mardi 30 juin 2009

I, zombie



Zoé est une djeun'z qui n'en veut. Elle boit son café la matin à la cafèt' avant d'aller à l'usine à larves Sup de Co où elle rencontrera tous ses amis qui sont des pauvres petites merdes libérales dans son genre. Zoé a très hâte d'assister au prochain cours de gestion de ressources humaines, "Le salarié est-il un véritable être humain ?", elle pense que ça va beaucoup lui apporter. Zoé est vraiment très heureuse et s'épanouit pleinement au milieu des rats de son espèce qui, comme elle, ont la saine et glorieuse ambition de devenir Managers. Elle sait que ça ne sera pas facile et qu'en plus en tant que femme, elle devra fournir deux fois plus de boulot que ses collègues masculins et faire preuve d'encore plus de soumission servile à sa direction que les autres cadres. Mais ça ne fait pas peur à Zoé, puisque dès son plus jeune âge, elle a été consciencieusement lobotomisée par des décennies de propagande et répète désormais comme un perroquet hystérique tous les poncifs jeanmichelapathesque sur les fonctionnaires et les déficits publics. Zoé est un zombie au cerveau détruit et elle ne s'en porte pas plus mal. Zoé est formatée pour devenir un rouage d'une grande machine à faire du pognon et elle adore ça. Zoé sait que pour devenir un Manageur efficace et bien vu de son patron, elle devra faire tous les jours preuve de sa parfaite incompétence et exceller dans l'art du harcèlement moral de ses subordonnés. Zoé a envie de relever ce challenge, puisque tout est challenge dans la vie, comme on le lui répète depuis des années dans le milieu d'abrutis cupides qui est le sien. Zoé est un petit soldat du libéralisme et elle a vaguement conscience que comme tous les soldats, elle peut devenir sacrifiable du jour au lendemain. Quand elle se pose trop de questions, Zoé s'enfile un ou deux Lexomil et téléphone à Philippe, son boyfriend, qu'elle ne voit pas beaucoup. Il est responsable de l'antenne locale des Jeunes Pop, c'est un garçon très occupé. Il est très gentil mais parle un peu trop de politique. Et la politique, Zoé n'en fait pas, ça l'embête. Zoé pense à avoir des enfants, mais elle veut faire passer sa carrière d'abord. Et puis au prix où sont les crèches, peut-être que sa future boîte aura sa propre nurserie cela dit. On verra.

Dans quelques années, Zoé sera un manager craint et respecté. Elle aura été obligé de raccourcir - un peu - ses jupes et de changer plusieurs fois de coiffure, parce dans l'entreprise toutes les armes sont permises et la séduction en est une. Zoé travaillera comme une folle et ne se plaindra jamais. Jamais. En public en tout cas. Elle est passée à quatre Valium par jour, mais sniffe un peu de coke de temps en temps histoire de se booster. Zoé cherche à concilier féminité et productivité, disponibilité au boulot et vie de famille, horaires à géométrie variable et cours de step. Zoé est cramée a même pas 34 ans. Zoé ne le sait pas encore, mais elle est en train de faire une dépression. Une vraie. Une grave, bien rampante, qui soit va lui exploser à la tronche au moment de la quarantaine, soit la grignoter lentement mais sûrement jusqu'au point de non retour. Et ce sera bien fait pour la gueule à Zoé.

Et quand Zoé se réveillera un matin en étant incapable de se lever, je te jure je sais pas ce que j'ai je ne peux pas me lever, et qu'elle passera son temps à pleurer sans pouvoir s'arrêter en ne comprenant pas ce qui lui arrive j'ai tout pour être heureuse merde, quand elle sera obligée de poser un congé maladie longue durée pour se faire soigner dans une maison de repos privée à ses frais, peut-être, peut-être, que Zoé repensera à ce matin dans la cafèt', avec son café, quand tout le monde lui disait qu'elle était l'avenir et elle ne comprendra pas, ne comprendra vraiment pas, ce qui a pu déconner à ce point.

lundi 29 juin 2009

Équilibre

C'est une vive émotion qui s'est emparée des forces démocratiques à l'annonce d'un coup d'État au Honduras. De partout s'élèvent des voix indignées pour réclamer d'urgence le retour à l'état de droit et pour que le nouveau régime, lourdement suspecté d'illégitimité et dont l'emploi de la force pour parvenir au pouvoir a vivement choqué les pays occidentaux, respecte le processus démocratique. Ainsi, Bernard Henri-Levy, jamais le dernier lorsqu'il s'agit de s'étrangler d'indignation devant les souffrances d'une population bafouée, a t-il vigoureusement posté deux vidéos sur Dailymotion, l'une en français incompréhensible et l'autre dans un espagnol qu'on qualifiera de hâtif, pour soutenir le peuple du Honduras. Alain Finkielkraut à bafouillé sur France-Inter sa colère devant ce déni de démocratie et tracé dans la foulée un vibrant parallèle avec la loi Hadopi, sur et certain qu'il est que "La clique oligarchique qui s'est emparée du pouvoir au Honduras aurait été contre la loi Hadopi, puisque tel est le lot commun de tous les poujadismes qu'ils soient de droite ou de gauche", avant de s'effondrer en sanglots confus. Alexandre Adler dans le Figaro n'a pas de mots assez durs pour : "Un régime rétrograde ne souhaitant que revenir par la force sur la sincère volonté de changement exprimée par les urnes, et l'on se demande bien pourquoi l'ONU n'envoie pas des casques bleus pour veiller au respect des institutions", suivi par un Ivan Rioufol déchaîné se contenant à grand'peine, tançant "le laxisme de nos démocraties essoufflées qui laissent se passer dans des pays lointains ce qui serait inadmissible si ça arrivait chez des gens qui sont nos amis à nous, d'ailleurs les lecteurs de mon blog sont tous d'accord avec moi, c'est dire si la France doit réagir et promptement".

On le voit, nos intellectuels ne mâchent pas leurs mots.

L'émoi s'est également emparé de la blogosphère, où ses acteurs les plus influents se sont empressés de soutenir la démocratie bafouée et les droits de l'homme en en parlant sur Twitter. Un groupe Facebook a immédiatement été mis en place, "Pour le respect de la légitimité populaire au Honduras, lol ptdr", qui compte déjà 12 friends, mdr. Le site de Marianne2.fr ne devrait pas tarder à publier des articles de blogueurs en vue qui analyseront la situation avec acuité en présentant également l'avantage de le faire gratos, puisque à quoi bon payer des pigistes quand des neuneus font le même boulot pour rien, franchement ?

Quant aux politiques, ils se sont évidemment dressés vent debout devant les terribles évènements. Le président Sarkozy le premier à condamné "un régime ne s'appuyant que sur une oligarchie de l'argent particulièrement réactionnaire et ne tenant aucun compte des souffrances de la population. Une démocratie digne de ce nom, ce n'est pas ça. Ce n'est pas comme ça que ça marche et je sais que les Français seront d'accord avec ce discours de vérité". Jean-François Kahn du Modem a agité très fort ses petits bras dodus en tempêtant des choses incompréhensibles, mais on voyait bien qu'il était tout vénère. François Hollande, plus sobre, s'est contenté d'un "Heu...je crois que c'est pas bien mais il faudra demander leur avis aux militants, d'abord". D'une manière générale, l'indignation est à son comble, comme on voit.

Les JT nationaux ont d'emblée prévu de consacrer la moitié des 20h à la situation au Honduras, Nonce Paolini s'étant vigoureusement exprimé hier soir : "Au vu de la tragédie en cours dans un pays qui devient de fait l'emblème du combat pour la démocratie, TF1 ne saurait rester indifférent. C'est pourquoi nous inviteront des experts très très savants qui expliqueront les enjeux géopolitiques de l'Amérique Latine en 30 secondes chacun, mais nous sauront également respecter les autres urgences de l'information en consacrant l'autre moitié du Journal à l'autopsie de Mickaël Jackson. Avec des gros plans". Serge Moati a exprimé son désir de consacrer tout un Ripostes à la nouvelle gauche américo-latine et puis s'est souvenu qu'il n'avait plus d'émission. Ce sera donc Yves Calvi qui s'y collera, avec un panel d'invités triés sur le volet et tous de droite.

Comme on le voit, ce n'est pas parce qu'il se passe des choses dans un pays vachement loin qu'il faut y être indifférent. Nous vivons fort heureusement dans une chouette démocratie super sympa où les principaux leaders d'opinion savent faire preuve de raison et de tact dans leur traitement des questions les plus graves. Et ça, ben c'est pas dans certain pays du Moyen-Orient qu'on le verrait, ça non alors.

dimanche 28 juin 2009

Tri selectif

Si il y a bien eu une bonne chose à tirer de la campagne des européennes, c'est qu'enfin on a pu mesurer la bulle de malveillance médiatique qui nous entoure ; on était bien conscients que le traitement relativement confortable dont bénéficiait notre porte-parole national ne durerait certes pas, on est désormais assurés d'un tir de barrage systématique dans les médias (qui mentent) dès qu'on remuera un orteil. Au moins, les choses se sont clarifiées et ce n'est pas plus mal. On peut dès lors espérer que les relations que nous entretenions avec certains journalistes vont être vues désormais d'un oeil nouveau, et qu'on pourra se poser la question de la pertinence de continuer à entretenir des relations avec certains d'entre eux.

Ainsi, Sylvia Zappi.

Qui saute sur l'éloignement d'une poignée de gens du NPA pour rédiger une crotte fielleuse - curieusement nommée "article" - où elle donne longuement et complaisamment la parole à une personne qui peut déballer ses "déceptions" et autres états d'âmes sans risquer le moins du monde d'être contredit, y compris par la réalité. Mais on sait que Sylvia Zappi est désormais coutumière de ce genre de procédés, puisque dès qu'il s'agit de taper sur le NPA, tout est bon, y compris monter en épingle de l'anecdotique et focaliser sur un ou deux mécontents, quand on ne fait pas purement et simplement dans le mensonge éhonté comme le premier Christian Picquet venu.

Au fait, à combien de personnes en tout se monte cette effrayante hémorragie ?
"quatre démissions de membres du conseil politique national"
Et ?
"huit militants de Clermont-Ferrand".
12, quoi.
Sur ? 9000, 10000 militants ?

On voit donc bien tout l'intérêt d'une Sylvia Zappi pour qui la seule chose qui importe c'est critiquer le "sectarisme" du NPA, à tout prix et de toutes les façons, histoire de pouvoir encore meugler "UNITÉÉÉÉÉÉ !!!!" et en ne donnant systématiquement la parole qu'à un ou deux pékins, toujours les mêmes, et en mettant toujours soigneusement de côté la bagatelle des milliers de gens qui ne sont pas "déçus" et continuent de soutenir le processus NPA. Mais ça, c'est la réalité, et la réalité, ça n'intéresse pas Sylvia Zappi.

Et nous sommes quelques uns à commencer de penser qu'il va bien falloir un jour arrêter de faire bisou-bisou avec des gens qui ne nous aiment pas et ne se privent pas de l'exprimer.
Il m'est souvenir d'avoir aperçu Sylvia Zappi à l'Université d'été de 2007, et déjà à l'époque elle ne se privait pas de critiquer l'orientation de la Ligue, ce en quoi elle avait parfaitement le droit par ailleurs. Hors, depuis lors, tous, absolument tous les articles - de merde - qu'elle pond sur nous, consistent à joyeusement nous chier dans les bottes en ne donnant la parole qu'à ceux, ultra-minoritaires et représentatifs de rien, qui ont des aigreurs à débonder. Et le procédé commence à lasser quelque peu...

Qu'elle ne soit pas d'accord avec nous et le dise, fort bien.

Mais encore une fois, ce n'est peut-être pas non plus la peine de la réinviter à nos boums.

Parce que c'est déja assez compliqué comme ça sans qu'on accueille à bras ouverts des gens qui ne nous veulent aucun bien, sans déconner.

Non, vous n'y couperez pas

Et à quoi ? Mais aux commentaires tout en nuance, tact, finesse et profondeur du Figaro.fr sur la Gay Pride, pardi ! Et là, comme toujours dés qu'est abordé le sujet-qui-fâche-encore par excellence qu'est l'homosexualité, c'est un véritable jaillissement de l'esprit qu'on découvre avec enchantement. Vous connaissez la procédure, attachez vos ceintures c'est parti, youhou :

"Une société homosexuelle est une société en dérive, sans futur et sans repères!"

"Je préfère voir une femme avec la burka que des hommes en froufrous et plumes roses "

"pourquoi nous imposent ils leurs vision du monde ?"

"Des canons à eau auraient eu vite fait de disperser joyeusement tous ces exhibiTionnistes"

"La nature a façonné l'homme et la femme pour vivre ensemble et se perpétuer"

"Exhibitionisme malsain"

"je ne vois pas la nécessité de faire toutes ces manifestations! "

"Veut on en faire une norme sociale ???"

"Ils sont fiers de leur immaturité, les pauvres... "

"je suis atteint d'une très grave maladie incurable depuis un an , s'il était possible d'échanger mon état en devenant homo , je garde ma maladie"

"Il y en a assez de ces gay pride qui sentent le communautarisme à plein nez !"

"tolerer les parades provocatrices des homosexuels et lesbiennes dans la rue,dans les écoles , la politique ,les églises c'est la preuve de l'acceptation de la décadence d'une société . Faites ça en silence chez vous ."

"Et la Hétéropride c'est quand ? "

"Je ne comprends pas la finalité de ce défilé; les personnes sont-elles pourchassées, persécutées en France?"

"Heureusement que les hétéros sont là pour la reproduction de la race humaine. "

"S'il n'y avait pas eu des hommes et des femme ordinaires pour faire des enfants, seriez-vous là aujourd'hui ?"

"Que les gays mettent en veilleuse leurs libido, pas la peine de faire une parade comme les coqs quand ils sont sur un tas de fumier !!"

"Rappelez vous que l'Empire Romain, très puissant, a sombré dans la pornographie et la pédérastie."

"Je suis convaincu de la complémentarité homme et femme, de la nécessité du mariage pour notre société et j'espère pour tous les enfants de la terre une famille unie avec un père et une mère."

"N'avons nous pas le droit de préserver nos enfants de telles abominations ?!"

Blablabla.

Oui. Je sais. C'est céder à une certaine facilité pour ne pas dire une facilité certaine. C'est d'une mauvaise foi en tungstène. C'est prendre l'opinion d'une minorité et la monter en épingle avec gourmandise. Voui. Je sais tout ça. Mais tout de même, franchement, quand on voit d'aussi splendides spécimens de sombre abrutissement, quand on voit de pareils joyaux étincelants de noire connerie, quand on fait l'effort de se demander ce qui peut se passer dans les cerveaux goût bulgare de ceux qui écrivent ça...
N'est-ce pas quelque peu tentant, tout de même ?

On notera toutefois un incontestable progrès dans l'évolution des mentalités : les rabougris très à droite n'exigent plus qu'on foute les pédés dans des camps, on en est plus là ; prenant acte de l'existence persistante du phénomène, ils ont semble t-il fini par se résigner et font même mine de faire semblant d'accepter ces erreurs de la nature. Cependant, et c'est le fil rouge qui traverse nombre de commentaires, ils n'ont rien contre les homossessuels, hein. La preuve, ils en connaissent un qui est très gentil. Vous voyez bien. C'est juste que ce n'est pas la peine de s'exhiber comme ça, n'est-ce pas, il y a des enfants. Ils pourraient tout de même se faire plus discrets et puis de quoi se plaignent-ils, on est pas en Iran !

D'une homophobie frontale et décomplexée, on est passé, évolution des mentalités oblige, à une homophobie indirecte qui aimerait bien que tout "ces gens-là" ne la ramènent pas et se cachent pour faire leurs cochonneries. Argumentaire se déployant en deux dimensions :

- l'homosexualité est désormais totalement acceptée, et il n'y a donc aucune raison de manifester une visibilité ostentatoire ;

- De quoi se plaignent ces gens puisque dans d'autres pays on les condamne à mort, ils devraient y penser avant de revendiquer quoi que ce soit.

Sauf que si par rapport à il y a mettons 30 ans d'indéniables progrès ont été faits, on entend pas parler de personnes se faisant casser la gueule ou virer de leur boulot pour hétérosexualité...
Quant à l'argument réactionnaire classique du "c'est pire ailleurs", il peut également servir pour ceux qui réclament des augmentations de salaires en invoquant les intrépides chinois qui travaillent sans se plaindre pour un bol de riz, eux. Comme finalement ce doit être confortable de vivre ainsi la nuque éternellement courbée en poussant l'aliénation jusqu'à prendre la défense de ceux qui vous écrasent...Enfin, confortable si on rêve d'une vie de cancrelat, il va sans dire.

Ensuite, d'un autre côté, on peut se poser des questions sur ce qu'est effectivement devenu la Gay pride, de manif outrancière et assumée comme telle pour revendiquer l'égalité des droits à parade consuméristo-festive célébrant un hédonisme complètement dépolitisé ; ainsi que sur le conformisme frontal d'une "communauté" gay devenue l'avant-garde éclairée de la société de consommation. De ce point de vue, il est surprenant qu'une minorité de militants conscientisés puissent encore considérer l'homosexualité relevant d'une quelconque "subversion" : cette grille de lecture reprenant les analyses datant des années 70 semble pour le moins obsolète puisque n'ayant rigoureusement aucune réalité effective : il n'y a absolument rien de "subversif" pour l'ordre établi à être gay, puisque comme dit dans le billet précédent, on peut être homo et con comme une huître, c'est à dire de droite. Et pour les initiés, oui, en effet, je parle de ce tract illisible et amphigourique du NPA que pour ma part je n'ai pas distribué, parce que quatre patés de textes incompréhensibles rédigés dans un langage nécessitant Bac+12, désolé mais de mon côté, hors de question que je diffe ce genre de kouglof.

Commençons donc à rédiger des propositions lisibles, et qui sait ? Peut-être qu'un jour, les présidents d'Act-Up voteront pour nous plutôt que pour Cohn-Bendit...


samedi 27 juin 2009

Gay et cons


Comme quoi, on peut être homo et parfaitement abruti, hein. Sincèrement, vous pensez qu'ils sont conscients de servir de caution à peine tolérée dans leur propre parti, histoire de ripoliner la droite avec du sociétal ? Oui, certainement que quelques uns en sont conscients, forcément, et d'autres sont vraiment idiots. L'UMP, le parti qui défend les libertés individuelles et émancipe les opprimés, nan, sans déconner, faut avoir sniffé beaucoup trop de poppers pour en arriver là. Tss. Tiens, ça me rappele quand j'étais bénévole à Aides, dans une autre vie. Le mec qui répondait à Sida Info Service de 19 à 23 heures le lundi, y avait des chances que ce soit ma pomme, à l'époque. Et bon, même si d'une manière générale tout le mode était très gentil, c'est quand même la première fois que j'ai rencontré des homos parfaitement obtus et réactionnaires à faire pleurer Ivan Rioufol. De drouate et très contents. À fond pour le sécuritaire et pour l'homoparentalité. Révoltés par les ratonnades homophobes et voulant foutre les sans-papiers dans des charters le plus vite possible. Prêt à faire toutes les marches possibles pour défendre leurs droits et crachant à longueur de temps sur les fonctionnaires. Des gens proprement insupportables, en somme. Et qui vont défiler cet aprèm', forcément.

Ne reste qu'à souhaiter qu'Act-Up les fasse encore bien chier cette année, tiens.

Avis de décès


Ah non là, ils sont vraiment morts.
Tant mieux.

vendredi 26 juin 2009

God is dead. And no one cares

Ce n'est pas que j'ai quoi que ce soit contre Michael Jackson. Ni pour par ailleurs, en vérité, je m'en contrefous un petit peu. Il est mort et c'est certes un drame humain - auquel nul d'entre nous n'échappera, c'est notre inéluctable destin biologique - mais bon, voilà. That's life.
En revanche, ce qui atterre dès qu'on apprend la nouvelle, c'est immédiatement on se dit que pendant une bonne semaine, minimum, on va en bouffer à toutes les sauces jusqu'à la nausée, du King of Pop.

Reprenons la recette du gavage dans l'ordre :

- Il était célèbre. Il est mort. Rien que ça, c'est la saturation assurée, puisque le célébrissime défunt était en plus encore en activité dans son domaine, contrairement à une Farah Fawcett qui s'est éteinte bien plus discrètement puisque plus sous les feux de la rampe depuis quelques lustres. Passer d'une relative actualité d'être vivant mondialement connu à celui de décédé vous assure d'une couverture planétaire immédiate dans un phénomène d'emballement médiatique où tout le monde va pouvoir se lâcher dans le sordide larmoyant. Parce que qui plus est :

- Il est mort mais brusquement. Pouf, comme ça, d'un coup d'un seul, sans prévenir. Et ça, c'est bon coco, parce que c'est du drame. C'est du trauma assuré, c'est de l'électrochoc qui va faire vendre du papier, de la part de marché, du Very Best Of par pelletées entières. La soudaineté de l'évènement crée la storysation et propulse d'emblée au rang de martyr de la Culture marchande. Si MJ avait été atteint notoirement d'une longue maladie et avait passé des années à agoniser lentement, nul doute qu'on en aurait pas fait toute une histoire. Mais en ce moment, l'équation : Célèbre + Bankable x Mort (Brutale) = Rentable² va trouver une application fulgurante. Marchandise de son vivant, la mort lui donne le plus produit qui va booster les ventes à des hauteurs stratosphériques, et soyons assurés que la première chose que bien des journalistes et autres publicitaires ont pensé, ce fut que passer à côté d'une pareille aubaine pour se remplir les fouilles est tout simplement impensable, puisque de toutes façons tout le monde va faire pareil.

- Qui plus est, il se dégageait un fort parfum de scandale du personnage, à coup d'accusations plus ou moins sordides dont peut-être certaines n'étaient pas toutes infondées. MJ est décidément une sorte de mort parfait puisque réunissant l'ensemble des qualités qu'on est en droit d'espérer du cadavre de star. Une forte odeur de soufre est l'ingrédient suprême qui rehaussera le fumet des hommages en cours, et nul ne peut prétendre à la gloire post-mortem sans cela. Le scandale, ça fait vendre, coco.

Au delà de l'évènement en soi, qui n'est pas spécifiquement intéressant, ce qui est actuellement en cours, c'est le processus de fabrication d'un nouveau dieu de la "culture" occidentale - puisque n'existent d'icônes que venant de cette partie du monde, impérialisme culturel oblige - qui va rejoindre le panthéon des idoles révérées pour des décennies et dont la célébrité en soi va occulter l'oeuvre crée de son vivant. Combien de gens ont vu un film avec Marilyn Monroe ou James Dean ? Et à la limite ce n'est même pas la peine, l'aura dont ils sont ceints étant une qualité se suffisant à elle même. Héros modernes présentant de plus le considérable intérêt d'être parfaitement dépolitisés - pas de polémiques sérieuses à redouter et installation d'un consensus qui sied tellement bien à cette époque obsédée par le refus du conflit...-, la médiatisation outrancière crée un culte certes profane dans son expression vulgaire, mais dont la dimension véritablement religieuse n'est nullement absente, loin de là. Ne plus croire à rien, absolument rien, sauf à un chanteur mort ? C'est mine de rien un pan entier de la mentalité occidentale moderne qui se dévoile ici.

Cela dit, c'est encore une occasion où je me félicite de ne pas avoir la télévision...

jeudi 25 juin 2009

Soldes


Jamais, au grand jamais, on ne dira assez de mal de ce qu'à produit la mitterrandie. Du neveu renégat et fier de l'être à Jacques Attali, de Laurent Joffrin à Martine Aubry, effroyablement longue est la triste et pénible liste de rejetons directs ou indirects de la crapule aux dents limées. Et personne n'oubliera que c'est grâce à cette enflure que la gauche est dans l'état où elle est actuellement. Comment s'étonner que ce sont précisément ceux qui ont été les plus proches de ce régime qui n'a eu de socialiste que le nom qui ont été les premiers à rejoindre Sarkozy en frétillant du croupion ? Habitués depuis des décennies à se briser l'échine à force de courbettes, les laquais qui dans d'autres temps ahanaient à Solutré pour se faire bien voir du monarque se jettent sans honte aucune aux pieds de la droite sans même que ça leur pose question une seule seconde. Les Lang, Kouchner, Attali encore lui, Rocard, tous ces sinistres sycophantes abrutis de gloriole sont au delà de tout dégoûts. Regarder s'avilir ces cloportes avec autant d'enthousiasme les exclut de fait de l'espèce humaine et partant du respect qui ne leur est plus dû.

Et pendant ce temps là, au Parti "Socialiste", on fait quoi ? On cherche des idées...

Oh les cons.

Il est temps, plus que temps, d'en finir avec cette bouillabaisse. Le P"S" a un genou à terre : il faut lui faire mettre les deux. Ce parti représente le principal obstacle à la refondation d'une gauche digne de ce nom. Tant qu'il disposera de sa capacité de nuisance et de la possibilité d'apparaître comme force "d'opposition", il sera en travers de notre chemin et fera tout pour préserver les privilèges des ses inutiles et grotesques apparatchiks. Il faut profiter, maintenant, au moment où j'écris ces lignes, de l'état de faiblesse et de désorganisation de ce parti pour l'enfoncer encore davantage. C'est tirer sur une ambulance ? Ouais, parfaitement, avec plaisir et au canon de 20 mm. Sans avoir la prétention de pouvoir l'achever à nous seuls, on peut encore l'affaiblir.

Et en plus, c'est un job qu'on pourra faire avec plaisir.

mardi 23 juin 2009

Générosité

Il m’est venu une idée…

Comme dit précédemment, j’envisage une formation dans le domaine de la puériculture ; or, cette formation aura vraisemblablement un coût. Et celui-ci risque d’être assez élevé, ladite formation étant assez longue. Il est de plus évident que je n’ai pas les moyens de me l’offrir, et c’est précisément pourquoi j’entends bien me la faire financer.
Et là, j’attire plus spécifiquement ici l’attention de mes lecteurs libéraux : c’est à vous que je destine ce qui suit. Mais les autres peuvent rester pour profiter du spectacle.

Me faire financer une formation, donc. Or, pour ce faire il y a moult moyens, encore, tout n’étant pas parfaitement privatisé, il faut en profiter, n’est-ce pas ? Alors, Conseil Général, Conseil Régional, dépôt de dossier, et sans vouloir verser dans trop d’optimisme, il ne me semble pas déraisonnable qu’avec un bon projet professionnel et la motivation qui va avec, ça devrait rouler. C’est là que ça devient amusant.

Parce que le pognon de ma formation, qui va non seulement m’en ouvrir les portes, mais en plus me fera bouffer, payer le loyer et autres menues chose de la vie ordinaire, tout ce bel argent qui va construire mon futur, et bien voyez-vous amis libéraux …

C’est vous qui allez me le donner.

Oh, pas directement, bien entendu ! Je n’espère pas tant de vous, allons donc. En revanche, indirectement, oui. C’est bel et bien vous qui allez cracher pour moi. Pas que vous d’ailleurs, on s’est compris, mais des millions de gens qui comme vous paient des impôts et autres cotisations, dont une infime partie, petits ruisseaux grandes rivières et toutes ces sortes de choses, vont constituer le matelas financier dont j’aurai besoin.
Puisque je vous rappelle que la formation en question sera payée par ce formidable élan de solidarité – formidable et un peu obligé, tout de même – que constitue notre système de prélèvements obligatoires. Là, normalement, vous commencez à voir un peu mieux où je veux en venir.

Prenons par exemple votre feuille de paie. Le machin en papier qui vous récompense de travailler plus pour, enfin voilà. Celle dans laquelle il y a des tas des chiffres et de colonnes que ni vous ni moi ne comprenons exactement. Et bien dans tous ces chiffres, il y en a une toute petite fraction, oh, pas grand’chose assurément, 0,0000quelque chose % qui finira par aboutir, par des circuits complexes, dans mon compte en banque.

Rappelons les faits, qui comme disait l’autre sont têtus : vous, libéraux, êtes obligés parce que vous n’avez pas le choix, de vous acquitter avec une ponctualité sévère de toutes sortes de taxes en tout genre, lesquelles sont redistribuées à la collectivité. D’emblée, je sens que là, ça fait mal. Mais réfléchissez à ce que vous venez de lire et tirez en les cruelles conséquences :
Vous serez donc pleinement partie prenante, à votre corps défendant mais qui s’en soucie ? de mon évolution professionnelle.
Puisque c’est grâce à votre argent que je vais me faire financer ma formation à moi.

Le vôtre.

Que vous gagnez.

En travaillant.

Là, maintenant, tout de suite.

Y en a une partie pour CSP.

Voilà.

Si.

Alors encore une fois, vous ne serez pas les seuls à participer à mon bonheur ; mais c’est juste que vous, je sais que ça vous fait chier.

Je me permets donc d’insister :
Vous travaillez dans un boulot qui vous emmerde en étant soumis à des gens qui vous méprisent. Si vous aviez un tant soi peu de jugeote, vous vous syndiqueriez mais comme vous êtes de droite, vous êtes des faibles. Vous vous contentez donc de courber l’échine en râlant contre les profiteurs et autres assistés et quand vous effleure la pensée que tout ce que vous suez va en partie dans la redistribution sociale pour d’ignobles feignants, vous devenez tout rouges d’indignation. Totalement incapables que vous êtes d’envisager que la solidarité est une nécessité, abrutis par une génération de propagande individualiste, vous ne pensez qu’à vos sales gueules de rats sarkozyfiés. Et pourtant, pourtant…
Vous allez cracher.

Vous crachez déjà d’ailleurs. Pour les chômeurs, pour la CMU, pour les infrastructures publiques, pour plein de choses…
Pour moi.
Et comment vous dire…
J’aurais vraiment du mal a exprimer tout l’enchantement que me procure cette pensée.

vendredi 19 juin 2009

Life’s a bitch but we keep on rockin’

Passer une semaine sans Internet, ça fait mine de rien un bien fou. Non seulement ça libère de la place dans l’agenda pour faire d’autres choses – lecture, sexe, meurtres – mais surtout, ça fait prendre un recul bienfaisant par rapport à ces chamailleries qui sont le lot quotidien du blogueur polémique qui peut bien se prendre la tête pour au final pas grand’ chose, allez. Et puis n’est-ce pas, être Le Meilleur Blogueur De Gauche crée des responsabilités, j’veux dire (d’autant que personne ne songe semble t-il à me contester le titre, moi qui m’attendait à des tomates pourries quand j’ai eu le front de me parer de cette couronne auto-proclamée. Ensuite, puisque personne ne rouspète et/ou n’en a rien à foutre, je continuerai donc à dire que ouais Man, CSP, c’est trop le meilleur blogueur de gôche, d’abord).

(Oui, c'est un post où je vous raconte ma life, ça vous dérange pas j'espère ? D'ailleurs ça tombe bien, je suis chez moi et c'est mon joli blog, donc si j'ai envie de poster des photos de moi en train de m'enfoncer un Ipod dans le derrière, c'est mon choix. Bon ensuite je le ferais pas, m'enfoncer un Ipod, enfin je crois. J'espère. Quoique j'ai jamais essayé, en fait. Peut-être que c'est le moment de tenter de nouvelles expériences...)

Ce qui m’a également permis de mettre un peu d’ordre dans ma vraie vie, puisque décidément quand ça veut pas ça veut pas, et je me comprends. Par exemple, j’éprouve comme une sorte d’usure à être depuis quelques années dans le fauteuil roulant, et j’ai fortement envie de passer à autre chose. Toujours dans le social, mais avec un public moins…prenant, disons. Et comme ça fait quelque temps que je caresse l’idée d’une formation en puériculture, pourquoi ne pas se renseigner, mh ? Oui, ô lecteurs, CSP a envie de bosser dans une crèche avec des pitinenfants qui hurlent en courant dans tous les sens et te font une tête comme une pastèque à la fin de ta journée. Ça ne se fera pas tout seul, puisque être homme dans ce milieu spécifique te fait maintenant soupçonner de dissimuler de bien sordides pensées – ce qui se comprend aussi, mieux vaut être parfois trop parano que pas assez – mais je ne pense pas la chose impossible, nullement. Et puis penser à mes lecteurs de droite qui se demanderont à chaque fois qu’ils récupèrent leurs lardons à la sortie du boulot si un abominable trotskyste ne s’est pas glissé dans le monde de leurs chères têtes blondes a quelque chose d’assez jouissif, je dois dire.

Pour ce qui est de la politique, je vous rassure : je resterai d’un sectarisme d’acier et d’une intolérance confiant à la psychiatrie lourde. Et je le vis bien, merci, comme quoi quand on assume ses déviances une fois pour toutes, c’est peut-être ça le secret du bonheur. Je continue donc de soutenir le processus NPA qui m’apparaît comme la seule formation politique susceptible de non seulement revigorer une gauche bien mal en point, mais plus loin que ça encore me semble être décidément le seul machin organisé de ce camp qui ait un tant soi peu d’avenir. Ensuite, on va en manger, de la merde, et on le sait, mais quoi faire d’autre ? Mh ? Se mettre à genoux devant les socialos et leur donner des coups de langue sur le sgegue comme certains ? C’était une plaisanterie ? Ce n’était pas très drôle, tout de même, si ? Bon. Et spéciale dédicace aux camarades, vivement qu’on se retrouve au chaud entre nous à Port Leucate pour s’ébrouer entre gens qui sont tous d’accord, je sens que ça va faire du bien à tout le monde.

Pour conclure, je remercie Romain d'avoir porté à ma connaissance ce sondage sur un blog idiot : "Quel est le blogueur le plus con de la réacosphère ?" - c'est tout en bas, vous pouvez passer les billets, ils sont sans intérêt aucun - et je constate à ma grande surprise mélée de joie que je suis très bien placé. J'invite, j'encourage, j'exige de mes lecteurs et teuses qu'ils votent pour moi afin que je puisse passer preum's - "Barack Obama" ne comptant pas - et me couvrir de gloire.

Life’s a bitch but we keep on rockin’, je ne suis toujours pas mort et mon Dieu, on va bien trouver quelques étincelles de joie féroce dans cette triste époque, n'est-ce pas ?

mercredi 17 juin 2009

Ah oui, au fait,

J'ai pris des vacances. Ben ouais. Retour cette semaine, normalement. Normalement.
Mh ?
Rhooo...vous pensiez être enfin débarassé de moi ?
Votre optimisme vour perdra.

vendredi 12 juin 2009

Quand ça veut pas...

- UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

- Ah, t'es encore là, toi ? Mais, euh, t'aurais pas autre chose à faire, sinon ? Parce que nous si, en fait, donc...

- UNITÉ ! UNITÉ ! UNITÉ ! UNITÉ ! UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!!

- Euh, c'est, comment dire, un peu casse-couilles, là, ok ?

- MAIS POURQUOI VOUZAVÉPAFÉ L'UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ ?????

- Pfou...et c'est pas comme si on avait essayé d'expliquer ça depuis des mois, en plus...

- POURQUOI VOUZAVÉPAFÉ L'UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ ?????

- T'es lourd, là, non ?

- POURQUOI VOUZÉTPA AU FRONDGÔÔÔÔÔÔÔÔÔCHEUUUUUUUHHHH ???????

- D'accord. (soupir) On reprend tout depuis le début. on a pas voulu y aller parce qu'on pense que...

- UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!!

- Euh, je peux parler, là ? On y est pas allé parce qu'on pensait, et on pense toujours par ailleurs, que les conditions d'un accord sur des bases politiques claires n'étaient pas réunies. Voilà.

- MAIS POURQUOI VOUZAVÉPASVOULUFER L'UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ ??????

- Houla, lourd dossier. Bon, qu'est-ce qu'on pouvait faire avec des gens qui n'ont même pas attendu la fin de la campagne pour admettre qu'ils ne seraient qu'un réservoir de voix pour le P"S" et n'avaient qu'une envie dès le début, c'est faire de la co-gestion avec lui ? Hein ?

- MAIS SARKOZY EST AU POUVOIR YFOFER L'UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!!

- Oui, merci, on est au courant. Donc, il faut faire "l'unitéééééé" n'importe comment, à n'importe quel prix et avec n'importe qui, sans savoir si ce genre d'attelage a la moindre chance de perdurer dans le temps, c'est ça ?

- CÉPAVRÉ VOUZETKEDÉ SECTAIREUUUUUH QUI VEULENT PAS L'UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!

- Mais t'es con ou quoi ? Tu es complètement con, en fait, c'est ça, hein ? " Foferlunité foferlunité foferlunité", c'est sûr qu'à force de se répéter ça en rond pendant des mois, à force, on va finir par y croire, hein, c'est bien connu. Et puis d'abord, et nos propositions unitaires à nous, eh oh ? Pourquoi les mêmes cabris qui rabâchent les mêmes truc depuis des éons n'ont jamais voulu en entendre parler ? hein ?

- CÉPAVRÉ VOUZETKEDÉOTISTEUH KIFONLEJEUDLADROUATEUUUUH !!!

- Christian Picquet, sors de ce corps. Nos proposition unitaires, les notres, à nous, qu'on a faites bien avant le début de cette satanée campagne, ou le seul préalable, le seul vraiment important, c'était de poser qu'il n y aurait pas d'alliance avec la social-démocratie, pourquoi personne ne dit qu'elles ont été refusées net par le PCF et le PG ?

- CÉVOTFOTEUH YFOFER L'UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!! ON AURAIT FAIT 12/13/14/15/PEUT-ÊTRE MÊME PLUS/%/ON SERAIT DEVANT LE PS ET TOUT LE MONDE IL SERAIT DEVENU DE GÔCHE COMME PAR MAGIE SI VOUS AVIEZ FAIT L'UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!!

- Ok, je parle à un mur, donc, tant pis, je continue quand même. Et quand il faudra poser les questions qui fâchent vraiment, comme la co-gestion des régions par des élus PCF qui soutiennent des Conseils Généraux socialistes, ces derniers ne se privant pas d'accorder de grasses subventions à des entreprises privées qui licencient, ton unitééééé là, elle va pas en prendre un méchant coup ? Tu crois vraiment que ces élus "unitaires" ils vont laisser tomber leur poste pour se désolidariser du comportement de leurs alliés ? Ben non, pardi. Et c'est pour ça qu'on la voulait pas comme ça, l'unitééé, c'est si difficile à comprendre, oui ?

-...

- Ah, voilà, ouf, on peut parler normalement, maintenant. Et donc, l'unité, oui, ok, très bien l'unité, miam miam, convergences, toussa, tout bien, sauf que nous, ben on voulait la faire mais pas n'importe comment et...

- MAIS SARKOZY EST AU POUVOIR YFOFER L'UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!!

- Oh putain...

- YFOFER L'UNITÉÉÉÉÉ AVECTOULMONDEKIVEU PASKE SARKOZY EST AU POUVOIR ET MOI J'AI PEUR ET C'EST POUR ÇA KILFOFER L'UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!

- Mais bordel ça marche pas comme ça, merde à la fin ! On se met tous ensembleuh tous ensembleuh oué oué, pour donner quoi, à la fin ? Pour aller où, putain ??!??! Replâtrer la gauche plurielle en pensant que ça sera moins pire ? Mais c'est incroyable, ces gens qui ont tellement la trouille qu'il ne réflechissent plus une seule seconde, putain mais c'est usant de voir ça ! C'est comme en 2007 avec les mêmes qui nous pleuraient dans les bras en nous expliquant que moi je t'aime bien mais j'ai peur d'un autre 21 avril alors je vote utile, et on a vu le brillant résultat, tiens ! Pareil, quoi. Brailler "unitééé !!! unitééé !!!" comme cabris en folie, nous casser les couilles pendant des mois, et tout ça pour que dalle, et ben non, rien à faire, ils continuent avec leur "unitééé !!!", là. Pfouu, j'te jure, y'a des moments...

- MAIS MÉLENCHON IL EST BIEN MÉLENCHON POURQUOI VOUVOULÉPA ÊTRE AVEC MÉLENCHOOOOOOOOON ??????

- Bon, laisse tomber, d'accord. Laisse. Tomber. Laisse moi tranquille, s'il te plaît. Va t'en. S'il te plaît.

- UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

- Va mourir.

- UNITÉ ! UNITÉ ! UNITÉ ! UNITÉ ! UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!!

- J'ai envie de pleurer...

-MAIS POURQUOI VOUZAVÉPAFÉ L'UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ ?????

- (sanglots roulé en boule dans un coin...)

- UNITÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...


jeudi 11 juin 2009

Moderne

- Bonjour Manuel Valls.

- Bonjour, Journaliste du Figaro/Valeurs actuelles/Paris-Match/Le Point/National hebdo/rayez la mention inutile.

- Alors Manuel Valls, il paraît comme ça que vous êtes un sacré iconoclaste. Dites nous en plus.

- C'est vrai. En homme de gauche d'une ébouriffante modernité, je n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat et a briser tous les tabous. Mais on aurait tort d'y voir un positionnement pour vendre mon cul encore ferme de quadra sémillant en espérant être pris dans un prochain remaniement. Je fais ça pour la gauche, n'est-ce pas.

- Justement, c'est quoi, la gauche de votre point de vue ?

- Être de gauche, c'est savoir en finir une bonne fois pour toutes avec les vieilles lunes archéo-marxistes et mettre à jour le logiciel socialiste pour faire entrer ce parti dans le XXIème siècle. Mais pour ça, y a un boulot fou je te raconte même pas.

- Voui. Et que faudrait-il faire, d'après vous, mh ?

- Dire la vérité aux français qui travaillent dans ce pauvre pays qui décline de partout. Il faut être à l'écoute des vrais français et leur envoyer des mots vrais, des mots forts, des mots justes.

- Comme..?

- Y a tout de même bien trop de nègres et de bougnoules dans ce pays.

- Wow, en effet, ça décoiffe ! Vous précisez ?

- Mais putain on est plus chez nous ! Tu te balade dans certains coins à Paris, t'as l'impression d'être au Mali ! Surtout quand on sait que ces gens viennent en France pour vivre sur le dos des vrais français qui travaillent en profitant des allocs et en se livrant à on ne sait quel trafics. C'est ça, le discours de vérité que les vrais français attendent. Et moi, je ne crains pas de dire les vérités qui dérangent. Na.

- Mais, euh, enfin bon, c'est pas tellement de gauche, comme discours, ça, je dis ça je dis rien mais quoi ?

- Finissons en une bonne fois pour toutes avec cet angélisme qui occulte les vrais problèmes des vrais français. Les Mamadous et les bicots, ça va bien cinq minutes, hein. La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, surtout quand elle est bronzée. Et polygame. Puisqu'en plus, ils font des enfants pis que lapins en folie et les mutilent exprès pour les envoyer mendier, tout le monde le sait.

- Et l'intégration républicaine, enfin, le truc que tout le monde il dit que ?

- L'intégration républicaine est une chose merveilleuse, il faut ouvrir les bras à l'Autre, c'est une valeur de la gauche. Ensuite, on peut très bien accueillir des étrangers qui ont une couleur de peau normale, non ? Je veux dire, un américain, c'est un étranger, non ? Ou un Belge. Ou un Allemand. Ou un Suisse, tien oui, ouvrons les frontières aux Suisses, des gens très bien, très propres, et qui n'égorgent pas des moutons dans leur baignoire, contrairement à certains.

- Mais dire ça, c'est pas un peu faire le jeu d'une droite très à droite, enfin, on cause, quoi ?

- Ces histoires de clivages sont obsolètes et empêchent de réfléchir à une gauche vraiment moderne de partout. La preuve, c'est un homme de gauche comme monsieur Besson qui est chargé de faire dégager les assistés qui vivent sur le dos des vrais français, c'est tout dire. Brisons les tabous une bonne fois pour toutes, crénom !

- Mais encore ?

- Les vrais français n'en peuvent plus de subir quotidiennement le harcèlement de voyous islamogauchistes financés par l'Iran et la Corée du Nord avec la bénédiction d'une gauche immature et irresponsable, j'ai des preuves, je lis tous les jours Ivan Rioufol. C'est pour ça que je n'hésite pas à soutenir ce brave gouvernement injustement décrié quand il soumet des propositions de bons sens pour appliquer le knout à ces apprentis terroristes. Et pauvres, en plus.

- C'est fulgurant. Et sinon, vous le voyez comment, votre avenir ?

- J'espère bien que le président Nicolas saura reconnaître les vraies qualités d'homme de gauche que je suis et me proposera un poste confortable dans le prochain remaniement. En plus, putain, c'est pas comme si je faisais pas un peu tout pour me casser de mon parti de losers, non ?

- Mais n'avez vous point de convictions d'homme de gauche, tout de même, enfin juste un petit peu, quoi ?

- Eh, attends, t'es gentil, mais tu crois tout de même pas que l'homme de gauche que je me flatte d'être va rester dans ce Titanic qu'est le Parti Socialiste, non ? C'est joli, les convictions, hein, mais moi, je suis en politique pour faire carrière, ok ? Alors les branlées à répétition, ça va bien, là. Faut que je me tire et en vitesse et c'est pour ça que je lèche le cul à Sarko. Je suis aux abois, là, même un poste de sous-secrétaire aux anciens combattant je prends. Pigé ?

- Et bieeeeeeen, merci Manuel Valls pour cette rafraîchissante interviou d'une franchise roborative, c'était...original, à tout le moins. Un dernier mot pour conclure ?

- Je reste un homme de gauche habité par un socle de valeurs qui va de Jean Jaurès à Malek Boutih. Ensuite, c'est pas pour ça non plus qu'on va faire bisou-bisou avec tous les melons qui squattent chez nous, sans déconner.

- Bon, on va s'arrêter là, hein. Merci et au revoir Manuel Valls.

- Vous en êtes un autre.


mercredi 10 juin 2009

Un modèle pour la France

"On ne prête qu'aux riches. Omar Bongo était très riche. De son vivant, on l'a donc soupçonné de toutes les tares qui collent à la peau des dictateurs africains. Et, à sa mort, on n'hésite donc pas à insulter sa mémoire, comme ce député français qui l'a traité de " crapule". Un peu de dignité, a-t-on envie de souffler aux professeurs de vertu, aux donneurs de leçon de démocratie, aux responsables politiques qui règlent leurs vieux comptes." (source)

Car bien évidemment, la droite (charognarde) ne peut que voler au secours du cadavre du mafieux Bongo récemment décédé. Et comme on les comprend. Omar Bongo n'a t-il pas établi de son vivant le parfait modèle économico-social qui est le rêve humide de l'UMP ? Caste richissime et tellement engluée dans une corruption sans état d'âme qu'elle ne la remarque même plus d'un côté ; population qui survit péniblement de l'autre. Un Président élu à vie qui règne sans partage, et dont le successeur "naturel" sera vraisemblablement le propre fils, et les droits démocratiques les plus élémentaires bafoués d'un haussement d'épaules méprisant. Aaaaaaaahhh (soupir), quel dommage, oui, quel dommage en effet, que la France ne soit pas le Gabon...

Ensuite, il faut reconnaître que l'UMP fait ce qu'elle peut avec ses moyens, c'est vrai. Bon, pour quelques raisons de sottes pudeur, elle ne peut pas vraiment transformer le pays en république bananière, ne serait-ce que pour sauver les apparences. Mais tout de même, elle fait des efforts méritants dans cette direction, et dans un contexte pas évident, il faut saluer l'intention n'est-ce pas ? Nous avons bien une cour royale amoureusement suivie par tous les médias, la collusion avec les affairistes est tellement limpide qu'elle ne choque qu'à moitié tellement elle est assumée, des lois restrictives sont votées sans que ça passe trop mal, pendant qu'une minorité continue de s'enrichir au dépend de la majorité à qui on explique patiemment que si elle est dans la merde, c'est un peu beaucoup de sa faute...Alors, on pourra toujours dire que Berlusconi a nettement pris l'avantage dans cette direction, c'est vrai. C'est le cran nettement au-dessus, en effet. Mais franchement, c'est déjà pas, mal, hein.

Et comment voulez-vous que ces pauvres socialistes émettent la moindre critiquette, la plus ténue remarque sur le fait que peut-être que bon, en fait, il était peut-être pas si sympa que ça, Omar Bongo, voilà voilà voilà...la Françafrique, tout le monde en a croqué depuis des décennies. Et eux aussi. La françafrique, c'est le secret de polichinelle de la politique française : tout le monde sait. Tout le monde sait qu'on sait. Tout le monde se tait, puisque tout le monde est dedans...Mettre en place un tyranneau local ? Spolier les matières premières ? Écraser la population ? Assurer la domination économique de grandes entreprises au prix parfois de quelques massacres ? S'assurer ainsi une rente de gros argent qui paiera les affiches de la prochaine campagne ? Une spécialité française, Môsieur ! Mais comme tout le monde est englué dans cette pourriture, personne n'a intérêt à péter trop fort. Et puis c'est vrai que c'est tellement important, n'est-ce pas, de se regarder encore le nombril pour "changer de cap". Pathétiques guignols, va. Ce parti est mort, de toutes façons, et c'est pas trop tôt.

Et c'est vrai qu'on pourra toujours compter sur de braves petits caniches comme Yves Thréard qui sauront toujours frétiller de la queue quand leurs maîtres leur enjoindront de défendre le pire. Brave toutou, Yves Thréard, bon chienchien, ça, rapporte la bâton mhhhh voui ché un bon journaliste cha.

Cette mélasse de politicards, d'affairistes et de journaputes est écoeurante au delà des mots ? Oh oui, certes. Mais ce sont eux qui sont au pouvoir. Ce sont eux qui possèdent les institutions. Ce sont eux qui prennent les décisions. Et tant qu'on les laisse faire, eh !
Pourquoi se gêneraient-ils ? Mettez vous à leur place.


mardi 9 juin 2009

Une étincelle de bonheur

Avec tout ça, on est quand même presque passé à côté d'une excellente nouvelle qui fait chaud au coeur :

"Le Conseil d'Etat a invalidé, lundi 8 juin, les élections municipales tenues en mars 2008 à Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, et Corbeil-Essonnes, dans l'Essonne, prononçant l'inéligibilité d'un an du maire UMP de Corbeil Serge Dassault pour avoir acheté des voix." (source)

Comme quoi, tout ne va pas si mal dans ce pays, allons.

Serge Dassault, le cacochyme héritier constructeur d'avions dont personne ne veut et propriétaire du Figaro - lequel se montre curieusement fort peu disert sur la condamnation de son patron, on peine à trouver une seul petit articulet le mentionnant... -, celui qui donne des leçons à la terre entière du haut de son himalayesque cuistrerie d'imbécile heureux n'ayant jamais réellement travaillé de sa pauvre vie de parasite, tout en tançant le prolo d'être par trop une grosse feignasse comparé à ces braves chinois à qui jamais il ne viendrait l'idée saugrenue de réclamer une augmentation, Serge Dassault (de l'UMP) a tellement peu confiance dans ses qualités de politicien de terrain qu'il truande une élection et se fait gauler comme un malpropre. Et faut-il que la faute soit par trop flagrante pour qu'il n'ait pas réussi à l'enterrer avec de l'argent...

Puisque n'est-ce pas là le vrai problème de Serge Dassault, finalement ?

Ayant depuis les langes baigné dans l'énorme pognon, s'étant vautré avec délices dans les joies du capitalisme décomplexé, ne connaissant et ne reconnaissant que cette seule et unique valeur, n'est-il pas au fond parfaitement logique que dès qu'il rencontre un problème, un souci, un embêtement quelconque, comme par exemple une élection incertaine car décidément mais quelle drôle d'idée que de confier imprudemment des bulletins à des veaux quand on voit ce qu'ils sont capables d'en faire, n'est-il donc pas cohérent que Serge Dassault ne cherche à résoudre ses soucis que par le seul moyen qu'il ait jamais connu ? Le gros et gras portefeuille, sésame universel qui va tout aplanir, qui va tout égaliser...

Tout s'achète, n'est-ce pas ? Se disait Serge Dassault en bon libéral conséquent.

Sauf que non, tout ne s'achète pas (encore).

Mais faisons confiance à Serge Dassault (de l'UMP) (et propriétaire du Figaro) pour encore venir pérorer sur le complot (communiste) dont il est victime sur tous les plateaux télé possibles et imaginables, sans qu'à aucun moment, on peut rêver, le ou la journaliste décide de se déboutonner une bonne fois en lui assénant ses robustes vérités, genre :

"Mais ta gueule ! Ta gueule de pauvre vieille merde de droite, putain ! Mais faut-il qu'on soit dans une pseudo-démocratie à ce point dégénérée pour que des gargouilles corrompues jusqu'à la moelle comme toi osent se pointer dans une émission pour tenter de se faire passer pour des victimes quand tout le monde sait que ce ne sont que vils crapauds malfaisants ! Ta gueule ! TA !!! GUEULE !!! On ne t'as que trop entendu, tu n'as que trop parlé, pourriture umpiste ! Si on vivait dans une société qui serait à l'endroit, tu serais en train d'être tendrement couvé du regard par Jojo Le Démonte-pneus, ton coloc de cellule qui cache des trésors d'affection pudique sous ses 140 kilos de tatouages ! Mais non, suis-je étourdi, on vit en Sarkozie - Anarchie en Sarkozie !!!- et les corrompus de l'ex-RPR sont libres de se balader en toute impudeur ! Mais ARRRRGGG putain une bonne révolution moi je vous le dit et la tête des donneurs de leçons ultralibéraux au bout des piques de la colère légitime du peuple !!!!".

Mais bon, ça n'arrivera pas...

Et c'est tellement dommage...

lundi 8 juin 2009

Faire un geste unitaire en direction du Front de Gauche

De quoi pavoiser ?

D'abord, le première leçon du scrutin de hier soir, c'est qu'aucun parti, aucune formation politique ne peut claironner sincèrement son contentement au vu des résultats. Non, personne, et même pas l'UMP ou Cohn-Bendit.

D'abord à cause d'une abstention massive qui a favorisé la majorité gouvernementale : avoir vu Sarkozy enjoindre à voter dernièrement est une farce, puisqu'il savait pertinemment que ses électeurs à lui allaient se déplacer et qu'il n'avait aucun intérêt à une participation conséquente. Ce "succès" de l'UMP, qui sera utilisé ad nauseum par la droite dans les mois à venir, ne doit donc pas se lire comme un plébiscite populaire, mais comme la preuve que cet électorat ne se pose pas de questions quand il faut se lever le dimanche matin.

Il faudra attendre les jours qui viennent pour affiner le diagnostic, mais il semble bien que ceux qui sont allé voter sont les classes moyennes et supérieures, quand les prolos et précaires ont haussé les épaules au vu d'une campagne dont on a tout fait pour les persuader qu'il n'y comprenaient rien. Une non-participation à ce point massive déplace les perspectives des résultats, qui de ce point de vue ne peuvent se lire que comme l'expression des centres d'intérêts politiques des groupes sociaux à fort capital symbolique. D'où la "surprise" des Verts" dont on aurait tort d'y lire un renouveau de l'écologie. On va y revenir.

Et ce qui a pesé, et lourdement, c'est que les électeurs de gauche sont allés à la pêche...ensuite, au vu de l'offre politique balkanisée à mort qui leur a été faite, difficile de leur en vouloir.

Surtout quand on observe avec une pointe de jubilation un P"S" qui se prend encore une branlée qui signe les limites de l'anti-sarkozysme comme seul terrain d'action, et va encore foutre le bordel à Solférino. Les appels incantatoires à une énième "sursaut" socialistes ne peuvent plus masquer l'inéluctable déclin des sociaux-libéraux, et c'est très bien. Comme on rêverait d'être une petite souris pour entrer dans certaines pièces où en ce moment tout les apparatchiks se déchirent la gueule...et en voir certains hier soir sacrifier le Modem pour embrasser les écolos avec la langue était, hu hu hu, assez délicieux. Les mêmes qui rêvaient à voix haute d'alliance avec les centristes il y'a encore deux mois laissent tomber Bayrou comme une merde, et celui-ci va avoir bien du mal à s'en remettre. Au moins aura t-on vu clairement quel sorte d'odieux personnage il est en réalité.

Ensuite, on aurait tort, donc, de trop compter sur la coalition Bovéto-Benditienne ; celle-ci a certes réussi sa campagne en mettant de côté ses contradictions internes. Mais une campagne n'est qu'un moment politique, et si apparaître unis sur une estrade est une chose, perdurer dans le temps en est une toute autre...On attend avec gourmandise les relations que vont entretenir ces personnalités antagoniques au Parlement, ça promet d'être distrayant. En attendant que retombe le soufflé, dans pas bien longtemps en plus.

Le FN vivote et lui non plus ne crée aucune surprise. Que dire de plus ? Ce parti a été complètement phagocyté par l'UMP et il vit des feux déclinants en se raccrochant à un Le Pen décrépit et qui n'intéresse plus personne. Ah ah.

En revanche, puisqu'on parlait de soufflé au paragraphe précédent..."UNITÉÉÉÉÉ !!!! Score à DEUX chiffres !!! Passer devant le Parti Socialiste !!!! NPA = enculéééééés !!!!"...
6 %.
Et encore, il a fallu s'y mettre à deux pour obtenir péniblement le même score que le PCF en 2004.
Mélenchon, même pas élu. Mais qui n'a pas oublié hier soir d'appeler à une nouvelle "union de la gauche" en tâchant d'expliquer à son voisin de table Moscovici que gnagnagna la social-démocratie est en échec, sous-entendu : faut qu'on fasse des choses tous ensemble tous ensemble ouais ouais. Pathétique, en somme. Et ils insistent, en plus, puisque ils n'ont même pas honte de bramer d'énormes bêtises. On a pas fini de rigoler aux régionales, allez.
Finalement, le seul résultat concret dont le Frondgôche peut se prévaloir, c'est de nous avoir empêché d'avoir des élus.

Et pour nous...d'un côté on double tous seul le score de 2004, ce qui est bien. On existe concrètement, ça : c'est fait. Mais c'est évidemment en deçà de ce qu'on pouvait espérer, tout de même. Ni réussite éclatante, ni échec, quoi. Merci le Frondgôche !
Par ailleurs, et ici on quitte les territoires de l'analyse politique pour entrer dans ceux de la subjectivité revendiquée, quand je lis la déclaration d'Omar Slaouti qui d'un point de vue tactique a certainement raison de dire :

"Nous appelons à une unité durable à la gauche du PS, qui ne joue pas son rôle d'opposition, avec le Parti communiste et de le Parti de gauche."

J'en pense pour ma part deux choses :
- d'un point de vue tactique, donc, c'est certainement la chose à dire dans le contexte. Certes.
- cependant.
Pour moi, il est hors de question. Et je veux bien dire : Hors. De. Ques. Tion. De coller une seule affiche. De differ un seul tract. Ou de faire la moindre réunion. Dans le cadre d'une alliance avec des gens qui nous ont craché à la gueule pendant des mois. Ce n'est que mon opinion. Ça ne changera rien à ce que décidera le NPA. C'est juste que ce n'est pas la peine de compter sur moi pour ça, voilà, c'est tout.

Sur ce, la vraie vie m'appelle, youhou.


dimanche 7 juin 2009

Stooges



Parce qu'avec tout ça, on a oublié de parler de la "liste antisioniste" de Dieudonné, hein. Enfin, "oublié", façon de parler, ce n'est pas comme si on y attachait une importance politique particulière, non plus. Parce qu'ils feront quoi, les trois clowns, là, 0,5 %, et encore ? Mais ça, ils le savaient dès le départ et la présentation de cette liste est une candidature de témoignage pour mettre en avant des "idées" trouvées dans les recoins les plus saumâtres des poubelles de l'Histoire. Regardez moi ces guignols, sans déconner, ça fait vraiment longtemps qu'on avait pas vu aussi belle brochette de gros cons. Nous avons donc :

Alain Soral, ex-PCF, ex-Front national, ex-dragueur miteux et "sociologue" en peau de lapin qui pense avoir tout compris parce qu'un jour il a lu Lucaks et Clouscard, actuellement tricard partout pour cause de sale con patenté qui ne supporte pas qu'on soit en désaccord avec Alain Soral et accessoirement président d'une association grotesque, Égalité & Réconciliation, qui promeut quand on lit entre les lignes des indigestes pamphlets de leur site une sorte de fascisme old-school tendance Mussolini et terroir. Délicieux personnage à l'ego boursouflé dont le destin est de se faire régulièrement casser la gueule par...tout le monde, en fait. La rançon de la gloire, somme toute.

Dieudonné M'Bala M'Bala, comique pas drôle, provocateur à deux balles qui a compris qu'il ne pouvait exister qu'à force d'outrances et de pantalonnades, lui aussi melon de compétition tendance paranoïaque de choc, les ennemis sont partout et détestent tous Dieudonné mais Dieudonné s'en fout si on le déteste c'est forcément qu'il a raison, Dieudonné c'est une sorte de Marc-Édouard Nabe en fait, ils fonctionnent sur les même principes et ont autant de talents l'un que l'autre c'est dire.

Et le troisième, peut-être le plus beau du lot, Yahia Gouasmi, président d'un "Parti Anti Sioniste" qui émane directement du Centre Zahra, association musulmane chiite tendance bras armé du Prophète et femmes voilées t'es une femme tu portes le voile et ta gueule, si on t'emmerde avec ça t'aura qu'à dire que c'est ton choix et que c'est un signe de rébellion contre les valeurs occidentales dégénérées y'aura même des gauchistes pour te soutenir ah ah, Yahia Gouasmi qui se fend d'un discours absolument ahurissant dans la vidéo ci-dessus qui en dit très, mais alors très long sur comment ça se passe dans les têtes spongiformes de cette liste d'obscènes guignols :

"Le sionisme il est en train d'éduquer tes enfants, tu n'as plus autorité sur tes enfants. Il est en train de les orienter comme ils veulent, où ils veulent, même comment il faut voter. Le sionisme est chez vous, est chez nous, et il divise le foyer, il divorce le foyer, à chaque divorce moi je vous l'dis : il y a un sioniste derrière, à chaque chose qui divise une nature humaine, il y a derrière un sionisme, c'est ce que nous croyons, et c'est ce que nous allons démontrer. Pour nous le sionisme c'est un mal."

Et les deux abrutis d'opiner gravement.
Bande de gros tarés malades.

Puisque à ce stade, c'est bel et bien ça : de la maladie. Le "sioniste", (traduire : le Chuif !), il est partout. Dans ta maison, dans les médias, sous ton lit, jusque dans ta tête qu'est toute divisée à cause de lui. Le Chuif. Qui a le nez crochu. Et aime l'argent. Et qui est fourbe puisque tel est sa nature profonde de Chuif. Ça vous rappelle quelque chose ? C'est normal, c'est fait pour. Drumont's not dead, et il a même fait ami-ami avec une poignée de musulmans cinglés sur l'air de l'ennemi commun. Sans compter tout ce qui gravite autour de cette liste, nazillons à la cervelle molle, groupies de Kemi Seba, et même un ou deux ultra-gauchistes paumés qui voient ce gloubiboulga comme un choc des civilisations à l'envers.

Le pire, voyez-vous, c'est que quand on est pro-palestinien et anti-sioniste, comme votre serviteur, il y a toujours des blaireaux pour vous dire - mais rarement en face, dès fois que l'émotion l'emporterait - qu'on est...comme eux.
Rargl.
Et rien que pour ça, franchement, n'y aurait-il pas motif à quelque peu perdre ses nerfs, mh ?

samedi 6 juin 2009

C'était un mardi

Le mardi 6 juin 1944, c'était le Débarquement allié sur les côtes de Normandie, et si il y a un évènement historique auquel j'aurais aimé participer, par dessus tous, c'est celui-là. Ben oui, plus encore que Stalingrad - qui est historiquement la première victoire remportée contre le nazisme et le tournant décisif de la guerre qui allait marquer le début de la fin pour l'Allemagne, comme on a trop tendance à l'occulter dans l'Histoire officielle des pays occidentaux...-; plus encore même que la Commune, et Lénine sait pourtant quelle immense place à ce splendide soulèvement dans la mythologie CSPienne. Et pourtant. Si j'avais eu 20 ans en 1944, j'aurais tout fait pour en être.

Puisque même si on sait que l'aide américaine n'était pas dénuée de lourdes arrière-pensées et que ce qui nous est complaisamment présenté comme une guerre de la "liberté" et de la "civilisation" contre la "barbarie" a toujours eu comme arrière plan les luttes pour les zones d'influence les plus larges possibles - la Guerre Froide ne s'explique pas autrement et n'a nullement été le seul fait du Méchant Communisme contre les Gentilles Démocraties comme on nous le rabâche depuis les cours d'Histoire scolaire ;
Même si on sait que les Alliés n'ont évité des procès pour crimes de guerre que parce qu'ils étaient les vainqueurs - 250 000 morts dans les bombardements de Dresde, et l'utilisation par deux fois de l'arme atomique sur des populations civiles qui a provoqué des horreurs d'une telle échelle que personne ne l'a utilisé depuis ;
Même quand on voit que les cérémonies de commémoration, et peut-être encore plus cette année ne sont que des spectacles pompeux où des chefs d'État prennent des mines graves et jurent la main sur le coeur que plus-jamais-la-barbarie-ah-non-alors, en rangeant dans un coin le fait que des pays comme la France et les Etats-Unis ont pratiqué des atrocités de masse en Afrique et dans le Sud-Est asiatique sous le même prétexte de "démocratie" et que célébrer le D-Day avec faste est un moyen commode de s'offrir une bonne conscience par une auto-congratulation assez obscène ;

Même en sachant tout ça et plus encore, j'aurais, tout de même, aimé en être.

Et d'abord parce que, malgré tout, il y'avait bel et bien une lutte à mort contre la barbarie nazie, et il faut ici prendre en compte la spécificité du nazisme qui n'a pas été un fascisme "comme les autres". Le XXème siècle a été tristement riche en génocides et massacres de toutes sortes, hélas oui. Néanmoins, rien sans doute n'a été plus "fou", proprement délirant que le projet nazi, ce mélange d'asservissement absolu et d'extermination systématique, ce racisme politique à visée planétaire porté par des mythes de supériorité d'une seule race, et encore de quelque uns seulement de ses représentants sur tous, absolument tous les autres. Et face à ça, face à ce qui était bel et bien une barbarie totale, je ne vois pas ce qu'on aurait pu faire d'autre que la combattre.

Voilà.

Et je n'oublie pas que sur ces plages du 6 juin, des jeunes gens qui n'était pas animés par de sinistres calculs se sont lancé à l'assaut des bunkers en donnant leur vie pour beaucoup trop d'entre eux. Ils ont accompli des actes d'une bravoure insensée qui pétrifient d'admiration. Eux se sont battus comme des lions, et j'aurais aimé être des leurs. Romantisme ? Sans doute, et qui plus est peut-être aussi alimenté par les machines hollywoodiennes qui ont magnifié ce qui fut quand même un effroyable carnage. Mais que voulez-vous, en voyant le Soldat Ryan, à la sortie, je n'avais qu'une envie : ramper sur une plage de Normandie...


vendredi 5 juin 2009

Yo !

Mais puisque je vous dis que le rap c'est de la merde, là.



Oui, moi aussi, j'ai bien ri. Surtout à la fin, quand il est dans une sorte de cave avec son posse - où si je ne m'abuse, y a pas une meuf, que c'est étrange...-, genre tout le monde qui fait "POOOOOW POOOOOOW !!!!!!". Et le total-look FNJ 80's, mon Lonsdale et mes Docs, complètement has-been ce pauvre garçon, décidément.

D'ailleurs il fait du rap, vous voyez bien.

Le "débat", ça n'existe pas

Rhooo, mais que c'est dommage en effet...l'émission "Ripostes" du très agité - et très fatiguant, c'est fatiguant les gens qui s'agitent sans arrêt, non ? - Serge Moati va être supprimée...oh ben zut alors. Rhalala, mais quelle perte, quelle perte mes amis pour le débat politique français de France, mais qu'allons-nous donc devenir mes pôv zaïeux, aïe aïe aïe j'ai mal à la démocratie...

Nan, sérieusement, j'en ai rien à branler. Oh oui, comme j'en ai mais alors rien à branler que les émission de "débat" disparaissent les une après les autres. Mais en avoir rien à branler à ce point c'en devient comique, regardez comme je ris, ah ah ah.

Et non, inutile de venir me pleurer dans mes gros bras vigoureux sur l'air de oui mais tu comprends l'espace de l'expression démocratique et la nécessité du débat et blablabla et encore les mêmes conneries de ceusses qui pensent, sincèrement en plus, faut être un peu con là quand même, qui pensent sincèrement que ce genre d'émission fait avancer quoi que ce soit...

Je t'explique, ami "démocrate".

Le "débat", là, ça ne sert à rien.

Non, c'est pas la peine de me regarder comme ça : Ça. Ne. Sert. À. Rien.

Quand ? Quand est-ce qu'on a déjà vu une seule personne dans ce genre d'émission "débattre" ? Confronter des points de vue avec des contradicteurs dans l'optique d'une bataille d'idées, en étant soi-même à l'écoute respectueuse de l'argumentaire de l'autre et mieux encore, en se donnant le droit d'évoluer voire de changer d'avis ? Quand ? Jamais. Ja-mais. Des gens qui ont des idées politiques sont invités, ils s'empapaoutent pendant une heure, et repartent sans qu'aucun ait bougé d'un iota sur ses positions. Et en plus, j'ai tendance à trouver ça bien, moi. Parce que ça me ferait mal aux fesses, tiens, que d'essayer de me trouver des point d'accords ou de sympathiques convergences avec un connard de l'UMP ou une crapule centriste. Va mourir, con de droite. On est pas pareil, on pense pas pareil, je t'aime pas et je ne te veux aucun bien. Tu penses pareil ? Ben tu vois quand tu veux !

Non, par pitié, cessons ces sinistres clowneries sur la "nécessité du débat". Ce genre d'émission ne sert qu'à une chose : montrer la tronche du porte-parole, faire un discours, et se casser. Tout le monde le sait, et nous aussi.

Et débattre pour quoi, d'abord ? On est là, l'un en face de l'autre, et on sait d'emblée qu'on ne s'écoutera pas. Qu'aucun n'arrivera à convaincre l'autre de quoi que ce soit. Que personne ne sortira de l'échange en ayant bougé d'une virgule. La seule raison de se mettre autour d'une table avec des gens qui ont des idées qu'on exècre ? Y a une caméra. C'est la seule raison, vous cassez pas la tête. Une caméra et des gens qui regardent le poste à l'autre bout. Punto. Le "débat", ça n'existe pas. Et il faut une franche naïveté pour penser le contraire. Ou alors, appelons-le autrement. "Confrontation". "Dispute". "Passage obligé dans des émissions de merde paske si tu passes pas dans cette saloperie de téloche c'est comme ne pas se présenter aux élections politiquement t'es mort". Mais "débat", tss, franchement...

D'ailleurs, vous n'avez pas besoin de télévision. Jetez-là. Vous vous sentirez tellement mieux, après, mais si...