lundi 29 novembre 2010

Dans un violon

- Bonjour, ami blogueur de gauche.

- Ah, bonjour CSP, c'est gentil de passer. Installe toi et sert toi quelque chose pendant que je termine mon billet définitif sur Sarkozy.

- Oui, alors, justement, c'est pour ça que je venais te voir en fait. Rapport à Nicolas Sarkozy et le fait que, bon, c'est pas un reproche ni rien, hein, mais peut-être-être que bon, tu en parles un peu trop. De Nicolas Sarkozy. Genre : tout le temps. Tout ça...

- Hein ? Mais...bon, je conclus et je suis à toi. Làààààà. Je suis à toi, et mais comment ça je ne parle que de Sarkozy ?

- Ben, le prends pas mal, camarade, mais le fait est que à part de Sarkozy et de tout ce qui s'y rapporte, tu parles pas vraiment de grand'chose...tu fais des billets sur Sarkozy, tu twitte sur Sarkozy en retweetant des liens d'autres blogueurs de gauche sur Sarkozy, tu met en lien des blogs qui ne font que parler de Sarkozy et à la fin, il prend quand même beaucoup de place. Sarkozy.

- Mais quoi de plus normal ? Sarkozy est la plus grande menace pour la démocratie depuis rien moins que Pétain et est en train d'installer rien moins qu'une dictature en France. Il faut dénoncer et interpeller sans trêve ni repos les citoyens pour mettre fin à cette dégénérescence et ce par absolument tous les moyens !

- Ouais...sauf que dans une vraie de vraie dictature, on pourrait même pas dire ce genre de choses vu qu'on nous aurait réglé notre compte au fond d'une cave, mais passons. Alors je suis mais complètement d'accord de bas en haut sur le fait que Sarkozy est une saloperie à nulle autre comparable et représente une droite génétiquement modifiée qui n'hésitera pas à faire des bisous à la truie blonde si l'occasion se présente...

- Tu vois bien !

- Oui, oui, oui...et je ne peux qu'adhérer de fait à la volonté de mes braves camarades blogueurs de gauche d'inlassablement pourfendre la sarkozie, sans nul doute...

- Heureux de l'entendre !

- C'est bien le moins. Mais c'est que voilà, à force de parle nuit et jour H24/7 de Nicolas Sarkozy, est-ce qu'on ne risque pas à force de je sais pas moi, passer un peu à côté de...l'essentiel, disons ?...

- Mais pas du tout ! C'est au contraire en étant scotchés en permanence au moindre fait et geste du nabot vicieux qu'on va voir de plus près ce qui se trame ! 

- Ben oui mais non, hein, parce que que moi ce que j'en dis, c'est qu'à force d'être hypnotisé par cette teigne, ça devient bien gentil de se retrouver au chaud entre gens qui détestent la même personne, mais c'est pas vraiment un projet politique en soi, quoi.

- Le projet politique d'une autre gauche, redonner confiance au peuple dans ses propres forces, élaborer un programme de redistribution des richesses et toutes ces sortes de choses sont en vérité belles et bonnes ; mais d'abord, il faut virer Sarkozy !

- Euh...ça serait pas un peu le, heu...contraire qu'il faudrait faire ?

- Il faut virer Sarkozy !

- J'entends bien, mais...

- Il faut virer Sarkozy !

- Sans nul doute, cependant...

- IL FAUT VIRER SARKOZY BY ANY MEANS NECESSARY !!!

 - Ah mais moi aussi j'aime beaucoup Malcolm X, c'est pas la question.

- Qui ça ?

- Un militant Noir des années soixante qui...laisse tomber. Non, voilà, c'est que la particularité du sarkozysme est d'avoir crée en même temps son culte et son anti-culte de telle sorte qu'on ne voit plus que lui sans arrêt. Mais ce qu'il y a derrière, c'est une offensive globale de la bourgeoisie qui est fermement déterminée à reprendre ce qu'elle a concédée les décennies précédentes, et à force de focaliser sur une seule personne, on risque de perdre de vue un tableau d'ensemble qui fonctionne de façon dialectique.

- Dialequoi ?

- Tique. Dialectique. C'est du marxisme. Les moyens de productions, la dialectique des rapports de force, la plus-value et sa spoliation par une classe dominante et consciente. Tout ça. Entre autres, hein.

- Je ne sais pas, je ne connais rien au marxisme. Et puis à l'époque d'Internet c'est dépassé.

- Tu n'y connais rien mais tu dis que c'est dépassé, d'accord...en même temps, quelqu'un qui se dit de gauche sans connaitre Marx rien qu'un peu, c'est un comme si un psy disait que Freud c'est has-been, bon. Ensuite, ce que je veux dire...

- Oh putain attends, j'ai une alerte Google ! Ah, l'enflure ! Il a encore commis une saloperie !

- Qui ?

- Mais t'es con ou quoi ? Sarkozy !

- Oui, suis-je bête.

- Oh pute borgne, tu sais pas ce qu'il a encore fait ? Il a acheté, non mais quel scandale ! Il a acheté un poney !!!

- Un quoi ?

- Un poney ! Un putain de poney !!! Pour l'offrir à sa petite cousine de 4 ans ! 

- Ah...

- Ce type est une honte pour notre République, pour tous les citoyens, pour l'image qu'on a à l'étranger. Tu te rends compte ? Un poney ! Et avec les deniers de nos impôts, j'en suis certain ! C'est la goutte d'eau, c'en est trop ! AUX ARMES !!! Je retweete ça illico !

- (Wow...ça va être plus compliqué que je le pensais...)

- Tu disais ?

- Non rien. Et aussi, toujours courtoisement, euh, tu parles pas de l'extrême-droite, enfin, si, un peu, sous l'angle du racisme qui n'est pas bien, mais voilà, moi je suis complètement pour décortiquer le moindre rapport de la Cour des comptes et scruter les mesures fiscales les plus iniques, en plus ça m'arrange que vous le fassiez parce que moi ça me fait chier, voilà, mais des analyses politiques de l'extrême-droite, sur les blogs vigilants de partout, on peine à en trouver, quand même...

- La fascisme est déjà à la tête de l'État, pourquoi on se casserait le cul à l'analyser ?

- Pfou. Bon. Mais c'est que en fait, le fascisme procède de la bourgeoisie qui instrumentalise la racisme à des fins de division des travailleurs et...

- Non, il faut arrêter avec ton jargon gauchiste, c'est plus comme ça c'est dépassé c'est plus pareil.

- Et en quoi steplé ?

- Mais...mais parce que maintenant C'EST SARKOZY !!!

- Ah ok, j'avais pas vu ça comme ça...et donc maintenant il faut...

- QUE SARKOZY DÉGAGE !

- Hun hun. Et pour mettre à sa place ?...

- Mais on s'en fout ! N'importe qui ! TOUT SAUF LUI ! Même DSK !

- Le mec qui si il est élu va appliquer la rigueur encore mieux que la droite ?

- TOUT SAUF SARKOZY !

- Mais si il est élu, DSK, là, tu feras quoi ?

- Ben j'arrête de bloguer, pardi puisque y AURA PLUS SARKOZY !

- Mais oui mais c'est ça que je veux te dire, c'est pas une question de Sarkozy, c'est une question de classe dominante qui s'adaptera pour nommer un autre commis d'affaire et continuer les mêmes saloperies et...

- TOUT SAUF SARKOZY !

- Attends, je comprends, moi aussi ça me met en colère, assieds toi...

- TOUT SAUF SARKOZY !

- Non mais tu peux pas dire ça comme ça, on va en parler...

- TOUT SAUF SARKOZY ! TOUT SAUF SARKOZY ! TOUT SAUF SARKOZY !!!!

- Bon, je laisse tomber, je me casse.

- TOUT SAUF SARKOZY !!!!

- Et en plus il neige.


dimanche 28 novembre 2010

Robert Marchenoir



(Et aussi tous ses amis, bien sûr).

samedi 27 novembre 2010

Les ignorants

C'est ça qui frappe le plus quand on scrute d'un peu plus près le discours de l'ennemi : ils sont ignorants. Ce qui est pire que bêtes, finalement, parce que la bêtise peut quelquefois s'excuser, et est en tout cas une forme de facilité : on est bête par flemme, finalement. L'idéologie du "j'veuxpasm'prendrelatête" fabriquant à cadence industrielle de la bêtise, et donc de la paresse, étant évidemment un lourd dommage collatéral d'une idéologie dont la finalité intrinsèque est de fabriquer du crétin consumériste le plus dépolitisé possible et puis on peut, ô merveille de nos temps néolibéraux, être bête et ignorant à la fois.

L'ignorance, leur ignorance spécifique, c'est ce rejet furieux et forcené d'absolument tout qui pourrait ne serait-ce qu'un peu percuter leurs dogmes et les pousse à affirmer péremptoirement des énormités dans tous les domaines. Il faut retenir ici non le fond, indigent, mais la forme : répéter en hurlant des noires conneries vous les fera croire de plus en plus fort et fera exiger que les autres les partagent, de gré ou de force. On est donc pas là dans du raisonnement logico-rationnel, mais dans une forme d'auto-hypnose permanente. D'où la complète inutilité de tenter un dialogue avec ces gens, puisqu'ils ne sont pas dans un état "normal".

C'est particulièrement saillant dans les matières historiques où régulièrement, ils se ridiculisent en employant des termes et des concepts dont ils ne comprennent rien. "Fascisme", par exemple. Ils n'en finissent jamais de l'employer à tort et à travers mais ne comprennent absolument pas ce que sont le fascisme, ou le nazisme. Pour ce dernier, ils essaient depuis plusieurs années déjà de faire croire que c'est une branche du marxisme qui aurait évolué dans une direction "alternative", disons, mais dont les prémisses étaient déjà contenus dans les écrits du grandiose barbu. Personne en dehors de leurs nano-cénacles ne prend évidemment cette interprétation au sérieux tant elle se discrédite d'elle même à force d'outrance, puisqu'ayant la même consistance intellectuelle que les sornettes raëliennes ou le créationnisme. Mais on aura compris que le but de ce révisionnisme intellectuel n'est pas seulement de créer un confusionnisme entre socialisme et fascisme : comme toute idéologie, il faut en comprendre les présupposés matérialistes dialectiques, et il est crucial pour eux, en matière de fascisme et de nazisme, de dédouaner les possédants capitalistes qui toujours se sont adossés à l'extrême-droite quand ils se sentaient menacés.

Le fascisme évolue en fonction de comment mute le capitalisme, et si ce dernier était fortement étatiste dans les années 30, le fascisme de facto se donnait comme base un Etat omniprésent, le mussolinisme par exemple étant l'aboutissement logique de cette dialectique. Mais ce fascisme old-fashionned n'existe plus, sinon dans une poignée de cervelles en post-combustion qui ne représentent rien: Et il n'existe plus parce que le capitalisme, passé depuis de l'hyper-étatisme à un modèle ultra-libéral lui assurant une optimisation maximale de son taux de profit dans un contexte de montée de la financiarisation, n'en a tout simplement plus besoin sous cette forme. Tous les partis d'extrême-droite européens sont par exemple complètement convertis à l'économie de marché, il suffit de lire leurs programmes économiques pour s'en apercevoir et on ne saurait trop recommander aux naïfs de jeter un oeil sur ce que propose le FN en matière de fiscalité ou de retraites, c'est-à-dire la même chose que le MEDEF. Rigoureusement la même chose.

C'est en ce sens que les imbéciles d'en face sont des ignorants : cette réalité ne les arrange pas ? Faisons fi de la réalité ! Et reconstruisons nous notre réalité à nous dans laquelle on pourra se vautrer bien au chaud, ce qui nous donnera en plus l’opportunité de passer notre temps à geindre dans un auto-apitoiement complaisant qu'on passe pour des incompris en Bolchevie. Tout ça au final parce que ne comprenant rien à rien, il disent donc n'importe quoi et passent pour des cons, tel Philippe Nemo chez Taddeï faisant une comparaison pour le moins hardie entre Jacques Higelin et Hitler. C'est cela, cette ignorance qui leur appartient en propre : une vision des choses tellement à côté de la plaque qu'elle en défie le sens commun et leur maintient la tête sous l'eau intellectuellement parlant, mais leur donne en revanche une considérable force de conviction ; comme dit plus haut, brailler sans trêve ni repos les pires conneries au milieu de ses semblables en ignorance finira par vous en persuader mordicus, et comme la remise en question et une vraie curiosité ne sont pas des options viables à leurs yeux, on aboutit au final à plusieurs variantes de la même crasse balourdise, de H16 à François Fillon, pour faire simple. Précisons pour conclure que cette complète nullité peut parfaitement aller de pair avec une culture assez étoffée puisqu'on sait que l'accumulation du savoir n'a rien à voir avec l'intelligence et qu'on peut se targuer de posséder les bibliothèques les plus extravagantes en restant un parfait crétin.

Et dire que ce sont des gens pareils qu'on a en face de nous...tss. Nous mériterions tout de même des ennemis d'un autre panache.

vendredi 26 novembre 2010

Démontage de Philippe Nemo en cinq lignes

Philippe Nemo est libéral.
Il pleure à la télé que le libéralisme est minoritaire dans la société.
Vivre en Soviétie le rend effroyablement triste.
Alors il se cherche des amis un peu partout.

Bon, on va quand même en faire un peu plus de 5 lignes mais guère davantage, le personnage n'ayant pas l'étoffe intellectuelle nécessaire à un vrai foutage de gueule en règle. Parce qu'à un moment, faire du décryptage idéologique c'est bien gentil mais encore faut-il qu'en face on ait affaire à quelqu'un d'un peu sérieux ou en tout cas ayant un minimum de rigueur intellectuelle : ce n'est pas le cas de Philippe Nemo. Pour preuve, le quatrième de couverture de son bouquin "Les deux républiques françaises" qui va vous être familier, à coup sûr : 


"La gauche a lancé une OPA sur la République, ce qui lui permet de dire que la droite, quand elle n’est pas socialisante et étatiste, est anti-républicaine.
Si l’OPA a plus ou moins réussi, c’est que la gauche détient l’école depuis des décennies. Elle a donc pu diffuser un catéchisme « républicain » largement fondé sur des mythes : que la gauche jacobine aurait été l’origine de l’État de droit et de la démocratie, alors qu’en réalité elle a toujours usé de violences et n’a jamais pratiqué de bonne foi les élections qu’elle aurait été laïque, alors qu’elle a été laïciste, c’est-à-dire fanatique d’une religion de substitution, le millénarisme qu’elle aurait été seule à défendre Dreyfus et donc les droits de l’homme, alors que c’est elle qui a fourni les gros bataillons de l’antidreyfusisme et de l’antisémitisme avant de s’amender, au dernier moment, par tactique politicienne enfin, qu’elle aurait seule lutté contre le nazisme, alors qu’en réalité des radicaux, des socialistes et des communistes ont joué un rôle moteur à Vichy et dans la collaboration.
Si l’on veut que la République redevienne le bien commun de tous les Français, il convient donc d’analyser et de rectifier ces mythes. C’est ce que fait ici Philippe Nemo, à la faveur d’un examen critique de la vie politique française depuis deux siècles".

Comme quoi tout fout vraiment le camp et j'ai souvenir que la collection Quadrige accueillait des gens autrement plus sérieux que notre libertaré. On peut cependant penser avec quelque raison qu'entre Freud, Marx, Canguilhem, et Philippe Nemo, la postérité fera un tri assez cohérent. Et que notre bon philosophe rejoindra dans les limbes de la "pensée" nombre de ces prédécesseurs en suivisme idéologique, qui eux aussi avaient estimé que leur non-pensée conformiste méritait qu'on détruise de pauvres arbres afin que de s'offrir le plaisir narcissique de la voir imprimée. Et ont sombré corps et âmes dans un bienheureux oubli.

Mais pour le moment présent, les Philippe Nemo sont invités dans le poste et nous saoulent. Ils nous saoulent de leur jérémiades sur le libéralisme qu'on aime pas, sur le terrible malentendu et sur cette assez médiocre image qu'on a de lui alors que le libéralisme c'est tout mignon et gentil, et que ce n'est pas parce que ça fait trente ans - 30 ans, les amis. Une vie, en somme - que ça ne marche pas que ça ne va pas finir par marcher un jour etc. Etc. Etc. Saoulant. Le même verbiage en boucle, les mêmes trois minables idées, le même caquetage de pantins soumis à leur Dogme, et ces abrutis qui jurent leurs grand Dieux que ça fonctionne, la preuve : le libéralisme a enrichi l'Univers.


Alors c'est sûr qu'à force de se prendre le mur du réel dans les dents tous les jours, on doit finir par se sentir un peu seul. D'où sans doute accepter sans être trop regardant n'importe quelle invitation pour se sentir tellement moins isolé en Frankistan puisqu'on en peut évidemment pas soupçonner quelqu'un comme Philippe Nemo de sympathies  pour une organisation aussi avant-gardiste que l'Action Française. Une simple coïncidence que sa présence, voilà tout, et puis c'était ça ou l'Amicale Bouliste de Bagnère-de-Bigorre, alors quoi ?

Les libéraux n'ont jamais, jamais, j'insiste : jamais, refusé de s'acoquiner avec l'extrême-droite. Jamais. Ils prétendent le contraire : ils mentent. Ou alors, version comique, ils circonvolutionnent. C'est pas vraiment la vrai extrême-droite. C'est une autre droite que la droite qui est admettons un peu plus à droite mais pas tellement. Dire que c'est l'extrême-droite c'est un peu aller vite en besogne. C'est plus compliqué que ça. Un peu d'ouverture d'esprit que diable.

Faites l'effort de sacrifier une poignée de neurones en allant sur leurs blogs, sur leurs forums. Toujours derrière les piaillements sur la "liberté" et la chougnerie perpétuelle sur la souffrance de vivre en Bolchévie : l’exigence de plus de sécuritaire. Le besoin compulsif d'Ordre. Le rêve d'un Homme Providentiel qui remettra les choses à angle droit avec Poigne. Des gros bouts de nostalgie bien épaisse que c'était mieux "avant". Vous doutez encore que quand ils votent c'est très très à droite voire carrément FN ? Mais bien entendu qu'il le font. Honteusement. Par défaut.Mais comme ils ont lu le programme économique du Front National, il savent très bien que c'est au fond le parti qui représente le mieux leurs idées.

Libéral aime l'Ordre et la soumission. Il en a besoin. Il a froid et il se sent seul, il a besoin qu'on le rassure, et pour ça il est prêt à renoncer à tout le reste.
Le problème étant qu'il est prêt aussi à faire renoncer tous les autres.


Congrès du NPA de février 2011



Je sens que ce congrès va être une pure soirée
Où on fait oh he ho ho ho ho he ho

jeudi 25 novembre 2010

EVERYBODY SAY YEAH !

Mon cher Abdel, 

Nous ne nous sommes jamais rencontrés mais je mentirai en faisant semblant que ça me navre. Ceci dit, j'ai beaucoup, mais alors vraiment beaucoup pensé à toi cette année et je sais que je ne fût pas le seul dont tu occupa bien des pensées. Pas  toi en tant que personne, évidemment, et puis également pas seulement toi mais aussi ta petite bande de jihadistes en carton qui ont bien pollué les débats de notre parti chéri pendant des mois et des mois. Autant te l'avouer : lire cette lettre où tu dis démissionner du NPA fut pour moi une grande et vraie joie, rends toi compte : dès que j'ai su la nouvelle, j'ai mis Lady Gaga à fond pour danser dessus. Si si, je te jure. Moi. À mon âge. J'ai vraiment fait ça. C'est dire à quel point décidément, tu as toujours su provoquer des réactions pour le moins surprenantes...

Alors je vais donc commenter ta petite bafouille, manière à la fois d'éclairer les heureux innocents qui ignorent encore tout de toi et puis aussi, soyons francs : de me faire bien plaisir parce que ce moment là, ça fait des mois que je l'attends...mais quand ça en vaut la peine, je sais me faire patient.

"C’est avec beaucoup de tristesse et d’amertume que je vous annonce mon départ du NPA. Un départ qui n’est motivé ni par la haine ni par la colère mais l’aboutissement d’une longue réflexion".

Sans haine ni colère. Monsieur est trop bon de nous avoir honoré de sa présence, décidément.

"Construire un parti anticapitaliste n’est pas une mince affaire, et j’ai conscience que les difficultés sont nombreuses, cependant pour moi la désillusion est trop forte et le cœur n’y est plus"

Question : est-il vraiment de gauche d'écrire que j'ai hurlé de joie en lisant cette phrase ? Non, sans doute pas. Ou justement, est-ce peut-être précisément être vraiment de gauche en comprenant ce qu'elle sous-tend. Je ne sais. Dans le doute, je laisse tel quel.

"J’ai rejoint le NPA parce que j’avais entendu, et apparemment mal compris, l’appel de la LCR. J’avais cru que les exploités, les prolétaires, les classes populaires étaient les bienvenues. Force est de constater que ce n’est pas tout à fait le cas pour toutes et tous"

Ah, Abdel, cette délicieuse façon de toujours te victimiser en permanence pour tenter de faire taire tes contradicteurs ; ça, c'est vraiment quelque chose qui ne manquera à personne. Avec aussi en filigrane cette manie récurrent de l'insulte que tu as pratiqué à outrance envers nous pendant tout ce temps où une tolérance incompréhensible t'a laissé t'exprimer à loisir...
Il paraît qu'il y a des gens qui sont très sensibles à ce genre de chantage, mi-affectif mi-politique, chantage que toi et ta petite bande ont pratiqué jusqu'à la nausée : on ne peut rien vous dire, dame : vous êtes opprimés...partant, toute critique ne pouvait être que de l'islamophobie déguisée, pour ne pas dire du crypto-racisme, lâchons nous. Manipuler l'antiracisme en appuyant sur les bons boutons politiquement corrects aura été assez malin, il faut le reconnaître, et suffisamment efficace en tout cas pour vous faire soutenir de bonne foi par bien des camarades.
Mais pas par tous, sans doute moins perméables à ce genre de pratiques.

"La manière dont certain-e-s ont agi à notre égard jusqu’à lancer une véritable chasse aux sorcières où nous sommes montrés du doigt comme des pestiférés et l’attente d’un congrès (qui paraît ne jamais arriver) pour trancher si nous avons notre place au sein de ce parti n’est ni à la hauteur ni digne d’un parti de masse révolutionnaire"

Les mec, il se pointe de nulle part comme une fleur et il va expliquer à des gens qui ont parfois trente voire quarante années de militantisme irréprochable comment ça doit se passer dans un parti politique. Et pas pour, je ne sais pas, bousculer les idées reçues ou secouer un peu les inévitables conservatismes, non, même pas : pour tancer du haut de son ego au nom d'une légitimité qu'il était décidément seul à comprendre.
Tu étais qui, Abdel Zahiri, au fait ? Et surtout, tu étais quoi pour donner des leçons à tout le monde jusqu'à saouler celles et ceux qui avaient une sympathie pour toi au début ? Parce que tu viens d'un "tiékar", ça te donne légitimité pour expliquer la vie ?
Tu te prends pour quoi, Abdel Zahiri ???
Ou en l’occurrence, tu te prenais pour quoi. Puisque désormais, on ne parlera plus que de toi au passé.

"Si on y rajoute certaines pratiques scandaleuses et les carences démocratiques, que nous reste-il vraiment ? Notre souhait était de créer un outils de lutte, pas de se justifier en permanence".

Et en matière de "pratiques scandaleuses", toi et ta petite bande de fouteurs de merde en connaissaient effectivement un sacré rayon. Comme de nous mettre devant le fait accompli d'une candidature jamais discutée démocratiquement en interne. Ou d'aller en Belgique avec l'étiquette NPA à l'invitation de nos cousins locaux de la LCR sans qu'à aucun moment tu n'ai jugé bon de le dire à quiconque. On s'est simplement contenté de te découvrir sur Dailymotion en train de nous cracher dessus en public. Sympa, quoi. Ou Ilhem Moussaid qui va faire la bise aux tarés ethnodifférencialistes des Indigènes de la République, en se présentant comme "Ilhem Moussaid du NPA", genre délégation officielle quoi, quand évidemment personne ne l'avait mandaté pour ce genre d'initiative. Mais bon, on avait tout de même pas à vous demander des comptes, vu que eh ! vous êtes opprimés...

On était quand même quelques uns à avoir compris dès le départ que le but de tout ça n'était rien moins que de créer une branche musulmane du NPA, ce qui a un peu braqué tu t'en est rendu compte. Entendons nous bien, le problème là dedans n'est pas religieux puisque toute personne croyante peut parfaitement militer avec nous. Qu'elle soit mulsumane, juive ou chrétienne n'est pas la question, et pour ma part - ceci est une opinion toute personnelle et assumée comme telle - je n'ai aucun problème avec les gens ayant une foi. C'est quelque chose que je comprends et trouve parfaitement respectable.
Sauf qu'avec vous, il n'a jamais été question de ça. Mais bel et bien de vouloir construire, dans le NPA, une fraction politique utilisant la religion pour poursuivre des logiques communautaristes. On lira avec intérêt la réponse de Jacques Fortin là dessus, comme quoi au final le but n'a jamais été d'être "représentatifs des quartiers" mais de poursuivre des vues propres à vous-mêmes en essayant d'utiliser le NPA pour ces fins.

De ce point de vue, vous avez réussi, bravo, à vous faire soutenir par des camarades qui pensaient sincèrement que vous étiez "représentatifs" et que vous pouviez être cette brèche dans la politisation des quartiers qu'on appelle de nos voeux, quand dès le départ vous n'avez eu en tête que vos visées propres. Partant, prétendre comme d'aucuns commencent de le faire que c'est une "perte" n'est pas seulement très éxagéré : c'est le contraire. On construira dans les quartiers avec des gens sincères qui raisonnent en termes de classes sociales, pas en choc des cultures à l'envers. Et qui surtout ne tombent pas dans le travers de la défense unique d'oppressions catégorielles puisque ça revient concrètement à dire : je suis contre toutes les oppressions, mais surtout la mienne et celle des "miens". Vous voir en plus soutenus dans cette démarche par des camarades sincères mais naïfs a été décidément le pompon de cette sordide histoire. 

"Heureusement tout n’a pas été négatif ; j’ai rencontré des camarades sincères, mené des débats très intéressant, et bien d’autres.... J’espère d’ailleurs que cette expérience me servira pour la suite".

Ouais, et même une partie de ton fan-club va immanquablement débarquer dans les commentaires pour fustiger le méchant CSP qui dit du mal du si gentil et si incompris Abdel. Nom de Dieu, quand je pense aux dégâts que tu as fait en interne, j'en suis livide. Mais allez, je ne suis pas inquiet pour toi, le PIR te tend les bras. 

"Je vous souhaite beaucoup de courage et de patience pour la suite et vous remercie encore pour votre soutien qui était précieux et très important. Nous avons encore beaucoup de lutte à mener ensemble donc je vous dis à bientôt"

Tout le plaisir fût pour toi.

Il est vraisemblable que ton départ sonne le glas d'une certaine tentation islamogauchiste en interne et désormais les choses devraient revenir à la normale.
De plus, ça fera réfléchir les petits rigolos communautaristes qui voudraient se servir de nous à l'avenir. Manière de dire que non, désolé : mais vous n'êtes pas les bienvenus.


Edit : et pour conclure, le bilan, ô combien édifiant, de l'action de nos ex-camarades. Encore bravo.


mercredi 24 novembre 2010

PPHQLB : Tournament

Teaser

- T'es au courant ?

- De quoi ?

- Ben il est parti.

- Oh ???

- Si si, il s'est barré.

- Hein ? Nan, tu déconnes, c'est trop beau. Je me méfie quand c'est trop beau.

- Si, c'est bon, il se casse.

- Ooooooohhh putaaaaaaaaaaaaiiin mais c'est génial !!! Enfin, je veux dire : que c'est triste. Bien sûr. Évidemment. Une perte. Terrible. Ah ah ah !

- Ouais : ah ah putain de ah, pfou !

- Bon, je vais en faire un billet sanglant sur CSP.

- Non.

- Comment ça, "non" ???

- Tu attends que ce soit public et ensuite tu pourras te lâcher si tu veux.

- Maaaaaaaaiiis euuuuuuuuhhh !!! C'est trop pas juste !

- Arrête de donner des coups de pied dans les cailloux, ça ne sert à rien.

- Je peux pas en parler un peu ?

- Non.

- Même un petit peu ? Un tout petit peu ? Avec des sous-entendus subtils et des suggestions tout en implicites nuancés ?

- Non. Non, tu ne le fais pas, non.

- Steplé.

- Non !

- Vazy fais pas ta teupu, quoi, steplé, quoi !

- Non. Et reparle français, par pitié.

- Pfff...bon, je peux quand, alors ?

- Oh, chais pas...on va attendre que le Figaro en parle. Tout ce qu'il faisait se retrouvait - par hasard, hein - dans le Figaro, y a pas de raisons que ça change...

- Et là, je pourrai.

- Oh oui. Tu pourras...

mardi 23 novembre 2010

Comme des lapins


Sans cette vidéo, je n'aurais pas eu connaissance de l'existence d'un amusant bidule comme "We are change" et sans aller jusqu'à dire que ça m'aurait vraiment manqué, je serai passé à côté d'une petite distraction. Comme cet amusant nanopuscule essaie désespérément de faire buzzer cette vidéo sans que malheureusement celle-ci ne trouve public au-delà des forums d'Égalité & Réconciliation, je décide donc de les aider un petit peu : je sais, je suis trop sympa.

Tenez, dans la série "FAIL", ça me rappelle en symétrie cette tentative, très piteuse, d'un groupe de d'jeunz sionistes qui avaient voulu démontrer dans une vidéo de 21 secondes l'antisémitisme forcené du NPA. La dernière fois que je l'avais croisée sur Youtube, la chose en était à un peu moins de 900 "vues" alors qu'étant en ligne depuis quasi une année : pas de quoi faire frémir Lady Gaga, donc. Et au final, personne n'est content : soit nous sommes trop antisémites, soit nous ne sommes pas assez antisémites. Plait-il ? Contenter ce genre de zozos paranoïdes n'entre pas réellement dans nos vues ? Oui, c'est même le moins qu'on puisse dire.

Poussé par un élan de curiosité que j'espère naturelle, j'allais donc sur le site ouèb de "We are change", et vraiment il en faut peu pour ma ravir, jugez plutôt : 

"We Are Change Paris est opposé au mondialisme, et donc par conséquent, au Nouvel Ordre Mondial, ainsi qu'à toute forme d'impérialisme, et au sionisme"

Tips : quand vous lisez quelque part que des mecs sont farouchement vent debout contre le Nouvel Ordre Mondial, avé les Majuscules - variante : NMO -, ce sont des tarés. C'est très pratique, on les reconnaît très facilement. 

"l'existence de "think tanks" et d'autres groupes élitistes tels que le Council on Foreign Relations (CFR), fondé par David Rockefeller, la Fondation Bertelsmann, ou encore le groupe Bilderberg... et ce au mépris des principes démocratiques !"

Leur ire ne comprend toutefois pas des organisme caritatifs comme le FMI, la Banque Mondiale ou l'OCDE. Il faut dire que ces dernières ne font pas partie - et encore, le doute subsiste... - de la Finance Juive Mondialisée. Ils ne le disent pas comme ça ? C'est parce que légalement ils ne le peuvent point, voilà tout. Mais ils le pensent. Très fort.

"les zones d'ombre et les incohérences de la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 et de la "guerre contre la terreur"

Quand on est pas trop dedans, on en vient à oublier qu'existent des loulous conspirationnistes qui pensent que le 11 septembre c'est la CIA le Mossad et les martiens. Et encore, ça c'est la branche française : on peut donc supposer que l'original US est encore plus délirant. Disons que si vous voulez savoir comment ça se passe dans les têtes de gens atteints de délire de persécution, il faut regarder "Loose change". D'un point de vue clinique, c'est très instructif.

On fait aussi connaissance d'un certain Alex Jones, qui semble être le boss de tout ce bazar et la page de présentation du bonhomme est un véritable régal. N'empêche, on finit par se demander : ces gens se rendent-ils compte à quel point on se marre devant leur élucubrations en se vissant l'index sur la tempe ? Mais non, ils ne s'en rendent pas compte, forcément, vu qu'ils sont fous comme des lapins.

Ceci dit, je tiens à charitablement vous avertir : 2 minutes de vision d'une vidéo d'Alex Jones peuvent engendrer d'irrémédiables dégâts, comme des ruptures d'anévrismes par crise de rire incontrôlable. 



"Certains de ces vaccins reprogramment le cerveau" : n'y a t-il pas là une forme de poésie digne des Surréalistes, de très involontaire manière sans doute, mais c'est le résultat qui compte ?

Ensuite, au delà du cas de ces guignols, il est à la fois frappant et en même temps parfaitement logique d'assister à une assez impressionnante montée de la paranoïa dans les sociétés occidentales, au sens littéralement psychiatrique du terme. Chaque époque à les maladies mentales qu'elle mérite, en somme, et quand on ne propose plus aux individus des cadres de sociabilité rassurant, quand les corps constitués ont fait plouf et que le seul horizon tant au niveau du travail que de l'affectif soit une précarité généralisée, il est parfaitement logique que ça rende quelques têtes un peu fragiles. Il y a des personnes sincèrement persuadées que l'immigration vise à terme à remplacer la population blanche, vous savez ? Oui, comme ça, c'est risible, évidemment. Mais ils en sont tout autant convaincus que les autres gugusses avec leur NOM et d'ailleurs on les recrute principalement dans des cénacles disons très de droite.
Et c'est très très difficile, de soigner un paranoïaque. Tout ce que vous lui direz sera retourné dans le sens de sa maladie et sera transformé pour confirmer encore sa vision du monde. Il n'y a qu'à voir les essais de "dialogue" avec les lou ravis qui braillent "gniiii Frankistan gniii", systématiquement on arrive à des impasses.
En même temps, on est pas psychiatres, non plus, hein.

Et donc, ce sont ces braves gens qui viennent embêter notre glorieux Lider à Vélo ? Bon, il ne faut pas s'étonner non plus si ils prennent quelques gentilles baffes.

lundi 22 novembre 2010

Brouet révisionniste

Et pendant qu'on y est, pourquoi ne pas réhabiliter le terrorisme d'extrême-droite ? Hein ? Sérieux ? Puisque bon, au point où on en est, dans une période très très décomplexée au niveau de la droite qui a tellement besoin du vote peniste pour espérer se refaire la cerise en 2012, je veux dire, allons y joyeusement. Il suffit de présenter les choses sous un certain angle, de minorer certains faits et de présenter des militaires putschistes partisans d'une vision à angle droit comme de malheureuses victimes quasi-innocentes d'une répression étatique injuste. Et hop, le tour sera joué !

Vous vous dites que non, on en est pas à ce point, quand même, ils ne peuvent pas oser ; mais c'est c'est que décidément ils osent absolument tout. Comme en l’occurrence présenter l'OAS comme un gentil groupuscule d'opposants au gaullisme un peu plus turbulents que les autres. Et où est-ce qu'on trouve ça ? Mais dans Causeur, bien sûr. L'officine sarkozyste de Babette Lévy décide donc de s'ébrouer un bon coup dans les poubelles de l'Histoire et ne suis même plus à la lettre les recommandations de ses mandants élyséens : elle décide de les précéder franchement et présente une bonne grosse tentative de falsification historique, sous la plume d'un certain François Marchand, "écrivain" qui se pique visiblement d'une vision des faits particulièrement orientée.

"C’est justement le sort de ces supplétifs qui constituent les plus belles pages du roman d’Alice Ferney Passé sous silence (Actes Sud) et qui, parmi d’autres motifs, ont conduit Bastien-Thiry à commettre son geste désespéré au Petit Clamart. Alice Ferney convoque ainsi cette belle figure".

Jean Marie Bastien-Thiry, une belle figure ? Une simple consultation de sa page Wikipédia fait se demander si ce que l'auteur de cette délicieuse métaphore n'aurait pas tendance à forcer sur le café-cognac.

"ingénieur militaire français, lieutenant-colonel de l'armée de l'air, célèbre pour avoir organisé et dirigé l'attentat du Petit-Clamart, le 22 août 1962".

Et pourquoi il en voulait tellement à De Gaulle, ce brave garçon ?

"Jean-Marie Bastien-Thiry devient opposant à de Gaulle, pour sa politique algérienne. Il considère de Gaulle comme un dictateur ayant « des vues sur l'évolution historique [...] très proches du marxisme », croyant « inévitable le triomphe final du communisme » et dont l'action conduit à livrer l'Algérie, puis toute l'Afrique au communisme. Partisan de l'Algérie française, il perçoit la séparation d'avec l'Algérie comme « plus grave encore que celle d'avec l'Alsace-Lorraine ». Pour lui, entre autres choses : « La politique algérienne du général de Gaulle est un crime contre l'humanité, elle n'est qu'ignominie et déshonneur. » Positions que Jean Lacouture, dans sa biographie consacrée au général, résume ainsi : « Désormais, pour lui, l'homme qui livre cette fraction du territoire national à l'« arabo-communisme » est l'Antéchrist".

On peut reprocher énormément de choses à Charles De Gaulle, sans nul doute ; Mais curieusement, d'avoir été un apôtre enthousiaste du communisme ne vient pas à l'esprit en premier.Il faut dire qu'à l'évidence, les cénacles fréquentés par la "belle figure" Bastien-Thiry avaient et ont d'ailleurs toujours, tendance à voir du "communisme" à peu près partout. Les partisans de l'Algérie française ne se sont jamais il est vrai fait connaître pour leur goût de la nuance puisqu'au fond, leurs exigences étaient simplissimes : rester des colons et continuer d'asservir des bougnoules. Oui, au fait, parce que le colonialisme, c'est d'abord ça : une minorité de Blancs qui trouvent on ne peut plus naturel que les non-blancs leur servent de paillasson. Cet aspect des choses, qui a fini par être ressenti de façon relativement déplaisante par les populations du cru, est curieusement complètement absent du brouet révisionniste de François Marchand. Qui insiste, en plus.

"le vrai Bastien-Thiry : ce n’était pas un « activiste » (terme bien commode pour fusiller les gens en insultant vaguement leur mémoire), il n’a jamais été membre de l’OAS, on ne lui connaît aucune opinion politique (sauf peut-être gaulliste, justement)".

Une victime innocente, on vous dit. Même si bon, pour organiser un attentat, et même un petit attentat, il faut être un minimum "activiste", tout de même. "il n’a jamais été membre de l’OAS" mais a néanmoins passé un temps franchement déraisonnable en leur compagnie. Au bout d'un moment, à force, des affinités se créent, n'est-ce pas, c'est bien naturel. Et puis bon, on a beau avoir "aucune opinion politique", on en est pas moins très proche de l'extrême-droite et quand on dit "proche", on comprend mieux la notion d'euphémisme.

François Marchand "oublie" également de préciser que les seuls qui continuent d'honorer la mémoire de sa "belle figure" et des ses compagnons de l'Organisation Armée Secrète sont des gens dont on va dire qu'ils sont très très à droite, et que cette démarche de réhabilitation s'inscrit de plus dans un contexte où les calculs de basse politique ne sont nullement absents :

"Bien qu'il mette en avant les thèmes de la réconciliation et de la recherche de l'apaisement, il apparaît que l'objectif réel poursuivi par ce secrétaire d'Etat, par ailleurs maire de Toulon, est de tenter de gagner les faveurs des jusqu'au-boutistes de l'Algérie française et anciens de l'Organisation armée secrète (OAS), nombreux dans la droite extrême, en lesquels il voit une réserve de voix utile pour les prochaines échéances électorales.
Deux autres faits récents témoignent de la même recherche d'un rapprochement alarmant. A Marignane, en 2005, le maire UMP, ex-Front national, Daniel Simonpieri avait, à la demande des anciens de l'OAS regroupés dans l'Amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l'Algérie française (Adimadl'OAS jugés et fusillés, monument dont le tribunal administratif de Marseille avait ordonné en 2008 le retrait (en raison de l'absence d'un vote en conseil municipal)"


Il est donc bien là, le vrai fond de l'affaire : le regard enamouré d'une certaine droite vers sa frange la plus moisie dans l'espoir qu'ils sauront faire le bon choix aux élections.

Et qu'on puisse trouver un exemple de cette démarche dans Causeur ne surprendra que les imbéciles.


dimanche 21 novembre 2010

Clémentine Autain, ou la force des convictions vraies

"Alleeeeez, quoi, s'te plait, fais pas ton iench', prends moi comme porte parole, quoi, steplait, alleeez..."


Clémentine, tu t'es enfin trouvée et c'est bien. Nous, en tout cas, on est très contents pour toi. Mais vraiment, hein. N'écoute pas les mauvaises langues qui insinueront perfidement qu'on est surtout contents que tu aie décidé d'arrêter de rôder autour du NPA pour voir si des fois il y aurait pas une bonne place à prendre : les gens sont tellement méchants...
Tu as rejoint le Front de gauche et nul ne songerait à te le reprocher, tu es une grande fille qui fait ses choix toute seule de façon autonome poussée par un opportunisme en béton armé de fortes et sincères convictions de gauche et toutes ces sortes de choses. Les sordides rumeurs qui ne manqueront pas de prétendre que c'est parce que tu avais exprimé la bouche en coeur ta volonté de devenir porte-parole du NPA, directement, comme ça, tu prends ta carte et hop ! tu deviens porte-parole,  et que tu te serais prise un vent dans ta face un refus poli, non, ça ne mérite vraiment pas qu'on s'y attarde. Pas plus que les perfides gens qui prétendraient, les vilains, que bon, tu n'étais pas, disons, très populaire, voilà, au sein du dit Nouveau Parti Anticapitaliste. Ce n'est pas que personne ne t'aimait et plutôt s'arracher les ongles avec des tenailles que de te voir chez nous qu'on ne t'appréciait pas en tant que telle mais n'est-ce pas, parfois il y a des affinités et parfois il n'y en a pas...c'est la vie...

L'important c'est de se trouver un endroit où on se sent bien. Il faut dire que tu as hésité longtemps et on ne peut qu'être ému par tant et tant de, heu, comment dire, difficultés à la décision ? Bref, telle un hirondelle, tu as virevolté pendant des années, un peu du côté du P"S", un peu du côté du PC, un peu du côté de la LCR à l'époque puis du NPA, et ensuite ailleurs encore, on te croisait parfois de ci, de là, toute en blondeur espiègle et démagogie gentillesse, avec toujours le souci de plaire à tout le monde sans vouloir froisser personne, et toujours évidemment dans le but d'avoir une bonne place au chaud et payée de préférence de rassembler les bonnes volontés dans un à coup sûr sincère désir d'unité. C'était trop mignon. Mais enfin ouf ! on a bien voulu de toi quelque part, et on est super contents de plus voir ta tronche pour toi.

De plus, nul doute que sur place tu te feras des tas d'amis choisis en fonction de leur degré d'utilité pour ta carrière par d'électives affinités. Ainsi, personne ne peut douter que tu te prennes d'une vive affection pour ce bâtard gredin de Christian Picquet, autre papillon virevoltant qui lui aussi a su se tourner vers le plus offrant une nouvelle famille politique dans laquelle il peut continuer de mentir comme il respire s'épanouir à loisirs et là aussi, comme pour toi, on est super content que ce nuisible ait dégagé pour lui. Et puis à la fin, ce n'est pas comme si tu étais d'emblée obligée de faire l'ingrat et humble labeur du militant de base, à se faire chier à coller des affiches, mon Dieu non : tu en ruinerais tes escarpins. Car au fond, tu as toujours su où était ta place : sur la tribune et devant un micro. Devant plein de gens qui sont là pour t'aimer...

Bonne chance à toi jolie Clémentine, et surtout si tu repasse du côté de chez nous, tu restes loin t'es gentille n'hésite pas : on auras toujours des choses à te dire...


samedi 20 novembre 2010

Ma bienveillance aussi, est impitoyable

Bonjour, mes amis.
C'est spécifiquement à vous que s'adresse ce billet, mais vous souffrirez, j'en suis certain, que je le rende public ; et de toutes façons, vous ne me laissez guère le choix, puisque vous n'avez pas su faire oeuvre de réciprocité en me donnant votre adresse personnelle à chacun, quand vous n'avez eu guère de scrupules à balancer la mienne sur Internet. Et oui, déjà un an et comme le temps passe vite quand on s'amuse ; même si en l’occurrence, c'est surtout moi qui me suis gaussé.

Comme vous l'avez constaté, je continue de bloguer joyeusement et vos, assez piteuses reconnaissez-le, tentatives d'intimidation sont restées lettre morte. J’exagérerai en prétendant que cela me chagrine pour vous, sans doute, mais tout de même : quand je me met à penser au temps que vous y aviez consacré, à tous les efforts accomplis, scruter ainsi l'oeuvre de quelqu'un qu'on abomine et consacrer un temps proprement déraisonnable dans un blog-spoof ridicule et même pas lu, en espérant qu'il jette l'éponge de lassitude, et tout ça pour quoi ? Pour en désespoir de cause balancer son adresse, dans l'espoir qu'un autre aura le cran de faire le boulot à votre place...
(et passer pour des gros lâches, au passage)
Vous surprendrai-je en disant que personne ne s'est pointé ?
Eh non.
Personne...

En même temps, je ne vous comprends que trop bien. Tant qu'à faire, autant s'attaquer au meilleur, c'est bien normal. Même si il faut bien admettre que la blogosphère de gauche, si elle commence de prendre forme et cela est fort bon, a une assez fâcheuse, pour ne pas dire lassante à la longue, tendance à être parfaitement obnubilée par Nicolas Sarkozy...c'est bien simple : ils ne parlent que de lui. Tout le temps. J'imagine très bien les mecs qui se lèvent en pensant à Sarkozy, qui se brossent les dents en pensant à Sarkozy, qui trempent leurs biscottes dans leur café en pensant à Sarkozy, qui vont au boulot en pensant à Sarkozy, qui rentrent du boulot en pensant à Sarkozy, qui regardent la télé en pensant à Sarkozy - il faut dire qu'il y est assez souvent, il est vrai...-, qui honorent même bobonne en pensant à Sarkozy et qui la nuit...rêvent de Sarkozy.
Moi aussi, je pense à Sarkozy, hélas ! le moyen de faire autrement ? Mais il y a tellement d'autres nuisibles qui réclament mes soins...Là, en ce moment, ils sont tous en train de s'exciter en rond sur le "Karachigate", en espérant sans doute que ça va à la fin les débarrasser de Nicolas Sarkozy. 
Mouais.
Je ne voudrais pas casser leur jouet, mais il me semble que depuis le temps, la Vème République bourgeoise en a vu d'autres et des pimentées ;et  il ne m'est pas souvenir qu'un seul président se soit nixonisé depuis. Quant à l'espérance, légitime par ailleurs, que cette accumulation de casseroles lui fasse perdre 2012, c'est aller un peu vite, puisque pour perdre 2012 il faut qu'il y ait vite quelqu'un en face.

La politique c'est la guerre et ceux qui ne comprennent pas ça sont des niais qui feraient mieux de faire autre chose, du scapbooking ou de la plongée sous-marine, que sais-je. Et pour conduire une guerre, il faut un général en chef avec autour de lui un état-major au garde à vous et des troupes motivées autour de la figure du Chef.
La droite a déjà cette configuration. Les petits colonels qui s'agitent rentreront sagement dans le rang dès qu'ils auront compris que la défaite est possible.
La gauche en revanche n'a pas de général en chef. Et même si il en sort un - ou une - il n'est même pas encore dit que l'état-major ne va pas rouspéter et que les troupes vont suivre en ordre.
On voit donc qu'un échec de Sarkozy en 2012 n'a absolument rien de certain. Hélas. 
Contrairement à ce que se répètent en boucle mes petits camarades blogueurs de gauche.

Le manque de recul, voyez-vous. Une attention excessive porté à des classements bidons, aussi, et quand en plus la presse - bourgeoise - reprend quelques lignes qu'ils ont écrites, alors là, byzance ! L'ego enfle dans des proportions montgolfièresques et tous de s'auto-congratuler l'à quel point ils sont définitivement "influents"...
Passons, n'est-ce pas ? Ce spectacle de grenouilles blogueuses se rêvant plus grosses que les boeufs des médias de masse en devient embarrassant, à la longue. Pour eux.

Alors pour revenir à vous, mes petits amis de la droite libertarienne qui j'en suis certain continuez par masochisme à me lire régulièrement, sans doute auriez vous eu plus de succès à vous en prendre à un blogueur "normal". Peut-être. C'est tout fragile, un blogueur, c'est tout sensible et à fleur de peau, il faut dire que le bobo, de droite comme de gauche, y est foisonnant en tant qu'espèce et la ridicule kévinosphère ne fait pas exception, tout au contraire. Je ne résiste pas d'ailleurs à en citer une qui a très bien résumé ce nano-milieu d'imbéciles - même pas - heureux : 

"La réacosphère, ce grand club de rencontres pour vieux garçons nationalistes qui ne savent pas conjuguer un verbe du premier groupe, cette antichambre de l’abattoir où on écoute Lady GaGa en se revendiquant de Charles Martel, je n’y accorde plus aucune importance. Ceux-là même qui la composent, qui la lisent, se rêvent reconquistadors dans des armures en coton. A l’heure où la France s’endette d’un demi-milliard d’euros par jour pour rénover la façade d’un pays qui n’existe plus qu’en version pixellisée sur un cédérome d’histoire, Dudule, lui, veut bien prendre une hache pour massacrer du crouille sans balayer devant sa porte. Il doit sans doute attendre qu’un employé de la mairie le fasse pour lui".


Oui, elle parle de vous aussi, en effet.
Tout ça pour dire que moi aussi, je continue de penser à vous.
Très fort.


vendredi 19 novembre 2010

Le néoconservateur tel qu'en lui-même

Guy Millière, c'est ce néocon frenchy qui révère les États-Unis quand ils bombardent des civils dans des pays loin là bas, et qui n'en finit pas de chanter les louanges du "modèle américain" en fustigeant le Frankistan, sans toutefois franchir le pas de l'expatriation puisque ce serait sans doute abandonner un confortable poste de fonctionnaire à l'Éducation nationale. Car comme tous les néolibéraux hystériques qui n'en finissent jamais de hurler leur haine de la fonction publique quand ils sont invités dans le poste, Guy Millière est prof d'Université.

Guy Millière ne passe pas toutefois tout son temps libre à débiter des âneries l'oeil halluciné et le cheveux gras : il lui arrive aussi de s'intéresser à l'Art, savez vous. Mais patatras, dès qu'il sort de chez lui, il est cruellement rattrapé par cette vilaine chose qu'il s'obstine pourtant à fuir sa vie durant : la réalité.
Guy Millière de constater donc avec effroi et indignation qu'existent des gens qui osent ne pas être d'accord avec lui et sa vision délirante au sens clinique du terme, et ça lui fait bobo dans son petit coeur trop sensible : 

"Les photos de ce Kai Wiedenhöfer sont exposées en ce moment au musée d’Art moderne de la Ville de Paris. L’exposition s’appelle Gaza 2010. Le sous-titre est « un an après l’opération de l’armée israélienne Plomb durci ». On y voit une succession de scènes de décombres et de gros plans sur des enfants mutilés". 

Oui, Guy Millière, la guerre c'est laid et les bombes au phosphore blanc de Tsahal ont malheureusement tendance à ne pas choisir leurs cibles avec assez de précision ; ensuite, est-ce de leur faute si ce vilain militant du Hezbollah se trouve pile-poil au beau milieu de gens plus ou moins innocents ? Franchement ?

"Le message n’a pas à se trouver inscrit explicitement : les Palestiniens de Gaza sont des victimes. Les ignobles israéliens les condamnent à vivre dans des ruines. Ils n’épargnent rien ni personne, pas même les enfants"

Guy Millière a failli faire acte de lucidité un jour. Des phrases exactes décrivant ce qui se passe ont fait un peti tour dans son cerveau, mais hélas : la greffe n'a pas prise.

"Cela s’appelle non pas du photojournalisme, mais de la falsification. Cela pourrait aussi s’appeler utilisation de documents pornographiques aux fins d’inciter à la haine, car il y a une véritable pornographie dans l’utilisation des mutilations. Et il y a une authentique obscénité à montrer des gens qui sont les victimes d’un mouvement qui leur lave le cerveau, puis les utilise lâchement comme boucliers humains, comme s’ils étaient en réalité les victimes d’Israël"

Guy Millière tord quand même un tout petit peu le bâton, parce si on peut n'avoir aucune spécifique sympathie pour le Hamas - c'est le cas de l'auteur de ces lignes - ce sont tout de même bien des objets très explosifs lancés d'assez loin par des militaires Israéliens qui ont tués et mutilés les gens photographiés. À moins qu'il n'aient évidemment fait exprès de se retrouver à l'endroit exact de l'impact, ces gens sont arabes et ont donc de curieuses moeurs, on le sait...

"les gens que fréquente Kai Wiedenhöfer rêveraient aisément de « solution finale » à la guerre qu’ils mènent contre l’existence d’Israël. Un Allemand qui fréquente des gens qui rêvent de solution finale ? Cela existe toujours. On le voit. Cet Allemand fait éditer ses livres de photo en Allemagne".

Guy Millière devrait quand même faire gaffe avec ce genre de sous-entendus et avec cette manie agaçante qu'ont les gens de son espèce de traiter de "nazis" quiconque n'entre pas dans leurs délires de paranoïdes de compétition. Puisque dans les fait, ça s'appelle rien moins que de la diffamation et à force, Guy Millière pourrait finir par tomber sur un gus un peu plus vindicatif que les autres qui n'aimera pas - bizarrement - qu'on le soupçonne de nazisme et lui mettra alors un bon gros procès dans sa gueule. Procès que non seulement il gagnera aisément mais qui risque en plus de valoir une petite ligne dans le casier judiciaire de Guy Millière, ce qui en plus lui vaudra certainement demande d'explication par ses employeurs de l'Université. Non, décidément, Guy Millière devrait tenir un peu mieux ses petits nerfs.

Mais c'est que dans ce petit milieu des pro-Tsahal, on est d'une extraordinaire sensibilité à fleur de peau et on a tendance à sur-réagir dans l'émotivité, cf. Pierre-André Taguieff qui s'est complètement grillé avec sa sortie récente sur Stéphane Hessel et qui a décrédibilisé encore, si il en était d'ailleurs besoin, ce micro-milieu braillard. Il faut lire la désopilante réponse qu'il fait à ceux qui lui demandent légitimement des comptes, quand il jure ses grands dieux n'avoir rien à voir avec la phrase incriminée (rappel : "Quand un serpent venimeux est doté de bonne conscience, comme le nommé Hessel, il est compréhensible qu’on ait envie de lui écraser la tête", tout en nuance, donc) tout en admettant le paragraphe suivant en être effectivement l'auteur...

Parce que pour ce qui est de prendre la défense de soldats dans des pays loin là-bas, ils sont toujours au premier rang, nos néocons ; en revanche, pour faire acte de courage concret et assumer, là, il n y a plus personne...


jeudi 18 novembre 2010

Linux bloody Linux

Dans un de ces moments d'égarement qui peuvent arriver à tout le monde, m'a traversé un jour de la semaine dernière l’effarante idée d'installer un système d'exploitation Linux sur mon ordi de secours, un portable un peu décati mais amplement suffisant pour des tâches simples. Depuis longtemps en effet, je me voyais pressé par quelques personnes de mon entourage de jeter aux orties le si effroyable système d'exploitation de la firme de Redmond afin que de me rouler dans l'herbe verte et chatoyante du "Libre", manière de dire : zut ! au monopole imposé par Grosoft sur les bécanes du monde entier. Même le moins geek d'entre vous sait au moins ça : pas d'OS = pas d'ordi et pas d'ordi = pas moyen d'aller sur CSP, par exemple. On comprendra que cette éventualité est insoutenable et la mort dans l'âme, on se résout d'avoir ce gros machin qui squatte tel un punk à chien vautré dans votre canapé que vous ne savez plus comment foutre dehors, parce qu'il ne vous rend qu'un seul service mais celui-ci est indispensable...

J'avais toutefois quelque réserves quant à la chose et j'ai reculé à maintes reprises le moment de franchir le cap. Un système d'exploitation, mâtin, voilà qui est quelque peu complexe, semble t-il...que je passe pour un génie en informatique auprès de mon entourage parce que je sais remplacer une carte graphique et même en installer les pilotes est une chose ; mais diantre, du passé faire table rase et passer à complètement autre chose peut provoquer des angoisses. On sait ce qu'on quitte mais pas ce qui nous attend et aussi, j'avais été interpellé par une infime coïncidence, oh rien du tout, mais tout de même : toutes les personnes qui juraient leur grands dieux que "Nan mais tu dis ça mais en fait tu vas voir : c'est simple..."
Avaient toutes fait des études scientifiques.
(ce qui hélas n'est pas mon cas).

Mais foin de ces atermoiements et lançons nous, mon Dieu ! Quittons les rivages sclérosés de l'informatique à papa pour nous ébrouer dans les vents frais - oui, je ne sais pas si on peut s'ébrouer dans du vent, mais un peu de poésie, quoi, merde - du Logiciel Libre Opensourcé de partout ! Et j'ai donc téléchargé Ubuntu.

Au bout de deux petites heures de manipulation de la chose, une image s'est formée dans mon esprit. Une image très précise, très détaillée, surprenante de réalisme : 
Linus Torvald attaché à une chaise.
Dans un endroit confiné et sonorement isolé.
Et moi devant lui avec une perceuse et des mèches à béton.

Curieuse chose que l'esprit humain et sa manière de galoper dans de déconcertants endroits, n'est-il pas ?...


Ça fait quoi ? 7 ans à peu près que je me pique d'informatique et ah la la, j'en ai connu des saloperies. Et même si on remonte à plus loin encore, je peux dire que j'ai connu la vraie souffrance et le profond tourment : j'ai eu Windows 95...vous ne savez pas ce que c'est. Vous êtes trop jeunes et tant mieux. Mais il y a des choses qu'on ne devrait pas faire à un être humain, merde...
Le BIOS qui décide d'entrer en anarchie. Ah, que de souvenirs émouvants...

Les .dll manquantes qu'il faut installer à la main...
Les collections de messages d'erreurs tous plus troublants et originaux les uns que les autres...
Et de l'écran bleu, ah ça, j'en aurais bouffé de l'écran bleu, oui madame...
Et aussi la terrible bataille des drivers Nvidia de février 2008, dite "la boucherie du DirectX"...nom de Dieu...il a fallu que je nettoie la base de registre entièrement. Seul. En traquant les fichiers pour les éliminer un à un alors qu'il vous regardaient droit dans les yeux en vous suppliant de les épargner...
J'ai fait des choses horribles, ce jour là.
Des choses que je veux oublier...

Mais ceci dit, je n'ai jamais au grand jamais connu une saloperie aussi majestueuse que Ubuntu. Non Madame, non Monsieur. Jamais.
Parce que quand les linuxiens vous regardent avec des yeux d'enfants en vous susurrant : tu vas voir, c'est simple...
Ne les croyez pas.

Déjà, si vous n'avez pas quelqu'un juste derrière votre épaule pour vous configurer le bouzin : oubliez. À moins d'avoir fait vos études au MIT et de bosser à la NASA, vous n'y arriverez pas seul, c'est tout bonnement impossible. C'est à dire que quand vous avez l'OS installé, ça ne suffit pas, eh non : il faut le configurer. Et puis vous voulez même - fou que vous êtes - installer un réseau Wi-fi avec votre Box, quelque chose qui normalement vous prend...pfou, bien 10 minutes en étant une grosse feignasse.
Mais on est dans tout autre monde, mes amis...
Un monde où pour accéder à n'importe quelle fonctionnalité, il ne faut pas se contenter bêtement de cliquer sur un truc, nan, fi !, trop facile...
Il faut écrire des lignes de commandes.
Oui. Des lignes de commande, des truc avec des / et des # et des > et aussi des <...
Mais pas pour lancer une fusée dans l'espace ou pour cracker les serveurs de la NSA, non non non...
Pour installer des putains de codecs !!! (les fichiers qui vous servent à faire des trucs de malade genre : écouter de la musique).

Et le reste, tout le reste à l'avenant. L'horreur. Tout est compliqué, chiant, incompréhensible. Dire qu'il y a des gens qui se délectent de ça m'est définitivement étranger. Et non, ne venez pas me faire rire avec : "oui mais non paske ma petite soeur de 8 ans elle est sous Linux et elle s'en sort très bien, ah ?". Ta petite soeur - que tu martyrises avec cette daube, bourreau d'enfants - elle l'a installé toute seule, le système d'exploitation ? Elle a configuré le wi-fi avec ses petites mimines? Et elle fait quoi avec l'ordi ? Elle va sur Facebook et puis c'est tout. Bref, tu as tout fait et effectivement, vu l'usage qu'elle en fait - comme d'ailleurs 90 % des gens - ça lui suffit amplement...
Parce que son grand frère nerd a tout fait et qu'il est là en cas de pépin. Ben ouais.

Mais ce n'était pas fini. Il me restait encore à explorer les tréfonds infernaux. À pénétrer dans des Hadès de stupre et de perversion où des créatures lovecraftiennes grouillent en ricanant et hurlent des incantations inarticulées à des Dieux mystérieux et épouvantables...
Les forums de Linuxiens.

Si si, faut y aller, rien qu'une fois. Vous nallez rien comprendre de toute façon mais à la limite, c'est fait pour...
Parce que n'espérez pas vous faire aider en vous pointant la gueule enfarinée en demandant que heu, pardon de déranger mais heu, voilà, ça marche pas et, heu, je voudrais, heu, qu'on m'explique comment, voilà voilà...
J'ai beau chercher, je n'ai pas souvenir de gens aussi ouvertement méprisants. Mais une sorte de mépris sincère, frais quelque part, pas celui un peu dissimulé mais qu'on ressent quand même, non : du bon gros qui tâche, bien gras, bien épais, bien nourrissant. Tu comprends pas ? T'es un naze et on peut rien pour toi. T'as qu'à faire des efforts paske on va pas tout t'expliquer en te tenant la main, hein. Oh et puis ras-le-bol de ces gens à qui il faut expliquer les évidences, pff, c'est vrai quoi, on a pas que ça à foutre aussi. T'es pas content ? Ben t'as qu'à retourner sous Windows, loser, lol XD...

Ah, comme elle est loin, cette jolie idée du "Libre" avec des gens complètement décomplexés du système d'exploitation et qui ne subissent plus le joug du méchant Bill Gates...
De fait, c'est surtout devenu une communauté archi-élitiste de nerds qui se croient très fort des rebelles parce qu'ils sont une poignée à comprendre un seul truc, mais à le comprendre à fond. Complaisance de la distinction et snobisme en carton : on comprend mieux pourquoi quelque chose d'aussi a priori intéressant que Linux et affiliés ne sortent pas de tout petits cénacles : c'est en fait surtout parce que les personnes qui y sont plongées sont au fond très contentes de s'être trouvé une identité dont ils pensent que ça le met au dessus de la pauvre piétaille qui achète son ordi à Carrouf.

J'ai donc désinstallé Ubuntu et suis revenu à ce qui certes n'est pas une très joli chose mais qui, quand on lui demande quelque chose, vous le donne et se contente de le faire.

Encore un effort, Linuxiens ! Et commencez donc à comprendre que pour pouvoir répandre votre bonne parole, faudrait peut-être d'abord voir à se remettre un peu en question, hein.


mercredi 17 novembre 2010

Très gros lièvre

"En 2003, les ressources de l'Afssaps provenaient pour 83 % de l'industrie pharmaceutique et pour seulement 6,4 % de l'Etat" écrivait la commission d'enquête. Conclusion des sénateurs : "N'étant plus soutenue financièrement par l'Etat, l'Afssaps n'ose plus prendre de décisions contrariant un tant soit peu les intérêts immédiats des firmes. (…) La préservation de la santé de l'industrie pharmaceutique semble ainsi passer avant celle des patients." Aujourd'hui, l'Afssaps dépend à 100 % des laboratoires pour vivre"


On parle depuis des années de la parfaite et évidente indépendance des organismes sous tutelle financière du privé. On ment.

On parle depuis encore plus d'années que le privé dégagé des contrainte étatiques sera plus efficace que le public. On se trompe. Ou on ment.

On parle depuis seulement quelques années du scandale des fonds publics finançant le privé. On a raison.

On parle de collusion entre des organismes de contrôle entièrement aux mains de ceux qu'il sont censés surveiller. On a raison.

On parle d'entreprises privées entièrement tournées vers la maximisation du profit au détriment de la santé des personnes. On a raison.

On parle d'une société gangrenée par la corruption et l'argent et dont les gouvernants successifs sont tous et sans aucune exception converti à l'économie de marché. On a raison.

On parle des bienfaits objectifs du libéralisme. On ment. Ou on est aveugle. Ou on est un sale con nuisible et dangereux.

On parle de l'absence de tout autre choix de société. On voit le mur et on écrase l’accélérateur.

On parle de ces grands bienfaiteurs de l'humanité que sont les patrons de multinationales. On est soumis.

On parle de Nora Berra, nouvellement nomée secrétaire d'Etat à la santé, qui "a travaillé de 1999 à 2009 pour successivement Boehringer Ingelheim, BMS et Sanofi Pasteur MSD Europe. Elle se retrouve donc à ce poste moins d’un an après avoir quitté ses fonctions dans l’industrie pharmaceutique" (source). On n'ose émettre le moindre doute sur l'impartialité d'un élu de la République, bien entendu.  

On parle des laboratoires Servier, "fleuron de l'industrie française" et de son patron Jacques Servier 9ème fortune de France. On va bientôt beaucoup en entendre parler. Comme Liliane Bettencourt.

On parle de discrimination à l'embauche, de financement de partis politiques très à droite, de lobbying, de mépris des salariés, de collusions, de médicaments mis sur la marché alors que leur nocivité était patente, on parle d'un très gros lièvre.

On commence à parler de Monsieur Jacques Servier et nous sommes quelques uns à avoir envie d'en entendre un peu plus sur lui.


mardi 16 novembre 2010

Un bon libéral est un libéral mort


Le 16 novembre 2006, Milton Friedman nous débarrassait enfin de sa nuisible présence. Si il existe un Enfer, soyons bien certains qu'il y pourrit pour l'éternité.

Tous. Tous. Tous...

"Qu’il me soit permis ici de prononcer un éloge funèbre en faveur d’un courant de pensée minoritaire à droite et ultra minoritaire en France : le libéralisme. Je sais, il s’agit d’un gros mot et j’ai presque honte d’oser l’employer... Mais à l’heure où bon nombre de commentateurs politiques mettent en avant la faible représentation du courant centriste dit « social » dans le nouveau gouvernement Fillon je me permets de souligner également – car visiblement personne ne s’en préoccupe – l’absence totale du moindre représentant du courant libéral"

(lol)

Non, ce n'est pas une plaisanterie : il le pense à l'évidence réellement. C'est toujours une surprise, ça vous a toujours quelque chose de nouveau et de frais : il y a des gens qui pleurent, dont le petit coeur fragile n'en finit pas de saigner paske le libéralisme il est pas assez représenté en Bolchevie. C'est sans doute pour ça qu'il n'est pas très aimé, si il était encore davantage présent un peu plus partout, nul doute que le pékin moyen renoncerait a sa scandaleuse Sécu et à ses mirifiques allocs chômage pour se lancer avec vigueur et enthousiasme dans les joies austères du Joli Marché et du Chacun Pour Sa Gueule Et Que Crèvent Les Autres, mais bizarrement : non, ça continue de pas bien passer.

D'ailleurs, tout le monde sera d'accord pour penser que ce gouvernement tout remanié de partout - c'est là que vous pouvez rire - ne compte absolument aucun libéral dans ses rangs. Mais alors aucun. Nul à la tête de l'État actuellement n'est convaincu des âpres bienfaits de l'économie de marché, personne, ou alors si peu qu'en parler est risible. Vous savez quoi ? Des gauchistes. Au mieux des kéynesiens en tout cas. Au mieux. Mais de toute façons, des collectivistes acharnés qui prennent le Kapital à la gorge et d'ailleurs, tiens, l'affaire Bettencourt n'est-elle pas un cas d'école, fort audacieux certes, de redistribution des richesses ? On prend aux extrêmement riches pour donner aux très très riches, lesquels...oui, bon, gardent tout, d'accord, ok c'est pas au point au point tout ça. Mais ce qui compte c'est de se lancer. 

Mais c'est quoi, au juste, le terrible drame qui secoue notre figariste ?

"Hervé Novelli a perdu le secrétariat d’état aux PME et au tourisme, récupéré par un fidèle sarkozyste Frédéric Lefebvre. Un temps envisagée, l’entrée au gouvernement de son compère Gerard Longuet, un autre pilier du parti démocratie libérale n’a finalement pas eu lieu"

On notera au passage qu'à 'instar de Madelin, les deux susnommés ont fait les foufous dans leur turbulente jeunesse au sein des rangs d'Occident et les voir devenus libéraux de choc plus tard n'est nullement contradictoire, ce pour deux raisons : Occident s'est particulièrement distingué à son époque par un discours prônant un vigoureux darwinisme social - les pauvres n'ont que ce qu'ils méritent et peuvent crever -, ce qui explique que nombre de ses anciens militants aient succombé à une autre idéologie prêchant rigoureusement la même chose d'une manière un rien plus nuancée il est vrai ;  l'autre raison étant évidemment que libéralisme et fascisme sont génétiquement identiques à quelques chromosomes près, un peu comme le chimpanzés et l'être humain, en somme. À ceci près qu'un libéral tient évidemment davantage du primate qui saute partout en hurlant des sons inarticulés. D'ailleurs, qu'attend t-on pour les mettre dans un zoo ?

Mais vraiment, j'adore la phrase juste après : 

"Tant et si bien que la France se réveille ce matin avec un gouvernement de droite ne comportant aucun libéraux…"

Aucun.
Pas un .
Même un petit, hein.
Nib.
Non, ne cherchez pas. Ne cherchez plus. Ces gens sont malades et il n'existe aucun traitement.

"Certes, le libéralisme a beaucoup de défauts s’il est mal régulé"

Certes...

"Et on peut accuser ses excès d’être la cause de la grave récession dont nous peinons à nous remettre"

On peut...

"Mais jusqu’à preuve du contraire, les nations qui l’ont mis en place se sont nettement plus enrichies que les pays communistes"

La Grèce était donc un pays "communiste" ?

"Surtout sur longue période"

30 ans que ce genre de têtard nous promet que promis juré, le libéralisme ça va rendre tout le monde heureux. : 30 ans des ravages et d'enrichissement des dominants. Ceci est un constat. Le nier, c'est soit être idiot. Soit être un Taliban du marché qui de toute façon n'entendra pas la critique de sa Religion.
Ou les deux, aussi.

"l’absence de ce courant au sein du gouvernement « de combat » mis en place par Nicolas Sarkozy prouve qu’il est inutile de partir à la chasse aux voix libérales en France tant elles sont faibles"

C'est incontestable : si par mégarde on proposait au bon peuple un référendum s'intitulant "La destruction de la Sécurité sociale, des services publics, du Code du Travail, des congés payés, de l'École, des règles de licenciement et d'une manière générale de tout ce qui rend une société à peu près vivable : pour ou contre ?", oui, bon, en effet, ça risque de ne pas remporter un franc succès. D'où la démarche hypocrite du libéral de base qui masque tout ça en "liberté" mâtinée de poujadisme gluant, vu qu'un libéral, ça suinte l'envie et l'aigreur et surtout, ça sent la maladie.

Tous ces gens sont malades. Tous. Absolument tous.


lundi 15 novembre 2010

¡ Señor Sí Señor !

"Ejército de Bolivia se declara socialista, antiimperialista y anticapitalista

El Éjercito de Bolivia celebró sus 200 años en una ceremonia que fue presidida por el mandatario Evo Morales. Al acto asistieron los comandantes de los Ejércitos de Chile, Juan Miguel Fuente-Alba, y de Ecuador, Patricio Cáceres, además de delegaciones militares de Argentina, Brasil, Chile y Perú.

En la ocasión, el general Antonio Cueto, comandante nacional del Ejército, aseguró que como institución, “nos declaramos antiimperialistas, porque en Bolivia no debe existir ningún poder externo que se imponga, queremos y debemos actuar con soberanía y vivir con dignidad. También nos declaramos anticapitalistas porque este sistema está destruyendo a la madre tierra”.


Ça tue, hein ? Quand on voit à quel point les armées occidentales sont le bouillon de culture de toute les ganaches les plus réactionnaires et le fer de lance au service des basses oeuvres de la bourgeoisie tant en extérieur - mais dame, il faut bien faire comprendre aux ex-colonies de l'Empire qui c'est qui pisse debout, hein ? - qu'à l'intérieur - non, le tournant de l'Armée de Terre qui privilégie l'entraînement en milieu urbain n'est pas une coïncidence avec le fait que socialement ça na va pas fort, non non -, rendez-vous compte : des militaires de gauche. C'est curieux à l'oreille, pour nous. Ça sonne bizarre. Et pas gentiment sociaux-démocrates complexes dans le cadre d'une économie de marché moralisée, nan nan nan : "socialistes, anti-impérialistes et anticapitalistes", les mecs. Purée, on imagine des classes qui auraient un peu une autre tenue...

"ALLEZ ! 50 POMPES ! POUR LE SOCIALISME ! LÉNINE TE REGARDE !".

Wow.

- T'ES DE DROITE ?

- CHEF NON CHEF !

- TU TE FOUS DE MOI ? T'AS POURTANT UNE VRAIE SALE GUEULE À LIRE LE FIGARO AVEC TA SOEUR SUR LES GENOUX !

- CHEF NON CHEF !

- T'ES PAS DE DROITE ? MÊME PAS UN PEU ? C'EST QU'AVEC TON AIR CON ET TA VUE BASSE ON POURRAIT SE MÉPRENDRE, COMPRENDS TU ! T'ES ABSOLUMENT CERTAIN QU'AVEC TA TRONCHE DE TÊTARD CONSANGUIN À PIEDS PLATS ET QI NÉGATIF TU TE PALUCHE PAS EN SECRET SUR LES PHOTOS DE RAMA YADE MON GROS COQUIN ?

- CHEF LA CHIENLIT RÉACTIONNAIRE ME FAIT ENTRER EN DÉTUMESCENCE QUAND BIEN MÊME ELLE AURAIT UN JOLI MINOIS CHEF !

- MAIS C'EST QU'IL A DU VOCABULAIRE EN PLUS ! ET L'ÉCONOMIE DE MARCHÉ, TU L'AIME FORCÉMENT L'ÉCONOMIE DE MARCHÉ, PAS VRAI ? ME DIT PAS LE CONTRAIRE, T'AS LE REGARD VIDE ET LA CERVELLE EN YAOURT BULGARE DU MEC QUI PASSE SA NON-EXISTENCE SUR LIBÉRAUX.ORG !

- CHEF NON CHEF ! CHEF LE LIBÉRAL EST UN ENNEMI OBJECTIF DE CLASSE QU'IL FAUT COMBATTRE ET ÉCRASER POUR QUE TRIOMPHE LE SOCIALISME CHEF !

- EXACTEMENT MON LOULOU ! C'EST PRÉCISÉMENT CE QUE JE VAIS ESSAYER DE FAIRE DE VOUS : DES VRAIS SOLDATS DE LA PLUS NOBLE DES CAUSES, DES TROUFIONS DE CHOC QUI ÉCRASERONT LE KAPITAL SOUS LEURS RANGERS ! MAIS EN ATTENDANT, VOUS ÊTES DES NULS ! DES RIENS ! LE DEGRÉ ZÉRO DE L'HUMANITÉ, DU CACA, DU VOMI, DES ADHÉRENTS DE L'UMP, VOUS N'ÊTES MÊME PAS HUMAINS ! DU BRANLOMANE VÉGÉTATIF À MÊME DONNER À BOUFFER À UN CENTRISTE, TAS DE CONNARDS ME SUIS BIEN FAIT ENTENDRE DE VOS OREILLES ?

- CHEF OUI CHEF !

- MON CUL ! J'ENTENDS RIEN !

- CHEF OUI CHEF !!!

- ET TOI, DUCON, T'ES UN VRAI PUTAIN DE MÉCHANT ANTICAPITALISTE HARGNEUX COMME UN CHIEN OU BIEN ?

- CHEF OUI CHEF !

- MON CUL ! JE VOIS BIEN QUE T'ES DU GENRE À VOTER SOCIALISTE AU DEUXIÈME TOUR ! 

- CHEF PAS QUESTION DE VOTER UTILE POUR CES ENCULÉS DE SOCIAUX-TRAÎTRES CHEF !

- DE QUOI ? QU'EST-CE QUI EST SORTI DU DEUXIÈME TROU DE BALLE QUI TE SERT DE BOUCHE ? PAR LES POILS DE CUL DE TROTSKY SI TU RESSORT CE GENRE DE PROPOS HOMOPHOBES TU VAS ROTER DU SANG ! JE VAIS TELLEMENT T'EN FAIRE CHIER QUE TU REGRETTERA DE NE PAS ÊTRE RESTÉ AU CHAUD DANS LES COUILLES DE TON PAPA ! 50 POMPES, EXÉCUTION !

- CHEF OUI CHEF !!!

Avouez que ça fait rêver, non ?