samedi 30 avril 2011

Des arts graphiques et métapolitiques à gauche : constat d'un désastre

Immense est mon tourment.
Je suis tombé hier sur un petit site soi-disant "féministe", en réalité une émanation des trépanés Identitaires et on passera charitablement sur le fond de la chose : disons que le contenu est idiot et écrit avec les pieds, ce qui n'a d'ailleurs rien d'étonnant. Et je ne mets pas le lien, c'est secondaire pour ce qui nous intéresse ici.
En l’occurrence, c'est la forme qui compte.
Et c'est là que le contraste frappe. Cruellement.
Le template, les petits détails zoulis tout plein, le back-office, les couleurs, la typo, les liens vers les flux, le choix de la police, le logo...tout est esthétiquement génial. Simple. De bon goût. Et partant : efficace.
Efficace dans les limites de l'exercice s'entend, il est douteux que le site en question atteigne la barre symbolique des 1000 connexions par jour et de bien loin mais il n'empêche : le contraste est cruel.
Avec le tout-venant gauchiste présent sur le Web.

Qui est nul à chier.

Que ce soit sur le fond comme sur la forme.

Le fond commun du gauchisme virtuel, c'est l'indignation à tout crin et le slogan braillé : Non ! à ceci, Non ! à cela, Soutien ! à machin, et un jour, qui sait ? peut-être que les rédacteurs des horreurs en question comprendront que personne et je veux dire absolument personne n'a envie de lire quelque chose dont le titre comporte des points d'exclamation partout (!!!).
Le point d'exclamation, censé exprimer le cri de révoooolte quand à l'injustice ou l'iniquité de telle ou telle situation, est la marque de fabrique à la fois la plus frappante et surtout pesante de la production littéraire gauchisante qui ne sait que fabriquer du slogan agressif dans le mauvais sens du terme, ce dernier étant immanquablement suivi d'un effroyable pensum de "pédagogie" indigeste que de toute façon personne ne lira. Et avec raison.
Un esprit de sérieux en plomb règne en maître absolu dans cette littérature. Zéro recul. Zéro humour. Des pâtés de texte écrits en Arial corps 6 se concluant invariablement par il faut se mobiliser gnagnagna. Illisible. Insupportable. Les canards de parti, les tracts, les sites et les blogs, partout la même indigence, la même pesanteur, la même totale absence d'originalité.

Et cela étant uniquement pour le fond. Mais on va y revenir.

Puisqu'on peut clairement affirmer que la forme est encore pire.
D'ailleurs il n y a pas de "forme" puisque pas de recherche formelle en tant que telle. Il faut dire qu'on s'occupe ici de choses tellement graves, sérieuses, importantes et cruciales que fi ! on ne va pas s'abaisser à essayer de faire des choses agréables à l'oeil ! Et pourquoi pas jolies pendant qu'on y est (!!!). Les choses vont mal. Tout va mal. Tout est effroyable et scandaleux et atroce. Partout. Tout le temps. Le nez dans le guidon face aux millions de facettes de l'horreur capitaliste, il FAUT être sérieux. Grave. Concerné. Revendicatif. Indigné de la tête aux pieds. Lourd. Chiant. Pédagogique.

Ah au fait : j'embarque tout le monde à gauche là-dedans, hein. Pas spécialement un parti post-trotskyste, non non : tout le monde. Qui fait de la propagande de gauche. Militants ou pas.

Reprenons les choses à la base :
Si on considère qu'une définition acceptable de la métapolitique est : "une stratégie qui « consiste à agir dans le champ idéologique et culturel, préalablement à la prise du pouvoir effectif (politique) ».
Cette stratégie consiste en une diffusion dans la collectivité et dans la société civile de valeurs et d'idées (ou d'« idéologèmes ») en excluant tout moyen ou toute visée politicienne, comme toute étiquette politique, mais dans l'optique d'une « grande politique » (Nietzsche), c'est-à-dire orientée vers la recherche d'un impact historique".
On voit donc par là que la démarche "métapoliticienne" à gauche...n'existe tout simplement pas.
Cette démarche passe par un double processus de vulgarisation de concepts - pour les rendre accessible au pékin moyen - et d'esthétisation des idées - pour attirer l'oeil et partant la réflexion des personnes auxquelles on souhaite s'adresser.
Les deux processus sont inséparables : la vulgarisation passe par l'esthétisation qui en retour rend plus facile la compréhension des idées. Dialectique du fond et de la forme, si vous préférez.
Cette diffusion idéologique par capillarité, de façon non explicitement "politicienne", est un moyen de créer des brèches dans des esprits a priori bien disposés envers ces idées mais rebutés par la lourdeur et la complexité de la propagande "classique". 
Le travail de vulgarisation du fond est soutenu dans la façon dont on le présente par l'esthétisation de la forme, dans une civilisation où c'est l'oeil qui donne accès au cerveau, et non l'oreille ( = impact immédiat du visuel Vs. logorrhée "débatante" : le processus de compréhension s'élabore d'abord par ce qu'on voit et ensuite par ce qu'on réfléchit, y compris dans la lecture).

Partant, faire d'abord appel aux fonctions cognitives "supérieures" et privilégier la fonction raisonnante-rationnelle, c'est passer complètement à côté de ce qui impacte le plus efficacement : le travail sur la construction d'un imaginaire politique faisant appel à l’émotionnel ET aux facultés logiques.

Ce petit détour théorique - et qui mérite évidemment d'être approfondi mais ho, on est sur un blog les enfants - pour dire qu'en gros y a du boulot.
Boulot que pour le moment et à ma connaissance, on est pas nombreux à tenter. Et encore moins nombreux à  y penser, puisque ce genre de réflexion et en toute non-modestie, au moins pour le versant Internet de la chose, j'ai l'impression d'être un peu le seul à le faire...
Et mon but n'est pas de rester dans mon coin avec mon petit blog et mon petit ego.

Et le principal obstacle à cette démarche se trouvant précisément au sein des mentalités de notre camp politique, lequel se caractérise par une défiance pour ne pas dire un rejet effrayé de tout ce qui sort de ses cadres de pensée et d'action et continue mordicus d'appliquer des recettes qui ne marchent pas et n'ont jamais marché mais qui sont tellement plus rassurantes, il faudra donc faire contre lui. En étant accusés de faire de la démagogie, de la "comm'", du marketing, d'abaisser le niveau, de faire d'inadmissibles compromis, de trahir Les Grands Anciens, d'être de toute façon trop ceci et pas assez cela. L'hypercritiscisme paralysant étant des "progressistes" au sens le plus large du terme la chose la mieux partagée, la conclusion s'impose donc : 

Il faudra faire sans eux, voire même "contre" eux, les mettre devant le fait accompli, et ne tenir aucun compte de ce qu'ils en diront.


vendredi 29 avril 2011

Et s'il fallait rouvrir les mines pour y coller de force les jeunes UMP ?

Imaginez.
Imaginez que vous êtes jeune et de droite. Faites cet effort.
Imaginez que pour vous, la vie s'est déroulée calmement, platement même, sans doute ni remise en question ni ruptures d'aucune sorte : vous êtes de droite, papa-maman sont de droite, vous ne fréquentez que des gens de droite et vous "décidez" donc - la notion de déterminisme prenant ici tout son sens - de faire des études de droite : une école de commerce. Et vous êtes adhérent à l'UMP, il va sans dire.

Etant donc jeune, de droite, à l'UMP et dans un de ces incubateurs à parasites qui fabrique à la chaîne des clones décérébrés et dépersonnalisés qui portent comme personne la chemisette bleue et le pull pastel autour des épaules, vous êtes d'autant plus ultra-libéral que vous n'avez rigoureusement aucune idée de ce qu'est le véritable monde du travail, les sous de papa-maman vous ayant épargné mac-jobs et autres stages sous-rémunérés : vous n'en assénez qu'avec d'autant plus d'ardeur et d'enthousiasme la propagande que votre milieu social vous serine depuis le berceau et la répétez comme un brave perroquet obéissant sans jamais même penser qu'autre chose que cette bouillie libérale-conservatrice puisse exister. Vous êtes d'une obéissance rare, somme toute.
Et puis il faut admettre que côté pognon, c'est ce qui vous arrange le plus : ça aide.

Comme vous êtes d'une puissance intellectuelle hors du commun ainsi que doté de qualités spontanées et naturelles de meneurs d'hommes n'ayant même pas eu besoin d'être éprouvées et construites par de précédentes expériences de vie - ça tombe bien : vous n'en avez aucune - vous vous retrouvez à 27 ans directeur d'une maison d'édition ayant pignon sur rue dans sa spécialité et ayant été fondée ô coïncidence par un type qui a le même nom de famille que vous, le hasard faisant bien les choses. Ce qui n'enlève bien entendu rien à vos indéniables talents personnels, il serait mesquin de voir là autre chose évidemment.

Vous pourriez vous contenter d'en rester là.
Mais non, puisque comme tous les Talibans du Marché, il vous faut convaincre un monde de plus en plus incrédule que le capitalisme c'est bien et que le monde de l'entreprise est un paradis certes un peu rugueux mais c'est comme ça et pas autrement. Vous décidez donc de pérorer dans le Voici de droite avec un...disons "article", les guillemets s'imposant devant l'extrême pauvreté de la chose en question, au titre d'une audace qui ébouriffe des millions de travailleurs : "Et s'il fallait accepter la souffrance au travail ?". Et de la part de quelqu'un qui n'a connu ni souffrance ni vrai travail, en vérité c'est bel et bien cela : de l'audace. Pure.

"les mots de harcèlement, de pénibilité et de souffrance sont ainsi récurrents dans les discours depuis la fin des années 1990 et particulièrement ces dernières années. Ceux de motivation, de satisfaction et d’épanouissement paraissent eux bien difficiles à associer à l’activité professionnelle"

De fait, ces mots ne se contentent pas d'être "récurrents dans les discours" : ils ont une tendance fâcheuse à l'être dans la réalité concrète. Dont vous ignorez tout.

"Il est ainsi demandé au patron d’être à l’écoute, concerné par les sensations et les désirs de l’employé, quitte à ce que cette attention néglige parfois la hiérarchie et l’ordre nécessairement autoritaires et garants de la bonne marche de l’entreprise. En clair, il faut faire plaisir et s’accommoder des exigences d’un employé qui considère qu’il doit être avant tout heureux et serein dans son travail".

On ne peut que vous savoir gré toutefois d'admettre la vérité la plus cachée du monde du travail : l'entreprise est un endroit où est suspendue la notion de démocratie et où ne peut que régner le plus parfait arbitraire patronal. Les mêmes rapports humains rapportés à la vie de tous les jours provoqueraient immédiatement émeutes et insurrections devant un traitement aussi indigne, c'est d'ailleurs pour ça qu'existe la médiation de l'argent qui achète la force de travail et permet le chantage perpétuel qui fera courber l'échine du rétif. Et encore celui-ci rouspète t-il en ayant l'inouïe impolitesse de vouloir être reconnu en tant qu'être humain. L'ingrat personnage.
D'autant plus que c'est de sa faute, à la base :

"Il semble ainsi que les notions jadis associées au travail telles que la responsabilité, la prise de risque, mais également l’échec et la remise en question ont été remplacées par les termes de pression, de contrainte, de stress et autres vocables du champ lexical de la « pénibilité » : tous ces éléments du vocabulaire moderne associés aux conditions de travail sont autant de mots qui déculpabilisent voire victimisent un employé qui, auparavant, pouvait parfois ne s’en prendre qu’à lui-même en constatant ses faiblesses…"

Vous vous autorisez une pause après ces phrases profondes et définitives. Vous en profitez pour demander à votre secrétaire de vous faire un café, celle-ci ayant par ailleurs le même âge que vous mais pas les mêmes pseudo-diplômes inutiles et pas non plus la chance d'avoir le même papa que vous. Quand on vous dit que décidément les gens ne sont pas égaux...
Revigoré par la caféine, vous décidez de vous attaquer au paragraphe suivant et là, on va voir ce qu'on va voir crénom : ce sera le coup de grâce définitif assorti d'une manière de subtile et délicate ironie à destination de ceux qui savent lire entre les lignes :

"Car il n’est pas de travail accompli, réussi et satisfaisant qui n’ait demandé à surmonter des difficultés, des hésitations, des moments d’anxiété et des souffrances ; l’échec, lui-même, est une force d’apprentissage et de progrès pour qui sait l’accepter et le comprendre. Face à la tyrannie moderne du bien-être à tout prix au travail, pour se dégager des effets pervers des réflexions – souvent intéressantes – qui entourent l’évolution de notre être au travail, il faut oser réaffirmer la valeur de la difficulté, de la frustration, du risque et de l’échec comme étant des éléments naturellement constitutifs de tout travail, et encore plus naturellement constitutifs de tout travail heureux…"

Au fait, vous êtes bien passé d'études chères payées par papa-maman directement dans une boîte fondée par quelqu'un qui ô coïncidence a le même nom de faille que vous, c'est bien ça ?...
Après, bon, on ne sait pas hein, peut-être que vous avez effectivement découvert et éprouvé "la valeur de la difficulté, de la frustration, du risque et de l’échec" dans ce parcours tellement atypique...
On a juste un peu de mal à voir où, voilà tout.

Une recherche d'à peu près 5 secondes nous apprend également que vous vous fendîtes en 2007 d'une assez grotesque tribune dans le Figaro intitulée : "J'ai 25 ans et je n'ai pas peur du monde du travail"...
Ce qui se comprend, d'un certain point de vue.

Mais vous le savez les gens sont méchants et ce monde est si cruel...
Si jaloux surtout de votre météorique carrière indubitablement méritée.
Pour vous consoler, tiens, vous aller faire un peu de shopping et vous offrir une ou deux guenilles, manière d'aborder le printemps de bonne humeur.


jeudi 28 avril 2011

Un peu de tenue, Stéphanie Marteau

Quand on écrit, et a fortiori quand on expose ces écrits au jugement de tous comme c'est le cas avec Internet, il y a des règles.
Des règles tacites, explicitées nulle part et non recensées dans un "Code", mais qui n'en existent pas moins et basées sur un certain bon sens élémentaire qui se pose la question ô combien délicate de la limite : quelle limite ? Comment ? Avec qui ? Etc. Cette question de la limite n'étant donc inscrite "en dur" nulle part, c'est à la personne écrivante de réfléchir où placer un curseur nécessairement fluctuant : pour dire les choses on navigue un peu à vue, mais heureusement il y a des intangibles. Des lignes jaunes à ne pas franchir, des "Stop !" qui ne souffrent pas contradiction, des interdits qui ne sont pas là pour être transgressés.

Par exemple, quand on a une dent contre quelqu'un, on ne s'en prend pas à ses proches.
La personne peut être la pire saloperie de dégénéré nazi pédophile pervers polymorphe et qui sent mauvais - ou pis encore, économiste néolibéral -, on ne tape pas sur ses proches, point final. Il y a a priori suffisamment de choses à lui reprocher en soi pour ne pas avoir besoin de recourir à ce procédé trop facile et qui ne grandit personne, bien au contraire.
Faire ça, déjà, c'est sale. Il faut se méfier quand on est confronté à de la vraie saleté : ça contamine. Combattre les montres fait devenir monstre, etc.
Et aussi, ça peut vous retomber sur le nez : le quidam qui peut s'en prendre plein les dents sans broncher quand on ne s'en prend qu'à lui, qui peut supporter des torrents de tout ce que vous voudrez sans que lui meuve un seul sourcil, soyez assurés que si vous commettez l'erreur d'embarquer ses proches dans votre détestation, vous le verrez passer instantanément du stade méditation zen à créature violente toute en dents qui vous poursuivra à vie de son courroux vengeur. Et franchement ? Ça sera bien fait pour vous.

Tout ça pour dire quoi ?
Les Dupont de Ligonnès n'étaient pas exactement le genre de personnes que je fréquente au quotidien, et ce qu'on sait de cette famille désormais réduite à un seul membre en cavale la plaçait dans une catégorie politique plutôt du côté des adversaires de classe, de ceux que je n'épargne pas.
Seulement voilà : il se trouve qu'ils sont soit morts soit vraisemblablement meurtrier et ça change tout. Et qui plus est les morts l'ayant été par assassinat, on se trouve devant une situation qui interdit, toujours a priori, de céder à certaines facilités puisqu'on est un peu censé respecter les morts, merde à la fin (sauf quand il s'agit d'économistes néolibéraux mais c'est un autre débat).

D'aucuns cependant n'ont pas ces exquises pudeurs.
Ainsi, une certaine Stéphanie Marteau, écrivant dans ce canard de merde qu'est objectivement Marianne, ne trouve rien de mieux à faire que déterrer une morte pour faire du clic. Je laisse la parole à l'ami Christian qui en dit tout ce qu'on peut en penser : 

"Dans l'affaire de la tuerie de Nantes, Marianne prend une tête d'avance.

Alors que les média interviewent les imprimeurs, les amis d'amis, les voisins, la journaliste Stéphanie Martineau, dans Marianne, le journal qui donne des leçons de maintien, publie un article franchement abject, sur "la drôle de vie intime du couple Dupont De Ligonnès". Récupérant des posts attribués sans preuve à Agnès, la mère décédée, elle met en avant de croustillantes révélations sur la vie sexuelle, réelle ou phantasmée , de celle-ci. Même morte, cette femme doit pouvoir encore servir: titiller le lectorat et la rédaction nécrophile de Marianne.

La presse française ne pisse pas bien haut, mais là on est au-delà du cynisme, de l'ignoble. Les lecteurs qui commentent cet étron ne s'y trompent pas, et certaines de leurs réparties sont assez savoureuses. Mais moi, ça me casserait le cul de m'inscrire sur ce site de merde pour y poster un commentaire, dont acte".

De fait.
Que cette désormais défunte famille ait eu de petits recoins peu avouables en public, qu'est-ce qu'on en a à foutre ?
Ou alors, puisque Stéphanie Marteau aime visiblement à explorer les à-côtés libidineux de ces contemporains et ce avec d'autant plus de facilité que ceux-ci auront du mal à lui apporter la contradiction, on serait du coup parfaitement en droit de tout savoir de la vie intime de ladite Stéphanie Marteau. Non ?
Alors dis-nous Stéphanie, tu aimes la bite ? Les grosses ou les moyennes ? Tu aimes te faire prendre en levrette ou plutôt en amazone ? Il fait quelle taille, ton clito ? Tu es inscrite sur quels sites ? Sous quels pseudos ? Tu t’exhibe en webcam ? Tu as des fantasmes bi ou triolisme ? Tu as déjà essayé avec une femme ? Avec plusieurs hommes ? Est-ce que tu rêves secrètement de te faire saccager en gangbang par des militaires du 3ème RPIMA qui vont te bubakker partout? Et quand tu jouis, tu es un peu femme-fontaine ou pas ?...

Ben quoi ?
Mais oui c'est dégueulasse de poser ce genre de questions. Mais parfaitement c'est complètement déplacé, intrusif et ignoble, et tu aurais parfaitement le droit de te sentir outragée et salie si de parfaits inconnus te les posaient. Mais oui tu te sentirais diffamée et avec raison puisque tu sais que quand on balance des saloperies sur quelqu'un même inventées de toutes pièces sans fournir absolument aucune preuve tangible, même quand on en a rien fait, la salissure restera et ta réputation en sera entachée...
Mais mille excuses : tu fais quoi d'autre dans ton article pourri en parlant d'une morte ???

Au fait, Marianne, c'est pas le journal où officie Joseph Macé-Scaron, ex-Figaro, et de Jean-François Kahn
Et cet article qui colle aux doigts, il a bien été lu et approuvé par un comité de rédaction, il n'a pas été pondu ex nihilo en passant à travers les mailles de l'attention scrutatrice et sourcilleuse des autres journalistes de Marianne ? Si ?

Mais bon, quand on a fini par laisser tomber le bon gros filon de l'islamophobie après que l'imbécile Philippe Cohen ait bien servi d'idiot utile au Front National, il faut bien chercher quelque chose pour continuer de mériter son titre de canard de merde, pas vrai ?

Conférence de rédaction à Marianne
Edit : Il semble qu'à la base, Stéphanie Marteau soit davantage spécialisée dans des affaires de thunes...nous ne pouvons que l'encourager à y revenir.

mercredi 27 avril 2011

Machinisme

Il n y a aucun "problème de management" à France Télécom/Orange.
Il n y a aucun problème de management parce que prétendre ça, c'est refuser d'admettre l'évidence, à savoir que c'est précisément la notion même de management qui est la cause du énième suicidé chez France Télécom/Orange et que ce contenter de parler de "problème" comme le fait un sociologue jaune dans le Voici de la droite décomplexée, c'est vouloir traiter un cancer en cherchant des excuses aux métastases et en assurant le patient qu'il est incapable de vivre sans ce cancer là et qu'il lui faudra bien bon gré mal gré faire, avec puisqu'en définitive c'est bon pour lui et c'est bon pour son corps/sa boîte.

Quelle sorte d'être humain peut donc être une Delphine Ernotte, "directrice exécutive d'Orange France", qui déclare alors que le pauvre mec est à peine mis dans un sac plastique et la citation a une tournure proprement hallucinante au vu du contexte : "France Télécom « est dans une phase de reconstruction très importante, qui a démarré depuis plus d'un an et qui ne se fera pas en quelques mois. Ce drame nous confirme qu'il faut poursuivre sur cette voie. Une nouvelle organisation commence à se mettre en place, mais, avant que cela touche chacun des 100 000 salariés à son poste de travail, il faut encore un peu de temps et beaucoup de ténacité".
Et d'oser déballer cette logorrhée à fort coefficient corporate alors que des mecs doivent être encore en train de nettoyer les restes calcinés de son désormais ex-salarié...

On leur fait quoi exactement, aux cadres supérieurs de FT/Orange ? Quelle terriblement innovante méthode de lavage de cerveau pratique t-on sur eux pour qu'ils deviennent comme ça ? Est-ce qu'on les choisit très jeunes dès leur sortie d'ESC pour les coller dans des incubateurs spéciaux dont ils vont ressortir en cyborgs obéissants et tout entier dévoués à leur entreprise ?

Et de la même façon, les sempiternels abrutis qui vont tenter d'arguer que "les choses sont plus complexes" et que oui ce qui s'est passé est triste mais qu'on ne peut pas vraiment dire que ce soit de la faute du travail etc. etc. et dévidant leur petit discours de défense absolue et inconditionnelle de la privatisation et des charmes austères du management, ne sont-ils pas eux aussi semblables à des machines, finalement ? Des machines dont la seule fonction est d'aller répétant et répétant et répétant encore et encore le même discours, avec les mêmes mots, de la même façon, quels que soient leurs interlocuteurs et quel que soit le contexte. 

Et il n y a là rien que de très logique puisque le but final du néolibéralisme est précisément de nous transformer en machines.
En machines productives et consommatrices. En machines gestionnaires et planificatrices. En machines optimisées, enthousiastes et performantes. En machines utiles, surtout ; utiles tant que notre capacité à produire de la valeur est optimale. Et si à un moment on a le malheur de connaître une baisse de tension voire un crash system, on devient une machine qui devient moins performante. Qu'il faut réparer et cette réparation coûte cher. Et tant qu'on est en réparation, on ne produit rien.
On peut donc décider de façon parfaitement logique - dans une logique de machine, précisément - de jeter la machine quand elle devient inutile et c'est bel et bien ce qui s'est passé ici.

Alors puisque le projet néolibéral est de faire de nous des cyborgs - et force est de reconnaître que pour des segments entiers de population et notamment tous ceux qui occupent des postes à responsabilités dans les entreprises et les institutions, la conversion est parfois une pleine réussite-, la seule question qui se pose est :
à quand la fin du règne des machines ?

La Directrice des Ressources Humaines a assuré la famille de sa profonde compassion

mardi 26 avril 2011

La racine du Mal

"le nazisme n'est rien d'autre et rien de plus que la reproduction et l'application sur le continent européen des idées, doctrines, méthodes et pratiques conçues et mises en œuvre, à la fin du XIXe siècle, par les impérialismes allemand, anglais, français et belge, en Afrique noire"


Rien, absolument rien ne fait davantage couiner Réac que quand on lui met le nez dans les crimes dont il est le complice.
Oui oui, complice : puisque défendant mordicus ce qui a été à l'origine de ces crimes.
Donc, de fait : complice.
C'est comme ça. C'est objectif. Il faut qu'il assume.

Oeuvre de civilisation

Forteresses

La poésie m'a toujours royalement emmerdé.
Ce dont vous vous doutiez certainement, par ailleurs. Mais bon, étant le butor de service dans un camp politique très attaché à son paraître cultureux et au name-dropping à plus-value "intellectuelle", franchement, entre lire André Breton et jouer à Black Ops ? Je ne me pose même pas la question.

J'avais bien aimé Louise-Michel, comme tout le monde, à ceci près de deux choses, l'une formelle et l'autre plus politique. Pour la forme, je suis complètement insensible façon iceberg aux élans "surréalistes" de la narration. Ça me fait chier et je n'en vois pas l'intérêt. Le surréalisme m'a toujours semblé être totalement surfait, de toutes façons. Bref.
Plus important, le fond politique du film m'avait prodigieusement agacé. Le tueur et l'ouvrière qui cherchent les responsables de la délocalisation et découvrent que la chaîne de dilutions des culpabilités ferait qu'à la fin, il n y aurait pas vraiment de responsables et que des maillons d'une chaîne...
Sans doute que les auteurs ont raison de mettre en exergue la nature systémique de la saloperie capitaliste, pointant ainsi l'inutilité politique de recourir à l'élimination individuelle de ceux qui ne sont que des rouages. De gros rouages, tout de même. Mais que des rouages, de fait.
Sauf que malgré tout, c'est aller un peu vite et à force de vouloir être "complexe" et nuancé, on en exonère un peu trop facilement ceux et celles qui objectivement : sont irrémédiablement coupables.
Et ces coupables existent, regardez, ils sont :

"Le dirigeant de Michelin détrône celui de Danone et prend la tête du palmarès 2011 des rémunérations des patrons du Cac 40 établi par les Echos. Michel Rollier a ainsi touché une rémunération de 4,5 millions d'euros au titre de l'année 2010. Frank Riboud, à la tête de Danone, a lui empoché 4,4 millions d'euros l'an dernier et prend ainsi la deuxième place sur le podium, suivi par le PDG de LVMH, Bernard Arnault, qui a gagné 3,9 millions d'euros de rémunération globale. Au total, les patrons du Cac 40 ont touché plus de 98,3 millions d'euros de rémunération. La moyenne des salaires des PDG du Cac 40 s'élève à 2,46 millions d'euros par dirigeant, une hausse de 24% par rapport à 2009"

On notera au passage les priorités du lectorat figaresque : le moindre fait-divers impliquant un pas-blanc est assuré de faire ses 300 commentaires. Un article désignant les vrais responsables de leurs existences de crétins n'est honoré que de 2 participations. On en tirera les conclusions qui s'imposent sur la profonde bêtise de droite et son infinie capacité à être manipulée par des gens qui les méprisent.

De même, il est bien évident que l'imbécile heureux libéral ne manquera pas de se rouler par terre en bavant que c'est fort bonne chose qu'il y ait des riches, parce que plus il y a des riches et plus ils redistribuent, et ils sont même d'une telle incroyable générosité qu'ils donnent du travail et que ce serait manière d'impolitesse que d'y voir autre chose qu'une humaniste philanthropie passant par son intérêt individuel bien compris.
Il n y a aucune limite à leur crédulité : rendez-vous compte qu'ils reprennent le discours des riches sur eux-mêmes, lequel est très simplement "nous vous sommes indispensables", et les mêmes crétins naïfs qu'il enfoncent de se balancer d'avant en arrière en vagissant : "ils nous sont indispensables"...
Ils ne font pas exprès d'être cons à ce point ; mais tout de même, on finit par leur en vouloir.

Un patron ne donne jamais rien. Jamais. Il cherche à acheter votre force de travail au coût le plus bas possible pour que la différence entre ce que vaut votre production et combien il vous la paie atterrisse dans sa poche. C'est pourtant simple à comprendre. Et si on tire sur le fil, c'est parce qu'il y a des riches de plus en plus riches qu'il y a des pauvres de plus en plus pauvres : ces millions viennent bien de quelque part et ils viennent de vous, de moi. De nous. C'est ça, le "creusement des inégalités" et pas autre chose : une toute petite minorité possédante qui étrille une immense majorité en échange soit de hochets consuméristes dans la partie occidentale, soit de "démocratie" imposée à la bombe au phosphore dans les autres parties du monde. Cette minorité ne "donne" rien et ne donnera jamais rien : elle fait semblant d'accorder des miettes en escomptant toujours les reprendre plus tard et avec les intérêts. Elle sait de plus pertinemment que sa richesse ne s'édifie que grâce à la désolation des autres et s'en fout complètement puisque ne considérant pas ces "autres" - vous, moi - comme réellement humains. Ne cherchez pas, ils n'ont aucune excuse. 

Partant, Délépine et Kervern sont on ne peut plus sympathiques, sans doute ; mais les coupables, objectifs, reclus dans leurs forteresses d'argent et en en sortant de temps à autre pour se pavaner dans les journaux qu'ils détiennent, ils sont littéralement sous nos yeux.

Et les coupables, et bien, ça se punit, n'est-ce pas ?


lundi 25 avril 2011

Le premier venu

"Dans ce sous-échantillon qui représente la catégorie socio-professionnelle des ouvriers, 36% des personnes interrogées accorderaient leur suffrage à la présidente du FN au premier tour de la présidentielle"


Et ça étonne qui ?
L'ouvrier, c'est con et ça pue c'est bien connu, et en plus c'est tellement mais alors tellement moins "éduqué" que les urbains qui lisent Libé et perdent leur temps sur Twitter, où on a pu voir dès l'annonce de ce sondage un déchaînement de prolophobie contre ces veaux qui n'ont pas l'élégance d'hésiter entre DSK et De Villepin et qui n'ont évidemment pas "bien" voté en 2005. Sans doute que la connasse consultante ou le marketeux trépané pense que son sort social sera plus enviable et que de toutes façons il ou elle est nécessairement "supérieur" au col bleu de base parce qu'il va voir ses films en vostfr. Avant de se replonger dans son soi-disant travail inutile pour espérer se payer un Ipad et frimer dans métro.

Les ouvriers votent Le Pen parceque le FN a un message clair : "nous allons vous protéger". De la mondialisation, des délocalisations, des déferlantes mahométanes qui vous piquent votre boulot, de vous-même au besoin bref : vous protéger.
Cette demande de protection parcourt toute la société française, sans doute ; mais elle est d'autant plus oppressante qu'on se sait en première ligne quand les choses se crispent. Et si l'ouvrier comprend quelque chose, c'est que c'est lui et toujours lui qui morfle en premier.

Et si par hasard il lui arriverait d'avoir la curiosité de voir un peu au-delà de son usine et de son tiercé et de sa télé à crédit Sofinco, il voit quoi du monde qui l'entoure, l'ouvrier ?
Il voit que les mêmes qui hurlent à l'austérité et qui, disposant des leviers qui pourraient soulager son sort refusent catégoriquement de le faire, touchent 30 000 euros par mois en étant employés à lui écraser la gueule : 

"le "traitement de base" du Président du directoire, Jean-Claude Trichet, est de 345 252 euros par an, celle du vice-Président, Lucas Papademos, de 295 920 euros, et celle des quatre autres membres du directoire, de 246 588 euros chacun. Ils se sont augmenté de 2% entre 2006 et 2007"

On notera au passage la touchante ironie de trouver ces chiffres chez un Lou Ravi du Marché qui d'un côté s'offusque quelque peu de telles rémunérations et il y a certes de quoi, et qui de l'autre va partout couinant que la seule solution à tous les maux de l'humanité c'est la concurrence libre et non faussée.
À un moment, faudrait savoir.
On ne peut pas défendre quelque chose à un bout et s'indigner à l'autre bout du résultat logique du processus ; enfin, dans une optique d'être un tant soit peu cohérent. Mais les libéraux ne sont ni logiques, ni cohérents, ni intelligents d'ailleurs. Ils sont libéraux.

Quant aux résultats dérisoires mais prévisibles de Mélenchon et Besancenot, ils ne sont dûs qu'une une seule chose : la complète absence de clarté de leurs messages respectifs. Le sénateur étant perçu comme trop bourgeois, et le NPA empêtré dans tellement de contradictions qu'absolument personne ne comprend rien à ce qu'il veut. Puisque d'ailleurs ne sachant pas lui même ce qu'il veut vraiment.

C'est quoi, le paysage politique français, du point de vue de l'ouvrier ?
Une droite qui lui raconte des salades pour mieux l'enfiler.
Une pseudo-gauche de bourgeois qui ne savent même plus qu'il existe.
Une gauche de gauche paumée dans des discussions byzantines.
Et une extrême-droite qui est la seule, la seule, à lui dire des choses claires et compréhensibles.

Et peu lui importe que ce que lui raconte cette dernière soit de splendides salades, puisqu'un FN au pouvoir se dépêchera d'envoyer promener son vernis social pour applique une version hardcore du programme du MEDEF : quand on flippe et qu'on est plus sûr de rien, on finit par faire des conneries. C'est humain. C'est débile. C'est logique.

Et ça le premier venu peut le comprendre. De même que le premier venu peut comprendre la demande de social, l'exigence désespérée d'un monde du travail écrasé depuis trop longtemps dont soit tout le monde se fout, soit ceux qui s'en soucient sincèrement sont trop occupés à enculer les mouches.

Nous n'aurons décidément que ce que nous mériterons.


dimanche 24 avril 2011

Usage autorisé de la force

C'est parce qu'elle a employé le mot "crouilles".
Au quatrième paragraphe, au milieu d'un de ses lamentos : "les mêmes petits blancs bien élevés obligés de tirer la gueule pour ne pas se faire emmerder dans le bus, les mêmes crouilles en survêt', les mêmes bonnes femmes obèses". Si il n y avait pas eu ce mot, je me serais contenté de parcourir la chose en diagonale avant de faire un demi-sourire et de passer à autre chose. Vu que le nombre d'abrutis est en progression exponentielle en ce moment, la prose de "Marie-Thérèse" n'aurait pas mérité même un simple billet, à peine un haussement d'épaule et encore.
Mais les mots sont importants, paraît-il, et l'emploi d'un terme précis pour désigner les personnes d'origine nord-africaine, de ce terme là en particulier, l'a faite passer de petite-bourgeoise sans intérêt à connasse poisseuse qui a bien mérité de son bashing virtuel.

La culture n'a décidément rien à voir avec quel être humain on est. Non, la "culture" n'émancipe pas automatiquement ; non, lire des livres, aller au théâtre ou écouter de la musique classique n'ouvrent pas nécessairement l'esprit ; non, vous ne devenez pas nécessairement une personne meilleure à force d'absorption cultureuse. On peut parfaitement avoir les goûts les plus sophistiqués et être humainement une vraie merde : la réacopshère le prouve tous les jours. Alain Finkielkraut le démontre chaque fois qu'il ouvre la bouche. Des énarques amateurs éclairés d'opéra et collectionneurs d'art se vautrent quotidiennement dans une bassesse à révolter des porcs.
La "culture" n'est là que pour faire joli. C'est au mieux un ornement pour donner à penser et penser de soi-même qu'on est au-dessus du commun, au pire une consolation pour survivre psychiquement et moralement dans une époque où l'idéologie dominante voue un culte à la terreur de l'argent ; mais en aucun cas la culture n'est émancipatrice "en soi", débarrassez-vous tout de suite de cette illusion. Si elle n'est pas adossée à une éducation qu'on va qualifier de "morale" à défaut d'un autre mot, ou "humaniste" si vous préférez, la "culture" ne sera qu'une option comme celle qu'on peut s'offrir avec une voiture.

"Crouilles", c'est l'expression lumineuse, limpide dans ce qu'elle exprime, de l'avilissement et de la dépravation des "Marie-Thérèse" et consort. Ils peuvent étaler leurs belles lectures et s'extasier devant des tableaux, ils n'en sont pas moins les spécimens les plus dégénérés et arriérés de ce que peut produire le contrecoup néolibéral quand il désigne des bouc-émissaires pour essayer de faire oublier ses propres turpitudes et ses millions de victimes. Etre les idiots utiles et consentants d'un système est une chose ; s'y vautrer avec délices en exigeant que tout le monde descende au même niveau finit par faire considérer ces personnes avec fort peu de compassion.

Un député socialiste a collé deux baffes à un djeun'z qui l'agressait et disons le net sans angélisme, il a sans doute eu raison. À un certain degré, la "pédagogie" et le dialogue échouent, surtout face à quelqu'un qui veut ouvertement en découdre physiquement, et une manière de, disons, "recadrage" finit par s'imposer.
En soit, ce n'est pas tellement important.
Mais dans le contexte actuel, ce qui est moins encore qu'un fait-divers est repris et commenté avec un déferlement de meute hurlante sur l'air d'une approbation à coloration xénophobe d'autant plus violente que ceux qui félicitent le plus bruyamment le député - lequel se passerait sans doute fort bien de ce genre de soutiens...-  le font avant tout parce qu'ils rêvent depuis des années de faire la même chose voire encore "mieux"...et ne le font pas. Puisque trop lâches pour passer à l'acte autrement que devant un clavier.
Le défouloir de ces collabos en devenir qui dans d'autres contextes historiques envoient des lettres anonymes pour dénoncer le pas-comme-eux est le symptôme d'une société malade, au bout du bout du rouleau, et dont le système immunitaire est trop affaibli pour combattre efficacement ce genre de métastases autrement qu'avec  des placebos moralistes.

Il ne faut rien laisser passer.
Il ne faut pas qu'ils se croient à l'abri parce qu'ils sont devant un écran.
Les mots sont des armes et les armes c'est fait pour faire la guerre. Mais beaucoup de ceux qui emploient les mots ne comprennent pas, ou comprennent mais ont trop peur, ou n'assument pas et peu importe qu'on est en guerre et qu'Internet est un autre champ de bataille. Ces pudeurs de belles âmes ne pèsent pourtant pas lourd devant ces barbares, puisqu'il faut être soi-même un peu barbare pour les affronter.
Et ne pas se soucier de se faire des inimitiés jusque dans son propre camp. D'ailleurs, on en est plus au point où on doit se soucier de respecter telles ou telles délicatesses, d'épargner telle ou telle sensibilité. Les priorités de l'heure demandent de mettre son si précieux ego de côté et de ne pas confondre projection de ses fantasmes idéologisés et réalités politiques.

Et ma première de ces réalités, c'est que la brutalité vient de monter d'un cran, que l'assaut qui nous est donné est fait pour nous écraser, et que tant que vous serez là à vous désespérez en parlant de "citoyens", de "démocratie", "d'indignation" en refusant d'admettre qu'on ne combat le feu que par le feu, votre avenir est de passer sous le rouleau compresseur.


samedi 23 avril 2011

Dans la peau d'une blonde

En fait, je dois être un peu sexiste.
À mon corps défendant.
Au sens où, attendez que j'ai fini ma phrase avant de balancer les tomates, merde ! au sens où finalement l'art ô combien délicat du CSP-bashing est le plus souvent réservé à des hommes et il faut bien reconnaître que les femmes y ont moins droit qu'eux.
Cette inégalité de traitement heurte profondément mes convictions d'homme de gauche, il va sans dire ; mais pour ma défense, il se trouve fort peu de personnes du sexe opposé dans le monde de la politique et je me refuse à la facilité de taper sur les geekettes modeuses à Wayfarer. Non pas qu'elles ne le mériteraient pas : c'est tout simplement que leur insignifiance conformiste et leur totale absence de personnalité propre décourage la bonne volonté. Et puis franchement, une fois qu'on a posé que Pénélope Bagieu ou Maïa Mazaurette c'est bien gentil mais creux comme une forêt de bambous, what else ? Le vide décourage, que voulez-vous...

Bon, il y a Babette, certes. Mais plus elle passe à la télé, plus tout le monde se rend compte à quel point elle est trop...Babette, quoi. C'est à dire que quand bien même on serait d'accord avec les conneries qui sortent de sa bouche, une certaine stridente manière de les exprimer en mode sirènes des premiers mercredis du mois finit pas agacer les gencives.
Non ?

Heureusement.
De temps en temps.
On tombe sur une petite championne.
Oh, pas encore au niveau réacosphérien général : il faut beaucoup d'entraînement - et de frustrations diverses et variées, professionnelles, sexuelles, etc. - pour fabriquer du Bob Marchenoir ou du Guy Millière et un soupçon de glissement vers la maladie mentale est indéniablement un plus. Mais elles sont si rares et précieuses dans ce nanocosme que quand on en trouve une, il faut l'encourager.


"ces vieux-là sont bêtes à bouffer du foin, déracinés des Trente Glorieuses, des stéréotypes d'échec hexagonal malgré ce que la légende voudrait défendre. Pépé, jeune il devait déjà sentir la lâcheté, regarder par terre quand sa fille se faisait siffler, son béret ne saurait le rendre attachant. Pour un peu, on prierait qu'un allogène torse nu et en mini-scooter le renverse. Ne jamais oublier que la présence de l'intrus d'outre-Méditerrannée est la suite logique des bassesses de papy qui n'a jamais été un héros".

Les vieux ils sentent et ils sont peu ou prou responsables du Frankistan. Méchant vilains vieux, ouin ouin ouin.

"Mères à 18 ans, chômeuses et clientes chez Vuitton, leur caddie à ED pour nourrir leur progéniture ne contient que du soda et des chips. Une perfusion de l'Etat pour maintenir en vie organique des corps sans âme. Cette crasse banlieusarde représente vingt années de ma vie. Les vingt premières"

Les jeunes sentent aussi. Pas pareil, mais sentent quand même très fort. Et vivre au milieu de cette sous-plèbe, ça heurte Poupette - on va l’appeler Poupette pour des raisons de commodité : ça lui va comme un gant.
Comme ces confrères en réacophilie, Poupette a des prétentions culturo-esthétisantes - pas de vraies capacités toutefois : ça, c'est du vrai boulot et ce n'est pas parce qu'on a lu Le spleen de Paris qu'on a pour autant le moindre talent - et s'essaie assez inutilement à l'écriture en sublimant son Oedipe non-résolu et son début de dépression chronique. Sauf qu'une phrase comme "La vie s'écoule comme un mauvais épanchement de synovie" ce n'est pas du "style" : c'est du maniérisme. Et de la même façon, les loooooongs paragraphes où Poupette déclame son mal-être contre le monde contemporain et les très laides personnes qui empêchent Poupette de déployer ses ailes de géante ; puisque pour Réac, tout est systématiquement de la faute DES AUTRES. Qui sont très bêtes et très méchants. Si ils n'étaient pas là, peut-être que Réac aurait la vie qu'il/elle mérite (rires) mais partout ces AUTRES sont là pour oppresser et le/la tirer vers le bas. Ce bas plat et tout creux et indigne, surtout, de la très haute Valeur de Réac (double barre de rire) qui se met à fantasmer sur un "avant" - Mai 68 et le regroupement familial sont les marqueurs de prédilection de la Décadence Occidentale, semble t-il - où évidemment tout était mieux...

À ce stade, il est temps de faire le vieux et de donner une leçon de vie à Poupette.
Puisque du haut de mes 37 printemps - mais qui ne sent pas encore ayant découvert récemment le déodorant - , je dispose de souvenirs assez clairs sur le passé récent qui remontent même jusqu'à plus que l'âge même de Poupette - qui est très jeune ceci expliquant sans doute bien des choses.
Je puis donc hautement affirmer avec quelque certitude que non, rien n'était mieux avant.
Parce que rien n'est "mieux avant", tout simplement.
Les gens n'étaient pas plus cultivés, il n y avait pas moins d'arabes dans le métro et un supermarché c'est moche maintenant, c'était moche avant et ça continuera à être moche pour les siècles des siècles.
Cette décidément ridicule façon qu'on les gens de l'espèce de Poupette de se désespérer - ou de poser au désespoir, la pose étant avec la mythomanie compulsive le trait de personnalité le plus commun des petits blancs névrosés qui s'épanchent dans leur dérisoires petit blogs d'électeurs de Marine Le Pen - sur l'époque en adoptant un point de vue "esthétique" signe surtout leur statut de petits bourgeois en flippe de déclassement, et qui compensent leurs angoisses en accusant le socialocommunisme qui les opprime évidemment depuis 30 ans au lieu de faire l'effort ne serait-ce qu'intellectuel d'admettre que si quelque chose est coupable de leur situation, c'est précisément ce néolibéralisme qu'ils adulent comme des pantins.
Mais ils ne le feront pas.
Non pas parce qu'ils sont riches et auraient ainsi quelque raison de défendre une idéologie de riches, manière d'être cohérents ; 
Mais parce qu'ils croient et sincèrement en plus qu'avec davantage de libéralisme ils pourront devenir riches !!!
LES CONS !!!

Alors que non. Jamais. Si ils devaient l'être, riches, et bien tout simplement...ils le seraient déjà. En étant nés dans une famille de riches puisque, désolé, mais pour devenir millionnaire, le meilleur moyen c'est de naître dans un milieu de millionnaires, mes petits amis...
Et tous vos efforts, vos vagues idées d'entreprenariat pour "créer sa bouate", vos placements en bourse et le temps déraisonnable à passer sur Blomberg.com, les heures sup acceptées sans rechigner en espérant qu'à force de servilité vous allez "montez" etc. etc...
Ne vous donneront jamais, mais alors : J.A.M.A.I.S. l'accès à la classe sociale au dessus.

Et quelque part ils en sont conscients qu'ils sont coincés à perpette dans les couches des classes moyennes en voie de paupérisation. En regardant avec envie cet en-haut auquel ils ne parviendront jamais. Tout en regardant avec angoisse cet en-bas dont ils sentent bien que la force d'attraction se fait chaque jour plus pressante, politiques de réduction de déficits oblige. Leur petit désespoir trouve là son origine et pas ailleurs et oui, en effet, tout ça pour ça, hein ?...
Donc on s'énerve très bêtement contre les fonctionnaires et les Arabes qui les pauvres n'y sont pour rien.
Et on bouffe du Prozac par poignées.
Et on raconte ses états d'âme dans un blog en se pensant intéressante et surtout, suuuuurtout...tellement unique.

Allez "Marie-Thérèse", arrête de faire les Pompadour dépressives dans ton F2, trouve toi une activité a supplément d'âme intégrée et par pitié arrête de faire semblant d'être malheureuse : la pose de l'incomprise ce n'est pas "aristocratique", c'est juste terriblement petit-bourgeois...


jeudi 21 avril 2011

Bonne question

"Occupé à remettre de l’ordre dans les ratios bancaires, le régulateur est donc – une fois de plus – pris de court par des intervenants financiers qui, motivés par la volonté de gagner encore et toujours plus, ont toujours une longueur d’avance. Autrement dit, le système est actuellement menacé d’implosion par une hyper-spéculation sur des classes d’actifs très peu réglementées menée par une profession qui ne se résout décidément pas à accepter des profits moindres que par le passé. Comment lui faire comprendre que les bénéfices des années 2000 à 2007 constituaient une anomalie malsaine et qu’il est impératif – pour la sauvegarde de notre activité économique – d’apporter une attention particulière à la gestion des risques et à la diminution massive des opérations à levier ?"

(Puissance De La Pensée De Droite)

Mais oui. Bonne question. Comment ?...


Mais alors là, comment, hein ?...


Après, j'aurais bien des idées mais...


Et puis faut pas raisonner en terme d'individus, c'est un système en fait...


Ou alors être vraiment très persuasif ?


Non. Non, on ne peut pas faire ça à un être humain. Non.


Pourtant il doit bien y avoir une solution, mais laquelle ?...

La règle du jeu

"Pour devenir journaliste de guerre sans quitter son fauteuil, c'est tout bête : « postez » n'importe quel article en ligne comportant les mots « Ségolène », « islam » ou « Mélenchon », et vous allumez la mèche. Cinq minutes plus tard, c'est le chaos (...)
Les auteurs de ces tirs croisés ont un surnom qui leur va bien : les « trolls ». Des perturbateurs qui pourrissent le débat sur les forums et les sites d'info, insultant les rédacteurs, ferraillant entre eux, citant Hitler à l'occasion. Parmi leurs victimes, beaucoup d'éditorialistes de la presse écrite qui se sont lancés sur le Web avec enthousiasme et sont vite tombés de leur chaire : Jean-François Kahn a enterré son blog l'été dernier, fatigué des « dynamiteurs, pollueurs, obsédés et allumés ». Renaud Revel, de L'Express, a failli jeter l'éponge. Idem pour le chroniqueur Bruno Roger-Petit, « épuisé de constater les étalages de bêtise et de méchanceté »"


Le journaliste pleure, le blogueur est en pleine crise d'hypersensibilité, et le community manager ne se sent lui-même pas très bien.
Moi ça va, merci.

On se plaint beaucoup, dans le petit monde d'Internet, en ce moment.
Ouin ouin ouin on est pas payés, ouin ouin ouin on est pas reconnus, ouin ouin ouin les gens sont trop méchants.

Et de fait, les hirsutes qui vous débarquent dessus quand vous avez l'extrême prétention d'exprimer votre - nécessairement brillante et indispensable - opinion sur les affaires de ce monde sont parfois caractérisés, en effet, par une certaine absence d'élégance voire de retenue. Et je sais de quoi je parle.
Mais c'est le prix à payer, mes petits amis blogueurs et journaleux. Et s'en plaindre non seulement ne sert à rien mais en plus fait passer un peu pour des peigne-zizis si vous me passez l'expression.

Quand on se contente d'en rester au niveau du relationnel immédiat, exprimer son avis perso sur tel ou tel sujet vous expose peu ou prou à fort peu de choses, à moins de vous lancer dans un vibrant plaidoyer pour la pédophilie ou admettre que vous adorez collectionner les photos dédicacées de dignitaires du IIIème Reich. Disons que dans l'ensemble, vous ne risquez nulle agression que ce soit même verbale, et ce d'autant plus qu'habitus aidant, on fréquente pour l'essentiel des personnes qui seront d'accord avec nous.

Un jour, on ouvre un espace virtuel pour partager sa haute sapience. Journaliste parlant en son nom propre, blogueur plus ou moins militant, quidam pensant avoir quelque chose à dire etc. On poste...un truc. Sur...n'importe quoi. Et tout content de soi, on attend les réactions de lecteurs afin que de faire du débat citoyen grâce au merveilleux 2.0 ce nouvel élan de la démocratie blablabla.

Then all hell breaks loose.

Il vaut mieux avoir déjà un certain vécu humain avant que de se lancer dans cette entreprise. Et partant ne pas attendre trop de ces contemporains. On ira pas jusqu'à dire qu'il n y a rien à en espérer, ce serait à la fois trop pessimiste et surtout inexact.
Mais immanquablement. Inévitablement. De la même façon que la Terre tourne autour du Soleil, que quand on lance un objet en l'air il retombe puisque soumis aux lois de la gravité ou que Jean-Louis Borloo sera un éternel loser de la politique, des connards débarqueront.
Pas des gens qui se contenteront d'être sereinement en désaccord avec vous et vous signifierons poliment un point de vue autre et même éventuellement enrichissant ; nonnonnon.
Des vrais de vrais connards qui vont s'employer à bien vous pourrir.

Et de fait, il y en a de plus en plus. C'est un fait que ces dernières années, c'est une littérale explosion de connards de toutes sorte et de toutes tailles qui tsunamisent Internet ; mais de ce point de vue, l'explication du sociologue de service est un peu superficielle :

"Selon les experts, cette catharsis numérique est aussi le signe d'une bonne santé citoyenne. « Le troll est le négatif dialectique, assure Antonio Casilli. Celui qui met les pieds dans le plat, casse les codes, conteste l'autorité. Son intervention est capitale dans le processus social. Il produit du débat et enrichit in fine la qualité du Web. »"

Mouais...
Admettons que dans des cas précis - on prendra complètement au hasard Hugues Serraf et Michel Faure -, les interventions très véhémentes de leurs lecteurs ont pu, en effet, relever le niveau des écrits de ces deux là. Mais c'était d'abord et avant tout parce que ce qu'ils faisaient était vraiment très très mauvais, allant parfois jusqu'à la désinformation et au mensonge pur et simple dans le cas de Michel Faure. Là, oui, effectivement, le trollage avait du contenu.

Mais reste la question : pourquoi cette vague ?
Tout simplement parce que n'existent pas, plus, d'espaces d'expression et de représentativité des gens du commun où ils pourraient dire ce qu'ils ont sur la patate.
"L'internet défouloir" n'est que cela : c'est le moyen à un nombre grandissant de personnes de balancer leur frustration de ne pas être et surtout de ne plus entendus ; ce qu'il y a à la racine du trollage, c'est le sentiment concret et étouffant de vivre dans un monde où plus personne n'écoute personne, et à commencer par l'en haut de la société. Les élections et référendums censément expressions du peuple ne sont plus que des rituels vidés de leur sens et portent au pouvoir des bourgeois autistes. Le monde du travail devient dramatiquement le monde du silence par trouille de mal dire et des conséquences qui peuvent suivre. Les mouvements sociaux ne débouchent pas sur des victoires significatives puisque trop timides face à des pouvoirs arrogants. Et même le militantisme, qui devrait laisser au moins laisser la base qui colle des affiches dire un peu ce qu'elle a à dire sur comment ça se passe dans son parti, et ce tous bords confondus, est superbement ignorée, la preuve la plus éclatante avec les primaires socialistes.

Communication breakdown.

Additionnez cette frustration violente et un clavier : vous avez une explication.

Frustration qui peut même être utilisée et canalisée et le FN l'a fort bien compris : pensez vous réellement que les trolls d'extrême-droite qui envahissent Internet depuis deux ans à peu près se sont mis à éclore par génération spontanée ? Mais il est évident qu'ils sont encouragés à infester partout par les cadres de leur parti dans un but de saturation de l'espace de débat et de destruction de celui-ci par l'insistance maniaque à marteler les idées du FN. Celle-ci pouvant être résumées en deux mots (immigrés = méchants), elles se prêtent le mieux du monde aux contraintes des commentaires : brailler "dehors les arabes", ça fera toujours moins de 140 caractères.

Au-delà donc de l'anecdotique, le trollage est le symptôme d'une vraie crise politique de la représentativité, et l'expression d'une colère d'en bas qui trouve là un exutoire commode pour moins de 30 € par mois. Le cadre social détermine le comportement psychologique.

"La violence est effectivement déterminée par le dispositif, où chacun doit durcir ses positions pour se faire entendre, analyse Yann Leroux, psychologue et blogueur, auteur d'une thèse sur la psychologie des groupes sur Internet. Il y a aussi une forme de jouissance à provoquer de la désolation."

Sur ce, je vais provoquer un peu de désolation sur Atlantico, moi.

Internet 2.0

mercredi 20 avril 2011

Maîtres-chanteurs

Quand d'un côté de l'Atlantique une agence de notation tonitrue qu'elle va baisser la "note" des Etats-Unis sous "perspective négative" et que de l'autre côté un gouvernement réactionnaire risque le tout pour le tout en gelant le salaire des fonctionnaires, la coïncidence n'est que superficielle : cela procède évidemment des mêmes intentions puisque en définitive, ce sont le même genre de personnes, mues par les mêmes fariboles idéologiques et poursuivant les mêmes buts qui sont à la manoeuvre. 
C'est l'accélération dans la brutalité de la guerre de classe de dominants pris à la gorge et bien déterminés à racler les fonds de tiroirs et après eux le déluge. Et cette guerre c'est à nous qu'ils l'ont déclarée, comme chacun s'en rend chaque jour un peu plus compte.

Au moment d'une bataille sur le budget particulièrement féroce entre Démocrates et Républicains sous influence des psychotiques du Tea Party, cette sentence d'une de ces agences liées aux grandes banques prédatrices n'a pas de valeur concrète en soi : on sait au moins depuis Enron que les notations de ces parasites ne reflètent que leur opinion propre et ne signifient rien. De fait, il ne s'agit nullement ici d'une analyse économique et on perdrait son temps à voir cette déclaration comme telle : il s'agit bel et bien d'une opération de chantage des marchés financiers qui exigent d'Obama qu'il aille plus loin dans les dérégulations et font miroiter le spectre d'une "faillite" des Etats-Unis pour effrayer les crédules, et ce comme par hasard juste après le message sur l'état de l'Union sur l'intention des Démocrates de s'opposer aux réductions d'impôts pour les plus riches : quand bien même ces louables déclarations ne seront suivies, au mieux, que de timides réformettes - on parle des Démocrates, c'est à dire de gens qui feraient passer nos ridicules "socialistes" pour des bolchéviks ébouriffés -, les très riches en question les ont perçues comme une inadmissible violence et ont donc lancé la riposte à la canonnière. En faisant passer un double message : 
- Pas question de filer le plus insignifiant cent à cette collectivité dont ils ont grassement profité au moment des sauvetages de leurs institutions privées ; 
- Et après avoir fait le dos rond pendant quelque temps manière de faire oublier de bien malhonnêtes pratiques exposées au moment des subprimes, ils sont bien déterminés à balancer par dessus bord les promesses creuses de l'immédiate après crise pour lancer une nouvelle vague d’assaut en direction des dominés. 
Demander à une agence de notation d'agiter un gros doigt grondeur, ça n'a pas dû être plus compliqué pour eux que de passer un simple coup de fil.

Ce que notre droite réactionnaire chez nous a fort bien compris et décide d'anticiper : proclamer qu'on augmentera pas les fonctionnaires est un geste, là aussi idéologique, envers les marchés financiers afin de leur prouver l'absolue servilité de notre bourgeoisie envers eux, coincée qu'elle est désormais entre deux perspectives terrifiantes : une baisse de la note d'un côté, et le sentiment croissant de révolte populaire qui gronde à bas bruit pour le moment mais ne demande qu'à éclater à la prochaine provocation. Dans son esprit, c'est choisir des deux maux le moindre et si ça frotte trop fort, on pourra toujours essayer de jeter de la poudre aux yeux avec des "primes à 1000 euros" que concrètement personne ne verra et au pire, on essaiera de s'arranger avec les centrales syndicales pour promener quelques millions de personnes au printemps en croisant les doigts pour qu'une base un peu tendue ne déborde pas sous le coup d'une sorte d'exaspération assez compréhensible.

C'est que les têtes se tournent de plus en plus vers les vrais coupables, par la force des choses, et désormais plus personne ne croit que les criminels irresponsables des mondes consanguins de l'argent et de la politique agissent pour l'intérêt collectif. C'était la vérité avant, mais encore faisait-on semblant de croire que ce n'était pas "à ce point". La crise a démontré par l'exemple que c'était pire encore que ce qu'on en pensait et qu'il n y a aucune, absolument aucune limite à la folie clinique de ces fondamentalistes du Marché. Dans l'excellent Inside job, un interviewé explique qu'il avait rencontré Alan Greenspan alors président de la FED juste avant l'éclatement des subprimes et l'avait dûment, et à plusieurs reprises, et en insistant, littéralement supplié de faire quelque chose contre la spéculation des junk bonds puisque voyant se profiler la catastrophe ; et Greenspan de lui répondre qu'il comprenait, mais que décider de faire quelque chose était trop choquant pour ses convictions idéologiques...

On est même plus dans la religion puisque celle-ci, à la racine signifiant "ce qui relie" n'est pas le terme approprié : on est dans l'idolâtrie fanatisée. Les Talibans du Marché préféreront faire exploser la planète - et ils l'ont d'ailleurs déjà fait, 1929 et ses conséquences - plutôt que de renoncer à leur "divinité féroce" de la Main invisible. 
À la fin du film, la voix-off nous dit qu'il est encore temps de se mobiliser pour les arrêter et faire en sorte qu'ils ne nuisent plus, afin que nous tous puissions sortir du terrorisme de ces maîtres-chanteurs et sauver ce qui peut encore l'être. On en peut évidemment qu'approuver. A la nuance près qu'il est à craindre désormais que le temps ne nous soit compté avant de plus grandes catastrophes encore : pour ces malades mentaux habitués à raisonner en terme de coûts/bénéfices, c'est toute une partie de l'humanité qui est littéralement devenue "excédentaire" surtout au Sud, c'est à dire qui ne sert plus à rien en terme de détournement d'une force de travail qu'elle ne peut plus fournir pour cause de malnutrition. Et puisqu'ils ne servent à rien, autant les laisser crever.

Quand vous voyez un libéral quelque part, n'oubliez pas : c'est d'abord un criminel.

lundi 18 avril 2011

Entartete Kunst : le retour

Bien.
À présent, j'attends qu'on m'explique la différence entre les cathos intégristes qui détruisent une photographie parce qu'elle avait l'heur de leur déplaire d'un côté ; 
Et les comportements des SA de la belle époque qui vandalisaient joyeusement les oeuvres "d'art dégénéré" ayant l'extrême impolitesse de représenter autres choses que des blonds aux yeux bleus à mâchoires carrées.
J'attends.

J'attends, vous dis-je.

Mais je risque en effet d'attendre longtemps puisque de différences, de fait, sinon l'uniforme c'est très simple : il n'y en a pas.
Maintenant, deuxième question : les grands défenseurs de la Laïcité Républicaine qui nous saoulent partout et tout le temps en affirmant qu'il vont faire barrage de leurs petits corps devant le péril fondamentaliste vont forcément se dresser vent debout devant cet acte de violence qui certes ne s'en est pris "que" à une oeuvre d'art - encore qu'on se demande ce qui serait arrivé si l'artiste avait été présent sur place, et d'ailleurs non, on ne se le demande pas : il aurait bel et bien été lynché par ces fanatiques que nul CRS ne s'est donné la peine de disperser par ailleurs - et n'en finiront pas d'inonder tous les supports médiatiques possibles et imaginables de tribunes courroucées en appelant au respect des Lois Républicaines et condamnant vigoureusement les agissements de cette poignées d'excités...
N'est-ce pas ?

Elisabeth Lévy ?
Rien.
Ivan Rioufol ?
Rien.
Eric "la flaque" Zemmour ?
Rien.
Les trépanés de Riposte Laïque ?
Rien.
Marine Le Pen ?

R...oh non, attendez, elle a soutenu les intégristes pile le jour d'avant la destruction. Ouf, à 24 heures près elle passait pour une méchante...


Mais bien évidemment que non, ils ne réagiront pas. Ou alors pour défendre les tarés et exprimer que même si ils sont pas d'accord avec la manière, franchement, ça se comprend un peu aussi, quand même, zut à la fin. Tenez, Koz vient juste de commencer.
Et puisqu'on parle de droitards, j'ai beau me friser le cristallin en consultant les niouz, point de déclaration fracassante de Claude Guéant appelant à la plus grande rigueur contre les auteurs de l'acte. Gageons également que ces derniers sauront bénéficier de la mansuétude d'une Justice compréhensive, surtout si on lui souffle qu'il vaut mieux éviter de se mettre l'électorat catho à dos en vue d'une présidentielle pas simple à venir.

On se demande, quand même : quand des musulmans un peu excités font pareil, on en entend parler pendant des années...
De là à se dire qu'il y aurait presque deux poids deux mesures, franchement...

Euh...des catholiques intégristes ? J'ai du mal à distinguer, la photo est floue...