mercredi 27 juillet 2011

PPHQLB : from the inside

Vu qu'il n y a que des fonctionnaires dans cette émission, voici la dernière de la saison avec à peine un petit mois de retard. Bonus : des bouts filmés avant/pendant/après.



mardi 26 juillet 2011

La preuve par trois

La preuve par trois qu'en France, en 2011, alors qu'un terroriste islamophobe d'extrême-droite a déclenché un carnage en Norvège, les politiques, les idéologues et les médias n'ont rien compris à ce qui s'est passé à Oslo et n'en ont retiré absolument aucune leçon.

À la droite de la droite de la droite, la Pravda Sarkozyste envoie du gros pour parler de la dernière mesure en date destinée à supplier l'électorat frontiste de revenir à de meilleurs sentiments envers la droite "républicaine" (rire) :

"Moitié moins de métiers seront ouverts aux étrangers
La réduction de l'immigration professionnelle en France est désormais effective. Après avoir fixé en avril l'objectif de réduire de moitié le nombre de permis de travail en France accordés aux étrangers, les ministères de l'Intérieur et du Travail viennent d'émettre une nouvelle liste de métiers ouverts aux non-Européens. Selon Les Echos ce lundi, le projet du nouvel arrêté, qui vient d'être transmis aux syndicats, réduit de moitié le nombre de familles de métiers, ouverts aux non-ressortissants de l'Union européenne. De 30, il devrait ainsi passer à 15, indique le quotidien économique".

Faire de la préférence nationale sans le dire et continuer à taper sur l'immigré : l'UMP regarde son coeur de cible le plus réactionnaire et xénophobe avec des yeux de cocker pour lui dire tu vois ? Tu vois bien que je peux faire du FN comme l'autre blonde, là. Allez, reviens. S'il te plaît...
Mais l'ingrat se détourne de ses demi-promesses et las ! continue de préférer l'original à la copie. L'UMP continue résolument dans sa stratégie suicidaire qui n'aura d'autre résultat que d'encore faire monter le FN et de conforter chez les cons que l'immigration est décidément un gros problème : quand un type en vient, dans un pays occidental et démocratique, à sortir le fusil d'assaut et à tuer des innocents par dizaines parce que précisément il avait la tête farcie de ce genre de conneries, on fiit par se demander si le pouvoir politique en France est complètement irresponsable et on a même pas fini de se poser la question qu'on a déjà la réponse : il l'est.

À la droite de la droite, le tabloïd Atlantico, d'ailleurs financé par l'UMP à perte par l'intermédiaire de Nono Dassier, ne trouve rien de plus intelligent alors que les cadavres norvégiens ne sont pas encore enterrés de publier une interview débile de l'idéologue faisandé et paranoïde Pierre-André Taguieff. Plus personne de sérieux n'osant lui donner la parole après que ce dernier se soit carbonisé en diffament Stéphane Hessel, il fallait bien que ce soit la presse de caniveau la plus bas de gamme qui s'occupe de recycler les déchets journalistiques dont plus personne ne veut nulle part qui lui accorde un espace pour s'épancher. Et sur quel sujet ? 

"Le complot international est interprété par les islamistes radicaux, de façon paranoïaque, comme un grand complot contre l’islam et les musulmans, conduit par les juifs. L’existence même de l’État d’Israël est perçue comme la preuve du mégacomplot. Si Israël doit être détruit, c’est parce qu’il est le résultat d’une opération perçue comme criminelle : l’installation des juifs sur une prétendue "terre d’Islam".

Sur et certain qu'à la lecture de cette énième flaque de vomi islamophobe, tous les fan-boys d'Anders Behring Breivik se sont encore sentis confortés dans leur maladie mentale puisque pensez donc : des "intellectuels" français les y encouragent. Sauf que Taguieff n'est pas un "intellectuel" : c'est un propagandiste complotiste décrédibilisé qui participe au climat ambiant d'exacerbation de la xénophobie anti-arabe, celle-là même qui a conduit l'autre débile à son carnage.
Les politiques sont irreponsables, les idéologues en remettent une couche, mais ceux qui n'ont vraiment rien, absolument rien compris aux enjeux du moment, ce sont les médiatiques et la chèvre Joffrin en est la parfait incarnation.

Il faut lire son édito du Nouvel Obs, véritable précipité de connerie chimiquement pure, pour se rendre compte que la caste journalistique est en dessous de tout et pis : ne comprend pas, absolument pas, ce qui s'est passé en Norvège et ce que ça signifie. 

"Il ne s’agit pas ici d’accuser tel ou tel populisme qui reste dans une stricte légalité, de stigmatiser tous ceux qui se réfèrent à la nation ou qui critiquent l’islam, ni de rendre le Front national – auquel on pense naturellement quand il s’agit d’hostilité envers les étrangers – responsable d’actes qu’il a toujours réprouvés sans ambiguïté. Il ne s’agit pas non plus d’incriminer, selon la méthode de la causalité floue qui autorise toutes les confusions, "une atmosphère", qu’on qualifiera évidemment de "nauséabonde", un climat "d’intolérance" instauré par ceux qui s’inquiètent de l’immigration ou qui se réfèrent à l’identité nationale et avec lesquels on rompt habituellement des lances. Non, Guéant, Sarkozy, Ménard ou Zemmour ne sont pour rien dans les événements d’Oslo. Elisabeth Lévy non plus".

Vous voyez ? Il est complètement con. Mais oui Laurent Joffrin, ce n'est pas Eric Zemmour qui lui a chuchoté à l'oreille, c'est juste qu'il participe à un mouvement d'idée qui a abouti au massacre, est-ce que c'est donc si difficile à comprendre ? Pour l'éditocrate centriste, visiblement oui mais à sa décharge il a toujours prouvé régulièrement que pour lui, TOUT était difficile à comprendre. Avoir des limitations intellectuelles n'est certes pas une tare en soi ; sauf que quand on a la capacité de raisonnement et la puissance d'analyse d'un âne trépané, on évite de faire partager ses opinions, merci.

Parce que le plus fort dans sa laborieuse - c'est très mal écrit, en plus - démonstration, c'est que Joffrin parvient à faire un distinguo d'une subtilité à pleurer entre d'un côté une GENTILLE extrême-droite et une MÉCHANTE extrême-droite. C'est-y pas tout mignon ? Il y aurait donc le fascisme "cool" de Marine Le Pen et de son parti dont jamais mais alors J.A.M.A.I.S. ils ne se sont abaissés à des propos injurieux ni même à des actes de violence envers les immigrés non plus qu'à installer la thématique raciste dans le débat politique - mais dans quel monde parallèle à coup sûr très intéressant vis donc Laurent Joffrin ??? - et il y aurait le fascisme "pas cool" des nazillons identitaires et autres demeurés de Riposte Laïque, qui eux ouh la la, attention, ils ne sont pas gentils...

Que Joffrin soit idiot est une chose.
Qu'il soit totalement incapable de comprendre qu'il n'existe que des différences de degrés et de formes qui recouvrent exactement le même discours en est une toute autre, déjà plus grave.

Que les pouvoirs d'influence ne prennent pas la pleine et entière mesure de ce qui est en train de se passer en ce moment et continuent leur fuite en avant en refusant de se pencher sur la montée de l'extrême-droite, et mieux encore : en l'encourageant soit en jetant de l'huile sur le feu soit en se cachant la tête dans le sable...
Tout ça ne nous promet pas un futur proche bien réjouissant.


lundi 25 juillet 2011

"Norvégistan"

Comme prévu, l'attentat terroriste du militant d'extrême-droite islamophobe Anders Behring Breivik a plongé toute la galaxie faf dans des transes hystériques, et ils auront gaspillé leur week-end à désespérément tenter de faire croire que leurs idées à la con n'ont rien mais alors Mâme Michu je vous le jure la main sur le coeur hein : RIEN à voir avec le massacre de 92 innocents. En vain, évidemment. Plus ils essayaient de nier l'évidence, plus ils déballaient force argumentaires cauteleux et bidouillages de la réalité, plus ils essayaient de dissimuler la parfaite symétrie entre ce qu'ils éructent à longueur de temps et ce qu'il y a dans la cervelle d'un type qui a tué des gosses de 14 ans, plus chaque heure qui passait apportait des éléments supplémentaires qui balayaient comme mouches à merde leurs piteuses et dérisoires sorties. Notamment la mise en ligne de son "manifeste", délire clinique de plus de 1500 pages qui n'est rien autre qu'un copié/collé des mêmes conneries éructées par les fans d'Ivan Rioufol ici.

Ma réaction personnelle à ce drame n'a d'ailleurs pas manqué de créer ses petits remous dans le sanibroyeur réacosphériste, jusqu'à l'autre connasse frappadingue de Christine Tasin qui me cite dans un de ses longs et indigestes pamphlets hallucinés sur Riposte Laïque. Ce dont bien entendu je ne puis que me flatter. Et de l'ethnodifférencialiste pesant 50 kg tout mouillé jusqu'au cryptonazillon dépressif en passant par le consanguin alcoolique, ce ne fut que démonstration, assez intéressante à observer par ailleurs pour peu qu'on développe un intérêt pour les détraqués, d'une capacité à couiner assez hors du commun. Mis devant l'évidence, constatant de visu le résultat concret des "idées" qu'il martèle à longueur de temps, fafounet s'est réfugié dans ce qu'il connaît le mieux :
- il n'assume rien, puisque de toute façon incapable d'assumer quoi que ce soit.
- il ment, cela lui étant d'une parfaite facilité puisque la mythomanie à l'extrême-droite est un art de vivre à part entière.

Ce que nos chers fafounets s'obstinent à nier, c'est qu'il n'y a de différence entre lui et eux que par le degré de maladie et de paranoïa : Breivik était, dans sa conception du monde, exactement similaire à eux. Mais lui est arrivé à un tel point de surchauffe à force de se passer en boucle les dingueries islamophobes qui font s'exciter tous les petits blancs flippés de leur espèce qu'il a décidé de passer à l'acte. Acte qui relève de la maladie mentale dans ses fondements psychologiques? Sans doute. Certainement, même. Mais maladie encouragée pendant des années et des années par la propagande raciste délirante qui est le pot commun des personnes se situant dans les mouvances identitaires et nationalistes. Et il faut bien dire que pour adhérer à ce genre "d'idées", il faut être pour le moins très fragile psychologiquement. 
Car qui peut soutenir sérieusement une notion aussi parfaitement illogique et absurde que, mettons, le "Frankistan" ?
Vous voyez bien.

La conclusion est très simple : ces gens sont malades.
Quand vous avez un "échange" avec un fafounet, vous devez donc garder à l'esprit que vous n'êtes pas en train de "discuter" avec quelqu'un de normal. En face de vous, il y a quelqu'un qui est malade. Qui est traversé de pulsions inassouvies, de frustrations violentes, de fantasmes délirants, et dont la conception du monde et de la vie est complètement pervertie et biaisée. Il ne faut donc pas en espérer des réactions ou des discours cohérents, il ne peut pas le faire. Car pour paraphraser un excellent commentateur d'un précédent billet, quel qu'un qui vous sort que la France est un pays communiste et qui vous affirme que les immigrés veulent remplacer les blancs, c'est exactement la même chose que si un inconnu vous abordait dans la rue en vous disant "Montre moi ta bite !". Vous envisageriez d'avoir une conversation censée avec ce type d'énergumène ?  Bien sûr que non.

Ceci dit, il existe des fous sympathiques. Ce n'est pas leur cas. Puisque le problème avec leur maladie, c'est que comme l'a monstrueusement démontré l'actualité, elle peut parfaitement se transformer en apocalypse de sang et de destruction. Et c'est logique. Encore une fois, Anders Behring Breivik est le miroir de ces gens, la différence n'est qu'une simple question de degré. Il y a donc nullement "amalgame" entre eux et le terroriste d'extrême droite mais bel et bien similitude et continuité. Les discours islamophobes, identitaires, réactionnaires et xénophobes "fabriquent" des Anders Behring Breivik, c'est aussi simple que ça. Ces discours, leurs discours, conduisent à des évènements comme ceux d'Oslo. Qu'ils tentent de le nier n'a aucune importance : ils ne sont pas en état de comprendre ça puisque ce sont des gens malades. Breivik n'a fait qu'accomplir, que mettre en acte, ce qui se passe dans leurs têtes. Ne doutons nullement d'ailleurs que secrètement ils sont terriblement jaloux et envieux de lui. Lui ne s'est pas contenté de fantasmer. Et il est passé à l'acte avec tout le courage dont est capable fafounet : tuer des gens désarmés et des enfants, c'est à ce niveau que se situe la pulsion, chez ces personnes...

Nous ne feront cependant pas faute de régulièrement leur rappeler la logique morbide vers laquelle tend leur "liberté d'expression".

dimanche 24 juillet 2011

Dissensus

‎"Ce qui me gêne dans le rock, c'est la projection que font beaucoup de gens sur les artistes. Notamment la glorification excessive des icônes mortes pour la cause, comme Morrison ou Hendrix. Le côté "ils en sont morts, c'est forcément qu'ils étaient meilleurs, plus forts". Non, ces types sont décédés parce qu'ils ont pris trop de drogues, qu'ils n'étaient probablement pas très malins. Il se trouve que, par ailleurs, ils étaient des musiciens formidables. Mais je ne vois en quoi il faudrait les admirer d'avoir foutu leur vie en l'air."

 Brian Eno

Puisses tu néanmoins reposer enfin en paix, Amy Winehouse.

samedi 23 juillet 2011

Marine Le Pen, Claude Guéant, Riposte Laïque, réacosphère et Anders Behring Breivik

Quand quelqu'un fustige le "politiquement correct", la "dhimmitude" ou le "multiculturalisme", vous pensez à qui, là, comme ça ?
À plein de gens qui sont éditorialistes dans des journaux nationaux ou "polémistes" de radio et de télé et vous aurez raison : ce sont en effet des éléments de langage de personnes qui, disons, affirment une préférence marquée pour les personnes de préférence blanches et si possibles non-musulmanes.
Il vous faudra cependant désormais ajouter à cette liste un norvégien de 32 ans qui s'est tristement distingué en assassinant 90 personnes à Oslo.
Car comme vous pouvez le voir ici : il emploie exactement les mêmes mots. Et on serait soit naïf soit très bête pour ne pas y voir un rapport de cause à effet : il s'est contenté de mettre en actes ses idées. Et comme dès le départ les idées sont pourries, l'acte en question en pouvait, logiquement, inéluctablement, que finir en bain de sang.

On ne les entends guère, d'ailleurs, tous ces spécialistes du geignement réactionnaire qui passent leur temps à pleurer sur les prières de rue et à hululer que des hordes mahométanes font rien qu'à nous envahir. Point encore de déclaration de Marine Le Pen, Elisabeth Lévy qu'on connaît plus réactive semble coite, Zemmour est bizarrement aux abonnés absent et Finkielkraut n'a pas encore débarqué sur un plateau-télé pour geindre sur le cosmopolitisme bien-pensant...
Et pour cause, puisque la période des vacances n'excuse pas tout, en l’occurrence.
C'est bel et bien un des membres de leur fan-club qui vient de massacrer 90 innocents.

En tous cas de leurs homologues norvégiens et ne doutons pas une seule seconde que les sus-nommés aient leurs parfaits équivalents là-bas. Qui propagent les mêmes idées, de la même manière et avec les mêmes mots. Jusqu'à la personnalité même d'Anders Behring Breivik, dont on pourrait presque penser qu'il en est caricatural à force de tellement bien cadrer avec l'archétype réactionnaire islamophobe qui semble partout sévir dans le monde occidental : raciste, fondamentaliste, convaincu que l'immigration est cause de tous les maux, assimilant musulmans et terroristes, paranoïaque, déclassé, proche des milieux d'extrême-droite, et qui s'auto-excitait en laissant des commentaires délirants sur un site identitaire local. Le même. Mais il est vrai que ces gens sont tous parfaitement interchangeables.

Ce qui s'est passé dans la tête de ce terroriste ? Pour quiconque un peu familier de ce qui se passe dans les cervelles en post-combustion permanente de nos fafounets, la logique est lumineuse : s'attaquer à la gauche, c'est faire payer les "dhimmis" pro-immigrationnistes coupables de laisser partir le pays à vau-l'eau en favorisant les "étrangers" contre les "de souche". Vous allez voir que c'est ce genre de discours qu'il va sortir pour expliquer son geste. Ils ne sont pas seulement idiots ; ils sont aussi terriblement prévisibles. Et à force de se tripoter la nouille avec ses semblables sur Internet, en se disant "il faut faire quelque chose", "il faut faire quelque chose", "il faut que quelqu'un fasse quelque chose", il a tout simplement fini par se dire : "je vais faire quelque chose"...

Et nous avons exactement les mêmes ici.
Puisque si il avait été français, Anders Behring Breivik aurait, c'est une certitude : 
- été sympathisant du Front National ;
- vu du meilleur oeil les "reconduites" à la frontière tout en exigeant qu'il y en ait bien davantage ;
- laissé régulièrement des commentaires sur Fdesouche ; 
- n'aurait jamais fait faute d'écouter avec délices Eric Zemmour ; 
- fustigé le traitement "indigne" dont est "victime" Robert Ménard ; 
- lu avec enchantement les articles de Riposte Laïque et d'Ivan Rioufol ;
- parlé de "bobos", de "bien-pensants", d'"éthnomasochisme", de "droitdelhommisme" ;
- eu tous les blogs "ethnodifférencialistes" et réacophiles de France et de Navarre dans son agrégateur...

Vous en doutez ?
Allez lire les commentaires qu'il laissait sur le Fsetouche norvégien : c'est littéralement ce qu'il est. Comme les nôtres ici. Pareil.
Le même.

Avec les mêmes idées.
Qui lui au moins a eu, reconnaissons lui au moins ça, la volonté d'enfin passer à l'acte plutôt que de continuer à répandre sur un clavier ses frustrations moites de petit blanc flippé. Ce qu'il aurait dû continuer à faire. Mais c'est que dans ces milieux là, la bêtise alliée à la paranoïa et baignant toutes deux dans un climat d'incitation et d'encouragement à la haine et à la destruction peuvent aller très loin, quand la cocotte-minute explose. La preuve. Atroce. Mais encore une fois : logique.

Dans la logique pervertie et malade des gens de cette espèce.
Et à force de parler sans cesse ni trève ni repos d'invasion immigrée et de menace de disparition de l'Occident et de racisme anti-blancs etc. etc. etc...
90 morts.

Alors, ami réac islamophobe bien de souche de partout, on ne t'entend guère en ce moment.
Te sens-tu gêné de voir la photo d'Anders Behring Breivik partout ? C'est normal, rassure toi.
C'est toi que tu es en train de regarder.

vendredi 15 juillet 2011

Quartiers d'été

- Fais chier. Fais chier. Fais chier...

- Mhhhhhhh...

- Bon, lui il se réveille...ça va ? Enfin, ça va, on s'est compris, hein. Bon, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par la mauvaise, d'accord ?

- Mh. Mh. Mh !!!

- La mauvaise en fait c'est surtout pour moi. Je suis obligé de me faire un peu oublier en ce moment, vu que j'ai peut-être été...un peu gourmand dans mes loisirs ces derniers temps. Je crois que "l'accident" du bus de l'école de commerce, ça a été un peu voyant, en fait....

- MH ! MH ! MH !!!!!

- Ouais, c'était pas un vrai accident et c'était moi. Je voulais tenter un nouveau truc, tu comprends, et voir par la même si je pouvais passer du traitement individuel et personnalisé au séances de groupes, en quelque sorte. Ceci dit, c'était beau...

- MMMMMMHHHHHH !!!!!!

- 42 petits connards et connasses qui crament ensemble dans leur bus aux portes soudées : magique. Rien que d'en parler, j'en ai des étoiles dans les yeux. J'ai tout filmé, d'ailleurs et si j'avais le temps je te passerais bien le truc mais voilà : j'ai pas le temps. Et du coup, toi non plus, ce qui nous amène à la bonne nouvelle.

- MHHH !!! MHHH !!!

- La bonne nouvelle, donc, c'est que vu que je suis obligé de ma casser en vacances et de calmer le rythme, tu finiras paisiblement et rapidement, contrairement à ce que j'avais planifié. Ce qui de mon point de vue est très dommage parce que j'avais acheté tout exprès une toute nouvelle disqueuse et que j'étais impatient de l'essayer. Mais tu sais ce que c'est, on s'amuse on s'amuse, on voit pas le temps passer et après faut nettoyer.

- MHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!

- Mais le coup du bus, c'était vraiment très sympa mais j'ai vu un peu trop gros, j’admets. Surtout, bon, c'était voyant, surtout que pour raffiner le gag, j'avais bourré les soutes à bagages de feux d'artifice et sérieux ? comment ça rendait trop bien sur le périph' de nuit...j'ai offert un peu de magie à ce monde trop triste, en lui rendant service de l'avoir débarrassé de ces parasites...je suis un incompris...

- MH ! Mhhhh MHHHHHH hhhhhhhhhhh MMMMMHHHHmhmhmhmmhmmh....

-...un incompris qui n'a pas très envie d'être convoqué trop souvent devant les keufs, quand même. Bref, tout ça pour dire que je me tire d'ici jusqu'au 1er août, histoire que tout ça se tasse. Bon, c'est l'heure de ta petite piqûre, tu vas voir tu sentiras rien et tu vas juste t'endormir calmement. Ah, et si ça peut te consoler, tu as déjà un remplaçant à ton poste de consultant en audit de dégraissage, je me suis renseigné. Allez, bonne nuit les petits...

-MMMMMMHHHHHhhhhhhhhhhhhh...

- Voi-là...bon bon bon, plus qu'à le faire disparaître, les valises ça c'est fait, le billet est réservé, j'ai éteint le gaz...le chat est chez maman, non, je crois que c'est bon. Je passe prendre Mamour et zou, et puis voyons le bon côté des choses : un peu de repos me fera le plus grand bien et puis bon, je ne suis pas inquiet : y aura toujours des inutiles dont il faudra s'occuper à la rentrée. Allez...'tain, il est lourd comme une vache, ce con là...


mardi 12 juillet 2011

Courageux et intrépides fafounets...

Les sympathisantes progressistes sont notoirement de redoutables combattantes spécialisées en urban warfare et rompues aux techniques de combat les plus novatrices.
En doutiez-vous seulement ?
Ne vous laissez nullement abuser par leur apparence extérieure : ça fait partie de leur tactique. Leur 1m60 et 45 kg en moyenne ne sont que subterfuges dissimulant sournoisement une violence disciplinée et trempée par un entraînement rigoureux à faire chialer un Navy Seal. En vérité je vous le dis : personne ne peut envisager de s'attaquer physiquement à une sympat' de gauche sans en anticiper de funestes conséquences.

C'est d'ailleurs sans doute pour ça que des fafounets lyonnais s'y sont mis à trois - 3 contre une, donc...- pour agresser physiquement une militante qui rentrait chez elle.  3 gaillards intrépides, il fallait bien ça pour molester une nana toute seule. Mettons nous à la place de ces jeunes gens audacieux : à un seul, la domination physique n'avait à l'évidence rien d'évident. Il fallait au moins deux autres acolytes pour faire face.

Au fond, les gens de cette espèce ont toujours été d'une surprenante fragilité. La preuve en étant que chaque fois qu'ils ont vu l'occasion de courir se réfugier dans les bras de gens très virils et très autoritaires, ils n'ont eu de cesse de leur montrer un parfait dévouement : la "droite nationale", y compris dans ses moutures réacophiles et ethnodifférencialistes, a ainsi toujours trouvé son épanouissement dans la collaboration...on serait peut-être un peu audacieux de voir un troublant parallèle entre se mettre en 3 pour agresser une fille, tenir un blog "islamophobe", ou se jeter aux pieds de joyeux lurons vert-de-gris pour leur lécher les bottes, et pourtant : c'est la même dynamique à l'oeuvre. La profonde, structurelle, incurable lâcheté de ces gens. Ils ont toujours été comme ça. Ils le seront toujours. À la limite c'est plus fort qu'eux, et surtout ils sont bien incapables de connaître ou de comprendre autre chose que leur fondamentale couardise. On ne peut rien faire pour ces gens. Et d'ailleurs, est-ce qu'on veut faire quelque chose pour eux ? Franchement ?...

La jeune femme déclare semble t-il ne pas vouloir porter plainte. En ne pouvant que respecter ses choix, il serait peut-être plus avisé de le faire. Ne serait-ce que pour éviter des débordements dommageables pour l'ordre public, la tentation de se faire justice de façon personnelle étant bien évidemment contraire aux lois de la République.
Ne doutons pas une seule seconde que cette jeune femme puisse faire confiance à la Justice de son pays qui saura faire preuve de son impartialité habituelle dans ce genre d'affaire.

lundi 11 juillet 2011

Winter is coming

La droite commence à comprendre que le feu ça brûle, et qu'à force de jouer avec les allumettes ils vont finir par incendier non seulement leur propre camp mais tout ce qu'il y a autour aussi.
Le problème, c'est qu'il est trop tard. Et pas que pour eux : pour tout le monde.

Quand on ouvre en grand les portes de la maison aux teckels enragés de la "Droite Populaire", lesquels ne pèsent rigoureusement rien à une échelle de masse et ne sont mis en avant par Sarkozy et l'autre abruti de Copé que pour flatter la croupe de cet électorat péniste qui a eu des faiblesses pour la droite "républicaine" mais s'apprêtent, les vilains ingrats, à retourner dans le giron néofasciste...après avoir été chauffés à blanc par les "débats" incendiaires lancés par l'UMP. Ironie de l'Histoire, vu qu'on les voit maintenant courir après les mêmes qu'ils ont fini par exciter à un tel point qu'ils exigent l'original plutôt que la copie ; ironie dont on aurait tort de se réjouir trop vite puisque grâce à leur démagogie et leur fabrication de bouc-émissaires, c'est nous tous qui allons en subir les conséquences.

"Cette question doit aussi inquiéter ceux qui se sentent ou ont pu se sentir naturellement représentés par l’UMP, parce qu’il est lassant autant que sidérant de voir la première formation politique du pays, le parti majoritaire, être pris en otage par un groupuscule identitaire, et sommaire.(...)
La Droite Populaire y convie la presse à un « apéritif saucisson vin rouge afin de fêter dignement la fête nationale ».
Chacun aura fait le lien avec les opérations saucisson pinard goûtées par les identitaires et autres extrémistes.(...)On ne peut pourtant pas imaginer que toute l’UMP ait aujourd’hui soudainement adopté les thèses de La Droite Populaire, dont je peine à distinguer ce qui les différencie du Front National, malgré leurs dénégations. (...) De fait, les autres courants de l’UMP sont comme tétanisés, réduits au silence, et la Droite Populaire semble tenir le parti à sa main.(...)L’UMP n’en a-t-elle pas marre de faire prévaloir l’islam, le voile, l’identité nationale, l’immigration, la binationalité, sur l’ensemble des enjeux cruciaux qui se posent à la France ?
"


Koz Joli-Coeur finit, enfin, par s'émouvoir quelque peu que le parti qu'il a soutenu avec tant d'émouvant enthousiasme - et qu'il continue évidemment d'applaudir malgré les critiquettes, un peu comme ces communistes d'antan qui ont avalé toutes les couleuvres du PCF parce qu'il ne pouvait être même question de mettre en cause la légitimité du Parti - continue sa dérive droitiste emmené par une poignée d'imbéciles vociférants à qui on passe tous les caprices. C'est très bien, mon petit Koz, vraiment. C'est juste qu'il fallait peut-être commencer à y réfléchir avant. Mais, suis-je étourdi : je demande à un blogueur de droite de réfléchir...

C'est qu'il faut bien en allumer, des contre-feux, pour mettre sous le tapis le bilan concret de cette droite charognarde ; lequel peut in fine se résumer en un seul mot : paupérisation. Et conséquence de celle-ci, un violent sentiment d'écrasement et d'injustice qui ne pourra aller que croissant.
D'où le caractère parfaitement suicidaire de cette stratégie de fuite en avant vers les thématiques de prédilection de l'extrême-droite, puisque rappelons le encore une fois : si on excepte une minorité de paranoïaques, personne dans l'essentiel de la population n'en a rien à foutre de la binationalité et de l'Islam, les conversations des gens "normaux" tournant pour l'essentiel autour de problèmes concrets comme le pouvoir d'achat et des fins de mois de plus en plus précoces. Il est cependant complètement logique que les personnes au pouvoir n'entendent rien à ces réalités, puisque ne les partageant évidemment absolument pas. Ne les ayant d'ailleurs jamais partagées : les souffrances de la populace sont des concepts abstraits, pour ces gens. 

La suite coule donc logiquement de source : celle qui récupère les thématiques de cette souffrance sociale va faire un carton en 2012, et aux présidentielles et aux législatives. Et risque bel et bien d'exploser la droite, ce qui tombe très bien puisque c'est un de ses buts.
Marine Le Pen au premier tour et à quelque chose comme 45 % au deuxième, que sont donc censés faire les umpistes ?
L'inviter à un gouvernement de coalition dans un scénario à l'italienne ? 
Ce sera provoquer une violente bronca qui scindera l'UMP et fera exploser le gouvernement.
Refuser l'alliance en jouant la gentille droite "républicaine" contre la méchante droite "nationale" et en appeler aux autres composantes politiques dans un arc-en-ciel républicaniste ?
Ce sera tout bénef' pour le FN qui se posera encore en martyr de "l'établissement" et assoira sa légitimité de seul formation "anti-système" aux yeux de son électorat. Et scindera aussi l'UMP puisque à ce moment là, nombre d'élus, de députés et 'adhérents n'auront plus aucune raison de ne pas franchir le Rubicon et rejoindront le Front National avec armes et bagages.

Dans les deux cas de figure, les mêmes conséquences : la droite umpiste se fera tenir la dragée haute par l'extrême-droite qui imposera ses désidératas. Nous pouvons donc parier qu'à ce moment là, les discours sur le "social" seront vite oubliés et qu'on reviendra aux fondamentaux xénophobes et pro-patronat qui ont toujours caractérisé le fascisme sous toutes ses moutures. Mais pour la bourgeoisie, peu importe puisque de toutes façons, c'est ça ou l'insurrection populaire. Et la bourgeoisie a toujours préféré le calme et l'ordre.

Nous pouvons donc - provisoirement - conclure que 2012 constituera un saut qualitatif d'importance dans l'aggravation de...
Tout.

Vous faites du sport, sinon ? Vous êtes en forme ? Non, bien sûr : vous êtes de gauche et le corps c'est vulgaire.
Il vous reste quelque mois avant de changer d'avis. Et si vous manquez de motivation : relisez ce qui est écrit plus haut et tirez en les conséquences : ça devrait aider.



samedi 9 juillet 2011

9 juillet

CSP entre dans sa 38ème année. Gloire à Lui, sans déconner.

vendredi 8 juillet 2011

Dassier du siècle d'avant

J'aimerais bien être Libéral.
Décidément.
Ce qui me plairait le plus j'en suis certain, ce serait de passer mes journées et mes nuits à pleurer de l'atrocité de vivre dans un pays communiste. Je me verrais martyr, refuznik, genre rebelle, quoi. J'opposerais la "liberté" au "collectivisme" (on est en France communiste, oui, c'est un peu difficile à appréhender quand on dispose comme vous et moi d'un QI à trois chiffres mais faites un effort), et je chanterais les louanges de Laurence Parisot. En la trouvant tout de même un peu timide.
Ce qui me plairait le plus je pense, en fait, c'est de pouvoir partir loin, loin dans les choses de l'esprit. D'affirmer que la seule solution c'est de tout privatiser et jurer que ça ira mieux après. Ça, ce serait cool. 
J'aimerais bien être bêlant comme un mouton libéral qui répète en boucles les mêmes piteuses sornettes depuis trente ans.

J'aimerais bien être Arnaud Dassier, en somme.

Mais si, le mec qui a lancé Atlantico, le site écrit par les commentateurs du Figaro. Ah, voilà, vous le situez. Vous savez qu'il a un blog ? J'aime bien : c'est niais à souhait. Tenez, régalez vous : 

"Manuel Valls est un homme réaliste et pragmatique"

Ah je vous avais prévenu que c'était niais, hein. Mais attention, ce n'est pas que niais : c'est aussi un vade-mecum des poncifs et autres banalités creuses que Libéral caquette à longueur de temps.

"Le sectarisme, l’idéologisme et le refus de la réalité de la majorité des militants et électeurs socialistes expliquent que les éléphants n’aient jamais eu le courage politique de faire faire sa mue idéologique au PS, comme l’ont pourtant fait toutes les gauches du monde (à l’exception du Vénézuela et de la Corée du Nord). Ils savent que leurs militants les auraient mis en minorité, et qu’ils auraient risqué de se faire mettre au ban du parti. Ce conservatisme idéologique anachronique est aussi ce qui les condamne à la défaite."

Vous voyez ? Ils sont tous là dans l'ordre.
(Alors que même un enfant de 4 ans comprendrait surtout que ce qui condamne le P"S" à la défaite, c'est l'absence de candidat-général autour duquel les troupes militantes sont au garde-à-vous mais passons).
Disque rayé de Libéral qui tourne et tourne et tourne en repassant par les mêmes sillons, en boucle, gnagnagna anachronismes gnagnagna Corée du Nord gnagnagna réformes gnagnagna dette publique gnagnagna entreprises gnagnagna et ça repart pour un tour. C'est bête. Ça n'a pas de sens. Ça suffit à Nono et ses copains...
C'est même pour ça que je me permet d’appeler notre libéral du jour Nono : j'ai l'impression qu'à force d'entendre la même chanson et les mêmes refrains depuis 30 ans, ça crée comme une sorte de connivence, vous comprenez ? Pas une intimité mais presque. Comme quand je travaillais en MAS et qu'on en voyait certains bloqués dans des routines cycliques qu'ils accomplissaient tous les jours à la même heure de la même façon et qui devenaient hyper-agressifs quand on les dérangeait. Alors au bout d'un moment on les laissait faire leurs petits rituels, ils avaient l'air d'en avoir besoin et on leur donnait un petit surnom affectueux. Comme Nono, quoi.

Et puis soutenir Manuel Valls...en même temps, bon, le pauvre a bien besoin de soutiens, de toutes sortes et de tous horizons : personne ne l'aime. Personne ne veut de lui. Pis : il n'existe même pas. Manuel Valls est une non-personne qui végète à l'état de gaz transparent la plupart du temps et qui ne reprends forme et consistance que quand une caméra est devant lui. Sitôt l'entretien terminé, Manuel Valls reprend sa forme originelle et se contente d'errer dans les limbes jusqu'à la prochaine caméra. Qu'on fasse l'expérience de ne plus parler de lui pendant à peine un mois et il se dissolvera irrémédiablement dans l'éther, jusqu'à ce que plus personne n'en garde même le souvenir...

Après, Nono fait ce qu'il veut de son temps et de son fric : Atlantico, quoi...
Sauf que et c'est toujours ça qui est embarrassant chez Libéral : il ne se rend même pas compte à quel point il est has-been.
Que ces "idées" - pour aller vite, hein - qui étaient déjà hors course dans les années 80 mais que lui est ses semblables n'ont pu imposer que par le reflux progressiste de ces années funestes, c'était rien moins que ce qui se passait dans une cervelle de bourgeois du XIXème siècle qui fustigeait - déjà - l'ouvrier paresseux qui osait réclamer 50 heures par semaine. De ce point de vue, les Nonos n'ont pas évolué d'un iota et ce n'est pas parce qu'on fait dans le 2.0 qu'on a pas des bas de soie et des chaussures à boucles dans la tête. Nono Dassier peut bien se targuer de, heu, "modernité" (rires méchants), il n'en reste pas moins un homme verrouillé dans un siècle qui n'existe plus.

On objectera, éventuellement : quand même, peut-on le réduire si simplement à une caricature ambulante de libéral ringard et conformiste ?
Bien sûr qu'on peut : c'est ce qu'il est.

jeudi 7 juillet 2011

Mâles betas

Ces derniers jours, jamais on a vu autant de gens qui SAVENT comment on "doit" se comporter après une agression sexuelle...
C'est qu'il doit y avoir un mode d'emploi de "l'après", vous savez. Une méthodologie détaillée de ce qu'il est de bon ton de faire ou de ne pas faire, une sorte de vade-mecum universel de la bienséance post-traumatique...quelque chose en tous cas qui a vraisemblablement échappé à tous les professionnels en charge de ce genre de situations, lesquels semblent curieusement circonspects quant à définir une marche à suivre exacte et définitive de ces moments là.
Heureusement, nombre de gens SAVENT comment il est du meilleur goût de se comporter, ce qu'on est "logiquement" censé faire, dire, agir, etc...ils le clament en tout cas très fort. Ils ont l'air très sûr d'eux.
Ce sont surtout un beau ramassis de connards, en effet.

Comment on doit se comporter "après" une agression sexuelle ? Je n'en ai pas la moindre idée. Et vous non plus. Quand bien même vous en auriez subi une.
Parce que si il y a bien une catégorie de personnes qui n'ont pas d'avis définitif et tranché sur ce qu'on "doit" faire après une agression sexuelle, ce sont celles qui en ont subie. Celles-là restent même particulièrement reservées et ne théorisent pas une universalité du "bien" ou du "pas bien". Ce n'est même pas qu'elles ne se l'autorisent pas. Elles se contentent d'avoir été percutées par cette violence dans leur propre chair. Et elles ont alors agi...comme elles le pouvaient. En fonction du contexte. De leur âge. De leur culture et de leur éducation, de leur pays, des structures en place, etc. etc. De trop de choses de toute façon pour en tirer une leçon applicable en tous temps et en tous lieux, et dont on pourrait dire : c'est cela qu'il faut faire à ce moment là ; et en aucune manière on ne doit faire ceci...

Alors qu'il semble bien qu'on puisse avoir des comportements et des attitudes pour le coup complètement "illogiques", après une agression sexuelle. La situation on l'admettra à de quoi perturber les routines les mieux installées...
Quand bien même ces innombrables nouveaux experts es violences sexuelles affirmeront le contraire.
On pourrait se contenter de hausser les épaules devant cette énième manifestation de l'humaine connerie et de leur jeter un regard de mépris avant de passer à autre chose, encore une fois. Rien que des beaufs, encore, quand bien même ceux-ci seraient éditorialistes dans des journaux à grand tirage. 
Mais parfois comme en ce moment, trop de beauferie, d'ignorance, de refus catégorique d'empathie et de désir simplement d'essayer de comprendre, finit par plonger dans des rages froides. Voire même pas froides du tout.
Cette bêtise des experts en violences sexuelles qui savent mieux que les personnes concernées ce qu'elles ont le droit ou pas de faire et de dire, cela est absolument impardonnable. Et il est très important qu'il y ait des choses absolument impardonnables. Qui ne se dissolvent pas dans la saturation de ce qu'on subit tous les jours, ni dans le relativisme général qui refuse de "juger les gens, quoi".
Parce que là en l’occurrence, on ne leur demande vraiment pas grand' chose : juste de fermer leurs gueules devant quelque chose qu'ils ne comprennent pas.
Et ils ne le font pas.
Et ils l'ouvrent encore plus grand.
Pour en rajouter une couche sur ce qui en a déjà trop.

La parole d'un homme pèse décidément plus lourd, bien plus lourd, que celle de deux femmes.
Parce qu'ici il faut bien rappeler une évidence. Simple.
Quand bien même Nafissatou Diallo serait une menteuse embrouillée dans ses reconstructions de la réalité, ce n'est pas une raison pour l'obliger à faire quoi que ce soit contre son consentement.
Quand bien même Tristane Banon serait la fille la plus dévergondée de France et de Navarre, elle aurait le droit de l'être en choisissant avec qui et n'aurait pas à être forcée avec qui elle ne veut pas.

Ce n'est sans doute pas assez qu'un homme soit ivre d'argent, de pulsions et de puissance au point qu'il soit dans une perversion de pouvoir qui lui fait penser que personne n'a rien à lui refuser ; car même si il n'a rien fait dans les deux affaires en cours, il l'a de toute façon fait avant.
Il faut encore qu'il soit défendu avec un acharnement hystérique par ceux qui rêvent d'être comme lui. 


mercredi 6 juillet 2011

Transformers 3 et la destruction du sens

Transformers 3 n'est pas qu'un film. Pas seulement l'un des plus mauvais films qu'il m'ait été donné de voir et peut-être même LE pire film que j'ai jamais vu. Non. Ça va bien, bien plus loin que ça : c'est à ce point sublime d’obscénité visuelle que ça en devient une expérience qui va au-delà du cinéma. Transformers 3 assume, revendique, clame haut et fort la destruction du sens, de tout sens quel qu'il soit, l'abandon dans un éclat de rire gras de tout prétexte narratif si ténu soit-il, l'anéantissement de toute forme et de toute limite et de toute élémentaire bienséance filmique au profit d'une orgie caligulesque d'images et de sons qui ne sont là QUE pour vous mettre le cerveau en mode essorage. Vous pensez que c'était déjà le cas avant dans la production michaelbayesque ? Oui. Mais non. Parce que là, réellement : c'est pire.

Transformers
, c'était déjà trop. Trop d'action hystérique, trop d'effets spéciaux qui scotchent la rétine, trop de blagues mongoloïdes, trop de bonnasse, trop de jeu (?) d'acteurs épileptiques, trop d'explosions et de badaboum, trop d'absence de scénario, trop de patriotisme neuneu, trop de schémas narratifs archi-balisés prévisibles à des kilomètres...et c'est ça qui était bon. L'excès et l'outrance décomplexés au service d'un spectacle concasse-neurones qui vous laissait pantelants et épuisés et contents comme des gosses de précisément ce trop...
Transformers 2, c'était trop de trop de tout. La même chose, au cube. Et à la fin, même rompu aux blockbusters les plus acharnés, on ressentait bien une certaine saturation...
Transformers 3, c'est trop de trop de trop de TROP de TOUT et TOUT. LE. TEMPS. 2h35 de tunnel lobotomisant où dès les premières images c'est déjà outré jusqu'au vertige. Et ça continue. Et ça n'en finit pas. Jamais. Quand à un moment vous commencez à vous sentir mal et que vous voulez crier "pouce !", "stop !", "PAUSE !", rien à foutre : ça continue encore plus. Quand vous atteignez le malaise pur et simple : ça continue encore plus qu'avant. Et quand vous n'en pouvez vraiment plus, que vous êtes gavé comme des oies et que vous avez les dents du fond qui baignent, ça continue encore plus. Avec Mamour, on en est sortis ravagés, titubants et choqués, et pourtant on en a vu des horreurs. Mais rien, rien ne nous avait même préparé à ça. Un gonzo porn sciencefictionnesque à 200 millions de dollars qui en devient avant-gardiste de par son délire d'ivresse de toute-puissance hors de contrôle.
Littéralement : une expérience.

Transformers 3, c'est ce qui arrive quand un réalisateur mégalomane et pas vraiment connu pour la sobriété de ces "oeuvres" en vient a ne plus avoir aucune limite. Ni de budget, ni de scénario - y en a plus. Même les vagues lignes de simples prétextes des films d'avant ont été balayées - ni de cohérence, ni de respect du spectateur que Bay écrase sous un bombardement tactique d'images saturées à mort...plus de limites, plus aucune retenue dans le furieux et l'excessif, plus rien que la luxure décadente qui évoque ces romains qui se faisaient vomir pour pouvoir se gaver encore davantage. Vous m'objecterez : c'était quand même déjà le cas avant. C'est que vous n'avez pas vu Transformers 3. Vous avez déjà vu quelque chose d'approchant ça. Mais pas ça. Pas à ce point. Pas cette dépravation traumatisante d'un blockbuster en pleine décompensation permanente qui a décidé en toute conscience de se foutre d'absolument tout. Et de trouver ça extrêmement drôle...

Si il y a deux films obligatoires cette année, deux objets filmiques a priori aux antipodes l'un de l'autre mais qui se rejoignent dans leur volonté d'en finir une bonne fois pour toutes avec toute forme de limites, c'est dans l'ordre The human centipede et Transformers 3. On peut aller plus loin. Peut-être. Certainement. Mais comment ?...

À moins que Michael Bay ne décide de franchir le point de non-retour et de faire un Transformers centipede. Ne riez pas. Après Avoir vu Transformers 3, vous comprendrez que ce type est un dangereux maniaque capable de tout.


mardi 5 juillet 2011

La carte n'est pas le territoire

La très mignonne interface du Monde sur l'Internet politique français est très jolie à voir, et complètement ratée. D'abord et en premier lieu parce que je n'y suis pas, et d'une ; et de deux parce qu'elle échoue, complètement, à offrir une représentation même approximative de ce que pèsent les idées respectives de chaque camp.

C'est quand même curieux comme à chaque fois que des gens, y compris de bonne volonté, essaient de cerner la politique sur Internet, ils se plantent...ce n'est pas que l'intention et les moyens ne soient pas là, c'est que la méthode et les outils ne sont tout simplement adéquats. Voire même restent à inventer, carrément.
Parce que quand on parle de politique, la carte n'est décidément pas le territoire, et une représentation visuelle des "lieux" politiques sur la Toile n'explicite pas une notion à la fois fondamentale mais impalpable et difficilement saisissable : l'influence concrète sur le débat d'idées IRL.

De ce point de vue, faire un joli camembert en couleurs pour expliquer que l'extrême-droite fait 12,5 % de parts de marché est tout simplement une farce, qui met sérieusement en question le sérieux de la démarche. Les idées d'extrême-droite ne représenteraient qu'un huitième de la politique exprimée sur Internet en France ? Elles en représentent les deux tiers, fastoche. Faire des jolies animations en Flash sur la "nébuleuse" de la fachosphère ne prend par exemple absolument pas en compte les escouades de fafounets qui font de la veille informationelle et débarquent façon Zerg Rush dans les commentaires de journaux en ligne sur absolument tous les sujets pour y répéter les mêmes éléments de langage. Et ceci a une conséquence sur l'influence des idées dans le débat politique. Il faudra d'ailleurs se pencher un jour sur le phénomène des commentaires de journaux, qui sont devenus une agora d'un type nouveau et où on et peut nier qu'il s'y passe quelque chose politiquement parlant.

On remarquera au passage la portion parfaitement congrue pour ne pas dire ridicule de la gauche radicale sur Internet. Ce qui est logique, comme explicité précédemment dans un autre billet. On ne peut avoir d'influence dans le débat d'idées sur Internet qu'à partir du moment où on le prend au sérieux. Et il faut vraiment avoir très envie de continuer à se tenir chaud dans ses conformismes militants pour ne pas voir, pour refuser de voir, qu'il est plus facile désormais de convaincre des gens par le Web plutôt qu'avec les anciennes approches trop laborieuses et fort peu efficaces.

Le Monde a voulu dresser une carte mais en l’occurrence la carte n'est pas le territoire : faire une "géolocalisation" des idées et appartenances pour les fixer dans des lieux précis ne donne que l'illusion de pouvoir s'y retrouver ; on est face à une "carte" qui ne prend absolument pas en compte la notion d'influence, c'est à dire le "territoire" des idées qui lui s'étend bien au-delà de cette tentative de circonscription. Et encore une fois, en terme d'influence, la droite et l'extrême-droite sont absolument prégnantes sur Internet.

Ceci dit, il est quelque part ironique que les auto-proclamés "spécialistes" d'Internet, et qui ont certainement été payés pour pondre ce machin, ne comprennent finalement pas plus l'Internet politique que les journalistes du Monde. Ce qui est logique, puisque c'est pour eux un objet extérieur et curieux dont ils ne comprennent pas les dynamiques. Et vraiment, de Terra Nova à Linkfluence, on est vraiment face à des "experts" qui sont surtout très compétents pour vendre leurs services et un peu en dessous de tout quand il s'agit de faire du travail sérieux.
Décidément, il faut tout faire à la place des "spécialistes".

(Clique sur la carte, happy few^^)


lundi 4 juillet 2011

J'aimerais bien

J'aimerais bien être journaliste aux Inrocks.
Après n'avoir subi comme seule adversité dans la vie que d'avoir porté un appareil au collège, j'aurais découvert Joy Division au lycée et je me serais fait des tonnes de potes pour déblatérer sur Baudelaire. Ensuite, j'aurais intégré Science-Po où se seraient affirmées mes profondes valeurs de sympathisant écolo mais faut pas déconner et de gauche raisonnable parce que papa est quand même recteur d'Université, pour aller ensuite apprendre des bêtises dans un quelconque CFJ avant ô gloire de pouvoir décrocher un mirifique CDD aux Inrocks. Je pourrais y crier mon amour de groupes aussi improbables qu'insipides et mon dégoût de Brice Hortefeux et dépenser mes sous à l'Apple Store, comme tous les amis qui sont physiquement exactement comme moi.

J'aimerais bien écrire dans Atlantico.
Déjà, écrire de la merde en étant payé pour ça seraient deux nouvelles expériences complètement inédites. Je me demande combien ça banque d'écrire là dedans. J'espère que ça crache bien, c'est quand même l'UMP qui signe les chèques et à l'UMP ils ont de l'argent. On ne passe pas une génération à frauder le fisc et à faire de l'abus de bien social sans en retirer un peu quelques bénéfices, même si les temps sont durs vu qu'il y a de moins en moins de dictateurs africains. J'écrirais des trucs vraiment nazes, genre un pamphlet contre la fonction publique suivi d'une dithyrambe sur la pornographie et mon amour des pouffiasses vulgaires à gros nichons. Genre de droite mais un peu trash, manière de montrer que je suis une sorte de rebelle, quoi. Après, dans la vraie vie je serais évidemment un beauf sans intérêt.

J'aimerais bien être libéral.
Je passerais mon temps à chialer qu'on vit dans un pays communiste, comme Arnaud Dassier sur Twitter, et je ferais des études d'ingénieur en Informatique. Je rêverais de me barrer en Nouvelle-Zélande pour monter ma boite, je lirais Ayn Rand et Tim Ferriss - ce mec est tellement cool - et j'essaierais d'investir en bourse. J'essaierais, bon, parce que fondamentalement je n'y entend rien mais quand on est libéral on fait confiance au marché. Je passerais tous mes loisirs à me prendre le chou sur des forums avec des pauvres types comme moi et on chialeraient tous ensemble qu'on vit dans un pays communiste. Plus tard, je serais administrateur réseaux dans la fonction publique, ce dont j'éviterai soigneusement de me vanter, et puis j'ai rencontré Sophie avec qui j'aurais deux enfants. Et je voterais UMP parce que à un moment il faut être raisonnable.

J'aimerais bien être strausskahnien.
Non, en fait, non. C'est décidément de trop gros connards.

J'aimerais bien être blogueuse mode.
...non, laissez tomber...

J'aimerais bien être blogueuse cul.
Je raconterais mes plans fion en dissertant sur la transgression et Bataille avec la dose d'espièglerie nécessaire pour dédramatiser le truc. Je balancerais des sous-entendus coquinous sur Twitter - "ce soir, ça va être ma fête lol" - qui ébouillanteront les cervelles des hommes mariés qui me followent et des mecs qui bossent à l'Assemblée Nationale tenteront piteusement de me draguer. Mon créneau ce serait "chaudasse malicieuse" et ce serais une manière de combat féministe, tu'ois, genre l'émancipation passe par les aventures de mon clito, mais sans être relou comme les autres féministes qui passent leur temps à râler. Et puis régulièrement je ferais des billets de blogs sponsorisés sur les nouveaux sex-toys parce que si en plus je peux me faire de la maille avec mes dérèglements hormonaux, ben y a pas de raisons, je veux dire.

J'aimerais bien être journaliste politique de droite à Canal +
J'accueillerais les personnalités politiques de droite en leur faisant des risettes et en leur posant des questions incolores et pas méchantes, et j'accueillerais les personnalités politiques de gauche en faisant la gueule et en leur demandant si c'est la Corée du Nord qu'ils veulent à la fin. Je rêverais de me taper la Miss Météo mais comme j'aurais le sex-appeal d'une méduse morte, je rentrerais chez moi en lisant L'Expansion dans le taxi.

J'aimerais bien mettre des photos de filles à poil sur CSP.
Mais bon, quand même, je suis de gauche et ça se fait pas, quoi.


dimanche 3 juillet 2011

Real life is so overrated...

D'abord un constat : 80 % du Net français est de droite.
Sans même parler des grosses machines évidentes, comme Lefigaro.fr ou Atlantico, la décision consciente, réfléchie et stratégisée de faire d'Internet un champ de bataille idéologique a bel et bien abouti à une hégémonie intellectuelle de fait. La télévision étant déjà totalement convertie, il était logique que le camp de la Réaction dans son ensemble se tourne vers le virtuel pour y capter les esprits, de plus en plus nombreux, qui s'y informent et s'y divertissent.
De ce point de vue, la gauche n'est même pas à la ramasse : elle est inexistante. Elle n'investit pas Internet et ne sait pas comment l'aborder. Même, ça lui fait peur, clairement, et elle préfère s'en tenir a ses pratiques les plus vintage si inefficaces soient-elles, en se réchauffant avec deux illusions :
- le travail militant "de terrain" a plus d'impact
- parce qu'il y a une séparation tranchée entre "réel" et "virtuel".
Ces présupposés sont faux.
Rassurants sans doute ; mais pas moins faux pour autant.

Balayons tout de suite le principal contre-argument de cette thèse : non, il ne s'agit pas de se retirer du "terrain" de la vraie vie politique des vrais gens pour toutes et tous se poser les fesses devant un clavier et ne faire que du cyberactivisme ; les rues arabes ont dégagé leurs despotes par des actions on ne peut plus "réelles" et ce n'est ni Facebook ni Twitter qui déclenchent des révolutions : ce sont les gens qui font ça. En revanche, Facebook et Twitter les y ont aidé, ce qui devrait interpeller un peu plus que ça ne le fait dans notre camp politique.
Ayant déjà exprimé tout le bien que je pensais du rapport que la vraie gauche entretient avec l'outil Internet - néandertalien, rien moins - il ne sera pas utile d'y revenir. Sinon pour pointer le fétichisme militant de la "vraie vie" systématiquement opposée au virtuel et pensant que ces deux mondes sont étroitement cloisonnés et étanches l'un à l'autre.
Or ces mondes ne sont plus étanches et s'interpénètrent désormais l'un l'autre. Il n y a plus de séparation tranchée entre Internet et la "vraie vie" puisque les deux mondes s'influencent réciproquement désormais. Ce qui se passe sur Internet résonne dans le réel et peut le façonner, ce qui se passe dans le réel trouve un écho dans comment Internet fonctionne et évolue. Au delà de la politique, ce changement est véritablement un basculement de notre façon de faire et de voir les choses, et si pour le moment existe encore une séparation physique entre les deux mondes - par l'intermédiaire de machines -, quand viendra le moment où on aura tous une puce dans le cerveau et ça arrivera plus vite que vous ne le pensez, Internet sera, littéralement, dans nous. Impossible à ce stade de savoir ce que ça va changer de nos vies et comment, mais soyez bien certains que ça va faire tout drôle.

En attendant ces jours étranges et afin d'illustrer de façon plus parlante le décloisonnement IRL/virtuel, tournons nous vers nos amies les bêtes.
Les Identitaires vont faire les clowns dans un Quick qui servait de l'Halal ; la vidéo se retrouve sur Youtube et compte plus de 200 000 vues.
Rappelez-moi quelle vidéo militante de notre côté a fait ce score ?
Ce succès leur permet donc de développer tout un discours sur "l'islamisation" et ainsi de créer un débat public autour d'une question qui n'existait pas auparavant. Une action dans le réel a été mise en valeur sur Internet ce qui a permis de lancer un débat d'idées d'abord en ligne puis en étant repris par des médias "traditionnels" pour au final influencer la vie politique...
Les éléments déclencheurs de la xénophobie ambiante n'ont pas été que cette action ni que cette vidéo ; mais ils y ont indéniablement participé. Entre autres choses. Mais c'est la manifestation, concrète, que les frontières entre "vraie vie des vrais gens" et "virtualité" n'existent plus. Si tant est d'ailleurs qu'elles aient existé un jour, puisque dès le départ on pouvait utiliser Internet pour rencontrer des gens IRL, le succès des sites de rencontres étant également une autre démonstration qu'on peut passer du clavier au contact humain et ensuite même retourner au clavier pour raconter ça...

Or, nos fafounets ont du succès dans l'utilisation politique d'Internet tout simplement parce qu'il en ont compris l'intérêt stratégique. Parce qu'il y ont pensé et réfléchi. Ils en ont saisi l'impact. Et celui ou celle qui viendrait me voir en prétendant que Fdesouche n'a aucun impact sur la "vraie politique des vrais gens", je crains alors d'être très impoli et de lui rire au nez.
80 % de l'Internet français est de droite et ça a une influence politique sur "la vraie vie des vrais gens". Cette surprésence hégémonique a un impact sur le débat d'idées parce que si l'essentiel de la bataille se passe "sur le terrain" - manifs, élections, insurrection prolétarienne armée...-, cette autre dimension de la lutte politique qu'est la pénétration des esprits est un champ totalement abandonné ou peu s'en faut par notre camp politique. Et non, se contenter d'avoir un site d'orga n'est en rien suffisant.
La galaxie "réac" au sens le plus large - Lefigaro.fr, Atlantico, Fdesouche, Causeur, Contrepoints, etc. - sert à un public déterminé pour le conforter dans ses idées, et lui tenir chaud. L'impact concret c'est de servir de lieux de réassurance et de motivation militante afin que les lecteurs de ces sites soient confortés dans leurs opinions et qu'ils prennent confiance dans ce qu'ils pensent et ce qu'ils disent.

Rien de tout ça n'est tombé du ciel. Ces gens se sont demandés comment faire. Comment utiliser l'outil à leur disposition. Quoi créer, quels sites, pour quel public et quel usage et dans quel but.

"Oui mais on sait pas faire !"
Et bien on apprend, Messieurs Dames.
Moi j'ai appris et je continue. Si vous croyez que ça m'enchante de faire du XML et du PHP... -et d'ailleurs, quel esprit perverti et dément peut prendre plaisir à ce genre de choses ?...
On apprend parce que c'est pour la bonne cause, et puis d'ailleurs, je suis fatigué des excuses bidons de mon camp pour ne rien faire là dessus. Je ne pense même pas convaincre qui que ce soit avec ce billet, les conformismes militants ayant la vie extrêmement dure, dans la vraie gauche.

Au fait : je cherche un informaticien, un webdesigner et un spécialiste de Wordpress, pour une idée à moi. Des gens de gauche, de préférence, hein.

samedi 2 juillet 2011

La face cramoisie des hypocrites

Les gens qui déchargent dans leur slip que "DSK il est innocent après tout" sont des sous-merdes. Fin du débat.
Cette phrase n'est pas de moi mais je me suis permis de l'emprunter à son auteur, puisqu'elle résume parfaitement et puissamment mon sentiment vis-à-vis de ces gens. On savait déjà que les strausskahniens étaient de véritables connards sans espoir de rédemption, ils se sont montrés hier de la plus parfaite abjection en se ravalant au rang du militant UMP de base : la face cramoisie de contentement extatique que leur gourou soit libéré et bientôt probablement relaxé tout ça pour avoir juste un petit peu exercé ses pulsions de mâle Alpha sur une petite soubrette de rien du tout, voilà qui explicite fort bien la mentalité de sycophantes des fan-boys de l'affameur DSK.

Elle a voulu le faire cracher à mort après qu'il l'ait agressée ? Putain elle a bien eu raison et comme je la comprends. Je peux vous assurer que le moindre connard qui s'en prends physiquement à moi n'est non seulement pas assuré de la victoire, mais que je me ferai une joie de lui intenter un procès où je m'ingénierai à lui en prendre le plus possible pour le mettre sur la paille si possible. Quant aux experts en comportement post-agression sexuelle, qui eux savent à l'évidence ce qu'il est de bon ton de faire ou de ne pas faire et qui se délectent d'affirmer ce qu'on est censé avoir comme comportement "normal" après, je propose à titre d'expérience de les jeter dans une pièce pour se faire défoncer le pot par un Rocco sous ecstasy et de filmer ensuite leur réactions, manière de voir si leur comportement est "normal" ensuite. 

Et puisqu'on parle de "réactions", nombre de celles-ci montrent la régression politique spectaculaire des mentalités alors qu'on est censé être au XXIème siècle : à partir du moment où la plaignante est attaqué dans sa crédibilité, ce qu'elle a subi serait moins grave. Ce qui permet à nombre de "commentateurs", journalistes et blogueurs d'enfoncer un clou supplémentaire dans ce qu'ils rêvent faire devenir le cercueil du féminisme, en jetant le soupçon sur celles qui "prétendent" avoir été violées et en prenant la défense inconditionnelle de ces pauvres hommes traqués et persécutés qu'on embête parce qu'ils se sont un peu laissé aller dans un moment d'égarement...pas si grave que ça, finalement...
Oh et puis ces féministes hystériques nous fatiguent, à la fin, hein. D'ailleurs, entre nous, certaines ne l'auraient-elles pas un tout petit peu cherché ?...
La zemmourisation du débat d'idées est achevée désormais et les deux combats politiques qu'il faut reconstruire entièrement sont l'antiracisme et le féminisme ; c'est à dire 'une manière générale les rapports de classe. Rien moins.

Mais là où c'est de plus en plus fort, c'est que les strausskahniens, ces trous du cul amoraux et dégénérés, espèrent du coup remettre en selle leur gourou pour 2012. Parce que même si la femme de chambre a tout inventé de A à Z, même si Dominique Strass-Kahn est innocent tel l'agneau de ce qu'on l'accusé dans cette histoire précise, quid de ces comportements d'avant ? N'a t-on pas assez glosé la dessus ? Tout le monde et y compris ses groupies les plus enamourées n'ont-ils par reconnu que oui en effet, ce bon Dominique avait quelques soucis au niveau du zizi et un petit peu du mal à contrôler ses mâles pulsions quand quoi que ce soit de féminin passait à sa portée ? Vous êtes militant d'un parti politique et vous découvrez que votre candidat, élément par ailleurs brillant dans d'autres domaines, présente des troubles du comportement et une instabilité psychologique qui le rendent agressif dans certaines circonstances, vous faites quoi ? Oui, vous le mettez de côté parce que vous vous dites raisonnablement que ce genre de zouave n'est peut-être pas le bon cheval et qu'il va vous pourrir la vie. Vous allez voir que l'étape suivante ça va être de nous fabriquer un martyr. Saint Dominique, qui a connu la gloire et la chute, qui a vécu l’opprobre et la rédemption, revient au pays transfiguré par sa terrible expérience et parlera de sa "souffrance" et qu'il a profondément médité sur le sens de la vie et qu'il se sent proche à présent de celles et ceux qui souffrent, oh oui ma bonne Dame en vérité je vous le dis mais j'ai pardonné à ceux qui m'ont offensé. Je parie qu'en ce moment même des conseillers en communication sont en train d'écrire ce strotytelling qu'on va nous sortir sur un plateau dans les semaines à venir.

Sauf qu'un type qui va se payer un gueuleton de nouilles à 100 dollars l’assiette ne sera jamais quelqu'un "comme nous", désolé les cons. Il est "innocenté" ? Comme on est content pour lui. Et si à présent on lui mettait un procès sur le dos pour destruction de populations en Grèce et en Lettonie ? Parce que là dessus, aucun, absolument aucun doute n'est permis : il est coupable. Il y a plusieurs millions de témoins à charge.


vendredi 1 juillet 2011

Ah...mélenchonistes...comment dire ?...

Amis mélenchonistes, je vous aime bien. Sisi, c'est vrai. Et quand CSP dit qu'il aime bien quelqu'un, cette personne doit imprimer le billet, l'encadrer et le mettre dans un coffre. Plus tard, elle pourra le vendre à Christie's qui lui donnera en échange de quoi s'acheter un petit pays.
Je vous aime bien mais parfois vous êtes un rien gonflants.

Bon, pas la peine de faire cette tête : je vais plus que vraisemblablement voter pour votre champion en 2012 : c'est déjà pas mal, non ? C'est à dire qu'à choisir entre une candidature de témoignage et piquer des voix à l'électorat populaire de Marine Le Pen, ce n'est pas tellement une question de choix mais plutôt de priorités politiques, voyez-vous. Et puis hiérarchiser les trucs, moi j'aime bien, aussi.
Ensuite, avouons le, j'ai quand même une petit tendresse pour notre bon Jean-Luc. C'est à dire qu'il y en a un qui gueule plus fort que les autres sur quelques sujets de bon aloi et ça change.
Mais lui aussi est un rien gonflant parfois. Comme vous.

Tenez, déjà, rien que quand je vous lis/entends brailler "LA FRANCE !!!" avec des trémolos humides dans la voix, et toutes les conneries autour sur ce bidule de "patriotisme de gôche" et de ne pas laisser le drapeau entre les mains de la Réaction blablabla et qu'il est beau mon pays à moi et qu'à la fin des meetings vous passez du Jean Ferrat, j'ai tout de suite comme une envie de régression militante violente et de m'acheter un Fred Perry en buvant de la 8.6 tiède. Comme ça, pour dire zut. Parce que très franchement, soit que j'ai été formé à la base par la rude école de l'internationalisme prolétarien, soit parce que je n'en ai rien à branler d'être né quelque part, le "patriotisme" sous toutes ses formes me fait royalement chier. Ayant déjà exprimé la complète indifférence que me vaut ce statut administratif et ayant des désir de napalm dès que je vois un clocher sur une place de village, "LA FRANCE !!!", je vous la laisse et très volontiers.
Oui, je sais, il faut rassembler autour de symboles forts, et l'identité de là où on est né en est un. Et comment.
Mais vraiment, avec ça, c'est même pas la peine : ça me laisse froid comme une couille d'eskimo.

Et encore, ça c'est rien à côté de quand je vous entend hurler votre passion dévorante de la "République" et l'à quel point vous êtes contents comme des canaris d'être "républicains". Là, la réaction est encore plus nette : j'ai envie de me mettre sur les genoux de Jean Marc Rouillan pour qu'il me raconte son point de vue sur le dialogue social. En suçant mon pouce. Parce que la "République" mais mon Dieu, allez vous faire foutre, soit dit en toute amitié. Laquelle, de "République", d'ailleurs ? Celle tenue en main dès le départ par la bourgeoisie qui n'a pas oublié en promulguant les droits de l'Homme que dans la foulée les "droits du commerce" lui étaient - la bonne blague - consubstantiels ? La "République" gentille contre l'oligarchie méchante ? Le machin de cohésion sociale contre le délitement et la violence néolibérale ? Et sans doute d'autres trucs "citoyens" du même acabit. Ah, le "citoyennisme", le machin creux comme une forêt de bambous qui met tout le monde au même niveau, l'ouvrier et le patron, CSP et Laurence Parisot, le wesh de téci et l'étudiant de HEC : que c'est mignon...toujours cette illusion qu'il ne faut pas, surtout pas "dresser les gens les uns contre les autres" et rassembler le peuple contre la ploutocratie mais bordel on lit des trucs comme ça on est repropulsé au temps de Jacques Duclos. Après, c'est pratique, "République", citoyen", c'est flou, ça mange pas de pain, c'est "démocratique". 
Ça permet aussi de penser que le changement va pouvoir se faire de façon gentille.
Proprette.
Sans que ça change trop les habitudes.
Et surtout sans faire trop peur...

Jean-Luc me fait bien rire quand il affirme qu'il est possible d'avoir un vrai changement radical, "la révolution par les urnes", et que ça se passe sur du velours ; je le crois surtout trop madré pour dire ce qu'il pense à ce sujet, à savoir qu'à partir du moment où on touchera au moindre, au plus petit, au plus anodin privilège de la bourgeoisie, si inique et injuste soit-il, la réaction sera d'une férocité implacable. Il en a toujours été ainsi et il n'y a aucune raison pour que ça change. Et Mélenchon le sait. Mais bon, ça se comprend : faudrait quand même pas épouvanter le coeur de cible d'électeurs abonnés à Télérama en lui disant que ça va être dur, difficile, brutal et impitoyable.
(et que la violence est inévitable, arrêtez immédiatement de penser le contraire, les illusions c'est mignon mais ça va 5 minutes)
(parce que cette violence viendra d'abord et avant tout de la bourgeoisie et qu'il faudra y répondre pour ne pas se faire écraser. Relisez un livre d'Histoire contemporaine, vous allez voir c'est éclairant).

Bref, tout ça pour dire que si le vote réformiste peut me tenter, je ne me faire guère d'illusions et puis d'abord, je ne serai content que quand la "République" brûlera. Et que de ses cendres naîtra une société nouvelle. Ce qui n'est pas demain la veille nous sommes d'accord. Mais de là à délirer sur "Jean-Luc Saveur Du Peuple", sans déconner...

Tenez, c'est comme le coup qu'il dit qu'en cas de victoire de la "gôche", il n'ira pas au gouvernement...
Non, sérieux...vous le croyez ???
COME ON !
Si Aubry l'emportait, comment ne pourrait-il pas y entrer ??? Après avoir appelé à voter pour elle au second tour et préparer des alliances locales pour les législatives, il refusera, drapé dans sa fierté, de devenir ministre ? Ce n'est guère sérieux...et ce serait surtout incompris par les gens qui votent et qui ne voient la politique - ce qui est très malheureux nous sommes d'accord - que par le prisme institutionnel. Partant, il ne peut pas dire non.

Allez, faites pas la gueule, je vous aime bien je vous dis. Mais bon, pour autant, ça ne veut pas dire que je vais me refuser le petit plaisir de vous dire les choses, tout de même...
Mh ?

"HIIIIIII JEAN-LUC HIIIIIIII !!!!!!!!!!"