jeudi 30 juin 2011

L'espèce en voie de disparition que personne ne regrettera

Libéral chiale. Libéral se sent chaque jour un peu plus isolé et ridiculisé et c'est bien la seule chose sur laquelle il est lucide. Après, il faut se mettre un peu à sa place : vivre dans un monde où tous les gens normaux qu'il croise parfois lui expriment franchement qu'ils en ont marre de sa gueule et que son idéologie débile il peut se l'enfoncer dans certains relis de son anatomie, ça découragerait. Heureusement pour Libéral, il est davantage dans le fanatisme crétinisé que dans la rationalité objective et c'est ce qui lui permet de tenir le coup. N'empêche : c'est dur...

Heureusement, les colonnes complaisantes de la presse bourgeoise lui permettent un moment de répit ; ainsi, seul devant son clavier et sans courir le risque de se faire couper la parole par des syndicalistes néobolchéviks vociférants, il retrouve un peu de la sérénité qui était sienne dans les années 80-90, temps heureux, temps béni où il pouvait raconter absolument n'importe quoi partout où il passait et tout le monde était d'accord avec lui...
C'était bien.
Mais maintenant...maintenant le réel a rattrapé Libéral. Et le réel, ça pique.

"Une récente étude a confirmé une fois de plus l'exceptionnelle impopularité auprès de l'opinion publique française de l'ouverture des marchés".

Sans. 
Dé.
Con.
Ner...

"Comment expliquer une telle méfiance de l'opinion vis-à-vis de l'ouverture des marchés ?"

Oui : pourquoi. MAIS POURQUOI BORDEL ???!!! HEIN ???

"il faut tout d'abord admettre que la défiance vis-à-vis du libre-échange n'est absolument pas spécifiquement française. Il y a un an, une étude américaine rappelait que 70 % des Américains considéraient que les accords de libre-échange signés par les Etats-Unis avaient été dommageables à l'emploi et que 60 % de ces mêmes Américains étaient favorables à des restrictions commerciales".

La première fois qu'il a lu ça, Libéral a fait une petite crise d'épilepsie, tout de même. Pas la méchante-méchante qui vous expédie à l'hosto direct, non, mais quand même, la pas gentille qui fout à terre en convulsions et relâchement de l'urètre. Parce que si même le pays natal de Milton Friedman commence à déconner et que ces habitants deviennent communistes, Libéral perd un gros gros morceau de ce qui appuyait ses élucubrations...
Le réel se rapproche chaque jour un peu plus de Libéral...

"En réalité, aujourd'hui, dans la plupart des pays occidentaux, la préférence pour le libre-échange est extrêmement faible, contrastant avec sa singulière expansion dans les pays en développement, pour qui commerce et développement ne sont que les deux faces d'une même réalité"

Traduction : les pays développés en ont archi-soupé des conneries monétaristes et les pays du Tiers-Monde sont passés direct de l'esclavage...à l'esclavage. Sous une autre forme, certes, mais in fine ça ne change pas grand'chose. Puisque ce fameux "développement" dont ne manque jamais de se gargariser Libéral, c'est sa vision du monde en forme de fichier Excel avec deux colonnes coûts/bénéfices et du moment que le solde est relativement positif à la fin, il peut claironner que vous voyez bien ça marche. Sans intégrer que ça ne "marche" que pour des fractions minoritaires de la population pendant que les autres triment à fabriquer des Iphones voire éventuellement que ça pollue un peu, tout ça. Et qu'au passage il confond progrès technique et bien-être. Mais arrêtez d'être méchant avec Libéral, c'est déjà difficile pour lui, d'accord ?

"Comment donc expliquer cette défiance ? Trois facteurs jouent. Le premier résulte du fait que les avantages indiscutables de la libéralisation des échanges sont lents et diffus, tandis que ses coûts sont immédiats et visibles".

Eh, bonhomme.
On veut bien être gentils.
On veut même bien être patients.
La preuve : on est capable de lire tes sornettes.
Sauf que ça fait TRENTE PUTAIN D'ANNÉES que les macaques de ton espèce nous promettent que la mondialisation va, un jour, vous verrez, suffit d'y croire très fort, encore un effort, apporter à tout le monde des "avantages".

Alors quand tu nous sors la bouche en coeur :

"La seconde raison tient au fait que l'ouverture des marchés n'est pas socialement neutre. Elle crée des gagnants et des perdants. Les gagnants, ce sont évidemment les consommateurs, c'est-à-dire nous tous, ainsi que les personnes qualifiées travaillant sur des créneaux spécialisés, tandis que les perdants sont souvent les travailleurs non qualifiés des secteurs à faible valeur ajoutée faisant appel à une forte main-d'oeuvre substituable".

Les "consommateurs" ont un petit peu envie de te demander si tu te foutrais pas de leur gueule, déjà ; et quand en plus tu insistes : 

"La troisième explication à cette méfiance réside dans le fait que, au sein même des gagnants, la répartition des gains de la mondialisation demeure très inégale. Les multinationales en profitent plus que les petites entreprises et les actionnaires bien davantage que les salariés"

Et non, tu ne vois toujours pas le lien, pourtant relativement criant, avec disons une relative non-popularité d'un certain néolibéralisme ?
Non ?
Vraiment pas ?

Même en se forçant un peu ?

Si on disposait d'une machine absolument géniale qui permettrait d'avoir une photographie parfaitement exacte des diverses opinions et points de vue d'une population donnée, et qu'ensuite on décidait de donner de l'importance médiatique à ses opinions uniquement en fonction de la proportion ainsi trouvée ; c'est-à-dire que le temps de parole serait découpé en tranches selon l'importance que les gens accordent à tel ou tel segment politique, voyez ?
Déjà, la question de "l'invasion islamique" serait réglée, vu qu'à part une minorité de singes hurleurs paranoïaques, personne n'en parle et tout le monde s'en fout.
On trouverait aussi beaucoup de préoccupations sociales et concrètes. Des histoires de pouvoir d'achat et de fins de mois. De boulot de plus en plus difficiles et d'inquiétudes quant à l'avenir.
On trouverait de la peur, surtout. Beaucoup, de plus en plus de peur. Et quand on a peur, on fait des bêtises.

Mais si on donnait un temps de parole au néolibéralisme en fonction de l'importance que la population lui accorde vraiment, c'est très simple : il disparaît complètement du paysage. Il n'est même pas minorisé : il disparaît. Purement et simplement...
Heureusement que bien des médias lui donnent une importance délirante en invitant des affidés du MEDEF pour en parler : puisque si il n y avait plus ni tribunes, ni articles, ni plateaux-télé là dessus, au bout d'un mois on ne souviendrait même plus que ça ait pu exister un jour.

La nature est impitoyable : entre le Libéral et le panda, ce sera le panda qu'on sauvera. C'est comme ça.

mardi 28 juin 2011

Libéralisme

"Il a suffi de quelques lignes dans le règlement de la cantine scolaire pour que les élus d’Epône s’entre-déchirent. Lors du dernier conseil municipal, jeudi soir, plusieurs conseillers municipaux se sont élevés contre l’application de nouvelles règles d’accès aux quatre restaurants scolaires de la ville. L’une d’elles prévoit notamment que « l’enfant dont un seul parent travaille ou aucun des parents ne travaille pourra déjeuner au restaurant scolaire sous réserve des places disponibles ». En clair, en cas de forte affluence à la cantine, les enfants de chômeurs ne pourront pas y déjeuner".


Le libéralisme c'est cela et pas autre chose.
Non, ce n'est pas la peine de se pointer la gueule enfarinée et la bouche en coeur pour protester que pas du tout, que ce n'est pas ça et que alors là pardon ! mais ça n'a rien à voir. Non, ce n'est pas la peine d'essayer de trouver des justifications - oiseuses - et des raisonnements - débiles - pour tenter de justifier quoi que ce soit : le libéralisme, c'est exactement cela et rien, absolument rien d'autre. Prétendre le contraire c'est soit être totalement niais, soit irrécupérablement demeuré. Les deux ne s'excluant nullement surtout chez les Lou ravis du Gentil Marché, inépuisable réservoir de l'humaine connerie dans sa version conformisme veule.

Non, le libéralisme ce n'est pas une pensée "économique" parmi d'autres et encore moins quelque chose d'anodin : c'est un système de pensée conceptualisé par une minorité de nantis pour justifier que ladite minorité exploite tous les autres. La meilleur preuve de cette évidence étant que le darwinisme social est sa conséquence parfaitement logique puisque dans le libéralisme, le monde se divise entre les Forts - qui sont riches et fort peu nombreux - et les Faibles - qui ne sont pas riches voire pas riche du tout et qui sont tous les autres. D'où par ailleurs l'explication qu'autant de gens pourtant simples employés se mettent à le défendre becs et ongles : ils espèrent ainsi faire partie de ces "forts" qui les méprisent copieusement en réalité, mais qui ont besoin de ces idiots utiles pour défendre une idéologie structurellement indéfendable et injustifiable. D'où l’impressionnante bousculade de porcs qui grouinent leur amour fou du néolibéralisme en espérant que leurs éleveurs leur donneront une part plus grosse que les autres ; il s'en trouvera même certains qui justifieront que quand on a des parents chômeurs, il est parfaitement logique et acceptable que des enfants de maternelle ne mangent pas. Ce qui, de fait, les rejette de facto en dehors du statut d'êtres humains à part entière et les fait mériter le qualificatif de : porcs. Parce qu'un libéral est un porc, point final, et il ne sera jamais rien d'autre.

Non, le libéralisme n'est en rien, absolument rien, une idéologie de la "liberté", quand bien même le triso Le Boucher et le batracien Godet n'en finissent plus de le caqueter sans rime ni raison. Le libéralisme est une idéologie de l'oppression et de l'enfermement, l'expression d'une désir violent de tri sélectif entre les êtres humains et de leur hiérarchisation en fonction de leur capacité à écraser l'autre ; de ce fait, le libéralisme a une parenté objective avec le fascisme qui n'est plus à démontrer puisque visant les mêmes finalités par des moyens à peine différents ; et de toutes façons, ces deux là sont capables de célébrer de funestes noces quand leur matrice originelle, la bourgeoisie, commence à craindre pour sa domination sans partage. Cela s'est fait - Hitler soutenu par les industriels allemands, Pinochet et les Chicago Boys - et cela se refera, soyez en certain.

Non, le libéralisme ne vise pas à l'épanouissement de tout un chacun, il ne vise foncièrement qu'à détruire. C'est dans sa nature profonde et c'est bien pour cela qu'il est risible de vouloir "moraliser le capitalisme" ou d'espérer un "libéralisme à visage humain" comme le prétendent les niais. On apprend pas à un requin à devenir végétarien, il ne le peut tout simplement pas. Il a besoin de manger et pour ça il doit entre autres affamer les autres : soit à petite échelle avec cette sordide affaire de cantine, soit à très grande en stockant et spéculant sur les matières premières pendant qu'un milliard de personnes crèvent de faim.

Toute autre définition, toute autre vision quelle qu'elle soit du libéralisme est un mensonge et les gens qui soutiendraient le contraire sont au mieux des imbéciles heureux au pire de gros menteurs.
Mais dans les deux cas sont de toute façon des porcs et pis : des porcs inutiles et nuisibles.

Von Hayek : éleveur de porcs en batterie

lundi 27 juin 2011

samedi 25 juin 2011

Papattes en rond


Alors, les petites frappes de la LDJ ? On s'est pris une danse ?
Ah ça, faire les malins dans les réunions du PS avec que des plus de 50 ans, ça, vous savez faire...
En revanche, dès qu'il y a du répondant, tout ce qui vous reste c'est faire des doigts...derrière une grosse rangée de CRS.

Allez. Rentrez chez papa-maman, maintenant. Allumez l'ordinateur pour pleurer sur Internet que bouh-hou-hou vous avez été injustement été agressés par des islamogauchistes antisémites pas gentils quand vous tout ce que vous vouliez c'était soutenir une oppression d'une armée sur un peuple. Il y aura même des petits blancs couards qui vous soutiendront, vous verrez. Tenez, regardez : rien qu'en voyant cette vidéo, ils crispent leurs petits poings rageux et si ils tiennent un blog - nul et lu par 12 personnes - il vont martyriser leur clavier innocent en bavant dessus. 
(Après, aller au carton à vos côtés, euh...non...faut pas déconner, là...).

Allez, les petits fascistes de la LDJ : couchés, maintenant. Sages. Papattes en rond. Vous voyez bien que ça ne vous réussit pas, quand vous voulez faire les malins...


vendredi 24 juin 2011

BDSM

(Mamour) - Allo ?

(CSP) - Coucou ma chérie.

- Coucou mon coeur, comment ça va ?

- Bien bien, et toi ?

- Pfou, oui, vivement que le Bac soit fini.

- Courage ma chérie, et puis au moins cette année tu n'es pas de correction. Dis moi, Ma Lumière, je voudrais te poser une question...

- Voui ?

- Là, comme ça sans réfléchir, est-ce que tu voterais pour un monsieur qui s’appellerait "Poutou" ?

- Hein ???

- Oui, alors voilà, tu es dans la rue et tu vois les affiches d'un candidat à la présidentielle sur lesquelles il y a marqué : "VOTEZ POUTOU !", et à ce moment tu te dis quoi, exactement ?

- Euuuh...mais il s'agit de quoi, au juste ?...

- Il s'agit de mes ex-camarades du NPA qui se sont réuni en conclave et la fumée blanche du candidat à la présidentielle est montée dans le ciel avec le lâcher de pigeons qui va avec, et ils ont décidé que la malheureuse personne qui ira à ce désastre sera un monsieur qui s'appelle Philippe Poutou, de bordeaux. Et c'est son nom : Poutou.

- (rires) Ah ah ah ! Oui, mais enfin bon c'est son nom, c'est pas de sa faute non plus...tu le connais ?

- Ah non. Je ne sais rien de lui, si ça se trouve il est tout à fait capable et sympathique, syndicalo dans une usine de voitures, mais non, je ne le connais pas. D'ailleurs ce n'est pas la question, non. La question c'est : est-ce qu'au XXIème siècle on peut se permettre de présenter quelqu'un qui s'appelle POUTOU.

- Ah ah ah, ouh ouh ouh, désolée mais je sais que je ne devrais pas rire c'est méchant mais un candidat qui s'appelle "Poutou", en effet...bon, ça fait pas sérieux, quoi...

- Tu ne seras pas la seule à rire, crois moi. 

- Mais surtout, et c'est là où il est à plaindre, c'est qu'il sera obligatoirement comparé à Besancenot, du coup...

- Qui avait mis la barre très haut côté médias et interventions, oui.

- ...et qu'on passera minimum la moitié de ses interviews à lui demander pourquoi c'est lui à la place de Besancenot...

- Oui, ça va être que du bonheur.

- Aïe...mais au fait, pourquoi tu m'as posé cette question ?

- Parce que, Ma Tendresse, tu es un peu mon panel représentatif à moi, mon segment de population ciblée, mon échantillon de toutes catégories sociales confondues, et que je sais que quand je te pose ce genre de question vu que d'une, tu es complètement étrangère au milieu militant, et que deux tu possède un solide bon sens élémentaire qui te fait voir les choses telles qu'elles sont, et pas telles que tu fantasme qu'elles soient, tes réponses seront neutres. Tiens, c'est comme quand je t'avais demandé ce que tu pensais de cette amusante idée qu'il fallait à toute force aller dans les "quartiers" parce que certains théorisaient que la nouvelle avant-garde prolétarienne nous attendait au pied des immeubles ; et toi qui vit dans une "téci" depuis des années maintenant, tu n'avais même pas levé le nez de tes corrections de copies et avait contenté de relever un seul zygomatique avant de revenir à des choses plus sérieuses. La suite ayant montré que tu avais évidemment raison. Comme presque toujours, mon coeur.

- C'est gentil. Mais euh...tes ex-camarades, là, ils se rendent pas compte que, bon, voilà, "Poutou" et il est peut-être très bien ce monsieur, je n'ai rien contre lui etc. mais quand on fait de la politique et qu'un a une tête d'affiche..."POUTOU" ???

- Oh, ils te répondront que eux ils font pas du marketing et qu'ils font de la politique, et que ce qui les intéresse c'est le scénario et pas le casting, et que s'attacher à un patronyme c'est être superficiel, les conneries habituelles, quoi.

- Mouais. Sauf qu'on est au XXIème siècle et que, je suis désolée hein, la fabrication d'une personnalité politique, surtout si elle est mise en avant comme porte-parole et candidat, ça passe aussi par l'image qu'on a de lui ou elle. C'est sans doute malheureux mais c'est comme ça, bon. Donc à un moment on décide d'être pragmatique...

- (rires)

- Oui ?

- Non rien ma chérie...continue...

- ...on décide d'être pragmatique et bon, même si une personne est très bien, très compétente, très tout ce que tu veux, mais qu'elle a un patronyme qui peut exposer un peu, on choisit quelqu'un d'autre, ce n'est pas contre lui, ou elle d'ailleurs, bref, ça a l'air d'un détail mais en fait ça a son importance, voilà...

- Je suis entièrement d'accord avec toi.

- Ça va être difficile, cette présidentielle, décidément...surtout pour le NPA, je le crains...

- Si il y a campagne ; et vu l'état du parti, douteux qu'il rassemble les 500 signatures. Enfin bon, à un certain stade masochisme assumé, ça devient de l'art, quelque part.

- Mon chéri ?

- Voui ?

- Poutou (éclats de rires)

- Mhhhppfff...

jeudi 23 juin 2011

Die, petit poney, die !

Quand vous ouvrez le journal - ou plutôt quand désormais vous ouvrez votre navigateur puisqu'à terme le format papier semble irrémédiablement condamné -, ce qui vous saute généralement aux yeux, c'est que le monde ne va pas très bien.
Guerres par-ci, crises économiques majeures par là, déplacements de populations traumatisées, oppressions diverses et variées, gouvernements corrompus, prédateurs sexuels, chômage structurel, délitement du lien social, dictateurs fous et vociférants, racisme d'Etat, centrales nucléaires qui fuient, présentation d'un candidat d'extrême-gauche au nom qui va bien faire rire, sortie de Battlefield 3 repoussée : que des horreurs, que des catastrophes, c'est toujours et tous les jours la fin du monde permanente.
Il y a de quoi en être quelque peu remué.
À la longue.

Mais il y a pire.
Bien pire. Incomparablement pire que tout ce qui a été listé plus haut. Et qui s'attaque aux plus jeunes, qui plus est. Nos innocentes têtes blondes mais pas que sont devenues la proie d'un cauchemar lovecraftien tentaculaire - à la géométrie non-euclidienne - qui leur envahit le cerveau et les fait devenir des boules d'agressivité et d'angoisse. Un fléau à côté duquel bombarder des civils afghans et justifier la destruction de l'Education par la dictature des déficits ne sont que peccadilles négligeables, mes amis.
Le Jeu Vidéo.

"Depuis cinquante ans, aucun sujet n'a été étudié avec autant de constance par les scientifiques du monde entier que celui de l'influence des images et jeux vidéo violents".

On peut regretter au passage que les "scientifiques" en question en mettent pas autant d'acharnement à chercher un vaccin contre le Sida, auquel cas cette saloperie serait devenue ce qu'est désormais la syphilis, une curiosité dangereuse mais maîtrisée ; non, le plus important dans notre civilisation, ce n'est pas de faire pression sur les spéculateurs pour qu'ils arrêtent d'affamer le Tiers-Monde, c'est de savoir si jouer à Black Ops donne envie de ramper dans la cours de récré un couteau à beurre entre les dents pour zigouiller la maîtresse-sentinelle.

"Dans une revue exhaustive, l'Académie américaine de pédiatrie a répertorié plus de 3 500 études pour la seule question de savoir si l'exposition à des contenus audiovisuels violents augmentait le niveau d'agressivité du spectateur. Seuls dix-huit travaux n'ont pas révélé d'influence. Tous les autres ont rapporté une association positive d'une magnitude équivalente à celle qui lie tabagisme actif et cancer du poumon. Pas une seule recherche n'a identifié d'effet cathartique, c'est-à-dire de diminution des comportements violents en présence d'images violentes.
A la lumière de ces évidences on comprend aisément que l'Académie américaine de pédiatrie affirme aujourd'hui sans détour, en accord avec tous les spécialistes du domaine que "les évidences sont. maintenant claires et convaincantes : la violence dans les médias est l'un des facteurs causaux des agressions et de la violence réelle. En conséquence, les pédiatres et les parents doivent agir (…) Le débat devrait être terminé."

Rien moins que 3500 études, ça impose du sérieux ; mais attendez...c'est donc 3500 études concernant "l'exposition à des contenus audiovisuels violents", donc des personnes devant des écrans, sans qu'aucune de ces études ne détournent le regard de personnes en train de regarder - mise en abyme/ON - pour observer autour des spectateurs en question leurs entourages et contextes et même se demander éventuellement si ceux-ci ne les exposent pas à "des violences" de toutes sortes ?...
À force d'être fasciné par l'écran, on en viendrait donc à occulter non seulement ce qui se passe autour de lui - le reste du monde, tout de même -, mais on suspendrait aussi la question de savoir comment des "contenus audiovisuels violents" se sont construits, comment et pourquoi ils sont arrivés dans les écrans et d'une manière générale, à "oublier" que l'objet culturel quel qu'il soit est toujours inscrit et produit par une société donnée...
De là à considérer que les auteurs de la tribune se focalisent trop sur les effets en balançant les causes par dessus bord, il n y a qu'un pas.

"Il est sans doute important de rappeler à ce stade que les jeux vidéo ultraviolents destinés aux adultes sont largement utilisés par les enfants et les adolescents. De même, il est intéressant de répéter que les enfants de 4 à 14 ans passent deux heures et quart par jour devant la télé, dont une heure et cinquante minutes face à des programmes pour adultes joliment dénommés "tous publics".

Le problème de la démonstration étant ici que  les écoles, collèges et lycées devraient être plein à ras-bord de semi-psychopathes déboussolés et hantés par le bombardement "d'images violentes" qu'ils subissent pendant leurs loisirs...
Or, il se trouve que je fréquente quelques éminents membres du corps professoral dans mon entourage immédiat, et quand celles et ceux-ci parlent des problèmes qu'ils rencontrent avec les élèves, ce n'est curieusement pas tant les "contenus audiovisuels violents" qu'ils pointent du doigt comme cause, mais la situation sociale et économique des parents comme premier facteur.
Donc, peut-être que ces "contenus audiovisuels violents" ne sont pas de nature à apaiser certains esprits fragilisés au départ. Admettons.
Mais ce qui pose question, n'est-ce pas surtout, justement : la source ?

Dommage collatéral de la disparition progressive de la critique dans les sciences humaines, on ne s'attache dans l'article qu'à une démonstration orientée qui a décidé d'emblée de désigner certains coupables sans contextualiser ni remettre en perspective dans l'époque. Ne s'appuyant que sur des études de l'Académie américaine de pédiatrie - n'y a t-il donc eu aucune autre étude ailleurs depuis 25 ans ? -, le raisonnement est tout simplement trop faible pour convaincre. Surtout quand pour appuyer sa thèse, il ne craint pas de s'aventurer dans le para-scientifique en sortant les gros chiffres qui tâchent pour impressionner :

"Etats-Unis chaque année 10 000 homicides de moins, 70 000 viols de moins et 700 000 agressions avec blessures de moins". Nous voilà loin d'un effet homéopathique".

C'est évidemment n'importe quoi.
Qu'est-ce que c'est que ces chiffres ? D'où viennent-ils ? Comment ont-ils été calculés ? Par quel prodigieux tour de passe-passe peut-on asséner ce genre de chose ? Les rédacteurs du "prestigieux journal de l'association américaine de médecine" ont-ils eu accès à une dimension parallèle où existerait le même monde que le nôtre mais sans technologie télévisuelle et ont-ils pu comparer le nombre de délits et crimes pour aboutir à cette conclusion ?
Parce que à moins que ce soit le cas, ces chiffres ne sont basés sur rien et n'ont donc aucune signification. Mais balancer du gros chiffre, ça fait toujours sérieux. Ou en tout cas ça essaie.

"Ainsi, l'influence délétère des jeux vidéo et programmes audiovisuels violents sur le comportement de l'enfant est aujourd'hui clairement établie"

Ce qui est surtout "clairement établi", c'est que les "prestigieuses" Académies américaines ont recours à de bien curieuses méthodes d'analyse.
Et surtout, dans un monde où on ne fabrique pour nos petitous qu'un avenir d'austérité budgétaire et où quand ils rentrent à la maison ils ne voient et ne verront de plus en plus que des parents inquiets des fins de mois et pressurés au travail - ce qui doit peser dans leur éducation autrement plus lourd que les écrans -, quand enfin on prendra en compte les causes politiques puisque tout est politique, plutôt que les effets des loisirs de masse qui ne sont que le reflet et la projection de l'époque dans laquelle ils sont produits, là oui, on comprendra mieux pourquoi l'enfant est quelque peu perturbé, parfois. Occulter la violence réelle pour ne se focaliser que sur la violence virtuelle, c'est renverser les causalités et c'est très naïvement penser qu'en remplaçant certains programmes par d'autres ça va tout régler comme par magie.

Puisqu'il est très douteux que ne faire que des jeux avec des petits poneys ait une quelconque incidence dans la façon dont les gamins appréhendent le monde tel qu'il va mal. Et franchement, qui a envie de jouer à un truc avec des petits poneys, sans déconner.
À moins qu'on fasse un jeu où on décapite des poneys. Auquel cas, je m'inscris immédiatement au beta-test.



mercredi 22 juin 2011

Machines blêmes

Quand j'étais jeune et impétueux comme un cheval fou, j'avais eu un certain plaisir à lire Les racines du mal de Dantec ; par la suite, l'auteur a montré l'intolérance de son cerveau à l'absorption trop régulière de psychotropes et s'est mis en même temps à raconter n'importe quoi et à écrire de la merde. N'empêche, Les racines du mal, même si le soupçonne d'avoir bien mal vieilli, ça arrachait pas mal comme cocktail militaro-futuriste à base de serial-killer et de prises de chou métaphysiques. Et je me souviens notamment des propos du principal protagoniste, Darquandier ou quelque chose comme ça, alter ego de l'auteur, qui pérorait sur des pages un galimatias assez confus sur la nécessité d'une post-humanité qui fusionnera avec la machine et en gros on sera tous des cyborgs et ce sera génial.

Autant dire que le "transhumanisme" et la post-humanité, ça fait quelques 15 années qu'on peut en entendre parler et tout ça est à la fois très rigolo puisque plus farfelu y a pas, et très déplaisant dans ses arrière-plans politiques. Car oui, au fait tout est politique et on a trop tendance à l'oublier. Et l'article d'Ecrans, même si très bien fait en soi, n'aborde qu'assez peu cet aspect ce qui est dommage. Même si bon, le sujet mériterait plusieurs livres tant il est parlant sur notre époque et en exprime quelques une des angoisses les plus profondes, dont ce curieux  refus catégorique de mourir...

L'idée qu'on puisse mourir un jour est la chose la plus déplaisante du monde et on ne peut y penser sans quelque répugnance : comment donc, moi ??? Moi qui suis si unique, si particulier, si vivant et rempli d'émotions et de pensées, moi qui suis complètement unique de partout et pareil à aucun autre, je vais donc plonger dans le néant quelque jour et je ne sais même pas quand ??? Ce n'est pas possible ce n'est même pas pensable et d'ailleurs je ne vais pas y penser, le moins possible puisqu'en ayant ça à la conscience tout le temps je ne ferai plus rien et me recroquevillerai dans un coin frappé de stupeur et d'épouvante...
Il semble malheureusement que ce sort commun soit réservé à toutes et tous, lois de la biologie oblige. Mais alors justement, pensent nos délirant zozos, si on pouvait s'affranchir de la biologie, dépasser ce vilain corps tout encombrant et tout lourd, qui vieillit et qui sent mauvais, qu'il faut tous les jours entretenir, nettoyer, nourrir, dans des routines stériles et ennuyeuses, si on pouvait ne devenir que purs et flamboyants esprits projetés dans les azurs...
La haine et le dégoût embarrassé du corps, a fortiori dans une société où le travail et les loisirs sont de moins en moins "corporéisés" eu égard à l'avalanche Internet, ont donc fusionné dans une idéologie mutante qui pense le plus sérieusement du monde qu'on est sur le point de pouvoir downloader l'esprit...et l'uploader ailleurs, dans un autre corps ou carrément dans un serveur quelque part.

Nul besoin d'avoir des études poussées en biotechnologies pour sourire devant ce fantasme de grosses têtes ô coïncidence vivant toutes ou peu s'en faut dans un pays ou le puritanisme trouve dans la crise de nouveaux échos millénaristes : le retour du survivalisme ou le "transhumanisme" procèdent tous deux de la même flippe politicosociale devant la possibilité d'un effondrement général ; il s'agit d'anticiper et de s'y préparer, y compris le plus radicalement possible...
Et si on suit cette logique, c'est vrai que sur une Terre ravagée par une quelconque Apocalypse, on serait tellement mieux au chaud dans une clé USB...
Sauf que ça revient à croire - y compris au sens religieux du terme et ce n'est pas un hasard - qu'on ne pense qu'avec son seul néocortex et que partant le reste est superflu. C'est ce que les zinzins post-humain pensent, comme les Raëliens, même si ces derniers ont l'air plus rigolos et font des partouzes ; au moins savent-ils s'amuser un peu en attendant les martiens. Mais voir l'activité de penser comme ne procédant que et uniquement d'un simple morceau de cerveau détachable du reste du corps n'a logiquement pu émerger que chez des travailleurs intellectuels fascinés par les machines au point d'y projeter leurs angoisses et leurs fantasmes : d'immortalité, évidemment, mais aussi de la "supériorité" qu'ils en retireront alors sur tous les autres...

Ça fait quelques années que je m'intéresse de près à l'usage du corps par différentes activités d'exercices physiques et je pousse même la curiosité à me renseigner sur ce qui se passe ailleurs dans ces domaines : savez-vous qu'au Brésil existe une école de renforcement musculaire nommée Ginastica Natural basée sur les mouvements et déplacements de différents animaux ? C'est tout à fait captivant, et complètement original. En fait, dès qu'on s'éloigne des approches "traditionnelles" de l'exercice physique comme on l'envisage en Occident, on découvre des choses inattendues et passionnantes ; ce qui est d'abord dû au fait qu'en Occident, on ne sait pas quoi faire de notre corps...on ne nous apprend ni à le considérer comme élément à part entière de notre personnalité, ni partant à en découvrir les potentialités. C'est un véhicule de nos activités, utile au mieux, même agréable parfois dans le cadre de la sexualité, mais il est d'abord vu dans sa notion de fonctionnalité ; et dans un monde où le travail tertiaire occupe et occupera une place absolument dominante, et où en plus les choses ont tendance à devenir quelque peu instables, il est finalement cohérent que certains très angoissés et très agités, qui plus est disposant des légitimités intellectuelles et universitaires, se mettent à théoriser des fariboles. 

Des fariboles comme par hasard ultra-élitistes et rejoignant par la bande les délires eugénistes du darwinisme social dans sa version la plus hardcore : il ne s'agit plus seulement de se débarrasser de leurs corps si vilains, mais carrément de devenir autre chose que cette masse grouillante de méchante plèbe ; on notera au passage que les tenants les plus fanatisés de cet "élitisme" sont comme par hasard tous Blancs...

Pour conclure en manière de réponse à ces rêves blêmes, un Perse nous aidera à clairement recadrer le débat : 

Pour parler clairement et sans paraboles
Nous sommes les pièces du jeu que joue le Ciel
On s'amuse avec nous sur l'échiquier de l'Être
Et puis nous retournons un par un dans la boîte du Néant

(Omar Khayyâm, Quatrains)



mardi 21 juin 2011

Le fort et le faible

Là où Réac est systématiquement ridicule, c'est quand ils s'emporte avec des trémolos dans une sorte de nietzschéisme en carton et réclame de la "force" : de la "force" pour punir les délinquants, de la "force" pour remettre la France au travail, de la "force" contre la bienpensance totalitaire métisssolâtre, de la "force" pour réequilibrer le budget de l'Etat etc., vous connaissez par coeur comme moi ses ritournelles aigries.
Et très logiquement, réclamer la "force" signifie symétriquement pour lui de fustiger les "faibles", à commencer comme par hasard par les pauvres de préférence bronzés. N'envisageant l'existence que par le prisme du darwinisme social le plus bas du front, Réac n'est que rêves humides de schlague et de punition, quand bien même dans sa réalité il n'est que trop heureux de ramper tous les jours devant un quelconque chefaillon de service.
Mais c'est qu'il faut bien défouler ses frustrations quelque part, n'est-ce pas.
Et d'exiger à grands hululements de la "force" et toujours plus de "force".
Alors que c'est lui qui, fondamentalement, structurellement si j'ose dire, est un faible.

Réac fusionne avec Libéral quand ils pensent tous deux que la "Force" est avant tout économique, et que partant il suffit d'avoir plein de pognon pour accéder à la catégorie Surhomme. Lequel est légitimé par ledit pognon à faire chier les autres tout en omettant de préciser que celui qui a plus de pognon encore que lui va l'écraser mais l'important est de se sentir supérieur au plus de gens possible ; le "riche" est donc "fort" puisque riche...
On voit donc toute la puissance de ce genre de raisonnement puisqu'à ce stade de l'évolution, un labrador est capable de davantage de finesse. Il suffit de voir les tronches de nos capitalistes franchouillards bien de chez nous, tous héritiers et rentiers qui n'ont jamais travaillé de leur vie et seraient infoutus de faire cuire une baguette de pain si l'urgence le leur commandait, pour balayer d'un revers de main négligeant ces paralogismes auxquels pourtant il croit dur comme fer.
Mais le faible est comme le pré-adolescent : il a besoin de modèles structurants auxquels s'identifier pour grandir. Le problème étant qu'il ne grandit jamais vraiment de ce point de vue. Pis : il régresse.

Quand il est vraiment remonté, Réac est toujours le premier à hurler à l'immédiat rétablissement des bataillons disciplinaires et de la peine de mort après lecture du moindre articulet du Figaro sur un kidnapping de Carambar. Son degré de réflexion politique se situant quelque part entre le chimpanzé en rut et la méduse morte échouée sur une plage au mois d’Août, tout ce qu'il est capable de projeter pour faire face à ses angoisses de petit Blanc en déclassement accéléré sera l'espoir qu'un Homme Providentiel - existant en version "féminine" mais "couillue" - va remettre de l'ordre dans tout ce bordel, en virant les bougnoules et en interdisant les syndicats, en gros. Oui, Réac est con au point de penser que ce genre de personne veut vraiment son bien à lui, et à ce stade de naïveté mièvre, on aurait presque pitié.
Presque.
Dans sa réalité, Réac tremble comme de la gelée dès qu'il met un pied hors de son T2 puisqu'il sait que tout va l'agresser. Les gens dans le métro - qui sentent mauvais-, les pas-blancs - qui violent nos emplois -, les affiches de cinéma - qui ont des couleurs qui font mal aux yeux -, le couple de gays qui achètent une commode à Ikea - ces gens pourraient se cacher tout de même -, le facteur qui passe à vélo - ce sale fonctionnaire qui en plus doit sentir mauvais et manquerait plus qu'il soit pas-blanc ET gay -, la caissière de Monoprix - qui ne va pas assez vite rien que pour l'embêter - les jeunes - qui sont accoutrés bizarrement -, l'herbe du parc - qui était plus verte avant -, les cuisses des filles en été - qu'il ne baisera jamais -, BREF : tout est douleur, méchanceté et tourment. Le monde, rien moins, lui en veut, à lui, personnellement. Il est donc "logique", de son point de vue, qu'il espère que quelqu'un/e le débarrasse de toute cette vilenie.
Mais de là à se bouger le cul pour que ça change, et puis quoi encore ? Faire des manifs, comme les communistes ?

Ayant passé l'essentiel de sa vie à adopter les codes de conduite et raisonnements de ses maîtres, se vantant d'être d'une soumission rare à toutes les règles, lois et oukases instituées par la bourgeoisie à laquelle il aspire secrètement de ressembler mais qui ne l'acceptera jamais et pour cause, Réac est d'une lâcheté infinie et il le sait parfaitement.
Il souhaite donc la "force", il fantasme dessus parce que lui-même se sait faible et négligeable mais pas question, jamais, d'en avoir par lui-même : il l'attend d'autres. D'où sa fascination et sa défense inconditionnelle des puissants, y compris quand ceux-ci bombardent des pays pauvres.

En somme, Réac ne comprend rien à rien et confond tout. Surtout concernant la "force" et la "faiblesse", et on me pardonnera le plaisir de l'auto-citation dans un mien commentaire sur un billet précédent qui résume plutôt bien mon point de vue là-dessus : 

"Quand je parle de "faiblesse", ce n'est pas spécifiquement vis-à-vis du handicap...
Il y a beaucoup de choses à dire sur ce qu'est être "faible", par ailleurs. Est-on en situation de faiblesse quand on est en dépendance, pour telle ou telle raison ? On peut le voir comme ça. Mais j'en ai suffisamment vu pour affirmer que certains "faibles" peuvent en remonter à bien des valides. À de soi-disant "forts"...

Et si on parle de faiblesse, il faut aussi parler de "force". Qu'est-ce donc que cela, exactement ?

Quand je fais un squat à 80 kg sous la barre, suis-je "fort" pour autant ? Non. J'ai la capacité physique de soulever ça, c'est tout. Mais là aussi, combien j'en ai vus qui se rendent difformes à force de fonte pour oublier le trou béant dans leur narcissisme...

Pour moi, la faiblesse absolue, la "vraie" faiblesse, c'est ce conformisme gluant des militants UMP, des libéraux, ce nietzscheisme en carton qui n'a pas lu Nietzsche, cette exaltation de la "dureté" et de la "force" par des gens qui n'ont jamais eu a affronter de vrais problèmes, des vraies difficultés, et qui ne se sentent "forts" que parce que malgré ce qu'ils braillent, ils sont du côté des dominants et en espèrent des miettes. Cela c'est la vraie faiblesse, et elle est absolument méprisable. Et ce sont les faibles qui sont au pouvoir, ne l'oublions jamais".

Je crois en toute non-modestie avoir fait le tour de la question.

"Quand j'serai grand, j'serai fort comme Erci Zemmour !"

lundi 20 juin 2011

Liberales de mierda

Libéral pleure. Libéral trépigne. Libéral serre très fort ses petits poings dodus et les agite convulsivement pour exprimer son agacement. Libéral se sent seul parce que personne ne l'aime, personne ne l'invite plus aux boums, et les enfants dans la rue lui jettent des cailloux sous le regard amusé de leurs parents.

Libéral constate chaque jour un peu plus que le temps béni des années 80-90 où il pouvait raconter absolument n'importe quoi sans jamais être contredit est terminé et il en est très affecté. Libéral se sent terriblement isolé, et quand bien même parvient-il à se consoler en lisant des forums fréquentés par 5 autres dépressifs ou la lecture régulière d'Atlantico qui s'obstine, très bêtement par ailleurs, à publier de ridicules articulets glorifiant l'économie de marché commentés par 3 paumés, il sait parfaitement que plus personne ne le prend au sérieux et qu'il a saoulé la planète entière avec ses fadaises. Pis : on ose même remettre en question Sa Foi et pour Libéral qui relit Hayek et Jean-Marc Sylvestre tous les soirs avant d'aller faire dodo, c'est l'insupportable même. Parce que c'est tout ce qu'il croit qui est ainsi remis en question, toutes les conneries qui ont structuré sa sous-existence qui sont critiquées.
Libéral souffre.
Et comme tous les gens limités quand ils souffrent, il a du mal à tenir ses petits nerfs :

"Le comble, c'est que dans les cretindignados, il doit bien y avoir en majorité toute cette classe oisive de jeunes gens nés dans la bonne famille, à l'abri donc du besoin, mais couverts de pustules gauchistes, qui ont peut-être lu l'imbécile et démagogique "Indignez-vous" de Stéphane Hessel."

Comme Libéral a un tout petit problème avec le concept de "réalité" dès que cette méchante s'obstine à ne pas rentrer dans son cadre de pensée - à savoir : tout le temps - il décide d'aller au plus simple. Et de la nier purement et simplement. Puisqu'il est bien évident que si quelque chose caractérise le djeun'z occidental, ce n'est pas précisément d'être "à l'abri du besoin" mais Libéral est un être fragile : il a besoin de se raccrocher à des illusions, sa préférée étant que libéralisme = élévation du niveau de vie...
Ce que n'importe quel observateur un peu objectif aura du mal à voir, et pour cause. Mais pas la peine d'expliquer le concept de "paupérisation" à Libéral : le pauvre ne peut pas comprendre. Il ne le peut plus. Le libéralisme, c'est tout ce qui lui reste, vous comprenez...

Ils sont pourtant bien sages, ces indignés. Bien polis et bien élevés. Puisque tout de même, au vu de la situation que nous traversons - je mets tout le monde dans le même bateau puisque ça nous tombera dessus aussi -, à savoir la mise à l'encan de pays entiers pour que le capitalisme puisse se remettre des crises qu'il fabrique à répétition, être "indigné" apparaît terriblement en dessous de ce qu'on serait en droit de légitimement espérer de gens de moins de 30 ans. C'est qu'on en aurait la nostalgie d'un certain communisme révolutionnaire savez-vous, et pas celui de quelques groupuscules actuels, non point : un vrai, façon old-fashioned avec insurrection et fumées noires un peu partout, renversement des institutions et proclamation du gouvernement du peuple.
Quant à la question de la "violence", vous allez me faire pleurer tant je suis trop sensible : une fois qu'on a compris que la violence politique se trouve désormais uniquement du côté des libéraux, espérer une sortie "pacifique" comme fait semblant de le croire Mélenchon - qui est trop intelligent pour ne pas savoir que son discours est bidon mais ne veut pas épouvanter son futur électorat d'abonnés à Télérama - est tout simplement une naïveté.
Mais qui sait ? Tout peut encore arriver. Même le meilleur.
Ensuite, faire sa petite crise de nerfs pour quelques milliers de personnes, il faut donc se sentir bien fragile.
Et avec raison ceci dit.

Quand on voit qu'un sondage pour une fois intéressant exprime que seulement "un ridicule 1% de Français soutenant encore que le libre-échange est "très positif pour l'emploi", en effet, il y a de quoi se sentir un peu merdeux.
1 %.
Même pas le score du NPA à la présidentielle de 2012.
Un tout petit pour cent de connards trépanés dont encore une dérisoire fraction croit qu'elle existe parce qu'elle braille sur Internet en se tenant chaud entre dégénérés. Rien. Même pas rien, en deçà de rien. Qui persistent pourtant à soutenir une idéologie dont plus personne ne veut et dont on attend encore depuis plus de 30 années qu'elle nous montre qu'elle est utile à quoi que ce soit, sinon à remplir les poches d'une poignée de dominants. Vous pensez que Libéral en ferait même partie, ce qui pourrait au moins excuser ce fanatisme ? Même pas. Tous les libéraux sont des employés qui rampent devant un chef. Et leur idées à la con, insistons : personne n'en veut.
Au moins Eric Le Boucher est-il honnête

"Partout, il faut imposer des choix difficiles aux opinions publiques".

L'imposer. Évidemment. Puisque si ces "réformes" avaient seulement été proposées, pensez-vous qu'on en serait là ?
La réponse est dans la question.

Libéral est fatigué et Libéral est fatigant. Il est stressé et névrosé, et en plus ça le rend agressif cet imbécile.
Libéral a besoin de vacances dans un endroit calme.

"Pourtant...snif...pourtant le Marché, normalement, ça aurait DÛ fonctionner...snif..."

dimanche 19 juin 2011

L'ennemi est bête. Amusant. Mais bête.

J'étais en train de tuer des nazis sur World at war quand me vint l'envie d'une pause de toute cette furie ; et en profitait pour à la fois allumer une clope et consulter mes mails.
Où je m'aperçus que j'en avait reçu pas loin de 400 nouveaux, du même expéditeur, qui me disait à sa façon à lui  ce qu'il - ils ? - avait pensé de mon délicieux billet "Français de souche ???".
Cette sollicitude touchante ne pouvait rester sans réponse : ci-dessous l'expression de mon sentiment distingué quant au contenu.


Le ou les intéressés seront à coup sûr sensible au subtil clin d'oeil qu'il comporte.
Sur ce, je vais continuer à tuer des nazis.^^

samedi 18 juin 2011

Loi inexorable du Marché

L'intelligence de l'ennemi

Du portrait de Patrick Buisson dans le Point, il n'a été retenu que la phrase : "L'antisarkozysme est une forme d'antisémitisme qui ne s'assume pas", sortie suffisamment grosse pour que les commentateurs se ruent dessus la tête la première...en se dépêchant d'occulter le reste de l'article. Qui est pourtant intéressant au premier point puisque permettant d'entrevoir ce qui se passe dans la tête d'une de ces personnes intelligentes et rares à droite qui constituent l'armature stratégique du sarkozysme.
Mettons donc de côté cette provocation qui n'est sans doute là que pour faire du bruit - vous vous sentez concernés ? Moi pas le moins du monde. Cette phrase ne me concerne pas, tout simplement et vous devriez l'aborder de la même manière - pour examiner de plus près ce fameux Buisson.

Parce que si il y a bien quelque chose qui frappe dans ce portrait, c'est la lucidité calme des analyses politiques de notre Talleyrand de poche. Qu'on lise le paragraphe sur le FN, c'est tout simplement brillant, pas d'autre mot : 

"La souffrance sociale est devenue l'élément structurant du comportement et du vote", clame celui qui s'est d'emblée montré favorable à l'idée de la prime pour les salariés. "Si on ne peut pas distribuer assez de pouvoir d'achat, et on va le faire avec cette prime, il faut distribuer de la considération." À entendre ce grand consommateur de sondages, "le vote FN est un vote de protection. Le potentiel de progression de Marine Le Pen se situe plutôt à gauche." Aussi considère-t-il que la présidente du FN a fait une faute en assurant que l'assistanat n'était pas un problème. "Le débat sur l'assistanat est un produit masquant du débat sur l'immigration. Pour le petit Blanc, l'immigré est la figure du déclassement. C'est l'effet de halo. Ce n'est pas là où il y a des immigrés que le FN progresse le plus, c'est là où ils ont peur de les voir venir. L'immigré est perçu comme le symbole de la paupérisation qui guette. Ce n'est pas un rejet raciste." Et de maugréer contre cet "antifascisme pavlovien qui consiste à ne voir dans l'immigration qu'un problème de xénophobie et de racisme, alors qu'elle est au coeur de la question sociale. Poser la question en termes moraux, c'est se moquer du monde".

Tout est dit.
La souffrance sociale comme élément moteur du vote populiste, la hantise du déclassement qui prend la figure de l'immigré comme expiatoire à son angoisse, le besoin de protection d'un électorat déboussolé par trop de difficultés quotidiennes, et la moralisation de la question raciste quand elle est d'abord et avant tout une question politique et sociale. Constat dépassionné utilisé avec un cynisme assumé dans le cadre d'une stratégie de division de classes pour monter ceux qui s'appauvrissent contre ceux encore plus pauvres.

Et on aimerait que pareille analyse soit plus présente à gauche mais au fait : les si brillants technocrates de Terra Nova utilisent-ils seulement les termes de "souffrance sociale" ? Les penseurs médiatiques qui encombrent les plateaux-télé analysent-ils cette peur du déclassement ? Tous ces élus députés-maires le cul bien au chaud dans leurs voitures de fonction envisagent-ils le racisme autrement que sous l'angle simplistement "moral" ?...
Il faut dire que toute cette étrange populace qui flippe devant cette mondialisation pourtant "heureuse", ça fait quelque temps que la sociale-démocratie l'a complètement laissée tomber, et ne fait jamais faute de l'accabler de son mépris, jusqu'à ne pas hésiter à voter avec l'UMP pour se venger d'elle quand elle a osé voter contre un certain traité constitutionel en 2005...

Ne nous y trompons pas : l'UMP n'est pas moins prolophobe que les caciques "socialistes" : mais les premiers les considèrent comme des outils utiles quant à leur volonté de domination quand les seconds refusent même de leur adresser la parole. Le populisme droitier sait qu'il a besoin de l'effet de masse des classes populaires pour se faire élire, d'où la propagande incessante dirigée vers elles et TF1 ne sert pas à autre chose. Où sont les discours exaltant la fierté ouvrière chez les socialos ? Ils n'assument même plus de défendre celles et ceux qui sont pourtant le camp politique par excellence de la gauche ; et la nature politique a horreur du vide.

De ce point de vue, les anecdote racontées avec gourmandise par un Buisson qui s'amuse bien de ce qu'elles vont provoquer de malaise chez les miterrandolâtres ne sont peut-être que d'autres provocations ; il est très facile de faire parler les morts, ils n'auront pas l'impolitesse de contredire. Mais de ce qu'on sait désormais sur l'utilisation du FN pour étouffer le PCF rend ces historiettes sinon crédibles, en tout cas cruellement vraisemblables...

"Le voilà ravi de raconter qu'il recevait chaque semaine un coup de fil de Pierre Bérégovoy, "la gorge profonde numéro un". Sans compter les rendez-vous réguliers avec François de Grossouvre, dans son appartement du quai Branly. Buisson a consigné les mots de l'éminence grise de Mitterrand dans ses carnets de notes : "Nous sommes de la même famille, Patrick Buisson. Vous êtes anticommuniste, je le suis aussi. Et le président Mitterrand autant que nous. Il est en train de débarrasser le pays du Parti communiste. Je compte sur vous pour l'aider dans cette mission historique de salut public." À cette évocation, l'oeil rond de Buisson s'éclaire. Il n'aime rien tant que les situations baroques, ambivalentes et drolatiques"

Tu m'étonnes.

Et c'est précisément cette position, volontaire, d'outsider perpétuel qui assure à Patrick Buisson un regard acéré et lucide. Il sait parfaitement que dès qu'il acceptera places et prébendes, cette lucidité se diluera dans la mollesse des fauteuils et les compromissions institutionelles. Ce qu'il ne veut à aucun prix puisque derrière le cynisme et la provocation, il est avant tout homme de convictions. Il croit aux idées et il croit à la politique pour faire changer le monde dans le sens de ses idées. Patrick Buisson est un fasciste politique, pas un "facho" et ce n'est pas du tout la même chose : il a une vision, claire et nette, de comment faire en sorte que ses idées gouvernent, d'où son choix de Sarkozy. Il le dit lui même, explicitement, si on sait lire entre les lignes : 

"Avec Nicolas Sarkozy, nous savons comment nous allons contrer Marine Le Pen. Sans alliance, l'espérance du pouvoir est totalement exclue pour elle. Elle peut perdre sur la thématique du vote utile. Elle fait croire qu'il y a une perspective politique alors qu'il n'y en a pas".

On aimerait autant de froide capacité de raisonnement dans une certaine gauche qui ne semble jamais pouvoir se dépêtrer de sa ferveur "puriste" et pour qui combat culturel" et "stratégie" sont au mieux des notions abstraites au pire des gros mots...

Il y a toujours à apprendre de l'ennemi, c'est pourquoi nous conclurons par une citation qui donne matière à penser : 

"Il est fertile d'être intellectuellement minoritaire. Dans un monde conformiste, l'esprit de contradiction est un outil pour approcher la vérité. L'outil le plus fécond".

Si vous voyez ce que je veux dire.

vendredi 17 juin 2011

Talhotblond

Tom a 47 ans, ils est marié depuis 15 ans et il est un petit peu en dépression. Son mariage bat de l'aile, son boulot à l'usine le déprime, et la seule consolation qu'il a dans une vie sans issues, c'est le jeux en ligne. Et les chat-rooms.
Un jour une gamine de 18 ans, "Talhotblond", Jessica IRL, le contacte et commence à flirter avec lui. Et Tom ne se contente pas de simplement jouer le jeu : il s'invente un personnage, Tommy, 18 ans, jeune et courageux marine qui va partir en Irak. Un jeu de séduction s'installe entre l'homme marié d'âge mûr et la jeune blonde sportive et allumeuse, elle lui envoie des photos d'elle, dont certaines assez dénudées et même quelques petites culottes...
Et Tom de perdre de plus en plus pied avec la réalité et de se confondre de plus en plsu avec son personnage de "Tommy", jusqu'à même espérer l'impossible.
Jusqu'à ce que sa femme tombe sur un des sous-vêtement de "Jessi". Et exige que Tom renonce à sa liaison virtuelle, jusqu'à envoyer une lettre révélant toute la vérité à Jessi.

Qui va très très mal le prendre.
Et draguer sur Internet un des jeunes collègues de Tom, Ben, 22 ans, qui bosse à mi-temps et fait des études pour devenir prof. Tout en maintenant un lien avec Tom qu'elle va s'ingénier à faire tourner en bourrique et exciter puis larguer puis reprendre puis échanger des fantasmes puis s'éloigner puis le rendre jaloux jusqu'à ce que notre père de famille déjà bien fragile ne devienne de plus en plus violent, d'abord seulement virtuellement, et jusqu'à l'irréparable : il abat Ben de trois balles.

Ça s'est passé en 2006 et Internet était bien moins présent dans nos vies alors.
Histoire vraie et sacrément glaçante, ce documentaire intéressera beaucoup de personnes soit acteurs d'Internet soit simplement usagers : on se permet tout ou presque, sur Internet. Sachant que dans 99 % des cas, il n'y aura que peu, très peu, voire le plus souvent pas de conséquences du tout.
Pas de conséquences du tout jusqu'au moment où il y a des conséquences.

Et on ne sait jamais trop bien qui est vraiment derrière le clavier, comme le montre ce documentaire dont le twist ending vaut largement celui d'Usual suspects.



Edit : au fait : le doc traduit en français s'appelle "Blondincendiaire" et vous ne devriez pas avoir trop de mal à le trouver si vous êtes gentils avec votre oncle d'Amérique Jack Torrent.

jeudi 16 juin 2011

Protocoles

Vous devez normalement avoir entendu parler sinon avoir lu ce terrible témoignage de ce tétraplégique à qui son "organisme de soins" Santé Service impose un protocole extrêmement humiliant et dévalorisant. Si ce n'est pas le cas, c'est ici et ça met un peu très en colère. Suffisamment de monde en tout cas pour que ça fasse le tour de Twitter jusqu'à arriver au ministère du Travail et il semble qu'on se dirige vers un happy-end pour Louis van Proosdij Duport. Tant mieux.
Et tant mieux également pour toutes les autres personnes coincées dans leurs fauteuils roulants et qui subissent depuis des années, voire des décennies, la mesquinerie cruelle et parfois même la complète inhumanité des personnes et organismes censés s'occuper d'elles. Parce que LvP doit la solution de son tourment à sa capacité à communiquer : il a su comment lancer son cri de détresse, sans s'attendre à ce qu'il soit à ce point et aussi rapidement entendu, parce qu'il comprenait comment fonctionnent les réseaux sociaux et en avait usage et habitude. Toutes les personnes dans sa situation sont loin, très loin même, de posséder ce savoir-faire...
Sans parler de celles qui ne peuvent même pas, physiquement, utiliser un clavier : il faut des doigts et une coordination motrice en état de marche, pour cela.
(Ouais, hein ? On en a de la chance, sans s'en rendre compte... réfléchissez un peu à vos doigts : vous ne les verrez plus du tout de la même façon après).

Il est à souhaiter que le cas de LvP fasse donc boule de neige et qu'on y regarde de beaucoup plus près quant à la façon dont on s'occupe de celles et ceux qui ont eu beaucoup moins de chance que nous.

J'en aperçois un ou deux au fond qui ricanent parce que leur gauchiste vociférant préféré prend la défense et s'émeut du sort d'un patron ; des visiteurs ponctuels, à coup sûr. Puisqu'aucun des mes habitués ne serait aussi superficiel.
Qu'on ne se fasse aucune illusion : c'est tout un chacun de nous qui risque bien de devenir un "protocole"...
Vous ne me croyez pas ?
Vous ne vous sentez pas concernés ? Vous vous dites que vous êtes en parfaite santé, ce en quoi je vous félicite ? Vous vous dites que ouf, "ça" ne vous arrivera pas ?...
J'ai passé suffisamment d'années à changer les couches de personnes qui jamais n'auraient pensé que "ça" leur arriverait avant que ça leur arrive pour me permettre un petit sourire en coin.
Plût donc au Ciel que vous n'ayez jamais d'accident de voiture. Ou d'AVC. Ou de chute dans un escalier, ou même simplement tomber de votre propre hauteur. Ou même également avoir une maladie du genre longue et difficile comme au hasard un de ces facétieux cancers qui guettent bien la moitié d'entre nous.
Parce que à ce moment là, vous aussi deviendrez des "protocoles".

Au delà donc du cas particulier de LvP et ce n'est pas minorer sa souffrance que de prendre un peu de recul ici, c'est bel et bien la façon dont notre société traite les "faibles" qui est en question. "Faibles" qui peuvent l'être soit définitivement, comme les tétraplégiques, ou ponctuellement, comme nous tous quand nous sommes obligé de séjourner dans un hôpital. Et comme tout est politique décidément, on en revient, eh oui, encore, au même pull...

Quand je bossais dans une association d'aide à domicile, on nous avait prévenus du changement de président, "l'ancien" ayant été élu sous l'étiquette d'un parti soi-disant de gauche et ne pouvant plus légalement remplir ces fonctions. Il en a donc sorti un "nouveau" de son chapeau lequel ô coïncidence était dans le même parti que lui...
Et ce monsieur était expert-comptable de profession.
Connaissant fort mal ce métier, je me garderai de les critiquer ; sans doute ces personnes font-elles un travail hautement estimable dans leur partie.
Mais être bombardé président d'une association d'aide aux personnes handicapées ?...
La réunion de présentation du "nouveau" fût inoubliable, quelque part. Dès qu'il prît la parole, il ne parla que de "cercles qualité".
De "ratios coûts/bénéfices".
De "compétitivité" et aussi de "réactivité" dans un "secteur de marché à concurrence forte".
De "croissance exponentielle du chiffre d'affaire".
Et aussi, si je me souviens bien, de "management des équipes de terrain afin d'augmenter la productivité tant au niveau qualitatif que quantitatif des services envers les clients".

Je rappelle qu'on parle ici de services indispensables voire vitaux pour des personnes lourdement handicapées, et pas de pommes de terre ou d'ailes de voitures. Cette précision apparaît relativement indispensable.
Vous savez pourquoi la façon dont on s'occupe des handicapés est de plus en plus honteuse et merdique ?
Parce que les présidents d'association et les responsables de secteurs sortent de plus en plus d'écoles de commerce et de management.
Parce que le terrorisme du cost-killing et de "l'optimisation du rendement" a pénétré jusque dans les milieux où il n'a jamais rien eu à faire.

Et hier soir sur LCP, on pouvait voir la vache Bachelot refuser catégoriquement d'augmenter les dépenses sociales parce que ça ne serait pas - dixit - "raisonnable"...

L'histoire de LvP m'a ému, comme tout le monde.
Mais pas du tout étonné.

Puisque au final, il n'a exposé que les conséquences d'une idéologie ; et des secrétaires d'Etat pourront s'agiter tant qu'elles veulent, et même ça soulagera des personnes et tant mieux.
Mais sans remettre en question profondément quelques "fondamentaux" que personne ne voit tant ils ont TOUS le nez dessus, il y aura encore des LvP.
Il y aura encore des personnes qui ne seront que des "protocoles".

mercredi 15 juin 2011

Red dot

Extrait d'un - assez long - mail écrit hier à Agnès. Il me semble qu'il y a 2-3 choses pas inintéressantes dedans.

"Tu es certainement plus au courant de ce qui se passe dans le monde qui va mal, pour preuve les liens que tu met sur Twitter. De mon côté, j'ai un rapport à l'information plus sélectif : je cherche une nuisance à flinguer, je me renseigne sur deux-trois trucs et après : basta. Mon point de vue étant que je suis déjà assez au courant que c'est merdique partout sans explorer la millionième nuance d'une nouvelle facette de l'horreur capitaliste. Alors je suis moins "informé" que nombre de mes petits copains blogueurs et tant mieux : à eux de se faire chier à lire des rapports et des PDF pour en faire des comptes rendus que je lirais plus tard.
Mais. Du coup. J'ai un joujou extra.
Du recul.
N'étant pas la tête dans le guidon en permanence à traquer le moindre fait et geste umpiste pour m'en "indigner", je peux reculer le fauteuil de l'ordi et essayer de voir quelles trames se dégagent. Quelles lignes de forces. Quelles intentions, conscientes ou non. Et surtout faire le tri entre ce qui marche et ce qui ne marche pas. D'où la grosse rigolade devant Unité2012. D'ou aussi l'analyse la plus dépassionnée possible. D'où AUSSI, le refus catégorique de désespérer dans ces temps merdiques : les choses étant ce qu'elles sont, comment, concrètement, parvenir à des objectifs précis. Il y a beaucoup de choses à apprendre dans la science militaire...^^

De la même façon, j'essaie d'être le plus "neutre" possible quand je cherche des idées. Et ça peut amener très loin mais même pas peur. Il y a UN truc intéressant sur un site d'extrême-droite ? Je prends. Il y a UNE idée pas conne dans un bouquin de marketing ? Je prends. Au milieu de l'océan de conneries du "développement personnel" surnage UN point de vue éclairant ? Je prends. Je prends, je prends, je prends, et je ne me prends PAS la tête à me demander si c'est trop ceci et pas assez cela, si je ne suis pas en train de trahir, de me salir, de, bref, ce genre de boulechite. Eux n'ont jamais fait la grimace quand il s'agissait de piller Gramsci pour faire du "combat culturel" de droite ; je ne vois absolument pas où est le problème de faire de même. Et à aucun moment je n'ai d'angoisses "gauchistes" concernant mes chères et pures convictions qui vont être souillées par ces contacts maléfiques vade retro blablabla. Je sors de 2 années de délires puristes dans une orga paralysée par tout, et sans même parler d'elle je constate que que le cadre d'expression de la vraie gauche ne marche pas. Et désormais, je ne veux que des choses qui marchent. Il faut avoir confiance en ses propres idées, aussi, quand même : sont-elles donc à ce point fragiles qu'elles ne puissent affronter le Mal ?^^ Elles sont au contraire suffisamment fortes pour trier et faire des choix.

Bon, ce mail est en train de se transformer en manuel de "La Méthode à CSP" et je pense même que je vais le mettre en ligne^^ . Mais le plus important, c'est d'avoir dès le départ deux choses : 
- Une grille de lecture pour comprendre le monde : ça, je la dois à la LCR et merci, immense merci aux personnes qui ont pris le temps de nous former et de me prêter des bouquins ;
- La conscience, again, qu'on est en guerre et que ce soit le plus limpide possible. En assumant les décisions qui vont avec.
De fait, avec ça, nul besoin d'entasser les lectures brillantes et de passer ses soirées à réviser Les Grands Anciens : j'ai connu des gens qui peuvent citer Rosa Luxembourg dans le texte et sont infoutus d'avoir une analyse politique qui tienne debout. Ce qui ne signifie pas non plus qu'il ne faille pas lire Rosa Luxemburg ! Mais ça signifie que rien ni personne ne constitue le THE référent absolu et définitif, parce que la culture c'est très bien, mais sans être attachée à 1) des convictions en tungstène, 2) une direction précise - en l’occurrence : le Socialisme, pour ma pomme - et 3) la volonté active de voir ces idées s'incarner dans la chair du réel, c'est du décorum. C'est mignon, ça fait plaisir, mais ça reste du loisir. Et au fait : on est en guerre.

D'où l'activité principale de CSP qui est de faire de la riposte face aux hordes de dégénérés qui jouent les victimes sur Internet quand leurs idées de merde passent tous les jours sur TF1, sur RTL et ont des ministres d'Etat pour les agir. Il s'agit de leur montrer que non, même devant un clavier, ils ne peuvent pas se répandre impunément dans leurs petites paranoïas de ratés aigris et je me fais à chaque fois une joie de leur montrer qu'il y a du répondant en face. Et zéro pitié, zéro compassion : ces "choses" qui se répandent dans la "réacosphère" ou les commentaires du Figaro.fr sont des collabos en puissance qui se seraient fait une joie d'écrire des lettres anonymes à la Kommandantur. Et "ça" joue les victimes de la bienpensance, ces cervelles de miliciens ? Il m'est grand bonheur de pourrir leurs existences par le simple fait que CSP existe. En plus, c'est très sain, finalement.

Bon, du coup, je ne sais pas si j'ai vraiment répondu à ta question, moi...tu sais quoi ? On en reparle soit par mail soit IRL."


mardi 14 juin 2011

GOTY



"Une tuerie !"
Gamekult.com

"Putain c'est énorme !"
Canardpc.com

"Il y aura désormais un avant et un après CSP : Blogwars. 20/20 et encore on est sévères, là"
Jeuxvideo.com

"On aime rien et on critique tout mais là, on s'incline : CSP : Blogwars est, d'emblée, un monument"
Nofrag.com

"Richesse d'un gameplay profond et intelligent, complète liberté de mouvements dans des environnements chiadés à pleurer, réalisation ultra-rythmée, bref : maîtrisé de bout en bout jusque dans les petits détails qui font plaisir, CSP : Blogwars réinvente le genre, rien moins. Une claque ? Non, un triple coup de boule rotatif qui laissera tout le monde sur le carreau"
Ecrans.fr

"Le monde vidéoludique bruissait d'une rumeur allant en grossissant chaque jour, c'est désormais confirmé : les sorties de Battlefield 3, Modern Warfare 3 et Bioshock : Infinite sont définitivement annulées, le raz-de-marée CSP : Blogwars ravageant tout sur son passage. Bobby Kotick d'Activision Blizzard est apparu très affecté à sa dernière conférence de presse, annonçant en même temps le dévissage de l'action Activision et sa démission avant de fondre en sanglots hystériques. Surprise retentissante de l'E3 2012, CSP : Blogwars ne se contente pas de révolutionner le FPS, il fait prendre un tournant sans retour à l'industrie du jeu vidéo. Un séisme qui se répercutera encore de longues années".
Slate.fr

"Le succès inouï et inattendu de CSP : Blogwars est la preuve que la société française s'enfonce dans l'archaïsme gauchisant immigrationniste et décade de partout. J'arrête cette chronique et fonce à Carrouf m'acheter un PC pour faire tourner ce jeu de ouf guedin".
Ivan Rioufol

"Lemonde.fr ne sortira pas aujourd'hui et nous présentons toutes nos excuses à nos lecteurs et abonnés. Toute la rédaction est à fond sur le multi de CSP : Blogwars, on vous fera signe quand on aura émergé".
La rédaction du Monde

"Emeutes en Chine depuis l'annonce de l'interdiction de CSP : Blogwars sur le territoire chinois. Des centaines de milliers de chinois en colère protestent contre la décision du gouvernement et la contestation ne semble pas vouloir s'éteindre. Hu Jintao est apparu à la télévision pour tenter d'apaiser les esprits et supplier ses concitoyens de reprendre le travail mais la crise que traverse le pays aura à coup sûr des conséquences déterminantes".
AFP

"L'Etat-major de Tsahal lance un cri d'alarme : ses soldats désertent en masse pour rentrer dans leur foyer, afin de passer plus de temps à jouer à CSP : Blogwars. Les check-points en Cisjordanie sont vides et à la vue de Palestiniens libres d'aller et venir, le premier ministre adjoint Avigdor Liberman a été foudroyé par un infarctus".
Libération

"Les...les COMMUNISTES ! Ils sont partout, je...je les sens SOUS MA PEAU !!!"
XP d'ILYS

"J'en ai rien à foutre j'y jouerai pas ce jeu il est trop pourri, même si tous mes amis sont à fond dedans et que je suis tout seul sur le fofo politique lol xoxo lmao".
Darkpioupiou

"Je me retire définitivement de la vie politique et vais faire du coop' avec mes petits fils sur CSP : Blogwars"
Lionel Jospin

"Nous on sait pas, on a pas d'opinion, d'ailleurs on sait rien et on sait plus où on habite, on réclame le droit au doute et on va débattre en congrès si oui ou non ou peut-être ou éventuellement mais c'est plus compliqué, mais une chose est certaine : CSP : Blogwars, c'est juste de la trop bonne balle".
Olivier Besancenot

"Moi qui n'était absolument pas jeux vidéos, j'ai été subjuguée par CSP : Blogwars. Mieux encore, ça m'a complètement bouleversée. Je tiens absolument à inviter le génie créateur de cette merveilles à mon émission et ensuite, on pourrait, je ne sais pas, dîner en tête à tête, dans un endroit plus intime, comme par exemple...chez moi..."
Alessandra Sublet

"Il ne faudrait pas que CSP : Blogwars paralyse les forces vives de la Nation et plombe sa compétitivité. Je comprends les français d'avoir besoin de s'adonner à ce loisir, mais il faut qu'ils comprennent que la valeur travail est plus importante. Il faut avoir confiance. S'il vous plaît".
Nicolas Sarkozy

lundi 13 juin 2011

Millet De Souche

"Dans le métro, il ne reste plus qu'un siège dans un carré de quatre places : je m'y assois près d'un Pakistanais qui pue les épices, d'un vigile caucasien dont le chien empeste le mouillé, d'une fillasse en chaussures de sport qui sent des pieds et d'un type, debout près de moi, qui exhale une haleine chargée de tabac froid. Je me lève, cherche une autre place : il n'y en a pas. Je reste donc debout, entre un Noir sentant un mélange de haschich et de transpiration et une ménagère qui écoute si fort son mp3 qu'à elle seule, en oscillant la tête de droite à gauche et inversement, elle résume l'ilotisme contemporain."

Quelqu'un souffre atrocement. Ou alors n'a vraiment pas de chance quant à ses voisins de rame.
Tout de même, c'est terrible, cette obligation de devoir partager l'air qu'on respire avec tant d'odieux pas-comme-soi. Et puis ça fait penser à d'horribles choses, ce métro, décidément : 

"Dans ce wagon de métro qui m'emmène vers la banlieue nord de Paris, et où je suis le seul Blanc et, sans doute, le seul Français, je songe à cette expression sociologique en vigueur il y a une trentaine d'années, le seuil de tolérance à l'immigration (i.e. une immigration « visible »), et qu'on estimait à 10% : idée bientôt battue en brèche par le libéralisme moralisateur qui a fourbi la gnose de l'idéal multiculturaliste, c'est-à-dire la destruction de la culture, renvoyant les uns et les autres à l'apartheid mental ou au ghetto - à deux formes de survie violente".


Il s'appelle donc Richard Millet et il paraît qu'il écrit des livres. Ouvrages dont les extraits ci-dessus ne donnent guère, on en conviendra, l'envie de les parcourir plus avant puisque à quoi bon se fader des volumes entiers des commentaires de Fsetouche ? Il paraît pourtant que l'individu serait une sorte d'esthète, de grand amoureux de la langue française et serait épouvanté de la baisse de niveau blablabla et qu'on est plus chez nous blablabla et que l'étranger il sent mauvais et que l'homosexuel il serait pédé que ça étonnerait personne et disons les choses franchement : le cul sur un banc sur une place de village avec un clocher en arrière-plan pendant qu'au loin mugissent les vaches, on serait quand même drôlement mieux, ma pov' Lucette.

Ouais, c'est toujours la même chose. Le même discours nul, creux et surtout complètement bidon. Les "racines" de la France. La "nostalgie" d'un ailleurs qui aurait été "avant" (Mai 68 et le regroupement familial, pour ceux qui n'auraient pas suivi). Fantasmes que tout cela, évidemment : les apologistes de la cambrousse old fashioned n'y vivent évidemment pas et si on faisait l'expérience - distrayante par ailleurs - de les y jeter pendant un week-end entier, sûr et certain qu'au sortir de ce ce trauma ils retrouveront leur monoxyde de carbone et leur connexion wi-fi avec des larmes de joie tant ils se seront fait chier jusqu'au coma. Mais avec droitard tendance Millet De Souche, on est pas dans le réel, le vrai, l'expérience concrète : on est que dans le fantasme et la projection de névrose.

Puisque encore une fois ici, on est obligé de quitter un peu le champ de la politique pour aller sur les chemins de traverse de la psychopathologie : ce monde dont ils tressent les louanges sur l'éternel rengaine du "Ah la la c'était mieux avant" n'a jamais existé. Ne serait-ce que parce que de vilains et méchants immigrés il y en avait déjà avant les années 70, simplement ce n'était pas les mêmes. Prenez fafounet et collez le de force dans une DeLorean pour simplement quelques décennies en arrière, il pestera contre ces salopards de Ritals pas comme nous. Quelques années encore en arrière, et ces salopards de polonais seraient mieux chez eux. Surtout qu'ils violent les emplois des vrais français et se vautrent dans la fainéantise en parlant un sabir d'untermenschen qui contribue à la baisse du niveau scolaire etc. etc. Les mêmes paralogismes, les mêmes névroses de petits blancs flippés et incurablement débiles. J'ai oublié la détestation des Juifs ? Allons, prenez n'importe quel texte d'islamophobe et remplacez systématiquement "musulmans" par "Juifs" : vous verrez qu'il n'a pas changé d'un iota.

Si on comprend donc le processus de "pensée" d'un Millet De Souche, maintenant = c'est tout pourri, avant = c'était mieux, donc dans l'avenir il faudra faire comme avant...
On reste confondu devant tant de simplisme niais et bêtifiant.
Certes bien à l'image de ce qui s'agite dans la cervelle aussi vive que de la salade cuite de Réac qui est beaucoup trop tourmenté par ses angoisses morbides pour tenter d'esquisser un vrai début de réflexion sur quoi que ce soit - Réac pue la mort et l'angoisse, l'avez vous remarqué ? Oui, n'est-ce pas ? De là à penser que le contexte anxiogène généralisé de l'époque se traduit chez lui en fascination morbide et en fantasmes de pureté, il n y a qu'un pas qu'on peut d'autant mieux franchir que c'est tout simplement à quoi se réduit la psyché des formes de vies inférieures qui se vantent d'être "réactionnaires" - car voyez-vous, essayons d'envisager, par un jeu de l'esprit, que puisse enfin se réaliser le monde rêvé par Réac ; que puisse en somme advenir dans le futur le fantasme d'un passé qui n'a jamais existé...

Ben oui : c'est impossible.
C'est pour ça que les réacs du genre Millet De Souche sont dans la crispation et dégoulinent de leurs petits haines recuites : ils n'aiment pas le présent, ils fantasment le passé et le futur leur est définitivement bouché.
Tu m'étonnes que ça crispe.
Et de se répandre, encore, en lamentations - Réac pleure vraiment beaucoup, c'en est fatigant - en déplorant la "modernité" dont il est quand même bien content de bénéficier quand ses anxiolytiques lui sont remboursés par la Sécu avant de se consoler en relisant Philippe Muray qui est décidément l'idole des cons.

À propos de ce dernier, j'envisage très sérieusement une fois que je serai au pouvoir - CSP2012, votre seul espoir - qu'à chaque fois que quelqu'un dira "festivus", on lui injectera de l'acide de batterie rien que pour voir quelles nouvelles couleurs ça donne. Comme ça, pour rire.

"On se fait chier, mais on se fait chier CHEZ NOUS !"