mercredi 30 septembre 2009

Du grand vide avec une écharpe rouge



Ébouriffante illustration d'un journalisme de révérence à la française qui ne sait plus où donner de la langue pour lécher frénétiquement tous les pouvoirs, tare intellectuelle ambulante dont le demi-cerveau n'en finit plus de clapoter contre ses parois crâniennes en produisant des floc-floc de liquide cépahalo-rachidien anémié à force de probables tares congénitales - qui font soupçonner un lourd héritage consanguin dans sa famille -, créature au physique aussi ingrat et débile que la purée froide idéologique qui s'échappe malencontreusement d'une bouche qu'on rêverait de coudre avec un fil de pêche et une très grosse aiguille, maigrichon hystérique dans la droite lignée des Eric Zemmour et autres réactionnaires crapoteux, tous incapables physiquement de dominer un teckel mais qui rêvent de cette Force et de ce Courage dont ils sont bien incapables tant ils sont lâches et couards - et donc, réactionnaires, puisque le réac est fondamentalement veule, c'est dans sa nature profonde -, encore plus ridicule de snobisme achevé que toute la rédaction de précieuses ridicules alcooliques qui s'épanchent dans Causeur, tout aussi demeuré et baveux qu'un Ivan Rioufol - même si ce dernier est atteint de rares pathologies mentales qui devraient charitablement lui valoir de massives injections de neuroleptiques directement dans la jugulaire, avant que de le jeter dans une jolie cellule dont il pourra bouffer les murs en hululant que les islamogauchistes lui grouillent sous la peau -, parfait produit de la pensée unique qui passe sont temps à verser toutes les larmes de son petit corps frêle sur l'immobilisme à la française et la nécessité de se serrer la ceinture avant d'aller déguster force canards aux pêches le petit doigt levé dans de dispendieux restaurant dont la carte coûte un SMIC, Christophe Barbier est journaliste et n'a t-on pas tout dit en le qualifiant ainsi ?

Élevé au lait tourné du néolibéralisme le plus frénétique, Christophe Barbier veut voir du privé partout. Bien, le privé. Mal, le public. Et comme tout de même le privé c'est un peu, un tout petit peu, plus cher que le public - vu que c'est, précisément, privé - il trépigne ici que tout doit être fait pour que l'éducation nationale - et ses profs gauchistes qui font chier à faire grève - disparaisse à tout jamais pour que les chères têtes blondes deviennent compétitives dans un privé qui ô joie continuera d'être joyeusement subventionné par les deniers publics...

Car le libéral n'en finit jamais de vomir à longs jets sur le public, mais n'oublie jamais après de lui réclamer des thunes, bien incapable qu'il est de se démerder tout seul avec la loi du Joli Marché Qui Rend Heureux Christophe Barbier. Le libéral a aussi une mémoire très sélective qui lui fait oublier que la situation de l'Éducation nationale - qu'il n'en finit jamais de déplorer - est due à trente années de réductions d'effectifs et de casse systématique du service public par les soins de ses écœurants semblables. Non, cela, le libéral n'en parlera jamais, pas plus qu'il ne mettra en exergue que l'une des raisons majeures de vendre le public au privé est une question idéologique : casser le bastion de la gauche pour fourrer de la merde dans les têtes des gamins qui ne sont pas encore assez détruits par la propagande des amis de Christophe barbier. Lesquels amis, à l'instar de, justement, Christophe Barbier, vont encore se répandre sur tous les plateaux-télé et tous les éditoriaux pour pleurer ouin ouin ouin leur terrible souffrance de vivre en Bolchévie totalitaire qui musèle leur florentpagnesque liberté de penser (de noires conneries).

Si on était un peu méchant, on en rêverait presque de voir Christophe Barbier pendu par les pieds avec son écharpe pendant que des écoliers hilares lui jetteraient des cailloux pointus au visage sous l'oeil attendri de leur maîtresse. Mais heureusement, on est dans le camp du Bien, et c'est nous les plus Gentils. On se contentera donc de prendre Christophe Barbier pour ce qu'il est : un grand vide à l'intérieur qui produit du rien à l'extérieur. Même si ça, c'est déjà beaucoup, beaucoup trop.


mardi 29 septembre 2009

Le sexe anal est-il romantique ?

Car vous pouvez le constater chaque jour, CSP ne craint pas de se colleter avec les plus graves problèmes de l'heure. Rien, non, absolument rien, aucune question si téméraire soit-elle, aucun gouffre de l'esprit de peut le faire reculer. Néant. Keud. CSP regarde l'abîme en face et lui tire la langue, parce que CSP, il est comme ça.

Donc : Le sexe anal peut-il être romantique ?

Et la réponse est, définitivement :

Oui.

La preuve, stupéfiante :


Chiens enragés

Il aura donc fallu un 24ème suicidé à France Télécom pour que Didier Lombard se décide à admettre que : "il y a moyen de faire baisser la pression en étant plus humain dans l'application des choses" (source).

On peut supposer qu'il faudra encore une cinquantaine de morts pour commencer d'envisager une éventuelle remise en question des pratiques de management de cette entreprise.

On peut aussi se demander à partir de combien de décès on pourra commencer à se dire que privatiser n'était peut-être pas une si bonne idée que ça.

Ce dont on peut être en revanche certain, c'est qu'on commence déjà d'entendre les chiens enragés du néolibéralisme commencer à faire claquer leur mâchoires pour défendre coûte que coûte leur cher modèle économique qui jamais, au grand jamais, ne saurait quant à lui être une seule seconde remis en question...

Il y aura ceux qui parleront de leur situation personnelle en se contentant de hausser les épaules : "ils n'ont qu'à démissionner ! Moi c'est ce que j'aurai/j'ai fait".
Le chien enragé néolibéral ne voit que par rapport à lui-même et manifeste en permanence sa foncière et totale incapacité à dépasser son nombril et ce qui tourne autour. Ça s'appelle de l'individualisme et les gens qui raisonnent de cette manière ne peuvent décemment être comptés au rang d'être humains normaux.

Il y aura ceux qui chiffres à l'appui prétendront que le taux de suicides n'est pas plus grand à FT qu'ailleurs et que c'est beaucoup de bruit pour pas grand chose.
Le chien enragé néolibéral ne recule devant aucune saloperie pour défendre sa secte, il prendra donc n'importe quels chiffres qui lui tomberont sous la main quitte à les tordre dans tous les sens jusqu'à ce qu'il parvienne à leur faire dire exactement ce qu'il veut. En "oubliant" toujours que le taux de suicides en France est déjà dramatiquement élevé, et que comparer des chiffres nationaux à ce qui se passe dans UNE SEULE entreprise est rien moins qu'une manipulation. Le chien enragé néolibéral s'en fout, il faut que son idéologie de l'entreprise privée tienne debout à tout prix, il en a trop besoin.

Il y aura ceux qui feront la fine bouche en disant que fort complexe est un suicide et que cela ne peut certes pas se réduire à de seuls problèmes de travail, n'est-ce pas.
Le chien enragé néolibéral n'aime pas la réalité, et il l'ignore superbement quand elle s'obstine à ne pas aller dans son sens. Alors même qu'il est manifeste que ce sont les méthodes de management par la terreur et l'ambiance dégueulasse qui règne à FT qui poussent certains à l'irréparable, le chien enragé néolibéral cherche à créer une diversion en psychologisant le problème et en ne le présentant que par son versant existentiel, quand c'est tout un contexte subi 8 heures par jour pendant des années qui a lentement grignoté la résistance des salariés. Mais le chien enragé néolibéral est un "individu" qui comme Margaret Thatcher en son temps pense que "La société, ça n'existe pas". Surtout quand ça l'arrange.

Il y aura ceux qui feront mine de s'offusquer de la "récupération politique" de ces drames en susurrant que ceux qui s'en indignent ne le font que par calcul et se foutent complètement au fond de la vie de ces gens.
Le chien enragé néolibéral à dû être engendré dans un Sanibroyeur pour mettre en avant ce genre d'argument. Le pense t-il vraiment ? Ne le dit-il que pour détourner l'attention des vrais coupables. Peu importe. Dans tous les cas, prétendre à la "récupération" ne fait que démontrer le niveau d'égout dans lequel se roule avec plaisir le chien enragé néolibéral dès qu'il s'agit de salir ceux qui osent ne pas ressembler au lamentable hypocrite qu'il se vante d'être.

Il y aura ceux qui tonneront contre les 35 heures, Dieu seul sait pourquoi, et vomiront de haine contre ces feignants de fonctionnaires qui sont stressés par leur travail alors que eux serrent les dents et ne mouftent jamais en en tirant gloire...
Le chien enragé néolibéral grogne et montre les dents et cherche à mordre ; mais jamais devant ses supérieurs hiérarchiques, faut pas déconner. Le chien enragé néolibéral se fait caniche larmoyant et veule quand il est au travail, il respecte sa direction qui l'exploite jusqu'au trou de balle et en redemande. Le chien enragé néolibéral a une mentalité d'esclave, de ceux qui finissent par aimer leur servitude et dénonceront les autres qui ne sont pas aussi rampants que lui. Le chien enragé néolibéral est aigri et jaloux et il se rend bien compte que sa vie est merdique, alors il faut bien qu'il tourne toute cette frustration vers quelque chose, il a renouvelé son abonnement au Figaro...

Comment, mais expliquez nous comment éprouver une micro-once de considération pour...

Ça.

lundi 28 septembre 2009

Plaidoyer pour l'euthanasie


Bon, sérieusement, tu vas te décider à débarrasser le plancher, oui, vieille morue ?


Pourquoi les libéraux progressent-ils en Allemagne ?

(Ne connaissant la situation politique allemande qu'assez indirectement, je demanderai à mes lecteurs et teuses germanophiles une certaine indulgence : ce billet n'est qu'une tentative d'explication, et toute précision supplémentaire sera la bienvenue).

Alors que le néolibéralisme est partout de plus en plus déconsidéré, comment, mais comment diable se fait-il que les libéraux connaissent une percée politique importante en Allemagne ? Le FDP de Guido Westerwelle fait 14.6 %, ce qui lui autorise de fait une voix prépondérante dans une alliance avec la CDU d'Angela Merkel. Il y a là un paradoxe qu'il faut tenter d'expliquer, puisqu'au-delà du contexte spécifiquement teuton, on assiste peut-être à une évolution politique d'un néolibéralisme s'étant adapté à la crise et surfant résolument sur l'individualisme de nos sociétés.

On remarquera au passage qu'il faut chercher en vain dans la presse française la moindre trace de ce genre de démarche : tous les éditorialistes se contentent d'enregistrer une victoire en demi-teinte de la CDU, l'effondrement des sociaux-démocrates, et la montée de Die Linke et du FDP. Et punto. D'explicitation un peu avancée de cette reconfiguration politique : pour ainsi dire point. Et il faut sortir - virtuellement - de l'hexagone pour trouver des éclaircissement sur ce qu'est ce FDP qui séduit tant d'électeurs en Bochie. Sur le site du Temps (Suisse), on apprend donc que :

"Le FDP attire les jeunes cadres, les jeunes urbains et les couches moyennes qui se sentent abandonnées par les conservateurs ou le SPD. Dans une société allemande toujours plus hédoniste où la réussite personnelle est en passe de supplanter les valeurs de solidarité, le succès des libéraux n’a rien d’étonnant. Alors que la grande coalition s’enfonçait dans les compromis et lassait les électeurs, le FDP a su habilement jouer de son rôle de parti d’opposition avec un langage clair. Des recettes simples, facilement identifiables, voilà la recette. Selon Jürgen Rüttgers, numéro deux de la CDU, le FDP a profité de la lassitude des gens envers la grande coalition."

L'autre élément explicitant ce succès tient à la personnalité de son leader :

"Guido Westerwelle a su rajeunir son parti, l’orienter sur la défense des libertés individuelles, contre la surveillance des ordinateurs personnels et de l’Internet par l’Etat. Il affiche sans ostentation son homosexualité, qui ne pose aucun problème aux Allemands."

Le FDP a compris l'époque dans laquelle il vivait et su habilement mixer social (promesse de baisses d'impôts) et sociétal (libertés individuelles) pour s'adresser aux classes moyennes inquiètes d'une paupérisation rampante, lesquelles plutôt que se sentir des points communs avec les couches populaires préfèrent conjurer leur hantise du déclassement en donnant leur voix à ceux qui leur promettent qu'ils pourront maintenir leur statut social. En mettant en avant la dimensions sociétale de son programme et en présentant un sémillant gay à sa tête, le FDP roule sur du velours dans un cadre de société occidentale complètement bouffée par le rejet des solidarités et l'explosion d'un individualisme outrancier qui ne trouve du sens que dans l'hédonisme consumériste. De ce point de vue, la situation en Allemagne n'est pas tellement différente d'ici et rejoint les analyses de Seb Musset sur les classes moyennes françaises, qui préfèrent se tourner vers la droite plutôt que d'envisager que leurs intérêts de classe puissent rejoindre ceux des pue-la-sueur de l'étage du dessous.

C'est peut-être à la fin du néolibéralisme old-school à la Thatcher-Reagan, même ripoliné à la sauce blairiste, que nous assistons. D'abord ébranlé par la crise, celui-ci évolue et abandonne les aspects les plus conservateurs de son programme en faisant passer la pilule du social (austérité budgétaire et réduction des allocations chômage) avec la confiture du sociétal (défense des droits individuels et encouragement à la consommation pour créer de la relance). Si se confirme cette hypothèse, nul doute que le succès outre-rhin du FDP va faire parler dans nos chaumières libérales...

dimanche 27 septembre 2009

"Procès d'intention", vous disiez ?


"les amis de Marie-George Buffet ont rendu public une déclaration commune avec le Parti de gauche et la Gauche unitaire, annonçant que leur alliance pour mars 2010 est d'ores et déjà scellée".

(source)

Ça a au moins le mérite de la clarté. Tout ça pour ça, hein. Quand je pense qu'il y a encore une semaine, on pouvait lire les trémolos des militants PC qui juraient la main sur le coeur qu'on ne les y reprendraient plus, et que la gauche plurielle plus jamais ça et que "la base" allait peser pour que le Parti n'aille pas à la soupe avec le P"S" blablabla. Non, sans déconner, ils le croyaient vraiment ? Depuis des décennies, les militants du PCF avalent de force toutes les couleuvres de leur direction, ils rouspètent un peu, traînent des pieds, et au final font gentiment ce qu'on leur dit de faire. En soupirant, sans aucun enthousiasme, mais ils le font. Il n y avait aucune raison que ça change.

Et Mélenchon, nan, mais on se fout de la gueule de qui, là ? Le mec qui claque la porte du P"S" en tonitruant que les sociaux-démocrates en peau de lapin c'est que des vilains très très méchants, qu'on va voir ce qu'on va voir, "l'insurrection par les urnes", et que je te gesticule dans tous les sens pendant des mois que faire quelque chose avec les socialos ? Jamais Môssieur ! La garde meurt ! Tu parles. Et au final de signer des accords qui puentduc pour s'ébrouer dans les exécutifs tenus par le P"S" qui leur filera généreusement des strapontins à la con qui pèseront que dalle. Bravo. Non, vraiment, là, un seul mot : bravo. Et comme d'habitude, méthode classique, pour se défausser de leur débandade ils vont nous hurler dessus comme un seul homme en disant encore que les vilains sectaires, etc. Et ben on va voir ce que ça va donner, hein, le Frondgôche qui fait bisou-bisou avec les socialistes. Ah la la, on a hâte d'y être, là, vraiment.

Nan mais sérieusement les gens, vous y aviez cru, à ce Frondgôche, là ? Le truc qui allait tout chambouler et faire renaître l'espoir et que et que, quand nous ça fait maintenant des mois qu'on joue les Cassandre à essayer d'expliquer que la ligne politique est trop floue, que les positions sont bancales, et que oui, oui en effet on se méfie d'une formation qui n'assume pas une rupture concrète avec le P"S" mais n'en finit pas de louvoyer et que ce qui se passe en ce moment on pouvait le voir venir gros comme une maison, merde à la fin ! Faut arrêter de croire aux bisounours, un jour, quand même, là ! "Ouiiiii mais c'est paske vous mettez la barre trop haut !!!!". La barre trop haut ? Et mon cul, il est trop haut ? Se coller aux socialos, c'est se ruiner toute crédibilité et être condamné à bouffer de la merde en faisant semblant que c'est de la chantilly pour se retrouver au final complètement vampirisé, et on nous emmerde parce qu'on refuse de jouer ce jeu à la con dont on ne peut sortir que perdants ?????

Et maintenant, bon courage aux militants pour justifier ça, tiens.


samedi 26 septembre 2009

La route


Je ne remercierai jamais assez cette amie qui m'a fait découvrir ce prodigieux et terrible livre. L'odyssée d'un homme et de son fils dans une Amérique post-apocalyptique, errant sans repos au milieu d'un océan de désolation et tentant de survivre sur une terre dont les derniers habitants en sont réduits à la tribalisation et au cannibalisme pour subsister. Jamais je n'ai lu, ni vu sur un écran, une description à ce point noire et desepérée d'un monde à l'agonie , totalement retourné à la barbarie la plus primitive, où plus rien ne vit excepté des bandes anarchiques livrées à elle-mêmes qui ne font de prisonniers que pour leur servir de nourriture...

À aucun moment on ne nous explique ce qui s'est passé, il y a eu un évènement et le monde est en train de mourir. On se connait pas les noms du père et de l'enfant, simplement "l'homme" et "le fils" qui marchent dans un paysage de cendres sous un ciel devenu éternellement gris. Hantés par la peur et la faim, ils poussent un caddie de supermarché qui contient leur seules possessions, en quête de conserves parfois périmées et d'un abri pour un jour ou deux, mais jamais davantage. Jamais de repos, jamais de halte, ils évitent à tout prix leurs derniers semblables pour qui ils ne représentent que de la viande. Et on comprend au fur et mesure de ces pages d'une écriture sobre jusqu'à l'austérité qu'ils sont davantage que des survivants, qu'ils sont les derniers êtres "humains" à part entière, que le lien d'amour et de filiation qui existe entre eux est la seule lueur encore vivante dans cette absolue noirceur. "La route" n'est pas un roman de science-fiction post-apo de plus, c'est le bouleversant récit de deux êtres qui maintiennent intacte l'étincelle, "les porteurs de feu" comme le dit l'homme à son fils...

Il y a une adaptation ciné qui doit sortir d'ici peu. Je crains que l'hollywoodisation ne fasse perdre de la substance à l'histoire et recule devant sa noirceur ; quoi qu'il en soit, j'irai quand même le voir. Et je sais également que "La route" est un livre que je relirai.




vendredi 25 septembre 2009

Tire-au-flan ! Fainéant ! Tire-au-flan !

(Dans notre série ouverture et participation, un texte de Chloé Tristan, qui non seulement me fait l'honneur d'être une amie, mais est également une future collaboratrice du projet Rien N'est À Eux).

Le travail est dur et elle répète ses mouvements d’ongles sur les claviers plastiques du service. Le regard perdu derrière les pixels de l’écran, l’esprit occupé par la disparition de la boite de trombone, son corps endormi dans les crispations de la position assise en est à la troisième heure. Non, deux heure quarante minutes. L’air froid de la climatisation écaille la peinture de ses barrettes, un vrai glaçon dans les cheveux. « Pas de problème. Si vous avez chaud on peut augmenter un peu la clim’ » dit-elle. Et pourtant il caille. Merde.

Ce qui la préoccupe, ce n’est pas tant cette histoire de promotion première classe de « l’autre » dont ils parlent depuis ce matin, celle « qui n’en fait pas lourd mais qui est payée pareil » (et tout le monde voit qui je veux dire). Après tout, ils font ce qu’ils veulent. Mais surtout, elle se demande pourquoi l’autre de ce matin parlait « d’emploi fictif ». Peut-être qu’il n’était pas très dans son assiette et que celle qu’il appelle « garce » l’avait pris en grip. Ou alors c’était de l’humour. Bref, en tous cas celui-là n’aime pas les tire-au-flan, ou ceux qu’il qualifie comme tels.

La question du zèle est finalement bien présente dans l’univers du prolétariat de l’administration publique. Pourtant, l’inintérêt du boulot invite aux stratégies de lenteur dans la manipulation des classeurs et carnets à souches, aux pauses clopes, au soulagement que procure non pas le moment passé à pisser, mais celui que donne provisoirement le moment passé à aller pisser, c’est-à-dire le moment pris dans sa globalité et ses multiples dimensions (on s’échappe un instant pour aller voir la couleur des chiottes, le temps, l’espace, l’extérieur, autrui, la mort, le taboulé de midi, errare humanum est...).

La taille du geste, son amplitude, sa vitesse, l’égarement camouflé des pensées lorsqu’on s’emploie malignement à maintenir le regard vers la tâche à effectuer, alors qu’on à l’âme en peine, en joie ou ailleurs ; le calcul des pauses déjeuner et de l’accumulation des heures sup’ ; la culpabilité faussement accouchée -puis évacuée, nécessairement coupablement- dans l’esprit de l’employé de bureau lorsqu’il ne re-entame pas une nouvelle tâche pour cause du « c’est presque l’heure » : tout cela est calculé, et constitue le matériel de survie de base que le prolétaire de l’administration se doit de nourrir et d’entretenir avec assiduité pour survivre au travail. Sans doute comme l’ouvrier. Ou d’autres.

Le zèle est donc bien là, malgré la pression de cette pompe à épanouissement que constitue le boulot en situation de théorique et soi-disant non-compétition du service public. Car le management s’occupe de remédier aux potentielles attitudes de tire-au-flan. Tire-au-flan ! Fainéant ! Tire-au-flan ! Le zèle, cette ramification de la stratégie de contrainte et de soumission au travail que le management et les régimes capitalistes utilisent jusqu’à essoufflement : le zèle est là, à gerber.

Et ce n’est pas « l’excès de zèle » le problème. Ce qui brouille, embrouille, c’est le sentiment qu’on ceux qui le pratiquent, envers ceux que l’inintérêt du boulot pousse plus ou moins ostensiblement à descendre de la scène de cette vaste pièce tragi-comique qu’est le travail-comme-nature-de-l’homme.

Mais chez ces derniers aussi, les larmes, la culpabilité, l’amertume des reproches chuchotés pourrissent à dose homéopathique le quotidien. Eux qui, ayant fait le choix de cette distanciation de « l’amour du travail bien fait » que simulent d’autres, se promènent perchés sur des escarpins, au faux talons bourrés de secrète jalousie.

Pourtant, ici, les bureaux sont bien ceux de l’administration publique, et s’il y a bien, certes, un peu de piston et de promotions injustes de temps à autre, le zèle ne semblait pas être une nécessité. Peut-être la pression est-elle déjà trop intériorisée. ... Tire-au-flan ! Fainéant ! Tire-au-flan ! Ainsi, le plus grand mystère reste celui de la persistance des relans vinaigrés distillés dans les propos des employés qui relatent les attitudes de ceux qui s’économisent1, ou dans les dénonciation des façons dont certains –« tout le monde sait qui je veux dire »- refusent de se donner à la tache comme on se donne à un amour plein d’espoir. Si on s’emmerde, ou si on soufre, c’est dégueulasse que l’autre montre ostensiblement qu’il s’emmerde aussi. Qu’il souffre aussi.

Finalement, la différence est que certains font en sorte que cela ne se voit pas. Se contrôlent, font en sorte de s’y appliquer pour mieux tenir. Alors, pourquoi donc les autres auraient-ils moins de raisons de se contenir, de se forcer ; de faire au moins quelques efforts pour contrôler leur mauvaise humeur ? L’homme est un animal social, merde, un peu de contrôle. Et puis, on survit mieux comme ça. Reprenons du café, les filles en referont. Les filles aiment bien s’occuper du café.

Voila donc ce que certains appellent simplement la « mauvaise humeur » au bureau, dont les racines, quand elles ne prennent pas naissance dans les préoccupations du foyer, la prennent dans la souffrance contrôlée -par le zèle, la nécessité, l’aliénation- que génère le travail subi. Souffrance, qui, tôt ou tard, vient de toute façon s’incruster en pique-assiette à la table à manger du prolétaire de l’administration publique.


(Non pas que l’économisme soit ici appliqué à des fins de profit : il ne s’agit pas de gain, mais de stratégies et d’astuces de survie et de maintien -autant que possible- des conditions d’existence inventées par le prolétaire du travail administratif : un véritable (et souvent astucieux) bricolage des règles au travail, pour mieux arriver à travailler.)

Socialistes...

...on ne vous respecte plus, et à la lecture des blogs de vos militants, vous ne vous demandez même pas pourquoi. Depuis des mois, la seule chose qui vous agite est de savoir quel chef, quelle petite stratégie, quelles alliances crapoteuses, et tout le reste vous est parfaitement indifférent. Mais si il n'y avait que cela...

Il paraîtrait que vous êtes de gauche. Ce qui fait rire tout le monde, personne n'y croit sérieusement et sans doute même pas vous. En tout cas, c'est ce que vous n'hésitez jamais à hurler à la face du monde, sans doute histoire de se donner un cachet de respectabilité à peu de frais.

Sauf que quand on se dit "de gauche", il y'a deux ou trois choses qu'on devrait faire, et aussi deux ou trois chose qu'on ne doit jamais faire.

Comme baisser culotte devant l'extrême-droite, par exemple.

"la bibliothèque et la mairie du 4è arrondissement ont reçu des plaintes "d'habitants", furieux de cette exposition prenant la défense des sans-papiers. Des appels initiés par les Jeunes Identitaires Lyonnais, groupuscule d'extrême-droite qui évolue dans la mouvance du Bloc identitaire"

"A la mairie du 4è arrondissement, on tente d'expliquer que le problème n'est pas lié aux photos de Bertrand Gaudilllère mais au débat organisé ce jeudi soir à l'occasion du vernissage. "Il y avait deux problèmes. Un problème de déséquilibre du débat. N'étaient invitées que des personnes qui défendaient la même position. Le second problème est lié à la présence de sans-papiers à ce débat. Est-ce qu'une bibliothèque peut réellement accueillir des personnes qui sont hors-la-loi et pour qui être là peut représenter un risque ?", explique Dominique Bolliet, le maire socialiste du 4è arrondissement. Il parle de la nécessaire "neutralité"

L'exposition a été maintenue, happy end.

Que c'est parfaitement et absolument piteux et lamentable, l'argumentaire "légaliste" pour se défausser. Que c'est bassement honteux de voir un élu rétropédaler à toutes vitesse devant les simagrées d'un nanopuscule de nazillons en se réfugiant derrière le prétexte de la "loi". Que c'est pénible, enfin, de voir quelqu'un qui a coup sûr s'est fait élire sous une étiquette "de gauche" n'avoir pas la moindre couille de défendre ne serait-ce qu'un peu quelques unes des valeurs qui l'ont aidé à s'installer dans son fauteuil...

Mais c'est vrai : c'est un socialiste.

Ce n'est qu'un cas local ? Il n'est pas représentatif ? Allons donc...plus personne dans ce parti ne sait pourquoi il est là. Plus de convictions, plus d'action un peu forte, plus rien. Et plus rien à attendre non plus. Comment attendre ou espérer la moindre once de crédibilité quand on voit des comportements pareils ? Y'a t-il eu menaces physiques ? Les nazillons se sont-ils même montrés en vrai une seule fois ? Non. Ils ont passé des coups de fils et ont envoyé des mails...et ça suffit pour qu'un maire socialiste prenne peur. À ce stade, on a même plus pitié, on fait une moue de mépris écœuré devant tant de lâcheté sordide...

Socialistes, vous allez perdre en 2012, et ce sera encore entièrement de votre faute.

Les fafounets, c'était mieux avant

Ah ça, pour brailler devant un clavier, y'en a du monde...
Ensuite, pour passer à l'acte, là, bizarrement, plus personne.

C'est pour ça qu'ils me font tous bien rire, les singes hurleurs qui se tripotent la nouille en rond sur Internet. À les lire, c'est des vrais bad-boys, des méchants, des durs et des tatoués, des mecs avec des bollocks comme des melons d'eau, des vachement provocateurs qu'ont pas peur de choquer tu'ois, et que Plus Vaillant Défenseur De L'Occident que moi tu meurs, et que il faut déclarer la guerre totale à l'Islamogauchisme et qu'on va voir ce qu'on va voir...

Arf.

Et dans le monde réel ?

Ben rien, évidemment.

Lisez les : y en a t-il un seul qui passe à l'acte dans quelque domaine que ce soit ? Non. Jamais. Des poseurs frustrés qui s'astiquent la 22. LR en surfant sur des sites survivalistes pour attendre le Jour où, enfin, ils vont sortir de leur cachette et là, hein, on va voir, hein, non mais on va tous voir, d'abord. Alors que non. On ne verra rien du tout. Comment voulez-vous que des asociaux scotchés à leur claviers du matin au soir puissent oser faire quoi que ce soit de plus audacieux que télécharger du porno lesbien qui est le seul contact qu'ils auront jamais avec une femme ? Franchement ?

En fait, le fafounet, il se voit comme ça :

Alors qu'il ressemble à ça :

Voire à ça :


C'est donc pour ça que ceux qui braillent comme marmaille dans mes commentaires en me promettant ceci et cela, et qu'on te faire bobo, et que tu perds rien pour attendre et tu vas voir ce que tu vas voir blablabla, pfou, maman, j'ai trop peur, là.

Et j'ai tellement d'autres choses à foutre, tenez :

Ce soir, CSP sera au bar le Délicatessen, 11 rue Riquet 31000 Toulouse, à partir de 21 heures.

Il est bien évident que ceci constitue avant tout une invitation ouverte à toutes celles et ceux qui souhaiteraient partager un moment de convivialité super sympa avec l'Incontesté Meilleur Blogueur de Gauche, et donc en aucun cas une provocation de quelque ordre que ce soit.

Partant, je décline toute responsabilité concernant d'éventuelles - et non souhaitables, il va sans dire - troubles de toutes sortes qui ne seront pas de mon fait, c'est évident.

Mais je sais de toutes façons que je vais passer une soirée très tranquille sans qu'aucun perturbateur ne fasse l'effort de lever son gros cul de devant son ordinateur.


jeudi 24 septembre 2009

"Il n'y a rien de choquant"

"Pour le président du groupe UMP à l'Assemblée, «il n'y a rien de choquant». Les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale aux salariés suite à un accident du travail sont, selon lui, «un revenu qu’il s’agit de soumettre à l’impôt"

(source)

Petit tour sur la blogosphère de droite quand j'ai lu la nouvelle, réflexe de blogueur, hein : non, lui il en parle pas..lui non plus...eux non plus...ah lui, c'est un bon champion, il va...non plus...et là, lui non plus...
Bon.
Soit ça ne les intéresse pas. Admettons. C'est curieux, mais bon, admettons, ces gens ne sont pas comme nous, après tout.

Soit ça va être très. Très. Mais alors très difficile.
De défendre une saloperie pareille...

Oh, n'ayons nulle inquiétude : il s'en trouvera bien un pour se fendre d'un de ces billets rampants et grotesques dont cette engeance est coutumière. Monter au créneau pour chanter les louanges d'une mesure destinée à piquer les fric du type dans un fauteuil roulant à la suite d'un accident de travail ? Pas de problème, je suis de droite, je peux le faire. Déficits publics blablabla, trou de la Sécu blublu, crise financière rhalala les temps sont durs Mâme Michu, il faut comprendre que même si ça paraît dur, c'est une mesure de bon sens, et prétendre le contraire serait démagogique, je les connaît par coeur, ces rats. Allez, sous 24 heures, je parie que j'en trouve un.

N'empêche : là, ils vont avoir du mal, les mecs.

Puisque tout de même, ça peut très bien se comprendre que quand on est une ordure de droite - pléonasme, oui, merci, je sais -, malgré le fait qu'on ait la cervelle complètement bouffée par le néolibéralisme et qu'on se vautre depuis des années dans de la grosse pensée unique qui tache comme goret dans son auge, on peut néanmoins supposer qu'on est pas tout à fait déconnecté de certaines réalités élémentaires, du genre : un accident du travail, ça peut arriver à absolument tout le monde. Peu importe la couleur politique. Et partant, on peut de retrouver en arrêt de travail et joyeusement ponctionné sur ses mirobolantes indemnités - 60 ou 70 % du salaire, je ne sais plus ?...- et ce même si on a sa carte à l'UMP, ce qui quelque part aurait d'ailleurs quelque chose de profondément comique, non ?

(Ici, petite précision : si l'accident du travail ne connaît certes de pas de couleur politique en tant que tel, il possède néanmoins une indéniable coloration de classe : on risque moins quand on est, au hasard, avocat d'affaires, que maçon sur un chantier. On peut donc en inférer que ceux qui seront le plus victimes de cette nouvelle saloperie de notre gouvernement de charognes seront ceux qui toucheront le moins. Ça s'appelle faire payer les pauvres pour éviter de faire payer les riches, et c'est une spécificité de droite, oui Madame).

Venant à l'instant de faire une petite recherche Gougueule, je constate que même le Figaro ne consacre pas une lignette dans son édition en ligne à ce qui pourtant, assure Jeff Copé, n'a "rien de choquant". On a pourtant vu la Pravda Sarkozyste bien plus en pointe quand il s'agissait de justifier le plus injustifiable, mais là : non. Pas un mot. Peut-être que Thréard, Mougeotte, Bréguet et Rioufol sont en train de tirer à la courte paille pour désigner le malheureux qui va s'y coller...

Parce que Jeff Copé a beau prendre soin de bien souligner que, répétons-le, ""Il n'y a rien de choquant" à ponctionner l'accidenté du travail, qui ne sait, qui peut ignorer que : si. C'est profondément et incontestablement et parfaitement et par tous les bouts qu'on le prenne...

"Choquant".

Très.

Vraiment très.

Je ne vous souhaite pas "bon courage", amis sarkozystes, vous ne savez pas ce que c'est. Vous êtes de droite.
Mais on attend avec gourmandise vos - pitoyables - tentatives de justifications qui auront au moins, c'est déjà ça, l'inestimable qualité de nous faire bien rire.

mercredi 23 septembre 2009

Loisirs intelligents (très)

N'ayant rigoureusement aucune envie de faire un billet un tant soit peu construit aujourd'hui, et n'ayant de plus qu'une hâte, c'est d'éteindre l'ordinateur pour faire du sport comme un gros pas fin et fier de l'être, je me contenterais donc de signaler que se passera ce soir à Toulouse, au cinéma Utopia, 24 rue Montardy, la projection à partir de 20h30 de "Trois petits films contre le grand Capital" dans le cadre d'une soirée de soutien du journal Fakir de François Ruffin - dont il faut lire "La guerre des classes" si ce n'est déjà fait -, en la présence dudit François Ruffin, et en plus avec Agnès et moi dans la salle. Ou en train de boire de l'alcool dans un bistrot au cas où il n'y aurait plus de places, on sait jamais. Bref, François Ruffin + Le Monolecte + CSP = soirée à coup sûr enchanteresse, et si des lecteurs/teuses veulent viendre, plus on est de fous.

Sur ce, je vais me coller le mp3 sur les oreilles avec playlist "musique de sauvages" et m'agiter dans tous les sens en transpirant comme un boeuf, brave bourrin content que je sais être.

mardi 22 septembre 2009

Caisses vides...



Ces images sont absolument fascinantes. C'est un Lockheed F-35, avion militaire "multirôles" qui devrait entrer en service vers 2011/2012 et qui peut décoller et atterrir verticalement. Ce qui en fait évidemment un outil stratégique d'une importance déterminante : plus besoin de construire des pistes repérables de très loin, capacité de dissimuler le coucou à peu près n'importe où, et possibilité de le déployer dans des zones sans infrastructures spécifiques comme par exemple ces pays de pauvres que l'US Army adore bombarder depuis une cinquantaine d'années. Les civils en dessous seront carbonisés de la même façon et n'auront pas l'élégance de comparer avec un bête B-52, mais au moins auront-ils la consolation d'avoir été vaporisés par un fleuron de la technologie moderne.

Qui a évidemment coûté bonbon, et même gros bonbon, puisque la fiche Wikipédia nous apprend - en petits chiffres sur le côté - que l'ensemble du programme représente un investissement de 300 milliards $, et que le zoziau coûtera entre 50 et 65 millions $ l'unité. Autant dire que pour frimer avec ça en le posant sur le parking de Carrouf ne sera pas donné à tout le monde.

Ces images sont donc fascinantes à deux titres :

Comment ne pas être abasourdis, sincèrement, par le déploiement de génie humain qui permet de penser et de construire d'aussi stupéfiantes machines ? N'y a t-il pas quelque chose de proprement extraordinaire de voir à l'oeuvre ce dont l'Homme, à la base chétive créature totalement inadaptée à la vie ailleurs que dans un environnement le plus sécurisé possible, et qui n'a eu que la chance d'avoir un développement de ses facultés cognitives hors de comparaison avec les autres espèces, n'y a t-il donc pas quelque chose de réellement fascinant de voir ce qu'il est capable d'imaginer et de créer ? Et sans aller jusqu'à des avions de combat dernier cri, mais pensez à un autre objet d'apparence plus banale puisque plus usuel : un pont. Un simple pont enjambant une rivière. Quand on y pense, il a fallu déployer des trésors d'ingéniosité et de connaissances dans de nombreux domaines, simplement pour construire ce bête pont qu'on emprunte sans y penser. Donc oui, cette capacité démiurgique de l'être humain est éminemment fascinante.

Ce qui est également fascinant, mais de toute autre façon, dans le F-35, c'est son prix. Un programme de 300 milliards $. C'est que ça en fait, des brouzoufs...Et rien que pour un avion, un seul modèle. On ne peut pas s'empêcher de penser à ce qu'un gouvernement pourrait faire avec un programme de 300 milliards $ orienté de différente façon...

La conclusion est comme toujours très simple :

De l'argent pour améliorer le niveau de vie planétaire, il n'y en a jamais.

De l'argent pour construire des merdes qui mettront le monde à feu et à sang, il y'en a toujours.

Qu'on ne vienne donc pas nous dire que les caisses sont vides, que les déficits publics, que les choses sont plus complexes, que la rigueur et la crise, et votre programme il est bien gentil mais comment vous allez le financer, non, qu'on ne vienne pas nous vendre ces piteuses salades.

Les caisses ne sont jamais, jamais vides, pour certaines choses.

Il n'y a donc aucune raison viable que cet argent ne puisse être employé différemment.

lundi 21 septembre 2009

En finir avec la "pédagogie"

Contrairement à une interprétation un peu hâtive, il ne sera pas question ici des débats concernant l'Éducation nationale et ses méthodes. Nous allons voir une autre forme de "pédagogie", possédant une signification spécifique à l'extrême-gauche, et dont il faut se débarrasser le plus vite possible si on veut qu'un jour nos idées gouvernent.

Ah, faire de la "pédagogie"...

Voyez-vous, quand on est militant de l'esstrèmgôche troskiss, il y a des mots comme ça qui ont un sens particulier quand ils sont employés, qui revoient à des corpus théoriques et à des moments de l'Histoire du mouvement ouvrier et qui quand ils sont utilisés par nous possèdent une signification légèrement différente de leur usage courant ; par exemple, "opportuniste". Qui se contente pour le lambda de vouloir dire "tourneur de veste", ou "qui s'adapte aux circonstances en dépit de toute considération morale". Et bien en français/trotskyste, "opportuniste" signifie également ça, mais en bien bien plus grave. Vraiment plus grave. Quelque chose comme "tourneur de veste sans morale qui trahit les intérêts objectifs du prolétariat et se fait partant le complice visqueux du Capital dans une optique de collaboration de classe déshonorante". Ah oui, c'est sérieux, là. Tu traite un trotskyste d'"opportuniste", ça peut finir très mal. Y compris physiquement, si si.

Et quand on est trotskyste, il faut absolument et à tout prix faire de la "pédagogie".
Voui.
À savoir : prendre le travailleur exploité et aliéné entre quatre yeux et s'adresser à sa faculté de raisonner pour qu'il comprenne que ses intérêts de classe ne peuvent que le pousser à rejoindre le camp de la révolution permanente, lui faisant ainsi tomber les écailles de yeux dans une prise de conscience d'à quel point avant que d'être pédagogisé, il était tout perdu et faisait n'importe quoi...
Sauf que maintenant il sait, vu qu'on a fait de la "pédagogie".

Je caricature ? À peine.

Curieusement, figurez-vous que ce genre de démarche n'a bizarrement jamais donné de résultats franchement probants...oui, on se demande pourquoi, hein ?...
Peut-être parce que ce faisant on se place dans une position de prof qui explique la vie à des élèves, oui, peut-être...à cette nuance près que dans une salle de classe, les élèves sont là pour ça, ils n'ont d'ailleurs pas le choix, et il leur est explicitement demandé d'écouter le prof vu qu'on va leur demander des comptes à la fin (examens).
Dans un autre contexte que celui-ci, cette démarche de "pédagogie" s'est contenté de fabriquer à la chaîne de ces fameux militants donneurs de leçons cassants et prétentieux que vous avez tous rencontré un jour, voire que vous avez été vous-même. Etonnerais-je mon monde en avouant que ce fut également mon cas ?

Ensuite, on se rend vite compte des limites de cette "pédagogie", et pour une raison simple : ça ne marche pas. Parce que personne n'a envie de se faire expliquer la vie par un semi-intellectuel qui se pose en détenteur d'un savoir élitiste et qui du coup se permet de prendre de haut le vécu, les expériences et les émotions de son interlocuteur...Démarche d'un rationalisme asséchant, la "pédagogie" a fait plus fuir qu'elle n'a convaincu, et le militant abandonné de se dire que décidément, les masses ne sont pas prêtes à recevoir son message...

Il faut en finir avec la "pédagogie". Elle est inefficace et n'est qu'une perte de temps et d'énergie. Uniquement basée sur de la démonstration logico-rationelle, c'est une forme de scientisme militant censé s'adresser à une rationalité présupposée de l'interlocuteur, et qui partant infère que les choix et les pensées de tout un chacun ne sont dictés que par des réflexions rationnelles, en occultant tout ce que l'être humain peut être d'irrationnel et d'affectif et en mettant de côté rien moins qu'une bonne moitié de ce qui le constitue. Comme si les choix effectués dans une vie n'étaient que le fruit de cogitations raisonnantes. Comme si il existait une séparation tranchée entre la raison et l'affect quand la simple expérience quotidienne de tous démontre que les deux sont sans cesse intriqués dans des relations d'influence mutuelles.

On me dira que j'exagère. Que je pousse le bouchon. Que ça fait quelque temps tout de même qu'à la LCR quand elle existait, on avait pris du champ par rapport à cette démarche. Certes et sans doute...
Vraiment ?
Lisez un exemplaire de Tout Est À Nous.

Et par pitié, ne venez pas me faire un procès d'intention en pleurant que puisque c'est comme ça, on a qu'à faire du sarkozysme et ne s'adresser que et uniquement à l'émotionnel voire au reptilien, qu'il faut abandonner toute démarche de Science et de Raison et patauger dans un irrationnel manipulé à coup de slogans démagogiques et de storytelling, non, ne venez pas me prendre la tête avec ce genre de conneries, voulez-vous ? Ce n'est pas ce que je dis.

Je dis qu'il faut arrêter d'avoir une vision tronquée de l'être humain en ne s'adressant qu'à sa seule intelligence. Qu'il faut continuer à solliciter là n'est pas la question. Mais en acceptant et en intégrant que l'humain se meut aussi, voire souvent par son imaginaire, par son émotionnel, et que tant que ces imaginaires et ces émotions seront colonisés par les idées de droite, on se heurtera à des murs.

Il faut en finir avec la "pédagogie" et la remplacer par ce qui pourra être une démarche d'éducation politique "horizontale", dans un langage clair et accessible, qui prendra en compte les vécus, les expériences, les désirs et les émotions de ceux auxquels on s'adresse, en partant d'un principe simple : toute volonté d'émancipation ne peut s'accomplir que quand une personne comprend, y compris intimement, que cette émancipation doit passer par une repolitisation de son espace public, certes, mais également une repolitisation du mental, de son espace privé, et que pour cela il lui faut des outils, des concepts, des connaissances. Et lui donner l'envie de se les approprier. Pas les lui donner tout prêts à l'emploi : lui donner envie de se les incorporer.

Chantier énorme si il en est, mais d'une urgence cruciale, puisque j'en suis de plus en plus convaincu : la reconquête politique des imaginaires est la mère de toutes les batailles.

dimanche 20 septembre 2009

Demande d'explications

Serge Latouche est un des gourous de cette fameuse "décroissance" dont on peine tout de même à cerner les contours, et il s'est fendu dans Politis d'une tribune qui fait un peu très légèrement hausser le sourcil. Revenant sur les émeutes de la jeunesse grecque qui protestait contre le fait d'être devenue la "génération 600 euros", il consent à ce que "l’écœurement des jeunes manifestants et leur révolte peuvent se justifier", Monsieur est trop bon, mais précise aussitôt et c'est à ce moment précis que se hausse le sourcil mentionné plus haut :

"Cependant, 600 euros, c’est à peu près trente fois le seuil de pauvreté absolue, situé par la Banque mondiale à 1 dollar par jour – qui concerne environ un milliard et demi de nos contemporains –, et 15 fois celui de la pauvreté relative (2 dollars par jour) pour 2 milliards et demi d’humains supplémentaires. Les deux tiers de l’humanité vivent donc avec moins de 600 euros par an !"

Moui...

Mais encore ?

"les objecteurs de croissance savent que (...) même en casquant plus de la moitié de 600 euros pour le loyer d’une turne sordide, nos enfants font encore partie du tiers privilégié de l’humanité"

Hun hun.

Donc avec 600 € par mois, dans le monde occidental, on ferait des sortes de manière quand on prétendrait un peu hâtivement que ce serait pour ainsi dire quelque peu insuffisant pour, je sais pas moi, disons : vivre ?

Les deux sourcils se sont rejoints, à ce moment.

Mais Serge Latouche de rétropédaler en vitesse à la fin de son article, en nuançant :

"Certes, si les partisans de la décroissance se contentaient de soutenir qu’on peut être heureux avec 600 euros par mois, on les traiterait immédiatement d’alliés objectifs du capitalisme rapace, avec quelque apparence de raison"

Oui, en effet, ça nous avait pour ainsi dire quasi-traversé l'esprit. Mais ouf, il n'en est rien. N'est-ce pas ?

"la joie de vivre hors des chaînes du consumérisme est inconcevable sans amélioration de la qualité de la vie et sans lutte pour la justice. (...) Dès aujourd’hui, le bonheur est concevable sur la voie d’une émancipation de l’asservissement consumériste, mais il ne peut se construire que dans la lutte pour un monde plus partagé demain."

Ah. Bon. Et c'est tout ? Ben oui. C'est tout. C'est la fin de l'article, dont on aurait quand même apprécié qu'il développe un peu plus avant, même brièvement.
Parce que démarrer une tribune en posant comme problématique que vivre avec 600 € par mois dans la société occidentale telle qu'elle est de nos jours est non seulement tout à fait possible, et voire même est l'horizon politique à atteindre, il faut admettre que c'est pour le moins original...

Je ne sais pas ce qu'il en est de mes chèrEs lecteurs et trices, mais sans moi-même avoir un train de vie versaillais, sans aller au resto et au ciné chaque soir ni me remplir les narines de bolivienne extra-forte, et disposant, de plus, de plus de 600 € par mois, il peut m'arriver parfois d'éprouver quelques singulières petites difficultés du côté de la fin d'un mois dont il me semble que ces dernières années, il tend à raccourcir de plus en plus...

Et sans être parmi les plus nécessiteux, j'ose même croire que mon cas n'est pas tout à fait isolé.

Ensuite, certainement que par rapport à moult et moult personnes du tiers-monde, je vis dans un luxe parfaitement insensé, puisque je n'ai qu'à tourner un bouton pour avoir de l'eau potable, et pas faire 15 bornes à pied pour m'en procurer. Certes.

Mais ce n'est peut-être pas tout à fait comparable, non ?
Et il est tout de même un peu gênant de lire des tribunes qui encouragent somme toute à ne pas trop la ramener au vu de la misère qui sévit ailleurs, tout en signifiant que plutôt que se demander comment tirer certaines populations vers le haut - je suis à peu près certain que celle-ci seraint enchantées d'utiliser un robinet fonctionel - on a qu'à tous se caler vers le bas...

Et pendant qu'on y est, revendiquer augmentations de salaires et augmentation du pouvoir d'achat, là, c'est carrément faire le jeu du capitalisme, pff, où avais-je la tête ?

Alors de deux chose l'une :

Soit je n'ai pas compris où voulait en venir Serge Latouche et j'aimerais bien qu'on m'explique plus avant ce qu'il a voulu dire ;

Soit j'ai très bien compris et du coup, ça devient fortement déplaisant...
Parce que si c'est le cas, j'aimerais bien savoir sur quelle planète il vit, Serge Latouche, là...


samedi 19 septembre 2009

Le retour du spongiforme

Si il y en avait bien un qui n'avait manqué à personne, c'est bien Alain Finkielkraut. En effet, on pouvait s'estimer relativement heureux d'avoir été épargnés pendant un temps par la bouillasse réactionnaire qui sert de "pensée" à cet indigent atrabilaire professionnel, mais toutes les bonnes choses ont une fin, et malheureusement, on nous annonce qu'il revient. Zut. Tant pis.
"Rares sont ceux qui ne s'en sont pas rendu compte, Alain Finkielkraut sera resté en retrait durant près d'une année. Aucune empoignade télévisée, aucune sortie impétueuse sur l'affaire de Tarnac ou les blocages universitaires de l'hiver"
Ah oui décidément, zut alors, comme il nous a manqué. C'est simple, on a du se contenter du singe hurleur Rioufol et des piquants éditoriaux de Christophe Barbier, c'est dire que le niveau baissait. Ouf, fort heureusement, Finkielkraut reviens pour gueuler comme putois trépané contre tout et surtout n'importe quoi, c'est dire si le prestige intellectuel de la France est à nouveau entre de bonnes mains.
"Un autre combat, autrement cruel, le requérait en effet loin des plateaux. Un lymphome, aujourd'hui vaincu, qui l'a laissé exsangue durant plusieurs mois d'automne. De sa saison en enfer, il n'a gardé qu'un embarras à l'œil droit. L'énergie du pugiliste, elle, est intacte".
Bien. Il a été très très malade, et grâce à la médecine moderne, il s'en est sorti. Et on est drôlement content pour lui, ça oui alors. Tout en ne pouvant s'empêcher de penser que si au passage il avait eu une foudroyante infection du larynx qui l'aurait empêché de parler pour le reste de sa vie, on aurait pas été nombreux à le plaindre, hein. Mais bon, il est en bonne santé, il faut s'y résigner, c'est comme ça.
Tellement en bonne santé que derechef, il en remet une couche dans ce qu'il sait faire le mieux : faire fonctionner sa bouche pour former des mots qui mis bout à bout vont constituer des phrases qui quand on les mettra ensemble signifierons : des conneries de babouin réac et déconnecté du monde réel dont Finkie semble détenir l'éminent secret. Qui semble dans une forme olympique, pour le coup :
"Le mécontemporain ne s'est pas assagi, ni réconcilié. Trop de moulins à vent sociaux-démocrates à combattre, trop de futures armées rouges à défaire"
Ah oui, alors, là, Alain Finkielkraut, les urgences de l'heure, c'est en effet bel et bien mettre une couche de terre supplémentaire sur le cercueil de la social-démocratie d'une main, tout en défaisant les hordes besancenistes assoifées de sang de l'autre. Sinon, il y a eu une crise financière mondiale, le discrédit du néolibéralisme, la montée de la paupérisation de masse, ce genre de pécadilles quoi. Mais il n y avait peut-être pas la télé dans la chambre d'Alain Finkielkraut, sans doute. Et à quoi bon regarder la télévision si Alain Finkielkraut n'y passe même pas ? Franchement ?
Qui s'enflamme en s'inventant comme d'habitude de nouveaux ennemis qui n'existent que sa tête à lui, eh oui, il est toujours aussi abruti décidément :
"L'hypothèse communiste se déploie à nouveau sans vergogne, poursuit-il en effet. Voyez Badiou, ou cette excitation tellement aberrante, tellement française, autour de Julien Coupat. Voici quelqu'un qui, dans un style ampoulé et plein de références, en appelle à une révolte cruelle, c'est-à-dire sanguinaire. Je pensais que nous étions immunisés. Eh bien non, tout le monde applaudit!".
Arrivé à ce moment, la journaliste ayant la lourde charge de se le fader tente tout de même de lui faire reprendre raison en lui rappelant que Michelle Alliot-Marie n'a pas tant applaudit que ça, et que la procédure concernant Coupat fut quelque peu cavalière tout de même. C'est très courageux de faire ça, puisque c'est rien moins qu'essayer de réancrer Finkielkraut dans une réalité dont il a largué les amarres depuis des lustres. Et elle y arrive presque, d'ailleurs.
"Un ange passe sur une ligne SNCF".
Dissonance cognitive. Finkie est ébranlé, on le sent. Il vacille. On lui a gentiment fait comprendre qu'il racontait un peu des conneries, et c'est tout son monde de paranoïde en roue libre qui menace de s'écrouler. Mais heureusement, la pathologie est irréversible depuis trop longtemps, et il s'ébroue dans un geste libérateur :
"Si je reviens un jour à la polémique, ce sera avec l'objectif d'arracher à la radicalité le monopole de la pensée critique"
Qui n'a donc aucun souci à se faire avec un type comme Finkie à l'offensive, ça : c'est fait.
Mais d'autre hydres sont tapies dans l'ombre qu'il faut débusquer et pourfendre : les humoristes. Et surtout Stéphane Guilllon. Pourquoi spécifiquement lui ? Mystère. Les vaste spirales en folie qui tournent dans la tête de Finkielkraut sont impénétrables au commun...
"On assiste aujourd'hui à un véritable réensauvagement du rire. Qu'un type se permette de traiter une femme politique de pot à tabac ou de comparer la démarche d'un président de la République à celle d'une vache folle, je trouve ça effroyable (...) Ce sont eux, les puissants, désormais Ils sont devenus les rois pleins de morgue de la démocratie radicale"
Alain Finkielkraut a encore oublié de prendre ses médicaments et du coup bafouille encore des bêtises. Les "puissants" de l'époque, ce sont donc les fades humoristes qui sévissent à la radio, et pas du tout Lagardère ou Bolloré. Comme d'habitude, Alain FinkielKraut se fabrique tout seul des adversaires sans danger qu'il va charger avec un sabre en bois, à l'immense consternation de...tout le monde.
Don Quichotte à la cervelle aussi molle qu'enfiévrée, sous-penseur d'une Réaction tellement ringarde qu'elle fait rire jusqu'à la rédaction de Valeurs Actuelles, pourfendeur vain d'ennemis imaginaires et misanthrope à deux balles aussi verbeux et nul qu'un Marc-Édouard Nabe, Alain Finkielkraut ne laissera rien quand il aura disparu. Tout le monde se dépêchera de l'oublier et avec raison. Mais en attendant, il faudra donc se résigner à subir encore ce pénible quelque temps.
Cruelle époque, décidément.

vendredi 18 septembre 2009

Survivalisme

(État d'esprit bof-bof et humeurs décousues qui vont avec. Servez-vous).

Je n'ai pas la télévision et c'est heureux. Je crois que si je possédais cet objet et que j'étais soumis aux images de toutes les larves qui s'y ébattent, de Zemmour et Naulleau en train de compenser leurs existence de ratés chroniques en descendant d'aussi éminentes insignifiances que Cali ou Luc Besson, ou de Christophe Barbier en train d'expliquer sur LCI que les suicides à France Télécom c'est la faute de l'État, ou de tomber malencontreusement sur 2 minutes de Secret Story, je suis à peu près certain de faire une grosse bêtise, genre m'offrir un ak-74 chinois et débarquer dans une école de commerce pour une version french-touch de ces carnages à grand spectacle dont les américains semblent avoir le secret. Ce qui serait idiot, et surtout inutile. Et même pas susceptible de me faire du bien réellement, en plus. Il faut se méfier de ses premiers mouvements d'émotion, c'est souvent de très mauvaises idées qui viennent à ces moments...

La social-démocratie n'en finit plus de pourrir et c'est tant mieux. Personne ne versera une larme sur cette saloperie, et même les soutiers les plus fanatisés du ségolénisme commencent à se rendre compte qu'il se sont fait entubés par une arriviste qui n'en a jamais rien eu à foutre d'eux. Leçon, au passage : ne jamais, JAMAIS, avoir d'idoles en politique. Jamais. On peut être à fond pour des idées, mais justement : on milite pour des idées, par pour des gourous. Cette espoir d'un homme - ou d'une femme - providentiel(le) est un symptôme de délitement du politique : on a moins foi dans des idées que dans une personne à laquelle on accorde toutes les Grâces et surtout à laquelle on se raccroche dans un désir finalement désespéré de croire en quelque chose. Il ne faut pas avoir d'idoles, c'est mal, les idoles. Sauf Trent Reznor, mais c'est pas pareil : c'est un Dieu vivant, donc lui on peut.

Il va bien falloir un jour que des gens comme Denis Siffiert de Politis arrêtent de faire semblant de croire que le Front de Gauche est encore une réalité porteuse d'espoir. C'est fatiguant, à la fin, et pas bien honnête, non plus. Me font bien rire, ceux qui piaillent en ce moment qu'il faut un "grand front uni" de toutes la gôche de la gôche gnagnagna. Tiens, j'ai sorti ma boule de cristal, et je vais vous le dire, moi, ce qui va se passer en 2010 : le PCF tout entier, apparatchiks comme militants de base, va aller à la soupe avec le P"S" dans des alliances contre-nature avec le Modem et ce qui reste des chevènementistes, tuant du coup ce qui restait du Frondgôche. Mélenchon tente d'anticiper le sale coup en se rapprochant du NPA, qui va faire monter les enchères pour d'éventuelles alliances, qui l'obligeront soit : à se mettre avec nous mais uniquement à nos conditions, donc dans un rôle de second plan ; soit à finir par se coller au PCF, ce qui ruinera sa crédibilité ; soit y aller tout seul, ce qui flinguera net le PG. Il n y aura pas de "grand front unitaire" en 2010, faites vous à cette idée.

Petit passage sur la réacosphère pour voir se qui s'y cause : de plus en plus dingues, décidément. Se tripoter la nouille sur le comment du pourquoi on pourrait mettre en place une société "libérale-conservatrice" avec le modèle reaganien en tête, quand plus personne n'en veut nulle part même aux États-Unis, et que tous les chefs d'États du G20 se demandent où ils ont mis le mode d'emploi du keynesianisme, c'est ébouriffant de modernité, décidément. Pauvres types. 30 ans de retard dans les dents, et personne qui n'a la charité de leur expliquer qu'ils sont déjà has-been.

Le plus ennuyeux, en fait, c'est de vivre dans une société même pas spécifiquement réactionnaire, mais où la mentalité la plus frileuse de la droite à infiltré tous les secteurs. Individualisme à tous les étages, repli frileux sur la sphère privée, communautarisme voire micro-communautarismes qui tiennent chaud, climat d'anxiété généralisé, et du coup limitation drastique du champ de pensée de l'individu lambda. Quand on a la trouille, on ne réfléchit pas. Je rencontre de plus en plus de gens qui ne peuvent plus, qui ne veulent plus, penser hors de leurs cadres, hors des schémas auxquels ils se raccrochent. Les choses sont comme ça et comme ça, et elles sont très bien comme ça. Non, il n'y rien à changer, c'est comme ça. Panne d'idées générale, et on le voit bien dans la sphère "intellectuelle" : quel "penseur" français peut prétendre à une envergure internationale ? Il n y a que des roquets réactionnaires qui aboient sur les plateaux-télé sur une "décadence de la modernité" qu'ils ont eux-mêmes contribué à façonner par la parfaite indigence de leur production. Définir de nouveaux cadres, de nouveaux schémas, va être l'enjeu crucial des années à venir, et y compris dans mon camp politique. Mais je me rend de plus en plus compte que ça va pas être de la tarte, hein.

C'est dans ces moment qu'on comprend que l'enthousiasme, que l'élan, que l'énergie qui donne envie de faire et de construire, n'est en rien une donnée "naturelle" qui viendrait d'une bonne nature vachement optimiste et youpi et tout, mais est bel et bien une construction du quotidien qui passe même par une forme d'auto-discipline rigoureuse. Dans une époque de grisaille prédominante, où tout le monde vous explique à longueur de temps que la résignation est un moindre mal, je pense qu'on a vraiment intérêt à développer une mentalité de samouraï pour ne pas se laisser rattraper par l'inertie. Bon, il ne s'agit pas de méditer sous des cascades d'eau glacée ou de s'inscrire à des stages de survie extrême, non plus, plutôt de se demander comment construire les moyens d'un enthousiasme qui servira à affronter le quotidien et à pouvoir se projeter dans l'avenir. Il me semble que je tiens quelque pistes, de mon côté. Mais ça demande une putain de discipline de tous les jours, ce genre de méthode. Ensuite, je ne pense pas que nous ayons tellement le choix, non plus.

Sur ce, j'ai justement des contraintes auto-imposées à effectuer.



jeudi 17 septembre 2009

Amitié

J'aurais pu pondre un billet sur plein de choses toutes plus affriolantes les unes que les autres, mais voilà : je viens à l'instant de recevoir un coup de fil de L., ami et camarade de longue date, qui me propose de déjeuner avec lui et E, également ami et camarades de longue date, et je vais manquer de temps pour développer. Peut-être que D., également ami et camarade de longue date se joindra à nous mais il doit confirmer pour cause de boulot en retard, et c'est fort plaisante perspective que cette agréable compagnie. Je m'en réjouis d'avance, sincèrement.

Pas seulement parce que existent entre nous de fortes et solides affinités politiques, même si ça compte qui pourrait le nier ? Tous trois dans la "majo" du NPA - les sectaires fourbes et cruels, vous savez ? -, nous déjeunons régulièrement ensemble le jeudi et nous livrons à deux activités fondamentales :

- Parler de politique en nous entre-congratulant de l'à quel point nous on a raison et pas les autres ;

- Médire d'autrui et se raconter les derniers potins du parti.

Pour dire que la conversation à venir sera ce délicieux mélange de choses convenues entre amis de longue date - dire du bien des mêmes choses et des mêmes gens - et de piquantes nouveautés qui relanceront ce lien délicieux - dire encore du bien mais SURTOUT du mal de nouvelles choses et de nouvelles gens.

Résumons :

Tous trois issus des rangs du bolchevisme-léninisme tendance section française de la Quatrième Internationale, marxistes décomplexés considérant que cette grille d'analyse est la seule viable pour non seulement penser la société capitaliste mais également pour contribuer à l'abattre à terme, d'un patriotisme d'organisation frôlant allégrement le fanatisme, aussi intolérable que vous puisse être cette pensée, il vous faudrait imaginer plusieurs CSP réunis autour d'une table - il arrive que d'autre commensaux se joignent à nous - pour vous donner une idée approximative de la chose. Puisqu'il faut bien vous imaginer que je ne suis nullement une exception dans les rangs des ex-LCR. Loin, bien loin de là....même parfois, suis-je un peu timoré dans mes convictions, c'est dire.

Et oui, je n'ignore pas que ça fait un peu peur. Quand même.

Sur ce je vais me préparer en frétillant d'avance : j'ai hâte de savoir qui a couché avec qui ce mois-ci.

mercredi 16 septembre 2009

Royal 3.0

Madame Royal,

N'ignorant pas que vous êtes très soucieuse de votre représentation sur le Ouèb, je n'ai pas pu ignorer le lancement de votre nouveau site de Désirs d'Avenir. Il est malheureusement difficile de passer à côté : il fait rire tout le monde, et à fort juste titre.
Or, quand j'ai vu que la...chose en question avait été facturée 41 600 €, cela m'a donné à réfléchir.

C'est pourquoi je vous propose mes services afin de créer le nouveau-nouveau site de DA qui remplacera celui-ci. Vous m'objecterez que je n'y connais rien, et vous aurez raison. Mais franchement, pas plus que les gens qui ont pondu cette horreur, hein. De plus, et je sais qu'en tant que personne assujettie à l'ISF vous serez sensible à cet argument, je m'engage à vous le fournir non pour 40 000 €, non pour 35 000 €, même pas pour 32 000 €, mais pour 30 000 € de rien du tout. L'économie réalisée est appréciable, n'est-ce pas ?

Ci-joint le projet de page d'accueil (cliquez sur le zoulie photo pour agrandir, siouplé) :



Une interface colorée et attrayante, un contenu interactif simple d'emploi, les grandes lignes du ségolénisme en quelques mots pas compliqués : vraiment, je me demande ce que vous attendez.

Dans l'attente de votre réponse à coup sûr positive, veuillez blablabla.

CSP, Incontesté Meilleur Blogueur De Gauche, et graphiste (très) amateur à ses heures.


Mode

Mais bien sûr que Didier Lombard s'est mal exprimé quand il a lancé cette phrase : "Il faut marquer un point d’arrêt à cette mode du suicide qui évidemment choque tout le monde". D'ailleurs, il s'est excusé. Il faut dire qu'il est "sous pression", lui aussi. Le pauvre petit lapin. Enfin, sous pression, mais pas au point de se défenestrer, tout de même...

Au fait, qui est ce Didier Lombard ?

Sa fiche Wikipédia nous apprend qu'il est un pur produit de ces grandes écoles de technocrates desséchés qui ont infesté tous les grands corps de l'État, ce qui n'étonnera personne. Didier Lombard a plein de diplômes vachement compliqués qu'il a obtenu en faisant de longues études vachement compliquées. Ce qui ne prouve rien quant à ses qualités d'être humain, évidemment, on peut être pétri de la culture la plus fine et des connaissances les plus pointues, et rester moralement au niveau du rat, et encore, dans le cas de Didier Lombard, j'ai conscience que même ce pauvre animal est bien plus noble.

Puisque même un rat, oui, même lui, ne pourrait pas, n'oserait sans doute pas, tenir les propos de Didier Lombard. Qui a attendu que 23 personnes soient mortes dans la boîte qu'il est censé gérer et que l'opinion publique s'en émeuvent quelque peu pour commencer à murmurer que moui, éventuellement, il y aurait peut-être quelques soucis admettons, mais on va prendre des mesures de "dialogue" et on va réformer le "management", et puis c'est vrai que c'est déplaisant toute cette publicité ça fait baisser le cours de l'action n'est-ce pas...

D'où est-ce que ça sort, un Didier Lombard ? De quelle gueule infernale du pire trou du cul de l'Enfer peut donc sortir ce genre de personne ? Existe t-il, quelque part, un endroit spécifique où on fabrique des Didier Lombard tous destinés à être des technocrates sans âmes ? On lit pourtant, sur sa fiche Wikipédia, qu'il est marié et père de trois enfants. Peut-être est-ce un bon mari et un bon père, aimant et soucieux des siens. On ne peut qu'être interrogé par le processus mental qui permet à un homme de détruire des vies en appliquant sans état d'âmes des politiques de gestion catastrophiques, qui passe littéralement ses journées à transformer des êtres humains en variables d'ajustement et est donc responsable, pour ne pas dire coupable, des drames qui s'en ensuivent et qui rentre chez lui le soir en embrassant sa femme et en se faisant du souci pour les résultats scolaires du petit dernier...

Sans doute également que toucher un salaire de 1,7 million d'euros en 2008 peut aider à s'accommoder d'éventuels scrupules, oui, sans doute. Certainement.

Le problème, au fond, ce n'est pas Didier Lombard en tant que tel, évidemment. Des Didier Lombard il y en a partout. Ce n'est qu'un exécutant qui se contente d'appliquer ce pour quoi il a été fabriqué. Le problème, c'est qu'il existe un système, des systèmes, des institutions, sociales, scolaires, qui fabriquent, qui façonnent des Didier Lombard, des types qui sont payés et grassement payés pour faire tourner une machine démente qui recherche le profit exponentiel et ignore ceux qui finiront broyés.

Puisque c'est cela, le résultat concret des politiques de dérégulation. 23 morts d'un côté. Un type payé 1,7 million d'euros par an de l'autre. Non, ce n'est pas la "liberté", ni le "choix", ni la mise en avant de la "responsabilité individuelle". Des gens qui crèvent. Des gens qui s'enrichissent. La voilà, la réalité, le résultat, les conséquences concrètes du néolibéralisme. Des gens qui crèvent POUR que d'autres s'enrichissent. Il est là, tout entier résumé, le "projet" libéral. Et je n'espère évidemment même pas "convaincre" un seul des rats malades qui défendront encore l'économie de marché en dépit de ce que la réalité leur prouve quotidiennement, on ne discute pas avec des fanatiques. On les combat et on les écrase, point final.

Sinon, ce sont eux qui nous transformeront tous en salariés de France Télécom.

mardi 15 septembre 2009

Donner de la cocaïne à des pandas, c'est mal

La preuve : 




Pauvres petits blancs opprimés...

Cernés Oui ! Ils sont cernés ! Encerclés pis que vaillants et téméraires pionniers de L'Ouest américain qui mettent les chariots en cercle pour se défendre des hordes indiennes sauvages et emplumées, la même chose vous dis-je ! Les Civilisés contre les Sauvages qui sont partout et font rien qu'à vouloir les opprimer pas gentiment du tout !!! Bon, pas tout à fait en les scalpant non plus, même si symboliquement c'est quasiment tout comme, non : en les empêchant de s'exprimer. En les muselant dans leur désir d'exprimer à voix haute et forte des vérités qui dérangent, naturellement.

Vous ne voyez pas de quoi je parle ?

Ah, c'est vrai, vous êtes des gens normaux, vous.

Vous n'avez pas vu à quel point nos amis réactionnaires étaient cernés par la bien-pensance...
(Vous vous contentiez bêtement de constater qu'ils sont au pouvoir en ce moment et de sottement en inférer que des gens qui détiennent la quasi-totalité des leviers institutionnels ne sont tout de même pas vraiment à plaindre, n'est-ce pas ? Oui, vous êtes des gens normaux, quoi, pas des singes hurleurs atteints de paranoïa en phase terminale comme eux, bon).

Le réactionnaire est donc cerné, que dis-je, harcelé en permanence, brimé, opprimé, intellectuellement terrorisés, par la bien-pensance antiraciste multiculturaliste cosmopolite métissée, et du coup ben il ne peut plus rien dire. Rien du tout. On lui a tout bâillonné sa liberté d'expression, et il s'en indigne fort bruyamment puisque là, n'est-ce pas, c'est rien moins qu'une forme de totalitarisme qu'on lui fait subir à lui et rien qu'à lui, et pas aux autres, nan nan nan, pas eux qui sont des moutons métissés - et cosmopolites - contre lui qui est d'un anticonformiste ébouriffant d'audace folle de partout (et oui, moi aussi, quand je lis dans la même phrase "anticonformiste" et "de droite", ça me fait bien rire, allez).

Depuis qu'à été révélé le sens de l'humour pour le moins tendancieux d'un certain ministre en exercice, c'est tout un pan de l'Internet qui bruisse d'un vertueux courroux. Toute les théories des pauvres petits blancs opprimés se met à brailler pis que maternelles à l'heure du goûter sur l'air de : on peut plus rien dire ! On est opprimés ! On est cernés par la bien-pensance !!!!

Il faut ici préciser que "bien-pensance" dans la bouche de ces gens là prend le sens de : tyrannique idéologie qui nous empêche de dire à voix haute que les Blancs sont supérieurs aux autres races et que même si on a rien contre les bougnoules, les nègres, et les gitans entre autres, ces gens seraient quand même vachement mieux chez eux. De même, étant devenu très difficile de se dire ouvertement raciste en public, on préférera s'affirmer "ethnodifférencialiste", ce qui est strictement la même chose mais en plus chic.

Tout ce petit monde grotesque s'affole donc en rond et inonde tout l'Internet des ses larmes en s'entre interpellant à coups de billets tous plus débiles les uns que les autres : "Hein ! Hein qu'on est opprimés ? Hein, dis ?" "Meuh oui c'est clair qu'on est opprimés et que les minoritaires brimés dans ce pays - de merde - c'est nous les pauvres petits blancs, hé !" "Ouais c'est trop vrai, ça, tout fout le camp et on est envahis par l'islamogauchisme et personne il dit rien, c'est trop injuste !" "'Tain, c'est trop grave, le métissage cosmopolite c'est...c'est...C'EST LE NAZISME DU XXIÈME SIÈCLE !!!!!" "Ouais, parfaitement ! le MRAP et la Halde = nazis !" (oui, ils disent vraiment ce genre de choses, ils sont follement distrayants. Ensuite, quand on voit que les référents intellectuels les plus couramment cités sont Ivan Rioufol et Elisabeth Lévy, on a les penseurs qu'on mérite, hein). Je vous passe les "débats" qui affolent ce nanomilieu, entre ceux qui exigent de pouvoir porter des armes - pour se défendre, pardi, la bonne blague -, ceux qui noient leur dépression dans le Pastis, ceux qui murmurent que la défense de la Race Blanche ben ça devrait revenir à l'ordre du jour, mais comment mais comment faire puisque de toutes façon on est littéralement cernés par la gauche partout...

Oui, c'est une de leur amusante antienne récurrente : ils sont en permanence cernés et opprimés par une hydre aux contours flous qui s'appelle "Gauche". Et quand on gratte un peu, on se rend compte que cette protéiforme créature est absolument partout et je dis bien partout, hein. Pour les plus atteints, Sarkozy est de gauche, c'est dire.

Bon, à présent qu'on s'est bien amusé, revenons un peu dans le monde réel.
Monde réel fort déplaisant où la droite est au pouvoir depuis des années à présent, et où les idées de droite sur le libéral-sécuritaire ont largement essaimées jusque dans les rangs sociaux-démocrates.

Comment justifier une telle mainmise idéologique ?
Ben en se faisant passer pour des opprimés, pardi.
S'installant confortablement dans une mentalité d'assiégés permanents, nos pauvres petits blancs opprimés se font croire à eux-mêmes qu'ils sont minoritaires et en danger, ce qui les pousse à une hystérie paranoïaque qui va traquer le moindre microsigne qui ira dans le sens de leur aliénation. Au prix fréquemment d'importantes distorsions de la réalité, voire de sa reconstruction pure et simple quand celle-ci s'obstine à leur prouver ce qu'ils n'ont pas envie de voir. Du coup, ils peuvent sereinement se penser cernés par la bien-pensance, brimés par une gauche omnisciente, et se trouvent encouragés dans leurs délires par quelques sous-penseurs frelatés (Finkielkraut, entre autres) qui passent leur temps sur les plateaux-télé à protester qu'on ne les entend jamais...

Et c'est mine de rien toute une conséquente partie de la droite qui s'est installée dans ce paramonde, des lecteurs du Figaro à la ridicule "réacosphère", et qui passe sont temps à pleurnicher sur son statut de perpétuels persécutés...

Quand franchement la seule chose qui les cerne, c'est leur crasseuse noire connerie.