Libéral chiale. Libéral se sent chaque jour un peu plus isolé et ridiculisé et c'est bien la seule chose sur laquelle il est lucide. Après, il faut se mettre un peu à sa place : vivre dans un monde où tous les gens normaux qu'il croise parfois lui expriment franchement qu'ils en ont marre de sa gueule et que son idéologie débile il peut se l'enfoncer dans certains relis de son anatomie, ça découragerait. Heureusement pour Libéral, il est davantage dans le fanatisme crétinisé que dans la rationalité objective et c'est ce qui lui permet de tenir le coup. N'empêche : c'est dur...
Heureusement, les colonnes complaisantes de la presse bourgeoise lui permettent un moment de répit ; ainsi, seul devant son clavier et sans courir le risque de se faire couper la parole par des syndicalistes néobolchéviks vociférants, il retrouve un peu de la sérénité qui était sienne dans les années 80-90, temps heureux, temps béni où il pouvait raconter absolument n'importe quoi partout où il passait et tout le monde était d'accord avec lui...
C'était bien.
Mais maintenant...maintenant le réel a rattrapé Libéral. Et le réel, ça pique.
"Une récente étude a confirmé une fois de plus l'exceptionnelle impopularité auprès de l'opinion publique française de l'ouverture des marchés".
Sans.
Dé.
Con.
Ner...
"Comment expliquer une telle méfiance de l'opinion vis-à-vis de l'ouverture des marchés ?"
Oui : pourquoi. MAIS POURQUOI BORDEL ???!!! HEIN ???
"il faut tout d'abord admettre que la défiance vis-à-vis du libre-échange n'est absolument pas spécifiquement française. Il y a un an, une étude américaine rappelait que 70 % des Américains considéraient que les accords de libre-échange signés par les Etats-Unis avaient été dommageables à l'emploi et que 60 % de ces mêmes Américains étaient favorables à des restrictions commerciales".
La première fois qu'il a lu ça, Libéral a fait une petite crise d'épilepsie, tout de même. Pas la méchante-méchante qui vous expédie à l'hosto direct, non, mais quand même, la pas gentille qui fout à terre en convulsions et relâchement de l'urètre. Parce que si même le pays natal de Milton Friedman commence à déconner et que ces habitants deviennent communistes, Libéral perd un gros gros morceau de ce qui appuyait ses élucubrations...
Le réel se rapproche chaque jour un peu plus de Libéral...
"En réalité, aujourd'hui, dans la plupart des pays occidentaux, la préférence pour le libre-échange est extrêmement faible, contrastant avec sa singulière expansion dans les pays en développement, pour qui commerce et développement ne sont que les deux faces d'une même réalité"
Traduction : les pays développés en ont archi-soupé des conneries monétaristes et les pays du Tiers-Monde sont passés direct de l'esclavage...à l'esclavage. Sous une autre forme, certes, mais in fine ça ne change pas grand'chose. Puisque ce fameux "développement" dont ne manque jamais de se gargariser Libéral, c'est sa vision du monde en forme de fichier Excel avec deux colonnes coûts/bénéfices et du moment que le solde est relativement positif à la fin, il peut claironner que vous voyez bien ça marche. Sans intégrer que ça ne "marche" que pour des fractions minoritaires de la population pendant que les autres triment à fabriquer des Iphones voire éventuellement que ça pollue un peu, tout ça. Et qu'au passage il confond progrès technique et bien-être. Mais arrêtez d'être méchant avec Libéral, c'est déjà difficile pour lui, d'accord ?
"Comment donc expliquer cette défiance ? Trois facteurs jouent. Le premier résulte du fait que les avantages indiscutables de la libéralisation des échanges sont lents et diffus, tandis que ses coûts sont immédiats et visibles".
Eh, bonhomme.
On veut bien être gentils.
On veut même bien être patients.
La preuve : on est capable de lire tes sornettes.
Sauf que ça fait TRENTE PUTAIN D'ANNÉES que les macaques de ton espèce nous promettent que la mondialisation va, un jour, vous verrez, suffit d'y croire très fort, encore un effort, apporter à tout le monde des "avantages".
Alors quand tu nous sors la bouche en coeur :
"La seconde raison tient au fait que l'ouverture des marchés n'est pas socialement neutre. Elle crée des gagnants et des perdants. Les gagnants, ce sont évidemment les consommateurs, c'est-à-dire nous tous, ainsi que les personnes qualifiées travaillant sur des créneaux spécialisés, tandis que les perdants sont souvent les travailleurs non qualifiés des secteurs à faible valeur ajoutée faisant appel à une forte main-d'oeuvre substituable".
Les "consommateurs" ont un petit peu envie de te demander si tu te foutrais pas de leur gueule, déjà ; et quand en plus tu insistes :
"La troisième explication à cette méfiance réside dans le fait que, au sein même des gagnants, la répartition des gains de la mondialisation demeure très inégale. Les multinationales en profitent plus que les petites entreprises et les actionnaires bien davantage que les salariés"
Et non, tu ne vois toujours pas le lien, pourtant relativement criant, avec disons une relative non-popularité d'un certain néolibéralisme ?
Non ?
Vraiment pas ?
Même en se forçant un peu ?
Si on disposait d'une machine absolument géniale qui permettrait d'avoir une photographie parfaitement exacte des diverses opinions et points de vue d'une population donnée, et qu'ensuite on décidait de donner de l'importance médiatique à ses opinions uniquement en fonction de la proportion ainsi trouvée ; c'est-à-dire que le temps de parole serait découpé en tranches selon l'importance que les gens accordent à tel ou tel segment politique, voyez ?
Déjà, la question de "l'invasion islamique" serait réglée, vu qu'à part une minorité de singes hurleurs paranoïaques, personne n'en parle et tout le monde s'en fout.
On trouverait aussi beaucoup de préoccupations sociales et concrètes. Des histoires de pouvoir d'achat et de fins de mois. De boulot de plus en plus difficiles et d'inquiétudes quant à l'avenir.
On trouverait de la peur, surtout. Beaucoup, de plus en plus de peur. Et quand on a peur, on fait des bêtises.
On trouverait de la peur, surtout. Beaucoup, de plus en plus de peur. Et quand on a peur, on fait des bêtises.
Mais si on donnait un temps de parole au néolibéralisme en fonction de l'importance que la population lui accorde vraiment, c'est très simple : il disparaît complètement du paysage. Il n'est même pas minorisé : il disparaît. Purement et simplement...
Heureusement que bien des médias lui donnent une importance délirante en invitant des affidés du MEDEF pour en parler : puisque si il n y avait plus ni tribunes, ni articles, ni plateaux-télé là dessus, au bout d'un mois on ne souviendrait même plus que ça ait pu exister un jour.
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| La nature est impitoyable : entre le Libéral et le panda, ce sera le panda qu'on sauvera. C'est comme ça. |













