La Libye flambe, le Japon se radioactive et le FN monte aux cantonale en étant boosté par ce qui est bel et bien un "vote de crise" ; mais Libéral Droit Dans Ses Bottes n'en a cure et continue sa lancinante psalmodie en se balançant en avant, puis en arrière, puis en avant puis en arrière etc. et ce vraisemblablement jusqu'à la fin des temps. Libéral vit dans une transe perpétuelle à faire chialer le soufi le plus embrasé et possède une foi indémontable qui fait s'étrangler d'envie le Taliban rigoureux. Dans cet état qui lui est permanent, rien ne l'atteint ni ne l'émeut et surtout pas que plus personne à part lui et la poignée d'arriérés en post-combustion cérébrale qui lui servent de semblables n'a envie d'encore subir le néolibéralisme. Demandez à n'importe quel pékin dans n'importe quel endroit à n'importe quel moment de la journée si il est d'accord pour privatiser la Sécu, et soyez assurés que vous aurez un ratio de réponses négative de l'ordre de 90 % minimum.
Mais Libéral s'en fout, il est en mode auto-hypnose et il ne va surtout pas s'embêter avec la méchante réalité. À la fin.
Oh, regardez :
encore une
tribune dans la presse bourgeoise pour nous expliquer que le Marché il est gentil et qu'il veut notre bien ! On est juste en Mars et ça ne fait que, quoi ? La 154 092éme à peu près qu'un type quelconque caquète dans des colonnes ou sur un plateau télé en chantant les louanges de l'économie de marché, après tout. Et puis c'est pas comme si on n'était pas habitués, en somme. Sauf que non, décidément non, on ne s’habitue pas. Ça ne passe toujours pas et ce pour une raison simplissime : ce qu'il dit est faux. Prétendre que le Marché est la THE - DAS ! - solution à tous les problèmes de l'humanité souffrante est faux et tout l'atteste chaque jour. Mais Libéral s'en branle puisqu'il ne fonctionne pas sur le même plan astral que les gens normaux, le crédule ingénu.
"Alors que l'Allemagne, après une décennie d'austérité, s'est engagée sur la voie d'une hausse des salaires, le débat s'est invité en France, avec comme mot d'ordre : pourquoi eux et pas nous ?"
Attends bonhomme-la-lune, excuse moi mais : il s'est "invité" où ça, ton "débat", là ? Qui, quand, où, comment parle t-on autour des machines à café de la compétitivité de l'Allemagne ? Personne. Nulle part. Jamais. C'est exactement comme les débats débiles sur la "laïcité et l'islam" : dans la vraie vie, absolument personne n'en cause et tout le monde s'en tamponne excepté une poignée d'excités en roue libre. Ce genre de "débat" ne "s'invite" jamais, il est imposé par un agenda propagandiste pour créer de l'anxiogène et culpabiliser. Punto. Le reste, c'est de l'emballage.
"Les salariés outre-Rhin récoltent aujourd'hui les fruits d'une compétitivité retrouvée, au prix de réformes structurelles courageuses mais douloureuses"
Prouve-le. Des chiffres, des indices, n'importe quoi, quelque chose ? Non ? Même pas un petit pourcentage de rien du tout pour démontrer d'implacable manière que le teuton nage désormais dans le bonheur suite aux "réformes" scélérates elles aussi imposées par leur droite de charognards et leur fausse gauche de vendus ? Ben non, forcément, puisque dans le monde de Libéral, on a jamais besoin de prouver quoi que ce soit : on assène. Et le débat et clos puisque la possibilité même que la réalité puisse être autrement n'existe même pas. J'adore ces mecs.
"L'enjeu aujourd'hui pour les Français n'est pas tant de voir leur "fiche de paie" augmenter que leur pouvoir d'achat : l'important, ce n'est pas tant ce que l'on gagne ; c'est ce que l'on peut acheter avec !"
Tu nous explique la nuance, steplé ? Non ? Toujours pas ? Puisque jusqu'à preuve du contraire et a fortiori dans un contexte où tout augmente SAUF les salaires, il existe comme une corrélation relativement évidente entre, justement, ce qu'on gagne et ce qu'on peut acheter avec. Non ? Si.
"Pour augmenter le pouvoir d'achat, à défaut de jouer sur les salaires nominaux"
Qu'il ne faudrait surtout pas augmenter. Ah non alors, on a vu ce que ça a donné au Kampuchéa Démocratique.
"on peut agir sur une autre variable : la concurrence. En premier lieu, une concurrence accrue fait baisser durablement les prix"
Ah bon ???!!??? Mais...où ? Quand ? Comment ??? Nulle part. Jamais. La concurrence libre et non faussée fait s'envoler les tarifs de...tout. Vous croyez qu'il paie lui-même ses factures d'électricité, ce garçon ? On finit par de demander, à force, hein ?
"En second lieu, la concurrence crée du pouvoir d'achat en augmentant le volume global d'emplois. Contrairement aux idées reçues, toutes les études économiques convergent pour montrer que la concurrence, si elle détruit des emplois chez les "insiders", en crée davantage chez les nouveaux entrants, en augmentant la taille du marché"
Il faut détruire des emplois pour en créer ; ou plutôt : il faut détruire des emplois stables pour en créer des précaires. Expliqué comme ça c'est terriblement moins sexy, certes. C'est comme dire que la maladie rend malade et que l'eau ça mouille : ça reste de la bonne grosse réalité au ras des pâquerettes, jusqu'à ce qu'un têtard débarque dans les colonnes du Monde pour t'expliquer la bouche en coeur que la maladie c'est sain et que la pluie est sèche.
Ils sont FORT-MI-DABLE.
"Plusieurs réformes ont été entreprises depuis 2007, notamment à la suite du rapport Attali, pour redynamiser la concurrence dans un pays qui a longtemps privilégié les délices de la rente aux risques du mérite"
Sarkozy est gentil et Attali aussi.
On retiendra au passage cette subtile pique sur la "rente" - des fonctionnaires, pas des courageux actionnaires mais on s'était compris - opposée aux "risques du mérite" pour en reparler plus loin... Je sais que tu me vois déjà venir, mais un peu de patience.
"les perdants des réformes sont peu nombreux mais bien organisés tandis que les gagnants, pourtant majoritaires, sont dispersés ; a-t-on déjà vu des consommateurs protester en faveur d'une plus grande concurrence dans le secteur pharmaceutique ?"
Les "perdants des réformes", c'est tout le monde, ducon, sinon la poignée de nantis qui en profitent éhontément. Et si effectivement personne n'exige la libéralisation sauvage du pharmaceutique, c'est que l'exemple du Médiator est là pour nous donner un charmant avant-goût de ce que ça deviendra.
"Une seconde réponse est à rechercher dans la faible culture économique des Français, qui ont longtemps pensé qu'une concurrence accrue nuirait à l'emploi et à la qualité"
Les cons.
NB : ce sont les mêmes très culturés économiquement qui ont déclenché la crise de 2008 et n'ont absolument rien vu venir de la suite. Les envoyer décontaminer des centrales nucléaires japonaises ? Ce serait méchant. Mais amplement mérité, ceci dit.
Bref.
Alors au fait, il fait quoi exactement dans la vie, Libéral du jour ?
"Emmanuel Combe, professeur à l'université de Paris-I"
C'est pas le même qui fustigeait la "rente" fonctionnarisée y a pas 5 minutes ?
Sisi : c'est le même.
Libéral, le cul bien au chaud dans un secteur encore épargné par la concurrence, vomit sur les autres fonctionnaires et chante le "risque" qu'il ne prendra jamais.
Il ne faut pas dire qu'en cas d'un véritable pouvoir de vraie gauche, les Universités seront évidemment purgées de ces néolibéraux mandarins qui crachent dans la soupe et se comportent en parasites.
Il ne faut pas le dire, ce n'est pas gentil.
Mais il faudra le faire. C'est inévitable.