dimanche 14 août 2011

France, hospice à ciel ouvert

En France, en 2011, il y a plus vraiment de clivage droite-gauche. En France en 2011, il n y a plus qu'une seule idéologie qui règne dans les esprits : le vioquisme. Et elle règne sans partage aucun puisque ayant pénétré absolument tous les esprits et tous les bords politiques. En France en 2011, tout n'est que ronchonnement, crispation, haine de la nouveauté, refus de l'innovant, repli sur le passé et mentalité permanente du "c'était mieux avant". Tout n'est que conformisme conservateur et frilosité, mouvement vers l'arrière, désir de l'isoler dans l'entre-soi des pareils que soi et trouille épouvantable de ce qui vient du dehors. En France en 2011 l'immobilisme vioquiste triomphe et traverse toutes les classes sociales et toutes les classes d'âge et toutes les classes politiques : le NPA n'est pas en train de crever de ce vioquisme là ?

Les époques de crises, économiques, politiques, sociales et sociétales etc. favorisent toujours le vioquisme ; alors quand on est plongé comme maintenant dans une complète crise de civilisation, celui-ci ne peut que s'épanouir et se déployer. Son but, puisque le vioquisme comme toutes les idéologies politiques et c'en est bel et bien une possède un but précis c'est : qu'il ne se passe rien. Que rien n'arrive, que rien ne dépasse, que tous et tout devienne lisse et propret et sans bruit ni vie ni âme. Que rien ne dérange les bonnes vieilles habitudes moisies, le train-train et les routines, le confort intellectuel et moral, bref la crasse habituelle dans laquelle se complaisent les vioques de 7 à 97 ans qui exigent de vivre comme des cadavres et entendent bien que les autres soient comme eux.

"Dans le centre ville de Toulouse, à partir de lundi, il sera interdit de boire de l'alcool dans la rue. Plus exactement, cette interdiction qui prévalait pour une vingtaine de lieux (place du Capitole, Saint-Pierre, rue Bayard…) est généralisée dans le périmètre dessiné par le canal du Midi, les allées Jules-Guesde et Charles-de-Fitte. « Cette décision répond au souhait des habitants du centre-ville d'une plus grande tranquillité, tout en préservant la vie festive des soirées toulousaines. » Pierre Cohen, maire de Toulouse".

En bon socialiste, Pierre Cohen est incapable d'assumer quoi que ce soit surtout quand socialo veut faire plaisir à l'électorat de droite. De ce point de vue, il ne fait que continuer "l'oeuvre" des 37 années de municipalité de droite précédente, qui avait déjà bien entamé son travail d'étouffoir du centre ville, vitrine officielle de la villeuh roseuh. L'hyper-centre toulousain doit être récuré à mort puisque c'est la vitrine officielle de la ville, et on va y installer de plus en plus de magasins de téléphonie, de sandwicheries franchisées et de bistrots à smoothies. Ce n'est pas le moins du monde un hasard si cette interdiction concerne ce périmètre précis : elle correspond à la zone où les loyers ont le plus augmenté et où seuls les bourgeois peuvent se permettre de se loger, reléguant petites classe moyennes paupérisée en hors-centre et les étudiants et autres pauvres carrément en banlieue. Là où les stations du joli métro dont la ville est si fière sont les plus raréfiées et où les bus passent une fois toutes les heures ou peu s'en faut. Depuis 10 ans on assiste à une gentrification accélérée de l'hyper-centre qui a quasi-complètement perdu son charme populaire pour faire plaisir aux cadres d'Airbus et aux bobos. Et c'est que ces accédants à l'immobilier qui coûte entendent bien qu'on leur foute une paix royale dans leurs appartements de 4 mètres de hauteur sous plafond. Cette circulaire ne vise à rien d'autre.

Pendant des décennies Toulouse a été une ville de droite ; maintenant qu'on a des socialistes au Capitole, elle continue d'être une ville de droite. Qui fait plaisir aux vioques, qui expulse des sans-papiers, qui refuse catégoriquement de remunicipaliser l'eau, qui fige et fane toute vie et toute initiative qui pourrait déplaire à ceux qui possèdent l'hyper-centre. Parce que eh, pas con ! ceux-là votent. Et les gueux de moins en moins ; c'est que la mairie a su définir ses priorités, n'est-ce pas.

Notre génération et celles qui suivent sont désormais les victimes désignées de ce vioquisme généralisé qui a tout conquis et tout accaparé, même le silence. Nous n'avons objectivement pas d'autre choix que de nous venger. D'abord en continuant de lutter contre le vioquisme, cette maladie droitière qui affecte tous les segments de la société. Ensuite en cherchant les moyens politiques de le descendre en construisant d'autres modèles et d'autres façons de faire que la politique vioquiste, ces façons de faire qui ne raisonnent qu'en terme de conservatisme militant, de chasse aux places et de subversion gauchiste en carton dans son aile "radicale".
Nous n'avons pas d'autre choix que la vengeance et notre gentillesse sera impitoyable.

Maire de droite d'une ville de droite

12 commentaires:

Vince a dit…

Mmm...
Chez moi, ils refusent à un de mes potos de faire une vitrine ouverte pour la vente de nuit jusqu'à deux ou trois heures du matin (sandwicherie, il est seul à bosser le soir dedans) pour la "tranquillité des gens". A 20 mètres, un bar/club qui ferme à 7h du matin.

Va comprendre... les villes comme les pensées sont en passe d'être cadenassées.

On est "encore" les seuls à avoir la clé de nos consciences. Pour combien de temps...

Anonyme a dit…

Gentrification, le colonialisme à l'oeuvre en métropole.

ô Toulouse, tu devrais savoir qu'on joue mieux aussi en économie avec un ballon de rugby gonflé.

http://survie.org/francafrique/article/on-joue-mieux-avec-un-ballon

Robert Spire

birahima2 a dit…

"Nous n'avons pas d'autre choix que la vengeance"

qui trouve normal que certaines personnes aient des très grosses retraites et d'autres des minuscules ?

tiens, si on en revenait à la question des retraites ?
on pourrait pas mettre un peu d'ordre dans tout ça ?

ça tombe bien, personne en a rien à faire pendant les vacances...

Le Monolecte a dit…

Ton papier m'a fait pensé à ce que j'avais ressenti la première fois que l'on s'était croisé, quand j'avais arpenté la ville-vitrine : http://blog.monolecte.fr/post/2008/01/27/Fallait-pas-les-inviter

pupuce a dit…

phase deux de l'élimination des nuisances: virer les jeux pour gosses.
phase trois: interdire tous les espaces verts aux chiens.
résultat final: Rennes, Ille Et Vilaine, une pure merveille pour vieux friqués.

hélas, malgré les multiples interdictions de concerts et autres nuisances sonores nocturnes, malgré des horaires de fermeture des bars risibles, persiste la rue de la soif et son cortège d'étudiants festifs, dont les 3 euros de bière et 4 de sandwich sont seuls garants de la pérennité de ces établissements honteux dont la ville voudrait tant se défaire . halala. quelle horreur, ruinons les jeunes, qu'on en finisse, hein, le travail le travail le travail, bon sang, en plus 3 euros de bière c'est vachement moins que 500 d'i-phone, merde alors, et l'économie, hein.
(arbeit meit frei?)
(pas loin)

Anonyme a dit…

Ben quoi ?

Ce n'est qu'un socialo qui applique le programme de Terra Nova : chercher les votes où ils sont, certainement pas chez les gueux mais à droite.

C'est le vrai choix électoral du PS depuis 1999, depuis qu'il a décidé de chasser les classes "moyennes" (à plus de 4000€ mensuel).

Faut pas faire les surpris.

Arf !

Zgur_
http://zgur.20minutes-blogs.fr

o. a dit…

prevu bientot, un peu d'affichage sauvage pour quelques rappels essentiels aux vieux avec du fait maison...

parce que voila.

Emma Indoril a dit…

CSP, je bois tes paroles !

Bon, mais maintenant, je me et te pose les questions :

- Qu'est ce qu'on fait ?
Il est évident qu'on ne va pas, qu'il ne faut pas continuer à se laisser faire.
Ce qui amène ma seconde question :

- On fait quoi, et comment ?
Ce printemps on a vu un "mouvement" , un début d’esquisse d'amorce d'ébauche de "Commencement".
Avant que tout retombe comme un vieux soufflé...
(le pire c'est que tu l'avais prophétisé, et tu as eu raison, enfoiré va !)
Mais c'était pas suffisant.

Qu'est ce qu'on fait ?
Comment ?
Et on commence quand ?
Et pour mettre quoi a la place ?

La, j'avoue que n'importe quoi de neuf serait le bienvenu.
Y compris du saugrenu loufoque.

Plop a dit…

Arf, Arf, Arf :
Quand David Cameron cassait les vitrines

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-marco-d-eramo-quand-david-cassait-les-vitrines-81406485.html

Vince a dit…

Le saugrenu loufoque, ça serait effectivement très bien pour instaurer un peu de vie dans les villes...

Neuf, difficile tant il est compliqué de faire changer les gens un tant soit peu politisés .
J'ai essayé de faire comprendre que le tractage était le plus souvent inutile à un jeune PCF parce que les affiches étaient mauvaises, genre Le Capital en police Comic sans taille 3, qu'il s'y prenait mal pour inciter les gens à prendre les tracts... que les mots Révolution, Prolétariat, et Camarade étaient connotés très négativement par les gens normaux...

Tout ce qu'il a répondu, c'est : "D'autres le faisaient avant moi, viens m'aider au lieu de m'emmerder".

Okay gamin... keep up...

Anonyme a dit…

J'etais sur que tu allais parler de ca, entendu aux info.

J'avais déjà entendu a PPHQLB aussi…

Anonyme a dit…

De la part d'un toulousain blessé dans son orgueil :

Toulouse ville de droite?!

Ca fait bien longtemps que les toulousains votent beaucoup plus a gauche que les autres grandes villes françaises (sauf aux municipales, exception qui confirme la règle). Pas pour rien que Mitterand y terminait ses campagnes électorales.

Mais peut être que dans la tête de l'auteur, Toulouse = accent du sud + cassoulet + rugby = France terroir qui pue et qui vote a droite.

Par contre j'adhère totalement au fond de l'article : si, en plus de Rennes, Toulouse, la plus jeune des grandes villes de France, sombre dans le vioquisme, c'est vraiment la fin des haricots.