lundi 1 août 2011

Majorité silencieuse

J'ai déjà dit tout ce que m'inspirait la pusillanimité de mon camp politique et je vais encore le redire. D'abord parce que c'est quelque chose que même en l'analysant sous toutes les coutures, j'arrive à comprendre intellectuellement parlant tout en ne le pigeant émotionellement pas du tout ; et ensuite parce que la politique c'est comme une grosse enclume : il faut y aller à coup de marteau pour que ça donne du résultat.

Soit que tous mes braves compagnons de gôche ne comprennent pas ce qui est en train de se passer, soit qu'ils le comprennent et ont peur des conséquences en allant au bout du raisonnement - et je privilégie cette hypothèse comme la plus vraisemblable, puisqu'on peut voir et entendre pléthores de personnes avoir des analyses parfaitement justes et pertinentes sur la régression majeure en cours, en en comprenant fort bien tenants et aboutissants, et qui reculent devant l'inéluctable conclusion en se réfugiant dans le déni, le doute, ou plutôt une sorte de sidération de lapins pris dans les phares de la voiture qui va lui rouler dessus - le fait est : quand tout devrait nous être profitable, il ne se passe rien.

La conclusion en question, c'est qu'on est entré dans une étape décisive de la guerre de classe en cours et que quand quelqu'un vous déclare la guerre, il est généralement du meilleur goût de lui rendre la pareille.
Une étape qui sera placée sous le signe d'une violence encore accrue des dominants sur les peuples, comme commencent à le goûter les Grecs, les Espagnols et les Anglais, en attendant que ça nous tombe dessus très bientôt. Peut-être même que Sarkozy fera la politesse aux socialistes de ne pas les obliger à obéir aux diktats du FMI en les prenant de vitesse et en se chargeant lui même du boulot. D'un coup les choses s'accélèrent et l'avantage de ces périodes historiques où tout semble se précipiter vers des horizons encore inconnus, c'est qu'on a plus le temps de porter des masques : on discerne mieux à qui on a affaire.

Ainsi, le terroriste islamophobe Breivik a parfaitement démontré le fond commun aux droites "populistes" européennes en se contentant tout bonnement d'anticiper le programme politique de l'extrême-droite si elle vient un jour au pouvoir. De ce point de vue les tentatives de lifting récentes des droitards les plus réactionnaires tombent à l'eau en montrant que la "nouvelle" extrême-droite - cool, qui veut bien du mariage des homos, un peu négligé de la nuque, la chemise ouverte... - n'est donc que le faux nez de "l'ancienne" dont in fine le fond idéologique reste le même : exterminer ceux qui ne sont pas dans son délire paranoïaque. 

Délire s'appuyant entre autres sur l'antienne répétée ad nauseum que eux seraient une "majorité silencieuse" - Ivan Rioufol inside - empêchée de s'exprimer par la censure bienpensante métissolâtre blablabla vous connaissez la chanson : elle n'a que deux couplets et un seul refrain qui ramène tout à son obsession maladive de l'immigration.
Sauf que la "majorité silencieuse", la vraie, elle n'en a absolument rien à carrer de le rue Myrra, des mosquées et des boucheries Halal. Vu qu'elle vit dans la réalité des fins de mois et des loyers difficiles. De fait, si tant est qu'existe une "majorité silencieuse", elle est considérablement plus préoccupée par des problématiques de gauche que par des délires de droite. Les histoires d'emploi, de salaire, de pouvoir d'achat, d'avenir des enfants et d'angoisses immobilières, le rejet du néolibéralisme dont absolument personne ne veut, bien conscient que ça n'a jamais apporté autre chose que des drames pour l'enrichissement d'une poignée, tout cela est, ou en tout cas devrait, être des objets de débat politique empoignés à bras le corps par la gauche parce que c'est là, là dedans, que sont les véritables enjeux. Pas dans les pathologies d'une poignée insignifiante de députés UMP et de trois blogueurs racistes et cons comme des huîtres.

Or, la gauche en ce moment ?
Voilà.
Choisir entre Hollande et Aubry ? Ouh, vraiment, quel cruel dilemme que celui-ci. S'intéresser aux discussions pichrocolines de la gauche de la gauche ? J'ai déjà donné. Essayer de discerner un bout d'embryon de projet de machin un tant soit peu enthousiasmant, qui crée un peu le désir bordel ! dans cette bouillie froide ? À filer des envie de suicide à un poney. 
Ce qui serait tout de même, ce me semble, un tout petit peu autre chose si les gens de gôche acceptaient d'arrêter de se consoler avec de la culture, posaient leur Télérama et se mettaient à se dire quelque chose comme :
"Wow ! Mais tout soudain me vient une conscience lumineuse de la situation qui apparaît en lettre de feu dans mon esprit : on est en guerre, nom de Dieu...et bon et bien, puisque des gens nous ont déclaré la guerre, mâtin ! il convient de ne plus se laisser faire et d'entrer à notre tour en conflit fichtre foutre !".

Or.
Il ne vous a pas échappé.
Que c'était plutôt quelque chose comme, mettons...
"Ouais. Mais non. Mais je sais pas. Mais attends quoi. Paske tu vois. Enfin je veux dire tout de suite "la guerre" quoi...et puis c'est pas si grave que ça, quand même quoi. Nous on sait pas on a pas de convictions on a que des doutes et puis si on fait la guerre c'est compliqué et puis ça fait peur alors on va faire semblant que c'est pas si grave et renouveler notre abonnement aux Inrocks. Quoi.".

Oui, je sais. C'est ce qu'une partie des gens qui sont en train de me lire en ce moment se disent. Quasi textuellement.
Il faudra bien la livrer, cette guerre, tout de même. Ne serait-ce que parce que ceux d'en face n'ont nulle intention d'attendre qu'on daigne entrer en lice.

Pour dire les choses un peu crûment amis de gôche, il faudra un jour arrêter d'être lâches, tout de même...
Mais si. C'est de la lâcheté, il n y a pas d'autres termes. 
En plus, vous le savez très bien, pas la peine de faire cette tête, voyons...

Et puis vous adorez quand je vous fais mal. Admettez le aussi.
Ce qui tombe bien : je continuerai.
Dans une gentillesse impitoyable pour vous aussi.

36 commentaires:

Anonyme a dit…

@CSP : Eh bien moi ce que je reproche à la gauche c'est d'être incapable de répondre publiquement à la droite sur ses thématiques réactionnaires (immigration, islam, sécurité, etc...) sans tomber dans une attitude qui est soit d'accréditer implicitement leurs théories (combien de fois peuvent-ils dire "... parce que l'immigration pose quand même un problème"), soit celle d'un mépris hautain refusant tout débat. Moi aussi je n'en ai rien à fiche de l'Identité Nationale mais je ne suis pas le centre du monde et il faut bien que les argument se confrontent en démocratie.

jaq a dit…

La lâcheté ne serait-elle pas de ne pas vouloir regarder les choses en face ? Que le PS ce n'est plus la gauche mais une branche du libéralisme. Que Mélenchon est un imposteur comme Bové icône de la gauche de la gauche en son temps, et que le programme du PS ce n'est pas une insipide soupe mais un programme libéral de défense du capitalisme, sans fard.

Olivier a dit…

La guerre ne pourra commencer que lorsque "le peuple", dans sa part la plus nombreuse, aura le sentiment qu'il n'a plus rien à perdre. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Même si le stress des fins de mois est réel, il est compensé par la litanie de rêve près chié vendu sur TF1 : la télé réalité, le loto, les séries moisies ... etc. Les ménages à découvert de 15 du mois continuent à acheter la dernière télé 3D en 10 fois sans frais. C'est la réalité actuelle, fruit d'une manipulation des masses violente depuis 30 ans. Les peuples des pays dits "industrialisés" (sic) sont devenus des zombis accrochés à leurs crédits et leurs dépenses débiles comme des moules à leur rocher. Le choc de la crise de 2008 n'a rien changé, et les secousses qui nous attendent n'y changeront rien non plus. On est devenus cons comme les américains dont les plus pauvres votent à droite pour ne pas avoir à payer d'impôts le jour où ils seront riche (c'est toute la stratégie du libéralisme ventant la réussite à la portée de tous).
Il n'y a pas de solution. Ils vont continuer à nous tondre au plus près sans faire la moindre plaie susceptible de déclencher un soubresaut. Ils savent très bien y faire ! Et surtout, ils ont les moyens de leur ambition ...

Gaston a dit…

Un billet par jour qu'y disait...

Remboursez ! Remboursez !

Quant à l'article, je compatis. Mais faut-il encore mettre quelque espoir dans la gauche dans l'état où elle se présente actuellement ? "La gauche" a abandonné ses électeurs en rase campagne. Il faut l'admettre une bonne fois pour toute et se mettre à considérer un autre clivage : système/opposition. Et l'opposition se fera à gauche sur certains sujets, à droite sur d'autres. Ça parait clair.

Anonyme a dit…

http://www.dailymotion.com/video/xjgoac_3-frederic-lordon-intervention-en-introduction-a-la-table-ronde-au-colloque-du-m-pep-du-11-juin-2011_news

GdeC a dit…

Bravo. Tu as parfaitement raison, et je partage tona vis : nous sommes en guerre. De classe ? je sais pas... il n'y en a peut-être plus d'autant visible que cela... mais guerre économique, très certainement, et s'il reste une classe dominante qui est en train de gagner le cofnlit, ce serait celle des financiers internationaux cupides et sans scrupules, contre laquelle je veux me battre moi aussi. Mais quelles armes ? L'élection . mdr... La dynamite ? je suis non violent, désolé... Alors quoi ? Dans mes délires, je me suis demandé ce qui pourrait donner un coup de boule à ceux contre lesquels nous nous battons tous deux, Thierry... et l'idée m'a effleuré que finalement, la seule chose qui pourrait faire bouger le cul des gens de leur fauteuil et sortir dans la rue pour parler, protester, et éventuellement élaborer une stratégie de combat contre les oligarques, ce serait... de détruire les antennes de TNT. Au moins, là, on ne ferait de mal à personne. Et les ceusse qui profite du bouzzin verraient ainsi leur propagande réduite à nénat,. ça, ça les fâcherait grave. Quel meilleur instrument de coercition des peuples que la télé ?

Anonyme a dit…

Euh, c'est quoi ton plan, CSP ?

Nan paske c'est bien gentil toussa, de répéter cent fois la même chose en variant le ton, mais dans ton billet y manque un truc : le plan.

Peubi a dit…

D'abord, merci pour "pichrocolines", je me coucherai moins ignorant ce soir.

Ensuite, le PS fait partie de ceux qui ont déclaré la guerre à ce d'en bas.
Ses cadres ont juste perdu quand ils ont fait "trou trou" à la sortie de l'ENA.

Anonyme a dit…

Je suis d'accord : c'est une guerre economique et un chapitre important est en train de s'ecrire et continuera dans les semaines qui suivent . Le prochain gros chapitre toujours inspire de la strategie du choc decrit par N.KLEIN consiste a supprimer le mince filet de protection sociale qui reste.Les peuples laisseront ils faire ? pas sur .. on a commence a voir les premices d'une contestation ces derniers temps et il n'est pas impossible que, tous et toutes, tant qu'a etre jetes à la rue comme des malpropres finissent par donner de la voix ...
lang6

olses a dit…

http://1libertaire.free.fr/IdeologieSarko.html

sur la reprise de la majorite silencieuse de nixon par sarkozy

himalove a dit…

Quand on vous tire dessus et qu'on cherche à vous affamer, la réponse instinctive n'est pas discuter mais de chercher une arme...

des pas perdus a dit…

Je partage ton avis, hormis sur l'autre gauche...

Cath S. a dit…

Je suis d'accord sur le fond - et apprécie la forme - de ton article et tu as absolument raison d'insister sur le fait qu'il s'agit bel et bien d'une guerre de classe, même si le concept des classes serait à redéfinir, et non d'une "guerre économique", qui existe bel et bien mais n'a pour généraux que les capitalistes et comme chair à canon que ceux qui vendent - ou tentent en vain de vendre - leur force de travail, et cette guerre économique oppose le peuple au peuple et ne fait de victimes que dans ses rangs, à l'échelle nationale comme à l'échelle planétaire, merci la mondialisation du libéralisme.

grisnoir a dit…

Image déjà prise: Nietzsche aussi voulait qu'on philosophe à coup de marteau...

Plop a dit…

@anonyme de 14:08

Bien d'accord. Mais encore faut-il le faire de manière intelligente, pas comme ça par exemple : http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/08/01/course-poursuite-en-banlieue-encore-un-jeune-mort-pour-rien/

Où L. Mucchielli se prends une interminable gifle bien pour un article nullissime.

Léo a dit…

Le FN favorable au mariage gay ? Ah non, quand même pas...

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/01/28/le-fn-totalement-oppose-au-mariage-homosexuel_1471754_3224.html

Anonyme a dit…

CSP a raison, il faut déterrer le marteau,(même celui de Nietzsche), réveiller cette tradition d'opposition radicale à tous les pouvoirs. C'est le devoir de ceux qui écrivent aujourd'hui ou qui en ont la prétention sinon qu'ils la ferment! L'intoxication par le découragement ras le bol ! La propagande bourgeoise a gagné les cerveaux de bien des révolutionnaires "les masses ne suivent pas, gnan, gnan". Debout les intellectuels révolutionnaires, sortez-nous un programme idéologique audacieux, le peuple suivra. C'est le moment; les pouvoirs n'ont plus que la police et l'armée pour défendre les exploiteurs et les actionnaires, depuis la chute du mur de Berlin on sait que cela ne suffit pas pour arrêter les peuples.

"Le plus grand ennemi de l'individu libre est l'individualisme". Les gouvernements comptent sur ce principe bourgeois, mais les principes ne sont pas éternels, surtout que ces gouvernements serrent les fesses en ce début de siècle. Voyez l'enclume!

Robert Spire

FoxAlfaBravo a dit…

Je plagie le précédent, "CSP a raison, il faut déterrer le marteau"

Alors on fait quoi? Les bâtards (patrons au sens lutte des classe et patrons du deal des rues) ont le pognon et le pouvoir, il ne nous reste plus que la vraie lutte quotidienne à ce jour.

Syndicalisme va chier (je suis "Le Rennnais", j'ai déjà écris ici, j'arrête)

On va continuer à camper, à écrire longtemps?

J'ai même la réponse : 10 ans max, la guerre sera présente contre les "hordes bougnoules venus du Sud" (messieurs les censeurs, ceci est une prédiction, merci d'utiliser le vocabulaire du futur).

En gros nos précieux gouverneurs feront en sorte que l'ennemi soit dévié sur le "coloré" et le commun du peuple aura une nouvelle cible, déjà en construction

Et c'est ni avec LO, ni avec le NPA qui sont des contres très mous que ça va se faire, mais avec 70% de la population qui sera d'accord

Je n'ai plus aucun espoir en une construction positive, détrompez moi

comité-de-salut-public a dit…

Il est bien évident que si j'avais la THE solution à nos problèmes, je serai déjà Lider de la révolution mondiale ; étant obligé de faire preuve de modestie ,je me contente de penser qu'un angle primordial est décidément ce qui se passe dans les têtes.
À mon humble niveau, tout ce que je peux prétendre à faire c'est de la propagande. Ce n'est pas un gros mot en soi ; et il faut bien faire quelque chose pour enlever internet à tous les droitards qui y sévissent.

Or, et même rien que pour ça, il faut admettre être en guerre. Quand je vois ce qui se passe dans la "gauchosphère" - ou ce qui en tient lieu...- c'est quand même les mêmes discours gauchistes indignés citoyens à la con, et Sarkozy il est méchant et Marine Le Pen elle est pas gentille blablabla. Le pensum permanent.

Il faut rendre le gauchisme sexy.
Ouais. Farpaitement. Eye candy, 2.0, et dans le même temps balayer tous les folklores autour (COUCOU LE NPA !). Je pense ça possible. En tout cas, je vais essayer.^^

Anonyme a dit…

@Plop : Je ne vois pas ce qu'il a de nullissime cet article.

Yohann a dit…

D'accord à 100% avec le billet
Le plan:
Rendre le gauchisme sexy >>>>C'est clair que même les bombasses siliconées des pubs pour les écrans plats, les scénarios délirants de jeux vidéos dépassent largement la journée de congé payé en plus et les 50m2 de HLM au lieu de 35...
Y a un mec de droite qui disait "personne n'est prêt à se battre pour un canapé" Or il a oublié une nuance: personne n'est prêt à se battre pour le sauver, mais ceux qui n'en ont pas, eux sont prêts à tout.

Donc 1) donner du rêve: Une vraie révolution sociale, mais ça évoque quand même autre chose qu'un défilé du 1er mais entre chômeurs et autres "retraités anticipés" en 2011!!! Cela pour former un noyau dur. De ce point de vue le NPA j'ai eu l'impression que c'était plutôt le noyau ramolli en fait.

2) Patienter... Quand le pékin moyen se fera couper son forfait TNT+internet+téléphone parce que les agios de sont découvert et les intérêts de son crédit sofinco lui ont bouffé son salaire, le discours d'une gauche combattante lui paraîtra tout de suite plus "sexy".

@Robert Spire j'adhère à 99,99%de tes posts mais à mon avis la période qui s'ouvre est largement contre-révolutionnaire. Il suffit de voir que de nombreuses voix s'élèvent à droite pour justifier d'une manière ou d'une autre un certain terroriste, et que personne ne leur ferme le clapet,, et que ça ne choque ni dans les médias dominants, ni dans parmi mes proches (les vôtres je sais pas) Ce qui en dit long sur la tendance de long terme qui traverse le pays, et, visiblement, une bonne partie de l'Europe.

comité-de-salut-public a dit…

Encore une fois, je ne sais pas ce qu'est une "construction positive". Ceci dit, je constate ce que tout un chacun peut voir : les anciens modèles qui structuraient la gauche radicale ne marchent plus. Les partis se replient sur eux-mêmes par peur de l'extérieur et de l'innovation, les manifs si grosses soient-elles ne créent plus le rapport de forces nécessaire, la propagation des idées se cantonne à des profs qui "critiquent".

Il faut bien admettre la réalité : tout ça n'est plus opératif. Il y a une nécessité d'expérimenter et d'innover, quitte à se tromper pour recommencer autrement après. Et je pense que je ne suis pas le seul à éprouver ce désir, ce besoin même, de vouloir en finir avec les modèles poussiéreux du gauchisme à la papa pour nous lancer dans la construction de nouveaux modèles et de nouvelles façons de faire de la politique. J'ai également conscience que tout ça est très ambitieux, et sans doute même très prétentieux. Sans nulle doute.
Ensuite, rester les bras croisés face aux hordes d'en face : pas question.

De fait, se demander quoi faire de vraiment NOUVEAU est plus inconfortable que se raccrocher stérilement à ce qui est certes confortable ; et aussi inefficace.
Le chantier est énorme. Vraiment.

Bromure a dit…

Le seul bémol, dans ton panorama: C'est vrai qu'une majorité s’inquiète bien plus des fins de mois difficiles (surtout les 30 derniers jours) que d'une prière de rue a la con (c'est le bouffeur de curé qui cause). Néanmoins, la pisse de chameaux lépreux qui sert de corpus idéologique a la droite a bien fait son œuvre. La preuve en est qu'un certains nombre de précaires et chômeurs que j'ai l'occasion de croisés n’hésite pas a reproché aux immigrés de lui voler une partie des quelques miettes qu'ont veux bien lui laisser! Et ils le font d'autant plus qu'aucun parti de la "gauche de la gauche" ne semble s’intéresser suffisamment a eux pour faire plus qu'une diff de tract hebdomadaire sur le marché populaire du coin.

Je remet pas en cause le fait qu'il faille absolument militer sur internet, c'est même l'un des principaux point sur lesquels je te rejoint. Mais je me demande aussi quand est ce qu'on va les chercher par la peau du cul sur les pole emplois, les caf, au porte a porte dans les cités, aux resto du cœur, l'armée du salut et sa petite sœur des pauvres.... BOUGEZ VOUS LE CUL BORDEL! Faites des conneries s'il le faut mais faites quelque chose, pitié! ON A UN MONDE A ABATTRE AVANT D'EN CONSTRUIRE UN NOUVEAU! (j'rentre du boulot, j'suis fatigué, énervé et désemparé, donc je ne m'excuserais pas pour les majuscules).

Anonyme a dit…

http://www.youtube.com/watch?v=iFk_oEoK4RY

http://www.youtube.com/watch?v=2QxNPeW9jFk

Anonyme a dit…

Allez, en y allant cash...Il nous faut un "fdsouche" d'extrême gauche...
Je l'ai dis, j'assume la comparaison..
R.

Anonyme a dit…

@CSP
"À mon humble niveau, tout ce que je peux prétendre à faire c'est de la propagande."

Euh, ça serait pas sensiblement le type de position que tu reproches à tous les "lâches" qui ont des excuses bidons pour ne rien faire ?

Anto a dit…

Autant je pense aussi il faut faire du nouveau en matière de propagande, autant tout n'est pas à jeter dans l'ancienne.

On a beau dire, les choeurs de l'armée rouge chantant la Varsovienne ou le chant des des partisans, ça t'a une autre gueule que Zebda. Et un peu plus de couilles aussi...

La question n'est pas de savoir si on tombe dans de l'identitaire (ce qui peut arriver, hein, j'ai déjà vu ça), mais

Anonyme a dit…

C'est toujours le même discours à gauche où l'on explique que lorsque les choses tourneront encore plus mal et que les gens ne pourront plus se payer leur abonnement de portable, les idées de gauche vont fleurir dans tous les cerveaux. Des clous ! La réalité montre surtout qu'ils votent extrême-droite ou Tea Party comme aux USA. Pourquoi voulez-vous que ce soit différent en France ? Si on est incapable d'expliquer nos idées, alors c'est parti pour être une situation pire encore. Rajoutez une dose prévisible de terrorisme et la fête sera finie. Bienvenue en l'an 40.

Antoine a dit…

Bon mon précédent message est parti tout seul, désolé.

Je disais : il faut faire du neuf, mais pour l'heure au niveau "efficacité" on a pas fait mieux que le vieux. La varsovienne chanté par les choeurs de l'armée rouge, ca t'a une autre gueule que Zebda/Manu Chao/whatever "contestataire-festif". Et plus de couilles aussi.

Je pense - ce n'est qu'une piste, hein - que le problème ne vient pas de l'opposition nouveau/ancien, mais du fait que beaucoup à gauche on peur du pouvoir, parce que c'est caca, pour faire court. Soyons alternatifs bien au chaud entre nous, laissons faire, pleurnichons dans notre coin... Et surtout ne *voulons* rien. N'agissons pas, refusons d'utiliser la force et l'autorité, soyons passifs et vaguement geignards...

Bref, ce qui manque à la gauche, c'est une libido.

ramiro a dit…

Le tour de force de l'extrême-droite actuelle c'est de donner une voix à la prétendue majorité silencieuse. Comment ? Principalement à partir de leur site "tête de pont" comme disent les journalistes, "fsetouche". Le site, collecte des informations, les met en forme selon les grilles idéologique de l'extrême-droite, impulse des campagnes et des mobilisations et organise la pression sur les hommes et femmes politiques.
Il nous faut un site de référence, un site qui synthétiserait les informations produites par les mouvements sociaux et qui les mettrait en forme pour que chacun s'en saisisse et...parte à l'assaut du ciel.
Une idée, des idées...

Yohann a dit…

A CSP: te méprends pas,j'ai bien fait mon speech "old school" en 2 points.
Parce que oui il faut restructurer une vraie gauche capable de saisir voir de se créer des opportunités, donc "devenir sexy", c'est un préalable indispensable ainsi que tu l'a si bien dit. Et de ce point de vue là tout est à faire, et franchement j'ai encore moins d'idées que toi (ce pourquoi je te lis, d'ailleurs)

@+

comité-de-salut-public a dit…

"Je pense - ce n'est qu'une piste, hein - que le problème ne vient pas de l'opposition nouveau/ancien, mais du fait que beaucoup à gauche on peur du pouvoir"

Toute l'histoire - courte - du NPA résumée. Puisque c'était les deux en même temps : la peur du pouvoir et le repli conséquent, avec le rejet de TOUT ce qui était innovant...

Encore une fois, je pense qu'il faut faire ce que chacun sait faire ; moi, je "sais faire" Internet. Et l'idée d'un site "site qui synthétiserait les informations produites par les mouvements sociaux et qui les mettrait en forme pour que chacun s'en saisisse" est déjà en construction. Mais il ne sera pas que ça, d'ailleurs. Je le vois vraiment comme un laboratoire d'expérimentation pour créer une gauche radicale sexy, ou "gauchisme kewl" comme on veut, sans profs rouges et avec une vision.

Le verre à moitié plein a dit…

La guerre se mène déjà. Ailleurs.

Il y a même des victoires de ci de là.

On peut déjà regarder comment se mènent des stratégies victorieuses, ça peut donner des idées et c'est aussi très bon pour le moral de voir ce qui marche.

Où existe t-il un syndicalisme de combat, représentant plus de 10% des salariés, qui mène des luttes victorieuses à la suite de grèves qui peuvent durer bien plus d'un an ? Où existe t-il un parti politique de gauche qui est devenu récemment la deuxième force politique locale avec plus de 25% des votes ? Où existe t-il une organisation marxiste révolutionnaire qui va (bientôt) mettre fin à la lutte armée ?

Réponse : un laboratoire politique à 450 km de Toulouse

Si j'en parle, c'est parce que je vois ces luttes, ces stratégies se construire sur ce territoire de tout près mais, ce n'est jamais là qu'un exemple parmi tant d'autres.

Luttes en partie victorieuses menées par une gauche, certes nationaliste (bouh le gros mot) mais de gauche tout de même. Une gauche qui parle du coin de la rue, du quartier, de la ville, de la province et du pays, de la question nationale dans un pays sans état. Une gauche abertzale qui donne des clés de lecture, des contre-arguments à la propagande libérale au plus près, dans un espace défini, parce que l'action politique s'applique de fait sur des territoires quand parler d'internationalisme prolétarien est politiquement illisible. D'ailleurs, à quoi correspond actuellement l'internationalisme ? Quelles images renvoient les médias mainstream de l'internationalisme actuel ? Le TCE en 2005, l'ONU, le G20, la Somalie, la Libye, le FMI, l'Afghanistan ou la 4ème internationale ?

On ne peut pas faire un copier-coller de ces luttes d'un pays et d'un peuple qui se bat pour sa survie dans le grand tout global au sein d'une gauche française empreinte d'un esprit supérieur et toujours un peu colonialiste mais bon, ça vaut peut être le coup de s'inspirer de ce qui se fait et de ce qui se dit ailleurs qu'à Paris de la part d'internationalistes.

Le verre à moitié plein donc.

Anonyme a dit…

@Yohann.
La contre-révolution a démarré dés 1789 et a été toujours trés vivace. Pourtant elle a perdu beaucoup de terrain en 2 siècles. Le vide ou l'amnésie générale d'aujourd'hui ne doit pas nous faire perdre de vue que tout peut basculer trés vite. Dans les années 30, entourée de pays fascistes, la France a connu le Front Populaire, qu'en 42 tout semblait perdu et 2 ans aprés était lancé le programme du CNR. La contre révolution est repartie de plus belle dés la fin des années 50, la guerre d'Agérie, les programmes anti-révolutionnaire des experts militaires français, américains exportés en Sud-Amérique, au Viet-Nam et tout d'un coup Mai 68! Puis c'est la mort d'Allende et le retour des conservateurs partout sauf en France où le Programme Commun soulève l'espoir, déçoit terriblement mais ralenti la pénétration du néolibéralisme.Avec l'élection de Sarkosy les néolibéraux crient victoire jusqu'aux USA mais c'est un cuisant échec politique et économique. Maintenant tout est possible et surtout ne pas se laisser gagner par le désespoir entretenu (le terrorisme, l'immigration) par le pouvoir et ses médias. Je ne suis pas naïf, je vois, j'entends les râles populistes, mais cela ne justifie pas que l'on doit rester les bras croisés, avec l'air désabusé de gens "qui savent" des "que voulez-vous que j'y fasse". Bien si il y à lutter avec ses moyens, à penser, à critiquer en permanence toute sa vie et passer le relais.
Robert Spire

Anonyme a dit…

http://www.liberation.fr/monde/01012350843-2083-une-declaration-europeenne-d-independance-ou-le-petit-manuel-du-neo

Anonyme a dit…

Robert Spire, décidément, vous etes quelqu'un de bien.