samedi 12 juin 2010

Alain Duhamel découvre le capitalisme

Ça fait tellement longtemps qu'Alain Duhamel fait partie du paysage, tellement longtemps qu'il est comme naturellement incrusté dans tous les médias possibles et imaginables, qu'il fait partie de ces multi-cumulards pérorant du haut de leur bouffissure pontifiante sur tout et surtout n'importe quoi, tellement longtemps qu'il donne des leçons à la terre entière, qu'on finirait presque par se contenter de jeter un demi-cil morne quand on le voit signer une chronique quelconque avant de passer à n'importe quoi d'autre de plus excitant, comme changer la litière de son chat par exemple.

Alain Duhamel, c'est avant tout un style : particulièrement pesant et chiant. Autant l'hystérie perpétuelle d'un Rioufol vous a quelque chose d'amusant, autant entendre Son Altesse Elisabeth Lévy partir dans les aigus pour tenter de faire taire le malotru osant émettre un avis contraire au sien a au moins le mérite de déclencher une réaction - d'exaspération et d'envie de baffes dans la gueule, certes, mais une réaction -, autant lire et/ou écouter Alain Duhamel se résume à une purge d'importance qui laisse comme un goût de poussière. Le Plan B l'avait surnommé "purée froide" avec beaucoup d'à propos, à l'époque où ce journal était encore lisible et n'était pas devenu insupportable à force de vouloir expliquer la vie à tout le monde. Il arrête de publier, d'ailleurs, et cet échec n'est certainement pas sans rapport avec la manie qu'il avait développée de se poser en distributeur de bons et mauvais points sans proposer d'autre alternative politique que de devenir à peu près aussi ouverts et modernes que Lutte Ouvrière. Et encore, hein, Lutte Ouvrière, ça partait parfois dans le réformisme petit-bourgeois n'est-ce pas. Si ça se trouve, certains militants ont même la télé chez eux, c'est dire à quel point ils doivent être soupçonnés de collusion objectives avec les médias qui mentent.

Mais revenons à ce pénible Duhamel.
Qui signe, hélas, une tribune dans Libé, eh oui, et en plus on a un début de printemps pourri. Disons que ça a toutefois une sorte de mérite, puisque Purée froide s'aperçoit ô stupeur qu'il vit dans un monde complètement stupéfiant :

"à côté de l’électorat populaire, il faut compter chaque jour davantage avec l’électorat financier. Le pouvoir politique national n’est plus seulement soumis à la communauté des citoyens. (...) Chaque élection, chaque programme gouvernemental, chaque décision significative de l’exécutif peut être sanctionnée par le suffrage universel, mais se trouve également surveillée, jaugée et notée par la main très visible des marchés. Telle est la nouvelle donne politique, plus sévère et plus influente que la sélection des candidats ou que les fluctuations de la géographie des coalitions électorales. Les remaniements ministériels ou l’organisation de primaires pèsent peu à côté des facteurs financiers."

Alain Duhamel, 70 ans eh oui déjà, découvre le capitalisme. L'étape suivante, ça sera de comprendre la différence entre démocratie formelle et démocratie réelle et peut-être que si il vit jusqu'à 140 ans - chose nullement impossible tant le personnage semble comme éternellement figé dans une gangue de sottise qui défie du temps les outrages -, peut-être qu'il s'apercevra que finalement, le capitalisme, ce n'est pas si terrible que ça, en fait.

Certes, il admet que bon, effectivement, on pouvait comme se douter quelque peu que l'argent et ceux qui le possèdent auraient eu manière d'influence sur le cours des choses politiques. D'accord. On est ébloui par tant d'audace intellectuelle et on se demande pourquoi quand on dispose d'un aussi pétillant et subtil esprit que ce bon Duhamel, on a pas été nommé à un poste de Commissaire au Plan ou assimilé. Cette fulgurance de la pensée chez Alain Duhamel laisse comme une ivresse, décidément.

"La mondialisation a fait changer de vitesse, d’intensité et de poids l’intervention du facteur financier dans la décision politique. La construction européenne a transformé les options politiques nationales et les règles communautaires en sœurs siamoises"

Mondialisation et construction de l'Europe de marchés que Purée froide a toujours applaudi avec constance, par ailleurs.

"Chaque réunion des ministres des Finances européens est aussitôt analysée et sanctionnée, positivement ou négativement, par les marchés. Chaque dîner entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel (en particulier s’il est reporté) fait à l’instant trembler la Bourse et varier l’euro. Chaque initiative nationale se trouve sur-le-champ surinterprétée, évaluée et notée"

On aborde ici une nouvelle étape dans la prise de conscience duhamélienne du monde dans lequel on vit : pour le moment, il se contente de décrire la dictature de fait qu'exerce le Capital sur les vies des nations et partant de ceux qui y vivent. Encore un petit effort, et il finira peut-être par se demander si il est complètement normal qu'il en soit ainsi. Il faut avoir foi en l'être humain.

Mais pour le moment, Purée froide n'y voit pas trop d'inconvénient à l'évidence, puisque les seuls braillards qui trouvent à y redire sont les usual suspects

"L’extrême gauche, l’extrême droite ou les souverainistes proclameront que c’est la démonstration que sociaux-démocrates ou libéraux ne sont que les deux branches d’une seule famille. Ils ont tort : en période de crise, a fortiori en plein désordre monétaire, les marchés financiers s’imposent aux gouvernements, lesquels peuvent néanmoins se montrer plus ou moins efficaces, plus ou moins compétents, plus ou moins inspirés. En période de croissance ordonnée, les gouvernements, voire les idéologies reprennent en revanche la main et peuvent donc se différencier"

Mettre dans le même sac lézesstrèm tout en faisant mine de rien l'apologie des politiques de rigueur - gage d'efficacité, de compétence et même, ô poète, d'inspiration : c'est tout un art, Madame. Purée froide y est rompu comme personne. Avec en cerise moisie sur le gâteau pourri cette fausse résignation devant ce soi-disant inéluctable de démocraties liées aux Jolis Marchés : l'eau ça mouille, le feu ça brûle, les corps chutent en raison de l'attraction terrestre, et les marchés imposent leurs caprices aux gouvernants. C'est comme ça et on y peut rien mon bon, allez, on ne lutte pas contre la souveraine nature, insensés que vous êtes.

À ceci près que le Marché et contrairement à ce que braillent les dégénérés qui s'en font les troubadours :
- n'est pas naturel puisque une construction politique et donc humaine ;
- n'a nulle légitimité à dicter ses caprices ;
- et que partant s'en débarrasser définitivement ne pourra que faire se porter mieux tout le monde.

Peut-être que si il atteint les 200 ans, Alain Duhamel comprendra ce genre de choses. Peut-être.


28 commentaires:

romabou a dit…

tu rêves !! le bonhomme n'a jamais brillé par sa philanthropie mais plutôt par sa capacité égoïste à se placer parmi les élites médiatiques (compétence partagée par bon nombre de ses collègues, de là à en faire une propriété générale...).
faudrait surtout qu'il se retrouve du "mauvais côté (du manche) du marché" pour en amorcer la critique.

comité-de-salut-public a dit…

Non mais oui, je sais bien quand même. Le personnage dût-il vivre 1000 années, jamais il ne changera d'avis sur sa propre situation. Un peu comme moi sur le voile ? Ah oui, tiens, c'est troublant.

romabou a dit…

rien à voir !!

duhamel défend son beafsteack et s'offre une caution morale en prétextant que les dysfonctionnements démocratiques de la société capitaliste sont normaux, naturels et nécessaires (les riches sont riches parce qu'ils sont mieux que les autres et, du coup, ce sont les mieux placés pour diriger tous les autres)

tu as une dent particulière contre le voile parce que tu as subi le coup médiatique réactionnaire des régionales et que tu l'associes au faible score du npa

grisnoir a dit…

Ce qui est humain n'est pas naturel ? et l'évolution ?
Darwin s'est inspiré d'Adam Smith.
Lequel Adam Smith pointait et déplorait la responsabilité des marchés dans la colonisation de l'Inde, ce qui fut d'ailleurs salué par...Chomsky.

comité-de-salut-public a dit…

"tu l'associes au faible score du npa"

Ouais, aussi.

Et pour les connaisseurs, la contribution de Péf Grond au dernier CPN sur ce sujet : je signe. Des deux mains.

romabou a dit…

bon, Duhamel on s'en fout en fait.... pour tout dire, il me fait même de la peine, ce p'tit vieux. Alors que dans la famille "nuisants médiatiques", un BHL ou un Finkielkraut ont le mérite de provoquer l'accélération du rythme cardiaque, la contraction des muscles et une irrésistible envie d'entartrer (fort voir violemment !!!!), Duhamel devrait simplement être mis au repos, au vert, comme un bourrin qui a bien rempli son rôle et qui peut aller se reposer dans un champ fleuri.

Sinon comment on y accède, à la contribution de PF Grond au dernier CPN ? C'est à dire que d'Espagne là, je me sens un peu exclu...

Bourguignon a dit…

http://www.leplanb.org/Les-petits-chaperons-rouges-de-la.html

http://www.leplanb.org/Pourquoi-Le-Plan-B-n-augmentera.html

C'est pour ça que tu n'aimes pas le PLAN B, t'as raison c'est trop dur pour les gauchistes et en plus y critiques les révolutionnaires.

Hou les villain!!!

http://www.youtube.com/watch?v=CU84hLf7snw&feature=player_embedded

comité-de-salut-public a dit…

Il faudra surtout que les garçons du Plan B m'expliquent comment on peut exister politiquement, au XXIème siècle, sans passer dans les médias...je serai très curieux.
Ce qui a fini par me gêner, surtout en fait, c'est une incapacité à proposer des modes d'actions "modernes" : léluh léluth, mais alors quoi ? Quand ? Où ? Et surtout : comment ?...de ce point de vue, le Plan B finissait par tourner en rond dans la critique critiquante pour la critique qui critique.

Et sinon oui, on s'en fout de Duhamel. Il fait lever une demi-paupière et puis on passe à autre chose...pour ce qui est du CPN, là, t'as pas des contacts militants en France ?

birahima2 a dit…

Duhamel, c'est encore un grand bâtisseur d'harmonisation, ça, dis donc.

Harmonie, Harmonie...
tu parles
surtout avec la mafia russe de Valeurs actuelles

Kaos a dit…

Ce qui serait bien, c'est que t'arrêtes de confondre "faire de la propagande" et "exister politiquement". Pour un militant dans ton genre, qui pense surtout au renouvellement de la "com'" du parti, ça n'a rien d'étonnant, mais un jour faudra penser à autre chose.
Je ne suis toujours pas certain que la médiatisation des têtes de gondoles de la gauche ait apporté quoi que ce soit d'intéressant, sinon un peu de chiffre éventuellement, ce qui est faible - et j'en suis même pas persuadé.

Et je ne peux que recommander chaudement
http://www.leplanb.org/Pourquoi-Le-Plan-B-n-augmentera.html, comme Bouguignon.
La confusion qui règne à gauche est également programmatique, et c'est bien dommage que le plan B ait coulé au tout début de sa série sur le sujet.

Bref, t'es pas obligé de tirer sur un cadavre encore chaud, surtout pour te contenter de le ramener au sectarisme, en plein milieu d'une critique entendue d'un gros con quelconque. Je veux bien qu'il y ait des choses à dire sur le plan B, mais pas aussi lapidaire, alors que tu peux t'étaler sur trois pages sur tous les blaireaux réactionnaires de service, quatre fois par semaine (minimum).

comité-de-salut-public a dit…

Non, Kaos, désolé mais ne pas passer dans les médias de masse, c'est tout simplement n'avoir pas de représentations dans le paysage politique. On peut le prendre dans tous les sens qu'on veut, c'est la réalité. Les médias dominants dictent leurs règles de fait, c'est pourri mais c'est comme ça et il faut faire avec. Ensuite, on peut compléter cette apparition dans les médias de masse avec ce qui doit devenir un usage politique d'Internet vis-à-vis duquel on a pour le moment aucune réflexion stratégique.

Le Plan B a surtout coulé parce que de toutes façons, sortir un journal papier et militant a fortiori dans le contexte actuel, c'est de facto s'exposer à le voir couler. Là aussi : c'est comme ça, et il faut faire avec. Je ne raisonne pas en terme de ce qui devrait être, mais de ce qu'on peut faire avec ce qu'on a.

Anonyme a dit…

CSP: Pour vouloir "exister politiquement". Quel est le but de la chose ? En quoi "exister politiquement" profite aux exploités de la terre ?

comité-de-salut-public a dit…

Chais pas moi. Exister politiquement pour faire passer des idées ? Un message d'espoir ? Montrer qu'existe autre chose qu'une droite charognarde et une gauche qui trahit ? Je dis ça je dis rien, hein. Et ensuite, une chose est certaine : ne pas exister politiquement, ça ne doit pas leur faire trop de bien, aux exploités. Mais évidemment, on peut soutenir que la seule chose importante, c'est léluth et rien que léluth et continuer à differ des tracts illisibles devant les boîtes. Et puis comme ça on a l'impression de faire quelque chose, c'est important.

Kaos a dit…

"
Le Plan B a surtout coulé parce que de toutes façons, sortir un journal papier et militant a fortiori dans le contexte actuel, c'est de facto s'exposer à le voir couler. Là aussi : c'est comme ça, et il faut faire avec. "
Nan, mais ils disent pas le contraire hein, d'ailleurs leur propre nécrologie est plutôt réjouissante, je trouve.

"Ensuite, on peut compléter cette apparition dans les médias de masse avec ce qui doit devenir un usage politique d'Internet vis-à-vis duquel on a pour le moment aucune réflexion stratégique.
"
Je crois qu'on avance plus que tu veux bien le dire. Mais effectivement, c'est loin d'être fini.

"Non, Kaos, désolé mais ne pas passer dans les médias de masse, c'est tout simplement n'avoir pas de représentations dans le paysage politique. On peut le prendre dans tous les sens qu'on veut, c'est la réalité."
Pardon hein mais encore une fois, non. C'est qui "on" là ? Oui les orgas ont besoin d'aller planter leur drapeau à la vue de tous, mais y'a pas que les machines militantes dans la réalité. Les idées par exemple ont beaucoup à perdre à aller dans les médias sous prétexte de visibilité.
Encore une fois
http://www.leplanb.org/Pourquoi-Le-Plan-B-n-augmentera.html est un très bon article pour ça. Pour passer à la téloche, il faut simplifier son message et ça devient +300 euros pour tous, et la question des nationalisations devient nettement secondaire, alors qu'il me semble que la socialisation des moyens de production est une question centrale. Quel besoin d'augmenter les salaires directs quand on peut obtenir un logement, une éducation, de l'énergie et se déplacer sans devoir claquer des ronds dans le marché ?
Oui, ça prend plus de temps à expliquer et oui, pour l'expliquer à la télé ou à la radio, il faut plus que deux répliques entre deux vannes de Ruquier ou deux 'jingles' du grand journal. Alors aller "dans les grands médias", c'est une chose, mais si c'est juste pour montrer sa tronche, son drapeau et simplifier son message ou point de le dénaturer, je crois pas que ça soit utile.
Exister politiquement, oui, mais exister n'importe comment ? Ca s'appelle encore des compromissions, et traite-moi de sectaire pire que LO si tu veux clore le débat, ça ne changera rien au fait que jouer les bouffons du roi ne fait rien pour la politisation ou la progression de nos idées (quelles idées si elles doivent être édulcorées ?).
Tout juste pour la progression de la visibilité de visages et de sigles, de l'"orga" qui ne sert à rien si elle ne peut rien porter de sérieux dans le débat, en particulier de la critique des médias qui ne soit pas fade (à la Bayrou), des questions sociales graves, comme la propriété des moyens de productions (même reformulée par ton think tank hein).
Prendre aux riches et donner aux pauvres pour nourrir la même société de consommation, ça me paraît un peu à côté de la plaque, même si ça passe bien comme 'message'.

Kaos a dit…

"Montrer qu'existe autre chose qu'une droite charognarde et une gauche qui trahit ?"
En fait, c'est ça qui est fatiguant chez les acharnés de la communication. Tu veux faire descendre des pratiques sociales du Ciel de la politique et des Idées.
Y'a même des jours où je me demande si t'as lu Marx...
Pourtant tu le sais que les idées dominantes sont les idées de la classe dominante. Mais ça un fondement pratique, tout ça, c'est que les pratiques sociales correspondent à la conscience de la classe dominante, et donc ses idées sont "naturelles".
Tu veux transformer la conscience sans transformer la pratique, comme le premier idéaliste venu.
Quelqu'un qui constate tous les jours que c'est chacun pour sa peau et ostentation pour tous ne peut pas penser longtemps contre le courant, à moins d'en sortir.
D'ailleurs léluth, comme tu dis, sont souvent trop parcellaires jusque dans l'idée qu'elles se font d'elles-mêmes, ce qui les rend hystériques, parce que ça ne va pas plus loin que le bout de son nez. C'est les luttes qu'il faut repenser avant tout, la com' n'est qu'une conséquence tactique dans des batailles concrètes.

comité-de-salut-public a dit…

Si si, j'ai lu Marx, merci. Même si je ne le fétichise pas non plus mais c'est un autre débat.
Et dans la "pratique", le monde politique en l'occurrence, on peut très bien répandre ses idées chez les masses en ayant aucune praxis militante. Le FN : ses idées sont au pouvoir sans avoir à faire ni manifs ni luttes ni rien, ni quasiment d'apparitions publiques, marchés ou autres.

Kaos a dit…

Mais c'est normal, les idées du FN sont des idées réactionnaires et sont essentiellement basées sur des pratiques anciennes qu'il ne faudrait pas remettre en question. C'est parce que les pratiques en encore vivantes (de racisme, de familialisme, de travail-famille-patrisme...) qu'ils trouvent un écho en tant que parti conservateur. Et pas l'inverse. Le changement de discours sur la révolution nationale blabla ne trompe personne, c'est bien dans les faits de "résistance" du monde conservateur qu'ils trouvent leur place. Et pas l'inverse.
Si le libéralisme a cette omniprésence, c'est parce que dans la pratique, les gens agissent en libéraux. Et que le discours leur paraît donc raisonnable. Donc ils votent pour. Pas l'inverse.
C'est les gens qui raisonnent tous les jours comme des individualités privées, en termes économiques évidemment, mais aussi en termes de droits et de libertés libérales classiques (expression et vie privée en particulier), qui ressentent profondément une atteinte à ces "droits" comme du totalitarisme, et ça représente une masse considérable de gens, ils ne faut pas s'étonner quand ils vont voter pour une privatisation de tout, ils ressentent réellement leur propre privatisation comme une liberté. Et s'ils aiment l'Etat sécuritaire, c'est parce qu'ils vivent très mal les violations de cette privatisation. Dans la vie de tous les jours.
Si tout ce que tu peux leur proposer, c'est de faire comme d'hab mais, en plus, de "diffuser des idées" qui sont complètement à côté de leur vécu, faut pas s'étonner de pas faire un carton.
Et me fais pas dire ce que j'ai pas dit : leur vécu est bel est bien stupide, mutilé et fondamentalement disons de droite, mais c'est bien au niveau du vécu et pas des idées que le problème se pose. Mais si tout ce qu'on a proposer c'est le long martyr du militant-publicitaire, faut pas s'étonner qu'ils préfèrent les PS3, les films à gros budgets, ou les artifices culturels sophistiqués qui permettront de se piquer d'une petite contestation sans risques parce que sans conséquences.

Anonyme a dit…

CSP: Bon, disons qu'en tout cas ça ne fera de mal à personne que quoi que ce soit ait une "existence politique".

Malgré le risque de servir de énième alibi du système, rôle si bien joué par Mélenchon depuis 30 ans, aux côtés des grandes centrales syndicales, cogestionnaires de la société capitaliste. Mais vu le nombre qui se battent pour jouer ce rôle, un de plus ou de moins ne changera pas grand chose.

Ceci dit, CSP, je reste intimement convaincu que la société du spectacle, on est déjà nombreux à l'avoir quittée. A ne pas lire la presse. A ne plus regarder la tévé française. à vivre comme on peut, sans eux.

comité-de-salut-public a dit…

"la société du spectacle, on est déjà nombreux à l'avoir quittée"

JT de TF1 : 8 à 11 millions de spectateurs chaque soir. Désolé, mais ça chiffre quand même un peu.

@ Kaos : "Si le libéralisme a cette omniprésence, c'est parce que dans la pratique, les gens agissent en libéraux"

Ils agissent aussi en solidarité, en compassion, en sympathie avec ceux qui subissent les injustices. On ne peut pas réduire les populations à leur versants les plus mauvais, à ce qu'il y'a de plus primaire, c'est trop réducteur. Tout le monde a la conscience ne serait-ce qu'intuitive de ce qu'est l'injustice, pour ne parler que de ça. Après oui, ben oui, c'est plus facile d'encourager le repli et la trouille, ben oui.

"leur vécu est bel est bien stupide, mutilé et fondamentalement disons de droite"

Non, je ne suis pas d'accord avec ça. j'irai même jusqu'à penser que leur vécu est davantage "de gauche" dans le quotidien le plus immédiat - monde du travail, relations familiales - mais que les idées dominantes faussent leur jugement et les poussent à dire et penser des conneries. C'est là dessus, dans les têtes qu'il faut intervenir.

Anonyme a dit…

C'est ca qui m'énerve chez certains, c'est que a partir du moment ou on se heurte a un truc un peu dur ou pas forcement bon par defaut pour nous, bah il faudrait immédiatement cesser d'y apparaitre etc.

Et si au lieu de la lâcheté on se sortaient un peu les doigts du cul pour produire de la vraie propagande faites pour passer dans les médias, hein?

Alors ok c'est peut etre pas facile hein, c'est sur, mais si on fait rien…

Je sais pas, regardez melenchon, j'ai l'impression qu'a lui tout seul il arrive finalement a utiliser la force des médias contre eux même, et… ca a l'air de marcher, non?

Tout le problème est dans le fait d'y avoir acces, une fois que t'as ca, faut pas hésiter a leur rentrer un peu dedans de temps en temps quand c'est utile et surtout leur foutre en l'air leur schéma, pas hésiter a sortir clairement de la "norme".
Et c'est malheureusement ce que Besancenot perd un peu de vu des fois il me semble, mais ca c'est peut etre aussi parce-qu'on l'utilise un peu trop, pas étonnant qu'il gueule a ce propos.

Donc oui, quitte a faire des trucs très schématiser simple mais qui percute tres vite et fort, le truc imagé que tous le monde comprendra dessuite.

Et qui c'est, la petite chose qui effectivement comme le laisse entendre CSP, poussera ces personnes là a se renseigner car interpellé et intéressé par la personnes qu'ils aurons vu, même 5minutes a la teloche dire des trucs pas con qui les touchent.

A se renseigner sur Internet par exemple…
Et là aussi faut mettre le paquet du coup.

Je partage entièrement ton dernier commentaire CSP, je rajouterais que c'est surtout qu'ils n'ont rien de positif, d'espoir a se raccrocher, ils sont +/- seul.

Kaos a dit…

@CSP : Je sais pas dans quel monde tu vis, mais même les libéraux et les fafs ont des amis, une famille et un travail, et même ça leur arrive d'être heureux, généreux ou solidaires... Ca n'a rien d'incompatible. Et c'est même pas des gens "politisés" que je parlais. Non, être sympa avec ses potes et sa famille, tendre la main à d'éventuels inconnus ou avoir des bonnes relations avec ses collègues n'est pas "de gauche". Faut arrêter...

@Anonyme :
"Donc oui, quitte a faire des trucs très schématiser simple mais qui percute tres vite et fort, le truc imagé que tous le monde comprendra dessuite."
Y'a un moment où faire plus simple ressemble furieusement à dire autre chose.
Mais allez-y donc dans les médias construire la propagande du futur, c'est pas moi qui vais vous ne empêcher. Et même, si ça marche, je vous applaudirai volontiers.
Mais quand on tacle la com' des gauchistes de service pour des motifs légitimes, ça sert à rien de vous draper dans un pragmatisme tactique, seul face au sectarisme, avec des arguments à la con genre "nous au moins, on essaye, vous vous faites que critiquer" qui pue franchement le rance à force d'avoir servi contre toute contestation.

Bref, tout ça pour dire que résumer le Plan B a une posture anti-médiatique stérile au moment où ils ont coulé, c'est lâche et faux. Et entretenir une confusion débile entre des partis électoraux et un journal à petite diffusion, c'est ... délirant, pour le moins.
Tout ça pour tacler un connard notoire dont tout le monde se fout en plus...

comité-de-salut-public a dit…

Oui, voilà, ça me revient, c'est pour ça que je ne lisais plus le Plan B : le côté "moi j'ai raison et toi ta gueule, réformiste". C'est ça.

Kaos a dit…

@Csp : c'est le camenbert qui au roquefort tu pues, comme on dit chez nous.

Anonyme a dit…

Dans ce cas on sera 2, j'ai rarement lu le Plan B, mais les quelques fois m'ont largement suffit, et comme CSP le fait remarquer, tu illustre parfaitement la chose.

Et c'est pas avec une phrase bidon que tu rattrapera le coup.

olses a dit…

pris dans le plan b 18(avril-mai 2009)

dans la rubrique en hausse

Au nombre des principes fondateurs du NPA adoptes lors de son congres en fevrier dernier:

"une critique radicale du systeme capitaliste,serieuse et coherente ,ne peut se faire sans critique radicale de la culture,de l'art et des medias puisqu'ils sont les verrous de l'ideologie dominante et ,par consequent un obstacle important a l'emancipation de toutes et tous"

c dans ce creneau que se fait la critique du plan b( voir le doc jose bove le cirque mediatique ou les leaders de la contestation se retrouvent chez ardisson,les grosses tetes ou ruquier)

a voir dans ce numero le double pages

"crise des experts: retourner sa veste ou baisser le pantalon?

au moins le plan b a le merite de lutter contre l'amnesie(sources a l'appui)journalistique

sans oublier son celebre comptage de l'actualite sociale

http://www.dailymotion.com/video/x8btz6_les-medias-mentent-6_news

et le toujours attendu proces

http://www.leplanb.org/Le-proces-de-Franz-Olivier.html

Totoze a dit…

le FN : ses idées sont au pouvoir sans avoir à faire ni manifs ni luttes ni rien,

En fait pendant les années 80 et 90, le FN était un parti très militant (ce que ne se résume pas à des manifs, hein, tu es bien placé pour le savoir). Il (comme les autres partis du même type dans le monde) a pu surtout profiter de certaines circonstances favorable dont la moindre n'était pas la conversion à l'idéologie ultralibérale de toute la gauche suffisament proche des pouvoirs politiques, économiques et médiatique.


ne pas passer dans les médias de masse, c'est tout simplement n'avoir pas de représentations dans le paysage politique. On peut le prendre dans tous les sens qu'on veut, c'est la réalité."

Les médias de masse étant des médias capitalistés à la fois par idéologie et par droit de propriété, comment veux tu qu'un discours anticapitalisté un minimum sérieux puisse y passer librement ?. Je sais bien qu'on dit que le capitaliste vendrais la corde destiné à le pendre, mais il y a des limites à ça quand même.

Je suis d'accord avec toi quand tu dis qu'il faut des médias de masse, mais il n'y a rien a attendre a aller mendier dans ceux déjà existant. Ce qu'il faut c'est en créer de nouveaux. Comment ? je sais pas.

Anonyme a dit…

"mendier"

Depuis quand on mendie au près des média, hein?

Faut arrêter de raconter n'importe quoi un peu…

Anonyme a dit…

CSP: 8 à 11 millions seulement ? ça me semble même peu.

Comptez déjà 5 millions de fonctionnaires, fiers collaborateurs titulaires de l'ordre capitaliste, leurs familles, les deux millions d'étudiants qui aspîrent à reprendre leurs fontions à la première occasion : ça doit déjà faire les huit millions. Prenez ensuite les valeureux retraités, unanimement rangés derrière la bannière UMP pour la défense des retraites (c'est à dire, de *leurs* pensions de retraite, la tienne, faut voir) : ça doit bien faire 4-6 millions de gaziers.

Tu remarqueras que je ne cite que les partisans irréductibles et irrécupérables de l'actuel ordre social, sans même parler des dingues et des paumés.

Je suis donc surpris qu'ils soient si peu à communier quotidiennement à la Grand Messe. Mais ceux-là, le NPA ne les aura jamais, même avec Adriana pour leur servir la soupe.