lundi 17 mai 2010

Art de vivre...

Ou comment décrire une situation générationnelle épouvantable en la montrant sous un jour ultrakewl : un article d'une infinie crétinerie dans Slate sous la plume irresponsable d'une certaine Monique Dagnaud montre que décidément et comme disait l'autre, quand on est con, on est con, et qu'on a beau être directrice de recherche au CNRS, ça n'empêche nullement d'écrire de consternantes âneries sans une seule once de recul critique par rapport à ce qu'on prétend analyser.

"Les jeunes n'ont cure du chaos de la planète. Ils font la fête et rappellent au adultes leur existence"

D'emblée, le chapeau fait froncer le nez : la démagogie jeuniste festivo-branchée/délire/kiffante/pas prise de tête tu'ois opposée au monde des adultes chiants/ responsables/pas cool tu 'ois, c'est la tarte à la crème tournée qu'on nous sort depuis des années dans le cadre systématique d'une opposition binaire caricaturale et romantisée qui déguise un désarroi devant le présent et une angoisse quant à l'avenir avec le nez rouge de la festivité obligatoire. Le d'jeunz est kewl, la preuve : il ne pense qu'à faire la teuf. Et pas un seul moment notre Monique - qui est pourtant à l'évidence fort bien pourvue en gros diplômes compliqués - ne fait même semblant de faire l'effort de comprendre pourquoi. Pourquoi ces beuveries de masse ? Pourquoi cette mode du binge ? Au delà du caractère "festif", quel sens ça a, tout ça ? Mais poser des questions et tenter d'y trouver des réponses, ça fait bobo à la tête et ressert moi un demi steplé.

"Les méga apéros ont fleuri dans les villes françaises après un hiver maussade traversé par une actualité à l'unisson. Les soubresauts de la crise financière? Le financement des retraites? L'activisme gesticulatoire de l'Europe? Le naufrage de la Grèce? Les jeunes n'ont cure de ces chaos de la planète. Face à tant d'impuissance, beaucoup d'entre eux se sont mis en roue libre. Ils n'attendent rien de l'agitation des politiques, rejettent le climat de morosité et fuient ailleurs: ils font la fête jusqu'à plus soif"

Le désespoir et le sentiment d'impuissance quant à sa vie : c'est cool.
Fuir : c'est cool.
Ne plus rien attendre de rien : c'est cool...

"La gamme des boissons aussi, sous les auspices des alcooliers qui ont adapté leurs prix, imaginé une myriade de mélanges inédits (les mix et les cocktails), et sponsorisent parfois ces événements. Surtout, alors que dans les boums post 68 la drogue était expérimentée seulement par un petit noyau de jeunes, son accès est devenu facile (45 % des jeunes de 17-18 ans disent pouvoir en trouver à la sortie de l'école- étude ESPAD 2009) et sa consommation s'est banalisée"

Se déchirer la gueule jusqu'au coma éthylique : c'est cool.
Fumer des oinj, c'est cool mais sniffer de la coke coupée à 90 % avec des merdes dont on ne voudrait même pas pour récurer son évier : c'est méga-cool.

"Ces virées nocturnes sont centrées sur la liesse partagée entre copains et les sensations démesurées qui l'accompagnent: ivresse, délires, allure folle sur les routes"

Les 18-25 ans sont la tranche d'âge qui a le plus d'accidents de la route.
Ce qui est le plus abject dans cette phrase, c'est la façon dont les choses sont présentées : des conduites à risques, potentiellement mortelles, sont retournées pour apparaître comme des pratiques pas bien méchantes de jeunes un peu foufous dans cet élan dionysiaque censément propre à cette tranche d'âge : "allure folle", ça vous a un air de légèreté délicieusement ludique et d'insouciance juvénile et fraîche...
Vous avez déjà poussé le fauteuil roulant d'un gosse de 22 ans tétraplégique à la suite d'une virée alcoolisée - dans une "allure folle"...- qui s'est terminée contre un platane ?
Moi oui.
Et encore, on pouvait considérer qu'il avait de la "chance" : les trois autres sont morts. Dont une dans l'ambulance. Sa copine. 19 ans.

Excusez-moi mais je me pose une question : on donne donc des diplômes à des gens comme Monique Dagnaud ?

Qui continue dans son apologie décervelée et oui, vous allez tout lire jusqu'à la lie histoire de bien comprendre à quel stade d'irresponsabilité on peut tomber quand on pas envie de voir les choses de manière même un peu réaliste :

"Être seuls et fusionnels avec ses semblables le temps d'une soirée. La musique offre un continuum assourdissant et l'on danse solitairement, autiste, le corps transcendé par une énergie inextinguible, à côté des autres. Les émois de l'émancipation amoureuse ou sexuelle des sixties ont été remplacés par l'exacerbation des sens. Aux délices du flirt se sont substitués les sortilèges de la défonce"

L'autisme de gens incapables de communiquer : c'est cool.
Et "l'exacerbation des sens", ça finit aussi par baiser en oubliant de mettre une capote.
Au fait : non, le Sida ne se guérit toujours pas.

"Ces rassemblements, qui prennent de court les politiques locaux et les forces de l'ordre, s'apparentent à une affirmation collective de la jeunesse. Alors que les parents, il y a trente ou quarante ans, s'emparaient de la rue en vue de changer le monde, les adolescents et post-adolescents se contentent de rappeler, par une effervescence ludique, leur existence au monde adulte"

Démissionner : c'est cool.
Être rejeté par un monde qui vous fait comprendre que vous n'êtes qu'une variable d'ajustement, un salarié jetable, et que votre bulletin de vote n'a aucune importance : c'est cool.
Se soumettre d'avance avant même d'avoir essayé de se battre : c'est cool.

"D'une génération à l'autre, le rapport au temps s'est transformé: les parents se projetaient vers l'avenir, radieux bien entendu, alors que les jeunes d'aujourd'hui, face à un horizon incertain, font une apothéose au présent"

No future, mais alors : no future at all : c'est überkewl...

"Curieusement, via Facebook, les jeunes ont imaginé une façon pour se rendre visibles, pour provoquer du bruit médiatique, en usant du registre le plus innocent: un art de vivre bien de chez nous"

Arrivé au bout de l'article, une mesure d'urgence me semblait s'imposer : obliger Monique Dagnaud à faire un séjour de trois mois pleins en centre de rééducation motrice, histoire de lui faire un peu toucher du doigt certaines des conséquences concrètes de cet "art de vivre".

Je n'ai pas d'avis sur les "apéros-Facebook". Je n'ai pas de leçons à donner à des jeunes gens qui ne trouvent d'exutoire collectif que dans un festivisme qui pue le désespoir. Je n'ai pas de solution toutes prêtes clés en main pour réenchanter un monde qui va mal.

En revanche, j'ai désormais une opinion très arrêtée sur les universitaires irresponsables qui utilisent leur position d'influence pour faire l'apologie niaiseuse et au final dangereuse du renoncement social et de son corolaire de déprime de masse sous un jour coloré en rose bonbon.


19 commentaires:

birahima2 a dit…

si tu suis ses conseils, ça donne ce genre de scénario familial :

- Maman

- oui, ma chérie

- t'as vu comment je ressemble à une pute russe

- c'est bien, mon amour.

- Maman

- oui, mon coeur

- non, rien.

Attila a dit…

Je ne suis pas de ton avis.

Un jeune d'aujourd'hui a été élevé dans une société ou la mort est un sujet tabou.
D'une certaine manière on ne sais pas ce que c'est. Les vieux et les handicapés son cachés, de même que les fous, les malades, les pauvres, les SDF, etc.
Si on écoute TF1, la drogue c'est mal, les dealers sont des criminels. Encore une fois la réalité est un peu plus compliquée que ça.

Le gros problème des apéros géant ce n'est pas que des jeunes soient soul ou drogués, c'est les comportement dangereux qu'ils peuvent avoir, pour eux ou pour les autres.
Mais comme la société crée par la génération d'avant criminalise ou cache les comportements déviants, ils ne savent pas boire, ni se droguer, tout simplement parce qu'ils ne l'ont pas appris.
Lorsque l'on a 16 ans on sait tout juste que boire rend soul, se droguer rend SDF ou fou et que conduire bourré rend mort.
Alors qu'on devrais savoir que boire entraine des conduites a risque et qu'il faut savoir les gérer (pour soi et pour ses camarades) que se droguer c'est pareil a ceci près que les produits sont artisanaux et que leur qualité et leur mode de consomation demande une certaine maitrise.

Finalement un apéro géant sans danger c'est juste un évènement culturel et social qui réunit des jeunes dans le dos de la société. Ce qui manque c'est l'éducation a laquelle on a pas eu droit et que certains apprennent sur le tard à leur risques et périls.

Mais c'est dans les us de la classe dirigeante de gommer les différences, de cacher ce qui pourais apporter un plus a la société (les étrangers et leur culture,...) et de cloisoner les calsses sociales (les pauvres dans les bidonvilles de béton, les middle class a la fac puis sur le marché du travail, les riches dans le buisness et les vieux a la poubelle)
Faire un apéro géant c'est aussi leur rappeler qu'on est là, qu'on est en vie et qu'on les emmerde.

(PS: j'ai 24 ans, je ne bois pas mais quand je décide de me la coller, je me loupe rarement)

ramiro a dit…

Qui donne les diplômes à des gens comme cette Monique Dagnaud ?
Il suffit de regarder son CV et d'avoir l'oeil un peu exercé:
*

Bac maths élem. (1965)
*

H.E.C (1966-1969)
*

IEP de Paris (1969-1971)
*

Doctorat de sociologie, École des Hautes Études en Sciences Sociales (1976) sous la direction d'Alain Touraine.

http://lodel.ehess.fr/cems/document.php?id=1757

HEC et l'IEP de Paris (Science Po) ça se passe de commentaires...des boites à bourges où effectivement l'entre soi et l'autisme social sont de rigueur.
Une thèse avec Alain Touraine, dans les années 1970 qu'est-ce que ça donne ? Sociologue "Jaune" des mouvements sociaux il est des artisans de l'imposition du termes "nouveaux mouvements sociaux". Nouveau, comme les nouveau philosophes, c'est à dire débarrassés des oripeaux embarrassants de l'histoire ouvrière...nouveau comme anti-totalitaire, post-moderne et dépolitisé...
En 1995 il est des sociologues qui soutiennent les contres-réformes et enfoncent le clou contre le mouvement social volontiers qualifié d'ancien ou d'archaïque.
A lire a ce sujet cet excellent article publié sur le site d'ACRIMED
http://www.acrimed.org/article804.html

ElectricEye a dit…

J'ai beau lire et relire l'article en question je ne vois nulle éloge du comportement.

Anonyme a dit…

Salut,

Pour une fois je ne suis pas d'accord avec ton analyse. D'après les morceaux de texte que tu cites, je ne lis pas une quelconque apologie ni même un regard "bienveillant" de la part de l'auteur. Le fond de l'analyse et les présupposés qui la sous-tendent sont critiquables, néanmoins c'est un procès d'intention de dire qu'elle approuverait les comportements qu'elle décrit. Il faudrait faire une analyse de texte en détail, parce que ce n'est pas évident qu'elle a un regard "kewl" sur ces phénomènes. C'est toi qui conclut en lui faisant dire "c'est cool", mais elle ne le dit pas elle-même, et je n'ai pas non plus l'impression que ce soit sous-entendu...

Kaos a dit…

J'ai pas très bien compris où tu voyais que Monique Dagnaud disait que quoi que ce soit était cool.
Elle en fait que décrire un état de fait : la jeunesse française n'a aucun espoir, spécialement en politique, et en est réduite à exister collectivement sur le mode festif/auto-destructeur (la frontière étant évidemment floue).
Ouais, c'est No Future. Ouais, ça fait des morts au coins du bois, des sidaïques, et des paraplégiques. Ouais, ils en ont rien à branler du "chaos du monde". Parce qu'il n'ont ni prise, ni voix dans ce monde qui leur chie dessus d'une hauteur considérable sur le crâne.
Et à aucun moment Mme Dagnaud ne dit que c'est formidable.
Tout ce que t'as à lui reprocher, c'est qu'elle n'emploie pas un vocabulaire sécuritaire-responsabilisant type sécurité routière + prévention SIDA, agrémenté d'un appel à s'investir dans les fières colonnes d'un parti politique.
Mais fuck quoi.

Et de ressortir tes anecdotes d'handicapés, qui sont certes tragiques, mais qui ne disent rien parce que c'est ça : des faits divers. 1 sur 5000 personne un fois sur dix. Voilà où on en est. et deux douzaines à l'hosto. Sur 5000 putain.

Il n'y a aucune apologie, nulle part, tu l'as inventée de toute pièce pour mieux la démonter.

comité-de-salut-public a dit…

Dagnaud ne fait en effet pas une apologie au sens strict du terme, youpi, c'est trop la teuf - encore que. Mais le ton qu'elle emploie pour décrire ces évènement rappelle tout de suite, me rappelle à moi en tout cas, les articles débilissimes de Tecnhikart : tout est foutu, la vieille politique c'est has-been, les syndicats c'est ringard, la vraie subversion c'est prendre du Special-K, etc. Un discours parfaitement réactionnaire sous des dehors chatoyants de citoyens festifs. Il me semble d'ailleurs qu'on peut parler ici de "maffesolisme" du nom de ce sociologue spécialiste des "tribus" qui employait exactement le même ton pour parler de ce néo-dionysisme décérébré et irresponsable.

Et oui, à un moment, il faut parler de responsabilité morale, bouh le vilain curé : l'auteur ne parle pas seulement des apéro-Facebook, elle englobe tout un phénomène social d'une jeunesse qui se défonce pour oublier l'époque, et elle trouve ça sympa...

Vince a dit…

Tiens, ma prof de psycho sociale, qui est également directrice de recherche au CNRS, ne pense pas (mais alors pas du tout) la même chose...
En gros ce serait plutôt : la société ostracise et individualise au lieu d'individuer, résultat les jeunes perdent le "lien" social, plus possible de faire des rencontres au hasard et de lier amitié en disant "bonjour comment va ?" dans la rue.
Du coup, comme pour les flirts, comme pour la consommation en général même, hop, on passe par internet.
Et qui on trouve comme number one des réseaux dits "sociaux" ?
CQFD

Ces jeunes dont je fais partie ne cherchent pas qu'à se défoncer. C'est un mantra de vieux con. Ni plus, ni moins. De vieux con qui tourne tellement dans ses propres cercles de pensées qu'il ne s'ouvre plus aux autres.

En même temps, une sociologue qui fait HEC, l'IEP, qui a été dans le CSA... j'aurais plutôt tendance à dire qu'elle n'a jamais été sur le terrain, et qu'elle n'a jamais (j'attends qu'elle me prouve le contraire, surtout si elle sort les mêmes poncifs idiots qu'elle a mâchés et remâchés en IEP) passé plus d'une semaine avec des groupements de jeunes, normaux ou pathologiques.
Et j'attends une plainte de la personne parce que j'aurai employé "vieux con". Car en psychologie comme chez les enfants, "C'est celui qui dit qui est"...

Comprenne qui pourra.

comité-de-salut-public a dit…

"Ces jeunes dont je fais partie ne cherchent pas qu'à se défoncer. C'est un mantra de vieux con"

Tu parles de moi, jeune voyou ?

Et je ne dis pas que le djen'z en pense QUE à se mettre cartable : mais que les pratiques les plus self-destruct en cours sont inquiétantes et qu'il n'y a nul lieu de s'en réjouir.

ElectricEye a dit…

Ces jeunes qui se bourrent la gueule pour le plaisir de vomir ("ouaaais on s'est trop bourré la gueule mdr"), ils s'en fichent pas forcément de la politique. Ils sont peut-être chez les jeunes pop' ou syndiqués à l'UNI.

comité-de-salut-public a dit…

Mouais, c'est vrai que quand tu passes place St-Pierre le samedi à minuit, tu vois l'avenir de la France des valeurs, en effet...

ElectricEye a dit…

Mais non ça se peut pas ! Tu lis pas les journaux style La Dépêche ? Les rues de Toulouse sont désertes la nuit !!!! Tout ça à cause de ce gauchisss de Cohen ! Et que fait la gauche ??? Rrrrien !

comité-de-salut-public a dit…

Faux ! Elles sont remplies de jeune bronzés à casquettes qui terrorisent les vieilles dames, à cause du laxisme des socialo-communistes du Capitole !

Kaos a dit…

Mais comme si la jeunesse avait inventé la murge -_-. Mantra de vieux con effectivement. De préférence au comptoir avec quelques grammes dans le sang. Ca sera plus crédible.

Et je réitère : Dagnaud ne fait en aucun cas l'apologie d'un néo-dyonisisme, elle ne fait que décrire un état d'esprit assez partagé dans la jeunesse. Elle arrive quand même à parler d'autisme, ça me paraît assez fort de café de prétendre que c'est par sympathie pour la défonce. Je ne connais pas cette femme mais à en juger par ce seul texte, elle tente tout juste de comprendre un phénomène et ses causes.

Bref, tu veux t'attaqer à l'hédonisme de supermarché, très bien. Mais prends des hérauts plus crédibles que cette Sagnaud et évite de conclure sur les universitaires en général. T'auras effectivement moins l'air d'un vieux con. Déjà que les vieux stals ressortent l'artillerie de l'éducation démissionnaire, de la discipline du prolétariat et que de mon temps, on filait droit chez l'huma, c'est pas la peine d'en rajouter, si ?

Oui, l'hédonisme est directement une éloge de la consommation quand elle couplée au travail productif obligatoire. Mais tant que l'alternative sera l'éloge du travail productif couplée à la consommation responsable, faudra pas s'étonner que les gens préfèrent se péter le cerveau.

Mlle Alex a dit…

Oh, la petite perle bimensuelle de CSP. Je m'en vais sans tarder l'envoyer à un cher camarade.

galunto a dit…

"Je n'ai pas de solution toutes prêtes clés en main pour réenchanter un monde qui va mal."

Et bien deux suggestions :

MEDEF | Université d'été 2005 : Réenchanter le monde

ou bien

Réenchanter le monde : La valeur esprit contre le populisme industriel - Bernard Stiegler & Ars Industrialis

grisnoir a dit…

quelle découverte ! déjà dans l'antiquité les "sages" se plaignaient des jeunes "justes intéressés par les chevaux rapides".
il leur manque surement une initiation par des adultes comme dans les sociétés traditionnelles, avec cérémonie, drogues, épreuves, pédérastie...heu...

Agnès a dit…

C'est vrai que ce serait moins grave si ça ne faisait pas de victimes colatérales ces trucs-là mais voilà ça en fait et d'une certaine manière ça ressemble à un suicide collectif.
Je pense que la sociologue elle a bossé interrogé etc et au final elle fait un effet de style. Elle essaie de rendre le ton de ceux qu'elle a interrogé dans son texte. MAis là effectivement est-ce vraiment le moment de faire des effets de style. Cela dit les médias nationaux qui racontaient les choses aussi avant comme un phénomène quasi bon enfant ont aussi changé de ton.
Est-ce vraiment tout ce qu'on imagine autour de ça ?
Dégoût de la politique, no life, no future, no everything ?
Faut voir... Les villes sont de grandes cours de récréation où on peut s'amuser à loisir. Si on leur interdit je crois qu'ils chercheront un autre truc.
Sincèrement quand je vois ce qui se passe en ce moment (grosse fatigue) parfois (et bien que j'ai 46 ans) j'ai aussi envie d'aller me pinter la gueule sur une place...

Anonyme a dit…

On parle un peu dans le vide là, à force de généraliser. Quels jeunes ?

Mais je m'y reconnais sur certains points, et je vais tenter de me faire comprendre.

Pour ce qui est de drogue, conduites à risque : je ne m'y identifie pas.

Mais pour ce qui est de la réaction face à la façon dont fonctionne actuellement le monde : clairement.

On vit dans un monde de symboles, plongés dans des structures et hiérarchies si ridiculeusement complexes qu'elles perdent leur sens.

Les simples besoins humains passent au second plan.

Il suffit de regarder le massacre qu'est devenue la psychothérapie aujourd'hui, tout problème est réglé à coup de Prozac, au mieux de la thérapie behavioriste.

On se gave de pilules, on inhibe la douleur et on retourne faire tourner la roue dans un oubli total de ce qui est humain, subjugués par l'engrenage de la machine sociale.

Alors oui, on a envie de regarder cette machine infernale avec mépris, et lui tourner le dos. Partir voyager, relaxer avec des gens simples et réels, respirer de l'air pas trop pollué, loin des gens qui se prennent pour leur fonction sociale et on perdu toute leur humanité.