vendredi 9 avril 2010

Et ça s'appelle le libéralisme

Il y a des gens qui font des rêves et ces rêves sont nos cauchemars. Et ça s'appelle le libéralisme.

Et c'est quoi exactement, le libéralisme ?

C'est perdre tous ses droits en échange de l'illusion de liberté qui consiste à s'auto-exploiter à mort, en claironnant qu'on est "auto-entrepreneur".
C'est ne pas se contenter de posséder un téléphone dispendieux qui ne sert en définitive qu'à frimer, il faut aussi vouloir l'autre gros gadget à la mode encore plus dispendieux et encore plus inutile, parce que des gens payés excessivement chers ont convaincus des niais qu'il leur fallait cet objet absolument.
Les mêmes niais qui rouspéteront devant la baisse de leur pouvoir d'achat tout en insultants les cheminot qui les prennent en otage, naturellement.
C'est bosser sans être payé, ce rêve humide du MEDEF que la charogne au pouvoir encourage par l'intermédiaire des ses officines de gestion de la paupérisation.
C'est voir des gens se disant "de gauche" appeler à la fin des mouvement sociaux et exprimer qu'il faut allonger les durées de cotisations parce qu'ils n'ont même plus envie d'être vraiment de gauche si tant est qu'ils l'aient été un jour et parce que être de gauche, ça ne rapporte rien. Alors que suivre le sens de la pensée unique, ça rapporte et bonbon.
C'est achever les pays de l'Est qui après avoir connu les joies un peu rudes du stalinisme commencent à vraiment se rendre compte que finalement, l'économie dérégulée, c'est un peu atroce en fait.
C'est bouffer de la merde.
C'est ne plus pouvoir payer le dentiste.
C'est vivre dans le terrorisme de l'argent.
C'est voir la gueule de Jean-Pierrre Pernaut.
C'est voir la xénophobie suinter du visage de caniches réactionnaires parce qu'il faut des boucs-émissaires dans les périodes où ça tangue et que jamais ledit caniche ne s'en prendra aux vrais coupables pour une bonne et simple raison : les coupables le paient. Et grassement.
C'est voir des gens riches, nés riches et qui vivront riches leur vie durant expliquer aux autres, les pas-riches, qu'il faut se serrer la ceinture parce que n'est-ce pas les caisses sont vides. Avant d'aller dans des restaurants dont un seul menu vaut plus qu'un SMIC.
C'est privilégier les filières "efficaces" au détriment des sciences humaines parce que celle-ci non seulement ont du mal à être rentables mais surtout, parce qu'elle risquent de faire poser des questions. Et il ne faut plus se poser de questions, il faut "travailler", puisque le seul projet humain des amoureux de la "liberté" c'est passer ses journées à travailler pour s'effondrer sur son canapé devant la télé. Et ne plus avoir le temps de rien d'autre. Et non, ce n'est même pas caricatural, c'est vraiment le genre de modèle de société défendu par les gourous du Joli Marché et les cohortes de zombies qui répètent leurs paroles.
C'est être un porc et exiger que les tous les autres deviennent des porcs.
C'est être de droite. Et donc être un porc.
C'est "libéral de gauche". Et donc être un porc.
C'est aimer être un porc.

C'est un système économique privilégiant la dérégulation en posant que celle-ci sera plus efficace que l'interventionnisme et en accordant une place privilégiée à l'individu vu comme étant rationnel et responsable dans ses choix de vie.

C'est le mensonge par excellence.
Et ça s'appelle le libéralisme.


7 commentaires:

Anonyme a dit…

Monsieur Hum Hum s'interroge :

La vrai question est de savoir si l'on remplace "la pensée unique de droite" par une pensée unique "de gauche" , si l'on remplace les porcs de droite par ??? (des moutons?) de gauche , les matins vont ils etre plus beaux (je n'ose dire roses)pour tous ces "niais" ?

Rodimtsev a dit…

Et ça s'appelle le Capitalisme. Il faut nommer les fléaux par leur vrai nom ;-)

Constantin a dit…

Tiens ça chie bien ce soir. On a lu Gilles Châtelet ?

les2terres a dit…

CSP : poser les bonnes questions et en obtenir des mauvaises réponses est-il fondamentalement dramatique, terriblement dramatique, suicidairement dramatique, ou absolument logique dans ce monde efficace ? Tes articles sont édifiants, parfois désopilants (j'aime bien rire quand je sais que je devrais me suicider), et tes analyses toujours très fines. Que l'on partage tes opinions ou pas, d'ailleurs, ce que je tends à faire parce que je tends à ne me mélanger qu'avec les gens qui pensent comme moi, ce qui m'évite beaucoup de contradictions potentielles, et me permet de fayoter un peu au passage, fayotage dont l'aveu me remplit par ailleurs de noblesse parce que c'est bien connu, faute avouée est totalement pardonnée par soi-même et donne l'auto-satisfaction de ne pas se voir ridicule. Pfiou... En fait c'est les commentaires qui sont les plus révélateurs, ici... Et boudu, qu'est-ce qu'ils sont révélateurs...

Bref, à la lecture du présent article, il m'a semblé très publicitairement que cet article-ci, intitulé "La France n'est pas une dictature, qu'on vous dit...", composé par mes soins, pouvait venir compléter tes analyses. En plus, je me suis engagé à boire une menthe à l'eau (de taille normale) si ce billet dépassait les 100 visites. J'ai très soif, il commence à faire chaud, j'avoue (encore un aveu ? Décidément...)

Xavier Bignet, commentaires révélateurs bienvenus, mais si possible pas trop révélateurs quand même...

Anonyme a dit…

Boujou CSP,

t'as oublié un truc dans ta liste :
"C'est privilégier l'interventionnisme pour sauver les miches de ton écureuil qu'à fait qu'aller aux putes et c'est fait piquer toutes ses noisettes pendant qu'il fouraillait. Quand tout va mal, faut bien un cochon de contribuable pour rattraper les errements des porcs !"

TYGER

Gwendal a dit…

Clap-clap-clap-clap !!!!

Anonyme a dit…

CSP, si tu veux convaincre les gens de voter pour ton micro-parti, faut arrêter de prendre les gens pour des cons et attribuer tous les problèmes de la terre au libéralisme, comme tu le fais dans ton gloubi-boulga.

T'as le droit de critiquer le libéralisme, mais faut éviter de tout lui mettre sur le dos (surtout en France, qui n'est pas franchement un pays libéral).