jeudi 26 novembre 2009

Sanspapieriste



Il faut se faire violence et regarder la vidéo jusqu'au bout. Non par masochisme ou quelconque perversion mais pour bien s'imprégner de toute une hypocrisie tellement, "bessonienne", pourrait-on dire, tellement dans cet air du temps sarkozyfié, et qu'on va encore manger pendant 7 longues années.

Besson invoque "la Loi", on est en France et il faut respecter la loi. Ah oui, alors, respectons-là, mais si on le fait, on le fait vraiment : ordonnons par exemple l'immédiate fermeture de Bouygues pour emploi frauduleux de sans-papiers. Hein ? Non ? Ça marche pas tout à fait comme ça ? Il y aurait donc non "UNE" loi, mais "DES" lois, ou en tout cas des façons de les envisager et de les appliquer ? On serait donc dans un système institutionnel qui permettrait de faire peu ou prou ce qu'on veut avec la légalité selon sa position sociale ?
Je plaisante. Ces question ne sont évidemment que rhétoriques. Celui qui a le pouvoir décide de ce qu'est la loi et si on l'applique ou pas, c'est aussi simple que ça. Prétendre le contraire relève au mieux d'une innocence touchante, et le plus souvent de la défense de sa propre position dans ledit système.

La manœuvre bessonienne n'est en rien subtile et tel n'est d'ailleurs pas son propos : il faut montrer que le gouvernement se sent "concerné" par l'immigration, créer un distinguo entre celle qui est choisie par le pays d'accueil et celle qui serait "subie" - ceux qui colonisent notre beau pays, souvenez-vous - et faire le ménage dans tous ça. Et donner des gages de bonne volonté à l'électorat lepéniste pour le convaincre de rester dans le giron umpiste et de ne pas retourner vers le borgne et sa grosse fille moche. Les persuader que si ce n'est pas suffisant, c'est déjà mieux que rien. Leur présenter une bouteille à moitié pleine pour montrer qu'on agit, sous les encouragements de la presse de caniveau - Marianne, le Figaro - qui applaudit poliment devant tant de fermeté...

La réalité concrète de l'immigration, le sort des sans-papiers, Eric Besson la connaît sans nulle doute, par ailleurs. Et s'en contrefous tout autant. Il sait pertinemment, comme tous ses collègues de ce gouvernement de charognards, que foutre à la porte tous les sanspap', c'est techniquement infaisable et mettrait bien des corps de métier dans une merde noire. J'ai longtemps cumulé les petits boulot ingrats dans quelques uns de ceux-ci. Et rien de ce que j'en ai vu, de mes yeux vus, et éclairant :
J'ai bossé dans la restauration : virer les sanspap', c'est fermer 90 % des restos.
J'ai fait de l'intérim dans le BTP : virer les sanspap', c'est l'arrêt de mort du bâtiment dans son ensemble.
La réalité concrète de cette immigration "illégale", c'est que ce sont eux qui font les sales boulots pour des salaires de merde, à la plus grande joie des patrons pour qui cette main d'oeuvre corvéable et pliable à merci est une manne. Parce que, au fait, ce ne sont pas les immigrés qui tirent les salaires vers le bas, comme des crétins l'argumentent : ce sont ceux qui les paient au black sans avoir à les déclarer, qui sont responsables de la stagnation des salaires des autres. C'est ça, la réalité concrète, pas la bouillie ethnodifférencialiste des abrutis qui se délectent des éditoriaux d'Ivan Rioufol.

Le chancre Besson pense que c'est faire insulte à ceux qui défendent ces travailleurs - puisque ces gens travaillent dans ce pays, au fait, et pas qu'un peu...- que des les traiter de "sanspapieristes". Nous prenons donc acte de la chose et en effet, nous proclamons sanspapieristes. Oui certes, nous le sommes, et nous les défendront et soutiendront comme nous le faisons également avec les travailleurs et salariés nés quelque part parce que nous ne faisons pas de différences entre les exploités, nous. Et oui, en effet, c'est une position de classe, qui fait qu'on se sent plus proche du Malien qui fait la vaisselle dans l'arrière d'une cuisine ou du maçon kurde qui se pèle le cul sur un chantier que d'un Eric Zemmour, cette flaque. Et parce que nous savons également qu'adopter une position de classe, c'est-à-dire prendre fait et cause pour les exploités quelle que soit leur origine, c'est refuser l'instrumentalisation d'un débat qui veut jouer la division pour mieux régner et créer une opposition entre les "légaux" et les "illégaux" afin de désigner des boucs-émissaires qui vont détourner l'attention des vrais coupables. Le racisme est un outil politique, et ceux qui l'utilisent à ces fins sont rien moins que de misérables rats.

Vous êtes donc ici sur un blog sanspapieriste, que ce soit bien clair, et si vous y trouvez à redire, sachez que je me fais une joie de vous pisser à la gueule.

mercredi 25 novembre 2009

Philippe Cohen de souche

Philippe Cohen est drôlement embêté : en effet, il a les mêmes "idées" concernant l'immigration que le premier fafounet venu - on est envahis, on est colonisés, ils sont partout, le racisme anti-blanc c'est pareil tout pareil que l'autre racisme et peut-être même que le racisme anti-blanc c'est pire -, mais comme il fait profession de "journaliste" et qu'il passe son temps à brailler qu'il faut défendre la "démocratie" en votant Bayrou, ça ne va pas très bien ensemble tout ça. Pétri de paradoxes et tourmenté par sa conscience de centriste bon teint, il a du mal à assumer de solides et simples convictions de joyeux ethnodifférencialiste décomplexé parce qu'il a peur qu'on le traite de "facho" - étant cerné lui aussi, à l'instar d'Elisabeth Lévy et d'Ivan Rioufol, par les hordes bien-pensantes métissées. Le pauvre lapin.

Donc, Philippe Cohen passe bien du temps à surfer sur des sites d'extrême-droite, se retrouve dans bien des jolies choses qu'il y trouve, mais comprenons la déchirure de ce brave homme : tout ça n'étant pas présentable, et Philippe Cohen tenant énormément à sa respectabilité de petit clerc frelaté, il lui faut passer un temps fou à s'excuser d'employer les mêmes termes que l'extrême-droite tout en disant les mêmes choses qu'elle. Philippe Cohen parvient donc assez régulièrement à des sommets himalayesques d'hypocrisie, quand il fustige le laxisme de gôche, la bienpensance aveugle devant les réalités - on est envahis, voire colonisés, rappelez-vous -, le déclin démographique de la France, la peur des Blancs qui tremblent dès qu'il mettent un orteil hors de chez eux vu que dehors c'est la guerre ethnique permanente, MAIS : ce ne sont nullement des idées venues de très très très à droite, oh que non. Pensez-vous. C'est Marianne, n'est-ce pas, pas Minute.

Partant, Marianne - ce canard de merde - peut régulièrement publier de petites crottes sèches un peu hâtivement nommées "articles" histoire de poser le "débat" sur le "racisme anti-blancs", et d'exiger la plus féroce répression pour garantir l'ordre - spécialité de Bénédictes Charles, autre raclure de cette rédaction décidément bien faisandée - tout en se drapant dans des valeurs "républicaines" qui lui permettront quand le Front National remontera aux régionales, ce qui semble bien devoir se passer, de se draper dans la plus criante indignation contre La Bête Immonde...en ayant complaisamment fait son jeu depuis des mois.

Il n'est pas vraiment utile ici de détailler la prose cohenienne, c'est l'habituelle flaque de déguelis de petit blanc opprimé qu'on peut lire un peu partout dès qu'on s'aventure dans les marais réactionnaires du Ouèb. Lesquels sont actuellement dans le plus grand émoi suite aux évènements de la semaine dernière - échauffourées urbaines, qui sont des "massacres", si on vous le dit - et sont à présent convaincus de vivre à Bagdad. Allez-y faire un tour, c'est à la fois très amusant et assez triste.

Il convient ici d'adresser un message fort à cette théorie de nains de jardins alcooliques et racialistes qui se prévalent sans cesse d'être "lucides" quant à la réalité sociale - puisque nous sommes colonisés par les vagues d'immigrés qui vont faire décliner l'Occident de partout, oui, c'est ce qu'ils appellent "lucidité", quand je vous dis qu'ils sont amusants...- et qui trouvent écho de leurs pathologies dans la lecture de Marianne et des éditoriaux du Figaro :
Comment dire ?...

Mais que vous êtes donc piteux, mes pauvres amis...

Il n'est même pas besoin d'aller bien loin sur Internet pour avoir idée du saniboyeur qui vous sert de cerveau puisque certains poussent l'obligeance à venir jusque sur mon joli blog pour y fustiger notre "aveuglement" face à "l'invasion" et nous promettre les pires sévices quand la France bolchevisée sera sous la coupe des Talibans...
Vous rendez-vous seulement compte à quel point vous êtes du dernier ridicule ?
Avez-vous, ne serait-ce qu'un tout petit peu, conscience de faire partie d'une toute petite frange sclérosée de français pathétiques qui tournent en rond autour de leur paranoïa ? D'où par ailleurs vos réguliers pics de dépression quand vous constatez que vous n'êtes qu'une dérisoire poignée de nabots hystériques se sentant assiégés en permanence par le méchant progressisme qui vous cerne de partout...

Alors on se rassure comme on peut, et on lit les articles de Philippe Cohen en se disant qu'un jour, oui, un jour, on sera moins seuls...

On a les penseurs qu'on mérite, n'est-ce pas.

mardi 24 novembre 2009

Particule élémentaire

J'avais bien vu la particule avant son nom de famille mais n'y avait pas prêté plus d'attention que ça. Ce qui m'intéressait surtout, c'était la jeune femme vive, intelligente et dynamique qui le portait. Et belle, toujours ce sourire espiègle et ouvert qu'elle portait en toutes circonstances, en amoureuse de la vie comme rarement on en rencontre. J'avais évidemment succombé tout de suite, et elle m'avait invité à passer 4 jours en week-end dans sa famille, puisqu'à l'époque elle était provisoirement retournée chez ces parents en attendant de trouver un appart digne de ce nom.

Encore maintenant, en écrivant ces lignes 3 ans après, j'ai un tressaillement quand je repense à elle m'attendant à la gare. Elle était magnifique, tout simplement.

Et dans la conversation, j'appris donc que cette particule était...une "vraie" particule. Un peu surpris et aussi très amusé, je me rendis compte que je sortais avec une authentique aristocrate, avec blason, quartiers de noblesse, éducation chez les soeurs, jeunesse dans les rallyes et tout et tout.
On jugera ici de mon étonnement quand elle me raconta plus avant sa jeunesse et son éducation : ce n'est point chose que trotskyste entend tous les jours...
Quand je lui demandai pourquoi elle restait pour le moins très discrète sur ses origines sociales, elle m'expliqua qu'elle ne voyait pas l'intérêt de mettre ce genre de chose en avant. Quand elle l'avait fait, toujours au détour de la conversation et sans jamais s'en vanter spécifiquement, elle avait vu le regard qu'on portait sur elle changer, parfois brutalement. Les gens "bloquaient" sur cette particule et ce qu'elle était censé signifier, et elle voulait qu'on la reconnaisse pour autre chose qu'un titre qui n'avait de sens que pour la poignée de personne en France qui ont l'insigne honneur de figurer dans l'annuaire de l'Association de la Noblesse Française (dont j'ai découvert l'existence à cette occasion, c'est tout un nouveau monde qui s'ouvrait devant moi, décidément...).

Mais je n'étais pas au bout de mes surprises.
Je savais, pour le peu qu'elle m'en avait parlé, que ses parents, que je m'apprêtais à rencontrer - en tant que "pote" de leur fille, histoire de ne pas créer d'histoires...- étaient quelque peu..."conservateurs". Bon. Admettons. Je sais faire bonne figure et éviter les sujets qui fâchent aucun problème.
Ce qu'elle m'apprit cependant, c'est que les parents étaient pour le coup...vraiment très conservateurs, puisque catholiques intégristes membres de la Fraternité Saint-Pie X...
Ouais.
Genre :
Monseigneur Lefebvre.
Les curés en soutane.
Les gens qui font des cercles de prières devant les cliniques qui pratiquent l'IVG.
Oui. Ceux-là.

On conçoit donc aisément mon embarras devant la perspective d'être hébergé pendant quatre jours sous le toit de personnes avec qui j'ai disons, de relativement importantes divergences de vues, pour ne pas dire d'assez profonds désaccords philosophiques...pour tout dire, je commençai de me demander dans quel histoire je m'étais encore fourré, et on comprendra aisément que je me prenait à redouter un psychodrame d'ampleur cataclysmique quant à la rencontre avec le père et la mère de mon amie...

Des gens absolument charmants, figurez vous.

Qui m'ont accueilli le mieux du monde, sincèrement enchantés de rencontrer un "ami" de leur fille et me faisant les honneurs de leur maison avec un sens de l'hospitalité désarmant de naturel et de gentillesse. Le père, surtout, m'a impressionné de part son amabilité et aussi de sa prestance. Grand et fin, souriant, très bel homme, il avait ce profil d'aigle qui faisait qu'on l'imaginait fort bien en côte de mailles donner l'assaut aux murailles de Jérusalem - comme l'ont fait ses ancêtres, appris-je durant mon séjour...

Je passai un long week-end enchanteur. L'un des meilleurs de ma vie, sans aucun doute. C'était l'été, il faisait juste assez beau et chaud pour que ce soit le plus agréable, mon amie était intelligente et belle et resplendissante, on se cachait pour s'embrasser comme des adolescents, que vous dire de plus ?...
Quel beau moment ce fut. De ceux qui restent, longtemps, dans une mémoire, de ces souvenirs qui font sourire quand on se les rappelle...

Alors bien sûr, de temps à autre, et heureusement rarement, quelque chose finissait par transpirer des "convictions" de mes hôtes...des remarques au passage sur l'actualité. L'abonnement au Figaro, tous les matins sur la table du petit déjeuner - c'est à cette occasion que je contractais cette passion dévorante qui est mienne pour ce journal... Ce dimanche matin où les parents "allaient à la messe" : en latin...

Mon amie m'expliqua ce qu'il en avait été du schisme de Vatican II, des raisons qui avaient poussé une poignée d'ecclésiastiques à refuser catégoriquement la "modernité" et à entraîner des fidèles dans une croisade nostalgique d'un monde qui n'existait plus que dans les livres d'Histoire...Elle ne partageait pas ces vues, par ailleurs. Catholique, mais en rupture avec les intégristes - sur lesquels elle était très lucide et pour cause : elle avait passé son enfance parmi eux...-, elle voulait une autre vision de la foi que ses parents, avec lesquels les relations n'avaient pas toujours été sereines, du coup...
Mais elle les aimaient, et ils l'aimaient eux aussi : le lien était là, malgré les ruptures et les larmes...
Je ne crois pas avoir vu les gens d'une même famille s'aimer autant. C'en était sincèrement émouvant.

Cet étonnant week-end pris fin et je rentrai chez moi.
La relation avec cette jeune femme continua un certain temps son petit bonhomme de chemin, avant de se dissoudre lentement à cause de l'éloignement, ce tueur de couples...

Je l'ai eu au téléphone récemment. J'étais très heureux de l'entendre, très curieux de savoir ce qu'elle devenait.
Elle est enceinte.

Je repense à ce week-end, à cet été. Je repense à elle et à son sourire.


lundi 23 novembre 2009

Hard-on

- Bonjour Alain Soral.

- Bonjour, groupie qui m'interviewe vu que je suis tricard partout à cause de ma grande gueule de parano délirant que même au FN ils m'ont jeté c'est dire.

- Alors, Grand Gourou, comment ça va la vie dans le vilain monde décadent et enjuivé ?

- Bien, très bien même. Je fais de la boxe, je drague des khâgneuses névrosées par webcam, je fais des conférences devant 12 personnes aussi timbrées que moi pour leur expliquer comment survivre dans Le Grand Complot Mondial Cosmopolite (Et Enjuivé), je fais des bouffes avec Dieudo, je gère ma perpétuelle persécution de proscrit qui a raison contre tous les autres d'abord na, et je relis les classiques, évidemment. Hier, j'ai fini tout Tintin.

- Oh que c'est bien, ça, Phare De La Virilité. Et vous écrivez un livre qui fera date pour ses futurs 128 lecteurs, c'est bien ça ?

- Oui ma couille. Une somme définitive sur la nécessaire résistance des vrais citoyens enracinés qui sont pas des pédés contre Le Grand Complot Mondial Cosmopolite (Et Enjuivé) qui ourdit milles ruses funestes pour asservir la Nation à la grande Gay-Pride partouzarde festive qui décade de partout. J'espère que je ne serai invité nulle part pour en parler, ce qui me permettra d'inonder de larmes tout l'internet devant mes persécutions de penseur vachement maudit, et de faire une nouvelle vidéo sur Dailymotion qui fera trembler les bien-pensants de droite et de gauche à la solde du lobby sioniste. Je dérange, moi monsieur.

- Oh oui alors, on attend tous ça avec impatience fébrile. Et qu'en est-il de votre fan-club de neuneus ?

- Mon association grandit et se renforce de jour en jour, au point qu'il a fallu ajouter une nouvelle aile à la clinique pour y loger tous les nouveaux arrivants. Mais la direction de l'établissement a su se rendre à nos arguments et sait qu'il nous fallait un espace rien qu'à nous pour nous exprimer entre patients de longue durée. Et puis on nous laisse sortir en journée pour pourfendre Le Grand Complot Mondial Cosmopolite (Et Enjuivé) - qui est partout -, c'est très sympa. Et je culbute une infirmière de temps en temps dans la buanderie, j'ai une réputation à tenir n'est-ce pas.

- Comme vous êtes fort, Commandeur Éclairé Des Vrais Français. Cependant, on vous a aperçu récemment dans une émission de la télévision - qui est aux mains des sionistes -, qu'en est-il exactement ?

- Je ne me suis pas encore engueulé avec l'animateur, donc pour le moment j'ai le droit de dire à peu près toutes les conneries qui me passent par la tête, et Dieu sait si il y en a là dedans ! Ensuite, je me fait confiance, et je ne devrais pas trop tarder à chercher à péter la gueule de Taddeï en le traitant de pédé. Et ensuite de recommencer à pleurer sur Internet que personne ne m'aime et que je suis trop dérangeant pour le système. La routine, quoi.

- Moui, Humidificateur Céleste. Mais ne le prenez nullement en mauvaise part, hein, mais tout de même, on pourrait se demander si à force d'à force vous ne seriez pas un peu pin-pon pin-pon turlututu chapeau pointu, et on serait tenté des fois de vous dire d'aller voir un docteur de la tête, n'est-il pas ?

- Quoi ? Tu me prend pour un de ces pédés apatrides dévirilisés par la propagande de ces salopes de féministes enjuivées qui vont chougner chez un médecin sioniste agent du système ? Tu veux que je te pète ta gueule de fiotte, là ? C'est pas moi qui a un problème, c'est tous les autres mais pas moi, grosse gonzesse va ! Tu serais pas un peu sioniste pour dire des trucs pareils, toi ?

- Vous êtes beau quand vous êtes en colère...et sinon, un avis pénétrant comme votre bite sur l'actualité en France qui décade ?

- Toute cette affaire de but par la main de Thierry Henry illustre toutes mes thèses sur la montée en épingle d'insignifiantes billevesées par le complot sioniste afin que les vrais citoyens de souche continuent à dormir. Il faudra bien un jour réveiller les consciences endormies par les médias enjuivés pour que le peuple français retrouve sa fierté et rebande comme un âne quand il voit un drapeau tricolore. Ce qui pose évidemment la vraie question de l'identité nationale au sens couillu du terme et pas cette farce électoraliste orchestrée par le gauchiste Sarkozy et ses amis sionistes. Qui sont partout, la preuve.

- Merci, ô Alain Soral d'avoir accepté de répondre à nos questions. Savez-vous que vous êtes terriblement sexy ?

- Oui, je sais. Mais c'est normal, je m'entretiens, hein, pas comme ces pédés fumeurs de joint qui veulent l'anarchie. Bordel. Allez, je vous laisse, je vais soutenir Dieudo dans son nouveau procès pour sa blague très marrante sur Dachau. On va se lamenter ensemble, j'adore ce mec.

- À très bientôt, donc.

- Vous en êtes un autre. Pédé, va.

Baffes



Je lance un appel à mon lectorat bien aimé : il FAUT que je voie ce film. Ah ! Cet art de coller des baffes dans la gueule qui n'appartenait qu'à Lino...


vendredi 20 novembre 2009

Double-bind

- Bonjour Xavier Bertrand.

- Bonjour, complaisant journaliste réactionnaire.

- Alors comme ça, vous vous prononcez contre l'homoparentalité et comme par hasard vous êtes de droite, c'est stupéfiant ça, non ?

- (rires) Précisément pas. À l'UMP, nous pouvons hurler tant qu'on veut qu'on est modernes à fond les ballons, notre creuset idéologique lui est intangible : on aime la famille normale, avec des hétérosexuels normaux dedans, et blancs de préférence. Je ne vois pas où est le problème.

- Et bien justement, bon, moi je dis ça je dis rien, mais il se trouve qu'on est au XXIème siècle, toussa, et qu'on pourrait se dire si on est un peu chafouin, hein, que pondre des énormités comme je cite : "Ma famille politique est opposée à l’adoption par les couples homosexuels. La loi ne le permet pas et je ne vois pas pourquoi il faudrait la changer", ce qui est grandiose, et un peu plus loin : "Je ne suis pas favorable non plus au mariage homosexuel car, ensuite, se pose précisément la question de la filiation ou de l’adoption par les couples homosexuels. J’estime qu’il est important de poser des repères.". Voili voilou, c'est pas un peu chais pas moi, ringard ? Un peu ?

- Nullement. Il ne faut d'ailleurs pas dire "ringard", ce n'est pas gentil. Il faut plutôt dire "respectueux des traditions qui ont construit la France". C'est plus long, mais ça permet de faire le lien avec la valeur-travail pour expliquer à ces feignasses de français qu'il faut se sortir les doigts du cul et bosser jusqu'à la mort en se contentant de la vie de cons qu'on leur propose. Et pas se mettre des plumes dans cul et tripoter des petits garçons comme font les fiottes. Sans déconner.

- Ouhlala, mais Xavier Bertrand, c'est quand même un tout petit peu homophobe au niveau de l'amalgame à deux balles de gros con moisi, ça, quand même. Non ? Un peu ?

- Vous êtes contaminés par l'idéologie permissive droidlhommiste soixantehuitarde qui a mené ce pauvre pays sur la voie de la dépravation et des 35 heures. Ce n'est tout de même pas ma faute si pédé et pédophile, ça sonne presque pareil, non ? C'est un signe, merde. Donc non, on va pas confier des gosses à des tarlouzes puisque la seule manière de les élever correctement, c'est avec un papa et une maman. Et une vraie maman, avec une foune, des seins, et la batterie de cuisine qui va avec, pas une espèce de Zaza Napoli, d'ailleurs la preuve que je ne suis pas homophobe, c'est que j'ai vu La cage aux folles 12 fois.

- Moui, c'est éclairant. Mais une question encore, vous qui vous dites libéraux paske être libéral c'est la liberté et toutes ces sortes de choses, comment ça se fait que sur ces histoires vous êtes pas trop pour la liberté des pas comme vous - gros con, hétérosexuel, blanc, friqué -, enfin quoi t'est-ce ?

- T'es con ou quoi ? Il faut vraiment avoir la cervelle en yaourt pour penser qu'on peut être libéral sans être un crapaud réactionnaire ! Les deux vont très bien ensemble, d'abord : libéral pour la thune, réac pour tout le reste. L'Ordre, la Famille, le Travail, et briser les reins du Code du travail pour enrichir nos copains. Et ça marche très bien comme ça.

- Mais que répondriez vous à ceusses qui prétendent que quand on est "libéral", on est pour la liberté et aussi pour toutes les libertés, l'homoparentalité mais aussi le port d'armes et autres amusantes billevesées ?

- Je connais ces gens, il y en a quelques uns à l'UMP, je vous assure. Ensuite, tout le monde se fout de leur gueule et personne ne les écoute, évidemment. Ils se contentent de se réfugier sur le Ouèb dans d'amusant petits forums lus par 12 personnes et ne nous emmerdent pas plus que ça. Mais attends, je t'explique : nous, on est libéraux réactionnaires, ok ? Pas libéraux libertarés à la ramasse avec lourdes pathologies cumulées. On a un projet politique précis : se faire de la thune sur le dos des moutons, et leur faire peur avec l'insécurité pour qu'ils se tiennent tranquilles. On est pas cons, non plus, hein, on sait très bien que le libre marché, ça marche que dalle et qu'il faut que l'État fille du pognon au privé qui jamais ne pourrait s'en sortir sans ça. Ça tombe bien : l'État, c'est nous, et comme ça on peut gaver nos copains du privé. On est cohérents, quoi.

- Et les pédés dans tout ça ?

- Tu m'étonnes qu'avec des régionales qui vont pas être gagnées d'avance, loiiiiin de là, faut montrer des signes de Vraie Réaction estampillée NF pour que notre électorat de veaux aigris ne décide pas de retourner dans le giron du borgne et de sa grosse fille moche. C'est de la stratégie, ça, garçon.

- Et une Nadine Morano qui n'a pas le même point de vue que vous, c'est quoi tout ça ? N'y aurait-il pas des couacs dans la majorité ?

- (rires) T'es vraiment con, en fait, c'en est attendrissant. Avec d'un côté un gros bourrin comme moi qui reste sur des positions archaïques, et de l'autre une Morano qui exprime le point de vue opposé, on gagne sur les deux tableaux ! Tu crois qu'il est progressiste, l'électorat gay ? Il se tournera vers ceux qui lui promettent vaguement qu'un jour, éventuellement, peut-être, tant qu'on est au pouvoir, on fera des bricolettes qui gêneront personne, et on fera croire à Gay Lib' qu'ils servent à quelque chose, enfin, à part d'avoir un pied chez les fiottes pour faire genre et les convaincre que le changement viendra de notre côté. Et comme les socialos sont complètement à l'ouest sur tout, c'est vers nous qu'ils se tourneront dans le vague espoir de, un jour, peut-être, éventuellement...Ahr ahr ahr, on est trop forts.

- C'est admirable, en vérité...et bien merci Xavier Bertrand pour cette interview éclairante, et puis-je ajouter quelque chose d'un peu...personnel ?...

- Voui, je t'en prie mon lapin.

- Je...je vous trouve très beau...voilà...

- (rougissant)...écoute...on pourrait aller je sais pas moi chiner au puces samedi matin tous les deux ?...

- Rien ne me ferait plus plaisir, Bertrand...

jeudi 19 novembre 2009

Une soirée dans un centre ville, en France, en 2009

Ça faisait quelque temps que je n'étais pas allé au cinéma, et a fortiori pour y voir un film en VF (chuis de gôche, je vais voir en priorité des VOSTFR, moâ), mais bon, 2012 sur grand écran c'était quand même assez tentant, et j'étais de plus avec..une amie, disons. Soyons fous, donc.

D'emblée, le prix du ticket, 9€80 dans ta face, fait penser qu'il a intérêt à déchirer sa mère, ce film. Où l'on voit qu'a nettement changé le rapport qu'on peut entretenir avec le cinéma : il y a encore quelque années, on pouvait se dire : "On fait quoi ce soir ?", "Chais pas, si on allait au cinéma ?" "ah ouais, tiens, sympa". À présent, ce serait plutôt : "on fait quoi ce soir ?" "Alors là, aaaaattention, c'est fête c'est Noël : on va au cinéma !!!!!" "Ouahou !". De loisir agréable et anodin, le fait d'aller mater de la pelloche en grand est devenu un quasi-évènement. Et un loisir dont le coût devient de plus en plus dissuasif. Quand on voit les exploitants de salles et les épiciers comptable genre Luc Besson mentir en prétendant que le téléchargement illégal ruine l'industrie du film, CSP lui a la solution : diviser le prix du billet par deux. Et ils retourneront au cinéma, les gens, c'est aussi simple que ça.

Je n'avais pas souvenir que les grandes salles étaient des lieux aussi vivants, cependant. En effet, nombre de spectateurs ne se contentent pas d'être là pour bêtement y voir un film : ils doivent penser qu'ils sont dans leur salon et que l'écran plat est un peu plus grand que d'habitude, voilà tout. Ils y bouffent, ils y boivent, ne se privent pas de commenter le film en cours à leur voisin de fauteuil, et surtout, ils ont un portable dernière génération greffé à la main. Dans l'obscurité de la salle, on pouvait voir régulièrement des petites loupiotes s'allumer, puis s'éteindre, tant il est absolument nécessaire en tout temps et en tout lieux d'envoyer des sms et de consulter son compte Facebook. Consumérisme de crevards qui se ruinent dans de forfaits ridicules pour pouvoir être connectés nuit et jour, calmant ainsi cette angoisse du lien qui devient la maladie mentale la plus répandue en Occident, la possession d'un téléphone high tech avé le wi-fi dedans relève d'une vraie volonté d'enfermement sur son dérisoire petit monde, et du rejet catégorique de ce qui voudrait s'obstiner à y entrer pour le déranger. Genre les règles, les limites, la politesse et l'existence d'autrui. Qu'on ne minore surtout pas la capacité de nuisance sociale de cet objet et ses significations quant à l'individualisme qu'il encourage et entérine : il exprime beaucoup de choses sur notre société des égoïsmes revendiqués...

Un mot sur le film, puisque c'était la raison de notre présence en ces lieux, tout de même : 2012 est le premier film catastrophe de l'ère Obama, c'est réellement frappant. Je n'ai pas souvenir d'avoir vu autant de Noirs dans des rôles titres depuis...en fait, je n'ai pas de souvenir de ça, voilà. S'achevant sur une vision très "yes we can" de l'avenir de l'humanité - où le continent africain est le seul à émerger des eaux...- 2012 dégouline littéralement de bons sentiments au point d'enfoncer de très loin ce qui ce fait habituellement dans le cinéma de genre hollywoodien, pourtant pas finaud quand il s'agit d'y aller dans la guimauve. On pourra cependant aller le voir pour des effets spéciaux qui enfoncent Transformers, tant certaines scènes laissent pantois - et c'est un gros blasé qui parle. De plus, on y voit la Californie être rayée de la carte en 5 minutes, et il ne faut jamais bouder son plaisir.

À la sortie, ce qui nous a frappés, c'était qu'à l'évidence, l'Algérie l'avait emporté sur l'Égypte. Impossible de ne pas y prêter attention, et je suppose que si vous étiez dans un centre ville hier soir vous voyez de quoi je parle. C'est décidément très pratique comme invention, le foute. Tu es précarisé à mort ? Tu vis dans des barres de cité moches à pleurer sans espoir d'en sortir un jour ? Ton avenir est bouché dans une société où on te fait comprendre tous les jours qu'on aime pas ta gueule de bronzé ? Pas de problème ! Tu pourra être fier de l'équipe de foute locale. Comme ça, tu as un truc auquel te raccrocher et qui va te permettre d'évacuer toute cette énergie bouillonnante dont on ne peut toutefois pas s'empêcher de penser que si ces braves supporters de foute qui s'enflamment pour 11 millionnaires en short qui courent après une baballe consacraient autant de fougue à défendre leurs droits, au lieu que de gueuler comme des veaux hilares en klaxonnant, on aurait une révolution dans la semaine, dites donc.

Le reste de la soirée s'est fort bien passé, je vous remercie.

mercredi 18 novembre 2009

Pitinenfants

Le réac regarde trop la télé. Il a beau faire le malin à se prétendre plus "éclairé" que les autres, il fait comme tous le monde et s'abreuve aux infos des JT de TF1 - chaîne dont il peut mépriser le côté popu bas de gamme à voix haute mais qui n'en reste pas moins la plus proche de lui idéologiquement parlant. Et comme il regarde le JT de TF1, qu'y voit-il à longueur de temps ?
De l'insécurité.
Le moindre fait-divers devient guérilla urbaine, la moindre voiture qui crame dans une banlieue, c'est le début de la guerre civile, le plus anodin vol de sac à main, c'est la chute de la civilisation occidentale. Et encore, ça c'est rien qu'en France. Ailleurs, c'est pire : guerres obscures qui semblent permanentes pour des raisons qui nous échappent, famines, populations qui fuient, pandémies diverses et variées, fusillades dans des maternelles : le monde ne va pas bien. Et du coup, le réac flippe. Déjà qu'à la base c'est un gros anxieux qui a peur de tout et hurle à l'incivilité dès qu'il met un orteil hors de son T1 bis, la vision répétée et quotidienne des journaux télé n'arrange pas son cas, oh que non. Alors, il a peur, toujours, peur de tout et de tout le monde, et il rêve qu'un jour une sorte de mélange de Poutine et de Thatcher remette de l'ordre dans ce pauvre pays qui va mal...

Foncièrement, le réac est un imbécile pétochard, nous sommes d'accord. Incapable de prendre une once de recul par rapport à ce que les médias lui balancent dans la tronche à longueur d'année, épouvanté par ce qu'il voit à la télé sans jamais se demander si au-delà de ce qu'on lui montre n'existent pas des causes plus profondes aux phénomènes - malaise social, paupérisme grandissant, exclusions en tout genre...-, il s'agrippe désespérément à sa télécommande pendant que son pauvre cerveau saturé d'images de brutalités part en roue libre pour lui faire dire, ou écrire en l'occurrence, absolument n'importe quoi. Comme par exemple ceci :

"la racaille peut désormais se pavaner en plein coeur de Paris et massacrer des victimes innocentes au nez et à la barbe des CRS pourtant présents (...) Contre la délinquance, la réponse principale, c'est le coup de matraque, aussi fort que possible, la prison, aussi longtemps que nécessaire, et les mesures éducatives quand elles peuvent s'appliquer avec les moyens ad hoc."

On retrouve donc l'habituelle fascination de la Force - toujours exercée par d'autres, hein, faudrait pas déconner non plus - et le rejet de toute pensée construite dans une réaction toujours sur-émotionelle à un évènement quel qu'il soit. Rationalité du réac = néant, et inflation verbale à l'avenant. Il faut rappeler tout de même au réac que si certes en effet, on ne peut que condamner les agressions de braves gens par des imbéciles frustrés, il y a toutefois une manière de nuance entre ce genre de choses et un "massacre", qui consiste en l'élimination physique de populations. Sabra et Chatila, c'est un massacre. L'affaire de Mailorama n'a même pas débouché sur une émeute en tant que telle - question de taille, c'est gros une émeute. South Central en 1992, ce sont des émeutes - mais sur des échauffourées. Et ce n'est pas parce que ce ne sont "que" des échauffourées que la violence physique en est absente, nullement. Mais on ne parle pas des mêmes choses et c'est pourquoi il est important de préciser l'objet dont au sujet de quoi on cause. On voit donc qu'il faut tout expliquer au réac, avec des mots simples et en lui parlant doucement mais fermement, comme à un enfant en somme, ce qui est tout à fait normal d'ailleurs : le réac a un émotionnel bloqué au stade des moins de 4 ans.

Bien évidemment, notre réac se mettra derechef à couiner qu'aux States, une affaire similaire de distribution d'argent public avait eu lieu dans le calme, et d'en expliquer l'absence de violence par la présence de gardes armés...
Le réac se contente de rester à la surface des choses, décidément, et c'en est quelque peu agaçant, à la longue, tant de sottise satisfaite, non ?
Cette histoire des distribution de thunes à des pékins lambdas avait eu lieu sans publicité préalable, pour commencer. Pas de buzz, pas de médias complaisant, mais un "happening" commercial discret. Ensuite, le pognon ne se donnait que dans le cadre d'entretiens individuels où le demandeur devait exposer pourquoi il voulait du cash et pour quoi en faire. Pas de billets jetés dans une foule, donc, et le cadre existant assurait un minimum de risques de dérapages. On voit que de ce point de vue, la présence de gens en armes devenait superfétatoire...

Mais ça, c'est la réalité de la chose, n'est-ce pas. Et allez donc expliquer ça à un pauvre type au bord de se faire pipi dessus, scotché devant sa lucarne, et qui veut mordicus, en dépit de toute raison, que l'armée intervienne dans les cités...tout péteux, au bord des larmes, tremblant à chaque fois qu'il s'aventure dehors, craignant tout, il attend. Il attend, dans un mélange de ferveur et de désespoir, qu'un Homme Providentiel le prenne dans ses bras pour lui faire un câlin et lui chuchoter des mots doux et chauds, pendant que les méchants sont punis et que tout va bien dans la maison, maintenant chut il faut dormir (= travailler, consommer, regarder la télé, avoir une vie de blaireau), Papa est là...

Des gosses, je vous dis.

mardi 17 novembre 2009

Mesrine, voleur et martyr

J'ai toujours été pour les gendarmes, en fait. Et j'ai toujours été pour que les voleurs perdent à la fin. C'est peut-être pour ça que je n'ai pas aimé Mesrine, le biopic très très mais alors très complaisant de Jean-François Richet sur l'ex-ennemi public N° 1, vraisemblablement abattu par la police le 2 novembre 1979. Je n'avais pas non plus aimé Ma 6-T va cracker du même, sauf le générique avec une Virginie Ledoyen arborant drapeau rouge et kalashnikov, on a la libido qu'on mérite je suppose...enfin, le générique de début, s'entend, pas celui de fin avec les gros nigauds qui hurlent que POW POOOOOOOOWWWWW ON VA TROP NIQUER LE SYSTÈME PETROGRAD SARCELLES MÊME COMBAT POOOOW POOOOOOOOWWWWW !!!!!!!, oui, c'est aussi ridicule que ça en a l'air. Cependant, dans les deux films, un propos similaire : les parias de la société vont - ou en tout cas ont très envie - de mettre à bas le "système". D'où la fascination pour Jacques Mesrine, exclu par excellence parce que bandit, et quel bandit, mâtin : l'aristocratie du milieu, siouplaît, braqueur de banques. Ce qui vous a un charme autrement viril qu'un bête Bernard Madoff qui se contentait de plumer ses pigeons le cul au chaud devant son ordinateur, quand même.

4 bonnes heures de Vincent Cassel sous toutes les coutures plus tard, je reste perplexe : ou ça va tout ça ? Parce que Jean-François Richet nous montre non pas Jacques Mesrine le truand, mais son Mesrine à lui, loser magnifique, figure flamboyante qui vit le .45 auto à la main, figure ultime du vrai rebelle contre l'État, la Police, les institutions, les cons qui vont bosser le matin, bref : tellement anti-système que plus punk que lui, tu meurs. D'ailleurs, il est mort, ça tombe bien, et on peut donc lui faire dire ou faire ce qu'on veut c'est tout de même bien pratique. Sauf que ce qui gêne, c'est que Richet veut à toute force faire d'un psycho meurtrier - ce qu'était Mesrine dans la vraie vie - une icône politique, voire une sorte de modèle admirable façon Guévara nihiliste. Et là, ça coince.

Je veux bien que dans le camp de la radicalité de gôche, on soit quelque peu en panne de figures à admirer, et que celles qu'on propose à l'appétit du besoin d'aimer des masses commencent à sentir quelque peu la naphtaline ; certes. L'image politique du "héros", puissant vecteur symbolique qui ancre l'enthousiasme dans les esprits par son caractère exemplaire, est une composante essentielle et indispensable d'un imaginaire agissant sur le réel. Et l'une des raison du patinage actuel du camp progressiste est que non seulement nos victoires font piètre figure face aux triomphes des charognards d'en face, mais aussi que nous ne disposons pas sous la main de "figures" nobles et récentes auxquelles arrimer un discours. Négliger la composante "affective" de la politique est une erreur que nous nous entêtons à commettre, je n'en démordrai pas.

Mais Mesrine ?
Faut-il donc que les temps soient bien sombres pour qu'on hisse un malfrat cinglé au pinacle, décidément...et qu'on ne vienne pas me faire rire avec les "convictions" fort tardives d'un Mesrine s'auto-proclamant "révolutionnaire". Dans le contexte des années 70, il a été amené par ses activités à rencontrer des militants clandestins et du coup s'est pris pour ce qu'il n'était nullement. Posez le dans les années 80, il n'hésitera pas à se proclamer "entrepreneur" et fustigera toujours l'État. Mesrine n'a jamais eu quelque "conviction" que ce soit, sinon celle de sa fin violente, ce qui suffit à le désigner comme anti-héros tragique. Et c'est cette tragédie, justement, ce "destin" d'une vie marquée par une extrême brutalité - une quarantaine de refroidis, quand même...-, crée la fascination...

Et la fascination, c'est l'abolition du jugement critique dans le désir hypnotisé de fusionner avec l'objet fascinant. Quelque part. C'est pour ça d'ailleurs qu'il ne faut être fasciné par rien. Ni par personne. Et surtout pas par un braqueur de banques qui torgnole des femmes.

lundi 16 novembre 2009

Tournez manèges

(copié/collé du mail envoyé à la rédaction du Figaro.fr) :

"Monsieur Rioufol,

Je me décide à vous écrire, parce qu'en tant qu'homme de gauche et partant soucieux de mon prochain dans tous les aspects de son existence, il finit par me venir une poignante perplexité vous concernant. Je m'explique.

En tant qu'homme et citoyen, mais aussi Incontesté Meilleur Blogueur De Gauche, je ne m'étais nullement privé de bien me foutre de votre gueule, il me faut l'avouer. Vous voyez que je n'avance pas masqué et cherche d'abord à mettre les choses au clair d'entrée de jeu. Nous ne partageons à l'évidence pas la même vision du monde, c'est le moins qu'on puisse dire, et pour cette raison je n'ai pas craint de fustiger moult fois vos billets - que je trouve désopilants mais sans doute pas dans le sens que vous le voudriez - et une certaine attitude envers autrui qu'on pourrait un peu qualifier tout de même de paranoïa tendance bouffées délirantes quand vous traitez systématiquement vos contradicteurs de "bien-pensants" alors qu'ils se contentent de vous expliquer, ou en tout cas d'essayer, que vous ne vivez peut-être pas dans le monde réel des gens normaux.

Cependant, la lecture assidue de votre prose finit par m'étreindre d'une forme entêtante d'angoisse : pour ne rien vous cachez, monsieur Rioufol, je suis inquiet. Je suis inquiet pour vous. J'exprimerai mes craintes sans détour : je crains que vous ne fassiez un geste aussi fatal qu'irréparable...
Chacun de vos billet en effet n'exprime qu'épouvante et désespoir. On est envahis, on est plus en France, tout fout le camp, le totalitarisme est à nos portes, c'est foutu, c'est mort, il ne reste qu'une poignée d'esprits lucides cernés par des bobos malfaisants - et multiculturalistes -, la France a tout perdu, ce monde est méchant, etc. Il est vrai qu'au début, c'était très amusant à lire. Très distrayant, si vous voulez. Ne le prenez pas en mauvaise part, mais ces hululements hallucinés à répétition ayant pour but de reconstruire la réalité pour la faire convenir à votre pathologie sont, pour quiconque dispose de trois neurones en état de marche, follement rafraîchissants. Mais il me semble donc que ces derniers temps, avec cette farce de l'identité nationale dont ce gouvernement de charognards nous rebat les oreilles pour faire diversion à ses échecs répétés, il me semble disais-je que cette affaire soit la goutte qui fait déborder le fragile vase d'une santé mentale quelque peu surmenée...

N'écrivez-vous point dans votre billet du 13 novembre 2009 - rédigé par ailleurs à 0h01, drôle d'heure tout de même, souffrez-vous d'insomnies ? Êtes vous tourmenté par de noires pensées au moment de l'endormissement ? Allez vous bien à la selle ? -, cette courte phrase qui m'a jeté dans de sombres alarmes :

"il est demandé aux Français de choisir entre, d'une part, la poursuite d'un processus de libanisation de la société devenue multiethnique"

"Libanisation" ?

Ce qui sous-entendrait que nous serions fort proches d'une sorte de conflit comme en a connu le pauvre Liban dans les années 80, quand des chiites hurlants se jetaient sur des ambassades occidentales les mains scotchées sur le volant de leur camions bourrés de nitrate-fuel pendant que des factions surarmées s'entretuaient rues par rues ????

Et là, monsieur Rioufol, là, je suis inquiet. Je suis très inquiet pour vous.

Parce qu'un tel conflit n'est pas sorti de nulle part. Les factions susnommées, avant que de se mettre sur la tronche - et massacrer au passage un gros paquet de civils - possédaient déjà des armes de guerre et l'entraînement qui va avec. S'étaient déjà organisées, et depuis longtemps, en petites armées disciplinées et équipées qui manifestaient haut et fort leur existence. Le Liban n'a pas basculé d'un jour à l'autre, soudainement et sans que rien ne l'annonce, dans l'horreur de la guerre...

Euh, monsieur Rioufol, où sont les milices fanatisées et armées jusqu'au dents dont vous parlez ?

Où ?

Puisque tout de même, le pire qu'on risque en France en 2009, c'est une agression à des fins crapuleuses, admettons, et encore. Ce qui n'est tout de même pas tout à fait la même chose que de se faire mitrailler sa voiture à l'AK-74. Si ?...

Il me semble donc que tout ça est quelque peu confus dans votre tête, monsieur Rioufol...et on a trop connu par le passé de ces gens qui, se sentant par trop incompris et poussé au désespoir par leurs propres fantômes, ont fini par commettre un geste trop définitif...

Je voudrais vous poser une question un peu indiscrète, monsieur Rioufol : avez vous une compagne ? Quelqu'un qui partage vos jours et vous soutient dans les moments difficiles, vous encourage au quotidien, vous accompagne à la clinique pour la consultation du mardi et vous aide à prendre vos cachets ? La présence d'une être aimant peut être un grands secours pour les personnes fragiles dans votre genre, et peut même contribuer à une petite amélioration de votre état. Il faut faire confiance à la nature humaine, monsieur Rioufol. Et si par malheur vous étiez seul à affronter ce monde hostile et froid, j'ai peut-être trouvé chaussure à votre pied, regardez :



N'est-ce pas touchant de vous voir aux côtés d'Elisabeth Lévy ? Franchement, quand on voit cette vidéo, on ne peut que se dire : qu'ils vont bien ensemble ces deux là ! Et cette éclair de heu, démence ? Bon, disons "passion" qui habite le regard de mademoiselle Lévy - qui a l'air complètement folle quand même, dans les moments où on la voit - ne serait-il pas le complément parfait à la gueule de raie psychorigide qui est la vôtre, et qui cache à coup sûr une âme sensible et délicate ? Vous voir tous deux chanter les louanges de la culture française m'a bouleversé, quant à moi. Et comme on vous imagine bien, tous les deux, joue contre joue, à fustiger la bien pensance le regard tourné vers un Occident tout bleu et surtout tout blanc...

Monsieur Rioufol, n'hésitez plus ! Le bonheur était assis à côté de vous ! Contactez au plus vite la rédaction de Causeur et jetez vous à ses pieds ! Joie ! Félicités ! Délices et orgues !
Mais si vous faites des petits, ne m'en réservez surtout pas un, d'accord ?

Bien à vous,

CSP".

vendredi 13 novembre 2009

Le difficile équilibre



Denis Sieffert est soit un plaisantin, soit il a la mémoire qui flanche il se souvient plus très bien. À l'instar de ses petits camarades du Frondgôche - puisque Politis, sans jamais l'exprimer clairement, roule pour le PG en alignant articles sur articles critiquant vertement le vilain sectarisme npéiste sans jamais se poser la question de ce que Mélenchon et son fan-club vont réellement faire à l'issue des régionales -, il semble s'être lancé dans une grande lessive mnémonique qui fait disparaître comme par magie le bilan des régions socialistes, et ce afin évidemment que de pouvoir sagement prendre place sur les dérisoires strapontins que voudront bien leur accorder leurs nouveaux copains sociaux-démocrates.

Toutefois, on observe un changement de ton quant à l'exhortation à l'unitéééééé, qui me semble t-il, se fait à la fois plus larmoyante et résignée ; tout d'abord parce que tout le monde sait depuis des mois que ces réunions à répétition n'aboutiront à rien, et ce malgré d'importantes concessions de notre part, et quand je dis "importantes", c'est un euphémisme. Ensuite, parce qu'au delà des régionales, le Frondgôche sait parfaitement bien que sans le NPA pour y apporter une jolie couleur de radicalité, il va gentiment se faire gober tout cru dans les exécutifs et ne pourra pas s'appuyer sur nous pour le sauver de ce naufrage programmé. Ils gagneront des places ? Fort bien. Mais ils savent qu'en s'y asseyant, ils signeront leur déclin. Que va devenir le PG, entité politique déjà toute riquiqui, dont une majorité de membres ont claqué la porte du P"S" pour retourner à la soupe moins d'un an après ? Tout ça ne fait pas très sérieux, et surtout, cette, disons, "inconstance" pour être poli, ça risque de se voir très fort...d'autant qu'en interne, ils commencent - enfin ! pourrait-on dire si on était un peu méchant...- à se rendre compte dans quel gloubiboulga opportuniste les PCF les enferme.

Alors oui, en effet, tout ça est fort petit et quelque peu mesquin. Tactiques politicardes, coups bas et cynisme à tous les étages, calculs froids et stratégies prenant le pas sur des considérations plus "humanistes", disons. De la politique, quoi. C'est très sale, la politique, c'est vraiment un monde où les âmes innocentes ne font pas long feu. Ces histoires d'élections, par exemple, tenez : on pourrait bien se demander en effet ce qu'une formation anti-système comme nous nous prévalons de l'être peut bien foutre dans des échéances qui au final ne servent que les grands partis et partant les institutions en place. Ou faire passer nos porte-parole dans les médias bourgeois, on essuie moult critiques pour ça également. Alain Badiou, entre autres, exhorte la gauche radicale à ne plus participer du tout à...rien, en fait, et à faire de la politique sans apparaître médiatiquement ni cautionner l'institutionnel par la participation électorale...

J'aime bien Badiou, évidemment. Mais il faudra ensuite qu'il nous explique, posément, avec des mots forts et simples, comment on existe politiquement sans ça...je serai très curieux de connaître sa démonstration. Puisque dans le monde tel qu'il est - à savoir fort imparfait nous sommes d'accord - une formation politique qui refuserait la médiatisation même en ayant conscience des pièges qui y sont liés ; et qui refuserait de participer aux scrutins, même en ne se faisant guère d'illusions quant à leur finalité ; et bien, c'est très simple, finalement : cette formation n'existerait pas. Ou en tout cas serait totalement invisible dans le paysage politique. Oui, c'est pourri, hein ? Quand je vous disait que c'était cracra, la politique...

(Au passage, je recherche le titre d'un film avec Henry Fonda, en noir et blanc, sur un politicien idéaliste qui se rend compte petit à petit qu'à force de compromis, il a perdu son âme et ses convictions...les plus cinéphiles de mes lecteurs et trices voient-ils de quoi je parle ?)

Bref.

Disons que le difficile équilibre, c'est essayer, je dis bien essayer, de comprendre les enjeux et partant de mesurer la dose de concessions nécessaire et forcée, tout en ne perdant pas de vue ses idées et les valeurs qui ont amenées à l'engagement. Apprendre à faire la part des choses entre sincères convictions et comment les appliquer aux temps présents. Ce n'est pas facile, c'est même parfois dangereux, bien sûr : trop d'idéalisme, et on se condamne à la groupusculisation permanente ; trop de pragmatisme sans âme, et on devient une machine politique, peut-être efficace, mais vide...

Sur ce, bon WE et surtout : ne soyez pas sages.

FUBAR



Et vu l'état dans lequel on fait cette émission, Fucked Up Beyond All Recognition, ça convient assez parfaitement, en fait.

jeudi 12 novembre 2009

Bobos

Quand le réac est coincé dans les cordes et qu'il est à sec d'arguments, il ne fait jamais défaut de sortir le qualificatif qui tue : ceux qui ne sont pas d'accord avec sa vision de petit blanc étriqué et conformiste sont des "bobos". Vlan, et le réac est tout content de lui - tant il en faut fort peu pour que ce genre d'imbécile suffisant s'autocongratule de sa propre pauvreté intellectuelle - et pense qu'il a clôt le débat de définitive manière...La flaque Zemmour ne se prive jamais de traiter de bobos tous ses interlocuteurs qui osent le contredire, avant que de sourire de sa propre saillie en se frottant les mains avec ce rictus  si particulier sur le visage qui justifierait son découpage à la tronçonneuse séance tenante.

"Bobos", c'est ce que le réac sortira pour opposer sa vision à lui - en connexion concrète avec le vrai pays réel des vrais gens de la vraie profonde France, en tout cas il le croit très fort - à celle du droidlhommiste irréaliste et niais et dangereux dans sa mièvrerie tant il est pas en phase avec le vrai pays réel des vrais gens. Le découpage, parfaitement spécieux et ne reposant sur rien d'un tant soit peu tangible, entre une droite proche du peuple (rires) et une gauche cultureuse et prétentieuse à la ramasse, est bien plus que l'injure facile du droitard qui n'a rien à dire : c'est le pivot de la démagogie poujadiste qui veut faire croire qu'elle sait mieux que tout le monde ce que vivent et pensent "les gens". En ayant colonisé les imaginaires à force de trente années de propagande néolibérale et de haine de la fonction publique, la droite à façonné un conscient collectif dont elle peut s'emparer ensuite pour dire : vous voyez bien ! Nous, on est en phase grave avec le peuple profond ! C'est pourquoi il faut poursuivre les réformes blablabla, logorrhée habituelle qui assène à coups de tractopelle les trois pauvres "idées" qui tournent en rond dans les cervelles en ruines de l'électorat de droite et se ses bouffons médiatiques.

Et là, il faut clairement arrêter la plaisanterie.

En phase avec le "peuple", des Eric Zemmour ou des Ivan Rioufol, prisonniers des leurs propres obsessions névrotiques identitaires et incapables de sortir de leur incurable ringardise passéiste ?

En phase avec le "peuple", un Nicolas Sarkozy et son gouvernement vendu au MEDEF, tous issus de la bourgeoisie ricanante qui hait la populace plus que tout et ne connaît d'autre maître que l'argent ?

En phase avec le "peuple", les macaques de cette farce nommée "réacosphère", théorie de singes hurleurs en décompensation permanente qui tremblent devant des hordes besancenobenladistes qui n'existent que dans leurs cervelles aussi pétillantes que de la salade cuite ?

Soyons un peu sérieux.

La construction idéologique qui sert de socle à la droite pour critiquer la gauche est une non-réalité. Un fantasme dont elle a un crucial besoin afin de se conforter dans l'idée qu'elle se fait d'elle même et de désigner un adversaire néfaste et décrédibilisé pour pouvoir dire et se dire : nous, on est pas des bobos - parisianistes, snobs, cultivés donc prétentieux donc pas proches des "gens", nous, on vit dans la vraie vérité des vraies choses.

Sauf qu'on aimerait bien savoir en quoi ces imbéciles vivraient davantage dans le monde réel que leurs opposants. Faire des blagues sur les fonctionnaires en rouspétant qu'on paie trop d'impôts tout en prétendant qu'on est pas raciste mais, ce n'est pas une théorie politique : ce sont des propos de piliers de bistrots défoncés au 51. Que cette diarrhée verbale de beaufs ait fini par devenir le marteau idéologique de la droite pour enfoncer tous les clous quels qu'ils soient en dit fort long sur son projet de société : fabriquer des cons abrutis par TF1 qui vont vagir des aigreurs d'aliénés leurs tristes et inutiles vies durant, pendant qu'une bourgeoisie satisfaite les enculera jusqu'au trognon. La baisse de niveau intellectuel et la destruction de toute velléité d'esprit critique n'est pas seulement une conséquence du lavage de cerveau généralisé à force de télé-réalité et de JT de Jean-Pierre Pernaut : c'est le préalable indispensable à l'exercice de la domination.

D'où l'absolue nécessité de jeter le discrédit sur tout ce qui prétend "réfléchir" - haine de la culture et moqueries acerbes envers ceux qui ne seraient pas en accord parfait avec l'idéologie dominante - afin d'installer dans les consciences l'évidence d'une nécessité de ne pas trop penser et de se mettre au boulot...

Et ce serait de pareils abrutis qui viendraient nous donner des leçons ?

Disons le clairement une bonne fois pour toutes : réacs en peau de lapin, cons de droite et spongiformes libéraux, nous vous pissons à la gueule. Nous sommes non seulement plus intéressés par la culture que par la volonté de faire de l'argent, mais les choix de carrières et de vies que nous faisons - santé, social, éducation, culture, services, militantisme - montrent que contrairement à vous, nous sommes soucieux du bien collectif et pas uniquement de notre gueule, ce qui démontre au passage notre incontestable supériorité morale. Vous êtes des cloportes et vivez dans un monde à votre niveau en essayant de rabaisser tout le monde pour vous tenir chaud, et il est parfaitement légitime pour ne pas dire nécessaire de tout faire pour ne pas vous ressembler. Nous vous méprisons, nous avons raison de le faire, et si tant est qu'il y ait désormais un seul objectif viable dans nos existences, c'est de reconstruire une gauche digne de ce nom pour imposer nos valeurs et éradiquer la purée froide qui vous sert d'idéologie, et aussi vous botter le cul.

So say we all.

mercredi 11 novembre 2009

Névrose



Eric Zemmour, le ténia humain, le nabot racialiste, le minable et chetif personnage qui ose débonder son fiel de teckel aigri dans l'indigente émission de Ruquier, Eric Zemmour, cette flaque, parce que Eric Zemmour n'est même pas un être humain digne de ce nom, c'est une flaque, une flaque de vomi froid, une insulte sur pattes à 10 00 ans d'évolution, une petite et malsaine boule d'humeurs visqueuses qui s'épanche de ses frustrations dans des émissions débiles pour se libérer de sa situation de raté chronique et y répandre une bile jaunâtre de pétochard qui a peur de son ombre, Eric Zemmour qui traite tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui de "bobos" sans jamais quitter son arrondissement tant le reste du monde autour de son microcosme parisianiste le plonge dans de funestes angoisses, Eric Zemmour, Narcisse nombriliste plus solipcisé tu meurs qui projette ses troubles du comportement sur un pauvre monde qui ne lui avait pourtant rien demandé, Eric Zemmour se fait remonter les bretelles bien comme il faut, et c'est assez jouissif, il faut le dire.

"Névrose".

Peut-être même pas, d'ailleurs, parce que dans la névrose en tant que telle, la personne sait qu'il y a un truc qui cloche chez elle sans pouvoir mettre précisément le doigt dessus. Ici,on est plutôt dans ce qu'il est convenu de nommer "états limites" : d'apparence, on dirait que l'individu est à peu près normal excepté quelque tics un peu déconcertants, mais dès qu'on gratte, on voir un noyau dur de démence dure se faire jour. Quelle autre explication donner à certains comportements de notre droite ? Quand on lit, quand on entend que la France est sous la coupe de la gauche ; qu'elle est envahie par des hordes musulmanes ; que Sarkozy est collectiviste ; que ce qui préoccupe les français c'est cette question de l'identité nationale et pas les fins de mois ; que les subprimes, ce n'est pas la faute au libéralisme ; et on en passe des plus belles...
Comment ne pas voir que la droite mise au pied du mur de ses échecs successifs s'enfonce chaque jour un peu plus dans le déni de la réalité. Ce qu'on vit, ils s'en foutent : on est plus dans la raison mais dans une pensée magique totale qui s'arc-boute sur des présupposés bidons et qui les défend mordicus au prix de toute logique élémentaire...

Tout le monde s'en branle, de l'identité nationale.

Et on ne peut même plus espérer de ramener les Zemmour et consort à la raison : ces gens sont cuits et re-cuits. Il n y a plus rien à faire pour eux.


mardi 10 novembre 2009

Ce garçon est foutu

L'anniversaire de la chute du mur de Berlin n'aura pas été que l'occasion pour le Nain vagal d'encore se faire mousser sur du vent. On a pu voir en effet certains éditorialistes proprement délirer, au sens psychiatrique du terme, sur la commémoration de l'évènement, et en tête de gondole, arrivent bien évidemment premiers toutes catégories confondues les larbins sarkozyfiés du Figaro. De la vieille carne Mougeotte au poney désaxé Rioufol, tous d'entonner 1)la FIN du communisme, c'est FINI, promis, juré, bouh bouh bouh, ouf, on a eu chaud aux fesses mais heureusement c'est F.I.N.I., 2) Mais aaaattention : ça peut revenir, on sait jamais, vigilance vigilance, le totalitariiiiiiiiismeuuuuuuuhhhhh, la peste rouuuuuuugeuuuuuuh, nos démocratiiiiiiies sont fragiiiiiiiiileuh et le poison bolchèvique est encore dans le corps social, 3) c'est pourquoi il faut continuer les réformes. Nécessaires. Mais cruelles. Mais nécessaires.

Je vous jure qu'en gros c'est ça.

Et à leur suite, ou en tout cas dans leur immédiat prolongement, tous les excités monomaniaques du Joli Marché Qui Marche Pas En Fait de célébrer à leur manière la fin finale et définitive que y en aura plus jamais du tout nulle part du, euh, quoi déjà ? Ah oui : communisme.

Ainsi, ce blaireau.

Lequel il faut le lui reconnaître, est d'une opiniâtreté dans l'imbécillité niaise qui force l'admiration. Les subprimes ? Pas de problème : trop d'État. 1 milliard de gens qui crèvent de faim dans le monde ? Pas de problème : trop de régulation. Les suicides à France Télécom ? Pas de problème : c'est la faute aux syndicats. La baguette de pain qui augmente ? Pas de problème, vous dis-je : les trotskystes sont dans le coup...

Oui, c'est bien, hein, d'avoir une vision du monde de teckel trépané...On l'envierait presque, allez, ce bon garçon, de vivre ainsi dans sa jolie réalité parallèle à usage perso, un peu comme on est parfois attendri au spectacle de ces enfants trisomiques qui courent dans le jardin de leur centre, plein de fraîcheur et d'innocence sans se soucier du monde méchant derrière les murs...

L'occasion de cet anniversaire était vraiment trop belle pour notre "vrai" libéral pur jus que de comparer le funeste "communisme" (qui a fait des milliards de morts) et le joli Libéralisme (qui veut le bonheur des enfants). Lisez, sa prose est...assez unique. Somme toute.

"Là encore, les nostalgiques de la période froide viendront se lamenter sur les dégâts causés par l’ultranéolibéralisme et le capitalisme mangeur d’enfants et d’ouvriers dans les pays de l’Est qui, pourtant, n’ont pas reconduit les communistes au pouvoir quand on a demandé, pour de vrai, son avis au peuple. Mais c’est normal : il est con, le peuple. Non ?"

Il faut ici présenter une particularité de notre cas du jour : parfois, il se risque à tenter de faire une assez étrange chose qui se veut, comment dire..."humoristique". Oui. Je sais. On peine à comprendre en quoi les quolibets du garçon pourraient contenir une minidose de vrai humour, et en vérité on en est quelque peu gêné pour lui...Après, bon, ça a sans doute le mérite de le faire bien se poiler tout seul devant son clavier, et franchement, arriver à se faire rire tout seul, c'est déjà pas mal.

Mais entrons à présent dans le vif du sujet qui est grosso modo : le Libéralisme C'est Bien, D'abord :

"En vingt ans, des pays comme la Pologne, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie ou la Slovaquie ont montré toute l’horreur du capitalisme appliqué, à faibles ou fortes doses : des villes qui se couvrent de bâtiments neufs, des gens qui s’enrichissent, et toute l’abomination d’industries qui se développent, voire, horreur des horreurs, qui exportent des savoir-faire et des experts !"

Et on vit dans un monde merveilleux...

Bon, tout ne va pas SI bien que ça, évidemment, on peut toujours chipoter ; mais il est incontestable que ces pays se sont clairement rapprochés des standards de vie d'Europe occidentale : par exemple, leur taux de chômage est à peine plus élevé que le nôtre...
Les sociétés sont un tout petit peu plus exposées à des petits phénomènes de violences mafieuses de rien du tout, qui certes existaient déjà dans les temps soviétisés mais à qui l'économie de marché à su donner un coup de fraîcheur incomparable...
Nombre de ces pays qui ont connu les charmes austères d'une transition un peu brutale il est vrai vers le Joli Marché vont en prendre plein la gueule grâce à la crise, vu que le néolibéralisme ne les a pas vraiment préparés au bordel qu'il est capable de créer...ah oui, il est comme ça, le Marché, il donne, et il reprend sans prévenir...
Et puis bon, zut à la fin, oui, c'est vrai, il y a aussi cet embêtant souci de ces gens qui s'obstinent à sottement mourir pour cause d'inégalités sociales, ok, là, on l'a dit.

Mais à part ça, ça va, hein.

Vraiment.

D'ailleurs, il faut que ça aille. De gré ou de force. Le Marché, c'est Bien, et partout où il met les pieds il fait le bonheur de gens. Là. OK ?????

Sauf que non, évidemment. Partout où il passe, le néolibéralisme enchaîne les catastrophes, mais constater ça, c'est vivre dans le monde réèl. Le vrai monde. Pas le mignon paramonde des libertarés aigris en décompensation permanente qui veulent absolument que les pièces carrées entrent dans les trous ronds et prétendent devant l'échec patent de leurs piteuses tentatives que c'est la faute au trou qui n'est pas moderne...

Ainsi, notre pauvre garçon traîne son spleen de libéral qui ne comprend pas, non, vraiment, il ne comprends sincèrement pas que son modèle économique, à part une poignée de zinzins dans son genre, plus personne n'en veut...du coup, il lâche régulièrement des petits billets tout désappointés sur le méchant monde collectiviste qui le cerne de partout - oui, il est cerné par les collectivistes. Dont Nicolas Sarkozy. Qui est : un collectiviste. Oui, ce garçon a un mode de pensée assez original, quelque part...- et tourne en rond à l'intérieur de son petit cortex en ressassant de grises pensées...

Décidément, ce garçon est foutu.


vendredi 6 novembre 2009

All the king's men


Ça y est kids, c'est parti : le début de notre heure de gloire. La preuve : on en est déjà à se prendre la tête pour les groupies. L'étape suivante : la baston avec des morts dans la salle. Il nous faut notre Altamont, personne ne peut être pris au sérieux sans ça.

jeudi 5 novembre 2009

Élégance

On se tromperait lourdement en voyant dans CSP un gauchiste échevelé nourri aux mânes post-libertaires maisoixantehuitardes et qui à l'instar de ses forts nombreux congénères se mettrait à porter des bonnets en poils de lama ou un keffieh histoire de bien montrer qu'il est trop de gôche tu'ois. Mes dizaines de milliers de lecteurs et teuses l'ont bien compris : CSP, c'est le prototype du Socialiste Du XXIème Siècle, qui a lu ses classiques et a un MP3, et qui porte le poil ras et la chemise dans le pantalon avec une ceinture. Finissons en une bonne fois pour toutes avec cette désuète imagerie de l'activiste négligé et mettons nous du déo sous les bras, crénom.
En vérité je vous le dis et ne crains pas de l'affirmer à voix haute et claire : CSP, il est pas pour le bordel. CSP, il a une vision du monde en mode carré de chez carré, en un mot, le Socialisme Du XXIème Siécle, ce sera l'ordre.

Ce qui replace immédiatement au centre du débat le port de l'uniforme non pas seulement à l'école - ce qui constitue un préalable inévitable dont il n y a pas lieu de discuter - mais dans la société toute entière. Oui. C'est comme ça. Une société toute entière portant uniforme, ça me fait kiffer grave, j'adore cette idée, je vote pour, et vous allez subir l'explication du pourquoi de la chose.

Un article du Figaro nous expose le désarroi de ces chefs d'établissements scolaires confrontés à des ados déguisés en portemanteaux de marques et qui se demandent comment remédier à cette surenchère :

"Les révoltes adolescentes, on le sait, passent souvent par le vêtement. Et en la matière, la provocation est la règle. Les établissements de banlieue ont été montrés du doigt, il y a quelques années ans, avec la mode du string qui dépassait des pantalons. Les stars de musique R'n'B ont depuis imposé la mode moulante. Cependant, les responsables reconnaissent volontiers qu'ils ont tout autant de mal à faire respecter des «tenues décentes» dans les lycées chics de centre-ville. À leur sortie, c'est parfois à un véritable défilé de mode sexy que l'on assiste."

Où l'on voit donc que le consumérisme ne connaît pas de barrières de classes et affecte tout le monde. Certains peuvent simplement s'en payer plus et qui coûtent plus cher pour frimer davantage. Ce qui ne préservent toutefois pas du ridicule le plus achevé, ainsi :

"Du côté des garçons, partout, le pantalon large «baggy» qui entrave la marche continue à dévoiler des caleçons de marque. Cette mode importée des États-Unis pour singer les prisonniers américains à qui on subtilise la ceinture, fait un malheur dans les établissements de centre-ville. D'autres adoptent le look «Chal» : la mèche de cheveux qui cache une partie du visage est associée à un pantalon slim"

Et vous admettrez avec moi que la seule vision de ces boutonneux à deux doigts de se casser la gueule sur les trottoirs justifierait à elle seule le port du pantalon à pinces et du pull à col en V. Si. Vous ne pouvez que l'admettre, vous êtes homme ou femme de goût et de décence probe, la preuve : vous lisez CSP.

Il existe néanmoins des différences notables liées au statut social :

"Les jeunes de banlieue sont moins attachés à de grandes subtilités de distinction dans les vêtements. La panoplie du lycéen des beaux quartiers est plus large. Il se permet aussi une certaine outrance que l'on ne voit pas ailleurs», explique Michel Fize. En ZEP, les jeunes filles d'origine maghrébine, notamment, font tout pour camoufler leurs formes, sous des pantalons jogging de peur de passer pour des «filles faciles». À l'inverse, devant les adolescentes habillées de façon «très sexuée» des quartiers chics, les chefs d'établissements hésitent parfois sur l'attitude à adopter".

On peut penser cependant que si le jeune de lieuban est moins attaché à la "distinction" que ses petits camarades de centre-ville, c'est moins par rejet des superficialités de la mode pour se plonger dans les charmes austères de l'étude que par manque de moyens financiers. Ne doutons pas une seule seconde que si la situation monétaire parentale s'améliorait tout soudain, les collèges et lycées d'outre-périphérique ressembleraient à ces absurdes clips de R'n'B où une sorte de, disons, pauvre garçon, fait assaut de frime et de joncaille devant des pépéttes déguisée en Rihanna low-cost. Mais on me fait signe dans l'oreillette que ça semble déjà être le cas, le sac Vuitton étant un faux à un endroit, et un vrai à un autre.

En dehors du fait qu'on puisse légitimement s'émouvoir de voir des gamines de 12 ans porter mini-shorts et maquillage de putes, il faut pointer un aspect particulier et nullement anodin du vêtement quelqu'il soit : le vêtement est un message. Il "raconte" la personne et "signifie" sinon ce qu'elle est du moins une certaine place qu'elle occupe dans la société et de plus en plus la façon dont elle veut qu'on la perçoive. Même quand vous racontez avec ostentation que vous n'en avez "rien à foutre" et vous contentez d'un T-shit quand il fait chaud et d'un pull quand il fait froid, votre attitude est signifiante : vous exprimez quelque chose par ce rejet des codes en vigueur. Le paragon de cette attitude étant bien évidemment le militant étudiant au Mirail, habillé soigneusement comme un sac et qui clame partout que la société de consommation elle est méchante, en oubliant jamais de fustiger le porteur de polo Lacoste qu'il croiserait en manif. Mine de rien, ce garçon est très soucieux de son apparence et sa coquetterie teintée de snobisme se contente de prendre la forme d'un gros pull lâche et moche. Mais ne nous y trompons pas : c'est de la coquetterie...

Le vêtement est donc un message. Et plus on peut se payer de la sape de marque qui flashe, plus on envoie un message qui signifie : "je suis mieux habillé que toi, DONC, je vaux mieux que toi". Le vêtement devient ainsi discriminant. Il n'est plus commodité servant à se vêtir, il devient facteur de paraître, affirmation de sa domination socio-économique et vecteur de frustration pour ceux qui regardent parader dans la cour leurs petit-e-s camarades dont les parents sont dans la tranche d'imposition supérieure aux leurs.

Cette situation aussi absurde qu'anti-démocratique doit cesser.

C'est pourquoi quand nous serons au pouvoir, on mettra deux claques dans la gueule à ces morveux pour commencer, et tout le monde en pull à col en V avec l'écusson de la Nouvelle Éducation Socialiste brodé sur la poitrine. Ça sera très mignon, et ça résoudra plein de problèmes.

Mais s'occuper de la vêture de nos chères têtes blondes ne saurait être qu'un préalable : à terme, c'est la société toute entière qui doit porter uniforme non seulement au travail, mais dans son quotidien de tous les jours.

Et là, vous gueulez. Bien sûr. Que gnagnagna gné gne totalitarisme, gnagnagna chuis un zindividu et je m'habille comme je veux tu 'ois, gné la Corée du Nord/le Chili, et toutes sortes de fariboles.
Bien.
Bien.
Bien...

Si j'étais un peu méchant, je pourrais dire qu'envisager son identité par le vêtement peut paraître très similaire à ce que pense le boutonneux, mais je ne veux pas croire que vous en soyez encore là. Évidemment.

Ensuite, pour ce qui est de votre si particulier et unique statut de zindividus à part entière et tellement pas comme les autres dans leur zindividualité, je me permettrais juste de vous faire remarquer qu'à priori, au moment où vous me lisez, il y a à peu près 75 % de chances que vous portiez un jean's...

Non ?

À présent qu'est définie notre si unique individualité qui fait de nous des êtres tellement pas du tout comme les autres, convenons ensemble qu'en matière de vêtement, il n y a que des conformismes. Et que ce sont avant tout des marchands de tissus et des publicitaires qui ont enfoncé dans le crâne de tout le monde que la fringue était une "définition de soi".

Partant, une société véritablement progressiste se devra de jeter aux orties ces diktats marchands, et choisira donc la généralisation du port de l'uniforme pour tous et chacun. C'est parfaitement cohérent. Ainsi, plus de clivages de classes immédiatement visibles, une égalité de fait assumée comme telle, et entre nous, l'uniforme n'a t-il pas parfois un charme sexy propre à enflammer les imaginations, parfois ? Mh ?

Quant à l'argumentaire de "perte de l'individualité", celui-ci ne tient pas la route une seconde : tenez, regardez les facteurs. Ne portent-ils pas uniforme indiquant leur fonction ? Sont-ce pour autant de parfaits clones identiques et décervelés, tous moulés comme petits-suisses dans une asséchante dépersonnalisation ? Nullement ! On peut porter uniforme et rester une personne à part entière, que diable !

Vous voyez donc par cette impeccable démonstration que le Socialisme du XXIème siècle sera très joli, en veste trois boutons et épaulettes. Mais si.