Au milieu des médiocres nouvelles de cette rentrée - et c'est là qu'on voit qu'on est dans un pays de droite : c'est même pas encore Septembre que c'est déjà la rentrée et qu'il faut travailler plus pour gagner rien - il y a quand même une nouvelle un peu réjouissante : Bernard Lenoir prend enfin sa retraite. Si vous voyez ce matin certains de vos collègues dans la tranche fin de trentaine pétulante/quarantaine sémillante l'expression vide et la mine défaite, avec des cernes et les yeux rouges d'avoir pleuré toute la nuit, c'est à cause de ça. Quand moi je suis rose et frais comme un gardon, un sourire d'enfant aux lèvres.
Évoquer Bernard Lenoir, c'est pour moi comme goûter une madeleine moisie : ça me replonge immédiatement dans la période lycée dont je garde le souvenir le plus ingrat qui soit. Je me suis ennuyé comme rarement à cette période, et j'étais bien trop complexé pour draguer des meufs et mettre ma langue dans leurs bouches. Autant dire que cette forme d'exclusion sociale dans cette société en réduction était assez pénible, et aussi elle se redoublait d'une tare affreuse et stigmatisante : je n'écoutais pas Bernard Lenoir. Parce que la musique qu'il programmait me faisant chier au delà des mots.
Même encore maintenant, franchement, Joy Division me semble être un groupe assez sympathique mais totalement surfait, dont il est probable que plus personne ne l'écouterait aujourd'hui si son chanteur n'avait eu le bon goût d'assumer sa dépression et de se pendre dans sa cuisine. Au passage, un modèle de vie pour tous les pénibles qui se répandent dans la réacosphère et pleurent sans trêve ni repos que c'était mieux "avant" : guys, vous avez là le moyen sinon de laisser une oeuvre - votre totale absence de talent rendant cette sotte prétention impossible à atteindre - du moins de partir en martyrs. Un tabouret, une corde, une lettre déchirante expliquant votre incapacité à continuer de souffrir en Frankistan et la postérité est enfin à vous. La gloire vous tend enfin les bras mes amis, n'hésitez plus.
Et si vous hésitez au passage à l'acte, il suffira pour vous décidez d'écouter en entier un album de Björk.
Björk.
Sans déconner.
Si il y a bien quelque chose qu'il faut reprocher à Lenoir et à son alliance funeste avec les Inrockuptibles - que les petits cons abonnés appelaient déjà "lézinroc" à l'époque, c'est d'avoir sorti l'islandaise hystéro-alcoolique de son anonymat. Même encore à présent, rien que de l'écouter c'est comme une craie qui crisse sur un tableau ou une chatte en chaleur braillant son urgentissime besoin de se faire saillir : ça donne envie des défenestrer des gens. Et si il n y avait qu'elle...
Lenoir/lézinroc ont fabriqué deux générations de petits bourgeois intellectualisants, snobs dès 15 ans et pontifiants sur ce qu'il était de bon goût ou pas d'écouter, de lire ou de voir. Quitte à changer d'avis 2 mois plus tard en fonction des injonctions de leurs gourous, ce genre de bobos ayant toujours été d'un conformisme et d'une obéissance à donner envie à une junte birmane. C'est d'ailleurs pour ça que j'en tiens spécialement rigueur à Lenoir : même pas à lui en tant que tel puisqu'il avait l'air assez sympathique comme bonhomme, mais d'avoir formé des milliers d'arbitres des élégances culturelles moulés comme des petits suisses, avec les mêmes tics, les mêmes pulsions consuméristes, les mêmes Iphones, les mêmes goûts "indés", le même élitisme en carton. Vous en avez forcément autour de vous et moi aussi, et qui savent parfaitement que c'est vraiment pas la peine de me prendre la tête avec leur bouillie popisante. Jusqu'à ce garçon, adorable par ailleurs et que je tiens en grande estime, qui était pourtant jusqu'à oser m'affirmer sans ciller que les Pixies c'était quand même bien mieux que Nine Inch Nails...
NON MAIS ON VA OÙ LÀ ???
Et on s'étonne après que des gens décompensent en massacrant au hasard, quoi.
Ah oui : et ils sont tous "de gôche", évidemment.
Mais en règle générale, du calme : on parle là d'une gentille gogoche très trèèèèèès raisonnable, socialo-compatible et qui pense que le libéralisme c'est pas bien et pas très mignon mais on va quand même pas devenir d'extrême-gauche quoi paske sinon l'Apple Store va fermer et ça tu vois, c'est JUSTE pas possible quoi.
Bref.
N'épiloguons pas.
Bernard Lenoir est à la retraite, et peut-être qu'avec un peu de chance lézinroc seront bientôt en cessation de paiement. Une fois qu'on se sera aussi débarrassés de Télérama, ce sera un pan entier du snobisme culturel de ce pays qui s'effondrera dans les larmes, et ce sera la chose du monde la meilleure ou peu s'en faut.
Parce qu'on ne m'ôtera pas de l'idée que ce qu'on pourrait définir comme la grande "consolation culturelle" ne fait pas peu, finalement, pour décourager les forces vives du progrès. Je m'explique :
La droite a tous les pouvoirs ?
Les même économistes néolibéraux passent en boucle partout depuis 30 ans ?
La domination possède les banques, les assurances et les conseils d'administration ?
Les partis de gauche sont en dessous de tout ?
La luttes de classe est de plus en plus âpre et cruelle dans le mauvais sens ?
La régression est générale à tous les niveaux ?
Bonbin on a quand même la Culture pour se "consoler"...
Et c'est vrai que quand tout s'écroule, on a toujours la possibilité de se cultiver en allant des voir des films danois et en achetant des CD de groupes sans intérêt : on se console, quoi. Et c'est bel et bien à ça que sert la Culture pour des pans entiers du peuple de gauche : un objet transitionnel qu'on serre très fort contre soi en suçant son pouce. La culture n'est plus ce qui permet de s'émanciper individuellement et collectivement, elle permet d'être à la fois hochet consumériste - dame, c'est qu'il y a des industries du divertissement à faire tourner, n'est-ce pas - et baume apaisant : ça ne guérit pas la douleur, mais ça fait un peu du bien...
Alors au lieu de gueuler paske CSP il est méchant et il aime rien ni personne, interrogez-vous plutôt à quoi vous "sert" la culture.
À vous créer les moyens conceptuels concrets du progressisme ?
Ou à vous rassurer et à vous consoler dans un monde trop méchant ?

27 commentaires:
Mais #LOL, mégaLOL, pétaLOL :-D
En dehors de ça euh, « progressisme », comment dire ? Il te reste une religion à abjurer :-}
Un commentateur a dit des choses pas gentilles du tout sur Trent Reznor. Les coms allant dans ce sens seront impitoyablement rejetés dans le néant. Il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas. Non mais.
Pffff et moi qui pensais que t'allais faire un billet sur les caniches de BFM TV qui s'étranglent après les annonces de Fion...
"Mais c'est IMPENSAAAAABLE de ne plus avoir de marges de manoeuvres pour baisser les dépenses publiques !!! Si j'étais Standard & Poor's, j'envisagerais de commencer à entamer la dégradation de la note, parce que ça veut dire que la France ne pourrait plus payer sa dette... "
(pas supprimer, j'adore NIN, même si je suis dans ma période Mr Bungle)
C'est tendancieux ce que tu dis, CSP. La culture quand ça en est vraiment (histoire, philosophie, etc... et pas consumérisme de produits vides de sens) sert effectivement à nourrir la réflexion. Et pas obligatoirement pour aller dans le sens du "progressisme". Mais ça évite de s'en tenir au premier discours qui nous a charmé en ignorant tout le reste. Ça peut-être intéressant.
Et puis tu parles de films et de musique et comme illustration, tu nous mets un livre vierge. Tu vas pas bruler les livres quand même ! :) Sans te faire ce procès, ça me rappelle ce qu'avait dit un certain polémiste : "on dirait que le but de la gauche contemporaine est de nous empêcher de lire des livres." C'est moche.
Assez d'accord.
En mai 68 Mike Jagger dans "street fighting man" accuse les anglais de dormir pendant que les français font la révolution.
En fait c'est l'oeuf et la poule, les anglais n'ont pas fait mai 68 car ils avaient du bon rock alors que nous on avait Claude François
Quand je pense qu'il y a des censeurs staliniens qui voudraient empêcher CSP d'être tendancieux !!!
TEnez, savez vous qui était premier au hit-parade en France en mai 68 ?
Les Beatles ?
Les Who ?
Les Stones ?
Jimi Hendricks ?...
Perdu : Sheila.
Eh oui.
Alors de deux choses l'une :
il n y a à l'évidence AUCUNE corrélation entre le rock et l'insurrection. Aucune. C'est comme ça. Les mecs ils peuvent beugler à la révolte autant qu'ils veulent, ça n'influencera rien.
De deux, ne pourrait-on pas voir en filigrane dans ce qui est a priori anodin une des raisons du soufflé qui est retombé ? Un peuple qui écoute Shela veut-il VRAIMENT pousser le mouvement jusqu'au bout ?...
Ou alors, c'est d'écouter Sheila qui a énervé... Un peu comme quand mon adote met du rap & R'nB de bouse jusqu'à ce que j'ai envie de prendre ma carte du FN !
(t'as vraiment pas d'humour :-D)
difficile de parler de hit parade, il n'y en avait pas d'officiel à l'époque, mais plusieurs.
voici ce qu'écoutait la France cette année là
http://mediamus.blogspot.com/2008/04/la-playlist-de-lanne-1968-les-50.html
et le hit parade de salut les copains, Sheila est en bonne position, mais c'était Johnny qui était en tête selon eux
http://tempsreel.nouvelobs.com/article/20080318.OBS5597/le-hit-parade-de-salut-les-copains.html
parler de révolution concernant mai 68 hum mouais, il s'agit surtout au départ de gosses de bourges qui ont voulu s'encainailler et connaitre le frisson de la rebellion (la toute première cause n'est pas du à une prise de conscience des injustices bla bla, mais au fait qu'ils voulaient avoir accès au dortoir des filles à Nanterre. Ils voulaient tirer leur coup quoi).
quand ça c'est étendu au mouvement ouvriers, et que celui ci les a renvoyé chier quand ces petits bourges ont voulu leur expliquer la vie (là c'était vraiment très drôle), ils sont rentré sagement dans le rang.
à tel point d'ailleurs que leurs leaders sont devenu aujourd'hui les grandes figures du libéralisme français...
Tu as cette image de la donzel?
https://www.youtube.com/watch?v=EjAoBKagWQA (et encore, j'aime assez, écouter une fois ou deux par an, par exemple, ca passe)
Alors laisse moi donc te narrer viteuf qu'elle a aussi pondu ca:
https://www.youtube.com/watch?v=36Srr08PN_Y
Ca a quand même une autre gueule.
Moi je l'ai connu avec ce morceau et j'en ai pas écouter beaucoup d'autres :)
IL DÉCHIRE TA MÈRE PAR DEVANT ET PAR DERRIÈRE!
Pour Joy Division y'en a des très très bien quand même, en dehors de love will tear us apart, ouai.
Transmission déchire bien de même que She's Lost Control qui patate et Isolation, qui fut reprise par : https://www.youtube.com/watch?v=8ZwXCDqlE9I
Han han, t'en dis quoi raclo?
Twenty Four Hours (party people, le film pète bien aussi).
New Dawn Fades
Et et et, Évidement, Dead Soul, qui fut elle aussi, reprise, par par par, TRENNNNTT!!!! :)
L'original comme la reprise déchirent leur mère.
Ah et sinon, pareil, Joy Division, le nom qui faisait aussi mouiller les baltringues sans cervelle de fafounet de l'époque pour les raisons que vous savez, ou alors cherchez.
Sinon, moi j'm'en fou, jle connais pas ton lenoir :)
Ouai, autre génération, sûrement trop jeune, et puis les inrocks etc, s'pas mon truc.
Celà dit, lenoir ou pas, les "petits" cons, donneur de leçons, se la raclant a peine et blabla tel musique blabla une autre, blalba oui je change du jour au lendemain, non, effectivement, parfait pour tout detester ca.
«les Pixies c'était quand même bien mieux que Nine Inch Nails»
Ca dépend la periode :)
Et puis Franck Black seul oui, il écrase izi ton Trent, niarf niarf!
Goetz, ta gueule, tu raconte de la merde, oui, là encore, comme hier, comme demain comme toujours.
Gnagnagna 68 bourges gnagnagna.
On avait jamais entendu ca dis!
Ps: Han Vince! Mr.Bungle! Ca fait plusieurs moi que je tourne au Mike Patton en général :p
Là je suis sur Music For The Masses.
Mais rien de tel que Black Celebration et surtout, surtout, surtouuuuuut, Violator.
Bon, mais le reste, Ultra jusqu'a now, est très très bien aussi, tout est bien dans DM en fait…
J'ai beau adoré Lenoir ton billet m'a bien fait rire. C'es vrai qu'une partie non négligeable de son public était composée d'une bande de petits marquis. Mais c'est l'avantage de la radio sur les concerts, tu peux être tout seul à écouter sans te taper tous les autres fans.
Allez CSP, avoue que tu écoutais Zegut sur RTL.
" interrogez-vous plutôt à quoi vous "sert" la culture. "
A s'torcher l'cul ? :)
J'ai bon ou pas ?
Quoi qu'il en soit je vous laisse, j'ai mangé de la viande hier soir, et je sens déjà la douceur d'un incipit de Renaud Camus me chatouiller l'oignon, mmmmmmmh, je ne vous raconte même pas la sensation littéraire qui m'étreins à l'avance ! \o/
le realisateur de bronson est danois.
c'est lui qu'a realisee la trilogie pusher
"Lenoir/lézinroc ont fabriqué deux générations de petits bourgeois intellectualisants, snobs dès 15 ans et pontifiants sur ce qu'il était de bon goût ou pas d'écouter, de lire ou de voir. Quitte à changer d'avis 2 mois plus tard en fonction des injonctions de leurs gourous"
HA HA HA ! Tout à fait ça. Si tu n'écoutais pas leur machins, ils te considéraient comme de la merde. Sauf qu'eux, on les leur filent les disques. Les autres doivent les acheter.
Maintenant au moins on peut les télécharger pour les effacer vite fait si c'est de la merde (souvent) parce que c'est (très souvent) pareil que ce qu'ils écoutaient les années d'avant mais avec un autre nom.
A propos de révolution, ils écoutent quoi les tunisiens, lybiens, égyptiens, syrien ? Ni du Sheila, ni du NIN.
Arf !
Zgur_
http://zgur.20minutes-blogs.fr/tag/mes%20ann%C3%A9es%2080
ah, si, y a bien un air qui a déclenché une révolution: Nabucco de Verdi, repris par les milanais contre l'occupant autrichien, et repris en 2011 contre Berlusconi.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nabucco
Fin de la parenthèse culturelle. L'ai je bien tartinée ?
Et sinon, il faut se farcir de la chanson réaliste, du roman réaliste, du cinéma réaliste, et de la télé-réalité,pour être révolutionnaire ? Bof.
"ça donne envie des défenestrer des gens." Jolie.
Sinon, au risque de paraître quelque peu influençable, vous venez de me faire regretter d'avoir acheter le dernier numéro de Télérama avec les prof et l'Ecole et tout. Je les hais, mais je les aime un peu aussi.
Oui oui, je suis nouveau ici.
Bjork... Essaie Sonic Youth, c'était bien inaudible aussi.
Voilà, noisy.
Et les Breeders.
Et le "grunge".
Et les Foo Fighters.
Et les Smashing Pumpkins.
Les Pixies ?
Autant se fader directement l'intégrale du Velvet Underground.
Sinon y avait aussi Morphine.
Portishead.
Et Nirvana. Tout ça devant impérativement être écouté sur baladeur AIWA ultraplat, 5 étoiles sur le labo de la fnac, en portant une surchemise Marlboro Classics, les cheveux gras, un baggy chevignon et des docs en nubuck tartinées de graisse de phoque.
Et les Lemonheads ! Trop bon aussi, les Lemonheads !
Et les Black sessions, 30 balles à la fnac pour réécouter la radio !
C'était bon, le lycée.
Telerama, l'esprit canal, lézinrocs, actuel, et les Nuls, trop drôles les Nuls !
^^ Je suis déjà loin...
@ a
mais si je veux,
ce n'est certainement pas toi qui me la fera fermer, guignol.
et non seulement je t'emmerde, te crache à la gueule, mais te pisse à la raie en prime.
quant à 68, renseigne donc toi un peu, il ne s'agit pas au départ d'un mouvement ouvrier, ça l'est devenu après (t'as qu'à voir le profil des meneurs étudiants, pas vraiment des fils de prolo)
pour a
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_68
pour une fois, article pas mal de wiki.
Mai 68 est une explosion à plusieurs niveau de la société française, mouvements étudiants, et mouvements ouvriers notamment.
c'est sur qu'avec le regard d'aujourd'hui, Sheila et autres ça pourrait passer comme sacrémént nunuche pour representer des icones révolutionnaires, mais c'est oublier le contexte de l'époque : La France était tellement sclérosée, encore enfermée dans des valeurs conservatrices, que le mouvement "yé yé" représentait une manière de s'en évader et de la remettre en cause, être yé yé était considéré comme être rebelle (je sais ça parait dingue...). Le poids du catholicisme et de ses valeurs impregnaient encore fortement l'ensemble de la société française. La liberté sexuelle n'existait pas , et le fait d'aller d'écouter ce type de musique, le jerk tout ça, passait déja aux yeux de la société pour de l'insolence et suffisait pour être considéré comme "rebelle".
"On avait jamais entendu ca dis!"
on se renseignera donc sur le "mouvement du 22 mars" qui est le précurseur du mouvement étudiant de mai 68, avant d'aboyer
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_du_22-Mars
Bien. J'interviens donc dans un esprit de concorde.
La question est surtout : est-ce que la poignée d'excités qui lancé le truc à Nanterre auraient à ce point fait boule de neige si les conditions politiques, sociales, sociétales etc. n'avaient pas été mûres pour que ça pète ? Ramener ça a des actions de groupes humains, c'est passer un peu vite le contexte - le gaullisme - et tout ce qui se passait autour de la France à ce moment là - contre-culture anglo-saxonne, mouvements de jeunesses partout, décolonisation.
Quant au fiasco de l'alliance étudiants/ouvrier, il semble bien qu'il faille d'abord le mettre sur le compte de la Cégète et du PCF qui au bout d'un moment ne voyaient pas d'un si bon oeil toute cette agitation...
Presque hors-sujet ...
http://www.reporterre.net//spip.php?article2095
(...)
Un système de consumérisme fondamentaliste légitime la publicité, la propagande et toutes sortes de manipulations, y compris les mensonges ; et quand une société légitime les mensonges et le pouvoir de manipuler, elle détruit la capacité de la population à se faire confiance mutuellement et à organiser des mouvements démocratiques. Le consumérisme fondamentaliste favorise l’égocentrisme, qui empêche la solidarité nécessaire pour organiser des mouvements démocratiques(...)
"si les conditions politiques, sociales, sociétales etc. n'avaient pas été mûres pour que ça pète ?"
faut voir, ce mouvement a été l'étincelle ayant foutu le feu au bazar et ça s'est fait effectivement dans des conditions que tu décris. Il y avait alors un fort bouillonnement des idées, une contreculture vivace (les sixties étaient une période d'innovation en ce domaine, tout était à faire, à découvrir) un contexte où tout passait par le prisme idéologique. Que l'on pense à la guerre du Viet Nam, ça avait des répercutions ici, la décolonisation étant encore à l'esprit. Quand on voit ce que suscitent les guerres d'aujourd'hui (qui sont toujours la même chose, une forme d'imperialisme) et l'absence de réactions, en comparaison...
Mais à contrario, pas si mures que ça : c'était les 30 glorieuses, et malgré des conditions très dures pour la classe travailleuse, il y avait une nette amélioration des conditions de vie, de travail etc que ce pays avait rarement connu.
Mai 68 dément justement qu'une révolution ou un mouvement de masse ne peut naitre que suite à une régression générale, sociale et économique, un pourrissement ou "murissement" de conditions socio économiques.
Quand on voit ce qu'est devenu le vietnam,le cambodge et la corée du nord apres le départ des américains, on se dit qu'on aurait mieux fait de fermer notre gueule.
J'ai comme l'impression que certains ont été traumatisés au lycée ou au collège par leurs petits camarades...
Art bourgeois, art non bourgeois, je crois la question a été tranchée par le camarade Jadnov qui lui savait de quoi il parlait.. ne fréquentant comme un certain Léon les cercles petit-bourgeois du surréalisme... Je crois savoir qu'Andreï n'écoutait pas non plus la musique déviationniste de Joy Division, pas plus que celle de Ministry.
"-La culture ? Mais c’est la marchandise idéale, celle qui fait payer toutes les autres. Pas étonnant que vous vouliez l’offrir à tous." ont dit les situationnistes, le consumérisme culturel est vieux comme la société dans laquelle nous vivons, et il console c'est vrai.
Quant à la révolution et:
"Les Beatles ?
Les Who ?
Les Stones ?" il est évident qu'ils étaient des ennemis de toute révolution sociale, puisque c'était juste des gens qui voulaient réussir dans le bizness de la musique à n'importe quel prix et que le rock était un bon moyen puisque c'est une musique très simple qui demande peu de compétences techniques, et qui était poussée à mort par les médias pour répondre dans les années 60 à une nouvelle demande: celle des jeunes en mesure de consommer.
Ils ont donc fini annoblis par la reine, propriétaires de gros châteaux, amis de la jet set et de Carlos Menem et contents de l'être. S'il leur est arrivé de faire des paroles "politiques", c'était par pur opportunisme carriériste et en général très bête.
Les inrockuptibles/lenoir correspondent à une évolution du public et donc du marché , qui consiste à fabriquer un appareil critique bruyant et volumineux pour imposer des productions très faibles, ce que quelqu'un appelait vendre "du minable enchâssé dans du kolossal" en remarquant très justement que cette manière d'imposer de la culture avait été lancée par les nazis et très habilement développée ensuite.
Mais le principe reste le même: consoler les gens de leur misère en leur vendant des productions tout aussi misérables.
Ouaaais trop bien moi aussi j'adore NIN c'est trop du son de rebelle, personne n'avait fait autant de bruit avant, et aussi c'est parfois super-joli et tendre, ma maman dit que ça s'écoute très bien.
Tu sais, on est pas beaucoup à apprécier "le travail de trent" seuls quelques vrais ésthètes, arh c'est dur de se sentir si seul et isolé, merci pour cette lumiere dans la nuit de l'indus FM.
A coté de ça les pixies, les super furry animals, les dandy warhols, c'est quoi ? Hein ? Juste un groupe (un groupe ! pff) de losers qui chantent des mélodies, trop la téhon, meh.
J'aime beaucoup ce billet,
et je suis d'accord avec 90% de ce que tu dis, seulement...
Tu fais la meme erreur que celui que tu hais...
NIN est mieux que machin...
Bjork est a vomir...
Joy Division est une sous merde...
c'est ce qu'aurait dit Lenoir si il ne les avait pas aimé !
C'est ce qu'on pourrait considerer comme de la dictature anti-dictature.
Et pourtant le fond du problème est soulevé. Les (petits) bourgeois impose a la masse "LA" culture qu'il faut adopter. Attention cependant a ne pas faire la meme chose...
pv
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