CSP présente bien évidemment tous ces voeux à ses gentilles et gentils lecteuses et teurs - qui sont toujours d'accord avec tout ce qu'il dit parce que c'est tout de même troublant à force de voir que ce garçon a systématiquement raison sur tout - et méprise copieusement les autres, qui sont nécessairement des cons. Puisque pas d'accord avec CSP, c'est dire à quel point ce sont des veaux.
Je présenterais également volontiers des anti-voeux à bien des personnes y compris nombre de blogueurs, mais un simple coup d'oeil sur ce qu'est leur vie en dehors du clavier apaise ces mauvaises volontés ; je leur souhaite donc de bien continuer comme l'année bientôt passée dans l'alcoolisme, la misère sexuelle, la dépression mythomaniaque et la paranoïa. Et surtout, racontez nous tout ça, hein. Avec des détails.
Politiquement parlant, 2010 fut rude, et 2011 promet de l'être plus encore. Le grotesque personnage qui nous sert de président va y aller encore plus sévère et vachard dans les "réformes" scélérates et il est d'ores et déjà à parier que lui et sa clique verront de moins en moins d'inconvénients à faire du pied au fascisme sous la table. Ce que nos piteux socialistes regardent avec gourmandise, puisque sachant pertinemment que ça leur redonnera un peu de lustre au moment des élections et qu'ils n'auront que trop beau jeu d'appeler encore et toujours à ce ridicule "vote utile" que pour ma part je ne leur accorderai évidemment plus jamais. La seule attitude "responsable" à ce titre étant de voter d'abord pour la vraie gauche en retirant aux sociaux-traîtres le sempiternel matelas de voix résignées qui les confortent dans leur rôle de blocage de tout le jeu à gauche.
La tension est nettement montée d'un cran depuis la crise et la bourgeoisie fait comme d'habitude : elle fait appel à la démagogie nationaliste pour serrer les boulons, et elle le fait au niveau international désormais. Nul théorie du complot là dedans, puisqu'on parle ici d'intérêts de classe convergents et il est logique que confrontées à des remises en cause de leurs légitimités par des nombres croissants de gueux à la peine, les dominations capitalistes tant européennes qu'américaines cherchent à reprendre la main en flattant la croupe des instincts bas-de-gamme et en cherchant à détourner l'attention des vrais problèmes.
(Nous faisons une parenthèse pour la frange la plus neuneu de notre lectorat en soulignant l'évidence, à savoir que le "vrai problème" porte une cravate, est généralement fort bien nanti au niveau du compte en banque, et passe fréquemment à la télé pour expliquer que les riches ont raison d'être riches. On l'opposera donc au faux problème, qui est bronzé, pas très thuné, et a qui il arrive parfois de ne pas manger de porc, encore que. Nos lecteurs auront rectifié d'eux mêmes).
De ce point de vue, de la Hongrie aux Tea Party en passant par l'UDC suisse et l'English Defense League, si ce n'est pas véritablement le fascisme old-fashioned qui nous pend au nez, c'est au moins une tentation très autoritariste qui traverse les franges les plus conservatrices des sociétés occidentales, tentation alimentée par l'éclatement des identités et des structures sous les coups de boutoir d'une mondialisation néolibérale se cherchant un second souffle, et poussant des pans entiers de populations angoissées devant la paupérisation qui commence à leur arriver au menton dans les bras des démagogues de la droite la plus rancie. Laquelle saura les remercier comme elle le fait d'habitude, en leur livrant quelques boucs-émissaire en pâture pour les calmer avant que de les exploiter encore plus sous la promesse illusoire qu'ils seront protégés désormais des "autres".
Et pendant ce temps là, que fait la vraie gauche ?
Oh mais elle se livre à son passe-temps préféré : se bouffer le nez en querelles aussi byzantines que stériles sur des questions de pureté idéologique en se balançant toutes les citations possibles et imaginables des Grands Anciens à la tête ; dame, c'est pas comme si l'époque urgeait quelque peu et que le fascisme remontrait son groin en le dissimulant de moins en moins, pas vrai ?
De ce point de vue précis, il conviendrait sans doute, ne serait-ce que par élémentaire politesse, de cesser quelque peu les chamailleries même pour un temps et de retrouver les bon vieux distinguos entre ennemi principal et ennemi secondaire. Non pas que cela nous oblige par ailleurs à tout balancer par dessus bord dans la foulée, comme le pensent les plus obtus des néobolcheviks-plus-à-gauche-de-Lénine-que-moi-y a-pas-à-l'ouest-du-Pécos qui voient le moindre mouvement tactique comme une intolérable trahison, tant il est vrai à leur décharge que dans nos milieux, les notions de "stratégie" et de "pragmatisme" sont considérés comme des gros mots.
Ceci dit, réfléchissez-y entre deux bouchées de foie gras, camarades ; il serait pour le moins très dommage qu'à force de désir effréné de pureté doctrinaire et de proclamations de slogans pour remplacer une certaine absence de stratégie concrète, on finisse à notre corps défendant de faire le lit de l'ennemi, n'est-ce pas ?
Et, au fait, si vous imaginez pouvoir vous défausser de ce genre de questions qui fâchent en vous réfugiant dans l'espoir d'un mouvement social massif qui déposera le Nain et brisera net l'élan libéral-sécuritaire : oubliez. Disons que les chances que ça arrive dans les mois qui viennent sont pour le moins faibles. Et c'est peu de le dire.
Allez, on reparle de tout ça l'année prochaine, et surtout : ne soyez pas sages.
Edit : et pour bien finir l'année, all together :
DANS TON CUL, IVAN RIOUFOL !
Edit : et pour bien finir l'année, all together :
DANS TON CUL, IVAN RIOUFOL !



