lundi 15 août 2011

La fin de l'extrême-gauche et pourquoi s'en réjouir

C'en est donc bel et bien fini de "l'extrême-gauche" et c'est paradoxalement la meilleure chose qui soit.
Dans un contexte social, économique et politique qui aurait dû lui donner un élan décisif comme jamais auparavant et où elle n'a prouvé que sa pusillanimité et son refus catégorique d'oser prendre ses responsabilités, elle en est réduite désormais à rationaliser sa groupusculisation en prenant des poses de Martyrs De La Cause, en justifiant ses crispations sectaires par un discours doloriste sur la nécessité de creuser le sillon inlassablement blablabla en attendant que les masses daignent bien s'insurger et qu'à ce moment Le Parti leur montrera la Lumière. Oui, c'est l'état d'esprit qui règne dans ses milieux. Un peu comme si tout le monde s'était réuni en brainstorming autour d'une table avec pour ordre du jour de trouver 1 - les moyens d'être les plus inutiles possibles, 2 - et de faire fuir toutes les meilleures volontés. Ce n'est sans doute pas une démarche consciente, mais les résultats sont là : les deux objectifs sont atteints avec une réussite au delà des espérances les plus folles.

D'un strict point de vue éléctoraliste, on pourra toujours se consoler en mettant un bulletin Mélenchon dans une urne qui passe par là, tout en se demandant comment ce bon Jean-Luc expliquera a ses militants qu'il entre dans un gouvernement de gôche social-démocrate en cas - peu probable - de victoire de celle-ci après avoir juré ses grands dieux que jamais il ne fera pareille chose. Si on est complètement cynique comme un trotskyste chauve, on pourra trouver ça distrayant trois bonnes secondes. Mais ensuite ?

Ensuite, il suffit parfois de décaler le regard sur les choses pour en découvrir des angles inédits ; et nous avons peut-être des raisons de nous réjouir de la fin de l'extrême-gauche...
Fin qui est surtout en fait celle des formes d'expression de celle-ci, à savoir propagande nullissime et militantisme aride. En fait, quand on y réfléchit, il y a même tout lieux de se remonter les zygomatiques à cette perspective puisque c'est peut-être bel et bien le folklore gauchiste qui était à la fois la marque de fabrique et la chape de plomb de ce courant politique qui est en train de disparaître définitivement.
Ce qui serait la meilleure chose du monde.

À qui ça manquera, les keffiehs ?
À qui ça manquera, les affiches hideuses qu'on colle histoire de se dire qu'on fait quelque chose ?
À qui ça manquera, les tracts rédigés en Arial corps 3 avec les mentions obligatoires de "Capitalisme" et "Prolétariat" en pâtés de texte illisibles par le commun des mortels, diffés sous la flotte à 7 heures du matin pour des gens qui n'en ont rien à foutre ?
À qui ça manquera, ces journaux "d'orga" chiantissimes et mal écrits, que personne ne lit même en interne mais qu'on s'obstine bêtement à imprimer parce qu'il s'agit d'une "tradition" dont plus personne n'a rien à foutre ?
À qui ça manquera, ces réunions stériles et insipides où on se contente de se prendre la tête et de se faire prendre la tête, où tout enthousiasme et toute vie ont disparus dans les routines militantes qui tournent à vide ?
À qui ça manquera, les profs rouges qui font de la "pé-da-go-gie" qui fait fuir les gens normalement constitués ?
À qui ça manquera, les djeunz donneurs de leçons plus bolchévik que moi tu meurs, capables de réciter des pans entiers du Programme de transition et qui ne comprennent rien à rien ?...
À qui ça manquera, le gauchisme crétin déconnecté de toute réalité élémentaire qui veut faire de la "subversion tu'ois" ?
À qui ça manquera, l’obsession débile et débilitante de la "pureté" idélogique qui stérilise toute curiosité et toute ouverture d'esprit et qui aboutit à des robots sans humour infoutus de penser en dehors de leurs propres clous ?

À pas grand' monde, hein ?

Partant, plutôt que de se désoler, il y a là plutôt matière à se réjouir, non ?
Après, certes, la disparition des modèles anciens et le flou qui entoure encore les modèles nouveaux peut déstabiliser. C'est normal. 
Mais le plus important c'est que les idées restent.
Qu'elles soient vivantes dans les esprits et qu'elle s'incarnent ailleurs. Et ce n'est pas en restant dans des partis et groupuscules sclérosés qu'elles pourront vivre, c'est la logique même.
De ce pont de vue, chacun d'entre nous en devient dépositaire et partant responsable. Charge à nous maintenant de les faire vivre et partager, et de trouver le(s) moyen(s) de les mettre dans d'autres têtes.
Disons qu'on ne sait pas encore très bien ce qui marche ; en revanche, nous avons une vision très exacte de ce qui ne marche pas. 
Quant à vous dire quelle direction prendre...je pense qu'il faut faire avec ce qu'on sait faire, tout simplement. De mon côté, je "sais faire" Internet et je veux travailler là dessus. Qui m'aime me suive.

Et j'entend bien définir les contours d'un "radical kewl", ou "gauchisme sexy", bref : les mêmes idées, exactement les mêmes, avec des fringues différentes. Vous verrez, je pense que ça devrait être pas mal.


42 commentaires:

GdeC a dit…

Voilà qui ne peut qu'encourager l’entrisme propre aux trotskystes vieillissants... Et c'est tant mieux pour l'évolution des partis classiques : ils y apporteront le supplément d’âme et la colère qui leur manque...

Zergy a dit…

Voila, rien à ajouter.
D'ailleurs, prendre des idées (de merde) pour leur donner une tête « sexy » c'est exactement ce qu'on fait les libéraux avec les idées de droites et d'extrême droite. Même si derrière, c'est la même chose.

A nous de faire pareil sans pour autant garder les idées qui ne fonctionnent pas.

Anonyme a dit…

mouais csp ... c'est très bien que tu lances la gauchosphère, y'en a besoin. Mais par contre ce que ton texte dit c'est que tu ne sais pas vers quelles perspectives il faut aller sur le terrain.
C'est indispensable de critiquer, de gueuler contre le sectarisme et les vieilles recettes qui ne fonctionnent pas. Mais si c'est pour rester dans son coin sans rien proposer concrètement, ni faire, pour le militantisme quotidien (parce qu'internet ne suffit pas), ben c'est inutile. Encore plus que rester dans le npa et avoir des pratiques désuées.

Melvin X a dit…

Caricature, carictature et encore caricature...
ça bien des années que je porte pas de keffieh et que j'ai rompu avec certains délires gauchistes (m'enfin qu'est-ce que Hello Kitty avec un AK47 ?), je regarde des séries et des films (dont certains, mais rarement chiant), j'ai une vie, je rigole, il m'arrive de trouver du talent à des écrivains de droite, je te mets ta mère à Street Fighter... Bref, que le NPA et autres soient loin d'être à la hauteur de la crise certes. Que celles et ceux qui se réclament de l'EG soient monolythiques et caricaturaux comme tu les décris, c'est trop gonflant !!!

Kaos a dit…

J'ai quand même tendance à penser que changer le ton change les idées portées. Que la forme et le fond, c'est la même chose. Le 'radical kewl' a quelques fondements profondément différents du militantisme sacrifice - c'est heureux. Mais ça n'est uniquement une question de forme : clairement une notion comme, mettons, le plaisir de la lutte, fait une grosse différente de fond. Sans parler de choisir de penser efficacité en lieu et place de pureté.
Et tout un tas de détails non-négligeables du genre, qui font la base de ta démarche après tout.

comité-de-salut-public a dit…

Encore une fois, si j'avais toutes les solutions de tous les problèmes, je ne ferai pas un blog : je serai Lider de la révolution mondiale.^^
Quand je précise qu'il faut faire ce qu'on sait faire le mieux, je n'exprime que mon désir, fort modeste, de vouloir faire quelque chose sur un "terrain" que je commence à comprendre.
Ensuite, il y a à creuser la façon dont on peut faire interagir terrain et Internet ; les pistes sont nombreuse et je pense que la politique en passera de plus en plus par là. Mais il y a un autre obstacle, dans les têtes celui-ci : convaincre notre camp qu'Internet est AUSSI du militantisme...

comité-de-salut-public a dit…

@ Melvin : caricature ? Tu rigole ?^^ Faisant partie des gens normaux encore au NPA, tu es pourtant bien placé pour voir que la "caricature" est encore bien en deçà la réalité.
"j'ai une vie, je rigole, il m'arrive de trouver du talent à des écrivains de droite, je te mets ta mère à Street Fighter..."
Toi oui.
Mais es-tu "représentatif", si j'ose dire, de ce qu'est devenue l'EG ?
Je ne pense pas, et tant mieux pour toi par ailleurs.
"Que celles et ceux qui se réclament de l'EG soient monolythiques et caricaturaux comme tu les décris, c'est trop gonflant !!!"
Non, désolé, mais c'est la stricte réalité.

Anonyme a dit…

"(parce qu'internet ne suffit pas),"

Ca a suffit pour l'extrême-droite.

comité-de-salut-public a dit…

Et de fait, je n'en ai pas parlé dans le billet parce que ça mérite un traitement à part, mais si à présent on voit ressortir des spécimens de crétins en bombers, ils étaient où, depuis 10 ans, les mec d'extrême-droite ?
Sur Internet.
Pas sur les marchés, pas en train de differ, pas dans la rue et les manifs : devant leur clavier. Résultat ? Tous les sites d'infos sont pourris de commentaires xénophobes et l'Internet français a été tiré complètement à droite.
Et Breivik, ses sources d'inspiration qui m'ont motivé à construire son massacre et à passer à l'acte, il les a trouvé en réunion de section ?
Non : il a tout fait grâce à Internet...
Donc, quand on me dit que c'est pas du vrai militantisme et que ça a pas d'incidence dans la vraie vie des vrais gens, j'hésite entre le rire et les larmes : l'ED nous prouve, et ô combien, que ce clivage n'est plus.

Gaston a dit…

Oui, alors, comme mon avis vous intéresse, je suis extrêmement dubitatif quant au "radical kewl" et au "gauchisme sexy". Extrêmement. Y a déjà canal+ pour ce genre de conneries. Le populisme est sur le point de rafler la mise et il n'a rien de kewl ou de sexy. (Sexy, pouah, mais quelle horreur d'associer ce mot merdeux à la politique ! On dirait du Berlusconi.)

L'époque n'a rien de cool...

De rien.

Anonyme a dit…

personne ne dit que ça sert à rien et que ce n'est pas du vrai militantisme. Par contre non, ce n'est pas uniquement grâce à internet que l'extrême droite est en hausse. C'est aussi la période, le contexte social et économique qui favorise cette expansion. Differ, aller dans les manifs, construire son syndicat, se confronter dans son entreprise ça aura toujours plus d'impact que les diverses élucubrations sur internet. Les deux ne sont pas à opposer, et le militantisme uniquement sur le net ça ne me parait pas suffisant pour une conscientisation des travailleurs/précaires, et les préparer à une confrontation politique, forcément dur, avec l'Etat. Et je ne pense pas que tu es perdu de vue ce fil à plomb.

birahima2 a dit…

j'interviens dans la suite du billet précèdent :

Quand tu parlais de Pierre Cohen, hier, tu as montré qu'i il ne cherchait pas à élever l'opinion publique, mais à réduire les gens.

c'est une stratégie visant à rabaisser mais pas à élever.
c'est pourquoi ton angle d'attaque est le bon.

Vive la gauche.

comité-de-salut-public a dit…

"je ne pense pas que tu es perdu de vue ce fil à plomb"
Non, tout de même.^^ Mais je dis juste qu'il faut faire ce dans quoi on se sent bien, voilà tout.

"Y a déjà canal+ pour ce genre de conneries"
J'aimerais bien qu'on m'explique, patiemment, ce qu'il y a de gauche dans canal+...quelque chose m'a sans doute échappé, là...
Mais prenons comme contre-exemple nos amis réactionnaires : leur force idéologique vient précisément qu'ils ont réussi à rendre la réaction...sexy. Eye-candy. Souriante, de mauvais esprit et de mauvaise foi rigolarde. Et terriblement agressive...
En face, la gauche est quoi ? Chiante. Moralisatrice. Coincée du derche, sans humour, crispée et sur la défensive.
Get the point ?
Une agressivité rieuse sera toujours plus efficace que le ronchonnement moralisant. Quelles que soient les idées défendues.

Gaston a dit…

"J'aimerais bien qu'on m'explique, patiemment, ce qu'il y a de gauche dans canal+..."

Si on demande à toute la bande de chroniqueurs-humoristes-présentatrices-météo, ils diront qu'ils sont de gauche et que ça se voit dans ce qu'il font (sauf pour Aphatie qui est absolument neutre dans son extrémisme pro-système). Pour préciser ma pensée, ils sont de gauche pour tout ce qui concerne les mœurs et de droite pour le bizness et les USA parce que quand même 'faut pas déconner. Mais je suis sûr qu'ils pensent qu'ils sont cool et sexy.

"Souriante, de mauvais esprit et de mauvaise foi rigolarde."

Absolument d'accord avec ça. Mais pour moi, ça ne veut pas dire sexy. C'est une question de mot quoi...

"En face, la gauche est quoi ? Chiante. Moralisatrice. Coincée du derche, sans humour, crispée et sur la défensive.
Get the point ?
Une agressivité rieuse sera toujours plus efficace que le ronchonnement moralisant. Quelles que soient les idées défendues. "

Dans mes bras ! :D

Anonyme a dit…

"Pour préciser ma pensée, ils sont de gauche pour tout ce qui concerne les mœurs"

Ca n'a rien d'évident je trouve. Pourquoi il seraient "de gauche dans les moeurs" ? Et est-ce que ça veut dire quelque chose au juste ? Pour moi ils sont comme les autres, sans distinction.

wuwei a dit…

En effet voter pour Mélenchon juste pour qu'il est un strapontin dans un gouvernement P"S" et quelques députés à l'assemblée autant dire que le gauchisme est définitivement stérilisé.

Le sang coule a dit…

Ce que je retiens de toute cette provoc' (car ce n'est pas autre chose, d'où le fait que je n'argumenterai pas sur le fond), c'est qu'aucun parti ne trouve grâce à tes yeux. OK...
Mais alors on s'organise COMMENT c'est à dire SOUS QUELLE FORME ?
Parce que faire le kéké sur le Net, ça ne va pas apprendre aux gens le besoin de s'organiser pour lutter, dans la vraie vie. Twitter n'est pas un soviet des temps modernes, désolée.

Au fait, pourquoi parler d'extrême-gauche ? Le P.S c'est la gauche ?
Ben non.

Mais c'est vrai que "La fin de la gauche et pourquoi s'en réjouir", à part pour un demeuré d'Atlantico, ça ne fait pas très "sexy".

Anonyme a dit…

article minable qui ne mérite pas de commentaire

Plop a dit…

les tracts rédigés en Arial corps 3 avec les mentions obligatoires de "Capitalisme" et "Prolétariat"

C'est pas que je veuille critiquer mais si tu enlève le prolétariat et le capitalisme à la gauche, il ne reste plus que Les Enfoirés et les restos du coeurs... Voire même plus que le PS.

Alors vous faites comme vous voulez, hein...s

Anonyme a dit…

"ça ne va pas apprendre aux gens le besoin de s'organiser pour lutter, dans la vraie vie."

Tu veux leur apprendre quoi au juste ? Donne des exemples qu'on constate ce qui est vraiment utile dans la vraie vie.

Le sang coule a dit…

Plop : +1

@20h27 : Pas besoin de te la jouer dédaigneux avec "dans la vraie vie", c'était une inside joke.

Je pourrais aussi te prendre de haut et te dire de réfléchir, mais bon, je vais être gentille :

MOI je ne veux rien leur apprendre.
Je disais donc, le fait de s'organiser permet d'apprendre comment faire qu'une manif se passe bien, comment prendre la parole en public afin d'argumenter ses positions, comment organiser une AG, comment élargir un mouvement etc...

En bref, s'organiser dans la vraie vie, ça permet de vivre des expériences collectives et d'en tirer des leçons, qu'elles soient négatives (comprendre alors pourquoi pour faire mieux), et encore plus positives (redonner conscience aux travailleurs en leur force).

Et ça, c'est pas en cliquant sur une souris, qu'on va y arriver.

Et sinon, tant qu'à faire les syndicats n'arrivent pas à grand chose ces temps-ci (les gros par mollesse, les petits par manque d'effectifs), alors vivement qu'ils crèvent et qu'on fasse grève sur Facebook hein ! ... Ah ? Non ?

Plop a dit…

"(parce qu'internet ne suffit pas),"
Ca a suffit pour l'extrême-droite.


ils étaient où, depuis 10 ans, les mec d'extrême-droite ?
Sur Internet.


Je sais pas si c'est parce que vous prenez des drogues dures ou parce que vous vivez dans le monde des bisounours (auquel cas j'aimerais bien l'addresse merci), mais dans mon monde à moi Le Pen a fait péter le score en 2002 sans poster un seul billet sur Fsetouche.

Dans mon monde, on grandissait avec les affiches 3 millions d'immigrés = 3 millions de chomeurs un peu de partout dans notre paysage visuel.

Dans mon monde, on avait régulièrement sa dose de tracts de l'ED qui venait toute seule dans sa boite aux lettres.

Dans mon monde le FN était le dernier parti à militer à l'ancienne, celle qui tracte et qui affiche, qui fait du porte à porte, et qui va au contact des gens dans les quartiers populaires.

Et c'est ces trente ans de militance tristes et besogneuses (avec certe des changements majeurs comme la défaite de la gauche et la droitification organisée du monde) qui nous a amené à la situation actuelle.

Pas la fachosphère, qui ne fait que propérer sur le fumier que d'autres ont créé.

(Au fait ce qu'a fait Breivik, McVeigh l'a fait avant lui, sans connaitre le php ou facebook)

birahima2 a dit…

à 20 h 27
moi j'ai déjà donné.

et le constat, c'est que en novembre dernier sur la question des retraites, toute la gauche a fait la démonstration de son incapacité à prendre ses responsabilités au moment où la mobilisation était la plus forte.

Alors ici, aujourd'hui, nous nous réjouissons pour dire que Il suffirait d'un rien pour que tout aille bien

En commençant par mettre un terme, tout simplement, à la désorganisation.

do a dit…

tant que vous décidez pas de tuer tous les bourgeois ou tous les jesaispasquoi, ça va...

Fred., de L. a dit…

Ceux qui suivent le FdG ne le font pas pour finir dilués dans le social-libéralisme. J'ignore ce qui vous met tout cela en tête, mais ce mot de "strapotin" revient en boucle, à croire que vous vous êtes donné le mot, ou qu'on vous l'a donné.

Faudrait un peu lire ce qu'il se dit chez les gens du PG et du FdG en général... Z'êtes un peu repliés sur vous même à ne vous intéresser aux autres chapelles qu'au travers de ce qu'il se dit à la télé ? Rien que la dernière note de JLM est à priori éclairante, sauf à considérer que tous les blogueurs mentent comme des arracheurs de dents. La référence du PG, c'est l'Amérique du Sud du Vénézuela et du Pérou... pas le social-libéralisme...

A part ça, CSP, je continue d'agréer à 99% à ce que tu écris, à adorer ta prose, et à être totalement raccord avec tes raisonnements. Le 1% qui nous sépare, c'est ce PG bashing, totalement ringard car tellement LCRcompatible aussi nommé extreme-gauche-compatible.

Comme tu le dis, y-en a ras l'bol de ce militantisme moralisant blablabla... Là, ce PG bashing facile, téléphoné et pavlovien est moralisant et pas drôle du tout.

Que tu n'adhères pas à 100% au PG, ok, pas de pb. Mais pas avec ces arguments là... en 2005 pourquoi pas... en 2007, pourquoi pas... maintenant, ça devient lourd... faudrait changer de disque... devenir drôle. :-)

pouet a dit…

Mais prenons comme contre-exemple nos amis réactionnaires : leur force idéologique vient précisément qu'ils ont réussi à rendre la réaction...sexy. Eye-candy. Souriante, de mauvais esprit et de mauvaise foi rigolarde. Et terriblement agressive...
En face, la gauche est quoi ? Chiante. Moralisatrice. Coincée du derche, sans humour, crispée et sur la défensive.
Get the point ?
Une agressivité rieuse sera toujours plus efficace que le ronchonnement moralisant. Quelles que soient les idées défendues.

Tu devrais publier ces phrases comme un billet à part entière.
100% pleine cible.

Anonyme a dit…

Plop n'a pas tort, et d'autres l'ont dit dans les commentaires d'autres billets, les idées d'extrême droite en france étaient déjà dans la culture avant même les années 30...

A tel point que dés qu'un journaliste ou une présentatrice météo a le teint trop bronzé, y'a des zozos pour dire qu'elle est de gauche pour les moeurs et de droite pour ses revenus. Belle illusion de ces dernières années chez certaines personnes qui projettent leur personnalité sur autrui : je reprends la quasi-totalité des idées de droite et d'extrême droite aussi bien dans mon quotidien que pour exprimer mon desiderata au pmu/salon de thé pour pouffiasse du coin, mais comme j'achète le cd des restos du coeur, je suis un peu (de) gauche et pas vraiment d'E.D., Sexy or not Sexy ?

Piquer des trucs voir des "idées" à n'importe quel bord politique(y compris cette sacro-sainte E.D)ok. Mais de là a se laisser postillonner dessus par des droitards sympathisant xénophobe & compagnies qui s'prennent pour des gauchistes ouvert d'esprits non merci, on a déjà donné je crois.

Olivier a dit…

Bien sur d'accord avec l'analyse, sauf que, il n'y aura pas le temps suffisant !

L'oligarchie est en train "d'envoyer du lourd" dans l'abolition de la démocratie en europe sous prétexte de crise et de dette. Et tout ça dans l'indifférence générale. Les quelques uns à se poser un début de question sont vite récupérés par l'attrape tout PS qui leur dit que de droite ou de gauche il n'y a pas d'autres solutions que de se serrer la ceinture.

Ils ont la possession complète des médias. Et même s'ils ne l'utilisent pas encore à bloc, ils ont aussi la maîtrise du net à travers les multinationales qui gèrent physiquement le réseau ou de celles qui y donnent accès. Il suffirait d'une bonne révolte coordonnée au niveau européen pour qu'on voit très vite leur capacité à restreindre sérieusement les capacités militantes du web (et encore avec l'accord "du peuple" à qui on ne montrera que des images de sites pédophiles ou terroristes).

Il faut arrêter de se branler. Comme à chaque tournant des sociétés, lorsque les peuples sont sous pression, seule une bonne vieille révolution (avec des piques) peut inverser la tendance. Sauf que cette fois-ci, pour la première fois, le niveau de manipulation et d'endormissement des masses est tel qu'un soulèvement est peu envisageable.

No Future.

Gaston a dit…

@ 18:07

Ils sont (à mon avis et en général) pour le mariage homo, contre les expulsions de sans-papiers, pour l'avortement, contre la peine de mort, pour l'immigration, contre le FN ou la droite nationale, européïstes, mondialistes, laïques, démocrates, etc... Et je disais "dans les mœurs" parce que c'est une position qu'ils ont adoptée AVANT de réfléchir à toutes ces questions de manière neutre et objective, car si tu émets un doute sur l'une ou l'autre de ces questions, tu n'es pas cool, ni sexy. Or étant à Canal+, ils n'ont pas le choix s'ils veulent garder leur place. Je n'imagine pas quiconque à l'antenne de cette chaine, soutenir publiquement un point de vue réac sur ces questions et garder sa place.

C'est ce que je voulais dire. Ils sont pour le meilleur des mondes capitaliste mais aussi "de gauche" d'une certaine manière (même si on peut trouver ça malhonnête).

Anonyme a dit…

@Gaston : Désolé mais non. A part être contre le FN, il n'y a rien qui indique qu'ils soient pour tout ce que tout ce qu'il y a dans la liste et encore moins que ça en fasse des gens de gauche. Etre pour l'avortement ou contre la peine de mort, beaucoup de gens le sont et ça n'en fait pas des gens sociétalement de gauche.

Gaston a dit…

"A tel point que dés qu'un journaliste ou une présentatrice météo a le teint trop bronzé, y'a des zozos pour dire qu'elle est de gauche pour les mœurs et de droite pour ses revenus."

Je vais pas faire mon indigné mais j'ai pas dit ça. Comme quoi, pour la mauvaise foi, à gauche ou à l'extrême-gauche, y a quand même du potentiel.

"Désolé mais non. A part être contre le FN, il n'y a rien qui indique qu'ils soient pour tout ce que tout ce qu'il y a dans la liste et encore moins que ça en fasse des gens de gauche. Etre pour l'avortement ou contre la peine de mort, beaucoup de gens le sont et ça n'en fait pas des gens sociétalement de gauche. "

Ben j'ai envie de maintenir ce que j'ai dit. D'une part, il faut regarder l'émission du soir et tu verras que c'est un festival. (ils font "tribunal" même parfois). Et d'autre part, à part pour le FN (elle était là l'erreur, en fait car il y a des gens de droite qui y sont apparemment honnêtement hostile), le reste des opinions sont des opinions de gauche. Les questions d'avortement et de peine de mort nous montrent que c'est toute la société qui a glissé vers la gauche sur certaines questions depuis la révolution, disons. Et les gens de notre génération (moins de quarante ans) ont dans leur très grosse majorité une mentalité de gauche. (C'est plutôt une bonne nouvelle pour la gauche, pourquoi la refuser ?)

Si on enlève les questions de "races", le plus modéré des centristes du 17e siècle (ça veut rien dire) serait aujourd'hui catalogué à l'extrême-droite. Pire que réac. Et ça, personnellement, ça me pose problème. N'est-ce pas un manque d'humilité hallucinante de considérer que l'humanité-avant-nous n'était qu'un ramassis de débiles ?

De plus, il faut être de droite ou de gauche, ce qui signifie que sur n'importe quelle question, on a la réponse réglementaire du bord politique choisi. (Ce qui fait que certains voient les mecs de C+ à gauche et d'autres les voient à droite. Alors qu'ils sont les deux). C'est la mort de la réflexion (et la fin de la liberté ?). Emancipação !

Anonyme a dit…

"Les questions d'avortement et de peine de mort nous montrent que c'est toute la société qui a glissé vers la gauche sur certaines questions depuis la révolution, disons."

Depuis la révolution !
Oui tu as raison, les idées de gauche ont progresser depuis...

Goetz a dit…

"Les questions d'avortement et de peine de mort nous montrent que c'est toute la société qui a glissé vers la gauche sur certaines questions depuis la révolution, disons"

pas faux mais sans remonter jusqu'à la révolution, on peut dire en effet que sur des questions sociétales, les idées de gauche ont sacrément progressé et imprégné la société depuis une trentaine d'années.

il fut un temps, que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre, où effectivement la question de l'homosexualité, l'IVG et la peine de mort étaient des bornes traçant de manière claire et précise la frontière entre droite et gauche.
mais en réalité la société française s'est "centrisée", devenue de gauche sur les idées sociétales mais aussi de droite en abandonnant les théories économiques marxistes et acceptant les règles libérales.
Libéralisme qui a constitué aussi une véritable révolution même au sein de la droite. Ainsi des politiques économiques comme celles de de Gaulle, Pompidou ou Giscard passeraient aujourd'hui aux yeux des libéraux pour des horreurs kolhoziennes, tellement l'étatisme de l'économie était à un stade avancé.
"Centrisée" car les positions politiques de l'époque étaient bien plus radicales qu'aujourd'hui : ainsi le discours d'un parti socialiste de la fin des 7O's/début 80's ravalerait celui d'un Besancenot au rang d'aimable bleuette sociale démocrate.
Celui d'un Chirac du RPR de la grande époque, genre appel de Cochin, ferait passait une Marine le Pen pour une républicaine pure et dure adepte de la société multiethnique, etc etc

Anonyme a dit…

" Ils sont (à mon avis et en général) pour le mariage homo, contre les expulsions de sans-papiers, pour l'avortement, contre la peine de mort, pour l'immigration, contre le FN ou la droite nationale, européïstes, mondialistes, laïques, démocrates, etc... "

Avoir un peu de bon sens c'est être de gauche ? Émettre ne serait-ce qu'un embryon de doute sur ces questions c'est être de droite ? Quel temps perdu a douter sur l'utilité d'être laïque, démocrate, immigrationniste, contre le fn etc

Ou comment s'enferrer dans l'aliénation intellectuelle et se croire malgré tout émancipé sur ce plan.

Ce qui est sûr, c'est que pour les avoir bien écouté, les générations antérieures ont toujours su masquer la profondeur insondable de leur débilité(s). On croit parfois exagérer en parlant de ce "passé présent comme un morpion sur un poil", on est loin du compte. Ceci dit soyons lucide, on parlera un jour de nos générations en ces termes, on est toujours le débile d'un autre. Toute époque confondue. Parfois c'est pertinent de l'exprimer, parfois non.

Gaston a dit…

"Avoir un peu de bon sens c'est être de gauche ?"

Pas spécialement.

"Émettre ne serait-ce qu'un embryon de doute sur ces questions c'est être de droite ?"

Publiquement, ça éveille la suspicion à coup sûr (surtout quand on évolue dans un milieu de gauche).

"Quel temps perdu a douter sur l'utilité d'être laïque, démocrate, immigrationniste, contre le fn etc
Ou comment s'enferrer dans l'aliénation intellectuelle et se croire malgré tout émancipé sur ce plan."

C'est pas un peu paradoxal, ces deux phrases l'une à la suite de l'autre ?

Ensuite tu illustres bien ce que je disais. En fait, tout dépend de la perspective historique qu'on considère pour juger la société. Et de ce qu'on compare quand on compare les sociétés à travers les époques : tout ou simplement ce qui nous arrange.

Anonyme a dit…

Prétendre sans trembler de la virgule que canal + est de gauche et parler de la mauvaise foi dans la foulée c'est du cynisme j'imagine.

Anonyme a dit…

L'extrême gauche n'est pas morte, fort heureusement!
Vouloir opposer le militantisme quotidien sur le terrain à celui consistant à investir la web est assez débile: les deux sont nécessaires, complémentaires, indissociables.
Donc pas d'accord avec cette vision simpliste du camarade CSP qui nous avait habitués à mieux.

Tristana

Anonyme a dit…

«Qu'elles soient vivantes dans les esprits et qu'elle s'incarnent ailleurs. Et ce n'est pas en restant dans des partis et groupuscules sclérosés qu'elles pourront vivre, c'est la logique même.
De ce pont de vue, chacun d'entre nous en devient dépositaire et partant responsable. Charge à nous maintenant de les faire vivre et partager, et de trouver le(s) moyen(s) de les mettre dans d'autres têtes.»

Tout a fait negro.

Anonymous style anarchie in the EU.

Anonyme a dit…

«Anonyme a dit…
C'est indispensable de critiquer, de gueuler contre le sectarisme et les vieilles recettes qui ne fonctionnent pas. Mais si c'est pour rester dans son coin sans rien proposer concrètement, ni faire, pour le militantisme quotidien (parce qu'internet ne suffit pas), ben c'est inutile. Encore plus que rester dans le npa et avoir des pratiques désuées. 15 août 2011 12:07 »

Ya des fois, on lis des trucs, hé ben…
C'est fou.
On a une grosse envie de rigoler.

Anonyme a dit…

CSP, et pour cause, les jeunes sont sur "internet".

alors oui, si on veut en fait toucher le vieuquisme, bon, ca va etre dur, mais est ce notre cible?

Non?

Bon, donc, => jeunes

Et jeunes = internet.

Voila.

Après suffit de causer un peu dans sa fac avec ses potes et autres, ou a la machine a café au boulot, en gros.

+ un peu de cnt par ci et de cgt par là, ca devrait le faire.

Anonyme a dit…

@ CSP 15:10

Tout a fait, encore.

Comme d'hab, des qurtier tout pépère et propre avec de jolie tutures, de beau bateau, de belles montres, fringues et totu ce qur tu voudra, c'est toujours plus agréable a l'œil au 1er abord que la 1ere banlieue venu, pour prendre les 2 extrêmes.

Recriweb a dit…

Non, c'est une mauvaise nouvelle.

L'extrême-gauche (du moins celle à laquelle je m'identifie) ne désespère pas de voir un jour les travailleurs s'emparer partout du pouvoir économique et mettre fin définitivement à la barbarie capitaliste. Libre à toi de te détourner de ce combat, de nourrir désormais (mais as-tu jamais défendu les idées révolutionnaires ?), de nourrir des illusions électoralistes et de t'enthousiasmer à l'idée de militants "modernisés", moins chiants, plus cools, etc, mais je suis convaincu que la disparition des militants marxistes, des militants trotskistes, de ces militants qui, au quotidien, dans leurs entreprises comme dans la vie, se consacrent à la révolution, il n'y aurait pas que toi pour te réjouir, mais bien surtout la classe des possédants, les parasites qui enfoncent la société dans la misère ou la guerre.

Si les révolutionnaires disparaissent complétement, il ne restera qu'un ramassis de réformistes (et ce quelque soit la radicalité de leurs intentions chimériques) qui ne réussiront jamais (au pouvoir) ne serait-ce qu'à chatouiller les prédateurs qui nous gouvernent. Et quand les travailleurs seront demain forcés de se mobiliser pour défendre le peu qu'il leur reste, il ne connaitront alors que la repression - ...encore et encore des occasions manquées.

La force des militants révolutionnaires par les périodes difficiles que nous traversons, c'est d'exister ; de laisser intact la possibilité d'une organisation qui permettra de renverser demain la bourgeoisie...

En cette année, où les révolutionnaires fêtent le 140 anniversaire de la Commune de Paris, ton article me fait l'effet d'un crachat..

Jusqu'où iras-tu ?