mardi 15 juin 2010

Le gauchisme crétin pour les enfants

Il faudra un jour se pencher une bonne fois pour toutes sur une définition exacte, précise et rigoureuse de la notion de gauchisme crétin. Extension pour l'essentielle intellectuelle se parant parfois des atours de la scientificité comme nous verrons plus loin, plus communément réaction primaire de l'ordre d'un degré zéro de la réflexion, le gauchisme crétin se caractérise surtout par l'anathème qu'il jette immédiatement sur tout ce qui ose être en désaccord avec ses élucubrations. Parce que le gauchisme crétin élucubre, et pas qu'un peu, et sur à peu près tout.

L'exemple le plus connu, le plus immédiatement perceptible de l'intrinsèque crétinerie du gauchisme crétin, c'est l'emploi immodéré et à toutes les sauces de "facho". Entendu non comme la définition de "fasciste", c'est à dire désignant un individu porteur d'un projet politique précis basé sur des théories inégalitaires - Marine Le Pen par exemple est une fasciste, au sens toujours politique du terme -, mais étant l'anathème de prédilection servant à stigmatiser...n'importe qui et n'importe quoi. Et de préférence celui n'est pas d'accord avec les fumisteries pondues par le gauchisme crétin, puisque par exemple à la fin de ce billet, il y'aura obligatoirement des sots pour trouver les points de vues qui y seront exposés comme étant : "fachos", vous allez voir.

Le gauchisme crétin trouve un lieu d'épanouissement essentiellement dans les milieux à connotation intellectuelle, de ceux où la théorie est soigneusement coupée de toute pratique, ce qui permet de baguenauder dans des azurs du portenawak le plus complet sans avoir trop de comptes à rendre à la réalité. Tout ceux qui gravitent depuis quelque temps dans les parages d'une certaine gauche assez très à gauche ont obligatoirement croisé des spécimens de gauchistes crétins, ceux-ci se caractérisant par une lourde propension à vous faire la leçon en permanence afin de vous expliquer à quel point vous êtes fondamentalement une sorte de vendu au système et ce quoi que vous fassiez, généralement doublé d'une variante de "facho" - inconscient, encore que...- histoire d'enfoncer un clou déjà bien plombé. Et oui, ces gens sont effroyablement fatigants, font le vide autour d'eux à une vitesse folle, ce qui leur permet généralement de continuer de rester entre eux pour se tenir chaud. Imbécile à djembé en bandoulière ou post-bourdieusien à cervelle qui fume, militant qui n'en finit jamais de déconstruire tout ce qui bouge et individualiste citoyen en perpétuelle prise de tête qui vous oblige de gré ou de force à partager ses angoisses petites bourgeoises, le gauchiste crétin est la plaie du milieu et que celui qui n'a jamais été tenté au beau milieu d'une conversation particulièrement pénible de faire sortir le "facho" en lui pour y aller à coups de beignes me jette la première pierre.

De ce point de vue, la contribution d'un certain Julien Barnier à la science pédagogique - trouvé, ô hasard, sur LMSI, véritable phare de la pensée gauchiste crétine dont la spécialité est de qualifier de crypto-raciste hétérodominant occidentalocentré...tous les gens qui ne sont pas d'accord avec LMSI. Pour lesquels le voile est au passage non comme on pouvait bêtement le penser un signe d'oppression des femmes mais tout au contraire une marque d'émancipation. Oui, ils seraient presque drôles, parfois. Presque - brillante contribution donc se penchant sur la "domination adulte" et on va vois qu'on est confronté à du très très lourd, ici.

(Bourdieu, que de crimes commis en ton nom...)

"Énoncer qu’il existe un rapport de domination des adultes sur les enfants peut sembler à la fois une évidence et une absurdité : une évidence, car on ne saurait nier que la position d’adulte confère globalement une position d’autorité sur celle d’enfant ; une absurdité, car cette position nous apparaît comme normale, naturelle et même positive. Elle s’appuie de plus sur des caractéristiques « objectives » : les enfants sont objectivement « dépendants », « fragiles », ce sont des « êtres en cours de formation » qu’il convient donc de « protéger », « d’éduquer », « d’encadrer », etc."

On goûtera les guillemets à "objectives" : comme quoi ça apparaît évident comme ça mais naaaaaaan, il faut avoir un regard "critique" et "questionner l'évidence". Ce qui comme démarche n'est d'ailleurs pas critiquable en soi, certes ; sauf quand ça vient comme ici à remettre en question précisément quelque chose de justement objectif : l'enfant, de fait, est en situation de dépendance totale du fait de sa fragilité psychique et physique. Ces dernières n'étant pas des "constructions culturelles" mais des données biologiques. Mais ça, ce sont des données "objectives", et l'objectivité, c'est "facho".

"Le statut inférieur accordé aux enfants est d’abord présent dans la manière de les nommer. L’enfant, étymologiquement, est celui « qui ne parle pas ». Il appartient au monde des « petits ». Jusqu’à l’âge de sa majorité, il est considéré comme un être « mineur ». Par ailleurs, la plupart des appellations utilisées pour le désigner sont de l’ordre du péjoratif : gosse, gamin, morveux, chiard... Et celles-ci sont souvent considérées comme des insultes quand elles sont appliquées à des adolescents ou des adultes (« bébé », « gamin », « ne fais pas l’enfant », etc.)"

Une de mes copines élève sa fille de 4 ans en la surnommant "la relou". Je cours dénoncer cette mère indigne au commissariat.
J'adore "il appartient au monde des "petits". Il est petit, banane !

"Objectivement, l’enfant est évidemment dans une situation de dépendance quasi totale vis-à-vis des adultes, et en particulier de ses parents : pas de ressources propres, pas d’indépendance possible, pas de droit de regard sur les décisions le concernant, y compris jusqu’à un âge avancé. Une fois scolarisé il est soumis à des horaires et à une charge de travail très importants, comparables à ceux endurés par beaucoup d’adultes dans leur vie professionnelle. En-dehors de l’école il n’est jamais totalement maître de son temps et de ses activités car c’est en général toujours l’organisation et la volonté des adultes qui l’emportent (« on doit partir, tu joueras plus tard »)"

Toute personne s'étant un jour occupé d'enfant en bas âge - c'est mon cas - sait d'ailleurs que laisser l'enfant décider de ce qu'il va faire est une très bonne idée qui plus est pas dangereuse du tout et ne présentant aucun risque pour son intégrité physique. Qu'on mette une pression excessive sur les gamins dès le plus jeune âge est une chose : il y'a là en effet matière à critique et réflexion s'inscrivant dans un contexte politique général de "rentabilisation" de l'enfant. Pour autant, doit-on le laisser faire tout ce qui lui passe par la tête ?

"Typique de nombre de relations de domination, cette dépendance est d’ailleurs totalement « renversée » dans certains discours : on parle ainsi « d’enfant-roi » ou « d’enfant-tyran », tout comme on insinue parfois que les chômeurs sont des privilégiés ou que les immigrés sont coupables de « racisme anti-français »."

Oui, c'est du gloubiboulga mental, en effet. Mettre exactement sur le même plan l'oppression exercée sur des populations effectivement stigmatisées et l'éducation de l'enfant est un raccourci intellectuel parfaitement fallacieux puisque tout simplement, les situations ne sont en rien comparables...
Mais je dois être un peu "facho" pour penser ça, sans doute.

Bon, je ne vais pas vous faire tout l'article, c'est déjà trop long, et à côté du seul point à peu près acceptable de cette laborieuse démonstration - la supériorité physique de fait pouvant légitimer moralement des formes de maltraitance, ça c'est vrai en effet -, on finira sur l'incontestable perle d'un texte qui en comporte pourtant des bien grosses :

"en tant qu’adulte, et encore plus en tant que parents, nous devons prendre conscience de cette domination en étant nous-mêmes dominants. Ceci passe alors par une remise en cause personnelle et un travail permanent pour ne pas se laisser aller à ce qu’on ferait souvent naturellement : se comporter avec ses enfants d’une manière qu’on n’accepterait pas de la part d’un homme envers une femme ou d’un patron envers ses employés"

Pfou.

Et oui, en effet, rien de bien nouveau ici. Puisqu'il ne s'agit au final que de la réactualisation des théories "anti-autoritaires" issues de ce que l'effervescence de mai 68 a fait de pire - il y a eu beaucoup de bon dans mai 68, mais pas que : la preuve - avec la même argumentation simplement remise à jour par la captation des théories de Pierre Bourdieu à qui on peut désormais faire dire n'importe quoi puisque ne pouvant plus contredire personne, y compris ses fans les plus originaux, disons...

Sauf que 30 ans plus tard, on a vu ce que ça a donné, ces conneries sur l'éducation "non-autoritaire" : des adultes immatures et capricieux infoutus de penser au delà de leur individualisme, saoulants à force d'égocentrisme et devenant par là de parfaits petits soldats égoïstes du néolibéralisme. On a tous rencontré des gens à qui visiblement leurs parents n'ont pas dit assez "Non ! Tu ne fais pas ça !" et le résultat individuel comme collectif est tout simplement désastreux.

Le gauchisme crétin est une plaie : non seulement il fabrique des "individus" incapables de penser au delà de leur propre horizon - d'où d'ailleurs le communautarisme dont LMSI fait systématiquement l'apologie la plus enthousiaste -, mais il devient in fine le soutien de cette domination qu'il prétend dénoncer.
C'est à ce titre qu'il doit être combattu et le plus férocement possible.


34 commentaires:

TYGER a dit…

c'est marrant mais des fois, juste des fois comme ça, je me dis que l'idéologie 68-hard (ça sonne bien et l'acception me sied) bien de gôche comme il faut, ben y en a à droite qui l'ont appliquée à la lettre et même avant l'heure...

on aurait-y pas un enfant-roi à la tête du pays ? voui souvenez-vous le morveux (ah si hein !) qui prétendait qu'il serait président de la République quand il serait grand... ben ses parents lui aurait dit non que ça aurait soulagé beaucoup de monde !

hé dites les lapins... euh pardon... les gauchistes crétins : z'avez pas l'impression que ça donne des choses pas jolies-jolies vos élucubrations de test grandeur nature d'une cata annoncée ? hein, nan ? un p'tit peu quand même hein, hein, hein !.... et après vous allez vous plaindre que vos gosses passent par enfreindre tous les interdits qui mettent leur vie en danger... à quand les bitures-partie, les shoot-parties, les snuff-movies-parties... (on me souffle dans l'oreille que ça se ferait déjà...)

Anonyme a dit…

Que ces gauchistes crétins disent ce que ceux qui paient leurs niches et leur Royal Canin n'a rien d'étonnant.

Mais qui les croit, en dehors de leur petit cercle de gens pensant ensemble ?

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je trouve cet article bien léger.
D'abord la critique la soi-disante utilisation abusive de "facho", venant de quelqu'un qui passe son temps à insulter ceux qui ne sont pas d'accord avec lui (ce que je trouve d'ailleurs réjouissant) est plutôt marrante.
Ensuite, concernant l'accusation d'apologie du voile du site LMSI, il ne me semble pas avoir lu cela, mais juste que le voile est porté par des gens différents dans des circonstances différentes. Et on peut donc désapprouver cette pratique mais faire ce constat-là et ne pas mettre dans le même sac toutes les "voilées". (Je note au passage que la finesse de CSP est beaucoup plus aiguisée lorsqu'il s'agit de trouver mille excuses (oups ! pardon : explications) à qqn qui vote FN (ohhhhhhh ! la pôôôôvre petite populaire que l'on a abandonnée et qui vote FN par dépît. Et vous savez : ils sont majoritairement dans ce cas, hein. Je n'ai aucun chiffre précis, je ne sais pas d'où je tire cea, mais, faites moi confiance : ils sont majoritairement dépités et pas racistes pour un sou) que pour appréhender la question du voile).
Et, concernant l'article de la domination adulte, j'avoue ne pas bien voir où se trouve la condamnation sans appel de l'autorité parentale. Mais j'y constate plutôt son questionnement. Je constate également que la critique de la pensée 68 est très légère. Il n'est jamais venu à l'esprit de notre penseur (Zemmour, sors de ce corps !!) que la maturité pouvait ausi venir d'autre chose que de la simple, pure et non questionnée autorité parentale ( l'indépendance notamment financière à 18 ou 20 ans parce qu'il y avait du boulot; la plongée dans le monde adulte bcp plus jeune qu'aujourd'hui; etc. Non, une cause, une seule à la maturité des anciens : l'autorité incriticable des parents.).
Enfin, je trouve rigolo qu'une personne qui a toujours raison (contre LMSI, contre le Plan B, contre Fontenelle, contre bien d'autres) traite de sectaires tous ceux qui ne vont pas dans son sens de la même façon que lui.
Je préfère ses articles quand ils attaquent des ennemis communs. Non pas parce que les "amis" ne sont pas à critiquer, mais tout simplement parce que les attaques sont de meilleure qualité.
Bonne continuation.

TYGER a dit…

et le pire c'est les gauchistes crétins, forcément ça laisse leur gosse suivre la coupe du monde footchebowl...

alors que bon... pendant ce temps là des régimes fascistes (si, si), font ripaille sur l'engouement sportif (sic !)...

Honduras : le Mondial 2010 une opportunité pour les putschistes
http://www.primitivi.org/spip.php?article351

Anonyme a dit…

FACHO !

(je le fais bien ?)

Anonyme a dit…

C'est à se demander si prétendre vouloir révolutionner la société en commençant par dire qui n'a pas lieu d'y appartenir ce n'est pas d'une certaine manière stériliser d'avance toute révolution.

De la part de la droite coincée façon UMP, on ne s'étonnera pas que les moyens (la stigmatisation) et les objectifs (consolider l'ordre social existant) convergent.

De la part de gens qui se disent de gauche, diaboliser certains pauvres parmi d'autres, c'est surtout retirer aux cons qui vous écoutent (s'il y en a) tout espoir de participer effectivement à une révolution sociale (qui se fera alors sans eux si elle a lieu)

birahima2 a dit…

lmsi, ils aiment entretenir un SALE CLIMAT.

ça rejoint le discours patronal.
Faut comprendre, leurs ancêtres, ils se sont enrichis avec la traite négrière mais maintenant, ils sont même plus maîtres de leurs enfants.
ils cherchent donc un truc rentable qui leur coûterait pas un rond et que c'est les autres, qui ont rien à voir là-dedans, qui doivent raquer pour eux .

Léo a dit…

J'ai beau relire l'article, je n'y vois pas l'apologie d'un laxisme total, juste une prise de conscience du modèle dominant-dominé qui arrive à justifier la violence sur les enfants (parfois jusqu'à la vraie violence, pas la petite tape sur le cul).

Par exemple sur cette phrase :
"Un enfant qui a très envie d’une console de jeux se verra souvent accusé de « caprice ». Un adulte souhaitant acheter un iPhone, beaucoup moins (encore que cette probabilité augmentera fortement s’il s’agit d’une femme)."

Un adulte qui veut le dernier iPhone n'est-il finalement pas aussi crétin que le gosse qui veut sa console ? Pourtant c'est pas vraiment "mal vu".

Enfin, foutre l'individualisme sur le dos d'un soit-disant laxisme soixante-huitard, bof quoi. C'est ce qu'on utilise pour justifier le retour des punitions corporelles à l'école, tendance "c'était mieux avant". Publicité, consumérisme... sont nettement plus responsables.

comité-de-salut-public a dit…

Et où est-ce que je dis que foutre des trempes aux marmots, c'est une bonne idée ?
Et tiens, autre question : n'est-il donc pas possible de faire une critique "de gauche" de Mai 68 ? Tout, absolument tout a t-il été si génial que l'esprit critique s'arrêterait à ces frontières historiques ? Ce texte de LMSI, sous l'habituel couvert de "déconstruction" ressort des idées qui étaient déjà bien pourries il y'a 30 ans, et il me semble que je suis très loin d'être le seul à gueuler contre un certain "gauchisme" qui a fabriqué en masse des crétins capricieux et consuméristes dans cette alliance contre-nature de "libéral-libertaire".

"je trouve rigolo qu'une personne qui a toujours raison (contre LMSI, contre le Plan B, contre Fontenelle, contre bien d'autres) traite de sectaires tous ceux qui ne vont pas dans son sens de la même façon que lui

À cette nuance près que moi, j'ai raison ; et donc eux, moins. C'est imparable.

LMSI défend systématiquement le port du voile toujours présenté comme autre chose que ce qu'il est - un symbole d'oppression, remember ? - et ce depuis maintenant des années. Ils se vantent même de leur "islamogauchisme" et rien que pour ça, j'en pense le mal le plus grand.

Vince a dit…

Hmmm...
Ces gens-là n'ont jamais fait de psychologie du développement dans leurs études...

Un modèle sur lequel ils devraient réfléchir, est le modèle coercitif de Patterson (après avoir lu les travaux de Kohkberg sur les comportements pro-sociaux). Et ils devraient lire du Vygotsky... penseur ô combien respecté sur l'apprentissage chez les enfants.

Non, vraiment, ils devraient y réfléchir...
Ils devraient le lire...

Non, vraiment, ils devraient peut-être plutôt la boucler...
Laissez un enfant selon ce modèle non-dominant, et il finira dominant, voire même aux plus hautes fonctions de l'Etat, qui sait... qui sait...

Vince a dit…

Par exemple sur cette phrase :
"Un enfant qui a très envie d’une console de jeux se verra souvent accusé de « caprice ». Un adulte souhaitant acheter un iPhone, beaucoup moins (encore que cette probabilité augmentera fortement s’il s’agit d’une femme)."

Un adulte qui veut le dernier iPhone n'est-il finalement pas aussi crétin que le gosse qui veut sa console ? Pourtant c'est pas vraiment "mal vu".


Sauf que les "adultes" en question ont déjà été élevés sur ce modèle du laisser faire... Les enfants d'aujourd'hui sont la seconde génération. Des gamins attardés, en somme... qui ont leurs propres enfants.

Ca fait peur, franchement.

comité-de-salut-public a dit…

Ah, oui, au fait, parce qu'avec tout ça on perdrait de vue le vrai enjeu du truc :

Suis-je donc bazar de zut le seul à penser que si on élève un lardon selon les principes de Julien Barnier, on court un risque non-négligeable de le transformer en monstre ? Mh ? Non, sérieux, entre nous ?

Vince a dit…

Ah non CSP, on est au moins deux...

Travailler avec des enfants en ce moment est un enfer. Pas seulement à cause des enfants, dès qu'ils ont une relation correcte "guide/élève" plutôt que dominant/dominé, ça va.

Le pire, c'est encore les parents qui viennent remettre tout en question parce qu'ils prônent le laisser-faire (parents qui s'occupent de leurs mioches environ 2h par jour, le matin pour les lever et le soir pour douche/bain, histoire et dodo, quand ils ne sont pas en centre de loisirs l'été)

Totoze a dit…

Je ne crois pas que le problème vient de mai 68. A part les fieffés réactionnaire personne ne va se plaindre des changements dans les relations et les moeurs que mai 68 a entrainé.

Après il y a une tendance chez certain à la surenchère radicale, mais on la retrouve dans tout les domaines liés aux moeurs et aux valeurs (sexisme, sexualité, racisme, etc...). C'est amha plus une question lié à la perte de sens de certaines luttes (par exemple quid du féminisme à l'heure de Parisot et de Tatcher) et à l'horizon politique borné au capitalisme qu'a une conséquence de 68.

Ce n'est pas pas impossible qu'il y ai eu la même chose avec les luttes reliés aux classes (je pense à l'ouvriérisme ou aux maos français) mais vu qu'elles ont essentiellement disparues (au moins en temps que conscience de classe), c'est dur de se faire une idée.

comité-de-salut-public a dit…

Effectivement, on retrouve bien davantage cette surenchère "radicale" dans es milieux de défense du sociétal. Compensation de la faiblesse des luttes sociales ?
Il y a aussi l'influence des campus US : les *cultural studies* et autres dérivés de la French theory comme palliatifs et succédanés à a conscience de classe ; d'où d'ailleurs certaines dérives comme LMSI qui confondent classe et options culturelles - dont la religion.

Anonyme a dit…

on est toujours le gauchiste crétin de quelqu'un, non?

ceci dit, c'est vrai que ce texte, que j'avais déjà lu, est à mourir de rire.


Pierre

Totoze a dit…

Compensation de la faiblesse des luttes sociales ? [...] palliatifs et succédanés à a conscience de classe

En partie, surement.

les *cultural studies* et autres dérivés de la French theory

De manière plus cynique, pour certains il doit y avoir un marché (y compris en terme de poste universitaire) à conquérir.


Mais je crois que la raison principale c'est le succès des luttes sociétales associé à l'indépassabilité de la posture radicale : lorsque le probable futur premier ministre belge est homo, que la chef du grand patronat français est une femme, et le président américain est noir, difficile de montrer en quoi on est un progressiste pur et dur sans donner dans la surenchère jusqu'à l'absurde.

Anonyme a dit…

"Suis-je donc bazar de zut le seul à penser que si on élève un lardon selon les principes de Julien Barnier, on court un risque non-négligeable de le transformer en monstre ? Mh ? Non, sérieux, entre nous ?"

N'y-a-t-il pas déjà question sur les motivations de tels individus à enfanter ?

Je ne pense pas sombrer dans un libéralisme excessif en constatant que s'il faut être Bac+122 pour prescrire une pilule, bizarrement, aucun diplôme n'est exigé pour ne pas en prendre et baiser avec qui qu'on veut (et laisser la solidarité nationale gérer le résultat, penseurs d'élite à l'appui).

D'une certaine manière, gerber sa progéniture à la collectivité, c'est une forme de pollution trop rarement dénoncée par les zécologistes.

Léo a dit…

"Et où est-ce que je dis que foutre des trempes aux marmots, c'est une bonne idée ?"

Et ou est-ce que j'ai dit que t'avais dit que... ? (on peut aller loin comme ça)

"Sauf que les "adultes" en question ont déjà été élevés sur ce modèle du laisser faire... Les enfants d'aujourd'hui sont la seconde génération. Des gamins attardés, en somme... qui ont leurs propres enfants."

Et donc la génération précédente est bien à l'abri du matraquage de la pub et ne veut pas d'iPhone ? C'est vraiment le seul problème de l'éducation ? Parce que j'ai pas l'impression que depuis 30 ans, on ait du laxisme partout et à tous les niveaux. On retrouve aussi l'autoritarisme dans les vieilles familles bourgeoises, ça empêche pas ceux qui en sont issus de se jeter sur tout et n'importe quoi, au contraire.

"Suis-je donc bazar de zut le seul à penser que si on élève un lardon selon les principes de Julien Barnier, on court un risque non-négligeable de le transformer en monstre ? Mh ? Non, sérieux, entre nous ?"

Mais quels principe ? Est-ce qu'il y a dans cet article la description d'une "bonne" façon d'élever ses mômes ?

birahima2 a dit…

sinon, je veux bien que 10 h 10 explique pourquoi y'a du sable place de la comédie à Montpellier, alors que la plage est à côté.

TYGER a dit…

"Mais quels principe ? Est-ce qu'il y a dans cet article la description d'une "bonne" façon d'élever ses mômes ?"

et si tout le monde se mettait d'accord : il n'y a pas de "bonne" façon d'élever ses enfants !

parce qu'un gamin n'est pas un clone mais bien un être différent, avec sa sensibilité et un tempérament unique, il ne réagira jamais de la même façon à un ton sévère quand il prépare une ânerie ou ne daigne pas "obéir". Certains sont des durs à cuir et d'autres fondent en larme au moindre froncement de sourcil.

alors pour sûr pas besoin non plus de coller une râcler historique, ça ne mènera jamais à rien, la compréhension doit se faire en privilégiant le dialogue, mais quid quand c'est l'impasse ? on laisse faire ?

et puis être parent n'est pas inné, ça s'apprend, on fait toujours des erreurs, et quand on a les pieds sur terre on se doit de les corriger pour éviter les erreurs passées. Rien n'est inscrit dans le marbre et à mon sens rien ne doit l'être mais tout doit être discuté.

lou passejaire a dit…

purée , j'avais lu c'te chose ... jusqu'au bout en pluche , ce qui est la preuve de mon masochisme viscéral ...

Voui, je plussoie ton appréciation du lapin-crétin ...

Et t'as oublié un "détail" , dans cette histoire , la pire violence exercée sur les mômes, c'est pas la calotte ou le coup de pied au cul , ça personne ose plus , mais cette putain de "privatisation" de l'enfant ( privatisation dans le sens de désocialisation ) , ces laisses affectives bien plus destructrices que pas mal des coups , fussent ils de gueule !
On dit plus à un gosse, "range tes affaires" , on lui dit "tu vas faire de la peine à mômân " ...

perso, j'en reste à l'évangile selon chuck norris ...
à ceux qui disent "la violence ne résoud rien" chuck norris repond "c'est que t'as pas cogné assez fort" ....
amen !

Olivier a dit…

Non seulement ces gauchistes crétins sont une plaie pour les autres (les gauchistes normaux, les vrais), mais en plus, ce sont eux qui vont grossir les rangs des socialistes dont Matthieu faisait la description la plus juste depuis les 25 dernières années.
Parfois, la succession des articles est un délice.

Gilles a dit…

La pédagogie Freinet a pourtant fait ses preuves... Ce texte est un peu trop condescendant vis à vis des pédagogies non autoritaires. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il apporte peu de preuves sur ces fameux "adultes immatures et capricieux infoutus de penser au delà de leur individualisme"

npp a dit…

En effet JB ne parle pas de "bonne" façon d'éduquer les enfants, pas directement du moins, mais bon il préconise de lutter contre la domination des adultes sur les enfants au niveau politique... youpi tralala.

Ce brave monsieur bave juste sur une domination qu'il a eu le courage et l'éclair de génie de mettre à jour. Enfin "mettre à jour", si j'ose dire, finalement ce qu'il critique c'est le rôle de parent tout simplement. Abolissons les parents camarades !

Enfin bref j'ai trouvé l'article de j. barnier bien ridicule moi aussi.
Merci pour le post csp.

Goetz a dit…

"n'est-il donc pas possible de faire une critique "de gauche" de Mai 68 ? "

non c' est facho, forcément facho d' oser commettre une telle infamie. ( je sens que ton dossier devant le comité central et son tribunal révolutionnaire du peuple prend de plus en plus une mauvaise tournure )

en tout cas bravo.
très bon billet.

( et la transposition du rapport dominant/dominé à l' autorité parentale..les momes sont des opprimés tout ça...complètement à la masse ces gonzes )

Anonyme a dit…

Moi CSP j'aime bien ses billets mais connaissant (un tout petit peu) certains militants du NPA, ben je pense qu'il ne doit pas y avoir que des amis...


Pierre

Anonyme a dit…

Pierre: on ne voit vraiment pas comment le NPA serait immunisé contre l'entrisme : le terme a d'ailleurs été inventé par des 68tétards

grisnoir a dit…

les gosses rois mal élevés ne sont pas tous issus de 68, allez voir dans les banlieues.
C'est un discours qui date de Rousseau, rien de neuf.
En revanche ce discours a servi à légitimer la pédophilie, sans rien comprendre à celle-ci d'ailleurs (on ne choisit pas sa sexualité,la libération sexuelle est une escroquerie).

malik al 'honecker a dit…

et il a fallut que tu nous foute encore une fois le voile dans les cordes, pfffffff
à mon avis à toi seul tu dois bien representer lres 2/3 des interventions au sein du NPA, je dirais même plus dans mon militantisme de base au quotidien il n'y a que toi qui en fasse un objet de crispation, même notre ami L. est plus calme.
alors quid de la chronique de demain? :
le rachat du monde et le voile islamique?
la réforme des retraites et le voile islamique?
la crise financière et le voile islamique?..
allez lâche un peu l'affaire csp et régale nous d'une chronique "dévoilée" ça nous amusera plus

olses a dit…

"qui date de rousseau ,rien de neuf"

qui date de platon plutot

"« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus, au-dessus d’eux l’autorité de personne,
alors c’est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie. »

mais non c mai 68!

il a bon dos mai 68

Anonyme a dit…

ces gars-là ont l'air inoffensifs, comme ça, mais leurs théories foutent les gamins en l'air.

Ces tarés sont a mettre exactement dans le même sac que les parents qui battent leur enfants - en plus vicelards encore, parce qu'ils voudraient en plus que tout le monde fasse pareil.

AnnaO a dit…

Qui utilise des analogies faussement comparables (sur le sort des enfants/des femmes/des ouvriers ou de tous ceux qui sont en situation de fragilité).
Qui donne en regard, ou en référence, pour faire apparaître combien serait nécessaire le laxisme envers les enfants, des comportements exagérés (tyran domestique) et une idée de l'autorité comme un truc nécessairement arbitraire (une autorité non expliquée et non justifiable)...
Vu d'ici...
Ce n'est pas tant du "gauchisme" crétin que du crétinisme tout court.

Julien a dit…

Bonjour,

Je me permets de réagir en tant qu'auteur du texte incriminé.

Je n'ai jamais dit qu'il fallait être «laxiste» envers les enfants ou répondre positivement à toutes leurs demandes. Il est évident que si l'enfant se met en danger, ne respecte pas d'autres personnes ou exprime un besoin qu'on ne peut pas satisfaire sur le moment (parce qu'on n'a pas les moyens, parce qu'on n'est pas disponible, etc.), on va certainement lui signifier que ce n'est pas possible.

Après ça pose quand même plusieurs questions : d'abord sur la manière dont on va signifier cette impossibilité. On peut essayer d'expliquer pourquoi c'est pas possible, quels problèmes ça pose, etc. On peut réagir en parlant de «caprice», en opposant un non ferme et définitif sans discussion possible, etc. Et ça n'est pas la même chose et n'a sans doute pas les mêmes effets. Ensuite sur la question de savoir si les contraintes qu'on pose sont vraiment légitimes. Personnellement quand je mange à la cantine du boulot, je vois beaucoup de monde qui ne finit pas son assiette, soit parce que ça ne leur plaît pas, soit parce que la quantité n'est pas adaptée à leurs envies, etc. Et pourtant il est encore fréquent que les parents forcent leurs enfants à finir leur assiette, alors que ceux-ci se trouvent la plupart du temps exactement dans le même cas de figure : ils n'ont pas choisi ce qu'ils ont à manger ni la quantité qu'on leur a servi. Perso ça m'interroge : pourquoi impose-t-on ce genre de choses à nos enfants alors que nous ne nous les imposons pas à nous-mêmes en tant qu'adultes ?

Ce dont je parle, c'est d'une égalité de traitement et de considération, c'est-à-dire qu'un besoin exprimé par un enfant soit considéré de la même manière que s'il l'était par nous-mêmes ou par un autre adulte et pas vu sytématiquement comme un «caprice» : ça ne signifie pas qu'on va forcément y répondre «oui», juste qu'on ne va pas imposer notre point de vue simplement parce qu'on est plus grand et plus fort.

Dire qu'on observerait aujourd'hui les effets de 30 ans d'éducation «anti-autoritaire», là franchement je ne vois pas. Ce que je vois le plus souvent autour de moi ne ressemble pas franchement à de l'éducation «anti-autoritaire» : des éducations violentes, avec cris, coups et autres, certainement. Des enfants inondés de biens matériels ou livrés à eux-mêmes, aussi, sans doute bien souvent pour compenser une incapacité à leur accorder une véritable attention. Mais ça n'est certainement pas de ça dont j'essaie de parler dans ce texte.

Vous pensez vraiment qu'un enfant qui a vécu dans un climat autoritaire pendant toute une partie de son enfance et s'est vu infliger des contraintes arbitraires sans possibilités de discussion a plus de chances de grandir en tant qu'adulte respectueux de lui-même et des autres ? Et qu'un enfant à qui on aura essayé d'accorder de l'attention, dont on aura pris les besoins en considération (ce qui ne signifie pas les satisfaire tous, mais juste ne pas systématiquement les considérer comme des caprices) dès le plus jeune âge et à qui on aura fait confiance à toutes les chances d'évoluer en adulte égocentrique et mal élevé ? Personnellement je pense (et j'ai tendance à observer) l'inverse.

Pour finir, je veux juste préciser que je ne veux certainement donner de leçons à personne. Ni «intellectuelle», car j'étais le premier, il n'y a pas si longtemps, à n'avoir aucune conscience de ce type de domination, ni «pratique», car je suis aussi le premier à me comporter de manière imparfaite avec mes propres enfants, et que je ne saurais dire quelle est «la» bonne manière de s'y prendre ou quoi que ce soit de ce genre.