dimanche 31 janvier 2010

Happy fews

(Le petit texte ci-dessous n'est pas de moi mais c'est tellement bien qu'il pourrait. Ça circule sur le Ouèb sans qu'on sache qui en est l'auteur et même si c'est un peu "pour initiés only", ça n'en reste pas assez très savoureux. Enjoy, donc) :

"Objet : Un accord en vue pour « L’autre Gauche » Burito-Salamentaise De notre correspondant en Buriterie- Salamentaise [ 1]

Ce vendredi, les représentants du Parti Comiste , du Garbi de Tauche et de la Gauche Locale Unitaire (GLU), des Alternatifs, du PLOF et de la Prise de Terre (FASE) se rencontraient pour la 176e fois pour finaliser un accord sur l’ensemble de la région Burito-Salamentaise .

Malgré quelques crispations, ça avance. Les représentants du Parti Comiste ont proposé une position éligible en 17e place (si la liste dépasse les 25%) pour les Alternatifs ainsi qu’une forte lisibilité pour leur porte-parole (en dernière position sur la liste). Ils ont proposé au PLOF d’intégrer gratuitement leur logo sur les tracts et affiches (qui sont d’ailleurs déjà disponibles dans les locaux régionaux du Parti Comiste ).

Les 14 représentants de la Prise de Terre (FASE) ont exigé la moitié des têtes de listes, eût égard à la nécessité de montrer l’ouverture et la diversité des listes. Ils ont souligné que ces têtes de listes putatives étaient d’ailleurs toutes présentes dans la pièce. Le représentant du PLOF s’est interrogé sur un usage qui lui paraissait inapproprié du terme putatif.

Pour le Parti Comiste , il n’est pas question de laisser quoi que ce soit à la Prise, qui d’ailleurs n’existe pas. Et même, je ne vois même pas à qui je parle, là. En fait, je parle tout seul. a conclu le représentant du Parti Comiste , debout sur la table.

Le représentant du Garbi de Tauche s’est interrogé sur la répartition des têtes de listes départementales (9 têtes de listes PC, 2 GLU, rien pour les autres). Il a continué son intervention couvert par le brouhaha général. Le représentant du PLOF s’est, quant à lui, interrogé sur l’absence de représentant de la GLU dans cette réunion

Pour le PC, la GLU étant en voie de constitution dans le département, il ne doutait nullement qu’ils enverraient des représentants dès qu’ils auraient des adhérents burito-Salamentais . De toute façon a-t-il ajouté leurs 2 têtes de listes sont conditionnées à l’existence d’au moins deux adhérents, ou sympathisants, dans la région. Les Alternatifs réservent leur réponse après consultation de leurs adhérents.

Le représentant du Garbi de Tauche annonce que face à la menace de mise sous tutelle de son groupe local, il quittait le Garbi de Tauche pour créer la Tauche en Nouvement . Cette nouvelle organisation est disponible pour un accord

Pour la Prise de Terre, si c’est comme ça, ils vont écrire un billet cinglant sur leur blog . Pour le porte-parole du Parti Comiste , on va pas commencer à se faire emmerder par des vipères lubriques. Les Alternatifs réservent, quant à eux, leur réponse.

La Tauche en Nouvement annonce sa dissolution. Ses principaux animateurs locaux rejoignent les Obtempéreurs de Plaisance.

Pour la PdT , on va pas se laisser traiter de vipères lubriques par des staliniens à la con.

Pour le PLOF, faudrait finir la réunion, là. Le représentant du PC empoignant à la gorge celui de la Prise, le PLOF entonne A Tirana, on l’aime bien Enver Hoxha ! ( les Alternatifs refusent de se prononcer en l’état sur ce débat).

Les Obtempéreurs de Plaisance se disent disponible pour une tête de liste.

La réunion se finit en pugilat."

samedi 30 janvier 2010

Trouble obsessionnel compulsif



G.
G.
G...
Graaaaa...

De la cohérence

Poursuivant le billet - ébouriffant - d'hier, qui montrait que moult idéologues parmi les plus frénétiques du Joli Marché se permettent de jouer les petits Torquemadas en jérémiant contre la vilaine fonction publique tout en étant eux-même fort confortablement installés dans icelle, une question inévitablement finit par se faire jour dans l'esprit de l'honnête homme épris de logique : pourquoi mais pourquoi donc ces braves gens ne se "risquent" t-ils point dans cette si merveilleuse aventure qu'est le privé ?
On reconnaîtra qu'il y a là à tout le moins un paradoxe, pour ne pas dire une sorte de contradiction.

De même, quand on parcourt un peu la désopilante blogosphère des absurdes mickeys se réclamant du néolibéralisme, on s'aperçoit assez vite que tous, pour ainsi dire, sont employés quelque part et qu'aucun n'est entrepreneur de quoi que ce soit. Pour des gens glorifiant l'initiative privée à longueur de billets niais en se paluchant quant aux charmes virils des vrais patrons qui créent de la richesse blablabla, on s'étonne qu'aucun d'entre eux ne passe des mots aux actes et vole enfin de ses propre ailes, à la fin.

Déconcertante antinomie, on en conviendra.

Bien évidemment, les intéressés ne pourront que s'empresser d'objecter que devenir entrepreneur dans ce pays soviétisé n'est que souffrance et larmes, que les charges sont écrasantes et que les vilains fonctionnaires font rien qu'à les embêter. Et que partant, lancer une affaire dans ses conditions, c'est complètement décourageant.
Bon.
C'est juste que ça ne tient pas de bout une seule seconde, évidemment. Et j'en veux pour preuve deux exemples pris dans mon entourage immédiat.

Des personnes de ma connaissance ont décidé d'ouvrir un bistrot. Heureuse initiative, on en conviendra. Prêt à la banque, travaux de rénovation de l'endroit choisi, longues démarches administratives - un permis de vendre de l'alcool ne s'obtenant pas aisément et cela se comprend, quelque part...- et finalement ouverture dans la joie d'un joli établissement plein de saine convivialité.

Une mienne copine, dont d'ailleurs j'espère qu'elle me fera l'honneur de devenir une amie, s'est quant à elle lancée dans la création d'une boutique de bijoux artisanaux avec des potes à elle. Là aussi, démarches, travaux, ouverture en fanfare et la chose commence à ne point trop mal marcher, semble t-il. Ce qui est fort heureux.

Bistrotiers et boutiquières se sont donc pris un "risque", si on suit la logique de nos guignols néolibéraux, et, toujours si on suit leur raisonnement, devraient passer littéralement tout leur temps à pleurer toutes les larmes de leurs petits corps en pestant contre une fiscalité inique et une URSSAF digne de la Corée du Nord. N'est-ce pas ?
Il n'en est évidemment rien.
Ne s'amusant pas à pratiquer ce sport de compétition de droite qu'est la fraude fiscale, nos amis sont conscients que l'argent ainsi reversé le sera à la collectivité et ne prennent nul ombrage d'un système basé sur la solidarité. Tout au plus déplorent-ils qu'une partie des sommes en question ne finissent inévitablement dans des circuits qu'il réprouvent moralement, du fait de convictions dont nous allons reparler plus bas, mais ils savent que le principe des prélèvements obligatoires est la condition pour continuer d'avoir par exemple une Sécu digne de ce nom et des hôpitaux à peu près en bon état. On est loin ici du petit commerçant poujadiste qui n'en finit jamais de rouspéter contre les fonctionnaires, en somme.

Il faut préciser ici que les joyeux bistrotiers sont membres d'un syndicat "d'ultra-gauche" se faisant légitimement gloire, entre autres, de faire chier les minets de l'UNI sur les campus ;
Et la copine artisane est quant à elle déléguée au Conseil Politique National du NPA, et participe entre autres au collectif de soutien au camarade Jean-Marc Rouillan.

Là encore, déconcertant paradoxe : comment mais comment diable se fait-il que des dangereux activistes d'extrême-gauche - assoiffés d'anarchie et de carnage, rappelons-le - réussisent-ils là où les troubadours du Joli Marché n'osent même pas mettre un orteil ?...

(Si on excepte évidemment le fait objectif que les premiers ont considérablement plus intelligents que les seconds et que leur travail de critique sociale les a amenés à très bien connaître tous les rouages de la société qui les entoure ; le libéral, se contentant de n'avoir qu'une vue complètement partielle et superficielle de la société à travers le prisme déformant des conneries dont sa tête est farcie, étant quant à lui condamné à errer comme âme en peine dans un monde auquel il pige pouic. On en voudra pour preuve ses perpétuels gémissements qu'il répand sur l'Internet, spectacle assez dégoûtant il est vrai mais assez réjouissant aussi, quelque part).

On voit donc que l'initiative n'est nullement l'apanage des imbéciles de droite, contrairement à ce qu'ils brament à longueur de temps, et nous revoilà dons au point de départ de notre question : pourquoi donc ces veaux ne mettent-ils pas leurs paroles en cohérence avec des actes ?

On pourra ici objecter que les réponses dépendent des cas individuels et qu'il serait malvenu de chercher des règles générales, admettons.
Il n'empêche cependant qu'on ne peut pas ne pas penser, au bout d'un moment, que c'est peut-être bien parce que dans le monde réel, ils seraient parfaitement infoutus de gérer une baraque à frites. Et que, toujours dans le monde réel, il est plus facile d'accuser les méchants fonctionnaires que d'avoir l'honnêteté de reconnaître sa propre incurie...

C'est sans doute pour ça qu'ils resteront perpétuellement à soupirer dans leur coin : l'épreuve de la réalité leur serait en effet par trop cruelle.

vendredi 29 janvier 2010

Dégraisser le mammouth

Nicolas Baverez est un libéral et il déteste la fonction publique.
Il est enseignant à l'Ecole Nationale d'Administration.

Pascal Salin est un libéral et il déteste la fonction publique.
Il est professeur à l"Université de Paris IX Dauphine.

Guy Millière est très très libéral. Il n'aime vraiment pas la fonction publique.
Il est assistant à l'Université Paris-8.

Yves Roucaute est vraiment très libéral, hein. Et la fonction publique, fouyou, faut pas lui en parler, ah non alors.
Il est professeur des universités à la faculté de droit de l’université de Paris-X Nanterre.

Monique Canto-Sperber est moins libérale que ses collègues ci-dessus mais bien libérale quand même. Et elle aime moyen la fonction publique.
Elle est directrice de l'Ecole Normale Supérieure.

Pierre Rosanvallon est lui aussi libéral "de gauche" (rires) et les fonctionnaires archaïques agrippés à leurs privilèges, on s'est compris, hein.
Il occupe la chaire d'histoire moderne et contemporaine du politique au Collège de France.

Blandine Kriegel est bien libérale, elle aussi. Et alors la fonction publique et les 35 heures, dixit "disqualification du travail par la gauche", alors là...
Elle est professeur de philosophie morale et politique à l’Université de Paris X Nanterre.

Guy Carcassonne est au NPA. Nan, j'déconne. Il est à donf libéral, consultant pour le MEDEF, et la fonction publique, malheur, si tu savais ce qu'il en pense.
Il est professeur des universités en droit public à l’université de Paris-X Nanterre.

Jacques Marseille...bon, inutile de le présenter. Libéral, blabla, fonctionnaires peuvent crever, blablabla.
Il est professeur d’histoire économique et sociale à Paris 1 Sorbonne.

Stéphane Courtois est surtout connu pour son ouvre maîtresse Le livre noir du communisme, dans lequel il explique que les idées progressistes sont nécessairement pourvoyeuse de charniers, en gros. Et il est libéral jusqu'au slip, tu m'étonnes. Et la fonction publique...y'a pas de mots pour ça, mon bon Monsieur.
Il est directeur de recherche au CNRS.

Luc Ferry a été, entre tellement d'autres, ministre de Raffarin. Et il est libéral, et ces feignasses de profs grévistes assistés, puuuuuutaiiiiiin, c'est même pas la peine, dis.
Il est professeur de philosophie à l'université Paris VII-Denis-Diderot.

Et on en oublie certainement...

Il semble donc bel et bien qu'il existe une petite caste de clercs frelatés qui n'en finissent pas de hurler contre les privilégiés de la fonction publique et d'exiger la thatchérisation la plus brutale possible de ce pays soviétisé...
...en étant eux-mêmes le cul très au chaud dans l'Éducation Nationale.

Celle-ci ne pourrait-elle pas réaliser quelques économies bienvenues en ces temps de crise, en les encouragent à tenter l'expérience de la chose privée laquelle à les entendre, est tellement plus sexy ? Après tout, quand on réclame le "risque" à cris stridents pour les autres, il serait on ne peut plus cohérent qu'ils l'expérimentent eux-mêmes.

N'est-ce pas ?

jeudi 28 janvier 2010

Sale période...

Après Bensa, c'est Howard Zinn qui nous laisse en plan...on ne peut que comprendre qu les derniers intellectuels critiques soient quelque peu fatigués de vivre dans cette période, mais quand même...ce n'est pas très gentil. On pourra donc lire l'hommage qui lui est fait sur Article 11, et lire ou relire dans la foulée Une histoire populaire des États-Unis, qui est un peu très indispensable. Et tant qu'à faire, aller voir sa pièce, Karl Marx, le retour, ici, à Toulouse, ça peut pas faire de mal.

C'est d'autant plus pénible qu'au delà de la disparition d'un humain qui est toujours un drame en soi, c'est tout le mouvement progressiste qui perd deux boussoles d'importance dans une époque dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle est chiche en penseurs de gauche. Et qu'on ne vienne pas me faire rire amèrement avec un Alain Badiou qui si il peut apparaître relativement sympathique parfois, n'en reste pas moins d'un élitisme assez décourageant dans sa façon d'écrire, et qui de plus a quand même le gros inconvénient, après avoir expliqué en long et en large que faire de la politique dans un but de lisibilité auprès du plus grand nombre ne sert à rien, propose...rien. Pas de stratégie, pas de direction, pas de débouchés concrets et cohérents, d'où certainement l'engouement qu'il peut susciter auprès de la petite bourgeoisie intellocrate qui se satisfait amplement d'un penseur "critique" qui se contente...de critiquer. Et son histoire de "pétainisme transcendental", non, s'il vous plaît, soyons un peu sérieux, voulez-vous.

Puisque, répétons-le, ce qui manque à la gauche, ce n'est pas un programme ou un homme providentiel, même joufflu ; c'est d'une stratégie cohérente de conquêtes des cœurs et des âmes dans un optique résolue de prise de pouvoir par nos idées. C'est précisément à cela que servent les "intellectuels", par ailleurs : donner grille de lecture et clés pour comprendre et agir. C'est qu'il faut parfois prendre recul et hauteur, pour cesser de coller à l'événementiel permanent de l'actualité, interroger le passé pour appréhender le présent et se donner les moyens de construire l'avenir. Bensaïd et Zinn n'ont jamais pensé autrement leur rapport au savoir et le moins que l'on puisse dire d'eux, c'est qu'ils ont toujours refusé la posture du clerc dans sa tour d'ivoire surplombant les masses incultes et se sont toujours frottés à l'âpre réel par leur indéfectible engagement. Dans la guerre de classes en cours, on vient de perdre deux généraux. Et on ne saurait trop recommander à Chomsky de bien se couvrir par ces frimas, manquerait plus qu'il prenne un mauvais rhume. C'est vraiment pas le moment, là.

Au passage : un rapide coup d'oeil sur les blogs zinfluents "de gôche" m'a encore entériné dans la très piètre idée que je me faisais de la blogosphère politique : pas un ne condescend à parler de ces disparitions...complètement obnubilés par le moindre frémissement sarkozyste, englués dans le marécage des querelles socialistes, scotchés à l'actu dont ils disent tout et son contraire par obligation de "réagir" le plus vite possible, nous faisant partager en temps réel l'indigence de leur compte Twitter et en ce moment en train de s'échauffer la cervelle sur les régionales, on se rend compte avec un certain accablement que si ils n'ont par parlé de Daniel Bensaïd ou d'Howard Zinn, c'est très certainement...parce qu'ils n'ont pas la moindre idée de qui ils étaient.

La blogosphère politique "de gôche" ne lit pas. De livres. En papier. Et non, lire sur Internet n'est pas la même chose, puisque lire un livre oblige à du recul, nécessite de s'abstraire un peu de l'immédiat des "réseaux sociaux" et du présent perpétuel du Web, en un mot, fait réfléchir. Donne du contenu, fabrique du sens, crée des outils de réflexion qui prennent chair dans l'action. C'est à ça que ça sert, lire des livres, bordel.
Ce qu'en face ils ont très bien compris, eux.
Parce que eux, ils en lisent, des bouquins.
Et oui, il y a clairement un rapport très net entre la place de leurs idées dans le débat politique actuel et leur rapport à la culture livresque.

Bref ; sale période décidément, mais encore un fois, le meilleur hommage qu'on puisse leur faire, c'est de continuer, encore et toujours, ce combat qui les a fait vivre et vibrer.

mercredi 27 janvier 2010

Gna rien compris, gna va continuer comme avant. Gna.

(Gna)

"Je n’imaginais pas avoir des cours aussi formatés, sur la libéralisation financière par exemple, comme si rien ne s’était passé et que les certitudes sur les bienfaits du marché restaient les mêmes» : Aurélien, 22 ans, en première année de master d’économie"

Gna rien gna changer piske gnéconomie gne marché gné bien épicétou. Quand gna pas fonctionner comme dans livres et tout casser sa gueule, gnaka continuer encore plus. Gna.

"Guillaume, son ami, 21 ans, a un raisonnement très différent (...) "Ça me convient parfaitement. J’aurai un métier dans le marketing, comme chef de produit, qui me protégera contre la crise, car il y en aura d’autres. C’était l’un des buts".

Gna rien à foutre, gna va gnavoir un métier de parasite, gne suis une petite merde et gnassume. Dans dix ans gne me fais lourder gnavec trois crédits sur le dos mais gne libéralisme gné bien picétou. Gna.

"Les économistes eux-mêmes, qui n’ont pas vraiment prévu la crise, n’auraient-ils pas péché par une foi immodérée dans le marché ?"

Gnan, gnan, gnan et gnan. Gne marché gnest bien picétou. Agnarien vu venir comme des gros gnébiles mais gné pas grave faut continuer comme gnavant. La réalité ? Rien gna foutre. Gna.

"Les plus petites écoles de business ou d’ingénieurs qui avaient multiplié les filières Finances devant l’explosion des embauches et des rémunérations, ont accusé le coup. Les candidats sont moins nombreux, les débouchés plus aléatoires. Du coup, elles orientent leurs élèves vers les assurances ou d’autres métiers plus sûrs, en attendant des jours meilleurs"

Gnéconomie de marché gna rebondit toujours. Gna qu'a faire d'autres gnétudes à la con pour genvenir des braves petits gnoldats gnu libéralisme et cécomça picétou. Gna.

"Simultanément les formations ont été adaptées aux temps nouveaux. On a multiplié les cours d’éthique des affaires - une mode, persiflent certains -, de gestion des risques ou de responsabilité managériale. Mais toutes ces bonnes résolutions tiendront-elles si la crise est bientôt surmontée ? Ne risque-t-on pas de revenir aussi vite aux habitudes d’antan ?"

Gna réalité c'est chiant. Gna réalité, gna fait rien qu'à gnous faire passer pour des gnabrutis que gné même pas vrais, gnabord. Gna qu'à faire semblant de vouloir, heu, comment gnon dit déjà, "moraliser" gne capitalisme gné pis ça gnira bien, hein. Gna va continuer comme avant gnon vous dit paske gnon est trop bouchés gna l'émeri pour pouvoir penser gnautre chose. Gne libéralisme, gna doit marcher de gné ou gne force. Gna.

"Marie-Florence Lamy est responsable du master spécialisé Finance internationale à la Rouen Business School : «Avec la crise, j’ai réalisé qu’il fallait donner plus de culture générale financière aux élèves, ils doivent connaître les différences entre les systèmes bancaires français et américains, faire le lien entre l’économie globale et les marchés. Nous avons aussi renforcé nos cours sur les risques bancaires et les risques de marché. Enfin, avant, ils venaient surtout pour connaître la recette pour gagner beaucoup d’argent. Maintenant ils se posent des questions de fond et sont plus réceptifs aux questions d’éthique. Ils nous ont même demandé la venue d’un déontologue.»

Gnéontologie. Gnéontologie ! GNÉONTOLOGIIIIIIIIIIEUUUUUUHHH !!!!!!!! (bave)

"Pour Marie-Florence Lamy, la crise est due à des comportements individuels scandaleux, aux bonus pharamineux des «traders» et de certains patrons, et à l’absence de contre-pouvoir. D’après elle, la sortie est proche."

Gné pas gne marché qui gné tout pourri gné dézindividus méchants gnabord ! Gné fondamentaux sont bons gna rien gna remettre en question gnabord. Gna qu' gnarranger geux ou trois bricoles et gan va repartir comme en 40. Gna. Gna. Gna...

"Dans le prestigieux master de Probabilités et finance de l’UPMC et de Polytechnique qui forme de super «traders» imbattables en maths, les jeunes diplômés ont dû attendre un petit peu plus longtemps l’an dernier pour trouver du travail. Mais sur le fond, on ne se montre guère inquiet en raison du niveau des étudiants, et avec la conviction que les maths sont irremplaçables pour faire tourner les marchés financiers".

Gna qu'à continuer comme ganvant gne cultiver des débiles incultes en gnincubateurs à crétins cupides gnépicétou. Gne marché gné bien, et gna méchante réalité : gnoujours rien gna foutre. Gna.

"Pour Frédéric Abergel, ce n’est pas la formation du trader qui est en cause mais plutôt celle de la gouvernance des banques qui devrait apprendre à faire du management. «Si sa politique est de prendre un maximum de risques, le trader suit.» Les matheux, eux, n’y sont pas pour grand-chose : «Ils font de la science et des modèles, on ne les forme pas à négocier des bonus.»

Gné traders, gné un peu des cons, quand même. Gna rien vu venir devant son ordinateur ? Gné pas grave. Gna d'autres gnagnas comme lui gni prennent gné décisions gna sa place, gna pas besoin de penser et gnest très pratique, en fait. Gna.

(Et c'est déconcertant comme la lecture des pages "économie" des journaux peut me rappeler le boulot, parfois...)

mardi 26 janvier 2010

L'obscénité compassionelle



C'est tout simplement abject.
J'ai du mal à trouver les mots pour exprimer le violent dégoût que m'inspire cette vidéo. Au bon coeur des peoples qui acceptent le temps d'une chanson merdique de donner un petit peu de leur précieux temps afin de faire sangloter dans les chaumières pour les pov' gens là-bas que c'est bien du malheur allez. Sur place, là, maintenant, des centaines d'anonymes et de bénévoles, professionnels ou pas, se cassent le cul dans des conditions d'épouvante pour tenter de maintenir en vie des survivants traumatisés et pour certaine brisés à vie. Et pendant ce temps en métropole, une théorie de quoi, "d'artistes" ? c'est des artistes, ça ? se met en scène face caméra, le regard lourd et douloureux et concerné, pour pousser la chansonnette et montrer que eux aussi ils ont du coeur, hein. Peut-être que même certains d'entre eux sont sincères, dites donc, et en un sens c'est pire. Et comment ne pas penser que pour d'autres, une catastrophe de cette ampleur n'est-elle pas un bon filon pour se donner à très peu de frais une image de brave gars/brave fille qui pour faire le guignol sur TF1 dans des émissions de variétoche merdiques, n'a pas moins une âme, quelque part, hein ?

Ils "veulent" faire quelque chose ? Que c'est mignon tout plein. Qu'il s'engagent dans la Sécurité civile. Qu'ils consacrent le budget de la bolivienne qu'il se mettent dans le nez à le filer à des organisations. Et surtout, surtout, qu'il arrêtent immédiatement de donner à croire qu'ils se sentent "concernés", cette compassion de circonstances, qui ne se réveille qu'à l'occasion de drames surmédiatisés pour retomber comme un soufflé dès que les caméras se sont éloignées, cette fabrique de l'émotionnel sans substance ni engagement, c'est une obscénité. C'est d'une laideur sans nom, c'est une injure à ceux qui souffrent à Haïti comme ailleurs.

En 2008, Tsahal a attaqué et bombardé la bande de Gaza, y compris avec des bombes au phosphore blanc. "1 315 Palestiniens ont été tués dans l'offensive israélienne dont plus de 410 enfants et 100 femmes, et plus de 5 285 autres ont été blessés". Ça mérite pas une chansonnette, un Palestinien mort ? Ils étaient où ça donc, ces belles âmes ? Et les 123 Kurdes, ils sont pas assez morts, c'est vrai. Pour le moment en tout cas, tout espoir n'est pas perdu. Et rien qu'aujourd'hui, "dix-sept personnes ont été tuées et 45 blessées mardi dans un attentat suicide à la voiture piégée à Bagdad contre un institut médico-légal qui s'est écroulé" (source), on réunit pas une bande de copains super-sympas pour une campagne genre "la guerre c'est méchant" ? Et oh, tiens, c'est pas fini, le million de chômeurs qui vont arriver en fins de droits cette année, une 'tite chanson pour eux aussi ? Non ? Ben quoi ? Dans le lot, y en a bien quelques uns qui vont se suicider, non ?

Mais c'est vrai, j'ai failli oublier : derrière ces drames là, il y a une dimension politique. Donc, c'est moins bien, forcément. L'engagement, oui, bien sûr, la main sur le coeur, pas de problème. Pousser la logique jusqu'au bout et avoir une opinion, même, pis : prendre position ? Putain t'es fou, on risque de se mettre une partie de notre public à dos !

Filons notre fric à des gens qui le méritent vraiment, parce qu'on en a envie et qu'on éprouve une légitime compassion pour les malheureux qui survivent là-bas. Mais certainement pas parce que des Narcisses nous l'ont demandé avec des regards de teckels.

Cet insupportable snobisme...

En passant devant l'Utopia, ciné art et essais du centre ville, une amie disons exprime le souhait de renouveler son carnet d'abonnements ; bon, derechef nous entrons et allons vers le guichet où nous attend une jeune personne. Les séances étant lancées, on est que tous les trois à l'accueil et on papote gentiment, toussa quoi.
Je ne sais plus pourquoi, mais par matière de plaisanterie je lance quelque chose comme "Bah oui, c'est sûr que ici on passera pas Transformers, hein", quelque chose dans ce goût là. Je rappelle que c'était une tentative d'humour et rien de plus. Vraiment rien.

La tête de la fille derrière le guichet...

Sitôt prononcé le nom honni de l'abominable blockbuster, le visage se crispe, petite moût de dégoût méprisant et en une seconde, toute la morgue cultureuse - mais de gôche, hein ! - de ceux qui parce qu'ils ont lu quelques livres et vu des films pas français se mettent à péter plus haut que leurs culs. C'est qu'en plus, elle, elle travaille à l'Utopiâââââ, n'est-ce pas, dernier fleuron de la résistance citoyenne - de gôche, hein ! - face à la barbarie déculturée des pauvres cons qui vont voir des films américains, fi ! qu'ils aillent au Gaumont, ces gueux et les cochons seront bien gardés. Ici, Môsieur, on ait dans la Cultûûûûûreuuuuh - de gôche, hein - et en plus, aaaaattention : le Culture indignée, siouplait. On ne se contente pas de programmer des films, ouhlala, naaaaaan : on RÉSISTE, rien moins. La guichetière de l'Utopia Toulouse, dernier rempart de l'exception culturelle à quasi elle toute seule, doit se vivre comme une habitante d'un petit village gaulois et ne manque certainement pas d'en retirer discrètement cette petite arrogance particulière de ceux qui ont accès à des sphères de l'esprit que ne peuvent évidemment pas partager ces veaux gavés de pop-corn tiède, pouah.

J'abomine cette gauche de bobos snobs et prétentieux. Je compisse leur abonnement à Télérama et leur fatuité de petits clercs cultureux qui vivent dans leur entre-soi tellement plus cultivé que tous ces blaireaux qui n'arrivent pas à se convaincre que se faire chier à voir des œuvres de nombrils parisiens sur les affres du trentenaire du 18ème va leur apporter quelque chose, et qui se contentent de vouloir aller au cinoche pour se vider la tête après une semaine de boulot. Les cons, quoi, tu 'ois.

Oui mais tu peux pas dire çaaaaa, c'est du poujadismeuuuh, paske quand même la Cultûûûûûreuuuuh et puis c'est important que ça existe des cinémas comme çaaaaa piske où est-ce qu'on irait voir le tellement subtil dernier film de Woddy Allen en VO, hein, dis, quoi, j'veux dire, quoi. Tu 'ois.
Hun hun.
Bon, on ne va pas se lancer sur la filmographie de Woody Allen, ni même lancer un débat sur le fait complètement objectif que Vicky Christina Barcelona était un peu de la merde pour ésthètes à deux balles, n'est-ce pas.
Mais je trouve ça très bien, que ça existe, des Utopia, moi. Mais si mais si, je suis pour, je vous assure.
C'est juste que à des rares exceptions près, genre deux fois par an en moyenne, je n'ai pas envie d'aller me faire chier à voir de pontifiants navets interminables sous préexte qu'ils sont estampillés "auteur inside". Laissez moi expliciter mon propos :

Un cinéma comme l'Utopia ne manquera évidemment pas de passer en le claironnant n'importe quelle bouse réactionnaire de Lars Von Triste en soulignant la "fulgurance dela vision", le "désespoir tellement esthétique" de la chose, le "parti pris minimaliste" de la réalisation, blablabla, tout ça pour un brouet interminable et larmoyant posant comme conclusion que les gens ils sont trop méchants et que la vie elle est pourrie. Là. Merci Lars pour cette éminemment indispensable contribution, vraiment personne n'avait songé à le dire avant toi. Et on passera sur l'absence totale de la moindre finesse dans tes films chiants, puisque est-ce que c'est simplement moi, où ton "message" de dépressif chronique, tu aurais comme une tendance à l'asséner à coups de tractopelle à tes malheureux spectateurs dans de looooongs et complaisants passages où on voit bien, hein, on voit bien que c'est la misère totale, regardez, elle pleure en gros plan ?

À l'inverse, et dans un registre également plutôt très nihiliste, jamais au grand jamais un Utopia n'aura l'idée saugrenue de programmer ce chef d'œuvre hélas méconnu qu'est The mist de Frank Darabont, qui non seulement pose un point de vue d'une inouïe noirceur sur la condition humaine, parle de plus très finement des relations de pouvoir et de leur organisation au sein d'un groupe de personnes désespérées en montrant comment un groupe terrifié peut s'abandonner au premier charlatan illuminé venu, et qui en plus, parvient à être distrayant et haletant de bout en bout. Voilà un film qui réussit là où beaucoup échouent, et encore une fois, il n'a rien à envier à personne sur la profondeur du "message".
Mais c'est un vilain film américain, hein.
Il aura donc eu une carrière minimaliste dans les grandes salles, quand il aurait amplement mérité d'être tenu à bout de bras et défendu becs et ongles par des gens qui font profession de culture.

Se situe ici une manière de penser la culture qui a toujours été pour moi une sorte de mystère puisque dans l'imaginaire du semi-intellectuel de centre ville, soit on pense - exercice austère mais noble - soit on se distrait - chose agréable mais futile. Les deux s'excluant naturellement sans que cela pose la moindre question. Soit on réfléchit, soit on se distrait, et les deux sont bien compartimentées dans de solides boiboites étanches, d'autant plus que bien évidemment se jouent des enjeux de distinction très importants. Et voilà précisément le nœud du problème : la distinction. La "Culture" prise dans sa définition la plus élitiste permet de se la raconter et est le meilleur moyen pour les membres des classes moyennes en voie de paupérisation accélérée de se croire supérieurs aux prolos qui vont voir Transformers. Oserons-nous émettre l'hypothèse que la mise en avant de la Culture complètement coupée du social a été un des facteurs aggravant de la coupure entre la gauche institutionnelle et les couches populaires ? Qui aboutit désormais à ces gens tellement "de gauche" qui soutiennent les causes les plus exotiques en applaudissant un film sur le Chiapas et méprisent ces cons d'ouvriers qui n'ont pas l'élégance d'avoir des goûts aussi raffinés ?

Je quittai l'Utopia en me disant que vivement que Spielberg se remette à faire des bons films, tiens.


lundi 25 janvier 2010

CSP sauve la France

Cette fois,on ne rigole plus. Du tout. L'heure est grave, que dis-je : grave de chez grave et aucun français fût-il trotskyste chauve ne peut se dérober à son devoir.
Parce mes amis, chères et chers concitoyens : la France va mal. Mais alors : mal. Et c'est un mec sérieux qui le dit : Eric Woerth, rien moins. D'ailleurs, t'as envie de te marrer quand tu vois la tronche de séminariste protestant qui aurait des problèmes hépatiques d'Eric Woerth ? Tu vois bien : déjà, tu le vois, tu pleures. Mais quand il parle, malheur...

«On a cinq points de PIB à trouver, a expliqué le ministre du Budget. Soit 100 milliards d'euros au total, dont la moitié nous sera apportée en recettes supplémentaires avec le retour de la croissance. On a donc 50 milliards à économiser sur plus de 1 000 milliards de dépenses globales.» Un effort «extraordinairement difficile»

Pute borgne. 50 milliards de brouzoufs à trouver, autant dire : mâtin. C'est une somme.
Bon, évidemment, Eric Woerth pense que c'est un argument pour tondre les fonctionnaires et mettre les conseils généraux en cessation de paiement. Les CG étant majoritairement socialistes, ça permettra de conspuer la gestion "irresponsable" des socialos et d'ensuite proposer des bons gros remèdes néolibéraux à une situation qu'on aura crée au départ. Notre droite de charognards est cohérente avec elle-même, on ne peut décidément pas lui enlever ça.

N'empêche. 50 milliards, je te dis. Mais comment qu'on va pouvoir les trouver et sauver la France, puuuuuutaiiiiiiiiin mais quel angoisse !!!!!
Heureusement.
CSP est là.
Et il décide que c'en est fini de critiquer à tort et à travers, merde à la fin, du courage et de la sueur crénom, et partant, dans un élan d'autant plus sublime qu'il est désintéressé, il décide, seul, sans personne, d'aller les chercher avec les dents, ces fils de chienne de 50 milliards qui manquent à la France. Putain de toi, tiens.
C'est dans les moments les plus tragiques, quand tout semble s'abîmer dans les plus terribles gouffres, quand l'espoir n'est plus que tremblante flammèche sur la bougie de la Nation, quand le cœur des citoyens est par trop étreint de noire angoisse, oui mes amis, c'est dans ces cruels instant où tout et tous vacillent que savent se lever les hommes d'exceptions. De ceux qui modestes et humbles jusqu'alors, se dressent comme turgescents menhirs dans la tempête de l'évènement funeste pour dire : halte là ! Qui c'est qui pisse debout, ici ? Tâche noble. Tâche écrasante puisque tous les regards sont braqués sur lui, notre héros. Qui ressent dans ses plis les plus intimes l'espoir des ces millions de gens, espoir qui lui est à la fois honneur et fardeau, devoir et destin...il sait qu'il ne peut échouer. Il sait qu'il n'a pas le droit de décevoir...

En même temps, 50 milliards, chier, hein. Ou est-ce que je vais te les trouver, moi...

Alors voilà : on dirait qu'on fait comme ça, hein ?
- Suppression du bouclier fiscal : 15 milliards. Ça : c'est fait. Fastoche. Plus que 35 à trouver, on tient le bon bout, là.

- les 9,3 points de PIB passés en 20 ans du Travail au Capital : peupré 150 milliards divisés par 20, donc = 7,5 milliards, plus ou moins, ne chipotons pas voulez-vous. Plus que 22,5 !

- Bon, si on avait pas fait une campagne de vaccination à la con, on aurait pu glaner 2 petits milliards. C'est trop tard, d'accord, mais fait chier, quand même : on aurait plus eu que 20,5 à trouver. Avouez que c'est ballot. Tant pis, continuons...

- Ah, j'ai trouvé un peu d'argent de poche : 330 millions si on remballe nos pioupious d'Afghanistan. C'est pas bézef, hein, je sais, mais, hé ! : c'est toujours ça.

- Virer des sans-papiers, de 2003 à 2007 : 3 milliards d'euros ! 'tain, ça douille de foutre des gens dehors, en fait. On ferait mieux de les garder pour qu'ils bossent et paient des impôts, enfin moi je dis ça, bon, je dis rien. Quand même, il sont drôlement ingrats, les électeurs de Le Pen : Sarkozy claque un blé monstre rien que pour leur faire plaisir, et ils menacent de ne plus voter pour lui...c'est triste, quelque part, non ? Enfin, 600 millions par an, avec le chiffre au dessus, on a notre milliard, youpi. Plus que 21,5, on mollit pas.

- Mais...mais j'y pense soudain...les...les ÉXONÉRATIONS DE COTISATIONS PATRONALES !!! Bordel à cul que n'y ai-je songé plus tôt !!! La voilà la putain de mine d'or qui va tout résoudre puisque c'est rien moins de 32,6 MILLIARDS DE PUTAINS D'EUROS !!!! Ce qui en plus fait en tout, 21,5 + 32,6 = 54,1 MILLIARDS, YOUHOU !!!!! Eric ! Eric mon lapin, ça y'est, J'AI SAUVÉ LA FRANCE !!!!! Y'a même du rab' ! CHAMPAGNE ET PUTES RUSSES POUR TOUT LE MONDE !!!!!

Arf...
Je n'en puis plus...
L'effort fut surhumain, qu'on me l'accorde...
Pfou.
Chuis crevé, moi.
Crevé, mais heureux, tu penses.

Bonbin yapluka allez le chercher, tout ce pognon, hein. Comme quoi, quand on veut se donner la peine. Tous les discours, là, "les caisses sont vides" gnagnagna, des trucs de feignants en fait. Pas d'efforts, rien, alors que c'est si simple, finalement...et puis quand on voit le gaspillage de tout ce merdier, il suffira d'expliquer à ces gens que filer ce blé c'est pour le bien de tous, c'est des personnes intelligentes qui ont fait des études, ils vont se laisser convaincre en deux-deux, no problemo.

Ben quoi ?
Pourquoi vous me regardez tous comme ça ?

dimanche 24 janvier 2010

L'imagination au pouvoir

Hier, balade/soldes avec une amie, disons, au centre ville. Toutes les personnes qui vivent dans une cité de quelque importance savent que l'exercice, a fortiori un samedi, oblige à croiser un nombre assez impressionnant de nos contemporains, de toutes tailles et de toutes formes. C'est littéralement des milliers de personne qu'on peut croiser, et voyant ce flot je repensai, allez savoir pourquoi, aux délirades riofolo-réacosphéristes sur l'islamisation de la France et toutes ces sortes de choses. Je décidai donc derechef d'être attentif et de traquer par le regard le moindre signe d'apparition de barbus déterminés à imposer la charia au Capitole et soyez certain qu'aucune burqa n'était en mesure d'échapper à l'acuité de ma pénétrante vision.

Bilan d'un samedi après-midi dans une ville de quelque 500 000 habitants : un petit vieux tout ratatiné avec un bonnet en coton sur la tête, et une mamie kabyle avec un fichu. Bon. C'est peu. En revanche, des personnes issues de l'immigration, troisième voire quatrième génération, ça : un paquet, évidemment. Des français, quoi, puisque nés en France et résidant on ne peut plus officiellement. Et tous fringués à l'occidentale, si on considère que le jean slim et les baskets constituent un sorte de norme de la parure mais c'est un autre débat.

Donc, de burqa : point. De barbus au regard d'acier : non plus. De signes d'une invasion si pernicieuse soit-elle : nullement...
On pourra m'objecter que la méthode n'a certes nulle prétention à la scientificité et ne se base que sur un empirisme de circonstance, ce que j'admets volontiers ; on pourra aussi m'opposer qu'on voit ce qu'on veut bien voir, admettons. Il n'empêche ; même en me fêlant le cristallin, d'invasion arabo-musulmane violemment décidée à imposer la loi Coranique en Midi-Pyrénées :ben non, désolé.

C'est là qu'on voit qu'il faut avoir une sacrée capacité d'imagination, pour ne pas dire de fantasme, pour voir un danger où il n'existe tout simplement pas...on sait cependant de longue date que les tenants des thèses les plus fumeuses de "l'islamisation rampante" sont de parfaits fous qui s'encouragent en rond dans leur pathologie paranoïde, et nul doute par ailleurs que si de ces piteux guignols lisent ses lignes, ils ne manqueront bien évidemment pas de couiner que je ne vois rien, que je collabore, que attend que les muzz soient au pouvoir et vous allez en chier bien fait pour ta gueule et blablabla. La vérité m'oblige cependant à dire que je suis fort peu inquiet quant à une éventuelle prise de pouvoir des Talibans en France, et que franchement, cette hypothèse d'une dictature islamiste ne m'apparait pas assez crédible pour m'ôter le sommeil. Mais c'est que moi, je vis dans le monde réel et pas dans ma tête, contrairement à ces pauvres gens. Qui retourneront aussitôt se rassurer sur Françoisetouche en lisant avec gourmandise le moindre fait-divers qui y sera rapporté pour y voir les signes irréfutables qu'on vit déjà dans le vilain Frankistan, bref. Puisque le seul argument qu'ils peuvent pondre, c'est ça : traquer le moindre fait-divers pour le transformer en "signe" et se vautrer dedans dans le grand turlututu chapeau pointu en le commentant avec une délectation morbide. Et oui, en effet : ils font pitié.

On peut cependant tirer une conséquence intéressante de cette expérience : finalement, peu importe que le réel vous démente systématiquement. Il suffit d'être extrêmement convaincu de quelque chose et de la marteler assez fort pour le transformer en politique. 20 années de pénisme sur l'immigration sauvage et incontrôlée, résultat : ces conneries sont au centre des débats.

Il ya peut-être une leçon intéressante à retenir pour notre camp, en tout cas.

samedi 23 janvier 2010

"J'encule Christophe Barbier"

Non, moi non, beurk. Il s'agit du titre d'un assez délicieux billet réagissant aux propos du demi-cortex de l'Express sur la décision d'Air France de faire payer double les obèses, et visiblement, ça n'a pas plu du tout à la demoiselle. Un extrait, oh oui oh oui :

"plus je lis tes conneries moins j’ai envie de me ranger, j’ai envie de porter ma graisse comme un putain de drapeau du pays des différents, des gens qui finalement te font flipper, qui représentent ce que tu peux pas appréhender, avec ta mentalité toute baisée, mon gras c’est mon histoire, 29 ans qu’il m’accompagne, si il te dérange contente toi de compter les deux fois et demies où t’as eu la moitié de ma force dans ta putain de vie, les occasions où t’as du batailler pour être accepté, les fois où t’as chialé de la méchanceté, de la lâcheté et de la mesquinerie de tes semblables, je suis sure que t’arrive pas à deux, compte encore et parle moi de ta volonté, la tienne, t’en fais quoi, à part choisir sur quoi tu vas zapper, les bouquins du service presse que tu vas lire, ca t’amène où, tu te bats contre quoi, t’es pas un guerrier mec, t’es juste un misérable gratte papier, tout niqué, tout blasé, tu te branles sur les gros en secouant ton tout petit chibre, met toi à quatre pattes, le reste arrive".

On dira ce qu'on voudra, ça fait une sorte de bien par où ça passe.
Et puis, la miss met aussi le doigt sur quelque chose de très important dans le comportement de nos éditocrates ; qu'est-ce que ces gens ont vécu pour se donner le droit de raconter tout sur n'importe quoi et n'importe comment ? En jetant un coup d'oeil sur les CV des teckels jappant à longueurs d'année dans les médias qui mentent, c'est un parcours très similaire qui se constate chez tous : milieux aisés, grandes écoles, élevage en couveuse des "élites" de la nation qui les a toujours mis à l'abri des vicissitudes de l'existence, passage immédiat de l'école au monde médiatique sans passer par la case chômage ni même celle des petits boulots merdiques qui sont le lot de plus en plus d'étudiants, et installation progressive dans le paysage où ils pérorent à plus soif en regardant le monde entier du haut de leur suffisance de nantis qui jamais n'ont vraiment connu une seule des affres des gens ordinaires qu'ils méprisent tant...

Éprouver des désirs de goulag quand on lit leur prose est parfaitement légitime, tout le monde est d'accord là dessus. Quand pas exemple un Jacques Marseille lance : "Nous avons toujours détesté l’argent, l’entreprise, la richesse ; nous avons une forte tradition catholique et une forte tradition marxiste, et les deux diabolisent l’économie de marché. La pauvreté, c’est essentiellement subjectif. C’est la psychologie individuelle qui en est largement responsable", bon, on a immédiatement le réflexe de vouloir l'attacher à un poteau pour lui filer moult coups de cravache en pleine gueule et même si à la réflexion ça semble un peu exagérément émotif , nul ne saurait vous en vouloir pour ce petit mouvement d'humeur. Ou encore, Nicolas Baverez et son immortel : "pour les couches les plus modestes, le temps libre, c’est l’alcoolisme, le développement de la violence, la délinquance", qui donne envie de lui faire tester le saut à l'élastique sans élastique, pour la simple et enfantine curiosité de savoir quel bruit ça fait, un économiste néolibéral qui s'écrase sur des rochers. Oui, décidément, on aurait envie de faire tout ça même si après on s'en veut un peu d'avoir de si vilaines pensées. On est de gauche, donc gentil à la base. Il ne faut cependant pas oublier que ce sont eux qui provoquent des émois de cet ordre, tout ce qui peut donc leur arriver ne serait partant que de leur faute, c'est évident.

Non, il faudra faire preuve de davantage d'imagination. Par exemple, on pourra les enfermer dans une barre HLM de quartier "défavorisé" en les mettant tous au RMI et en les suivant avec une caméra pendant quelques semaines. Ça ferait une émission de télé-réalité très sympa qui détendra agréablement le prolo après sa journée de labeur. On les verrait tourner en rond dans leur appart, supplier le mec d'EDF de ne pas leur couper l'électricité pour impayés à répétition, on ferait appel à un acteur qui jouerait un huissier histoire de dramatiser un peu la narration, on demanderait au spectateur de voter pour savoir si on en expulse un, et si oui on irait avec lui dans les foyers de SDF qui lui refuserait le gîte par une nuit de - 5°...

Imaginez, mes amis...
Imaginez de croiser un Eric Le Boucher recroquevillé et tout grelottant sur une bouche de métro...
Imaginez un Nicolas Baverez en train de se pugiler avec un Jacques Marseille pour une bouteille de Kiravi...
Imaginez un Etienne Mougeotte abruti de Lexomil en tain de baver devant une télé allumée en permanence...
Imaginez un Laurent Joffrin à qui un dentiste refuse sa CMU...

Ah...

Et ceux-là, quand on les croisera, on aura le geste très civique de ne pas embêter les braves gens du 115 pour si peu de choses.

vendredi 22 janvier 2010

Le talk du Figaro

Posez vos questions à Olivier Besancenot.

"Pourquoi le Figaro donne t-il complaisamment la parole à cet anarchiste qui refuse le pouvoir et ne rêve que de semer mort et destruction dans ce pays ? Hein ? Pourquoi ???" (vieux con1)

"Le Figaro montre encore qu'il est devenu un journal de gauche en laissant parler un privilégié, au lieu de laisser la parole à la Droite Nationale qui elle parle au nom de vrais français !" (vieux con 2)

"On sait de source irréfutable par le site nazillons.org que ce pseudo-facteur est milliardaire et se prélasse à Ibiza avec sa compagne en sniffant des montagnes de coke dans des orgies où il apparaît en tutu rose. Ce n'est pas du tout de la diffamation, c'est la réalité vraie,d'abord !" (Kévin-fafounet1)

"Monsieur Besancenot, avez vous conscience que vous êtes l'allié objectif de Sarkozy en faisant perdre la gauche raisonnable qui fait ce qu'elle peut dans un monde complexe où l'économie de marché est une réalité incontournable, n'est-ce pas ?" (crevard socialiste1)

"Mais j'veux dire quoi, tu 'ois à un moment Olivier quoi, faut savoir être pragmatique quoi, tu 'ois, paske c'est pas paske nous on va se faire mettre profond par les socialos au second tour des régionales qu'on va pas pouvoir avancer des propositions concrètes comme imposer à tout le monde de faire pipi sous la douche quoi, 'tain comment ça me vénère trop grave c'est trop pas cool, quoi" (Cécile Duflot)

"Cette grosse pédale de Besancenot est un agent du mondialisme enjuivé qui déracine les vrais français de droite comme de gauche dans un processus de dévirilisation féministo-sioniste et si il y avait une justice, ce serait moi qui serait invité au Talk du Figaro pour poser ma bite sur la table en prouvant que je suis un vrai subversif du système sioniste et bien faire chier toutes ces grosse fiottes que je dérange, moi Monsieur". (Alain Soral)

"Quelle honte. Quel scandale ! Pourquoi n'entend t-on jamais Marine Le Pen à la place de ce sanguinaire fou furieux qui veut collectiviser mon pavillon du Vésinet ?" (vieux con3)

"C'est ça ! Bravo ! Encore ponctionner les courageux entrepreneurs qui peinent dans un pays en étant étranglés par une URSAFF soviétisée, devenir la Corée du Nord, le voilà le vrai programme de cet ASSASSIN !!! OUI !!! ASSASSIN !!!!!" (vieux con4)

"Le communisme a fait 150 milliards de morts et c'est une estimation basse ! Si Trotsky avait été au pouvoir, il aurait modifié l'alignement des pôles et plongé la planète dans des ténèbres millénaires ! Et on laisse parler des gens aussi irresponsables, quel gâchis, j'ai mal à la France" (Kévin-fafounet2)

"Le programme de Monsieur Besancenot n'est pas réaliste. Nous, au Parti Socialiste, nous voulons avancer des propositions concrètes et pragmatiques pour montrer que la gauche sait s'adapter à une modernité complexe, et c'est pour ça qu'on va tout faire pour se faire bien voir de la droite en faisant les grosses putes. Il faut arrêter de cliver les français" (Martine Aubry)

"Le nazislamiste destructeur de l'Occident Millénaire Besancenot est bel et bien le symptôme de cette France dégénérée en rupture de spiritualité conquérante qui fait rien qu'à se disgracier de partout et va dans le sens contraire des aiguilles des grands cycles cosmiques puisque comme je l'ai explique dans les 2689 pages de mon dernier roman il existe un axe Besancenot/Hamas/Chavez/François Bayrou/Raëliens qui conspire à l'ombre des tours noires de l'Onu qui est pas tout à fait Sauron mais presque et il faut qu'on devienne tous des méta-Hobbits et pfouuuu elle déchire chanmé cette bolivienne, dis" (Maurice G. Dantec)

"Mais les VRAIS français LES VRAIS FRANÇAIS monsieur Besancenot ils veulent ils exigent de VRAIS RÉPONSES parce que les français,les français, les français, ils, ils, ils, ne vivent PAS BIEN, ils ne VIVENT PAS BIEN DU TOUT !!!! Et, et ils ont le SENTIMENT d'être ENVAHIS, OUI ! ENVAHIS !!! LAISSEZ-MOI PARLER !!! Et ce débat sur l'identité nationale c'est UNE BONNE CHOSE, OUI, UNE BONNE CHOSE paske il faut redonner sa PLACE à la FRANCE et pour ça Nicolas Sarkozy c'est LE MOINS MAUVAIS CHOIX !!!!! TA GUEULE J'AI TOUJOURS RAISON ET JE CRIE SI JE VEUX D'ABORD !!!!!" (Elisabeth Lévy)

"Tous les français sont d'accord avec moi puisque je vois les commentaires sur ce blog de la liberté d'expression complètement libre de partout et le constat est là, qui peut de prime abord sembler désespérant : nous vivons dans une Union Soviétique islamisée qui décline de partout, c'est complètement objectif et tous les français de mon blog sont d'accord avec moi c'est dire à quel point je suis en phase avec le pays profond. Les vrais français appellent une vrai révolution conservatrice de leur voeux, c'est comme ça et pas autrement, et prétendre qu'il existe un monde réel en dehors de mon blog montre bien à quel point nous sommes dans une dictature de la bien-pensance droidlhomiste dhimissée. D'abord." (Ivan Rioufol)

"Grosse pédale, Besancenot ! Je te fistfeuque à coups de piolet gros enculé de ta race et je baise ta femme en levrette, et ensuite je relis Lautréamont en savourant un délicat cognac XO car les plaisirs aussi subtils et raffinés dans le spectacle marchand du post-choc politiquement correct c'est pas pour les kouymols méchants qui lisent même pas mes livres mais je m'en fous je les encule tous ces pédés tiens j'ai plus de Lexomil moi" (Jérôme Leroy)

"Besancenot. Oui. Bon. Mais on s'en fout un peu, non ? Je veux dire, d'ailleurs on se fout un peu de tout, c'est la seule attitude raisonnable à avoir. Non, vraiment, vaut mieux collectionner les photos d'ukrainiennes à poil et fantasmer sur les criminels de guerre en restant chez soi. Oui. Je veux dire, on sort de chez soi et dehors c'est le Frankistan, on s'est compris, hein. Alors non. On s'en fout. Tiens, il m'est arrivé un truc dingue aujourd'hui : j'ai parlé à une fille. Je crois que je suis amoureux. Ou pas". (Ilikeyourkévin)

"Écoutez, poser des question par Internet, comme ça, c'est un peu impersonnel, non...on pourrait se voir dans un endroit plus tranquille...chez moi par exemple...on prendrait un verre de vin en se détendant dans ma chambre, c'est l'endroit le plus confortable...vous avez l'air tendu, Olivier, je peux vous appeler Olivier ? Enlevez votre polo, je vais vous faire un massage si vous voulez..." (Laurent Gloaguen)

"ENCULÉ DE COMMUNISTE ON TE LAISSERA PAS FAIRE LA FRANCE ELLE VA SE RÉVEILLER ET ON FOUTRA LES GOCHISTES À LA MER ET MOI ET TOUS MES POTES DE TOLBIAC ON POURRA ARRÊTER DE BOIRE DE LA 8.6 TIÈDE ET ENFIN BAISER LES SALOPES QUI NOUS SNOBENT SIEG HEIL !!!!!" (Kévin fafounet3)

"Le totalitarisme ! Le totalitariiiiiiiiismeuuuuuhhhhhh !!!" (vieux con5)

"Assez ! Assez de cette gauche archaïque qui a toujours plongé notre pauvre pays dans le malheur ! Ah, il y en aurait des choses à dire sur cette chienlit mais là, l'infirmière du foyer me dit gentiment qu'il est l'heure de changer mes couches" (vieux con6)

"Grouiiiiiiik les fonctionnaires grouiiiiiiik enculés grouiiiiiiik faut réformer grouiiiiiiik qu'ils crèveuuuh grouiiiiiiik marre de payer des impôts pour les assistés grouiiiiiiik (bave) pays de merde grouiiiiiiik sarkozy gauchiste grouiiiiiiik !!!! (Liberaux.org)

Les commentaires de l'article seront modérés, merci de votre courtoisie.

jeudi 21 janvier 2010

Idiots inutiles

Hier soir sur Taddeï consacré à un "débat" sur Barack Obama, on notait que parmi les intervenants se trouvait une sorte de blond aux cheveux fillasses et au regard d'une inquiétante fixité prénommé Guy Millière, que jusqu'alors je ne connaissais pas. Il a cependant suffit d'une phrase pour être fixé sur la nature profonde du bonhomme, celui-ci exprimant le point de vue pour le moins audacieux que si les palestiniens se faisaient hacher menu par Tsahal, c'était un peu de leur faute...le reste étant à l'avenant, défense inconditionnelle des thèse néo-cons les plus débiles et les plus déconnectées du monde réel, on est ici en terrain relativement connu pour l'amateur de freaks ivanrioufolesques qui n'existent que sur Internet.

Tout de même, je me livrai derechef à une rapide recherche gouguelesque, curieux d'en savoir un peu plus sur ce guignol, quand bien même je savais par avance à quel genre de distrayant cinglé j'avais encore affaire. Le résultat a évidement été à la hauteur des mes espérances, et nul ne sera étonné d'apprendre que Guy Millière est un de ces fanatiques pro-US et troubadour hystérique du Marché dont la lecture - au demeurant assez hilarante comme on va voir - fait qu'on se dit tout de même que ponctionner les budgets de la psychiatrie depuis 20 ans, ça donne à la fin des résultats assez effarants.
(Et on ne manquera pas de noter également que notre cas social du jour, bien que néolibéral jusqu'au slip, ne manque pas à l'instar d'un Pascal Salin pourfendeur du Smic et du Code du travail, d'être confortablement installé dans la fonction publique parce que bon, le libre marché ok, mais faut pas déconner non plus. Ne pourrait-on trouver manière de donner à d'autres leurs postes dans l'Éduc' Nat' en "libérant" ces gens pour qu'ils goûtent les charmes austères du privé ?).

Pour la bonne bouche, petit florilège de guymillièrisme choisi, ça se mange sans faim :

"Des entreprises ont périclité, d’autres ont prospéré, des banques ont déposé leur bilan, d’autres ont grandi et fait des profits, de l’argent virtuel a disparu, de l’argent virtuel a été gagné. Le chômage s’est accru ici ou là. Des gouvernements se sont endettés au-delà du raisonnable. Mais, dans aucun pays développé, on n’a vu des millions de gens tomber brutalement dans la misère absolue". (GNAAAAAA !!!!)

Ah non alors. On n'a pas vu. Rien. Si on vous le dit.

"La chute du mur a été une défaite provisoire du système soviétique. L’Union européenne est aujourd’hui proche d’une vision gorbatchévienne du monde. Obama n’est pas venu parce qu’il ne voulait pas citer Reagan, mais il a lui-même une vision gorbatchévienne du monde. Et c’est pour cela qu’on l’aime en Europe et qu’on l’apprécie de moins en moins en Amérique. Vladimir Boukovski a évoqué, récemment, l’avènement d’une Union européenne soviétiforme. Nous y sommes" (GNIIIIII !!!!!).

L'hydre néobolchévik est derrière ton épaule en ce moment. Ne te retournes pas.

(Rendant compte de sa lecture d'un bouquin inepte) "Lecaussin démontre, d’une manière définitive, qu’il n’y a eu aucune crise du capitalisme, mais une crise provoquée par les interventions de l’État dans l’économie.Il souligne aussi que ce dont le monde souffre, ce n’est pas de trop de liberté économique, mais, au contraire, d’une très insuffisante liberté économique qui crée non seulement des crises, mais de la misère et, parfois, de la mort" (GNÉÉÉÉÉ !!!).

Le capitalisme ou la mort. C'est bouleversant. Quelque part.

On aura donc compris que Guy Millière fait partie de ces rigolos qui n'aiment tellement pas le monde réel qu'il s'en sont inventé un tout nouveau et tout joli dans leur tête et y batifolent à longueur de temps. L'inconvénient étant évidemment qu'ils tentent régulièrement de le plaquer sur une réalité méchante qui s'obstine à systématiquement les démentir et les faire passer pour ce qu'ils sont : des dingues.

Mais au-delà de l'aspect clinico-comique de la chose, reste une question qui fait hausser le sourcil : pourquoi inviter ce pauvre type sur un plateau télé ? Puisque si tant est qu'on souhaite faire du "débat contradictoire", quel intérêt à la présence d'un Guy Millière dont les "idées"ne sont représentatives de rien ? Combien de personnes, en France, sont convaincues de ses fumeuses thèses, franchement ? Quelques centaines ? 2000, max ? Et pour les aimables pantins qui souhaiteraient se gausser sur nos idées à nous, il faut ici leur rappeler que Besancenot en 2007 a obtenu 1,5 millions de voix. Si un candidat se prévalait des imbécilités néo-cons et se présentait à l'élection présidentielle sous un programme ultra-atlantiste tendance libertarien éthniciste, quel score ferait-il ? 0, 0quelque chose. Et pas plus. On voit donc que la pertinence d'inviter un Guy Millière sur un plateau-télé ne se justifie tout simplement pas.

Quant aux pauvres dégénérés qui se prévalent de ces opinions...massivement réfugiés sur Internet et tournant en rond autour de leurs nombrils de paranoïdes en roue libre, ils n'en finissent plus de se lamenter de vivre dans ce terrible Frankistan bolchevisé en prenant des poses de post-ados pleurnichards qui finissent par faire un peu pitié, tout de même. La lecture d'Ilikeyourstyle offre ainsi la vision d'une bande de Kévins braillards et flippés dont les petites provocations à deux balles sentent de très loin les types qui n'en ont pas fini avec une adolescence douloureuse et qui, quand bien même ils le fantasmerait très fort, sont incapables de faire quoi que ce soit au delà de leur clavier. Et encore.

Pour conclure, on se gardera bien de voir dans cette théorie d'imbéciles postpubères de quelconques "ennemis", à la fin ; puisque pour être considéré comme tels, il faut être un tant soit peu pris au sérieux. Prendre au sérieux les néo-cons français ? S'il vous plaît...ça vaut tout au plus un billet sur un blog trotskyste et seulement parce que l'auteur dudit a toujours eu une étrange tendresse pour les désaxés.


mercredi 20 janvier 2010

Marxiste

Il n y a plus aucune limite à l'arrogance de privilégiés qui s'auto-octroient d'himalayesques salaires et pourquoi se gêneraient-ils ?

Puisque ni Etienne Mougeotte ou Ivan Rioufol ou Christophe Barbier ou Elisabeth Lévy ou Eric Zemmour ou Alain Duhamel ou Bernard Henry-Lévy ou Nicolas Baverez ou Eric Le Boucher ou Phillipe Val ou peu importe ce sont tous les mêmes, n'auront un mot, un seul mot à y redire, trop obnubilés par l'air du temps et les stériles simulacres de débat, trop enfoncés dans leurs confortables places de petits clercs rampants, trop veules et vils pour même envisager de poser les vraies questions et ainsi éviter de montrer leur vraie place de valets médiatiques.

1 000 000 de chômeurs en fins de droits en 2010 contre 400 connes aliénées emballées dans leur burqa et de quoi on parle le plus ?

Mais le Parti qui n'a plus de "socialiste" que le nom préfère encore vendre son cul à la droite en expliquant qu'il est d'accord sur la nouvelle "réforme" scélérate des retraites pendant qu'Europe Ecologie fait des moulinets avec les bras avant, soyez-en certains, de faire des bisous avec la langue aux socialos. Tout ce cirque pour ça, hein.

La bêtise des commentateurs politiques n'en finit pas de stupéfier chaque jour un peu plus. On devrait être blasé, et régulièrement de nouveaux spécimens de pontifiante imbécilité repoussent encore un peu plus la limite de l'inculture crasseuse et de la totale absence d'analyse viable. Par exemple, ce Thomas Legrand dans Slate qui se tripote le zizi en poussant de petits jappements sur l'air de "gniiiiiii lestrèmgôche elle est très méchante gniiiii apu lesstrèmgôche gniiii" au point que si on ne savait pas à quel point ce genre de teckel était éminemment méprisable, on en serait presque gêné pour lui. Parvenir à pondre un insignifiant billet sur la gauche radicale sans expliciter que c'est le P"S" qui bloque sciemment tout le jeu à gauche et que tant que ce rammasis de vendus aura des places et du pouvoir à tenter de sauver, il fera tout pour empêcher l'émergence d'une vraie gauche, ça mérite d'être salué à sa juste mesure.

Quand le panorama à l'air aussi bouché et terne qu'un ciel de janvier, hop : back to basics. Qu'en pense donc ce bon tonton Karl ?

"Passions sans vérité, vérités sans passion ; héros sans héroïsme, histoire sans événements ; développement dont la seule force motrice semble être le calendrier, fatigant par la répétition constante des mêmes tensions et des mêmes détentes ; antagonismes qui ne semblent s'aiguiser périodiquement d'eux-mêmes que pour pouvoir s'émousser et s'écrouler sans se résoudre ; efforts prétentieusement étalés et craintes bourgeoises devant le danger de la fin de monde, et, en même temps, de la part des sauveurs du monde, les intrigues et les comédies de cours les plus mesquines dont le laisser-aller rappelle moins l'époque actuelle que les temps de la Fronde ; tout le génie officiel de la France condamné au néant par l'imbécillité astucieuse d'un seul individu, la volonté de la nation, chaque fois qu'elle se manifeste dans le suffrage universel, cherchant son expression adéquate chez les ennemis invétérés des intérêts des masses, jusqu'à ce qu'elle la trouve enfin dans la volonté obstinée d'un flibustier. Si jamais période historique fut peinte en grisaille, c'est bien celle-ci".

Ah oui. Oui, c'est exactement ça. Vigoureux, précis, percutant et subtil, la classe internationale. Il y a paraît-il des gens qui brament comme veaux, et y compris à "gauche", que le marxisme gnagnagna c'est has-been et que gnagnagna la lutte des classes c'est plus ça et que gnagnagna y faut trouver "autre chose". Blablabla. Des conneries, quoi. Les mêmes qui n'en finissent pas de tourner en rond comme girouettes sous LSD en gémissant "mais qu'est-ce qu'on peut faiiiiiire, mais qu'est-ce qu'on peut faiiiiire je sais plus quoi faiiiiire !!!!!". Tu m'étonnes qu'ils sont paumés, tiens. Aucune grille de lecture, aucune boussole politique, une analyse politique qui tient en un seul leitmotiv : Sarkozy il est très méchant. Bien. Ok, ça, c'est fait. Et ensuite ?

La gauche, ce qui lui manque là, en ce moment, ce n'est pas d'un "projet", non plus que d'un quelconque homme providentiel ; ce qui manque aux gens de gauche, c'est une grille d'analyse critique qui permette l'action. Et à force de leur avoir seriné pendant des décennies que marxisme = méchant, un paquet à fini par le croire sans évidemment avoir jamais fait l'effort d'en lire une seule ligne. La déculturation massive de la gauche, voilà un des leviers de la victoire de la droite qui n'est jamais abordé dans les tentatives d'explication. Alors que c'est précisément le rejet d'un outil de travail sans l'avoir remplacé par rien qui a crée un vide idéologique dans lequel la Réaction s'est engouffrée.

Recréer les conditions de nouvelles victoires, ça passe par lire Marx. Et donc, oui, en effet, faire un effort. C'est faire un retour sur le passé pour expliciter l'ici et maintenant et avoir des billes pour construire l'avenir, au lieu que de fuir et geindre dans un présent perpétuel qui donne ce sentiment d'immobilité décourageante.

Reconstruire la gauche, c'est redevenir marxistes, c'est en finir avec les mollesses et les conforts de l'époque, c'est redevenir durs et exigeants, c'est surtout et avant tout prendre conscience que le travail d'émancipation prend sa source dans la conscience de sa possibilité et partant des moyens qu'on s'en donne. Et oui, en effet : c'est difficile.

Mais considérablement moins que de rester dans son coin en cherchant quoi faire, finalement.

mardi 19 janvier 2010

Plaisir d'offrir, joie de recevoir

Le "consensus", oui. Mais de droite, hein.

Michel Faure devrait penser à changer la photo qui illustre les âneries neo-centristes qu'il pond comme autant de petites choses verdâtres et un peu dégoûtantes pour Rue89 : le moins que l'on puisse dire est qu'il n'est certes pas à son avantage et pour tout dire, a l'air un peu neuneu de la tête voire disons-le : franchement con. On pourra objecter que ce n'est certes en rien de sa faute et que personne n'est à l'abri d'un portrait un peu malheureux. Oui. Mais une lecture de ses articles sur l'Amérique Latine tendrait malheureusement à prouver que sa photo est cruellement en phase avec son intellect. Ce qui au moins a le mérite de la cohérence, c'est vrai.

Michel Faure, ça doit être quelqu'un de très gentil, dans la vie. La preuve : il a horreur du conflit et des gens énervés, d'où ses incessants appels à un "consensus" permanent, très Bayrou-attitude, qui lui permet d'être parfaitement serein quand il dit des conneries et donne de plus l'incontestable avantage de poser à l'homme de mesure et de raison qui fustige les radicalités et autres zesstrémiss. Ce qui est très pratique non seulement pour l'image qu'on se forme de soi-même, mais présente également l'avantage de ne strictement déranger personne et surtout pas ceux qui détiennent les pouvoirs. On en verra une illustration avec son récit enthousiaste de l'arrivée au pouvoir d'un milliardaire très à droite au Chili, signe pour notre lou ravi des pampas d'une évolution vers "une société politiquement apaisée". Mais citons-le dans le texte, ça mérite le détour :

"La gauche et la droite sont en compétition, elles ne sont plus en guerre. Pas un seul incident n'a marqué ce scrutin et ce qui frappe avant tout, c'est la courtoisie des vainqueurs et des vaincus les uns envers les autres une fois les résultats connus.
Cette situation est l'effet d'un consensus implicite entre la droite et la gauche sur quatre points essentiels : la Constitution, l'économie de marché, le pragmatisme politique et la nécessité d'un renouveau générationnel."

Et le "consensus", pour Michel Faure : c'est bien. Enfin, un consensus tout du moins puisqu'il ne faut pas être grand clerc pour s'apercevoir que le monde de bisounours dans lequel il évolue est basé sur un consensus comme par hasard orienté bien à droite : respect enamouré des institutions bourgeoises et bien évidemment grand cri d'amour envers le Joli Marché Qui Rend Heureux. On voit d'ailleurs que Michel Faure est ici d'une ébouriffante originalité puisque dans une presse livrée pied et poings liés à la chienlit néobolchévik, personne mais alors personne ne reprend ce genre d'idées (à la con) depuis plus de trois décennies. Franchement, que ça doit être confortable de se vautrer ainsi dans la pensée unique...on en serait presque envieux, tiens. Presque.

"une conception commune, entre la droite et la gauche, d'un libéralisme économique qui n'est plus tout à fait celle des « Chicago boys » de l'époque de la dictature Pinochet.
La gauche a apporté au système, sans le remettre en cause, une touche assez allemande d'économie sociale de marché. Elle a également mis en place des outils de contrôle et d'encadrement afin que soient respectées les règles de la concurrence et limités les dérapages des marchés (les fonds de pensions, par exemple, sont soumis à des obligations de prudence qui leur interdisent d'investir dans des secteurs à risque)."

La "gauche" a donc joyeusement vendu son cul au néolibéralisme et ça aussi c'est bien. Il faut signaler au passage que Michel Faure s'était précédemment fendu d'une désopilant billet intitulé : "Contre l'impérialisme yankee, libérons le commerce !" - mâtin ! Que de folle audace ! - où il expliquait sans hurler de rire que "A l'aube de ce XXIe siècle, une économie prospère et ouverte constitue un meilleur rempart contre l'impérialisme yankee que l'autarcie et les nationalisations d'entreprises étrangères". Oui. Il ose, le bougre. Le meilleur moyen de résister au joug économico-militaire des USA ? Ben accepter joyeusement les régles du Marché Qui Rend Heureux, pardi ! Voir là dedans une déconcertante contradiction serait faire preuve de bien de la mesquinerie, tant est subtil le paradoxe qui fait résister à un agresseur en se pliant à tous ses caprices. Mais tout de même, dans quel monde étrange vit donc Michel Faure, à la fin ?

Un élément de réponse à cette angoissante question nous est donné un peu plus loin, cependant :

"Piñera, qui a sans doute engrangé au second tour les voix d'électeurs d'Enriquez-Ominami, représente, quant à lui, une droite nouvelle, décomplexée, déconnectée des références pinochetistes, même s'il fut de bonne guerre pour la gauche pendant la campagne de prétendre le contraire."

Et le fait que le Piñera en question se soit éhontément enrichi pendant la dictature pinochétiste - comme le rappelle cette délicieuse phrase d'un article du Monde : "Sa chance a été de se lancer dans les affaires pendant la dictature militaire du général Augusto Pinochet". (Sa "chance"...il est des mots dont l'emploi laisse songeur, parfois...) -, non plus également que " M. Piñera arrive au pouvoir grâce à son alliance avec l'UDI qui a soutenu le régime militaire" n'a tellement rien à voir avec ces gauchistes billevesées que tiens, Michel Faure n'a pas l'impolitesse d'en parler. Oh, sans doute que Sebastian Piñera n'est pas un clone du pote de Margaret Thatcher : il se contente d'être le candidat des intérêts de sa classe sociale et a été élu avec moults promesses mirobolantes teintées de grasse démagogie en sachant pouvoir compter sur une frange d'un électorat qui aime l'Ordre et l'Autorité...au fait, y a t'il une succursale de la firme Kärcher, au Chili ?

Voilà donc l'explicitation de ce "consensus" cher à Michel Faure : peu importe finalement que le gagnant soit de droite ou de "gauche" - celle qui trahit -: l'important est que tout le monde soit absolument d'accord pour ne jamais toucher à l'ordre établi et à la Sacro-Sainte Propriété, et d'obéir à la lettre aux dogmes de ce néolibéralisme dont chaque jour nous montre un peu davantage l'éblouissante et incontestable contribution au bonheur universel...

De ce point de vue, on comprendra que Michel Faure ne goûte guère, à l'instar ô surprise de Sebastian Piñera, les pas consensuels du tout Chavez et Morales qui a ses yeux ont quand même un gros défaut :

Ils ne sont pas de droite.

Même en faisant semblant d'être de gauche.

Et comme dit plus haut, au fond, Michel Faure doit être quelqu'un de très gentil qui n'aime pas les gens énervés. Surtout ceux qui sont énervés contre l'idéologie de Michel Faure, en fait.