François est de droite, et il milite au NPA. Cela peut paraître surprenant de prime abord, mais comme il l'explique lui-même :
"Il y a bien un sans-papier encarté à l'UMP, je ne vois pas en quoi c'est si contradictoire, finalement. Et puis on est en démocratie".
À l'instar de son homologue schizoïde lyonnais, François peut se targuer d'un parcours atypique. Étudiant en école de commerce, il commence un travail de commercial spécialisé dans les tréteaux en pin massif où il réussit, à force d'acharnement au travail - "une valeur fondamentale à réhabiliter dans ce pays de feignasses", explique t-il - à monter très vite dans la hiérarchie interne de son entreprise, jusqu'à assumer les responsabilités de cadre supérieur. S'ensuit naturellement une vie de membre de la classe moyenne, avec trois crédits sur le dos, une maison en banlieue résidentielle - "c'était surtout pour que les enfants aient de la place" -, et un chantier pour la piscine, forcément.
"J'étais l'homme le plus heureux du monde. J'adorais mon métier, je m'épanouissais complètement dans mon entreprise même si j'y travaillais 80 heures par semaine, j'avais une femme que j'aimais et deux superbes enfants, et de temps en temps la stagiaire me faisait une pipe dans mon bureau pour soulager la terrible tension due aux responsabilités. Le soir, on regardait D&co avec Caroline sur notre canapé Roche Bobois : si c'est pas la définition du bonheur, ça, hein ?".
Las. La crise arrive, et François voit avec une inquiétude grandissante se profiler de sombres horizons.
"Quand il a fallu licencier les deux-tiers des employés, j'ai évidemment voté pour le plan social, c'était mon rôle de cadre. Mais je sentais bien que le tréteau en pin massif était sur une pente descendante. On a beau se dire qu'en tant que cadre supérieur on va échapper à la hache, l'angoisse reste là...".
Quand l'entreprise dépose le bilan, François ne perd pas seulement son travail ; c'est toute sa vie qui part en sucette. Son épouse le quitte pour une autre femme, rencontrée sur le forum de discussion "Jaiépouséunconnard.com", ses enfants ne lui adressent plus la parole vu qu'il est devenu pauvre - "Au moins, ils ont gardé les valeurs que je leur ait transmis", soupire François -, et tout son entourage se détourne de lui. C'est dans ce moment où François vacille qu'il rencontre des militants du NPA sur un marché. Et c'est le déclic.
"Dans ma vie d'avant, jamais je n'aurais même envisagé d'adresser la parole à ces anarchistes staliniens. Et puis la situation aidant, la vie et toutes ces sortes de choses, j'ai demandé à prendre ma carte. Mais je reste de droite, hein. Ensuite, ils sont quand même hyper-sympas avec ça et ils me disent qu'il faudra qu'on en discute avec les camarades".
François-Xavier, porte-parole local du NPA et professeur en lycée pro, explique :
"C'est vrai que le cas de François est atypique, en effet. On en a discuté en AG, puisqu'il fallait faire un débat démocratique, mais devant la sincérité de notre nouveau camarade, ça n'a pris que 5 heures pour nous décider à l'accepter, c'est dire si ça a été vite expédié".
"François est un travailleur dépossédé de son emploi, et à ce titre il a toute sa place parmi nous", renchérit Mélanie, porte-parole et professeur d'histoire en collège. "Alors bon, il est de droite, ok, personne n'est parfait non plus, hein. Mais on met bien des filles voilées sur nos listes électorales, alors merde à la fin, quoi, zut, je veux dire !".
Et qu'en pensent les autres militants ?
"Au début, les discours de François sur l'assistanat, ça faisait un peu hausser le sourcil", se marre Élodie, étudiante en IUFM. "Mais c'est un garçon vraiment attachant, militant dévoué qui est de toutes les diffs, alors bon, quand il se pointe en comité avec le Figaro, ça nous fait sourire, maintenant".
"Le camarade François porte sur ses épaules toute la souffrance du prolétariat", se raidit Jacques, vacataire de l'Éducation nationale et ex-Lutte Ouvrière. "C'est notre devoir de marxistes révolutionnaires - enfin, si ça veut encore dire quelque chose dans ce parti de petits bourgeois qu'on a été trop bons de choisir quand on s'est fait lourdés de LO moi et mes 12 potes - de soutenir François dans sa lutte légitime contre l'exploitation capitaliste".
François sait qu'être de droite dans un parti plutôt vraiment à gauche n'est pas un choix de vie de tout repos. Mais sa bonne nature reprend vite le dessus : "J'ai retrouvé un équilibre, et ça, c'est vraiment important. En plus, militer avec les camarades a été une remise en question salutaire, et j'ai même choisi de me réorienter professionnellement : je prépare un concours dans l'enseignement. Et j'ai rencontré ma nouvelle compagne, qui elle aussi fait partie des nouveaux adhérents et qui elle aussi est complètement atypique, puisque pas prof. Elle est infirmière dans un lycée".
Souhaitons bon courage à François dans une nouvelle vie pleine de rebondissements.
"Il y a bien un sans-papier encarté à l'UMP, je ne vois pas en quoi c'est si contradictoire, finalement. Et puis on est en démocratie".
À l'instar de son homologue schizoïde lyonnais, François peut se targuer d'un parcours atypique. Étudiant en école de commerce, il commence un travail de commercial spécialisé dans les tréteaux en pin massif où il réussit, à force d'acharnement au travail - "une valeur fondamentale à réhabiliter dans ce pays de feignasses", explique t-il - à monter très vite dans la hiérarchie interne de son entreprise, jusqu'à assumer les responsabilités de cadre supérieur. S'ensuit naturellement une vie de membre de la classe moyenne, avec trois crédits sur le dos, une maison en banlieue résidentielle - "c'était surtout pour que les enfants aient de la place" -, et un chantier pour la piscine, forcément.
"J'étais l'homme le plus heureux du monde. J'adorais mon métier, je m'épanouissais complètement dans mon entreprise même si j'y travaillais 80 heures par semaine, j'avais une femme que j'aimais et deux superbes enfants, et de temps en temps la stagiaire me faisait une pipe dans mon bureau pour soulager la terrible tension due aux responsabilités. Le soir, on regardait D&co avec Caroline sur notre canapé Roche Bobois : si c'est pas la définition du bonheur, ça, hein ?".
Las. La crise arrive, et François voit avec une inquiétude grandissante se profiler de sombres horizons.
"Quand il a fallu licencier les deux-tiers des employés, j'ai évidemment voté pour le plan social, c'était mon rôle de cadre. Mais je sentais bien que le tréteau en pin massif était sur une pente descendante. On a beau se dire qu'en tant que cadre supérieur on va échapper à la hache, l'angoisse reste là...".
Quand l'entreprise dépose le bilan, François ne perd pas seulement son travail ; c'est toute sa vie qui part en sucette. Son épouse le quitte pour une autre femme, rencontrée sur le forum de discussion "Jaiépouséunconnard.com", ses enfants ne lui adressent plus la parole vu qu'il est devenu pauvre - "Au moins, ils ont gardé les valeurs que je leur ait transmis", soupire François -, et tout son entourage se détourne de lui. C'est dans ce moment où François vacille qu'il rencontre des militants du NPA sur un marché. Et c'est le déclic.
"Dans ma vie d'avant, jamais je n'aurais même envisagé d'adresser la parole à ces anarchistes staliniens. Et puis la situation aidant, la vie et toutes ces sortes de choses, j'ai demandé à prendre ma carte. Mais je reste de droite, hein. Ensuite, ils sont quand même hyper-sympas avec ça et ils me disent qu'il faudra qu'on en discute avec les camarades".
François-Xavier, porte-parole local du NPA et professeur en lycée pro, explique :
"C'est vrai que le cas de François est atypique, en effet. On en a discuté en AG, puisqu'il fallait faire un débat démocratique, mais devant la sincérité de notre nouveau camarade, ça n'a pris que 5 heures pour nous décider à l'accepter, c'est dire si ça a été vite expédié".
"François est un travailleur dépossédé de son emploi, et à ce titre il a toute sa place parmi nous", renchérit Mélanie, porte-parole et professeur d'histoire en collège. "Alors bon, il est de droite, ok, personne n'est parfait non plus, hein. Mais on met bien des filles voilées sur nos listes électorales, alors merde à la fin, quoi, zut, je veux dire !".
Et qu'en pensent les autres militants ?
"Au début, les discours de François sur l'assistanat, ça faisait un peu hausser le sourcil", se marre Élodie, étudiante en IUFM. "Mais c'est un garçon vraiment attachant, militant dévoué qui est de toutes les diffs, alors bon, quand il se pointe en comité avec le Figaro, ça nous fait sourire, maintenant".
"Le camarade François porte sur ses épaules toute la souffrance du prolétariat", se raidit Jacques, vacataire de l'Éducation nationale et ex-Lutte Ouvrière. "C'est notre devoir de marxistes révolutionnaires - enfin, si ça veut encore dire quelque chose dans ce parti de petits bourgeois qu'on a été trop bons de choisir quand on s'est fait lourdés de LO moi et mes 12 potes - de soutenir François dans sa lutte légitime contre l'exploitation capitaliste".
François sait qu'être de droite dans un parti plutôt vraiment à gauche n'est pas un choix de vie de tout repos. Mais sa bonne nature reprend vite le dessus : "J'ai retrouvé un équilibre, et ça, c'est vraiment important. En plus, militer avec les camarades a été une remise en question salutaire, et j'ai même choisi de me réorienter professionnellement : je prépare un concours dans l'enseignement. Et j'ai rencontré ma nouvelle compagne, qui elle aussi fait partie des nouveaux adhérents et qui elle aussi est complètement atypique, puisque pas prof. Elle est infirmière dans un lycée".
Souhaitons bon courage à François dans une nouvelle vie pleine de rebondissements.
19 commentaires:
Attention, ça va faire un "buzz"...
(il suffit d'en envoyer trois ou quatre morceaux, finement découpés au Figaro)
Je me rends compte en me relisant que ça pourrait presque être crédible.
Bon.
Presque, hein.
A lire en en écoutant une musique triste et en imitant la voix de Fédéric Mitterrand.
Moi je connais un vrai marxiste qui milite au FN, c'est pas la SF...y a plein d'ouvriers au FN, ca fait chier hein?
Ton bonhomme se raconte des histoires. Ou est égaré, aussi. Quand on est marxiste, on a rien à faire an FN. Ce point ne souffre aucune discussion.
dans le même style, y'a aussi les punks conservateurs
http://www.conservativepunk.com/
hu hu hu, ça m'a bien fait rire. Ceci dit cette histoire de sans pap militant UMP est énorme, même si je pense que ce doit être une tactique du bonhomme.
C'est un fantasme ce texte, celui du recruteur pout une secte de 5000 membres qui reve de relever le niveau ?
si un illuminé de droite entre au NPA :
alors c'est simple :
" tu n'as pas le droit d'offrir ton pardon au noir compagnon de la trahison"
John William.
@ VLG : ouais, ça en a l'air. Mais le type n'a pas l'air très pertinent dans son choix, là...
"relever le niveau"
C'est ce que je me dis à chaque fois que je lis les commentaires du Figaro, en effet.
tu sais qu'au venezuela j'ai pu trouver des marxistes lenenistes de droite, les anciens leader deu groupe guerillero bandera roja, qui se sont rangés (les ex-leaders) apres la montée en force de chavez.
marxiste leniniste de droite, j'aime
L'article, c'est un fake de celui sur le voile ? ou une reprise de "il y des ouvriers au NPA" de jean pirre martin ?
enfin comme toujours c'est tres bon. bravo.
Ben y a bien Michel Faure qui est de droite mais de gauche aussi...
il y'a bien un journal fonde par sartre et rachete par rotschild
comité-de-salut-public 3 mars 2010 10:10
Je me rends compte en me relisant que ça pourrait presque être crédible.
Bon.
Presque, hein.
Euh, bah comme tu nous le conte, ouai grave, quand tu réfléchis apres, bon là forcement tu rigole plutot.
J'ai bien aimer le:
"Alors bon, il est de droite, ok, personne n'est parfait non plus, hein. Mais on met bien des filles voilées sur nos listes électorales, alors merde à la fin, quoi, zut, je veux dire !".
Voila voila :)
Marrant, mais personne ne peut test le sans-papiers militant UMP actif. En plus d'être vrai c'est... comment dire... scientifiquement, l'existence de ce genre de paradoxes devraient en théorie détruire l'univers. A la limite, pour être à peu près à niveau, tu aurais dû faire un billet sur un patron américain qui se séquestre tout seul contre un plan de licenciement dont il est à l'initiative, porte un badge CGT sur son costard et se casse lui-même des œufs sur la tête. Et après plusieurs mois de lutte acharnées de plus en plus radicale où il refuse toujours de céder à ses propres revendications, poussé par le désespoir, il prendrait un fusil et viendrait se flinguer au bureau en hurlant "Salaaaaaud !". Là, on s'en serait UN PEU approché !
Très drôle, dommage que ce ne soit pas un canular!
"Quand on est marxiste, on a rien à faire an FN. Ce point ne souffre aucune discussion."
Disons qu'on a plus de chances d'obtenir le matin du grand soir en portant le FN au pouvoir qu'en attendant que le bon peuple vote NPA.
Quoi que, puisque Sarkozy est élu, ce ne sera peut être pas nécessaire, même s'il mettra bien un mandat de plus que le borgne à détruire le système sans même se rendre compte de ce qu'il fait.
J'y ai presque cru... La prose est en effet assez réaliste.
Dans un genre totalement différent (puisque je crois que c'est au premier degré cette fois, c'est-à-dire VRAI):
http://www.marianne2.fr/Estrosi-sur-IPhone-echec-sur-toute-la-ligne_a189633.html?com
Ce genre de truc devrait aussi être cause de destruction de l'Univers tellement c'est pitoyable!
(Perso je trouve ça tellement incroyable et absurde que je me demande s'il ne s'agit pas d'un fake ou d'un gag de chez Groland)
"Disons qu'on a plus de chances d'obtenir le matin du grand soir en portant le FN au pouvoir qu'en attendant que le bon peuple vote NPA."
c sur qu'avec le programme economique du FN calque sur l'UMP(en pire),les choses vont changer.
Enregistrer un commentaire