lundi 12 juillet 2010

Bien fait pour sa gueule

Non, il ne s'agit pas ici d'Eric Woerth parce que bon, à un moment donné il faut aussi parler d'un peu autre chose ; mais de l'administratrice territoriale qui a joyeusement craché dans la soupe en insultant tout le monde et qui pleurniche à présent que le monde est trop méchant. Résumons :

La pauvre petite Aurélie Boullet a connu le terrible fardeau de pouvoir faire de longues études payées par papa-maman, puisque au vu du cursus - prépa, Science-Po et l'École Territoriale d'Administration - pas question de bosser à côté dans des jobs merdiques comme la majorité des autres étudiants parce que bon, j'veux dire, on est trop charrette de trucs à réviser, quoi -, puis a directement intégré un poste de cadre A au conseil régional d'Aquitaine. L'enfer, on en conviendra. Mais là survient le drame : fifille à papa s'enquiquine. Puisque en effet ce qu'on lui demande est tellement en dessous de ses brillantes capacités intellectuelles, n'est-ce pas, et en plus ses collègues c'est rien que des crétins dont l'esprit n'est évidemment pas aussi affûté que le sien. Alors elle boude. Comme une sale gamine. Et sans trop se rendre compte - l'absence d'expérience concrète, sans doute - du gros bol qu'elle a d'avoir elle le cul au chaud dans un poste avec possibilités d'évolution quand d'autres nanas de son âge sont coincées à vie dans les travail de caissières ou d'aides soignantes avec comme perspectives de changement : zéro.

Mais ça c'est la réalité et Fifille a visiblement un peu de mal avec ce concept ; au point qu'elle se décide comme une fleur à écrire un livre qui va se moquer non seulement de sa hiérarchie mais dans la foulée de l'ensemble de la fonction publique. Qui lui file un salaire généreux tous les mois, mais Fifille se pense tellement intelligente qu'elle peut bien se permettre. Comme d'ailleurs de penser que mais non voyons, personne ne risque de se reconnaître dans les situations décrites, puisque elle met pas les vrais noms...
À ce stade, on peut tout de même se demander si Zoé Shepard - pseudo de la demoiselle - n'a pas quelque peu surestimé son intellect ; et la suite des évènements fait même franchement se demander si, pour quelque d'aussi auto-proclamée tellement plus brillante que l'ensemble de ses propres collègues, on a pas ici un exemple de bêtise arrogante confinant à une sorte d'Art.

Parce qu'Aurélie Boullet ne se contente pas de critiquer ses supérieurs sur leur incompétence et les passe-droits qu'ils s'autorisent : elle en profite pour cracher son mépris de tous ses subordonnés hiérarchiques qu'elle traite copieusement de veaux et de feignasses, et dans la foulée se met à cracher de long jets de bile sur l'ensemble de cette fonction publique qui à l'évidence est indigne d'accueillir quelqu'un d'aussi exceptionnel qu'une Aurélie Boullet. Malheureusement, certains de ses collègues en question savent encore lire et même mettre deux idées bout à bout, et l'ingrate et persifleuse cadre A est démasquée. Elle vient d'être suspendu pour deux ans, sans traitement, et décidément oui : bien fait pour sa gueule.

Critiquer les administrations, on le peut, certes ô combien. En oubliant pas au passage de préciser que gabegies et incompétences ne sont nullement l'apanage du public et que contrairement à la légende urbaine que colportent quelques dégénérés libéraux, le privé a sa part et plus que sa part de bureaucratisme et de petits privilèges octroyés par des chefaillons mesquins. Et pour le moment, on ne se suicide que dans les entreprises passées au privé, c'est à dire qu'il doit y faire bien moins bon vivre que dans la territoriale, entre autres. Mais en plus et c'est là ou fifille est indéfendable, c'est dans le mépris qu'elle affiche pour ses subordonnés qui n'ont pas eu la chance, non seulement d'être aussi intelligents que notre Aurélie n'est-ce pas, mais surtout de faire le long cursus supérieur qui l'avait amenée directement à un poste de direction.
Symptomatiquement, aucun syndicat, même de cadre, ne semble même s'être donné la peine de la soutenir ; mais c'est aussi sans doute qu'elle en a profité pour copieusement les injurier eux aussi.

Ne soyons toutefois pas trop cruels : ces deux années sans traitement vont peut-être lui être bénéfiques, puisque l'obligeant à prendre un job bien merdique où elle n'aura pas le temps de s'ennuyer à force d'être pressurée en tous sens - je recommencerai pour ma part cadre à Orange, elle mérite - et ainsi, ayant découvert tous les charmes du salariat dans sa part la plus cruelle, elle pourra revenir riche de l'expérience vécue, le cuir tanné par l'épreuve de la réalité et surtout nimbé de cette humilité de ceux qui ont connu et vécu des choses de la vie. Ainsi, son ego ramené à de plus justes proportions, elle comprendra quelle sotte prétentieuse elle a été et évitera à l'avenir de se prendre pour plus intelligente qu'elle ne l'est en réalité.

C'est évidemment tout le mal qu'on peut lui souhaiter.

32 commentaires:

TYGER a dit…

grand bien lui fasse de cette mauvaise passe, mais nous comptons sur Papa/Maman pour la receuillir dans le nid douillet qui l'a vue développer son si bel intellect...

mais la rage au ventre saura-t-elle se surpassée tel un Ravachol ? http://rebellyon.info/11-juillet-1892-execution-de.html


j'en doute autant dans les urnes qu'IRL, non la nantie-génie (sans bouillir) préfèrera continuer à se lamenter sur son sort et recracher de plus belle dans la soupe, parce que bon faut pas déconner hein ?! c'est vrai quoi les fonctionnaires c'est rien que des feignasses doublés d'imbéciles ("J'suis pas un imbécile : j'suis douanier !" Fernand Reynaud)

birahima2 a dit…

c'est peut-être une originale

tu sais avec l'administration, faut se méfier MAINTENANT

imagine, ça voudrait dire que c'est interdit de faire un dossier sur l'industrie automobile intitulé :
Comment faire un break en travaillant ?


non, c'est pénible pour tout le monde de devenir salarié, alors ...

Abolition du salariat !

raja a dit…

humm passionnant ouvrage de fifille...encore un truc pour caler les meubles...
en tout les cas ton commentaire donne envie de vomir sur son livre avec ceux de bhl, finkelcrotte et zemmouroide...merci :-)

Murnau a dit…

"entreprises passées au privé, c'est à dire qu'il doit y faire bien moins bon vivre que dans la territoriale"

ah bon? Et qu'en sais tu toi!!??
Tu te permets des propos franchement limites que rien ne t'autorise. Tu connais quoi de l'administration Territoriale toi?L'employé associatif se la jouerait il un peu trop?

Droit a la Paresse a dit…

"Aurélie Boullet ne se contente pas de critiquer ses supérieurs sur leur incompétence et les passe-droits qu'ils s'autorisent"

tu cautionnes ces attaques inacceptables.
j e crois que tu t'égare et tu devras repondre de cette attitude.

Anonyme a dit…

Ignoble pourceau, tu vas payer, et cher.

Corpus a dit…

Pff...et Hugo d'amour?

Zgueg a dit…

"on a pas ici un exemple de bêtise arrogante confinant à une sorte d'Art."
Pas compris. Tu te relis des fois?

ramiro a dit…

En effet la nana a un air assez puant !

Pour ce qui est de sa biographie il suffit de regarder sur le net pour s'apercevoir que la demoiselle fait partie de ces personnes formées par l'Etat (de l'école à l'enseignement supérieur) aux mamelles du "new managment", politique néolibérale faite pour casser les services publics et pressuriser les salariés.
La preuve, en 2004 notre chère Aurélie co-signait un rapport de stage qui se fixait pour but de montrer les innombrables bienfaits des contre-réformes de l'administration (http://www.inet-ets.net/inet_2006//files/atelier_5.pdf )
bref... rien de très étonnant a ce que ses prises de positions soient profondément réactionnaires en fait...

on peut, à partir de là se poser la question de la médiatisation de sa cause. En dehors du fait que l'ambience générale est la la critique du service public on peut aussi s'interroger sur la couverture médiatique qu'organise la principale intéréssée...Et c'est précisément ce qui peut me faire douter de ta conclusion CSP. Apparemment la donzelle prépare sa reconversion...dans le privé (ou pourquoi pas dans un cabinet ministériel)...

bref...a suivre.

comité-de-salut-public a dit…

Ah, tant mieux pour elle : ainsi, elle pourra donner sa pleine mesure dans un poste très utile du parasitisme managerial. Beurk. Autant je connais des cadres A compétents et sympas, autant cette aristocratie bureaucratique formaté au néolibéralisme donnerait des envies de purges, allez.

"Ignoble pourceau, tu vas payer, et cher"

Moui. Cette chaleur est terrible, en effet.

Anonyme a dit…

Elle a encore de la chance. Si moi je critique ma boite sur internet, que je diffame mes collègues, que je révèle des infos sur le fonctionnement de l'entreprise, etc ... et que mon boss me reconnait, il me fiche à la porte sans délais et sans états d'ame.

Anonyme a dit…

Je ne supporte pas les gens qui crachent dans la soupe qui les nourrit.
Par exemple, je connais des "contractuels" (pas fonctionnaires, donc) , qui, dans mon administration, crachent sur leurs collègues (fonctionnaires, donc)et l'Etat qui les paye.
Ces mêmes contractuels sont rémunérés 2 fois plus que leurs "feignasses" (fonctionnaires) de collègues, pour un travail fourni qui n'en mérite pas tant-voire qui en mériterait certainement moins.
Cette demoiselle vomit la fonction publique, alors bien grand lui fasse qu'elle la quitte!
Elle trouvera certainement son bonheur dans le privé. Harrassée, harcelée, sans cesse soumise à des obligations de résultats inatteignables...le libéralisme quoi.

Anonyme a dit…

Marrant, en lisant quelques extraits de son ... truc, à cette Aurélie-qui-porte-bien-son-nom, j'ai cru reconnaître le service où je bossais dans mon ancienne boîte, une grosse banque française, privée évidemment.

Comme quoi, hein... !

Goetz a dit…

"ces deux années sans traitement vont peut-être lui être bénéfiques, puisque l'obligeant à prendre un job bien merdique "

pas dit..ça fait un max de pub pour son bouquin cette histoire.
finalement ça risque de lui être bénéfique s' il se vend bien

Anonyme a dit…

" Et pour le moment, on ne se suicide que dans les entreprises passées au privé"

Le taux de suicide est nettement plus élevé à l'Education nationale qu'à France telecom.

George Brassens a dit…

Quand je pense à fernande...
Quand je pense à Aurélie...

Criticus a dit…

« on ne se suicide que dans les entreprises passées au privé »

Je serais curieux d'avoir les taux de suicide dans la police ou dans l'administration pénitentiaire, et de les comparer à ceux à France Télécom.

Quelqu'un a ça ?

kevinou a dit…

"En oubliant pas au passage de préciser que gabegies et incompétences ne sont nullement l'apanage du public et que contrairement à la légende urbaine que colportent quelques dégénérés libéraux, le privé a sa part et plus que sa part de bureaucratisme et de petits privilèges octroyés par des chefaillons mesquins. "


Je crois que personne ne nie ça, sauf qu'il y a une différence fondamentale. Le privé ne tire pas son fric du vol légal; bien sûr il y a des magouilles mais globalement 100% des citoyens ne sont pas obligés de leur verser une rente à vie.
C'est quand même pas un mince détail.

Anonyme a dit…

Le plus fort reste quand même le nain: sans avoir fait d'études il prouve ce soir qu'il est capable de ne pas dire une seule phrase qui ne soit pas un mensonge.
(Il a en effet menti sur ses études aussi)

Anonyme a dit…

L'état de kevinou s'arrange pas hein, faut le surveiller, je me demande si il va passer l'été, avec cette chaleur.

Anonyme a dit…

@Kevinou
C'est quand même pas un mince détail.

--->

Sur la planète Kévinou, ou les pays prospèrent sans avoir besoin d'états et de fonctionnaires pour faire le plus grand bonheur de tous, peut-être ...

Sur terre, je n'en connais pas !

birahima2 a dit…

à Criticus

t'es pas sur la bonne voie du tout pour nous libérer du fardeau des grossesses, là.

Léo a dit…

"Le privé ne tire pas son fric du vol légal"

Hahaha, elle est bien bonne. Le privé se nourrit aussi gracieusement de bonnes vieilles subventions de l'Etat. Pas fou le privé, il sait bien qu'il a aussi besoin d'argent public.

Pascal a dit…

L'article laisse un goût étrange.

Il n'évoque ni les atteintes à la liberté d'expression des fonctionnaires (par exemple, autour de l'école, avec les condamnations des directeurs et enseignants autour de Base Elèves, aide personnalisée, évaluations), ni les arguments biaisés que le Conseil Général a évoqués pour la mettre au pas, n'adressant aucun des éléments de son témoignage...

Il condamne ad hominem Zoé Shepard, avec des arguments qui ne dépareraient sur un site de droite molle.... voire centriste.

Anonyme a dit…

" Le privé ne tire pas son fric du vol légal "

-->

C'est l'argument favori des gros beaufs des tea-party pour expliquer qu'Obama est un communiste et un nazi ! Bravo !

Criticus a dit…

« Pas fou le privé, il sait bien qu'il a aussi besoin d'argent public. »

Les entreprises privées n'auraient pas « besoin » d'argent public si elles étaient moins taxées...

Anonyme a dit…

@criticus

Ou pas ...

C'est en suivant ce genre de recommandation, que le Japon s'est retrouvé progressivement avec un endettement de près de 200% de son PIB !

Criticus a dit…

« C'est en suivant ce genre de recommandation, que le Japon s'est retrouvé progressivement avec un endettement de près de 200% de son PIB ! »

C'est parce que les dépenses publiques n'avaient pas été réduites à due concurrence des réductions d'impôts...

Anonyme a dit…

"" C'est parce que les dépenses publiques n'avaient pas été réduites à due concurrence des réductions d'impôts... ""

Ah oui, ... sont vraiment bêtes ces japonais alors !! Les US avec leur endettement à 92%, ils doivent pas être trés malins non plus ...

Criticus a dit…

« Les US avec leur endettement à 92%, ils doivent pas être trés malins non plus ... »

Non plus, effectivement, et l'honnêteté m'oblige à dire que c'est vrai autant des républicains que des démocrates. L'octennat de George W. Bush a été, à cet égard, un désastre.

Anonyme a dit…

Je passe parfois sur ce blog aux articles souvent inégaux, toujours aigres, mais celui-ci, c'est le pompon de la mauvaise foi : j'étais à sciences (pi)po avec l'auteur que tu jalouses donc casse avec bien peu de talent et dommage pour toi, c'était l'une des rares étudiantes à cumuler les jobs merdiques comme tu les appelles. C'est con, ça, non? Et si tu avais pris la peine de feuilleter le livre, peut-être en saisirais-tu le sens qui va heureusement bien au-delà de la critique des agents du service fictif où se situe l'action. A croire que tu appartiens à son service (est-ce toi qui est allée expliquer à Sud Ouest que "les 35 heures, on les fait parfois en 5 jours"?
On peut se poser la question...
Continue à cracher sur ce que tu jalouses, c'est bien, ça permet de progresser...

Charlène a dit…

J'ai fait Sciences-Po et j'ai travaillé pour financer mes études, pas toutes, mais en partie.
Je tiens juste à le dire.