Si seulement. Si seulement on pouvait penser, on pouvait espérer que ce énième massacre perpétré par l'armée israélienne soit enfin cette goutte d'eau qui fasse déborder les vases de toutes les hypocrisies internationales et que cet État soit enfin vu pour ce qu'il est : un impérialisme sanglant qui ne recule devant rien, jamais, pour imposer par la force ses menées colonialistes. Devant rien et même pas assassiner des civils dont certains étrangers, dans une opération commando planifiée de toutes façons pour frapper les esprits et inspirer la crainte et la terreur. De ce point de vue, qu'est-ce qui différencie Israël de la Russie de Poutine qui hachait du Tchétchène sous les murmures vaguement réprobateurs de cette "communauté internationale" dont on se demande ce qu'elle représente finalement, pour tant et toujours se presser à ne jamais rien faire ?
Provocation meurtrière, bavure plus ou moins délibérée, escalade accidentelle, on ne sait trop encore ; mais ce qui reste, ce qui restera, c'est qu'une soldatesque a commis des crimes, qu'ils ont ce faisant obéi à des ordres de leurs supérieurs qui ont eux-mêmes obéi aux ordres de civils du gouvernement et qu'à moins que ce carnage n'oblige à prendre - enfin ! - des sanctions contre l'État israélien, parce que 19 morts ça fait une grosse tache de sang qui se voit de loin, il faudra attendre longtemps avant que les vrais coupables ne soient traduits en justice devant une cour pénale internationale. Chose qu'on aurait certainement d'ailleurs pas vue si l'Iran avait seulement fait mine d'utiliser des pistolets à bouchons contre des ressortissants étrangers. Mais il y'a un deux poids deux mesures dès qu'il s'agit des crimes de Tashal : les mêmes atrocités commises par n'importe quelle autre armée seraient immédiatement traduites en actes de réprobation, mêmes symbolique. Tsahal peut tuer en toute impunité, et elle le sait.
Elle le sait d'autant mieux qu'elle peut compter non seulement sur la timidité cauteleuse des gouvernement occidentaux - les déclarations de Frédéric Lefebvre illustrant toute l'hypocrite obscénité de notre droite - mais sur le soutien indéfectible d'intellectuels vendus dont la tâche est de systématiquement lancer l'accusation infamante parmi toutes d'antisémitisme dès que s'amorce une critiquette de la politique israélienne dans les territoires occupés. Depuis des années, on ne voit que personnages drapés dans leur feinte indignation et qui n'hésitent jamais à diffamer tous ceux qui s'opposent à ces politiques d'apartheid : antisémite ! Et ils savent, ils savent parfaitement bien que cette accusation est fausse, et il n'en ont cure : leur but est de salir, de salir durablement pour que les traces, pour que le soupçon reste et qu'il ne parte plus. Sur ce coup là, que vont-ils dont inventer pour justifier l'injustifiable ? Soyons certains dès à présent qu'on trouvera fort opportunément des armes planquées dans les bateaux, de ces armes tellement bien cachées que même ceux qui les convoyaient ignoraient leur présence jusqu'alors.
Mais on ne voudrait pas clore cette récitation de la pourriture sans avoir une certaine pensée pour les Guy Millière, les Drzz et tous les sac à merde libertariens, tous pro-sionistes par démence paranoïaque islamophobe, les mêmes qui faisaient semblant de pleurer à chaudes larmes sur trois employés de banque grecs dont ils n'avaient en réalité strictement rien à foutre et qui trouveront de quoi justifier ce massacre parce que celui-ci s'inscrit parfaitement bien dans leur nature profonde d'étrons issus directement du trou du cul de Milton Friedman : quelque est-il plus répugnant et veule et misérable et indigne de tout respect qu'un libertarien ? Non. Définitivement non.
Au moins les bouchers peuvent-ils se dire parfois qu'ils font acte de guerre et par là prennent un minimum de risques ; leurs complices se contentent d'être des faibles et des lâches fascinés par cette Force qui les venge de leurs sous-existences de cancrelats.

