mercredi 31 mars 2010
Rorschach

Mais ça viendra. C'est en train de venir.
Je parle évidemment des gens normaux, de gauche. Pas des sous-êtres de droite rendus fous comme des lapins par la propagande de leurs maîtres et qui passent leur temps à couiner dans leurs clapiers en se prenant pour des rottweilers.
Je constate que de plus en plus de gens - normaux - comprennent dans quel monde on vit et c'est une grande satisfaction, puisque même si c'est douloureux comme processus, certes. Il faut passer par le deuil des illusions pour voir ce monde tel qu'il est, ce monde dans lequel nous sommes et qui leur appartient.
Oui, le contrat social est une farce, en effet. Ce qu'on nous apprend à l'école est un mensonge auquel nos professeurs croient eux aussi, et les règles sont faussées dès le départ puisque ce n'est pas nous qui les faisons mais eux. Mais ça, on ne le dit jamais à l'école. On ne dit jamais : il y'a les gens comme vous, les enfants, qui peineront leur vie durant pour que d'autres puissent vivre dans la plus obscène opulence. Ces gens viendront vous expliquer que tel est l'ordre éternel des choses et que vous ne pouvez rien faire, et certains même parmi vous les croiront.
Pour eux vous n'êtes rien. Vous n'existez pas, vous êtes des fantômes errant dans brouillard, ils ne vous distinguent qu'à peine et encore : quand ils leur arrive de vouloir condescendre à voir...
Ou quand il n'ont plus le choix.
Voilà la vérité de ce monde qui devrait être enseignée dès le plus jeune âge mais tout le monde le sait et personne ne le dit. Tout le monde fait semblant. Tous équilibristes sur des fils qui s'amenuisent et qui font comme si le gouffre ne les appelaient pas.
On ouvre le journal et on parle de gens qui courent après un ballon pendant que d'autres sont remerciés d'être riches en leur donnant plus d'argent. On parle d'hommes qui détruisent des enfants par des choses obscènes et ces hommes sont protégés parce que leur chef est un roi de ce monde. On parle de cadavres dans des charniers et les coupables passent à la télévision. On parle de gens répandus sur toute une rue dans des mares de sang parce qu'il vivent dans un pays dont le sol est plein d'une chose dont nos bagnoles ont besoin.
Et nous observons. Fascinés.
Le pire c'est d'être confronté à tant de lâchetés différentes.
Il y'a des gens qui nous parlent pour nous dire que c'est comme ça et qu'on y peut rien et qu'il en a toujours été ainsi et que tout ce qu'on peut espérer faire c'est améliorer des petites choses par des petits pas en faisant des petits actes. Et ils sourient parce qu'ils sont convaincu d'avoir raison et ils veulent vous convaincre qu'ils ont raison. Ils sourient et on a envie de leur enfoncer ce sourire dans la gorge à coups de talon, pour effacer définitivement ce rictus qui blesse nos yeux. Mais on ne le fait parce qu'on est beaucoup trop bien élevés. Et aussi parce qu'on sait qu'en définitive ça ne servirait à rien.
Quand on s'aperçoit, enfin, que ce monde est construit sur un mensonge et que ce mensonge est répété tout les jours par tout le monde dans une boucle du déni généralisé, quand enfin on s'arrête et qu'on regarde vraiment ce qu'on est en train de caqueter avec les autres, quand on voit la violente plaisanterie de ce qu'on a si longtemps cru, oui en effet, ça fait comme un choc...
"Les hommes naissent libres et égaux en droit".
Hilarant, non ?
Non, je sais. Ce n'est pas drôle. Une mauvaise blague faite par un clown dépressif dans un cirque vide.
Ce moment de lucidité est toujours déplaisant mais c'est un passage obligé.
Il faut se débarrasser de ce qui encombre et aveugle pour y voir plus clair. Enfin.
Sur le moment, on ne le considère pas comme ça, bien sûr. C'est normal.
Ça ira mieux après.
mardi 30 mars 2010
Canard de merde
Prenant prétexte de la parution du livre d'une démographe, Régis Soubrouillard piaille dans le chapeau :
"Dans Les yeux grands fermés, la démographe Michèle Tribalat pourfend la bien-pensance de rigueur en matière d'immigration: statistiques, mensongères, refus de considérer le coût de l’immigration, absence des débats. L’auteur s'inquiète de l'aveuglement complice des pouvoirs publics."
Ah, cette dictature de la "bien-pensance" qui opprime les petits blancs fielleux comme notre Régis, fi ! Vivement qu'on en finisse avec ce totalitarisme métissé, pas vrai ? Où l'on voit d'emblée qu'avant même d'avoir commencé son article, Soubrouillard sait trouver les mots qui font remonter un frisson d'aise dans les scrotums du fan-club d'Ivan Rioufol. Cela n'a rien d'anodin, puisque le but est de s'adresser à la fange de ratés aigris qui mettent les échecs de leurs tristes existences inutiles sur le large dos des pas comme eux.
"« Le modèle français » assimilationniste s’effondre sous nos yeux, et le pays s’interdit les analyses et débats scientifiques qui permettraient de regarder cette France en voie de « désintégration » en face."
Voui, c'est bien vrai, ça. Et pas du totu parce que de modèle français assimilationniste, il n'y en a jamais eu réellement. Quand et où a t-on fait effort de seulemnt faire semblant de faire une vraie place aux immigrés ? Parce que les reléguer en banlieues moches, non, ce n'est pas une façon "d'assimiler" quoi que ce soit.
Continuant de fustiger "des statistiques politiquement convenables puisqu’elles interdisent toute discussion sur le sujet du coût de l’immigration, le développement des mariages mixtes d’où « une ignorance généralisée et des difficultés à imaginer les politiques efficaces ».
Le syndrome orwellien « qui consiste soit à présenter sous un jour favorable des faits qui dérangent, soit à les dissimuler, soit à incriminer le porteur de mauvaises nouvelles », Soubrouillard nous promet donc du saignant, des chiffres "vrais", du contenu dense et costaud, du violent, du...
Sauf que non. Puisque au fait : on est dans Marianne, là. Mais attention : "Michèle Tribalat donne des chiffres". Ça va chier. ("des chiffres", certes, mais pas ceux du "coût" de l'immigration promis. Peut-être parce que parler du "coût" impliquerait de poser la question de ce que ça "rapporte", l'immigration. Mais ça, c'est un terrain droidlhommiste, sans doute).
"Suit une avalanche de chiffres. En 1999, en France, 14 millions de personnes étaient d’origine étrangère soit un quart de la population pour majorité originaires d’Europe du sud (5,2 millions) contre 3 millions d’origine maghrébine.
En Ile de France, la proportion des populations d’origine étrangère est passée de 16% à 37% entre 1968 et 2005.
A Blois, un tiers des jeunes sont d'origine étrangère, alors qu'ils n'étaient qu'un sur vingt à la fin des années 60 ; à Grigny, dans l'Essonne, 31 % des jeunes sont d'origine subsaharienne, soit trois fois plus qu'en 1990, ce qui constitue le record de France."
OH MON DIEU IL Y A DES IMMIGRÉS EN FRANCE !!!!
Et pour la catégorie précise du lectorat auquel ça s'adresse, ça se traduit par : hein ? Hein ? On est plus chez nous, hein ???
"Les phénomènes de « concentration » s’additionnent. Ainsi la ségrégation sociale s’ajoute à la ségrégation ethnique. Dans le 18è arrondissement 37% des jeunes sont d’origine maghrébine, subsaharienne ou turque et 62% de leurs voisins sont de même origine. Autant de symptômes du déclin de la mixité que Michèle Tribalat assimile à des « stratégies d’évitement »."
En revanche, dans le 16ème arrondissement, ben la mixité elle n'est pas en déclin vu qu'elle n'a jamais existé. Mais on aura compris qu'il s'agit d'abord de présenter les choses sous l'angle ethniciste et suuuurtout pas social. Vu que si les étrangers ils restent entre eux, c'est qu'ils le veulent bien, aussi. Si vous vous posez la question, oui, en effet, c'est de la merde en branche.
"Se basant sur des études britanniques, la démographe minimise l’argument selon lequel les immigrés sont indispensables à nos économies car « ils exerceraient les emplois que les natifs ne veulent pas faire ». Dans les années 2000, l’afflux massif d’immigrés en Angleterre n’a pas réduit le nombre d’emplois souffrant de pénuries. Il est resté voisin de 600.000 car l’immigration accroît à la fois la demande et l’offre de travail. La France s’interdit toute étude de ce type."
L'immigré est responsable du chômage de masse, on vous dit. Ce n'est pourtant pas faute d'occuper des boulots de merde mal payé, dame, il fait ce qu'il peut pour être intérimaire sur des chantiers ou gardien de parkings ou ramasseur de poubelles. Enfin, ceux qui veulent bien bosser, on s'est compris, pas comme les feignants qui veulent rien qu'à être assistés, les méchants.
Il serait pourtant amusant, si on ose dire, de vraiment virer tous ces immigrés qui ne servent à rien pour voir si dans la réalité, des secteurs comme le bâtiment, l'automobile ou la restauration peuvent fonctionner sans ces corvéables à merci.
Mais tel n'est pas le propos de Soubrouillard.
Son propos c'est briser le "tabou" de l'immigration, c'est à dire : conforter le lectorat péniste dans ses certitudes de gros cons.
Et le résultat concret c'est que, comme désormais d'habitude, Marianne, fait, encore, le jeu de l'extrême-droite.
lundi 29 mars 2010
La cyberpolitique a t-elle un avenir (ou pas) ?
"En premier lieu, Nicolas Sarkozy a été élu. Certes la France de Nicolas Sarkozy n’est pas une république irréprochable mais nous sommes attachés au principe démocratique". (rires)
Bref.
L'échec était pour ainsi dire programmé, ce qui va nous donner l'occasion de faire l'état des lieux de la réflexion sur l'usage politique d'Internet en France ce qui on va le voir va aller très vite :
Rien.
Ou si peu.
Personne n'a encore articulé de théorisation viable de l'outil Internet comme autre champ d'action politique et pour le moment force est de constater que la politique en France c'est d'un côté :
- la politique "classique" avec des gens très sérieux qui passent à la télé et d'autres qui vont dans des réunions et collent des affiches ;
- Des types qui braillent sur le Web (dont votre serviteur).
Et il n'y a pas de lien entre les deux ; c'est d'ailleurs pour ça qu'il ne sert à rien de déprimer en constatant ô surprise que bloguer n'a qu'un impact très modéré genre : zéro sur le cours des choses, tenir un joli blog ne servant qu'à s'exprimer et par exemple dans mon cas à pourrir les journées de plein de gens que je ne rencontrerai jamais mais que je n'aime pas quand même. Ce qui est déjà pas mal. Et me fait un bien fou. Je suis certain que CSP m'a fait économiser trois ans de thérapie, vraiment. Ensuite, si je ne l'avais pas fait, je sais pas, j'aurais fait du Systema ou un truc dans le genre mais je m'égare excusez moi.
Il n'y a donc pas de causalité entre ce qui se passe sur Internet et ce qui se passe IRL. On peut rouspéter tant qu'on veut et appeler aux plus féroces insurrections, on est toujours qu'un type tout seul devant un clavier. Alors Internet en politique, à quoi ça sert et surtout : comment on s'en sert ?
Soit on fait des portails d'informations - genre Rézo, qui fait ça très bien - et il me semble que de ce point de vue on est très en retard vis-à-vis du camp d'en face qui lui a très bien compris la nécessité d'avoir des ressources et des informations en ligne, à la fois pour obtenir des infos sans passer par les canaux "officiels" et pour se rassurer idéologiquement en se tenant chaud - ce qui va devenir de plus en plus important dans des espaces médiatiques de plus en plus verrouillés par une fabrication galopante de consensus à tout prix pour compenser une période très morose en train d'advenir - et pour développer une propagande de type "horizontale"
Et conjointement, l'un n'excluant nullement l'autre, on se pose la question de comment mobiliser grâce à Internet, puisque au moins un y est arrivé et de spectaculaire façon : Barack Obama himself. Si vous avez le temps, je ne saurais trop vous recommander la lecture du rapport de Terra Nova - le machin socialo-atlantiste qui voudrait se prendre pour un think-tank modèle ïouesse - sur la campagne Obama, qui est d'autant plus le modèle du genre que c'est rien moins que le premier qui a réussi le passage du online au offline en rassemblant des gens sur Facebook pour ensuite les envoyer faire du porte-à-porte. Au delà du spectaculaire de la chose, cette manière de faire de la politique va certainement peser très lourd dans les années à venir et montre qu'un usage politique et militant d'Internet est possible, à condition toutefois de ne pas en attendre tout et n'importe quoi.
Ainsi, nos amis socialistes qui, fascinés par le modèle Obama, se mettent à pondre des Facebook à usage interne où ils s'embrochent joyeusement entre eux, n'ont comme d'habitude rien compris à rien. Un site ou un forum a usage interne d'un parti ou d'un courant politique vire systématiquement à l'autisme militant et aux propos les plus déconnectés du réel, preuve en est les débats stratosphériques qu'on peut lire l'oeil effondré sur le Forum Marxiste Révolutionnaire.
Et l'idée assez géniale il faut le reconnaître des stratèges de la campagne Obama a été de concevoir des espaces virtuels où la discussion était certes présente mais qui étaient d'abord tournés vers l'action concrète. En résumé, du virtuel au réel : pas d'incidences. En revanche, partir du réel - les militants - pour inciter des gens à se connecter sur les espaces virtuels, sites, réseaux sociaux etc., afin de les convaincre et ensuite leur donner des billes pour qu'il retournent agir dans le réel, et ensuite faire des bilans dans le virtuel pour ensuite retourner etc. C'est cette circulation, cette articulation IRL > online > IRL...qui a construit le succès de cette campagne. Qui a mobilisé de la plus efficace façon des milliers de personnes pour leur candidat. Mais la leçon principale c'est que tout vient de la base, tout vient des militants de terrain, tout est axé sur eux.
On comprend ainsi qu'un usage politique d'Internet qui se contenterait de rester dans le virtuel sans lien avec la réalité est d'avance condamné à rester dans l'onanisme. On ne peut pas militer sur Internet. On peut y faire de la propagande, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Et même si celle-ci a une incontestable utilité et qui ne va que pouvoir grandir dans nos sociétés de l'information et de sur-usage du symbolique, en aucun cas ça ne remplacera le vrai travail d'action au ras des pâquerettes.
Il s'agit donc de trouver - voir d'inventer - l'articulation entre les deux, entre le "combat culturel" au sens large du terme et la mobilisation dans la rue. Tout en sachant bien que peu ou prou tout ou presque est à construire dans ce domaine.
samedi 27 mars 2010
Rétroéclairage
- Elle a eu des succès, mais limités. Les (combattants) sont des guérilleros depuis vingt ans, c'est-à-dire qu'ils ont acquis des habitudes extraordinairement réflexes dans ce domaine.(...) au cours des combats, les combattants (...) maintiennent une résistance pendant un certain temps, et puis, après, ils disparaissent !
- Mais les Américains le savent, maintenant, cela !
- Bien sûr qu'ils le savent, mais pour combattre ce genre de chose, ce n'est pas commode.
(...) - Ce qu'on ne comprend toujours pas, c'est pourquoi les Américains, disposant des services de renseignements qu'ils se flattent d'avoir, ne s'adaptent pas au fur et à mesure à l'amélioration et à l'accroissement du matériel adverse.
- Je crois surtout que la différence provient de ce que l'armée américaine est bâtie sur le modèle de ce que j'appellerai une entreprise de production de feu. C'est une énorme pompe qui fabrique du feu comme une salamandre : aviation, artillerie, etc. Ils restent sur la base des théories qui régnaient en France, d'ailleurs, en 1917 sous l'influence de Pétain : le feu conquiert, l'infanterie occupe. Ils n'ont pas, si vous voulez, l'infanterie manoeuvrière correspondant à une action autonome du combattant. Pour eux, le combat c'est d'abord du feu et puis après on va voir; s'il y a quelque chose qui résiste encore, on redemande du feu et puis on retourne y voir.
De l'autre côté, au contraire, c'est une infanterie infiniment manoeuvrière et c'est cela qui fait le décalage entre les deux. Maintenant que les autres ont du feu - pas autant, mais quand même - on se rend compte que l'armée américaine n'est pas assez manoeuvrière, qu'elle est infiniment lourde.
- Comment expliquez-vous qu'une armée qui dispose de spécialistes, (...), de machines électroniques, n'arrive pas à rédiger des fiches à mettre dans ses machines ?
- Je crois que c'est justement là qu'est l'explication.
D'abord, les Américains, depuis le début - je pense à l'OTAN. - manipulent le renseignement beaucoup trop en vue des buts politiques qu'ils poursuivent; si, à un moment donné, ils veulent démontrer que le Guatemala menace, ils sortiront des renseignements terribles sur le Guatemala. Cela, c'est un aspect.
L'autre aspect, c'est, je crois, qu'ils s'intoxiquent eux-mêmes par le maniement des chiffres.(...) Alors, faute de qualifier les chiffres dont ils se servent, faute d'introduire dans leurs machines des éléments non pondérables, ils vivent sur des statistiques qui sont absolument trompeuses et qui les intoxiquent eux-mêmes.(...).
Je crois qu'il y a le plus souvent une part d'auto-intoxication et de mauvais maniement d'un problème complexe avec des chiffres beaucoup trop brutaux.
- Comment réagissent-ils avec les experts comme vous, dans leurs conversations ? Sont-ils agacés ? Ecoutent-ils ? Prétendent-ils que la leçon n'est pas valable ?
- Autrefois, ils réagissaient souvent ainsi. J'ai trouvé, cette fois-ci, des gens infiniment plus ouverts, je dirai même très ouverts. Mais il y a aussi le conformisme qui fait que chacun adhère à la thèse officielle. Je crois que le conformisme américain est une chose que nous imaginons mal. C'est un pays libre et, dans le même temps, c'est un pays conformiste.
- Est-ce que vous avez eu l'impression que malgré les exposés que leur font les spécialistes (...), les officiers se rendaient compte vraiment de la nature de la guerre et de la situation ?
- Les officiers qui sont sur le tas, il faudrait quand même qu'ils soient très aveugles pour ne pas comprendre que leur situation n'est pas commode. Mais, au fur et à mesure qu'on s'élève, il y a une espèce d'optimisme officiel, renforcé par le conformisme !
- Si vous aviez à résumer la situation des forces américaines (...), que diriez-vous ?
- Elle est très délicate !...
- C'est un euphémisme ! Jusqu'à quel point ?
- Je crois que la vérité, c'est qu'ils ont perdu l'initiative et qu'ils n'ont pas pour le moment les moyens de la reprendre, car pour ce faire, il faudrait qu'ils reconstituent des réserves et ils ne peuvent le faire que par des évacuations. Or, nulle part ils n'ont pris de décision d'évacuation, voulant maintenir l'occupation qu'ils ont réalisée. Ils sont donc obligés, pour reconstituer les réserves, d'attendre les renforts et, tant qu'ils ne les auront pas, ils seront dans une situation, je le répète, très délicate.
(...)
- Et les Américains ? Que peuvent-ils faire ?
- A leur place, je regrouperais mes moyens. Je n'ai pas d'opinion très ferme sur ce que je conserverais ou la perdrais, mais je sais, par exemple, que je lâcherais tous les hauts plateaux moi qui n'ont aucun intérêt politique, ni aucun intérêt militaire.
Je crois que la décision qu'ils ont prise de ne rien évacuer est une faiblesse. Maintenant, je sais bien que cela pouvait leur poser des problèmes à cause des tonnages énormes à abandonner, etc.
(...) - Ce qui semble avoir été prouvé une nouvelle fois, (...) c'est l'inefficacité presque totale du bombardement aérien comme arme stratégique, ce qui était déjà apparu clairement pendant la Seconde Guerre mondiale.
-L'action aérienne a comme inconvénient qu'elle ne peut pas être nuancée; vous pouvez, à la rigueur, occuper un pays et être, comme les Allemands en 1940, très «corrects», vous n'êtes pas obligés de faire des brutalités pour contrôler le pays, tandis qu'avec l'aviation, ou bien, vous cassez tout, ou bien vous ne faites rien. Vraiment cela manque de nuances. Si vous cassez tout, vous êtes une brute, et si vous ne faites rien, les gens se rassurent."
Interview du Général André Beaufre.
Paru dans Le nouvel Observateur, semaine du Jeudi 17 avril 1968
vendredi 26 mars 2010
Et c'est qui Raoul ?
Mais bon, on a beau essayer, quand on est des nains, on est des nains, pas vrai ?
Allez, je veux pas être vraiment méchant sur ce coup et je vous laisse avec vos 12 lecteurs. Mickeys.
2012...
Pour les socialos, il paraîtrait vaguement q'il y aurait une sorte de réformes scélérates des retraites en cours, mais il s'en foutent complètement : la seule chose qui les remue, c'est leurs primaires visant à désigner un candidat unique P"S"-EE pour la prochaine présidentielle. De ce point de vue, ils finiront bien par trouver un accord, on leur fait confiance là dessus.
Le Frodgôche voudra peut-être faire un cavalier seul de premier tour pour ensuite se placer aux bon endroit si il y a des places à prendre ; qui sera leur candidat, Mélenchon ou autre n'a pas tellement d'importance.
Tout ce petit monde réunifié au deuxième tour sous le seul cri de "Tout Sauf Sarkozy" pourrait bien finir par arriver aux affaires avec les voix de gauche certes, mais aussi celles des électeurs centristes exaspérés et même d'une partie de la droite totalement excédée par les outrances de Sarko.
Et nous nous retrouvons avec les socialistes aux pouvoir et un gouvernement de "gauche diverse", ou de gauche colorée", peu importe.
Passé le premier moment un peu amusant à voir la tronche des umpistes en train de pleurer et lire les commentaires du Figaro.fr hurlant au retour du bolchévisme, il faudra bien quand même se poser la question de ce qui va vraiment se passer à ce moment ; puisque quand on prend du recul, et qu'on s'avise un tant soi peu de ce qui va nous tomber dessus dans les prochaines années, on aurait un peu tort de faite péter le Champomy tout de suite.
Parce que la crise.
Parce que les économies nationales de plusieurs pays européens qui passent dans le rouge les uns après les autres.
Parce que Jean-Claude Trichet trouve que mettre la Grèce en coupe réglée du FMI est une belle et bonne chose, et au diable les conséquences dramatiques que ça engendrera il faut sauver l'économie coûte que coûte même si les populations morflent. Et on peut faire confiance au Fond Monétaire International : elles morfleront, puisque partout où passe le FMI c'est pareil.
Et après la Grèce, à qui le tour ? L'Espagne ? Le Portugal ?
La France ?...
Parce que si vous pensez en chier en ce moment, dites-vous bien que c'est peanuts à côté de se qui se passera si le FMI nous fait tomber un plan d'austérité dessus ; et on ne peut pas, on ne peut plus en tout cas écarter l'hypothèse de ce genre de chose et y compris dans un avenir très proche.
Et la "gauche" au pouvoir, à ce moment là, elle fera quoi ?
Elle déclarera la rupture avec le capitalisme et lancera le pays sur les rails du Socialisme ? Je rappelle qu'on parle du gouvernement de Martine Aubry et de Daniel Cohn-Bendit.
Non : elle sera obligée d'appliquer les mesures préconisée par l'Union Européenne.
Et donc encore une fois, la "gauche" fera le sale boulot de la droite.
On voit donc que dans ces conditions, qui sont un ensemble d'hypothèses assez crédibles quand même, que foutre Sarkozy dehors serait certes une fort bonne chose, mais ne résoudra pas les problèmes.
Ensuite, si vous commencez de vous lamenter en disant "mais que faire mais que faire ???", je rappelle tout de même que c'est quand même les gens qui votent socialos depuis des lustres, et y compris par dépit mais votent socialos quand même, qui pourraient s'interroger sur cette frilosité politique perpétuelle qui les pousse à systématiquement choisir la gauche de droite pour faire pièce à la droite de droite. On peut gueuler tant qu'on veut sur les dominants, si les dominés qui disposent d'un bulletin de vote font n'importe quoi avec depuis des décennies, c'est pas sûr qu'on aille vers un mieux, c'est évident.
Alors bon, que dire...
Vous êtes en bonne forme physique, sinon ? Ce serait peut-être bien que vous repreniez le sport. Histoire de se remettre en condition, tout ça. Et penser à s'acheter de bonnes godasses, aussi. Disons qu'il y a des chances que ça puisse servir.
mercredi 24 mars 2010
La solidarité des cloportes
(et je reste toujours ébaubi de voir que des gens peuvent employer ce genre de vocable avec sincérité. En le pensant sincèrement. Eric Zemmour comme Aragorn de la libre pensée. Ça fait réfléchir, non ? Y a quand même des gens qui vont pas bien, hein ? Ensuite bon, encore récemment sur Ilikeyourkévin, ils en étaient à dire que Nirvana - le groupe - étaient des communistes. Oui, hein ? 'Vont mal finir, les mecs, un jour. Ça sent la dépression du côté de la mi-quarantaine avec petites pilules et visionnage compulsif de vidéos de Sasha Grey. Quoi qu'en y repensant, ça semble déjà être le cas, bref).
La ligne de défense de Philippe Cohen dans son canard de merde Marianne se résume en une ligne :
" l'immigration et l'insécurité ne doivent pas devenir des débats interdits faute de faire durablement le lit du Front National qui exploite ces thèmes depuis longtemps."
C'est pour ça qu'on va exploiter ces thèmes de façon bien putassière et bien racoleuse, pas vrai Philippe Cohen ? Puisque quand on y pense, le racisme honteux et la haine de classe qui transpirent de ce que le journaleux débonde à longueur de lignes, ça serait dommage de le laisser uniquement aux racistes "officiels".
La stridente Castafiore Elisabeth Lévy, bien sûr, ne peut pas ne pas y aller de son billet boursouflé de pose de "rebelle" de salon, puisque que quand Elisabeth Lévy en colère, elle toujours écrire des conneries ainsi.
"maintenant qu’ils ont planté leurs crocs dans les mollets de notre confrère et ami Eric Zemmour, les pitbulls de la pensée correcte ne semblent pas décidés à le lâcher. Ces grands humanistes veulent sa tête. Rien de moins. Il est vrai que Zemmour charrie. Pour commencer, il refuse de participer au déni de réalité qui leur tient lieu de pensée"
Elisabeth Lévy lève t-elle parfois les yeux de son écran pour s'abîmer dans une de ces bouffées de lucidité qui peuvent parfois atteindre les plus névrosés dans son genre et se rend t-elle compte à ce moment du parfait ridicule de sa petite personne de supplétive du sarkozysme ? Sans doute que non, le cas est incurable à l'évidence. Puisqu'en matière de déni de réalité, les demi-cerveaux dans son genre qui bavent à longueur d'année leurs fantasmes d'islamisation de la France et de racisme anti-blanc en connaissent en effet un sacré rayon. On ne s'étonnera donc pas que le reste de sa prose grotesque consiste à hululer l'à quel point les gens comme elle sont complètement isolés et persécutés et personne ne les aime, pleurnicheries trépignantes habituelles du petit réac qui lutte courageusement contre le Frankistan de derrière son clavier et dont le seul acte politique consiste à mettre de temps en temps un bulletin FN dans l'urne en bafouillant quelque chose comme gniiii sales gauchistes gniiii vous allez chialer gniiii on va vous crucifier gniiii mais pas aujourd'hui gniiii y a Dexter à la télé gniiii un jour ma vengeance sera terrible gniiii.
Pourra t-on avoir assez de mépris pour Elisabeth Lévy et ceux qui lui ressemblent ?
Et la réponse est : oui. On aura assez. Ils méritent.
Zemmour est peut-être devenu en effet l'homme à abattre pour nombre de personnes excédées par ses provocations de teckel nain, et franchement ça peut se comprendre. Et si je croisais un jour cette flaque sous un pont en train de mendier de quoi se déchirer la tête au White Spirit pour oublier sa vie de raté chronique tricard partout et abandonné de tous, il n'est pas impossible que je regarde à ma droite, puis à ma gauche, et constatant que personne n'est dans les parages, de lui donner quelques coups de pieds pour éclater d'un rire frais et joyeux devant ses larmes. Ce n'est qu'une hypothèse. Évidemment. Puisqu'à la réflexion, je pense plutôt que je lui donnerais 50 euros, non : j'irais moi-même lui acheter tout l'alcool qu'il veut pour le lui donner et accélérer ainsi sa déchéance. Oui. Ça, plutôt. Mais je rêve, je rêve et j'en oublie mon point de départ, où en étais-je ?
Ah oui.
Il n'est pas impossible qu'en se focalisant sur Zemmour, ces personnes passent un peu à côté du vrai problème xénophobe en France, qui est d'abord politique et doit sortir de l'alternative indignation/judiciarisation pour vraiment entrer dans la réalité de ce sujet. Voilà.
En même temps, franchement, si l'autre flaque de vomi froid peut avoir toutes les emmerdes du monde, hein.
mardi 23 mars 2010
Le "musulman" et "l'ouvrier"
Ainsi, dans les commentaire d'hier, un lecteur brocardait un forum - très à gauche, on s'est bien compris - qui est, dixit : "tellement pur et tellement vrai ouvrier que, la preuve, c'est qu'on n'y trouve aucun musulman. Que des ouvriers blancs, profs et étudiants-diants".
Et là, ça fait un peu tiquer tout de même. Puisque mettre en doute la crédibilité d'un forum de discussion du fait de l'absence d'une catégorie précise de discutants est quand même un peu léger, a priori (et le commentateur oublie tout de même de remarquer le fait on ne peut plus notable qu'il y a des ouvriers dans un forum d'extrême-gauche ! La chose est quand même remarquable, vu que jusqu'à récemment, la sociologie de notre biotope se recrutait massivement dans l'Éducation nationale ; mais bon, le verre à moitié vide, sans doute...).
Pourquoi diable faire remarquer cette absence "musulmane" et qu'est-ce que ça signifie en filigrane ?
Et en réfléchissant, on se rend compte que le "musulman" ainsi désigné ne représente pas telle ou telle individualité mais bel et bien un objet-type générique censé recouvrir la totalité de la réalité de l'immigration arabe, ce qui est aller un peu vite en besogne tout de même puisque c'est poser d'emblée l'affirmation arabes = musulmans, et même si de fait beaucoup d'arabes sont en effet musulmans, niveler les choses de manière aussi péremptoire est tout de même un raccourci assez spectaculaire.
Mais dans ce cas, pourquoi donc créer cet idéal-type ? À quoi sert-il ?
C'est là qu'on s'aperçoit que pour certaines personnes, cette figure du "musulman" devient un objet-symbole de l'opprimé "par excellence", et que son statut d'opprimé le rendrait pour ainsi dire imperméable à toute critique.
Entendons-nous bien : l'oppression, bien réelle, que subissent les populations arabes dans le joli pays du Ministère de l'Identité nationale et du FN à plus de 20 % dans certaines régions est une donnée incontestable ; nul ne le nie (excepté les gros cons mais on ne discute pas avec ces gens-là).
Notre soutien et notre action envers eux ne sont donc pas discutables, et d'ailleurs la question ne se pose même pas : ils sont discriminés, on les soutient.
Mais soutenir ne signifie pas qu'on soit acritiques sur absolument tout, non plus. Et c'est précisément là que ça clash, puisque quand on émet des critiques vis-à-vis de certains aspects d'une certaine tradition religieuse, on se voit très vite qualifier d'islamophobe", voire carrément de raciste et le débat est clos.
Or non, c'est trop facile, et il n'est pas clos loin de là.
Et immédiatement vient à l'esprit le parallèle avec cette autre figure de l'opprimé qui a fait florès dans les mêmes milieux il y a quelques années, celle de "l'ouvrier", entendu aussi comme idéal-type permettant de projeter bien des fantasmes.
Puisque là aussi, dans les grandes années du communisme old-school, on se souvient que "l'ouvrier" était parfaitement incritiquable : vu que c'était le Sujet Historique qui allait renverser le capitalisme, il était du plus extrême mauvais goût de formuler sinon des critiques mais même des analyses un peu sérieuse de cet idéal prolétarien. La classe ouvrière allait renverser avec fracas le Kapital, c'est comme ça et pas autrement, et si tu n'es pas d'accord, tu es un contre-révolutionnaire petit-bourgeois. Et le débat est clos...
De là à penser que la construction de l'objet "musulman" a remplace chez certain l'objet "ouvrier", il n y a qu'un pas que tient, allez, je franchis allégrement. "L'ouvrier" étant certes opprimé, oui, bon, d'accord, mais quand même "moins" que le "musulman" : donc, on soutient d'abord le "musulman" qui lui est vraiment opprimé.
(Quant à l'étudiant obligé de bosser en call-center pour payer des études qu'il n'a pas le temps de faire à cause de son boulot pourri, mais de quoi se plaint-il à la fin, ce petit-bourgeois, là, hein ?).
Oui, c'est n'importe quoi.
Non seulement c'est avoir une vision politique aberrante sous l'angle d'un choc des civilisations à l'envers, mais c'est établir une hiérarchisation entre les oppressions parfaitement ridicule puisque quand on soutient les opprimés, on soutient tous les opprimés de la même façon, sans en privilégier certains au détriment d'autres, sans dire que untel est plus discriminé que truc et que oui, machin souffre mais moins que bidule.
Qu'est-ce que c'est que cette bouillie là ?
Parce que si on soutient les "musulmans", ce n'est pas en tant que groupe d'appartenance à une obédience religieuse, c'est dans une optique de classe, en tant qu'exploités, et rien que d'avoir à rappeler ce qui devrait être élémentaire prouve la grande confusion qui règne dans certains esprits.
Alors donc, on soutient les ouvriers, les arabes et y compris ceux qui sont musulmans, et les ouvriers arabo-mulsulmans c'est dire si on est large, et d'autres encore. Voilà.
Mais encore une fois, soutenir n'a jamais empêché de réfléchir. Et ce n'es pas en construisant de toutes pièces des figures de Damnés De La Terre auxquelles on va se raccrocher mordicus en laissant son cerveau de côté qu'on va faire avancer quoi que ce soit.
lundi 22 mars 2010
Suzan Kelleher
Dans un billet du blog "Great America" consacré à des portrait de Républicains opposés à la réforme de la santé d'Obama, quelque chose de complètement épatant :
"Suzan Kelleher, 67 ans, conductrice de car scolaire, venue de Pennsylvanie. Elle brandit une pancarte montrant Obama en barbu, coiffé d’un turban. Sous cette représentation un rien outrée, elle explique d’une voix tranquille : « Nous croyons en l’Amérique. Ici, c’est à chacun de se débrouiller pour faire son chemin. Nous ne voulons pas que le gouvernement nous dicte quoi faire. Moi, à 67 ans, je dois encore travailler parce que ma retraite était placée en bourse : j’ai perdu 400 000 dollars avec la crise. Mais je préfère ce système, je travaillerai jusqu’au bout s’il le faut. Nous voulons rester un pays libre, pas sombrer dans le communisme »."
N'est-ce pas extraordinaire ?
N'est-ce pas absolument prodigieux d'en arriver à un tel point de joyeuse aliénation ?
Cette femme a donc vraisemblablement travaillé jusqu'à un âge fort honorable. Elle a cru dans ce si joli système, elle a épargné - beaucoup, quand même, 400 000 bucks, a t-elle hérité à un moment ? -, son épargne a été volatilisée par ce même système adoré, et elle sera donc obligée désormais de bosser jusqu'à ce qu'elle en crève...et elle continue à le soutenir, parce que l'alternative dans sa tête de vieille toupie faisandée, c'est le "communisme".
N'est-pas quelque part admirable ?
Oui, admirable en vérité, parce qu'une idéologie qui parvient à ce point à convaincre des anonymes, des millions de personnes à travers le monde, de se transformer en esclaves consentants qui soutiennent avec enthousiasme le système même qui les spolie, décidément et quelque part, on ne peut s'empêcher de l'admirer.
Au delà du cas individuel de cette Suzan Kelleher, elle est le symbole vivant de ce syndrome de Stockholm à échelle planétaire qui voit des millions de dominés se faire les partisans les plus enthousiastes de ceux qui les ruinent, qui les étranglent, qui détruisent leurs vies. Des décennies et des décennies de propagande individualiste, d'encouragement à l'égoïsme, de fariboles sur le "rêve américain" et d'anticommunisme hystérique ont fini par créer des milliers et des milliers de Suzan Kelleher, produits parfaits à la finition impeccable, prêts à se faire hacher sur place pour sauver ce qui précisément les opprime, et surtout pivots indispensables, essentiels, pour que perdure cet état de domination non seulement acceptée, mais bel et bien désiré et surtout : aimé...
Parce que ne nous y trompons pas : sans les Suzan Kelleher, sans les anonymes laborieux et enrégimentés et aliénés comme elle, impossible au capitalisme de se maintenir durablement. Impossible de maintenir une organisation économico-politique d'une telle injustice sans y faire participer activement des pans entiers de ceux-mêmes qui subissent cette injustice. Il ne suffit pas de faire se résigner des majorités pour qu'elle soient écœurées de la politique, il faut aussi enrégimenter des minorités suractives qui soutiendront cette injustice becs et ongles leur vie durant. Et feront retomber toutes les galères de leur existence sur un "communisme" d'autant plus effrayant qu'il sera fantasmé omniprésent en tant que menace permanente à combattre.
Où l'art de faire voter les pauvres pour les riches.
On ne comprendra rien au capitalisme sans se pencher sur les Suzan Kelleher.
dimanche 21 mars 2010
Internationalisme
"Camarade toujours en charge du site moche de ton pays ridicule,
Tu n'as pas répondu à mon précédent mail et ce n'est pas gentil. Pour la peine, je t'en envoie un nouveau parce que j'ai une demande spécifique pour tes dirigeants.
En lisant un article de Marianne - une sorte de canard de merde islamophobo-centriste, oui, on a des gens décidément stupéfiants, ici...-, je suis tombé sur un truc qui s'est passé dans ton pays, et ça m'a donné à réfléchir.
"Accusé «d'avoir ruiné délibérément l'économie nationale», Pak Nam-ki, 77 ans, haut responsable du Parti a été abattu, au début du mois de mars, par un peloton d’exécution dans une caserne de la capitale nord-coréenne. Face aux protestations croissantes de la population, Pak Nam-Ki a été désigné comme le bouc-émissaire du chaos économique et social qui règne dans le pays"
Fichtre. Ça plaisante qu'à moitié chez toi. Le mec, il rate une réforme et pan ! une balle. Et je me suis dit en le lisant que si on devait exécuter tous les guignols qui ratent des "réformes" dans mon pays, on aurait vite des charniers, ah ah ah.
Et puis je me suis mis à réfléchir. Je t'explique, tu n'es peut-être pas au courant de ce qui se passe en France après tout.
Depuis trente ans ou à peu près, des successions de gens passent à la télé et dans les journaux - bourgeois - pour expliquer doctement qu'il est plus qu'urgemment nécessaire de faire "réformes" sur "réformes" économiques parce que sinon on va tous mourir dans d'atroces souffrances, en gros. Ces "réformes" sont toujours et systématiquement présentées comme étant un passage obligé pour que tout le monde soit heureux et se fasse des bisous, et oui, moi aussi j'ai noté le troublant parallèle avec la façon dont sont présentées les choses dans ton pays à toi.
Le truc, c'est que ça fait trente ans qu'on voit les mêmes gens faire ces "réformes" là, et que plus ça réforme économiquement, plus ça va mal. Les gens ne sont pas heureux, ils n'ont plus de sous, ils sont tout pas bien, bref : ça marche pas. Et en plus, les gens des "réformes", ils insistent lourdement pour continuer à en faire alors que tout devrait leur prouver que ça marche nulle part et que ça donne le contraire de ce qu'ils disent, zut à la fin.
En plus, il apparaît de plus en plus clairement que ce qu'ils disent depuis des années c'est que des bêtises, et qu'à l'instar de ton compatriote, ils ruinent en fait délibérément les économies des pays pour que ceux-ci soient placés sous tutelle du FMI. Je sais pas comment on les appelle chez vous, mais ici, ce sont des "néolibéraux".
Est-ce qu'ils serait par hasard possible de vous les envoyer pour les faire tous exécuter ? Je sais bien que vous n'avez pas que ça à faire, certainement, mais c'est juste que ça serait gentil. Ensuite, je conçois que ça occasionnerait un surcroît de travail à vos malheureux soldats harassés et la tâche risque d'être un peu longue. C'est d'ailleurs pour ça qu'on vous en enverrait qu'une partie, pas tous y en a trop. Disons que si on vous fait un package avec mettons, deux ou trois cadres de la Banque centrale, tous les ministres de l'économie des 25 dernières années, une poignée de journalistes économiques et quelques députés européens pour faire le compte, ça serait vraiment chou.
Et puis on aimerait aussi vous mettre en garde face à un vrai danger de l'hydre impérialiste. Des sources irréfutables nous ont confirmé qu'un certain Eric Zemmour est le maître d'œuvre d'un plan maléfique visant à faire envahir la Corée du Nord par l'OTAN. Nous pouvons affirmer avec certitude que derrière une apparence insignifiante de roquet réactionnaire se dissimule perfidement un véritable Keyser Söze au service de la contre-révolution. Franchement, si j'étais vos services secrets, je me dépêcherai de l'enlever pour l'interroger. Le plus vigoureusement possible, en plus. Il a pas l'air comme ça mais il est hyper-coriace, en fait. Faut pas hésiter à y aller franco, il sait des choses. Plein. Il affirmera le contraire, bien évidemment, c'est pour ça qu'il faudra insister. Longtemps. Lâchez vous, ça devrait en valoir la peine.
Je crains d'abuser, mais est-ce que ce serait trop demander d'avoir la vidéo de l'interrogatoire ?
Ne me remercie pas pour ces informations, camarade. Je ne fais que mon devoir.
Bien à toi,
CSP".
samedi 20 mars 2010
Le fantasme des "quartiers"
Celui très à droite, qui pense que les Talibans ont infesté toutes les cités et préparent le Djihad qui imposera une Charia de fer avec l'aide des hordes de djeunz' à casquettes évidemment équipés de kalashnikovs et de RPG, et que la guerre civile ethnique elle est imminente (depuis plus de 20 ans, elle est imminente, hein) ;
Celui très à gauche, qui pense que le renouveau du prolétariat et de la luttes des classes est niché quelque part au pied des immeubles et que si on cherche bien on va finir par le trouver.
Nous dirons que celui très à droite est très amusant mais évidemment sans aucun intérêt, et nous nous concentrerons donc sur celui très à gauche, qui si il n'est pas totalement dénué de fondement montre quand même très vite de fortes limites.
Et nous commencerons par tordre le cou à la théorie zemmouriste de l'abandon par l'esstrèmgôche du prolétariat "traditionnel" (blanc, en bleu de travail, avec des moustaches, à la CGT et qui mange du saucisson) pour une figure du néo-damné de la terre vivant dans ces fameux "quartiers" (basané, précaire, jeune, qui écoute du rap. Et un peu musulman intégriste aussi, puisque dans la cervelle molle du réac de base, tout se vaut et s'équivaut et se confond dans le grand gloubiboulga permanent qui lui tient lieu de "pensée"). Balayons ces fadaises avec le mépris qu'elles méritent, puisque contrairement à tous les camarades syndiqués en boîte, ça fait longtemps que les tenants de ces âneries n'ont pas vu un ouvrier en vrai.
Ceci dit, il y a peut-être parfois un très net décalage entre ce que sont les quartiers, et la façon dont certains camarades les perçoivent...
C'est à dire que puisqu'il faut mordicus que nous mordions enfin sur eux, on en est parfois à entendre des choses qui ne sont pas tout à fait proches de la réalité et qui montrent surtout qu'on projette beaucoup de choses là dessus...et qu'en projetant beaucoup, et sans doute trop, on finit par tordre des bâtons dans tous les sens pour qu'il s'adaptent à cette vision des choses.
Comme de prétendre par exemple qu'une nana voilée est "représentative".
Or : non.
Je prendrai un exemple que je connais bien : le mien. Vivant moi-même dans un "quartier" depuis 6 ans maintenant, je suis obligé de dire que de filles voilées...
Je n'en ai jamais vu une seule.
Ben non.
Pas une.
J'vous jure.
(et pas de Talibans sournois non plus, mais c'est vrai qu'ils se planquent dans les caves en attendant le signal de Ben Laden).
Pourtant, je vous assure que c'est un vrai "quartier", avec des barres d'immeubles, des scooters, des jeunes qui tiennent les murs et tout. Mais pas l'ombre d'une burka, même pas un hijab de rien du tout.
Ensuite, c'est vrai qu'on pourra m'objecter que mon "quartier" n'est pas un vrai "quartier", admettons. Qu'il n'est pas "assez" quartier, quoi. Bon. D'accord.
Ma copine vit elle dans un vrai "quartier". Un gros et épais "quartier", de la vraie bonne grosse zone de chez zone à concentration de population fortement bronzée (et n'a jamais été agressée par des meutes de casquettes enragées depuis des années qu'elle y vit mais c'est un autre débat). Et il se trouve donc que je suis régulièrement chez elle, j'écris d'ailleurs ces lignes de son ordinateur en ce moment.
Un gros supermarché discount est sis à petite proximité de son immeuble et régulièrement nous y faisons les courses. Et le samedi de la semaine dernière, en fin d'après-midi, alors qu'il était archi-bondé, je me suis amusé pendant qu'on attendait notre tour à compter le nombre de femmes dans mon périmètre et partant le nombre de voilées ("représentatives"...) (et nous étions les seuls "blancs" dans le supermarché, aussi).
Femmes : 57.
Dont voilées : 3...
Dont une de plus de 60 ans.
La méthode, certes très empirique, vaut sans doute ce qu'elle vaut.
Mais c'est peut-être aussi que dans le monde réel, des filles voilées, il n'y en a que très très peu...
Pas suffisamment en tout cas pour prétendre qu'elles sont "représentatives".
De là à penser que ceux qui prétendent à cette représentativité nagent dans le fantasme...
Oui, c'est un pas que je franchis joyeusement.
Fantasme également que d'attendre une éventuelle insurrection partant des lieuban comme étincelle qui mettra le feu à la plaine. Totalement dépolitisées et exprimant d'abord une colère qui fait rage quelques jours avant de retomber aussi vite, les banlieues qui brûlent ne voient jamais leurs participants déborder le cadre géographique de leur environnement immédiat. La voiture qu'on crame est celle de son voisin. Le défouloir, c'est ce qui est immédiatement à portée et il n'est pas dirigé contre l'oppresseur.
Voir dans cette colère aveugle les ferments révolutionnaires de l'avenir risque surtout de faire patienter très longtemps...
Aux élections récentes, l'abstention a ravagé les "quartiers". Ici à Toulouse, dans la cité d'Empalot, elle a atteint 75 %...
Et comment ne pas le comprendre ? Quand on parle des quartiers dans les médias, quand des politiques s'expriment sur eux, ce n'est que pour les stigmatiser. Si il y a bien des endroits où le sentiment du "plus ça change plus c'est la même chose" est très profond, c'est bel et bien là.
Alors vouloir avoir une intervention politique dans les quartiers est certes belle et bonne chose, nul ne le nie ; mais pour que celle-ci soit efficace, il faut peut-être arrêter d'y projeter sans arrêt des espoirs fantasmés qui déforment leur réalité.
vendredi 19 mars 2010
On a les martyrs qu'on mérite
(source)
La flaque Zemmour a encore dit les bêtises que son public de dégénérés ethnodifférencialistes attendait de lui et quelques uns de s'en offusquer. Aussitôt, de tous les replis de la France la plus moisie monte un mugissement unanime : notre héros, notre martyr, notre Zemmour qui dit tout haut ce que les cons pensent de moins en moins bas, notre Guévara à nous en somme, gens de droite décomplexés, il est poursuivi par la bien-pensance totalitaire métissée etc., bon, vous connaissez désormais le lexique employée par cette théorie de moutons qui se prennent pour des aigles et les voir se dresser comme un seul homme - mais surtout de derrière un clavier, toujours un petit problème pour passer du virtuel au réel ces gens, décidément...-, serait presque amusant.
Parce que concrètement, que risque Eric Zemmour, le Bobby Sands des demeurés réacosphéristes ? Rien. Quand bien même la plainte aboutirait, et dans l'hypothèse où un juge s'ennuierait assez pour prendre le dossier, même en allant jusqu'au procès, imagine t-on qu'il serait condamné autrement que symboliquement ? Condamnation qui est peut-être même fortement désirée par notre ténia racialiste, qui ne se privera pas de la porter en bandoulière pour attester son statut alors quai-officiel - puisque reconnu par l'institution - de héraut du "parler-vrai" (= dire les mêmes choses que Le Pen en étant pas Le Pen donc comme ça, ça passe).
On voit donc où en est le "débat" concernant le racisme : d'un côté une flaque de vomi froid qui peut dire tout ce qui lui passe par la tête sans que personne ne lui rentre vraiment dedans ; de l'autre des associations qui jouent encore la carte de l'indignation "morale" pour bien montrer que halte-là, ce qui va enore plus convaincre les gros cons réactionnaires qu'ils sont rien que des victimes du communisme de la police de la pensée féministo-tchékiste. Et ce cirque, ça fait quoi ? 25 ans que ça dure, et jamais ça n'a même fait reculer d'un iota la montée du sentiment xénophobe qui peut désormais s'épanouir comme ces fleurs qui puent la charogne. Zemmour comme pourfendeur du consensus "politiquement correct" ? Soyons sérieux. Un raté aigri et autiste, rongé par sa flippe de tout ce qui ne lui ressemble pas et qui a compris qu'il avait une fenêtre de tir dans un contexte de régression pour débonder ses aigreurs de caniche névrosé. Le voilà, le héros des commentateurs du bistrot Causeur et autres singes hurleurs à clavier moite. On a les martyrs qu'on mérite, décidément.
Tant qu'on ne sortira pas de la condamnation "morale" de l'expression du racisme, on servira la soupe aux Zemmour et consorts. Tant que ce problème ne sera pas abordé sous l'angle politique, avec une analyse concrète de la fonction politique de la xénophobie comme instrument de division des dominés pour qu'ils se bouffent entre eux et ainsi éviter qu'ils se mettent à demander des comptes aux vrais responsables qui les mettent dans la merde, on restera au niveau plancher de l'antiracisme qui se donne bonne conscience, à savoir : du vent. On pourra faire toutes les lois qu'on veut, signer les pétitions les plus flamboyantes, faire les manifs les plus massives qui soient, tant qu'on reste dans "l'indignation" et l'agitation du gros doigt grondeur qui fait "rhoooo c'est pas bien de dire ça rhoooo...", ça ne servira à rien, c'est aussi simple que ça.
Et ça commence par le prise de conscience d'un fait simple, car les choses simples sont décidément les plus percutantes et les plus dangereuses : malgré toutes leurs gesticulations et leurs discours braillant "l'anti-conformisme", les Zemmour, les Philippe Cohen, les Elisabeth Lévy et autres Ivan Rioufol ne sont que les toutous de la domination, les bichons maltais hargneux de l'idéologie dominante et qu'ils sont d'autant plus hystériques que dans un contexte de crise et de doute, il faut désigner des bouc-émissaires. Voilà à quoi ils servent, voilà leur rôle social et c'est dire si des gens dont la seule fonction est de servir de roquets serviles des intérêts des puissants sont au delà de tout mépris.
jeudi 18 mars 2010
Influence
On se tromperait lourdement cependant de voir dans les résultats des régionales une adhésion enthousiaste aux charmes faisandés du socialisme gestionnaire : dans un contexte de crise, les votants ont voulu exprimer un ras-le-bol le plus immédiat possible et se sont tournés vers ceux qui semblaient les plus "crédibles" pour faire chier la droite. Le triomphalisme rose se fait d'ailleurs fort de ne jamais reconnaître publiquement que de plus en plus on ne peut parler de vote "d'adhésion" aux ébouriffantes propositions politiques du P"S" - il n'en a aucune -, mais bel et bien de vote de résignation. Par défaut. Et c'est peut-être plutôt par l'angle de la résignation qu'il faut analyser le premier tour, résignation qui prend soit la forme d'un vote dont on sait qu'il n'y a que très peu à attendre concrètement, soit tellement résigné qu'il ne se déplace même plus dans un aquoibonisme qu'on aurait tort de condamner hâtivement. Cette résignation aux relents de désespoir dans une situation politique voyant la notion même de "démocratie" devenir un gadget sans objet confisqué par une minorité de professionnels de la politique au sens le plus terne du mot est un signe que tout le monde voit, mais dont personne ne tire les conséquences concrètes. Y compris nous par ailleurs, cf. nos désastreux résultats.
En revanche, et c'est là ce qui frappe et surtout ce qui blesse : quand il n'y a pas résignation mais vote de colère et de refus, il se tourne vers le FN. Une partie de son électorat est évidemment constituée de racistes convaincus et ces gens étant irrécupérables, nous ne nous intéresserons pas à eux ; mais voir que les scores les plus élevés sont parmi les classes populaires et les jeunes doit nous interpeller, et vigoureusement. Si ceux qui prennent le plus cher par les "réformes" scélérates en sont conduits à exprimer leur colère par un vote réactionnaire, c'est aussi notre échec, l'échec de la gauche à parler à ces gens. À nous rendre audibles et lisibles pour eux.
Certes, dans les situations de crise, quand tout le monde est dans une inquiétude grandissante quant à l'avenir, le démagogue trouvera facilement les slogans simplistes qui percuteront, et nous pourrons toujours nous targuer de notre hauteur morale en fronçant le nez devant tant de "facilité" ; il n'empêche qu'à force de vouloir tout le temps vouloir exprimer des choses compliquées en refusant systématiquement de faire simple - des fois que n'est-ce pas la "pureté" du message risquerait d'en être corrompue...-, on en arrive à ça : le vote populaire se détourne de nous et va chez l'ennemi.
Et au passage, à ceux qui prendront la pose pour affirmer droits dans leurs Docs que les élections on s'en fout et que notre vrai terrain politique c'est "les luttes" et qu'il faut "construire l'orga" et "faire de la pédagogie" auprès des masses, je n'aurais pas la cruauté de rappeler que Lutte Ouvrière fait ça bien mieux que nous, et pour les résultats qu'on a vu. Il faudra bien un jour se mettre à comprendre que répéter ce genre de choses en boucle ne sert qu'à se faire plaisir et n'a jamais produit le moindre résultat en terme d'influence sur le débat politique.
Ce n'est pas important, "l'influence" ? Ah ouais ? Mais justement, quel a été le parti politique le plus influent ces 25 dernières années ? Celui qui a tiré tout le débat politique en direction de ses idées ? Oui, le Front National. Qui lui ne s'est jamais masturbé la tête si oui ou non il devait aller aux élections, ayant bien compris l'importance d'avoir des élus et de peser dans l'institutionnel.
Et avoir de l'influence dans le débat politique, c'est également pouvoir peser dans les luttes en établissant un rapport de forces plus favorables à notre camp. Si. C'est comme ça que ça se passe. Ou plutôt que ça ne se passe pas, vous l'aurez compris. Plutôt comme ça devrait se passer.
Et qu'il va falloir sérieusement réfléchir à comment on va faire en sorte pour que ça devienne comme ça.
Beat 'em all
Le célèbre escroc a-t-il oui ou non été agressé dans sa prison en décembre dernier ? A l'époque, une chaîne de télévision de Caroline du Nord avait affirmé que le financier avait été passé à tabac dans sa prison de Caroline du Sud, dans le sud-est des Etats-Unis, où il purge une peine de 150 ans. L'homme de 71 ans souffrait selon la chaîne de fractures au visage, de côtes cassées et d'un enfoncement de la poitrine.
(...)
Aujourd'hui, le Wall Street Journal assure pourtant que l'agression était bien réelle, citant "trois personnes proches du dossier". Un autre détenu de la prison aurait confirmé que Bernard Madoff avait alors eu le nez fracturé, des côtes cassées et des contusions au visage. Un autre ancien co-détenu aurait précisé qu'il s'agissait d'une histoire d'argent."
(source)
Kr. Kr. Kr.
Pauvres capitalistes. Ensuite, c'est clair qu'ils doivent souffrit, dans ces vilaines prisons communistes, mh ?
Le plus savoureux, c'est : "une histoire d'argent". Puisque connu internationalement pour ses colossales escroqueries, ses co-détenus ont vraisemblablement supposé qu'il était pété de maille planquée dehors, et ont voulu lui expliquer la nécessité du partage d'assez vigoureuse manière.
Finalement, la prison, n'est-ce pas le paradis néolibéral par excellence ? Loi du plus fort, domination par groupes d'intérêts communs qui dissimule mal un individualisme exacerbé du "ma gueule d'abord", écrasement des fragiles, hiérarchisation, brutalités et soumission exigée...
Un vrai modèle sociologique à huis clos.
C'est très mal de penser ça mais là, comme ça, on aimerait bien savoir ce que ça pourrait donner, Serge Dassault à Fleury-Mérogis.
Et si c'est filmé, on veut voir, hein.
mercredi 17 mars 2010
Assimil
Par manière d'hommage et pour patienter en attendant que ma nouvelle Freebox soit arrivée, je met en ligne une tentative de parler-fafounet mixant les contributions des auteurs, celle de Crèpe Georgette, et un peu de moi aussi. Cet indispensable vade-mecum vous permettra de vous faire tout un tas d'amis. Surtout chez les gros cons.
Allogène : désigne les légions indicibles, les multitudes chtoniennes, le raz-de-marée terminal qui menace d’étouffer nos petits villages de gaulois résistants : les intifadistes à ghettoblaster qui ont envahi nos riantes banlieues, écrivent au marqueur sur nos coquettes demeures et nos charmants métros d’étranges signes cabalistiques que nous soupçonnons d’invoquer le Malin. Les allogènes égorgent les moutons, mangent les enfants et rongent les câbles électriques, ils distillent une philosophie leucophobe essentiellement exposée dans des morceaux de rap dont les paroles antifrançaises nous permettent de hululer notre propre haine à longueur d’éditos. En tant que métatag, le terme signale à coup sûr un site consanguin.
Altermondialiste : ultime insulte ou presque. Son sens n’est pas éloigné de celui de « lépreux ». Ne jamais oublier que tout gauchiste en est un.
Assistanat : welfare state = socialisme = collectivisme totalitaire et brutal = laxisme nihiliste = voyoucratie de zone défavorisée = trafics de drogue = vols de berlines en quartier latin = chute de l’Oxydant = satanisme sodomite (cf. ce mot).
Auschwitz : la conséquence ultime du triomphe de trois courants idéologiques : le marxisme, la psychanalyse freudienne et le darwinisme. Pas grand-chose à voir avec le national-socialisme, donc. Peut servir de thème de dictée dès le CM1.
Apparatchik : cf. Bureaucrate
Bureaucrate : cf. Apparatchik.
Banlieusards : ce sont des Talibans.
BBR : Bleu blanc rouge. Personne pouvant prouver sur 50 générations qu’il a toujours été français, soit blanc et catholique cf. également FDS : Français de souche.
Bobo : Quiconque n’adopte pas la pose du “résistant” blanc, néoconservateur ou nanar de droite, est un bobo. Les 9/10e de la population Française Monsieur, tous les bobolchéviques, l’intelligentsia culturelle, les ouvriers non qualifiés, les lycéens, les écrivains, les cinéastes, les journalistes, sont tous à des degrés divers, des “bobo”. Synonyme consanguin de « mort-vivant ». En bref, nous vivons dans « Thriller » du soir au matin.
Bourgeoisie : c’est surtout un fantasme de cocos bobos.
Catholique : le Petit Consanguin, qui s’invente des interlocuteurs à sa taille, n’aime pas qu’ « on » dise que tout catholique est forcément un raciste. Personne n’a jamais prétendu ça, car personne n’est aussi couillon que le Petit Consanguin, mais allez lui expliquer ça. Son hobby : expliquer qu’en occident, un blanc catholique amateur de pinard, télévore et lecteur de vieux réacs momifiés, est une espèce en voie de disparition.
Communisme : on est en plein dedans, et on le sait pas !
Contre-Tradition (la) (ou Révolution Permanente) : esprit post-soixante-huitard se perpétuant depuis 1789 (si, si), cumulant Ethnomasochisme, Tiers-Mondisme, Islamidolâtrie, trahison militaire, sexualités déviantes, arts dégénérés, cosmopolitisme multiculturel, antiracisme dictatorial armé et violent, libéralisme anarchiste, IVG, apologie des drogues, grèves, canicules, partouzes, panaris, ongle incarné, mycoses, satanisme et vaudou à la strychnine.
CPF : Chance pour la France. Personne au taux de mélanine plus foncé que la normale (étalon maître ; le blanc).
Démagogue : celui ou celle qui nie le parler vrai.
Déviance : terme que le Petit Consanguin, malgré son prétendu anti-totalitarisme revendiqué, aime beaucoup employer pour désigner « les autres » (donc les gauchistes, les communistes, les libéraux, les libertaires, les étrangers, les musulmans, les homosexuels, les beatnicks, les drogués, les bobolchéviques, les supporters du club de foot d’en face, le dentiste indien, la voisine.. et peut-être aussi cet enculé de Jean-Claude qui a épousé une péruvienne).
dhimmitude : attitude consistant à tout accepter de la part des barbares musulmans du quick hallal à la burqa sans sortir son arme secrète, le rôti de porc.
Exemple : “lui il tend le cul face aux CPF ; c’est vraiment un dhimmi”
NB : un dhimmi est une personne non musulmane vivant dans un pays musulman où il a certains droits et devoirs. Le partisan de la novlangue estime que nous vivons dans un pays islamisé où les non musulmans n’ont plus aucun droit.
Ethno-différentialisme (ou ethno-pluralisme) : En quête de bons sentiments, le petit consanguin finit généralement par se sentir un peu con avec ses préjugés racistes ; fastoche, il lui suffit alors de se dire ethno-différentialiste, contre le métissage mais dans le respect des identités. A l’aise dans ses charentaises, le consanguin rêve d’une planète sédentarisée, parsemée de peuples tranquilles, apaisés dans un sain enracinement. C’est sa vision à lui de la magie du terroir et des plaisirs authentiques. Ça dégouline de générosité moisie, les hobbits ne sont pas loins… Rassurez-vous : hors caméra, dans l’intimité virile des réunions militantes, et avec quelques grammes d’alcool dans le sang, ce joli discours soigneusement packagé se dilue immanquablement comme un flan au soleil, laissant fièrement la place à de bonnes vieilles blagues foireuses sur les reubeus, les feujs ou les noichs.
Femme : soit ultra-bitch qui se refuse au Petit Consanguin pour se faire sauter par des CPF sur le parking d'une discothèque pendant que Petit Consanguin se console en relisant Houellebecq, soit objet parée de vertus proprement métaphysiques qui est un peu comme sa maman mais en mieux vu que celle-là, il peut la sauter. D'une manière générale, plonge Petit Consanguin dans de terrifiantes angoisses qu'il tente d'exorciser soit par de lamentables tentatives d'écriture sur de piteux blogs, soit par l'onanisme devant des photos d'adolescentes ukrainiennes. Il faudrait un chapitre à part entière pour explorer le rapport très complexe que Petit Consanguin entretient avec la notion de "Femme", laquelle lui est d'autant plus mystérieuse qu'il en fréquente en général fort peu.
Frankistan : Contrée totalitaire dans laquelle Petit Consanguin tente de survivre au prix d’une angoisse folle qui le pousse à dire des bêtises. Politiquement parlant, mélange d’Albanie vintage et de République Islamique. (cf. : Islamogauchisme).Petit Consanguin est sincèrement persuadé d’y vivre. J’vous jure.
Hype : La « hype » c’est l’agitation médiatique autour d’un bouquin qui n’est pas de Dantec, d’une émission sans Eric Zemmour ou d’un blog qui ne parle pas de l’islamo-gauchisme.
Individualisme : le Petit Consanguin s’insurge contre, presque autant qu’il s’insurge contre le communisme, son frère ennemi, car voilà, nous sommes pris dans la « théorie universelle unifiée » et seuls quelques individus désintéressés savent aujourd’hui recueillir les miettes des Divines Vérités que le monde refuse d’entendre. C’est là tout le message du Petit Consanguin, il n’en a pas d’autre.
Islamiste : musulman de souche.
Islamogauchisme. Personne suspectée de sympathies avec les islamistes soit par intrinsèque naiveté, soit par bêtise.
Juge, avocat : femme franc-maçonne mal baisée passant son temps à libérer des CPF
Mai 68 : un mythe abject destiné à faire enfler le ventre de quelques sociologues. L’on ne dira jamais assez combien Mai 68 a mutilé la France Monsieur ! Mai 68 est directement à l’origine de nos fléaux, les professeurs marxistes, les files de chômeurs, le laxisme scolaire d’obédience marxo-léniniste, les associations anti-racistes, les night-clubs lesbiens, les parachutes dorés des managers, le culte de l’argent roi, la spéculation financière, la “World Global Partouze”, la jouissance ostentatoire, les yachts et… euh… nan, pas les yachts.
Marxisme : un des responsables directs d’Auschwitz (avec le darwinisme et la psychanalyse). Révolte aveugle contre la Tradition. Infatuation de l’homme. Volonté de niveler la société par le bas. Synonyme d’anarchisme, altermondialisme, etc. Manoeuvre de diversion : marxisme = goulag, point godwin inversé.
Modernité : quiconque demande au Petit Consanguin de s’expliquer un peu plus clairement sur ses convictions et de parler de ses engagements, au-delà de ses professions de foi cathos, en est pétri. Hydre à 5 têtes qui harcèle Alain Finkielkraut toutes les nuits.
Néant idéologique : désigne tout thèse sociétale qui n’inclut pas les concepts de « tradition », « sang », « sainte », « charter », « décadence nihiliste post-historique », « noblesse », « bière », « harley davidson », « espace vital », « ordalie », « pont-levis » et « écrouelles »
Nivellement : vouloir combattre matériellement la pauvreté revient à vouloir niveler la société, à la rendre collectiviste et à finir par organiser des pogroms, c’est évident. Il faut bien sûr se pencher sur les pauvres, mais en pensée seulement, car c’est de nourriture spirituelle qu’ils manquent… que nous manquons tous.
Obligatoire : tout ce que le Petit Consanguin n’aime pas, tout ce qui l’énerve, tout ce qui est contraire à ses croyances et à ses dogmes, est par définition « obligatoire ». Fête obligatoire, tolérance obligatoire, antiracisme obligatoire, progrès obligatoire, lois obligatoires, sexe interracial obligatoire, mariage biconfessionnels obligatoires, homosexualité obligatoire, etc. Ainsi, le Petit Consanguin peut se réjouir et se vanter (tout seul dans son coin) d’être le seul vrai démocrate dans ce monde d’apparatchiks nihilistes, et le seul vrai rebelle dans cette époque de conformisme tiède.
Parler vrai : évidences qu’il faut tenter de formuler malgré la pensée boboïsante ambiante.
Exemple : ” Les gitans sont une plaie pour la France“.
Police de la pensée : désigne l’organisation paramilitaire ultra-violente qui sévit en France, notamment, et qui persécute les consanguins. La Police de la pensée empêche quiconque de lire Giraudoux ou Céline, a remplacé le planning familial par le métissage obligatoire dès l’âge de 16 ans, tabasse nos scouts dans les commissariats, harasse tout homme blanc en costume de contrôle d’identités, enrôle nos enfants dans des centres d’endoctrinement communistofestif, contraint les bons chrétiens à prier tournés vers la Mecque, oblige les petites filles à porter le voile, etc, etc.
Politiquement correct : islamogauchiste affirmant que le BBR est égal au CPF tant il est devenu un dhimmi.
NB : le politiquement incorrect est devenu aujourd’hui le vrai droit à l’intolérance et à la haine.
Rioufol 500 : anxiolytique islamophobe à fort taux de conservateurs. Posologie : un édito par jour. Effets secondaires : hémorroïdes, atrophie du foie, psychose meurtrière, mauvaise haleine.
Suédois : arabes et noirs. La censure stalinienne pratiquée par les journalistes de gauche – pléonasme – obligent à des circonvolutions verbales. Un peu d’humour n’a jamais nui dans une saine discussion politique ; c’est ainsi qu’est né le terme suédois.
Exemple “ah des voitures ont brulé ? Encore un coup des suédois“.
UMPS : émanation politique stalinienne tendant à distribuer l’argent du contribuable, à libérer des CPF, à ne pas respecter les droits des FDS, tout en appliquant des mesures sociales politiquement correctes.
Vagin : le Mal absolu.


