dimanche 31 mai 2009

Idiots inutiles

"la formation mélenchonique, alliée au dernier carré des membres du Parti communiste et quelques autres dans un Front de gauche, est en passe d'obtenir 7% des voix lors dimanche prochain, devant ce qui était présenté jusque là comme le futur Front national du PS, le NPA de Besancenot.

Si c'est bien le cas, le PS pourra dire merci à Mélenchon (...) en train, (peut-être), d'inventer sur la gauche du PS la formation-réservoir-de-voix-avec-qui-on-peut-discuter-programme qui manquait à ce dernier depuis 1995 pour remplacer le PC mort clinique. Ce que Hollande n'a pas été capable de faire en onze ans, Melenchon le fait gratuitement et sans qu'Aubry lui ai demandé quoi que ce soit. C'est peut être involontaire des deux côtés, mais c'est objectivement le cas."

(L'auteur semble par ailleurs être un imbécile qui ne nous aime pas, mais bon. On peut être idiot et avoir parfois de bonnes idées. Sauf quand on écrit sur Causeur, auquel cas on se contente d'être un simple abruti, bien entendu).

Et le voilà bien, le résultat très concret de ce pauvre Frondgôche : ranimer les socialistes et leur donner complaisamment le ballon d'oxygène dont il ont tant besoin. Et ainsi retarder d'autant l'émergence d'une gauche digne de ce nom. Gauche Plurielle 2 : Il faut sauver Solférino.

Vous allez voter Frondgôche la semaine prochaine ?

Rhoo, ne vous donnez pas cette peine, voyons : votez P"S", ça évitera les intermédiaires.


samedi 30 mai 2009

Orduriers

Tu veux la sentir, la grosse rage qui monte d'un coup d'un seul ? La vraie, la sévère, la méchante, celle qui balaie d'un coup des années de bonne éducation respectueuse de ton prochain et qui te fait fugacement penser, l'espace d'une nanoseconde mais c'est déjà beaucoup, que finalement ce n'est pas un nouveau Mai 68 qu'il faut mais une bonne grosse Terreur rouge avec les procès qui vont avec, vu qu'à ce niveau de saloperie on finirait par en avoir un peu plein le cul d'être d'aussi gentilles personnes qui font des gentilles manifs avant de gentiment rentrer à la maison ?

Tu es curieux de cette expérience qui transformerait le plus mou des bayrouistes en néo-bolchevik assoiffé de carnage ? Et bien va ici, mon ami.

Et rien qu'un extrait dit tout, mais absolument tout :

"En résumé, nous sommes optimistes pour ce pays. L’Albanie est ouverte et représente une chance pour les entreprises qui entendent relocaliser une sous-traitance à bas coût partie trop loin pour leur flexibilité compétitive. L’Albanie, toute proche avec un coût du travail dix fois plus faible, est prête à les y aider et à devenir la petite Chine de l’Europe."

Michel Godet et Francis Mer, invités par le psychopathe Jacques Marseille, chantent la délocalisation, le low-cost et le dumping social. Dans un grand quotidien national. (et je ne sais pas si je dois remercier Seb' Font' de m'avoir aiguillé vers cette démonstration d'infinie bassesse qui empuantit un samedi ensoleillé).

Je répète pour les éventuels mal-comprenants : des ordures néolibérales, des "économistes" dépravés pour qui la vie d'autrui ne se résume que par une colonne coûts/bénéfices, en un mot : des chiens, se pâment devant les délocalisations et les fermetures d'usines qui les accompagnent, chantent les salaires de misère imposés par un patronat esclavagiste dans des pays sans droits sociaux, se contrefoutent totalement des dégâts monstrueux qu'engendre ce système, et s'en vantent publiquement.
Et il se trouvera évidemment des gens très éduqués qui hocheront la tête en disant l'à quel point c'est une bonne idée.
Et il se trouvera des militants de partis politique et même pas seulement à droite qui prendront une mine grave en expliquant que n'est-ce pas la mondialisation.
Et il se trouvera de fins et caustiques blogueurs, qui jamais n'ont mis les pieds dans une usine, pour expliquer dans d'indigestes billets qu'il faut en finir avec les privilèges du droit du travail.

Ramassis écœurant d'ordures à la cervelle bouffée par la "pensée" libérale, qui sont unanimement prêts à foutre tous les Julien Coupat de la planète dans des oubliettes les plus profondes possibles et applaudissent les fumiers les plus cyniques qui sont les troubadours d'un système qui a tué et tuera plus que tous les militants d'Action Directe. C'est exagéré de dire ça ? C'est du "populisme" ? Ceux qui sortent ce genre d'arguments sont des crevards qu'il n'y a aucune raison de respecter, car ils encouragent des pratiques qui brisent des milliers de vies tout en prenant des mines effarouchées dès qu'on commence à dire que non, en effet, ce n'est peut-être pas très normal de traiter des humains comme du bétail.

Tiens, il paraîtrait que je me répète. On me dit ça : c'est "répétitif", ce blog. Tu dis toujours les mêmes choses, blablabla.
Vous savez quoi ?
C'est rigoureusement exact.
Je répète sans trêve ni repos les mêmes choses, et je vais en remettre une nouvelle couche, tiens, regarde :

Les néolibéraux sont des ordures. Des chiens. Pires que des chiens, puisqu'un chien on peut en faire quelque chose à force de dressage, et il n'y a rien à tirer d'un néolibéral. Rien.

C'est quoi ? C'est violent de dire ça ? C'est de la violence ?
Et se faire lourder de sa boite pour que celle-ci s'installe dans des pays où les gens sont tellement réduits à la misère qu'ils accepteront d'être sous-payés et traités comme des merdes, c'est pas de la violence, peut-être ?????? C'est pas ça, la vraie violence, bien plus que des préfectures saccagées ou offrir le petit dej' au DRH qu'on séquestre ?

Et ça, espère, je vais le répéter. Encore le répéter. Et encore, et encore, et encore. Parce qu'il y'a des gens qui n'en sont pas encore complètement convaincus, et la première leçon à comprendre si on a la prétention de vouloir changer quoi que ce soit, c'est qu'à aucun moment on ne doit discuter, négocier, ou rien, avec des gens pareils. D'abord on comprend ça. Et ensuite, on peut faire des choses.

vendredi 29 mai 2009

Soutenir le réchauffement climatique

On savait déjà que 65 % des plus de 60 ans avaient voté Sarkozy. Un article de Rue89 offre une hypothèse pour le moins intéressante et qui confirme ce qu'on pouvait subodorer :

"Nicolas Sarkozy a tiré un trait sur les jeunes électeurs. Ils les juge perdus pour la droite, et préfère tout miser sur l'électorat plus âgé. Le calcul n'est pas complètement absurde : après tout, avec le vieillissement démographique, cet électorat est, numériquement, une valeur qui monte (...) il y a une certaine logique à ce qu'il porte des valeurs et des politiques qui, croit-il, sont en phase avec cet électorat-là.
A travers cette grille de lecture, l'ensemble de sa politique trouve une certaine cohérence. La discipline à l'école, le discours sécuritaire, la fermeté en matière d'immigration, et même le rejet brutal de l'entrée de la turquie dans l'Union européenne… Autant de positions visant à courtiser les hauteurs de la pyramide des âges.
Qu'une société se préoccupe de ses seniors, écoute leurs craintes, prenne en compte leurs opinions, est certes important. Mais en faire une boussole pour l'action politique ne peut que mener au conservatisme."

Traduire : si on est dans la merde, c'est à cause des vioques.
Il y en a un beau spécimen, dans mon immeuble : Robert. C'est son vrai nom. Robert est tout vieux et tout ratatiné, il se vante à chaque fois que j'ai le malheur de le croiser d'avoir travaillé toute sa vie pas comme ces feignants qui se mettent au chômage par confort, Robert a eu un triple pontage l'année dernière, Robert en a marre de voir des Mamadou et des bougnoules partout - ce sont ces propres mots -, Robert est à l'évidence très seul, Robert n'en a plus pour longtemps, et Robert est à l'UMP. Et Robert qui a vécu toute sa vie sans un seul embryon de révolte contre quoi que ce soit se retrouve avec une retraite de merde et vote avec enthousiasme pour ceux qui l'enfoncent.
Sans des Robert, pas de Sarkozy.
Alors oui, Robert fait un peu de la peine quand on le voit marcher avec difficulté. Robert n'a pas du avoir une vie très rigolote et a toutes les peines du monde à comprendre que le monde du travail qu'il a connu n'est plus du tout celui que les suivants prennent dans la tronche. Robert est fragile et a la trouille d'à peu près tout, particulièrement des "jeunes" - alors que lui et moi vivons dans un quartier particulièrement calme et apaisé...

Robert est quand même un tout petit peu une vieille merde.

Robert est d'un racisme proprement ébouriffant à faire pleurer le lectorat de Fdesouche. Robert est tellement réactionnaire et conservateur dans tous les domaines - "mettre les pédés dans des camps" est une expression qui sort régulièrement de sa bouche sans dents - qu'il ferait passer Ivan Rioufol pour un des gentils babosses de Tarnac. Robert a peur de tout, d'absolument tout, il vit dans un monde qui le dépasse de partout et auquel il n'a jamais rien compris, et pour se venger de sa vie de con qui va s'achever dans la solitude d'un T1 bis, il a trouvé un moyen imparable de faire payer les autres de toutes ses frustrations accumulées :
Une carte d'électeur.

Au fond, Robert est très malheureux.
Et il veut que les autres le soient autant que lui.
Robert ne pense qu'à sa gueule de futur cadavre et se contrefout complètement du reste.

C'est pour ça que je soutiens le réchauffement climatique. Que j'envisage de plus en plus de m'offrir un appareil à climatisation. Que je me renseigne sur le prix d'un énorme 4x4 dont je ferai tourner le moteur pour rien, comme ça.

Aujourd'hui, il fait très beau. C'est encore le matin quand j'écris ces lignes, et il est déjà évident qu'il va faire très chaud aujourd'hui.
Il va morfler, Robert.

Nous allons avoir un très bel été.

jeudi 28 mai 2009

18 carats DTC

Je jure, je vous jure que je suis tombé sur ce site par hasard. Il faut me croire. Il faut me faire confiance. M'enfin merde, depuis le temps qu'on se connait, vous et moi, vous pensez vraiment que je suis du genre à aller sur des sites d'"objets de plaisir haut de gamme" ? Hein ? Franchement ? Bon, ensuite, vous savez ce que c'est hein, on regarde un peu, forcément, en ricanant, là, voilà, vous l'avez jamais fait, vous ? Bien sûr que si, allez. Quoi ? Vous ne lisez que les blogs du Monde Diplo et la mailing-list du NPA ? Vous glandez jamais sur le Net ? Vous êtes carrément des méchants, vous...

Bref.

Je tombe donc sur ce site par hasard, et je jette un coup d'oeil par simple curiosité, d'accord ?
Et ben même là, c'est plein d'enseignement, dis donc. Comme quoi.
Pas tellement quant à la nature des dits objets dont je connaissais l'existence, comme tout un chacun. Non ? Pas comme tout un chacun ? Mais vous êtes du genre à lire les critiques musicales de Télérama en entier, vous, décidément ! Non, on apprend des choses, vraiment, comme, tenez, BOB. Ben ouais, BOB, quoi. C'est quoi un BOB ? Ah, alors, c'est :

"un -Pleasure Object- pour homme à la conception élégante, bénéficiant de l’attention portée aux détails qui fait la réputation de LELO. Il offre une tension exquise et un plaisir profond. Vibromasseur pour homme destiné à une stimulation interne profonde, notamment un massage du point G masculin, il aide son utilisateur à faire durer ses sensations et à atteindre une nouvelle intensité à l’orgasme. Hygiénique, stylé et prêt pour vous accompagner dans vos jeux, il est doux et doté d’un anneau pour un contrôle total de vos sensations. Utilisez BOB comme vous le souhaitez, avec un(e) partenaire pour multiplier les plaisirs ou en tant que compagnon secret, bien dissimulé. Il est livré dans un coffret cadeau élégant, et s’accompagne d’un manuel, d’une pochette en satin chic et d’une garantie LELO d’un an."

C'est ce truc, là :


Mais jusque là, on reste dans du modique : 34 €. Ça va, hein. Pour ceux qui aiment, pas comme moi, quoi. Enfin je dis ça j'ai jamais essayé, non plus, et puis il ne faut jamais dire fontaine comme on dit c'est vrai c'est plein de toutes sortes de surprises la vie et je me souviens de cette allemande qui juissait dans sa langue natale en hurlant "JA ! JA ! JAAAAAAA !!!!" mais pourquoi je vous parle de ça ?

Et donc, il existe un chapitre "Luxe". Et donc tu y vas, parce que des godes de "luxe", tu veux savoir à quoi ça ressemble, là.

À ça, d'ailleurs, ça ressemble :


"OLGA est un -Pleasure Object- élégant et luxueux fabriqué en acier inoxydable ou en plaqué or 18 carats. Le métal, électrisant et provoquant lors du contact contre la peau nue, éveille les sens des utilisatrices réceptives à l’utilisation sensuelle du chaud ou du froid. Doté d’une extrémité précisément conçue pour atteindre et stimuler le point G et d’une autre pour une stimulation érotique conventionnelle, il est incontournable. Pour une jouissance plus prolongée et plus créative, utilisez-le conjointement à YVA afin d’associer le plaisir clitoridien à des sensations intenses. Délicieusement doux et lisse, OLGA est un plaisir des yeux (et du corps). Ses deux extrémités conçues séparément offrent des sensations variées et une satisfaction plus complète des désirs de son utilisatrice. Il est livré dans un coffret cadeau élégant en bois, et s’accompagne d’un manuel, d’une pochette en satin chic et d’une garantie LELO d’un an"

De l'or 18 carat. Mazette. Pour s'introduire dans le...enfin la...enfin vous voyez quoi.
590 €, quand même.
Oui. Moi aussi. Il y'a des gens qui sont vraisemblablement prêt à cracher 590 boules pour s'introduire un truc en or dans les orifices. On a beau ne pas être bégueule, ça donne à réfléchir sur l'humaine condition, non ?

Mieux : INEZ.
7500 €.
Non, ce n'est pas une faute de frappe. 7500 €.
Et là, forcément, tu te pose une question. Une seule.
Qui ?
Qui a donc non seulement les moyens parfaitement dispendieux, mais également l'envie de cracher 8 SMIC pour un gode en or ???
Parce que des gens comme ça existent. Forcément. Vous et moi ne les fréquentons pas, certainement, mais ils existent.
Et le monde tel qu'il est, c'est comme ça :
D'un côté, tu as des gens qui crèvent de faim ;
De l'autre, des gens qui se mettent des godes plaqués 18 carats dans le cul.

Et au-delà de l'anecdotique qui en révèle mine de rien beaucoup, suis-je le seul à ne pas trouver ce genre de chose complètement normal ?

Devinette

De ces deux informations, sauras-tu deviner laquelle est importante et laquelle est parfaitement lénifiante ?


Tu peux te faire aider par un adulte si tu veux.

mercredi 27 mai 2009

Disturbia

Alors voilà : on dirait que CSP et ses copains sont au pouvoir et ça serait bien, forcément. Tout de suite se poserait une question délicate : les libéraux. On en fait quoi ?
Puisque ces gens seraient forcément très très malheureux. Et comme nous sommes avant tout bons et gentils, nous ne voulons pas que des gens soient malheureux. Eh oui, on est comme ça, nous.
N'empêche : que faire de ces crapauds ?

Alors on aurait comme une idée super sympa : on dirait que dans un geste grandiose, on leur offrirait la possibilité de construire, enfin, un monde rien qu'à eux. De tenter une expérience grandeur nature d'un vrai libéralisme enfin décomplexé, rien qu'entre eux et sans syndicats, sans sécurité sociale, sans cotisations, rien que de le Loi Du Marché Qui Rend Heureux. Ils accepteraient avec enthousiasme, forcément. D'autant plus qu'on ne leur donnerait pas vraiment le choix, mais c'est un autre débat.

Alors on déciderait de les placer tous dans une grande ville, comme, je sais pas moi, Bordeaux, tiens, ouais, bonne idée, on évacuerait les habitants normaux pour les reloger ailleurs et hop ! on met tous les libéraux à la place. C'est grand, Bordeaux, ils auraient toute la place qu'ils voudraient. Et on leur foutrait une paix royale. Plus personne n'interviendrait dans leurs affaires, ils seraient "libres", promis juré craché par terre. En route vers l'utopie de la Main Invisible, youhou !

D'ailleurs, ils débaptiseraient la ville de "Bordeaux" en "Libéralia", premier territoire libéré de l'emprise étatique où ne régnerait que l'harmonie des individus responsables de leurs libres choix.
Libéralia n'aurait pas de gouvernement à proprement parler, puisque la ville se calquerait sur le modèle de l'entreprise et aurait un directoire de grands actionnaires qui émettrait des titres accessibles à tout un chacun ; ainsi, tout le monde participerait à la vie de la cité en étant petits porteurs des actions de la ville. De plus, ce directoire n'aurait qu'un rôle purement symbolique de représentation, puisqu'il est évidemment hors de question de faire le moindre interventionnisme dans quelque domaine que ce soit. D'ailleurs, tout, absolument tout est privatisé. Et comme il n'existe plus de social, plus de cotisations du coup ! On toucherait son salaire brut directement et chacun de se débrouiller en étant responsable et en assumant ses choix d'individus libres.

Bien sûr, au début, ce serait l'enthousiasme : enfin on peut respirer ! Loin des modèles archaïques et oppresseurs d'un État social omniprésent se construit la première société de l'individu ! L'exaltation des premiers jours permettra de négliger quelques menus inconvénients, comme le fait de payer à chaque fois qu'on demande une intervention des pompiers - dame, ça coûte cher, que voulez-vous ! Mais on peut prendre un forfait mensuel en fonction de ses revenus, on a décidément pensé à tout - et de se retrouver avec une police privée constituée de mercenaires n'ayant de comptes à rendre à rigoureusement personne. Mais c'est comme tout, au début, il faut un temps d'adaptation.

Au bout d'un mois, c'est le chaos.
Puisque Libéralia vit sous le domaine de la concurrence libre et non faussée, il n'y a pas de salaire minimum. Les employeurs sont parfaitement libres de fixer le salaire qu'ils estiment juste et ont donc tendance à rogner sévèrement sur la fiche de paie ; en contrepartie, les salariés sont libres de travailler davantage pour améliorer leurs revenus. On leur laisse d'ailleurs le choix d'être payé soit en argent, soit en actions, et comme en plus la boite fournit un plan-épargne retraite et une mutuelle de santé, on aurait tort de se plaindre.
Sauf que quand tombent les premières fiches de paie, même soulagées de leurs cotisations, le bon peuple de Libéralia se demande comment il va s'en sortir.
Puisque rapellons-le, il n'y a plus :
d'APL ;
de CAF ;
de services sociaux d'aucune sorte ;
Et que d'une manière générale, tout ce qui était gratuit est devenu payant...
D'autant que puisqu'à présent il n'y a plus aucune instance de régulation de quoique ce soit, des domaines comme l'immobilier ou la nourriture connaissent d'importantes fluctuations dues à une spéculation sauvage et dérégulée qui tend à faire joyeusement flamber les prix.
La surprise est d'autant plus rude que le bon peuple de Libéralia se rend compte que contrairement à ce qui était prévu, ce n'est pas l'intégralité du salaire brut qui tombe dans sa poche, puisque ce qui était initialement destiné à la collectivité dans le monde d'avant est à présent capté...par leurs propres employeurs ! Qui utilisent cet argent à des fins spéculatives pour faire gonfler le portefeuille de l'entreprise, laquelle est mise à rude épreuve dans ce contexte de compétitivité sauvage.
Résultat : moins de sous encore que sous l'étatisme, avec des coûts fixes en hausse constante. Quant à se plaindre des horaires de travail délirants et des conditions qui se dégradent à vue d'oeil, à qui le faire ? Les syndicats ont été interdits dès le départ...

La situation se crispe encore quand deux factions apparaissent dans la cité : les libéraux tendance "sociaux" qui réclament un assouplissement - temporaire - de la concurrence et un timide retour de l'interventionnisme pour limiter les dégâts dans un premier temps ; et les libéraux hardcore, plus virulents et mieux organisés, qui exigent qu'on tienne le cap et que la Main Invisible saura bientot faire passer ce mauvais moment.
Mauvais moment qui ne passe pas.
Le mécontentement grandit, d'autant plus que les manifestations d'exaspération, au départ individuelles, sont réprimées férocement par les barbouzes privés assurés de la plus totale impunité. La population commence à prendre vraiment peur des ces milices qui patrouillent jour et nuit et font régner un climat de terreur encouragé par le directoire de la ville, qui pense qu'inspirer une saine peur de l'uniforme est le meilleur moyen de faire se tenir tranquille des gens qui ne sont décidément jamais contents, merde à la fin.

Le deuxième mois voit des débuts d'émeutes. Celles-ci, complètement désorganisées puisque non encadrées politiquement, voient des citoyens désespérés commettre des actes d'autant plus violents qu'ils ont de moins en moins à perdre. Les expulsion pour loyers impayés ont connu une hausse spectaculaire, ce sont des milliers de gens qui sont à la rue mais qui doivent néanmoins continuer à travailler pour assurer leur simple subsistance. On voir renaître des phénomènes de tribus et de clans, tentatives piteuses de nouvelles solidarités qui se livrent des guerres internes impitoyables pour de la nourriture ou pour de l'essence. Les commerçants embauchent des vigiles armés pour défendre leurs boutiques des pillages. Les directeurs de cliniques privées font de même pour tenter d'éviter les mises à sac désormais systématiques par des malades n'ayant pas les moyens de se faire soigner. Les seuls secteurs d'activité florissants sont la sécurité et le marché noir, aboutissement logique d'un libéralisme réduit à ses fondamentaux les plus stricts. Et certains commencent à vouloir s'enfuir de Libéralia...

C'est là que ça devient amusant.
Puisqu'on aurait omis de préciser qu'à partir du moment où Libéralia existerait et qu'on se garderait bien d'y intervenir de quelque manière, il serait parfaitement logique que personne, absolument personne, ne pourrait en sortir...
C'est d'ailleurs pour cette raison que le pourtour de la ville serait entièrement miné, et que des mitrailleuses en calibre 50. équipées de détecteurs de mouvements seraient disposées tous les 100 mètres.
Autant dire que les fuyards n'iraient pas bien loin.

Le troisième mois verrait Libéralia sombrer dans la plus complète anarchie.
Le directoire de la ville ayant falsifié délibérément ses comptes dès le départ, son effondrement à la suite de la vente massive des actions de petits porteurs entraîne l'écroulement de toute l'économie de la villle. Et là, c'est vraiment le bordel. Dans un geste désespéré, les citoyens ont demandé à l'ONU - à quelles noires extrémités ne sont-ils pas contraints ! - d'envoyer un contingents de casques bleus pour tenter de rétablir l'ordre. Malheureusement, la demande tombe le même jour que le vote du budget pour sauver les derniers pandas. Et l'organisme international décide que les mammifères ont la priorité.
Libéralia s'enfonce dans un chaos sans nom où ne règne plus que la loi du plus fort, un monde à la Mad Max découpé en zones de non-droit contrôlées par des chefs de bandes armées qui s'entretuent pour des denrées qui vont en se raréfiant de plus en plus. De sinistres rumeurs de cannibalisme filtrent des murs...

Libéralia a été fondée depuis un an à présent. Toute la ville est d'un calme immense. Il n'y a plus un bruit dans les rues, plus aucun son ne rencontre d'écho...l'herbe commence à pousser sur les pavés.

Dehors, les mitrailleuses commencent à rouiller un peu. Elle n'ont pas servi depuis des semaines, il est vrai...

mardi 26 mai 2009

Enfoncer un coin

Frédéric "pitbull" Lefèbvre est tout content de lui : comme ces enfants retardés qui lancent des cailloux dans l'eau pour voir que ça fait des ronds, il regarde en souriant niaisement sa nouvelle minable et mesquine provocation sur le travail pendant les congés-maladies en train de faire son petit effet : puisque décidément, la simple pensée que des gens puisse être légitimés à ne pas travailler plonge notre droite charognarde dans des gouffres de sombres tourments. Comment, mais comment peut-il exister des gens ainsi coupés de la production, qui non seulement ne travaillent pas comme le premier assisté venu, mais en plus grèvent la compétitivité en touchant de byzantines allocations sous le fallacieux prétexte qu'ils sont malades ou en congés maternité ? Cela ne se peut, cela est insupportable. L'être humain est fait pour travailler, d'abord et avant tout, il ne peut trouver qu'épanouissement et bonheur que par le fait de travailler, partant, plus il travaille plus il est épanoui CQFD. Mais comment faire ? Comment les faire bosser, puisque précisément ils ne sont pas ni à l'usine ni au bureau mais chez eux ?...

Heureusement, les nouvelles technologies volent au secours des malades mentaux que nous subissons : le télétravail, "un dispositif moderne que nous voulons développer", va permettre à la femmes enceinte ou au cadre en dépression de se sentir encore prenant part à la communauté et leur permettre "de garder le contact avec leur entreprise". Mais attention, hein, "c'est un nouveau droit pour le salarié, déclenché uniquement à sa demande et si un certificat médical l'y autorise". Dire qu'on a failli penser que c'était encore une abjecte régression, et que nous ne faisions pas confiance aux gentils employeurs qui c'est bien connu n'ont aucun mais alors aucun moyen de faire pression sur le salarié pour gentiment lui faire comprendre qu'il a intérêt à taffer at home, que sinon il serait peut-être pas sûr de retrouver sa place en rentrant mais après c'est toi qui voit, hein...

Comme les réactions à cette annonce semblent quelque peu, disons, frileuses, Marc Landré, encore lui, son blog est décidément une mine de trouvailles, vole au secours de Frédéric Lefebvre dans un élan qui toutefois fait un peu se demander dans quel monde exactement vit le journaliste :

"Combien sommes-nous à avoir déjà travaillé depuis notre domicile, dans l'illégalité et sans couverture sociale, alors que nous étions en congé maladie ?"

Heu, pas tant que ça, peut-être ? Puisque le maçon qui s'est cassé la jambe sur un chantier va avoir un peu de mal à faire des trous dans un mur. Ou la secrétaire enceinte est peut-être précisément occupée à tout autre chose qu'à chercher à tout prix à encore faire son boulot ? Mais foin de ces considérations d'un autre âge, ce n'est pas comme si des médecins pouvaient pondre à la demande des employeurs des certificats attestant que même malade comme un chien, l'esclave avait encore de la ressource, pas vrai ? Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer le commentaire du même Marc Landré sur les réactions un peu outrées tout de même déclenchées par son billet, c'est délicieux :

"C'est fou comme d'une idée qui mérite débat et réflexion on peut en arriver à des remarques idéologiques d'un autre temps.
1)On n'est plus au temps de la lutte des classes où les vilains patrons spoliaient et exploitaient les travailleurs. (...)
2) Une liberté donnée à certains salariés -et je vous l'accorde, sous un certain nombre de contrôles pour limiter les abus, car il y en aura- n'est en rien une obligation faite à tous.
3) Le monde n'est pas noir ou blanc. On peut être arrêté physiquement tout en étant capable de travailler intellectuellement."

...

Oui. Moi aussi, je goûte la première phrase, à la fois courte et d'une suave intensité. Relisons-la ensemble, voulez-vous ?

"On n'est plus au temps de la lutte des classes où les vilains patrons spoliaient et exploitaient les travailleurs".

Il y eut peut-être un temps où pareilles horribles choses existaient, sans doute. Mais de nos jours, tss, allons donc. D'ailleurs, les médecins du travail voient défiler toute la journée d'heureux et épanouis salariés qui ne viennent que pour chanter les louanges de leurs employeurs et s'émerveiller de leurs conditions de travail.

Ce texte d'une folle originalité ne sera pas voté mercredi, peste. Mais il a au moins le "mérite d'ouvrir le débat", n'est-ce pas ? Et ainsi, on discerne mieux ce qu'est la stratégie sous-jacente de la droite : balancer un truc bien énorme et bien choquant pour faire du buzz, puis ensuite se rétracter en disant que ça a été mal compris et qu'on s'est mal expliqué, et revenir par la suite, un peu plus tard, avec une version édulcorée de la chose qu'on va tenter de faire passer en douce pour enfoncer un autre coin dans le Code du travail. Et multiplier les coins, petit à petit, sur le terme, pour parvenir à briser le bloc dans son entier. Travailler le dimanche, travailler pendant ses congés, travailler plus pour travailler plus, bref : travailler. Coûte que coûte.

Ensuite, de la part d'un parti qui quand il s'appelait RPR était capable de faire voter les morts, on serait de mauvaise foi de s'étonner.



lundi 25 mai 2009

Râles d'agonie

(Aaaaaattention mesdames z'et messieurs : billet d'humeur à caractère personnel d'un militant exaspéré qui ne prétend en rien représenter ce que pensent d'autres personnes dans son parti. C'est mon avis à moi, perso, ok ? Encore qu'il me semble que je ne dois pas être le seul à penser ce qui suit...).

On est en plein dans une campagne électorale et tout le monde de se déchaîner dans tous les sens. Ce qui est normal. Ce moment de la vie politique voit toujours les passions s'exacerber, les plus élevées comme les plus viles, de petites phrases en noms d'oiseaux, de querelles de toutes sortes en règlements de comptes, bref : la politique, c'est la guerre, et je n'ai rien à y redire. J'ai même tendance à apprécier ce côté sang sur les murs et cervelle au plafond, mon côté sentimental sans doute.

Et du point de vue plein la gueule, il faut bien admettre qu'on est servis à la louche, au NPA.

Passons sur la droite, de la dure qui gouverne à celle de la rue de Solférino : il est tout à fait dans leur logique de joyeusement nous taper dessus et il serait à tout le moins surprenant qu'il en soit autrement. Ces gens n'ont aucun intérêt à nous voir venir jouer dans la même cour qu'eux, et ce ne sont pas nos copains.

Mais.
Il n'a pas qu'eux qui nous défoncent à longueur de temps.
Et mieux : il semble bel et bien que ce ne sont pas eux les plus virulents.
Puisque disons les choses telles qu'elles sont :
Le comportement vis-à-vis de nous des militants du Front de Gauche, et plus particulièrement des militants du Parti Communiste Français, est tout simplement parfaitement abject.

Calomnies, mensonges, amalgames avec le Front National, injures, mépris, hurlements de cochons qu'on égorge dès qu'on en croise un sur un marché ou sur un forum, mauvaise foi en tungstène, dénigrements systématiques et tentatives avilissantes de nous enfoncer de plus possible : l'agressivité hystérique de ces militants tourne à la haine pure et simple. On en trouvera un exemple avec les "échanges" que j'ai eu récemment avec un certain Jean-Claude Goujat chez Olivier Bonnet, qui sort un argumentaire proprement ahurissant de bêtise zombifiée et de malveillance déclarée. Et si il n'était que le seul...

Visiblement, ces gens ont un problème avec nous.

Un problème basé sur deux prémisses simples.

D'abord, le fait de s'entretenir dans l'illusion que, comme le répète encore Mélenchon, "Si on avait réussi un rassemblement large, on pouvait espérer passer devant le PS aux européennes".
Ce qui est du grand n'importe quoi.
Puisque même en admettant une coalition FdG/NPA/LO, on tombe à max 15 %. Max. Et encore. Et on va les trouver où, les 6 ou 7 % restant ? Quand on les interroge là-dessus, les frondgaucheux ne répondent pas. Et pour cause : il n'y a pas de réponse rationnelle à apporter à ce qui est un délire dans lequel ils s'auto-entretiennent. Un délire alimenté de façon irresponsable par les cadres du PC et du PG qui font miroiter à leur adhérents des chiffres bidons sortis de nulle part et basés sur rien d'un tant soit peu tangible. Du vent. Mais du vent auquel les militants ont besoin de croire, et qui les arrange bien quand il s'agit de nous agonir d'injures.

Cette fétichisation du "score" à tout prix indique également une vue du très court terme politique qui refuse de se projeter plus avant : faire du "deux chiffres", oui ? Et après ? Comment, sur quelles bases, est-ce qu'on peut construire quelque chose sur une élection particulière ? Mais tentez de dire ça, et c'est encore injures et calomnies..
Rappelons toutefois qu'un certain Jean-Pierre Chevènement avait crée l'évènement il y'a quelques années en rassemblant jusqu'à 14 % des voix...
Et il est où, Chevènement, à présent ?

Il y'a aussi une autre raison à tant d'animosité : la peur. La peur des militants PC de voir leur cher Parti qui n'en finit plus d'agoniser disparaître définitivement. Il leur FAUT des élus, à tout prix, puisque le PC ne survit plus que grâce à eux. Et pour avoir des élus, les alliances les plus crapoteuses avec le P"S" sont indispensables. D'où probablement le déchaînement en cours contre nous, puisque les voix qui se porteront sur nous mettent bel et bien en péril mortel un PC à bout de tout, et les cris de rage de ses militants sont comme autant de râles d'agonie du mourant qui se débat devant l'inéluctable.
Ils se referont, peut-être, une cerise à l'occasion des européennes ?
La belle affaire.
Tout ça pour courir encore la langue pendante après les socialos en se racontant de charmants contes de fées tout en nous accusant toute honte bue de faire le jeu de la droite.

Alors, il y'a des camarades, des gens qui me sont politiquement et humainement proches, qui me disent qu'il ne faut pas faire comme eux ; que nos ennemis c'est le droite et le capitalisme ; qu'il ne faut pas encourager leur délire en se rabaissant à leur niveau ; et même, une fois les émotions de campagne passées, qu'on pourra s'asseoir autour de tables pour discuter d'actions unitaires, et toutes ces sortes de choses...
Oui, moi aussi, je trouve qu'on est beaucoup trop gentils.
Parce que moi, je n'oublierai pas.

Je n'oublierai pas d'avoir été traité de fasciste, de vendu au MEDEF, de lepeniste de gauche, de faire le jeu de Sarkozy par des militants à la cervelle en déroute encouragés par des cadres qui tremblent pour leurs places dans les institutions.
Je n'oublierai pas les injures et l'hystérie.
Je n'oublierai rien de la façon dont nous ont traité des gens suffisamment paumés pour voir en nous des ennemis quand la droite ravage ce pays.

Et je pose pour assuré que je ne serai pas le seul à avoir bonne mémoire.


Edit : pour ceux que l'ombre d'une sorte de doute pousserait encore à accorder leur voix au Frondgôche, ô naïfs, lisez donc ce vibrant hommage/soutien/appel au vote de...
Laurent Joffrin.
Oui, celui de Libé. On parle du même.
Laurent Joffrin applaudit le Frondgôche.
C'est pas du signal fort, ça madame ?
Et après, qu'on vienne encore nous prendre la tête sur la dangerosité de cette formation pour la bourgeoisie, tiens.


dimanche 24 mai 2009

Quand Laurent Wauquiez s'encanaille au Pôle Emploi...

"Une visite incognito, sans prévenir, sans caméra ni média, en immersion totale, comme un chômeur lambda : c'est ce qu'a fait mardi Laurent Wauquiez, le secrétaire d'État à l'Emploi, dans une agence Pôle emploi de banlieue parisienne".

Mais pas si incognito que ça, puisque Marc Landré, spécialiste du "social" au Figaro - et dont le boulot principal consiste à expliquer que les syndicats doivent être raisonnables et que faire grève est une absurdité surtout dans cette période de crise ma bonne dame - relate fidèlement la journée à coup sûr pleine de surprise de notre sémillant secrétaire d'État à l'emploi. Une nouvelle expérience forcément enrichissante, puisque c'est à l'évidence la première fois de sa vie qu'il met les pieds chez les sans-boulot, son parcours de rejeton de la bourgeoisie - Louis Le Grand/Science-Po/ENA/Conseil d'État - lui ayant toujours soigneusement évité la fréquentation de trop près de ces gens qui ne sont pas nés une cuillère en argent dans la bouche, les pauvres.

"Concrètement, LW a testé tous les postes. Il a passé 1h30 à la borne d'accueil à recevoir les demandeurs d'emploi. "C'est clair, c'est dur, il y a beaucoup de monde et de la tension", avoue-t-il. Il a été marqué par le récit de la visite d'un jeune chômeur la semaine précédente qui voulait tout casser et en est presque venu aux mains avec l'agent d'accueil qui tentait de le calmer. "Les conseillers font preuve de beaucoup de patience et de dévouement", médite-t-il. Il a écouté certains appels du 3949 où il n'a relevé "aucune parole injurieuse". Il a passé des entretiens avec des conseillers qui recevaient des demandeurs d'emplois. Il a partagé un plateau repas le midi avec l'équipe, traité ensuite des demandes d'indemnisation, rédigé des CV avec des demandeurs d'emploi...

Bref, vécu une journée type de conseiller."

Jusqu'ici, tout va bien ou à peu près. Bon, il faut dire que en fait, il n'était pas vraiment incognito, puisque tout le monde savait qu'il allait débarquer. Et que la photo qui illustre l'article n'a sans doute pas été prise par un conseiller avec son téléphone pour la montrer à ses potes. Et je sais pas vous, mais des demandeurs d'emploi lambda qui viennent dans des agences ANPE/Pôle Emploi en cravate, je n'en ai pas vu souvent. Jamais, à vrai dire. Mais je n'ai jamais non plus passé une journée entière dans un Pôle Emploi contrairement à Laurent Waquiez, donc bon, on sait jamais non plus. Toujours est-il que LW (comme l'appelle tendrement Marc Landré) s'est un petit peu rendu compte que ah ben ouais, c'est pas rigolo hein. Tiens, par exemple :

"J'ai vu notamment expliquer à un demandeur d'emploi l'offre raisonnable d'emploi, c'était bizarre."

LW - nous continuerons donc à le nommer comme ça, c'est tellement plus chou - découvre le monde réel et le choc l'ébranle quelque peu. Puisque la mesure d'une rare scélératesse qu'il a joyeusement contribué à mettre en place se trouve concrétisée devant ses yeux, là, tout de suite, et tout ce qu'il trouve à sortir, c'est que c'était bizarre...
Mais assurément bien moins que pour le chômiste qu'on somme d'accepter fissa n'importe quel taf à la con sous peine de suppression d'allocs ; lui doit avoir quelque raison de trouver ça en effet on ne peut plus bizarre...

Pour conclure, LW a fait un "debrief" - langage militaro-management, efficacité, pas de fioritures, de l'action, du concret, le gouvernement agit blablabla - et en retire des conclusions qui sont une sorte de chef d'oeuvre dans la catégorie parler pour ne rien dire. En gros, faire des réunions, acheter des nouveaux PC - se faire proposer un job sans rapport avec ses compétences sous Vista, c'est tellement plus eye-candy - et...embaucher du monde. Plein. Il faut. Au moins, comme ça, le PE donnera des emplois a des gens. Et c'est déjà pas mal.

À la fin de cet article, Marc Landré, comme saisi d'un doute, s'interroge :

"La conclusion de tout cela ? Une opération com de plus ? Peut-être..."

Ce "peut-être" d'une exquise pudeur est une sorte de poème.
Laurent Wauquiez est donc allé "sur le terrain", il est est venu, il a vu, et il est partu. Ce que ça changera concrètement ? Rien. Mais il y est allé, preuve que le gouvernement agit blablabla.

Ah, comme on serait curieux de savoir exactement ce qui se passe dans la tête d'un Laurent Wauquiez après cette journée chez les gueux...
Bon, ensuite, ce ne fut qu'une seule journée, hein.
Faut pas déconner.

samedi 23 mai 2009

Just one fix

Rien qu'une phrase, une seule, même pas : un bout de phrase dans Le Monde, et tout de suite on a des envies de coktail molotov :

"la dette publique, qui dérape dangereusement, alors que la crise fait fondre à toute allure les recettes de l'Etat et de la Sécurité sociale"

Ah. La dette. Cette fameuse putain de dette - publique - qui coule notre pays bolchevisé. Et la crise, en plus, pardi. On est pas dans le caca, hein.
Sauf que pour renflouer les banques, là, tu peux être certain qu'il y'en a, tout soudain, du pognon.
Sauf que pour faire de l'abattement fiscal à destination unique des plus nantis, là, y'en a du volontarisme politique.
Sauf que ce ne sont jamais les responsables de ladite crise - financiers, banquiers, politiques et éditorialiste libéraux - qui en ofnt le frais, mais les pékins lambda à qui on explique qu'il va - encore, et ouiiiiii - se "serrer la ceinture", sans qu'on explique que l'argumentaire terroriste du chantage à la dette ne sert qu'à une seule chose : foutre en l'air les services publics. Privatiser. Faire payer les pauvres pour enrichir encore ceux qui n'en ont nul mais alors nul besoin. Ah ouais ? J'exagère ?

"les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) (...) pèsent déjà trop lourd en France"

Voilà. Manque plus que le couplet sur les entreprises écrasées par les charges, et on a toute la chansonette habituelle.
Sauf que jamais on explique au braves et bonne gens que si ils ont encore une Sécu qui ressemble à quelque chose, des indemnités chômages, des hôpitaux, des écoles et tutti quanti des chose qui font qu'on vit mieux ici qu'ailleurs, du moins pour le moment, c'est précisément à cause de ces satanés "prélèvements". Mais dire ça, dire quelque chose comme : "sans impôts, sans prélèvements obligatoires, pas de services publics. Et vous serez obligés de payer pour quelque chose qui était gratuit grâce à l'effort collectif. N'écoutez pas les démagogues poujadistes qui vous parlent sans cesse du "trou de la sécu" en omettant toujours de parler de ses années bénéficiaires. Et surtout, SURTOUT, fourrez vous bien dans le crâne que des services publics n'ont pas vocation à être rentables ! Qu'on se le dise !".

Mais allez-y. Allez expliquer ça à un pauvre éditorialiste du Monde (Sarkozyste) à la cervelle complètement bouffée par son idéologie de gnagnagna gnédépensespubliques gnagnagnadette. Il écoutera ? Non. Ils n'écoutent rien, n'entendent rien, ne veulent rien savoir.

Et pourquoi serions nous plus "ouverts d'esprit" que pareils mulets ? Hein ? Pourquoi ?

Bourrin et content


J'en profite par ailleurs pour lancer une petite annonce aux plus mulets de mes lecteurs : je cherche à me procurer des Kettlebells, au moins une en tout cas, et de préférence sans passer par des sites de vente en ligne avec frais de port exorbitants. C'est très important pour moi, je pense que ça sera une étape décisive dans mon parcours de brute épaisse assumée vers encore plus de bourrinitude décomplexée. D'avance merci.

vendredi 22 mai 2009

Suivez mon regard

Donc, si on a bien tout compris, des enfants de 6 et 10 ans ont été interpellés à la sortie de leur école par rien moins que 6 policiers - 6 pour 2 gosses, rien moins - et ont passé deux heures au commissariat en étant interrogés.
Et donc oui, en effet, c'est pour le moins choquant, comme fait-divers.
Et ce qui est également particulièrement piquant, ce sont les réactions des lecteurs du Figaro.fr là-dessus ; puisque bien évidemment...mais regardez plutôt (les fôtes sont d'origine):

"il faut arrêter de taper sur la police, si elle existe c'est bien le voleur qui l'a engendrer"

"arreton s de pleurer,que la police fasse son boulot"

"Je plains la Police et la gendarmerie qui sont obligés de faire leur métier au milieu de fous furieux"

"en france on fait trop d'histoires pour défendre les voyous."

"Décidément, je n'aimerais pas exercer ce métier. J'ose cependant adresser à tous les policiers de France toute ma considération attristée."

"Que Sarko et les autres en prennent de la graine."

"Ce sont des voleurs"

"C'est la France d'aujourd'hui, avec sa cohorte d'abrutis toujours prompts à défendre les voyous.au détriment des victimes."
"
"Application stricte de la loi!"

"Si on laisse faire ces petites crapules, ils ne tarderont pas à devenir de grands délinquants"

"vive SARKOZY et l'ordre rétabli"

"si les parents sont laxistes, on a peut-être rendu service à ces gosses"

"laissons BESANCENOT et le N P A agir et vous verrez alors vos enfants journellement ATTAQUES"

"Il faut arreter de TAPER sur la POLICE sans arret"

"ces mômes n'ont tout de même pas été torturés !"

"Je soutiens totalement les forces de l'ordre"

"Ca ne me choque pas. A 6 ans on sait ce qu'est un vol"

"La Police a fait son travail."

"la police est arrivée à 6 et alors?"

"Faut arreter de se comporter en mauviettes et assumer un peu ses actes."

"Qui vole un oeuf vole un boeuf. Il n'y a pas de degrés dans l'honnêteté, soit on est honnête soit on ne l'est pas"

Et encore, y'a pas tout.
Il semblerait de plus que les gamins aient été interpellés quelque peu à la légère. Ce qui n'a rien de "léger" en revanche, c'est que s'y mettre à 6 pour interpeller des minots, c'est un peu comme envoyer un prof en garde à vue pour avoir dit "Sarkozy je te vois !".
C'est quelque peu exagéré, tout de même...

Et ces derniers temps, elles deviennent un peu nombreuses, les occasions où les forces de l'ordre exagèrent.
Mais d'ailleurs, pourquoi ces multiplication d'excès de zèle ? Peut-être bien parce que depuis quelque années maintenant on l'encourage à en faire, non ?
Peut-être parce que si des candidats particulièrement démagogues se font élire sur des programmes sécuritaires, il y'a peut-être un rapport de cause à effet, non ?
Peut-être que quand on exige des forces de l'ordre des "résultats" à tout prix en les encourageant à coups de primes au rendement, on ne peut qu'assister à l'explosion des bavures et autres brutalités diverses et variées, non ?

Peut-être qu'on a aussi intérêt finalement à ce que ce genre de choses se produisent le plus souvent possible pour montrer à une population qu'on sanctionnera le plus léger manquement quel qu'il soit et ainsi installer une peur grandissante du bleu marine, une peur bien utile dans ces temps de crise où le bon peuple commencerait d'avoir quelques réticences à rembourser les dégâts d'un libéralisme qui s'est par ailleurs toujours fort bien accommodé de la sur-présence d'uniformes dans les rues.

Et au final nous avons donc :
Une population qui se défie de plus en plus d'une police fortement soupçonnée d'impunité effective ;
De l'autre, des policiers obligés à une politique de rendement acharnée qui leur met une pression monstrueuse et les encourage à faire des conneries.
(Conneries dont au passage il n'est pas exclu que nous fassions, vous ou moi, un jour les frais, d'où l'utilité de bien connaître ses droits au cas où. Ne ricanez pas, une GAV est si vite arrivée, de nos jours...).

Et quant à savoir qui est ce "on" qui a tellement intérêt à faire peur et ne peut prospérer que sur cette peur, suivez mon regard. Ce n'est pas difficile à trouver, je vous donne un indice : il est petit et méchant.


jeudi 21 mai 2009

Caramba ! Encore raté !



Diantre ! Un ouvrier prend à partie notre Lider à Vélo et lui met une misère devant les caméras ! Et toc, le facteur ! Ah ah ah, voilà qui est promptement expédié, et fournit la preuve que l'esstrèmgôche est bel et bien coupée de ses ouvriers qu'elle a l'insigne toupet de vouloir représenter ! Na !
Oui.
Mais non.
Paske :

"Le mardi 19 mai 2009 des salariés de Celanese et de Yara se sont déplacés sur Paris pour une manifestation à l’assemblée nationale. Environ 150 personnes étaient présentes. Sous l’invitation de la CGT Celanese M. Olivier BESANCENOT est venu nous rendre visite pour parler avec nous de nos problèmes. Nous tenons à préciser que le mauvais accueil qui lui à été fait en début de sa visite n’était pas le fait des salariés de Celanese, mais d’un participant à la manifestation totalement indépendant de l’usine Celanese et membre du partie socialiste de la section d’Artix (Pyrénées Atlantique).

Nous regrettons fortement la médiatisation du ce fait isolé qui à en plus occulté le vrais problème, qui est la fermeture de notre usine chimique viable, rentable et nécessaire pour la France et pour l’Europe. Les salariés de Celanese ont quand même pu discuter de tous ces problèmes pendant près d’une heure avec M. Olivier BESANCENOT, et nous le remercions très fortement de sa contribution à la lutte des ouvriers de Celanese.

M. DIOZEDE PASCAL Délégué CGT"

Damn it.

Ce n'était donc pas un brave col bleu en lutte qui a interpellé ainsi notre Gourou, mais une crapule socialiste qui vient lui prendre la tête en bavochant les conneries que ses chefs lui ont dit de répéter. On constatera au passage que les dits socialistes sont considérablement plus véhéments dès qu'il s'agit de nous taper joyeusement dessus que pour s'opposer au gouvernement, mais bon, ce n'est pas comme si on ne savait pas qu'il n'y a plus rien à attendre de ce parti de vendus, n'est-ce pas.

Et donc, le soufflé de retomber encore.

Ensuite, cette affaire est disons, révélatrice de deux ou trois choses :

Et d'abord de l'extraordinaire volonté de nuire que nous rencontrons en ce moment, qui vient évidemment de la droite, ce qui est normal, mais qui ces derniers temps s'est surtout concentrée à gauche...il suffit de se promener un peu sur le Ouèb pour constater l'agressivité hystérique de pauvres militants du Frondgôche à la cervelle en déroute dont le seul objectif avoué est de nous passer devant pour les européennes et qui se contrefoutent parfaitement...de tout le reste. Quand on constate également que ces attaques viennent pour l'essentiel de militants du PC, lesquels montrent à cette occasion un niveau de zombification assez impressionnant, on se dit que décidément il est plus que temps de débrancher l'assistance respiratoire de ce parti agonisant qui pense plus important de sauver ses élus que de combattre la droite.

L'autre enseignement de ce mini-évènement, c'est que les volontés de nous nuire échouent toute piteusement les unes après les autres en s'effondrant sur elles-mêmes comme autant de soufflés moisis. Tenez, rappelez-vous, quand le camarade Rouillan avait exprimé le souhait de venir nous rejoindre, n'a t-on pas entendu que c'était l'erreur fatale qui allait nous discréditer à tout jamais, qu'on ne pourrait pas se relever d'un soutien aussi encombrant, que c'était le début de la fin, que...

Et maintenant ?

Est-ce que a nous a affecté en quoi que ce soit ?

Bon.

Mais n'ayons crainte : il y'aura encore des attaques, des désinformations, des flots de fiel et des torrents de mensonges éhontés, ne doutons pas une seule seconde de l'inventivité dont sauront faire preuve nos adversaires.

Et au fond, tant mieux ; puisque qu'il serait vraiment consternant d'être apprécié par des gens aussi méprisables.

mercredi 20 mai 2009

Quand les caniches de la droite sécuritaire perdent leurs petits nerfs

À Marianne (ce canard de merde) ou au Figaro (ce torchon umpiste), on est pas d'accord sur plein de choses. On trouve par exemple que Sarkozy est un peu trop de droite d'un côté, ou qu'il est bien de droite mais qu'il pourrait l'être un peu plus de l'autre. On pense que le libéralisme c'est bien mais un peu foufou quand même pour le journal néocentriste, ou que le libéralisme c'est bien mais de toutes façons c'est ça ou la Corée du Nord pour la Pravda décomplexée. Comme on voit, les divergences ne sont pas fondamentalement irréconciliables, mais vous savez ce que c'est : plus on est proches sur le fond, plus on trouve des raisons de se chamailler sur la forme.

En revanche.
Dès qu'il est question de la "montée de l'insécurité".
Là, tout le monde de se mettre joyeusement d'accord.
Parce que cette montée permanente de l'insécurité, n'est-ce pas, elle est insupportable.
Et quand des policiers se font tirer dessus à l'AK-47, on tire la sonnette d'alarme : IL Y'A DES ARMES DE GUERRE DANS LES BANLIEUES !!!!!!
(Même si en l'occurrence, il n'y en a qu'une, une seule, arme de guerre dans l'évènement en question, et même si il ne faut pas minorer la présence, effective, d'un fusil d'assaut entre les mains d'individus fort mal intentionnés, c'est pas tout à fait Bagdad non plus).
Mais penser comme ci-dessus, c'est à dire en tentant de prendre du recul par rapport à une information particulièrement spectaculaire, ce n'est à l'évidence pas à la portée d'un éditorialiste de Marianne ou du Figaro.

Puisque quand un Régis Soubrouillard couine dans l'un :

"Entre une gauche aveugle toujours prompte à dénoncer les manies sécuritaires du gouvernement, sur fond de retour à l’ordre voire de fascisme rampant. Et les gardiens du sarkozysme qui manipulent le thème de l’insécurité mais n’hésitent jamais à jouer avec les peurs dès qu’une campagne électorale se profile à l’horizon. Dans les deux cas, l’attaque d’un fourgon de police à l’arme de guerre ce week-end à la Courneuve apparaît comme un profond révélateur de l'égarement des politiques de gauche comme de droite en matière de sécurité"

Et qu'un Ivan Rioufol hurle dans l'autre :

"c'est avec une arme de guerre (probablement une kalachnikov) que des agresseurs ont tiré sur des policiers, ce week-end à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), sans faire de victime. Un stade supplémentaire a été franchi dans l'expression d'une rébellion des voyous des cités contre l'ordre public."

On sent bien que ces deux là, malgré les petites chamailleries de leurs rédactions respectives, sont parfaitement synchrones. C'en est touchant. Au point d'ailleurs de tous deux se déboutonner pour de bon et de nous annoncer d'imminentes apocalypses urbaines :

"les Kalachnikovs circulent à La Courneuve et les flics se font attaquer par des commandos."

Pour Soubrouillard.

"les banlieues ghettos surarmées seraient prêtes à soutenir une guerre urbaine ?"

Pour Rioufol, toujours un cran au dessus dans l'alarmisme hystérique.

Mazette.
On est au bord de...quoi, au fait ? Puisque posons-nous la question : qu'est-ce donc qui est éxprimé ainsi dans le fond du discours de nos deux poisseux ?
Mais rien moins que le fantasme d'un embrasement armé de la banlieue - surarmée d'armes automatiques et disposant de RPG et de combattant surentraînés, comme chacun sait - contre les centre-villes désarmés et innocents. Traduire : les barbares - souvent bronzés, quelle stupéfiante coïncidence - contre les civilisés, souvent blancs mais vous aviez compris.
C'est rien moins que le choc des civilisations version téci que les deux imbéciles nous annoncent implicitement.

Sauf que non. Bien évidemment : non.
N'était-ce pas il y'a de celà quelques années que des gangsters avaient brutalement défrayé la chronique en s'attaquant à des fourgons blindés avec des armes similaires, elles aussi vraisemblablement venues des ex-pays de l'Est ?
Ces affaires ne relevaient-elles pas, ainsi qu'on peut le supposer de l'attaque des policiers, non de la délinquance ordinaire mais du grand banditisme, ce qui n'est pas tout à fait la même chose ?
De plus, se procurer ce genre d'armement n'offre t-il pas quelques difficultés tout de même, puisqu'on ne peut pas les acheter dans la première armurerie venue, et qu'il faut disposer de réseaux souterrains dont l'accès n'est peut-être pas permis au sauvageon moyen ?
Le maniement d'un fusil d'assaut, en tant que tel, n'est t-il d'ailleurs pas plus complexe que celui d'un fusil de chasse à canons juxtaposés et ne nécessite t-il pas de disposer d'un minimum d'entraînement, et des infrastructures qui vont avec (pas de tir suffisamment discret, par exemple) ?

En résumé : voit-on des d'jeunz de cité en train de canarder des bouteilles à la Kalashnikov en bas de leurs immeubles ? On l'aurait sans doute quelque peu remarqué, non ?
Sauf que tout ça, c'est la réalité. Et la réalité, les caniches de la droite sécuritaire l'ont en horreur. Le fait de vivre en Europe occidentale, à savoir le coin le plus sûr de la planète - les habitants de la bande de Gaza s'inquiètent-ils de la "montée de l'insécurité" ? - ne les empêche pas de projeter le fantasme de nouvelles classes dangereuses version guérilla urbaine, et partant de réclamer, encore, la plus dure sévérité dans un amalgame banlieues = délinquance = armes = guerre dont le seul résultat sera, encore, de stigmatiser les populations qui vivent - mal - dans les quartiers laissés à l'abandon. Et de faire l'impasse sur la montée, bien concrète elle, des violences policières de forces de l'ordre laissée en roue libre dans une surenchère de la brutalité.

Les propagandistes sécuritaires sont de parfait irresponsables paranoïaques qui sont pour beaucoup dans la xénophobie montante de notre pays sarkozyfié.


mardi 19 mai 2009

L'antisarkozysme, refuge de l'incompétence

Les portiques bientôt dans les écoles, les licenciements, le travail le dimanche, les privatisations et le sécuritaire à marche forcée, et ils font quoi, ces abrutis de socialistes ? Ils braillent contre un clip, parce qu'en effet, on y aperçoit le nuisible Nabot pendant deux secondes. Crétins. Doubles, triples crétins incompétents qui vont encore se prendre une sévère dérouillée à ces européennes sans que ça les remette une seule seconde en question, puisque le seul truc qui parvient à les bouger en interne c'est savoir si oui ou non une apparatchik va faire meeting commun avec une autre apparatchik. Et comme il n'ont honte de rigoureusement, ils se repointent, encore, toujours, comme d'habitude, la bouche en cul de poule pour nous refaire le coup du vote "utile". Oh les connards. Oh les tristes cons nullissimes, oh les sales enflures qui sont en train de dérouler un tapis rouge à l'UMP par leur totale et irrémédiable nullité crasse. Puisque si ce parti de merde va faire péter un score, ce ne sera évidemment pas grâce à la haute compétence de ses candidats - Barnier, Dati, j'insiste ? Non, hein ? - non plus qu'au bilan enthousiasmant du gouvernement de charognes médéfisées qu'on subit depuis deux ans, non certes non, c'est parce qu'en face il y'a le vide. Le rien. Le néant. Le vertige sidéral du grand nulle part. En un mot : le Parti "Socialiste".

Qui n'a tellement rien à dire sur rien qu'il choisit la facilité : se ruer sur Sarkozy dès qu'il bouge un orteil en agitant très fort les bras et en piaulant tant qu'il peut, histoire de faire semblant de faire quelque chose. Mais comprennent-ils, comprennent-ils seulement, la chose se fait-elle jour dans les cervelles en déroute de ce parti de vendus qu'en agissant ainsi, c'est très précisément faire ce que veut Sarkozy ? Tout focaliser sur lui en démultipliant l'agitation sous les feux de la rampe pour s'offrir en cible privilégiée de toutes les attaques, ce qui permet non seulement de détourner l'attention en enfumant le public par l'omniprésence du Nain, et permet à droite de resserrer les rangs en montrant par l'exemple qu'à part s'en prendre au Président, l'opposition n'a rien à proposer.

Mais quand on y réfléchit.
Le pire.
C'est que oui, ils le savent bel et bien, les socialos, que c'est un jeu de dupes qui leur permet d'assurer le vraiment minimum pour donner l'illusion qu'ils existent encore. Et leur futur allié François Bayrou ne s'y trompe pas non plus, lui qui est mis en avant comme nouvelle coqueluche des médias (qui mentent). Bayrou, meilleur opposant ? La baudruche béarnaise et
sa coquille vide de parti aurait tout soudain une dimension d'ennemi crédible à Sarkozy ? Mais à part les journalistes crétinisés de Marianne (ce canard de merde), qui y croit vraiment ? Qui ? Même pas lui si ça se trouve, puisque lui aussi a compris que c'est en tapant sur Sarko qu'on se refait une cerise facile, ce qui permet d'éviter de dire ce qu'on ferait si on était à sa place.

Fort, Sarkozy. Très fort, décidément. Avoir réussi à mettre en place conjointement le culte de sa propre personnalité en étant partout à la fois, et son propre anti-culte fasciné, qui pousse ceux qui l'exècrent à scruter à la loupe ses moindres faits et gestes, multiplier coups d'éclats et provocations pour être le pivot autour duquel tournent tous les autres, ce qui permet commodément à bien du monde de se dédouaner de son incompétence et de son absence de programme politique en le pointant du doigt et en faisant "Bouuuuh ! Qu'il est méchant !". La resucée du "Tout Sauf Sarkozy" que tentent encore de nous refourguer les socialistes est la conséquence sinistre de cette mascarade, de ce théâtre qui arrange tout le monde, sauf bien sûr les pauvres cons qui voient leurs salaires stagner quand tout le reste augmente.

Il ne faut pas être fasciné par Sarkozy. Il n'a rien de fascinant non plus que d'exceptionnel. C'est un avocat d'affaires démagogue rongé de complexes qu'il tente de surcompenser par l'exercice du pouvoir et de la frime, point barre. En lui-même, en tant que personnalité, il n'a aucun intérêt. Il faut arrêter de commenter ses moindres faits et gestes, il faut sortir de cette focalisation sur sa personne, si détestable soit-elle, pour se concentrer sur les véritables enjeux politiques, et pour ça ne plus hurler avec les loups à la plus petite connerie qu'il dit ou fait. Il faut sortir de ce piège du fait-divers permanent, de l'anecdote, de la story, de ce scénario que d'autres ont écrit pour faire du spectacle et nous distraire - au deux sens du terme - du fait que le théâtre est en train de s'écrouler. Il faut faire de la politique, et d'abord commencer d'arrêter de "s'indigner", puisque l'indignation, c'est bien gentil, mais à part se faire son petit confort moral ça ne sert à rien.


lundi 18 mai 2009

Rare grossièreté

(Dialogue, tout à l'heure, entre CSP et sa meilleure amie Al, de mémoire le plus fidèlement possible) :

- (Al) : Et tu vois ça comment, ces élections ?

- (CSP) : Bof...l'UMP va les gagner, ce qui leur donnera le ballon d'oxygène dont ils ont bien besoin et leur permettra de pavoiser sur l'air des français qui approuvent les réformes, les socialos vont encore plus se ruiner la gueule entre eux, Bayrou va croire qu'il finira un jour par exister pour de bon, et nous...pff, on verra. On peut avoir un élu, minimum. Ensuite, comme on en prend un peu dans la gueule aussi de tous les côtés, vu que nos idées commencent à émerger...

- Ouais, ben ça serait pas mal que ça "émérge" pour de bon, des idées de gauche, à la fin.

- Quoi ?

- Ben oui, ça serait bien.

- Attends, tu me dis quoi, là ?

- Euh...

- Tu me rappelle pour qui tu votes systématiquement à chaque élection, steplait ?

- Putain mais t'es chiant de ramener ça sur le tapis à chaque fois...

- Ces crevards de socialistes. À chaque putain d'élection, tu votes pour eux.

- Ok. Et ?

- Et ???? Mais bordel, tant que les gens comme toi voteront pour cette mafia...

- Tout de suite.

- Cette mafia politicarde corrompue jusqu'à l'os, tant que des gens continueront à mettre leur putain de bulletins dans ces putain d'urnes sur l'air de oui mais tu comprends face à la droite gnagnagna, et ne les donnent pas à nous, c'est toujours les socialos qui seront en position de force et continueront à être le principal obstacle à la résurrection d'une putain de gauche digne de ce nom, merde à la fin ! Comment, mais comment putain tu veux qu'on puisse pénétrer les institutions et faire porter ce qu'on a à dire si les gens comme toi, qui savent parfaitement à quoi s'en tenir sur ces crapauds, continuent à voter comme un seul homme pour des types qui n'en ont rien à foutre de leurs gueules de smicards et de précaires et qui vont, ENCORE ! se faire enculer en le sachant parfaitement, pendant qu'on est là comme des connards à tirer la langue et à quémander une poignée de voix pour pouvoir aller dans la cour des grands y foutre le bordel ? Tu peux m'expliquer, là ???

- Ouais, je sais. Je sais, mais. Enfin. Oui, écoute...

- PUTAIN MAIS VOUS ALLEZ VOUS RÉVEILLER OUI ?????????

- Arrête de crier. Arrête. Tu fais peur quand tu cries comme ça.

- Ok. Pardon. Désolé, j'avais pas à le faire, chuis navré. Pardon.

- Mh.

- Bon...

- ...

- Bon, tu vas faire quoi, alors, pour ces européennes, là ?

-...Je sais pas...

- PUTAIIIIIIIIIIN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

dimanche 17 mai 2009

L'insurrection qui vient ?

Ayant lu hier le désormais fameux petit bouquin qui plonge Michèle Alliot-Marie dans de sombres transes en lui faisant imaginer des hordes anarcho-autonomes fanatisées conspirant dans l'ombre à la chute de l'économie de marché, je suis obligé, bien qu'au final étant très proche du fond idéologique de l'opuscule, d'en tirer la conclusion suivante : tout ça pour ça ?
Parce que tout simplement, ce livre et ce qu'il propose ne représente à aucun moment un quelconque danger pour l'ordre établi.
Explication :

Si l'IQV propose parfois des analyses assez pertinentes et des pistes de réflexion prometteuses - l'ambivalence contradictoire et ambivalente du rapport au travail, étant à la fois exploitation et participation, une critique au vitriol de l'aliénation dans la société de l'information, l'émergence de l'écologie récupérée pour relancer un capitalisme à bout de souffle -, tout commence à se gâter quand on en vient au fond proprement politique de l'objet, à savoir que poser un diagnostic est une chose, mais dès qu'on aborde le domaine du remède, on hausse pour le moins le sourcil.

Puisque face à la déréliction du lien dans la société marchande, l'IQV chante les louanges d'une nouvelle entité sociale, la "commune", assemblée d'individus se rassemblant non sur la base d'un programme politique en tant que tel, mais d'abord par des liens affinitaires...et si on ne peut qu'acquiescer à cet reconnaissance de l'affect comme composante de l'activité militante, le prendre comme base de celle-ci ne peut qu'obligatoirement conduire à une micro-communauté n'existant que par et pour elle-même, tout en étant reliée à d'autres "communes" qui elles-même etc., et au final, ce que propose l'IQV est rien moins qu'une forme de communautarisme du squat, en reprenant ainsi le principe des Zones Autonomes Temporaires (TAZ), à savoir constituer des mini-Chiapas fonctionnant le plus possible en autarcie et les pérennisant dans le temps. Disons-le, ce projet à un fond clairement réactionnaire : éloge du lien affectif ayant pour but de recréer une structure familialiste en cercle fermé pour se tenir chaud face à un monde hostile, on ne parle plus là d'organisation politique mais de création de petites tribus qui resteront entre elles. Et pose des question d'ordre cruellement pratique : comment dans ces conditions faire marcher un hôpital ? Puisque un dispensaire local ne pourra pas fournir les même soins, c'est l'évidence même.

De plus, quand on connaît le caractère hautement volatile et instable de cette forme d'organisation "spontanée", on se prend à douter de la possibilité de passer de la théorie à un projet politique à vocation collective, avec le risque non négligeable d'assister très vite à un auto-enfermement de la structure sur un petit cénacle militant rapidement coupé du reste de la population "normale". Ce qui quand on a vocation à vouloir révolutionner la société est tout de même un problème.

C'est cette théorisation de l'entre-soi d'une minorité sur-conscientisée qui gêne, à force. Puisque les rédacteurs de l'IQV prenant comme point de départ que la civilisation occidentale n'est plus seulement au bord du gouffre mais qu'elle est définitivement foutue - ce qui n'est peut-être pas faux par ailleurs...-, il posent que du coup, s'investir dans d'autres formes d'engagements devient inutile. Repli général sur la "commune", puisque faire autre chose serait poser des rustines sur une jambe de bois. Les syndicalistes qui se cassent le cul à défendre les droits des salariés dans leurs boîtes apprécieront. Cette "démission" ne peut évidemment qu'encourager encore plus le repli sur soi de cette fameuse "commune" et finir par couper des réalité les plus élémentaires que vivent les autres gens qui n'ont pas le niveau de culture et de conscience de nos néo-situs, c'est-à-dire l'essentiel de la population, tout de même. Et penser dans ces conditions que la "commune" sera le modèle de base d'une société à venir est pour le moins une vue de l'esprit qui se condamne à rester...une vue de l'esprit.

On ne peut pas agir sur une société en se coupant radicalement d'elle, prétendre le contraire ne fait surtout qu'attester un désir de fuite hors du monde qui finit immanquablement par virer à l'entre-soi sclérosé et sclérosant, voire même à terme autorise les dérives les plus dangereuses, toute l'histoire d'Action Directe l'atteste : penser comme eux le faisaient qu'abattre des patrons allaient conscientiser des masses qui ne rêvaient que de biens de consommation était une erreur politique qui ne fut possible que parce que AD vivait dans une clandestinité qui lui autorisait les théorisations les plus déconnectées de la réalité. Sans aller aussi loin, l'IQV continue de chanter les louanges d'une geste de la conspiration qui ne peut concerner directement qu'une petite poignée de personnes existant aux marges et se montant le bourrichon tout seuls. Or, on ne change rien en étant marginaux. Et pis : la dimension underground de cette action politique fait de ses militants de parfaits bouc-émissaires du pouvoir, puisque pouvant les accuser de tout et surtout n'importe quoi.

Il y'aurait encore long à dire, l'ouvrage méritant sans doute un autre livre à lui tout seul, et ce billet qui commence à devenir un peu long ne prétend nullement à épuiser le sujet. Mais en conclusion, l'IQV ne représente définitivement pas une quelconque menace. Sa lecture n'est pas inintéressante, sans doute. Mais si on ne doit compter que sur des Comités Invisibles, la bourgeoisie a encore de beaux jours devant elle.