dimanche 16 mai 2010

Trop tard...

"Les transports, l'éducation, les médias, l'agriculture… tout est prétexte à l'engagement de l'Etat et partant tout est sujet à la dépense publique. La crise de la dette publique n'est-elle pas -n'en déplaise aux vertueux donneurs de leçons- la démonstration économique et financière que la puissance publique n'a pas les moyens de ses ambitions politiques et que sauf à se désengager très largement des secteurs marchands, elle ne peut, tel le plus mauvais des gestionnaires équilibrer son budget".

Oui, encore un qui a trente ans de retard. Et qui bien entendu fustige ce vilain totalitarisme qui n'existe que dans sa tête :

"Je ne rejoindrai pas la meute de ceux qui dénoncent la liberté du monde économique pour expliquer le pourquoi et le comment de la crise et rejeter ainsi la responsabilité des malheurs économiques sur ceux qui sont désignés par la vindicte comme les profiteurs ennemis de classe.
Je vois dans ce mouvement de lynchage de vieux ressorts aussi nauséabonds et démagogiques que ceux utilisés par les populistes de tous bords, d'hier et d'aujourd'hui".

"Nauséabond" et "populiste", traduire : qui n'aime pas trop le gentil marché qui fait des bisous.
Pourtant, hein. Trente ans de ça pour nous mener là où on est. C'est prodigieux qu'il s'en trouve encore pour défendre becs et ongles un pareil désastre. D'ailleurs peut-être qu' une explication peut tenir au côté générationnel de la chose, voyez plutôt : notre lou ravi du tout dérégulé est né en 1963, nous apprend sa fiche Wikipédia - et aussi qu'il est l'avocat d'Alain Madelin : pour une fois qu'un avocat est aussi homme de convictions, n'est-ce pas...- : il a donc fait ses études dans les années 80, triomphe du thatchéro-reaganisme, néolibéralisme présenté à la fois comme nouveau souffle et définitive alternative historique ; de ce point de vue, quoi d'étonnant qu'il ait été formatés par l'époque et fonctionne encore par des réflexes littéralement pavloviens quand il s'agit de se faire l'avocat - oui, c'est facile et la facilité ce n'est pas dur, merci - d'un système économico-politique en chute libre ?

Comme d'ailleurs l'intégralité du personnel politique et des éditorialistes de notre temps : tous quadras-quinquas ayant transité par les mêmes écoles, les mêmes facultés, les mêmes centres de formation au moment pile de la vague idéologique réactionnaire. Une poignée de décennies plus tard, après une première crise majeure - la deuxième ne devrait normalement pas tarder...-, ils continuent, contre vents et marées, de caqueter qu'il est joli le Marché, que le Marché il va tout résoudre et qu'à problème de Marché : solution de Marché. Ce n'est pas qu'éventuellement certains d'entre eux ne voudraient pas relativiser ce formatage, d'où les régulières et désopilantes sorties sur la "moralisation" du capitalisme : c'est qu'ils ne peuvent tout simplement pas, psychologiquement parlant, même penser à faire autre chose...L'explication de l'entêtement morbide des gouvernement européens ne trouve pas ailleurs sa racine. Quand on a eu très jeune la tête farcie de conneries, et qu'on a continué en vieillissant a en approfondir l'empreinte en les ressassant sans trêve ni repos, quand les conneries montrent ce qu'elle sont vraiment : des conneries, on ne sait plus faire autre chose que continuer sur la lancée...

Le gros problème du truc évidemment, c'est qu'ils nous embarquent avec eux, ces cons là.

À ceci près toutefois que si eux sont structurellement incapables de se remettre en question, la viabilité du néolibéralisme comme modèle est elle, disons, quelque peu remise en question. Bon, pour ne pas dire franchement en discrédit croissant et pour reprendre les mots de l'ami François Ruffin :

"Nous ne sommes plus dans un mouvement de libéralisme triomphant. Je ne suis pas vraiment un optimiste de nature, mais je crois que le cours de la bataille des idées est en train de s'inverser. Ça va mettre du temps mais c'et en marche. et notre responsabilité est de faire que le paquebot tourne plus vite".

Las : les crises d'urticaire des Jean-Marc Fedida sont déjà datées, déjà has-been...peut-être qu'il y a seulement 20 ans...
Mais à présent et ajoutera t-on : enfin : c'est trop tard...


3 commentaires:

birahima2 a dit…

"petite provocation libérale en temps de crise" titre Rue89

hun hun

t'aurais pas un truc original, je sais pas, CSP, comme quoi y'a Audrey Pulvar qui fait son pote Arnaud Montebourg cocu ?

Anonyme a dit…

CSP, tu es d'une mauvaise foi, c'est incroyable. Tu ne peux pas prétendre que le libéralisme (oui au fait, le néolibéralisme ça n'existe pas) domine actuellement dans les médias, c'est tout simplement faux.
Un exemple, la réforme de la santé d'Obama : tu trouves franchement que le traitement qui en a été fait par les médias a été objectif ? Il n'a pas été question une seule fois de l'éventualité que ses détracteurs aient des arguments (notamment sur les coûts exorbitants des assurances santé du fait de l'absence de concurrence et du manque de responsabilisation). La seule choses que j'ai entendu, c'est que les opposants à sa réforme sont des racistes et des homophobes (véridique, Grand journal de canal +).
Un autre exemple, la crise actuelle : le discours dominant, et tu ne peux pas dire le contraire, est clairement que le responsable de la crise, c'est " l'ultralibéralisme" (ça non plus ça n'existe pas, mais bon passons), et le vilain marché. Nul part je n'ai entendu que la bulle spéculative à l'origine de la crise est le fait de l'Etat américain (crédits subprimes) et de la politique totalement irresponsable de la FED.
La part des dépenses publiques dans le PIB est actuellement de 55% en France, donc désolé mais on n'est plus proche du socialisme que du libéralisme.
Alors oui, ça n'est pas le communisme qui domine dans le médias, mais c'est encore moins le libéralisme. L'idéologie dominante actuellement, c'est clairement la social-démocratie.

Pour finir, ce qui me dérange le plus dans ton blog, c'est que tu a l'air incapable de considérer que des gens puissent penser différemment de toi. En gros, il y a les socialistes qui sont gentils, et les autres ils sont méchants. Tu sais, on peut être liberal parce qu'on pense sincèrement que c'est le meilleur modèle possible. Les libéraux ne sont pas tous des mangeurs d'enfants. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est ce manque de considérations pour les idées des autres qui a mené au Goulag, mais tu remarqueras quand même que quand le communisme arrive au pouvoir, l'enferment des opposants politiques est un grand classique. Alors oui communisme = goulag, c'est facile, mais quand je vois parfois l'irrespect total de certains pour le débat d'idées (moi j'ai raison, les autres c'est tous des cons et/ou des méchants), on comprend comment certaines choses ont pu se produire.
Et je finirai en ajoutant que les libéraux sont victimes d'une injustice flagrante : les communistes, anticapitalistes, socialistes ont un parti pour les représenter, tandis que les libéraux n'ont personne pour qui voter (il y a eu Madelin un temps, mais aujourd'hui il n'est plus dans la course. Et non, Sarko le social-démocrate n'a rien d'un liberal).

alliage a dit…

http://nicolas-sarkozy-2012.blogspot.com/2010/05/cambriolage.html