Bénédictes Charles, c'est celle qui est chargé dans Marianne - toujours un canard de merde, tiens, certaines choses ne changeront jamais décidément - de faire l'apologie du sécuritaire à coup de tonfa. C'est assez bien huilé, dans cette rédaction, en fait : Philippe Cohen se charge de gueuler contre les immigrés en les chargeant en gros de tous les maux de la terre, et sa collègue de regueuler par derrière en exigeant le knout pour les pauvres - dont une grande partie sont, tiens par exemple, immigrés, quelle coïncidence.
Reprenant un procédé qui a fait l'ineffable succès de Fsetouche, notre Charles Bronsonette du clavier se jette sur tous les fait-divers et de préférence les plus crapoteux qui soient pour asseoir l'implacable démonstration que la France est à feu et à sang. Rhétorique qui a fait et continue de faire les beaux jours de l'extrêmedroitisme, on prend les résultats des politiques de paupérisation et surtout rien que les résultats en omettant toujours d'en expliciter les causes et on joue de façon bien sordide sur du gros émotionnel qui tâche pour préventivement clore un éventuel argumentaire contradictoire. Et le titre de l'article renvoyant dos à dos droite et gauche ne trompe évidemment personne, puisque seule la gauche est tenue pour vraiment responsable de ce carnage permanent (le pays sombre dans le chaos, rappelez-vous).
Bien évidemment, quand on dispose de trois neurones et encore, on peut avoir de ces faits sociaux une vision parfaitement superficielle et réclamer davantage de répression. Mais comme ici et contrairement à un lecteur du Figaro, on dispose d'un QI à trois chiffres, tâchons de prendre un peu plus de recul et considérons ce qui se passe réellement en ce moment :
Chaque fait divers, le plus violent possible, est monté en épingle et complaisamment détaillé médiatiquement.
Les effectifs de police sont diminués et ne peuvent faire face aux incivilités et autres délits, et de plus étant soumis à la pression du chiffre et à la difficulté croissante de ce qu'on leur demande, la police est en train de devenir la catégorie professionnelle où on se suicide le plus...
La crise touchant de plein fouet surtout les pauvres, il faut s'attendre, "logiquement", à ce qu'une fraction de ceux-ci ne basculent dans la criminalité.
Les rodomontades sarkoziennes ne sont suivies d'aucune mesure concrète.
Et pour cause.
Parce que Nicolas Sarkozy n'a aucun intérêt stratégique à ce que les choses aillent mieux. Au contraire. Complètement plombé par la crise, celui qui tonitruait sur la "rupture" en faisant miroiter la grande lessive libérale se retrouve contraint comme ses prédécesseurs à grignoter, lentement mais sûrement, par petits à-coups, ce qu'il avait promis de balayer énergiquement. Le bilan économique est très mauvais, au point que la reconduite de la droite aux affaires en 2012 est très sérieusement compromise. Il ne lui reste qu'une seule carte à jouer : l'insécurité. Qu'il joue de plus en plus parce qu'il ne lui reste plus que ça. Donc : plus il y'a de fait divers. Plus il y'a d'éditoriaux réclamant la sévérité. Plus les forces de l'ordre sont débordées. Plus le sentiment d'insécurité s'installe dans la population : mieux c'est pour lui...
Ce qui permettra en sus d'accroître des politiques de répression en direction des prolos dans la logique libérale-sécuritaire classique de cette droite qui déconstruit le social d'un côté en prévoyant que ses politiques vont foutre le bordel et promet donc qu'elle va cogner énergiquement sur les conséquences de ses actions.
On voit donc qu'à partir du moment où on prend un peu de recul et qu'on fait fonctionner un peu son néo-cortex - chose dont une journaliste de Marianne est évidemment incapable -, se dessine un tout autre tableau qui va au delà des braillements sécuritaires superficiels. Poussons le cran un peu plus loin : ce qu'il y'aurait de mieux pour Sarkozy en ce moment, ce sont de bonnes grosses émeutes de banlieue, bien lourdes et bien violentes, pour qu'il puisse apparaître en chef de guerre déterminé à écraser la sédition.
Et ces émeutes auront lieu de toutes façons, qu'on ne se fasse pas d'idées là dessus. Sarkozy le sait, et les attend avec impatience.
C'est ça, la réalité politique derrière l'exploitation des fait-divers. Ensuite, expliquer ça au réac de base, laissez tomber. Il faut réfléchir au lieu de bramer, et réfléchir ça lui fait bobo à la têtête.
CSP
16 commentaires:
ou
comment construire son ennemi
http://grisnoir.canalblog.com/archives/2010/05/30/18047823.html
Si je suis ton raisonnement, ce ne sont pas les réacs blogueurs, que tu pourfends à longueur de billets, qui sont les meilleurs alliés de la droite, mais les voyous de banlieue. donc ?
Les meilleurs alliés de la droite, c'est ce qui rend les gens pauvres et qui les décourage de s'en prendre aux vrais coupables.
Ton lien ne fait qu'illustrer mon propos, finalement : une réaction émotive, qui se contente d'exiger des réponses simplistes et superficielles à un problème politique. Comme quoi, la propagande, ça marche.
Tu remarqueras même CSP, qu'il s'en trouve de plus en plus d'élus d'extreme gauche, pour avoir la même vision superficielle que cette dame et réclamer d'avantage d'effectifs de police pour leurs quartiers ...
Wabon ? Des "élus d'extreme gauche", hein ? Ben des noms, alors. Et attention, hein, pas de socialistes, ça compte pas.
Ce genre de campagne a surtout pour but de persuader la population que le pouvoir la protège au moment où cette population est en train de comprendre que le pouvoir est en train de la massacrer.
C'est pour provoquer un syndrome de Stockholm dans la population, ce qui est la seule chance du nain pour être réélu.
C'est vrai qu'en parlant d'orange mecanique dès le début, c'est assez HQ.
Anonyme 30 mai 2010 12:57
fait référence a MGB j'imagine, qui effectivement n'hésite pas avec ca.
Mais pour l'extrême gauche, on repassera…
Tiens un vieux truc en passant sur le sentiment d'insécurité toussa
http://www.collectifpanic.org/
Et fiou, quand on voit grisnoir, ouai, la propagande ca marche a mort.
c'est quoi que tu fais à Grisnoir, là 16 h 21
c'est du chantage ?
et toi, CSP ?
tu fais la météo maintenant ?
tu te sens aussi dans une forteresse assiégée ?
Le fait que la demoiselle ait commencé à écrire dans les colonnes de Charlie Hebdo au début du règne de Val ajoute du piment à la chose...
La crise touchant de plein fouet surtout les pauvres, il faut s'attendre, "logiquement", à ce qu'une fraction de ceux-ci ne basculent dans la criminalité
=> Faux. La pauvreté n'entraine pas la violence. Depuis la crise, le crime a chuté aux Etats-Unis.
@20:58
Je ne connais aucun sociologue un peu sérieux, qui oserait nier que la pauvreté n'est pas UN DES principal facteur agravant de la criminalité. Pas un seul ...
Et je voudrais surtout bien voir un libéral prétendre le contraire, jusqu'à contredire les supposées vertues de sa propre doctrine !
à nuancer sur la pauvreté qui entrainerait la violence..
ce n' est pas l' unique cause.
à ce que je sache, ce genre de petits cons ne crevent pas la dalle.
et ce sont pourtant les plus violents.
"Rhétorique qui a fait et continue de faire les beaux jours de l'extrêmedroitisme, on prend les résultats des politiques de paupérisation et surtout rien que les résultats en omettant toujours d'en expliciter les causes "
ok, ok.on cherche le pourquoi du comment bla bla bla.
mais en attendant ?
juste une tape sur les mains en leur faisant réciter 2 pater et 3 avé, accompagné d' un petit sermon matiné de social humm ?
quand ton chien a la rage, le fait de savoir comment il l' a attrapé n' est pas vraiment ta préoccupation 1ère...
"Chaque fait divers, le plus violent possible, est monté en épingle et complaisamment détaillé médiatiquement."
au contraire ils sont de plus en plus tus. ceux qui font la une ne sont que la partie visible de l' iceberg
"Il ne lui reste qu'une seule carte à jouer : l'insécurité. Qu'il joue de plus en plus parce qu'il ne lui reste plus que ça."
pas tout à fait. ils en jouent mais n' ont pas interêt à brosser le tableau trop en noir : ce serait reconnaitre leur échec en ce domaine.
"Poussons le cran un peu plus loin : ce qu'il y'aurait de mieux pour Sarkozy en ce moment, ce sont de bonnes grosses émeutes de banlieue, bien lourdes et bien violentes, pour qu'il puisse apparaître en chef de guerre déterminé à écraser la sédition "
non c' est sa hantise : s' il fait cela, il apparaitra alors vraiment comme un baltringue aux yeux de ceux qui le voyaient encore comme le monsieur sécurité. faudra qu' il eplique pourquoi il a échoué sur ça
s' il y a des émeutes, c' est la Marine qui raflera la mise...
( y' a du progrès : t' écris "émeutes" et non "révoltes"..)
T'as raison, l'anonyme du dessus, le chaos règne dans le 16eme... Et quand t'as pas de sous, t'es pas du tout du tout poussé aux combines à la con ou au vol... C'est pas comme si la corrélation "quartiers pauvres / quartiers tendus" était verifiable depuis des siècles...
Y en a ils sont mignons quand même...
Propagande ? je parle de faits arrivés à ma famille et à moi-même (oui, je suis bègue depuis la 6eme suite a des agressions au collège, et par des français bien de chez nous, pas des immigrés...). Sortez la tête de votre écran et promenez-vous dans la cité.
" le chaos règne dans le 16eme... Et quand t'as pas de sous, t'es pas du tout du tout poussé aux combines à la con ou au vol... "
m' étonnerait quand même que dans le 16ème, ils ne fassent pas de petites combines..
mais là il ne s' agit plus de combines, de vol tout simple, et de petits larcins mais de violences gratuites, de sauvagerie quasi animale.
ce ne sont plus les "opprimés réduits à l' illégalité pour survivre" mais bel et bien de barbares.
et ça sorry, c' est pas QUE la pauvreté. une des causes principales est le cynisme érigé en valeur suprême par la société marchande.
Enregistrer un commentaire