mardi 31 août 2010

Moi mon papa, il tue des gens


Moi mon papa, c'est le meilleur soldat de toute l'armée du monde des États-Unis. C'est normal puisque c'est mon papa et que c'est le plus fort. Quand il est parti pour aller dans ce pays très loin là-bas, on était tous très tristes à la maison, surtout maman qui ne voulait pas qu'il s'en aille et était très inquiète. Et puis ça a été très très très long sans lui et moi et maman et mon grand frère, on étaient tristes qu'il soit si loin. De temps en temps on le voyait par Internet et c'est drôlement chouette de pouvoir lui faire coucou et il nous disait que là où il était tout se passait très bien et qu'il n'était pas en danger alors on était un peu rassurés. Même si il avait l'air très très fatigué parfois et qu'en nous disant que tout allait bien il rigolait bizarrement.

Quand mon papa il m'a fait la surprise de me voir à l'école, c'est tout le bonheur du monde qui était là. J'ai pleuré, et papa aussi il a pleuré, et maman et mon grand frère, on a tous pleuré parce qu'on était heureux d'être enfin ensemble et que moi je ne veux plus que mon papa il parte, plus jamais jamais.

Au début c'était le bonheur de voir que mon papa il était revenu mais même si on est tous heureux qu'il soit là, c'est comme si c'était plus pareil. Mon papa il est très très très fatigué et quand on lui demande de nous raconter comment c'est dans son pays loin là-bas, il veut pas et il regarde ailleurs.
Et puis je sais que la nuit il ne dort pas bien parce qu'il se met à se réveiller en criant et ça réveille tout le monde et maman nous dit que ce n'est rien et que c'est juste papa qui a fait un mauvais rêve et qu'il faut aller se recoucher. Mais moi je sais bien que c'est pas vrai parce que papa il fait des mauvais rêves toutes les nuits et le matin il dit rien et il regarde son café comme si il était pas avec nous.

Maman nous a expliqué que papa était juste très fatigué et qu'il lui fallait beaucoup de repos. Et c'est vrai que ça doit être drôlement fatiguant d'être dans un pays bizarre très très loin que nous on le voit qu'à la télé. Mais j'aime pas regarder la télé quand ils parlent ce ce pays parce que on voit des gens qui sont soldats comme mon papa qui sont blessés ou qui sont en train de tuer d'autres gens et ça me fait peur. Mon papa il est gentil alors je sais qu'il pourra jamais faire des choses méchantes.

Et puis mon papa il est rentré, lui. Les voisins d'à côté leur papa aussi était soldat mais le monsieur il est rentré dans une grande boîte et maman m'a expliqué qu'il était au ciel. Je lui ait demandé comment ça se faisait qu'il était à la fois dans une grande boîte et au ciel mais elle a pas voulu me répondre. Maman est très fatiguée elle aussi depuis que papa est rentré parce que il font que se crier dessus tout le temps et maman voudrait que papa il aille voir un docteur parce que la tête de papa c'est devenu comme un lecteur DVD cassé qui repasse les mêmes images tout le temps tout le temps tout le temps...

N'empêche que même avec tout ça, c'est génial de voir que papa est revenu. Je voudrais qu'il reste pour toujours avec nous et au bout d'un moment il aurait plus d'images dans la tête et on serait une famille très très heureuse, mais papa nous a dit qu'il allait bientôt repartir là-bas parce que il est le meilleur soldat du monde des États-Unis et maman a dit aussi qu'il fallait qu'il reste soldat parce que sinon on aurait plus de sous et qu'après si on a plus de sous on aurait plus de maison.

Je veux pas que mon papa il reparte parce que c'est le plus gentil des papas et moi je l'aime.

lundi 30 août 2010

L'autre UMP

Pendant que la première UMP se demande comment elle va pouvoir se sortir de ses multi-bourbiers et se trouve dans une telle panade que certains de ses membres murmurent de plus en plus haut que finalement le FN marinisé n'est pas "si" infréquentable que ça, l'autre UMP tient son Université d'été à La Rochelle et de son côté, se demande surtout comment revenir aux affaires à tout prix et par n'importe quel moyen. Vu qu'à l'instar de son homologue légèrement plus à droite, cette UMP-bis n'en a jamais eu rien à carrer de ce que vivent les gens normaux et ne cherche qu'à recaser un maximum d'apparatchiks qui n'en peuvent plus de leur "cure d'opposition" et n'aspirent qu'à revenir vers ces lieux de pouvoirs et de prébendes où ils seront tellement plus au chaud qu'en étant obligé de fréquenter leurs imbéciles d'électeurs, pour pouvoir faire pépère une politique de droite à la place de la droite. C'est à dire ce qui se passe depuis 25 ans et on se demande par quel sortilège autant de gogos s'obstinent à faire confiance à pareils crapauds, à la fin.

L'un des moyens les plus souverains de faire pièce à la première UMP étant bien entendu de la suivre servilement comme toutou langue pendante sur des terrains politiques exclusivement bien marqués à droite ; ainsi sur "l'insécurité", l'autre UMP à beau agiter ses petits bras en protestant que jamais au grand jamais elle ne suivra sa collègue dans ce vilain débat tout pourri, elle n'en jure pas moins que une fois revenue au pouvoir, elle saura donner du menton et de la poigne pour prouver aux cons qu'elle aussi ne se laissera pas faire par les sauvageons. François Rebsamen donne les grandes lignes du pharamineux projet de l'autre UMP dans Rue 89, et on va tout de suite voir qu'on est pas là pour rigoler, crénom.

"En matière de lutte contre l'insécurité, il faut avoir un continuum d'actions et essayer d'avoir un rassemblement républicain qui dépasse le clivage gauche-droite".

On est tellement prêt à bouffer sans vergogne aucune à tous les râteliers possibles et imaginables qu'on assume tout en même temps ; et puis de toute façon on fera une politique de droite, pourquoi lors ne pas se faire élire avec une partie d'elle, hein, franchement ?

"Pour lutter contre l'insécurité, il faut évaluer et il faut être efficace. La montée des violences est un vrai problème dans notre société et elle a été exponentielle depuis 2002"

On ne saurait nullement soupçonner ici ce bon François Rebsamen de naïveté : il s'agit bel et bien de gros et gras cynisme politicard qui accepte parfaitement la propagande de droite sur "l'insécurité" - qui met la France à feu et à sang - sans même essayer de faire la moindre nuance sur la différence entre insécurité effective et montée en puissance d'un sentiment d'insécurité instrumentalisé par les médias vendus. Mais pour être "crédible" sur "l'insécurité" il faut admettre qu'il y a de "l'insécurité" et donc suivre la droite là dessus. Cette dernière imposant donc ses thèmes à cette autre UMP qui tente toutefois de se différencier - un peu...- pour convaincre des glands qu'avec elle ce sera moins pire.

"La sanction doit être exemplaire, immédiate, effective et proportionnée à l'acte. Au premier acte de délinquance, il doit y avoir une sanction. Dans les pays où il y une sanction au premier acte de délinquance, il y a beaucoup moins de récidive (...) la police de proximité, c'est important là où il y a « les incivilités qui pourrissent la vie des gens », selon la formule de François Fillon. Il ne faut pas laisser penser que demain ce sera tout rose avec les socialistes"

L'autre UMP reste droite dans ses bottes et ne craint pas de reprendre telle quelle des déclarations de la première UMP pour bien montrer qu'on parle entre gens sérieux, là. D'ailleurs, et histoire de bien montrer qu'on en a grosses comme des melons d'eau, hardi mes amis, lâchons nous pour de bon : 


"Ségolène Royal avait été en avance en proposant un encadrement militaire pour ces jeunes. C'est un peu ce qu'essaye de faire actuellement le gouvernement avec les Epide (établissements publics d'insertion de la Défense), sauf que c'est sur la base du volontariat. Je suis pour le faire sur la base de la sanction, de la peine judiciaire".

Ah ! Quand on vous dit que ça va chier, alors ?

"Le problème est cependant qu'il faut réfléchir à des lieux : soit des établissements qu'on construit, soit dans d'anciennes casernes. Et il faut savoir qui peut l'assumer, vu l'état des finances de la société. Des militaires ? Pourquoi pas. Mais je dirais plutôt des individus de type militaire. Il faudra faire appel à des retraités de la police, de la gendarmerie, qui seraient volontaires. Ce serait l'idéal, mais nous ne formerons pas 80 000 éducateurs spécialisés du jour au lendemain".

Oui, effectivement : le vrai problème, c'est "réfléchir à des lieux" et se demander si on va demander à des troufions d'active de faire la chiourme pour mater le fils de pauvre. C'est comme ça que ça raisonne dans l'autre UMP et on notera au passage qu'à aucun moment notre sécuritaire de choc ne laisse paraître un début de commencement d'esquisse de brouillon pour proposer de quelque peu châtier la criminalité économique des cols blancs dont l'exemplaire impunité constitue une manière de modèle et d'encouragement pour ceux "d'en bas" qui ne voient pas à la fin pourquoi ils se gêneraient. Ceci dit, l'autre UMP fermera toujours sa gueule concernant ce genre d'embêtements, et pour cause.

Cette autre UMP qui décidément risque d'avoir toutes les peines du monde à se différencier de la première quand un de ses éléments affirme en toute décomplexion : 

"humaine"

Ouf. On avait craint le pire et nous voilà rassurés : comme toujours, l'autre UMP fera une politique de droite et ce dans tous les domaines, économique, social, sécuritaire etc., mais elle privatisera, ratiboisera fonction publique et code du Travail, acceptera les plans d'austérité du FMI et expulsera du sans-papier et du Rom ; mais toujours avec un exquis souci de "dignité humaine".

On en attendait pas moins de cette droite là.


dimanche 29 août 2010

Mitigé

C'est un peu comme ça que je reviens de Port-Leucate ; ensuite c'est que mon avis, hein, mais puisque vous êtes là en train de me lire, autant assumer.
Alors bon, mitigé donc puisque si les points positifs étaient bel et bien présents - revoir copains, rencontrer gens dont gentils lecteurs, discuter profond et raconter conneries en s'esclaffant, apprendre choses, comprendre d'autres choses, et plouf dans la mer pour se délasser de tant de surmenage -, les point sinon négatifs du moins mouais-mouais bof-bof ne se sont pas fait oublier pour autant. Et en premier lieu un état d'esprit comme en suspens, assez représentatif me semble t-il d'une orga qui n'a pas encore tranché sur les questions qui fâchent. Un UD d'été n'était sans doute pas le lieu idoine pour régler tous les soucis d'un coup d'un seul, certes, mais n'empêche : on était quelque uns qui auraient apprécié des éclaircissements, ou du moins des débuts d'orientation sur quelques questions.

Encore faut-il précisé qu'étant rentré hier, je n'ai pas assisté au fameux débat sur Féminisme et religion, dit également "satané débat sur ce putain de voile" et on peut se douter que l'ambiance y a été assez animée, disons. J'en aurai des échos dans la journée mais en attendant, je ne saurai rien en dire, à part encore réaffirmer ce que j'en pense perso mais ça vous le savez déjà.

Une autre question cruciale sur l'orientation générale a également été abordée, où toutes les tendances du NPA ont pu donner leur point de vue à tour de rôle ; disons que les deux derniers intervenants ont été particulièrement contrastés, puisque la copine qui a réussi à placer 47 fois "travailleurs" dans son intervention - j'ai compté - en nous expliquant par A+B que léluth blablabla les travailleurs blablabla l'auto-organisation des masses blablabla léluth y'a que ça de vrai et absolument tout le reste = caca, a été suivie de la prise de parole d'un des élu de ce fameux Limousin qui nous a raconté ce que ça faisait au quotidien d'être engagé dans ce genre de militantisme. Disons qu'on avait d'un côté un bon gros discours bien plombé et bien formaté qui a aucun moment ne s'est embarrassé de se poser l'embêtante question du "comment" on arrive à toutes ces belles choses, et de l'autre le type qui lui vit dans le monde réel et doit trouver des solutions concrètes à de vrais problèmes. On comprendra assez où va ma préférence.

Ici, je dois hélas vous faire part de mon expérience au sein de l'atelier "rencontre avec les webmasters du NPA" et je vais essayer pour une fois de ne pas être trop corrosif ; les copains et copines qui tiennent les sites et blogs du parti font ce qu'ils peuvent en complets autodidactes pour la plupart, en étant de plus pas vraiment soutenus et c'est le moins qu'on puisse dire, une partie des militants ne voyant tout simplement pas l'intérêt de développer des stratégies de propagande sur le Ouèb...disons que niveau informatique et usage de l'outil de communication de masse que ça représente, on doit en être à peu près là : 


Ce qui en effet pose un peu souci.
Je me disais que la tâche serait conséquente, elle sera proprement herculéenne. Ce qui au passage ne va pas arranger mes tendances les plus mégalomaniaques dans un futur proche.
Parce que de la mégalomanie, de l'arrogance à certitudes plombées, de la conviction inébranlable d'avoir raison, et de la putain de certitude à angle droit, rien que pour montrer qu'aller sur Internet pour l'utiliser à nos fins est une nécessité incontournable, je vais en avoir sacrément besoin pour tenir le choc. Fort heureusement, je suis largement pourvu de toutes ces qualités. Au passage, si d'autres camarades estiment qu'ils sont suffisamment blindés pour se consacrer à cette aussi noble qu'austère tâche, vous avez mon mail.

Concluons sur de l'optimisme, tout de même : le meeting unitaire fut la bouffée d'oxygène dont tout le monde avait besoin. Les intervenants successifs malgré parfois de grosse divergences de fond sont en tout cas d'accord et même extrêmement d'accord sur un point précis : cette scélérate réforme des retraites que le corrompu Woerth nous prépare, il n'est absolument pas question d'en négocier le moindre détail. Et ça, c'est dans la rue le 7 septembre prochain que ça se passe, et faisant tout que ça ne tourne pas promenade de rentrée mais journée après journée après journée etc. jusqu'à ce que ces crevards plient. Toute autre position étant bien entendu nulle et non avenue.

Bon courage à toutes et tous pour cette rentrée, et en route vers de nouvelles aventures CSPiennes, motherfuckers.


samedi 28 août 2010

Boogie !

mardi 24 août 2010

Talibans

Il n y a peut-être qu'un seul avantage qu'on peut reconnaître aux libéraux. Un seul : quand ils se lâchent pour de bon, leur candide sincérité concernant la véritable nature de leur dogme - totalitarisme de l'argent à échelle planétaire - en deviendrait presque rafraîchissante. Dans ces moments trop rares, foin de discours sur la "liberté" et autres fariboles, non plus même que sottes prétentions à une recherche du bonheur collectif par l'épanouissement des égoïsmes particuliers : ici le libéral assume franchement la structurelle infamie de son idéologie et admet qu'au fond il trouve ça très bel et bon.

Revenant sur la désopilante prétention d'il y a 2-3 ans de quelques gouvernants un peu émus par la prédation capitaliste à vouloir "moraliser le capitalisme" (rires), notre bon ELB constate avec une pointe de satisfaction même pas dissimulée :

"L’idée générale est qu’après trente ans de suprématie, le libéralisme doit céder devant ce que Nicolas Sarkozy nomme «une autre vision du monde». Il reste défenseur du capitalisme et de l’économie de marché mais promet «une moralisation», c’est-à-dire des changements majeurs, une nouvelle ère.
Septembre 2010, neuf mois plus tard, qu’a-t-il été fait? Sur les bonus, une mascarade. Les banques continuent d’attirer les meilleurs en les payant des montagnes cash ou tout comme. La banque Citi, N° 1 aux Etats-Unis, leur verse immédiatement 25% du bonus et 75% en actions. Si les traders sont intéressés par l’avenir de leur banque, voilà n’est-ce pas, qui devrait élargir leur horizon et arrêter de les pousser dans les spéculations de court terme. Sauf qu’ils ont le droit de revendre ces actions au bout de cinq jours… ce qui ne change donc rien."

Et en effet, cette histoire de "moralisation du capitalisme" n'était dès le départ qu'une vaste blague à laquelle personne d'un peu sérieux n'a cru, la capitalisme étant immoral par nature et pourvoyeur d'injustices et de saloperies en tout genres de par son fonctionnement intrinsèque : on apprend pas à un requin à devenir végétarien, voilà tout.
Et ELB, tant il est profondément taré jusqu'au trognon, il trouve que franchement entre nous : c'est pas plus mal. Avec oui, bon, admettons, quelques inconvénients embêtants, d'accord :

"le monde occidental compte 34 millions de chômeurs supplémentaires dont 8 millions de jeunes qui sont les premiers affectés. Leur taux de chômage atteint 13% contre 7% pour l’ensemble de la population active. Entre-temps, les banques ont retrouvé des profits dès 2009, en gros la moitié du niveau d’avant crise. Les grandes entreprises ont, elles, rattrapé complètement ce niveau et leurs dividendes (l’exigence de rentabilité!) aussi. Entre-temps il y a eu la crise grecque, au printemps, dont la signification a été claire: les marchés ont menacé les Etats endettés de les punir s’ils ne leur obéissaient pas en adoptant des mesures d’austérité. Les gouvernements européens ont tous obtempéré. «Il est temps que les Etats reprennent la main», disaient les politiques… On voit: c’est l’inverse qui s’est passé. Athènes, Dublin, Lisbonne, Madrid, Rome, Paris ont la trouille des agences de notation!

Le libéralisme est toujours là, inchangé ou presque. L’ «autre vision» n’a toujours pas de contenu concret à la fois audacieux et réaliste. Cette idée de moralisation du capitalisme est à ranger dans l’armoire de «l’autre politique», défendue en France par les anti-Maastricht dans les années 1990 et avec «le gouvernement économique européen» défendu par les Français face aux Allemands, l’armoire des idées vides."

Vous aurez donc traduit par vous-même : le néolibéralisme fabrique du chômage et de la pauvreté ; les marchés financiers font tout ce qui leur passe par la tête ; nul gouvernement ne leur tient tête : et ça va continuer comme ça...
Il faut ici insister sur ce qui est sans doute l'aspect proprement fascinant du fanatisme des Talibans du Marché : le mec admet les dégâts et les drames, assume le comportement de la finance folle, reconnaît sans détour les graves dysfonctionnements d'un système en roue libre, et continue quand même de le défendre.

On est donc plus dans un discours de rationalité comme peuvent parfois faire semblant de l'être certains libéraux ; on est dans une foi aveugle et destructrice qui n'entend rien et ne veut rien admettre en dehors de sa croyance. On est dans l'irrationnel le plus complet qui permet donc de faire un parfait parallèle entre les troubadours du Marché et les franges les plus dévissées du bulbe de la plupart des religions en cours : Talibans tarés, intégristes en soutane, fondamentalistes de l'économie de marché = même combat.

C'est pour ça qu'il ne sert à rien, rigoureusement à rien, de discuter ou de "débattre" avec eux pour essayer de leur faire entendre raison : ce n'est tout simplement plus possible.

À quand des drones Predator pour traquer les économistes ?


Départ pour Port-Leucate à 13 h, les commentaires seront fermés après. Je tâcherai de menacer quelqu'un sur place pour qu'il me prête un Netbook histoire de vous raconter.


lundi 23 août 2010

Vivement la rentrée

Rentrer de WE et s'apercevoir qu'on une notification Facebook : "Chic !" (comme disait le Club des Cinq dans ma folle enfance), "on s'intéresse à moi et ça c'est drôlement gentil", de m'exclamer incidemment ; quand en plus c'est pour s'apercevoir ô joie ô bonheur que je suis officiellement invité à "L'Apéritif Républicain de Toulouse" le 4 septembre prochain, 18 heures à la Prairie des Filtres, comprenez que ma liesse n'ait plus de bornes...

Car oui, petit filou que je suis, j'ai pris la liberté de m'inscrire à cet évènement inspiré (sic...) par la pantalonnade des trépanés de Riposte Laïque cornaqués par les cas sociaux Identitaires qui avait quelque peu défrayé récemment la chronique, comme disent les journalistes vieux. On se souvient que la chose d'abord prévue en pleine Goutte d'Or avait été relocalisée au dernier moment un peu ailleurs pour "éviter des troubles à l'ordre public", ce qui nous avait hélas privé du spectacle de quelques dizaines de casquettes un rien énervées descendues de leur téci demander des explications à nos dégénérés "islamophobes" (= j'aime pas les bougnoules mais je le cache sous des prétextes huntingtonesques ; ce qui n'empêche qu'en vrai vraiment : j'aime pas les bougnoules). Mais peut-être que finalement on y aura droit et sans même avoir besoin de se déplacer à Paris puisque le même genre de crétin veut faire la même bêtise dang la villeuh rôseuh.

Ce qui promet d'être amusant.

Bon, il semble douteux, voire vraiment très très douteux que les 977 inscrits du groupe FB se pointent tous, puisque cliquer sur le mulot et se déplacer pour de bon quelque part sont des gestes assez éloignés au final ; mais c'est que vous savez que ces abrutis sont décidés à faire leur ridicule apéro et ne craignent même pas de balancer heure date et lieu au vu et au su de tout le monde...
C'est trop mignon.

Mais ne soyons pas trop méchant : il faut accorder un mérite à Riposte Laïque. Oui, rien qu'un seul et sans doute que ce n'est pas ce qu'ils voulaient à la base mais bon. Ils ont tout de même réussi à créer un total consensus les concernant dans le NPA ; et parvenir à mettre tout le monde d'accord sur la même chose au même moment dans le NPA actuellement n'est certes pas un mince exploit.
Nous les considérons exactement comme du même niveau que le FN et les Identitaires, et en pensons tout autant de bien.

Pour cette raison, et afin de le remercier d'avoir su créer cette concorde entre camarades, je me fait fort de faire toute la publicité que cet évènement mérite autour de moi - 4 septembre, 18 h, prairie des Filtres - et d'y inviter également tous mes amis. Et leurs amis. Et les amis de leurs amis. Et les gens qu'ils sont pas amis avec mais qu'on est d'accord sur ce qu'on peut penser de Riposte Laïque et c'est déjà pas mal.

Manière de débuter la rentrée politique, en somme.


vendredi 20 août 2010

Vers l'après-CSP

Quoi qu'il arrive, CSP s'arrête en 2012. Au moment de l'élection présidentielle qui plus est. Déjà, j'ai atteint les limites d'un exercice certes très amusant mais dont je ne veux pas qu'il finisse par tourner en rond et déjà, j'estime avoir fait mes preuves concernant une certaine manière d'intervenir sur Internet ; il faut donc savoir évoluer et se renouveler pour essayer d'autres choses que ce qu'on connaît déjà.
En même temps, je dis 2012 mais je ne peux pas cacher qu'il est bien possible que dans les faits CSP s'arrête avant ; si par exemple notre fraction Bolchevik-Léniniste d'Acier De La Vraie Révolution Pure À Angle Droit venait à l'emporter lors du prochain congrès en novembre, il est bien évident que l'aventure LCR/NPA serait pour moi terminée, et pas que pour moi d'ailleurs. Au moins dans cette hypothèse nos camarades n'auront aucun mal à réunir une majo : ils seront tous seuls bien au chaud entre eux. Vu que tous les autres se seront tirés.

Avant que de vous réjouir - trop vite, les enfants, trop vite... -, l'arrêt de CSP ne signifie nullement que vous serez débarrassés de moi. L'après-CSP est en construction en ce moment même dans un chantier secret de la Baltique et je me donne le temps de réfléchir à mon nouveau jouet à venir, qui tirera les leçons de quatre ans de blog et tentera de nouvelles expériences dans le but d'aller plus loin que le commentaire d'actualité afin de déborder le cadre devenu trop étroit d'un blog certes lu - et mille mercis à toutes et tous - mais vis-à-vis duquel je ressens une frustration croissante : on peut faire mieux que ça. Bien mieux. En terme d'extension du lectorat, en terme de contenu, en terme d'originalité, en tout. Et si vous vous posez la question, j'ai une assez haute estime de moi-même, merci. Dans ce domaine précis tout du moins et vous ressentiriez la même chose après vous être un peu cassé le cul à pondre un billet par jour ou peu s'en faut, avoir essayé et parfois réussi à être un tant soi peu original dans la forme, et avoir continué sans plier face aux vagues de miteux mesquins qui ont vainement tenté de me faire jeter l'éponge : je les ait tous eu à l'usure et j'en aurai d'autres.

Pourquoi ça marche, CSP ?
Parce que je suis d'une intelligence supérieure, c'est vrai, il faut être objectif à un moment ; même si vu le niveau général de la blogosphère politique, aligner trois phrases correctes avec un contenu qui veut dire quelque chose vous place tout de suite très au-dessus du lot.
Parce que c'est agréable à l'oeil ? Parce que c'est pas trop pourri en terme d'écriture ?
Parce que je ne cède pas au moralisme de gôche qui se contente d'agiter ses petits bras en "s'indignant" très fort ?...
Parce que je suis un fils de pute hyper-méchant ?...

D'ailleurs, d'aussi loin qu'il m'en souvienne, j'ai toujours eu une sorte de curieuse propension à la cruauté ; petit, je persécutais des animaux et en retirait beaucoup de plaisir. J'avais également lancé une vocation précoce de pyromane en allumant des petits feux un peu partout avec ce qui me tombait sous la main et en restant à les regarder. C'était bien. Jusqu'à ce qu'hélas cette élan ne soit brutalement interrompu par l'injuste férule parentale sous le prétexte mesquin d'avoir un peu, c'est vrai, tenté d'incendier la maison familiale à la suite d'une contrariété.

Rassurez-vous : ça va beaucoup mieux maintenant.

CSP fonctionne par le refus catégorique du gentilly-correct, du "doute", de cette façon geignarde d'être constamment sur la défensive qui est devenu la sale habitude d'une certaine gauche : on a pas à se "défendre" face à des droitards, on doit les défoncer. D'où leur surprise quand ils découvrent la bête, trop habitués qu'ils sont à n'avoir en face d'eux que "citoyens" toujours soucieux de présenter des excuses pour être ce qu'ils sont. D'expliquer. De "débattre". D'être dans le "doute". Proies faciles, trop faciles puisque n'essayant même pas de vraiment se défendre - par l'attaque - et ne comprenant pas pourquoi les gens sont aussi méchants avec eux, pauvres petits lapins.
C'est une guerre et en face ils ne comprennent que le rapport de force.
C'est complètement intégré chez moi et vous devriez vous dépêcher d'en faire autant.

Et quand ils ont pigé que le bestiau ne se laissera pas faire comme les autres, de rentrer chez eux en geignant sur la "totalitarisme" tout en protestant évidemment que de toute façon, ça ne leur a rien fait du tout. Mais alors : rien du tout. Pauvres petits bouffons serviles et pleutres, va.

CSP, ça marche parce qu'il ne se laisse pas faire.
Et comme je suis d'une hauteur de prétention à nulle autre égale, j'entends bien faire de ces expériences accumulées la base d'une véritable offensive de gauche sur Internet qui fera pièce à la décomplexion ambiante ; pour leur enfoncer leurs idées de merde bien profond dans la gorge ; et pour montrer aux progressistes qu'on a tout à gagner à être dans une optique d'hostilités à outrance.

Comme dit précédemment, j'ai une très haute estime de moi-même.


jeudi 19 août 2010

Je t'explique :

Tu t'appelle Eden Abargil, tu es citoyenne israélienne et à ce titre, tu as donc effectué ton service militaire dans les territoires occupés. En ce moment on parle beaucoup de toi parce que tu as eu la candeur de poster sur ton profil Facebook des photos de toi toute sourire devant des prisonniers palestiniens et il faut avouer que ça fait un peu tâche. Pas pour toi semble t-il cependant, puisque tu te répand en protestations d'une rare ingénuité sur ce qui n'a pas vraiment l'air de te poser question :

«Je ne comprends pas ce que j’ai fait de mal. Il n’y a eu de ma part ni violence ni mépris, je n’ai porté atteinte à personne.»

À ce stade de, disons, "innocence" qui confine à la bêtise irresponsable la plus obtuse, laisse moi t'expliquer petite fille deux ou trois choses de la vie dont je ne pense pas que tu puisses faire quelque usage - tu as la vingtaine et ton cerveau est à l'évidence déjà mort - mais qui me semblent assez indispensables à exprimer.

Ce qui heurte quelque peu vois-tu, c'est le sourire, en fait : tu as vraiment l'air toute contente à côté de ces types entravés et tu en remet une couche en titrant les fameuses photos : «L’armée : la plus belle période de ma vie». Pour toi, peut-être, admettons. D'un point de vue extérieur cependant, passer des moments aussi formidables dans un contexte d'oppression d'un peuple tout entier - oui, au fait, les palestiniens vivent une situation d'apartheid dans leur propre pays si tu n'es pas au courant - n'apparaît pas aussi formidable que ça, et encore ne sommes nous pas palestiniens ; pour eux, la "plus belle période de ta vie" est leur cauchemar quotidien.

Ensuite, mais tu n'as à l'évidence pas la capacité de le comprendre, tes déclarations à la radio n'ont pas fait grand' chose pour apaiser une impression déjà fort détestable : tu dis que tu leur a "servi à manger et à boire" et on dirait que tu parle d'animaux dans un zoo que tu es bien bonne de t'être occupé. C'est très bien de donner à manger et à boire, hein, moi-même je donne régulièrement sa pitance à mon chat qui est une adorable bestiole la question n'est pas là : sauf que moi, je fais une nette différence entre animaux de compagnie et êtres humains.

Mais on peut dire éventuellement à ta décharge - en insistant sur "éventuellement" parce que excuser systématiquement au vu du contexte ça va bien cinq minutes, aussi... -, que tu vis dans un société militarisée et bunkerisée ayant développé un très fort complexe de forteresse assiégée et qui du coup t'a farcie la tête d'une assez considérable masse de conneries concernant le monde en général et les palestiniens en particulier. Pour encore reprendre ton témoignage édifiant :
"J'ai été photographiée alors que j'arrivais dans ma base, on était contents, on voulait montrer des photos aux amis sur notre expérience dans l'armée" ;
Ce qui sous-entend tout simplement que ce genre de comportement est parfaitement banal est accepté et que tant que ça reste à usage privé, la hiérarchie ne trouve pas à y redire. Sauf quand ça devient public évidemment où elle se hâte de lâcher ses troufions, lesquels ne sont que des brebis galeuses isolées et en aucun cas ne seraient représentatifs du comportement de la soldatesque tsahalienne dans les territoires occupés. Nenni.

Las : la vérité semble bel et bien que pour des gens comme toi et tes semblables, il y a longtemps que les palestiniens ont perdu le statut d'êtres humains et partant, on peut à peu près en faire ce qu'on en veut. Ta sincérité bouleversante quand tu dis ne littéralement pas comprendre ce que tu as fait de mal atteste surtout un état de lavage de cerveau parfaitement au point qui conduit des gens très jeunes et très malléables à trouver parfaitement allant de soi de se comporter comme les pires salopards du moment que c'est pour la cause Sacrée du Grand Israël. Cause tellement sacrée qu'elle autorise le bombardement de populations civiles au phosphore blanc et le massacre d'humanitaires sur des bateaux. Et heureusement qu'on ne t'a pas interrogé sur ce que tu pensais de ces choses, par ailleurs, tu te serais sans aucun doute encore bien enfoncée...

À la fin, tu te met à chougner en espérant peut-être que ça te vaudra compassion - et autant te le dire franchement : non - que, je te cite encore :

«De toute façon, on trouvera toujours à redire sur Israël, nous ne sommes pas un peuple qui a beaucoup d’amis

C'est à dire qu'à force de hacher menu du civil et d'humilier des populations, vous ne faites pas tellement d'efforts, avoue le. Mais que je te rassure : certes, vous n'avez pas beaucoup d'amis mais ceux que vous avez sont plutôt charitables : 30 milliards de dollars d'aide militaire sur dix ans grâce aux États-Unis devraient vous permettre de tenir le coup. De plus, ne serait-ce qu'en France, vous pouvez compter sur le soutien indéfectible de sous-intellectuels bouffons et autres sacs à vomi néoconservateurs qui n'hésitent jamais à employer mensonges et chantages récurrents à l'antisémitisme pour appuyer la politique impérialiste de ton pays. Tu vois donc que vous n'êtes pas si isolés que ça...

Mais écoute, tu sais quoi ? Si vraiment tu es si malheureuse, pourquoi ne pas t'installer justement en France ? Il y règne grâce à son gouvernement un tel sentiment xénophobe anti-arabes que je suis bien certain que tu saura parfaitement t'y retrouver ; écoute, c'en est au point où des gens en viennent à refuser d'aider des civils pakistanais par le prétexte de la corruption de leur gouvernement, un peu comme si un séisme ravageait la France et un gros con infatué dans un autre pays pérorait qu'ils ne faut surtout pas les aider parce que leur gouvernement a été élu et que c'est bien fait pour leur gueule ;

Nul doute qu'en t'installant ici, tu te feras un tas d'amis.

mardi 17 août 2010

Pour un féminisme du XXIème siècle


Natalie Portman Rap
envoyé par fictionforfiction. - Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.

La vraie sécurité

Puisqu'on ne parle que d'insécurité et ne pouvant que constater l'effarante nullité de la gauche à ce sujet, celle-ci se contentant soit de courir après la superficialité droitière en empruntant la même démagogie, soit gueulant tout ce qu'elle sait contre le sécuritaire sans avoir rien de clair à proposer de concret à la fois pour renvoyer le gouvernement dans les cordes et tenir un discours clair sur cette question, on va se risquer sur ce terrain en se demandant simplement : qu'est-ce qu'un pouvoir de gauche vraiment de gauche pourra faire sur cette question ?

En mettant d'emblée les choses au clair : la demande de "sécurité" de tout un chacun - pouvoir vaquer à ses occupations quotidiennes sans crainte d'agression - est évidemment on ne peut plus légitime. Et qui le conteste ? Mais voir en ce moment tous les ténors de gauche constamment sur la défensive face à la charogne droitarde les accusant d'être in fine pour l'insécurité - alors que eux "agissent", c'est à dire font de grands moulinets avec les bras en parlant haut et en donnant de petits coups de menton manière de montrer qui c'est Raoul - vous a quelque chose de fondamentalement agaçant, à la fin. Est-il donc si compliqué de dire que oui, on est pour la sécurité de tous - tranchant avec la négativité du discours de droite s'affirmant contre "l'insécurité" -, mais pas comme ça, pas de cette manière et pas en construisant des boucs-émissaires.

Donc, nous avons un pouvoir de gauche aux affaires et on va voir ce qu'il a à faire ;

D'abord, pour les amateurs d'action et de gestes forts, on va commencer par cogner sur les caïds. Mais attention : tous les caïds. Puisque contrairement au pouvoir en place, il n'est pas question de stigmatiser des pans entiers de population déjà ghettoïsée pour satisfaire la couardise d'un électorat réactionnaire : il est ici question de taper lourd sur ceux qui montrent le mauvais exemple du haut en bas de la société. Ainsi, les petites merdes ultra-libérales qui jouent les Tony Montana en régnant sur leur bout de quartier s'en prendront plein la gueule et à juste titre, ô combien certes - débarrassant les habitants desdits quartiers de la trouille de vivre sous la férule d'une poignée d'irrécupérables connards ; mais tant qu'à faire dans cette optique, nulle raison évidemment que les autres délinquants, ceux d'en haut, puissent s'en tirer : de ce point de vue, les Eric Woerth & Co n'ont rien à faire en liberté et devront eux aussi, comme leurs homologues mafieux "d'en bas" répondre à quelques vigoureuses questions.
On parle beaucoup également de "déchoir de leur nationalité" les vilains qui ne se tiennent pas droit ? Appliquons cette mesure à la lettre en sommant les millionnaires exilés fiscaux de rentrer fissa payer leurs impôts dans le pays qui les a formé sous peine de connaître les joies austères du devenir apatride. Ceux-là aussi : pas de pitié. Ne serait-ce que pour voir la gueule d'Anelka obligé de rentrer en France entre un cordon de policiers, on savoure d'avance pareille image.
L'épluchage systématique des comptes de grandes entreprises et la mise en examen des dirigeants un peu flous sur leur comptabilité est également au programme mais a t-on besoin de le préciser ?

Ceci étant pour le volet "on tape" ; mais dans le même temps, on fait quoi ? On se contente de taper comme des cons de droite - qui tapent sur les mauvais, en plus - ? La question de la sécurité de chaque citoyen doit être politique et ce n'est pas en faisant un sécuritaire démagogique sans repenser d'autre manière de faire la politique qu'on arrivera à une société apaisée. Si il y a de la délinquance, ce n'est pas en vertu d'on ne sait quelle particularité génétique qui comme par hasard y prédisposerait les plus pauvres : c'est parce qu'une société ne donne pas d'autres moyens aux secteurs les plus fragilisés de la population de parvenir à une indispensable reconnaissance quand ce n'en est pas devenu une question de simple survie. Mais penser ça, réfléchir de cette manière, c'est s'intéresser aux causes, au pourquoi, au lieu d'exclusivement proposer du sécuritaire aussi débile inefficace, ce que jamais ne comprendront les gros cons de droite parce que penser au social comme matrice du comportement des individus, c'est plus compliqué que brailler dans les commentaires du Figaro.fr et c'est bien connu : réfléchir, ça fait bobo à la tête.

Proposer la "sécurité", c'est le faire dans toutes les acceptons de ce terme : c'est changer de politique au sens large et pas en se contentant de répondre à des sondages qu'on a soi-même commandés. Parce que si on est vraiment cohérent et qu'on appelle de ses voeux une vraie "sécurité", c'est avec les politiques de la trouille qu'il faut commencer par en finir : on ne peut pas prétendre est "contre l'insécurité" dans une société basée sur la peur, ce n'est même pas pensable. Peur de l'autre et du pas-comme-soi, peur de soi-même, peur de perdre son boulot et partant peur du moindre connard de chefaillon qui a peur lui-même et met une pression insupportable à ses subordonnés, peur de ne pas avoir assez pour payer le loyer et peur de ne pas avoir le dernier gadget high-tech qui vous donnera l'illusion d'être un peu quelqu'un, peur de ce qu'on voit à la télé et peur d'être rejeté parce qu'on est trop ceci et pas assez cela : peur. L'organisation systématique de la peur comme outil de domination, c'est cela qui fabrique le sentiment "d'insécurité" totale dans lequel nous pataugeons tous, pas les trois capuches malpolies dans le métro. Mais c'est plus facile de désigner trois capuches que de s'en prendre aux vrais responsables.

Et ce que pourra faire, ce que devra faire un vrai pouvoir de gauche, ce n'est pas seulement montrer ses muscles pour calmer les méchants : ce sera utiliser les mêmes moyens de communications de masse actuellement utilisés pour construire et entretenir cette peur et ces angoisses afin de les retourner et délivrer un autre message : plus celui de la trouille et du repli, plus celui de l'exploitation crapoteuse du moindre fait-divers, mais montrer qu'il est possible, viable et désirable de reconstruire une solidarité collective, d'en finir avec l'individualisme et d'épanouir une véritable reconnaissance de chacun, d'arrêter de ne montrer que ce qu'il y a de plus laid et mesquin pour faire appel à ce qu'il y a de meilleur. Parce que contrairement à ce que nous montre chaque jour la boite à cons qui ne nous dit que : vous êtes laids. Vous êtes nuls. Vous êtes petits. Vous êtes impuissants. Vous ne pouvez rien. Etc. Etc. Etc...ce meilleur existe. On le voit au quotidien dans tous les aspects de la vie, au boulot comme dans la rue. La solidarité et l'aspiration à la justice, à une vraie justice, sociale et humaine, sont là. Le boulot d'un pouvoir de gauche, et en attendant le pouvoir le boulot de tout un chacun se disant vraiment de gauche, c'est d'abord ça : faire reprendre confiance. En soi. En l'action collective. Aller au-delà de la facilité du pessimisme et de la pose cynique pour faire comprendre que la seule vraie peur qui puisse exister, c'est celle qu'on peut foutre aux dominants.

Retrouver cette confiance, la vraie sécurité commence par ça.

lundi 16 août 2010

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samedi 14 août 2010

Go ! Go ! Go !

À la niche

René Galinier, c'est ce papy ancien d'Algérie qui a tiré sur deux cambrioleuses de 15 et 16 ans, avec un fusil de chasse.
Et ça a l'air un peu tordu comme affaire.

Passons rapidement sur les soutiens politiques du Charles Bronson de l'Hérault pour davantage nous intéresser aux circonstances qui parait-il auraient légitimé ce qui ressemble très fort à des tentatives de meurtres sur personnes désarmées ; parce que même si il n'est en rien agréable de se faire cambrioler, on en est pas encore au stade où le pékin lambda peut décider de se faire justice lui-même au calibre 12. D'autant que plus l'enquête policière avance, plus ce qui nous avait été très complaisamment présenté comme un cas de légitime défense objective se rapproche de plus en plus d'une chasse au lapin d'intérieur.

Deux cambrioleuses abattues par une vieil homme qui a pris peur devant la présence d'inconnus dans sa maison ? Les gamines ont été tirées dit l'enquête "à bout touchant", c'est à dire quasi le canon de l'arme sur la personne - contrairement à ce qu'on pense en général, ça n'est pas la même chose qu'"à bout portant", qui signifie tirer de très près.
Donc, papy s'est rapproché des gamines discrètement et pour pouvoir tirer d'aussi près, il a fallu qu'il le fasse dans le dos d'au moins une.
Effectivement, c'est une conception de "se sentir menacé" un peu cavalière.

Mis surtout, la ligne de défense principale du septuagénaire étaient qu'ayant été déjà cambriolé - entre deux et trois fois selon les versions -, l'exaspération cumulée à la peur lui aurait fait commettre une geste disproportionné ; et admettons en effet qu'on puisse être légitimement agacé de se sentir comme dans une maison avec un panneau "servez-vous" sur la porte. Cet argument a d'ailleurs été surexploité dans les premiers jours par manière d'excuser papy d'y être allé un peu fort.
C'est là où on va faire un petit jeu : on va comparer des dates.

Le 11/08/2010 dans le Figaro :

"L'avocat du septuagénaire, Me Josy-Jean Bousquet, indique d'ailleurs que son client lui a affirmé avoir déjà été cambriolé il y a trois semaines environ, les malfaiteurs emmenant notamment ses décorations militaires et les bijoux de son épouse. Au parquet, on précise qu'aucune plainte n'a toutefois été déposée à la gendarmerie"

D'accord. Curieux mais d'accord.

Le 13/08/2010 dans le post, interview du même avocat ;
L'argumentaire des cambriolages à répétition a purement et simplement disparu.

Or, pour faire sangloter Margot dans un prétoire, mettre en avant que papy en avait tellement marre de se faire tirer ses petites affaires chez lui qu'il a un peu pété les plombs mettez vous à sa place, sans avoir besoin d'être juriste, c'est pain béni, a priori.
À moins que papy René n'ait raconté des fariboles aux gendarmes dans un premier temps pour tenter de justifier son geste ; et qu'il semble bien maintenant, l'enquête se précisant, qu'en fait il n'avait jamais été cambriolé avant.

Alors certes, farfouiller dans les affaires des vieux sans leur consentement, ce n'est pas très gentil.
Mériter la mort pour ça ?
"Mais bien sûr !", mugit la foule des abrutis et autres commentateurs de Causeur, le cerveau lavé à l'eau de javel sarkozopénique, et qui rêve de revenir dans des temps plus rudes où on pouvait lyncher pépère qui on voulait sans être embêté par toutes ces histoires, et ce fait divers d'encore faire débonder des égouts qui n'en peuvent plus. France de la peur, France rance qui ne pense plus et hurle sans réfléchir, France qui sent mauvais grâce à notre droite de charognards qui n'a plus que la peur pour se maintenir en place. La peur et toujours la peur et encore la peur, nation de pleutres scotchés à leurs écrans qui ne leur présentent que des apocalypses pour générer de l'audience.
Et c'est cette France pourrie qui s'exprime en ce moment.

Il ne faut pas discuter avec ces gens, ça ne sert à rien. On ne tape pas la causette avec des chiens enragés : on leur donne des coups de pieds pour qu'ils rentrent à la niche en gémissant.


vendredi 13 août 2010

Dream is collapsing


"Environ 30.000 personnes pressées les unes contre les autres, les bras tendus vers quelques policiers distribuant des feuilles, dans une atmosphère électrique… C'est ce qui s'est passé mercredi à East Point, une ville de 40.000 habitants, près d'Atlanta, en Géorgie, où le taux de chômage s'élève à 10,8%, soit 1,3 point de plus que la moyenne américaine. Sur ces feuilles de papier convoitées, un formulaire à remplir, pour espérer obtenir un jour un logement social"


C'est un peu fascinant, de voir une future ex-puissance en train de s'effondrer lentement.
Oh bien sûr, c'est encore et pour quelques années la première machine économico-militaire et partant, puisque c'est intimement lié, la plus productive des usines à culture de masse dans une échelle inégalée ; mais les signes d'une inéluctable déliquescence s'accumulent et le rêve est en train de s'écrouler, petits morceaux par petits morceaux. Des brèches apparaissent, de plus en plus grosses et personne d'un peu raisonnable ne peut croire Obama quand il déclare - l'air pas vraiment convaincu lui-même - que le plus gros de la crise est derrière nous.

+ 30 % de sans-abris en plus
+ 9,5 % de chômeurs
41 millions de personnes dépendantes des coupons d'alimentation
33 millions sans assurance santé

Quant à ceux qui "s'en sortent" et dont on nous présente quelques spécimens dans les films et séries, il est toujours omis de préciser que ce train de vie à deux voitures et trois télés se paie avec des journées de 12 heures. Au fait, ils ne sont jamais propriétaires de leur jolie baraque : Ils ont un prêt à rembourser. Ils ont toujours des prêts ("loans"). Sur tout. Tout au long de leur vie. Ils ont donc sacrément intérêt à bosser sans rouspéter pour essayer de rembourser ; "essayer" : ils n'y parviennent pas toujours.

Oh, bien sûr, nos mais américains peuvent toujours "rebondir". Le peuple américain, son optimisme débordant, son énergie enthousiaste, blablabla. Et puis si vraiment il n y a plus d'autres moyens, une bonne guerre pour relancer la machine, comme c'est l'usage. Sauf que le rêve américain, même les américain commencent à ne plus y croire.

De ce côté de l'Atlantique, on regarde le désastre en se demandant quand - ce n'est qu'une question de temps -, quand est-ce que ça va nous arriver, à force d'obéir à des imbéciles irresponsables.

Découvrez la playlist CSP vous aime avec Hans Zimmer

jeudi 12 août 2010

Interro surprise

(Par Saens)

Interro surprise !

Bon ! Voilà ce que je trouve sur les murs d'une ville du Sud-Ouest : « Gloire au camarade Staline». Les artistes auteurs de cette... euh opinion se revendiquent communistes, veulent améliorer le sort des travailleurs, abolir cette société inégalitaire, soit ! Et donc « Gloire au gros moustachu» ?
Puisque c'est comme çà, prenez une feuille, un stylo et mettez vous un par table : interro surprise !

Annonce du plan : 1 étude de cas; 2 questions.

1) Soit – prenons au hasard – une jeune femme charmante, que nous appellerons Mélanie Mameuf. Début de trentaine, maman solo, ouvrière dans une boulangerie industrielle. Avec un contrat de trente heures, elle se lève à 4h45 pour embaucher à 6h. Termine à 11, reprend à 14 pour finir à 17h30. Elle récupère ensuite ses trois enfants dont elle s'occupe amoureusement jusqu'à 21h, heure du coucher. Elle travaille aussi un week-end sur deux.

2) Première question : Quand est-ce que Mme Mélanie Mameuf peut prendre le temps de s'informer, de prendre connaissance des questions politiques d'actualités ?

Deuxième question : en partant au travail le matin, Carine Mameuf découvre le tag '' Gloire aux camarade Staline''. Comment ce message révolutionnaire va-t-il lui faire prendre conscience des rapports de classe et va compenser son déficit éventuel d'informations ?

1 bis Soit toujours Mme Mameuf qui, lors d'un marché, rencontre un jeune et beau militant ( du NPA, de LO, de Sud, de la CGT, je vous laisse le choix... vous pouvez aussi choisir PCF mais enlevez alors l'adjectif jeune). Celui-ci est fort sympathique, s'exprime bien, avec un peu d'humour et a des yeux à faire tomber... bref Mélanie Mameuf s'attarde pour l'écouter. Lui présentant un tract, il lui explique qu'à quelques kilomètres de là des ouvrières ont réussi à imposer une autre grille d'emploi du temps après une grève de deux jours, qu'ailleurs des salariés ont obtenu le paiement d'heures supplémentaires en allant aux prud'hommes...
De retour sur son lieu de travail, M. Mameuf raconte sa discussion à ses collègues.. Surgit alors l'individu suivant ( cochez une ou plusieurs cases) : a) son patron b) le délégué cfdt c) un adhérent P''S'' d) un sympathisant sarkoziste. Celui-ci lui répond gentillement mais fermement « Il est bien gentil ton bonhomme du marché, mais c'est un gauchiste, ce sont les mêmes qui ont écrit ''Gloire à Staline'' sur le mur là-bas. Renseigne-toi sur qui était staline, tu verras qui sont vraiment ces gens... ».

2 bis Première question : quel pourcentage de risque y a t-il que notre charmant objet d'étude laisse tomber tout intérêt pour les questions politiques ?
Deuxième questions : en combien de temps le militant sus-cité videra la bombe de peinture dans la gorge de l'auteur de cet indispensable slogan vintage ?
Je ramasse les copies dans 10 minutes, ceux qui n'auront pas la moyenne seront privés d'internet pendant une semaine.


Ils souffrent trop

mercredi 11 août 2010

Ce sont les mêmes

Le fascisme ? Non. On est pas sous le fascisme puisque politiquement parlant, le fascisme est un objet politique très particulier qui ne s'inscrit que dans des contextes et des pratiques précises, et c'est pour ça qu'il est quelque peu exagéré, pour le moins de parler sans arrêt en ce moment de "fascisme" et d'invoquer à tout bout de champs "lézeurleplussombretc" ; d'ailleurs, si on était véritablement sous le fascisme, on ne pourrit pas le dire, tout simplement.

Mais nul besoin d'être sous régime fasciste pour voir la saloperie proliférer et puisque les référents aux zeurléplusombretc se multiplient, on peut avancer, et désormais sans trop de risques, une hypothèse de politique fiction à rebours qui fait se demander : pendant ces heures en effet si sombres, il y a de cela quelques décennies, quel aurait été le comportement de bien de ces décomplexés ?
Parce qu'on a de plus en plus de mal à les imaginer en résistants de la première heure, pour le moins. Mais nul besoin pour autant de tous les projeter en chemises noires et bras tendus, même si certains d'entre eux y aspirent plus ou moins secrètement ; nul besoin d'être un fasciste labellisé comme tel avec toute la panoplie d'un certain folklore qui de toute façon a définitivement disparu : on peut très bien se contenter d'être une ordure"normale"et d'acquiescer plus ou moins bruyamment à la saloperie que d'autres font à votre place. C'est ce qui s'est passé sous l'occupation, où quand une poignée d'excités s'étaient enthousiasmés à tue-tête pour le charme viril des beaux uniformes allemands, une plus grande proportion s'était elle contenté d'approuver silencieusement, et pour certains d'entre eux poussaient même la pudeur à dénoncer anonymement. C'est ce soubassement d'une certaine catégorie de population qui permet à un régime, si inique et injuste soit-il, de pouvoir faire illusion, c'est un "état d'esprit", si on veut, qui fait se lancer dans une collaboration plu sou moins ouverte. Et cet état d'esprit, en revanche, est aujourd'hui bien solidement implanté dans bien des têtes.

La bourgeoisie, en tout temps et en tout lieu a toujours soutenu les régimes les plus autoritaires du moment que ça lui permettait de continuer d'exercer sa domination ; elle n'a jamais hésité à préférer jusqu'au véritable fascisme pour préserver ses intérêts et sera de la même façon déterminée au pire pour juguler la colère pour le moment froide des gueux mais dont elle a très peur qu'elle ne se réchauffe jusqu'à son point d'incandescence. Manipuler l'insécurité des pauvres pour l'instrumentaliser et créer des boucs-émissaires pour tenter de faire oublier ses turpitudes et son arrogance est un procédé classique et a pris en prend toujours diverses formes : du soutien de petits groupes fascisants pour provoquer le désordre jusqu'à de massives campagnes de désinformation contre "l'ennemi intérieur" - notion évolutive selon l'époque -, la bourgeoisie ne raisonne qu'en terme de préservation de ses prébendes et privilèges ; c'est pourquoi elle a joyeusement collaboré à l'époque et nul doute que si exactement la même situation se présentait, elle le ferait à nouveau.

Quant à cette frange de cette classe qu'est le patronat, il n'est même pas besoin de se poser la question : son soutien à l'occupant et au gouvernement de la vieille baderne galonnée fut d'un enthousiasme sans bornes. La haine de classe ressentie pour le prolo est telle dans ces milieux, alliée au fait que la démocratie comme régime politique n'est pas assez compatible avec les exigences d'une caste qui rêve à voix plus ou moins haute d'esclaves à peine salariés, que la collaboration et avec elle la disparition pure et simple de tout embryon de revendication sociale fut accueillie avec une joie sans bornes. Penser que notre MEDEF d'aujourd'hui, qui se pare des couleurs si chatoyantes d'une "démocratie d'entreprise" dont on ne voit pas très bien à quoi elle correspond vraiment - le monde du travail tel qu'existant étant la parfaite antithèse de toute forme de démocratie - se mettrait tout soudain à se cabrer à la perspective d'un régime politique très autoritaire, c'est juste plaisant à imaginer ; mais ça ne correspondrait pas à ce qu'ils feraient.

Mais ça, c'est la couche "supérieure" de la vilenie, celle qui raisonne et sait être pragmatique. Qui s'adapte, en quelque sorte, et pousse la cohérence de ses intérêts dans sa propre logique. Le racisme et la xénophobie ne sont éventuellement qu'un plus, ce qui permet de franchir le pas pour le justifier.
En revanche, elle ne pourrait rien faire sans pans entiers de la population vraiment gagnés par la xénophobie et qui seront les soutiens manipulés et sincères dans leur racisme de ses objectifs à elle ; d'où la nécessité d'organiser et d'encourager, plus ou moins selon les moments et les besoins, de bonnes grosses stigmatisations de masse qui détourneront les têtes des vrais problèmes et trouveront des coupables simplistes aux angoisses légitimes. Une fois complètement pétris de la conviction que c'est "l'autre" qui est responsable, et s'en faisant l'écho enragé jusqu'au délire paranoïaque par tous les moyens possibles et existants, cette frange de la population entrera dans un véritable militantisme au quotidien pour colporter la parole d'exclusion. C'est ce qui s'est passé à une époque, et toute proportions gardées c'est ce qui continue d'être. Et dans certains contextes, ces gens collaborent, tout simplement.

L'exemple le plus saillant qui vient à l'esprit est bien évidemment le nid de cas cliniques qu'est Riposte Laïque, qui en ce moment, aiguillonnés et encouragés par les déclarations volontairement incendiaires des gouvernants, perd de plus en plus tout sens de la mesure et s'ébroue dans ce qui n'est rien moins que du délire au sens psychiatrique du terme : allez lire les éditoriaux récents et vous verrez que ces gens n'ont plus de liens avec le réel, trop occupés qu'ils sont à entretenir leur hystérie.
Voir pareils excités se parer du noble titre de "résistants" est alors d'une ironie sinistre : remplacez la référence obsessionnelle qui est la leur à une certaine religion par un autre monothéisme, et vous aurez le parfait décalque de publications d'un autre âge. La même hystérie, le même complotisme, la même peur panique et irrationalisme : la même chose, tout simplement. Ils auraient "résisté", eux ? Allons donc : ils auraient fustigé les vrais résistants comme autant de terroristes et d'ennemis à la solde de "l'autre".

Quant à cette poubelle virtuelle qu'est la kévinosphère, qui pourra croire que derrière les poses de matamores, les criailleries d'éditorialistes en roue libre, les commentateurs de blogs à QI de chèvres et les crises de nerfs à répétition de petits bourgeois frustrés et autres gorets à forte alcoolémie, qui pourrait penser qu'on aurait pu recruter des Jean Moulin dans ce cloaque de pétochards amoureux de tous les pouvoirs quels qu'ils soient ? Ils ne demandent qu'à ramper devant des Maîtres suffisamment forts pour les fasciner et qui combleront leur fascination maladive pour la Force et leur sens étriqué d'un "esthétisme" en carton qui comblera le vide de leurs vies inutiles et débiles.

On est pas sous le "fascisme", non plus que dans lézeurlesplusombretc. On est sous un pouvoir libéral-sécuritaire qui vient de franchir un cap dans l'espoir que ça le maintiendra aux affaires et qui hésitera de moins en moins à faire les yeux doux à un authentique fascisme pour peu qu'il se soit teint en blonde.
Mais les petits soutiers anonymes d'un véritable talon de fer, les petites mains de la saloperie qui se drapent dans des Valeurs et ne reculent jamais devant aucune bassesse, eux sont déjà là.

Parce que fondamentalement, ce sont les mêmes. Ce sont toujours les mêmes.

mardi 10 août 2010

Hystériques des déficits

On connait déjà cette sous-espèce de droitard obnubilé par les déficits puisque ça fait une trentaine d'années qu'on les subit dans tous les médias imaginables. Et c'est pénible.
Il faut quand même en regarder un de plus près de temps en temps, même si c'est spectacle fort peu ragoûtant - l'hystérique du déficit est au mieux ennuyeux puisque radotant la même antienne comme un tourne-disque détraqué, au pire peut provoquer des envies de lui faire tester des bricolages rigolos à bases de lames de rasoir rouillées, comme dans Saw, voyez ? Mais il faut parfois se faire violence et surmonter son légitime dégoût ; et puis ça tombe bien, y en a un et un beau qui fait la une de Libé.


Philippe Dessertine, à l'instar de la quasi-totalité des ultra-libéraux pourfendeurs des déficits publics et contempteurs de la fonction publique est donc...prof d'université, miam miam mon salaire de fonctionnaire qui me permet de cracher sur les autres fonctionnaires, il est également vice-président du Cercle Turgot, officine héyékienne qui fait passer Alain Madelin pour un cheminot de SUD-Rail, et c'est à ce genre d'énergumène qu'on demande son avis sur le monde tel qu'il va mal. Mais aussi, vu que Frédéric Lordon refuse obstinément de passer dans les médias bourgeois, on peut supposer que le journaleux de Libé est obligé de faire avec ceux qui n'ont pas ces délicats scrupules, n'est-il pas. Aubaine : les libéraux n'en ont aucun. De scrupules. Eux. Ce qui pourrait expliquer pourquoi ils sont au pouvoir et pas nous ? Sans doute pas que, mais ça doit y contribuer.


"Pour sortir de la crise, repenser notre mode de vie et notre consommation".

Ne fuyez pas : nul manifeste de décroissant enragé ici. Il est dès le départ bien entendu qu'on parle bel et bien d'accepter du gros plan de rigueur sans rouspéter puisque cette crise, cette fameuse crise, vous pensiez que c'était à causes de banques par trop gourmandes et de comportements de financiers un rien irresponsables ? Andouilles ! c'était en fait à cause de vous, tas de gueux capricieux que vous êtes :

"Il y a beaucoup de bouc-émissaires dans cette crise, la "finance folle" au premier plan, les banques, les agences de notation. Et pourtant, c'est une illusion collective voire un
mensonge. On s'attaque aux instruments et non aux raisons sous-jacentes"

C'est vrai que bon, admettons que tous les braves gens concernés ci-dessus n'ont pas été complètement raisonnables. Voui. Voilà, c'est fait et bien fait mais à présent il faudrait s'attaquer aux vrais responsables, non ?

"Il faut donc affronter la responsabilité collective des pays riches, celle des États
mais aussi celle des citoyens. Nous sommes tous responsables à l'exception des classes pauvres qui n'ont pas ou peu accès à la (sur)consommation. C'est notre mode de consommation, excédant nos moyens, qui est en cause avant tout ainsi que nos exigences surdimensionnées vis-à-vis de l'État. Il est d'ailleurs à noter que les populations des pays émergents ne mettent pas la crise sur le dos des banquiers américains mais sur celui de l'égoïsme occide
ntal. Les politiques ont été dans la facilité, encouragés en cela par les électeurs. Et pourtant, les opinions sont plus adultes qu'on ne le pense et sentent bien l'aberration du système. Le discours politique doit entrer dans une ère de vérité et de langage adulte vis-à-vis des citoyens"

Les politiques ont été très vilains. Les États aussi ont été très très vilains mais les États sont toujours très très vilains. Toujours. Mais ceux qui ont été vraiment mais alors vraiment très vilains, c'est les citoyens. Les gens. Vous quoi. Moi aussi d'ailleurs au passage mais à l'évidence bien moins que vous : parce que là, franchement, provoquer comme ça l'effondrement de l'économie mondiale, vous n'avez pas honte ? Et tout ça au prétexte de payer les traites de la Peugeot 207 qui vous sert pour aller au boulot ? Mais c'est quoi ces comportements complètement égoïstes, à la fin ? Vous savez quoi ? Vous êtes que des irresponsables, voilà. Et les plans de redressement du FMI qui vont vous tomber dessus dans pas longtemps, si on y pense, ben ça vous fera le plus grand bien. Vous finirez par comprendre qu'en fait et même si ça a l'air un peu rude, Vous finirez par les remercier. Si vous survivez, s'entend.

Inutile de se demander si notre libéral du jour se paie notre tête :il est complètement sincère et pense chaque virgule de ce qu'il assène. De ce point de vue, on peut par curiosité parcourir le reste de l'interview mais autant vous prévenir : vous n'y apprendrez rien que vous ne sachiez que trop bien. De toute façon, quelqu'un qui est capable de citer Jean-Claude trichet dans le texte sans éclater de rire est-il digne d'intérêt en soi ? Vous voyez bien. Sinon une phrase, une seule, qu'il faudrait apprendre par coeur tant elle résume tout l'état d'esprit non seulement de l'interviewé mais plus largement comment ça se passe dans la tête des gens qui décident pour nous ce qui est bien...pour eux :

"Les population occidentales ont créé la crise, elles doivent repenser leur mode de vie pour en sortir"

Apprenez cette phrase par coeur. Repensez-y. Laissez parvenir l'idée qui y est sous-jacente à maturité.
Réfléchissez bien aux personnes qui les pensent et demandez-vous qui ils sont. Ensuite, demandez vous de quelle manière on va donc pouvoir les mettre à la raison.
Et tirez en les conclusions qui s'imposent.

Ce qui n'empêche nullement au passage d'imaginer se faire un peu plaisir en passant.


lundi 9 août 2010

DJ vieux con est dans la place !

ACHTUNG ! Vous êtes sur le point de voie le dernier clip du chanteur préféré des étudiants d'école de commerce ; je décline d'avance toute responsabilité.


(Les paroles : lourd inside)

Dans un voyage en absurdie
Que je fais lorsque je m’ennuie,
J’ai imaginé sans complexe
Qu’un matin je changeais de sexe,
Que je vivais l’étrange drame
D’être une femme, D’être une femme.

REFRAIN
Femme etre une femme

Depuis les années 80,
Les femmes sont des hommes à temps plein
Finis les revendications
C’qu’elles ont voulu maintenant elles l’ont
ce sont toutes des femmes accomplies
Sans vraiment besoin d’un mari
Femme capitaine de société
Elles ont d’autres chats à fouetter
de conseils d’administration
de longs diners en réunion
passer en coup de vent chez le coiffeur
se maquiller dans l’ascenceur
elles rentrent épuisées tous les soirs
la télé elles veulent plus la voir
à peine la couv’ d’un magazine
et un cachet qui les assassine

REFRAIN

Quand a l’amour elles n’y pensent plus
Juste un amant qu’elle revoit plus
d’ailleurs c’est un acte manqué
quand leurs portables se mettent à vibrer
pour la nostalgie d’autrefois
faudrait du temps elles n’en ont pas
elles y reviendront évidemment
avec le premier cheveux blanc
quand tant d’années se sont écoulées
ont-elles perdu ce qu’elles ont gagné
Elles étaient femme en 80
et femmes jusqu’au bout des seins
Question salaire ca ne va pas mieux
Celui d’un homme coupé en deux
On les enfume de parité
mais qui promet l’égalité

REFRAIN

Ce sait que beaucoup en ont marre
et s’il n’est pas encore trop tard
il suffit de r’trouver l’adresse
du type gaché dans leur jeunesse
un homme gentil qu’elles ont laissé
au bord des occasions manquées
refaire sa vie et pourquoi pas
être une belle à la fois
l’amour d’automne c’est encore mieux
laisser un homme faire ce qu’il veut
et puis s’endormir contre lui
jeter les dossiers aux orties
Se dire qu’au fond ce sont les femmes
Et mon dieu ce n’est pas se plaindre
Femme de n’importe quelles années
Femme pour aimer se faire aimer

REFRAIN

Oui, je sais. Le choc. Moi aussi il m'a fallu un peu de temps pour m'en remettre. Et même encore, je fais attention en revoyant la chose, tellement c'est vraiment trop prOn quelque part.
Et encore, on a évité le drame : genre papy Sardou se lance dans un breakdancing enragé pour enflammer le dancefloor mais son médecin lui a expliqué qu'il allait se démettre les cervicales si il osait.

Au delà de l'aspect formel d'un extrême ridicule qui bouscule tout ce qu'on pensait savoir sur le mauvais goût - excepté la créature de laboratoire héroïne de la chose, assez sublime il faut en convenir puisque une sorte de mix entre Milla Jovovich et Megan Fox sans l'air de Barbie salope -, il faut se pencher sur le gros morceau : les paroles. Mais à ce point de ringardise réactionnaire, est-il encore besoin de commenter ? Bon, si un petit peu quand même, et se foutre de la gueule d'un con de droite n'est jamais inutile. Non, jamais. Mais bon, on ne fera pas tout ligne à ligne non plus, restons raisonnables.

"Finis les revendications
C’qu’elles ont voulu maintenant elles l’ont"

Foin de ces piaulements féministes aussi archaïques qu'une grève de cheminots : elles ont non seulement tout ce qu'elles voulaient mais plus encore, de quoi se plaignent-elles à la fin ? J'en parlais l'autre jour à la caissière de mon supermarché, qui me disait elle-même qu'elle n'en pouvait plus de tant d'émancipation.

"Sans vraiment besoin d’un mari
Femme capitaine de société"

Ici, la forme rejoint le fond dans un éblouissant exercice de style : dans le clip, Megan Milla - on l'appellera comme ça pour des raisons de commodité - est cadre ultra-sup et fait trembler les hommes. Double fantasme, donc : politique de la femme phallique dominatrice qui écrase le col blanc castré qui va s'en consolera en lisant Houellebecq, sexuel de la supérieure hiérarchique bitch - puisque portant talons des 12 centimètres et bas - qu'on rêve de pilonner en levrette sur la photocopieuse puisqu'on sait bien qu'elle n'attend que ça cette chienne.

Ce qui ne l'empêche pas de rentrer épuisée chez elle, seule, puisque allez, derrière cette façade glaciale, on sait tous bien qu'il y a un petit coeur qui bat et qui soupire après une présence masculine. Une vraie.

Toutefois, s'insère une dimension de revendication sociale assez surprenante chez notre chanteur de droite :

"Question salaire ca ne va pas mieux
Celui d’un homme coupé en deux
On les enfume de parité
mais qui promet l’égalité"

Fort heureusement, il ne faut voir là que parfaite démagogie, puisque si il y a bien des gens qui n'en ont rien à foutre de l'égalité sous toutes ses formes, c'est bien la droite.

Mais tout est bien qui finit bien, puisque Milla Megan retrouve un amour de jeunesse qui lui ouvre la porte un peu surpris - pas de nouvelles depuis 10 ans, on le serait à moins - mais bon, comme elle est là pour refaire sa vie avec lui, on ne va pas chipoter. Et puis se taper de la bombasse qui vous débarque dessus en sonnant à la porte, on aurait tort de faire le difficile, allons.
Là, comblée, repue, heureuse enfin, elle peut se laisser aller à son bonheur et décide dans la foulée de lui faire trois enfants qu'elle élèvera en attendant le retour de son glorieux mari qui ira travailler dehors. La vrai vie, quoi. Megan Milla a enfin compris où était sa vraie place et laisse les choses ennuyeuses à ces hommes qui savent si bien faire tous ces trucs puisqu'elle peut enfin :

"jeter les dossiers aux orties"

Même si pour nombres de femmes dans la vraie vie, jeter aux orties des dossiers de surendettement n'est pas bien raisonnable mais ce bon Michel ne fréquente peut-être pas ce genre de personne.

Antiféminisme maquillé en démagogie, fantasmes de mauvais porno et bonnes grosses considérations bien réacs sur ces pauvres femmes qui étaient bien mieux là où elles étaient avant : pas de doute, c'est bien de droite.