vendredi 31 juillet 2009

Zone grise

Il existe dans la vie politique et intellectuelle française une zone grise, plutôt portée à droite mais pas spécifiquement, qui permet d'avoir les mêmes idées et les mêmes discours que le Front National tout en se drapant dans le respect de la République et de la Démocratie (bourgeoises).

Un des points de départ de cette zone grise est peut-être la porosité idéologique entre la droite "respectable" et l'extrême-droite qui s'est installée ces dernières années: il n'existe plus à proprement parler de séparation nette entre les deux courants, de frontière tranchée, mais est apparu depuis quelques années un espace, un continuum flou qui brouille les lignes et rend les clivages vaporeux...

Entendons-nous bien : il n'y a pas "fusion" des deux entités, les marqueurs idéologiques qui les séparent sont encore présents et le resteront sans doute ; on est dans des territoires différents et circonscrits et on est pas en train de parler d'un "bloc" politique en formation ; mais toujours est-il que les frontières qui séparaient les territoires sont devenues poreuses, ce qui autorise les transvasements d'un côté comme de l'autre : le FN tente de se repeindre dans des couleurs "républicaines" et se débarrasse des éléments les plus encombrants, l'UMP durcit son discours sur l'immigration et l'assistanat. Et sans l'existence de ce continuum, de cet espace de transition, pas d'élection de Sarkozy.

À ceux qui seraient tentés de faire le parallèle avec le camp d'en face, on ne peut que leur répondre que leur grille de lecture serait singulièrement pauvre et inepte : fantasmer des liens idéologiques entre la gauche social-démocrate et la gauche radicale a peut-être été une réalité politique il y'a des années de cela ; mais la rupture, voulue par les deux parties, est désormais consommée, et il n'y guère qu'un Mélenchon pour croire encore possible une réconciliation par le biais d'un réformisme "radical". Il s'y cassera les dents, par ailleurs, puisque le réformisme est mort et enterré, mais c'est un autre débat.

Mais on aurait tort de limiter l'extension de cette zone grise du seul côté de la droite : tout s'est passé comme si les idées du FN avait eu un effet de contamination et jusqu'en direction d'une certaine gauche, il n'est que de se souvenir d'un Laurent Fabius proférant sans honte que le "FN pose de bonnes questions" dès 1984. Au final, nous avons donc : la droite "pique" des idées à son extrême en les édulcorant un peu ; la "gauche" (celle qui trahit) court après la droite en tentant de lui faire pièce sur l'insécurité et les "réformes nécessaires" ; à la fin, c'est tout le champ politique qui se retrouve infecté, à des degrés divers certes, mais néanmoins, le mal est dans la place.

La zone grise de la vie politique et intellectuelle française, c'est cet espace qui permet de reprendre les idées de Le Pen en ayant pas de mots assez dur contre lui. C'est cet espace de discours qui permet à des responsables politiques et des éditorialistes de débonder un racisme caché et honteux sous couvert de laïcité et de Valeurs Républicaines. C'est là dedans que se meuvent des Ivan Rioufol - cas le plus emblématique, puisque ayant exactement les mêmes idées que le FN tout en passant son temps à s'en défendre vertueusement -, des Eric Zemmour, et bien évidemment des Nicolas Sarkozy et sa clique qui font leur beurre de la désignation d'un nouvel ennemi intérieur pour masquer les vrais problèmes de l'heure.

Mais cette zone grise va bien au-delà des cercles droitiers et s'étend bien plus loin que son point de départ : Elisabeth Badinter, Elisabeth Lévy, Phillipe Cohen, Alain Finkielkraut, Caroline Fourest, Philippe Val, et d'autres, tant d'autres qui jurent la main sur le coeur que eux, jamais au grand jamais il ne tremperont le moindre orteil dans le vilain lepénisme et combattront l'hydre borgne de toute la force de leurs petits bras...
Et en fustigeant juste après l'immigration incontrôlée et le danger de l'islamogauchisme qui nous envahit de partout, ma bonne dame.

"Je ne suis pas raciste. Mais...".

Cette zone grise n'a pas de contours nets, ce n'est pas une force politique en tant que telle, c'est un climat idéologique qui légitime et encourage l'injustifiable.
Et grâce aux gens qui se meuvent là-dedans, on a un gros problème de racisme de masse sur les bras.


jeudi 30 juillet 2009

Dans ton cul, Ivan Rioufol


(source)

Comme d'habitude, les fantasmes de la droite décomplexée se sont pris la réalité en pleine gueule, et il serait fort plaisant en vérité que de légiférer sur une pratique aussi marginale quand éventuellement il y aurait peut-être, je dis bien peut-être n'est-ce pas, des choses autrement plus importantes à se préoccuper.

On notera au passage qu'il n'est jamais question de dépenser allègrement les sous du brave contribuable dans la création de commissions d'enquêtes sur les patrons voyous, ou mieux encore, afin de déterminer quel est le nombre exact à l'unité près des managers pratiquant le harcèlement moral de leurs salariés. Gageons toutefois que ce chiffre là sera loin d'être marginal, lui. Mais que disons-nous, allons donc : faire ça serait commencer à s'attaquer aux vrais problèmes, et pas créer des hochets idéologiques pour satisfaire la frange la plus rancie de l'électorat du Nain asthmatique.

Il ne faut jamais se lasser de répéter les évidences : le racisme n'est pas simplement, pas seulement, un problème "moral". Dire "le racisme c'est vilain, le racisme c'est méchant", c'est à la portée du premier Cali venu et on est bien avancés. Pendant plus de 20 ans, la lutte contre le Front national et ses idées n'a fait que s'indigner vertueusement, sans voir que : 1) le terrain de propagation des idées du FN est le chômage de masse et l'abandon par la gauche de la classe ouvrière dont le vote s'est tourné vers Le Pen par désespoir ; 2) c'est dont avant tout un problème politique, et il n'est nullement anodin que l'angle de la condamnation morale ait été privilégié puisque penser le racisme en tant qu'outil politique de division de classe servant à monter les prolos les uns contre les autres, c'est précisément remettre en question la façon dont fonctionne -mal - nos sociétés.

Le racisme est donc avant tout un instrument, un outil utilisé par la domination pour éviter au maçon ou à l'employé blanc de s'apercevoir qu'il est beaucoup plus proche du maçon ou du salarié immigré qu'il ne peut a priori le penser puisque tous deux sont exploités par le même patron. Manquerait plus que ces deux là se mettent d'accord pour lui faire sa fête. Et c'est pour ça qu'on traque des sans-papiers, pour ça que notre assommant Nabot se fend de mâles envolées sur la Burqua, pour ça que les populations immigrées et d'origines immigrées sont et continueront d'être stigmatisées : diviser. Pour mieux régner.

Et comme il sont à la fois drôles et pathétiques, tous les petits ethno-différencialistes et autres Français "de souche" qui n'en finissent pas d'inonder tout l'Internet de leurs larmes sur la décadence de l'Occident et l'invasion arabo-musulmane. Mais vous savez qu'en plus, il s'auto-proclament "rebelles" et "anti-conformistes", ces piteux cons ! Alors qu'en réalité, ils ne sont que les pantins des classes dirigeantes, les idiots utiles qui n'auront aucun murmure contre la boite qui les fait trimer pour que dalle et réserverons leur frustrations à brailler contre les pas comme eux, à la plus grande satisfaction de ceux qui les écrasent. Triste et futile existence que la leur, toute entière vouée à se tourmenter sur d'imaginaires ennemis quand les vrais adversaires, qui savent très bien ce qu'il en est, ricanent de le voir si dévoué à sa propre soumission du moment qu'il continue à japper contre les épouvantails qu'on lui désigne.

Bon, on ne va pas les plaindre, non plus.

mercredi 29 juillet 2009

Contre le voile. Parce que ça suffit, les conneries

C'est un peu tard, sans doute, mais un article de Lmsi - site féministe pro-voile - m'a décidé à écrire ce billet. Devant la complexité de l'affaire, j'ai hésité longtemps, mais bon, de toutes façons et comme me le disait récemment une amie "Sur le voile, quel que soit ton point de vue, tu vas te faire défoncer".
Ce qui est en effet rigoureusement exact.
Donc, autant se lancer, pas vrai ?

Voilà donc le billet tant attendu qui va me faire plein d'amis, y compris dans mon propre camp, mais bon, au bout d'un moment, ya basta les conneries.

Le voile, je suis contre.
Mais alors je veux dire : contre.
Et je me fous totalement que ça s'appelle hijab, burqua, niqab, variations sur le même thème qui ne sont que les gradations vestimentaires du même point de départ, qui est :
Le voile, c'est un symbole d'oppression.
Et point barre.

Et là, je pense qu'il va me falloir insister pour mes amis et camarades, puisqu'il s'en trouve - curieusement - quelques uns jusqu'au NPA, fort peu nombreux certes mais tout de même, pour trouver des justifications aux fait que des femmes soient obligées de cacher une partie ou la totalité de leur corps pour obéir aux injonctions les plus rétrogrades d'une tradition religieuse.

Insistons donc :
Non, le voile n'est pas un particularisme culturel parmi d'autres ;
Non, le voile n'est pas un symbole d'émancipation, et puis quoi encore ?

Le voile est un symbole d'oppression d'une catégorie de personnes par une autre.

Mais que c'est vilain et odieux que de dire ça ! Et puis n'est-ce pas, ce sont celles qui le portent qui le disent elles-mêmes : elles ont fait le choix de le porter. Toutes seules, comme des grandes.
Le choix ?
Le choix évidemment parfaitement libre de toute influence extérieure, il va sans dire ?

Juste : dans nos société occidentales à nous, qui sommes évidemment des zindividus complètement libres et autonomes et qui font des choix en dehors de toute influence, tu m'étonnes, à quel point on est pas du tout mais alors pas du tout conditionnées par notre environnement c'est bien connu, on fait également des "choix", n'est-ce pas ? Il se trouve que la majorité des dits "choix" portent davantage sur des objets de consommation que sur le respect de traditions religieuses, puisque le consumérisme à remplacé la spiritualité, mais franchement, entre nous, vous pensez vraiment faire des "choix" libres et uniquement dépendant de votre volonté de zindividus ?

Vous plaisantez, là.

Nous n'avons pas choisi d'avoir tous un téléphone portable. Cet objet a été imposé et est devenu obligatoire, le "besoin" de téléphone portable a été fabriqué de toutes pièces, comme la plupart des "besoins" induits par la publicité et le marketing, dans une stratégie jouant sur la peur de la rupture de lien et de l'abandon qui est un des symptôme de notre civilisation, et du coup un objet dont nous n'avions aucun besoin est devenu un standard obligatoire...

Qui peut naïvement croire que le "choix" existe quand tout le monde autour de soi vous enjoint directement ou indirectement à accomplir un acte spécifique ? Et oui, je sais, penser ça met à mal cette idée sacro-sainte du zindividu "libre" et "autonome", sauf que mettez vous ça dans la tête une bonne fois pour toutes : nous ne sommes pas des individus ; parce que l'individu, ça n'existe pas.

Mais naturellement, ça n'a rien à voir avec celles qui font le "choix" en "toute conscience" de porter le voile, n'est-ce pas ? Elles aussi sont "libres" de faire "ce qu'elles veulent avec leurs cheveux", pas vrai ? Juste le respect de la Tradition, la famille qui respectera leur "choix" mais qui n'en pensera pas moins, les grands frères qui la respectent tout en ayant une idée bien arrêtée sur la question mais tu fais ce que tu veux, et tiens, l'Imam va passer prendre le thé aujourd'hui, on va en parler tous ensemble...
Mais ma fille, tu auras on ne peut plus le "choix", hein.
Tu es libre...

La revendication de ce "libre choix" de porter le voile porte en elle une idéologie de l'individu déconnecté de tout contexte qui oblitère les pressions symboliques exercées par l'entourage, et l'intériorisation de la contrainte par les opprimés eux-mêmes qui finissent par, suprême bonheur ! revendiquer eux-mêmes de se faire opprimer...

Mais ça c'est une chose.

Et une toute autre est que cette situation est instrumentalisée par notre droite charognarde à des fins de stigmatisation des population arabo-musulmanes. Stigmatisation qui encourage un racisme anti-arabe qui a pris le masque de l'islamophobie - puisque n'est-ce pas c'est tout de même mieux de se dire "islamophobe" que de se déboutonner pour de bon en braillant "dehors les bougnoules !" - et permet de désigner les éternels bouc-émissaires, les pas-comme-nous, pour faire oublier les vrais coupables de la dégradations des rapports sociaux, à savoir la bonne vieille bourgeoisie.

Et c'est bel et bien pour ça que les lois qui sont et seront pondues sur les "signes ostentatoires" ne visent que celles qui arborent le voile, et à travers elles toute une population désignée comme menaçante pour l'ordre Républicain. Par là, on invente de nouvelles classes dangereuses qui vont focaliser l'attention et détourner les consciences des vrais enjeux. Le débat ne portera plus sur le social - comment effectuer l'intégration des populations dans un pays qui la leur refuse ? - mais sera déporté sur le culturel, et sera du coup complètement biaisé. T'es pour le voile ? Tu fais le jeu des Imams. T'es contre ? Tu fais le jeu des islamophobes.

Et au milieu de tout ça, des femmes voilées qui vont d'autant plus se cramponner à leur voile qu'avec lui, au moins, elles sont respectées quelque part. Grâce au voile, elles trouvent une place que la société - française, en l'occurrence - leur refuse. Le symbole d'oppression est devenu pour elles la marque d'une identité, et pour elles, c'est de toute façon la double peine : opprimées en tant que femmes, et stigmatisées en tant que musulmanes.

La solution à ce bordel, elle est sociale. Et donc politique. C'est quand il y aura une vraie politique d'intégration active basée sur l'égalité qu'on en finira et avec ces débats à la con, et avec cette xénophobie grandissante qui métastase de plus en plus dans ce pays.

Mais là, comme on peut le constater, c'est pas pour tout de suite...

(et là, si je fais pas péter les 200 commentaires sur ce billet, je serai vraiment très déçu...)

mardi 28 juillet 2009

Meurtre

"Dans le courrier laissé à sa famille, le cadre marseillais de 51 ans évoque l'«urgence permanente», la «surcharge de travail», l'«absence de formation», la «désorganisation totale de l'entreprise» et le «management par la terreur»."

(source)

En tant qu'acte individuel, il s'agit du suicide d'un homme de 51 ans. Mais au niveau des responsabilités qui ont conduit à cet acte, c'est ni plus ni moins qu'un meurtre de sang froid.

Techniquement, c'est un homme seul qui s'est donné la mort ; mais c'est tout un ensemble de décisions effectuées par de nombreuses personnes qui lui ont donné l'envie de passer à l'acte. Comme dans Le crime de l'Orient-Express d'Agatha Christie, il n'y pas qu'un seul coupable, mais plusieurs qui ont chacun donné un seul coup de couteau jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Ceux qui ont décidé de la privatisation de France Télecom.
Ceux qui en sont les responsables actuels.
Ceux qui font du management par la peur et harcèlent leurs salariés.
Mais aussi ceux qui réclament la fin des services publics.
Ou se font élire en stigmatisant les fonctionnaires.
Ceux qui écrivent des tribunes dans la presse en réclamant des réformes nécessaires.
Ceux qui exigent des retours sur investissement à très court terme.
Ceux qui ont des actions et entendent bien avoir leur ratio à deux chiffres.

Oh, bien évidemment, tous ceux-là ne sont pas animés en tant que tel d'intentions homicides. Leur but principal est de servir une idéologie du profit à tout prix, voilà tout. Mais pour servir ce maître, il faut en accepter le prix ; qui est de construire une société inhumaine. Et tous les gens cités au-dessus, même sans avoir sans doute le moindre instinct meurtrier, acceptent et approuvent cette condition. Acceptent et approuvent de contribuer à la destruction des liens sociaux et l'accroissement du stress et des pressions sur les salariés.
Partant, sont coupables des conséquences de leur idéologie.

Coupables.
Et la culpabilité collective est tellement diluée dans tellement de personnes, dans l'espace et le temps également - puisque des décisions prise à des niveaux internationaux, et des années auparavant, ont des incidences concrètes sur la vie de millions de personnes - qu'on finit par ne plus voir que l'acte d'un seul individu, sans percevoir ce qui a construit le contexte qui a poussé à cet acte.
Et encore n'est-ce que la partie émergée de l'iceberg de l'exploitation, où de temps en temps quelqu'un craque pour de bon, et c'est difficile de ne pas voir un cadavre quand on a le nez dessus. Mais les autres, les milliers d'autres qui souffrent en silence du stress et des conditions de travail et de vie qui se dégradent sans promesse d'amélioration, ceux-là on ne les entend jamais. Ils ne parlent pas et n'osent pas se plaindre puisque si ils ne sont pas contents, refrain connu, d'autres attendent...
Et il y a des gens qui justifient et approuvent ce genre de choses, vous savez.

C'est pour ça que quand on croise un libéral, qui susurre sans cesse "liberté" et autres mots fleuris, il ne faut jamais oublier, jamais, que c'est une ordure. Profondément et fondamentalement une ordure. Mais une ordure parfaitement inconsciente dans tous les sens du terme. Comme un rat contaminé par une maladie grave qui va en répandant ses miasmes partout où il passe, sans s'en rendre compte le plus souvent et c'est en cela qu'il n'en est que plus nuisible. Et il arrive que des gens tombent malades, voire meurent, parce qu'ils ont subi les conséquences de cette maladie colportée par ces rats. Mais le rat de continuer à cheminer en expliquant la bouche en cœur que lui, ce qu'il veut, c'est le bonheur de tout un chacun dans la responsabilité individuelle du libre choix...

lundi 27 juillet 2009

Sondomanie

Analysons à présent les résultats du grand sondage "CSP est-il un gros nazi (de gauche, hein) ?" en commençant par remercier ceux z'et celles qui ont bien voulu y répondre, merci à vous.

35 % d'entre vous pensent que oui, en effet, mais quel sale facho de gauche ce CSP à la fin. Et comme vous avez raison. Psychorigide et imbuvable de prétention arrogante, d'une intolérance frisant la démence clinique, absolument convaincu d'avoir raison en tout et partant que ceux qui ne sont pas d'accord avec moi sont de tristes cons à rééduquer à coups de cravache dans la gueule, je ne peux en effet qu'approuver votre lucidité. Et vous promet que ce n'est que le début.

23 % d'entre vous sont convaincus que CSP est un garçon exquis et charmant, et vous avez également raison. Montrez moi une photo de bébé phoque et je fond en larmes, petite chose délicate et sensible à l'excès que je suis. Ce monde est décidément trop méchant et je m'en console à la relecture des oeuvres complètes de Kierkegaard avant d'aller discuter art abstrait avec des amis lacaniens. Oui, moi aussi, je pense que je suis formidable.

10 % d'entre vous préfèrent qu'on soit amis et c'est quelque chose que je peux comprendre. Vraiment, je veux dire. Ce n'est pas évident de sortir d'une relation délicate et il faudra un peu de temps avant de faire son deuil et passer à autre chose, et c'est normal de préférer avoir un ami homme en ce moment parce que toi au moins tu m'écoutes et je te jure, ça fait du bien, quoi. Je comprends parfaitement, aucun problème. Connasse.

11 % d'entre vous se demandent tout de même si les pignolos à frêles épaules qui braillent "fachooooo !" bien à l'abri devant leurs claviers lui diraient la même chose en face à CSP, et c'est une bonne question. Qui me permet de vous promettre à ce sujet une petite surprise, ah ah ah, nonnonnon n'insistez pas, vous verrez au moment venu, petits impatients que vous êtes, juste vous dire en avant-goût que j'ai une petite idée amusante sur cette question. Un indice : je suis atrocement rancunier. Tss tss tss, armez vous de patience, et je pense qu'on va bien rigoler. Moi, surtout, en fait.

Et pour conclure, 18 % d'entre hurlent de désir pour le corps de CSP et comme je vous comprends là aussi. Ce qui fait tout de même 35 personnes. Mazette. Je ne puis donc que vous encourager à m'envoyez vos coordonnées au plus vite afin que nous passions le plus torride des été. 'Tain, attends, sur 35, je vais bien pouvoir en emballer au moins une, quoi. Enfin, je suppose que y'a pas que des nanas, mais de préférence, mais j'ai rien contre, hein, c'est juste que bon, voilà, quoi. Quoique. Franchement, qu'est-ce que j'ai à perdre, mh ? Bon, contactez moi et on avisera.

Encore merci à toutes et tous, je me oint le corps d'huile d'olive en pensant à vous.


Modèle chinois

"C’est un niveau de violence rarement atteint en Chine. Plus de 30 000 ouvriers en colère dont quelques-uns battent leur patron, puis empêchent l’ambulance d’arriver, en sorte qu’il meurt de ses blessures.

Les employés du producteur d’acier Tonghua reprochaient à leur dirigeant son salaire mensuel de 300 000 euros alors qu'eux touchent à peine 20 euros par mois. Plus encore, ils n’acceptaient pas la reprise de leur usine par le concurrent Jianlong qui l’avait déjà gérée avant de s’en débarrasser à cause de la baisse des prix de l’acier.

Mais avec la hausse récente des cours, Jianlong est revenu à la charge. Le secteur chinois de l’acier, très fragmenté, est en pleine concentration pour créer des champions internationaux. Cette tendance, inscrite dans la réforme des entreprises d’Etat, engendre depuis des années des licenciements massifs d’ouvriers fort mal indemnisés qui manifestent par milliers avant d’être réprimés par la police.

Ces explosions de rage sociale restent encore une multitude d’incendies isolés. Car, pour l’instant, Pékin empêche toute coordination nationale du mouvement ouvrier chinois."

(source)

Ah ? Mon Dieu, si même ces braves et laborieux chinois - sans cesse cités en exemple par nos néolibéraux pour leurs capacités à travailler plus pour gagner rien - s'y mettent...

Donc, les travailleurs chinois montrent en effet l'exemple, puisque rappelons-le :

dimanche 26 juillet 2009

Folle espérance...

Le bilan de la droite

"En 2007, le taux de pauvreté est passé à 13,4 %, soit + 0,7 point depuis 2004 : cette fois-ci, la progression dépasse la marge d'erreur possible. Parmi les populations les plus pauvres, une fraction croissante de la population vit donc au-dessous du seuil de pauvreté - soit moins de 908 euros pour une personne seule, moins de 1362 euros pour un couple sans enfant, moins de 1907 euros pour un couple avec deux enfants. Au total, huit millions de personnes (vivant dans 3,5 millions de ménages) vivent désormais en dessous du seuil de pauvreté, alors qu'il y en avait 7,5 millions en 2004. En trois ans, 500 000 personnes supplémentaires ont donc basculé dans la pauvreté monétaire."

(source)

Et bien on dirait qu'on commence à voir les résultats concrets des "réformes nécessaires qui vont moderniser la France", puisque grâce à la droite, on est passé à 8 millions de pauvres. Bravo. Beau résultat. Travailler plus pour gagner plus, la stigmatisation de l'assistanat, le RSA et le Pôle Emploi, les caisses qui sont vides sauf pour sauver les banquiers ou commander des sondages, la gestion de la paupérisation par la précarité accrue et légalisée, et si t'es pas content, c'est un coup de tonfa dans la gueule. Mais bon, tout ne va pas si mal pour tout le monde, pas vrai Jean-François ?

C'est beaucoup, quand même, 8 millions. Assurément, les grands quotidiens nationaux vont faire leur pleine page de ce désastre social en cours. N'est ce pas ?

Dans Le Monde, Villepin fait semblant de rouspéter et "Bordeaux se joue de Guigamp pour empocher le Trophée des champions". C'est fascinant.

Dans Libération, le gros Dray est bien dans la merde, pauvre petit lapin. Les incendies en Corse et le Tour de France. Passons.

Dans le Figaro, le malade mental Rioufol glapit contre l'immigration et pleure de ses deux yeux sur le Déclin De l'Occident. Au passage, on voit ici que tout le débat sur l'immigration arabo-musulmane est complètement instrumentalisé par la Réaction pour servir de paravent aux vrais problèmes, ce sera l'objet d'un prochain billet.

Donc, on peut dire qu'en somme, aux yeux des rédactions des journaux à grand tirage, ces 8 millions de personnes n'existent pour ainsi dire pas.
Alors que pourtant, les voilà, les personnes les plus immédiatement représentatives de cette France d'après du candidat Sarkozy en 2007. Les voilà, les témoins silencieux des réformes nécessaires. Les voilà, les preuves concrètes de l'échec des idéologues du Marché.

Le libéralisme, ça fabrique des pauvres. C'est même ce que ça produit de plus. Et contrairement à la croyance que les néolibéraux se complaisent à entretenir, le niveau de vie des population n'a jamais, nulle part, été relevé grâce au Joli Marché Qui Rend Heureux. Jamais. Nulle part. Le niveau de vie, il ne se "relève" qu'à partir du moment où les gens sont suffisamment nombreux à gueuler, et que les dominants sont obligés de lâcher du lest pour prévenir le bordel qui menace. Ce n'est pas la Marché qui a fabriqué le Code du travail, les minimas sociaux, les réglementations et le SMIC ; c'est la nécessité de donner quelque chose à ceux qui triment pour éviter un désespoir qui pourrait finir par devenir menaçant. Parce que le libéralisme, il faut bien s'enfoncer ça dans la tête : ça fabrique des pauvres. De plus en plus de pauvres de plus en plus pauvres. Et à l'autre bout, ceux qui s'enrichissent ne réinvestissent pas dans la société, contrairement à ce que prétend la ridicule théorie du ruissellement : ils gardent leur pognon pour eux. Mais allez expliquer ça à la secte hayekienne qui si on leur met le nez dans les chiffres vont derechef se mettre à brailler que c'est parce qu'il n'y a pas assez de libéralisme et qu'avec encore davantage de libéralisme tout va s'arranger...

30 ans qu'ils nous sortent le même couplet.
Pillage systématique au Sud et paupérisation au Nord ? Pas de problème, c'est juste qu'il n'y a pas assez de libéralisme. Le réèl ? Rien à foutre. T'es pas content ? Tu veux la Corée du Nord.
30 ans qu'ils nous sortent le même couplet.

C'est juste que depuis 30 ans, on aurait du en voir quelques effets un tant soit peu bénéfiques, du néolibéralisme, non ? Sauf que non. On en voit pas. Et on en verra pas, et ce pour une raison bien simple : cette saloperie, là, ça marche pas, et ça ne marchera jamais. Nulle part.

Sauf pour fabriquer des pauvres.

Et de plus en plus.

samedi 25 juillet 2009

Merci. Vraiment. Merci...



Non, écoutez, là, vraiment, amis fafounets, ça va pas du tout, là. Comment dire ça avec des mots vrais, des mots justes, des mots forts...
C'est tout de même très très mauvais, non ?

Bon, déjà, musicalement, il faut absolument dire à vos amis qu'un instrument, ça peut se jouer avec l'autre main aussi. C'est très important. Rien que ça, vraiment, ça changera tout. Je vous jure.

Passons sur la réalisation de la vidéo, pour le moins approximative, et sérieusement, le panoramique sur le cul de plombier de votre pote, était-ce réellement utile ? Entre nous, n'est-ce pas quelque peu disgracieux ?

Et puis aussi, il faut aborder la question qui fâche. La grosse et cruelle question qui fait mal mais qu'au bout d'un moment, on ne peut plus éviter...
Y a pas une seule meuf.
Pas.
Une.

J'ai eu beau m'écarquiller les mirettes à m'en faire saigner les oculaires, keud. Pas l'ombre de la trace d'une. Et c'est triste, non ? Bon, on est entre nous, et je n'ignore certes pas que cette absence n'est sans doute pas pour complètement vous déplaire, coquins. Mais ça reste drôlement triste, quand même. Ensuite, je conviens aisément que quand on est une bande de gros cons à QI à deux chiffres ravagés par la 8.6 tiède, comme vous, on ne sache pas toujours goûter les charmes de la compagnie féminine, oui en effet. Et quand je dis "féminine", je ne pense pas aux quelques rares connasses aux yeux de poisson mort qui constituent votre ordinaire dans votre micro-milieu de cas sociaux sans avenir ni espoir, il allait sans dire.

Écoutez, franchement, quand je pense à ce que doit être votre vie, je me dis que quoi que je fasse, si bas que je puisse un jour chuter, même je sais pas moi, me prostituer à des dockers ukrainiens pour me payer mon crack, je ne pourrais jamais, jamais, au grand jamais, sombrer plus bas que vous.

Et il fallait que je vous remercie de cette puissante consolation.


vendredi 24 juillet 2009

Charrette

Il y a beaucoup de gens parfaitement incompétents et ce dans tous les domaines, mais il semble que des seuils de nullité crasse tant quantitative que qualitative soient régulièrement atteints - et dépassés, pour ne pas dire surpassés en fanfare - par ces Pdg d'entreprises qu'on nous présente comme des "entrepreneurs" toujours héros d'une ébouriffante modernité, et dont le bilan objectif oblige à considérer que ce sont véritablement de sombres guignols qui seraient infoutus de gérer correctement une baraque à frites.

Ainsi, Philippe Camus.

Qui entre autres activité, est président d'Alcatel-Lucent, qui vient d'annoncer un petit milliers de licenciements, ce afin évidemment de "rester compétitif".
(et aussi voire surtout faire plaisir aux actionnaires, puisque à chaque annonce de plan de licenciement, l'action d'une boiboite remonte et les actionnaires font péter le Champomy. Cet aspect du dégraissage n'est cependant bizarrement jamais mis en avant par nos entrepreneurs qui préféreront toujours parler de "modernité", qui est la traduction français/MEDEF de "cupidité obscène et sans bornes").

Mais c'est peut-être aussi parce que Philippe Camus est très occupé, comme garçon ; n'est-il pas non seulement Pdg D'alcatel-Lucent, mais aussi à ces heures perdues :

"Cogérant du groupe Lagardère, il n'exerce plus de fonction exécutive mais un rôle de conseiller, de veilleur technologique et de stratège auprès d'Arnaud Lagardère. Il est administrateur du Crédit agricole, du groupe Accor ainsi que de Schlumberger, une société de culture américaine dont le « board » accueille un Russe, un Mexicain, trois Américains, deux Anglais. En France, tout en restant dans l'ombre, il est resté proche de Nicolas Sarkozy qu'il tutoie. Il le conseille notamment sur l'avenir d'EADS. Philippe Camus est un des associés d'Evercore, une banque d'affaires basée à New York et fondée par deux anciens de l'administration Clinton Roger Altman et Austin Beutner."

Tant de frénésie épuiserait les plus valeureux, reconnaissons le. Et constitue peut-être une explication de la déroute d'une entreprise qu'il est censé gérer au mieux. Oui. Peut-être.

Il y a cependant une autre hypothèse qu'une stricte honnêteté nous oblige à considérer ;

Philippe Camus est peut-être un de ces hyper-patrons présent dans des dizaines de conseils d'administration, et de ce fait fort grassement rémunéré, et qui n'en a rien à foutre des gens qui contribuent à sa richesse à savoir ceux qu'il s'apprête sans trop d'états d'âmes - voire aucun - à foutre à la porte.
Nous retiendrons cette hypothèse comme point de départ de notre raisonnement, puisque celle-ci semble bel et bien la plus plausible.

Nous nous permettrons même de divaguer quelque peu en pensant que des gens comme Philippe Camus, si nous avions vécu dans une dimension parallèle, aurait parfaitement eu sa place vêtu d'une chemise blanche et se tenant debout sur une charrette cheminant vers la place de Grève sous les huées d'une foule enthousiaste. Mais ne nous laissons pas aller à de plaisantes rêveries et revenons au temps présent.

Qui nous oblige encore à reconsidérer notre hypothèse de départ - qui voulait on s'en souvient qu'un Philippe Camus soit d'une incompétence crasse - pour reformuler notre propos ; à savoir qu'il se pourrait bien en fait que Philippe Camus soit extrêmement compétent dans son domaine.
Qui est de se faire du gros et gras pognon sur le dos des salariés en en ayant rigoureusement rien à foutre du reste. Tout en exigeant il va sans dire moult et fortes subventions publiques, puisque ce fameux secteur privé qui méprise le public est parfaitement incapable de se passer de son argent. Un peu comme si un type passait son temps à vous injurier et à vous salir partout où il va, avant de supplier que vous lui donniez 500 euros, en somme. Oui, ça se passe comme ça dans la tête des libéraux, quel endroit fort peu fréquentable, décidément...

Et de nous surprendre encore à divaguer sur des gens comme Philippe Camus en chemise blanche dans une charrette...



jeudi 23 juillet 2009

Carnivore

On arrête pas de dire et de penser tout le mal possible d'infects torchons comme le Figaro ou Marianne - ce canard de merde - , mais il faudra peut-être bien finir par se pencher plus attentivement sur le cas de Rue89. Qui, sous couvert d'un anti-sarkozysme bon teint, ouvre régulièrement ses colonnes virtuelles à de pompeux cornichons soi-disant "de gôche", qui en profitent pour allègrement cracher sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à des progressistes, tout en célébrant Le Joli Marché Qui Rend Heureux avec l'enthousiasme le plus niais. La rédaction pourra toujours se défausser en prétendant que ce ne sont là que tribunes et que ce ne sont pas des "journalistes" en tant que tel, il n'empêche : le choix de placer lesdites opinions en page d'accueil finit par faire penser qu'à force, tout ça ne doit peut-être bien rien au hasard.
(Et quand on voit que dans la colonne "blogs qu'on aime" se retouvent côte à côte l'imbécile Hugues Serraf et le demi-cerveau Criticus, on commence à se demander si la "liberté d'expression" façon Rue89 ne s'arrête pas là où commence l'amour du libéralisme...).

Ainsi, cet article ridicule d'un certain Michel Faure.
Lequel, reprenant sans nuance ni recul - et du coup les faisant complaisamment siens - les propos d' Alvaro Vargas Llosa, dont la fiche Wikipédia nous apprend, ô surprise :

"He is a proponent of free-market economics and democracy under the rule of law, calling for more open trade between Latin America and the United States."

Mais attention, hein, c'est de gauche, ça. La gauche de Manuel Valls ou de Pascal Lamy, autrement dit : celle qui trahit et se plie à tous les caprices de la droite. La gauche à qui on crache à la gueule, en somme. Et celle que Michel Faure doit tellement préferer à cette méchante gauche latina qui a l'effronté toupet de vouloir encore rester...à gauche. Elle. Et donc, cet Alvaro Vargas Llosa, là, de pontifier :

"Il qualifiait la première gauche, celle, notamment, de Lula au Brésil ou de Michelle Bachelet au Chili de « végétarienne » et la seconde, celle de Chavez au Venezuela ou de Morales en Bolivie, de gauche « carnivore ». Selon lui, la gauche végétarienne est de nature réformiste et proche de la social-démocratie européenne. La gauche carnivore, quant à elle, est plus radicale et révolutionnaire."

Déjà, on tique, puisqu'on sait tout le mal qu'il faut penser des végétariens. Et la défiance de se confirmer à la lecture de la suite, qui est aussi ébouriffante de profondeur et de pertinence qu'une vidéo de BHL sur Dailymotion. Oui, à ce point.

"Il faudra bien qu'un jour la gauche végétarienne arrête de prétendre être l'amie de la gauche carnivore, disait Vargas Llosa, car l'une et l'autre sont sur des trajectoires totalement divergentes et le moment viendra où il faudra bien trancher sur ce que doit être l'avenir de cette famille politique en Amérique latine : démocratique ou bien révolutionnaire.
Le moment est peut-être venu pour Lula et Bachelet de rappeler que l'avenir de la gauche latino-américaine s'inscrit dans le cadre de la démocratie.
Il n'est ni dans la révérence d'un Hugo Chavez pour un « modèle » cubain -un goulag tropical et un désastre économique- ni dans son adaptation « bolivarienne » qui vire de plus en plus vite au socialisme d'inspiration soviétique où toutes les activités humaines entrent les unes après les autres sous la coupe de l'Etat.
Il n'est pas non plus dans le conservatisme et l'utopie raciale de l'indigénisme d'un Evo Morales, ni dans le clientélisme populiste et les solidarités claniques d'un Daniel Ortega au Nicaragua."

Et là, est-il vraiment utile de continuer ? Puisque désormais, on sait exactement à quoi s'en tenir, et que c'est invariablement la même chose. D'un côté la Gentille Gôche qui fait des bisous et accepte le Marché ; de l'autre la Méchante Gôche qui refuse le Marché et dont est très très vilaine. Tant d'intelligence dans le propos éblouit, c'est simple, on dirait du Bertrand Delanöé. Et Michel Faure, toujours citant Alvaro Vargas Llosa mais il semble bien qu'ici les deux opinions se confondent, de caqueter :

"L'avenir de la gauche dans une Amérique latine intégrée et ouverte au reste du monde, c'est la démocratie sociale, c'est à dire le marché encadré par des règles et une fiscalité socialement protectrices, le respect des droits humains et des libertés, la valorisation du travail et de l'initiative, et le caractère universel de l'accès aux soins et à l'éducation."

C'est beau comme du Guaino dans le texte.

Mais ce n'est pas fini, Michel Faure décidant plus loin d'abdiquer toute rationnalité et autres fariboles argumentées pour s'ébrouer enfin dans l'hystérie antichaviste, perpétuelle tarte à la crème des petits roquets libéraux de son espèce :

"Rappelons qu'en une année, Chavez a nationalisé 12 000 entreprises privées du secteur pétrolier en vertu d'une loi réservant à l'Etat l'exploitation des hydrocarbures. Il a également nationalisé les entreprises du secteur électrique, des télécommunications, de la métallurgie, l'industrie du ciment, des entreprises agro-industrielles et des terres agricoles."

Et ça, c'est très mal. Très très mal. Bon, Michel Faure omet juste de préciser qu'avant Chavez, le pétrole ne servait que les intérêts exclusifs d'une caste dirigeante particulièrement corrompue, et que depuis les nationalisations, l'argent du pétrole sert par exemple à financer des programmes d'alphabétisation. Mais c'est fait en s'attaquant à la Propiététe Privée. Et ça, pour un Micel Faure, c'est un crime, que dis-je : LE Crime. Et de terminer en se roulant par terre d'angoisse :

"que dire de Chavez, qui avance masqué derrière son discours bolivarien pour transformer le Venezuela en un vaste kolkhoze posé sur des champs de pétrole ?"

Le Tyran Rouge qui mange des nenfants qui n'est rien que l'adepte du Totalitarisme Bolchévique blablabla, les conneries habituelles. C'est vrai que c'était tellement, mais tellement mieux, quand tout était privatisé et que la population vivait des des bidonviles sans eau courante, hein Michel Faure ? C'est vrai que c'était tellement plus enthousiasmant, quand était respectée la sacro-sainte "propriété privée" mais que le reste de la population était enfoncée dans la misère crasse...

Mais attention : Michel Faure n'est nullement un "idéologue". Il ne fait pas, mais alors pas du tout de "l'idéologie", comme il tente de s'en défendre dans un commentaire qui mérite d'être cité tellement il éclaire le personnage :

"le dernier espace de liberté des hommes, la propriété privée, dont on sait bien aujourd'hui qu'elle est un élément fondamental de la liberté, est aujourd'hui menacée. Pour moi, et là encore c'est une opinion que je défends avec franchise et sincérité, la liberté est un élément essentiel du bonheur et de l'harmonie sociale. Si vous n'aimez pas la liberté, j'en suis désolé pour vous."

Oui, vous avez bel et bien lu : "le dernier espace de liberté des hommes, la propriété privée, dont on sait bien aujourd'hui qu'elle est un élément fondamental de la liberté".
Mais Michel Faure ne fait pas du tout de l'idéologie, n'est-ce pas ?
Il se contente juste d'avoir la cervelle tellement bouffée par le néolibéralime qu'il peut bêler sans honte ni retenue le catéchisme des petits clercs dans son genre, tout en se prétendant "de gôche" par caution morale.
Et oui, vous aussi, vous préférez encore un bon gros libéral de droite bien puant et décomplexé, à la fin, plutôt que ce genre d'hypocrite tortilleur prêt à plier servilement l'échine devant toutes les idées plus frelatées, celles qui ont bouffé la gauche depuis à présent des décennies. Qui n'aime la gauche que soumise et impuissante et l'enjoint à gentiment bouffer de la salade cuite.

Ceci dit, j'aime beaucoup l'expression "gauche carnivore". L'image que ça m'évoque est exactement l'idée que je me fais d'une gauche digne de ce nom :

Carnivore.


Edit 12:17 : Il n'est pas possible de ne pas vous faire profiter d'un commentaire de Michel Faure qui est une sorte de joyau serti dans un anneau de pureté ; accrochez-vous aux branches, ça va tanguer :

"Ce qu'il faut bien comprendre avec ces avancées sociales, c'est qu'elles vont creer un vaste service public généralisé. J'ai discuté avec un petit épicier de quartier comme il en existe des millions dans toute l'Amérique latine. Le type, qui n'était vraiment pas un nanti, juste un petit épicier de quartier, perdait tous ses clients et allait fermer boutique, faute de pouvoir lutter avec la concurrence des épiceries d'Etat dont les prix étaient inférieurs à ceux du marché grâce aux subventions du gouvernement. Je ne parle pas du dentiste ou du médecin de quartier qui perdent eux aussi leurs clients. L'avenir du Venezuela, ce sont des épiciers fonctionnaires, des médecins et des dentistes fonctionnaires, un Etat généreux mais omnipotent, et aucune perspective pour un étudiant que de travailler pour l'Etat ou d'aller à Miami, symbole odieux comme chacun sait. Ne croyez pas que Chavez s'en prenne uniquement aux grandes entreprises. Il touche au petit commerce, à la vie des quartiers, à l'autonomie d'une classe moyenne très modeste qui n'a plus aujourd'hui les moyens de son indépendance."

OH MON DIEU MAIS QUELLE HORRIFIANTE HORREUR !!!! L'équivalent du petit boutiquier poujadiste version tropical va être obligé de fermer boutique parce que les épiceries d'État sont moins chères et ne cherchent même pas le profit à tout prix !!!! Les mandarins qui pouvaient s'engraisser sur le dos des malades sont acculés au désespoir parce que des Cubains soignent mieux les gens et parfois sans les faire payer !!!! MAIS QUELLE ABOMINABLE TRAGÉDIE !!!

Je m'étais trompé, sur Michel Faure ; je le pensais simplement lobotomisé, alors qu'en fait il a largé les amarres d'avec la réalité depuis bien longtemps, on dirait...



mercredi 22 juillet 2009

C'est nul, de céder à ce genre de facilités...

...n'empêche : quand on gougeule "trou du cul du web", on obtient :



Et oui, c'est très drôle.

(via Rezo)

Le scandale permanent

Ce qu'il y a surtout d'assez étonnant, c'est que des scandales à répétition, il n y en ait pas davantage. L'UMP, c'est le RPR botoxé et qui a oublié les pratiques proprement mafieuse de la camarilla gaulliste ? Il n'y a donc aucune raison que l'UMP ne perpétue pas les saines traditions de corruption et de clientélisme de son ainé, et on pourrait même dire que ça n'est guère étonnant. Ces gens sont de droite, c'est à dire qu'ils se draperont sempiternellement dans un discours de Valeurs et de Morale, en étant de parfaits combinards hypocrites et cupides en coulisses. Rien de bien nouveau, donc, et à la limite, je suis quelque peu surpris qu'on continue de s'indigner, voire carrément de s'étonner qu'il en soit ainsi...

Qu'attendiez vous donc de ces gens ?

Pensiez vous sincèrement qu'une fois au pouvoir, il ne se serviraient pas grassement, eux et leurs cliques et autres cercles d'intérêts ?
Mieux : pensiez vous que cette frange de la bourgeoisie issue pour l'essentiel des grandes écoles de la République, dans lesquels on leur répète depuis toujours qu'ils sont une élite et n'ont de comptes à rendre à personne sinon à leurs pairs et encore, et que partant ils valent mieux que les minus qu'ils sont appelés à dominer, pensiez-vous vraiment que pareilles gens en ont quelque chose à foutre du bien commun ?

Alors oui, c'est choquant. En effet.
Mais de là à s'étonner...

Mais le pire, toutefois, sera de constater que la dénonciation -parfaitement légitime bien évidemment - de ce climat de scandale permanent n'infléchira en rien, non plus que ne les fera diminuer, toutes ces malversations. Ce n'est pas que ça ne serve à rien ; c'est juste qu'il est douteux que ça change les choses...

Pour la bonne et simple raison que la majorité des gens s'en foutent.
Et pour que ça change, il faudrait que les gens ne s'en foutent pas.
Conséquence d'une dépolitisation de masse, le citoyen lambda a littéralement accepté la corruption des "élites" comme allant de soi et ne la considère peu ou prou plus que comme étant banale, pour ne pas dire normale...Étant de plus soumis à une pression croissante au niveau du porte-monnaie, il ne jette plus qu'un oeil vaguement écoeuré vers un marigot auquel il ne comprend pas grand'chose et hausse les épaules par résignation.

Autant dire que ceux qui espèrent que le scandale de trop nous débarrasse du Nain et de ses sbires risquent fort d'en être pour leurs frais. On se souvient que Nixon, à l'époque, avait été obligé de démissionner suite au très embarrassant Watergate ; mais la révélation de l'entourloupe à elle seule n'aurait jamais suffi à le mettre dehors. Sa position dans l'opinion publique était déjà largement fragilisée par l'embourbement au Viet-Nam et l'avait rendu particulièrement impopulaire. Le Watergate n'a été que la - grosse, tout de même - goutte d'eau. Or, sans pression conséquente de la population contre ceux qui la gouvernent, sans mécontentement fort et palpable, et de plus trouvant à s'incarner dans une opposition politique forte, il peut y avoir tous les scandales possibles et imaginables : rien ne bougera. Quelques têtes valseront, de fortes déclarations publiques seront faites. Et ce sera tout. Berlusconi aurait du être éjecté depuis longtemps, à ce compte-là. Or, on voit qu'il n'en est rien. Inexistence d'une opposition digne de ce nom, les sociaux-démocrates locaux étant passés à droite dans l'enthousiasme, corruption acceptée comme une pittoresque tradition nationale, c'est assez simple : il n y'a aucune raison que Berlusconi ne se lâche pas. Il n'y a rien en face de lui, pourquoi se gênerait-il ?

Traduit simplement : on pourra faire tout ce qu'on peut par la dénonciation par le "haut" (journalistes, magistrats, responsables politiques) ; tant que la prise de conscience ne s'effectue pas en "bas" (pékin moyen qui travaille plus pour gagner rien), le scandale permanent continuera.

Et ça, c'est un énorme boulot de repolitisation collective qui nous attend.

mardi 21 juillet 2009

Bal tragique à Solférino : pas encore de morts. Pas encore...

(Rargl, le sniper post-Cronstadtient Seb' Font' m'a piqué mon idée de billet, zut, zut, zut. Que faire ? Ben l'écrire quand même, voilà, tant pis).

Alors voilà.
Vous êtes chez vous en famille, au repas du dimanche où tout le monde se réunit pour faire semblant de s'aimer.
Alors c'est dans toutes les familles, n'est-ce pas : c'est pas toujours la joie, il y a des frictions, des histoires pas bien proprettes concernant l'héritage d'un oncle décédé, des trucs que tout le monde sait mais que personne n'avoue, des déchirures intimes et des scandales à usage interne...
Une famille, quoi.
Mais nonobstant, on est tous réunis pour partager un moment sympa tout de même, d'autant que en ce moment c'est pas trop la joie et tout le monde fait un peu la gueule. Le repas se déroule dans une ambiance morose, plombée, malgré les efforts de la chef de famille qui fait semblant d'avoir de l'entrain pour douze.

Entre le cousin alcoolique et borderline, fruit d'une liaison honteuse et consanguine avec une autre famille rivale.
Qui se met derechef à injurier tout le monde, à dire tout le mal qu'il pense de cette famille de merde, prend à partie tous les convives pour leur expliquer que c'est tous des abrutis, tout en s'asseyant à table et en exigeant d'être servi, et mieux que les autres.

Normalement, dans un environnement sain et normal, il s'est déjà pris une mornifle taille grand garçon.
Mais on est pas dans un environnement sain et normal.
La mère de famille fronce un peu les sourcils et lui sert une grosse assiette de soupe, en feignant d'ignorer ceux que la sortie du cousin fait discrètement pouffer.

Lequel cousin après avoir vidé la soupière en en renversant partout se met à hurler que cette soupe elle est dégueulasse, et que la cuisine ici est à chier, et qu'il faut vraiment être complètement à la ramasse pour oser proposer pareille pitance aussi indigne et commence à balancer les assiettes en direction du bout de table.

Là, toujours normalement, le cousin est pris à part dans la cuisine pour une explication un peu vigoureuse.
Mais on est pas chez des gens normaux, décidément.
La chef de famille agite un gros doigt grondeur en sermonnant - pas fort - le cousin et lui dit que si il n'est pas content, il n'a qu'à quitter la table et puis c'est tout.
Le cousin n'en hurle que davantage, surtout qu'il voit qu'il commence d'avoir quelques soutiens des membres qui sont bien contents de l'esclandre pour régler par la bande des histoires mal digérées. Il glapit que c'est le fascisme, que ça se passera pas comme ça, que c'est quoi cette famille de merde, et qu'il en a rien à foutre de toutes façons et qu'il fait ce qu'il veut et vous encule tous d'abord.

Ensuite, il va se jeter sur le canapé devant la télé en ayant pillé les bières du frigo.
Court moment de répit.

À table, c'est l'engueulade généralisée entre ceux qui défendent le cousin - et qui le détestent par ailleurs, mais l'important c'est qu'il casse les couilles de la Mama - et ceux qui défendent la Mama mais pas trop fort quand même. On voit même des gens étrangers à la famille débouler dans la salle à manger sans avoir été invités et donner leur avis en critiquant tout et en crachant sur la moquette.

Bon, là, normalement, tu pètes une durit en direct, tu choppe le cousin par la peauduc pour l'évacuer manu militari en lui ordonnant de plus ramener sa sale gueule de rat sinon ça va chier velu pour lui, et tu sors la Louisville ramené des vacances aux States pour en frapper un grand coup terrifiant sur la table en faisant la même tête que Kathy Bates dans Misery - genre j'ai eu une journée un peu difficile faudrait pas trop me pousser je pourrais commettre un ou deux génocides - pour chuchoter doucement que maintenant on va tous se tenir bien tranquilles et tout le monde s'assoit y a du rôti...

Mais on est pas chez des gens normaux, voilà.
Et c'est l'über bordel, voilà.

Et le cousin de se repointer au salon en hurlant qu'il y a plus de bières et que c'est tous des connards dans cette famille pourrie et puis qu'il les encule tous et qu'il veut être chef pourquoi lui il serait pas chef d'abord ???????? Ensuite, il vomit sur le tapis.
Certains membres de la famille commencent à l'applaudir.

Et c'est comme ça que ça se passe au Parti "Socialiste".

Et un peu plus loin, d'autres cousins mais pas les mêmes, d'une plus petite famille qui commence gentiment à s'agrandir, se sont installés dans des transats avec une glacière à côté pour ne rien rater du spectacle.

Dame, une fois qu'ils se seront tous entretués, ils espèrent bien récupérer quelque chose de la baraque.

lundi 20 juillet 2009

Une belle branlée


Vu hier La chute du faucon noir (Black hawk down) de Ridley Scott, et ce film fut un très agréable moment de détente, agrémenté de ci de là de rires bon enfant devant la magistrale dérouillée que prennent les troufions US. Après tout, il n'est pas fréquent de voir les ricains perdre - au cinéma du moins-, autant goûter le spectacle avec jubilation.

En 1993, c'est l'immense bordel dans une Somalie livrée aux seigneurs de guerre qui organisent la pénurie alimentaire de la population. Les ricain décident de capturer celui qui tient Mogadiscio et expédient des Forces spéciales et des Rangers par hélico au coeur de la ville. Et là, c'est le drame : deux hélicoptères seront abattus par des roquettes, et toute la ville insurgée tombe sur le dos des pioupious coincé en plein enfer urbain, avec des milliers de Somaliens très très vénères qui les encerclent. Pour plus de détails sur le déroulement des évènements, voir ici. Et ce fut un gros échec pour l'US Army, du genre qui laisse des traces durables et aboutira à une complète redéfinition de sa stratégie urbaine, laquelle sera expérimentée grandeur nature au Moyen-Orient quelques années plus tard.

Revenons au film qui narre cette cruelle mésaventure.
Lequel visuellement envoie un peu le bois, et c'est le moins qu'on puisse dire. D'une durée de 2h20, celui-ci se compose de deux parties bien distinctes : 20 minutes de présentation des personnages et de la situation ( en gros : "Kids, on est là pour apporter la Démocratie et le cheeseburger à ces connards de nègres, Ouha !"), et 2 heures de baston non-stop dans les rues de Mogadicsio. 2 heures de ratatatatatatatatata, de baoum, de "mediiiiiiiic !!!!!", de ka-poum ka-poum ka-poum, de bang bang, d 'encore de ratatatatatatatatata, de "Fuck il en sort de partout !", de "On va pas te laisser tomber, kid, tiens le coup, pense à ta maman dans sa ferme du Minnesota !", ratatatatatatatatata, again, ka-poum ka-poum ka-poum ratatatatatatatatata, de "Mais putain qu'est-ce qu'ils foutent les hélicos ??", et tiens, une bonne couche de ratatatatatatatatata y'en a un peu plus j'en remet quand même.

Arf.

Tu sors de là, t'a envie de te laisser pousser les cheveux et de te rouler nu dans l'herbe, tellement t'en peux plus, dis.
Ensuite, c'est éprouvant, quelque peu, certes. Mais t'en a quand même vachement moins chié que les mecs dans le film, hein. Parce eux ils ont morflé, fouyouyou, t'aurais pas aimé être à leur place, ah ben non alors. Et puis ils ont vu leurs potes mourir. L'horreur. Au ralenti, en plus, avec de la musique vachement mélancolique et tout et voir les boys crever sous le soleil avec des vocalises d'une sous Lisa Gerrard en fond sonore et des gros plans sur les visages convulsés - mais braves, le soldat ricain crève avec un rictus de douleur mais reste courageux dans l'agonie -, putain comment c'est poignant...
Autrement plus en tous cas que ces centaines de connards de nègres décanillés à la Browning calibre .50 façon Doom, qui eux se contentent de crever bêtement en essayant de retenir leurs intestins. Blaireaux, va. Savent même pas mourir dignement, ces cons, et ils clamsent sans ralentis ni musique en plus. Aucune classe.

Et non, évidemment, je n'exagère nullement : le Blanc - le contingent ne comprend qu'un seul Noir, mais plus vraiment Noir puisque intégré aux Forces De La Démocratie, donc un peu Blanc, quoi - meurt dans des violons, il a droit à ces potes qui le pleurent - au ralenti -, c'est d'ailleurs parfaitement interminable et complaisant, le Nègre lui tombe comme mouches sous les balles US et franchement on s'en fout un peu, merde, en plus il est musulman, on s'est compris.

Le générique de fin nous apprend que 19 morts chez les ricains font pièce à plus d'un millier chez les Somalis. Si on fait le calcul d'un film de 140 minutes consacré à ces 19 cadavres, on obtient un plus plus de 7 minutes par bonhomme. Ensuite, n'est-ce pas, à ce compte là, on aurait dû faire un autre film de plus de 116 heures pour les nègres...

On aura compris qu'on peut donc regarder La chute du faucon noir avec tout du long un petit sourire de satisfaction, parce que voir l'impérialisme s'en prendre plein la gueule à ce point c'est quand même drôlement amusant. Et ça change. Il parait que quand il est projeté dans les territoires occupés, les gens applaudissent à la fin. Mais peut-être pas dans le sens voulu par Jerry Bruckheimer...

Il ne me reste donc plus qu'à voir un autre film rigolo sur la victoire de Dien Bien Phu - et ce n'est pas une coquille, puisqu'il s'est bel et bien agi de la victoire des courageux Viet-Minh sur les troupes d'occupation française, comme quoi l'Histoire c'est d'abord une question de point de vue, n'est-ce pas - et je pense que ma joie sera à mon comble.


Mortal engine



Spectacle total combinant danse contemporaine, vidéo, lasers, décors interactifs et musiques électroniques, Mortal Engine de la compagnie australienne Chunky Move est une expérience totale sur la solitude de corps aux limites floues et sans cesse redéfinies, l'instabilité de ce qu'on a besoin de croire soi, et la hantise du déclin, de la contamination, de la folie, de l'inéluctable fin...

Chaque fois que je vois cette vidéo, je suis au bord des larmes. Je comprend ces images, à un stade non rationnel.
Je suis hypnotisé.

dimanche 19 juillet 2009

Je vais me laisser pousser la moustache. Ouais. Bonne idée.

- Bonjour CSP.

- Bonjour Thierry.

- CSP, entre nous mon lapin, t'en as pas marre parfois d'avoir un ego monstrueux qui prend une place démesurée que tu fais rien qu'à parler de toi sans arrêt ? Sans déconner ?

- Nullement, pourquoi ? Je trouve que c'est un sujet passionnant entre tous et sais avec certitude que des milliers de lecteurs et lecteuses n'en finissent plus de panteler devant mon blog en attendant avec impatience des nouvelles fraîches et joyeuses de leur blogueur préféré. Dont acte.

- Mais en fait tu serais pas un peu un gros con prétentieux ? Je dis ça je dis rien, mais voilà, quoi.

- Oui certes, j'en suis bel et bien un. Pourquoi le nier ? Rien n'est plus vrai. Je ne doute pas une seule seconde d'avoir raison et pense sincèrement que ceux qui ne sont pas d'accord avec moi sont des sots qu'il faudra conscientiser de gré ou de force, au pire des irrécupérables qu'on enverra dans de terribles goulags un jour. Ensuite, franchement, est-ce que c'est vraiment de ma faute si j'ai toujours raison ? Hein ? Non, hein ? Bon, tu vois bien.

- Lourd dossier, donc. Et ce trip un peu pénible, là, sur le côté "plus de testostérone que moi tu meurs", et vas-y que je te fais de la muscu en écoutant Slipknot et que moi j'ai une vie sexuelle, et que je suis amoureux de mes biceps et de mes tatouages et blablabla, n'est-ce pas quelque peu redondant à force d'à force ? Et que pensent les camarades féministes de cette étalage de virilisme particulièrement exaspérant, zut à la fin ?

- Les camarades du NPA me connaissent bien et savent que derrière cette façade de macho brutal qui draguerait un tabouret avec une jupe se cache un être blessé à la sensibilité exquise et raffinée, qui écoute Chopin en cachette et éclate en sanglots devant un chaton. Et assurément, les lecteurs - et surtout les lectrices - auront su détecter cette délicatesse à fleur de peau d'une personne timide et attendrissante dans sa maladresse, qui ne souhaite rien d'autre que le bien d'autrui. Tout ce cynisme n'est qu'une carapace, tout un chacun l'aura compris, et je suis sans cesse perclu d'un doute permanent, il faut me croire. Vraiment.

- Hun hun. Trop crédible. Et puis aussi, les commentaires du Figaro.fr, à la longue, c'est relou, quoi, pfouuu, change de disque.

- Tu déconnes, là ? Les flaques de vomi froid du lectorat cacochyme de ce torchon sarkozifié jusqu'à la moelle me sont un enchantement dont je ne puis plus me passer, et dont je vibre à chaque fois de le faire partager à mes lecteurs moins intrépides qui n'osent pas s'aventurer dans pareils marécages de l'humanité. D'ailleurs, j'en ai trouvé encore des biens, dans l'histoire du lycéen autorisé à se réinscrire après avoir un peu bloqué son établissement. Zou, c'est parti.

- Encore ??? Pfff...

- Ouais. Encore. Agad' :

"LAMENTABLE que ce réintegrement !"

"une chance redonnée aux semeurs de troubles"

"TOUS CES ADULTES QUI CAPITULENT NE SONT QU'UNE BANDE DE DEGONFLES QUI FONT HONTE A LA FRANCE."

"le pouvoir se déculotte"

"Un billet aller pour Téhéran ou Pékin, et vite !!! "

"Le gouvernement qui s'écrase et subit le dicta d'une gauche à la dérive"

"Une véritable incitation à la récidive !"

"Le gaucho-conservatisme soixante huitard se porte comme un charme"

"pauvre France !!!!!! "

"On assiste à un comportement de plus en plus répandu en France qui consiste à capituler systématiquement devant des petits morveux, devant la violence, devant les hors-la-loi et devant les bobos de gauche."

"c'est lamentable"

"honte à lui et surtout a ses parents qui ne savent pas l'éduquer et qui sont surement comme lui"

"BLOCAGE = PRISE D'OTAGES "

"Ses parents auraient été mieux inspirés de lui mettre un coup de pied aux fesses"

"il n'a plus qu'à acheter des bouteilles de gaz pour son blocus de l'an prochain"

"Lamentable et désespérant"

"Cette attitude n'existe pas dans les établissements privés !"

"La gauche et les syndicats, toujours du mauvais coté, de l'illégal, de l'injustice et des délinquants."

"c'est un tel laxisme qui détruit l'institution"

"Une fois de plus, le passé laxiste a triomphé !!"

"Ce pays a une predilection pour le laxisme et la reculade permanente"

- RHAAAAAAAA, sans déconner, ne sont-ils pas merveilleux ? Je les adore, je les aime, je les kiffe trop grave, toutes ces pauvres mort-vivants qui trépignent devant leur clavier en chougnant leur misère de cloportes sur le laxisme, et sur la gôche toute-puissante, et sur le déclin de la Fraaaaaaannnnceuuuuhhh, rhalalalala mais comment, comment en vérité je vous le demande ne pas a-do-rer des gens comme ça ? Mh ? C'est du bonheur, c'est de la chantilly, et lire ça, c'est un bon gros shoot direct dans le cerveau pour bien comprendre que ces gens, on ne peut rien pour eux.

- Mouais, c'est rigolo, mais tu sais que les commentaires ne sont pas nécessairement représentatifs du lectorat d'un journal, tout de même ? T'es pas bouché à ce point, si ?

- Ben oui, je le sais, tu crois quoi ? Bien sûr que c'est de la mauvaise foi en béton armé, ou est le problème ? Depuis quand faudrait être respecteux de ces rats, steplé ?

- Tu es consternant. En fait, tu es un nazi, voilà. Un gros nazi méchant et vilain. Honte à toi, vilain nazi. Bouh bouh bouh, méchant méchant méchant. Na.

- Rhooo, t'es tout vexé, allez, viens dans mes gros bras consolants, au lieu de faire ton Jérôme Leroy, va. Et puis me dire vilain facho très très méchant pas beau, c'est sous le coup de l'émotion, ils le pensent pas vraiment, je suis certain. Hein, vous le pensez pas vraiment, bien sûr que non. Si ? Vraiment ? Ah...m'en voilà tout meurtri, dis donc. Bouh. Je suis au bord des larmes, petite madeleine que je suis. Ouin.

- Tu es incurable. Bon, un peu de mieux disant culturel, pour conclure ?

- Ouais : Bronson. Allez-y, ça déchire. Et ça fout la trouille, aussi, mais vraiment, hein. 'Tain le personnage out of control à ce point, c'est extraordinaire que ce type soit encore vivant. Grand film, drôle, flippant, émouvant. J'ai d'ailleurs décidé de me laisser pousser la moustache.

- Et on a pas fini de rigoler, décidément. Et tu vas faire quoi, là, sinon ?

- De la muscu en écoutant Slipknot, pourquoi ?


samedi 18 juillet 2009

Se sortir les doigts

D'abord, pourfendons une illusion que trop de gens encore entretiennent pour se rassurer :

Nicolas Sarkozy, si il se représente ne 2012 - et il se représentera - sera réélu pour 5 autres années.

Non, ne cherchez pas, ne vous prenez pas la tête en vous disant que oui mais, attends on sait pas, blablabla. Je répète donc, calmement mais fermement :

Nicolas Sarkozy, si il se représente en 2012 - et il se représentera - sera réélu pour 5 autres années.

Nous allons donc en bouffer pour un second mandat, c'est comme ça, et il faut se faire à cette idée.
Le pronostic est en fait on ne peut plus simple : pour que puisse exister l'espoir de le dégager, il faudrait qu'on puisse s'appuyer sur une figure concurrent forte qui soit en mesure de lui faire pièce, et ce dès maintenant puisqu'une présidentielle, ça se stratégise dès la fin de la dernière quand on connaît le nom du nouveau ; or, vous savez comme moi qu'il n'y a personne en face. Personne n'est crédible pour foutre le Nabot dehors, partant, il va faire un deuxième mandat.

Et par pitié, épargnez moi les sanglots et les cendres sur la tête, ça ne sert à rien, tout comme les lamentations sur l'air de "mais c'est pas possible" - sisi, c'est possible -, "je tiendrai pas jusque là" - et tu vas faire quoi ? T'exiler en plantant ton taf, ton appart et ta famille ? Tu tiendra, comme tout le monde, tu n'as pas le choix -, "mais qu'est-ce qu'on peut faire mon Dieu qu'est-ce qu'on peut faire ???" - j'y viens, un peu de patience - "YFOFERLUNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!" - Paf ! Paf ! font les genoux unitaires explosés par deux balles de .45.

Maintenant, on me sèche ces vilaines larmes et on commence à se sortir les doigts.

Alors voilà, vous avez le choix, concrètement, entre deux options simples :

- Soit vous continuez à chougner tous ensemble - mais chacun dans votre coin - en vous "indignant" du haut de votre immaculée vertu citoyenne et en vous réchauffant en rond en vous disant que décidément Sarkozy il est pas gentil ;

Avec le succès qu'on peut constater, n'est-ce pas.

- Soit vous vous engagez pour de bon. Et vous militez quelque part.

Et, je veux dire, vraiment militer, pas faire des actions festivo-contestaires à deux balles genre brigade des clowns ou pique-nique sauvage à Carrouf, puisque ça, désolé, mais à part faire plaisir à ceux qui le font, c'est impact politique : zéro.

Pour ce qui est de l'endroit où vous devriez militer, j'aurai bien une petite idée d'avance, mais on va encore m'accuser de sectarisme, tss, comme ce serait mesquin. À la limite, peu importe, puisque ce qui est important c'est la démarche en tant que telle : décider de s'engager dans un processus collectif inscrit dans le temps, en ayant pleine conscience du choix effectué et ce que ça exige de vous. À vous les réunions dans des locaux sinistres, les débats interminables sur des questions mineures, les diffusions de tracts sous la pluie, les collages d'affiches tard le soir, les congrès avec des bulletins internes façon Bottin de centaines d'amendements obscurs à voter, les stratégies internes pour diminuer le poids de telle ou telle tendance, les AG une fois par mois et t'a payé ta cotise ce mois-ci ?

C'est sexy, hein ?

Mais c'est vrai, au fait : vous n'avez plus le choix.

Alors oui, bien évidemment vous êtes des zindividus. Et des zindividus aussi tellement zindividus que vous l'êtes ne vont tout de même pas s'engager, tss, c'est vulgaire, et puis c'est aliénant, et puis je veux garder ma liberté de penser, ce qui fait de moi un zindividu à part entière même si concrètement je ne fais absolument rien de rien pour que ça bouge vraiment mais au moins je reste un zindividu...

Tout seuls, vous ne ferez rien.
Les charmantes théorisations du genre 1+1+1+1 blabla, c'est certainement très rassurant pour son ego et ça permet de se dire qu'on fait semblant d'agir dans son coin, sauf que dans le monde réèl, encore une fois, impact politique : néant. Et il serait peut-être temps d'en finir une bonne fois pour toutes avec cet individualisme stérile et sclérosant qui n'envisage la pratique politique que comme consommation et refuse le long terme en exigeant un retour sur investissement à court terme et en voulant des résultats là maintenant tout de suite.

Et remettons en une couche dans la joie : si vous vous engagez quelque part, dans l'idée mettons de reconstruire une gauche digne de ce nom avec pour objectif à terme que ses idées soient au pouvoir, dans le contexte actuel, n'espérez pas avoir de résultats vraiment concrets - pesant et influant sur le champ politique - avant une bonne dizaine d'années.

C'est de plus en plus glamour, hein ?

Ouais. Dix ans. Minimum. Et encore, ça c'est pour avoir une gauche qui aurait de la gueule et qui aurait suffisamment de poids pour devenir incontournable dans le débat, je ne parle même pas de prise de pouvoir, là, pour ça à mon avis, ça sera encore plus long.

Ce qui ne signifie pas non plus passer dix années de cruels sacrifices dans un but éminemment hypothétique, on en est plus là de cette forme d'engagement où on exigeait des moines-soldats tout entiers dévoués à la Cause. Mais entre ça et le zindividu qui reste tout seul à trépigner dans son coin sans rien faire d'autre, on peut supposer qu'il existe un moyen terme. Par exemple, vous aurez le droit d'avoir une vie de famille, et peut-être même des amis non-encartés, autant dire Byzance.

Blague à part.
Vous êtes parfaitement exaspérés - et avec raison - de la droite charognarde qui nous régente ? Vous n'en pouvez plus de constater l'arrogance du MEDEF ? Vous faire injurier à longueur de temps par des crétins quand vous vous dites de gauche vous fait bouillir ? Vous voulez non seulement foutre Sarkozy dehors et en plus reconstruire toute une société sur les valeurs qui vous sont chères ?
Fort bien.
Dans ce cas, qu'attendez-vous ?

Puisque tant qu'on reste dans l'indignation personnelle sans que celle-ci se traduise en participation active à un ensemble collectif ayant un but de transformation politico-social, ben ça sert à rien.

Donc...


vendredi 17 juillet 2009

Plaisantins

Mais qu'ils sont donc amusants ces imbéciles qui se mettent à voir le sycophante Valls comme nouveau chef de file d'une gauche de droite qu'ils appellent de leurs voeux en glapissant depuis des années. Qu'ils sont aussi ridicules que leur nouveau hochet, à réclamer à corps et à cris qu'on en finisse avec les "scories marxistes" du P"S". Franchement, le "marxisme" chez les socialistes, je suppose que ces gens plaisantent, n'est-ce pas ? Sauf que non, ils ne plaisantent pas et sont convaincus qu'existe encore des résidus bolchéviques dans ce grotesque appareil à fabriquer des élus et à voter les mêmes textes que la droite dès qu'ils le peuvent. C'est sidérant. Et la preuve qu'on peut disposer d'un organe appelé cerveau sans en avoir le mode d'emploi. Les cons, en somme, mais au moins, ce sont des cons amusants, ce dont il faut leur savoir gré en ces temps de crise pas rigolote.

Franchement, Manuel Valls ?
Mais voyons, soyez raisonnables : Manuel Valls n'est rien ! Rien ! Du tout ! Un roquet sans envergure ni intelligence, sans aucune vision politique, sans amorce de début de programme, et sans entourage ! Quand des socialos le défendent, c'est uniquement pour faire chier Aubry ; et en plus ceux qui sont le plus acharnés sont des ségolénistes, c'est dire si c'est une belle bande de winners, là ! Manuel Valls comme espoir d'une nouvelle gauche (de droite), c'est comme ceux qui rêvent à voix haute que Villepin puisse être un jour une manière d'opposant "crédible" à Sarkozy, et dans le langage courant ça porte un nom simple : prendre ses désirs pour des réalités.

Il convient donc de rétablir l'âpre et amère vérité, toujours plus crue que la rêverie, hélas, mais qui nous raccroche tellement à cette chose qui se nomme : réalité...

Manuel Valls est un imbécile. Au sens de : pas intelligent. Pas neuneu non plus, mais pas une lumière, loin, bien loin de là. Il n'a aucun charisme, aucune vision ni de son parti, ni de la société française, ni de quoi que ce soit, d'ailleurs. Il s'est trouvé un créneau de petit Rastignac de sous-préfecture qui trépigne contre la vilaine direction de son parti, laquelle fait semblant de vouloir vaguement le foutre à la porte tout en sachant qu'elle n'en fera rien, puisque ce mini-combat de coqs l'arrange bien en faisant diversion de l'irrémédiable dégénérescence d'un appareil que tous fuient à toutes jambes. En dehors de cette simili-existence, Manuel Valls n'a rien ni personne pour le soutenir : pas de réseaux, pas de think-tanks, pas de courant à lui, pas de militants organisés, rien, keud, nada. Manuel Valls, une fois les lumières du plateau-télé éteintes, il s'évanouit dans l'air, il n'en reste rien. Pouf. Il ne se redensifie physiquement qu'à partir du moment où une caméra ou un micro traîne dans ses parages, d'où le fait qu'il n'en reste jamais éloigné trop longtemps, et encore, ce genre de tour de magie ne peut continuer que tant qu'il reste au P"S". En dehors du parti, il n'existera plus en moins d'un mois, et il le sait. C'est pour ça qu'il ne se barrera pas, et continuera ainsi à alimenter les espoirs bidons des imbéciles heureux de droite qui font semblant de se dire de gauche par vagues scrupules moraux.

En attendant, tout ça est relativement distrayant, certes. Mais vivement néanmoins que le Parti "Socialiste" achève de crever, tiens.


Anecdote piquante

"Les principaux pays membres de l'OMC ont refusé d'accorder à son directeur général, Pascal Lamy, la hausse de 32 % de ses rémunérations qu'il réclamait, rapportent des diplomates jeudi 16 juillet.

M. Lamy faisait valoir à l'appui de sa requête qu'il ne bénéficie pas du plan de retraite accordé aux autres employés de l'OMC, une demande qualifiée de "politiquement naïve" par un diplomate. "En tout, cela faisait une hausse de 32 %. Il n'y a pas eu – comment dire cela d'une manière diplomatique ? – d'enthousiasme pour revoir le paquet de ses émoluments, étant donné la crise financière et économique et en particulier dans la proportion demandée", a déclaré ce diplomate. "La position était absolument unanime", a-t-il ajouté.

Pascal Lamy perçoit un salaire annuel de 480 000 francs suisses (316 000 euros) auquel s'ajoute une cotisation de 15 % du montant de son salaire pour sa retraite."

(source)

316 000 divisé par 12 = plus de 26 000 € par mois.
Comme quoi c'est vraiment la crise : avec 26 patates, Pascal Lamy n'arrive plus à s'en sortir.
Du coup, il demande une petite rallonge pour boucler son budget.
Oui, je sais : c'est obscène.
Pascal Lamy, celui qui n'en finit jamais de réclamer à corps et à cris - stridents - qu'on en finisse une bonne fois pour toutes avec le salaire minimum et le Droit du travail. Le même.
Et nous ne nous lasserons jamais, au grand jamais, que Pascal Lamy est encarté au Parti "Socialiste".

Lequel est plaisamment en train de gentiment continuer à s'auto-détruire en ce moment. Vous je ne sais pas mais moi : j'adore. Aubry Vs. Valls : arf arf arf, quel choc de titans. Les nabots de la social-démocratie en train de se donner des coups de pied dans les genoux dans leur marigot sous les acclamations des militants qui se foutent désormais totalement de ce qui se passe à l'extérieur de leur secte et les encouragent à s'étriper. Ouaf ouaf ouaf. Et c'est que ça va durer encore longtemps, vous savez. Jusqu'à ce que lentement mais sûrement le P"S" crève. Et tant mieux.

Ensuite, il va y avoir un monde fou pour se repaître du cadavre.

Mais franchement, franchement, j'ai hâte d'y être.


jeudi 16 juillet 2009

La bavure idéale

Une bavure, c'est sale. Très très sale. Une "vraie" bavure, s'entend, à savoir le gros dérapage policier qui peut se finir en mort d'homme - ce qui arrive fort heureusement assez peu, finalement, même si c'est toujours trop -, ça fait très très, mais alors très mauvais effet. Ça discrédite. Ça remue. Ça scandale.

En revanche, imaginons tout une série de "petites" bavures non-létales, sur des populations spécifiques - à fort potentiel d'expression de mécontentement, disons -, qui pourront entretenir un climat de peur de la police tout en ne coûtant pas trop cher en terme d'image des forces de l'ordre.
C'est peut-être à ça que sert le Flash-ball.

Prenons un peu de recul et mettons un moment de côté une légitime indignation pour tenter de réfléchir non à l'usage en tant que tel du Flash-ball, mais à la charge émotionnelle que celui-ci est en train de porter. 5 blessés, ce n'est pas beaucoup quand on y pense. Je ne dis pas que ce n'est pas scandaleux : je dis qu'objectivement, ce n'est pas beaucoup. Mais ce qui compte le plus ici n'est pas tant le nombre de victimes que le message subliminal qui est envoyé ; pas tellement par les exécutants en bleu marine que par leur hiérarchie, laquelle dépend des décisions de leur ministère de tutelle. Or, personne n'a oublié que nous vivons sous une droite régime libérale-sécuritaire qui fait son beurre du climat de trouille qu'elle entretient soigneusement, et que sa politique n'aboutissant qu'à une paupérisation aggravée, il est raisonnable de penser que cette droite charognarde à tout intérêt à étouffer dans l'oeuf toute velléité de rouspétance un peu forte. Et ce message subliminal pourrait bien être : vous avez intérêt à vous tenir tranquilles.

Enter le Flash-ball.
Qui non seulement permet de calmer immédiatement le plus excité - quitte à la mutiler quelque peu, certes -, mais possède un impact psychologique démultiplié qui va considérablement au-delà de sa dangerosité effective. Le Flash-ball et les bavures qui l'accompagnent ont fonction de message et disent très clairement : vous qui participez à une manif, à une grève, à un mouvement quel qu'il soit et qui vous opposez à l'ordre tel que le souhaite la Réaction, vous risquez d'être grievement blessés...
Vous risquez.
Ce n'est pas certain.
Il y a même de fortes chances que ça n'arrive pas.
Mais on ne sait jamais.
Dans l'émotion de la situation, n'est-ce pas.
Les policiers sont aussi des être humains qui peuvent avoir des réactions disproportionnées.
Ce qui serait certes on ne peut plus regrettable.
Mais dame, ça peut arriver.
Partant, contester se fera à vos risques et périls.

Et cette ombre de possibilité de se retrouver éborgné et défiguré peut faire réfléchir, en effet.
De ce point de vue d'une politique de contention du mécontentement, les affaires de Flash-ball peuvent être vues comme des bavures idéales : non-mortelles mais néanmoins extrêmement dangereuses. Ne nécessitant pas de démission de commissaires et pas tellement de punition des policiers fautifs. N'embarrassant pas exagérément le gouvernement qui s'en sort par quelques déclarations déplorant les "excès" tout en couvrant les pandores - manière de les encourager à continuer régulièrement mais pas trop quand même. Et installant chez les agités cette saine trouille de forces de l'ordre dont la bourgeoisie a tant besoin pour continuer à écraser les faibles...

Quand on y réfléchit, le Flash-ball n'a décidément que des avantages...

mercredi 15 juillet 2009

Fafounet



(Source)

Fafounet
se lève ce matin et il a un peu la tête en vrac. Il faut dire que hier soir, il s'est mis chanmé minable à la bière avec une bande potes eux aussi fafounets - que des mecs, il n'y a pas beaucoup de filles dans les cercles que fafounet fréquente, c'est dommage ; ou c'est tant mieux, aussi - et du coup le réveil est un peu laborieux. Mais c'était drôlement sympa de passer la soirée avec des garçons tous habillés pareils et bien dégagés autour des oreilles. C'est la compagnie que Fafounet préfère, d'ailleurs, quand il est dans cet entre-soi viril et gueulard il se sent à sa place, bien mieux que dans des soirées de bobos efféminés et prétentieux que naturellement Fafounet déteste.

De suite, parce que mal aux cheveux ou pas être discipliné c'est important, il enchaîne les pompes et les abdos. Le Fafounet aime être en forme . Il aime transpirer un bon coup en faisant de l'exercice physique, pas comme ces pédales gauchistes au muscles mous dominés par leurs bonnes femmes hystériques, ça non alors. Et quand on est un Fafounet un vrai, donc un homme un vrai, on prend soin de son corps tout le temps. En plus, comme Fafounet est un peu taillé crevette à la base, il a besoin de se laisser pousser des muscles qu'il saura mettre en valeur avec son Fred Perry moulant.

En faisant sa muscu du matin, Fafounet pense au camp d'été du mois prochain, où il va se retrouver avec tous ses amis du Groupuscule, parce que eux, pendant que les imbéciles heureux corrompus par la propagande judéo-maçonnique ne pensent qu'à se prélasser sur les plages, eux ils vont préparer la Révolution Blanche et apprendre la boxe. Et puis y'a aussi des moments marrants, quand même, comme l'année dernière où ils s'étaient tous mis à poil pour se jeter dans la rivière en se mettant des grandes claques sur les fesses. Fafounet repense à ce chouette moment sympa et il sourit. Y avait pas de meufs non plus, d'ailleurs, mais bon, franchement, c'est peut-être pas plus mal. C'est chiant, les filles, c'est compliqué, et ça veut des trucs que Fafounet a bien du mal à piger, décidément.

Fafounet prend sa douche et se dépêche de s'habiller, parce que aujourd'hui il a rendez-vous avec ses copains du Groupuscule pour faire une vidéo contre la Gay-Pride. C'est qu'il faut bien montrer à ces dégénérés où sont les vrais hommes, tout de même. Et Fafounet ne supporte évidemment pas les pédés - dont beaucoup sont juifs, on ne le sait pas assez - là, c'est simple, si il y a bien une catégorie de gens qu'il ne supporte pas, c'est les pédés. Plus que les juifs, c'est dire. Parce que les juifs, ils organisent pas des Jew Pride, manquerait plus que ça. Et le spectacle de ces folasses torse nu qui dansent sur des chars en transpirant, Fafounet, ça le plonge dans des rages terribles. C'est pas des vrais hommes, les vrais hommes ça se dandine pas comme ça. Un homme se tient droit. Hiératique. Dur. Les mâchoires verrouillées et le regard tourné vers l'Occident. Ça se laisse pas aller à cette décadence cosmopolite - et enjuivée - et heureusement qu'il existe des hommes fiers et droits et durs comme Fafounet et ses potes pour enrayer ce déclin. C'est le monde que Fafounet veut : un monde d'hommes fiers et droits, durs, violents, comme dans le film 300, ce chef d'oeuvre qui est le film préféré de Fafounet et qui rêve de vivre au milieu de ses spartiates aux abdominaux saillants qui se battent pour leurs valeurs. Ouais. Fafounet repense à Léonidas, à ses guerriers, et un frisson exalté lui parcourt la nuque. Voilà l'exemple à atteindre.

La discipline. C'est à ça que pense Fafounet quand il voit ça. La discipline. Il faut être discipliné pour ne pas se laisser aller, pour vaincre et dominer ce qu'il pourrait y avoir d'efféminé en soi, pour devenir dur, physiquement, moralement, mentalement afin de faire face à la propagande féministe qui voudrait nous castrer, nous, les hommes, il faut une discipline de fer pour ne pas se laisser emporter par cette mélasse, par cette sanie, par cette dégénérescence et Fafounet serre tellement les dents en voyant le défilé qu'il va finir par se péter un plombage. Fafounet se dit qu'il va être encore plus discipliné. Encore plus. Il le faut. C'est la survie de l'Occident qui est en jeu.

Ensuite, Fafounet ira boire des bières avec ses amis tous habillés pareils et avec les cheveux très très courts. Qu'est-ce qu'il est bien, Fafounet, au milieu de ces garçons braillards et turbulents, à déconner sans arrêt. Que c'est bien de fréquenter des gens qui sont comme lui, quasi-identiques, unis dans le même combat, fiers et dressés tous ensemble contre l'ennemi efféminé et cosmopolite - et enjuivé, ne pas oublier - et l'ambiance chauffe tellement que Fafounet a la riche idée de proposer à la cantonade une bonne ratonnade de pédés, pour conclure la journée sur un peu de défoulement.

Fafounet rentre chez lui, un peu ivre et content. Il leur ont bien foutu la trouille, aux tafiolles, on leur a montré ce que c'était des vrais hommes, tiens. Fafounet va se coucher, fourbu mais heureux : il se sent bien, il a évacué un peu de cette rage qui le bouffe depuis des années et dont il ne voit pas très bien d'où ça lui vient.

La nuit, Fafounet fait des rêves qu'il se dépêche d'oublier au réveil.

mardi 14 juillet 2009

Si ça c'est pas de l'amour

Il me faut signaler l'initiative d'un fan particulièrement enamouré qui reprend systématiquement tous les billets de CSP en les accommodant façon libertarien/néo-con/Pinochet c'était pas si mal/les communistes sont partout/je vis sous Brejnev/j'ai pas tiré mon coup depuis des éons/je m'ennuie dans mon boulot/mes seuls amis sont sur Facebook. Ça se passe ici et il faut saluer le boulot que ça représente, puisque tout de même, c'est attendre devant son ordi que j'écrive quelque chose, le lire en entier, le relire jusqu'à l'apprendre par coeur, et en faire une parodie qu'on peut trouver assez drôle si comme moi on aime le registre des gens qui vivent dans une dimension parallèle.

Toutefois, même si je suis sensible à tant d'affection, je ne saurais que conseiller au jeune homme - je suppose que c'est un homme, et que son âge n'excède pas la trentaine - de se trouver des occupations plus...saines, disons. Puisque je ne sais pas ce qu'est la vie de mon fan hardcore, mais quand on y pense, c'est un peu commme si j'attendais que Ridicus ou autres singes hurleurs se mettent à pondre des billets - grotesques - pour consacrer un temps assez conséquent tout de même à en faire une parodie...Ce qui signifierait au passage lire en entier les considérations nulles et non avenues des ces macaques sur l'islamisation de la France et leur perpétuelle douleur de vivre dans un pays bolchévique, ce qui est évidemment hors de question puisqu' il se trouve que moi, j'ai une vie. Et en gros, d'autres choses à foutre. Donc, oui, on ne peut s'expliquer autant d'acharnement que par une forme d'amour certes quelque peu biaisée mais de l'amour tout de même. Et quelque part ça m'émeut. Je me sens plein d'empathie vis-à-vis de ce garçon, au point que j'ai même envie de lui filer l'adresse d'un psychiatre de mes relations qui j'en suis certain lui fera un bien fou.

La rançon de la gloire, décidément.
Mais quoi ? Avoir l'écrasante responsabilité d'être l'Incontesté Meilleur Blogueur De Gauche est une charge elle aussi inhumaine dont il me faut m'acquitter sans trembler ni faillir.

C'est également pour cette raison que désormais, les commentaires seront violemment censurés, fatigué que je suis de voir qu'il servent de déversoir à toutes les frustrations de certain-E-s de mes lecteurs/trices et si vous n'êtes pas contents c'est la même chose. Je veux bien que CSP ce soit la foire, mais c'est pas encore complètement Guignol non plus. Zut à la fin.

Pour conclure, qu'il y en ait parmli vous qui n'apprécient pas mon joli blog est une chose, mais croyez moi, ça pourrait être pire. Mais alors, vraiment pire.


lundi 13 juillet 2009

Mais faites le, putain !

"Les 366 salariés de New Fabris à Chatellerault, en liquidation juidiciaire, réclament 30.000 euros d'indemnité par employé à leur principaux clients, PSA et Renault, sous peine de faire sauter l'usine au 31 juillet."

(source)

Ouais. Faites la sauter, cette putain d'usine. Boum. Maintenant, et pas au 31 juillet. Quoi ? Il y en a qui ont un problème avec ça ? Pas moi. Les Conti n'ont commencé à être écoutés qu'après l'heureuse initiative d'avoir saccagé une préfecture, alors si il faut en passer par là, si c'est le seul langage que les pouvoirs publics peuvent comprendre : boum. Parce que maintenant, c'est comme ça que ça doit se passer, et bien que ça se passe.

Parce qu'il faut faire quoi pour se faire entendre quand on est jetés comme des merdes par des employeurs qui se sont bien gavés sur votre dos ? Quoi ? Faire des promenades joliment appelées "journées de mobilisation" tous les 6 mois et qui ne servent à rien ? Mais il n'en a rien à branler, le patronat, des "journées de mobilisation", il est même plutôt très content de voir que les centrales syndicales font tout ce qu'elles peuvent pour freiner les mouvements dès fois que ça déraperait enfin pour de bon. Le rapport de force est devenu tel entre le monde du travail et ses exploiteurs qu'il faut minimum séquestrer le DRH pour espérer avoir une chance, et encore ! d'être un peu écoutés. Alors si ça doit passer par faire péter l'outil de travail, ok, pas de problème : faites-le.

Et quand on pense qu'il y en a qui vont encore se pointer la bouche en coeur pour minauder "moui mais c'est pas une solution nesspa, il faut savoir être raisonnables nesspa puisque les choses sont plus complexes nesspa, il faut trouver les moyens de négocier dans le respect de tous les points de vue nesspa et nous condamnons évidemment oute forme de violences nesspa blablabla", tout le baratin des gros bâtards qui ne se feront pas lourder par leur direction qui veut se débarrasser d'eux pour aller fabriquer ses merdes là où ça lui reviendra encore moins cher, et puis merde, de toutes façons, ceux qui ne comprendrons pas qu'il faut vraiment être au pied du mur pour en arriver là et se mettront à pondre un discours moral à la con sur l'air de oh la la on vous comprend hein mais c'est pas bien de faire ça, ceux-là sont des fils de pute et fin du débat.

Faites la sauter votre putain d'usine ! Peut-être que comme ça, on vous accordera ce que vous voulez, et en plus, ça fera chier les vieilles merdes qui lisent le Figaro.

dimanche 12 juillet 2009

"Au bout de chaque fourchette"

Ce n'est pas tellement le billet d'Agnès qui m'a fait réfléchir, puisque pour l'essentiel je suis entièrement d'accord avec le contenu de celui-ci. Exposant que nos comportements sont déterminés par le contexte dans lequel nous vivons, que celui-ci vienne à changer brutalement et c'est une part de nous-mêmes - et pas toujours, voire rarement la plus jolie-jolie...- qui viendra brusquement se révéler. Ce qui au passage ventile façon puzzle toutes les sottes théorisations sur "l'individualité" qui serait "libre" de faire des "choix". L'individu, ça n'existe pas. Il y a des personnes, vous, moi, François Fillon, Trent Reznor, etc., qui vivent dans des endroits et des circonstances précises, et c'est avant tout ce contexte qui va déterminer ce que nous allons penser et agir. Penser qu'on est de charmants flocons de neige qui dansent au gré de nos envies sans que rien ne détermine la façon dont nous allons faire les choses est au mieux une touchante naïveté, au pire une cécité sur l'être humain particulièrement dangereuse.

Non, ce qui m'a rendu perplexe dans le billet, c'est que son interlocuteur soit capable de dire, je cite :

"je le sais, je ne pourrais jamais sombrer dans la barbarie".

Vraiment ?

Je veux dire : vraiment ?...

Parce que pour ma part, peut-être suis-je plus pessimiste sur la "nature" humaine, ou plus lucide vis-à-vis de moi-même, mais pas une seule seconde je ne doute de me métamorphoser en chien enragé si les circonstances m'y poussent...

Ça pourrait s'appeler le moment du Festin nu. Ce moment qui est défini par Burroughs comme "cet instant pétrifié et glacé où chacun peut voir ce qui est piqué au bout de chaque fourchette".
Et il se trouve que je sais très exactement ce qu'il y a au bout de ma fourchette.

J'aime beaucoup A. C'est une amie très proche, ma meilleure, sans aucun doute. Elle était sortie avec ce garçon, pas vraiment méchant mais franchement instable, et au bout d'une relation tumultueuse, avait enfin fini par jeter l'éponge, devant l'impossibilité de donner quelque chose à quelqu'un qui n'en voulait pas.
Ce qu'il a très mal pris.
Menaces, coups de fils à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, harcèlement, agressivité pleurnicharde promettant une vengeance sanglante, la grande classe. Commissariat, dépôt de plainte, convocation, re-harcèlement, re-menaces, bref : mon amie était proprement terrorisée.

Je n'aime pas quand elle est comme ça.
Ça me fait mal.
Ça fait hurler quelque chose en moi.
Le quelque chose qu'on a tous au fond de soi et qu'on préfère soigneusement éviter de fréquenter.

Et un soir, je suis tombé sur lui par hasard dans un bar.
Il a fallu qu'ils s'y mettent à quatre, dont deux piliers de rugby, pour m'empêcher de lui détruire la gueule.
L'épisode est authentique, je peux fournir des témoins. C'était il y a quoi ? Un an ? Et je suis certain que toutes les personnes dans le bar se souviennent encore de cet épisode...
Je n'ai pas "pété les plombs".
Je n'ai pas même été surpris par ce qui s'est passé.
Je sais ce qu'il y a piqué au bout de ma fourchette.
Et la seule chose que je regrette de cet épisode, c'est qu'il se soient trouvé des gens suffisamment vigoureux pour m'empêche de terminer cette ordure.

Alors vous êtes à l'évidence choqués, n'est-ce pas, par autant de brutalité assumée. Vous vous dites que jamais, au grand jamais, vous ne pourriez vous comporter de cette façon. Puisque c'est vrai, vous êtes tellement civilisés. Vous avez lu tellement de livres, vous avez une telle horreur de la violence, vous êtes des gens tellement pacifiques...
Comme moi.

Ah. Ah. Ah.

Soyons sérieux, voulez-vous ?
Il suffira que le contexte se mette à appuyer sur les bons boutons pour que vous aussi vous métamorphosiez en chose hurlante aux yeux injectés de sang.
La "culture" ? "l'éducation" ? La civilisation, la politesse, le respect de l'autre ?
Mon cul.
Il faut juste appuyer sur les bons boutons au bon moment, et vous aussi, vous découvrirez horrifiés ce qu'il y a piqué au bout de votre propre fourchette...

Et c'est important de le savoir. C'est même très important, puisque le sachant, on est déjà débarrassés d'un bon paquet d'illusions sur soi-même et les autres, ce qui est un progrès humain qui va beaucoup vous enrichir, au prix certes douloureux de l'abandon de la charmante idée que vous vous faisiez de vous-mêmes. D'une. Et d'autre part, on peut du coup prendre du recul en étant conscient de ce qu'on est capable de faire. Donc essayer de le dominer. Essayer. Limiter les dégâts, quoi. Parce que si vous n'êtes pas conscient de ce qui vit d'ombre en vous, quand celle-ci surgit par surprise, elle peut vous emmener très très, mais alors très loin...

Cela étant dit, rassurez-vous : on peut très bien être parfaitement conscient de ce qu'il en est, et l'assumer. Regardez-moi : dans d'autres circonstances historiques, dans des contextes différents, je ne doute pas une seule seconde de pouvoir devenir un personnage parfaitement effrayant.

Dans le moment de paix civile et de consensus "démocratique" que nous connaissons, je me contente d'être un blogueur pittoresque.


samedi 11 juillet 2009

Terme

Que l'appel d'Aubry au "rassemblement" n'ait aucun intérêt en soi et ne soit que la démonstration que le P"S" est complètement à la ramasse, tout le monde le sait y compris elle. On ne va donc pas insister. Cela dit, on dirait bien qu'elle a fini par comprendre que de notre côté, ce n'était même pas la peine de faire semblant de vouloir nous faire des bisous, on les renverrait chier de toutes façons. Et ils ont évidemment intérêt à chercher à nous isoler le plus possible, puisque ces satanés 5 % des européennes, c'est 5 % qu'ils n'ont pas eu quand ils en avaient tant besoin...

Il est donc bel et bien clair dans la tête de tout le monde que la coupure est avérée et définitive. Ce qui est la meilleure chose du monde. Je l'avais déjà exprimé quelque part, mais ce qui m'avait le plus agréablement surpris dans le lancement du NPA, c'est que les "nouveaux" étaient encore plus anti-socialos que nous, ce qui n'est pas peu dire...cela, plus le baptême du feu d'une campagne des européennes où les pires saloperies sont venues non seulement de la droite mais aussi d'une certaine gauche prostituée à la social-démocratie a crée en interne une saine lucidité sur ce qu'on était en droit d'attendre de ces partis cramponnées à leurs élus et qui tueraient père et mère pour les conserver. Maintenant, ils savent, et comme disait mon sergent instructeur dans les paras avec sa faconde poétique bien à lui : ça fait la bite.

Ce qui est le plus intéressant là-dedans, c'est qu'on pourrait - le conditionnel s'impose, puisque la politique est aussi affaire de surprises parfois tonitruantes - tabler dès maintenant sur une possible disparition du P"S" à terme...
Parce que là, vraiment, on a du mal à voir comment il va s'en sortir.
Les échecs à répétition signifient peu, de ce point de vue : nous même en avons pris plus que notre part du temps de la LCR, ce qui ne nous a jamais empêché de rebondir et d'exister. Le problème n'est pas tant dans ces revers qui semblent perpétuels que dans l'aspect d'un déclin qu'on pourrait qualifier de structurel : les apparatchiks ont complètement oublié et depuis longtemps ce qu'étaient la gauche et ne se battent plus que pour leurs places et leurs prébendes. Mais le signe que quelque chose est en train de pourrir, c'est que la base militante n'assure plus le contrepoids nécessaire à un rééquilibrage ; allez sur les blogs de socialistes : ils ne parlent plus que du P"S"et de quasiment rien d'autre...

Et on ne peut pas ne pas ressentir comme un sentiment de désespoir dans cet appel au rassemblement...

Le bateau est en train de couler, et personne n'a envie de leur porter secours.

Même le PCF d'ailleurs, qui est tellement lié à ce Titanic qu'il risque bel et bien de couler avec lui. Et au vu de la façon dont nous ont traité ses militants pendant la dernière campagne, on comprendra que notre capacité de compassion soit limitée quant à ce naufrage.

Ensuite, du calme : le temps politique est un temps long, et au moment où nous parlons, la sociale-démocratie reste, malheureusement, le principal référentiel "de gauche" dans ce pays. Elle dispose d'une armée d'élus et d'une logistique financière et matérielle qui va lui permettre de rester longtemps encore dans son rôle de poids lourd. Certes.
Sauf que là, ça risque bien de ne pas durer éternellement.

Pendant longtemps, il a fallu se positionner obligatoirement par rapport au P"S". Bon gré mal gré, en tant que force dominante à gauche, c'est lui qui donnait le "la" et les autres - dont nous - étaient contraints de suivre, en rouspétant souvent mais le rapport de forces était tellement inégal qu'on avait tout simplement pas le choix. Or, il semble bien que tout ça soit en train de changer...

Et tout le monde de le sentir à sa gauche, d'où le bouillonnement en cours avec ses créations de partis, ses engueulades terribles suivies de réconciliations torrides et tout le monde de tirer à hue et à dia sous l'oeil perplexe d'un peuple de gauche qui ne voit pas très bien où ça va tout ça...

Mais les choses vont se clarifier avec le temps. La situation va se décanter, et il se pourrait bien qu'à terme, pas tout de suite, on parle d'un processus étalé sur les 10 prochaines années, il n'y ait qu'une seule organisation politique qui soit en position d'hégémonie complète à la gauche d'un P"S" en voie de disparition.
Et j'ai une petite idée de laquelle ça pourrait être.


vendredi 10 juillet 2009

Summer of love (ou pas...)

Alors voilà : vous êtes en situation. Le moment est chaud bouillant, vous roulez ensemble dans les draps, à ce stade on en est même plus au torride, c'est incandescent. Et comme vous êtes un garçon sérieux et concerné, vous avez ce qu'il faut. Quelque peu fébrile comme on l'est tous dans ces moments, vous vous interrompez pour chercher un moyen de vous protéger et de protéger l'autre.
Et joie, ô joie, vous en avez.
Ceci.


Là, vous, je ne sais pas comment vous réagissez.
Mais moi, si je vois ça, ce truc, là, dans cet instant précis et particulier, c'est mort.
Et je veux dire : mort.
Parce que franchement, franchement, quel être humain parvenu dans les tréfonds de l'avilissement, dans ces zones crépusculaires où l'abjection rejoint la déchéance, quelle sorte de personne totalement dégénérées jusqu'au point de non retour...
Pourrait continuer à bander en voyant ça ?

Se peut-il que cela puisse exister ?
L'esprit vacille devant perspective à ce point noire et funeste.

Enfin bon, on dit ça parce qu'on est pas placé en situation réelle, aussi. Je sais pas, non plus. Peut-être que pris dans la frénésie de la chose, je pourrais passer outre, après tout. Mais peut-être qu'après, une terrible culpabilité au goût de cendres s'abattrait sur moi. Je ne sais pas.
Bon, le seul moyen de savoir, c'est de faire un test grandeur nature. Je vous tiens au courant, promis.


jeudi 9 juillet 2009

Die partei hat immer recht

Il parait que plus on prend en âge, plus on s'assagit...on prend du recul, on a une meilleure connaissance de la vie et partant on prend moins les choses à coeur. On est moins en forme, aussi, de moins en moins, on n'a de toute façon plus le temps ni tellement l'envie de s'agiter dans tous les sens. On mûrit. On est plus enclin aux concessions, aux compromis, on devient de moins en moins véhément. En bref, on commence à s'user tout doucement...

Il paraît.
Parce que moi, ce n'est pas, mais alors vraiment pas du tout le cas.

Tenez, aujourd'hui, j'ai 36 ans. Dernière ligne droite avant la quarantaine. Je devrais être anéanti devant le temps qui passe, et me lancer dans de cruelles et douloureuses remises en questions, et me demander ce que j'ai fait dans ma vie et est-ce que mes choix étaient les bons, blablabla. Ce genre de conneries.
Sauf que non.
En gros, plus j'avance, moins je doute.
Plus le temps passe, plus je suis absolument persuadé d'avoir raison.
Et plus je suis persuadé d'avoir raison, plus j'ai le vif désir de l'imposer de gré ou de force à mes contemporains.
C'est drôle, non ?

Tenez, par exemple, le NPA. Et bien pas une seule seconde je ne remet en question la pertinence de sa ligne majoritaire, dont je me flatte de faire partie. Nous avons raison, puisque nous tablons sur le terme. Et je puis affirmer que contrairement à ce qu'on peut lire ici ou là, il n'y pas une once d'hésitation dans ce courant pour ce qui est de notre analyse et de nos choix. Nous avons bien fait de faire cavalier seul aux européennes, car il vaut mieux faire 5 % avec ses idées que davantage sur des lignes politiques floues et opportunistes. De la même façon, nous ne pouvons certes que nous réjouir que Mélenchon souhaite faire alliance avec nous pour les régionales, oui da. Mais vraiment, pensez vous que Méluche s'est réveillé un matin en décidant qu'on était trop super sympas finalement et qu'on allait tous devenir une super bande de potes ? Voyons...il ne sait que trop bien que le PCF va le laisser tomber sans aucune hésitation pour les régionales, du coup, vu que le PG n'a ni logistique militante ni surface électorale propres, il est obligé de chercher des partenariats ailleurs, voilà tout. Et comme on est un peu les seuls avec qui il peut...
Ensuite, on ne peut que se réjouir, youpi, de voir se dessiner un début d'arc de contestation de gauche dans le paysage politique, et c'est un signal visiblement très bien reçu par tous ces gens qui veulent que se réveille la gauche dans ce pays. Et cela est fort bien, en vérité.

Surtout si c'est à nos conditions, il allait sans dire.

(et je ne peux pas cacher une maligne jubilation à imaginer les réactions offusquées que ne manquera pas de provoquer ce subtil mélange de patriotisme d'organisation aux limites du fanatisme, de cynisme décomplexé et de sectarisme idéologique obtus. Enfin, ça, c'est comme ça que vous le verrez, aussi. Perso, j'appelle ça cohérence politique basée sur l'analyse des rapports de forces. Mais bon, c'est chacun qui voit, pas vrai ?).

Et j'enfonce encore le clou à coup de masse : la preuve, irréfutable, que notre ligne est la bonne, c'est le torrent de boulechite qui dégoisent - et dégoiseront - les médias (qui mentent) à notre endroit. Cette histoire d'hémorragie militante, par exemple, basée sur une rumeur sortie de nulle part et dont ne voit absolument pas d'où ça pourrait venir, mais alors vraiment pas, non, là, je vois pas du tout du tout du tout c'est juste que c'est marrant là tout de suite je pense à quelqu'un dont le nom commencerait par "Christian" et finirait par "Picquet" mais je dis ça je dis rien et si ça se trouve je me trompe et en fait oui je dis certainement n'importe quoi c'est évident, bref :

Des conneries, donc. Basées sur les témoignages de deux (deux!) ex aigries et d'un ex responsable LCR qui passe son temps à critiquer le NPA oh mais quelle stupéfiante coïncidence c'est Christian Picquet justement ! Ça alors, pour une surprise...

Notre ligne est juste et notre direction éclairée nous montre le chemin. Et en plus je le pense.

Ah ah ah.

Sur ce, je vais passer des coups de fils pour organiser ma birthday party, et pour conclure en musique, je vous laisse avec un des mes groupes préférés.
J'ai 36 ans, et je me sens de mieux en mieux, moi, dites...


mercredi 8 juillet 2009

La liberté, c'est l'esclavage

Frédéric van Roekeghem est directeur de la caisse nationale d'assurance maladie. Le patron de la sécu, quoi. Lui et ses sbires ont pondu 25 "idées" - si on peu appeler ça des "idées" - pour "économiser 2,05 milliards par an". Trouver du pognon, en somme.
Et quelles sont-elles, ces brillantissimes idées ?
Dépenser moins. Bravo, vous aviez trouvé tous seuls, j'en suis certain.
Et dépenser moins, ça signifie ?
Tailler dans le gras des services publics et commencer à privatiser, vous voyez quand vous voulez.

En farfouillant, on trouve un portrait éclairant de ce Frédéric van Roekeghem : on apprend ainsi qu'il se proclame "libéral décomplexé" - rappelons que c'est ce genre d'individu qui est nommé à la tête de la Sécu, oui, moi aussi, ça m'a fait un peu saigner les gencives -, et "milite" pour que la sécu passe "d'une logique de coût à une logique de retour sur investissement".
Traduire : Frédéric van Roekeghem a la cervelle détruite par la propagande néolibérale, et est un zombie ne s'exprimant qu'en verbiage management/marketing/benchmark/bullshit/hole in your head, dont l'unique fonction est de briser les reins de la solidarité nationale. Il est payé pour ça. Détruire. Privatiser. Expliquer que c'est de la faute des gens et que c'est à eux de payer. Et sans jamais dire à voix haute que quand il s'agissait de renflouer des banques, on en a trouvé en claquant des doigts, des milliards.

Bien évidemment, ce n'est jamais dit ainsi. Jamais explicité comme tel. Et cela se comprend, puisque imaginons qu'un jour un Frédéric van Roekeghem, ou un Eric Woerth, décide de se déboutonner une bonne fois pour enfin dire les choses telles qu'elles sont, ça pourrait donner quelque chose comme :

"Nous libéraux sommes effarés que des gens y compris des sous-êtres comme les pauvres puisent encore avoir droit à des soins de qualité sans avoir à débourser de l'argent. Nous libéraux, qui avons une conception de la vie qui se résume en deux colonnes coûts/bénéfices, ce qui fait de nous de tristes rats méprisables pour qui l'argent est et doit être la seule et unique mesure de tout. Nous libéraux, ne supportons pas l'idée de devoir payer pour des gens que nous ne connaissons pas et dont nous n'avons rien à branler. Nous libéraux, concevons une épouvante sans borne à concevoir l'existence de quelque chose qui n'a pas vocation à être rentable, comme la Sécu, ce qui en dit long sur la pauvreté de nos existence de chiens crevés et nous exclut de fait de la notion d'être humains. Nous libéraux, savons bien à quel point la population de ce pays est rétive à se laisser tondre sans rouspéter, c'est pourquoi nous mentirons, nous truquerons les comptes, nous ne présenteront que des analyses partiales et biaisées issus d'organismes et d'institutions à notre botte. Nous libéraux, n'hésiteront jamais à faire un chantage éhonté vis-à-vis des gens normaux afin qu'ils se sentent coupables d'avoir des droits. Nous libéraux, avons clairement l'intention de mettre de la concurrence partout au détriment de la santé des malades, même si tous les systèmes de soins privatisés sont des échecs économiques et des catastrophes humaines, ce dont nous n'avons cure puisque si le Marché pense que c'est bien, il faut faire comme le Marché dit sans jamais, jamais ! constater que ce ramassis de conneries ne marche jamais et nulle part. Nous serons fourbes, nous serons cauteleux, nous serons au service du privé parce que celui-ci paie bien, nous méprisons tous ceux qui ne sont pas sortis de l'ENA, et notre plus grande réussite est d'avoir lavé le cerveau de milliers d'abrutis prêts à nous soutenir dans notre entreprise grandiose de démolition sociale et qui, quand on les foutra à la porte de leur clinique puisqu'ils ne peuvent plus payer, agoniseront comme des merdes sur le trottoir en continuant de fustiger l'assistanat. Nous sommes la lie de ce monde, nous sommes de stupéfiants fumiers, nous le savons et en tirons honneur et fierté, nous savons que dans une société digne de ce nom nos têtes se promèneraient au bout d'une pique, c'est pourquoi nous fabriquerons une société indigne et cruelle basée sur la peur. Nous ne subirons jamais les conséquences des politiques que nous appliquons, nous laissons ça aux pékins moyens que jamais nous ne fréquentons. Nous sommes libéraux. Nous sommes libéraux, et il n'y a aucune limite à notre désir de corruption".

Oui, ça serait...rafraîchissant. Quelque part.

mardi 7 juillet 2009

Viriles

(Le "Profession : conne" n'est pas de moi, évidemment, c'est sur la vidéo d'origine).

J'ai trouvé cette vidéo en me baladant sur des sites de pauvres réacosphéristes qui s'étranglaient d'horreur : bouuuuuh la vilaine féministe qui veut être "virile" et pas laisser leurs prés carrés aux mecs, bouuuuh !!!! S'en suivait les habituelles considérations de pauvres choupinous réacs, ouin ouin ouin y'a plus de femmes comme avant, ouin ouin ouin mais quelle époque vivons nous, ouin ouin ouin tout ça c'est la faute à la gauche blablabla, les conneries habituelles de vioques éxténués - dont l'âge importe peu, on peut très bien avoir 20 ans et penser comme un octogénaire - pour qui une femme c'est mignon, c'est gentil, ça fait la cuisine et ça s'occupe de son homme, et ça la ramène pas paske elle sait ou est sa place.

De la peur, en somme.

La peur angoissée de voir débarquer des nanas qui sortent du "rôle" social dans lequel on aimerait bien les voir rester pour aller se mesurer sur les mêmes terrains que les hommes. Faire les mêmes choses, et ne plus être les petits êtres charmants et délicats et inoffensifs qui restent dans leur coin pendant que les hommes s'occupent des choses sérieuses. Angoisse de castration et réaction d'une violence à la hauteur de ladite angoisse : mais on sera plus des hommes !!!

Sauf que si, on sera toujours des hommes. Encore faut-il considérer ce qu'on met précisément dans ce vocable. Et il est cocasse de considérer que ceux qui sont les plus attachés publiquement à une définition de "l'homme" old-school - le ténia humain Zemmour, Houellebecq, et leurs groupies - sont le plus souvent taillés sur le modèle crevette, ce qui explique sans doute leurs fantasmes masculinistes : ah ! Pouvoir enfin leur dire ta gueule, femelle ! Avant de la traîner par les cheveux pour l'honorer dans la grotte. Sauf que vu comme ils sont gaulés, ils ont toutes les peines du monde à discipliner un teckel. Alors une femme "virile", brr. Au fond, ceux qui réclament à corps et à cris le retour du Mâle De La Tradition, ce sont eux, les petites choses fragiles et tremblantes qui reprochent aux féministes de les avoir descendu de leur piédestal...Pauvres, pauvres et piteux réactionnaires. Ça se tripote sur la virilité perdue, et ça rougit en demandant une baguette à la boulangère. Infra-humains, va.

Puisque ce qu'entend sans doute Joy Sorman par cet adjectif, "viril" - qu'on aurait tort de confondre avec "beauferie" -, c'est la capacité à s'emparer du monde, à créer le rapport de forces, à taper du poing sur la table pour gueuler "Non ! Merde ! Je suis pas d'accord !", à pouvoir se marrer à voix haute et parler d'égal à égal à ses interlocuteurs masculins. Il est là, l'enjeu : l'égalité. Pas le gadget de la "parité" dont on sait que le plus souvent il n'est que le masque d'une domination obligée de faire semblant de concéder des miettes pour faire bien, non. L'égalité. Face à des hommes qui n'auraient plus peur d'admettre une part de "féminité" sans se sentir en danger pour autant. Ouais. Ça a de la gueule, comme projet. Je vote pour.

D'autant plus que perso, je vis déjà dans ce monde depuis des décennies, à présent. Celles qui m'entourent, que je cotoie et apprécie comme amies et plus si affinités ont indéniablement cette "virilité" féminine dont parle Joy Sorman, cette qualité d'être qui ne s'en laisse pas compter et ricane au nez de ceux qui aimeraient les voir plus "gentilles", plus "douces", plus "femmes", traduire : plus soumises...Alors oui, évidemment, ce sont d'abominables chieuses. La vie avec elles n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Ouh la la non. Mais comme j'ai moi même des côtés gonzesse assez marqués, ça finit par s'équilibrer.

Et puis de toutes façons, franchement, à part au fond de quelques PMU et autres Saint-Nicolas Du Chardonnet - et leur équivalent coranique -, qui est encore assez rétrograde pour ne pas voir que les lignes sont en train de bouger et que c'est une très bonne chose ? Amis hommes, réjouissons nous, plutôt : on va avoir des tonnes de potes en jupes avec qui on pourra causer politique, boire de l'alcool, et même coucher ensemble à l'occasion. C'est pas le futur le plus sympa du monde, ça, franchement ?


lundi 6 juillet 2009

Marianne la pute

Que Marianne2.fr soit un torche-cul virtuel spécialisé dans l'anti-sarkozysme stérile de droite, ça, on le savait déjà.

Que Marianne2.fr exige à corps et à cris plus et plus encore de sécuritaire dans une logique de démagogie sans fin, on le savait aussi.

Que Marianne2.fr sous couvert de "républicanisme" se fasse régulièrement porte-parole d'idées qui puent de la gueule sous la plume avariée de certains de ses rédacteurs les plus moisis, on le savait on ne peut mieux.

En résumé, que Marianne2.fr soit un site d'une exceptionnelle indigence où le degré zéro de la non-réflexion journalistique le dispute aux discours les plus rances, oui, en effet, on le savait.

Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Franchement ?

Puisque quand on est dans une logique de putréfaction hypocrite, autant aller jusqu'au bout. Et la publication in extenso d'un billet issu du site islamophobe d'extrême-droite "Riposte laïque" achève de convaincre que ce canard de merde ne se contente plus de toucher le fond : il empoigne une pioche pour creuser encore.

On appréciera au passage l'exquis pharisaïsme qui introduit l'article :
"Marianne2 ne partage pas forcément toute l'analyse développée ici. Mais elle a le mérite de souligner certaines contradictions de la politique supposée sécuritaire du gouvernement."
"Pas forcément", précise t-on. Mais on le publie quand même puisque n'est-ce pas, on y pose les fameuses bonnes questions qui dérangent, mh ?

S'ensuit une flaque de dégueuli issue en ligne directe des égouts de la droite extrême, où tous les clichés racistes et démagogiques sont alignés dans l'ordre : "des hordes de barbares", "la loi des communautarismes, en particulier islamique, apportés par les flux successifs et irraisonnés de l’immigration de peuplement et de l’immigration illégale", "un appareil judiciaire laxiste par morale « bien pensante »", "émargeant largement à l’assistanat social, rétifs à l’intégration et au travail"...et un paragraphe entre tous est un véritable chef d'oeuvre de lepénisme décomplexé :

"Et ne croyez pas que c’est « la misère » sociale qui les pousse au délit : ils ont plus qu’il ne faut pour vivre ( et ils agglutinent à eux tout le réseau familial, au sens large du terme), « roulent » voitures confortables et grosses cylindrées rutilantes, possèdent les derniers produits « higt-tech » à la mode, et dépensent joyeusement en amusements de toutes sortes des sommes rondelettes tout en veillant durement à l’intégrité de leur « territoire »."

"Ils".
Et nul besoin de préciser qui précisément recouvre ce "ils". Puisque même si ce n'est jamais dit explicitement, le lectorat de Riposte laïque sait très précisément à quoi s'en tenir.

Ici, il faut mettre les choses au point une bonne fois pour toutes : Riposte Laïque est un site d'extrême-droite. Point barre. Qui ne se revendique jamais comme tel, qui ne commet jamais l'erreur de se positionner politiquement dans cette case. Mais qui, par l'usage d'un vocabulaire spécifique et nullement anodin sait se faire reconnaître de sa cible de prédilection. Le billet de Robert Albadères repris dans Marianne est illustré par une photo de jeunes très énervés et visiblement d'origine nord-africaine avec comme légende "Chances pour la France ?". Or, il n'y a que l'extrême-droite qui emploie les termes "Chances pour la France" - ou CPF - pour désigner les populations immigrées. Que eux et seulement eux. Et non, cette légende précise avec cette photo précise ne doivent rien au hasard, puisque s'adressant à un public précis qui parle le même langage et saura décoder les vrais enjeux et les véritables intentions de l'auteur. Et tout Riposte Laïque procède ainsi : l'emploi d'artifices langagiers - "Dhimmis", autre terme bien marqué au coin du Pen et désignant les français qui "collaborent" avec "l'occupant" arabo-musulman...- et autres périphrases que le lecteur "initié" saura immédiatement cibler, puisque c'est son langage à lui qu'on lui parle.

Riposte laïque démontre par l'exemple l'imprégnation d'un discours xénophobe maquillé en islamophobie et démagogie sécuritaire qui permet de reprendre les idées du FN en disant le plus grand mal de Le Pen. Ivan Rioufol, Alain Finkielkraut, Elisabeth Lévy, Claude Imbert, et tant d'autres petits clercs frelatés ne se privent jamais de se faire passer pour des "anticonformistes" de choc en dénonçant l'islamisation de la France et le "racisme anti-blancs", autre fantasme issu des rangs d'une extrême-droite qu'on vilipende en public tout en reprenant ses thèses à la lettre.

Et en publiant cet article, le site Marianne2.fr semble bel et bien avoir choisi son camp. En publiant cet article, le site Marianne2.fr se fait la putain des idées xénophobes qui conduisent un FN à faire 48 % au deuxième tour à Hénin-Beaumont. Ils n'ont pas pris la mairie, la belle affaire : leurs idées sont répandues partout dans la presse "respectable".

L'une des spécificités de Marianne2.fr est de faire appel à des contributions de blogueurs pour étoffer sa ligne éditoriale. J'ai moi aussi été sollicité pour contribuer au site, et les ait évidemment renvoyé chier. Juste, j'aimerais demander à mes petits camarades blogueurs si ça ne les démange pas trop de collaborer à un torchon qui véhicule ce genre d'idées. Ça va ? Vous le vivez bien ?
Tant mieux pour vous.


dimanche 5 juillet 2009

Inoffensif



Ce qui est amusant, évidemment, c'est que le blondinet très agité qui cause dans le poste consacre dix minutes à descendre/faire la pub d'un bouquin qu'il n'a pas lu. Bon. Ensuite, on peut subodorer que l'essentiel de ceux qui parlent de livres au sens large à la télévision ne les lisent pas non plus et ce n'est pas ça le principal.

Non, ce qui est frappant, c'est voir à quel point certains néoconservateurs savent jouer à se faire peur pour pouvoir faire peur...aux autres. Puisque tel est le but de ce prêche apocalyptique : faire peur. Foutre la trouille en désignant un Nouvel Ennemi encore plus pernicieux que l'arabo-musulman benladesque, puisque provenant de l'intérieur. Brr. Et fabriquer du Nouvel Ennemi, c'est précisément la marque de fabrique de la droite la plus décomplexée, puisqu'il lui faut constamment de nouveaux adversaires plus dangereux et cinglés les uns que les autres pour relancer l'industrie de la Peur. De ce point de vue, le Nouvel Ennemi est une marque proposant divers produits qu'il s'agira de placer en tête de gondole régulièrement et ce afin d'entretenir ce si fameux - et hélas si efficace...- sentiment d'insécurité qui est la pierre d'angle de la domination : sans "insécurité, pas moyen de faire tenir tranquille les populations. Plus elles ont la trouille, plus elles se dirigeront vers ceux qui lui promettent la "sécurité" - en oubliant jamais de toujours créer de la peur, dans un cycle perpétuel qui est devenu, insistons là-dessus, le principal moyen de contrôle des foules. C'est quand un peuple commence d'entrevoir la possibilité d'un changement qu'il est dangereux. Tant qu'il est au fond du trou à trembloter, il est inoffensif.

Aussi inoffensif que "l'Insurrection qui vient".
Parce que c'est bel et bien ce qu'est cet ouvrage dont on fait tant de cas : un opuscule "contestataire" de plus, aux analyses moins fouillées que, disons, un Emmanuel Todd, et parce que infoutu de penser un projet d'émancipation collectif se contente de projeter des fantasmes petit-bourgeois et réactionnaires sur un futur de squats communautaristes avec option survivalisme dans un monde à la Mad Max. D'où l'intérêt que rencontrera certainement l'ouvrage dans les franges les plus hardcore des suprémacistes US, qui y verront une confirmation "de gauche" de leur délires de petits blancs pétochards collectionneurs de flingues.

Ensuite, si "L'insurrection qui vient" est d'une parfaite innocuité au plan politique, le fait qu'on en parle tant forme un symptôme, sans doute. Celui d'une exaspération croissante dans les pays riches face à la débâcle capitaliste en cours. Même les japonais se syndiqueraient, glapit notre néocon, ce qui est autrement plus parlant en terme d'évolution des mentalités que se tripoter la nouille en se contentant de se payer de mots flamboyants mais vides, ainsi que le fait ce "Comité invisible" sans intérêt.

Et c'est uniquement de ce point de vue qu'on peut se réjouir, sans doute, de voir ce que déclenche ce livre chez certains : nullement par rapport à son contenu, mais par ce qu'il exprime en filigrane.

samedi 4 juillet 2009

N'ayons pas peur des mots

Alors oui, c'est sûr que quand on se balade dans les recoins les moins bien fréquentés du Ouèb, il ne faut pas s'étonner de tomber sur des perles d'une ahurissante et noire bêtise, certes. Et depuis le temps qu'on en fréquente les parages, on ne devrait plus s'étonner le moins du monde d'y lire le mélange classique de frustrations en tout genre sublimées en théorisations creuses et boursouflées par de pauvres veaux incultes et lobotomisés. Certes, certes. On devrait être même franchement blasés, et on l'est d'ailleurs, puisque au bout d'un moment, on clique, on jette un oeil à un ou deux billets, on ricane devant tant de pauvreté et on passe à quelque chose de plus stimulant, comme par exemple ranger ses chaussettes.

Mais.

De temps en temps.

Vraiment.

Il y en a un qui perd ses petits nerfs.

Et qui en sort une bien bonne.

Comme par exemple lui, .

Qui trépigne sur une histoire de tarifs d'électricité mais peu importe ; non, ce qui imprime votre iris d'une indélébile stupéfaction, c'est cette simple phrase, qui quelque part est...sublime. N'ayons pas peur des mots.

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques".

Relisez cette phrase, je vous prie.

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques".

Relisez la encore. Prononcez là à voix haute pour mieux vous imprégner de toute sa substance.

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques"

Cette phrase, je veux, j'exige, que vous l'appreniez par coeur. Je veux qu'elle vous accompagne tout au long de la journée. Que vous en parliez à votre famille, à vos amis, à vos amants et maîtresses, à votre facteurs, à vos voisins. Je veux, j'exige, que vous méditiez cette phrase, qui tout d'un coup vous fera à coup sûr relativiser tous vos soucis, tous vos problèmes. Parce que vous venez de vous rendre compte, aujourd'hui, dans un mélange d'effroi et d'hilarité, qu'il existe de gens capable d'écrire sans moufter :

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques"

Et vous venez de prendre conscience qu'il y en a qui ont vraiment de gros, gros, problèmes...

Alors certes, on pourrait se dire que, quand même, il est possible, fort possible même, qu'il y ait une part non négligeable de provocation ; que l'auteur force - quelque peu et tout en nuance - le trait pour appuyer son propos (lequel propos consister à baver une sorte de gloubiboulga néolibéral pleunichard qui est la marque de fabrique du fafounet qui se répand en aigreurs diverses et variées sur le Net. Ces gens n'ont aucune pudeur, décidément). Donc oui, en effet, il pourrait y avoir là quelque ironie un peu lourde...

Qui dissimulerait mal toutefois que l'auteur de cette phrase mythique semble bel et bien convaincu, à l'instar de nombre de dégénérés de son espèce, qu'il vit

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques"

Et ça tue, un peu, quand même.

Puisque voyons ce que nous offre l'actualité :

Des catégories entières de salariés vont être obligées de travailler le dimanche ?

Mais nous somme pourtant "Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques".

La droite la plus réactionnaire se félicite de la tempérance des bureaucraties syndicales ?

Pourtant, zut, on ploie sous le joug d'une Bolchevie oppressante, "Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques".

Les retraites vont achever d'être pulverisées ?

On est "Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques", putain, c'est difficile à comprendre, ça ?

Nous constatons chaque jour un peu plus l'obscénité d'une droite en roue libre qui hache du salarié au kilo et s'étale dans une presse corrompue ?

On. Vit. Sous. Régime. Bourdieuso. Tchékiste. C'est. Comme. Ça. "Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques". Na.

Mais c'est vrai : tout ça, c'est la réalité. Et la réalité, ça n'intéresse pas les cas sociaux qui braillent dans cette piteuse "réacosphère" de mickeys sans cerveau ni talent ni rien. En même temps, les pauvres, comme ils n'en finissent pas de s'ennuyer dans leurs boulots ineptes de maître-chien dans un parking souterrain ou de cadrillon aliéné dans son open-space, il leur faut bien un peu d'espace pour rêver, évidemment...

Mais tout de même.

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques".

Allons.
Tout ça n'est pas très sérieux.
Et au final, après avoir bien ri, on passera à autre chose en secouant la tête et en se disant que quand même, y en a j'te jure...

vendredi 3 juillet 2009

Faillite

Ce qui se passe à Hénin-Beaumont est la cruelle et parfaite illustration de la complète faillite morale dans laquelle pataugent les partis institutionnels comme gorets dans leur auge. Une ville complètement laissée à l'abandon socialement et politiquement, un taux de chômage explosif, et un maire en taule pour détournement de fonds : qui, mais franchement qui n'aurait pas l'air "propre" à côté de cet égout ? Le FN tient là un fond de commerce idéal pour brailler son sempiternel "Tous pourris !" et comment s'en étonner ? Ceux qui tenaient la municipalité l'étaient bel et bien, pourris, et tous qui plus est.

Mais là où la ville tient lieu de révélateur de l'état d'une certaine gauche, c'est que précisément, Hénin-Beaumont devrait, ou aurait dû, être un terreau d'action pour des valeurs progressistes. Pour crucifier un patronat avide et arrogant responsable du chômage de masse dans la région, pour briser nette la spirale de corruption de certains élus, pour affirmer des valeurs sociales de solidarité et de restauration des services publics. Les problèmes de Hénin-Beaumont sont des problèmes sociaux et c'est la gauche qui est sensée être porteuse de ces valeurs et doit se donner les moyens de les affirmer. Au lieu de ça, c'est le FN qui menace de rafler la mise sur un programme indigent mais en faisant miroiter la promesse du moins pire. Et ils auraient tort de se priver, puisque tout le monde leur a déroulé le tapis rouge.

Et en face, ne parlons même pas de ce grotesque "Front républicain", qui n'a aucune crédibilité et ne sert qu'à blanchir moralement les propres artisans de la montée de l'extrême-droite. Tous ces gens qui n'ont fait que largement profiter du système municipal et qui tentent de se racheter une virginité en faisant mine de se dresser vent debout contre le "fascisme" ne parviennent, superbe exploit ! qu'à apparaître aussi écoeurants que les gens qu'ils prétendent combattre.

Et la voilà, la faillite, la vraie faillite d'un système politique où tout et tous sont mis à plat, au même niveau d'incompétence et de cupidité à force de patauger dans la même porcherie, à force de ne viser des places d'élus que pour en croquer à mort et par tous les moyens, et ce qui se passe à Hénin-Beaumont est logique. Oui, logique. Puisque quand existe une catégorie de gens qui ne vivent que de et par la politique, qui sont des politiciens professionnels n'ayant aucune autre activité, ils finissent tous, tous et immanquablement, dans des magouilles et des tripotages pour garder leurs précieuses places dans les mairies, dans les Conseils, dans les officines de gestion. C'est tout simplement inévitable. Et c'est précisément ce système de professionalisation de la politique qui ouvre grand les portes à la corruption. Et au final fait le lit du populisme.

jeudi 2 juillet 2009

Matière première

Parce que franchement, entre nous, quand on lit des trucs comme ça :

"C'est de la liberté de chacun qu'il s'agit. À ce titre, aucune interdiction, dans le respect de la durée légale du travail des salariés, ne devrait empêcher l'activité dominicale."

Franchement, rien que ces deux lignes, est-ce que ça ne vous donne pas envie d'en coller l'auteur devant un peloton d'exécution ? Allez, voyons, bien sûr que oui que ça vous a traversé l'esprit. De la même manière que depuis un peu plus de deux ans il vient, et c'est on ne peut plus légitime, des images d'échafaud dressé sur la place publique où des foules enthousiastes assisteraient dans la joie au raccourcissement de tous les gens qui chantent la "libéralisation". Et c'est normal de penser à ça. Ce n'est pas bien, vous êtes de gauche et vous vous en voulez d'avoir de si noires humeurs. Mais c'est normal, rassurez-vous.

Maintenant, on ne peut pas faire de genre de choses, heureusement ou malheureusement selon le point de vue, mais n'entrons pas dans ce débat. Partant, il faut faire preuve de davantage d'imagination si on veut châtier cruellement les troubadours du Joli Marché Qui Rend Heureux. Puisque entendons nous bien, n'est-ce pas : ces gens sont coupables. Coupables de répandre une idéologie mortifère qui saccage des millions de vies. Complices donc des souffrances infligées au nom de la rentabilité et de la valeur-travail à tout prix. Et étant indubitablement coupables de crimes, il doivent donc être punis sévèrement, ce point ne souffrant aucune discussion.

On pourrait par exemple prendre Yves Thréard par la peau du cul pour le coller à une caisse enregistreuse de supermarché à 40 kilomètres de son domicile, en horaires coupés il va sans dire, et le regarder travailler le dimanche. On ferait une vidéo très rigolote qu'on se passerait le soir entre amis pour se détendre.

Ou coincer Rachida Dati dans un HLM en lui octroyant un RSA pour elle et sa fille, ce afin qu'elle médite sur la grandeur et la décadence des courtisanes de nos soi-disant démocraties. On pourrait même faire un geste en lui filant gratos du Valium par poignées qu'elle gobera devant la Nouvelle Star. Et oui, imaginer ce genre de tableau est un enchantement, comme je vous comprend.

Ou faire goûter à un Brice Hortefeux ce qui se passe très précisément quand un tonfa s'abat sur des gencives, histoire qu'il en profite lui aussi, avant de le faire patienter quelques heures aux urgences d'un CHU pendant qu'il pisse le sang mais le service est débordé pour cause de compression de personel.

Ou prendre le Nain himself et lui péter le dos en le faisant creuser des trous toute la journée sur un chantier en compagnie de Kurdes sans-papiers obligés de travailler en France sous peine de renvoi dans leur pays où les attend une mort certaine (scène authentique : j'ai croisé ces gens "en vrai" et entendu le négrier qui s'occupait d'eux dire clairement et à voix haute que c'était ça ou le retour en Turquie où les menaces de morts pour eux ne sont pas que des mots...).

Comme on voit, on pourrait multiplier à l'envie les exemples et faire fleurir l'imagination en se demandant ce qui se passerait si toute cette vermine se mettait tout soudain à vivre au quotidien...et bien, ce que nous vivons. Tout simplement.

Parce que ces gens ne travaillent pas le Dimanche, eux. Ni eux, ni les éditorialistes du Figaro, ni les expats blogueurs qui tancent la feignantise de leurs compatriotes, ni d'une manière générale tous les geignards qui pleurent sur la paresse de ces chiens de français. Eux n'auront pas à être astreints à la "liberté" de travailler le Dimanche.

À ce stade, vous ne ressentez même plus de la "colère", et encore moins de "l'indignation" devant la morgue de cette minorité de parasites arrogants. Vous ressentez de la haine, ce qui non seulement est là aussi normal ;
Mais ce qui est surtout très bien.

Il faut laisser s'épanouir ce sentiment, je ne me lasserai jamais de le redire. Il faut le laisser se cristalliser lentement pour le transformer en petite bille noire, dure comme le diamant, qui sera utilisée comme intarissable source d'énergie.

Je sais que vous n'en êtes pas encore pleinement convaincus ; vous avez de bien curieux scrupules, face à des gens qui ne veulent que vous marcher sur la gueule. Mais je suis confiant :

Ils font tout pour que vous y veniez tôt ou tard.


mercredi 1 juillet 2009

The man you love to hate

- Bonjour CSP.

- Bonjour Thierry.

- CSP, tu es incontestablement le Meilleur Blogueur De Gauche, et personne n'est à la hauteur pour te disputer le titre, c'est un fait avéré.

- Tu m'étonne, Elton.

- D'où t'es venue cette idée d'une auto-interview ?

- On n'est jamais si bien servi que par soi-même. Et comme personne ne me demande mon avis, je le donne. En plus, c'est mon blog et je fais ce que je veux. Na.

- Comme je te comprends. Mais parlons politique, d'accord ? Et d'abord la nouvelle du jour : cette possibilité d'alliance PG/NPA qui ébouillante bien des esprits. Qu'a tu à répondre aux dizaines de milliers de lecteurs quotidiens qui ne vivent que dans l'espoir de tes billets qui sont la seule lueur qui éclaire leur vie de souffrance ?

- Ce qui me frappe, tout d'abord, c'est de sentir le nombre de personnes qui se réjouissent d'avance de me prendre en défaut là-dessus. Les pauvres. Je les imagine en train de se frotter les mains en jubilant "Hi hi hi, le voilà bien attrapé ce gros sectaire, et toc ! Comment va t-il pouvoir justifier son sectarisme à présent" et blablabla. Tss. J'ai un peu plus de ressource que ça, tout de même. C'est quoi, cette affaire ? Mélenchon se rend compte que le PC va le lâcher aux régionales pour se ruer dans les gros bras mous du P"S", alors il se tourne vers nous puisqu'il sait que tout seul, le PG n'est rien. Du coup, on pose nos conditions, et si, je dis bien si, ça se passe comme nous on le veut, alors ouais, on fera liste commune. C'est d'ailleurs comme ça que j'ai toujours vu "l'unitééééé", moi : à nos conditions. Sinon : non. Ah ah.

- C'est lumineux. Pourtant, c'est pas comme ça que c'est présenté dans les médias qui mentent.

- Tu veux parler du canard de merde de Philippe Cohen ? Ben c'est normal : c'est un canard de merde et ceux qui écrivent dedans sont des jean-foutre. Et quand on lit l'article de Libé, on trouve quoi ? Ça :

"A condition, insiste le porte-parole du NPA, d’accorder leurs violons sur «des bases clairement indépendantes du PS» et de «conclure un accord national, pas à géométrie variable». Et, enfin, de mutualiser ses forces, pas de les fusionner. "

Ben ouais : on est toujours aussi cons.

- Moui, mais on va te dire que c'est de la politique politicienne et que faut faire l'unitéatoupri gnagnagna, non ?

- Ouais. Et ? Depuis quand on est des anges, steuplé ? 'Tain, c'est pas vrai ça, on fait de la politique là, on est pas en train de vivre au pays des bisounours où on va tous devenir une chouette bande de copains en faisant une ronde, chié à la fin. Putain, le niveau de conscience politique est en chute libre depuis des années et c'est pas beau à voir, grr.

- Justement, justement, à ce propos, on dit que CSP n'aime pas les gens, que répond tu à celà ?

- Nan, c'est pas comme ça que ça se pose. C'est pas que j'aime pas "les gens", si tant est que ça signifie quelque chose, "les gens" : en revanche, je déteste ce que la société capitaliste fait d'eux, à savoir : des crétins incultes et individualistes jusqu'au vertige, qui se consolent de leur vie de consommateurs aliénés en croyant qu'ils ont des amis sur Facebook. La dépolitisation de masse, c'est-à-dire le désintérêt de la chose publique par ceux-même qui devraient s'y impliquer le plus est le moyen par excellence que rien ne change. D'où l'encouragement des "élites" au peuple à ce qu'il ne s'intéresse surtout pas à ce qui le regarde, pour qu'ils puissent rester entre eux. Ensuite, ça, c'est l'analyse rationnelle qu'on peut en tirer ; mais ça te crispe pas, toi, tous ces gens qui te disent que gnapolitik gnaminteressepa lol, à force ?

- Mais quand on est de gauche, on aime les gens, non ?

- Et t'as vu ça, où, pauvre noeud ? Et quand on est communiste, on veut le bonheur universel pour toute l'humanité, aussi ? Non mais je rêve, là ! Mais par les poils de cul de Lénine, c'est ça qui nous plombe depuis des années, ce truc ! "De gauche = gentil". Non. Non non non et NON ! Quand on est de gauche, on est pas gentil. On veut pas le bien de tout le monde. On veut pas faire des bisous et que tout le monde se tienne la main dans un grand élan fraternel de mon cul. Quand on est de gauche, on comprend qu'il y a d'un côté les dominants, et de l'autre les dominés, et que jamais, jamais, il ne pourra y avoir de compromis entre ces deux camps. Ja. Mais. Et au moment où on parle, un camp écrase l'autre, cherche pas plus loin, c'est comme ça que ça se passe. Et la seule solution pour que ça change, c'est faire en sorte que non seulement, ça s'inverse, mais qu'en plus on mette en place les structures politiques et économiques pour que ça n'arrive plus jamais, la mainmise d'une poignée de nantis sur la majorité. Et quand je pense qu'il y en a encore qui pensent que ça va se faire gentiment, je...bref. Ils dominent. Ils ont tous les pouvoirs. Qui peut penser qu'il l'abandonneront si on le leur demande poliment ? Et ouais, en effet, y a des chance qu'il faille les forcer à le faire. Et ils voudront pas. Et il faudra insister. Et pour avoir les moyens d'insister, faudra avoir le rapport de forces pour. Ceux qui pensent autrement sont des niais.

- Et que dis tu à ceux qui pensent que cette vision serait par trop manichéenne et que les choses sont plus complexes ?

- Je les encule.

- Tout en finesse, donc.

- Hein ?

- Ben ouais, le tact, quoi...

- Le quoi ? Attend, c'est toi qui parle de...finesse ?

- Heu, ouais, quand même, bon, parce que...

- Et toi, tu es plein de tact et de finesse quand tu dis à, tu sais, cette jeune femme là, la semaine dernière, c'était quoi déjà ? "Ce n'est qu'une question de temps mais te fais pas d'illusions : un jour on fera du sexe ensemble" ? T'es le dernier romantique, toi, dis-moi.

- Putain, attend, c'est pas comme ça, y avait un contexte !

- Hun hun.

- En plus, mais je la connais depuis des années, et, bon, mais, en plus c'est ces trucs là où on se tourne autour sans se le dire mais tout le monde a connu ça mais pourquoi je me justifie, moi ?

- Gniark gniark.

- Tu me fais passer pour, pour, je sais pas quoi, là.

- Pour un type qui ne s'intéresse qu'à la politique et au cul ? C'est vrai que c'est complètement pas toi, ça...

- Ok...bon, je suppose que ce genre d'exercice d'auto-satisfaction narcissique consistant à faire semblant de t'auto-interviewer va encore déchaîner des torrents de conneries dans les commentaires de ton blog, et que tu le sais,non ? Ouais, tu le sais, la façon dont tu souris dis tout.

- Vu que dernièrement les comms ont pris une tournure parfois particulièrement violente, je tiens à assurer les post-staliniens dépressifs, les puceaux libertariens, les groupies de Dieudonné, les sarkozystes hystériques et autres réacosphéristes à roulettes qui en sont les auteurs que eux aussi, je les encule. Et les assure de mon plus parfait mépris, aussi, il allait sans dire. Sinon, t'a pas maigri, toi ?

- Si, un peu. Et pour finir, CSP et la culture, toussa ?

- T'as raison, faut finir sur un supplément d'âme, ça fait smart. Se cultiver, c'est important. Et je suis sérieux. Ensuite, je refuse catégoriquement de faire étalage de mes lectures comme certains. Rien, absolument rien de plus vulgaire que ces gens, peu importe leur bord politique, qui n'en finissent pas d'étaler leur cuistrerie littéraire pour se faire passer pour des intellectuels. Qu'on aime les livres est une chose, et c'est mon cas. Qu'on prenne prétexte de ce noble goût pour se faire mousser en public, virtuel ou réel, est proprement dégoûtant.

- Un bouquin à recommander pour l'été, tout de même ?

- World War Z, de Max Brooks. Le meilleur truc que j'ai lu cette année, les témoignages, fictifs mais terriblement réalistes, des survivants après la guerre mondiale contre l'épidémie globale de zombies qui a dévasté l'humanité. Un grand livre, vraiment.

- Et bien merci CSP, bon, chais pas, on fait quoi, là ?

- On va voir Transformers 2 ? Ça déchire, y paraît.

- Avec Megan Fox en mini-short ? tu m'étonne qu'on y va.


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