jeudi 31 décembre 2009

Que fleurissent mille CSP

C'est le moment des récompenses de fin d'année. Le maître de cérémonie ouvre enveloppe, lit le nom du gagnant, et fait un petit sourire complice.

"Le vainqueur des Blogs d'Or dans la catégorie Meilleur Blogueur De Gauche toutes catégories confondues est...CSP !".

Applaudissement nourris dans la salle, cris de joie, stand-up ovation et femmes qui jettent leurs culottes avant de s'évanouir, l'enthousiasme est à son comble. Le gagnant de l'année remonte l'allée centrale, la Camel vissée au coin des lèvres, dans un smoking un peu taché avec le noeud papillon défait et une trace de rouge à lèvre sur le col. Il monte sur scène pour rejoindre le pupitre et recevoir son prix, représentant une Doc Martens taille 44 qui écrase le visage d'Ivan Rioufol, acier brossé doré à l'or fin 24 carats et monté sur un socle en marbre de Sienne couleur ivoire traversé de délicates zébrures grenat. L'objet pèse tout de même 12 kilos, mais cela n'embarrasse évidemment nullement notre héros du jour qui le brandit victorieusement au dessus de sa tête d'une main en faisant un doigt d'honneur de l'autre. Il s'approche du micro pour son discours de remerciement.

(Rappelons que pour le grand vainqueur de la cérémonie, il est d'usage que son discours ne soit pas limité par le temps. On se souvient que déjà vainqueur en 2008, CSP avait ainsi projeté un discours d'Hugo Chavèz d'une durée de 3 heures, ce qui avait un peu déconcerté).

"Mes amis ! Mes potes ! Camarades, travailleurs travailleuses et délicieux lecteurs et trices ! Cette victoire, pour aussi évidente qu'il puisse paraître, c'est aussi la vôtre ! Toute cette année, nous avons affronté la bêtise et la crasse, nous avons inlassablement harcelé l'ennemi et lui avons porté de rudes et sévères coups, et nous nous sommes bien marrés aussi. Il est temps de faire un retour sur cette mirobolante année et de remercier du fond du coeur tout le monde, amis et adversaires, pour leur contribution à ce succès.

Je remercie Simon Aubert, tâche vivante et cas social libertarien, qui menace de mort planqué derrière son clavier et disparaît du Net corps et âmes après avoir été entendu par la police. Nul ne sait dans quels tréfonds il s'ébat désormais, mais qu'il y reste.

Je remercie les quatre couards du fake CSP, qui après avoir balancé mon adresse en ligne, n'ont même pas eu l'élémentaire politesse de donner la leur en retour. Puisque soyez assurés que je leur aurait rendu visite pour prendre le café, moi.

Je remercie les singes hurleurs à clavier moite de la "réacosphère", ramassis de couilles molles qui se fantasment en métaguerriers intrépides quand ce ne sont dans le monde réel que désopilantes larves ayant peur de leur ombre. Ces gens sont pathétiques, décidément, et très amusants aussi.

Je remercie l'alcoolique Jérôme Leroy, qui entre deux verres de whisky coupé au Léxomil, perd les pédales en traitant ses contradicteurs de "fasciste". Il ne perd rien pour attendre non plus.

Je remercie Ivan Rioufol, Eric Zemmour, et Elisabeth Lévy, Phares Lumineux de la Réaction hystérique et braillards islamophobes incapables d'écrire trois mots sans retomber dans leurs obsessions minables de petits blancs opprimés. Que 2010 leur soit funeste et tragique à tout trois.

Je remercie la totalité de la rédaction de Marianne, ce canard de merde écrit par des pingouins trisomiques, et encore, les vrais trisos sont plus sympathiques et dégourdis que les journaputes serviles et visqueux qui sévissent dans ce torchon faisant le jeu de l'extrême-droite. Qu'il leur arrive à eux aussi les plus noirs malheurs.

Je remercie Laurence Parisot et Serge Dassault, qui prouvent qu'on peut avoir son corps dans le 21 ème siècle en ayant sa tête dans le XIXème. Il doit bien rester quelques mines de sel où les envoyer afin qu'ils goûtent tout deux les charmes austères et rigoureux du labeur à l'ancienne qu'il appellent de leurs voeux.

Je remercie ce gouvernement de fumiers que nous subissons et qui donne quotidiennement d'inédites nouvelles définitions au mot "charognes". Que la légitime colère populaire les renvoie à leur seule et vraie place : les poubelles de l'Histoire.

Mais je ne veux pas finir l'année en parlant de ces nuisibles. À présent, je veux livrer à celles et ceux qui le méritent un message d'amour et de bienveillance.

Je remercie bien évidemment mes courageux lecteurs et trices, qui me font l'honneur et le plaisir de considérer ce que j'écris comme digne d'être lu. Milles mercis à vous toutes et tous, commentateurs zélés et anonymes discrets. Que 2010 vous soit doux et enragé à la fois.

Je remercie particulièrement Béné et Agnès pour leur soutien et conseils. Merci les filles. En plus, vous me fournissez la preuve que je peux fréquenter des nanas sans obligatoirement coucher avec, et me connaissant, ça n'a rien d'évident. Encore bravo.

Je remercie Hugo Chavèz, Evo Morales, Rafael Correa, et tout ceux qui les ont élu et les soutiennent. Sans vous, ça serait vraiment difficile de tenir, un million de gracias.

Je remercie la LCR d'avoir eu le courage de se saborder dans l'enthousiasme pour accoucher du NPA, qui commence d'en finir avec sa crise de croissance et semble désormais bien parti sur des rails solides. Et ça fait drôlement plaisir.

Je remercie mes poteaux et camarades du NPA, gens de bien et amis sincères, pour leur présence depuis maintenant tant d'années.

Je remercie mes collègues de boulot, eux aussi gens d'exquise compagnie avec qui j'ai eu du plaisir à bosser dans un métier décidément pas évident tous les jours.

Je remercie le site Adopteunmec.com pour des raisons que je ne puis exprimer ici en détails, mais on s'est compris, hein. Et en plus, on peut y même y rencontrer des personnes tout à fait charmantes et sympathiques lesquelles, qui sait ? deviendront peut-être des amies, avec le temps...

Je remercie Olivier Lafay, même si il me fait souffrir au quotidien. Mais je ne lui en veut pas, va. Au point que l'un de mes projets pour 2010 est de convertir massivement mon entourage à sa méthode pour vivre dans un monde de sueur, de larmes et de triceps saillants, et là les enfants : vous allez en chier. Mais c'est pour votre bien.

Je remercie la Médiathèque de Toulouse pour l'inépuisable source de découvertes et de plaisirs qu'elle offre, à 15 € l'année, c'est même plus donné, franchement.

Je remercie le bar Le Délicatessen, autre source de découvertes et plaisirs et rade de prédilection.

Je remercie toutes l'équipe de l'émission Pas plus haut que le bord, sur Radio Mon Païs 90.1 un mardi sur deux en direct du Petit London. On s'est bien marré cette année ? On se marrera plus encore en 2010, kids.

Je remercie Trent Reznor et Marilyn Manson.

Je remercie Al d'être toujours là quand il le faut.

Et je remercie K. pour...bon, on se voit tout à l'heure, de toute façon...

Mes amis, mes camarades, travailleurs travailleuses, vous avez aimé CSP en 2009 ? Vous n'aurez pas assez de larmes dans vos petits corps pour sangloter de bonheur en le lisant en 2010 ! De la tripe, du courage, de l'humour malade de la tête, de la conviction plombée, du ricanement et de l'amour, il y en a eu, il y en a, et il y en aura encore ! Contre la Réaction ! Contre la hyène néolibérale ! Pour le Socialisme du XXIème siècle ! Camarades ! Je vous aime !!!".

Hurlements dans la salle, début d'émeute, fauteuils qui volent, CSP fait un stage diving dans la foule qui le porte en triomphe. La nuit promet d'être longue...

mercredi 30 décembre 2009

Le temps des épiciers

Parmi les innombrables nuisances du néolibéralisme, l'une d'entre elle est bel et bien sa capacité à contaminer tout ce qu'il touche et y compris le langage courant. Exemple que tout un chacun connaît : la sur-utilisation désormais permanente du verbe "gérer". Tapez donc cet infinitif dans gougueule par curiosité, et c'est rien mois que 33 200 000 d'occurrences qui vous tombent sur la tronche. Tout est "géré", tout est "gérable" : l'immobilier, son épargne salariale, ses émotions, une PME, la planète, son budget, ses plans culs, une réservation TGV, sa carrière, son emploi du temps, le stress, les conflits, tout. Tout est "gérable", traduire : à même d'être administré avec efficacité dans une vue d'optimisation du potentiel de base. Et on comprend tout de suite mieux à quelle sournoiserie langagière on a affaire quand on pige que "gérer" se traduit en anglais par manage.

Rien n'est anodin dans le langage et on voit ici que l'exponentialisation de la "gestion" d'absolument tout participe bel et bien au projet libéral de crétinisation généralisée : il ne suffit pas seulement de fabriquer d'incultes veaux consuméristes, il faut encore structurer leur façon de penser et concevoir à coup de termes issus de cette nocive "culture d'entreprise" qu'on nous vend comme l'Alpha et l'Omega du devenir social : chacun devenant manager de sa vie entendue comme entreprise à part entière régie selon des rapports coûts/bénéfices/investissements/retours sur mise de départ/fructification des avoirs, et autres logiques de petit épicier reliftées et présentées comme pointe avancée de la modernité. Parce que dans la salade cuite qui sert de cerveau à l'âne bâté néolibéral aliéné jusqu'au trognon et fier de l'être, modernité = management. Oui, c'est aussi simple que ça, aussi con et basique et primaire et réducteur et témoignant de son désir acharné d'être une larve soumise qui aime ceux qui le soumettent, et ensuite mais quoi, quoi d'autre attendre d'un libéral ? Franchement ?

Le problème de notre auto-managé permanent et de sa grille de lecture du monde affligeante de pauvreté et de bassesse, c'est qu'en aucun cas il ne peut évidemment se contenter de rester dans son coin avec des perdants comme lui et de foutre une paix royale aux gens normaux : il veut, il souhaite, il exige que tout le monde lui ressemble et adopte sa mentalité de petit commerçant poujadiste : que tout un chacun devienne "gestionnaire" comptable et avisé de son existence en calculant sans arrêt par rapport à son Capital-vie, et devenant du coup agent actif de sa propre aliénation à la sous-pensée néolibérale en employant sans même en avoir conscience la vulgate de celle-ci pour se façonner un monde où il n'y a plus de contradictions insurmontables, non plus que de conflits avérés ne pouvant se résoudre que par des choix fermes, et évidemment encore moins de politique puisque celle-ci étant l'art et la manière de trancher entre différentes options, tant de franchise un peu brutale n'a aucune place dans cette "vision", si on ose dire.

Transformé ainsi en commerçant de lui-même, le pékin lambda résout sans le savoir la contradiction marxiste de la marchandise entendue comme extérieure à l'individu : il est lui-même devenu marchandise et accepte cet état de fait comme allant de soi, et ce d'autant plus facilement qu'on l'encourage sans cesse à le faire à longueur de propagande Medefo-médiatique : il ne choisit plus ni ne tranche rien, des fois qu'il faudrait faire des choix un peu engageants et du coup prendre position pour quoi que ce soit : il gère. Tout. Tout le temps. Il calcule, et quoi de plus normal dans une société où la chose chiffrée et partant calculable est devenu la seule référence viable ? Vivre dans un monde dominé par l'argent est une chose ; l'exploit du néolibéralisme aura été de transformer ceux qui y vivent en petits épiciers mesquins et aigris qui ont remplacé leur cerveau par une calculette et leurs existences par un grand fichier Excel à plusieurs entrées.

Cet "exploit" est lamentable ?
Le libéralisme est par essence foncièrement et incurablement un projet lamentable.

mardi 29 décembre 2009

Les bons conseils de tonton Alain

- Bonjour, Alain Minc.

- Bonjour, brave et bon journaliste prêt à être inondé de mon universelle sapience.

- Moui...bon, alors comme ça, vous avez daigné descendre de votre Olympe pour répandre votre savoir sur le bon peuple qui n'attendait que ça en donnant une interview au Parisien, et c'est drôlement gentil de votre part, allez.

- Certes, mon bon. Les grandes intelligences comme la mienne ne doivent pas négliger de temps à autres de se mêler à la plèbe, même si c'est par journal interposé. Il est important, pour ne pas dire crucial, que notre immense esprit aux ailes de géant tente d'expliquer nos pénétrantes visions aux inférieurs que vous êtes . On est trop bons, tiens.

- Tu m'étonnes, Elton. Et donc, vous ne craignez pas comme d'habitude de secouer les cocotiers encroutés du conformisme bien-pensant en disant tout le bien que vous pensez...de la CGT ! Voilà qui décoiffe fort singulièrement, n'est-il pas ?

- Ce retournement dialectique est la force de la pensée paradoxale qui irrigue chacun de mes synapses au quotidien. Je sais que vous avez du mal à comprendre ce genre de choses et je ne vous en tiens pas rigueur, mais au final c'est très simple. Quand je dis : "Je constate qu'au printemps, leur sens de l'intérêt général a été impressionnant pour canaliser le mécontentement. L'automne a été d'un calme absolu. Je dis chapeau bas aux syndicats!", c'est surtout à Bernard et à François que je m'adresse. Il y avait tout réuni pour que la situation s'envenime à souhait, et on aurait pu frôler encore cette gabegie archaïsante dont notre malheureux pays est coutumier, en retombant encore dans ce goût du spasme qui refuse la mondialisation qui fait des bisous. Fort heureusement, les directions syndicales ont bien fait leur travail en empêchant les fonctionnaires frileux et autres salariés privilégiés de foutre le bordel, et tout le monde est sagement rentré chez soi. Un satisfecit à tant de délicieuse docilité était bien la moindre des choses, voyons !

- C'est vrai que les bureaucraties syndicales sont d'une exemplaire modération qui confinerait presque à une servilité pure et simple, c'en est prodige. Heureusement que les trotskystes de SUD ne sont pas majoritaires, hein ?

- Arg, pas de ce nom honni ! Ces néo-bolchéviks sont des irresponsables dont je suis en plus à peu près certain qu'ils n'ont lu aucun de mes livres, c'est tout dire.

- Continuant donc de dire absolument tout ce qui vous passe par la tête dans n'importe quel ordre, vous réservez vos pique, nouveau et piquant paradoxe à...Laurence Parisot ! Nous pantelons devant tant de surprise éminemment surprenante.

- Voyez-vous, mon bon, en tant que tête chercheuse quasi-officielle d'une bourgeoisie qui se voudrait éclairée, je ne peux pas voir d'un bon oeil la psychorigidité de cette brave Laurence qui se croit revenue au temps des maîtres des Forges. Déjà, du temps d'Ernest-Antoine - qui est par ailleurs un garçon charmant, vraiment -, on pouvait être parfois un peu agacé de la rude franchise du MEDEF qui n'avait pas peur de dire tout haut ce qu'il aurait été plus diplomate de penser tout bas...cela n'a pas été sans quelques crispations, on s'en souvient, en encore EAS surjouait-il son rôle. Or, si on peut se permettre de jouer les libéraux de choc quand le système a l'air de tenir debout, une crise plus tard, la donne à singulièrement changé. De ce point de vue, cette brave Laurence et sa conviction profonde de vivre en Union Soviétique n'est plus en phase avec l'époque, et quand on voit Nicolas tenter de rétropédaler à toute blinde en voulant faire croire qu'on va revenir aux keynesianisme, un patronat aussi muré dans le déni devient un boulet...il est à craindre qu'il ne faille trouver un remplaçant plus souple lors des prochaines élections internes, n'est-ce pas.

- C'est lumineux. Mais en disant ça, on ne peux pas ne pas vous soupçonner d'avoir une idée derrière la tête...Vous soutenez quelqu'un en particulier, peut-être ?

- Rhoo, comme vous y allez...meuh non voyons, personne, pour qui me prenez-vous...

- Ah, tant mieux. Non parce que ne le prenez pas en mauvaise part, mais chaque fois que vous avez soutenu publiquement quelqu'un, ce dernier s'est ramassé dans des largeurs himalayesques. Ce qui ne vous a par ailleurs jamais empêché de retourner votre veste pour voler au secours du vainqueur, aussi.

- (pincé) : les esprits universels comme le mien ne se trompent jamais, sachez-le. Ils planifient les paradoxes et ont accès à des niveaux de réalité que les gens comme vous ne peuvent entendre. C'est d'ailleurs pour ça que fine mouche comme je suis, j'ai toujours été de toutes les coteries et de tous les pouvoirs quels qu'ils soient. Je vois au-delà des clivages partisans, moi, Môsieur.

- Mais il n'empêche, ô courtisan de choc, que vous vous plantez à peu près systématiquement dès que vous entreprenez quoi que ce soit, en laissant des ardoises terrifiantes partout où vous passez...vous qui sembler goûter le paradoxe, n'y a t-il pas là quelque chose d'un rien déconcertant ? Surtout de la part de quelqu'un qui ne se lasse pas de donner des leçons à la terre entière.

- Ben pourquoi tu crois que je ne fais plus que dans le coaching de luxe, ducon ? C'est quand même pas ma faute que quand j'ai de brillantes idées toutes jolies dans ma tête, ça se pète la gueule dès que je tente de les appliquer au monde réel, merde. Tiens, c'est comme le libéralisme, en fait. En théorie, ça marche. En pratique, c'est trop la merde. Alors bon, comme tout le monde s'est rendu compte qu'en vrai je suis infoutu de gérer une baraque à frites, je suis "consultant". On me paye, et très cher je te prie de croire, pour que je ponde des idées qui seront appliquées par d'autres. Je suis trop malin.

- Personne n'en doute. Au fond, être conscient de ses limites, n'est-ce pas la qualité de l'homme sage ?

- Il faut tout de même reconnaître que je possède des qualités hors du commun, en effet. C'est d'ailleurs pourquoi après tant de plantades, je n'ai jamais fait amende honorable ni reconnu la moindre erreur. Et je vous emmerde, aussi.

- Et bien merci Alain Minc pour cette mirobolante interview, on en reste pantois. Un voeu pour le nouvel an, peut-être ?

- Ben en fait, j'aimerais bien qu'en 2010, j'ai raison sur un truc au moins une fois. Genre, ça changerait, quoi.

- Au plaisir donc.

- Vous en êtes un autre.

vendredi 25 décembre 2009

Pendant les fêtes, la charogne continue

Tribune catégorie propagande de choc qui ne fait même plus ouvrir les yeux comme des soucoupes mais les énuclée proprement, et ceux-ci de tomber à la fin de l'article sur le clavier en roulant en tout sens , tant celui-ci laisse interdit et presque désemparé devant tant d'auto-satisfaction niaiseuse et de force de négation du réel à faire pleurer une convention Scientologue.
Laurent Wauquiez tente d'expliciter qu'en fait la poignée de charognards dont il est le docile valet se préoccupe de social et du bien-être de la classe moyenne, et on ne sait plus si on doit en rire convulsivement ou en pleurer des larmes de sang. Ces gens n'ont pas seulement aucune pudeur, ils sont désormais en roue libre dans leur propre réalité en reconstruction permanente, c'en est devenu fascinant.

"La politique sociale a longtemps été le talon d'Achille de la droite traditionnelle. Soit, pour s'acheter une bonne conscience, la droite menait une politique sociale calquée sur celle de la gauche et centrée sur les populations les plus en difficulté. Soit, tout bonnement, elle faisait l'impasse sur la question."

Ce n'est que le premier paragraphe et on se fracasse le cristallin d'emblée. Quand, où, comment, dans quel espace-temps ou dimension parallèle la droite a t-elle eu une "politique sociale" un jour - même pour "s'acheter une bonne conscience", qu'en terme choisis...ou si, en effet, la droite a toujours eu une politique sociale à l'envers, qui a toujours consisté à défendre les nantis contre tous les autres. Dans ce sens, oui, c'est exact.

"Avec la dégradation du climat économique, cette attitude est plus que jamais contestable. Car elle revient à abandonner les classes moyennes sur le bas-côté de la route, elles qui sont les bataillons les plus nombreux et les plus touchés par la crise. A force de s'inquiéter des marges, on a oublié le coeur. N'oublions pas que la République de Weimar ne s'est pas relevée de cette erreur."

Ah merde. Les idées de droite ont déclenché la grosse pagaille, et la droite de s'aviser que les forces vives de la Nation commencent un tout petit peu de l'avoir mauvaise, c'est ballot en effet. Les prolos, chômeurs et autres précaires pouilleux c'est bien gentil, mais on a déjà fait le RSA pour ces assistés, et négliger le coeur de cible électoral de la petite bourgeoisie en pleine déréliction, c'est rien moins que préparer l'avènement du nazisme. Quel camp politique a lancé un débat sur l'identité nationale qui est en train de faire remonter le Front National, au fait ?

"Donner la priorité aux classes moyennes, c'est insuffler de l'oxygène dans le poumon de la société française. En faisant d'elles le principal destinataire du plan de relance, le président de la République a initié une réflexion de fond sur la manière de redessiner les contours de la politique sociale de la droite."

Et les classes populaires peuvent crever, puisque eux ne représentent pas des organes "nobles" - coeur, poumons...- du corps social mais plutôt d'autres parties moins poétiques, genre le côlon, ou la vésicule biliaire. Quelque chose qu'on peut joyeusement charcuter sans que ça empiète sur le fonctionnement du reste, quoi. Et encore : plein de gens vivent très bien avec un seul poumon, autant dire que quand les chirurgiens de la droite se penchent sur leurs problèmes, les classes moyennes doivent se préparer à des moments difficiles...

"Ce qui m'intéresse, c'est que plus de deux Français sur trois s'identifient aux classes moyennes et que cette idée s'accompagne d'un fort sentiment d'insécurité.
"Les classes moyennes sont en effet persuadées que leurs enfants auront un niveau de vie inférieur au leur. Elles craignent aussi le déclassement pour elles-mêmes, (...) Même ceux qui sont en contrat à durée indéterminée et qui gagnent suffisamment pour avoir des loisirs et mettre un peu d'argent de côté appréhendent de perdre leur emploi, et surtout de ne jamais en retrouver un. Les employés et les ouvriers n'entrevoient pas la possibilité d'évoluer dans leur métier faute de formations. Les cadres se sentent écartés des processus de décision et dépossédés de la maîtrise de leur carrière professionnelle."

Oh ? il y a donc des gens qui seraient comme teintés d'une forme d'inquiétude dans nos sociétés occidentales ? Laurent Wauquiez découvre l'eau chaude, et sa stupéfaction semble tellement sincère qu'elle pourrait même être vraie, dites-donc.

"Ce sentiment n'est pas dénué de fondement."

Mais il vit sur quelle planète, ce mec ?

"Car l'augmentation à marche forcée du smic"

Hein ? Mais de quoi il parle, là ?

"et la contraction du crédit ont comblé le fossé entre les plus bas revenus et les salaires de la frange inférieure des classes moyennes ; parallèlement, les revenus des foyers les plus riches se sont envolés. Sans compter que les dépenses contraignantes de la vie courante, en particulier celles liées au logement, occupent une part croissante du budget des classes moyennes."

"parallèlement, les revenus des foyers les plus riches se sont envolés" !!!! Mais grâce à qui ma couille ? Vous croyez que si on murmure "bouclier fiscal" à l'oreille de Laurent Wauquiez, une sorte de déclic va finir par se produire dans son cerveau et qu'il va arriver à relier deux idées ensembles pour en faire une troisième ? S'inquiéter des conséquences quand on appartient soi-même au camp qui a produit les causes de ce marasme n'est t-il pas quelque part signe d'une inquiétante capacité à cliver la réalité ? Comme dit plus haut : ça en devient fascinant. Quelque part.

"Pour répondre à cette insatisfaction grandissante, le gouvernement agit dans deux directions complémentaires : réduire les inégalités et lever les barrières psychologiques qui rongent le dynamisme des classes moyennes."

"réduire les inégalités"...
Le gouvernement - de l'UMP - travaille à "réduire les inégalités"...
Le grand truc de la droite au pouvoir, son grand chantier pour construire l'avenir radieux de la post-crise, ça va être promis-juré de "réduire les inégalités"...
L'oeil droit de tomber derechef et de rouler sous le bureau.

"Développer l'actionnariat salarié, c'est renforcer le lien identitaire avec l'entreprise, et avec lui, le sentiment de sécurité"

Et éviter soigneusement d'augmenter les salaires en donnant des actions qui peuvent très bien valoir que dalle au bout de quelque mois. Enquoi ? Enron ? Non, connais pas, c'est quoi ?

Quand aux "barrières psychologiques" (cf. crispations, replis frileux, sécurité de l'emploi, attachement à des modèles obsolètes, code du Travail, conventions collectives etc.) :

"il faut faciliter la mobilité professionnelle et géographique. Cela passe par une petite révolution dans les mentalités, qui implique que les droits sociaux ne soient plus attachés à un statut, mais à la personne. Nous nous sommes battus pour que chacun conserve ses droits à la mutuelle, à la retraite et à la formation quand il change d'entreprise ou quand il perd son emploi. C'est aujourd'hui chose faite."

Tu vas aller où on te dit d'aller, chien de salarié. Tu vas être "mobile", "dynamique" et "réactif", ou crève ! Ta famille, tes amis, tes loisirs et autres liens à la con, fume. Soit tu accèpte de tout sacrifier à ton taf sans la moindre garantie derrière, soit tu va voir monsieur Paul Employ et tout perdre. Dans les deux cas tu l'as dans le cul. Et dit comme ça, en effet, c'est beaucoup moins eye-candy, en effet.

"Ces réformes le montrent sans ambiguïté : les grandes orientations de la politique du gouvernement sont la partie émergée d'un infléchissement profond de la politique sociale de la droite. La crise a été l'occasion de reprendre la main pour rebattre les cartes.
Sur notre feuille de route, figure ainsi un double objectif : remettre la justice et la solidarité au coeur de notre action, tout en veillant à l'équilibre entre les droits et les devoirs du citoyen. Car mieux répartir les richesses, c'est rendre aux classes moyennes leur rôle de moteur de l'ascenseur social et de l'économie française."

Traduire : on tente à toute blinde de poser des sparadraps sur des jambes de bois puisqu'on commence enfin à se rendre compte que la paupérisation de la classe moyenne, c'est le meilleur moyen de créer de nouvelles classes dangereuses qui pourraient bien à terme nous demander des comptes ; et on a envie de garder le pouvoir le plus longtemps possible. Comme on est coincés par le patronat qui exige de plus en plus, on ménage chèvre et chou avec des "chèques" services à la con qu'un présente comme d'audacieuses innovations sociales - quand ce ne sont que pitoyables régressions - tout en détruisant méthodiquement tous les droits acquis qui nous empêchent de faire bosser tous le monde comme des Chinois. Puisque le but, au final, c'est de gratter de plus en plus au niveau des droits et du temps de travail, tout en mettant les classes moyennes sous poumon d'acier pour éviter qu'elles désespèrent pour de bon.

C'étaient les voeux pour 2010 de Laurent Wauquiez, et maintenant amis des classes moyennes, vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas prévenus.

Cold blooded Christmas

Joyeux Noël. Bien profond.

jeudi 24 décembre 2009

L'ennemi

C'est en Allemagne que ça se passe mais ne doutez pas une seconde que c'est à nos portes.

"Les magasins "sociaux" se multiplient en Allemagne"
Dans tout le pays, ces commerces caritatifs connaissent un véritable essor. On estime leur nombre à 350 et, chaque mois, de nouveaux magasins ouvrent leurs portes. Les experts des grandes organisations caritatives mettent cette évolution sur le compte d'Hartz IV, une réforme très controversée entrée en application en 2005 et qui a durci les conditions d'indemnisation des chômeurs de longue durée. (...)
En même temps, plusieurs études attestent d'une stagnation des salaires depuis plusieurs années et d'une montée des inégalités outre-Rhin. Depuis le début des années 1990, le salaire net a très peu progressé et la proportion de la population qui n'a pas ou très peu de patrimoine a vu sa contribution à la richesse nationale baisser de 1,5 % entre 2002 et 2007."

La paupérisation jette donc de plus en plus de catégories sociales vers ces magasins pour très nécessiteux qui poussent comme champignons dans cette Allemagne dont on ne cesse de nous vanter depuis des années le "dynamisme" économique ; hors, quand on entend le mot "dynamisme", il faut toujours, toujours entendre : libéralisme. Et jamais celui ou celle qui emploie ce mot ne parlera de l'inévitable corollaire de tant d'élan enthousiaste : la pauvreté. Cette pauvreté endémique qui ronge tous les pays occidentaux et se propage comme un cancer de nos sociétés en sapant toutes les bases sociales, toutes les solidarités et est devenue une arme de terrorisme idéologique pour faire se tenir tranquilles les masses laborieuses.

Hein ? Ça vous semble un peu trop vintage, comme expression, "masses laborieuses" ? C'est comme "lutte des classes", ça vous évoque comme un parfum suranné, des fragrances d'une époque révolue aux couleurs sépia, voire même une sorte de nostalgie de l'après-guerre et de Trente Glorieuses qui serait aujourd'hui complètement dépassée, n'est-ce pas, puisqu'on a le Wi-Fi et des parkas en Gore-Tex...
Vous êtes soit très stupides, soit très naïfs, soit les deux en même temps.
Et votre aveuglement, même si il est très largement dû au lavage de cerveau de ces trente dernières années qui a consisté à accréditer l'idée de la disparition des classes sociales et à déclarer que partant, il n'y avait plus nulle "lutte" d'intérêts antagonistes entre elles, n'est pas pour autant excusable, pour la bonne et simple raison que ces masses en questions, vous en faites partie.
Vous avez des diplômes ? Vous avez de l'éducation, voire même un vernis de sophistication, vous allez voir vos films en VO, vous triez vos déchets et vous vous pensez fort loin de l'ouvrier crasseux et un peu con ? Vous ne possédez que quelques hochets symboliques, des caractères de distinction qui n'empêchent pas le moins du monde que sur le strict plan économique et social, vous êtes dans le même bain que les autres. Se raccrocher à son catalogue Ikéa et à la filmographie d'Almodovar n'empêchera pas la glissade dans le grand mouvement descendant que tous connaissent ou vont connaître dans les années qui viennent ; mais au fond, ce que j'écris là, vous le savez déjà...

Mais cette conscience, angoissante et douloureuse, du paupérisme qui guette ne va pas, du moins pas encore, jeter les fameuses masses dans les bras de la radicalité politique. Les prolos désespérés vont chercher le sursaut dans la démagogie de droite sans se rendre compte qu'ainsi ils votent pour ceux qui les brisent ; les classes moyennes éduquées vont reculer jusqu'au dernier moment, celui où il sera peut-être trop tard, et continuer de faire absurdement confiance aux sociaux-démocrates, soit dans leur version solférinesque, soit dans les supplétifs rabatteurs de voix de ceux-ci, FdG ou Europe Écologie...

1 000 000 de chômeurs en fins de droits en 2010, voilà qui va fournir de nouveaux bataillons de braves pauvres plein d'entrain qui vont aller faire un tour dans les prochains magasins "sociaux" qui seront la nouveauté française de l'année prochaine ; puisque de plus en plus de gens ne pourront même plus bouffer en achetant de la merde dans les hard-discount. La précipitation de pans entiers de la population dans une survie indigne alors que nous vivons dans des pays riches qui préfèrent renflouer des banques à coups de milliards dont on nous expliquait il n'a encore un an qu'ils ne se trouvaient nulle part : la voilà, la réalité sociale et politique du libéralisme. Ce libéralisme dont toutes les "élites" ne peuvent même plus envisager de se passer et encore moins envisager de le balancer dans les poubelles de l'Histoire où il a pourtant toute sa place. Et qui vont encore et toujours nous expliquer que c'est "moderne", que c'est le "progrès", que c'est "la seule solution raisonnable", et dont le message sera inlassablement relayé par tous les abrutis libéraux dans les colonnes des journaux, dans les blogs, dans les bureaux et les hôpitaux, et par ce collègue avec qui vous discutez autour de la machine à café...

Il faut se mettre dans la tête que ce type est votre ennemi. Le libéral, aussi mielleux et sympathique qu'il puisse paraître, est un ennemi, votre ennemi. Qu'ils soit bourgeois cynique ou perroquet de la domination, il défend une idéologie qui veut votre perte et qui travaille activement à votre chute. Il ne faut plus le considérer comme un "adversaire" honorable ni même comme un "égal" ni chercher à discuter raisonnablement avec lui, il en est de toute façon incapable puisque tellement bouffé par sa vulgate qu'il ne peut plus changer. Fini, la "pédagogie". Terminé, le "dialogue". Aux chiottes, la "tolérance". Pas avec ces gens là. Pas avec eux. Libéral = ennemi, point barre.

C'est le moment des bonnes résolutions paraît-il. Alors que cette fin d'année coïncide enfin avec le sursaut de conscience le plus vaste, pour identifier les vrais coupables, pour tourner les têtes dans les bonnes directions, par cette résolution d'arrêter de penser qu'il est encore possible de discuter avec ces gens et les placer dans la case qu'ils méritent : celle des gens dont il faut stopper la démence à tout prix, en les combattant le plus férocement possible, tout simplement parce que notre survie en dépend.

mardi 22 décembre 2009

Patent

Mais qui est vraiment étonné par l'échec de cette conférence à Copenhague ? Vraiment étonné ?
Alors oui, c'est facile de dire après la bataille que c'était cuit d'avance, que l'échec était là avant même l'ouverture de cette plaisanterie, que la plupart des chefs d'États qui avaient fait le déplacement savaient, et pertinemment, qu'ils n'étaient là qu'en représentation pour expliquer "nous le climat, on est à fond pour ; juste, pour notre économie, pour notre croissance, pour notre PIB, ça va pas le faire. Sinon, on est pour à fond, hein". Oui, ça a un parfum de facilité que de critiquer massivement ; mais que faire d'autre quand la réalité elle-même montre que les plus critiques et les plus pessimistes étaient encore trop confiants ?...

Rien n'est sorti de ce sommet de la même façon que rien de probant concernant l'avenir des habitants de la planète ne sort jamais d'aucun de ces "sommets" dont on nous rebat les oreilles durant des semaines pour faire semblant de constater avec tristesse que ça n'aura servi à rien à la fin. Le G20, les raouts de l'OMC, les "Grenelles" en veux-tu en voilà, des rassemblements de "grands" de ce monde avec des millions de journalistes autour, des poignées de mains et des photos de groupe, des débats avec casques de traduction sur les oreilles, et dehors, des manifestants qui se font tabasser et enchrister par les polices du cru. Et au final, de constructif pour cette planète et ceux qui y vivent ? Rien. Les chefs du monde rentrent chez eux en promettant de se revoir dans pas longtemps. Pour d'autres problèmes, pour d'autres rassemblements, pour d'autres sommets tout aussi bruyants et vains.

Tout ceux qui y participaient savaient pertinemment que rien ne sortirait de ce sommet et y compris la nain vagal, décidément un piteux clown, qui a fait semblent de s'agiter très fort devant les caméras pour faire croire qu'il "agissait". Ayant fait gober à ses électeurs que lui serait élu pour "agir", il est condamné à l'agitation perpétuelle et aux déclarations fracassantes pour conforter son image d'homme "d'action" qui veut faire "bouger les choses". Cette frénésie convenant d'ailleurs très bien à sa nature profonde d'hyperactif surexcité qui veut qu'on le remarque à tout prix et pour n'importe quoi. Pathétique guignol que ce président, décidément.

Mais lui au moins s'est contenté de rester lui-même et n'a déçu personne, contrairement à un Barack Obama dont on commence de voir que non, en effet, ce n'est pas le Messie, qu'il ne marche pas sur les eaux et que la seule chose qu'il parvient à multiplier, ce sont les troupes au Moyen-Orient. On aurait tort cependant d'incomber aux seuls États-Unis la responsabilité du fiasco : l'Inde, la Chine, mais aussi l'Union Européenne, et même la façon dont s'est déroulé le sommet sous présidence de l'ONU : tout le monde y a pris sa part.

Et vous savez pourquoi ?
Savez-vous pourquoi il était patent avant même le début de cette mascarade que ça allait échouer ?
Mais pour une raison très simple, voyons : tous les pays concernés vivent dans le même système politico-économique qui régit l'ensemble des actions des grands acteurs de ce monde. Qui pousse à plus de productivité pour plus de croissance, ce qui va structurellement à l'encontre de toute velléité environnementale. On ne peut pas vouloir agir pour le climat et continuer d'entretenir un modèle économique dont la pollution est l'inévitable conséquence, c'est la logique même.
Mais qui ne comprend pas ça ? Tout le monde le sait, désormais, et y compris les chefs d'États poussés en plus par la crise à défendre de plus en plus âprement leurs frontières, leurs intérêts nationaux, leurs prés carrés d'influence, leurs vues à court terme...

Le premier changement, la première chose à faire si on veut faire quelque chose pour le climat, ce n'est pas acheter des ampoules basse consommation ni pipi sous la douche ; c'est commencer d'arrêter de penser que ces gens vont faire quelque chose pour nous.

lundi 21 décembre 2009

The beautiful people

Suite à certains commentaires du billet précédent, il convient de faire un point sur tout ça dans le calme et la pondération. Voyons donc le fond de cette histoire avec du recul, et nous constaterons ainsi que tout ça ne pisse pas bien loin.

Exténués par l'incessant effort intellectuel consistant à parodier mon joli blog, les quatre guignols de l'autre CSP ont fini par jeter le gant en faisant toutefois savoir qu'il connaissaient mon adresse. Deux photos de ma rue et de l'entrée de mon immeuble sont donc visibles ici, et si le procédé est certes fort inélégant, il n'étonne nullement de la part de ces pauvres rats qui ont quand même dû, répétons-le, s'y mettre à 4 afin que de pondre quelque chose dont ils pensaient, peut-être, que ça m'affecterait en quelque manière...
Bon.
Quatre perdants de la vie ont donc passé des mois sur CSP et ont consacré un temps parfaitement déraisonnable à me rendre cet hommage indirect, alors qu'ils auraient pu faire toutes sortes d'autres choses à la place...un peu comme si moi et trois autres potes, on avait décidé de faire un spoof d'Ilikeyourstyle histoire de passer le temps...oui, ces gens n'ont à l'évidence ni vie sociale digne de ce nom ni loisirs intéressants, et penser qu'il puisse exister des personnes dont la présence sur terre est aussi insignifiante laisse songeur, pour le moins...

Donc, mon adresse. Pourquoi faire, d'ailleurs ? Suggérons ici deux hypothèses :
- par intimidation ("on sait où tu habites on te surveille on est après toi trembleuuuuhhh". Genre. Ok. Brr, donc).
- et sans doute aussi dans l'espoir qu'un jour, quelqu'un d'un peu tout fou dans sa tête viendra faire barrage de son petit corps au bolchévisme triomphant en me pétant la gueule.

Mais pas eux, évidemment.
Ils sont 4, je suis tout seul, mais ce n'est certainement pas eux qui vont s'y coller. Faut pas déconner. T'es fou, toi. Faire quelque chose de concret ??? Ça va pas la tête, non ? Fouyouyou, non hein, on va se contenter de balancer son adresse. Et puis on va attendre. Et attendre. Et attendre...

Ici, mon devoir d'homme de gauche toujours soucieux du bien-être de son prochain m'oblige hélas à quelque peu tempérer l'espoir de ces piteux teckels hargneux ;
Parce que tout simplement, personne ne viendra...
Et non.
Et je n'écris même pas ceci par provocation, à quoi cela me servirait-il ? Mais je ne fais qu'expliciter un objectif état de fait :
Personne ne fera le déplacement pour péter la gueule à CSP.
Et qui pourrait faire ça, d'abord ?

Les fafs militants organisés (FNJ, JI, RED, et autres cas sociaux à lourde homosexualité refoulée) ? Ceux-ci seraient les seuls dont l'occasionnelle dangerosité physique pourrait éventuellement constituer un soupçon de potentialité de début d'ébauche de menace ; sauf qu'ils ne bougeront pas. Constamment surveillés et massivement infiltrés par la police, ces micromilieux tournent en rond autour d'incessantes querelles de chapelles qui les poussent à se débiner sans cesse et leur activisme est depuis quelques années au niveau plancher. Il est bien loin le temps du GUD, et les fafs des années 2000 se tournent vers une quête de respectabilité qui les oblige à faire profil bas sur la baston. De plus, ceux-là savent pertinemment qu'on agresse pas un militant d'un autre parti sans qu'il y ait des conséquences.
Donc, non. Pas eux.

Un des singes hurleurs de cette pitrerie nommé "réacosphère" ? Arf, soyons sérieux, voyons. Gaulé comme une crevette asthmatique et disposant du courage physique d'un lapin fermier, admirateur de la Force mais exigeant le retour de la guillotine dès qu'on le bouscule dans la rue, le fafounet à clavier moite est bien incapable de passer à l'acte dans quelque domaine que ce soit. Déjà que pour lui prendre le métro est une expérience polytraumatisante qui le laisse tremblotant et au bord de sanglots hystériques, alors pensez-donc, casser la gueule à un type dont en plus il se pourrait bien qu'il soit vraiment aussi con et méchant qu'il le dit, vous avez perdu la raison, mon ami...Ensuite, la mythomanie étant dans ce nanomilieu élevée au rang des Beaux-Arts, ils se vanteront peut-être qu'un jour, bientôt, dans pas longtemps, change pas de main, il vont finir par faire quelque chose...
Donc, non plus. Eux aussi se contenteront d'espérer qu'un jour quelqu'un se sacrifie à leur place et continueront à se tripoter la nouille sur des photos de Milton Friedman à poil.

Mais un acte d'un individu isolé, peut-être ? Quelqu'un qui aura trouvé le courage après avoir fini son 18ème pack et aura décidé de poireauter toute une journée en bas d'un immeuble en dansant d'un pied sur l'autre, ivre de bière tiède et de vengeance aigrie, en s'auto-encourageant tout seul dans sa tête sur l'air de j'vais m'le faire j'vais m'le faire j'vais m'le faiiiiireuuuuuh - putain mais qu'est-ce qu'il fout ce bâtard je gèle moi ??!!???

Admettons.
Oui, envisageons qu'un type soit suffisamment illuminé et inconséquent pour se lancer dans une aussi hasardeuse expédition.
Et que pourra t-il donc faire, au mieux ?
Essayer de péter la gueule à CSP ?
Celui-ci ne se laissera sans doute pas faire. C'est même le plus probable. Il faudra donc que cette personne possède une forte détermination pour mener à bien son entreprise, ainsi qu'une condition physique très honorable, sans même en plus pouvoir espérer que celle-ci soit couronnée de succès.
Vouloir la bagarre est une chose ; obtenir la victoire en est une toute autre...

Bien ; et ensuite ?
Parce quelle que soit l'issue de la rencontre, il y aura un "ensuite".  
Il y aura donc, quoi qu'il arrive, un "ensuite".

Bref.
Tout ça pour dire que mon niveau d'inquiétude est, disons, relativement peu élevé...

Il est donc à craindre que tous les pignoufs planqués derrière leurs claviers et qui adoreraient qu'un jour quelqu'un se manifeste à cette adresse toulousaine afin...afin qu'il s'y passe quelque chose, pour le moins...
...n'espèrent en vain.

Je vais donc continuer à régaler mon lectorat de mes billets délicieux, et assure à ceux qui trépignent devant leur écran en voyant leurs espoirs s'envoler...
Que je les méprise superbement.

Et continue de leur pisser à la gueule.


vendredi 18 décembre 2009

Paradis des travailleurs

Il fait froid et ce matin, il neige partout. Les routes sont glissantes parce que non salées, même si les pouvoirs publics sont depuis trois ou quatre jours au courant que ça va tomber. Alors on se débrouille en priant de ne pas trop zigzaguer.

Les métros et RER sont - légitimement - en grève. Entassement dans les rames, dans cette intimité avec ses contemporains que permettent les transports en commun. Tout le monde se côtoie au plus près mais personne ne se touche ni ne se regarde. Et d'une manière générale, les gens font la gueule. Peut-être un peu plus que d'habitude.

Il faut dire qu'on a tous peu ou prou des angoisses de fric, et que Noël qui vient ne promet pas d'être l'habituelle gabegie. Tout le monde s'est fait à l'idée que les fêtes seront...fêtées, mais avec en arrière plan une lourde inquiétude quant à ce que nous réserve l'année prochaine.

Puisque de toutes façon, personne n'attend que la situation économique et sociale s'améliore, et tous les indicateurs sont poliment à l'orange pour éviter sans doute l'inélégance d'être au rouge à cette période de l'année où le bonheur est obligatoire. Tu as d'ailleurs intérêt à te réjouir à haute et forte voix : c'est Noël, bordel. Même si le foie gras, il va falloir l'acheter chez Leader et plus chez Carrouf.

Pendant que triomphent les magasins proposant une nourriture de fort médiocre qualité, une minorité au pouvoir, de plus en plus déconnectée des réalités, tient des discours chaque jour un peu plus aberrants et lance des pseudo-polémiques pour éviter de se confronter à la situation réelle, qu'elle a contribué à fortement dégrader. Ne se cachant nullement à elle-même que le système politique qui a permit son ascension à toutes les manettes du pouvoir est en train de se casser lentement mais sûrement la gueule, elle s'obstine pourtant à continuer comme si de rien n'était, moitié par aveuglement idéologique et moitié par intérêt de caste. Pour elle, la vie est douceurs et grosses voitures, résidences privées et luxe dispendieux, et elle ne voit pas pourquoi ça s'arrêterait. Tout en jetant un œil un peu inquiet tout de même sur une population qui reste pour le moment inerte mais n'en pense pas moins...

Quand la minorité au pouvoir cherche des solutions, elle se contente de puiser dans les vieilles recettes, même si celles-ci ont démontré leur impraticabilité. En gros : productivisme et croissance à tout crin. Hardi, braves travailleurs, il va encore falloir en mettre un coup et se serrer la ceinture, et un jour, promis juré, on va y arriver. Arriver à quoi ? Personne n'ose plus promettre des lendemains de lait et de miel, disons-donc qu'on va arriver...à quelque chose. Voilà. Et qu'il faudra en chier pour. Et en attendant : produire. Toujours plus, toujours plus haut et plus fort, et les conséquences humaines et environnementales ne sont que peccadilles face à cet impératif jamais remis en question.

Même si de plus en plus de gens finissent tout de même par se demander où ça va tout ça, et si les mirobolantes promesses de hier n'était pas un peu du foutage de gueule genre monumental. En un mot : ça coince...

Alors, il y a bien l'outil de la répression policière, ça marche toujours pour calmer les esprits et installer une saine pression sur d'éventuels mécontents. Même si péter les doigts à un facteur agité est une chose, mais empêcher une partie de son électorat de gueuler, ça commence à la foutre mal...si on en est à taper sur son propre camp parce que même lui commence à se rendre compte de la supercherie en cours, ça ne sent pas obligatoirement le sapin, mais ça n'augure pas de nouvelle année sereine...

Pourtant, malgré la dégradation des conditions de vie, et la coupure grandissante, béante même, entre ce que vit le bas peuple et ceux qui les gouvernent, une sorte d'ordre règne...un ordre gris et résigné, sous un ciel uniforme et bas qui courbe les nuques partant vers des boulots de plus en plus mal payés, avec au ventre, lancinante comme cette dent qu'on ne peut soigner faute de moyens, une trouille confuse de ce que va bien pouvoir nous réserver l'avenir...puisque encore une fois, personne ne pense que les choses vont aller mieux l'année prochaine. Alors on espère vaguement qu'elle seront...un peu moins pires. Tout au plus.

...

C'est un stupéfiant paradoxe historique qui veut que ce soit une succession de gouvernements de droite qui nous donne autant la déconcertante impression de vivre dans une simili-Union Soviétique...

jeudi 17 décembre 2009

Le sens de la formule


"Si le climat était une banque, ils l'auraient déjà sauvé !"

VENEZUELAN PRESIDENT HUGO CHAVEZ From Reuters "The rich countries of the north helped bankers, the big banks. I've forgotten the figure, but it's astronomical." "What they're saying on the streets is that 'if the climate was a bank they would already have saved it'. I think it's true. if the climate was a capitalist bank, a capitalist bank, one of the biggest ones, they would have saved it." "I think (U.S. President Barack) Obama isn't here yet. He got the Nobel Peace Prize almost the same day as he sent 30,000 soldiers to kill innocent people in Afghanistan." "There is an imperial dictatorship in this world, and we continue to denounce it. There is no democracy in the world. The destructive model of capitalism is eradicating life." "We need to consume less and distribute more. Climate change is certainly the most devastating environmental problem of the last century -- droughts, hurricanes, floods the rising sea level, heatwaves and so on."

- Les pays riches du Nord ont aidé les banquiers, les grosses banques. J'ai oublié la somme, mais c'est astronomique. Comme ils le disent dans la rue, "si le climat avait été une banque, il l'auraient déjà sauvé!". Je pense que c'est vrai. Si le climat avait été une banque capitaliste, une banque capitaliste parmi les plus grosses, ils l'auraient sauvée. Je pense qu'Obama n'est pas encore là. Il a reçu le Prix Nobel de la Paix le jour même où il envoyait 30 000 soldat tuer le peuple innocent d'Afghanistan. Il s'agit d'une dictature impériale de ce monde et nous continuons à la dénoncer. Il n'y a pas de démocratie dans le monde. Le modèle destructeur du capitalisme est en train d'éradiquer la vie. Nous devons consommer moins et distribuer plus. Le changement climatique est certainement le problème environnemental le plus destructeur de ce siècle : sécheresses, ouragans, inondations, élévation du niveau de la mer, vagues de chaleur et ainsi de suite.

(Via Agnès)

Fabriquer des cons

Le projet sociétal de la droite apparaît de plus en plus pour ce qu'il est réellement : fabriquer des cons. Pour qu'une domination puisse non seulement se pérenniser mais surtout devenir légitimée par ceux mêmes qui la subissent, il faut d'arrache-pied travailler à les déculturer, à les infantiliser, à les rendre crédules et dociles, et suprême raffinement, à les faire se sentir coupables de ce qu'on leur met dans la gueule. En bref, désarmer symboliquement des pans entiers de la populations pour que non seulement l'idée même de révolte ne soit plus qu'un vague nuage lointain et inaccessible, mais même ça n'est pas encore assez : il faut que le simple fait même de "penser" - prendre du recul par rapport à une situation et faire acte d'analyse pour en tirer conclusions et conséquences - soit de plus en plus assimilé à quelque chose de contraignant, d'éprouvant, et au final de parfaitement inutile...

On en voit une illustration flagrante dans l'idéologie du "j'veux pas m'prendre la tête", qui traverse toutes les couches sociales y compris les plus favorisées, et qui à ce stade n'est même plus une fatigue intellectuelle générale mais bel et bien une reddition inconditionnelle des cerveaux qui refusent activement de fonctionner...on se tromperait si on se contentait de voir là une passivité face au monde : il s'agit bel et bien d'une action orientée vers un rejet catégorique et agressif, motivé en sous-main par une terreur abjecte de voir sa vision du monde perturbée par le moindre décalage. Et ce symptôme est bien plus inquiétant pour la suite des évènements dans nos sociétés "civilisées" que les fantasmes de la droite réactionnaire sur "l'invasion islamique", qui ne sert qu'à orienter les esprits dans des directions fausses pour leur faire oublier que la bourgeoisie travaille au grand jour à leur généreuse enculade : le petit blanc opprimé devenant ainsi agent de sa propre aliénation en réclamant plus de sévérité pour les bronzés, alors qu'il se fait exploiter jusqu'au trognon sans moufter.

C'est par rapport à ce projet conscient de la droite qu'elle a décidé de prendre les choses à la racine, et de commencer le lavage de cerveaux à la base : il faut donc que les gosses soient de plus en plus crétinisés, de plus en plus mal éduqués dans tous les sens du terme, et surtout qu'ils ne puissent plus disposer à terme des outils qui leur permettraient de poser les question qui fâchent. La suppression de l'Histoire dans certaines filières obéit à cette logique, mais cette affaire polémique n'est que la partie visible d'un iceberg idéologique extrêmement cohérent très bien analysé dans cette tribune du Monde par une prof désabusée et inquiète :

"Ce gouvernement détricote progressivement notre école qui déjà ne sait plus du tout réparer les inégalités sociales initiales. Un seul objectif, louable certes, la réduction de la dette publique, guide les mesures qui se succèdent et s'ajoutent, créant à chaque fois des oppositions mais sans susciter de contestation efficace et solidaire.

Que voulons-nous donc : une génération qui n'aura pas de dettes mais pas trop de tête non plus ? Il suffit bien que certains - les chefs - pensent ; ils diront aux autres ce qu'ils doivent faire - telle semble être la philosophie implicite de mon ministère. Les enfants de ceux qui ont un capital économique et/ou culturel pourront toujours aller se former dans des écoles privées où on leur apprendra le maniement de la langue qui permet éventuellement le maniement des autres, ou recevront à la maison les bases nécessaires à leur bon développement et à leur épanouissement personnel.(...)

"On sent désormais une lutte idéologique s'associer à l'objectif budgétaire pour supprimer ou diminuer l'influence de matières qui pourraient aider les élèves à réfléchir par eux même, c'est à dire contre l'idéologie dominante (celle du marché et de ses pseudo-lois naturelles qui permettent le maintien des hiérarchies existantes), partout présente sous des formes apparemment anodines : sont visées en premier lieu les sciences économiques et sociales qui permettent de construire un regard distancié et potentiellement critique sur notre société et l'histoire géographie qui s'est vivement défendue et a recueilli beaucoup de soutiens dans les mondes universitaires et médiatiques.

Les langues ont en amont déjà été quasiment vidées de leur contenu culturel au profit d'un enseignement en "compétences" qui ne donne pas vraiment les fruits escomptés. L'enseignement du français, base de tous les autres enseignements est lui même réduit et rendu plus difficile alors que tous les professeurs s'accordent à reconnaître l'urgence d'une meilleure maîtrise de la langue maternelle.

Sans doute suis-je pessimiste et évidemment ma position s'inscrit dans une analyse consciemment ancrée à gauche, mais je pense qu'il ne déplaît pas - de façon consciente ou non -, à ceux qui nous dirigent que la majorité des élèves ne parvienne pas à développer un niveau de réflexion suffisant pour résister aux manipulations médiatiques, pour analyser un discours politique et/ou économique et apprendre à construire un argumentaire, pour se réunir et croire en sa capacité de résister ou d'inventer quelque chose. Là-aussi les dégâts sont à venir et peuvent véritablement inquiéter."

Les suppressions de postes et de matières enseignées, "l'allègement" des disciplines, et l'installation jusque dans les salles de profs d'une résignation en plomb face à ce qui est constamment présenté comme un inéluctable "progrès", allié aux stratégies de culpabilisation des fonctionnaires relayé par le jeanrpierrepernisme médiatique, en rajoutent une épaisse couche dont l'objectif reste constant : obscurcir les têtes...par la trouille, par la télé, par le consumérisme, par l'absence de moyens de penser le monde et de n'avoir d'autres points de vues que ceux qui sont relayés par les dominants. Le processus est en œuvre depuis longtemps, certes : mais la charogne au pouvoir est déterminée à l'accélérer encore plus. La crise a besoin d'imbéciles dociles et de travailleurs soumis.

Les mouvements sociaux de résistance à cet obscurantisme 2.0 sont à soutenir, la question n'est pas là ; mais que pouvons nous faire, nous autres qui ne sommes pas profs et constatons avec effarement le nivellement par le bas en cours ?

Constamment affirmer notre mépris profond et irrémédiable de l'inculture de beaufs mise en place par la droite, et n'avoir jamais peur de dire : ouais, on lit des livres. Ouais, on se "prend la tête" parce que faire ça est ce qui nous différencie des abrutis incultes et fiers de l'être dans ton genre. Ouais, on a raison d'être ce qu'on est et on en retire de l'orgueil qui nous permet de te prendre de haut, petit con d'école de commerce. Ouais, on te pisse à la gueule, à toi et à tes semblables, et on ne se contente même pas de pincer le nez quand on te voit : on te rentre dedans sans pitié pour que tu comprennes bien où est ta place, larve.

Il faut que notre mépris devienne actif et d'une rare agressivité. Il ne faut plus se contenter de "résister" : il faut passer à une contre-offensive à la hauteur de la violence idéologique d'en face.
Et ça, c'est quelque chose qu'on peut faire ici, maintenant, tout de suite.

mercredi 16 décembre 2009

Crétinisme foutesque

Il se trouve, très curieusement et y compris dans mon entourage proche, des gens qui aiment le foute.
Chose qui me dépasse mais alors absolument.
Et je ne comprends pas, n'ai pas envie de comprendre, et refuse catégoriquement d'essayer un jour de comprendre qu'on puisse éprouver le moindre intérêt pour 22 mononeuronaux en train de courir après une baballe sous les encouragements de veaux beuglants déchirés à la bière tiède. Toute personne que je rencontre et qui essaie de copiner en me demandant "t'as vu le match hier" se prend illico dans les dents un glacial "non. Ça ne m'intéresse pas. Inutile de me parler de ça". L'interlocuteur - ou trice, puisque les femmes prouvent qu'elles sont capables de se mettre à notre niveau en s'intéressant aux mêmes conneries - en est quelque peu déstabilisé, je vois son trouble dans son regard, je ne joue pas le jeu, je ne m'intéresse pas à ce qui le fait vibrer, je ne fait même pas semblant d'être poli, non seulement j'en ai rien à foutre mais je fais également comprendre que ce n'est définitivement pas la peine de me faire chier avec ce loisir de demeurés. Il y a des amateurs de foute en train de me lire, là ? Et vous écoutez du rap, aussi ? Vous êtes décidément bien à plaindre, allez. Trouvez vous une vie.

Mais le foute, ce n'est pas seulement un sport de cons, non Madame. C'est aussi un inépuisable réservoir à blaireaux de compétition, puisque ça consiste à payer déraisonnablement cher des grands enfants en short qu'on récompense pour leur aptitude à taper dans un ballon...il faut insister sur ce point : ces gens perçoivent un pognon gigantesque parce qu'il tapent dans une baballe. Baballe. Pied. But. Argent. Font-ils quoi que ce soit d'un tant soit peu utile à la collectivité ? Nenni. Une infirmière ou un maçon font des choses utiles, eux, et en sont fort mal récompensés. Alors qu'il leur suffirait de se mettre en short et de courir dans tous les sens sur un stade, franchement. Et quand on participe avec autant d'enthousiasme à l'abrutissement des masses, et il logique que soi-même on soit un crétin au delà de l'éloge.

Ainsi, Nicolas Anelka.

Petite frappe de pelouse et nigaud de carrure internationale, il se confie dans 20 minutes, "Sans esquiver le moindre sujet, il évoque dans un entretien en deux volets sa saison à Chelsea, ses projets d’avenir, ou ses rancœurs envers la France, un pays où il ne vivra plus jamais."

"Plus jamais", fichtre. Ensuite, on le comprend : la droite est au pouvoir et ça donne furieusement parfois des désirs d'exil. Sauf qu'il semble que notre débile en crampons ne soit pas tout à fait sur cete ligne puisque le chapeau de l'article s'intitule en gras :

"La France a un problème avec l'argent".

Et là, forcément, on s'attend à un déferlement de considérations d'épicier poujadiste tels qu'on peut en lire sur le site du Figaro, n'est-ce pas ?
Et bien on a raison.

"Quentendez-vous par une «autre mentalité que celle de la France»?
C’est spécial. Quand tu as vécu et joué à l’étranger, tu ne peux plus revenir en France. On ne t’accepte plus comme tu étais avant. Ça, je l’ai vécu quand je suis revenu au PSG. C’est pour cela que je ne le ferai pas une deuxième fois. Ce n’était pas ce que je voulais et je n’ai pas envie de le revivre. Ça m’a déçu. On attend de vous que vous vous cassiez la gueule. Ce n’est pas une façon de faire. De la part de tout le monde. En France, il y a un problème avec l’argent. Je l’ai vu. C’est dommage.

Vous ne supportiez pas les «Anelka, il se la pète» ?
A l’époque, j’avais une Ferrari. J’avais 20 ans. Beaucoup de gens ne l’ont pas accepté. Aujourd’hui, regardez les voitures des jeunes joueurs de l’équipe de France. Ils ont des voitures plus chères qu’une Ferrari. Mais ils jouent à l’étranger. Alors ça passe mieux. Ça me fait marrer.

Vous ne comprenez pas que voir un jeune de 20 ans au volant d’une Ferrari puisse choquer?
Non (sec). Je ne comprends pas. J’ai les moyens de le faire. J’achète. Si c’était à refaire, je le referais. Que ça puisse choquer les gens qui ne touchent pas beaucoup d’argent en France, OK. Pourtant, en Espagne et en Angleterre, les gens qui ont de grosses voitures ne se cachent pas là-bas. C’est faible dans la tête de réagir comme ça. Mais c’est typiquement français. Le Français, il cache ce qu’il a. Même s’il pouvait montrer plus, il cacherait. Moi, ce n’est pas ma mentalité. Non pas que je cherche à me montrer. Mais quand tu es joueur de foot, que tu as rêvé de t’acheter une belle voiture, une belle maison, tu le fais.

Qu’est ce qui vous manque en Angleterre, que vous aviez en France?
Rien. En France, tu ne peux pas faire ce que tu as envie. J’aimerais bien habiter en France, mais ce n’est pas possible. On sait pourquoi, niveau fiscalité..."

Pauvre petit bichon millionnaire qui ne peut pas frimer dans son substitut phallique de beauf et qui ne comprend pas qu'il puisse claquer sa thune si chèrement et douloureusement acquise - courir après une baballe, remember - en montrant d'ostensibles signes de la réussite du mickey inculte qu'il sera toute sa vie et que tout l'argent du monde n'y pourra rien pour le sortir de sa condition d'abruti fier de l'être. Oh le beau spécimen que voilà. Oh le rebelle qui "provoque" en s'achetant des Ferraris et en fustigeant la cruelle fiscalité qui lui prend rendez-vous compte 50 % de son tas d'or. Ce qui a priori devrait lui laisser quelques ressources au final, tout de même ; mais dame, comment voulez-vous vous en sortir avec seulement quelque 483 000 € par mois...
(Oui, c'est le salaire mensuel de la madeleine qui pleurniche ici. Pas vilain, hein ?).

Mais en France, on aime pas la "réussite", évidemment. Mais la "réussite" de quoi, putain ?!?!! De taper dans un ballon ? C'est une réussite, ça ? Un chien y arrive, à jouer à la baballe. Et au moins, le clébard ne met pas en avant ses opinions sentencieuses de pignouf à la cervelle rongée par le libéralisme en étalant sa vulgarité de parvenu à trois ans d'âge mental. Ma ouature elle est plus grosse que la tienne d'abord.

Quand je serai au pouvoir, l'un des mesures prioritaires après la pendaison publique des banquiers et l'interdiction des jeans slim, sera de mettre les fouteux au SMIC. On verra à ce moment si ces simplets continueront à faire "rêver" qui que ce soit.

mardi 15 décembre 2009

Conservatisme

Contrairement aux sottises que raconte l'idiote Sylvia Zappi, ce qui nous plombe en ce moment n'est pas une carence d'apparition médiatique de notre Gourou - celui-ci ne disposant pas encore d'une chaîne de télé pour lui tout seul, il est tributaire du bon vouloir des invitations -, non plus que cette fatigante histoire de l'unitéééééé dont de toutes façons personne ne voulait dès le départ ; non, ce qui nous met dedans en interne, ou en tout cas nous ralentit comme un gros boulet bien lourd, c'est le conservatisme d'une minorité plus-marxiste-léniniste-que-moi-tu-meurs qui a un peu de mal à concevoir qu'une période historique soit révolue et qui s'agrippe à toute force à des schémas de pensée qu'on va joyeusement qualifier d'obsolètes. Et je suis poli.

Articulée autour de la fraction d'ex de Lutte Ouvrière et d'une partie du secteur djeunz' - comme quoi on peut être jeune pour l'état civil et avoir des toiles d'araignées plein la tête, pas vrai les ex-jicreux ? -, cette minorité est bien plus nocive pour la construction du NPA que Convergences et Alternatives, autres minos penchant vers l'alliance avec le Frondgôche, qui si on a le droit de n'être pas d'accord avec leurs analyses ne sont pas pour autant partisans d'un régression franche et massive comme nos gauchistes à usage perso ; parce qu'il s'agit bel et bien d'une volonté acharnée de ramener l'organisation vers une nouvelle LCR en encore plus petit et en encore plus fermé. Quelque chose donc de parfaitement enthousiasmant et complètement en phase avec les problématiques actuelles, quoi. On a pu entendre et voir des choses parfaitement confondantes, ces derniers mois, dans les réunions de comités : des intervenants cramponnant la parole pour ressortir un charabia ouvriériste bien vintage qui donnait une étrange impression d'avoir remonté le temps 30 années en arrière ; l'époque aurait quelque peu changée ? La chute d'un certain mur aurait quelque peu changé la donne historique et les rapports de force qui vont avec ? La notion de prolétariat s'est elle un peu fractionnée et dispersée avec la montée en puissance du tertiaire ? Fume, c'est du Léon. Capables de citer par coeur des passages entiers du Programme de transition, nos vaillants Gardiens De La Flamme Intacte De La Révolution Immaculée n'ont cure des ces peccadilles et assènent avec une régularité de métronomes de gros blocs rhétoriques d'une vision du marxisme dans sa version la plus dogmatique et la plus obtuse. Et on pourrait penser que ce serait des "vieux" qui se laisseraient aller à une certaine crispation identitaire, n'est-ce pas ? Mais nullement, et c'est bien ça le plus inquiétant : les plus doctrinaires sont des jeunes...

Il est de tradition dans tous les partis politiques que le secteur "jeunes" soit toujours plus royaliste que le Roi, et que partant celui-ci soit plus "radical" que l'orientation générale ; et si il y a bien un parti qui a laissé large place à l'expression de sa frange de militants jeunes - en tombant régulièrement dans une démagogie jeuniste assez souvent crispante par ailleurs...-, c'est bien la LCR...or là, on ne parle même plus de radicalité ; on doit bel et bien parler de conservatisme. Le passage vers le NPA a visiblement été très mal vécu par nombre d'entre eux, qui ont fini par y voir un abandon des fondamentaux et entraîné du coup un repli idéologique sur des positions clivantes défendues becs et ongles par une minorité agressive qui fait bloc et pratique l'accusation de trahison et l'anathème comme d'autres boivent un verre d'eau. T'es pas d'accord avec eux ? Tu te "droitise". Tu penses que le marxisme reste la grille d'analyse viable par excellence mais que celui-ci doit être repensé en fonction des nouveaux paradigmes ? Tu trahis le marxisme. Tu avances que l'exégèse de Textes Sacrés ne constitue pas un programme en soi ? Tu sombres dans le réformisme. Tu critiques leurs orientations ?. T'es un suiviste bêlant de la majo. Etc., etc., etc.

Quant à oser exprimer des questions sur la "forme" du combat politique et le questionnement quant à de nouvelles façons d'exprimer les choses, alors là...il suffit de lire la prose qui sort de cette minorité pour être édifié : back to roots ! On croirait lire des tracts du PCF d'il y a 50 ans. Même lourdeur, même phrasé, même vocabulaire. Des slogans martelés avec un esprit de sérieux dont on aurait espéré qu'avec la transition vers un nouveau parti il aurait enfin disparu...

J'espère bien que le Socialisme du XXIèle siècle ne va pas ressembler à ça.

Ensuite, je ne suis pas spécifiquement inquiet, et ce pour une raison simple : le décalage entre ces positions et le mouvement général du NPA. N'oublions pas que si celui-ci s'est monté, c'est précisément pour chercher à dépasser cet état d'esprit "LCR" qui devenait un frein à la construction de ce nouvel espace à gauche que nous appelons de nos vœux. On peut gager que les nouveaux arrivant auront envie d'entendre d'autres choses que de vieilles formules datées, et qu'avec le temps se décanteront ces crispations...

lundi 14 décembre 2009

La beauté

vendredi 11 décembre 2009

Inspiration



N'ayant toujours pas la télé, ce n'est que maintenant que je tombe sur ce joyau acidulé.
Quel régal, mes amis.
Quelle délicat plaisir de fin gourmet que de voir cette France rancie tournée en ridicule, montrée telle qu'elle est : moisie. Obtuse. Baignant dans son racisme décomplexé comme goret dans du purin. Monde de vioques, monde du repli, monde de la crétinisation avancée de cette droite qui peut enfin ouvrir grand l'égout qui lui sert de bouche afin que de gerber ses aigreurs de frustrés franchouillards, inframonde des croulants et des poussiéreux pour qui le "débat" sur l'identité nationale n'est finalement qu'une psychothérapie de groupe pour vieilles merdes à couperoses...

Non mais vous avez vu ces gueules ?

Ne peut-on pas lire l'âme d'un homme sur son visage ? Si, n'est-ce pas ?

Mais il y a mieux, mieux encore : la forme du reportage. La façon dont il est filmé, monté, mis en scène et en musique. La forme fait passer un message et le fait passer mieux et plus fort et clair que n'importe quelle explication pédago-chiante, et elle donne à voir les protagonistes tels qu'ils sont en soulignant à gros trait leur crasse bêtise, en mettant en exergue leur noire et inexcusable connerie dégénérée, la forme les fait passer pour ce qu'ils sont, en somme.

N'est pas régal de les voir tourné en ridicule ainsi ?
N'est-ce pas goûtu de sentir le mépris compact qui les enrobe lentement comme un gros pull qui gratte ?

C'est comme ça que nous devons les traiter. Le mépris. La dérision. Le ridicule. Celui-ci ne tue point, certes ; mais il peut blesser cruellement. Et tout ce que nous ferons pour leur faire mal, à fin spécifique de les blesser et de les humilier, sera de toute façon bel et bon.

Alors ici je m'adresse, infatigable Sisyphe, à mes frères et soeurs en convictions pour vous admonester fraternellement : vous êtes bien trop gentils encore...
Je le vois dans mes commentaire, tenez : cette volonté de "débattre" est certes admirable. Le fait de vouloir "parler" avec l'ennemi pour lui faire entendre ne serait-ce qu'un peu raison est certes on ne peut plus noble, quelque part...
Sauf que ça ne sert à rien.

Vous perdez votre temps.
Alors, je sais bien pourquoi vous le faites : c'est parce qu'en tant que gens de gauche, vous croyez, et sincèrement, que l'autre est comme nous : être de langage et de dialogue, qui dispose d'un cortex en état de marche et peut être accessible à la raison et à la pensée. Vous vous dites qu'à force de patience et de discussion, vous arriverez peut-être à lui faire comprendre quelque chose, à lui faire au moins entendre votre point de vue, ne serait-ce que ça...

Vous perdez votre temps.
Votre erreur est de penser que ces gens sont comme nous ; or, il ne le sont pas. Ils ne le sont plus.
Regardez les trognes dans la vidéo.
Allez faire un tour dans les commentaires du Figaro.
Essayez même d'avoir une discussion à peu près censée avec un militant UMP...

Vous voyez ?
Ça ne sert à rien de discuter. Le débat est clos. Vous vous obstinez stérilement et finissez même par souffrir que de voir tant de sombre bêtise en face de vous. Essayer de dialoguer avec ces gens, ça le leur fait aucun bien, et ça finit par vous faire mal...

N'est-il pas temps d'enfin prendre clairement conscience que la seule solution qui nous reste est de les combattre sans merci ni pitié ?
"Ce serait devenir comme eux !". Oui. Je sais. L'indignation morale. Très joli, l'indignation, très esthétique, aussi.
Et parfaitement inutile face à la meute de Huns d'en face.
Il ne s'agit d'ailleurs pas de devenir "comme" eux ; il s'agit d'être encore pires.
Puisque la seule, la seule, vraiment, façon 'imposer nos idées, c'est d'écraser les leurs. Pas les "démonter", pas les décortiquer à des fins de pédagogies : tout cela, ça fait plus de 15 ans que c'est fait et pour quels résultats concrets ?...

Il faut partir avec l'idée claire et lumineuse d'écraser. De rabaisser. D'humilier et de blesser.
Il faut avoir en tête le désir de leur faire mal.

Vous êtes encore trop gentils. Vous avez encore des scrupules. C'est charmant...
Mais encore une fois, je fais confiance à ces charognards pour vous faire prendre conscience que c'est la seule solution.

Vous y viendrez.

Vous n'aurez pas le choix.

Vous ne l'avez d'ailleurs déja plus.