Il y a un grand absent, ce matin dans nos nouvelles.
Alors qu'en fait on ne parle pratiquement que de lui.
Ça me chatouillait l'esprit ce matin en parcourant les sites de presse et de news. Il y était beaucoup question de quelque chose qu'on appelait pour ainsi dire jamais par son nom...il manque un mot et tout est dénaturé en quelque sorte.
Je me mis en quête de ce mot là, pour vérifier : peut-être quelqu'un l'aura t-il employé. Car tout de même, depuis des semaines on ne parle que de ça, on en parle encore plus depuis ce week-end, et j'ai pourtant toutes les peines du monde à le trouver. Ce simple mot.
D'ailleurs à cette minute, je ne l'ai pas trouvé.
Et j'ai cherché pourtant.
Sur les sites de journaux nationaux, sur les blogs de gens "sérieux", sur les blogs de gens moins sérieux, chez Paul Jorion, sur Dedefensa, sur Rézo, j'ai même poussé chez les libéraux chimiquement purs et même, même, je me suis bouché le nez pour aller sur Atlantico c'est dire si je ne redoute rien : et bien je n'ai pas trouvé ce mot. Ce simple mot. Qui est nulle part alors qu'il est aujourd'hui partout, dans toutes les têtes, dans toutes les langues, dans toutes les économies.
Ce mot ?
Mais vous avez déjà compris lequel.
"Capitalisme".
Oh, on parle bien de ses excroissances et de son action, de ses conséquences et de son avenir, c'est simple on ne parle que de lui ; mais sans jamais le nommer. On l'étudie sous toutes les coutures, on frémit à son moindre soubresaut, on le scrute avec angoisse, on espère quand il fait un mouvement et on désespère quand il en fait un autre, il n'est question que de lui dans tous les journaux, dans toutes les radios, dans toutes les télés...
Et on ne prononce jamais son nom.
Alors même qu'on se demande comment soit l'achever une bonne fois soit le guérir pour qu'il reparte. Ce ne sont pas les éminents médecins qui manquent à son chevet, ce en sont pas les potions et remèdes et hypothèses qui font défaut, certes non.
Mais à force de gloser sur son cas, aurait-on fini par perdre de vue ce qu'est exactement le patient ?
Médiatiques et politiques sont dans un certain émoi, c'est palpable. Tous en train de se tordre les mains en se demandant quoi faire devant ce malade qu'ils ont pourtant tellement contribués à nourrir et encourager. La palme de la niaiserie du jour revenant sans conteste à Demorand dans son éditorial proprement sidérant de bêtise, jugez :
"en maîtrisant la chaîne complexe qui permet aux Etats de se procurer de l’argent, les agences de notation disposent ni plus ni moins que d’un pouvoir de vie et de mort. Mais qui les composent ? Comment travaillent-elles ? Quelle idéologie, quelle vision de l’économie sous-tendent leurs décisions ? Au nom de quoi exercent-elles un pouvoir qui est, de fait, politique ?"
Ah, je vous avais dit que c'était sot. "Pifomètre" ? Pauvre imbécile : les agences de notation et leurs mandants banquiers savent très exactement ce qu'ils font : assurer la mainmise définitive du capitalisme sur la planète. Et malheur aux vaincus.
Montebourg est bien gentil mais son idée de démanteler les agences de notation, si séduisante soit-elle sur le moment, ne doit pas faire oublier que celle-ci ne sont que des instruments d'une politique. Vous enlevez le couteau au fou homicide, il n'en est pas moins fou pour autant, et il se trouvera autre chose pour arriver à ses fins. C'est le fou qu'il faut circonvenir d'abord, et se débrouiller pour le mettre hors d'état de nuire.
Sauf qu'ici, personne n'ose s'en prendre au fou directement. Dame : on l'a laissé devenir à ce point ivre de sa surpuissance qu'il dicte désormais ses caprices à la première puissance mondiale, laquelle va servilement lui obéir. Et voyant autant d'empressement pour le satisfaire, va devenir encore plus fou. Jusqu'à l'effondrement définitif dans un gigantesque collapsus ? Il n'en a cure, puisque fou, justement. Vous pouvez être certains que beaucoup de ses serviteurs les plus fidèles, plus lucides, sont en train en ce moment même de chercher les moyens de s'enrichir le plus possible et le plus vite possible parce qu'il savent, eux, que cette démence va s'achever tôt ou tard et plutôt tôt d'ailleurs. La suite ? Disons qu'ils espèrent avoir assez accumulé pour se protéger eux et leurs proches pendant et surtout : après l'effondrement.
Dire que c'est la fin du monde serait quelque peu hâtif ; en revanche, c'est bel et bien la fin "d'un" monde auquel nous assistons. Celui où le dollar a régné sans partage ces 60 dernières années. Ce qui va émerger ensuite ? Bien malin celui qui saurait le dire. Est-ce la chute finale du libéralisme dans un dernier spasme d'orgasme avant que celui-ci ne crève enfin de trop de luxure ? Ou est-ce le début d'une ère mouvementée où ce totalitarisme économico-politique supplantera pour de bons les souverainetés étatiques - les remerciant ainsi de bien ingrate manière : ce sont elles après tout qui l'ont aidé à devenir si puissant...- ? Ce qui va advenir dans les mois et les années à venir aura en tout cas le goût de l'inédit. À moins que le capitalisme choisisse sa bonne vieille méthode pour se refaire une jeunesse : une grosse guerre mondiale, rien de tel pour faire repartir la machine sur des bases fraîches.
Et on ose prétendre qu'on vit une époque ennuyeuse où il ne se passe rien...

15 commentaires:
Les agences de notations ne sont pas de couteaux, tout juste des jumelles de précisions. Les possédants ne veulent pas investir au hasard, ils ont besoin de signaux clairs sur où et comment s'y prendre. C'est tout.
Comme tu dis, ils ne sont qu'un détail d'un système plus général.
Atlantico... Tu es allé chercher bien loin, plus près de toi il y a pourtant le hashtag #capitaklisme qui traine depuis quelques jours. Ca ne compte pas ?
«Et on ose prétendre qu'on vit une époque ennuyeuse où il ne se passe rien...»
N'est ce pas? :)
J'ai envie de dire que le peuple, les peuples on leur destin en main.
Ca fait glouglou par ci par là, c'est pas encore a température, ca viendra…
Cher CSP, je ne voudrais pas te faire de peine mais si tu avais jeté un oeil chez ton copain Mélenchon, tu l'aurais lu inscrit en toutes lettres, ton gros mot ^^
(sans rancune hein !)
(oui, je sais, c'est mesquin...pas pu m'empêcher ;-)
Et donc, LA solution ?
"Il faut rassurer les marchés"
Dont acte:
"Très Chers Marchés, si vous cessez de suite votre politique anti-sociale et mettez l'économie au service du citoyen et non le contraire, peut-être songerons-nous éventuellement à envisager l'aménagement flexible d'un jour de repos mensuel dans votre programme de ré-éducation civique win-win en flux tendu dans les futurs goulags de démantèlement et de décontamination nucléaire internationaux."
les agences de notation et leurs mandants banquiers savent très exactement ce qu'ils font
Ben justement, je me posais la question après la dégradation de la note américaine: est-ce que la crise actuelle est planifiée de A à Z par les capitalistes [1] ou est-ce que la machine s'est emballé et ils en ont perdu le controle (comme en 29)
[1] je parles pas de complot, juste du bizness as usual
Et aller, c'est lordon qui va etre content encore.
On va se paffer les iconoclaste éonomistes pendant un moment.
JT de 20h fr2, marie drucker et le GROS COHEN, élie de sont prénom.
Pour se détendre, viola une méga nouvelle les gens:
http://www.lofofora.com/index.php?file=Forum&page=viewtopic&forum_id=4&thread_id=1047
YAAAAHHHH!!
@Plop : Un peu des deux mais là actuellement ils (les marchés & banques) nous font un mélange de panique généralisée et de pleurnicherie (aidez-nous nos rentes sont en dangers !). Le scénario suivant c'est qu'ils vont finir par constater qu'il va bien falloir s'entendre avec les états car ceux-ci sont arrivés à la limite des échéances de remboursement. Du coup on négocie et c'est là que tout va vraiment changer selon que nos gouvernants seront capable de leur tenir tête ou non.... en clair on va morfler et arriver à la dernière étape : des états ruinés et tenus en laisse par l'oligarchie capitaliste. Sauf retournement, this is the end of the story. Reste à savoir combien de siècles va pouvoir durer ce servage néo-capitaliste.
L'autre scénario, plus optimiste, étant qu'avant cela une nouvelle Révolution Française apparaît dirigée par Philippe Poutou du NPA. Un exemple pour le monde entier, un nouveau siècle des lumières et l'épisode de la Terreur en moins. Comme c'est très improbable, il reste alors à espérer que le milliard de prolétaires chinois renverse leur dictature d'ici là. Légèrement plus plausible.
20:10, tais toi, si, c'est mieux.
"Une grosse guerre mondiale" me parait trés peu probable. Pas seulement à cause du risque nucléaire mais au fait que contrairement aux années 20-30, les capitalistes mondiaux sont copains comme cochons. Trop long pour refaire l'historique des 50 dernières années, je dirais juste que l'accumulation capitaliste dans les pays émergeants (et qui a aussi des soucis avec ses populations) a besoin de nouveaux "territoires", ces derniers ne peuvent être que l'Amérique du Nord, l'Europe et le Japon et que les puissants de ces zones sont "complices" du mouvement qui visent à déposséder leurs populations. Politiquement, il est vrai que cela devient intéressant car tout le monde sait que le PS en France n'a pas de solution pour 2012, idem pour les républicains aux USA. Comme toujours les capitalistes pensent gagner grâce aux peurs qu'ils suscitent (guerres locales, crises, catastrophes en tous genre - la Terreur est déjà présente) mais les peuples occidentaux sont plus évolués que sur les autres continents et sont en mesure de trouver des alternatives radicales, c'est tout le mal que je nous souhaite.
Robert Spire
http://www.rue89.com/2011/08/08/mort-de-charlie-bauer-complice-de-mesrine-et-revolutionnaire-217187
:(
:(
:(
Charlie Bauer!
Il faut écrire son nom, il faut le dire, il faut qui raisonne et se fasse entendre, il faut lui rendre le plus grand hommage qu'il nous soit donner!
Encore une grand homme qui nous quitte.
ouah! tu lis dedefensa!
En v'là un qui parle de capitalisme :
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/08/11/invite-de-lemission-les-4-verites-sur-france-2/
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