mercredi 15 septembre 2010

Éloge de la modération

En même temps, je ne peux que me mettre à ta place, ô lectrice et ô lecteur de bon goût qui aime à lire CSP et parfois à en commenter les délicieux et brillants billets : la modération des commentaires peut apparaître comme un peu injuste, puisque soumise à l'approbation ou pas du tenant des lieux. Étincelantes contributions comme insignifiants crachats sont soumis à la même règle austère et doivent attendre que le législateur bloguesque les autorise ou non à connaître le bonheur indicible de la publication publique. C'est cruel. Et mon coeur sensible d'homme de gauche compatissant en est flétri croyez-le bien...
Hélas, mille fois hélas, je n'ai pu me résoudre qu'à cette extrémité qu'en me faisant violence à moi-même, tant est à vif mon extraordinaire sensibilité et grand mon souci du débat démocratique et citoyen où tout un chacun a le droit de s'exprimer y compris en disant de noires conneries. Je suis triste, oui, triste, d'avoir pris ce mesures, mais aussi j'ai toujours été tellement sentimental...
C'est ça qui me perdra un jour, c'est assuré.

Souvenez-vous, mes amis ! Souvenez vous de ces jours de liesse où CSP était une grande maison ouverte à tout un chacun. Les portes et les fenêtres y étaient toutes ouvertes comme une maison bleue sur la colline dont on aurait jeté la clé et l'entrée en était accueillante et douce. Tout le monde pouvait y entrer et était accueillis comme princes et princesses par l'hôte prévenant. La compagnie y était exquise et on y devisait de hautes et élevées pensées en oubliant jamais d'y ajouter le sel de l'esprit le plus piquant. De temps à autre quelque droitard en goguette ou autre malapris libéral s'y aventurait manière de faire le malin et c'était délice de le voir se faire hacher menu par la brillante compagnie. Il repartait en maugréant, drapé dans son dérisoire orgueil et tentant vainement de dissimuler la blessure de son insignifiant ego ; après quoi, le remerciant de nous avoir fait bien rire, nous pouvions poursuivre nos conversations...

Je suis au bord d'écraser une larme à la pensée de ces jours enfuis ; cette damnée sensibilité si facilement blessée sera ma vie durant un tourment. Je suis trop sensible, vous dis-je. C'est ce que mon papa et ma maman ont dû se dire à l'époque enchanteresse de l'enfance innocente quand j'enfermais le chat dans le congélateur pour voir ce que ça faisait.
Ô période charmante que c'était...

Hélas, tout le monde n'a pas cette sensibilité touchante. Le monde est peuplé de méchantes gens qui s'expriment comme d'autres ont la diarrhée et ils emploient leurs tristes journées à vouloir ennuyer les gens d'aimable composition. Ils sont comme par hasard le plus souvent de droite, encore qu'il s'en trouve quelques une dans une certaine gauche qui a tendance à perdre trop facilement ses petits nerfs. Au fond, ces gens sont très malheureux, assurément, et peut-être que vouloir ainsi laisser une trace si insignifiante soit-elle est une manière de soulager leurs douleurs intimes...
Il en est d'autres aussi qui eux agissent de manière davantage concertée puisque le troll bombing est devenu pour ces pauvres gens que sont les fafounets le moyen d'essayer d'empêcher qu'on dise tout le bien qu'on peut penser d'eux : lisant sur Fsetouche qu'on a osé exprimer la vérité profonde de leur être - ce sont de petits merdes couardes, en résumé -, ils débarquent en formation Zergs pour vouloir clore le débat des honnêtes personnes. Leur contribution est aisément reconnaissable puisque pouvant se résumer à quelque chose comme : gniiii sale gauchiss gniiii vous êtes que des méchants gniiii à bas le droidlhomiss communiss gniiii un jour on fera quelque chose de trop fou gniiii mais en attendant on est trop faibles pour passer à l'acte gniiii enculés gniiii. En gros, c'est à peu près ça. Par parenthèse, on constate que là aussi le niveau baisse puisque récemment est apparue une nouvelle sous-espèce : le fafounet kikoolol. Vou lé gauchiss on va vou pété la gueul lol et pis aprè on foutra lé bougnoul dehor mdr oxydan vincra rolfcopter.
Convenez que tout ça est navrant.

Le meilleur moyen de rester entre gens de bien était donc d'activer la modération des commentaires. Mais il ne faut pas le voir comme une fermeture, il ne faut pas l'envisager comme une manière de repli, nullement. Imaginez plutôt que CSP est ainsi devenu un des ces clubs de pensée aux membres triés sur le volet, non point par une sélection de classe ou de couleur de peau comme le font les bourgeois voulant entretenir leur consanguinité sociale, mais par le choix délicat d'esprits élevés et de sincères bonnes volontés de participer. Sans doute il faut attendre un peu à la porte de l'établissement et vous voudrez bien m'excusez de ce désagrément ; encore vous est épargnée la connaissance de certains qui ont la prétention sotte de vouloir aussi entrer, mais vous ne voudriez pas les rencontrer, croyez-moi.

Ainsi, une fois chez le maître des lieux, celui-ci se fait une joie de vous recevoir avec tous les égards. Installez vous, mettez vous les plus confortable possible. Il fait un peu froid dehors, j'ai allumé un feu dans la cheminée. Oui, ces fauteuils sont un enchantement, je les ai choisis spécialement pour vous. Discutons donc, entre personnes exquises et de gauche.
Oh, ne prêtez nulle attention à ces quelques criailleries qui parfois viennent du dehors : ce sont les refoulés du club qui trépignent. Ils sont déjà repartis dans leur néant originel, j'y ai veillé. Toutefois, j'ai une petite gourmandise rien que pour vous : j'en ai laissé entrer un pour qu'on le mette délicieusement en pièces. Ce sera le régal de la soirée.
Vous reprendrez bien de cet armagnac hors d'âge, n'est-ce pas ?

13 commentaires:

Anonyme a dit…

Monsieur Hum Hum à dit :

En gros vivons comme des bourgeois dans notre nid douillet mais attention , entre gens de gauche , of course. Mais à force de ressasser les mêmes idées avec les mêmes personnes , heu comment dire , ne risque t'on pas de tourner en rond ? Soumettre nos idées (quelles qu'elles soient) à une confrontation directe avec l'autre , celui qui pense pas comme nous peut etre enrichissant . Je pense que même à droite on peut trouver de beaux esprits (bon bien sur on evite les gniii et autre lol man).
Enfin moi je dis ça , c'est juste ma façon de penser .

Constantin a dit…

Bon, les fauteuils, c'est sympa, mais faudrait aussi penser aux cognacs ukrainiens et aux putes hors d'âge.

cultive ton jardin a dit…

"une nouvelle sous-espèce : le fafounet kikoolol. Vou lé gauchiss on va vou pété la gueul lol et pis aprè on foutra lé bougnoul dehor mdr oxydan vincra rolfcopter."

J'avais bien remarqué cette nouvelle espèce, commentaire surréaliste parfois suivi de peu par un autre nettement plus BCBG, et je m'interrogeais: un mec qui fait semblant pour faire peuple, puis qui repique au truc en termes choisis pour pas faire trop con? Un analphabète stipendié? Ou alors, le niveau qui baisse chez les nz? Ou encore, ils recrutent vraiment chez les fdesouche déclassés?

Quelqu'un a des infos plus précises là dessus?

Totoze a dit…

'tain sur le coup j'ai cru que tu parlais de la modération au sens de ne pas être radical.

Alex a dit…

@cultive ton jardin
Peut-être le fruit de nombreuses générations de consanguinité inconsidérée, encore fort commune dans le milieu.

@Hum Hum
Mouis.. mais entre gens de gauche, y a déjà largement de quoi se foutre sur la tronche, on peut même faire rentrer des extrêmes de temps à autre histoire de se faire peur (genre Strauss-Khanniens)

Vince a dit…

@ Constantin

Je m'demandais aussi quand sonnerait l'heure des filles dénudées...
Tradition entre gens de bon goût est de partager ses points de vue sur tous les sujets...

Et pour le "ne risque-t-on pas de tourner en rond ?", je défie ce charmant commentateur de tourner en carré ou en triangle, à moins de vouloir nous faire tourner en bourriques...

ramiro a dit…

Bô,la modération sur les blogs c'est comme la dictature du prolétariat, une étape nécessaire vers le socialisme .

ps pour les mongoliens incultes : « Les mots n’ont pas aujourd’hui le même sens qu’ils pouvaient avoir sous la plume de Marx. A l’époque, la dictature, dans le vocabulaire des Lumières, s’opposait à la tyrannie ; elle évoquait une vénérable institution romaine : un pouvoir d’exception délégué pour un temps limité, et non pas un pouvoir arbitraire illimité. », selon Daniel Bensaïd

zergy a dit…

"ils débarquent en formation Zergs pour vouloir clore le débat des honnêtes personnes."
Teuteuteu, je ne suis pas d'accord.
Les Zergs sont nombreux et impitoyable, les fafounets sont éparse et pitoyable.

Anonyme a dit…

Ils font fort

http://www.rue89.com/matouk/2010/09/15/peut-on-eviter-dallonger-la-duree-de-cotisation-des-retraites-non-166696

Goetz a dit…

curieux ton billet.
le style et tout. ça en rappelle un autre
à un moment j' ai cru qu' on allait lire au détour d' une phrase, une expression type "blog d' élite".
pas bien de donner des sueurs comme ça..
nt nt

PS : je reprécise : similitude sur le style, pas le fond, ( encore que tu changes quelques termes et on s' y croirait ) avant que les quelques bulots qui ont réussi à endormir le physionomiste montrent les dents

Anonyme a dit…

Si la modération servait à modérer les fafounets plutôt que les militants d'extrême gauche (par définition "sectaires" et en plus ils vomissent Mélenchon), je pense qu'il n'y aurait rien à redire.

Anonyme a dit…

J'en ai marre d'avoir envie de te complimenter sur tes billets csp. T'est chiant. Me suis marré comme un éléphant de mer sous anti-dépresseur, t'abuse.

C'est incroyable comment tu t'auto-kiffe. Y'a de l'abus. Mais c'est ca qu'est bon. Effectivement fallait se lancer dans du filtrage. Ceci dit on pourra être nostalgique des plus beaux trolleurs révisionnistes, des kévino-fafounets, des libéraux sous imodium, des jéromes leroy sous champomy, et autres "gniiiiiii on se fait du gaucho sur ternet gniiiiii "...

Petite larmichette pour tous ces timoniers de la pensée argumentée et structurée(et ô combien structurante)ô Révérence quand tu nous tiens ^^

Bon et puis aussi je voulais dire : être de gauche, c'est être logique. Pas besoin des "lumières" d'une bande d'abrutis-napoléoniens-refoulés pour comprendre ca.

Porte bien son nom ce blog, salubrité publique, c'est exactement ca ! :-)

Anonyme a dit…

Bon sang de bon sang, c'est génial, c'est a voir!
Bon on a vu donc la vulgarisation des gens du Pavé, voyons maintenant les propos de Mr.Friot directement, on a là encore quasiment un putain de programme politique.

http://www.latetocarhaix.org/article-conference-de-bernard-friot-sur-les-retraites-comprendre-l-enfumage-gouvernemental-et-patronal-8-videos-52985512.html