La droite a toujours détesté la démocratie, c'est consubstantiel à ce camp politique. Involontaire, en quelque sorte. Elle ne le fait pas exprès, voilà. C'est juste que la démocratie, c'est moins fatigant à gérer et moins cher que la dictature, qui est certes une option viable dans les moments où il faut calmer le peuple qu'on a un peu trop spolié et qui envisagerait d'y redire plus vigoureusement que par des promenades manifestantes, mais quand même, à terme, la démocratie ou en tout cas son apparence formelle et deux trois bricolettes comme le suffrage universel restent le meilleur investissement. Disons que pour la droite, la démocratie est la rente la plus intéressante, et pour ces gens qui aiment l'ordre et les bonnes manières, il est très important de pouvoir exploiter les autres dans le calme.
Et puis la démocratie formelle, c'est souple, comme système : on peut y faire plein de choses amusantes et même pas vraiment légales. Ce qui n'est nullement un souci en soi surtout quand on appartient à la classe sociale qui les fait, ces lois. Ce n'est nullement un hasard si le Droit reste la filière universitaire privilégiée de ce camp politique, dame : il faut bien connaître comment ça marche, soit pour l'influer dans le sens de ses intérêts, soit pour joyeusement le truander à chaque fois que c'est possible. Et vu le nombre d'élus de droite qui occupent les tribunaux, c'est possible souvent. Très souvent.
En ce moment, la droite se réjouit de voir tant de "socialistes" de marché tenus de rendre quelques comptes. Ce qui est d'ailleurs complètement normal en soi et puis vous savez ce que c'est, on commence par accepter les principes de l'économie de marché et pour certains la tentation d'aller au bout de la logique prédatrice de cette idéologie devient trop forte. Pardi : quand on trouve normal et allant de soi le profit indu qui considère que tous les moyens sont bons pour s'enrichir, on finit par avoir des Guérini. Après, il est un peu facile de se dire qu'il fallait balayer devant sa porte etc. : quand on adopte des valeurs de droite, on encourage les personnes à se comporter comme des gens de droite et donc truander. Faut pas pleurer non plus, pas vrai Martine ?
Surtout que ça tombe quand même sacrément mal, toutes ces affaires qui remontent. Quelle stupéfiante coïncidence que ça éclate au moment ou tout ne bruisse que des primaires socialistes et où d'embêtantes petites choses comme un ex-président qui déploie milles ruses pour éviter un procès embarrassant ou des pontes umpistes batifolant dans la piscine d'un trafiquant d'armes. Le hasard, sans nulle doute. Quelqu'un d'aussi respectueux des institutions que je le suis, qui plus est confit en déférence devant les exemplaires lois de la République, ne saurait en aucun cas avoir l'inélégance de se demander si les affaires en question touchant une certaine gauche ne sont pas mise en avant exprès. Pas moi voyons. Ce serait porter un funeste soupçon sur l'impartialité de notre Justice et en aucun cas j'en prête serment je n'oserais jeter la plus petite ombre sur ce pilier de notre si noble démocratie.
Rien que des coïncidences fortuites dont ils se trouve qu'elle arrangent la droite, voilà tout. Pas la peine de chercher la petite bête, voyons.
On peut quand même se mettre à leur place et comprendre que ça leur fasse plaisir, évidemment. C'est de bonne guerre. Tenez, vous avez vu comme ils jubilaient au moment des sofiteleries de DSK ? Pensez donc, quelqu'un se disant de gauche et se comportant comme le premier Balkany venu ; ils ont dû voir ça comme une volonté d'équilibrer, quelque part. Même si le compte est encore loin pour égaler le score de la droite en ces matières, les très douteuses affaires de moeurs étant sa principale spécialité juste derrière la fraude fiscale, il est vrai. Vous remarquerez que la droite est fidèle a ses valeurs dans cette hiérarchie : le travail avant le plaisir, n'est-ce pas.
Combien de gens de la vraie gauche convaincus de ce genre de forfaitures, au fait ? Les élus n'y sont pas nombreux, certes, mais tout de même ? Tout compté, militants de partis et syndicalistes, ça vous représente quelques centaines de milliers de personnes. Il doit bien y en avoir qui encombrent les tribunaux pour prise illégales d'intérêts, abus de bien sociaux, détournements de fonds et autres tripotages de personnes non consentantes...non ?...
Fort peu ?
Si peu que cela ?
Voire...pas ?...
Ah.
Il est vrai qu'on est considérablement trop occupés à chercher les moyens d'instaurer le totalitarisme en Frankistan et de filer des angoisses de dictature rouge à des gens aussi intelligents que Jean-Michel Aphatie et Hugues Serraf ; c'est que ça mobilise de l'énergie ces conneries vous savez. Regardez, on a même pas le temps de s'amuser un peu comme le font les autres. Tss. C'est dommage quelque part, on gâche un potentiel, là...
Heureusement qu'on peut se consoler en se disant qu'on est une vraie menace pour la démocratie, hein. Pas comme les autres...

11 commentaires:
La droite est en train de battre un record en matière d'affaires : Woerth/vente de l'hippodrome; Woerth/Bettencourt: abus de faiblesses et financements des partis et du président, avec des écoutes d'un journaliste par les services secrets, mise à l'écart d'un juge et sans doute quelques menaces de mort sur le personnel de Mme Bettencourt;
Lagarde/Tapie: faux et usage de faux et abus d'autorité: c'est l'élysée qui a été à la maneuvre, et qui s'est dépéché d'envoyer Lagarde au FMI; Affaire Karachi et le financement de la campagne de Balladur par Sarko, cette affaire débouche sur les révélations de Médiapart sur un trafiquant d'armes protégé par Sarko, et menaces de mort sur les journalistes de médiapart. Les affaires Tron, Hortefeux, etc...
Il y a tellement d'affaires,et qui remontent au président, que c'est une caractéristique de ce régime.
Historiquement, la droite c'est le camp qui préfère la monarchie aux droits des peuples à se gouverner. Donc oui c'est normal. Droite = l'ordre et la sécurité. Pour les possédants.
je me méfie des candidats qui se présentent comme des modèles de vertu, y compris dans la "vraie" gauche. une fois élus, ils font comme les autres, la tentation est trop forte d'abuser de son pouvoir, et les saints sont rares.
La nature humaine étant ce qu'elle est, je crois plutôt au pouvoir de dissuasion de la justice; En espérant que la séparation des pouvoirs soit effective. mais manifestement c'est un coup à droite, un coup à gauche, il y a un minimum d'indépendance.
La dictature du prolétariat, celle de salut public (héhé), l'antiparlementarisme anar, la gauche hébertisme...ça n'a pas l'air d'être dans les gènes de la gauche non plus, la démocratie. Ah bien sûr, comprendre la démocratie "réelle", pas celle méchante et formelle qui ne fait que masquer les intérêts de classes, du comité des forges et des 200 familles. Où ai-je donc la tête ? Sans doute bientôt sur le billot :))
quand la lutte des classes ne sera plus ramenée à une problématique humanitaire, la droite l'aura dans le cul.
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3349-c-le-grand-journal.html?vid=512141
Merde… j'espère que plenel se plante, mais je crains que non…
http://www.placeaupeuple2012.fr/meilleur-2/bernard-lavilliers-%C2%AB-je-voterai-pour-melenchon-%C2%BB/
http://www.placeaupeuple2012.fr/meilleur-2/le-systeme-le-pen-decrypte/
Bonjour à tous , bonjour CSP !
Et bien je voulais te dire que j'ai passé un bon moment sur ton blog et que cela m'a été instructif: il me semble que j'ai les idées légèrement plus claires ...
Car j'ai bien du mal à faire le tri dans ma cervelle malmenée ...
Lapilasse .
( plus tu t'élèves, moins tu t'abaisses )
Jeudi 8 septembre 2011 :
Affreux à dire.
La question ne se pose pas encore en France mais, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, on la trouve sous la plume d’éditorialistes vedettes de la presse conservatrice et libérale. Il y a deux mois, avant de les lire, je l’ai posée lors d’une rencontre avec des banquiers internationaux : et si nous, les conservateurs libéraux, nous nous étions trompés ?
Et si ce à quoi nous avons cru, l’économie de marché, n’avait jamais été qu’un moyen pour le plus petit nombre de faire travailler le plus grand pour acquérir le maximum de capital et donc de liberté ?
C’était au moment où il devenait clair que la crise grecque serait épongée non par les banques mais par l’argent public ; que le Congrès américain, après avoir ruiné l’essentiel de l’amendement Dodd-Frank, laisserait le système financier prêt à recommencer ; que Barack Obama allait passer un compromis qui réduirait les dépenses mais n’augmenterait pas les impôts ; et que la mondialisation consisterait plus que jamais à récupérer les bénéfices mondiaux en replaçant les pertes chez les contribuables.
On a de plus en plus le sentiment que les gouvernements défendent des intérêts au lieu de répondre à la crise, ou encore répondent à la crise en défendant des intérêts. Et cela quelle que soit leur couleur politique. Aussi, la seule chose qui reste à se demander est la part d’autonomie dont ils jouissent ; à vrai dire elle consiste à mettre en scène des décisions qui donnent l’impression que les dirigeants politiques les ont apprises cinq minutes avant de s’y convertir. Tout se passe comme si une force supérieure leur disait : “Voilà comment seront les choses, à vous de vous débrouiller pour que les gens s’en accommodent ; ces détails ne sont pas notre affaire, faites votre métier et, si vous n’y parvenez pas, d’autres dirigeants vous remplaceront.”
C’est affreux à dire, mais il est possible que nous ayons été aveuglés par la sottise, l’archaïsme et l’utopie de la gauche depuis trente ans, et que la ritournelle de ses vieilles recettes nous ait empêchés de voir qu’elle avait raison sur le fond : le système destiné à faire progresser le plus grand nombre a été récupéré de façon à enrichir sans limites le plus petit.
On a commencé de s’en rendre compte en France quand le scandale des rémunérations est devenu patent et qu’il est apparu que le but du jeu était devenu de multiplier les revenus exonérés d’un côté en finançant par l’emprunt et les subventions la consommation de l’autre. On le vérifie aujourd’hui quand le sauvetage de la Grèce n’est pas le sauvetage de la Grèce incapable d’atteindre les objectifs qu’on lui assigne mais celui des banques imprudemment et par appât du gain compromises dans sa faillite. Dans moins de deux mois, le nouveau président de la Banque centrale européenne prendra ses fonctions et, quelles que soient ses qualités indiscutables, je doute qu’il adopte une attitude plus sévère à leur égard : il s’agit de Mario Draghi, un ex de Goldman Sachs, précisément la banque qui a aidé les Grecs à maquiller leurs comptes pour entrer dans l’euro.
http://www.valeursactuelles.com/parlons-vrai/parlons-vrai/affreux-%C3%A0-dire20110908.html
Les gens de la vraie gauche sont dans les tribunaux parce qu'ils font des grèves abusives, défendent les sans-papiers, etc. (http://www.rue89.com/2011/09/05/sequestration-besancenot-et-dix-autres-postiers-condamnes-220736-0)
(Et, petite remarque girly de merde : il faut bien avouer que quand O.B. tripote une personne, celle-ci est consentante - je ne vois pas comment il pourrait en être autrement ^^)
Enregistrer un commentaire