mardi 27 octobre 2009

Les idiots utiles de l'identité nationale

Plombé par les sordides histoires de son ministre touriste sexuel, décrédibilisé jusqu'en Chine par l'affaire de son cancre de rejeton qui lui démontre qu'en plus il ne peut pas faire absolument tout ce qui lui passe par la tête, entouré d'incapables incompétents et transparents dont la moitié le hait plus ou moins ouvertement, confronté à l'installation d'une crise financière dont personne ne peut plus croire qu'elle soit "derrière nous", flingué par les sondages même quand il sont truqués, parvenant à braquer même certains de ses députés quand il expulse de l'afghan, constatant avec une grandissante angoisse que sa base électorale se livre à une véritable compétition du "plus décu du sarkozysme que moi tu meurs" sous l'oeil ricanant de Marine Le Pen, Le Nain vagal que nous subissons n'est pas en grande forme. Bof bof, lui dit l'air du temps et les régionales qui s'annoncent sentent à plein nez le vote-sanction pour la majorité présidentielle, c'est à dire pour lui.

Mais Sarkozy a plus d'un tour dans son sac. Bon, enfin, non, pas vraiment. En fait, il n'en a que deux, mais des gros : l'insécurité - la France est livrée à l'Anarchie et il faut un homme un vrai avec des baloches comme des melons d'eau pour la sauver et cet homme providentiel ce sera moi Nicolas Sarkozy -, et quand ça marche pas, la grosse artillerie, celle qu'on sort pour les grandes occasions afin d'adresser un signal fort à la frange la plus moisie de l'électorat droitier : l'identité nationale. Traduire : quand ça va mal, sortir le drapeau tricolore en l'agitant très très fort pour ressouder autour le peuple de petits blancs pétochards qui flippe à cause de tout et lui faire penser qu'au moins, il lui reste la Nation, le Sol, le Sang, et les Valeurs Z'éternelles De La Fraaaaannnnnceuuuuuhhhhh.

Mais quoi de nouveau là dedans ?

Pas grand'chose, puisque les questions identitaires sont la tarte à la crème d'une Réaction qui la déballe à chaque fois que ça va mal pour sa gueule. Faire appel au sentiment national sur l'air de La Patrie En Danger permet toujours de mettre les vrais problèmes sous le tapis - un exemple parmi d'autres : la terrifiante montée d'un stress mortifère au travail - pour jouer la carte de la communauté soudée autour du Chef et du Drapeau. Tu es inquiet pour l'avenir ? Ton boulot est à chier et les conditions dans lesquelles tu vis se dégradent ? Ta fille de 12 ans s'habille comme un pute à force de regarder M6 et ton fils est au chômage ? Tu as un crédit-revolving sur le dos et tu as été obligé d'en faire un autre pour éponger le premier et tu te demandes quand tu vas être en sur-endettement tout en sachant que c'est imminent ? Tu regardes le JT qui te montre que ça va mal et tu te demande quand les Iraniens vont faire péter la bombe ? Ton monde est recroquevillé autour de ton consumérisme de blaireau et de ton aliénation de salarié exploité qui ne pense qu'à sa gueule ? Tu as voté Le Pen, et puis Sarkozy, et tu te dis que tu vas revoter Le Pen et tu ne sais plus où tu habites ni à quel saint te vouer ?

Pas de problèmes !

Parce qu'au moins, il te reste quelque chose à quoi te raccrocher.

Tu es Français, crénom !

Et c'est là que tu pètes un garde-à-vous frémissant, le menton haut et le regard humide, conscient de vivre dans un pays beau et fier et qui va bien mal Mâme Michu si c'est pas du malheur ça allez mais tu es Français, bordel ! Non, mieux que ça, tu es frrrrraaaaaannnnnçaiiiiisss de le Vraie France Des Vraies Valeurs Nationales De Ce Beau Pays Avec Ce Beau Drapeau Bleu Et Blanc Et Rouge et ça te fait quelque que chose dans les organes internes, une sorte d'émotion profonde et enracinée qui te fait prendre conscience que oui, Français tu es et pas qu'un peu fier de l'être, Allonz enfaaaaaannnnts deuuuuh laaaa Patriiiiiieuuuuuh !!!!!!

Bon, ensuite, tu est toujours aussi pauvre et con, hein.

Mais tu es fier d'être français.

Et ça c'est important.

Donc, plutôt que bêtement te demander si ceux qui lancent des débats à la con pour masquer leurs échecs successifs ne seraient pas un peu les mêmes qui te mettent dans la merde, tu vas pouvoir brave brebis t'affirmer dans ton identité de souchien décomplexé en agitant ton petit drapeau, là, et revoter UMP parce que c'est ça ou le chaos. À tous les coups ça marche. Bon, moins qu'avant, fût une époque où on pouvait te demander d'aller te faire étriper dans la Somme et dans la joie en agitant quelque hochets tricolores, l'époque a un peu changé et ce n'est plus tellement d'actualité. N'empêche : rien de tel que l'écran de fumée nationaliste pour faire oublier au populo que la bourgeoisie se fout ouvertement de sa gueule. Puisque la question de l'identité nationale, ça ne sert qu'à ça : occulter les vraies questions et détourner l'attention des vrais coupables assis sur leurs tas de billets.

Et puisqu'on ne me le demande pas, je vais derechef livrer mon sentiment sur cette question pour que ce soit bien clair :

lundi 26 octobre 2009

"Une très bonne nouvelle"

C'est donc plié : le PCF va comme prévu aller à la soupe pour sauver ses élus, et Mélenchon d'immédiatement s'enthousiasmer avec un élan qui finit par faire se demande si le fébrile sénateur dispose de trois neurones opérationnels :

"C’est une très bonne nouvelle. Le Front de Gauche continue. Il reste le point d’appui unitaire dont dispose l’autre gauche et les citoyens qui veulent un vrai changement dans notre pays vers les solutions de gauche à la crise. J’approuve la formule du texte communiste précisant que le but n’est pas d’opposer une gauche à l’autre dans la compétition qui va avoir lieu au premier tour mais qu’il s’agit de faire "bouger le curseur à gauche". Je ne l’aurais pas dit de cette façon, mais l’idée me va tout à fait. A présent les amis du NPA doivent eux-aussi faire l’effort qui est attendu d’eux".

En un mot comme en cent : connard.

"le point d’appui unitaire dont dispose l’autre gauche", meuh oui, prends tes pilules avec un grand verre d'eau ça ira mieux après. La révolution par les urnes, 6,5 % c'est bien ça ? Avec toi et ton mini-parti croupion à la ramasse qui est de toutes façons obligé de s'accrocher aux cocos pour espérer exister. Au moins, ces derniers ont fait effort de cohérence : il s'agit avant tout de sauver leurs élus et le pognon qui va avec pour encore retarder l'inéluctable agonie, et les listes "autonomes" du premier tour iront sagement frétiller de la queue avec les socialos aux deuxième. On voit donc désormais à quoi sert le Frondgôche : être un rabatteur de voix pour le P"S" et tenter d'isoler à tout prix un NPA qui lui n'envisage toujours pas, ben non désolé, de faire la pute pour quelques places dans les exécutifs. Mais c'est vrai, milles pardons, ce n'est pas explicité comme ça, on préfère dire : "le but n’est pas d’opposer une gauche à l’autre", rhoo ben non alors, surtout pas, c'est pas comme si les "socialistes" faisaient le boulot de la droite dès qu'il sont aux affaires, mais qu'allez-vous penser là ? L'hypocrisie à ce stade n'est même plus à son comble, elle déborde de partout en laissant de grosses flaques grasses dans son sillage. Qui peut penser sérieusement que ces listes à géométrie variable, où les aparatchiks locaux vont pouvoir faire ce qu'ils veulent, ne conduiront pas obligatoirement à des accords avec le P"S", voire dans certains cas à être présents au deuxième tour sur des listes d'union incluant Europe Ecologie et le Modem dans la foulée ?

Comme aux Européènnes, le Frondgôche va encore brailler tout ce qu'il peut contre les vilains sectaires alors que c'est lui qui bloque tout processus d'unitééééééé sous l'oeil attendri des socialos qui vont le gratter derrière les oreilles en faisant ché un bon toutou cha, oh voui alors, ché un brave chienchien à son maîmaître cha, va chercher les voix, va, brave Mabrouk.
Il reste au moins à espérer que de notre côté on ne va pas continuer à faire les gentils de service et qu'on ne ratera pas une occasion de leur mettre à chaque fois que c'est possible le nez bien profond dans leur caca.

jeudi 22 octobre 2009

Ah oui, en effet, il pleut...

Excellente occasion d'aller au cinema : 


Tiens ? Il pleut...

Vous savez ce que c'est, les adipocytes ? Ben moi, j'ai découvert ça récemment. Les adipocytes, c'est les cellules graisseuses qui font qu'on grossit, en fait. Alors voilà : en gros - ah ah -, vous mangez comme un goret, et des adipocytes se créent qui vont stocker tout ce vilain gras, et bien vous pourrir la vie si vous êtes soucieux-se de votre tour de taille. Et elles vont donc gentiment rester là et se multiplier à l'envie tant que vous vous goinfrerez devant la quatrième saison de Heroes - qui entre nous soit dit est à chier et même Robert Knepper ne parvient pas à sauver ce naufrage, mais bon. Ceci dit, Claire Bennett roule des pelles à sa coloc, on peut espérer que ça soit un peu kinky dans les prochains épisodes, arf.

Ou en étais-je ?

Ah, oui : les adipocytes.

Et donc là, vous vous dîtes : ben j'ai qu'à faire un régime à bouffer que du poisson bouilli et du riz complet, et hop, dehors les vilaines cellules graisseuses et je serai puissant et félin à la plage l'été prochain ! Hein, c'est bien ça que vous vous dites ?

Ô innocents...

Vous avez beau vous affamez tant que vous voulez à devenir aussi flippant de maigreur que Christian Bale dans The machinist, elle ne s'en vont pas, ces salopes ! Elles restent ! Elles sont encore présentes dans vos petits corps et elles attendent sournoisement le moment où vous allez bouffer une banane et là PAF ! Vous redevenez gras comme du saucisson ! D'où incompréhension, découragement, désespoir, vie en gris, teint cerné, militantisme à LO.

Le seul, je dis bien le seul moyen de les niquer, c'est purement et simplement de les détruire. Une à une. Patiemment et sans pitié. Parce que si ce n'est pas vous qui les niquez, c'est elles qui le feront en vous empêchant d'entrer dans vos jeans.

Donc, il faut faire du sport. Oui, c'est cruel. On vit dans un monde dégueulasse où le chocolat c'est meilleur que les haricots verts. Mais bon, quand on sera sous le Socialisme, tout ça s'arrangera et les légumes verts, ils deviendront bons. Si on vous le dit.

Pourquoi je vous dit ça ?

Oh pour rien. C'est juste que je n'ai aucune envie de parler politique aujourd'jui, alors je vous balance tous les trucs qui me passent par la tête. Voilà. Et puis ça change, non ? Je veux dire, c'est plus frais, là, on papote et tout, c'est sympa, quoi. Tenez, la prochaine fois, je chanterai les louanges de la méthode Lafay, et vous expliquerai à quel point ça va changer vos vies, ce truc. Et puis comme ça, on sera tous hyper-musclés et beaux et sains et contents. En plus, vous n'aurez pas le choix, j'ai décidé que pour commencer, mon entourage proche allait peiner sous un joug de sueur, de larmes, et de triceps saillants. Ils me remercieront, plus tard. Comme vous. Mais si.

Écoutez, c'est tellement sympa de discuter comme ça que je suis certain que vous ne m'en voudrez pas si je passe un Week-end loin de quoi que ce soit qui ressemble à une connexion Internet, allez. Depuis le temps, on se connaît, on ne va pas se faire la gueule pour si peu.

Have fun, kids.


mercredi 21 octobre 2009

Ah ! Les braves gens !

"Assez , la France n'a plus les moyens"

"ce qui scandalise, c'est qu'on leur donne, en plus, de l'argent pour rester chez eux ..."

"Ce serais moi , je commencerais par dissoudre toutes les associations pour le droit aux immigrés et clandestins"

"Ce qui anormal ce sont les régularisations"

"Désolé mais je n'arrive pas à avoir de la pitié pour ces gens là !"

"Félicitations Mr Besson , mais il en reste encore"

"Ces personnes sont des migrants économiques, lâches de surcroit"

"ceux qui quittent leur pays en guerre sont des déserteurs !"

"Les Bobos n'ont qu'à loger les Afghans chez eux !"

"Seulement Trois ? C'est une blague ?"

"On ne peut pas accueillir toutes les victimes de conflits mondiaux sans conditions, il doit y avoir des règles"

"On aurait dû embarquer aussi toutes ces associations"

"Trois c'est une goutte d'eau lorsqu'ils entrent par centaines.Leur mettre une puce afin de les repérer s'ils repassent en france"

"pourquoi polémiquer, le mot clandestin signifie hors la loie!"

"il faut commencer par éradiquer le fléau des associations, suceuses de subventions et paralysantes du corps national"

"nous français de souche européenne! aurons nous encore le droit d exister ou allons nous perdre toutes nos valeurs ;coutumes et traditions pour cause d une immigration exagérée depuis nombre d années?"

"C'est pas trop tôt , les français souhaitent plus d'efficacité pour les expulsions !"

"3 ? Et où sont les autres ???"

"ces associations nous gavent avec ce type de problèmes alors que la France va mal "

"tous les commentaires vont dans le bon sens"

"Ce gouvernement de nuls jette de la poudre aux yeux et c'est tout ce qu'il est capable de faire face aux invasions non controlées"

"Vous faites chiez avec les réfugiés .... il y en a marre de payer pour les autres !!!"

"mobilisation POUR l'expulsion d'AFGHANS par charter"

"toutes ces associations de défense, elles contribuent et sont responsable de toute la "chianlis" que nous avons actuellement dans notre pays"

"et je paierais pour des gens qui ne parlent pas Français?"

"il faut saisir et cloturer les comptes de ces associations de soutiens , les dissoudres, puis saisir et cloturer les comptes des citoyens membres de ces associations , les expulser avec eux et qu'ils se debrouillent pour vivre dans leur pays et on verra si il seront soutenus comme en france!! marre de cette invasion"

"Pourquoi que 3 ?"

"l'invasion a commencé grace a la faiblesse de nos institutions ,a la couardise de nos europolitiques et aux lobbys tiers mondistes"

"ces afghans sont des traitres à leur pays"

"si le gouvernement suivait la loi ce n'est pas 3 reconduite mais 300.000 qu'il faudrait réaliser"

"Ces personnes sont arrivées illégalement sur notre territoire ; il est donc normal qu'elles retournent d'où elles viennent"

"il y a des milliersde clandestins qui devraient profiter des voyages - payés par nos impôts - de retour au pays!"

"Il n'y a pas de raison de garder en France tous les immigrés clandestins afghans"

"Tous ces gens qui manifestent contre les expulsions, n'ont qu'à prendre à leurs frais s'ils ne veulent pas qu'on les expulsent...faut remettre de l'ordre dans ce pays"

"on n'a pas à imposer aux français de souche des invités indésirables"

"Il serait temps de condamner ces jeunes qui, au lieu de combattre dans leur pays laissent ce soin à nos jeunes soldats"

"Ils ont bafoué la loi en entrant illégalement en France !"

(Source...)

Ah...

Et dire qu'on trouve CSP violent...

Mais c'est que j'en ai encore, moi, du boulot, avant d'arriver à leur niveau.

mardi 20 octobre 2009

Exquise politesse

Quand il faut tonner contre le totalitarisme - y compris joufflu - et bramer comme cerf en rut en voyant du bolchevik derrière chaque lycéen qui manifeste, la droite n'est jamais en retard d'un amalgame nauséeux, ne passe jamais à côté de la moindre occasion de démagogie, et se permet de singuliers raccourcis avec une Histoire qu'elle maîtrise peu ou mal, ou en tout cas la tord dans suffisamment de sens pour lui faire dire ce qu'elle veut.

En revanche, elle ne voit nul inconvénient à chanter les louanges de criminels de guerre dans les colonnes fangeuses de sa presse du moment que ceux-ci ont été du "bon" côté de la politique, celle qui consiste à importer la "démocratie" à coup de tapis de bombes et de génocides dans des pays remplis de pauvres. Et qui le sont beaucoup moins, d'ailleurs, remplis, après le passage des bombardiers de l'US Army. La cas de la Pravda Sarkoyste de la ganache Mougeotte est à ce titre éclairant sur le deux poids-deux mesures de la "pensée" droitière, délirante au sens psychiatrique du terme quand elle parle d'une gouvernement de gauche, et d'une complaisance chantillesque quand elle se pâme devant d'authentiques bouchers. Chavez veut interdire les parcours de golfs inutiles et qui consomment trop d'eau ? C'est le totalitarisme. Le criminel de guerre Henry Kissinger est en goguette à Paris (puisque la France est un de ces pays où il peut encore mettre les pieds sans craindre d'être entendu par la justice pour deux ou trois atrocités commises sous sa responsabilité) ? Philippe Labro en dresse un portrait tellement enamouré que ça en devient gênant.

"Arrivant de Pékin, repartant pour Francfort, évoluant de colloques en séminaires, de conférences - chèrement rétribuées - en consultations au plus haut niveau - tout aussi bien payées -, Kissinger qui fut autant attaqué que respecté, accusé que célébré"

Kissinger offre un spectacle d'autant plus fascinant qu'il n'est pas spectaculaire, celui de la réflexion au travail. L'homme est inclassable, avec des lèvres à la fois gourmandes et sceptiques, un index de sa main droite épais et charnu comme si ce doigt avait pris du muscle à force de s'être agité, avoir tracé des lignes, conduit négociations et pourparlers, avec la même souplesse et autorité que le chef d'orchestre maniant sa baguette.

On dirait que ça rumine, ça phosphore, ça dissèque et ça passe à travers un tamis, on devine alors quel est son système de pensée. En fait, Kissinger organise son temps de riposte comme celui d'un métronome, dont les battements, réguliers mais silencieux, marquent la mesure de ses appréciations. Un tic, puis un tac, une affirmation, puis son antithèse. Kissinger étudie d'abord l'intention, pour construire sa rhétorique avant de la délivrer oralement, choisissant ses mots avec scrupule, avec la minutie d'un artisan du drap qui s'assure du bon agencement de la moindre rame sur un tissu."

C'est trop d'amour, décidément. Et en amour, on sait bien qu'il faut parfois fermer les yeux sur les petits défauts de l'autre, n'est-ce pas ? En l'occurrence, les petites imperfections du sémillant papy ont consisté dans quelques bagatelles comme un peu bombarder le Sud-Est asiatique en provoquant quelques centaines de milliers de morts, laisser faire gentiment un génocide au Timor-Oriental, soutenir Pinochet pendant son coup d'État et lui tenir la main quand il assassinait de l'opposant politique, et autres menues babioles dont quelqu'un d'aussi bien élevé que Philippe Labro ne fera même pas semblant d'effleurer. Or, en en parlant pas, il fait plus que jeter un voile pudique sur les agissements passés de Kissinger : en l'occurrence, ne pas dire, c'est cautionner. C'est même y apporter une forme de sympathie, puisqu'il faut un sacré gros tapis pour planquer tous les cadavres que l'artisan de la "realpolitik" à provoqué directement ou indirectement, et une assez admirable capacité d'hypocrisie pour faire semblant qu'ils ne sont pas là...

Ensuite, la réponse de la droite sera évidemment toute trouvée : le "communisme" ayant tué a peu près 15 milliards de personnes, il s'en trouvera obligatoirement certains pour répliquer sur ce terrain là et leur permettre commodément de faire passer la pilule, sans jamais expliquer plus avant comment il se fait qu'une aussi charmante démocratie que la France reçoit avec tous les égards des personnages qu'on imagine très bien dans un box d'accusés avec des écouteurs sur les oreilles, histoire qu'ils rendent un peu des comptes au lieu que de se pavaner sous les dorures républicaines.

Mais on pourra toujours compter sur l'exquise politesse de la droite pour ne jamais, au grand jamais, se permettre d'aussi flagrantes grossièretés sur la personne d'un hôte aussi prestigieux.

Méchante folle

Très bien écrit, d'une méchanceté jouissive qui ne fait pas de prisonniers, d'une rage frontale qui ne s'interdit pas l'analyse sociale et politique, c'est le blog de Didier Lestrade, fondateur de la branche française d'Act-Up, militant gay pas content et séropositif de combat. Entre autres, son analyse de feu Michaël Jackson et du mensonge tacite qui l'a entouré dès sa mort est définitivement ce que j'ai lu de plus juste et de plus percutant à ce jour :

"y’a personne qui va dire que c’était une folle lubrique ? Est-ce qu’on va aborder le sujet de la sexualité de MJ ? Oui, le fait que l’on n’ait pas insisté sur ce point est tout à fait normal, c’est un décès que l’on peut qualifier de…mondial, c'est un maxi-grief quoi! Mais c’est précisément là l’idée. Vous avez souvent des folles qui sont admirées par pratiquement 6,3 milliards d’habitants sur la planète ? Bon, imaginons, à la louche, qu’un milliard de Terriens ne savent pas qui est MJ, ou qui n’en ont rien à péter. Ça vous donne quand même 5 .3 milliards qui sont apeshit devant l’annonce de sa mort et qui s’engouffrent dans le cliché du Roi de la Pop alors que le mec n’a rien fait depuis 10 ans. C’était quand la dernière fois que vous avez eu une folle qui a ce degré de pénétration domestique ? Elton John au moment de la mort de Lady Di ? Même pas. Après tout, c’était pas lui la star N°1 même si c’est difficile de cacher Elton John dans le background d'une basilique. Non, MJ a réussi à mettre dans la poche 5.3 milliards d’habitants qui, pendant quelques jours, ont oublié la crise, la famine, la maladie, la soif, la guerre et le chargeur du portable qui est introuvable.

D’où mon point. Quand vous avez 5.3 milliards de personnes qui sont là à bramer parce que MJ est mort, ça veut dire que l’ensemble de la planète préfère ravaler le dégoût que leur inspire le visage de MJ qui, je vous l’assure, n’est pas quelque chose que vous avez envie de mettre dans n’importe quel cadre sur le mur. Même si on met de côté le conditionnement médiatique de cette affaire, ça veut dire que 5.3 milliards de personnes, avec des cultures très différentes, ont décidé d’occulter qu’ils étaient en train de chialer la disparition de la plus grande folle de tous les temps. Ce qui veut dire beaucoup de choses sur nos capacités d’absorption de la follitude en général. Ça dit beaucoup de choses sur la sublimation de l’homophobie. Ça veut dire que plus gros le mensonge est, plus il est accepté avec une ferveur sans précédent. MJ était un child molester et la condamnation était unanime lors de ses procès. Et il suffit qu’il disparaisse pour qu’un cordon de sécurité se forme tout de suite dans sa communauté pour faire taire la moindre rumeur qui puisse entacher sa sexualité.(...)

Ici, ce sont les gens qui l’admiraient qui ont fait office de cordon sanitaire, bien mieux que la famille, l’entourage proche ou les médias. Les 5.3 milliards de personnes avaient vraiment envie de soutenir et d’encourager ce mensonge. Ils n’avaient pas envie qu’on leur casse le plaisir de leurs émotions, ils ne cherchaient surtout pas à se rappeler cet étrange haut-le-coeur qu’ils ressentaient à chaque fois qu’ils voyaient MJ de son vivant. Pour moi, l’homosexualité de MJ ne fait pas de doute et ces centaines de millions de fans ont voulu absolument écarter cet aspect de leurs pensées au moment où ils étaient si occupés à célébrer son souvenir. D’un point de vue militant gay, c’est quand même un des rares moments de la culture moderne de masse : un homosexuel, ayant entériné depuis longtemps l’amalgame si redouté (homosexualité et pédophilie, eeeeeeeek!), se trouve amnistié par l’ensemble de la planète dans une oblitération complète de ce qui a fait de lui un freak."

Tenez, c'est tellement bien, son blog, qu'il est désormais dans les liens de CSP : autant dire, la consécration. N'est-ce pas ?

Proto-chaviste

Un grand moment bolivarien.



lundi 19 octobre 2009

The Glenn Beck Code

Nul me lisant ne peux ignorer la jubilation sournoise qui est mienne quand je vais baguenauder sur des sites libéraux. Je ris, mais je ris, Dieu ! qu'ils sont cocasses et amusants. Autant je puis me sentir compatissant et plein d'un sincère désir d'aide envers ceux qu'on nomme souvent abusivement "fous" - qui sont pour l'essentiel des personnes dans une grande souffrance et qui méritent surtout qu'on tente de leur apporter un soutien au quotidien -, autant les dispatchés du bulbe qui s'agitent frénétiquement en réclamant plus de Marché sur de désopilants forums n'arrivent même pas à me les faire prendre en pitié. Et bien évidemment, ce que je préfère entre tout, c'est quand ils inondent d'amères larmes leurs pauvres claviers innocents pour gémir l'à quel point il est cruel et douloureux de vivre ici, dans le Frankistan bolchévisé. Ça, c'est réellement très très drôle.

Cependant.

Si partis dans d'étranges dimensions qu'ils semblent être, ils ont encore bien du progrès à faire comparés à leurs homologues américains.
Qui eux peuvent faire très très fort.

Cf. Glen Beck, ex-alcoolique devenu mormon tendance fondamentaliste taré, et qui officie sur l'ultra-réactionnaire Fox.News en faisant son fond de commerce d'un néolibéralisme à faire faire des triples saltos arrière à Milton Friedman du fond de sa tombe, et en passant un temps absolument déraisonnable à traquer les moindres signes de communisme...euh, à peu près partout.
Parce que le communisme, il est comme ça :
Partout.
Et y compris dans les endroits les plus déconcertants, c'est dire l'atroce fourberie de la sinistre chose :



Oui. Sur le Rockfeller Center, il y a des traces de communisme.
Glenn Beck l'a vu. Glenn Beck sait. Et Glenn beck est parti en croisade pour convaincre le monde que l'hydre n'en finit pas de renaître.

Ok. Là, évidemment, on ne s'interroge même plus sur le degré de santé mentale de Glenn Beck : on a compris que non, ce n'est pas un sketch inédit des Monthy Pythons, ce type très agité est très sérieux, et il VOIT des symboles du communisme partout. Y compris sur le Rockfeller Center, et si il y en a jusque là, que penser du reste du monde ?

Et le mieux, c'est que ce n'est pas là un type isolé grimpé sur une caisse à savon dans un parc en train de s'égosiller devant des passants mi-hilares mi-épouvantés : il passe sur une chaîne d'informations nationale, et il est payé pour dire ça. Que la faucille et le marteau sont partout, que Barack Obama veut instaurer le socialisme, que les USA sont en Irak pour défendre la Démocratie. Ouais.

Et vient une autre question, du coup : est-ce que tous les Républicains sont aussi cinglés que lui ? Est-ce qu'au États-Unis, sur-puissance économique et militaire par excellence, il existe un nombre non-négligeable de personnes qui pensent que Glenn Beck a raison ?

Et on dirait bien au vu de la violence des attaques contre Obama que si ils ne sont pas tous aussi ravagés, néanmoins beaucoup le sont. Beaucoup beaucoup, même...

Nous laisserons le mot de la fin à l'excellent Bill Maher, autre présentateur d'émission à la télé US, qui a résumé bien des choses en une phrase :

"The Democrats have moved to the right, and the right has moved into a mental hospital."

dimanche 18 octobre 2009

C'est comme ça que ça commence...



...c'est ce que j'ai dit aux autres : "Lads, c'est comme ça que ça commence : 4 types au fond d'un bar avec des fils électriques partout et une dizaine de fans. Dans 6 mois, on est au Zénith de Toulouse. Dans deux ans, on fait Bercy. Dans 20 ans, on ne se parlera plus que par avocats interposés pour se réclamer des millions de royalties. Entretemps, on aura sombré dans la drogue et la déchéance, on aura fait les unes de tous les tabloïds du monde, on se réveillera dans des piscines de vomi froid avec des lycéennes à poil, on organisera des orgies backstage avec des saladiers de coke et des mannequins tchèques, la police débarquera et nous emmènera au poste - se faire prendre en photo à ce moment est hyper-important, c'est pour la postérité -, on ravagera toutes les chambres des Hilton dans lesquelles on débarquera, on fera semblant de s'engueuler en public pour faire croire qu'il y a des tensions internes et que le groupe est en péril, on fera des séances de magie noire en citant Aleister Crowley et on dira qu'Adolf Hitler en fait il est cool, Christel deviendra un mélange de Vivienne Westwood et de Phil Spector en encore pire - faut que tu te mettes à collectionner les armes à feu, Chris, ça aussi c'est super important - et pas une semaine ne doit s'écouler sans que d'épouvantables frasques sexuelles ne défraient la chronique. Faudra se faire violence, c'est la gloire qui veut ça.
Ensuite, il y a une partie pas cool : faut qu'il y en ai un qui meurt. Bon, ce sera Christophe vu que c'est le chef. Ben oui mon gars mais il nous faut un martyr, là. Étouffé dans ton propre vomi alors que tu es pendu par les pieds dans un donjon SM tenu par un transexuel, ça serait cool. Mais le mieux c'est d'être assassiné. Et puis on fera courir des rumeurs que ça serait toi qui a payé ton meurtrier parce que t'en pouvais plus de la gloire et de ton cinquième divorce. Ce serait un electrochoc terrible pour les autres, Lorenzo partirait se faire changer le sang en Suisse et je me convertirai au bouddhisme. On vivrait à l'ombre du leader disparu, en cultivant le respect de sa mémoire en public et en se déchirant pour de sordides histoires de pognon en privé.
Lads, dans 20 ans, des gamins de 18 ans et des quinquas à catogans viendront ici, dans ce bar, en osant à peine effleurer les chaises où on est assis, et en murmurant emplis d'une ferveur fascinée :

C'est ici qu'ils ont commencé...

Ouais. On tient un truc, là".

samedi 17 octobre 2009

Et là, je n'ai aucune idée brillante de titre pour ce billet.

Le Figaro est bien embêté : la polémique sur l'étudiant de 23 ans nommé à un poste pour lequel il n'a aucune compétence s'obstinant à ne pas retomber, il fallait bien sortir quelque chose pour ressouder un électorat de droite qui a tendance ces derniers temps à partir dans tous les sens. Et comme par hasard, que voit-on apparaître un Une du journal qui n'a jamais autant que ces derniers jours mérité l'appellation de Pravda Sarkozyste ? La Bête. Le Mal. La Grande Faucheuse Rouge Qui Va Semer l'Anarchie Et La Désolation En Ricanant. Le Bolchévisme Joufflu Qui Cache Son Couteau D'entre Les Dents Derrière Son Sourire De Communiant, enter :

Olivier Besancenot.

Bon, qu'est-ce qu'on a encore fait, là ?

"Les militants PS tenté par l'alliance avec Besancenot".

Ah bon ?
Première nouvelle, tiens.
Perso, je n'avais pas tellement senti un élan amoureux aussi flagrant envers nous, hein. Mais il est vrai que je ne peux prétendre connaître chaque militant P"S", c'est évident. Alors que peut-être que pendant que j'ai le dos tourné, ils se décident tout d'un coup à devenir de gauche et exigent qu'on se fasse des bisous. Bon. On est en politique et il s'est vu des revirements plus spectaculaires, comme quoi.

Non, bon, soyons sérieux : c'est sur la base d'un sondage bidon - Opinion Way, donc - avec une question évidemment biaisée, et les socialos en vrai n'ont absolument pas envie de faire quoi que ce soit avec nous, et ça tombe bien : nous non plus. Ce genre d'annonce, ça ne sert qu'à faire peur à l'électorat de droite pour ressouder les rangs, regardez regardez, pendant que vous vous engueulez, la gauche ouvre la porte à son extrême, c'est le retour de la malfaisance et bientôt très bientôt les MJS vont mettre les centre-villes à feu et à sang, tremblez braves gens. Alors que tout ce que nous on se contentera de faire, c'est faire perdre le P"S" en 2012 en espérant que le chèque de l'Élysée soit plus conséquent que la dernière fois. Krivine et Péf Grond n'ont pu partir que deux semaines à Ibiza, et Fred Borras a du se contenter d'une seule BMW et encore, un modèle de l'année passée. Il faut comprendre que maintenant qu'on a changé de braquet avec le NPA, nos critères de standing ont évolués, et Ralph Lauren s'obstine à refuser de nous faire des prix de gros. Quels ingrats, avec tout le fric qu'on claque chez eux, franchement.

Passons à autre chose, voulez-vous ?

Comme par exemple la Fête du NPA 31, évènement nécessaire auquel vous viendrez en nombre assurément. C'est à la salle de fêtes de Ramonville et maintenant qu'il y a un métro, vous n'avez aucune excuse. En plus j'y serai, c'est dire l'à quel point il faut que vous veniez. Je serai à la crèche, en train de garder les boutchous, et ça sera kromeugnon.



Mieux que la Corse

vendredi 16 octobre 2009

Rural

Ils sont alcooliques, ils sont chasseurs, ils sont poujadistes, ils sont racistes et tous de droite. Ils touchent des subventions mirobolantes et roulent en 4x4, et à la première crise ils saccagent des préfectures sans jamais être poursuivis. Ils sont défendus par la FNSEA qui est sans doute ce qui ressemble le plus en France à une organisation non-démocratique exerçant une domination sans partage sur leur monde et dont la corruption ferait pleurer d'envie un narcotraficant colombien. Ce sont tous des gros cons arriérés qui accueillent le fisc au fusil de chasse et le dernier bastion du catholicisme le plus rétrograde.

Les paysans.

Ou en tout cas, c'est la série de clichés qu'on a trop souvent d'eux. Des bouseux. Des crétins. Qui vivent dans des coins ignorés de la civilisation, à entendre certaines personnes qui en parlent on est limite dans Délivrance, à la campagne...

À l'occasion des manifestations du moment, il est plus que temps d'essayer de nuancer ce portrait catastrophique. En me basant sur mon expérience directe : ce milieu, j'en viens. Mon père, aujourd'hui retraité, était agriculteur exploitant sur 16 hectares de terre, partagés entre du maïs, un peu de colza, mais essentiellement des vignes. Ces terres étaient dans la famille depuis le 18ème siècle, on a retrouvé des papiers jaunis bouffés par les souris l'attestant. Imaginez vous ce que représente le fait de travailler au même endroit que son propre père, et le père de celui-ci, et ainsi de suite...comment ne pas comprendre l'attachement qu'on peut éprouver pour cette terre qui n'est plus seulement un outil de travail, mais bel et bien un patrimoine à la fois bien ayant valeur monétaire et investi d'autant d'affects ? Le paysan est conservateur, oui, en effet. Mais c'est parce que l'endroit où il marche est un lien avec son passé, le moyen d'assurer son présent, et ce qu'il transmettra pour l'avenir. Et je sais, même si il n'en a jamais parlé - le paysan est taiseux et n'exprime pas son ressenti, c'est le moins qu'on puisse dire...-que vendre l'exploitation il y'a une dizaine d'années à été une déchirure terrible pour mon père...

Mais heureusement qu'il l'a vendue, finalement. Heureusement qu'il s'est résolu à s'en débarrasser : il aurait peut-être fini par se suicider à force de travail et d'angoisse, comme tant de gens autour de lui. Tant d'agriculteurs épuisés et criblés de dettes, qui ne voient jamais la couleur de ces fameuses subventions bruxelloises et survivent comme ils peuvent dans l'isolement et l'exhortation à un productivisme qui fait baisser leurs prix et partant leurs revenus...

Parce que c'est ça, la vie d'un agriculteur aujourd'hui : pas les "grands", les céréaliers par exemple, qui eux touchent l'essentiel de l'argent des subventions. C'est faire un travail difficile et harassant, du petit matin au début de la nuit, parfois tout seul, un travail dangereux également, avec des machines énormes qui peuvent écraser le distrait ou happer un membre du malchanceux, en utilisant de plus en plus de produits chimiques, engrais aux nitrates, solvants, qu'on stocke où on peut et déclenchent parfois de spectaculaires explosions...

C'est ne pas avoir les moyens de s'acheter les nouvelles machines, très chères, dont ils ont pourtant besoin pour travailler, et alors on va au Crédit Agricole voir des messieurs en cravate pour s'y endetter lourdement, en espérant que les prix ne baisseront pas cette année pour pouvoir rembourser, sinon les encravatés vont menacer de saisir les machines, et la maison, et les terres...

C'est se tuer à la tâche, parfois littéralement, en tentant de suivre des directives d'organismes lointains qui veulent plus, sans cesse plus, plus de productivité, plus de tonnes de ceci, plus d'hectolitres de cela, en y étant encouragés par une FNSEA qui favorise toujours les gros exploitants en faisant croire qu'elle défend aussi les petits, et les pousse à s'endetter encore et à accepter les contraintes du productivisme le plus délirant. Et qui sait aussi que l'électorat paysan pèse lourd et les gens de la ville le savent.

Comme ils me font rire, ceux qui méprisent les bouseux du haut de leur culture. Ceux qui les insultent en bouffant le produit de leur travail qui atterrit dans leur assiette. Comme je voudrais les voir en train de mener de front des activités qui requièrent une somme de connaissances de polytechniciens : agronomie, élevage et soins vétérinaires, chimie, comptabilité, météo, viniculture...les machines tombent en panne ? On les répare soi-même, sinon ça coûte trop cher. Pas assez de pluie ? Il faut installer un épandeur et calculer l'arrosage...

Et le vin ? Celui que vous buvez ? Vous imaginez-vous la somme proprement stupéfiante d'énergie et le déploiement de connaissances qu'il a fallu pour que vous ayez cette bouteille devant vous ? Et je sais de quoi je parle, j'ai participé à toutes les étapes du processus : planter des vignes, regarder si ça pousse droit, les corriger si besoin est, passer du désherbant et des insecticides pour les protéger, la tailler pour éviter une prolifération anarchique, organiser la récolte du raisin - les vendanges, quoi -, la mettre dans des camions qui vont au pressoir, déverser des tonnes de produits dans une énorme vis sans fin qui va broyer la pulpe et séparer grains et peau, recueillir ce qui sort et le stocker dans des citernes, laisser reposer pour la fermentation, diviser la récolte en deux parties, celle qui partira à la coopérative agricole - le vin que vous buvez est généralement le "mélange" d'une multitude de productions de petits exploitants, si ça se trouve, vous vous êtes déjà bourré la gueule en partie grâce à mon papa et moi...-, et une autre qui servira à être changée en cognac...Attendez, c'est pas fini ! Il faut encore nettoyer les cuves et le pressoir, et toutes les machines qui ont servi ces dernières semaines, allez voir comment les vignes se portent, réparer et redresser ce qui doit l'être, et dans le même temps batailler avec la coopérative qui veut toujours moins payer, et faire la comptabilité par rapport à ça en espérant s'en sortir cette année...et franchement, j'en oublie. C'est titanesque comme boulot. C'est exténuant. Essayez d'y penser, rien qu'un peu, à la prochaine bouteille que vous ouvrirez...

Et il n y a rien d'étonnant que parfois certains craquent. Les deux années écoulées, 5 personnes avec qui j'étais au collège se sont suicidées. 5. Ils avaient choisi de reprendre l'exploitation familiale, et la Politique Agricole Commune, le Crédit Agricole, Bruxelles, la fatigue, l'angoisse et la solitude ont eu leur peau...

Et qui parle d'eux ? Un type qui se pend dans sa grange ou qui se répand la cervelle sur les murs avec son fusil de chasse, tout seul dans sa baraque isolée, personne n'en entend parler. C'est simple, je ne sais même pas si il y a des statistiques là-dessus.

Il y a eu un 25ème suicidé à France Télécom, et il s'en trouvera évidement qui tenterons, les rats, de minimiser cette horreur en prétendant que les chiffres ne sont pas représentatifs.

Les Contis sont condamnés quand les manifs d'agriculteurs font parfois bien pire sans êtres inquiétés.

Il s'en trouvera aussi qui voudront opposer les uns et les autres. On se suicide davantage chez les paysans. Les bouseux peuvent tout se permettre. De quoi se plaignent-ils, le "ils" en question dépendant d'où on parle en pensant que les autres c'est mieux ou en tout cas, c'est moins pire.

Et il est là aussi, le vrai drame politique actuel : des gens qui ont tellement en commun et qui se regardent avec défiance et parfois haine, en s'imaginant que les autres sont mieux lotis, quand la réalité c'est que le monde du travail souffre, et pour les mêmes raisons. Le cadre de FT, l'ouvrier de Conti, l'agriculteur, partagent bien plus qu'ils ne le croient. Mais ce sont des mondes qui ne se connaissent pas, et qui ne se parlent pas...


jeudi 15 octobre 2009

Maman !


Ouh la la mais maman que j'ai peur ! Fouyouyou que je tremble ! Non mais alors là, vraiment, devant ces spécimens de d'jeunz complètement décomplexés, moi, en tant que gauchiste rachitique et intello abonné à Télérama, je suis pris de sueurs froides à l'idée qu'un jour funeste je puisse croiser d'aussi méchantes créatures. Ouh qu'ils ont l'air méchants. Ouh qu'ils font peur. Brr, regardez moi ça, si ça se trouve, il y en a un qui va me mettre un coup de brushing avant de m'achever à coups de Sebago, et franchement, quelle fin injuste et cruelle ce serait...

Et la violence ! La violence des bandes de jeunes UMP qui manifestent leur envie d'en découdre avec les vilains cheminots, cette violence inouïe - et qui fait peur -, quel Estrosi se lèvera pour en demander l'interdiction ??? (encore que si à ce moment là apparaissaient des cheminots de ma connaissance encartés à Sud-Rail, ils feraient vite beaucoup mais alors beaucoup moins les malins, mais bon).

Quand en finira t-on avec ces extrémistes braillards qui déstabilisent le vivre-ensemble républicain en se réclamant ouvertement des ligues les plus sombres de notre histoire ? (j'aime beaucoup le moment de gêne palpable quand les autres lui demandent discrètement d'arrêter de gueuler "Action française ! Action Française !". Très frais).

Ah. La droite. Les jeunes de droite. Beaufs comme on aime, poujadistes avec passion, et avec probablement des bouts de déçus de Le Pen dedans. Fifils et fifilles à papa aux joues pleines dont la plus grande tragédie dans leur existence de nantis fut qu'un jour un malotru a éraflé leurs Westons. Visages lisses de ceux qui ont toujours connu le confort et l'aisance, sillonnant la France pour expliquer au smicards qu'il faut encore se serrer la ceinture avant de rentrer dans leurs appartement de 4 mètres de hauteur sous plafond. Tels qu'en eux-mêmes, quoi.

mercredi 14 octobre 2009

Le camp du Bien

Inépuisable source de poilade, mine d'or pour l'amateur de cas sociaux réduits à éructer leurs déchéance de petits blancs opprimés sur un Ouèb qui n'avait pas mérité ça, refuge de tous les mal-baisants de France et de Navarre qui ont tellement peur des femmes qu'il préfèrent encore aller aux putes plutôt que passer trois heures à être un peu sympa et marrant avec une étudiante de Science-Po dans un bar du centre-ville, véritable Sanibroyeur de la Pensée où s'ébattent deux catégories de personnes, 1) ceux qui se prennent pour des "écrivains", 2) ceux qui sont alcooliques, bastion des admirateurs de Pinochet et d'une manière générale de tout ce qui est symbole de Force tout en étant quasiment tous réformés P4 et incapables d'aligner 10 malheureuses pompes, grandes gueules à l'abri derrière leurs claviers mais totalement paralysés de noire angoisse dès qu'il s'agit de passer à l'acte en quoi que ce soit, pignoufs qui ne vivent que dans leurs têtes en sollicitant intensément leur néo-cortex et leur poignet droit, pavillon virtuel des fous distrayants convaincus de vivre sous Ceaucescu, la Réacosphère n'en finit plus de tourbillonner en rond dans des débats abscons qui n'intéresse qu'elle, mais elle peut à l'occasion se révéler follement comique.

Mon lectorat bien-aimé connaît donc le délicieux Xyr, pur produit de la frustration post-ado tendance dépressive qui trouve que le fascisme, finalement, c'est la dernière provoc, tu'ois. Avant de monter dans sa chambre pour écouter Radiohead - groupe sans intérêt pour minets prétentieux - en rédigeant de pompeux billet sur un blog d'une rare cuistrerie. Et à l'occasion du match qui n'a pas eu lieu entre une équipe de Créteil et le Paris Foot Gay, notre guichetier de banque/étudiant en informatique - et lecteur de Nietzsche, et dragueur de khâgneuse par webcam, que de talents a ce garçon, décidément, ça en donne le tournis...- de se lâcher grave sa mère en exprimant le fond (?) de sa, euh, "pensée", voilà :

"je me délecte. Voir ces pourritures antiracistes devenir les victimes de l'islamisation de l'Europe dont ils sont eux-mêmes les responsables, c'est juste délicieux. Et le festin atteindra son apogée lorsque ces pédales se feront lyncher tous les jours dans la France devenue majoritairement musulmane et qu'ils continueront de dire "Ah bah j'comprends !". Miam.
Pour finir, et c'est là l'essentiel, je me dis que ça doit quand-même être difficile pour un homme hétéro d'assumer le fait de jouer au Paris Foot Gay : serrer les fesses dans les douches après chaque match, faire face à sa femme le soir..."

Oui. La grande classe.

Or, zut, voilà qu'il semblerait que quelqu'un se soit quelque peu ému de ce passage et menace notre Xyr des foudres de la justice. De plus, la LICRA elle-même commencerait d'intervenir dans l'histoire. Diantre. Que penser de tout ça ?

La perspective d'un procès apparaît il faut l'avouer assez improbable ; on peut supposer que l'engorgement des tribunaux et d'une manière générale la charge de travail de la police - de moins en moins d'effectifs, de plus en plus de choses à faire, et la pression constante du "chiffre" - vont probablement faire que les choses en restent là. Bon.

Ou je veux en venir ?

Au fait qu'on peut tout dire, absolument tout et surtout n'importe quoi, mais que ça dépend de "comment" on le dit, voilà.
Un exemple complètement au hasard : moi.
Depuis bientôt 3 ans (déjà ! Eeeeeeet oui...), je ne fais que me répandre en éructations diverses et variées promettant le pire du pire à ceux que je n'apprécie pas, à savoir les 3/4 de la planète ou à peu près. Les banquiers ? La corde. Les publicitaires ? À faire dévorer par des cochons. Les libéraux ? Au goulag. La droite ? En Corse. Les hippies ? Le napalm. Les journalistes ? Au pilori avec des enfants leur lançant des cailloux pointus au visage en riant. Les financiers ? Qu'on les envoie en Irak se promener nus dans des champs de mines. Etc., etc., etc., plus de 1300 billets là dessus, à boire et à manger, servez vous y a du rab.

Et ?
Quelles en sont les conséquences ?
Rien.
Keud.
C'est en par ailleurs vexant, presque : pas une plainte. Pas une vraie menace. Même pas l'ébauche d'un commencement de morigénisation. Franchement, quoi ? Des fous par-ci par-là ? Un fake laborieux visité par 12 personnes où les auteurs sont réduits à faire eux-mêmes les commentaires ?
Tss...

Tout ça n'est pas très sérieux.

Mais c'est peut-être aussi pour une raison simple. On peut dire absolument tout ce qu'on veut, sur 'Ternet. Vraiment tout. Mais encore une fois, ça dépend comment. Il y a des limites à la façon de dire. Il y a des règles, non formulées, écrites nulle part, mais néanmoins existantes et présentes, et dont il faut tenir compte sous peine d'avoir des embêtements plus ou moins conséquents.
Et je suis toujours à la limite. Je joue avec cette limite. Je met parfois un pied en dehors des clous avant de clamer que c'est pour de rire. Un billet bien haineux ? Un billet sur n'importe quoi. Un autre bien huileux de rage borderline ? Une vanne. Une analyse un peu fouillée avec quelques idées un peu originales ? 36-15 ma vie et une vidéo de mauvais goût dans la foulée. Premier, deuxième, quatorzième degré ? Sincères convictions ou ironie ? Intelligence perverse ou bêtise assumée ? Ou les deux ? Cartes brouillées, niveaux de lecture, billets destinés à une seule personne en particulier - qui elle comprendra parfaitement le message - mais lus par des centaines d'autres qui y verront d'autres choses à se mettre sous la dent, alternance calculée de mauvaise foi cynique et de naïveté franche, mise en scène de l'ego et morceaux de vérité crue, poses de matamore auto-dérisoires et aveux intéressés de fragilité...

Allez, vas-y pour s'y retrouver là dedans, tiens.

C'est pour ça qu'au final, je ne suis pas très inquiet pour la survie de ce blog.

Mais bon, il y a aussi une autre raison à ce qu'un Xyr soit embêté et pas moi :
Moi, je fais partie des Gentils. Et lui il fait partie des Méchants.

Je suis complètement sincère en écrivant ça.

Croyez moi.


mardi 13 octobre 2009

Populisme

Quand on voit tout ça...

Roman Polanski est défendu bec et ongles jusqu'à l'absurde, par un BHL qui affirme sans rire une sorte de statut spécifique de l'Artiste qui lui aurait une sorte de droite de commettre des saloperies, ou mieux encore si on ose dire, par un Jérôme Leroy sans doute sous l'emprise funeste d'un cocktail benzodiazépine/whisky, qui ne craint pas de se rouler dans la fange en mettant en avant l'argumentaire moisi de l'antisémitisme - les nazis qui ont voulu de déporter le petit Roman et ceux qui réclament une condamnation pour viol sur mineure, c'est les mêmes. Oui, c'est de ce niveau.

Frédéric Mitterrand défendu par la droite quand il admet faire du tourisme sexuel, c'est à dire payer des mineurs pauvres pour se les taper - et que personne ne me fasse rire avec des "boxeurs de 40 ans", ce n'est même plus amusant -, et au fait, c'est quoi exactement, le "tourisme sexuel" ? On ne l'a que peu lu sous cet angle dans les médias (qui mentent), mais ce sont des Occidentaux aisés qui vont dans un tiers-monde miséreux pour s'offrir les faveurs de ceux que le FMI et la Banque Mondiale ont acculés à vendre jusqu'à leurs corps pour pouvoir survivre. Voilà ce que c'est, le tourisme sexuel : la domination du Nord sur le Sud qui se poursuit jusqu'à l'asservissement des sexes.

Jean Sarkozy, 23 ans, perpétuel redoublant de fac de droit, nommé à un poste à lourdes responsabilités parce que papa a décidé de le caser. Que rajouter à ça ? Comment oser donner des leçons de morale au plus dépravé des potentats africains quand ici, il peut se passer en pleine lumière un népotisme aussi décomplexé ?

Une classe politique qui s'étripe en public et se tutoie en privé, tous bords confondus, et acceptant par paresse ou par commodité l'abolition de la distance qu'installe le tutoiement, donnant l'image hélas pas fausse d'une joyeuse bande de copains super-sympas qui se tapent dans le dos et renforçant une dégoûtante impression de caste séparée du quotidien lambda de ceux qu'ils sont censé représenter.

Christine Lagarde qui refuse de supprimer cette monstruosité perverse qu'est le crédit revolving en faisant bien évidemment du chantage à l'emploi, quand la vraie raison de cette obstruction est idéologique : le crédit, ça fait de la consommation, et la consommation c'est bon pour la croissance. Punto. Voilà comment ça se passe dans les cervelles libérales, obéir au dogme sans chercher à voir plus loin, et encourager les pauvres à se surendetter jusqu'à la ruine.

Pierre Cohen, cumulard de choc et Maire "socialiste" de Toulouse, qui lance les CRS contre des grévistes comme quel droitard venu pendant que de l'autre main il ripoline la ville à coup de subventions pour la "Culture", tant il est vrai que c'est drôlement joli d'avoir plein de festivals de toutes sortes pendant qu'en coulisses on traite les municipaux comme des riens.

Le point commun entre tout ça ? Le sentiment qu'existe une caste à part du reste de la population, un fossé grandissant entre des élites auto-proclamées de la culture et de la politique qui restent entre eux et méprisent tous les autres, et le quotidien des "normaux" qui regardent ce débilitant spectacle d'un oeil écoeuré. Le pire étant que ce seront, que ce sont déjà les mêmes qui tirent la sonnette d'alarme contre La Bête Immonde Qui Se Réveille quand c'est précisément l'accumulation de ces pratiques qui nourrit le terreau de l'extrême-droite. Vous les verrez, les "artistes" à bonne conscience pétitionner encore, vous les verrez, les "intellectuels" se fendre de rudes tribunes pour condamner l'extrémisme, vous les verrez, les "politiques", exprimer leur sévère réprobation dans les télés contre les "idéologies du racisme et de la haine". Discours rodés, convenus, répétés en boucle jusqu'à ce que les mots soient vides et exsangues, et qui n'ont jamais gênés l'extrême-droite en quoi que ce soit. Alors que ce sont eux, oui, eux, qui travaillent pour elle, dans leur arrogance et leur mépris de classe perpétuel.

C'est du "populisme", ce billet ? Et bien oui, c'en est. C'est prendre le parti du "peuple" contre ces "élites" moisies, un populisme qui ne détourne pas les énergies en stigmatisant les immigrés mais qui voit et reconnaît les vrais responsables. C'est du populisme que de penser qu'il est temps de déboulonner les statues et qu'une population exprime son rejet de cette minorité autiste qui ne s'intéresse qu'à elle? Alors oui, je suis "populiste", fier de l'être, et j'entends bien convaincre le plus grand nombre de personnes qu'il est beau et bien de l'être.

lundi 12 octobre 2009

Vol au dessus d'un nid de centristes

- Bonjour, Monsieur le porte-parole d'un parti extrémiste qui met en danger la démocratie et le vivre-ensemble républicain.

- Bonjour, journaliste à Marianne...

- Bon alors tout de même, notre estimé collègue Renaud Dély s'est fendu d'un ouvrage totalement objectif et pas du tout orienté, qui présente Olivier Besancenot comme un fasciste rouge et démontre par A+B la complète pertinence qu'il y a à le comparer au gros Pen, vu que ces deux-là c'est kif-kif bourricot, pas comme, je sais pas au hasard, un François Bayrou qui a quand même plus de classe. Qu'avez vous à répondre à ces affirmations incontestables ?

- Que Marianne est un canard de merde et que ceux qui y écrivent sont de piteux et incultes jean-foutre, pourquoi ?

- Moui, mais c'est normal que vous pensiez ça paske vous êtes un ésstrémiss et lézésstrèm y se rejoignent, c'est complètement objectif et pas du tout partial. Mais quand même, ce qu'il dit le facteur, là, c'est quand même du bon gros populisme qui tâche et il caresse les peurs des français dans le sens du poil en cherchant rien qu'à les monter les uns contre les autres, quand il faudrait, comme le veut par exemple François Bayrou, chercher à les réconcilier pour que tout le monde se fasse des bisous, hein ?

- Vous êtes complètement con, en fait ? C'est ça. Vous êtes complètement con. Vous avez fait Science-Po, non ?

- Ce mépris des élites de la République est typique de l'anti-démocratisme d'une certaine gauche qui flirte avec l'antisémitisme. C'est comme ça et pas autrement, d'ailleurs si Trotsky a crée la IVème Internationale, c'est pas rejet de la figure parentale d'origine hébraïque vu que tout s'explique par la psychologie des individus, c'est la seule démarche scientifique viable, pas comme cette sociologie méchante qui non seulement elle aussi flirte avec la démagogie - au relents d'antisémitisme - mais en plus ne parle jamais de François Bayrou. Qui pourtant est très gentil. Sinon, vous avez pas l'impression de faire le jeu de Sarkozy, allez, entre nous, quoi ?

- Hun hun. C'est pas plutôt ceux qui réclament plus de sécuritaire, qui font le jeu du Nain ?

- Ah ! Les attaques contre le physique des personnes, tout de suite ! On reconnaît bien la la sinistre signature des populistes de tout poil, qui contrairement à un François Bayrou - qui lui a une classe folle - ne respectent rien ni personne et veulent rien qu'à semer la destruction et l'anarchie quand le France est exsangue à force de déficits et de dette publique et ce n'est pas parce qu'on dit exactement les mêmes choses et de la même façon que la droite qu'on est DE DROITE MERDE À LA FIN !!!!!

- Euh, vous vous sentez bien ? Vous êtes tout fébrile et vous devenez tout rouge...

- AH AH AH, on élude les sujets qui fâchent, hein ??? Hein ? Hein, c'est ça, hein, dès que ça chatouille un peu au niveau des trucs qui sont objectifs et vrais, pffouuuu, y a plus personne, ahahaha, je le savais, Philippe Cohen me l'avait bien dit dans son bureau, quand le poster de François Bayrou nous contemplait sereinement depuis le mur au dessus de lui, lesstrèmgôche qui fait le jeudladroite, tralala, il est trop fort, Philippe Cohen, et tellement drôle aussi, si vous saviez comme il nous fait rire en rédaction avec ses blagues hilarantes sur les sans-papiers, lol mdr, pfouuu, il fait chaud dans cette pièce, non ?

- Bon, écoutez, calmez vous, je vais appeler quelqu'un, vous n'êtes peut-être pas dans votre état normal, asseyez vous, d'accord ?

- Hein ? Quoi ? Ah mais ça vous dérange, hein, c'est ça, c'est ÇA, ça vous DÉRANGE, ces questions !!!! Et comment ne pas sentir que ce que voulez, là, en faisant semblant d'appeler les pompiers, c'est mettre tous les opposants dans des hôpitaux psychiatriques comme le faisait Enver Hoxja en Corée du Nord pendant la Longue Marche avant d'être abattu en Bolivie, ou devant le mur de Brelin, je ne sais pas je ne sait plus tout se brouille dans ma pauvre tête, c'est comme la fois où toute la rédaction de Marianne est partie en pèlerinage en Pyrénnées-Atlantique pour se recueillir sur les pas de François Bayrou et j'ai eu une apparition de François qui m'a parlé à moi, NE ME TOUCHEZ PAS !!!!!!! Vous ne ferez pas taire les Sakharov de la République, chien rouge enragé !!!!

- Ok. Là, je sors de la pièce lentement, d'accord ? Je montre mes mains pour montrer que je ne tiens pas d'objet, je me recule à reculons vers la porte, je n'ai pas d'attitude hostile, ok ? Là, vous voyez, j'ouvre doucement la porte, je sors. Je sors. Lààààààà...

- C'est ça, fuyez. Comme vous fuyez devant les vraies questions qui dérangent. Ah ça, vous pouvez être certain que dès demain, Philippe Cohen va vous incendier dans un papier en ligne. Je vois déjà le chapeau : "Le porte-parole d'une organisation méchante refuse de répondre aux questions qui dérangent. Son agressivité a déstabilisé notre collègue qui l'interrogeait. À Marianne, nous ne craignons pas de poser les questions qui brisent la nuque des tabous, et après l'effarant laxisme de la gauche sur l'insécurité, celle-ci peut-elle se permettre de cautionner les agissement d'une minorité irresponsable dont on peut soupçonner qu'elle n'appellera même pas à voter François Bayrou ?". On vous tient. Vous êtes niqués. Niquéniquéniquééééééééééé !!!!! Oh, bonjour les gens, vous êtes rigolos dans vos costumes tout blancs on dirait des Pierrot , on va au cirque c'est ça ?

dimanche 11 octobre 2009

Ethnodifférencialisme


(Hier soir, au sortir d'un restaurant un peu cher mais délicieux) :

(CSP) : - Non, en fait, finalement, je suis raciste, en quelque sorte.

(G.) : - Euh...comment ça ?...

- Raciste pour les gens de droite.

- Ah bon...(soulagement palpable) Mais tu les détestes à ce point, alors ?

- Oui. En somme oui. Ou non. Disons que c'est une conscience à la fois claire et éxacerbée d'à quel point on est complètement différents à tous points de vue, et d'en tirer comme conséquence que la cohabitation est impossible à terme. Et qu'il va bien falloir y trouver une solution, un jour, à ce problème.

- (se marre) Rhooo, c'est pas bien d'être raciste, hein...même vis-à-vis des gens de droite. Non, blague à part, tu penses pas que

- Je sais ce que tu vas dire : qu'il y en a des biens. Ouais. Tiens, peut-être même que oui, admettons. Sauf que je m'en fous. Allez, même mieux, je suis racialiste politique.

- Comment ça ?

- Je suis sincèrement convaincu que les gens de gauche sont supérieurs à eux.

- Supérieurs comment ?

- En tout. Humainement, moralement, intellectuellement..tout. Partant ils devraient dégager et nous faire de la place parce qu'ils sont de toutes façons trop nombreux.

- Et ça se ferait comment ?

- Chais pas. On pourrait les foutre, pfouu, où est-ce qu'on pourrait les coller, ces abrutis ? En Corse. Ouais, super idée. On met les gens de droite en Corse, tous. On mine tout autour de l'île, et on les laisse là, en leur parachutant de temps en temps de la nourriture, parce qu'au fond, on est trop gentils.

- Mais c'est trop petit, ils auront pas de place.

- Qu'est-ce que j'en ai à foutre ?

- Putain, ils vont finir par s'entretuer...

- Et comme ça, hop ! plus de problèmes. Nan, c'est le mieux, chuis sûr de moi, là. On garde des médecins et des ingénieurs histoire de pas trop dilapider les compétences, et ça va le faire.

- Et tu crois qu'ils voudront coopérer ?

- Vu qu'on aura leurs familles en otages, ouais.

- T'aurais pas un peu trop pris du Corbières, ce soir ?

- Faut admettre qu'il était surprenant, non ?

samedi 10 octobre 2009

Confusionnisme intéressé

Marianne - qui est décidément et par quelque bout qu'on le prenne un gros canard de merde - publie une photo de la, euh, "chanteuse" Diam's convertie à l'Islam dans sa version "on t'emprisonne dans un voile qui te recouvre des pieds à la tête mais c'est pour ton bien, ma fille", et en profite pour complètement partir en sucette sur le sujet.

Nous allons donc devoir effectuer le boulot que Marianne ne fait pas, et livrer quelque chose qui ressemble à une "analyse" du cas, qui si partiale sera t-elle aura au moins l'immense mérite de ne pas sombrer dans le portenawak permanent dans lequel se vautre complaisamment ce journal moisi et ses rédacteurs décérébrés.

Or donc, qu'avons-nous là ?

Une gamine de téci passe d'un coup d'un seul des barres hideuses de son quartier et de la misère rampante qui y sévit à la notoriété et au fric qui coule comme l'eau. De ce point de vue, par simple empathie, il y a de quoi être pour le moins déstabilisé. Tu grandis dans un environnement pour le moins délétère, tu est obligée de t'habiller comme les garçons que tu fréquentes sinon tu te fait traiter de tepu, l'horizon est bouché, le ciel est gris, et tu chantonnes en espérant que ça puisse être un jour une porte de sortie..

Bingo !

Album, ventes, télés, invitation, célébrité, gens qui te reconnaissent dans la rue, récompenses, demande de ton avis sur tout et n'importe quoi, te voilà érigée en "porte-parole des filles de banlieues", rien moins, à peine la grosse pression, rock n'roll lifestyle et probablement abus qui vont avec...

Il y a de quoi être un peu à l'envers, à un moment, tout de même...

Et donc, visiblement, notre Diam's d'en avoir marre de tout ce cirque, et de se convertir en s'entourant d'un parachute noir, comme ça on lui foutra la paix. On aurait pu penser qu'il y a d'autres façons de vivre cette religion, à l'instar de certaines musulmanes que je connais et qui fument, boivent, baisent et font un peu les difficiles quand il y a du saucisson à table mais sans plus. Et se disent musulmanes quand même, sans éprouver le besoin et encore moins l'envie de se mettre quoi que ce soit sur la tête ni de casser les couilles aux employés de piscines municipales en réclamant de pouvoir faire trempette dans un costume de bain ridicule. Diam's quant à elle a échangé un malaise existentiel contre une aliénation, et il n'est pas certain qu'elle soit gagnante au final.

(Puisqu'il faut tout de même rappeler, et y compris à mes amis les plus "gauchistes", que le voile, sous toutes ses formes, est un symbole d'oppression. D'accord ? Non, ce n'est pas un particularisme culturel anodin. Non. Ce n'est pas non plus un signe "d'indépendance", ah ah ah, que vous êtes involontairement cocasses quand vous dîtes ça, tenez, si ça n'était pas aussi catastrophique pour l'émancipation des femmes, ça pourrait être franchement drôle. Ce n'est pas parce qu'une population est opprimée qu'on doit aussi la soutenir inconditionnellement dans ses revendications les plus rétrogrades, ok ? Et voiler les femmes, c'est précisément très très, mais alors très rétrograde. Sisi. Je vous assure).

De ce point de vue, Diam's ne se comporte pas tellement différemment que ces rock-stars qui après avoir passé de glorieuses années de débauche, se mettent tout soudain à se convertir à la première para-religion qui traîne dans le coin histoire de retrouver un peu de meaning à leur life, et d'adopter dans la foulée le régime jogging-eau minérale-donner des leçons de vie à tous les malheureux qui passent à leur portée. Les dépravés les plus acharnés, les rebelles en carton les plus destroy, tous au bout d'un moment se rangent dans une normopathie hystérique avec autant d'enthousiasme fébrile qu'ils y mettaient à se ravager auparavant (rares étant ceux qui vont au bout de la démarche, c'est pour ça que les seuls qui méritent sans doute l'appellation de vrais punks sont GG Allin et Sid Vicious).

En revanche, là où l'article de Marianne commence de dériver vers de peu fréquentables parages, c'est quand l'auteur - Bénédictes Charles, qui réclame tant et plus de sécuritaire vu qu'il est bien vrai qu'on est au bord de la guerre civile avec les populations d'outre-périphérique, ces pauvres ne savent décidément pas se tenir - conclue de fort lapidaire façon :

"Car enfin, si même le porte-étendard des filles de banlieue s’y met, ce n’est plus que la situation est grave: c’est qu’elle est désespérée."

Et là, on dit : on se calme, Bénédictes Charles.

Parce que prendre l'exemple d'UNE personne pour monter ça en mayonnaise indiquant que les banlieues sont des terres abandonnée des hommes et de Dieu, c'est un peu très très capillotracté, pour le moins. Et ça permet également de commodément oublier que si les téci sont en si piteux état, c'est tout simplement que ces quartiers ont été transformés en ghettos pour y parquer des pauvres et que partant, en réfléchissant sur la dimension sociale de ce que sont devenues les banlieues, on sort des idioties chocdescivilisationelles pour entrer sur le terrain politique, c'est à dire des vrais problèmes, de comment ils se posent et de comment on cherche à les résoudre. En se posant par exemple la question : si des gens se tournent ainsi vers les versions les plus archaïques de certaines traditions, c'est peut-être bien qu'ils y trouvent une identité que la société française leur refuse. Voilà. Mais la politique demande aussi de penser avec son néo-cortex, et ça, des journalistes de Marianne aux singes hurleurs de la réacosphère, on sait que c'est beaucoup trop leur demander.

Bon, au moins, avec tout ça, on l'entendra plus chanter. Et si on envoyait la Nouvelle Star en Arabie Saoudite, tiens ?

JAWÖHL !


Le premier single devient évidemment l'hymne officiel de CSP. D'abord. (C'est ici, et c'est interdit aux moins de 18 ans, donc si tu ne les a pas, tu éteins ton ordinateur, petit sacripant).


vendredi 9 octobre 2009

Morale(s)

Ce qui est très très gênant, en ce moment, c'est ce déplacement du débat politique sur un plan "moral" dont le moins qu'on puisse dire est qu'il permet à bien des bouches qui refoulent - hein, Marine ? - de l'ouvrir pour créer de "l'évènement" et faire parler d'elles...

Entendons nous bien dès le départ : Polanski a drogué et violé une mineure, et Frédéric Mitterrand a fait du tourisme sexuel en achetant du plaisir. Dans les deux cas, c'est abject. Que les moeurs des "élites" politico-culturelles soient caligulesques, c'est la tarte à la crème de la bourgeoisie qui, possédant la domination sociale et économique, ne voit pas pourquoi elle ne s'autoriserait pas en plus de délicieuses transgressions : quand on a le pouvoir, on entend bien l'exercer dans tous les domaines, et qu'est-ce que la sexualité sinon une histoire de pouvoir(s) ?

Le problème avec ces "affaires", c'est que chaque fois qu'on parle de scandale "moral", il s'agit toujours de crapoteuses histoires de zizi-panpan, ce qui titille toujours le chaland et permet aux tenants de l'Ordre À Angle Droit de brailler à la décadeeeeeennnnceuuuuh de la Fraaaaaannnnnceuuuuh, en promettant qu'avec eux, ça sera la purge. La démagogie de droite a toujours fait ses choux gras de la promesse de laver plus blanc, en oubliant toujours que curieusement, c'est toujours dans ses propres rangs qu'on trouve le plus de mis en examens pour passe-droits et corruptions en tout genre.

Et les mêmes qui hurlent contre Polanski et Mitterrand en n'ayant pas de mots assez durs contre les comportements de ces deux là et en ayant que le mot de "morale" à la bouche, sont beaucoup plus coulants tout d'un coup quand existent d'autres saloperies tout aussi immorales mais relevant elles de la sphère non plus privée mais sociale.

Ainsi le blogueur Koz, qui se fend d'un billet offusqué sur la mansuétude dont fait preuve une certaine catégorie d'intellectuels germanopratins concernant une sordide affaire de viol sur mineure, mais n'est-ce pas, commise par un "grand" artiste...
Tout en laissant quelque jours plus tard tribune ouverte dans son blog - et partant en y apportant sa caution - à un billet particulièrement abject de cynisme tentant de relativiser les suicides de France Télécom, et finissant sur deux phrases d'une hypocrisie proprement himalayesque :

"Je ne sais pas si les relations sociales chez FT sont particulièrement mauvaises. Au cas où elles le seraient, je ne sais pas à cause de quoi ou de qui."

Et ça, si c'est pas de l'enfoirure de compétition...

On voit donc ici à quoi sert une certaine idée de la "morale" pour une droite qui préfèrera toujours déplacer le débat sur le terrain des moeurs plutôt que se poser la question de savoir si par hasard, les dégâts humains proprement terrifiants provoqués par l'idéologie libérale-sécuritaire ne sont pas eux aussi particulièrement pas "moraux" du tout.

Parce que la multinationale bénéficiaire qui licencie en masse pour délocaliser, ça aussi, c'est immoral.

Parce que mettre des sans-papiers afghans dans des charters pour une destination qui est pour certains d'entre eux une condamnation à mort, ça aussi, c'est immoral.

Parce que condamner une classe d'âge entière à la précarité et un avenir bouché de CDD et de Pôle Emploi, ça aussi, c'est immoral.

Parce que faire des cadeaux fiscaux aux nantis dans un pays qui compte ses 8 millions de personnes qui vivent avec moins de 800 € par mois, ça aussi, c'est très très très immoral...

Alors qu'une certaine droite dont la bouche n'en finit jamais de dégouliner de Valeurs Morales se drape dans une pose de Chevaliers Blancs et n'a pas de mots assez durs pour condamner les histoires - sordides, encore une fois - de touche-pipi, c'est une chose. Admettons.
Mais jamais on n'entendra ni ne lira quoi que ce soit de leur part pour fustiger la profonde immoralité du système socio-économique dans lequel ils pataugent.