vendredi 30 avril 2010

Shitstorm

"En compétition au Festival de Cannes du 12 au 23 mai, Hors-la-loi revient sur le massacre de Sétif, commis en Algérie française en mai 1945. Un film «anti-Français», s'insurge d'ores et déjà un député UMP (...) un comité proche de l'extrême-droite, intitulé «Pour la vérité historique - Cannes 2010», a aussitôt embrayé sur la polémique en menaçant sur un site Internet proche du Front national de mener des actions spectaculaires contre le film durant le Festival de Cannes".

(source)

"les intellectuels gauchistes et bien pensants ont de quoi se réjouir"

"Chacun chez soi, S'ils détestent la France, l'Algérie leur est grande ouverte"

"Les films politiques sont toujours des films de gauche ou d'extreme gauche. J'attends un film engagé a droite ou a l'extreme droite"

"ne pas aller voir ce film est un acte patriotique"

"Il y en a assez que cela soit toujours les mêmes qui mettent le bazar dans notre belle FRANCE !!!"

"un jour vous vous réveillerez avec une bonne guerre civile"

"Il faut interdire tout simplement la diffusion de ce film"

"On leur donne notre argent à un réalisateur algérien pour qu'il fasse un film anti-Français !"

"la France n'a pas à se repentir de quoi que ce soit sur la guerre d'Algérie"

"Encore une fois, il n'y a que l'extreme droite pour défendre la France"

"Quand est ce qu'un politicien digne de ce nom se levera pour interdire ce genre de film"

"Que tous ces algériens retournent dans leur bled et que les français se retrouvent enfin entre français"

"Le pire est que ce genre de film est sans doute en partie financé par de l'argent publique !"

"Enfin, les Français relèvent la tête et n'acceptent plus qu'on leur crache dessus"

"On a compris, qu'au XXI siècle, il n'y a qu'un seul coupable, l'homme blanc !"

"Si certains ont fait un film anti-français, peut-on faire un film anti-algérien?"

"Ce film antifrançais ne peut qu'alimenter les theses du front national et les sentiments anti-islamistes de tout citoyen français qui se respecte"

"Pourquoi tous ces gens qui haïssent tant la France, viennent-ils y vivre en masse ?"

"toujours les mêmes pleurnicheurs gaucho qui essayent de détruire la france"

"Je soutiens TOTALEMENT les activistes qui vont faire entendre leurs protestations contre les collabos anti-Français de Cannes!"

Le film en question n'ayant été vu par personne et même pas l'umpiste qui couine à l'Anti-France, on en appréciera que davantage le pavlovisme bavant du lectorat du Figaro.

jeudi 29 avril 2010

En passant

CSP se doit de rappeler en passant à ces lecteurs que l'extrême-droite, en apparence c'est ceci :


Et qu'en réalité, c'est cela.


Mon lectorat aura rectifié de lui même.

Les choses à l'endroit

C'est avec un malaise allant crescendo qu'on visionne l'émission Les inflitrés de lundi dernier, puisque ces derniers ont réussis à d'introduire dans un petit groupe de musulmans intégristes afin de voir ce qui s'y passe et ce qui s'y dit, et la chose fait franchement froid dans le dos.
Résultat d'une scission majeure dans L'Islam datant des années soixante, quand un imam avait souhaité ouvrir le dogme vers le monde extérieur et installer le dialogue avec les autres religions monothéistes, ces musulmans intégristes ont refusé catégoriquement l'ouverture proposée jusqu'à quitter le giron de l'Islam officiel et se constituer en groupes défendant selon un "vrai" et "pur" Islam afin de lutter contre la décadence morale des sociétés démocratiques.

(On se souvient notamment que ces groupes de musulmans intégristes s'étaient fait une spécialité à une époque de bloquer les entrées des cliniques pratiquant l'avortement, parfois en s'y enchaînant, ce qui pour l'anecdote permettait à des trotskystes chauves de leur mettre des baffes tranquillement ; mais ne nous égarons pas)

On découvre qu'existe donc à Bordeaux une petite communauté de croyants musulmans dont le but avoué - en privé toujours, ces gens sont notoirement d'une fourberie rare - est de chercher à renverser la démocratie pour installer un pouvoir politico-théologique. On pourrait ricaner devant des prétentions aussi disproportionnées eu égard à l'importance réelle de ce genre de groupe, qui plus est probablement surveillés scrupuleusement par les Renseignements Généraux, mais pour ultra-minoritaires qu'ils puissent être, ces musulmans intégristes n'en tiennent pas moins un discours d'une telle violence qu'elle en est dérangeante : exprimant systématiquement un racisme anti-blanc d'une rare virulence, exécrant tout ce qui ne leur ressemble pas - c'est-à-dire tout de même beaucoup de monde...-, envisageant de recourir à la violence armée et se vantant pour certains de trouver parfaitement normal l'action de tuer des Blancs et des non-musulmans décadents, on retiendra surtout la phrase d'un jeune croyant disant sa claire conviction que quand sera venu le moment, il faudra tuer d'abord les femmes...

Le pire étant tout de même le moment où le journaliste pénètre dans une école coranique et parle avec de jeunes élèves qui lui sortent un discours halluciné : se prenant pour des djihadistes de choc, exprimant une haine radicale des Juifs, des noirs, des arabes, des homosexuels etc., des gamins à la cervelle complètement bouffée par des parents déconnectés de la réalité par leur fanatisme religieux sont bel et bien la preuve que ces groupes de musulmans sont d'une grave nocivité pour ceux qui tombent sous leur giron.

Il faut ici souligner une certaine dangerosité, ne serait-ce que potentielle, des ces groupes de musulmans traditionalistes qui s'auto-excitent en attendant une "Croisade" purificatrice et une nouvelle guerre de religion ; et on ne manquera pas de souligner la différence qui existe avec des catholiques blancs bien de chez nous, qui eux ne souhaitent qu'une chose, c'est vivre leur religion en paix et qu'on leur foute la paix. Où voit-on que de braves et bons catholiques construisent des parcours du combattant et s'adonnent à des entraînement para-militaires ? Où entend t-on des catholiques organisés exprimer leur profonde haine de la démocratie et envisager le meurtre de femmes arabes ? Où voit-on des catholiques fantasmer à voix haute sur des armes à feu et désirer s'en servir pour tirer sur des Noirs ? Contrairement à ce qu'exprime quotidiennement des cohortes d'auto-proclamés "cathophobes", ce genre de chose n'existe tout simplement pas sinon dans les cervelles en furie de fabricants de bouc-emissaires et autres prêcheuses de discorde en robe à pois. Car même si il est nécessaire des distinguer cette poignée d 'islamistes intégristes des autres musulmans qui assurément ne peuvent voir ces hurluberlus que comme des furieux n'ayant aucun rapport avec la foi qu'ils vivent au quotidien, n'empêche : alors qu'on en finit pas de nous bassiner à longueur de temps avec l'invasion catholique qui va déstabiliser l'Occident, on se rend compte que les plus toxiques ne sont pas ceux qu'on désigne à la vindicte.

Gageons d'ailleurs que si le reportage avait porté sur une groupes de catholiques fanatisés jusqu'à la débilité mentale, l'affaire aurait immédiatement été reprise par un gouvernement ne manquant jamais d'instrumentaliser la cathophobie afin de racoler les électeurs des quartiers.

De ce point de vue, et même si il peut y avoir débat sur l'aspect sournois de la caméra cachée, ce reportage aura eu le mérite de montrer que les plus nuisibles ne sont pas ceux que certains fantasment.

Edit : après renseignements, il faut également souligner le caractère particulièrement complaisant du maire de Bordeaux Alain Juppé, qui a autorisé l'installation d'une mosquée intégriste en plein coeur de sa ville. Il est à souhaiter que monsieur Juppé n'aura pas à s'exiler encore chez les rennes si on apprenait qu'il était parfaitement au fait que des islamistes radicaux ont bénéficié de sa mansuétude, chose que cette homme d'une touchante naïveté ne pouvait à l'évidence nullement soupçonner.


mercredi 28 avril 2010

Terre plate

"Le PDG de Danone, patron français le mieux payé en 2009.
Franck Riboud a touché 4,4 millions d'euros de salaire global l'année dernière, selon le palmarès des rémunérations des dirigeants du CAC 40 établi par Les Echos.
Selon la nouvelle édition du classement des rémunérations des dirigeants du CAC 40 publié lundi 26 avril par Les Echos, le PDG du Groupe Danone, Franck Riboud, est le patron français le mieux payé en 2009 avec un salaire global estimé à 4,4 millions d’euros.
Il est suivi par Bernard Arnault, PDG de LVMH et propriétaire des Echos, qui a touché 3,9 millions d'euros en 2009, la même somme que pour l'exercice 2008. Chris Viehbacher, le directeur général et administrateur de Sanofi-Aventis, prend la troisième place du podium avec 3,6 millions d'euros amassé l'an dernier. Il devance Jean-Paul Agon (3,4 millions d'euros), directeur général de L'Oréal.

Le classement des Echos comptabilise un total provisoire de 79,5 millions d'euros au titre de l'exercice 2009 pour les 40 dirigeants des plus grosses sociétés cotées à la Bourse parisienne. L'an passé, la somme s'élevait à 76,4 millions d'euros".
(source)

Comme quoi mon Dieu, en ce temps de crise où planent de lourdes menaces èfèmiesques sur l'avenir économique du français moyen, il est encore quelques personnes qui peuvent dire l'esprit serein : moi, ça va.
On peut ensuite se demander ce que des gens vont bien pouvoir faire avec autant d'argent, tout de même : se payer des putes mineures ? Des saladiers de bolivienne extra-forte, des lunettes de WC en or massif, des grosses tutures bruyantes et vrombissantes ? Peut-être de tout cela, et encore d'autres choses.
Quant à ceux qui brailleront que tout ce beau pognon sera réinvesti dans la collectivité, non, franchement, à part le dernier quarteron d'imbéciles friedmaniens encore en exercice, qui y croit encore ? Qui peut franchement penser que cette fameuse théorie du ruissellement appliquée aux salaires les plus himalayesques, si elle est très jolie dans le ciel des idées - creuses - qui sont le commun des crétins néolibéraux, n'a rigoureusement aucune application dans ce méchant monde réel qui n'en finit plus de contre dire leurs stupéfiantes et nuisibles fadaises ?

Il suffit d'ailleurs de lire la définition donnée par Wikipédia pour immédiatement constater que cette théorie est tout simplement une farce :

"La théorie libérale du ruissellement, traduction du "trickle down effect", introduit par David Ricardo et Adam Smith affirme que, sauf destruction (...) ou thésaurisation (l’accumulation de billets de banque), les revenus des particuliers sont forcément injectés dans l'économie, soit par le biais de la consommation, soit par celui de l'investissement, contribuant ainsi, directement ou indirectement, à l'activité et donc à l'emploi.

Cette théorie, qui ne semble pas avoir fait l'objet de travaux de conceptualisation ou de modélisation poussés, est utilisée par les politiques libérales pour expliquer qu'une ponction fiscale ou sociale sur les revenus des particuliers fortunés transfère simplement, sous l'organisation de l'État, une redistribution qui serait naturellement assurée par le jeu de la consommation et de l'investissement des particuliers".

On appréciera à sa juste valeur : "ne semble pas avoir fait l'objet de travaux de conceptualisation ou de modélisation poussés".
Et pour cause.
Faudrait quand même pas pousser la réflexion trop loin en ces matières, dès fois que ça prendrait le mur de la vraie vie en pleine face. Au fait, ça fait, quoi ? 30 ans que cette théorie devrait fonctionner ? Et les résultats sont...?
Dans n'importe quel autre domaine que l'économie, une théorie aussi systématiquement démentie et réfutée serait immédiatement reléguée en urgence aux côtés d'amusantes billevesées du temps passé, à côté de la terre plate et du géocentrisme. Où elle finira certainement par trouver sa place, quand des gens plus raisonnables auront décidé qu'il est temps d'oublier la chose.

En attendant, le problème est donc surtout que le dernier cercle d'abrutis qui y croit encore se trouve actuellement au gouvernement, et on conviendra que c'est fâcheux. Pour le moins.
Il nous revient donc en somme d'être chacun de nous un petit Copernic pour les renvoyer à leur juste place : le passé. Ce passé où d'ailleurs ils vivent déjà ; c'est juste qu'ils ne l'ont pas encore compris.

mardi 27 avril 2010

Le choix de Rémi Karcher

Cela me désole de vous importuner avec cette histoire, mais il me faut à ce stade livrer à mon délicieux lectorat les réflexions que m'inspire cette affaire de mail d'avocat.
Non pas que cela m'ait gâché la journée en quelque façon : me renseigner et tenter d'avoir des éclaircissements ne m'a nullement empêché de goûter une très belle journée de printemps, et pour ceux qui comme moi ont la chance de vivre dans cette agréable ville qu'est Toulouse, je ne peux que les enjoindre à profiter des berges du Canal du Midi vers 11h-12, quand il ne fait pas encore trop chaud : c'est la meilleure heure...

Las. Il est à l'évidence certaines personnes à ce point sourcilleuses quant à leur image qu'ils ne savent plus profiter de ces moments. Trop pris dans leur métier, leurs responsabilités, l'image qu'ils se font d'eux même, l'idée qu'ils croient avoir de leur personne publique...
Et c'est très triste, pour ces gens. Vraiment très triste. Ça fait presque de la peine, quand on y pense.
Et c'est pour ça que j'espère sincèrement que monsieur Rémi Karcher n'est pas de ceux-là.

N'ergotons pas : recevoir un email de cabinet d'avocat n'a rien d'agréable, surtout quand il suggère - il ne dit rien d'explicite : il suggère...- que de terribles tourments sont imminents si vous n'obéissez pas à l'injonction faite. On lit la chose en haussant un sourcil. Puis les deux. Et on finit par se demander de quoi il retourne donc, à la fin.

C'est ensuite qu'on réfléchit et qu'on se renseigne.
Il faut ici se rappeler que monsieur Rémi Karcher est ce cadre de la Poste qui avait demandé dans une circulaire interne "l'extermination" de ses subordonnés, éradication certes symbolique mais qui en disait fort long sur l'extrême brutalité dont font preuve nombre de "managers" quand il s'agit de mettre la pression à ceux qui dépendent hiérarchiquement d'eux.
Je m'étais donc autorisé de livrer le sentiment que ce genre de méthodes m'inspiraient dans un billet dont je ne regrette ni ne changerai aucune ligne.

Et donc un cabinet d'avocat me contactai en m'enjoignant je cite, de :

"procéder à la suppression, immédiate, de l’article litigieux et de l’ensemble des commentaires afférents".

Ainsi que d'être mis : "en demeure de me faire part des mesures que vous entendez prendre pour réparer le préjudice d'ores et déjà subi par mon client du fait de la publication des allégations diffamatoires, et injurieuses".

Avant que de, bon, menacer, disons : "A défaut d'une réponse satisfaisante, sous 24 heures à compter de la réception de la présente, mon client m'a donné instruction très ferme de prendre à votre encontre toutes mesures propres à assurer la sauvegarde de ses droits".

La question que je me posais immédiatement, ce fut : est-ce qu'il y a donc des gens que ce genre de procédé intimide ?
Puisque nous sommes d'accord : c'est bel et bien une tentative d'intimidation, n'est-ce pas ?
Tentative dont on se demande ensuite pourquoi elle n'a pas été d'abord adressée à la myriade de journaux en ligne qui, eux aussi, ont fait des comptes rendus la plupart du temps assez indignés des manières d'encadrement de Monsieur Rémi Karcher ; depuis que l'affaire a été rendue publique, ce dernier n'a certes pas eu bonne presse et c'est le moins qu'on puisse dire. Que ce soit mérité ou pas est un tout autre débat.
Mais alors, dans tous ces 0 et ces 1 mis en ligne, pourquoi spécifiquement un billet particulier ?

Nous nous contenterons d'émettre l'hypothèse que peut-être monsieur Rémi Karcher a éventuellement pensé à un moment que mettre un blog en demeure était moins risqué, ou coûteux, ou dommageable, ou d'autres raisons, bref : en espérant peut-être que tétanisé par la mention "avocat" sur un courriel, j'allais promptement m'exécuter.

Sauf qu'on est pas sur Ilikeyourstyle, ici.
(Pour ceux qui l'ignorent encore, il est de coutume chez nos matamores néocons de faire liquide sous eux dès qu'ils reçoivent la moindre demande estampillée du nom d'un avocat ; ces garçons, derrière une façade un peu revêche parfois, sont en fait d'une rare obéissance...)

Peut-être également que monsieur Rémi Karcher a contracté de fort mauvaises habitudes dans le cadre de l'exercice de son métier de "manager" ; peut-être a t-il été trop habitué à ne voir que des subordonnées apeurés obéir au moindre de ces désideratas, je ne sais. Il est fréquent que quand on voit tous les gens s'écraser autour de soi, on finit par penser qu'il en est de même du reste du monde...
Peut-être.

Ce qui est certain en revanche, c'est que je ne suis nullement un subordonné de monsieur Rémi Karcher.
Et que partant, ce genre de tentative d'intimidation, même soulignée par un nom d'avocat, ne m'incline pas le moins du monde - et c'est un euphémisme - à me plier à des demandes ainsi formulées.

D'autant que quand on se renseigne un peu, on s'aperçoit que le cabinet de l'avocat en question semble coutumier de ce genre de manières, puisqu'envoyant des mails d'une troublante similitude à d'autres.
Lisez donc le billet mis en lien.
Oui, en effet : ce sont les mêmes mots. Les mêmes expressions, les mêmes phrases, et simplement quelques termes contextuels qui changent.
De là à penser qu'il s'agit là d'un email-type déjà rédigé et prêt à l'envoi quand n'importe qui en fait la demande et en paye le prix sonnant et trébuchant, il n'y a qu'un pas que je franchis.

Maintenant, de deux choses l'une :

Soit tout ceci n'est donc qu'une - assez grossière si je puis me permettre - tentative d'intimidation qui peut-être peut fonctionner sur des gens, disons, plus complaisants que je le suis ;
Auquel cas la chose en restera là, constatant que la réaction ne va pas dans un sens de déférence.

Soit monsieur Rémi Karcher décide de pousser plus avant et décide par l'intermédiaire de son avocat de saisir la Justice et d'entrer dans une procédure à mon encontre ;
Auquel cas j'espère charitablement que monsieur Rémi Karcher a mis beaucoup d'argent de côté, vu les honoraires qu'il va payer à son avocat pendant ladite procédure.

Parce que si il en est ainsi : nous irons donc au procès.
Procès dont je ne me priverai pas de tenir la chronique dans le blog que vous lisez en ce moment.
Et par parenthèse, quand on tapait "Rémi Karcher" sur Google.fr il y a quelques jours, il n'apparaissait qu'à la troisième page.
Depuis que j'ai mis en ligne le courrier de son avocat, il apparaît dès la première. À la deuxième occurrence.

Tout ça pour dire que désormais, il n'en revient qu'au choix de monsieur Rémi Karcher. Qui est : soit on en reste là. Soit on va en Justice lui et moi.

Alors si il y'a procès, Je peux gagner. Il peut perdre. Il peut y avoir non-lieu. Je peux également perdre, bien entendu, et il peut gagner...

Mais quel qu'en soit l'issue, une seule chose est absolument certaine : lui n'en sortira pas grandi.

Rémi Karcher m'a envoyé un mot

Enfin, pas tout à fait lui. J'ai reçu ce mail hier :

"Monsieur,

Je vous adresse la présente en ma qualité de conseil de Monsieur Rémi Karcher.

D’après les pièces en ma possession, le blog intitulé CSP édite à l’adresse suivante

http://comite-de-salut-public.blogspot.com/2010/04/extermination.html

un article intitulé Extermination, visant personnellement Monsieur Rémi Karcher comprenant des imputations diffamatoires et injurieuses.

Je vous rappelle que l’article 29 alinéa premier de la loi du 29 juillet 1881 sanctionne :
« Toute allégation ou imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. »

En outre, aux termes de l’article 29, alinéa 2, de la loi du 29 juillet 1881, l’injure est définie comme toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait, et constitue un délit.

Par surcroît, il est établi que l’article litigieux est complété par des commentaires portés à la connaissance du public par votre site internet.

Or, ces commentaires portent également gravement atteinte aux droits de mon client étant également injurieux, diffamatoires et incitant à commettre un crime ou un délit sur la personne de mon client.

Enfin, il est constant que Monsieur Rémi Karcher n’a jamais donné une autorisation à votre site internet pour que son nom soit livré de cette manière à la connaissance du public.

Je suis ainsi dans l’obligation de vous rappeler à ce titre qu’aux termes de l’article 9 du Code Civil :

« Chacun a droit au respect de sa vie privée

Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telle que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l’intimité de la vie privée ; ces mesures peuvent, s’il y a urgence, être ordonnées en référé. »

La jurisprudence considère, sur ce fondement que chaque personne a sur son nom ainsi que sur les utilisations qui en sont faites, un droit absolu qui lui permet de s’opposer à toutes diffusions effectuées sans son autorisation expresse, et ce quel que soit le support utilisé.

Dès lors, une telle utilisation du nom de mon client porte atteinte à ses droits fondamentaux.

J’attire particulièrement votre attention que le fait que les propos publiés dans cet article et les commentaires afférents causent un préjudice substantiel à mon client victime d’un véritable lynchage médiatique.

Par ailleurs, cet article apparaît immédiatement lorsque le nom de mon client est recherché sur le site google.fr.

Enfin, les commentaires attentatoires aux droits de mon client continuent d’être édités par votre site de manière continue.

Le préjudice d’ores et déjà constitué s’apprécie tant d’un point de vue moral que d’un point de vue professionnel.

En conséquence, je vous remercie en conséquence de procéder à la suppression, immédiate, de l’article litigieux et de l’ensemble des commentaires afférents.

Enfin, je vous mets donc en demeure de me faire part des mesures que vous entendez prendre pour réparer le préjudice d'ores et déjà subi par mon client du fait de la publication des allégations diffamatoires, et injurieuses.

A défaut d'une réponse satisfaisante, sous 24 heures à compter de la réception de la présente, mon client m'a donné instruction très ferme de prendre à votre encontre toutes mesures propres à assurer la sauvegarde de ses droits.

Vous devez, de ce fait, considérer cette lettre comme une mise en demeure de nature à faire courir tous délais, intérêts et autres conséquences que la loi et les tribunaux y attachent.

Conformément aux règles déontologiques régissant mon Ordre, je reste par ailleurs à la disposition de votre avocat pour tout entretien qu'il pourrait souhaiter avoir.

Je vous prie de croire, Monsieur, en l’expression de mes salutations distinguées.

Emmanuel PIERRAT
CABINET PIERRAT
Avocats à la Cour
91, boulevard Raspail - 75006 Paris"

Étant quelque peu surpris on s'en doute, j'ai pris contact avec des personnes compétentes sur ces questions afin de statuer, et en attendant leur réponse, je me suis un peu renseigné.

Je ne manquerai évidemment pas de vous tenir au courant de ces nouvelles - et à coup sûr passionnantes mais qui en doute ? - péripéties de CSP.


lundi 26 avril 2010

Résiliation

Le libéral est opprimé, le libéral est ignoré et moqué, le libéral vit dans une quasi-Union Soviétique et il en souffre mille tourments, le libéral passe en fait son temps à chialer sur sa condition de rat souffreteux et à tenter de faire croire que non en fait c'est même pas vrai, le libéralisme c'est le bonheur. C'est juste que bon, voilà, ça met un peu de temps à venir mais promis juré, yaka tout déréguler et z'aller voir dans quel joie on va s'ébrouer.
Sauf qu'on voit, justement, et on lui demande si il se foutrait pas un peu de notre gueule, à force d'à force.
D'où il rétorque que :
a) c'est parce que du vrai libéralisme y'en a pas encore et qu'on est qu'à la moitié du chemin et que hardi ! faut y aller encore plus ;
b) les gens qui sont pas d'accord avec moi c'est rien que des communistes d'abord.

On ne répétera jamais assez que le libéral est avant tout un très sale gosse trépignant qui mériterait deux claques. Ou un coup de boule. Ou de grandes volées de batte de base-ball sur ses genoux cagneux. Ou d'être enfermé dans une pièce avec moi, une batterie de voiture et des pinces crocodiles. Ou comme dans cet épisode de South Park d'être mis dans une fusée à destination du soleil. Bref. Vous avez saisi l'idée, quoi.

L'embêtant en fait, c'est que même quand on en a un peu marre de lui et qu'on aurait envie de passer un peu parfois à d'autres choses plus légères et agréablement futiles, le libéral se comporte en véritable Droopy qui apparaît en tous lieux et vous avez beau fermer les portes il rentre par les fenêtres, vous soulevez un caillou il est dessous, vous achetez un magazine de jeux vidéos pour vous vider la tête : il est encore là...

Ainsi, dans Canard PC N° 211, revue à peu près pas trop débile sur l'univers vidéoludique, existe une rubrique "jurigeek" dans laquelle un juriste explique des choses législatives concernant les ordinateurs, les connexions haut-débit, les lutins, et les mondes virtuels où on peut tuer des nazis. Jusque là tout va à peu près bien. Sauf à regarder de plus près un article intitulé "Libéralisme ou constructivisme" qui interpelle l'oeil, et dont la lecture édifiante prouve encore une fois que le libéral refuse catégoriquement d'entretenir toute relation de quelque ordre que ce soit avec la réalité.
Je recopie à la main, donc, c'est page 47 :

"Il en faut pas confondre le libéralisme juridique avec l'acception commune, et d'ailleurs très fausse, du terme libéralisme en France, qui désigne un fantasmagorique univers anarchiste où les puissants écrasent les faibles. (...) Les tenants du libéralisme juridique considèrent, pour extrêmement simplifier, que les règles de droit, absolument nécessaires à la régulation du comportement humain, ne doivent pas tenter de "créer" une situation en donnant des ordres aux hommes, mais ne peuvent que se contenter de prohiber les comportement nuisibles aux hommes. On retrouve ici le pendant juridique de la "main invisible" économique, à savoir qu'il faut laisser les gens libres de faire ce qu'ils veulent, tant qu'ils ne nuisent pas à autrui".

On voit donc à ces quelque lignes que l'auteur à résilié son abonnement au réel et baguenaude dans le monde des elfes et des petits lutins. Pour ce qui est de la "fantasmagorie" - fausse - d'un libéralisme qui écrase les faibles, il ne sera pas utile de réfuter la chose. D'abord parce que ça ne sert à rien avec ce genre d'individus ; et ensuite parce qu'il vaudrait mieux, par manière de pédagogie, arracher cet imbécile à l'écran où à l'évidence il passe bien trop de temps, le jeter dans une pièce remplie de paysans indiens obligés de vendre un rein pour survivre, et le laisser leur expliquer que franchement, dire qu'ils sont exterminés un a un par les multinationales c'est rien qu'une - fausse - "fantasmagorie". Et filmer le résultat pour se le repasser avec des potes en rigolant et en mangeant des chips.

On notera toutefois une coquille - involontaire ? - dans le texte cité, puisqu'à l'évidence, l'auteur certainement soucieux de précision, a curieusement omis de dire que quand il écrit :
"il faut laisser les gens libres de faire ce qu'ils veulent",
Il faut bien évidemment comprendre :
"il faut laisser les gens riches libres de faire ce qu'ils veulent".
Ce qui est le véritable objet du libéralisme.
Les autres - les pas riches - se contentant de faire ce que les gens riches leur disent de faire. Le plus piquant étant bien évidemment les décérébrés qui applaudissent à ce système et qui eux ne sont pas riches. Oui, les veaux. C'est que vous savez qu'ils pensent sincèrement, les abrutis, que si leur salaire était exempté de cotisation sociales, la différence irait automatiquement dans leur poche. C'est mignon, hein ? Le gentil patron il va leur donner tous leurs sous et comme ça le gentil salarié il va pouvoir se payer plus de trucs et ensuite tout le monde il va se donner la main en faisant une ronde avec des fleurs dans les cheveux. Cui cui. Des gosses.

Pas étonnant de ce point de vue qu'on en retrouve également parmi les hardcore-gamers qui préfèrent passer leur vie en ligne à hacher du streum plutôt qu'à affronter la vilaine vie réelle même pas gentille. Et quand il sortent de leur rêveries puériles, le contact avec la vraie vie est à ce point âpre qu'ils préfèrent se réfugier dans des univers merveilleux, les lutins, les fées, la gentille dérégulation et toutes ces sortes de choses.

Au passage, est-ce que quelqu'un sait si il existe un mod de Company of heroes où les nazis seraient remplacés par des économistes néolibéraux ?


dimanche 25 avril 2010

La barbarie

Pendant que la charogne au pouvoir s'est providentiellement trouvé le parfait cas d'école à monter le plus possible en mayonnaise pour faire oublier sa politique de guerre de classes, grandement aidé en cela par les glapissements des kévins zemmouristes qui fantasment burqas sournoises et minarets envahissants, la barbarie, la vraie barbarie, celle qui impose le terrorisme de l'argent par la brutalité de l'ajustement structurel et des politiques d'austérité, celle là qui est considérablement plus réelle et hostile à nos démocraties que trois paumés braillant dans une mosquée du Val-d'Oise, cette barbarie est littéralement à nos portes puisqu'elle a choisi la Grèce comme laboratoire d'expérimentation avant que d'ensuite, n'en doutons pas une seule seconde, elle ne se tourne vers les autres pays européens qui sont les derniers à n'avoir pas encore goûtés aux sévères potions des savant fous du FMI.

Ça, les grecs qui manifestent l'ont parfaitement compris puisque éclairés de longue date par les exactions des criminels économiques en Argentine parmi tellement d'autres. Il parait au passage qu'existent encore des demeurés qui sont sincèrement convaincus, ces nuisibles abrutis, que le capitalisme a contribué à élever le niveau de vie mondial ; à ces dégénérés, on ne peut leur conseiller que d'abord de consulter, et aussi de taper "spéculation sur les matières premières" dans Google. Peut-être que ça les éclairera ; mais certainement que non puisque pour ces cafards, tout ce qui n'entre pas dans le sens de leur délire clinique c'est du "communisme", autant dire que depuis deux ans c'est toute la réalité économique mondiale qui est de plus en plus "communiste". Pauvres tarés qui ne survivraient même pas deux semaines dans le monde dont ils rêvent, l'exemple le plus abouti d'un pays complètement dérégulé étant la Somalie, sans gouvernement depuis 1991 et devenu un monde à la Mad Max où ne règnent que chefs de guerre et analphabétisme miséreux. Qu'ils y aillent donc et n'oublient pas de faire des vidéos de leur extermination, il faut bien rire de quelque chose de nos jours.

Mais si seulement il n'y avait qu'eux. Si c'était simplement cette gangrène de droite qui réclamait à corps et à cris la barbarie libérale pour tous, jamais ils ne seraient autant écoutés et tout le monde les prendraient pour ce qu'ils sont : des fous à enfermer. Puisque sans l'aide déterminante de la socialie frelatée, sans le soutien indéfectible de cette poisseuse et hypocrite gauche de trahison qui adoube depuis trente ans tout ce que propose le libéralisme de plus dégueulasse, nous n'en serions évidemment pas là. Un gouvernement "socialiste" en Grèce accepte un plan de rigueur soumis par un autre "socialiste", français en l'occurrence, "impliquant une baisse générale des salaires prônée par le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn", et l'article de souligner "seul le patronat a applaudi".
Tu m'étonnes.

Mais la barbarie ne concerne évidemment pas que l'Europe, puisque au moment même où "la banque Goldman Sachs a bénéficié de la crise des crédits immobiliers à risques pour empocher des dizaines de millions de dollars" (source), c'est un désarroi violent qui s'installe dans les consciences aux État-Unis, quand de plus en plus de gens comprennent que ce coup-ci leur si chère et grande et admirable pays ne s'en sortira peut-être pas, et Noam Chomsky de témoigner de cette chute en direct :

"J’écoute les commentateurs à la radio, mais ce n’est pas pour écouter Rush Limbaugh, mais pour écouter les gens qui téléphonent. Ils sont comme (le pilote kamikaze) Joe Stack. Qu’est-ce qui m’arrive ? se demandent-ils. J’ai fait tout ce qu’on m’a dit de faire. Je suis un bon chrétien. Je travaille dur pour nourrir ma famille. Je possède une arme. Je crois aux valeurs de ce pays et pourtant ma vie s’effondre".

Est-il besoin de préciser que la vie de ces laborieux et obéissants américains ne s'effondre pas à cause des Mexicains ou des cellules dormantes d'Al-Qaida ?
Ce que refusent de comprendre les cinglés habituels qui espèrent - voire préparent - avec une gourmandise morbide de nouvelles violences ne serait-ce que pour utiliser enfin l'arsenal d'armes automatiques qu'ils collectionnent depuis des années. Et qui vont encore créer davantage de chaos et de confusion. On serait un peu cynique, on se demanderait si les États-Unis ne vont pas finir par bombarder leur propre pays, puisque c'est le seul moyen qu'ils connaissent de rétablir la "démocratie"...

Qui est donc responsable, qui est donc coupable de cette situation ?
La bonne latina en Californie ?
Le prof grec ?
L'aide à domicile beurette exploitée à mort ?

Mais on sait qui sont les coupables. On le sait, tout le monde le sait puisqu'on les a sous les yeux sans arrêt. Les barbares en costume.
Ils passent en ce moment à la télé.

Ce ne sont pas des arabes fanatisés qui vont ruiner notre monde. Ni des extraterrestres, ni des machines intelligentes, ni des virus. Ce sont des gens très riches qui passent à la télévision et qui sont tellement coincés dans la logique de leur démence qu'ils ne se rendent même pas compte de ce qu'ils sont en train de faire. Ou qui s'en rendent compte mais qui s'en foutent parce qu'ils espèrent que l'argent leur donnera les moyens d'échapper au chaos.

samedi 24 avril 2010

Peut mieux faire et VRAIMENT mieux faire...

Dresser un état des lieux de la Kévinosphère sur Internet, ça aurait pu, ça aurait même dû être intéressant ; malheureusement, quand on tombe sur le "rapport sur le racisme sur Internet" du MRAP, il suffit d'en parcourir une douzaine de pages pour s'apercevoir que c'est bel et bien du travail de cochon. À l'évidence rédigé par un type tout seul affligé de presbytie aggravée n'ayant de surcroit utilisé qu'une moitié de son cerveau l'autre étant trop occupée à jouer à World of Warcraft, notre rapporteur s'est contenté de cliquer au hasard sur des liens qui revoient vers des sites qui renvoient vers des liens etc., picorant de ci de là quelques bouts de citations qu'il copie/colle sans jamais les mettre en perspective ni les expliciter dans leur contexte et manifestant ainsi non seulement une totale méconnaissance de son sujet et le rejet de toute forme de méthodologie un peu construite, mais de plus et c'est bel et bien le plus frappant : une complète absence de la moindre bribe d'analyse politique quant à cette sur-représentation du Kévin-fafounet sous toutes ses formes dans la galaxie virtuelle. Bâclé, approximatif, indigent et en définitive : nul à tout point de vue, on aurait pu manifester une manière d'indulgence sur ce rapport si il avait été écrit pas un ado de 15 disposant de trop de temps ; or, sortant d'une association antiraciste ayant pignon sur rue et se trouvant de fait paré d'une sorte de cachet "officiel", cette pignolade en devient pour ainsi dire gênante...

Dans un contexte de montée en puissance d'une xénophobie décomplexée où un Eric Zemmour peut exprimer les mêmes choses que Le Pen père sans réelles conséquences, et où une partie de la droite "républicaine" se met à reprendre sans plus faire de chichis le vocabulaire de l'extrême-droite pour faire passer en douce sa haine de classe déguisée en "islamophobie", une cartographie du discours est une nécessité et c'est sans doute dans cette optique que l'auteur - nous continuons de supposer qu'il s'agit d'une seule personne et refusons d'envisager qu'on puisse s'y être mis à plusieurs pour pondre cette daube - a envisagé son projet ; las, la chose, à force de portenawak et d'erreurs grossières, non seulement rate complètement son objet, mais surtout raconte par moments absolument n'importe quoi. À force de se vouloir exhaustif, il mélange tout le monde dans un grand shaker, et cathos tradis, musulmans intégristes, néo-nazis paganistes, libertariens, soraliens, néo-conservateurs, nostalgiques de Vichy, royalistes, identitaires, frontistes et autres fans de Pinochet sont empilés sommairement sans ordre ni recul, puisqu'à un moment où à un autre, ces sites ont pu manifester quelque chose qui ressemble à du "racisme". Extrême faiblesse méthodologique encore une fois impardonnable pour ce qui se prétend une somme définitive sur la question.

Prenons des exemples concrets : il est établi et reconnu y compris par les intéressés que des liens existent entre des groupuscules comme le Centre Zahra, le Mouvement des Damnés de l'Impérialisme de Kémi Seba, Égalité & Réconciliation et le Parti Solidaire Français ; des divergences de forme réelles existent entre ces formations mais elle arrivent à s'accorder sur des points politique précis - en l'occurrence, un "antisionisme" dissimulant mal un antisémitisme viscéral - et ont même présenté une liste aux dernières européennes. Pourquoi donc, quand on voit qu'existe une cohérence entre ces groupes, les caser l'un dans une catégorie, l'autre dans une nouvelle, le troisième dans encore une autre etc., quand une telle configuration ne peut pas se comprendre de façon "verticale" mais bel et bien "horizontale" ? Plutôt donc qu'adopter une forme de classement bêtement scolaire complètement inadaptée à son objet, est-ce qu'un outil comme par exemple Pearltrees pour citer le plus connu n'aurait pas été non seulement mieux adapté, puisqu'aurait permis d'embrasser d'un seul coup d'oeil tout ce qui relie ensemble des groupes a priori aussi disparates ? Comme quoi encore une fois, négliger la forme en prétendant préférer se concentrer sur la fond est surtout une question de ne pas avoir envie de se casser la tête pour changer ses chères habitudes.

Et parlons du fond, tiens, même si ça ira très vite puisque de fond c'est très simple : il n'y en a point. À aucun moment ne nous est expliqué vraiment le pourquoi d'une telle efflorescence et le seul angle de "racisme" même pas précisément défini ne sert au final et comme d'habitude que de support à cette facile indignation "morale" qui est devenu le seul fond de commerce de l'antiracisme officiel. Comme si l'indignation vertueuse avait été efficace en quoi que ce soit pour comprendre le racisme et la xénophobie, comme si en somme on se contentait encore de pointer du doigt les méchants en disant "Bouuuuuuh les vilains racistes bouuuuuuh !!! avant de rentrer chez soi la conscience tranquille...

Alors que des choses à dire, là comme ça sans y réfléchir vraiment, il y' en avait au moins trois, pouf, à main levée :
- Analyser pourquoi et comment les Kévins sont à ce jour les seuls à faire un usage politique d'Internet ;
- Montrer l'utilité politique pour la domination de l'instrumentalisation de la xénophobie en tant qu'outil politique de division de classes entre elles ;
- Comprendre l'évolution récente de l'extrême-droite vers un modèle "hollandais" et les nouvelles lignes de forces qui s'en dégagent, ainsi que les contradictions qui traversent les différents mouvements.

Voilà le boulot qui aurait dû être fait, et qui reste vraiment à faire.
Oublions donc ce ridicule rapport pour passer à autre chose, voulez-vous ?

(Et aux petits rigolos qui ne manqueront pas de brailler "Ben t'as qu'à le faire, toi, gros malin !", je rappelle juste que le type qui a pondu cette bouse est très certainement salarié du MRAP, que c'est donc son boulot de faire ça, et moi : pas. Filez moi de la thune et je vous le fais, mais sinon désolé : je ne travaille pas pour la gloire).

vendredi 23 avril 2010

Des animaux

Quand on me demande parfois comment je parviens à rester d'une rare constance dans la production blogueuseque face à l'himalayesque connerie et les insondables abîmes de crasse bêtise qui se trouvent en face, quand on contemple l'oeil rond et quelque peu fasciné cette prodigieuse oeuvre qu'est CSP en se disant que ouah, décidément il es trop fort - réaction on ne peut plus naturelle puisque en effet, c'est objectif : je suis trop fort -, bref : quand mon lectorat, soit fasciné et amoureux, soit fasciné mais révulsé, comprend qu'il est face à une sorte de machine qui ne s'arrête jamais et devient par la même saisi d'une forme d'angoisse à la fois émerveillée et inquiète devant cette régularité de métronome qui quoi qu'il arrive pond son billet quotidien, il est on ne peut plus normal finalement qu'on se demande : mais où va t-il chercher tout ça ?

Réponse qui aurait assurément été fort complexe tant les motivations profondes de chaque être humain sont tissées de fils enchevêtrés et souvent paradoxaux et ambigus, et qu'il est bien difficile qui plus est d'expliciter par des mots...
Fort heureusement, un commentaire laissé il y a trois jours par un "anonyme" - et que j'ai précieusement conservé par devers moi après avoir néanmoins choisi de ne pas le publier - permet une explication lumineuse de ce qui crée ma motivation profonde...
Puisque voyez-vous, quand on lit ceci :

"Ta copine pour sortir avec un communiste comme toi ça doit vraiment être une grosse P***, qu'elle me rencontre, ce sac à f***** pour lui montrer ce que c'est un vrai mec, connard !"

Et bien on comprend deux choses.

La première, c'est que lire ce genre de choses vous alimente la chaudière pour vos trois prochaines vies et que quand parfois je pourrais ressentir une sorte d'éventuelle lassitude, voire une panne d'inspiration occasionnelle, il suffira désormais que je repense à ce jet de vomi pour immédiatement retrouver et l'énergie et l'inspiration.

Parce que, et c'est le deuxième point, il devient absolument clair et évident - si tant est que ça ne l'était pas - que l'individu capable de cette bassesse, en montrant que le simple fait de penser ce genre de choses au point de pouvoir l'écrire, cet individu donc a définitivement quitté l'espèce humaine et n'est désormais qu'un animal.
Et partant doit donc être traité comme tel.
Ce qui me permet au passage d'illustrer de la plus vivante manière la façon dont j'envisage l'adversaire, puisque les gens de cet acabit ne sont à mes yeux nullement des êtres humains, que je considérerais comme mes semblables et prochains et ainsi mériteraient respect et compassion, mais sont des animaux, des organismes vivants au sens biologique du terme, mais dépourvus des qualités élémentaires pouvant faire d'eux des "humains" issus de l'évolution de l'espèce, et ne méritant par là même nullement l'empathie instinctive qu'on réserve à ceux qui vous sont similaires.

Des animaux, donc.

On m'objectera cependant que je ne puis rejeter une partie du monde, si minime soit-elle - ces gens sont fort peu au final - à cause d'une seul commentaire lâché sous le coup d'un énervement visible. Et que peut-être je surréagis sous le coup d'une forte émotion imputable à la teneur du dit commentaire, qui tout de même s'en prend violemment à quelqu'un de proche. Bref, on pourra me dire : sachons raison garder que diable...

Sauf que l'individu n'est à l'évidence nullement isolé et ne constitue pas une exception.
Qu'on se souvienne des quatre rats d'égout balançant mon adresse en ligne dans l'espoir que ça excite suffisamment quelqu'un pour faire le boulot dont ils rêvent mais que leur foncière couardise leur interdit.
Quand on lit la prose des susnommés, on comprend que leur appartenance idéologique est clairement issue de cette droite libertarienne qui pose aux pauvres petits blancs opprimés en sanglotant sur la perte de Valeurs, mais n'hésite jamais à faire preuve de sa foncière vulgarité à la moindre occasion. Comment par ailleurs ne pas penser que ces gens se comportent à l'identique dans la vraie vie, se parant de vertus creuses en public, et agissant de la plus vile et abjecte manière en se vautrant dans leur crasse endémique de racialistes minables et immatures capables de lâchetés sans nom, et toujours par derrière tant ils sont faibles et hypocrites ?
Des animaux, vous dis-je.

Et si on veut élargir le spectre, lire les commentaires de Fsetouche et du Figaro assène la preuve définitive que ces gens n'appartiennent pas, n'appartiennent plus à l'espèce humaine. On ne peut décemment les qualifier ainsi, prétendre le contraire n'est qu'une bêtise naïve.

Ce sont des animaux.

Et partant, ils méritent d'être traités comme tels.

Mais vous n'êtes peut-être pas encore prêts à cette lucidité, à cette conscience de la nature intrinsèque de l'adversaire : gens de gauche et dont portés à l'empathie, vous conservez encore quelques scrupules qui vous empêchent de voir le vérité en face et vous n'êtes pas encore vraiment persuadés de l'absence totale d'humanité de ces gens...
Je vous comprends. Il vous faudra sans doute encore un peu de temps avant de faire le saut qualitatif qui vous amènera vers cette constatation objective.

Mais pour ma part, c'est quelque chose de définitivement acquis.


jeudi 22 avril 2010

Avec des amis comme ça, pas besoin d'ennemis...

La propagande pro-israëlienne, a priori on connait désormais sur le bout de nos petits doigts et plus rien ne devrait nous surprendre quant aux hurlements des trépanés qui se font les chantres indéfectibles du soutien à l'impérialisme sioniste : mauvaise foi quand ce n'est pas mensonge éhonté, refus catégorique de prendre en compte la souffrance palestinienne dont les ressortissants sont évidemment tous des terroristes assoiffés de sang, apologies dithyrambiques des politiques d'apartheid les plus abjectes, et bien sûr mais est-il besoin d'encore le préciser : accusation d'antisémitisme dès qu'on fait mine de ne pas être d'accord avec les élucubrations sordides des pauvres sous-merdes qui dégobillent ce genre de discours. Finkielcrotte ou Béhachier nous ressortent le couplet dès qu'ils peuvent - c'est à dire souvent vu le nombre de supports médiatiques dans lesquels ils ont table et couverts assurés - et on croyait naïvement avoir tout lu et tout vu sur la question.
On se trompait.

Puisqu'un certain Eric Marty se fend dans le Monde du 21.04.10 d'une hallucinante et hallucinée tribune de défense tellement inconditionnelle de la politique israëlienne qu'on finit par se demander à la fin de la lecture si il ne s'agit pas d'une sorte de farce, tant la chose est d'une outrance caricaturale à faire passer le malade mental Ivan Rioufol pour un idéal-type de modération pondérée.

En effet, comment, mais par quel détonnant et surprenant sortilège peut-on prendre au sérieux quelqu'un capable d'écrire :

"Israël est le seul Etat au monde à être menacé d'anéantissement physique de la part de puissances ou de factions étatiques"

Puisqu'il est vrai que des contrées comme l'Irak ou l'Afghanistan n'en sont même plus à être menacée d'anéantissement : elles sont de fait en lambeaux grâce à la version étasunienne de la démocratie, laquelle consiste rappellons-le à bombarder d'abord et à continuer à foutre le bordel ensuite. Et puisqu'on parle des délicieux États-Unis, quand notre lou ravi caquette dressé d'indignation sur ses ergots :

"Israël est, à l'heure actuelle, le seul pays au monde, à bénéficier, en Europe, du projet de sa mise au ban des nations, et de son exclusion radicale des échanges économiques, commerciaux, culturels, techniques, universitaires".

Non seulement le projet de la chose ne semble pas complètement apparaître comme une priorité cruciale de l'Union Européenne, mais c'est omettre de préciser que tout ne va pas si mal pour ce pauvre petit pays sans défense, puisque les USA ont décidé en 2008 de lui donner rien moins que 30 milliards de dollars d'aide militaire sur 10 ans. Ce qui est drôlement sympa, quand même.

Seulement ça, c'est encore une fois la toujours méchante réalité ; et comme tous les imbéciles dans son genre, Eric Marty semble avoir une gros, mais alors : un gros problème avec cette notion. Puisque quand on émet quelques somme toutes simplement humanistes réserves sur le sort que fait Israël à ceux qui ont le terrible manque de chance de lui déplaire, la seule ligne de défense de notre nouvel ami est de se réfugier dans un coin en boudant - oui, comme un gosse, mais les gens comme Eric Marty sont des enfants très capricieux et insupportables - et de chougner : "c'est pas vrai d'abord !".

Vous n'osez croire que c'est pitoyable à ce point ?
Démonstration par l'exemple :

"Il n'est pas vrai que l'Etat d'Israël pratique l'apartheid de près ou de loin à l'égard des Israéliens d'origines musulmane, druze, bédouine, chrétienne"

Sauf que quand on va faire un tour sur place, ne serait-ce que pour ce qui concerne les Bédouins, on trouve que ô surprise :

"Les Bédouins forment 28% de la population de la province de Beersheba, mais occupent moins de 1% de la superficie. Leurs terres ont été systématiquement confisquées sous divers prétextes. On compte quarante-cinq villages non reconnus,comptant de 500 à 5000 habitants. Non reconnu, cela implique pas d’eau, pas d’électricité, pas de route, pas d’école, pas de ramassage des poubelles. Interdiction formelle de construire en dur : ces villages sont des bidonvilles. Souvent les Bédouins dissimulent des parpaings sous la tôle ondulée pour aménager des espaces de vie plus solides.L’an dernier,les autorités ont démoli 270 maisons « illégales » dans ces villages".

En même temps, ce n'est peut-être pas de "l'apartheid" stricto, hein. C'est juste que ça y ressemble férocement, voilà tout.

"Il n'est pas vrai que la barrière, ou le mur, de séparation relève d'une politique de discrimination"

On peut donc supposer que, comme parquer des êtres humains dans des conditions dégueulasses n'est pas de "l'apartheid", le fait que le fameux mur en profite pour annexer de nouveaux territoires au détriment des palestiniens n'est en rien de la "discrimination".

Mais tout ça les amis, c'est juste les amuse-gueules ; le tour de chauffe ; parce que Eric Marty passe deux lignes plus loin du déni de réalité "simple", pourrait-on dire, à la franche ignominie décompléxée qui n'a plus peur de rien.

"Il n'est pas vrai qu'Israël ait commis des crimes contre l'humanité à l'égard des populations palestiniennes lors de la guerre de Gaza"

Le Rapport Goldstone ? Même pas vrai d'abord.

"aucun soldat israélien n'a commis de viols, de meurtres délibérés de civils, d'assassinats de masse"

Les p'tits gars de Tsahal sont définitivement de vivantes exceptions à toutes les traditions militaires : ils seraient les seuls soldats en guerre de toute l'histoire de l'humanité à ne pas commettre les habituelles exactions de la soldatesque contre des civils. Eric Marty ne va toutefois pas jusqu'à avancer qu'ils sont tous végétariens et font pipi assis sur la cuvette, mais on en est pas si loin, allez.

Et là, à un moment, peut-être conscient que ce qu'il écrit n'est pas tout à fait crédible non plus, Eric Marty de faire semblant de rétropédaler en se contredisant lui-même dans le même article :

"S'il y a eu des crimes de guerre, c'est que la guerre est criminelle, et qu'aucune armée, même l'armée israélienne, qui la plupart du temps a pris mille précautions pour prévenir les civils des bombardements, par SMS, par radio, ne peut éviter les crimes".

Faudrait savoir, là : y'en a eu ou y'en a pas eu, des crimes de guerre, merde à la fin ?
(Sauf que pour les civils morts, ça fait pas grande différence vu qu'il s'en foutent : puisque morts).

Mais le plus intéressant au final n'est pas ce que notre Steven Seagal de la propagande pro-sioniste déblatère dans son article : ce qui frappe, c'est ce dont il ne parle pas.
Les bombes au phosphore blanc, il n'en parle pas.
Les colonies, il n'en parle pas.
La confiscation de l'eau, il n'en parle pas.
Le statut de citoyens de seconde zone des palestiniens, il n'en parle pas.
Les choses qui ne l'arrangent pas et pourraient montrer dans quel vertigineux délire il est enfermé : il n'en parle pas...

Ou alors il nie que ça existe purement et simplement.
Ce qui ne grandit pas vraiment, et c'est le moins qu'on puisse dire, la personne qui emploie de pareils procédés.

mercredi 21 avril 2010

Une seule question

C'était en 2004, on revenait de Montpellier avec A. et M. après notre deuxième week-end de formation pour une association de lutte contre le Sida où on étaient tous trois bénévoles. Dans la voiture (M. conductrice, moi sur le siège avant, A. derrière), la conversation porte sur les présidentielles de 2002 et sur ce désormais fameux 21 avril. Et quand on se demande mutuellement pour qui on a voté, A. lâche :

"Le Pen. Et aux deux tours."

Stupeur dans l'habitacle : A. est salariée d'association d'aide aux personnes atteintes du VIH et sont copain...est arabe.
Réaction immédiate et échevelée de M. qui commence a expliquer que c'est pas bien et que c'est trop ceci et pas assez cela, et que tu te rends pas compte, et que c'est pas possible blablabla ; comme quoi la sincérité et la spontanéité c'est bien gentil, mais ça sert surtout à se faire du bien à soi en évitant de réfléchir sur les questions qui peuvent fâcher.

Je vois A. se crisper face à ce déferlement de morale à deux balles, et m'étant tenu coi jusqu'alors, je demande :

"Pourquoi ?"

Et A. de se tourner surprise vers moi : "Depuis deux ans, tu es la première personne qui me pose la question...".

Et d'expliquer pourquoi ; et point dans sa réponse de clichés poujadistes qui font le régal des décérébrés amoureux de la flaque de vomi froid Zemmour, nulle expression d'inquiétude quant à l'imminence d'une invasion islamiste, A. vivant à l'époque depuis deux ans avec un auto-proclamé musulman qui mange du saucisson et boit du pinard, elle n'était pas dans ce genre de sornettes.
Elle a donc voté Goret - et aux deux tours -, parce que la corruption.
Parce que les licenciements et les délocalisations.
Parce que le dégoût violent de ces socialistes qui méprisent ceux qui votent pour eux en espérant qu'il vont un jour faire quelque chose de gauche.
Parce que en tant que salariée d'association sociale, elle était en première ligne pour voir que les réduction d'effectifs dans les hôpitaux et les coupes budgétaires dans le social détruisent des êtres humains.
Parce que son salaire lui permet de s'en sortir mais à peine et que le loyer a encore augmenté cette année.
Parce que ce sentiment angoissant de rage impuissante que rien ne change et que ce sont toujours ceux qui sont bien nés qui s'en sortent.
Parce qu'elle en avait marre et que voter Goret était le meilleur moyen de foutre le bordel.

On comprendra donc que dès qu'on arrête de se complaire dans la posture moralisante, ce sont bien des choses qui apparaissent ; puisque désormais, on le sait et on ne le sait que trop bien : excepté des pauvres merdes votant toujours hypocritement FN en espérant un jour être débarrassés des méchants étrangers pas comme eux, l'essentiel du vote frontiste est une expression de mal-être social, et c'est précisément cette vérité qui est la plus dérangeante. Ceux qui ont voté Père et qui continuent à voter Fille ne théorisent pas le choc des civilisations et ne savent sans doute même pas que Fsetouche existe. Ils ont peur du chômage et se sentent impuissants et dépossédés face à des réalités politiques qui les écrasent. Il voient un rouleau compresseur leur arriver dessus et ne trouvent personne pour les aider, les soutenir, voire même simplement reconnaître qu'ils existent. Ils ne trouvent d'exutoire politique que dans le mensonge démagogique frontiste, qui met toujours de côté son programme économique quand il s'exprime puisque c'est le même que celui qui détruit ceux qui votent pour lui.

C'est pourquoi ces gens sont niés, c'est une classe politique qui refuse de les écouter et de les entendre et qui les agonit d'injures et de mépris depuis trente ans qui porte la responsabilité de ce vote.
Jean-Luc Benhamias, alors chez les Verts avant que de passer au Modem et c'est dire toute la hauteur de vues politiques du personnage, quand on lui parlait des électeurs du FN, s'était drapé dans toute sa bouffissure moralisante et avait lâché : "Ces gens c'est simple, je ne leur parle pas !".
Pauvre connard.
C'est précisément par ce que les gens comme toi ne leur parlent pas, ne leur parlent plus, n'ont même plus envie de leur parler, qu'ils se tournent vers les seuls qui au moins font semblant de les écouter.
Alors que quand on fait la démarche simple de demander "pourquoi ?" au lieu de leur brailler dessus, autre façon de refuser de les écouter, quand on leur pose une simple question, le seul fan de leur poser la question est déjà le début d'un soulagement, en l'occurrence visible sur la visage de A. à ce moment là.

Il y aura toujours une horde de pauvres dégénérés qui voteront FN parce leur racisme endémique est incurable ; ces gens sont des porcs et méritent de crever lentement.
Mais il va falloir enfin comprendre que la motivation principale de pans entiers de cet électorat n'est pas la peur des minarets, mais d'autres peurs plus profondes et plus réelles dont les coupables ne vivent nullement en banlieue, mais dans des hôtels particuliers dont un jour il fauda bien les déloger. Et par la force de préférence.

En attendant, c'est aussi à une certaine gauche de se remettre en question et d'arrêter de faire la morale pour son petit confort.

Tout bénef', quoi

"Plutôt que de tailler n'importe comment dans les budgets, ce qui risque de faire chuter la consommation et de porter atteinte à la croissance, pourquoi ne pas, dans certains pays, augmenter l'âge de la retraite ? On ferait d'une pierre deux coups : outre l'assainissement des finances publiques, cet allongement de la vie professionnelle favorise une moindre épargne et donc soutient la consommation et la croissance".
(source)

C'était un commentaire d'un journaliste du Monde sur le plan de relance budgétaire du FMI qui va transformer le continent occidental en nouveaux pays du Tiers-monde.
Si grâce aux lumières de la journaille asservie et des penseurs de chocs des institutions mondiales on finit pas en venir à une catastrophe d'ampleur genre La route, je propose que les économistes et les élèves d'école de journalisme soient bouffés les premiers.


mardi 20 avril 2010

Se faire violence

Je veux bien croire à toutes les sornettes possibles et imaginables, je veux bien admettre tout ce qu'on veut, y compris les trucs les plus aberrants, des thétans scientologues jusqu'au sex-appeal de Cécile Duflot en passant par la zone 51 et qu'Obama est manipulé par la pieuvre maçonnique, tout, absolument tout m'appraît plus crédible et digne de foi que l'antienne des dégénérés qui martèlent depuis trente ans que le libéralisme construit le bonheur de la population mondiale. On reste béat d'une sorte d'admiration mi-fascinée mi-révulsée devant une telle capacité de déni de la réalité la plus élémentaire, la plus immédiate, la plus clairement visible. À ce stade, on ne parle plus économie ou géopolitique, mais clairement de psychiatrie lourde. Au point par ailleurs qu'il est parfaitement inutile de tenter avoir la moindre discussion avec les derniers malades qui se réclament encore du néolibéralisme puisque parler avec des fous, c'est se mettre à leur niveau en considérant que ce qu'ils disent à une quelconque pertinence. Étant parfaitement incapables qui plus est de seulement tenter d'imaginer qu'il puisse simplement exister autre chose que leur démence - sécheresse mentale qui est l'une des conséquences de leur vision économiciste du monde d'une rare pauvreté -, ils dansent en rond autour de leurs totems en implorant que le Libre Marché leur fasse signe et se tiennent chaud en ricanant sur les collectivistes qui les cernent.

Il est tout mignon, le libéralisme ? Il veut le bonheur de tous, le libéralisme ? Il améliore le niveau de vie mondial le libéralisme ? Alors comment, mais comment donc est-ce que on est passé en deux articles du Monde de 854 millions de personnes souffrant de la faim en 2007 (24.04.08) à 1,02 milliard selon le rapport FAO de 2009 (14.10.09) ? Comment expliquer que sur une planète on ne peut plus largement idéologiquement acquise aux charmes austères du Joli Marché Qui Fait Des Bisous, Marché toujours soutenu avec enthousiasme par des organisations aussi pétries d'humanisme et de philanthropie que l'OCDE, le FMI et la Banque mondiale, il y ait eu d'un coup d'un seul quelque 148 millions de crevards supplémentaires alors que quand on prête une oreille consternée aux gourous de la marchandisation mondialisée, ils ressèrent leurs cravates et assurent qu'avec un peu de patience les choses vont s'améliorer, puisqu'il faut encore plus de libéralisme ?

Mais certainement qu'à l'instar des subprimes étasuniennes, qui sont non pas mais alors pas du tout de la faute d'un marché immobilier devenu fou à force de spéculation et de l'avidité délirante de banquiers irresponsables mais bel et bien de la faute de ces connards de pauvres qui ont eu l'outrecuidance de vouloir une maison à eux, c'est de leur faute aussi à ces glands si ils crèvent gentiment la dalle, pas vrai ? Et puis on sait pas finalement, ils sont peut-être au régime en prévision de la plage ?

La force des débiles néolibéraux, c'est que tout ce qu'on pourra leur objecter, tout ce qu'on pourra produire comme discours, études chiffrées, enquêtes d'organismes internationaux, rapports, même la simple observation de leur quotidien par le constat de l'observation de la hausse du prix de la bouffe et de l'érosion manifeste de leur pouvoir d'achat, même en leur mettant le nez direct dans leur caca monétariste, ils expliqueront sincèrement que ça sent comme la plus délicieuse des roses parce qu'ils sont à ce point pervertis psychologiquement qu'ils sont parfaitement sincères...

Ce déni des réalités les plus élémentaires se redouble et se renforce de l'autre déni consistant à se plaindre sans trêve ni repos de la méchante bien-pensance collectiviste qui les cerne de partout et à inonder tout l'Internet de leurs larmes face à monde trop méchant qui leur imposerait un joug de fer, jusqu'à pour les plus atteints à se prétendre littéralement opprimés puisque blancs hommes et hétérosexuels. On est en plein délire ? Bien sûr, puisque ce sont des dingues et c'est la fonction première du dingue de raconter des fantasmes avec d'autant plus de conviction qu'ils les croit vrais.

Face à cette marée de connerie clinique, il faut arrêter définitivement et pour de bon de chercher à dialoguer. Le néolibéralisme est la pourriture par excellence, des camions entiers de livres savants l'ont déjà amplement démontré en long en large et en travers, on en sait plus qu'assez désormais sur sa réalité concrète et partant nous n'avons plus rien à démontrer. Cette manie de notre camp de toujours se tenir sur la défensive en tentant de faire du "débat" avec des barbares est à peu près aussi utile et efficace que d'expliquer à un requin qu'il faut qu'il devienne végétarien. Faire du simulacre de "débat", c'est pour les porte-paroles assez courageux pour passer à la téloche en face de petites merdes d'écoles de commerce histoire de présenter un autre point de vue que la bouillie poujadiste qui en est le lot quotidien. Nous qui avons la chance de ne pas avoir à subir ça n'avons aucune raison objective de chercher à argumenter quoi que ce soit. On nie. On se fout de leur gueule. On insulte. On écrase. On refuse. Et surtout, surtout, on ne cherche plus jamais à se défendre : on impose. On impose les termes de l'échange, on impose le terrain d'affrontement, on impose nos idées et on écoute pas les leurs.

Ce sera difficile parce qu'à la base, on est dans une culture de l'empathie et c'est ça qui nous rend certes meilleurs qu'eux humainement parlant, mais qui nous grève cruellement quand on est en face d'eux : rendez-vous compte, on "respecte leur opinion même si on est pas d'accord"...

Se faire violence pour en finir avec ce trop-plein de "respect de la parole d'autrui" est le premier préalable pour qu'enfin nos idées recommencent de pénétrer les esprits. La "pédagogie" ne sert à rien, c'est un truc de profs et on est pas en classe face à des élèves obligés de vous écouter sagement. On est en face de barbares et on ne dialogue pas avec les barbares.

lundi 19 avril 2010

Rhoooo les vilains...

Les méchant de la CGT du livre, ils ont mis le bazar dans la permanence d'un député UMP et ça c'est pas gentil du tout.


Des militants de la CGT saccagent le local d’un député UMP
envoyé par bergheim. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Renseignements pris, le Richard Maillé en question n'est pas seulement l'auteur d'une proposition de loi qui si elle était appliqué sonnerait la fin définitive de toute presse non-de droite, il a aussi milité activement en faveur du travail le dimanche.

Mais, bon, c'est quand même pas une raison pour lui saccager sa permanence. Ah non alors. Comptez pas sur moi pour dire du bien d'un truc pas légal du tout. Fi.
Tiens, je vais reprendre un yaourt à la fraise, moi.


Exception culturelle et tronçonneuse



Le cinéma français, c'est devenu un truc épidermique chez moi : dès qu'on me dit "on va au cinéma" et que je comprends qu'il s'agit d'une production du terroir, je dois faire la même tête que quand on mord par mégarde dans un citron moisi. Saturation, sur-saturation, über-saturation des films franchouillards, des vaudevilles de trentenaires parisiens semi-dépressifs, de la bouffissure auteurisante psychodramatique qui donne envie d'avaler des barbituriques après 10 minutes de vision, et surtout, surtout définitivement, cette horreur sans nom qui se nomme "comédie française"...Bienvenue chez les Ch'tis, je l'ai téléchargé par curiosité, je me suis calé devant mon écran et allumé une cigarette en lançant la chose : un mégot plus tard, je stoppe le lecteur, clic droit, "Voulez vous vraiment envoyer 'Bienvenus chez les ch'tis' à la Corbeille", et Oui, putain oui, et j'ai nettoyé la Corbeille dans le foulée pour qu'aucune trace de cette saloperie ne subsiste sur mon PC chéri, qui depuis j'en suis certain ne m'a jamais vraiment pardonné.

Fort heureusement et depuis quelques années, une poignée d'hurluberlus se lancent dans le très casse-gueule registre du cinéma "de genre" et ce documentaire, excellent au demeurant, est à la fois un hommage et un état des lieux de cette production encore timide. Pas la peine de citer les oeuvres, le doc le fait, on va plutôt s'interroger sur le pourquoi de la difficulté de fabriquer un cinéma "autre" dans le pays du saucisson et de l'exception culturelle bien de chez nous.

Si tant est qu'on puisse faire un - petit - reproche aux auteurs, c'est qu'on sent tout de même un certain formatage commun, ou en tout cas un corpus référentiel largement partagé s'articulant autour d'une lecture incontournable : la revue Mad Movies, mètre-étalon français de la catégorie. S'intéressant exclusivement et c'est tout à son honneur au fantastique dans toutes ses nuances, la revue est lu essentiellement par des fans-boys - très peu de filles dans le milieu, alors qu'assurément la gent féminine a elle aussi des choses à dire à ce sujet et peut-être que nos réalisateurs devraient les écouter un peu davantage...- à ce point férus qu'ils ne jurent que par les Grands - Romero, Carpenter, Verhoeven, Raimi...- et du coup veulent faire...la même chose. À savoir du très petit budget débrouillard, avec succession de scènes choc souvent proches du torture-porn, et que ça gicle le plus possible. Et ce au détriment de ce qui fait la qualité spécifique d'un film réussi quelque soit le genre en question : l'histoire. Et les personnages.

Prenons un exemple très connu : Les dents de la mer. Pourquoi ça fonctionne à ce point quand on le revoit encore aujourd'hui ? À cause du méchant requin ? Certes, c'est l'élément central. Mais encore ? Le suspense ? C'est le ressort dramatique saillant, oui, puisque le but c'est de savoir qui va se faire bouffer ou pas. Mais en disant tout ça, on passe à côté de ce qui fait l'articulation principale du film, à savoir le personnage de Chef Brody. C'est lui auquel on peut s'identifier, auquel on va adhérer dans sa démarche, qu'on va soutenir spontanément face au maire quand ce dernier veut continuer à laisser la plage ouverte parce ce qu'on est en pleine saison touristique, dont on va comprendre et partager les motivations et les buts. Sans chef Brody, avec juste une histoire de gros requin qui mange des gens, pas de dimension humaine, pas de quête de vérité et d'action - stéréotypes universels formant la trame de tout long-métrage voulant embarquer ses spectateurs dans l'aventure quelle qu'elle soit - et pas de triomphe sur l'adversité à la fin.
Le travail sur les personnages est donc indispensable si on veut toucher le public. Repensez à tous les films où vous avez ressenti quelque chose, et ce qui compte dans la dramaturgie, c'est l'humain qu'on voit à l'écran et auquel on a envie de s'identifier, qu'il aille chercher l'Arche perdue ou qu'il pointe à Pôle Emploi.

Or pour le moment, dans le cinéma français de "genre", les personnages ne sont que des prétextes. Ils sont vaguement là on ne sait trop pourquoi et leur présence ne se justifie que pour se faire charcuter en hurlant. Ensuite et encore une fois, on peut dire qu'il s'agit pour le moment de péchés de jeunesse et que les auteurs comprendront la nécessité de construire les histoires autour de leurs personnages pour toucher plus de monde et percer auprès d'un public élargi. Un peu de patience et de maturité de la forme finira par donner n'en doutons pas de brillants résultats.

Mais une autre des difficultés rencontrée par nos courageux frenchies est la pesanteur d'un certain conservatisme français et d'une frilosité particulière dès qu'il s'agit de sang neuf ; l'un des réalisateurs dans le documentaire exprime son désarroi en disant ne pas comprendre pourquoi on est dans un telle régression culturelle depuis trente ans...
Et la réponse est pourtant simple. Que se passe t-il dans notre pays depuis trente ans, socialement, politiquement, et donc par ricochet culturellement parlant ?
La "culture" au sens le plus large du terme s'est divisée entre deux courants antagonistes, deux visions qui coexistent en se regardant en chien de faïence et qu'on peut résumer dans les personnes de deux protagonistes emblématiques : Jean-Pierre Pernaut et Jack Lang.
D'un côté le populo-populiste de TF1 des petites gens bien de chez nous et la France des traditions et des terroirs avec la captation de la culture populaire pour la transformer en poujadisme et en réservoir de voix pour la droite démagogue ;
De l'autre, l'élitisme cultureux snobinard et parisianiste "de gauche", qui se pâme devant des pseudo-avant-gardes subventionnées et méprisant tout ce qui ne lui ressemble pas, illustration exemplaire de la coupure d'une certaine gauche frelatée avec le reste de la population.

Il s'ensuit logiquement une spectaculaire régression culturelle aboutissant à un repli généralisé devant toute nouveauté : soit d'un côté on ne veut que des œuvres niveau plancher pour plaire au plus grand nombre y compris en contribuant à sa crétinisation ; soit de l'autre, on verse dans l'élitisme bobo avec petites transgressions sans risque pour lecteurs de Télérama. De culture populaire au sens noble du terme, point : elle a disparue corps et âmes quand s'est creusé le fossé entre les deux autres "cultures" désormais dominantes dans leurs créneaux respectifs ; qui ont néanmoins en commun, malgré leurs grandes différences, de ne rien tant détester viscéralement que tout ce qui sort de leur champs respectifs...à toi les prolos incultes, à moi les classes moyennes éduquées, et les cochons sont bien gardés.

Alors débarquer en ayant la folle idée de faire un slasher Made In France, ouhla, rien que d'y penser est déjà une aventure en soi...

C'est pourquoi aussi il faut soutenir ce nouveau cinéma français mal élevé, qui balbutie encore, qui fait ce qu'il peut dans des conditions difficiles, qui est encore un peu trop sous la coupe de modèles pas encore dialectiquement dépassés, mais qui a le mérite non seulement d'exister, mais qui sera peut-être, qui sait ? la matrice assurant le renouvellement tant espéré et attendu d'une culture exsangue à force de conformismes. Le renouveau par ce qui est toujours méprisé comme soit trop perturbant, soit pas assez "intelligent" ? La revanche n'en serait que plus savoureuse...