, il n y a rien à racheter chez eux et qu'ils méritent de mourir comme des chiens. Ça tombe bien, Jennifer revient d'entre les morts - c'est pas explicite comme ça mais un peu suggéré quand même, vu la tête qu'elle a à ce moment - et va s'employer à les éliminer un à un dans des apothéoses de violence et de créativité. Et de fait, ils vont prendre très très cher, les mecs.
Face à la violence, la violence est la seule réponse, point barre. L'innocence naïve profanée par la bestialité qui rachète la souillure dans la férocité purificatrice, un mal pour un bien supérieur, l'auto-défense et la loi de Lynch  pas seulement légitimes mais seules et uniques solutions, c'est dur mais il faut en passer par là, tous les processus de justification d'une vengeance sans freins sont alignés dans l'ordre. Ou le fantasme de fafounet qui rêve de "faire justice lui-même" et trouve là un bon gros défouloir pour le faire tripper sur tous ces méchants qui lui font du mal mais un jour, ah ah, un jour...



Tropa de elite 2
de José Padilha (2010)

Le Brésil, c'est la guerre. La vraie, avec des types armés jusqu'au dents d'armes automatiques, des rues dévastées, des cris, des passants innocents, des trafics, des soldats qui courent, que si ils parlaient pas tous en tapioca tu croirais que c'est Beyrouth dans les 80's, dis. Et comme c'est la guerre, il faut des hommes pour la faire. Des vrais, pas des tapettes gauchistes. Des men in black au visage dur et au regard d'acier plus badass que ça tu meurs, armés, entraînés, que quand y en a un qui regarde Joey Starr dans les yeux il chiale comme un bébé, bref : le dernier rempart de l'Ordre contre la déferlante de la barbarie dans nos murs : le BOPE (Batalhão de Operações Policiais Especiais) qui est l'équivalent du RAID ici. Et ils ont intérêt à avoir des couilles comme des melons d'eau, les mecs, parce que non seulement ils doivent affronter les gangs de favélas plus tarés que des Talibans sous LSD, mais aussi la corruption des politiciens et les pédés droidlhommistes qui les empêche de mener à bien leur mission. 
Là, on est confronté à un objet filmique proprement mutant, puisque ça commence comme un film d'extrême-droite - le premier 1/4 d'heure est l'alignement de TOUS les poncifs : les flic militaires incorruptibles contre les membres de gangs animalisés, le prof gauchiste qui prend fait et cause pour les méchants (et qui baise la femme du héros en plus, le fieffé bâtard sans morale), les politiciens cyniques et corrompus etc. - et qui à la fin vire quasi au film de gauche, avec prise de conscience que le problème de la violence est d'abord social et que la police ne peut pas répondre à tout...
C'est assez déroutant.
D'autant plus que cette transition est amenée par l'évolution du personnage principal, chef du BOPE et gros facho de base, mis au placard à la suite d'une bavure dans une prison et qui se rend compte que des policiers corrompu et des politiciens ont pris le contrôle des quartiers et s'enrichissent dessus. Portrait d'un pays en proie à une violence endémique, cru et brutal, nerveux bien comme il faut, Tropa de elite 2 est un film d'action politique qui si il ne pousse pas sa réflexion jusqu'au bout tranche nettement par son propos radical. Le plus intéressant des trois, définitivement.


Alors je vous chercherais bien des films centristes, pendant qu'on y est, mais franchement ? À quoi bon, mh ?


lundi 22 août 2011

Trois films de gauche

(tagué par Seb Musset, je m'incline et obtempère. Un peu à ma façon ceci dit).

Trouver des films de droite, c'est trop facile. Rien que l'intégralité de la production du gros Luc Besson peut être qualifiée ainsi, au vu du niveau de beauferie qui s'y étale complaisamment par couches épaisses et grasses et dégoulinantes. Ne parlons même pas des blockbusters hollywoodiens, pour ainsi dire tous Républicain US au niveau idéologique, le parangon ultime de la chose étant bien évidemment Michael Bay dont on a commenté récemment le dernier chef d'oeuvre.

Mais des films de gauche ?
Et attention mesdames et messieurs : car tant qu'à faire, quand on se lance dans ce genre d'exercice autant placer la barre très haut : des films de gauche pas chiants ???...

Parce que c'est quand même souvent très très chiant, le film de gauche, hein.
Je ne vous parle même pas des bousasses de bobos parisianistes sur les états d'âmes de chargés de TD d'Université amoureux d'une prof de piano, parce que ce sont des films de droite vu le segment de population auxquels ils s'intéressent : la bourgeoisie éduquée qui est très déçue de ne plus pouvoir voter DSK.
Je ne vous parle pas non plus des films "engagés" complètement déprimants et qui finissent systématiquement mal, filmés en couleurs tristes pour bien coller à la "réalité" et que personne ne va voir pour la simple et bonne raison que la réalité, précisément, on la prend en pleine poire tous les jours et que personne n'est assez maso pour en payer la représentation en encore pire au cinéma (à part les gens abonnés à Télérama mais franchement, sont-ce là des gens vraiment normaux ? hein ?).

Lé défi que je me suis lancé est autrement plus échevelé : trouver 3 films aux thématiques de gauche et distrayants voire même, ô sacrilège, spectaculaires...avé des explosions et de la bagarre et des poursuites en voiture et tout. 
Mais entre nous : qui d'autre que CSP pouvait relever le gant ?

Children of men
de Alfonso Cuaron (2006)

Dans un futur pas vraiment futur mais à peine, il n y a plus de naissances. Du tout. La population voit avec angoisse le monde vieillir et c'est d'autant plus oppressant qu'en Angleterre où se passe l'action, on est un peu sous une dictature. Genre avec beaucoup de surveillance, beaucoup de policiers en Robocop partout, et qui n'aime pas les étrangers surtout bronzés. Non, ce n'est pas la station de Métro Les Halles-Châtelet, c'est un film, suivez un peu, quoi. Or, un mouvement de résistance a trouvé une femme qui est...enceinte. LA première femme enceinte depuis des années et des années. Autant dire que Clive Owen va devoir faire des pieds et des mains pour lui trouver une clinique un peu convenable.
Décrivant le stade à peine au dessus de la bunkerisation occidentale qu'on est en train de vivre, Children of men est non seulement une réflexion assez nuancée ma foi sur des thèmes on ne peut plus politiques - immigration, natalité, sécuritaire et cynisme des dominants - mais en plus un sacré actionner qui envoie du gros dans au moins deux plans séquences qui scotchent comme rarement vu auparavant. En plus petits veinards, il passe ce soir sur France 2. En VF, certes, mais ce monde est merdique, que voulez-vous.




Bronson
de Nicolas Winding Refn (2009)

Un beau jour de 1974, en Angleterre encore décidément, Michael Peterson 19 ans braque un bureau de poste avec un canon scié sans trop savoir ce qu'il fait. 7 ans de taule dans sa gueule. Il n'en sortira qu'une seule fois depuis et y retournera encore plus vite. À ce jour, il est toujours emprisonné et à passé 30 années en isolement. Il a pris pour surnom "Charles Bronson" et refuse qu'on l'appelle autrement. C'est le détenu "le plus dangereux du Royaume-Uni".
Saga épique d'un personnage hors du commun, Bronson est à ne pas mettre entre toutes les mains : violent, brutal, jouissant de sa propre démence auto-destructrice, le film est à l'image de son sujet, interprété par un Tom Hardy halluciné et habité que c'est une honte qu'il n'ait pas reçu un prix pour ça bordel. Si vous êtes amateur de films de prison avec émeutes et coups de lattes dans les matons, vous serez archi-servis ; mais vous en profiterez aussi pour vous demander comment aurait viré ce type si l'horreur carcérale ne l'avait pas obligé à devenir "Bronson". Je refuse d'adresser la parole a quiconque n'a pas vu et vénéré ce chef-d'oeuvre.



Teeth
de Mitchell Lichtenstein (2008)

Dawn, dès qu'elle ouvre la bouche, tu as envie de lui mettre un coup de boule. Lycéenne chrétienne fondamentaliste, elle milite pour l'abstinence avant le mariage et fait des tournées dans les écoles pour promouvoir ses idées à la con. Elle-même commençant à être un peu tourneboulée par sa libido adolescente, elle va découvrir que les relations avec le sexe opposé ne vont pas être de tout repos. Vu qu'elle a des dents dans le vagin...
Alors, quand on est un homme biologiquement équipé si j'ose dire, la vison du film peut à certains moments être...douloureuse, disons. Dawn en butte à l'agressivité sexuelles des mâles de son entourage et convoitée du fait de sa virginité a un moyen d'éconduire les goujats assez radicale, et même quand ce sont tout de même d'assez parfait connards, on ressent, masculiniquement parlant, une assez profonde compassion pour leur sort...
Touchant là où ça fait vraiment mal (*ouille*), Teeth est la plus jubilatoire réflexion sur les rôles sexués, la place du sexe en Amérique et le délire "born again" qui en frappe des pans entiers : un film authentiquement féministe qui est aussi l'apprentissage d'un devenir-femme dans un monde machiste. La dernière scène voit Dawn parfaitement consciente de ce qu'elle est et décide de l'assumer complètement.



Comme quoi n'est-ce pas, on est pas non plus obligé de se fader du Ken Loach.

Encore une grande victoire pour la Démocratie


dimanche 21 août 2011

Quand les fachos fascinent les bobos

Pour les bobos journalistes parisiens, les fafs, c'était mieux avant.
C'était mieux parce qu'ils pensaient savoir à peu près à quoi ça ressemblait et quand fils ou fifille à papa sortait de son CFJ où on lui a soigneusement appris à dé-penser et à s'abstenir de toute réflexion construite sur le monde qui l'entoure, grandement aidé en cela il est vrai par sa complète absence d'une vraie densité de vécu forgée face aux rugosités de la vie, ainsi que par sa prodigieuse inculture politique qui le fait se dire vaguement "de gôche" sans rien comprendre à ce que ça signifie et le fait pester devant le moindre retard de son RER. Partant, autant dire que le phénomène "extrême-droite", c'est quelque chose d'à la fois effrayant et totalement inconnu, surtout quand on a pas de grille d'analyse pour démystifier. Ensuite, dans la vie il y a des priorités, n'est-ce pas : soit on comprend quelque chose à la lutte des classes ce qui est la seule manière d'aborder intellectuellement l'ED, soit on s'achète un Ipad. Et comment il fait, sinon, bobo journaliste parisien pour frimer dans son sushi-bar préféré, hein ?

Or ces derniers temps, journaliste bobo parisien commence à s'aviser que "facho" n'entre plus guère dans ses confortables cases où il s'tait contenté de le remiser ; avec Marine Le Pen, il voit une ED liftée qui cause plus pareil qu'avant et a remplacé le groin provocateur par le brushing souriant, et avec l'attentat d'Oslo commis par le terroriste islamophobe Breivik, il tombe encore plus des nues parce que le mec il a l'air normal...
C'est à ne plus rien y comprendre et Journaliste Bobo - qu'on va appeler Jean-Baptiste pour plus de commodité et parce que ça lui sied fort bien je trouve - de décider d'aller à la rencontre de ces Novofachos pour y regarder de plus près. Brr, quel frisson délicieux ça va lui procurer de se frotter à des méchants, il en twitte d'excitation.

D'où il y a quelques jours de cela cet article de Slate sur Fdesouche, se vautrant dans une telle complaisance fascinée pour son objet d'étude au point de véritablement le dédouaner de toute responsabilité dans l'entretien du climat de xénophobie ambiante, et poussant même l'indigence jusqu'à carrément exprimer que finalement, c'était pas "si" grave que ça comme site ; il faut dire que pour bobo parisien journaliste, c'est tellement "exotique" comme aventure, d'aller sur Fdesouche, ça le change tellement des Inrocks - seul référence politico-culturelle de son biotope naturel, c'est dire si le niveau est en dessous de la mer - que ça en devient une expérience limite troublante qui donne un délicieux frisson de transgression, hou...

D'où également ce portrait de fafounet a minivagues où Jean-Baptiste - ou Jeanne-Baptiste en l’occurrence - vous à dégoté une de ces trouvailles je ne vous dis que ça : le fasciste bogoss. Émoi et trouble : pas de lacets blancs, pas de tatouages avec des croix tordues, et surtout il a lu des livres, dis donc. Des vrais que même le titre tu le comprend pas. Et de s'ensuivre un portrait anodin, un poil condescendant mais poli parce qu'on est en démocratie et que tous les gens ben ils peuvent exprimer leurs idées, quoi, tu'ois, où on laisse bogoss faf déblatérer ses poncifs de petit connard sans lui rentrer dedans, en se laissant aller encore délicieusement à ce frisson de l'interdit qui fait se dire : rhooo, toutes ces vilaines idées sous ce mignon visage, quand même hein, ça fait peur...(frisson ambivalent de fascination un peu révulsée mais pas trop).

Et à part ça, cet article ?
Le vide, tout simplement.
Zéro analyse, zéro volonté d'aller plus avant que le descriptif neutre, bogoss facho est tout simplement présenté comme un militant politique comme un autre, plus "cool" et "sympa" même que le d'jeunz gauchiste à keffieh qui martèle des éléments de langage en plomb et qui est trop prise de tête tu'ois, sans même la volonté de le bousculer ne serait-ce qu'un tout petit peu, par exemple en lui faisant remarquer que ô coïncidence il défend les mêmes idées que professe un norvégien mass-murderer : il aurait pourtant été quelque peu intéressant de le pousser un petit peu pour entendre ses réponses à coup sûr ébourrifantes.

Vous allez voir que ce sont exactement les mêmes, dans les mêmes rédactions, les mêmes Jean-Baptistes qui vont se rouler par terre en gémissant quand Marine Le Pen sera au premier tour en 2012.
Et prodige : sans le moins du monde faire le lien entre leur fascination complaisante qui les pousse en toute irresponsabilité à trouver des excuses aux fachos et à leur offrir des tribunes "objectives" qui contribuent encore à la banalisation de leur discours.

Gageons également que si Jean-Baptiste tombe sur ce billet, il secouera la tête pour remettre sa mèche en place et s'affirmera farouche partisan d'une complète liberté d'expression, quoi tu 'ois.
On vit décidément une époque déconcertante où les moutons interviewent avec des trésors de délicatesse ceux qui rêvent de les équarrir.




vendredi 19 août 2011

Leur liberté et la nôtre

Il n'est aucune saloperie aujourd'hui qui ne se commette au nom de la "liberté".
La preuve, c'est qu'en pseudo-démocratie capitaliste, tout un chacun est - et surtout doit, n'est-ce pas ? - s'ébrouer dans la "liberté". Jusqu'au pédocriminel qui est parfaitement "libre" de se branler devant des photos de gamines de 8 ans maquillées comme des putes, ou les automobilistes poujadistes qui hurlent contre les radars au nom de leur "liberté" de rouler n'importe comment et crasher la bagnole d'en face. Sans même parler de la "liberté" la plus fondamentale qui soit en pseudo-démocratie capitaliste, l'exigence de "liberté" dont découle tous les autres caprices, celle des marchés qui de ce point de vue sont définitivement les seuls acteurs vraiment libérés de toute contrainte, limite et bienséance, dame : c'est cela ou la Corée Du Nord, pas vrai ?

La vérité, c'est que la société occidentale toute entière crève de cette "liberté" pendant que les sociétés des pays du Sud sont écrasées par des tyrannies rétrogrades et des plans d'ajustements structurels. Il n y a pas de liberté dans un monde capitaliste, il n y a que la possibilité d'être salarié consommateur au Nord et esclave au Sud. Le statut du Nord étant un peu plus attrayant que celui du Sud, les habitants de celui-ci font des pieds et des mains pour y parvenir, y compris en faisant tomber leurs dictateurs ; mais comme malheureusement pour eux ils sont dans la catégorie de population humaine excédentaire et qu'ils n'offrent pas de débouchés économiques suffisamment intéressants, le Nord au mieux les encourage  du bout des lèvres en préférant faire des guerres ruineuses dans les pays aux sous-sols prolifiques, au pire en les laissant crever de famine et/ou en leur maintenant la tête sous l'eau grâce à leurs dettes éternelles.

Et tout le monde en Occident quand on contemple ce désastre de pousser un soupir de soulagement : "OUF : Nous au moins on est LIBRES".
Ouais, mec. On est même GRAVE libres.
On est libres de consommer des merdes inutiles.
On est libres de bouffer de l'idéologie manageriale en s'effondrant le cerveau devant la téloche (Masterchef, ou l'apologie boursouflée jusqu'au gavage du Travailler plus pour gagner pareil voir moins).
On est libres de voir Elie Cohen, décidément seul et unique économiste de France et de Navarre puisqu'invité à s'exprimer partout, en tout temps et en tous lieux pour exposer que ah la la ma pov' Lucette les temps ils sont durs allez et qu'il va falloir se serrer la ceinture et c'est bien du malheur et on a pas le choix. Mais on est libres aussi d'avoir droit à un peu de changement parfois, quand c'est Michel Godet qui est invité pour dire exactement les mêmes choses.

On est libres de s'exprimer. Les commentaires des journaux en ligne en sont même devenues les plus dégénérées des agoras, et la "liberté" de commenter l'actualité n'est qu'un trollage permanent squatté par les militants UMPFN qui martèlent en boucle les mêmes poncifs ringards et hystériques.
Et encore se plaignent-ils de la "censure", insupportable puisque bien-pensante, ces parasites, et citent évidemment les Etats-Unis comme paradis fantasmé de la liberté d'expression "absolue".
Les USA : société la plus violente et la plus inégalitaire du monde occidentale. Et il y a un lien de cause à effet : le verbe prépare le passage à l'acte. La liberté d'expression DOIT être encadrée, et ceux qui pensent le contraire sont soit des naïfs qui vivent au pays des bisous, soit des connards larmoyants qui déplorent surtout de ne pouvoir étaler leur racisme de beaufs de comptoirs défoncés au rosé tiède. 
On est libres de voter, la grandiose affaire. Pour un ou une candidate qui nous promet soit de la rigueur et du néolibéralisme, soit du néolibéralisme et de la rigueur : choix déchirant, proprement cornélien, et tous les ahuris de s'arracher les cheveux en gémissant sur l'abstention.

On est même tellement libres qu'on va revendiquer tout et absolument n'importe quoi puisque la moindre contrainte et la moindre limitation de cette si chère "liberté" est vécue comme une offense, une agression envers sa si unique et tellement exceptionnelle identité qu'on a déjà tellement de mal à tenir cohérente, la méchante vérité est qu'on en devient complètement paumés et à la ramasse d'à force de cette soi-disant "liberté" schizoïde où tout devient flou et mou et relatif et au final pas si grave puisqu'on a le droit. Fantasmer sur des enfants ? Mais on est "libres" de le faire, voyons. S'endetter pour s'acheter un écran plat 60 pouces quand on est en dessous du SMIC ? Mais on est "libres de le faire aussi. Décréter que l'immigration est une invasion visant à la disparition de la race blanche ? On est tellement "libre" de le dire que si on est un peu malin on pourra être payé pour ça. 

Excusez-moi mais c'est ça, la "liberté" ?

Parce que ça ressemble davantage à une dictature du conformisme mou et complètement dépolitisé qui, ô coïncidence comme ça tombe bien, est précisément le parfait état d'esprit collectif pour ne réagir à rien et ne plus rien faire quant aux directions prises par nos sociétés. Et la conséquence concrète de toutes ces charmantes libertés, c'est la dépossession complète de tout pouvoir de décision collectif qui tendrait justement vers l'exact contraire de la "liberté" néolibérale à savoir l'émancipation. Mais l'émancipation, précisément, est un effort tendu vers un but, pas de la branlette "démocratique" et "citoyenne" qui est le parfait prétexte pour ne pas se poser de vraies questions, y compris chez les gens se prétendant "de gôche" sans avoir jamais lu une ligne de Marx.

Et quand on est conséquemment progressiste, l'une des politesse à avoir est précisément, devrait en tout ça, être capable de faire la différence.
"Liberté" (métaphore)


jeudi 18 août 2011

Un site qui encourage la glauquerie

J'adore les gosses.
Et une fois lâché ça, il faut immédiatement, dans la foulée de la phrase, préciser que j'adore les gosses de façon "normale".
Puisque désormais, quand un homme adulte dit qu'il aime les enfants, il lui faut ensuite dire à voix haute et forte que cette affection est dénuée de toute arrière pensée ; tous les mots sont piégés désormais et on a un peu trop vite fait de vous soupçonner d'horreurs. Je ne sais pas si c'est une bonne chose. Plus personne ne peut se permettre d'être candide, sans doute.
Parce que de toutes façons, des êtres qui "aiment" les enfants de la manière la plus dégueulasse existent bel et bien. Et il faut en tenir compte.

D'ailleurs ces gens "n'aiment" pas les enfants. Ils ne sont pour eux que des supports à fantasmes, lesquels se structurent invariablement dans des désirs de domination totale et de possession physique. Parfois violente. Et cette violence exercée sur un être dans l'incapacité physique et psychique de se défendre participe encore de leur excitation...
La perversion, c'est l'incapacité parfois totale à jouir de façon "normale" d'où le besoin de se trouver des biais pour assouvir sa libido. Il  en est de toutes sortes et parfois elles en sont que bien anodines ; après tout, ce qui se passe entre adultes consentants ne regarde qu'eux et ça ça met en transes certains de se mettre des cagoules en vinyle et qu'on leur fasse pipi dessus, mon Dieu, grand bien leur fasse, n'est-ce pas.
Ce qui est le plus important étant bien évidemment les notions "d'adultes" et de "consentants".
Dans le cas des pédocriminels, c'est précisément l'absence de ces deux notions qui les excite.
Et leur autre particularité est que quoi qu'il arrive, la pulsion est si forte, si incoercible, si impossible à contrôler, qu'il faudra tôt ou tard qu'ils l'assouvissent. Soit en allant sur des sites spécialisés. Soit quand ça ne suffit plus à se chercher des victimes réelles...

Vous serez donc d'accord avec moi quand je dis que ces gens sont déjà fort peu fréquentables et c'est le moins qu'on puisse dire. Et que ce n'est sans doute pas la peine d'encourager leurs fantasmes.

Or c'est précisément ce que fait ce site.

(Découvert par la très vigilante Valérie)

Si après avoir cliqué sur le lien, vous revenez ici avec un violent sentiment de malaise rehaussé d'un gros écoeurement révolté, félicitations : vous êtes un être humain normal.

Des sites marchands qui vendent des sous-vêtements en jouant sur des codes sexués, en mettant leur modèles dans des poses suggestives, alanguies, maquillées et montrant de la peau aux "bons" endroits, il n y a pour ainsi dire que ça.
Sauf que dans la plupart des sites, les modèles sont majeures.
Et là, ce sont les mêmes codes avec des gamines de 10 ans max.

Et peu importe que ce ne soit pas un site explicitement pédophile : il met en scène des enfants en jouant sur des codes sexués. Cette page, pour un pédocriminel, c'est rien moins qu'un moment de bonheur...
Et il y a beaucoup de gens qui ont décidé de faire cette page, savez vous. Des photographes, des parents qui ont donné l'autorisation de déguiser leur fillette et de la maquiller "comme une grande", les concepteurs de la campagne, les gens qui ont structuré le Html en mettant les photos dans tel ordre etc. 
Si vous traverse à l'esprit les mots "batte de base-balle", vous êtes toujours normal, rassurez-vous. Mais c'est en dehors de la légalité républicaine, n'est-ce pas.

Je ne saurais donc trop vous encourager à balancer cet immondice ICI. Puisque c'est le moyen de plus efficace d'attirer l'attention des pouvoirs publics qui pourront enjoindre les administrateurs de fermer cette glauquerie, et les fera repérer pour qu'ils évitent de recommencer. Avec un peu de chances, ils auront même des ennuis.

Vous hésitez ?
Vous n'avez pas deux minutes de votre précieux temps à consacrer à cette démarche ? Vous êtes gênés qu'il s'agisse d'un site gouvernemental ? Vous pensez que certes ce n'est pas très joli mais au fond "pas si grave" ? Même, vous faites partie de cette poignée de masos qui viennent sur mon blog en me détestant et qui n'ont pas envie de faire ce que leur demande CSP parce que  c'est CSP ?...

Je vais vous aider à la décision.

Il y a des gens qui sont chez eux. En ce moment. Là maintenant. Devant leur ordinateur. Qui tapent "lingerie+enfant" ou assimilé dans leur moteur de recherche. Qui tombent sur cette page. Et qui sortent leur queue pour se branler devant.

C'est bon ? Ça vient de percuter, là ?
Très bien.

Et si vous avez du courage à revendre, vous pourrez ensuite vous lancer dans le visionnage du film le plus terrifiant sur le sujet. Attention : Megan is missing, sur l'enlèvement de deux gamines par un prédateur sexuel rencontré par Internet est le film le plus insoutenable que j'ai jamais vu. Et en même temps peut-être le plus indispensable, puisque vous y réfléchirez ensuite à plus de deux fois avant de laisser les gosses devant l'ordinateur.

mercredi 17 août 2011

Rusés richards...

Ils sont mignons, les riches.
Pendant des années et des années, ils n'ont pas eu le moindre scrupule à accumuler et accumuler et accumuler sans la moindre vergogne. Et à présent qu'ils comprennent - enfin - que dans une période de crise systémique qu'ils ont eux-même provoquée, on pourrait finir par un tout petit peu leur en vouloir, voire même suprême audace leur demander un tout petit peu des comptes, ils se mettent à minauder qu'en fait, bon d'accord, ils sont un petit peu trop riches et veulent bien accorder la pièce aux manants.
Mais allons, ne soyons pas trop méchants : tenez, si c'était sincère, ce serait même touchant.

Touchant surtout parce qu'ils semblent penser que tout le monde sera dupe.
Warren Buffet veut qu'on augmente ses impôts. Fort bien. La belle affaire. D'autant qu'il sait pouvoir se permettre ce genre de munificence puisque même taxé à 99 % de ses revenus, il sera quand même très riche...
Au fait, qu'en est-il de cette affaire de redistribuer l'essentiel de sa fortune à des associations ou assimilés ? On avait parlé que de ça il y a quelques mois, lui et Billou Gates avait fait jurer leurs grands dieux à leur acolytes milliardaires que promis juré craché par terre deux fois, ptou ptou, ils allaient faire de même...et ? 
Mais nous ne pouvons évidemment pas croire que ces tonitruantes annonces n'aient été que de la poudre aux yeux de la part de gens qui préféreraient crever plutôt que se délester d'un seul cent. On est de gauche, n'est-ce pas, et partant on a confiance en la nature humaine.

Et même en France, tenez, l'exemple semble faire des émules. Ainsi Maurice Lévy, président de Publicis et médefiste fanatisé nous récite son compliment dans Le Monde. Vous l'avez peut-être lu ailleurs puisque d'autres journaux ont repris la partie la plus amusante, à savoir : 

"Une contribution exceptionnelle des plus riches, des plus favorisés, des nantis. Il semblera peut-être curieux à certains de voir que le président de l'Association française des entreprises privées (AFEP) préconise une telle mesure, mais il me paraît indispensable que l'effort de solidarité passe d'abord par ceux que le sort a préservés. J'ai toujours considéré que la grande majorité des dirigeants méritaient leur rémunération, et pour certains plus encore. Mais je considère avec la même force qu'il est normal que nous, qui avons eu la chance de pouvoir réussir, de gagner de l'argent, jouions pleinement notre rôle de citoyens en participant à l'effort national. Oui, une contribution des plus riches s'impose à mes yeux."

Wow.
Nous sommes très très impressionnés...
Et la journaille doit l'être encore plus puisque depuis deux jours, elle semble prendre ce genre de déclaration au sérieux et assène que "face à la crise, les plus riches prennent conscience de leurs responsabilités et sont prêts à mettre a main à la poche blablabla", vous entendez ce genre de choses, quoi.
Ce qu'on va synthétiser par : après avoir spolié des millions de gens - quand votre employeur refuse de vous augmenter, la différence au bout du bout va dans la poche de Warren Buffet et de Maurice Lévy, en gros -, certains disent, attention : il ne le font pas : il disent qu'il faudrait le faire, certains disent que bon, allez, on veut bien donner la pièce.
Je suis curieux, sincèrement, de savoir qui les croit.
Si quelqu'un lit ce billet en étant émerveillé de tant de générosité, je l'invite à expliquer pourquoi dans les commentaires. Pour essayer de comprendre. Ça m'intrigue.

Parce que contrairement aux journalistes, j'ai juste fait l'effort de lire le texte en entier. Ce qui est fort peu de choses on en conviendra. Mais que voulez-vous c'est plus fort que moi : quand je lis un texte, je le lis complètement. Y compris jusqu'à la dernière ligne, sisi, je vous assure. Même ceux qui font plus de 200 signes, mais je suis fou c'est vrai.
Parce que Maurice Lévy veut bien y aller de son obole ; mais il y met des conditions. Des grosses.

"Une réduction brutale, immédiate, du déficit public. Et sans attendre une seule seconde. Il s'agit autant de couper dans la dépense que de raboter ou supprimer des niches fiscales. Agir dès 2011, avec vigueur, pour améliorer le taux de déficit de l'année en cours et des années à venir"

Fichtre.
Voilà qui tempère quelque peu la générosité byzantine en question.
Le reste de la tribune n'est que le sabir néolibéral habituel, "profonde réforme de nos structures administratives et de nos systèmes sociaux", "réduire drastiquement nos coûts", "indispensable suppression de nos déficits", "réduire sensiblement les coûts des charges qui pèsent sur les salaires" blablabla, le volapük classique, banal et conformiste de tous les caniches de marché qui ont table ouverte toute l'année dans les médias qui mentent. La même indigence moutonnière depuis 30 ans, à nous exposer des idées à la con qui me marchent pas et ne marcheront jamais.
Sauf évidemment pour les très riches.

Et voilà dévoilée toute l'astuce.
Parce que sous couvert - assez grossier il est vrai mais fondamentalement ces gens sont grossiers - de faire semblant d'admettre qu'ils exagèrent quelque peu à l'occasion, les Maurice Lévy savent pertinemment que ce qui sortira un peu d'une poche devant les caméras sera remplacé au centuple dans l'autre poche par l'application de leurs caprices monétaristes. Payer plus d'impôts ? Mais avec grand plaisir voyons, puisque réductions des dépenses publiques et privatisations leur permettront de se gaver encore plus. Redistribuer dans ces conditions là n'est même plus une contrainte : c'est un vrai plaisir.

La ficelle est un peu grosse tout de même. Et il n'est pas certain qu'elle passe aussi bien auprès des opinions que les fois précédentes.
Opinions qui, du moins c'est à souhaiter, finiront par en venir à vouloir "








mardi 16 août 2011

Connards de droite et chiants de gauche

Poursuivant sur ma lancée de ce que doit être une gauche radicale décomplexée post-"extrême-gauche", je vais reprendre un mien commentaire du précédent billet pour le développer plus avant.
D'un côté nous avons donc : 
Des idées réactionnaires, xénophobes, homophobes, sexistes etc., défendues par des névropathes frustrés et conformistes ; 
De l'autre, des idées progressistes, égalitaristes, d'urgence de solidarité et de tolérance, défendues par...des gens normaux, tout simplement.
Question purement rhétorique maintenant : quelles sont les idées qui ont pignon sur rue quand bien même elles ne sont pas partagées par la majorité de la population ?
Autrement formulé : alors que l'individu lambda sait faire montre dans son quotidien de solidarité avec ses collègues de travail et exprime son désir de voir les banquiers pendus par les burnes, comment mais comment se fait-il donc que la réaction ait à ce point pénétré les esprits qu'on voit des gens bien lambda de partout avoir des réflexes réacs qu'ils n'auraient pas eu normalement ?

À ce moment, gauchiste old-school débarque avec ses gros sabots et son col roulé, pose 15 épais volumes sur la table et entreprends de faire la pé-da-go-gie de la domination avec force citations et analyse sophistiquées : exacerbation de la recherche de profit parvenue à un point critique qui fait s'enchaîner crises sur crises pour parvenir à la crise systémique dans laquelle nous pataugeons, paupérisation accélérée des populations obligées de passer au crédit généralisé qui les fout encore davantage dans la merde, dévastation des identités collectives remplacées par le consumérisme, terrorisme intellectuel des médias vendus aux marchands d'armes qui créent un climat anxiogène permanent menant à encore plus de repli sur les micro-sphères privées, individualisme sans âme et politiques de la dépolitisation allant jusqu'à convaincre des segments entiers que voter pour le fascisme peut représenter une solution. Etc. Ses analyses, vous les connaissez tous et on approfondira pas. Parce que sur ces points précis, gauchiste old-school a raison.
Sur la moitié des raisons. Vu qu'il rate complètement l'autre moitié, trop occupé qu'il est à déployer sa banderole en s'époumonant "Tousensembletousensembleouéoué !".

L'explication du pourquoi socioéconomique a beau être la plus juste et pointue possible, il y manque néanmoins le comment. Et de ce point de vue, constatons que la séparation entre fond et forme est à peu près complète chez nos amis réactionnaires. Ce qui constitue précisément leur force.
Ou comment défendre et soutenir mordicus des idées poussiéreuses toutes moisies en ayant complètement changé l'emballage et oui, encore, j'insiste et insisterai jusqu'à ce que ça entre et ça entrera de gré ou de force, vous n'avez pas le choix c'est comme ça : eux ont compris qu'en changeant la forme du message en touchant à peine au fond idéologique, le succès était assuré.

Synthétisons : 

Nous sommes sur un quelconque plateau télé et s'affrontent des réactionnaires et des progressistes de chaque côté de la table.

À droite, des obsessionnels compulsifs remplis à ras bord d'idée à la con, verouillés sur leurs certitudes, complètement étrangers à la notion même de doute, agressifs, sûrs et certains de leur légitimité à défendre leur idéologie d'autant plus qu'ils sont fort bien payés pour le faire, en permanence à l'offensive, ne laissant ni trêve ni repos à leurs adversaires, en un mot en croisade. 
Et souriants.
Et d'une mauvaise foi assumée et rigolarde. Ayant mauvais esprit et s'amusant de leur propre pose cynique, jouant sur l'émotionnel immédiat en jouant à celui qui gueule le plus fort et en rigolant de ce qu'ils racontent.

À gauche, des normaux pas à l'aise, pas salariés de la domination, portant sur les épaules le poids de décennies de reculs et de défaites, sur la défensive tout le temps, et qui compensent ce handicap tactique par une crispation moralisante sourcilleuse : eux ne sont pas là pour s'amuser. Du tout. L'heure est grave, le visage est renfrogné, on est pas là pour rigoler, tous les malheurs du monde pèsent sur leurs visages concernés et engagés et ils sont là pour faire de la pé-da-go-gie. Il faut expliquer aux masses par A+B, faire appel uniquement aux capacité de raisonnement, en oubliant jamais d'être scrogneugneu, moralisateur, crispé et bien coincé du derche.
Et être dans le doute. Super important, le doute. Tellement qu'on l'exprime à voix haute et forte. Qu'on sait pas, qu'on sait rien et qu'on hésite et que oui mais non mais enfin voilà.

"Caricatuuuuuure !!!", lance t-on au fond de la classe.
Vraiment ?
Faites l'expérience maintenant : ouvrez deux onglets l'un sur Causeur l'autre sur un site politique de gauche radicale ; et lisez les proses respectives.
Get the point ?
Une agressivité rieuse sera toujours plus efficace que le ronchonnement moralisant. Quelles que soient les idées défendues. 
Des certitudes agressives martelées en rigolant, si débiles soient-elles, auront plus d'impact que les meilleures idées du monde bredouillées par un donneur de leçons qui se consolera de son inneficacité en se disant que lui au moins, n'est-ce pas, il est tellement "moral".

Parce que c'est d’efficacité dont on parle là, et de rien d'autre. De capacité à faire entrer des idées dans des têtes. De propagande. Et des formes que celle-ci doit prendre.
Après et comme d'habitude, je ne convaincrais que ceux qui veulent être convaincus. Ça tombe bien, c'est à des gens ouverts d'esprit que je m'adresse et qui sont capables de poser leur pancarte pour prendre du recul et regarder les choses telles qu'elles sont plutôt que telles qu'ils voudraient qu'elles soient.
Les autres continueront à ronchonner que tout ça c'est pas pé-da-go-gique.




lundi 15 août 2011

La fin de l'extrême-gauche et pourquoi s'en réjouir

C'en est donc bel et bien fini de "l'extrême-gauche" et c'est paradoxalement la meilleure chose qui soit.
Dans un contexte social, économique et politique qui aurait dû lui donner un élan décisif comme jamais auparavant et où elle n'a prouvé que sa pusillanimité et son refus catégorique d'oser prendre ses responsabilités, elle en est réduite désormais à rationaliser sa groupusculisation en prenant des poses de Martyrs De La Cause, en justifiant ses crispations sectaires par un discours doloriste sur la nécessité de creuser le sillon inlassablement blablabla en attendant que les masses daignent bien s'insurger et qu'à ce moment Le Parti leur montrera la Lumière. Oui, c'est l'état d'esprit qui règne dans ses milieux. Un peu comme si tout le monde s'était réuni en brainstorming autour d'une table avec pour ordre du jour de trouver 1 - les moyens d'être les plus inutiles possibles, 2 - et de faire fuir toutes les meilleures volontés. Ce n'est sans doute pas une démarche consciente, mais les résultats sont là : les deux objectifs sont atteints avec une réussite au delà des espérances les plus folles.

D'un strict point de vue éléctoraliste, on pourra toujours se consoler en mettant un bulletin Mélenchon dans une urne qui passe par là, tout en se demandant comment ce bon Jean-Luc expliquera a ses militants qu'il entre dans un gouvernement de gôche social-démocrate en cas - peu probable - de victoire de celle-ci après avoir juré ses grands dieux que jamais il ne fera pareille chose. Si on est complètement cynique comme un trotskyste chauve, on pourra trouver ça distrayant trois bonnes secondes. Mais ensuite ?

Ensuite, il suffit parfois de décaler le regard sur les choses pour en découvrir des angles inédits ; et nous avons peut-être des raisons de nous réjouir de la fin de l'extrême-gauche...
Fin qui est surtout en fait celle des formes d'expression de celle-ci, à savoir propagande nullissime et militantisme aride. En fait, quand on y réfléchit, il y a même tout lieux de se remonter les zygomatiques à cette perspective puisque c'est peut-être bel et bien le folklore gauchiste qui était à la fois la marque de fabrique et la chape de plomb de ce courant politique qui est en train de disparaître définitivement.
Ce qui serait la meilleure chose du monde.

À qui ça manquera, les keffiehs ?
À qui ça manquera, les affiches hideuses qu'on colle histoire de se dire qu'on fait quelque chose ?
À qui ça manquera, les tracts rédigés en Arial corps 3 avec les mentions obligatoires de "Capitalisme" et "Prolétariat" en pâtés de texte illisibles par le commun des mortels, diffés sous la flotte à 7 heures du matin pour des gens qui n'en ont rien à foutre ?
À qui ça manquera, ces journaux "d'orga" chiantissimes et mal écrits, que personne ne lit même en interne mais qu'on s'obstine bêtement à imprimer parce qu'il s'agit d'une "tradition" dont plus personne n'a rien à foutre ?
À qui ça manquera, ces réunions stériles et insipides où on se contente de se prendre la tête et de se faire prendre la tête, où tout enthousiasme et toute vie ont disparus dans les routines militantes qui tournent à vide ?
À qui ça manquera, les profs rouges qui font de la "pé-da-go-gie" qui fait fuir les gens normalement constitués ?
À qui ça manquera, les djeunz donneurs de leçons plus bolchévik que moi tu meurs, capables de réciter des pans entiers du Programme de transition et qui ne comprennent rien à rien ?...
À qui ça manquera, le gauchisme crétin déconnecté de toute réalité élémentaire qui veut faire de la "subversion tu'ois" ?
À qui ça manquera, l’obsession débile et débilitante de la "pureté" idélogique qui stérilise toute curiosité et toute ouverture d'esprit et qui aboutit à des robots sans humour infoutus de penser en dehors de leurs propres clous ?

À pas grand' monde, hein ?

Partant, plutôt que de se désoler, il y a là plutôt matière à se réjouir, non ?
Après, certes, la disparition des modèles anciens et le flou qui entoure encore les modèles nouveaux peut déstabiliser. C'est normal. 
Mais le plus important c'est que les idées restent.
Qu'elles soient vivantes dans les esprits et qu'elle s'incarnent ailleurs. Et ce n'est pas en restant dans des partis et groupuscules sclérosés qu'elles pourront vivre, c'est la logique même.
De ce pont de vue, chacun d'entre nous en devient dépositaire et partant responsable. Charge à nous maintenant de les faire vivre et partager, et de trouver le(s) moyen(s) de les mettre dans d'autres têtes.
Disons qu'on ne sait pas encore très bien ce qui marche ; en revanche, nous avons une vision très exacte de ce qui ne marche pas. 
Quant à vous dire quelle direction prendre...je pense qu'il faut faire avec ce qu'on sait faire, tout simplement. De mon côté, je "sais faire" Internet et je veux travailler là dessus. Qui m'aime me suive.

Et j'entend bien définir les contours d'un "radical kewl", ou "gauchisme sexy", bref : les mêmes idées, exactement les mêmes, avec des fringues différentes. Vous verrez, je pense que ça devrait être pas mal.


dimanche 14 août 2011

France, hospice à ciel ouvert

En France, en 2011, il y a plus vraiment de clivage droite-gauche. En France en 2011, il n y a plus qu'une seule idéologie qui règne dans les esprits : le vioquisme. Et elle règne sans partage aucun puisque ayant pénétré absolument tous les esprits et tous les bords politiques. En France en 2011, tout n'est que ronchonnement, crispation, haine de la nouveauté, refus de l'innovant, repli sur le passé et mentalité permanente du "c'était mieux avant". Tout n'est que conformisme conservateur et frilosité, mouvement vers l'arrière, désir de l'isoler dans l'entre-soi des pareils que soi et trouille épouvantable de ce qui vient du dehors. En France en 2011 l'immobilisme vioquiste triomphe et traverse toutes les classes sociales et toutes les classes d'âge et toutes les classes politiques : le NPA n'est pas en train de crever de ce vioquisme là ?

Les époques de crises, économiques, politiques, sociales et sociétales etc. favorisent toujours le vioquisme ; alors quand on est plongé comme maintenant dans une complète crise de civilisation, celui-ci ne peut que s'épanouir et se déployer. Son but, puisque le vioquisme comme toutes les idéologies politiques et c'en est bel et bien une possède un but précis c'est : qu'il ne se passe rien. Que rien n'arrive, que rien ne dépasse, que tous et tout devienne lisse et propret et sans bruit ni vie ni âme. Que rien ne dérange les bonnes vieilles habitudes moisies, le train-train et les routines, le confort intellectuel et moral, bref la crasse habituelle dans laquelle se complaisent les vioques de 7 à 97 ans qui exigent de vivre comme des cadavres et entendent bien que les autres soient comme eux.

"Dans le centre ville de Toulouse, à partir de lundi, il sera interdit de boire de l'alcool dans la rue. Plus exactement, cette interdiction qui prévalait pour une vingtaine de lieux (place du Capitole, Saint-Pierre, rue Bayard…) est généralisée dans le périmètre dessiné par le canal du Midi, les allées Jules-Guesde et Charles-de-Fitte. « Cette décision répond au souhait des habitants du centre-ville d'une plus grande tranquillité, tout en préservant la vie festive des soirées toulousaines. » Pierre Cohen, maire de Toulouse".

En bon socialiste, Pierre Cohen est incapable d'assumer quoi que ce soit surtout quand socialo veut faire plaisir à l'électorat de droite. De ce point de vue, il ne fait que continuer "l'oeuvre" des 37 années de municipalité de droite précédente, qui avait déjà bien entamé son travail d'étouffoir du centre ville, vitrine officielle de la villeuh roseuh. L'hyper-centre toulousain doit être récuré à mort puisque c'est la vitrine officielle de la ville, et on va y installer de plus en plus de magasins de téléphonie, de sandwicheries franchisées et de bistrots à smoothies. Ce n'est pas le moins du monde un hasard si cette interdiction concerne ce périmètre précis : elle correspond à la zone où les loyers ont le plus augmenté et où seuls les bourgeois peuvent se permettre de se loger, reléguant petites classe moyennes paupérisée en hors-centre et les étudiants et autres pauvres carrément en banlieue. Là où les stations du joli métro dont la ville est si fière sont les plus raréfiées et où les bus passent une fois toutes les heures ou peu s'en faut. Depuis 10 ans on assiste à une gentrification accélérée de l'hyper-centre qui a quasi-complètement perdu son charme populaire pour faire plaisir aux cadres d'Airbus et aux bobos. Et c'est que ces accédants à l'immobilier qui coûte entendent bien qu'on leur foute une paix royale dans leurs appartements de 4 mètres de hauteur sous plafond. Cette circulaire ne vise à rien d'autre.

Pendant des décennies Toulouse a été une ville de droite ; maintenant qu'on a des socialistes au Capitole, elle continue d'être une ville de droite. Qui fait plaisir aux vioques, qui expulse des sans-papiers, qui refuse catégoriquement de remunicipaliser l'eau, qui fige et fane toute vie et toute initiative qui pourrait déplaire à ceux qui possèdent l'hyper-centre. Parce que eh, pas con ! ceux-là votent. Et les gueux de moins en moins ; c'est que la mairie a su définir ses priorités, n'est-ce pas.

Notre génération et celles qui suivent sont désormais les victimes désignées de ce vioquisme généralisé qui a tout conquis et tout accaparé, même le silence. Nous n'avons objectivement pas d'autre choix que de nous venger. D'abord en continuant de lutter contre le vioquisme, cette maladie droitière qui affecte tous les segments de la société. Ensuite en cherchant les moyens politiques de le descendre en construisant d'autres modèles et d'autres façons de faire que la politique vioquiste, ces façons de faire qui ne raisonnent qu'en terme de conservatisme militant, de chasse aux places et de subversion gauchiste en carton dans son aile "radicale".
Nous n'avons pas d'autre choix que la vengeance et notre gentillesse sera impitoyable.

Maire de droite d'une ville de droite