mardi 31 mai 2011

Les maigrisseurs

Bonjour ma petite demoiselle. Je suis le Docteur Ernst Von Schlankmachen, nutritionniste et diététicien, et tu es grosse. Tu es grosse, c'est une réalité incontournable et inadmissible. Tu es grosse avec tes 48 kg pour 1m52 pour 13 ans et ton corps te fait horreur avec raison parce qu'il doit te faire horreur. Heureusement, tes parents t'ont amené à moi et je te garantis que tu vas maigrir, et partant que tu vas être heureuse. Y compris malgré toi.

J'ai vu que ta maman avait apporté mon livre - vendu à 350 000 exemplaires, disponible dans toutes les bonnes librairies, FNAC, Amazon et stations services pour la  modique somme de 38,50 € ce qui est donné pour le paradis des tailles 32 - que j'ai nommé en toute modestie "La seule et unique méthode efficace pour arrêter d'être des boudins, devenir belles et maigres, et regagner l'estime de votre mari épouvanté par vos capitons de personnes faibles et inférieures", titre un peu long mais qui percute sa mère, je trouve. C'est qu'on est dans un marché de niche hautement concurrentiel, comme dit mon fils qui fait Force de vente, il est nécessaire de se démarquer. N'empêche, petite : la "méthode de fer" comme l'ont surnommé toutes les connasses qui écrivent dans des féminins et autres blogueuses mode à QI de méduse, ça marche. Très fort. Je te garantis que tu perds du poids. Tu sais comment ? Mais d'abord, je vais te raconter mon histoire...

Quand j'étais étudiant en médecine, très vite et contrairement à nombre de mes petits camarades d'internat qui rêvaient bêtement d'aider des smicards, j'ai tout de suite compris que pour se payer la même villa dans le Lubéron que papa, je n'allais certainement pas me conventionner comme les autres blaireaux : il me fallait un secteur plus juteux que ça et ça tombe bien : il y a de plus en plus de pauvres.
Tu ne vois pas le rapport ? C'est pourtant très simple : les pauvres sont gros et non seulement ils sont honte d'être pauvres mais en plus ils ont honte d'être gros. Les pauvres sont gros parce qu'ils travaillent plus, sont moins éduqués, et se vautrent comme des otaries devant TF1 après le boulot en mangeant de la merde pas chère achetée à Lidl. C'est marrant les processus de civilisation, non ? Il y a deux siècles, c'était les bourgeois qui étaient gras à lard et les pauvres étaient maigres. Tu me diras : y avait qu'à faire maigrir les riches, certes ; mais non seulement à l'époque ils ne voulaient pas vraiment mais surtout ils étaient - et sont toujours d'ailleurs - fort peu. Alors que les pauvres il y en a beaucoup. Qui sont à présent beaucoup de gros pauvres. Qui rêvent de devenir riches - ils n'y arriveront jamais - et de devenir minces - ça, ils peuvent le faire mais il y a un prix à payer. Et c'est là que moi et mes concurrents on entre en scène...

En fait, on fait notre beurre - ah ah - sur deux choses fondamentales, nous, les maigrisseurs : les changements de représentations de soi dans les classes supérieures, qui se sont calquées à partir des années 50 sur le modèle du sportif et de l'athlète pour être toujours dynamique et en pleine forme - et mince, il va sans dire. Et le fait, qui est lié au précédent, qu'on vit dans un système économique appelé capitalisme. Si si, il y a un rapport, tu vas voir, c'est limpide.
Le capitalisme, vois-tu ma petite fille, c'est une sorte de grosse machine qui est condamnée par sa nature propre à produire et toujours produire. De tout : des voitures, des stylos, des vêtements, des grille-pains, des films, et aussi : de la bouffe. Beaucoup beaucoup beaucoup mais alors vraiment beaucoup de bouffe. Ce qui est logique tout le monde ayant besoin de manger. Or, et c'est l'astuce, le capitalisme ne produit évidemment pas toutes ces bonnes choses pour la plaisir mais pour l'argent, le profit ça s'appelle.Et donc, plus il produit, plus il vend, et plus il fait de profit, d'accodac ? Le problème, c'est qu'il est obligé de toujours produire plus et vendre plus pour des histoires d'actionnaires ennuyeuses que je t'épargnerai, sous peine de faire une crise de surproduction où là, c'est vraiment la merde. Tu me diras : la machine est déjà en sur-régime. Oui. Ce qui est logique vu qu'une complète anarchie règne à tous les niveaux et que la régulation c'est le goulag. Sauf que toute cette sur-production de bouffe, il faut bien l'écouler quelque part et de toute urgence sous peine que tout se casse la gueule.
Mais où ?
Eh oui ma petite chérie, tu as fait le lien avec ce que je t'ai dit plus haut : dans les pauvres. Dans leur estomac. Enfin, les pauvres du Nord, ceux du Sud ne pouvant pas être des coeurs de cible viables ils ont un peu le problème inverse.

Vois-tu, nous autres maigrisseurs, on ne fait pas de politique. Sauf que en toute lucidité nous ne devons notre existence qu'à, précisément, une certaine politique et c'est ça qui est merveilleux puisque si tu suis : c'est exactement le même régime - ah ah - économique qui :
- te construit ton gras ;
- te fait honte de l'avoir ; 
- ET crée notre marché de profit à nous en nous envoyant toutes les petites nanas dans ton genre pour qu'on se fasse des thunes en leur faisant faire absolument n'importe quoi pour correspondre aux critères de beauté des mêmes qui profitent le plus dudit régime économique.

C'est génial, non ?

Tu mixes ça avec les injonctions contradictoires des magazines féminins, la diffusion à haute dose de stars de cinéma qui ont les moyens de se payer des gens pour les faire ressembler à des demi-dieux, la honte et la culpabilité que tu dois ressentir si tu ne leur ressemble pas, tu rajoutes encore dessus des normes pseudo-médicales bidons comme le rapport poids-taille et l'IMC avec une pincée de grosse pression avec l'été qui vient, tu agite bien fort et TA-DAAAAA ! on arrive à la fin à des nanas normales, comme toi, mais complètement paumées à force de leur répéter des conneries et qui sont prêtes à tout pour changer ce qui n'a pas besoin d'être changé.

Et la maille qu'on se fait là dessus, sérieux ? Y a des fois, quand je suis vautré sur mon canapé de mon loft à Saint-Germain après une journée de dédicaces et de plateaux-télé, j'ai presque honte. Je me rappelle vaguement que je suis médecin et que si moi et mes concurrents on était pas à ce point des faisans nuisibles et opportunistes, on arrêterait de raconter des conneries, on expliquerait la vérité aux gens ; à savoir que jamais au grand jamais il ne faut faire de "régime". Parce que un régime, c'est limité dans le temps, déjà, et que de toutes façon tu vas reprendre obligatoirement dès que tu vas arrêter. Au lieu d'éhontément exploiter la culpabilité de gens qui n'ont pas besoin de nous, on ferait notre boulot et on éduquerait sur la nutrition, les adipocytes, que le gras c'est pas mauvais en soi mais ça dépend lequel et quand, tout ça...on pourrait même faire un truc de ouf, genre une pétition nationale pour une meilleure manière d'envisager la bouffe, pas les campagnes gouvernementales 5 fruits 5 légumes qui sont grotesques, nan, un truc vraiment sérieux...
Tu sais quoi ?
On pourrait même dire aux gens que quelques kilos en trop, c'est pas grave...
Et puis je m'ébroue et je vais faire un tennis avec mon pote chirurgien plastique.

Ceci dit, faut pas croire, les temps sonr durs. C'est féroce, entre maigrisseurs. Y a même mon concurrent le plus connu, putain le salaud, il a carrément pris une longueur d'avance : il veut faire maigrir les femmes enceintes, dis-donc ! Fort, le mec. Très fort. Mais moi, j'ai un tour dans mon sac avec mon nouveau bouquin. Le truc imparable qui va le sécher - ah ah - net : faire maigrir les bébés ! Et tac ! Si avec ça je me paie pas une nouvelle Mercedes, hein.

Et ma méthode à moi ? Oh, c'est très très simple, ma chérie. J'ai pris exemple sur la pointe la plus avancée de la maigritude. Alors voilà : tu arrête de manger. Sauf une pomme et une biscotte par jour, éventuellement. Et le soir, tu prends un seau, tu te mets deux doigts au fond de la gorge, et tu vomis. Ensuite, tu prends ton cocktails antidépresseurs/hypnotiques, et au lit. Ga-ran-ti. Alors, oui, oui, en effet, des chafouins objecteront que bon, ça peut ne pas être toujours sain comme manière de faire. Bon.
Mais entre nous.
Ma chérie.
Qu'est-ce qui est le plus important ?
Ton tour de taille pour l'été ?
Ou ton espérance de vie ?..

Tu vois bien...


Nadine Morano's Epic Fail

lundi 30 mai 2011

Les mesquineries d'Alain Minc.

On oublie souvent qu'Alain Minc existe.
Ce qui est parfaitement normal, voire sain : avoir en permanence à l'esprit la présence parmi nous de l'avorton plagiaire serait quelque chose de complètement déprimant. Parce que que franchement, à quoi sert Alain Minc ? Si un boulanger, une secrétaire médicale ou un éboueur ont une place légitime, et de plus en connaissent largement plus sur la vie que la majorité des sous-penseurs névrosés qui pullulent dans les médias, d'un strict point de vue objectif, à quoi sert Alain Minc ? À rien. Strictement rien puisque étant aussi nul et intellectuellement limité qu'un blogueur de droite, son seul et unique talent consiste à assurer sa perpétuelle et complaisante auto-promotion. Ce qui est peut-être un talent mais relève surtout d'un narcissisme superficiel qui est l'apanage des coquelets néolibéraux.

On ne reviendra pas dans le détail sur la - bien trop longue - interview que ce nuisible a accordé au site nonfiction, c'est prodigieux d'inintérêt. Alain Minc se contente en bon toutou libéral d'aligner les lieux communs et autres poncifs conformistes sur cette mondialisation dont plus personne ne veut et y compris ces fameux chinois que d'ailleurs on ne nous donne plus guère en exemple à suivre et pour cause : même eux en ont marre d'être des esclaves. Par ailleurs, on peut s'étonner qu'aucun porte-parole de la vraie gauche ne reprenne l'argument du ras-le-bol au chantage à l'austérité asséné par des millionnaires alors que ça devrait faire 30 années maintenant qu'on devrait nager dans le bonheur dérégulé. Décidément la meilleure solution politique c'est de monter les gens les uns contre les autres, et de le faire dans le bon sens.

Toutefois un passage fait sourire, dans cette interview : quand Minc serre très fort ses petits poings contre tous ces méchants qui osent dire le contraire des gens bien élevés comme lui. Lisez donc, c'est amusant :

"Le problème de la liberté absolue est qu’il n’y a plus de hiérarchie des valeurs et du capital intellectuel. La parole de François Furet, s’il était encore vivant, ne pèserait pas plus que la parole de n’importe qui. On peut trouver que c’est le point ultime de la démocratisation intellectuelle, et on peut trouver ça absolument grotesque. Je suis scandalisé lorsque je vois sur les sites de journaux un papier de journaliste avec sa capacité d’expertise, acceptable, bonne ou mauvaise, et en dessous, la réaction de "Duchemol". Cette équivalence de la parole me paraît le summum de la démagogie. Dix réactions en dessous d’un article sur un site Internet, je trouve ça terrifiant. C’est accepter le fait qu’on est dans un univers où il n’y a plus de hiérarchie des paroles légitimes".

Rien que de parler de la "parole de François Furet", c'est drôle. Celle-ci ne valant déjà pas un kopeck de son vivant, il n y a plus qu'une poignée d'anticommunistes hystériques pour éviter que ladite parole ne sombre dans un bienheureux et naturel oubli. Oubli qui est au passage l'avenir d'Alain Minc une fois celui-ci disparu, sa postérité étant pour le moins douteuse. Quant à la "capacité d'expert" des journalistes, soyons sérieux : combien sont-ils, réellement, à livrer des analyses ayant requis un vrai travail d'informations et d'investigations ? L'essentiel des rédactions consistant de plus en plus en des CDD qui recopient les dépêches AFP, et quand bien même un "expert" aussi brillant que Jean Quatremer nous livrerait sa pensée profonde, encore heureux qu'il se trouve des gens pour lui enfoncer le nez dans sa propre bêtise.

C'est toute la haine de classe de ce nabot qui s'étale ainsi : la nostalgie d'un avant Internet où personne ne pouvait montrer les Alain Minc pour ce qu'ils sont, des bouffons de tous les rois quels qu'ils soient. La haine de la démocratie, également, puisque ce à quoi rêve ce clown, c'est un monde gouverné par des "experts" qui de temps à autre laisseraient tomber sur le bas peuple de définitives sentences qu'il serait prié de suivre sans se poser de questions. Las : il s'en trouvent qui osent répondre, voire même ne pas être d'accord, voire même penser l'exact contraire et ne par craindre de l'affirmer. L'horreur : ils ne sont même pas riches. Vous vous rendez-compte ?

Alors que c'est tout de même plutôt bon signe que précisément la "parole" ne soit plus laissé qu'aux Alain Minc. C'est même sain puisque grâce à Internet peut parfois se créer un équilibre entre ceux "d'en haut" et ceux "d'en bas". C'est somme toute une question d'honnêteté intellectuelle.

Mais il est vrai que "honnête" et "intellectuel" sont des catégories qui ne s'appliquent pas à Alain Minc.

dimanche 29 mai 2011

Réalisé sans trucages

Grâce à Humour De Droite, je sais enfin à quoi ressemble un troll de CSP :


Mh...entre la crevette zemmourienne, la tête à claque force de vente et le Justin Bieber aryen, franchement ?
Je pense pouvoir faire face.

samedi 28 mai 2011

#unité2012 #turbolol

On a eu la révolution en carton : on a les blogueurs en surchauffe. Deux réponses - nulles - à un vrai problème, le sarkozysme et ses dégâts.
Normalement vous devez être à peu près au courant de ce qui échauffe les cervelles d'une poignée de blogueurs qui essaient de faire buzzer un machin appelé "Unité 2012" comme quoi on va tous de prendre par la main et faire une grande ronde super-gentille autour du candidat unique de toute la gôche.
Non, je ne caricature pas, c'est aussi ridicule que je l'écris.
Candidat unique qui serait comme par hasard issu des rang du Parti qui n'a plus de Socialiste que le nom, la majorité des pinpins soutenant cette brillante initiative y ayant leur carte. 
Et alors là mes amis je dis : lol.
Hyperlol.
Turbolol, même, c'est dire si je m’ébaubis en riant de me voir si beau dans ce miroir.
Déjà, le coup du vote "utile", ça fait un peu trop longtemps qu'on nous le fait avec à l'arrivée les brillants résultats qu'on a systématiquement pu observer ; 
Mais surtout et ce sera mon point principal : on est encore là dedans dans ce qui semble bel et bien devenu la maladie chronique de la gauche de ce pays. À savoir le refus catégorique de toutes les réalités et la fuite en avant perpétuelle dans toutes les conneries possibles et imaginables.

Pour le démontage - brillant - de la bêtise Unitémachin, allez donc voir l'ami Philippe qui lui règle son compte en deux-deux. 
Etant complètement d'accord avec son analyse, je me permettrais cependant d'aller un peu plus loin et de jeter toute précaution par dessus-bord pour me rouler franchement dans la politique-fiction ; j'ai sorti la boule de cristal, installez vous : Madame Irma/CSP va vous prédire l'avenir.

Et l'avenir en 2012, c'est que les socialistes vont perdre.
Le premier tour de la présidentielle, ce sera Sarkozy/Le Pen. Et Sarkozy sera réelu. Commencez déjà à vous préparer psychologiquement à cette idée.
Non. Stop. Arrêtez tout de suite de pousser les hauts cris, d'argumenter, d'essayer de faire oui mais non mais tu comprends parce que on sait pas et blablabla. Ce n'est pas la peine d'entrer dans des analyses d'une complexité échevelées pour comprendre ce qui va se passer puisque les choses sont ici de la plus grande simplicité.
Sarkozy va gagner parce qu'il n y a personne en face.

À moins d'un an de l'échéance, il n y a pas de candidat ou de candidate crédible qui puisse faire penser qu'il ou elle a une chance de gagner contre une droite déjà en ordre de bataille.
Aubry ? Elle ne veut pas.
Royal ? Crédibilité = zéro.
Hollande ? Le type qui pense avoir un destin national parce qu'il a fait un régime ??? Un peu de sérieux.
Et ne parlons pas de ce qui gravite autour de ce trio, les Fabius, Valls, Montebourg et consorts, ils n'ont aucune, absolument aucune chance non plus.

D'un côté, nous avons donc une machine déjà soudée autour de son concurrent et qui a déjà lancé la campagne depuis des mois, tant dans le réel que le virtuel - la "droitosphère" ne servira pas à autre chose - et disposant d'un gros réservoir de voix à la droite de la droite puisque même les pro-FN voteront comme un seul homme pour Sarkozy par réflexe pavlovien et trouille noir du socialo-communisme cosmopolite ; 
De l'autre...rien.
Un parti bouffé depuis tellement longtemps par ses divisions internes qu'il les a complètement intégrées dans son mode de fonctionnement et ne pense même plus à se demander comment y mettre fin. Des apparatchicks qui préfèrent voir perdre leur rivaux plutôt que ceux et celles-ci leur piquent des places. Des militants paumés qui ne comprennent rien à rien. Et aussi voire surtout : pas de programme. De vrai programme. Qui mobilise les troupes autour d'idées fortes, pas la bouillasse centriste habituelle. Citez-moi UNE proposition forte du P"S" ? Vous voyez bien. Citez moi maintenant UNE proposition phare de l'UMP ? Y en a trop, hein ?

Les présidentielles, c'est dans moins d'un an, au fait.

Après cette démonstration, on aura bien sûr droit à toutes les réactions possibles, de l'accusation de défaitisme jusqu'au déni pur et simple, en passant par les protestations de façade d'une poignées de lucides qui eux savent très bien ce qu'il en est mais s'abstiendront de le dire puisque ayant trop peur de perdre qui une place dans un Conseil Régional qui sa place dans les côteries bloguesques.
Mais les faits sont têtus comme disait l'autre, et le volontarisme déconnecté de la réalité qui se jette à corps perdu dans le portenawak pour éviter de réfléchir, désolé, mais pour ma part je sort tout juste de deux années de ça. Et vous savez quoi ? Ça marche pas, ces conneries.

Ceci dit, il y a autre chose à faire que pleurnicher, si vous permettez.
Même, il y en a deux.

Anticiper : considérer la réalité comme elle est et pas comme on voudrait qu'elle soit. Analyser les rapports de force et en extrapoler plusieurs possibles pour en retenir les plus vraisemblables. Et définir une ligne d'action par rapport à ça.
Genre : la gauche va encore se ramasser, qu'est-ce que ça va donner comme évolution dans le paysage politique, penser la défaite et comment accompagner le reflux et penser au-delà de la défaite, à la façon dont structurer une gauche qui a d'autres ambitions que sa voiture de fonction au Conseil Général.
Par exemple.

Et pour les impatients, il y a autre chose à faire et même à faire tout de suite. Se demander pourquoi, analyser les causes et tenter de les infléchir.

On en revient donc à la question du programme puisque tant qu'il n y aura pas affirmation vigoureuse d'un programme de gauche, et vraiment de gauche, avec la capacité et la volonté de rentrer dans le lard de la domination et de prouver la viabilité de cette solution aux masses inquiètes, ce sera l'échec.

Et bon courage aux insensés qui vont essayer de faire prendre conscience de ça dans le Parti "Socialiste".



vendredi 27 mai 2011

Saut dans le temps

Dépêche AFP du 27 mai 2024

"L'arrestation du criminel de guerre économique Jean-François Van De Zoort après plus de 10 années de traque offre un espoir de justice aux victimes de ses exactions.

Le belge Jean-François Van De Zoort, surnommé "Le Général" quand il était président du FMI de 2012 à 2014, a été arrêté par les Navy Seals américains dans la ferme d'Alaska où il se cachait depuis plus de 9 ans, protégé par le dernier cercle de ses sympathisants libertariens. Mis en accusation par le Tribunal Pénal International pour les Crime Economiques, il a été immédiatement transféré en Espagne où siège l'institution à Barcelone et où l'attend une très longue procédure judiciaire.

Lors de sa première comparution lui sera signifié son acte d'inculpation. Parmi les 15 chefs d'accusation qui pèsent sur lui les principaux sont "génocide", "complicité de génocide", "crimes contre l'humanité", "crimes de guerre économique", "actes inhumains", "non-assistance à population en danger de mort" et "décisions économico-politiques ayant entraîné la mort d'autrui", ainsi que "spéculation boursière", "soutien au néolibéralisme" et "associations de criminels".

Jean-François Van De Zoort, né en Belgique et économiste de formation, faisait partie de la secte monétariste, aujourd'hui interdite, des "Porteurs de lumière de Von Hayek". Il était entré comme haut-fonctionnaire à la Commission Européenne en 2009, plus particulièrement chargé de la libéralisation des échanges de denrées alimentaires. Son intransigeance dans une vision particulièrement brutale d'un néolibéralisme "s'assimilant à du fanatisme religieux" comme l'a décrit un de ces anciens collègues, ainsi qu'un sens très sûr des stratégies à mettre en oeuvre pour imposer cette vision l'avaient fait surnommé "Le Général", surnom dont Van De Zoort ne cachait pas s'enorgueillir. Nommé Président du Fond Monétaire International en mai 2012, il s'y distinguera tout de suite par une application systématique de plans d'ajustement structurels et d'encouragement à la spéculation sur les matières premières qui conduira à la "tragédie de Nouakchott" en août 2012.

Le TPICE de Barcelone l'entendra plus particulièrement pour ses responsabilités dans ce drame survenu en Mauritanie, quand une sécheresse particulièrement violente avait poussé des dizaines de milliers de paysans pauvres vers la côte pour qu'ils s'y échouent dans des camps de réfugiés "à l'insalubrité révoltante", comme l'avait décrit à l'époque la responsable de l'UNHCR. La politique de libéralisation des prix des céréales imposée par le FMI ainsi que l'encouragement "à laisser faire le marché" imposé par Jean-François Van De Zoort avait fait grimper le prix des céréales de bases jusqu'à 500 fois leur valeur, assurant une rapide fortune des spéculateurs mais plongeant toute une population dans la famine et la maladie. Le colonel Mathias Sanderson, chef des casques bleus canadiens déployés sur place pour prévenir des troubles, avait pourtant averti et ce à plusieurs reprises qu'un drame était inéluctable si la FMI n'assouplissait pas sa politique de libéralisation. Il s'est heurté à chaque fois à la réaction sèche de Van De Zoort, qui lui rétorquait que toute forme d'interventionnisme serait "un remède pire que le mal", fin de citation.
Plus de 12 000 mauritaniens sont décédés de sous-nutrition et de maladies entre août et septembre 2012. On se souvient que l'Union Européenne et les Nations Unies, pourtant parfaitement au fait du drame en cours, ne sont intervenues que trop tardivement et ce uniquement sous la pression de mouvements de populations en Europe Occidentale, théâtre de révoltes grandissantes et d'émeutes contre les politiques d'austérité.

Cette tragédie fut le point de départ de ce que des historiens ont appelé "La sortie du néolibéralisme", fin d'un cycle historico-économique de plus de 30 années et de la création en Droit international de la catégorie de "crimes économiques" entrant dans la même catégorie pénale que les crimes contre l'humanité. Jean-François Van De Zoort s'enfuit en 2014 quand il comprit que les institutions qui le protégeaient jusqu'alors allaient être démantelées. On perdit sa trace jusqu'au mois dernier où il fut localisé en Alaska.

Les Navy Seals ont également trouvé le journal intime de Van De Zoort, qui sera une pièce à conviction particulièrement accablante pour l'ex-"Général". Celui-ci s'y montre comme un homme entièrement acquis au néolibéralisme, mélange de considérations froides et calculées et de fanatisme économique. À la période consacrée au drame de Nouakchott, alors que des milliers d'hommes et de femmes périssent de faim, il écrit simplement : "Problèmes en Mauritanie. Rien que le Marché ne pourra résoudre : il est urgent d'attendre". À l'issue d'un entretien avec le colonel Matthias Sanderson venu le supplier d'assouplir sa politique, il écrit en majuscules : "REJETER L'INTERVENTIONNISME, GAGNER LA GUERRE ÉCONOMIQUE". 

Jean-François Van De Zoort risque la prison à perpétuité au camp de Guantanamo, fermé en 2012 par l'ex-président Obama et réouvert en 2020 pour y détenir les auteurs et complices de crimes économiques".

Guantanamo, aile des économistes

jeudi 26 mai 2011

Sur le ton de la plaisanterie

Puisque l'humour ou ce qui lui est assimilé semble pouvoir tout permettre pourvu qu'on s'excuse très vite ensuite en assurant que ce qu'on a dit a été compris hors de son contexte et puisque ce sont des élus de la République qui donnent l'exemple, pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose soi-même, n'est-ce pas ?

"La députée UMP Brigitte Barèges, membre de La Droite populaire, a rallumé la flamme de l'homophobie en lançant, à propos d'un texte PS visant à autoriser le mariage homosexuel, « et pourquoi pas des unions avec des animaux ? »"

Brigitte Barèges, qui est par ailleurs élue ici en Midi-Pyrénées et s'est toujours faite connaître pour sa très grande intelligence ainsi que sa toujours pénétrante finesse d'esprit, est donc membre de cette fameuse "Droite populaire" - notre Tea Party à nous - et nous donne donc la marche à suivre en trois étapes : 

- Exprimer ce qu'on pense vraiment pour se rendre compte avant même qu'on ait fini sa phrase que c'est une grosse connerie mais c'est trop tard ; 

- se répandre en excuses minables aussitôt après en assurant que ce n'est que de l'humour, certes pas de bon goût d'accord et que de toutes façons les propos ont été sortis de leur contexte ;

- Tenter de la manière la plus pitoyable qui soit d'allumer un contre-feu en essayant d'embarrasser ses adversaires.

Armé de cette puissante rhétorique et équipés ainsi d'une méthode à ce point percutante, c'est tout un champ des possibles qui s'ouvre devant nous avec majesté.

Par exemple, on pourrait en suivant la même veine de subtilité exquise de Brigitte Barèges lui dire d'aller copuler avec un âne.
Je m'excuse bien évidemment pour ces propos sortis de leurs contextes qui n'étaient dit que sur le ton de la plaisanterie, certes de mauvais goût je le reconnais, ce qui ne doit toutefois pas servir à l'UMP pour essayer de faire oublier que les gens qui y militent sont décidément de vrais gros connards.

De même et encore sur le ton de la plaisanterie, on pourrait se demander si il ne serait pas follement amusant de droper Eric Zemmour en caleçon au beau milieu de la dalle d'Argenteuil avec un écriteau géant sur lequel serait inscrit en très gras : "Un patron a le droit de refuser un emploi à un Noir ou un Arabe". Et de chronométrer son temps de survie.
Je m'excuse bien évidemment pour ces propos sortis de leurs contextes qui n'étaient dit que sur le ton de la plaisanterie, certes de mauvais goût je le reconnais, ce qui ne doit toutefois pas servir à Eric Zemmour pour essayer de faire oublier que c'est une flaque de vomi froid.

Sur le ton de la plaisanterie, ne pourrait-on également prétendre à ce que Ernest-Antoine Sellières ainsi que l'ensemble de ses relations soient définitivement spoliés de l'intégralité de leurs biens et avoirs et jetés à la rue sans la moindre possibilité de subsistance ce afin qu'il y contractent toutes sortes d'originales et amusantes maladies chroniques qu'il ne seraient plus en mesure de soigner.
Je m'excuse bien évidemment pour ces propos sortis de leurs contextes qui n'étaient dit que sur le ton de la plaisanterie, certes de mauvais goût je le reconnais, ce qui ne doit toutefois pas servir à la bourgeoisie française pour tenter de faire oublier que si autant de gens sont dans la merde c'est grâce à eux et à personne d'autre.

Sur le ton de la plaisanterie toujours, ne serait-il donc pas follement distrayant de chopper Dominique Strauss-kahn par la peau du cul ce afin de l'évacuer manu militari de sa résidence à 50 000 dollars par mois pour le mettre dans une cellule de Riker's Island et pas à l'isolement cette fois-ci mais au milieu de nouveaux petits camarades, pour qu'il puisse s'y faire langoureusement caresser les pieds  par Donald "Don The Butcher" Manson, chef d'un gang de bikers un peu multirécidiviste en...tout, disons, mais pas moins terriblement en manque d'affection pour autant.
Je m'excuse bien évidemment pour ces propos sortis de leurs contextes qui n'étaient dit que sur le ton de la plaisanterie, certes de mauvais goût je le reconnais, ce qui ne doit toutefois pas servir aux journalistes DSK-fanboys pour tenter de faire oublier que désormais avoir été strausskahnien c'est vraiment la grosse teuhon. Et c'est bien fait.

Comme on voit les possibilités sont infinies.
Mais comme on est des gens de gauche et partant horriblement sérieux et pas rigolos, on aura évidemment pas le mauvais goût de faire ce genre de choses.
On sait se tenir, nous.

mercredi 25 mai 2011

Puéril^^

C'est vrai que j'ai des côtés terriblement puérils, parfois.
Oui, hein ?
Tenez, le dernier truc qui m'a un peu émotionné, c'est la bande-annonce du prochain Call of Duty. À mon âge. Franchement...

C'est comme CSP : je devrais être plus, comment dire, "sérieux", moins raconter ma life, froncer un sourcil indigné et citoyen chaque fois que Kozy raconte et fait n'importe quoi. Comme mes petits camarades blogueurs de gôche, quoi.
Et faire des billets vachement plus concernés, en lançant des vibrants, je sais pas moi, INDIGNATION ! ou RÉVOLTE ! ou encore NO PASARAN ! MÉCHANT ! PAS GENTIL ! TOUS À LA MANIF ! 
Ce genre de trucs, quoi...
Et des chiffres. Très important, les chiffres. Puisqu'on est dans un cadre de pensée où personne ne vous prend au sérieux tant qu'on ne balance pas des chiffres, des statistiques, des graphiques, des tableaux croisés, des camemberts en couleurs. Tout ça.

Ah et puis cette habitude de poster des images de profs de fitness tchèques, tss, alors là camarade c'est complètement d'un mauvais goût au niveau du sexisme hétéroviriliste performatif cryptonazi, hein, zut, quoi.



Ou basher un étudiant parce qu'il fait le coq sur un forum de no-life : qui a donc du temps à perdre dans ce genre de choses ?
Moi.
Moi j'ai du temps à perdre dans ce genre de choses.
Parce que ce n'est pas du temps perdu.

Répliquer quand on vous attaque, ce n'est jamais du temps perdu.

Il m'est souvenir assez récent d'une formation politique qui ne se défendait absolument jamais contre les attaques dont elle ou son porte-parole étaient l'objet.
Et Dieu sait pourtant qu'ils en prenaient plein la gueule.
Entre les hoax sur le train de vie luxurieux du porte-parole, les accusations d'antisémitisme, de collusion objective avec la droite, les bassesses médiatiques diverses et variées, le mensonge franc et assumé, on en oublie littéralement tant à un moment le déversement de sanie fut impressionant.
Eh bien à aucun moment ils ne se défendaient, figurez-vous.

C'est fou, non ?

Oh, si, bien sûr, trois paragraphes étaient envoyés à l'AFP qui daignait les rendre visibles dans Google Actus. Et puis des trucs acerbes, hein. T'avais du propos qui vitrifiait l'adversaire, là. Du sévère, du corrosif, tiens, prends ça, félon, ah ah, te voilà moins fier à présent !
Je plaisante.
Une demi-page complètement lénifiante, avec l'air pincé du "Tss. Fi. Nous ne pouvons nous rabaisser au niveau de pareilles bassesses en vérité, pfou, non certes, on est trop de gôche pour ça. Tss. Fi. La bave du crapaud. Et toutes ces sortes de choses"...

Du coup, les attaques ne pouvaient que redoubler puisqu'était patent qu'on pouvait se lâcher grave, pensez : ils ne répliquaient pas.
Ce qui était, je le suppose, un comportement complètement "intelligent", "mature", "responsable" et c'était même théorisé en plus : il fallait être "corrects".
On te crache à la gueule, on te traîne dans la boue, on te diffame et t'injurie de la pire manière, MAIS !
Tu dois être "correct".

On vit dans un monde très très méchant, vous savez. Et de fait, être "corrects", ça donne certainement l'air pas puéril du tout ; et on peut se vanter d'être moralement au dessus de tout ça, enfin on se console comme on peut, quoi.
Mais ça ne donne la victoire sur rien ni personne, ce genre d'attitude.

Toute personne s'en prenant à moi prend cher. A pris cher dans le passé. Et prendra cher dans le futur.
Je suis agressif et en retour ça déclenche de l'agressivité. C'est normal, c'est la règle du jeu. Il n y a là rien qui me semble injuste. J'assume.
Et les autres aussi, dans ce cas, doivent assumer.

Vous vous rendez compte qu'il y a des gens qui pensent, et sérieusement en plus, que si on est moralement irréprochable, que si on ne se salit pas les mains dans des affaires crapoteuses et tellement indignes de l'idée qu'on se fait de soi-même, que si on est..."élevé" en quelque sorte, on aura automatiquement ce qu'on mérite de par sa foncière honnêteté et sa scrupuleuse probité ?
C'est peut-être très "mature" et "responsable", de penser ça.
Mais c'est surtout vivre au pays de Mon Petit Poney.

Répliquer à chaque fois qu'on vous attaque. Répliquer dur. Répliquer plus fort. C'est pédagogique.
Ça explique qu'il y a des conséquences.
Et ça fait réfléchir les autres autour.

Et puis admettez que si vous m'aimez autant, c'est aussi parce que je m'autorise à être tellement immature, à l'occasion.^^


mardi 24 mai 2011

Ta maman sait que tu joues avec son ordinateur ?

Les forums de Jeuxvideo.com, c'est toujours, comment dire...
Surprenant.
Mais hyper-dangereux, aussi, faut pas croire. La preuve, effrayante :



Arrêtez de vous marrer, putain, c'est de mon intégrité physique dont il est question, de MA VIE peut-être, là !
On sait pas de quoi ils sont capables, ces mecs.

Fou d'angoisse, je recherche frénétiquement le bad boy überbadass adepte de Systema qui ne peut que plier des clous avec ses dents pendant ses loisirs, quand il n'égorge pas des chèvres en stage-commando libertarien.
Et je TROUVE.



La vache.
Un vrai vicelard.
Le mec tellement tordu qu'il dissimule soigneusement son ultra-violence incontrôlable sous un vernis respectable d'étudiant insignifiant.
Putain : je suis vraiment dans la merde.

Surtout quand je vois la tronche de mon futur bourreau.
Darkman01, il s'appelle. Le nom de ouf total, quoi.

Ah maintenant, c'est clair que CSP, il va raser les murs, là...
Ou aller repasser ses chaussettes, aussi.

Jusqu'à l'os

Imaginez que vous rencontriez une grosse pourriture.

Vous êtes là à vaquer à vos occupations de pékin lambda quand tout soudain, une sorte d'individu au regard porcin et à l'haleine chargée - genre Joe Don Baker dans ce genre de rôle, pour ceux qui connaissent - vous pose d'autorité la main sur l'épaule et vous sort de go :

"Tu vois cette personne recroquevillée dans un coin parce que frappée par une sorte de gros malheur parfaitement injuste et cruel ?"

Éructe t-il en vous désignant une forme tremblante dans la pénombre.

"Je vais utiliser son drame pour me faire de la pub de la manière la plus mielleuse et hypocrite qui soit, en faisant semblant de compatir alors qu'au fond je n'en ai jamais rien eu à foutre de ces gens, et je me démènerai pour faire du buzz sur son dos parce que je pense que ça peut servir les idées que moi et ma bande on défend à longueur de temps".

Et d'éclater d'un rire bien gras et satisfait.

Normalement, vous vous dites qu'il y a là plaisanterie certes pas fine du tout et vous avez du mal àcroire à ce genre de provocation.

(Faites attention en cliquant pour agrandir : ça dégouline)
Ça suinte, hein ?
Et quand c'est bien hypocrite.
Bien vulgaire.
Bien bas.
Bien putassier.
Bien mensonger.

Ça vient d'où, d'après vous ?

Mh ?

Non ?


Napoléon disait de Talleyrand qu'il n'était que "de la merde dans un bas de soie" : on le paraphrasera en disant d'eux que ce sont des sacs à vomi en costume Kenzo.

C'est toujours frappant de constater à quel point le libéral est toujours vulgaire. Pas "grossier" encore que ça puisse lui arriver ; non, vulgaire. Vraiment. Ce qui tient évidemment à son idéologie, concentré de vulgarité en elle-même qui s'enroule dans du pastel pour masquer son odeur. Mais ça ne constitue pas une excuse. On peut même inférer en étant certain de ne pas se tromper que même sans libéralisme, il aurait été vulgaire de toute façon. Qu'il l'était déjà profondément avant et que c'est d'ailleurs pour ça qu'il a choisi une idéologie correspondant aussi bien à sa personnalité profonde.

Je vous laisse méditer sur la bassesse intrinsèque de l'homo libéralus et son caractère définitivement incurable.

Cliquez donc pour voir une version plus réaliste.

lundi 23 mai 2011

Pourquoi les "socialistes" ne changeront pas

Ça te traverse l'esprit pendant à peine une nanoseconde ; et juste après tu te demande par quel déconcertante conjonction synaptique a pu apparaître une idée aussi absurde.
Sans doute que c'est le matin et que tu n'es pas encore bien réveillé. Quand l'esprit est encore à moitié dans le lit et à moitié dehors. C'est sans doute ce moment de flou et d'ajustement qui explique que parfois se font jour des débuts d'idées toutes plus saugrenues les unes que les autres qui meurent dans la seconde, tuées par la réalité.

Comme en l’occurrence de se dire : "Tiens, peut-être que ce coup-ci ils vont enfin finir par comprendre".
Les socialistes.
Qu'être de gauche en étant de droite les conduit systématiquement à des désastres.

La preuve en Espagne.

Et à peine tu t'es dit ça que tu te reprends et t'ébroue parce que la partie la plus logique et rationnelle de ton cerveau sait qu'il n'en sera rien.
Même lourdement sanctionnés, même défaits et à la rue pour la Xième fois, même rejetés de tous au point qu'on ne se donne même plus la peine de se résigner à voter pour eux, ils ne comprendront rien. N'apprendront rien. Et ne feront rien.

Ce matin, à peu près à la même heure que moi, Michel Machin s'est lui aussi réveillé et sans doute que lui aussi avait un peu la gueule au niveau des fesses. Plus même vu qu'il est plus âgé et que le poids des ans s'alourdit encore de trop de repas trop riches, depuis trop longtemps. Mais Michel Machin n'est pas trop malheureux dans la vie, et il prend sa douche en sifflotant, enfile son pantalon et noue sa cravate, et va à l'un de ses nombreux boulots. Parce que ainsi va la vie mes amis : dans une société ou beaucoup n'ont pas assez voire pas de boulot du tout, Michel Machin en a lui 3 ou 4 en même temps : député-maire, élu du Conseil Général, élu du Conseil Régional, président d'une commission territoriale, vice-président d'autre chose, secrétaire d'Etat à un moment, une poignée de présidences de diverses associations, secrétaire de ceci et de cela et un peu Franc-Maçon aussi, ce qui n'est certes pas un emploi en tant que tel mais aide bien pour se recaser en cas de petite anicroche électorale momentanée. Michel Machin est un de ses nombreux roitelets "socialistes" qui règnent gentiment sur quelques régions en France, et il n'oublie évidemment jamais de se réclamer de Blum et de Jaurès la main sur le coeur en proclamant sa fierté d'être "de gauche", y compris quand il est odieux avec les CDD de sa petite mairie et arrose avec faste les associations de ses amis par une manne de subventions. Ces mêmes subventions après lesquelles courent sans cesses d'autres associations, dont peut-être certaines plus utiles objectivement que celles des amis de Michel Machin. Mais voilà : ce ne sont pas les amis de Michel Machin.

Dans l'après-midi, Michel Machin va passer un coup de fil à une de ses Chefs à Paris, appelons la Michèle Machine. Ils parleront de DSK, bien entendu, et secoueront la tête en disant que pourtant ce n'est pas comme si on ne l'avait pas prévenu qu'il fallait qu'il se clame un peu. Mais baste et il faut penser aux Primaires vu que comme c'est lui qui aurait été désigné de toutes façons, il faut un Plan B. Ils sont tous deux d'accord : ce sera Martine, évidemment. Eux savent que les Primaires c'est du pipeau vu qu'ils sont au sommet de la pyramide et si on commence à laisser la parole à la base, ils vont obligatoirement faire n'importe quoi, ces cons là. Ensuite, ils abordent des questions de trésorerie vu que Michel Machin en connaît un sacré rayon là dessus, depuis le temps. Et ils finissent en se demandant des nouvelles de la petite famille puisqu'on est entre gens très bien élevés.

À aucun moment Michel Machin ne mentionnera l'explosion d'allocataires du RSA dans sa région et les histoires de burn-out qui remontent par les derniers médecins du travail épouvantés qui cherchent à obtenir un rendez-vous avec lui depuis des mois. Il n'en parlera pas tout simplement parce qu'il n'y pense pas.
Parce que ces trucs de gauche, Michel Machin n'y pense plus depuis qu'il était à l'UNEF et qu'il a compris que son destin c'était d'être un élu perpétuel. Pourtant, c'est à l'UNEF qu'il a commencé à militer, à apprendre la politique, à tisser des amitiés utiles et des réseaux de copains qui lui serviront plus tard de la même façon qu'il leur a servi lui aussi. Mais à un moment on grandit et le gauchisme étudiant, ça va bien un moment : maintenant, on est dans le sérieux et on fait de la "gestion".

Alors bien sûr que Michel Machin fronce un sourcil en voyant que les socialistes espagnol se prennent une raclée ; et qu'il comprend bien, aussi, que cette troupe de jeunes énervés en ont marre des gens comme lui, là-bas.
Et il se demande avec une pointe d'inquiétude si ça ne risque pas de se passer en France, ce genre de bêtises.

Bon, au pire, si il perd un siège, il en a d'autres pour se consoler ; c'est juste que là il vient de se commander une Audi A4 aux frais de la collectivité. 
Mais heureusement, les législatives c'est pas avant 2012. Michel Machin se rassure : il aura son Audi.

dimanche 22 mai 2011

Attentisme

"T'aurais pu attendre encore un mois !".

Sans nul doute ; mais attendre quoi ?
Une énième décision de la prochaine orientation du prochain débat de la reconstruction sur des bases saines dans l'espoir retrouvé des fondamentaux de la démocratie qui débouchera sur la décision d'attendre autre chose ?

Ce qui aurait inévitablement donné comme conclusion que vu le contexte de conscientisation des masses et le niveau de combativité des centrales syndicales alliées à des pans entiers de tel ou tel parti, il fallait attendre encore ?

Attendre que les vents d'Afrique du Nord daignent traverser la Méditerranée ?
Attendre que les masses s'inssurectionnent ?
Attendre qu'on "construise l'orga" ?

Ça me rappelle la fameuse blague de service militaire "Dépêchez-vous d'attendre !", quand il fallait courir comme des dératés à l'autre bout de la base pour se mettre pendant un quart d'heure au garde-à-vous et une autre demi-heure au repos. On se dépêchait d'attendre, quoi. 
En l'occurrence, il y a d'autres endroit pourtant a priori très antimilitariste où aussi, il faut "se dépêcher d'attendre".

Attendre gentiment que le bateau coule pour de bon ?...
Parce que là, c'est clair : le bateau coule. Sauf que dans un groupe humain "normal", quand il y a des voies d'eau on cherche à les colmater le plus urgemment possible, quitte à demander à un autre bateau de se faire remorquer même si on aime pas le capitaine et qu'on a des contentieux de longue date avec une partie de l'équipage ; c'est une question de survie et normalement, en survie, on met un mouchoir sur son orgueil.
Là, il y a des fous dans les cales qui s'emploient à élargir les voies d'eau en théorisant que c'est la seule façon de flotter. Inutile de tenter de les raisonner : ils refusent de sortir des cales. Et une partie des officiers et des matelots viennent de leur donner le commandement du bateau ; du coup, ils redoublent d'ardeur à le faire couler.

Qu'est-on donc supposer faire dans ce genre de situation ?

Attendre l'inéluctable ?
"Marre de ton pessimisme radical !".
Sauf que dans les situations merdiques, le "pessimisme radical" ça s'appelle de la lucidité. Et vu comme c'est parti, même à penser qu'on pourra virer les fous des cales pour tenter de limiter les dégâts, il faudra des mois et des mois voire des années de cale sèche pour le réparer, le remettre à l'eau, et tenter de rattraper une course dans laquelle on aura disparu dans l'indifférence générale.

"La patience est la première qualité des..."
Ouais. Sans doute. Certainement.
Mais faut pas déconner non plus.

On attend parce qu'on espère quelque chose de cette attente ; quand on attend plus rien, on prend une chaloupe et on essaie de sauver ce qui peut l'être. Et au fur et à mesure qu'on s'éloigne, on voit les autres matelots encore sensés mais pourtant restés à bord vous jeter du haut du bastingage : "Ouah l'autre eh, gros lâcheur, eh !!!".
Alors que le pont fait un angle de 45° et que tout le monde s'accroche à ce qu'il peut.

Au moins, je ne suis pas la seule chaloupe qui s'éloigne.
On commence même à devenir assez nombreux pour se tenir chaud, tiens.

samedi 21 mai 2011

#frenchrevolution #kikoolol

Ça y est.
Ils sont encore tous fous comme des lapins.
Et encore une fois, l'émotivité et la projection fantasmatique remplacent l'analyse politique.

C'est très bien, ce qui se passe en Espagne, comprenons nous bien ; mais ça durera combien de temps ?
Est-ce que ça parviendra à faire la jonction avec les autres "sans" ? Avec les classes moyennes en paupérisation, les vieux, le service public ou ce qu'il en reste là bas ? C'est bien gentil "l'auto-organisation" et les cuicui-les-oiseaux spontanéistes mais jamais ça ne donne à un mouvement social l'élan politique nécessaire pour stopper l'arrogance des castes au pouvoir. Et la Tunisie n'est pas l'Espagne qui n'est pas la France. Alors plaquer des réalités différentes sur des situations politiques différentes, ça fait sans doute plaisir à une poignée d'excités ; mais se faire plaisir est une chose, analyser dialectiquement les rapports de force en est une toute autre.

Oh, je me doute bien que de virulentes interjections en "défaitisme !" ou en "Ouah eh l'autre comment tu casse notre jouet, eh !" ne vont pas manquer de tomber mais définitivement qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Et pour dire les choses franchement, je suis comme qui dirait archi saoulé de voir mon camp politique désormais systématiquement préférer le fantasme et l'autoexcitation vociférante à l'analyse dépassionnée qui elle seule permet de donner les billes pour agir efficacement. Ce qui est d'ailleurs un dommage collatéral du sarkozysme, celui-ci ayant décidément la funeste particularité de transformer des individus jusque-là sensés et intelligents en chèvres hystériques infoutues de raisonner. Rien de plus contagieux que la flippe et la bêtise, et ça mène toujours à des catastrophes.

Donc c'est vraiment très bien ce qui se passe en Espagne, je souhaite le plus sincèrement du monde que le mouvement prenne de l'ampleur et se structure et même pourquoi pas qu'on arrive à un scénario "à la tunisienne", pourquoi pas ? J'en doute, puisque les situations et contextes ne sont pas similaires mais qui sait ? 
En revanche, ce qu'on sait, c'est qu'il n'y aura pas du moins avant quelques années, de choses similaires en France.
Et quand bien même, il faut se demander si ça servira à quelque chose de concret : on a eu dernièrement ici un très gros mouvement sur les retraites avec des millions de personnes dans la rue et ça a débouché sur ? Que dalle. Comme quoi il faut arrêter la fuite en avant dans l'activisme histoire de se donner la bonne conscience de "faire" quelque chose en braillant "Léluth ! Léluth !".

D'jeunz français, tu penses bien en baver en ce moment ? Eh ben c'est que dalle par rapport à ce que vit la jeunesse espagnole, installée dans une précarité structurelle depuis plus de 10 ans et qui voit chaque jour un peu plus se rapprocher la perspective d'un plan d'ajustement structurel dont elle sait avec la lucidité désenchantée qui caractérise ces générations qu'elle s'en prendra encore plus dans la gueule et que ça sera le vrai "no future" perpétuel. Et ce qui vit le d'jeunz ibère, c'est que dalle par rapport à ce qu'à vécu son pote tunisien.
C'est la différence entre le complet désespoir qui donne l'élan pour accomplir ce qui était impensable juste le jour d'avant et la résignation morne d'une génération frileuse et individualiste.

Mais pas d'inquiétude pour autant : les gros mouvement sociaux de jeunes qui cassent tout, ça viendra ici aussi. Pas tout de suite. Quelque temps après la probable réélection de Sarkozy en 2012. Puisque sans déconner vous n'espérez tout de même pas que François Hollande ou Martine Aubry vont gagner ? Soyons un peu sérieux, voulez-vous. Rien que mettre "François Hollande" et "destin national" dans la même phrase déclenche le rire. 

Bon, comme de toutes façons je n'espère évidemment convaincre aucune des personnes s'ébattant au pays des poneys, je déclare donc qu'il en est assez pour aujourd'hui et je vais faire des choses plus intelligentes que se palucher sur la #frenchrevolution, comme finir mon niveau à Assassin's Creed. Parce qu'il y a des priorités, dans la vie, savez vous.

vendredi 20 mai 2011

Jeunesse plaqué or

Jeune ! Il faut qu'on se parle ! Viens par là et assied toi avec moi, je vais prendre 5 minutes de mon précieux temps pour te faire la leçon et te convaincre de revenir dans le droit chemin. Tiens, allons dans ce café si typiquement parisien au café à 2,30 euros, au serveur gay et méprisant et où tous les clients sans exception portent des Ray-Ban et montrent qu'ils ont un Iphone. Voilà, on est bien. Jeune ! Qu'est-ce qui te passe par la tête ! Hier sur mon Macbook à 1600 boules, je laisse un peu tomber Boursorama et vais sur Lemonde.fr pour me délasser quelque peu et j'ai failli en faire tomber le macaron Ladurée que je m'apprêtais à déguster. Qu'ai-je donc lu qui m'a plongé dans des transes !

"C’est probablement une des conséquences des difficultés rencontrées par les jeunes générations sur le marché du travail français : 30% des 18-24 ans souhaitent principalement être fonctionnaires (+ 4 points par rapport à la moyenne nationale), révèle une enquête réalisée en ligne les 9 et 10 mai 2011 par l’institut Harris Interactive"


Jeune ! Ressaisis-toi tu es dans la folie tu es dans l'égarement et tu ne veux pas aller en entreprise ce poumon de la Nation ! Jeune, tu en a donc si marre que ça de faire des stages non-payés - pléonasme oui je sais - et de ne voir devant toi qu'un avenir bouché de CDD et de précarité ? Pourquoi mais pourquoi toi, Ô jeune fringant et dynamique et fougueux et qui coûte que dalle en charges et qu'on peut aussi rendre corvéable à merci en lui expliquant avant même le début de sa vie active qu'il va en chier pis que ses parents et que sa retraite est d'emblée une plaisanterie, souhaites-tu donc rejoindre le pays des gros et gras fonctionnaires qui plombent la compétitivité de notre pauvre pays souffrant qui décline de partout ? Pourquoi ? Vraiment, je ne comprends pas ! Le travail c'est la vie et la vie c'est le travail et la vie est précaire et l'amour aussi et alors le travail aussi soyons logiques et conséquent, quoi ! Je te prends un exemple simple : moi.

Après avoir fait une année de droit et une autre de médecine, papa m'a payé HEC dont papa connaît très bien le directeur vu qu'ils ont faut X-Mines ensemble. Et bien à la sortie de l'école, pour moi aussi ça a été dur ! Il a fallu que je trouve un stage, que je me démène au boulot, que je travaille dur. Moi aussi, faut pas croire, j'en ai bavé ! Bon, j'admets que sur ce coup j'ai eu un peu de chance, c'est vrai, vu qu'un poste de sous-directeur dans la boîte de papa venait pile-poil de se libérer après la mise en pré-retraite forcée d'un ami de 30 ans à papa. C'est comme ça qu'à 25 ans je me retrouve deuxième dans l'organigramme avec salaire à peine correct de 4200 € par mois et Audi de fonction. Mais faut pas croire ! Les temps sont durs pour moi aussi ! J'en parlais l'autre jour avec Mry, un autre qui a souffert d'avoir une parentèle trop cossue, et les Blackberry sont hors de prix ! Jeune, on a pratiquement le même âge, je te comprends, je suis de ton côté. Moi aussi, j'ai des problèmes d'argent, mais pas à la même échelle, voilà tout.

Jeune ! Get yourself together, comme on dit dans mon milieu de petits connards en chemisettes bleues. Ne cède point aux sirènes de la démagogie altermondialosyndicaliste ! Le monde est tel qu'il est et c'est très bien ainsi ne vois-tu point l’inanité de ton mécontentement ? Quand on parle de vous dans ma section UMP, on est désarçonnés on est dans le flou on ne vous comprend plus. Pourtant on fait ce qu'on peut pour vous prouver que tous vos malheurs c'est la faute des bougn...des Arabes et ça ne prend que sur les vieux...bon, eux au moins ils votent et ils votent bien, mais quoi à la fin ? C'est l'anarchie comme en Espagne que tu veux ? Hein ? C'est stérilement descendre dans la rue en étant manipulé par des officines trotskystes pour empêcher notre gouvernement d'accomplir des réformes injustes cruelles mais nécessaires dont le pays a besoin ? Comment, ça oui ??!!!?? La jeunesse française est irresponsable, j'en discutais avec Hugues Serraf pas plus tard que hier midi à la cantine d'Atlantico et lui qui pourtant est de gauche mais raisonnable est d'accord avec tout ce qu'on dit. C'est dire si ces opinions créent le consensus, zut !

Comment ça c'est bien de vouloir aller dans la fonction publique ? Alors là jeune, je t'arrête tout de suite. On parle de choses sérieuses, là. Il faut que tu comprennes quelque chose de super important. Plus il y a de fonctionnaires. Plus ils sont mieux payés. Plus on leur assure la sécurité de l'emploi. ET MOINS PAPA GAGNE D'ARGENT ! C'est ça que tu veux ? Que papa s'exile en Suisse ? Égoïste ! Tu ne penses qu'à monter les français les uns contre les autres ! Et ne viens pas me sortir cette expérience de la BBC anglaise qui a privé de services publics toute une rue pendant 6 semaines comme quoi même les plus poujados des riverains sont devenus dare-dare des furieux adeptes de l'Etatisme soviétoïde. À ça, il y a deux réponses simples : 
- L'expérience n'a pas duré assez longtemps et la loi du marché aurait automatiquement, naturellement, comme par magie, pouf ! Abracadabra ! régulé la situation en deux-deux et les pauvres auraient été éliminés ;
- De toutes façons c'est ça ou LE COMMUNISME !!! OUI ! LE COMMUNISME !!!
Tu vois ? C'est simple. Hyper-simple. Non, d'abord, cet argumentaire michelgodesque ne situe pas notre QI au niveau des batraciens inférieurs, c'est même pas vrai. Non mais.

Jeune ! Il faut que tu acceptes ta destinée de crevard c'est comme ça et pas autrement. D'un côté il y les masses laborieuses qui triment, et de l'autre ceux qui leur donne des ordres. Et toi, tu creuses. C'est la vie. C'est comme ça. C'est la Main Invisible et toutes ces sortes de choses.

Écoute, j'ai adoré discuter avec toi mais là, j'ai rendez-vous avec mon avocat fiscaliste. Tu m'offres le café ? Tu es chou.


jeudi 19 mai 2011

I prayed for a crash

Hégémonie (très) virtuelle

Bonjour bonjour Xavier Ternisien, moi c'est CSP Meilleur Blogueur De Gauche, je passe te voir à ton bureau pour te causer d'un truc. Je m'assois, hein, on est pas chez les bourgeois, et j'ai amené des loukoums vu que j'allais pas t'apporter des fleurs ça aurait été tendancieux et ça aurait brouillé le message enfin bref.
Alors voilà, arrête de faire cette tête et prend un loukoum, je voulais te causer au sujet de ton article du Monde.fr qui est titré : "Atlantico s'installe dans un paysage Internet plutôt marqué à gauche" et qui m'a obligé à nettoyer mon clavier parce que la moitié de mon café du matin s'en est répandu dessus. Je ne t'en veux pas ni rien, note, mais tout de même, sans prévenir dès potron-minet mal réveillé avec la cicatrice du drap sur la joue, ben ça heurte l'honnête blogueur que veux-tu.

Alors tu déroule ton article sur le Voici de droite du Web et on apprend rien qu'on ne savait déjà à savoir que quand on lit Atlantico on a l'impression d'un truc rédigé par les commentateurs du Figaro c'est dire si y a du niveau. Ensuite bon, c'est l'Elysée qui signe les chèques par l'intermédiaire d'actionnaires "minoritaires" donc le poujadisme dégoulinant et le degré zéro de l'écriture journalistique, c'est complètement normal vu la droite de demeurés qu'on se trimballe. Reprends un loukoum. Ils sont bons, hein ? C'est un mec du coin de ma rue qui les fait, il est super-gentil et tout mais tu as raison je m'égare.

Donc juste, je voudrais bien que tu m'explique en quoi l'Internet français il est "de gauche".
Parce que là, je vois pas, là. Et l'Internet politique, je te prie de croire que j'en connais un rayon, Meilleur Blogueur De Gauche que je suis. Or, j'ai beau scruter les pixels de mon 21 pouces à m'en fendiller le cristallin,  j'ai beau avoir des cals au pouce droit à force de clics frénétiques, j'ai beau perdre des synapses par poignées à force de mettre mon néo-cortex - pourtant surpuissant - en mode turbo...
Et bien telle une soeur Anne transgenre et numérique, je ne vois pas venir grand'chose.
De gauche. Je veux dire.

Et là tu me dis : Rue89 et Médiapart. Soit. Enfin bon, quand Rue89 ne fait pas de la pub pour AREVA et ne descend pas tout ce qui est à gauche de François Hollande, ouais. Admettons. On peut en effet, en fouillant, trouver des trucs "de gauche" dedans. Bon. Pas non plus de la méchante gauche partageuse et égalitariste dévoreuse d'enfants et pourvoyeuse de goulags, évidemment, plutôt de la gauche très très gentille et très très réformiste qui "pense" la complexité. Voilà voilà. Tu me diras : c'est mieux que rien du tout. On peut le voir comme ça. Sans doute.
Quant à Médiapart, il faut quand même un peu s'abonner pour y accéder, ce qui limite tout de même l'audience un petit peu dans notre culture du gratuit virtuel. Heureusement pour eux qu'ils sortent du scoop en gras et qu'ils sont repris par les médias "généralistes" mais on ira pas jusqu'à dire que Médiapart possède une hégémonie sur la Toile, non plus, faut pas déconner.
Alors il y a Libé, voui voui voui, mais désolé j'ai encore du mal à mettre les canards centristes dans la case "gauche". Eh ouis, chuis comme ça moi...

Et donc il reste quoi ?
Ensuite, je pense qu'on est sur une question de sémantique, en fait. Ça dépend de ce qu'on appelle "gauche". Parce que visiblement le concept est devenu un peu flou ces dernières années vu que c'est la droite qui définit ce qu'elle a envie de nommer "gauche" et ça pose toutes sortes de soucis comprends-tu. La gauche, n'est-ce pas, ça serait non pas la morale qui dégouline, l'antiracisme bas de gamme et l'économie de marché régulée. Eh non. Oui, terrible choc, je sais. Mais plutôt quelque chose comme la lutte de classes, l'expropriation capitaliste et l'antifascisme. Je résume, hein, mais en gros c'est l'idée. Alors qu'il n'y ait plus guère de formations politiques pour représenter ces valeurs là et surtout de façon intelligente c'est une chose, certes - surtout depuis que le NPA a décidé de devenir une annexe de Lutte Ouvrière - mais il n'empêche, il n'empêche : la "gauche", a priori, ça serait plutôt ça. On se met d'accord sur les mots et ensuite ça va tout de suite mieux.

Or donc, revenons à nos moutons électriques, et avec notre nouvelle grille de lecture, cherchons donc un peu "la gauche" sur Internet.
Bon.
Voilà voilà voilà...
Alors le gros machin qui vagit au fond à droite, c'est la réacosphère et on ne va pas s'y intéresser tout en reconnaissant que tout de même ça prend de la place. On a un peu le truc des gentils blogueurs sociaux-démocrates qui passent leur temps à scruter les moindres détails de la vie de Sarkozy, deux-trois droitards tendance petit doigt levé sur la tasse de thé, et en effet, tout là-bas, on a une poignée de gauchistes hirsutes - ou chauves, aussi - qui vaille que vaille tentent de sortir des trucs plutôt vraiment, justement : de gauche.
Mais quand même.
C'est fort peu.

Alors je dis ça je dis rien mais si encore il y avait je sais pas moi, un Fsetouche de gauche, un Causeur de gauche, un Atlantico de gauche, et si aussi leur participants se mettaient à truster les plateaux-télé pour gueuler contre le néolibéralisme en coupant la parole à tout le monde...
Là, à ce moment, je dirais pas.
Mais ce n'est pas le cas.
Voilà.

Oui, ce sera tout, je m'en vais chez moi et les loukoums tu peux les garder ça me fait plaisir.


mercredi 18 mai 2011

Gémir à l'ombre des Forts

"Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, « néonihilistes » c’est le mot savant que Chérix a trouvé pour désigner ceux qu’on appelle – tout aussi sottement – les « néo-réactionnaires ». « En France, une cohorte de bateleurs fait grimper l’audimat, à la manière d’Eric Zemmour ou de Robert Ménard », écrit-il, reprenant des formules déjà usées à force d’avoir été ressassées par la presse. Héritiers des ultralibéraux et des néoconservateurs, mais totalement désabusés, ces « néonihilistes » auraient pour seul objectif leur gloriole. Tous les moyens leur sont bons pour l’obtenir depuis la stigmatisation de l’islam jusqu’à leur complaisance à l’égard des populismes. Arborant volontiers une touche de racisme à leur boutonnière, ils jouent habilement aux boutefeux avec une insouciance de sales gosses. Chérix pratique la méthode éprouvée consistant à caricaturer ses adversaires pour ne pas avoir à se donner la peine de leur répondre".

Caricaturer ?
Tu es bien gentil, Roland Jaccard, mais tu ferais mieux de continuer à faire l'exégèse de Cioran et Schopenhaeur en posant au dépressif mondain comme tu sais si bien le faire depuis des décennies plutôt que parler de choses qui à l'évidence te dépassent complètement.
Il n'est nul besoin de caricaturer la clique de chihuahuas réactionnaires qui se sont infiltré partout, ils le font très bien eux-mêmes et on aura beau user tous les superlatifs, ils parviendront à aller au-delà. "Caricaturer" Zemmour, Ménard ou Babette ? L'alliance funeste d'egos boursouflés, de névroses paranoïdes et de gros chèques pour les encourager les poussent dans la surenchère permanente qui réjouit les retraités déçus de Sarkozy et le lectorat de Fsetouche, qui sont eux-mêmes des caricatures de cette droite moisie prête à tout pour rester au pouvoir et qui fantasme à voix haute sur un deuxième tour UMP/FN. On ne peut plus parler de caricatures puisque c'est toute la réalité sociale et politique de ce pays qui est devenue caricaturale.

Quand un pauvre socialiste ose émettre une anodine critiquette des mythomanes qui se répandent en gémissement sur tous les supports possibles et imaginables, il s'en trouve toujours un pour se mettre du côté de ceux qui n'en ont nul besoin, en maquillant cette veulerie sous un vernis de rebellitude contre cette bienpepnsance" qui n'existe que dans leurs têtes des rampants. Et puis hein, des fois que ça pourrait rapporter quelque chose, une petite place quelque part, une petite pige, une petite tribune pour se voir publié : soyons sérieux, mieux vaut se mettre du côté des Forts en gémissant qu'ils sont tellement odieusement attaqués par trop de méchants.

C'est cette malhonnêteté foncière, décomplexée, structurelle chez le réac qui est tellement, comment dire...de droite. Faire le choix, conscient et assumé, de se mettre dans les jupes du pouvoir et du discours des élites en prétendant représenter la "majorité silencieuse" ? Sacrés farceurs, va. Comme si on pouvait penser qu'ils seraient aussi virulents si ils n'étaient pas aussi bien payés pour l'être. Comme si défendre les idées que les puissants se font sur eux-mêmes - les peuples ont besoin des riches et des puissants, c'est pour leur bien puisqu'on vous le dit - n'était pas la plus confortable des sinécures. Voyez BHL encore se ridiculiser dans sa défense de DSK : peut-on ici encore parler de "caricature" ? Ce qui les choque tous, à droite comme dans la fausse gauche, c'est qu'ils ne comprennent pas qu'un des "leurs" soit traité comme un vulgaire dealer de crack, ce qui en dit fort long sur la façon dont nos "élites" se perçoivent : certains sont plus égaux que d'autres et in en a entendu aucun ni aucune, dans leurs piaillements d'effroi devant les images de leur "cher Dominique" menotté, qui poussaient des gémissement devant les morts palestiniens de ces jours derniers. 

C'est ça qui les tient ensemble, qu'ils soient néo-réacs ou sociaux-démocrates : la certitude d'être du bon côté du manche, certitude qui les autorise à dégueuler qui leur haine de classe envers une femme de chambre, qui leur...haine de classe aussi envers les immigrés qui comme par hasard sont aussi des pauvres. On ne comprendra rien à ce qui traverse tout le débat politique en France si on ne raisonne pas en ces termes : une minorité de Forts qui possèdent tout envoient des demi-sels de l'éditocratie répandre partout la haine qu'ils éprouvent pour les Faibles. Ils n'ont surtout pas besoin "d'intellectuels" pour faire cela, les vrais intellectuels ils se les gardent pour eux afin qu'ils leur soumettent des analyses et des stratégies. Ils n'ont besoin que de névrosés mondains qui n'ont jamais vu un prolo de près et qui détestent tout ce qui ne vit pas dans trois rues à Paris. 
Les mêmes névrosés mondains qui pourfendent la "bien-pensance métissolâtre cosmopolite" et l'antilibéralisme en étant bien au chaud dans de confortables et élégantes coteries, ou en rêvant d'y accéder un jour et en redoublant de démagogie et de bêtise crasse pour y parvenir. Les noms de ces wanna-be ? La totalité des contributeurs d'Atlantico. Qui eux aussi rêvent du jour où ils seront, enfin, autorisés à gémir à l'ombre des Forts.


mardi 17 mai 2011

Work in progress

C'était une bonne idée mais c'est raté.
Vouloir établir une cartographie "dynamique" de la réacosphère, a priori, ça aurait dû rendre quelque chose d'un peu plus éclairant, si ça avait été réalisé avec davantage de rigueur ; mais visiblement, les auteurs de l'objet - certes très joli mais un peu vain comme on va le voir - si il n'ont pas manqué de bonne volonté et Dieu sait qu'il en faut pour se fader l'indigence et la bêtise crasse de cette nébuleuse de demeurés, ont néanmoins pêché par absence de ligne conductrice et surtout de méthodologie. En fait, ils ont fait tellement confiance à un logiciel pour traiter la masse d'informations qu'ils sont passés à côté de l'objet de leur étude.
Et les gens vraiment sérieux savent bien qu'il ne faut éprouver qu'une confiance limitée envers la machine, si "intelligente" puisse t-elle être.

D'où la différence entre John Le Carré et Tom Clancy et l'incontestable supériorité à tous niveaux du premier sur le second.
Je m'explique.
Le très réac Clancy a pondu pendant des années de gras ouvrages assez prenants mais toujours forts sots où l'être humain était en symbiose quasi-permanente avec la technologie qu'il utilisait. Chacun de ses bouquins est bourré d'ordinateurs, de machines de toutes sortes et de toutes tailles, au point qu'il semble réellement impossible aux protagonistes de faire quoi que ce soit sans elles ; charme des joujoux coûteux et limites du techno-thriller : rien ne s'use ni ne se démode plus vite que ces machines là, toujours remplacées et à un rythme devenu frénétique par de nouvelles machines "plus" mieux que les précédentes. D'où la fascination perpétuelle du techno-boy qui s'empresse de s'en offrir de nouvelles, intimement convaincu que de nouveaux gadgets vont résoudre tous ses problèmes. Le geek à lunettes rectangulaires I-fan et l'US Army fonctionnent de la même façon à ce niveau là.

Le très élégant Le Carré est l'exact contraire du Michael Bay du roman de gare ; d'abord parce que lui il sait de quoi il parle, ayant passé plusieurs années au Foreign Office en temps de Guerre Froide quand Clancy n'a jamais été sur le terrain. Et ensuite parce que ses personnages autrement plus ciselés et nuancés, si ils utilisent gadgets et machines que leur époque leur fournissent ne sont en revanche jamais dépendants de ceux-ci : leur rapport est strictement utilitaire. Ça existe, tant mieux et autant être pragmatiques. Mais c'est secondaire pour l'action parce que ce qui compte vraiment c'est le travail humain. Au ras des pâquerettes. En assumant errances, incongruités et contradictions, en sachant qu'avec ça on aura jamais un résultat aussi "propre" et calculé qu'avec une machine mais que dans ce qui n'est qu'un apparent paradoxe, ce que ça donnera à la fin sera plus précis et plus fiable puisque collant de plus près à la réalité sensible et mouvante de la réalité.

Pour relier tout ça à l'étude de nos étudiants, il n'était pas suffisant de faire un tour sur les blogs et sites en parcourant une poignée de billets et en l'intégrant dans telle ou telle case pour laisser un logiciel faire le tri et organiser l'ensemble. Et d'abord sous quels critères ? Puisqu'il faut bien une grille de lecture, une analyse des champs lexicaux, et à tout le moins un fil rouge permettant de rassembler tout ce joli petit monde disparate et éclaté dans un ensemble un tant soit peu cohérent.
Or, dans l'étude n'apparaît nulle part le mot "racisme". Ce qui est un manque pour le moins surprenant.
Je sais : plus personne n'est raciste de nos jours. C'est ébouriffant. Mais quand même, un "certain" racisme continue néanmoins d'exister, si si si, et disons qu'un certain regard sur les populations immigrées et enfants d'icelles pourrait être le plus petit dénominateur commun. En fait.
Sauf à moins de considérer que la notion de racisme était tellement évidente et allant de soi qu'il n'était nul besoin de le mentionner ; sauf que parfois il ne faut pas avoir peur de répéter les évidences.

Et répéter les évidences évite aussi de faire de grosses boulettes, comme mettre Koztoujours dans le tableau (retiré depuis). Je n'ai aucune sympathie spécifique pour ce garçon, s'entend ; mais le coller dans ce bourbier semble pour le moins abusif.

Or, si tant est qu'un prenne le racisme comme ligne directrice, la parole s'étant de plus somptueusement décomplexée ces derniers temps, il faut donc plonger dans le bouzin et analyser cas par cas, blog par blog, billet par billet et même lire les commentaires, pour tenter de dégager quelque chose de cette mélasse. Il y a des choses très simples, comme Fdesouche ; il y en a de plus nuancées comme Causeur : Cyril Bennassar n'est pas Elisabeth Lévy qui n'est pas Marc Cohen...et si on prend le cas des libertariens et des néoconservateurs - absents du diagramme -, ce n'est pas à vous que j'apprendrais que les points de vue sur l'immigration et le monde musulman n'y sont pas particulièrement mesurés.

De ce point de vue, il est quelque peu imprécis de proclamer que ça y est ça c'est fait, on a "cartographié" l'extrême-droite virtuelle. On ferait mieux à ce moment-là de redéfinir ce dont on parle en élargissant le sujet et en essayant de définir une "droite de droite". Mais dans ce cas là, il faudra également y ajouter l'UMP...

Ce n'est donc pas simple.
Et il faudra, il faut, il faudrait, etc., s'y plonger pendant des semaines et des semaines. Gratuitement qui plus est. Admettez que la perspective décourage...

Le boulot reste à faire, décidément. Mais disons que la prochaine fois que nos étudiants voudront cartographier quelque chose, autant qu'ils se penchent sur la "gauchosphère" : ça leur prendra considérablement moins de temps...


Le film idéal

cod by ThierryCSP


À l'instar des enfants toujours très fiers de vous présenter triomphalement leur moindre collier de nouilles, CSP est content comme un trisomique devant du Nutella d'avoir pondu cette affiche d'un film qui n'existe pas. Et si il y a des graphistes pros dans la salle, un peu d'indulgence, merde : c'est la première fois que je me lance dans l'exercice et je sais que c'est bourré de défauts. Mais après, n'y voyez pas le fantasme de l'homme mais le délire de l'artiste, refrain connu.