Aux États-Unis, on peut semble t-il raconter en public absolument tout ce qui vous passe par la tête sans que ça pose légalement problème ; il y a un amendement de leur Constitution qui garantit une à peu près complète "liberté d'expression" et tout un chacun de pouvoir clamer qu'on a été très injuste avec Adolf Hitler ou que le 11 septembre est un complot de la CIA en cheville avec le Mossad lesquels sont manipulés de la Zone 51 par les petits gris télépathes. À première vue, ça a l'air plutôt sympathique comme système vu qu'on peut donc dire tout et y compris réfuter ce que les premiers ont dit etc. À première vue mais on va y revenir.
En France il n'en est pas tout à fait ainsi et trompeter par exemple que jamais au grand jamais les chambres à gaz n'ont eu la moindre existence et que ces Juifs exagèrent tout de même un peu vous vaut un bon gros procès et une invitation à passer quelque temps dans d'infréquentables et insalubres établissements pénitentiaires. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à un délicieux personnage nommé Vincent Reynouard. Vous ne le connaissez pas ? Le mieux est donc de le laissez s'exprimer avec ses mots à lui afin que vous vous fassiez une idée plus exacte du charmant bonhomme :
"Vers quatorze ans, j’ai pu contempler les photos du IIIème Reich. J’ai rapidement compris que le vrai socialisme, celui auquel j’aspirais, avait été réalisé par Adolf Hitler. Ce fait m’apparaissait comme une évidence. Lorsque je m’en ouvrais aux adultes, ils répondaient en invoquant les “atrocités nazies”. Pendant longtemps, j’y ai cru. Mais j’admirais tout de même Hitler pour ses réalisations sociales et je disais : “Il faudra refaire un État national-socialiste sans les camps.” On me répondait que c’était impossible car le national-socialisme menait naturellement aux camps de la mort. Dans ma tête pourtant, je n’arrivais pas à comprendre comment un tel régime, si bon pour son peuple, avait pu mener à de telles atrocités. La franche dichotomie me troublait et m’amenait à douter parfois. Mais tout le monde me le disait… Alors je restais seul, un peu honteux, avec mon “national-socialisme” — sans les camps. (...)
Je me croyais donc seul au monde, seul à avoir compris qu’on pourrait faire un national-socialisme sans les camps, seul avec les petites croix gammées que je dessinais sur des feuilles. Je n’en tirais nulle fierté, mais plutôt une angoisse abyssale. Devrais-je passer toute ma vie sans personne pour partager mes vues ? On comprendra pourquoi la découverte du révisionnisme et la certitude qu’il disait vrai fut pour moi une libération. Ce que je n’osais pressentir était exact. La franche dichotomie était effectivement un symptôme du mensonge ambiant. J’étais enfin décomplexé"., citation de Vincent Reynouard, dans son bulletin Sans concession (n°30, avril 2007)
Le pauvre petit lapin a vraiment souffert d'être un gentil nazi et s'est heurté violemment à la réprobation pas gentille des méchants censeurs probablement sémitocommunistes qui ont tout brimé l'épanouissement de sa fragile personnalité ; heureusement, Vincent s'est trouvé des copains qui l'ont aidé à traverser cette malheureuse période ; regardez comme il a l'air tout épanoui sur cette photo datant de sa turbulente jeunesse :
Vous avez du mal à ressentir de l'empathie pour les ennuis du garçon ? C'est parfaitement normal. Et encore la prison apparaît-elle dans son cas châtiment manquant singulièrement d'imagination mais c'est un autre débat.
Mais figurez-vous que ce brave Vincent est défendu par des gens. Sisi, il y en a qui osent tout et c'est à ça qu'on les reconnaît. Bien entendu, son comité de soutien ne le défend pas au nom du droit à se balader le bras tendu avec un brassard à swastika, mais au nom de la notion de "liberté d'expression". On est pas d'accord avec lui mais il a le droit de le dire librement. Comme aux États-Unis donc, et de demander dans la foulée l'abrogation des lois Gayssot, cadre légal empêchant nazillons et autres réacophiles de trop se lâcher dans l'enthousiasme anti-pas Blancs.
J'aime beaucoup Chomsky, évidemment. Je l'apprécie même tellement que je m'accorde le droit de n'être pas du tout d'accord avec lui quand il défend cette définition de la "liberté d'expression". Pas du tout d'accord sur le fait de penser qu'une société est plus "libre" si on laisse s'exprimer le pire. Encore Chomsky est-il complètement cohérent dans ses convictions libertaires quand il défend le droit à l'expression de tous y compris de ses propres ennemis politiques, et l'honnêteté du penseur n'est ici nullement à remettre en question puisqu'étant l'un des derniers intellectuels à faire preuve de probité.
Ensuite, être cohérent n'empêche pas de faire attention avec qui on se retrouve indirectement associé, y compris à son corps défendant.
Je n'ai aucune sympathie pour le gouvernement israélien et sa politique d'apartheid dans les territoires occupés ; on me pardonnera cependant aisément de ne pas me retrouver aux côtés des sinistres clowns Soral/Dieudonné et autres Centre Zahra pour soutenir les palestiniens. On peut être solidaire de ce peuple sans être antisémite pour autant, contrairement à ce que mentent les sacs à vomi réactionnaires qui s'épanchent entre autres sur Causeur. De la même façon qu'on peut approuver la liberté d'expression dans une certaine mesure avec des exceptions spécifiques, et même penser qu'une liberté "totale" de celle-ci n'est peut-être pas la panacée qu'on croit de prime abord.
La parole, le discours, créent les conditions de la réalisation de ce qu'elles expriment. On peut le voir dans les exemples les plus quotidiens et pour les choses les plus anodines et les plus inoffensives ; mais mon propos est de montrer qu'il en est également ainsi pour les choses plus néfastes. Dans une certaine mesure, le discours crée les conditions du réel et sans aller jusqu'au exemples historiques les plus frappants - le nazisme a d'abord été un discours avant de pouvoir se réaliser dans les faits en entrant dans un nombre croissant de cerveaux -, on peut constater qu'une libération de la parole sur certains sujets sensibles se met à façonner un réel loin, bien loin de l'idéal démocratique voulu par ses partisans. La liberté d'expression "totale" ne favorise pas nécessairement l'épanouissement de tout un chacun, et l'exemple le plus immédiat nous montre que la décomplexion d'un discours stigmatisant, y compris aux plus haut sommet de l'État, autorise à penser - voire à faire par la suite - des choses qu'il aurait sans doute mieux valu celer : certains de penser qu'on peut abattre deux adolescentes sans que ça mérite qu'on s'en émeuve...
Et il faut voir également que les situations ne sont pas exactement les mêmes ici et outre-atlantique. Nous aussi avons des groupuscules racialistes, moins nombreux et moins bien organisés sans doute ; mais qui au final font très peu parler d'eux puisque ne passant quasiment jamais à l'acte. Si on prend l'hypothèse qu'une liberté d'expression "totale" c'est à dire non-encradrée peut prédisposer au passage à l'acte, c'est peut-être pour cette raison que nous n'avons pas eu de Timothy McVeigh...Il y en a sans doute qui rêvent de faire pareil ; mais qui sait dans quelle mesure les empêcher de penser en roule libre et d'exprimer ce désir à voix trop haute n'est pas le rempart intérieur qui empêche de penser, disons, trop loin ?
En France, la loi Gayssot est ce rempart qui empêche qu'un trop gros niveau de décomplexion soit atteint ; et c'est peut-être grâce à elle, entre autres, qu'on évite - pour le moment ?...- des ratonnades de musulmans et de Roms. Le discours prépare le passage à l'acte. Cadrer le discours peut faire réfléchir ceux qui penseraient trop forts certaines choses.
La question d'une liberté d'expression "encadrée" pose évidemment la question du curseur de ce cadre : où le mettre ? Et surtout qui décide de la place du curseur ?...
Mais au final, décider de qui place le curseur et où relève également de notre responsabilité à nous ; puisqu'en général, c'est quelqu'un pour qui on a voté...

29 commentaires:
Monsieur Hum Hum a dit :
le seul probleme en interdisant (ou encadrant) trop la liberté d'expression est que cela revient à cacher l'existence de ces pensées noseabondes sans pour autant les faire disparaitre. Je prefere montrer à mes enfants ces idées /opinions et leur expliquant qu'elles existent mais ne representent que l'expression d'un délir intellectuel. Car qui peut etre le garant , en cas d'un encadrement par une quelconque autorité, du positionnement du curseur de ce qui est autorisé de penser et d'exprimer .
Sinon ce billet est tres bon .
Article passionnant, qui traduit enfin toute la perplexité d'une certaine gauche envers l'idée de chomsky de "liberté totale" et tu l'expliques admirablement bien.
Cette distinction entre deux conceptions de la liberté existe également dans les sources philosophiques meme sur la liberté.
Pour Rousseau, elle se conçoit uniquement dans un cadre qui seul lui permet de s'exprimer. cadre qu'il appelle le "contrat social".
Les américains sont plutôt sur un modèle à la voltaire. "Je suis contre ce que vous dites mais je me battrais jusqu'à la mort pour que vous puissiez le dire".
Si on est dans l'idée à la Rousseau en France, le problème est que la place du curseur marche en symétrie. Car puisque celui-ci est placé par les dominants, aussi bien il fait rempart contre les discours "qui précèdent le passage à l'acte" à l'extreme droite. Mais du coup, il sort du cadre tout discours voulant faire rupture avec l'ordre social. Tout discours révolutionnaire.
Petite remarque au passage : c'est assez "drole" que les plus xénophobes et haineux des discours récupèrent au final les visées idéologiques du grand papa d'outre atlantique. Confirmation que ces discours n'ont aucune cohérence rationnelle et qu'ils prennent tout ce qui se trouve devant eux pour asséner leur vérité fondamentale : gniiii etrangers.
Bon j'arrete la. mais ça explique au moins pourquoi il faut empecher les rassemblement de riposte laique, surtout si on se prétend "républicain".
Le sujet mérite d'etre creusé, mais merci d'en parler, je ne cache pas que ça va attirer tout un tas de troll "anti-totalitaires", mais bon, tu sauras les recevoir.
Il y a un petit problème avec ton texte, avec un paragraphe commençant par "inoffensives ; mais mon propos est de montrer qu'il en est également ainsi pour les choses plus néfastes." (c'est vers le dernier tiers du texte).
Sinon, sur le fond, je suis tout à fait d'accord avec Chomsky (même si je ne signerais pas pour autant la pétition).
Et je crois que tu donnes peut-être trop de force au discours, à la parole même. Et le fait de l'empêcher de s'exprimer "librement" peut même être un facteur de radicalisation de ces très puantes idéologies (si une sorte de loi Gayssot été adoptée aux USA, je pense que ça renforcerait énormément la paranoïa des McVeigh).
Et puis, ça pose moralement la question de savoir si il est juste d'adopter/défendre une loi qui restreint les libertés et les idées de certains au profit des nôtres. Bref, tu as décidément l'art de lancer des débats difficiles en ce moment ;-).
PS : là où on va être d'accord, c'est que toute la galaxie des libéraux du net va te tomber sur le coin de la gueule pour hurler que tu es un "bolchévik totalitaire gnagnagna haineux de la liberté gnagnagna". Quand bien même ils seraient pour la loi Gayssot d'ailleurs...
Alors loin de moi d'être un partisan de la liberté d'expression à l'américaine, ni de défendre le national-socialisme - faut pas déconner - et encore moins de défendre les choix du gamin mais je m'interroge sur un point. Il dit On me répondait que c’était impossible car le national-socialisme menait naturellement aux camps de la mort. Dans ma tête pourtant, je n’arrivais pas à comprendre comment un tel régime, si bon pour son peuple, avait pu mener à de telles atrocités.
En gros, c'est la preuve vivante que dire "c'est comme ça picétou", ça ne convaincra jamais personne, et encore moins quelqu'un qui cherche à comprendre. Si "on" avait pris la peine d'expliquer par a+b que l'idéologie national-socialiste est une idéologie raciale, fondée sur la hiérarchie des races (etc etc) et si on lui avait enjoint de lire des témoignages d'anciens nazis déçus (euphémisme) - et ça ne manque pas dans la littérature - là il aurait probablement vite retourné sa veste. Là, manifestement personne a fait l'effort de lui expliquer, donc il est resté ancré dans ses certitudes. Maintenant tant pis pour lui et ce qui va lui arriver, il est assez grand hein.
Mais les arguments à base de "les nazis c'est des méchants, regardes ils ont tué des millions de gens", ça me rappelle les commentaires des vieux cons, réacs et autres ignorants à base de "les communistes vous êtes méchants, izont tués des milliards de gens, vas en Corée du Nord pour voir si t'aimes encore le Communisme !". Manifestement il faut savoir faire la part des choses et surtout argumenter. Notez que je comprends pas pourquoi on nous propose jamais le Vénézuela ou la Bolivie.
Impeccable comme toujours. Y'a juste une couille dans le potage au niveau d'une phrase qui semble avoir été zappée par un "suppr" ou un copicolle malencontreux, je sais pas. C'est vers le milieu de ton article au mot "inoffensives, etc...". Ceci dit, suis quand même d'accord avec ce que je pense qui était censé y être. ;) Bonne journée.
C'est un peu excessif que ce type soit en taule. Surtout pour les inepties qu'il a écrit (et que j'ai lu, c'est un ramassis de conneries, pour lui la preuve que les chambes à gaz n'ont pas existé, c'est que Goering le dit ! ).
On peut trouver la brochure de ce monsieur ici :
http://balder.org/judea/pdf/Vincent-Reynouard-Holocauste-Ce-Que-Lon-Vous-Cache.pdf
Mais je ne lèverai pas le petit doigt pour soutenir ce genre de personnage. Je veux bien qu'on défende la liberté d'expression, mais pas pour défendre des nazillons puants. D'autant plus qu'il défend le nazisme où il n'y avait aucune liberté d'expression ! Alors il n'a pas à s'en revendiquer aujourd'hui, c'est trop facile ça !
Il n'y a qu'à faire comme il fait lui, dire qu'il n'a pas existé, l'oublier...
Bon, coquille corrigée et merci de l'avoir signalée, je ne comprends pas où est passé le bout de texte...bref.
De toutes façons, il est bien évident qu'une loi ne peut pas suffire : on éradique pas quelque chose en faisant une loi ; on peut espérer en limiter certaines nuisances, et encore, il faut voir la loi en question...
Dans le cas du racisme, tant qu'on le pose comme problème "moral" - bouh, le racisme c'est vilain -, on se contente de la pose et on ne fait pas de politique : le racisme en tant que facteur de division de la société.
Je me demande quand même si le relativisme de Chomsky ne le conduit pas, à force mais involontairement, à l'exact contraire de ses visées...
(et bien sûr, au vu de la nature du débat, celui-ci est réservé aux gens sérieux qui ont des choses intéressantes à dire ; le fafounet de passage en quête de mots d'esprit devra aller commenter sur Fsetouche, là où sont ses semblables)
Salut Reynouard s'est fait une spécialité de nier Ouradour sur Glane, ou plutôt de faire dans le relativisme et de faire porter le chapeau aux résistants communistes. Il a pondu des vidéos qui circulent sur internet. Après, il a peut être aussi nié le génocide nazi mais je ne crois pas que ce soit pour ça qu'il a été condamné.
Chomsky est un intellectuel et il a bien raison de s'occuper de ce qui ne le regarde pas.
C'est le Pape qui devrait la boucler !
Alors vaste débat et passionnant comme déjà noté.
Juste un point sur Chomsky, et il l'explique très clairement : la liberté d'expression oui et totale mais SI ELLE N'ENGENDRE PAS D'APPEL A LA VIOLENCE OU AU MEURTRE !!!
le voilà donc le curseur et c'est un point essentiel me semble-t-il, et d'ailleur dans notre belle contrée, me semble que l'encadrement dont tu dénotes le besoin n'empêche pas des ratonades et autres passsages à l'acte, parce que bon quelque part la frustration verbale finit par lacher les chiens...
alors que laisser dire certaines horreurs pourrait permettre il me semble de pouvoir apporter la contradiction et argumenter que les inepties des affreux jojos nazis et révisionistes démontrent qu'ils n'ont franchement rien compris au film et que bon s'ils devaient souper en présence d'un ancien déporter ils auraient tout loisir, en plus des "souvenirs", de mirer son joli code tatoué sur le bras et peut-être même d'autres séquelles de tortures en tout genre.
et puis des lois en veux-tu en voilà on voit bien où ça mène aujourd'hui, si l'essentiel était axé sur l'éducation, les gamins ne tourneraient pas vinaigre pour quelque idéologie totalitaire.
"We don't need no education.
We don't need no thought control.
No dark sarcasm in the classroom.
Teacher leave them kids alone !
Hey teacher, leave the kids alone !"
;o)
vaste sujet sur lequel je n'ai pas de positions bien tranchées.
Et si au lieu de grands principes abstraits à majuscules (la Liberté, la Justice...) on regardait chaque cas individuellement ? par exemple:
-interdire ou non "suicide mode d'emploi" ? préjudice certain (il y aura des morts) donc interdiction justifiée.
-interdire ou non une œuvre de fiction telle que "rose bonbon" où est le préjudice ? interdiction non justifiée.
-interdire le négationnisme ? il faudrait peser les avantages (éviter la propagande négationniste qui justifie l'antisémitisme) et les inconvénients (poser les négationnistes en victimes). Mais on se heurte aux passions et au poids de l'histoire : ce n'est pas un hasard si c'est l'Allemagne qui a promulgué la première loi de ce type, et non les usa...
Et la prolifération des lois mémorielles est dangereuse: pourquoi ne pas interdire le français, langue issue du latin des colonisateurs romains au profit du gaulois, tant qu'on y est?
Chouette ! des romains ! (Obelix)
"le vrai socialisme, celui auquel j’aspirais, avait été réalisé par Adolf Hitler."
ça fait quand même du bien une grosse tranche de rire.
mais en lisant le reste de ses élucubrations, c'est à se demander si on n' est pas plutôt dans la dimension psychiatrique que pénale
Nous avons affaire à un fanatique religieux ;
ce dont il parle, il en fait une question de foi.
la vérité de l'historien est, de toute façon, sans cesse révisée ;
c'est pas un tribunal !
la loi Gayssot offre la possibilité à ce genre de cons de se payer le luxe d'un procès.
Faut arrêter les conneries à un moment donné !
Liberté d'expression pour Cortex-pyramide le rappeur du 9.1 !
"Alors Ivan roufiol, tu viens parler, tu ouvres ta grande gueule, hein ?
Tu défends tazin, parce que tu veux la péter cette grosse putain ? T'es un jaloux ?"
"Hein, vous parlez, j'espère que vous allez assumer, hein, Ivan ?"
http://www.dailymotion.com/video/xers7q_cortex-clash-ivan-rioufol_news
Bon, je sais ça n'a pas la subtilité d'un pamphlet bourdieusien, ou même d'un collectif d'intellectuels critiques qui parlent des médias...mais ce mec là, Cortex, il a du style !!! Quel langage fleuri qui, finalement, doit bien être celui qu'utilisent Zemmour ou Thréard lorsqu'ils parlent des fonctionnaires ou des cheminots qui lutte...
Vas y Cortex, et comme disaient les maos en 72 "pour un oeil, les deux yeux, pour une dent, toute la gueule" !
Franchement je suis partagé. La position de Chomsky se tient mais la position répressive aussi. Le fait qu'il soit en tôle à plutôt tendance à me réjouir, mais sur le principe ça me semble un peu exagéré.
@EE
En gros, c'est la preuve vivante que dire "c'est comme ça picétou",
oui mais non, ça c'est lui qui dit ça. Mais il n'y a pas besoin de longue argumentation, le génocide des juifs est inscrit dans Mein Kampf, sinon directement du moins comme conséquence inévitable par le fait de désigner une catégorie de population comme des sous hommes qui ne doivent pas polluer la race suprême et par le fait que les juifs étaient considéré comme une race. En contraste, le goulag n'est pas inscris dans le Manifeste du Parti Communiste, et dans le pire des cas la bourgeoisie est une classe sociale, il suffit de supprimer la classe (et pas les individus) pour que la bourgeoisie disparaisse.
- Rien d'étrange dans le onze septembre ? Les mouvements financiers quelques jours avant par exemple ?
- Le cas du monsieur semble effectivement relever de la psychiatrie mais(soupir)la liste de ceux qui en auraient besoin est longue....
- La liberté d'expression totale est comme la liberté totale d'agir à sa guise, d'une manière générale... on sait où ça mène...
- " fafounet de passage en quête de mots d'esprit " tu dois en lire des "perles" csp ! :D
"ce dont il parle, il en fait une question de foi."
donc c' est bien ça, c' est psychiatrique
Ouai, bah comme il dit toujours Chomsky il se fout de savoir qui ou quoi fait la pétition etc puisqu'ils ne soutient pas ces personnes ni meme la personne incriminé mais le principe de liberté d'expression, donc ca on s'en fou ceux qui n'ont pas envie de comprendre ne sont que des con, tant pis pour eux.
Et avec ce qu'il a pu mettre dans la gueule des négationnistes etc, je crois que bon, hein faudrait qu'ils soient franchement maso ou terriblement con pour s'appuyer sur qui plus est un enculé de juif :)
Alors ensuite pour la liberté d'expression donc, bien sur que permettre une quasi total liberté aux enculé de nazi et autre c'est pas cool, cependant si on veut limiter leur liberté de nuire faut s'assurer que seul eux soient visé et pas nous par exemple…
Chomsky lui dit a priori que les propos doivent etre limité a partir du moment ou ils disent de faire du mal a une personne en gros, on ne peut qu'être d'accord évidemment.
Ensuite il porte sa critique sur le fait qu'un État puisse définir LA vérité historique et que quiconque s'y oppose fini en taule…
il rajoute bien sur l'exemple a chaque fois de Hitler et de Staline qui étaient totalement pour la liberté d'expression tant que celle ci etait de leur même avis…
Alors je ne connais pas ce que dit précisément la loi Gayssot, mais même Pierre-Vidal Naquet y etait opposé et etait d'accord sur ce point avec N.C.
Je ne suis pas d'accord avec l'argument reposant sur le principe suivant "Le discours prépare le passage à l'acte." Car il est tout aussi vrai que l'acte prépare le discours. En effet, on ne s'en vient pas penser une chose sans que jamais des évènements (des actes) positifs ou négatifs aient été l'occasion de produire cette pensée.
Cependant, le problème ne saurait être balayé d'un revers de main sous prétexte que ce seul argument ne tient pas car s'il n'est pas tout à fait juste, il n'est pas tout à fait faux non plus.
La difficulté tient ici au rapport qu'il y a entre les actes et les paroles, entre les mots et les choses. C'est un problème philosophique majeur qui tient en haleine pas mal de philosophes (les vrais, hein, pas BHL ou Finkie). Elle n'est donc toujours
pas tranchée et le faire ici me parait compliqué...
En revanche, ce dont je suis à peu près certain c'est que Chomsky est loin d'être relativiste ! Le colloque Chomsky qui s'est tenu en juin dernier (je crois) en témoigne assez par la virulence des propos de certains intervenants (s'affirmant du coté de Chomsky) envers des penseurs plus ou moins "relativistes" (comme Putnam ou Rorty). L'argument consistait à dire que 1.le relativisme se nie lui même et 2. il est le fruit et l'outil des dominants pour tuer dans l'œuf toute espoir d'alternative meilleure. Mais je crois déceler chez les penseurs incriminés bien plus de subversion et d'outils utiles à la gauche critique et nuisible au capitalisme qu'il y en a dans les propositions chomskiennes ou des autres intervenants car le "relativisme" véritable à ceci de puissant qu'il se meut et s'adapte et ne reste pas enraciné à des dogmes ou des vérités unes et intangibles (pour plus de détail, voir les-dits auteurs "relativistes" qui seraient mieux qualifiés de "pragmatistes").
Certes, certains discours sont nauséabonds.
Mais ne vaut-il mieux pas s'assurer de régler le fond du problème en assurant l'éducation politiques des masses plutôt qu'en interdisant un discours politiquement incorrect?
Le curseur est effectivement trop mobile et je suis sur que certains Sarkozystes te trouvent tout aussi nauséabond. Ont-ils le droit de t'interdire?
C'est quoi cette censure totalement incompréhensible CSP?
Je re tente au cas ou
Voir les gens du pavé et notamment le 1er incultures de Franck Lepage sur l'éducation populaire, on est totalement dans le sujet là:
Incultures: l'éducation populaire il n'en n'ont pas voulu
cher CSP, que je lis depuis bien longtemps, là je suis un peu atterré de ton raisonnement, c'est pourquoi je te propose un livre et un film:
"l'histoire contemporaine sous influence" de Annie Lacroix-Riz, édition le temps des cerises.Si tu ne le trouve pas, tu peux aussi regarder sur dailymotion les conférences qu'elle a donnée.
"l'avocat de la terreur" de Barbet Schroeder, où tu risque bien de redécouvrir l'histoire de ces 50 dernières années.
Perso je pense qu'il n'y a aucune partie de l'histoire qui doive être légiférée, AUCUNE.
Je ne suis en rien historien, mais l'analyse politique impose une étude de ces périodes.
Chomsky en France c'était en Mai, voir ce qu'en disait Là-bas : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1830
sinon pour info, à ceux qui se demande qui est Chomsky pour résumer il est un libertaire (à ne pas confondre avec un libertarien dont on sait qu'ils ne servent à rien sinon à eux même), un intellectuel anarchiste. Vous comprendrez donc un peu mieux sa position. Bien sûr aussi que son environnement états-unien fait beaucoup. Effectivement il est juif d'origine, mais en tant qu'anarchiste je doute fort qu'il soit pratiquant de quelque dogme religieux. Accessoirement il est certainement anti-sioniste dans la mesure où les agissements du gouvernement israëlien sont déplorables.
Sur ce sujet, on pourra admirer la prose nuancée et subtile (comme toujours !) du PCMLM : http://www.contre-informations.fr/?p=8168
La capacité décomplexée de nos maos déjantés à mentir, travestir, confondre et amalgamer m'étonnera toujours (le site anar Le Jura libertaire l'avait brillamment démontré l'année dernière).
Sinon, je souhaiterais juste rajouter (mais cela a déjà été dit par quelqu'un d'autre plus haut) que, autant une loi fixant une certaine vérité historique me gêne, autant la répression légale des propos racistes et haineux appelant à la violence est par contre légitime.
PS : les joyeux drilles d'Égalité et Réconciliation (mais quel nom à la con !) partent eux aussi en guerre contre Gayssot... un ange orwellien passe...
Anonyme de 22:16 : j'ai eu des messages qui ne sont passer aussi, c'est un pb avec blogger, pas de la censure.
Ok :(
Bon, rigolons un peu
salut
je vous renvoie à ce livre http://mots.revues.org/index736.html
il est vraiment ardu, surtout pour qui n'a pas fait de linguistique mais il permet de comprendre les lois US sur la liberté d'expression et posent, mieux que Chomski d'ailleurs, le danger à censurer la parole.
je cite
"On comprend mieux, dès lors, le double écueil qu’abrite, aux yeux de J. Butler, l’appel à une censure d’État : d’une part, « les projets de réglementation du discours de haine finissent invariablement par le citer longuement » (p. 72), contribuant ainsi à en figer le pouvoir injurieux, au lieu de s’efforcer d’en réélaborer les usages. En cela, le discours juridique n’échappe nullement au « statut citationnel » des discours de haine et en constitue même un accomplissement privilégié. D’autre part, la pratique judiciaire aux États-Unis réalise des « objectifs politiques réactionnaires » en considérant le « coming out » des homosexuels dans l’armée comme une conduite injurieuse, mais en refusant d’assimiler à de telles conduites nombre de discours racistes, lesquels se trouvent dès lors placés sous la protection du premier amendement, qui garantit la libre expression des opinions…"
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