Il n y a peut-être qu'un seul avantage qu'on peut reconnaître aux libéraux. Un seul : quand ils se lâchent pour de bon, leur candide sincérité concernant la véritable nature de leur dogme - totalitarisme de l'argent à échelle planétaire - en deviendrait presque rafraîchissante. Dans ces moments trop rares, foin de discours sur la "liberté" et autres fariboles, non plus même que sottes prétentions à une recherche du bonheur collectif par l'épanouissement des égoïsmes particuliers : ici le libéral assume franchement la structurelle infamie de son idéologie et admet qu'au fond il trouve ça très bel et bon.
Prenez Eric Le Boucher.
Revenant sur la désopilante prétention d'il y a 2-3 ans de quelques gouvernants un peu émus par la prédation capitaliste à vouloir "moraliser le capitalisme" (rires), notre bon ELB constate avec une pointe de satisfaction même pas dissimulée :
"L’idée générale est qu’après trente ans de suprématie, le libéralisme doit céder devant ce que Nicolas Sarkozy nomme «une autre vision du monde». Il reste défenseur du capitalisme et de l’économie de marché mais promet «une moralisation», c’est-à-dire des changements majeurs, une nouvelle ère.
Septembre 2010, neuf mois plus tard, qu’a-t-il été fait? Sur les bonus, une mascarade. Les banques continuent d’attirer les meilleurs en les payant des montagnes cash ou tout comme. La banque Citi, N° 1 aux Etats-Unis, leur verse immédiatement 25% du bonus et 75% en actions. Si les traders sont intéressés par l’avenir de leur banque, voilà n’est-ce pas, qui devrait élargir leur horizon et arrêter de les pousser dans les spéculations de court terme. Sauf qu’ils ont le droit de revendre ces actions au bout de cinq jours… ce qui ne change donc rien."
Et en effet, cette histoire de "moralisation du capitalisme" n'était dès le départ qu'une vaste blague à laquelle personne d'un peu sérieux n'a cru, la capitalisme étant immoral par nature et pourvoyeur d'injustices et de saloperies en tout genres de par son fonctionnement intrinsèque : on apprend pas à un requin à devenir végétarien, voilà tout.
Et ELB, tant il est profondément taré jusqu'au trognon, il trouve que franchement entre nous : c'est pas plus mal. Avec oui, bon, admettons, quelques inconvénients embêtants, d'accord :
"le monde occidental compte 34 millions de chômeurs supplémentaires dont 8 millions de jeunes qui sont les premiers affectés. Leur taux de chômage atteint 13% contre 7% pour l’ensemble de la population active. Entre-temps, les banques ont retrouvé des profits dès 2009, en gros la moitié du niveau d’avant crise. Les grandes entreprises ont, elles, rattrapé complètement ce niveau et leurs dividendes (l’exigence de rentabilité!) aussi. Entre-temps il y a eu la crise grecque, au printemps, dont la signification a été claire: les marchés ont menacé les Etats endettés de les punir s’ils ne leur obéissaient pas en adoptant des mesures d’austérité. Les gouvernements européens ont tous obtempéré. «Il est temps que les Etats reprennent la main», disaient les politiques… On voit: c’est l’inverse qui s’est passé. Athènes, Dublin, Lisbonne, Madrid, Rome, Paris ont la trouille des agences de notation!
Le libéralisme est toujours là, inchangé ou presque. L’ «autre vision» n’a toujours pas de contenu concret à la fois audacieux et réaliste. Cette idée de moralisation du capitalisme est à ranger dans l’armoire de «l’autre politique», défendue en France par les anti-Maastricht dans les années 1990 et avec «le gouvernement économique européen» défendu par les Français face aux Allemands, l’armoire des idées vides."
Vous aurez donc traduit par vous-même : le néolibéralisme fabrique du chômage et de la pauvreté ; les marchés financiers font tout ce qui leur passe par la tête ; nul gouvernement ne leur tient tête : et ça va continuer comme ça...
Il faut ici insister sur ce qui est sans doute l'aspect proprement fascinant du fanatisme des Talibans du Marché : le mec admet les dégâts et les drames, assume le comportement de la finance folle, reconnaît sans détour les graves dysfonctionnements d'un système en roue libre, et continue quand même de le défendre.
On est donc plus dans un discours de rationalité comme peuvent parfois faire semblant de l'être certains libéraux ; on est dans une foi aveugle et destructrice qui n'entend rien et ne veut rien admettre en dehors de sa croyance. On est dans l'irrationnel le plus complet qui permet donc de faire un parfait parallèle entre les troubadours du Marché et les franges les plus dévissées du bulbe de la plupart des religions en cours : Talibans tarés, intégristes en soutane, fondamentalistes de l'économie de marché = même combat.
C'est pour ça qu'il ne sert à rien, rigoureusement à rien, de discuter ou de "débattre" avec eux pour essayer de leur faire entendre raison : ce n'est tout simplement plus possible.
À quand des drones Predator pour traquer les économistes ?
Départ pour Port-Leucate à 13 h, les commentaires seront fermés après. Je tâcherai de menacer quelqu'un sur place pour qu'il me prête un Netbook histoire de vous raconter.
7 commentaires:
comment il s'use cet homme là, j'en ai les larmes aux yeux.
Putaaaain... Que c'est LAID, Leucate!
Affreux.
CSP veut créer un Ilys de gauche, c'est tout à son honneur et c'est plutôt original. Pour ceux qui ne connaissent pas encore:
http://ilikeyourstyle.net/2010/08/20/pour-un-journalisme-a-lirakienne/
Mais il faut revenir un instant à la réalité, CSP.
Si Ilikeyourstyle est aussi cool, c'est parce qu'ils sont vraiment de Droite. Pas comme les frontistes horriblement niais de Fdesouche où les foldingos du bénitier des Intransigeants.
Pour qu'un contenu intellectuel de gauche devienne à son tour "stylé", il faut qu'il se droitise un minimum (un peu comme l'Idiot Internationale en son temps), autrement tant que ça reste de gauche, ça pue le renfermé et le "gently-correct" qui te débecte autant.
Ce qu'on aime chez CSP, c'est la signalétique marqué à droite: musique metal qui tabasse, ton hargneux et sans concession, sentiment de supériorité et refus du dialogue.
C'est une attitude fasciste qui est hautement appréciable chez CSP. En lui, je peux reconnaître un véritable ennemi. Un ennemi de valeur alors que la molasse du PS et de l'UMP, non seulement ils me foutraient moi et CSP en cabanne, mais ils le feraient avec le sourire de la conciliation démocratique ces gros enculés ("c'est pour votre bien sales extrémistes").
CSP s'il ne vire pas en Rue89 vaguement radical, mais en une authentique plateforme pour fascistes de gauche, je dis pas non.
"Si Ilikeyourstyle est aussi cool, ..."
Rhaaaaâ fallait l'inventer celui-là.
Surtout depuis que Pétrone a repris la barque, ILYS c'est devenu du gniiii en boucle assez affligeant. Encore plus qu'avant, je veux dire, et y'avait déjà du niveau. Ensuite, ils ne sont pas "cool", nan : ils sont décomplexés, nuance. Contrairement à ce que je peux lire sur la "gauchosphère" qui passe sont temps à être sur la défensive et à vouloir expliquer, débattre, des conneries. Et c'est avec cette mentalité de vaincus qu'il faut en finir, d'abord.
Et PL, en effet, c'est moche. Mais comme on est à l'extérieur pile devant la plage, on s'en carre un peu, en fait.
si y'en a qui ont une minute à eux
dans le Figaro, on voit bien les repères du cycle annuel
http://www.lefigaro.fr/international/2010/08/23/01003-20100823ARTFIG00421-le-marronnier-d-anne-frank-a-amsterdam-abattu-par-le-vent.php
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