mardi 31 mars 2009

Rhaaaa mais puuuuuutaiiiinnnnn !!!!!!!!!

Mais par les poils de cul de Lénine en finira t-on un jour avec l'éternel retour des repris de justice de l'ex-RPR qui tentent leur énième come-back que c'est pire qu'Elton John et que ça revient cycliquement comme tous les fléaux qui affligent le pauvre monde que c'est vraiment la misère la plus totale, bordeeeeeeeleuuuuuuuuhhhhhh !!!!!!!

Juppé ! Non mais sans déconner, qui, QUI dans cette vallée de larmes à besoin d'Alain Juppé ? Hein ? Qui, merde à la fin ? Le psychorigide obligé d'aller se faire voir chez les élans pour faire oublier ses magouilles d'apparatchik de cette mafia politique anciennement nommée RPR, qui était tellement plombée par le nombre se ses élus corrompus jusqu'à la moelle qu'elle a été obligée de changer de nom en pensant qu'on allait oublier ce qu'elle était, à savoir un nid de crotales arrivistes et hypocrites (et a permis au passage de liquider ce qui restait du gaullisme à droite pour achever la conversion complète vers la vulgarité blingnlingolibérale). Juppé, la gueule de raie bouffi d'arrogance qui s'était permis en 95 de défier les manifestants qui lui ont bien montré la vraie vie au point que chaque fois qu'on voit désormais sa sale tronche, on ricane immanquablement en souvenir de ces jours de gloire. Juppé, qui comme tous ces nuisibles habitués dès le plus jeune âge à ne vivre que par la politique et refusent catégoriquement de faire autre chose tant ils sont bouffés d'envie et de tristes passions, Juppé ose revenir sur le devant de la scène en ayant pondu une bouse livresque dans laquelle il explique à quel point :
1) il a trop changé, tu vois, il est plus le même qu'avant ;
2) il s'est rendu compte qu'il avait fait des conneries, 'tain, qu'est-ce qu'il regrette à présent si tu savais ;
3) c'est une sorte de mec hypersensible, au fond, faut pas croire l'image qu'il avait - avant qu'il change, tu suis ? - et humain, aussi ;
4) d'ailleurs c'est un type hyper simple, en fait, qui aime les petits plaisirs de la vie, comme toi, quoi.
5) d'ailleurs tout ce qu'il veut, c'est revenir en politique, mais vachement modestement, hein, pour se mettre au service des gens, il est comme ça, lui.

Hein, Quoi ? Vous dîtes quoi les gens ? Ça vous rappelle presque quelque chose ? Mais ééééééévidemment que ça vous sonne à l'oreille, encore heureux, putain ! Parce c'est le schéma selon lequel est construit TOUS les bouquins de merde des politicards qui ont des trucs à se faire pardonner, des images à changer, des affaires à faire oublier. À croire que de droite comme de "gauche", ils ont les mêmes conseillers en communication et les mêmes nègres mais mon dieu suis-je bête ! Ils ont les mêmes !!! AAAAAAHHHHHH mais beurk à la fin ! Beurk beurk beurk et triple beurk de ses connards démagos qui la jouent profil bas en caressant l'espoir de revenir au bonnes plaplaces et devant les caméras ! Dégoût, violent, immense dégoût de cette caste de bourgeois qui ont choisi leurs carrières en sortant de l'ENA selon le sens du vent qui soufflait alors, AAAAAARRRRGGGG mais les têtes de ces parasites au bout des piques de la légitime colère du peuple et plus vite que çaaaaaaaaaa !!!!!!!!!!!!

Yoga.
Position de La Feuille Qui Pense.
Faire le vide, respirer par le nez.

C'est mieux.

Ouais.

Mieux.

Juppé.

La Feuille Qui Pense.

Pas un mois avant que le masque tombe et qu'il n'apparaisse comme la bonne grosse enflure qu'il n'a jamais cessé d'être.

Ouais.

Juppé au gouvernement ?

Tu m'étonnes qu'on est à fond pour...

lundi 30 mars 2009

Il ne faut pas plier face à la rue !

Même si nous n'avons pas spécialement de sympathie pour le gouvernement espagnol, nous devons le soutenir en ce moment par ce cri du coeur : tenez bon !

En effet, ce pauvre pays a encore été hier l'impuissant spectateur d'une de ces pathétiques manifestations des forces les plus conservatrices et archaïques du pays, de ces minorités arc- boutées sur leurs privilèges qui sont les responsables directs de toutes les régressions démocratiques, et qui refusent la marche inéluctable du progrès. On a peine à croire qu'au XXIème siècle, les tenants d'une idéologie qui a fait des centaines de millions de morts puissent ainsi s'exprimer impunément en réclamant un tel retour en arrière, d'autant qu'on ne sait désormais que trop bien l'échec d'un système sanglant qui sous couvert de libérer l'humanité n'a fait qu'oppresser les libertés individuelles.

Et on aurait tort de voir dans cette démonstration un quelconque succès, puisqu'à l'évidence celle-ci est un demi-échec : quelques dizaines de milliers de personnes, qu'est-ce que c'est face à l'ensemble d'un pays qui a élu démocratiquement un gouvernement qui travaille dans un contexte difficile à faire évoluer les mentalités ? Mais ne nous y trompons pas, cette minorité qui bloque la réforme nécessaire dans de frileux réflexes de repli sur soi et de peur face au changement - d'où d'ailleurs sa forte connotation nationaliste et xénophobe - est manipulée par une poignée d'agitateurs extrémistes, toujours les mêmes, de ceux qui veulent mettre à bas la démocratie en se dissimulant derrière une façade de respectabilité qui ne saurait tromper personne. Ces gens qui vivent dans le passé n'ont qu'une seul envie, qu'un seul but : que tout le monde fasse comme eux ! Et le cas échéant, ils sont prêts à l'imposer par la violence, puisqu'on sait que ce qui leur sert d'idées n'a pas reculé, dans un passé pas si lointain, devant les pires excès. Ne doutons pas que le cas échéant, ils ne puissent l'employer à nouveau. De plus, il ne faut pas oublier que chez certaines de ces personnes, il existe bel et bien une forte orientation antisémite qu'ils chercheront évidemment à nier en vain...

Pour ça, il ne faut pas que le gouvernement espagnol cède face à la rue ! Il lui faut tenir le cap de la réforme, afin qu'il sorte son pays de décennies d'un déclin qui a entravé l'évolution indispensable de toute une société qui elle, aspire au changement mais n'ose pas l'exprimer à voix haute. Il doit s'appuyer sur cette majorité silencieuse et ne surtout pas reculer face aux forces du conservatisme le plus démagogique qui ne représentent qu'un monde qui a vécu.

Tenez bon, amis espagnols ! Le bout du tunnel n'est pas loin !


dimanche 29 mars 2009

Adoptez un CSP



Ouais, je sais, je me suis contenté de recycler un vieux billet, ok. N'empêche que ça reste d'actualité, ah. Et puis c'est ça ou m'inscrire sur Adopteunmec.com, donc voilà.

samedi 28 mars 2009

Maccarthysme soft

Ce qui est vraiment frappant, quand on est habitué à la prose des journaux et autres blogs de droite, ou quand on écoute certaines radios comme France-Inter ou BFM, c'est que les gens qui y officient ont tous la même idée de la gauche, sont tous d'accord sur le fond sans avoir eu besoin de se mettre d'accord entre eux. Et en gros, la gauche, ça ne devrait pas exister. Ils reconnaissent, par force, qu'elle est là, qu'elle est certes mal en point mais encore debout et vivante, qu'il y'a encore des gens dans des partis et qui votent à gauche, bref que c'est encore un aspect incontournable de la vie politique, et ça les chagrine à l'évidence si fort que leur rêve humide serait un monde où il n'y en aurait plus. Du tout.

Alors en attendant le moment merveilleux où nous vivrons dans un monde exclusivement composés de lecteurs du Figaro, ils n'en finissent pas de tempêter contre la gauche, qui est à l'évidence responsable de tous les malheurs de l'Humanité, dans des sorties parfaitement outrancières qui font se poser parfois la question de la santé mentale de ces gens qui s'expriment tout de même sur la scène publique. Des déficits à "l'insécurité", du moindre fait divers à la crise financière, de la morosité ambiante au chômage de masse, il y'en aura toujours un pour brailler célafotalagôche et des gens pour opiner à ses sornettes. Un maccarthysme soft, mais étalé sur des années dans le but de discréditer toute forme de progressisme et d'installer la seule Réaction dans les consciences. Et de ce point de vue, les dégâts sont considérables.

Que ces gens nous détestent est une chose et nous le leur rendons bien, il va sans dire. Mais franchement, je ne suis pas convaincu qu'on observe le même tapis de bombe idéologique en face ; je ne constate pas la symétrie dans la hargne dans notre camp - à excepter un ou deux blogs de trotskystes fous et chauves, lesquels ne sont hélas pas représentatifs d'une tonalité générale. Du moins pas encore - et cela est fort dommage, en vérité.

Où y'a t-il, à gauche, un chroniqueur aussi hystérique qu'Ivan Rioufol ? Où se trouve, dans notre camp, une émission du genre Les Grosses Têtes au plateau exclusivement composé de poujado-thatchériens en roue libre ? Quel est l'équivalent d'un Jean-Michel Apathie, dont le vernis de "neutralité" est une piteuse plaisanterie lui servant à faire passer sa soupe néolibérale à longueur de Canal + et de blog pourri ? Sur quel plateau télé voit-on des émissions où les 3/4 des intervenants seraient contre l'économie de marche et passeraient leur temps à fustiger "l'archaïsme" du MEDEF et le corporatisme de droite ? Où se trouve le double d'un Christophe Barbier qui serait autant attaché à la défense de la gauche que l'imbécile prétentieux à écharpe rouge l'est à celle de l'Élysée ?

On sait depuis lurette que le champ politico-journalistique est occupé en totalité par des gens pour qui la notion de "gauche" est au minimum très floue et qui pensent même sincèrement qu'une pourriture libérale comme DSK appartient à ce camp. Autant dire que leur idée de la gauche, c'est une sorte de droite avec quelques scrupules, ce qui est d'ailleurs ô surprise la ligne du Parti "Socialiste" depuis des décennies.

J'en profite au passage pour adresser un petit mot aux derniers socialos assez téméraires - ou masochistes - qui me lisent encore, pour leur dire que franchement, les kids, c'est très très mal barré pour vous. Entre Delors qui fait de la retape pour Fillon et Juppé, et sa fille, qui est tout de même votre secrétaire générale de gré ou de force, qui exprime à voix haute qu'elle préférait Chirac, vous êtes pas bons du tout, là, vous en être conscients ? Si vous attendiez les européennes pour vous refaire la cerise, c'est plié pour vous, là. Quand à 2012, si vous aviez encore le moindre début d'espoir, laissez tomber. C'est mort. Tirez vous de ce parti et passez à autre chose.

Tout ça pour dire que notre problème, c'est qu'on est beaucoup trop gentils. En face, ils n'ont pas nos charmants scrupules à la con sur le "débat", ils ne sont pas obnubilés par une image de responsabilité, ils ne veulent pas discuter : ils veulent nous défoncer, ils sont là pour ça et c'est leur pied géant. Et nous, et bé rhalala qu'on est tout mignons et plein de jolis principes quand il faudrait avoir la bave aux lèvres et entrer dans l'arène en voulant tout saccager.

C'est pour ça qu'il faut changer.
C'est pour ça qu'il faut qu'on devienne butés et méchants.
Intelligents et violents.
Ça nous a apporté quoi, d'être "respectueux de l'adversaire" ? Rien. Absolument rien. En prenant des pincettes avec des barbares, on a fait que reculer depuis des années, et vous savez très bien que j'ai raison. Nous n'avons aucun "respect" avoir pour ces gens. Aucune considération, aucune pitié. Tant que vous ne vous serez pas fourré ça dans la tête, on perdra.

Il faut être dans l'optique de faire mal.

De plus, vous verrez : je suis certain que vous finirez par y prendre goût...

vendredi 27 mars 2009

Chantier

Le nouvel hebdo qui remplace Rouge est sorti, c'est très bien et toutes ces sortes de choses, et je vais m'y abonner par solidarité militante, certainement.
Cela dit, je ne sais pas si je vais le lire.
Ben oui.
De la même façon que je ne pouvais plus lire Rouge au bout d'un moment.
Et de la même façon également que je ne peux plus lire les tracts que pourtant je distribue.

Pourquoi ?
Tout simplement parce que c'est illisible.

Et je suis sincèrement contrit que d'avoir à écrire ça brut de décoffrage, d'autant que je me doute bien que des camarades me lisent et qu'ils sont peut-être à l'occasion rédigé un article ou un tract, et que ce genre de sentence peut ne pas faire plaisir, j'entends bien.
Mais j'insiste, persiste, signe et souligne : dans la quasi-totalité des cas, le brouet extrêmegauchiste à langue de bois intégrée qui est la règle dans ce qu'on peut écrire est abominable. Lourd. Démonstratif. Laborieux.
Chiant.

Je n'ignore pas que les sujets abordés, luttes, licenciements, mobilisations, gouvernement de charognards, se prêtent mal à la frivolité, certes ; je n'ignore pas non plus qu'écrire parfois dans l'urgence sur une situation donnée ne laisse guère de marge pour se poser des questions de stylistique, en effet ; et qu'il est de coutume chez nous de privilégier le fond sur la forme en refusant de céder à certaines facilités, ce qui est on ne peut plus honorable.
De plus, toutes les personnes qui rédigent articles et tracts, qui maquettent le bazar, qui créent de nouvelles affiches etc. sont bénévoles et se cassent le cul en dehors de leur temps de travail salarié pour apprendre la PAO et les charmes austères des masques de fusion sans rien en demander en retour. Nous n'avons pas d'équipes de graphistes ni d'experts en comm', de ces gens vains et inutiles payés à colorier du vide et vendre du vent, puisque nous savons la différence qui existe entre marketing et propagande, cette dernière étant ô combien plus honorable - et je n'ai nul problème pour ma part à employer ce mot - puisque notre démarche politique consiste précisément dans une spécificité à part entière : nous n'avons rien à vendre.

Et donc oui, je sais tout ça.

Mais franchement, camarades, franchement, est-ce que c'est vraiment une raison pour que notre matériel soit aussi amphigourique ?
Aussi marqué au coin d'une vulgate parfaitement opaque pour le pékin moyen ?
N'existerait-il pas d'autres façons de faire partager nos idées sans nécessairement en passer par là ? En se posant la question de la forme sans oblitérer le fond, en présentant les mêmes chose qu'on veut exprimer mais d'une manière un peu différente ? En essayant de faire une effort quand à la formulation et disons le tout net en laissant tomber une bonne fois pour toutes le côté balai-dans-le-cul qui est la triste norme de notre prose en général ?

On est quelques uns à penser que c'est possible, en tout cas. Et qui pensons également que puisqu'on a un joli nouveau parti, c'est aussi le moment de chercher à reformuler les choses, à les faire changer de forme, à dire les mêmes choses mais sous d'autres angles. On ne minimise pas l'ampleur du chantier, puisqu'il s'agit rien moins que rompre avec des décennies de pratique propagandiste pour en inventer une nouvelle. Et c'est faisable, on en est convaincus. Les talents existent, dans ce parti !

Il faut simplement se faire un petit peu confiance et ça viendra tout seul.

jeudi 26 mars 2009

Extreme relooking


Merci à Raf de Toulouse.

Bon, c'est un petit peu mieux que les affiches habituelles, non ? Et à ce propos, bientôt sur CSP, un billet spécial "Reformuler", ou comment le NPA doit d'urgence faire des affiches et des tracts lisibles. ET oui, je sais, y'en a du boulot, ahlala.

Edit : Il y a des talents dans ce parti, décidément : la preuve, le détournement d'un film néoconservateur en affiche qui arrache tout, à présent en haut à droite. C'est tout simplement génial. Je kiffe. Chuis fan hardcore. Merci au lecteur qui me l'a envoyé, ainsi qu'à l'artiste il va sans dire. I love you. On va y arriver, kids !


Love story

"- Allo, Laurence ? C'est Henri, ça va poupette ?

- Putain non, ça va pas, enculé ! Tu me fais quoi, là ? Vous me faîtes quoi depuis trois jours, là ??? Gros connards, va !

- Rhalala, toujours aussi impétueuse, je te reconnais bien là...Bon, écoute calme-toi, on va discuter de ça, d'accord ?

- Mais par les poils de cul de Tocqueville, c'est quoi donc que ce gouvernement de grosses fiottes, là ??? Putain, moi et mes potes on pensait avoir Reagan 2.0, on se retrouve avec des...des...des communistes ! Vous êtes des communistes de droite !!!!!

- Arrête de crier...

- Des communistes de droite !!! De toutes façons, c'est rien que ça, ce pays de merde, des communistes partout, mentalité bloquée et fouteurs de bordel quand nous autres les entrepreneurs on veut rien qu'à faire le bien autour de nous et personne nous comprends...chuis trop deg'...

- Bon maintenant tu va m'écouter, d'accord ?

- Pff...

- Bon, écoute, Laurence, je sais bien que c'est pas trop le moment, je sais bien que c'est pas ce qu'on avait convenu, je sais tout ça...mais là, on est pas bien, hein. Faudrait, attends avant de t'énerver, faudrait que toi et tes potes vous fassiez semblant de faire un effort, sur les rémunérations, les stock-options...

- Enculés !!!

- Que vous fassiez semblant d'arrêter de vous gaver un certain temps pour calmer les esprits, là. Parce que bon, la crise, le pouvoir d'achat, enfin tu vois, les français, ils...

- J'encule les français, peuple de merde qui sont que des communistes ! Rien à branler des français, je fréquente que des entrepreneurs qui font la richesse de ce pays de tapettes et au final personne nous aime !!! Comme quoi on a bien raison de leur pisser à la gueule sans arrêt, à ces veaux, putain !!!

- Pfou, bon, t'es relou, là. Je te dis qu'il faut que vous fassiez semblant. Semblant ! C'est pas dur à piger, si ? Vous vous réunissez, vous signez une charte éthique ou je sais pas quoi, vous faites des sourires aux caméras, tu place deux ou trois fois "responsabilité", et tout continue comme avant. L'idée, c'est que vous vous en mettiez moins dans les fouilles maintenant, pour vous en mettre encore plus, mais un peu plus tard.

- Plutôt creveeeeer !!!!!!!!!

- Bon, c'est du caprice, là, hein ? Tu nous fait du caprice, c'est ça ? Mais bordel à bite, tu comprends rien à rien ou quoi ? On est pas bons, là, merde !!! Les gens, ils arrivent plus à remplir leurs putain de caddies à Lidl et ils voient des mecs se barrer avec des millions et donc ils gueulent !!! Ça pue du cul, l'ambiance et on a pas envie de se retrouver avec un nouveau Mai 68, ok ?

- Mais envoyez leur l'armée, putain ! Quand ils font des manifs, vous tirez dans le tas ! Vous prenez quelque rouges et vous les exécutez sommairement devant la télé et ça va calmer tous les autres !!!

- Ah Laurence, je te jure que c'est pas l'envie qui manque, parfois...quand je vois toute cete chienlit qui défile je te prendrais un Famas et TATATATATATATATA !!! Mais bon, on peut pas. C'est ballot, hein ? Du coup, on est obligé de causer avec les syndicalistes, putain mais quelle angoisse...

- Des communistes ! Tous ! À part ce monsieur Chérèque, qui est bien élevé, lui, pas comme les bolcheviks qui prennent des entrepreneurs en otage et les séquestrent dans d'atroces souffrances qui les marquent à vie qu'on se demande pourquoi vous envoyez pas le RAID pour faire le ménage, tas de gonzesses !

- Ouais, ben non, on peut pas, c'est nul mais on peut pas, là. Alors voilà ce qu'on va faire ; où plutôt, voilà ce qu'on ne va pas faire : il n'y aura pas, je m'y engage personnellement, il n'y aura pas de lois pour vous obliger à faire quoique ce soit, ok ? Est-ce qu'on vous a déjà obligé à faire quelque chose depuis qu'on est là ? Franchement ?

- Putain, manquerait plus que ça !

- Tu vois bien. L'idée, c'est qu'on fait le gros dos pendant mettons un an en espérant que cette putain de croissance soit au rendez-vous, et tout reprends comme avant. On a rien contre le fait que tes potes et toi vous vous en mettiez plein la gueule, on veut juste que vous le fassiez plus discrètement, c'est possible ça ?

- Mais c'est une atteinte aux droits de l'entrepreneur ! On a le droit, le droit, non, même pas, on a le devoir d'en prendre un maximum ! L'entrepreneur il est pas là pour faire du social mais pour faire du fric ! Plein ! De ! Fric ! Et plus il en a, plus il crée de l'emploi et de la richesse et relève ce pays de pouilleux pour le rendre plus compétitif et...

- Non, c'est bon Laurence, on est entre nous, là, c'est pas la peine de me raconte ça à moi.

- Ah ouais, excuse, l'habitude, tu comprends...

- No problemo.

- ...à force de répéter des conneries, tu finirais par y croire, tu sais ce que c'est...

- Tu m'étonnes.

- ...c'est que je sais plus où j'en suis, moi, avec tout ça...

- Écoute Laurence, va falloir que j'y aille là, j'ai des instructions à donner à un ou deux ministres pour qu'ils fassent semblent de s'indigner aux prochain plan social et Fillon qui fait semblant de les chapitrer après, le truc habituel, quoi. Tu réfléchis, Laurence ? C'est pour le bien de tout le monde, tu le sais au fond, non ?

- Voui, je...bon, on se rappelle, ok ? Heu, dis, avant, je voulais te dire...on est pas vraiment fâchés, hein ?

- Meuh bien sûr que non, ma chouppette, voyons ! Tu sais bien qu'on t'adore tous, ici !

- C'est chou, parce que que enfin, tu sais, on est énervé et on dit des trucs qu'on pense pas vraiment, alors voilà quoi...on est toujours amis, dis ?

- Oui, Laurence, on est toujours amis. Plus que jamais. On va se sortir ensemble de ce mauvais pas, et tu verras, on en rira quand ce sera terminé.

- Merci, meci, c'est adorable. Bisou-bisou, alors.

- Bisou ! Tchaw !

- Tchaw !".


mercredi 25 mars 2009

Merci patron !

Un seul mot : bravo. Et merci, aussi. Bravo et merci, Thierry Morin, PDG de Valéo qui va se barrer d'une boîte qu'il a coulé avec un gros chèque de 3,2 millions de beaux et bon euros. Oui Thierry, c'est à toi personnellement que je m'adresse pour te dire un immense merci. Ce que tu viens de faire, c'est trop chou. Pas seulement que tu deviennes millionnaire après avoir été un gestionnaire calamiteux, puisque tu es à l'évidence lourdé pour incompétence, mais surtout pour ta rock n'roll attitude ; parce vraiment, en ce moment exact et précis où même le gouvernement de charognards que nous subissons commence à comprendre qu'il faudrait peut-être y aller mollo sur le libéralisme et le profit à tout prix, toi, tu dis "fuck you" à la terre entière et tu refuses de jouer le jeu. Le vrai punk, quoi. Et on applaudit.

Parce que grâce à toi, grâce aux gens comme toi, on va encore monter.
Parce que tu es la preuve vivante qu'on a raison et ça commence à se savoir de plus en plus.

Ah ! Je me souviens de l'à quel point ce fut difficile il n'y a pas si longtemps que de se dire anticapitaliste. On se moquait, on se gaussait, on nous tournait en dérision...On voulait nous expliquer que oui mais bon, et qu'est-ce que vous voulez d'autre, et il faut être raisonnable, et la Fin de l'Histoire, ah ah ah, on en rit maintenant, oui, il y a eu des gens pour prendre la Fin de l'Histoire au sérieux rendez-vous compte. Pendant des années et des années, on ne nous a guère pris au sérieux, et c'était quelque peu lassant, parfois...
C'est vrai que ces dernières années, on avait pu voir une évolution, de plus en plus nette, une porosité de la société à notre discours, oh pas bien grande au départ, oui, mais un peu plus chaque jour, on commençait à éventuellement envisager qu'on puisse parfois ne pas avoir tout à fait tort tout en exagérant un peu évidemment...
Patatras.
Crise financière.
Et les masques tombent enfin.

Parce que vois-tu, Thierry Morin, les gens comme toi font plus pour nos idées et leur propagation que milles collages d'affiches, que mille diffs de tracts devant une usine ; et pour ça, définitivement, merci. Tu n'est pas le premier, cela dit ; et tu n'est pas le dernier, certainement pas non plus ; mais vois-tu, à chaque affaire de ce genre, c'est une goutte d'eau de plus qui tombe dans le vase plein à craquer déjà de la colère populaire. C'est aussi de plus en plus de gens qui se tourneront vers nos idées en comprenant maintenant que ce sont elles qui sont viables. Et bien mieux que la théorie qui voudrait que l'UMP nous monte en épingle pour faire chier le P"S" - ce dont nous n'avons par ailleurs nul besoin, tant il est évident qu'entre nous et l'UMP il n y a désormais plus rien - ce sont surtout les patrons arrogants et d'une avidité proprement obscène, comme toi, qui sont nos meilleurs propagandistes.

Faut dire que tes copains, tu les met bien dans la merde, aussi. La droite fait semblant d'être stupéfaite, tu m'étonnes, et le Nain a même agité un gros doigt grondeur en menaçant - c'est un de ses running-gag favori - de faire une "loi" contre de genre de dérive, ah ah ah. Mais bon personne ne le prend au sérieux, évidemment. Quant à Christine Lagarde, ministre de l'Économie qui se casse la gueule, n'a t-elle pas à soigneusement faire oublier que ce fut elle qui te nomma à la présidence du conseil d’administration de l’INPI, organisme chargé des brevets, tu étais décidément un homme très occupé...Tiens, même cette chère Laurence commence à se dire que faudrait peut-être se calmer, elle a peut-être peur de finir séquestrée par des salariés comme la mode en revient en ce moment. Tu me diras, comme ça elle verrait de plus près ses salariés qu'elle étrille à longueur de temps et ça lui ferait sans nul doute le plus grand bien.
Tout ça pour dire que eux, là, ils commencent vraiment à flipper. Ils commencent surtout à se dire qu'ils sont encore plus profond dedans qu'ils ne le pensaient. Et ils voient que c'est pas fini du tout.

C'est pour ça que moi aussi, à l'instar de Phillipe Sage, je t'exhorte à ne rien lâcher. Parce que les gens comme toi, c'est comme ça qu'on les préfère : boursouflés. Arrogants. Puants d'un mépris même pas dissimulé. Complètement coupés des réalités. Amoureux de l'argent. Proprement irresponsables et d'une divine obscénité. En un mot comme en cent : décomplexés, quoi. Ah, comme elle semble loin désormais, la fable de "l'entreprise citoyenne" qu'on avant tenté de nous vendre ! Cette entreprise si soucieuse d'éthique et d'humanisme avec une touche écolo pour faire joli et ses si gentils patrons responsables et concernés, on nous avant présenté ça comme le saut qualitatif qui allait changer le vilain libéralisme qui fait des dégâts en gentil libéralisme qui fait des bisous...
Terminé, ces sornettes.
Car toi, Thierry Morin, tu es le vrai visage du néolibéralisme.
Et tout le monde le voit en ce moment.

Pour tout ça, un seul mot :
Merci.
Et encore bravo.

mardi 24 mars 2009

DOUBLE BEEEEUUUUUUAAAAAARRRRKKKKK !!!!!!


Attendez, y en a encore :

"la seule formation politique en France à défendre les valeurs de justice sociale et d’humanisme est le Front National de Jean-Marie Le Pen" ()

Oui, vous avez bien lu, non, vos yeux ne vous abusent pas, oui, c'est bien votre cerveau qui tente de s'échapper de votre boîte crânienne.
On se le refait ?
Allez.

"la seule formation politique en France à défendre les valeurs de justice sociale et d’humanisme est le Front National de Jean-Marie Le Pen".

Le Front National.
Justice sociale.
Humanisme.
Dans la même phrase.
Oué.
Comment dire.
Une seconde, je reviens, bougez pas.


Ça va mieux.
Et qu'en conclure ?
Et bien qu'il faut d'urgence accorder des gros gros gros crédits à la recherche pour que des mecs vachement intelligents inventent fissa une machine à remonter le temps, comme ça on kidnappera tous les pauvres gens qui sont morts et à qui du coup on peut faire dire portenawak et on les ramène dans le temps présent.

Et à mon avis, ils vont faire de drôles de têtes, certains.

lundi 23 mars 2009

BEEUUUUAAAAARRRK !!!!!!!!!!!!


"Nous devons nous battre de l'extrême droite à l'extrême gauche contre ce centre qui détient le pouvoir depuis très longtemps, contre le système béké en réalité, a affirmé Dieudonné. Parce que c'est le même système béké qui est en France et je pense l'avoir localisé."

Une "candidature "antisioniste". Ah oué. Vraiment. Mais pas du tout du tout "antisémite, naaaaaan, qu'est-ce que vous allez soupçonner là, vilains que vous êtes. Même quand on voit la joyeuse troupe qui va l'entourer, d'ailleurs, parce que franchement c'est que du bonheur : le clown ex-frontiste Soral et son guignol's fanclub d'Égalité & Réconciliation, le complotiste Thierry Meyssan, la secte du Centre Zahra, et d'autres dingues moins connus. Et il n'est nul besoin d'être grand clerc pour prévoir que le service d'ordre et les collages d'affiches vont être assurés par les autres potes de Dieudonné, à savoir les nazillons du nanopuscule Droite Socialiste et les groupies de Kemi Seba. Et dans ces tas de déchets en rupture de clinique psychiatrique, y'aura rigoureusement aucun antisémite. Pardi. C'est incroyable comme c'est crédible. Tout de suite, t'as envie d'y croire à mort.

Alors bon, ce n'est pas comme si pareil rassemblement, aussi dégoûtant soit-il, représentait une menace effective, j'entends. Il y'aurait sans doute d'autres choses à pointer en ce moment, plus importantes, plus urgentes, oui oui. Cette liste minablissime fera un score absolument dérisoire, et même Dieudonné le sait, le fait de se présenter n'ayant que pour but de propager un maximum ses "idées" et celles de la fine équipe qui l'entoure. On pourrait presque en rire, allez, et j'aurais pu faire un billet ironique avant que de passer à autre chose.

Sauf que là, non. L'ironie et la dérision, ça a du bon. Mais pas toujours, pas tout le temps. Et pas avec tout le monde. Et certainement pas avec ces gens-là.
Parce que tout simplement, ça existe, et ce simple constat est insupportable.
Parce que la seule chose qui rassemble ces gens, le seul truc qui les motive à pour faire bisou-bisou, c'est un fantasme. Pas une réalité effective, pas des analyses politiques communes, même pas une bribe idéologique un tant soit peu construite : un fantasme. Le fantasme de l'omniprésence et omniscience des juifs. Le fantasme puant par excellence. Et pour ça, par quel bout qu'on prenne cette liste, rien que son existence donne envie de gerber. Et que ça soit ultra-minoritaire, que ça ne représente rien à une échelle de masse, que ça ne soit au final qu'une bande de spongiformes hallucinés qui ont besoin de se tenir chaud en s'entre-alimentant la paranoïa n'est en aucun cas une raison pour hausser les épaules et laisser pisser. Ces gens sont abjects. Ces gens sont à combattre. Ces gens sont à mettre d'urgence dans des poubelles de l'Histoire qui n'en finissent décidément plus de déborder. Et encore plus quand on voit la tentative qui est faite de récupérer l'admirable mouvement des Guadeloupéens pour essayer de le mettre à la remorque de pareils rats.

C'est pour ça que si d'aventure il prenait à des militants de cette liste l'idée fort saugrenue de vouloir nous taper la causette sur l'air de "ouais mais nous aussi, quelque part, on est anti-système, tu 'ois, et au final on est que les revers de la même médaille, tu 'ois" (ne riez pas, ce genre de choses et déjà arrivé : des mecs du GUD qui viennent voir des liguards sur un marché pour tenter de trouver des "convergences". Ouais, je sais, ça tue. Et ça a immanquablement fini à coup de baffes, évidemment), et bien je gage que nous saurons à ce moment ouvrir un dialogue équitable et citoyen dans une vue d'enrichissement mutuel dans le respect de l'opinion d'autrui.

On va leur démocratiser la gueule, quoi.

dimanche 22 mars 2009

Partialité

Lu chez Agnès, un billet du taulier de l'Autre réseau qui explicite pourquoi il a décidé de se faire virtuellement seppuku, et c'est très intéressant à bien des égards. Resituons le débat par une citation :

"En faisant tourner L'Autre Réseau, je me suis rendu compte, jour après jour, de la difficulté de tenir cette position : on veut soutenir, par exemple, les Indigènes, et l'on soutient du même coup certaines formes de positions identitaires, on veut soutenir les luttes des femmes, et l'on soutient la haine des hommes, on veut soutenir la lutte contre les discriminations, et l'on soutient le retour des discriminations dans leur forme la plus sordide (...) on veut soutenir la lutte contre l'homophobie, et c'est la haine des hétéros que l'on soutient, on veut publier tout ce qui sort dans les luttes syndicales, on espère la grève générale, et c'est encore les cadres syndicaux bien planqués qui font le bénéfice de notre militantisme anonyme, généreux et bénévole. On veut soutenir la cause palestienne, et l'on soutient du même coup la religion".

"cette immersion de quelques mois dans le web militant m'aura convaincu qu'il faut absolument chercher d'autres moyens d'agir, d'autres moyens de militer. Pendant un certain temps, je m'étais fais une raison, en me disant : Eh bien soit ! publions tout, chacun reconnaîtra ce qui le concerne !. Et là encore, ce fut une erreur : une telle position ne fait que valider la victoire totale du communautarisme, la victoire du chacun-pour-soi, qui est la vraie victoire du libéralisme, et qui est la vraie raison de la victoire d'un Sarkozy".

Prenons les choses dans l'ordre.

Tout d'abord, en effet, le constat est on ne peut plus simple : Internet n'est pas fait pour militer. Ce n'est pas sa fonction, ce n'est pas un moyen d'agir, et s'illusionner en pensant que rester devant son clavier pourrait permettre de changer un tant soit peu les choses m'apparaît plus comme une réaction de repli individualiste que comme une position politique viable. Informer, oui. Communiquer, aussi, et défendre des idées, se renseigner, approfondir, en oubliant pas de se faire plaisir - tant que CSP m'amuse, je le continuerai. Le jour où je me rend compte que je me force et que ça m'emmerde, je passe à autre chose. Mais en aucun cas je n'ai pensé une seule seconde que je puisse uniquement militer sur le Ouèb. C'est un outil. Un outil qui permet plus de fonctionnalités que les autres, qui permet également - et c'est loin d'être négligeable - d'exprimer des points de vues très personnels, voire de se lâcher pour de bon de temps en temps. Et c'est déjà énorme ! Mais que ça remplace le militantisme de terrain ? Que ça dispense de se bouger le cul pour ses idées ? C'est tomber dans le miroir aux alouettes de la société de l'information et risquer de ne plus voir les choses telles qu'elles existent.
Un exemple concret ? Twitter. Ça sert à quoi, Twitter ? À rien. Se faire plaisir devant son ordi en échangeant des blagues avec ses potes scotchés devant l'écran. Un gadget pour membres de la classe moyenne éduquée qui finissent à force de tourner en rond dans leurs petits cénacles finissent par s'entre-persuader que ce machin a un impact quelconque, alors que non. En un mot : de la branlette. Et c'est ça le risque du militantisme 2.0 : finir par se tripoter la nouille en étant fasciné par les "réseaux" et les "possibilités" que ça offrirait, idéal prétexte pour réduire à la portion la plus congrue possible ses relations avec le vaste monde qui existe en dehors des pixels.

Le second point qui m'a interpellé dans le billet d'Arsène, c'est quand il exprime la difficulté de trier. De hiérarchiser, en somme, et c'est là où on voit les limites de la bonne volonté en politique.

En ce moment, à gauche, c'est un gigantesque bordel, on est tous d'accord là-dessus. Tout le monde part dans tous les sens et on peut s'emboucaner avec le premier venu pendant des heures sur des virgules en se jetant des citations à la tête, et tout ça est bien fatiguant parfois, oui certes. L'éclatement idéologique est total, puisqu'il n y a plus de définition unilatérale de ce que devrait être "la gauche", et c'est sans doute tant mieux, quelque part. Disons qu'on ne peut plus asséner de monolithiques certitudes des lendemains qui vont obligatoirement chanter avec le petit doigt sur la couture du pantalon, et rien que ça, ça repose. Le prix à payer étant inévitablement la recomposition dialectique du paysage politique en cours ; en gros, les anciens repères traditionnels ne sont plus efficients et les nouvelles règles ne sont pas encore installées. Ce moment de flou et de confusion permet à toutes les idées, et je dis bien toutes y compris les plus absurdes parfois, de s'exprimer et encore une fois, c'est très bien. Jusqu'à ce que se définisse le nouveau paradigme qui permettra à la fois d'unifier toutes les tendances et de faire le tri, nécessaire, entre ce qu'on garde et ce qu'on jette.

Et comment faire ça ?
En ayant une boussole politique.
En ayant une culture, des opinions et des convictions, des lectures et des expériences de vie qui définissent un rapport au monde et donnent des outils pour l'analyser. Et en ayant des objectifs, également. Des directions qui font sens, dans les deux acceptions du terme, orientation et signification, et partant des notions tactiques et stratégiques sur les but à atteindre et les moyens d'y parvenir. Et oui, en effet, c'est du boulot tout ça. Et faut avoir envie. Et faut avoir le temps, également.
Et aussi, ça demande de clairement assumer une certaine partialité, voire une partialité certaine.

En politique, la bonne volonté ne suffit pas, loin, bien loin de là. Ce serait même, et l'expérience d'Arsène sur l'Autre réseau en fournit une preuve, une sorte d'impasse. On est inévitablement obligé de trier, de hiérarchiser, et au bout d'un moment, de déplaire, y compris à des gens avec qui on peut avoir des affinités sur des points précis mais dont on est éloignés sur d'autres. Là aussi, exemple concret : le site "Les mots sont importants". Autant je suis on ne peut plus d'accord sur leurs analyses du post-colonialisme, autant leur positionnement féministe pro-voile me dérange. Et surtout la façon qu'ils ont de le défendre mordicus avec des arguments pour le moins spécieux - en gros, si t'es pas d'accord avec eux, t'es un crypto-raciste et tu fais le jeu de la droite. Ce genre de chantage ne passe pas du tout avec moi, et c'est pour ça qu'ils ne sont pas en lien sur CSP, voilà, c'est aussi simple que ça. Trier. Hiérarchiser. Définir des priorités par rapport à une boussole politique la plus précise possible, et partant, accepter de déplaire.

J'ai toujours le projet de lancer une sorte de "Gauchosphère", non je n'ai pas abandonné l'idée. Mais la mise en place de l'objet m'apparaît de plus en plus complexe, et l'aventure de l'Autre réseau me renforce dans l'idée d'un passage obligé par un tri sélectif du contenu. Et il y'a de fortes chances pour que ça ne fasse pas plaisir à absolument tout le monde, et que ça rouspète, etc.
Ben je l'assume d'avance. Voilà.

Et cette ligne me semble, sinon la seule viable, du moins la plus pertinente.
Ce qui signifie pour être plus précis que, mettons, le projet aboutit, et moi avec d'autres on lance une jolie Gauchosphère, tagada tsouin tsouin ; et bien il n'y aura pas de position pro-voile. Même féministes. Non, il n'y en aura pas, n'insistez pas. Il n'y aura pas non plus de gens qui défendent le "droit" à la prostitution. Et il n'y aura bien évidemment pas de gens qui passeront leur temps à cracher sur le NPA, il va sans dire. Ah là, désolé, mais si c'est un militant du NPA qui lance le truc, on va pas accueillir en plus des gens qui nous démontent à longueur de temps, c'est pas Marianne non plus.
Ça refroidit, hein ?
Tant mieux.

J'ai choisi. J'ai une ligne. Je m'y tiens. D'aucuns vont pleurer au "sectarisme" et grand bien leur fasse. Sauf que ça porte un autre nom, cette démarche.
La cohérence.

Tout simplement.


samedi 21 mars 2009

Quand je vois Frédéric Lefebvre, j'ai envie de lui faire mal...



...et je sais, oui je sais, que toi aussi, qui me lit en ce moment, tu en a envie également. Ne le nie pas, tu sais que j'ai raison.
Ensuite, tu me diras, avoir envie de faire mal à n'importe qui de l'UMP, c'est normal et même sain, quelque part. C'est le contraire qui serait inquiétant. Avoir une réaction d'hostilité épidermique dès qu'on aperçoit leurs sales gueule n'importe où est on ne peut plus salubre, il n y a pas lieu de s'inquiéter pour ça, c'est juste la preuve qu'on est en bonne santé mentale.
Mais lui, c'est particulier, et ça aussi, tu ne pourra qu'acquiescer.
Oui, avec Frédéric Lefebvre, c'est définitivement un saut qualitatif déterminant qui se passe. Lui, il donne des raisons de passer à l'acte. Rien que le voir sourire justifierait des crimes, et si cela arrivait, si quelqu'un était suffisamment poussé à bout pour commettre d'irréparables forfaitures sur la personne du porte-parole de ce gouvernement de chiens galeux, il ne se trouverait à coup sûr aucun juge, aucun jury, pour condamner la malheureuse personne qui aurait tellement souffert de voir sa sale trogne qu'elle aurait eu un acte de salutaire désespoir.

C'est mal de penser des choses pareilles. C'est très mal, je m'en veux terriblement, je suis pris d'une sincère épouvante quand de pareilles pensées traversent mon pauvre esprit harassé. Et je sais que c'est votre cas aussi, puisque vous êtes de gauche, donc foncièrement bon et pleins d'empathie. Mais voilà ce que cette droite charognarde déclenche chez nous, puisque c'est tout de même de leur faute à eux, de leur faute d'abord, si on devient si méchant. Car comment, mais comment ne pas le devenir ? Hein ? Comment ? Tiens, regarde la vidéo, là, au dessus. Voilà, tu m'as compris. Là, tout d'un coup, franchement, t'aurais pas comme une envie de je sais pas moi, de kidnapper Frédéric Lefebvre et de le séquestrer dans une cave humide, de le sangler sur un matelas en le nourrissant uniquement par intraveineuse et de lui mettre sur les oreilles un casque audio avec du Claude François en boucle ? Et la même chanson, Le téléphone pleure, par exemple, et tu te casses en le laissant comme ça. Avec Le téléphone pleure non-stop, 24 heures sur 24, et tu ne reviens qu'au bout d'une semaine. Le mec, tu le récupères, son cerveau c'est du yaourt.

C'est atroce de songer à de pareilles choses.

Mais en même temps, ça peut se comprendre, non ?

Mais regardez le putain ! Et oui, on sait bien qu'il a été choisi précisément pour ça, pour attirer l'ire - légitime - des bonnes et honnêtes gens de gauche, que le choix de ce sale type comme porte-parole est un calcul simple et efficace, puisque mettre en avant un bourrin pareil qui se délecte à coup sûr de ses propres provocations lui fait tenir un rôle de paratonnerre qui va cristalliser l'animosité sur sa seule personne. C'est fait pour et de ce point de vue ça marche très bien, la preuve. Non, en fait, à la réflexion, ça ne marche pas si bien que ça, puisque la colère populaire - elle aussi on ne peut plus légitime il va sans dire - qui monte en ce moment ne se trompe pas d'objet et cible les vrais coupable, les Fillon, les Pecresse, les Darcos. Faut admettre qu'on a tout de même là de vrai champions.
Mais même. Frédéric Lefebvre, ça reste un cas à part.

Tiens, dans la vidéo, il à l'air plus hésitant que d'habitude, on dirait qu'il a l'esprit ailleurs, qu'il est préoccupé. Tu te demande par quoi. Et tu te surprends à espérer qu'il lui arrive des trucs moches. Tu ne peux pas combattre ce qui te viens à l'esprit, c'est de l'ordre de la compulsion, c'est plus fort que toi. Tu as envie qu'il ait perdu la garde de ses enfants. Que sa mère soit malade. Qu'un proche soit décédé, qu'il vienne d'apprendre qu'il est atteint d'une de ces maladies exotiques longues et incurables qui sont un mystère pour la médecine, que sa fille adolescente sorte avec un militant du Modem, que des choses atroces, quoi. C'est horrible. C'est horrible. Mais tu peux pas t'en empêcher.

Ces gens nous rendent méchants. C'est de leur faute. Nous, on a rien demandé. C'est eux qui ont commencé.
Il faudrait peut-être avoir beaucoup d'amour pour Frédéric Lefebvre. Il faudrait faire preuve d'une immense et sublime compassion, sans doute...
Mais c'est peut-être trop demander à nous autres, pauvres humains...


vendredi 20 mars 2009

The hunt is on


Nan, sans déconner, vous pensiez vraiment que les gens qui vont là-bas, c'est pour aller voir des films péruviens ? Z'êtes d'indécrottables optimistes, vous. Votre foi dans la nature humaine à quelque chose de rafraîchissant, pour le coup. Parce que bon, bien 80 % des gus qui sont en train d'y prendre l'apéro, ils ont ont à peu près rien à carrer, du cinéma d'Amérique latine. Comment j'en suis certain ? Ben j'en fais partie, ma bonne dame. Faut admettre que c'est le THE rendez-vous festivo-libidinal du printemps avec alibi culturel, tous ceux qui connaissent seront d'accord. Ensuite, c'est vrai que je pars avec un certain nombre de handicaps dans la course : je cause pas trois mots de castillan, le côté "exotisme cultureux" : rien à foutre, et surtout, la concurrence sur place sera d'une rare férocité. C'est carrément la guerre, là-dedans, plus d'amis ni de frères, chacun pour soi et malheur aux vaincus. Mais bon, il faut tout de même y aller, n'est-ce pas ; ne serait-ce que pour tenir son rang.

Allez, on se voit toute à l'heure là-bas.


La cuillère n'existe pas


Une bien belle journée hier, dans tous les sens du terme : grosse manif', cortèges denses, du beau temps, c'était bien.
Ça aurait même été encore mieux sans qu'on se fasse régulièrement prendre la tête par de bonne âmes ne comprenant pas pourquoi, mais pourquoi mais pourquoi donc on ne va se commettre dans le Frondegôche paske oui mais tu comprends blablabla. La première fois, tu est pédagogue. La deuxième, tu fait un effort. La troisième, tu trouves qu'il fait un peu chaud, là. La quatrième, tu mords. C'est quand même très très agaçant de devoir répéter les mêmes choses à chaque fois, vu qu'en plus on s'en est déjà expliqué en long en large en travers et en bandoulière et il y'en a toujours qui pigent pas. Perso, au bout d'un moment, chaque fois qu'on me tirait par la manche en nous reprochant mais pourquoi vous ètes pas dans le Frondegôche, je lançais :
"Parce qu'on veut pas finir comme les Verts !"
Et le débat était clos.

Le plus terrible, en fait, c'est qu'il y a des gens qui sont sincères quand ils vous demandent ça. Sincères mais pour le coup franchement naïfs. Puisque quand on leur explique que non, on ira pas piske nos "partenaires" ne vont obligatoirement que se ruer dans les gros bras mous des socialos pour avoir des postes et qu'au final tout ce bazar n'aura servi à rien, on te regarde éberlué en faisant "Meuuuuh non enfin c'est pas possib' ils feront pas ça ?".

C'est là que tu te rends compte que pour bien des gens, en effet, la cuillère existe. Et c'est inquiétant, quelque part. Parce que nul besoin d'avoir une culture politique en béton pour poser ce genre de pronostic, un peu de mémoire immédiate suffit pour analyser la situation et faire ce simple constat : sans le P"S", le PC et le PG sont morts. Et ils le savent. Et ils voudraient nous embarquer dans cette galère avec eux pour quoi faire ? Servir de caution gauchisante au énième replâtrage des réformistes, et tout ça au final pour voir les Aubry et les Fabius tirer les marrons du feu sans avoir rien fait comme ils en sont tellement coutumiers ? Non merci, sans façons.

Ensuite, on sent bien qu'il y a un certain affolement, dérrière ce questionnement. L'angoisse, légitime, face à ce gouvernement de charognes, fait penser que ça serait la meilleure des solutions que de se tenir tous par la main et faire une jolie ronde de gauche tant la situation est franchement flippante, ok, on comprend. Sauf que quand on y réfléchit deux secondes, ça tient pas la route, cette affaire de Frondegôche. S'y embarquer, c'est encore faire des promesses qui seront déçues et il y en a déjà eu bien trop. Qu'on refuse d'encore flouer les attentes des gens par de vibrantes déclarations ("on passera devant le Parti Socialiste !!!!!" - ouais, on peut entendre et lire des trucs comme ça, et à ce point de déni du réèl ça fait un peu peur, tout de même) pour se faire avaler tout crus par le social-libéralisme à la fin, il me semble que ça n'est pas trop difficile à comprendre. Mais bon, je suppose que certain(e)s ne veulent pas, ne peuvent pas, ou n'ont pas envie. Et désolé, mais tant pis pour eux.

D'où d'ailleurs l'agressivité croissante vis-à-vis de nous, pas tant de la part de la droite qui est dans son rôle, mais du côté des bureaucrates syndicaux et responsables de la gauche institutionnelle, qui voient d'un très très méchant oeil la montée en popularité de nos idées, et dame comme on les comprends, allez : on menace directement leur place en leur mettant la pression et ils voient et entendent leurs adhérents commencer à prêter l'oreille à nos discours. Les boules. Manquerait plus qu'ils fassent vraiment leur boulot et qu'ils finissent par défendre les travailleurs sans pouvoir recourir aux compromissions et atermoiements habituels. Ceux-là, on vous le garantit, ils n'ont pas fini de chialer dans la presse qui ment. Ah ah.

Sur ce, vous voudrez bien m'excuser, mais j'ai fort à faire dans le monde réel.

jeudi 19 mars 2009

Mémoire courte

Quoi de plus répugnant qu'un type qui change d'avis plus vite encore que de chemise ? Qui n'a de convictions que ponctuelles et contextuelles, qui tourne tellement vite sa veste qu'elle doit en être en lambeaux ? En un mot, quoi de plus dégoûtant que l'opportuniste qui va où le vent le porte dans l'espoir que celui-ci lui assurera peut-être la bonne place, la bonne prébende, la bonne visibilité médiatique...

Ainsi Bertrand Delanöé.

Mais si, souvenez vous, c'était il n'y a pas si longtemps. Il était à une époque en lice pour le poste de secrétaire général du Parti "Socialiste" et il avait même sorti une sorte de chose hâtivement nommée "livre" où il trompetait sa fierté d'être "socialiste ET libéral". Ah, vous voyez que ça vous reviens, quand même, oui, lui, là. Qui chantait les louanges du Joli Marché Qui Rend Heureux au moment pile où la finance se cassait la gueule, pas de bol, hein ? Se dire libéral quand le libéralisme se discrédite de flamboyante manière, dites, vraiment, c'est pour ainsi dire pas de veine, rhalala...Et du coup, Bertrand Delanöé l'avait tout d'un coup beaucoup moins ramené et avait même tout fait pour se faire oublier.

Jusqu'à cette tribune parue dans rue89.

Puisque Bertrand Delanöé a certainement profité de cette retraite méditative pour relire ses classiques, vu que d'un coup d'une seul, il se redécouvre...de gauche ! Saperlipopette ! MAis vraiment de gauche, enfin presque vraiment, bon, le manque d'habitude sans doute mais au moins il fait un effort, tenez, lisez-moi ça :

"La crise économique est au cœur de l'Europe. Brutalement, c'est tout un système qui a implosé, ce capitalisme financier livré à lui-même et fondé sur la recherche massive et immédiate du profit. Pour des millions d'Européens, confrontés au chômage et à la précarité, l'impact social est terrible."

Alors, quoi ? C'est pas percutant comme du Serge Halimi, ça ?

Et ça, aussi, allez :

"ceux qui, aujourd'hui, prétendent « refonder le capitalisme » se sont toujours inscrits dans la logique mécanique d'un système qui a failli."

Ouh la la, mais Bertrand t'es fou dans ta tête, là ! La virulence de la critique est proprement terrifiante, c'est tout l'édifice libéral-sécuritaire qui vacille, pfou, laisse nous par pitié nous remettre de pareille violence, on est pas habitués...

Non mais de qui se moque t-on ?
Bertrand Delanöé pense t-il vraiment qu'on a la mémoire aussi courte ?
Et qu'en plus on dispose de Google pour nous la rafraîchir.
Genre.

Vu que c'est le même personnage qui proférait il y'a moins d'un an :

"Le socialisme «doit se réconcilier avec la notion même d'individu. Nous ne sommes plus au temps du marxisme qui raisonne sur des classes sociales et qui finit par broyer les hommes», selon lui. Il ne renie pas le mot de flexibilité car «il faut briser les idoles, c'est la condition de la pensée libre !». Il la définit comme «plus de souplesse pour l'entreprise "

C'est beau comme du Laurence Parisot.

Encore ?

«si les socialistes du XXIe siècle acceptent enfin pleinement le libéralisme, s'ils ne tiennent plus les termes de "concurrence" ou de "compétition" pour de gros mots, c'est tout l'humanisme libéral qui entrera de plein droit dans leur corpus idéologique»

Ok, cessons.

Est-ce que ce n'est pas lamentable ?
Est-ce qu'il ne faut pas tomber bien bas pour avoir si peu d'orgueil ?
Et surtout, est-ce qu'on ne pourrait pas trouver ici une explication du rejet croissant de la social-démocratie ?

Bertrand Delanöé pense t-il sincèrement que les gens ont la mémoire aussi courte ? Parce que si oui, c'est vraiment les prendre pour des jambons de compétition...

Toutefois, il y a bien une solution simple, quand on est au P"S", pour devenir de gauche en étant crédible : faire ça.
Et c'est l'unique solution.

Sur ce, c'est pas tout ça, mais hé : y'a manif aujourd'hui, les enfants.

Edit : si vous voulez en voie une autre, bien girouette, bien sans scrupules, c'est . Ces gens sont à gerber, pas d'autres mots.


mercredi 18 mars 2009

Ils souffrent



C'est horrible de voir ce spectacle. Bouleversant. Pourtant, j'en ai vu des choses terribles, parfois, dans le cadre du boulot. Des trucs que si je vous les raconte, ça vous coupe l'appétit net. Ça fait quoi maintenant ? Quatre ou cinq ans que je suis dans le fauteuil roulant, quand même, et entre autres j'ai travaillé en Maison d'Accueil Spécialisée avec des polyhandicapés sévères - difformités génétiques, 30 de QI, arriération mentale lourde, fonctions motrices en rideau, quadriplégies, etc. Ouais, eux, ils ont vraiment pas eu de bol - bref : du lourd.

Mais là.

Là...

C'est toute une conception de l'humain qui vacille. C'est vraiment là qu'on voit que quand on est confrontés à une pareille souffrance, on a du mal à la regarder en face. Et pourtant, on se dit que ce sont des êtres humains, comme nous. Presque comme nous, ok, mais qu'ils sont nos semblables, quelque part, que chez eux aussi existe forcément cette part d'humanité qui les relie à nous, si enterrée profond soit-elle, et le pire, c'est qu'on veut toujours, toujours garder espoir, qu'on va pouvoir faire quelque chose pour eux, qu'on va pouvoir leur apporter quelque chose, un contact, une chaleur, le sentiment fugace que eux aussi appartiennent à l'humaine communauté, malgré tout...

Mais ceux-là, non. On ne peut plus rien pour eux. Les pauvres, pauvres gens. À ce stade, est-ce que c'est encore vivre ? Franchement ? Personne ne devrait souffrir comme ça. Personne ne mérite ça.
Il faudrait...je ne sais pas comment le dire, c'est trop lourd mais en même temps c'est plus humain, c'est mieux pour eux, il faudrait les...les soulager de ce fardeau. Par humanité. Par compassion. Parce que nous somme profondément humains et que nous ne pouvons pas les voir comme ça sans éprouver le besoin de mettre fin à cette insoutenable situation...

Je n'ignore pas que c'est une terrible décision à prendre. Mais parfois, il faut savoir mettre de côté ses scrupules si légitimes soient-ils. Face à pareille tragédie, c'est véritablement acte de courage que de prendre les vraies décisions. Et surtout, ce n'est pas à nous et à notre confort moral qu'il faut penser dans ces moments.

C'est pour eux qu'il faut le faire.


mardi 17 mars 2009

Besancenot : pas beau. Bayrou : roudoudou

Philippe Cohen est journaliste dans le torchon néo-centriste Marianne, ce qui est déjà une tare, mais bon, il a peut-être une famille à nourrir. Philippe Cohen a surtout une sorte de marotte un peu bizarre qui consiste à considérer François Bayrou comme une sorte de sauveur de la République et seul homme capable de faire changer la France. Ce qui est pour le moins étrange on l'admettra. Rien que soutenir le Modem est en soi une sorte de bizarrerie assez malsaine, tant le parti de l'homme à la tête de chou est une coquille vide toute entière dévouée à son gourou. Demandez donc à Quitterie Delmas ce qu'elle en pense, elle qui a fini par comprendre - au bout d'un certain temps quand même, un peu longue à la détente, Quitterie, mh ? - que le Modem n'était que la bonne vieille UDF repeinte en couleurs flashy et que c'était les mêmes vieux barbons centristes qui occuperont toutes les places jusqu'à leur mort. Parti de notables de province accrochés à leurs baronnies pis que moules à un rocher et où la notion de démocratie interne est une véritable farce, il faut une solide dose de naïveté pour penser que le Bayrou's fan-club soit autre chose que ce qu'il est : une organisation ne servant que de marchepied aux ambitions présidentielles d'un seul, François Bayrou n'ayant curieusement pas renoncé à sa lubie d'être un jour élu Président de la République. Ce qui est amusant, quand on y pense. Le pauvre.

Et cette foi du charbonnier, Philippe Cohen la possède. Et on est bien contents pour lui. C'est important de croire en quelque chose, même des conneries. Et puis ça fait passer le temps.

D'où son énervement quand il voit que ce n'est pas son champion qui fait la une de la presse (qui ment) mais notre glorieux Lider à vélo. Et Philippe Cohen déteste Besancenot. Ce qui est son droit le plus absolu, par ailleurs. Ensuite, qu'il pense que cela l'autorise à écrire des articles particulièrement infects sur le NPA est une toute autre question, puisque le journaliste s'est permis de larges tranches de désinformation avec des morceaux de fiel dedans, qui nous glissent dessus comme de l'eau sur un canard mais dont lui-même n'est pas sorti grandi, tout au contraire. Bref. Revenons au constat : Besancenot est présenté comme opposant crédible, et pas Bayrou. Diantre. Fichtre. Voilà qui est surprenant, en effet. Mais pourquoi diable pareille forfaiture ?

Ben c'est que François Bayrou il est tellement dangereux pour la droite qu'elle n'en parle pas ! Pardi ! Ah ah ah, c'était donc ça ! Elle treeeeeeembleuuuuuh, l'UMP, devant la stature de François Bayrou ! La voilà, la vraie menace qui va mettre à bas la Sarkozie ! D'où le silence assourdissant autour de lui, CQFD !!!

Euh.
Attends, là.
C'est pas histoire de doucher l'enthousiasme, mais bon.
Il y a peut-être aussi une autre hypothèse.

Peut-être, je dis bien peut-être que tout simplement, dans le contexte actuel, OB a plus de trucs à dire. Sur la crise, sur la colère sociale qui monte, sur les licenciements, sur le bouclier fiscal, sur les DOM-TOM...enfin, des trucs qui arrivent dans le monde réel, quoi.
Or de quoi parle sempiternellement François Bayrou ? Quel angle a t-il quand il attaque Sarkozy et son gouvernement ?
Le pouvoir. François Bayrou ne parle que de pouvoir et d'institutions. Ce qui en dit fort long par ailleurs sur sa vision du politique et de ce qu'il vise véritablement. La critique porte essentiellement sur les instances tenues par la droite et il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que si ça fait tellement réagir le Béarnais, c'est surtout parce qu'il n'y est pas, dans lesdites.

Mais sur la crise actuelle, qu'est-ce que pourrait dire François Bayrou ? Sans se ridiculiser, j'entends. Pas grand'chose et ce pour une raison très simple : c'est le libéralisme économique qui s'est monstrueusement cassé la gueule ; et François Bayrou est foncièrement un libéral. Entouré de monomaniaques de la dette publique et autres obsédés des réductions de déficits, il ne remet à aucun moment l'ordre libéral en cause, au point même que pendant sa campagne présidentielle, il a reçu le soutien de la secte friedmannienne Alternative Libérale.

On comprend donc qu'il vaut mieux pour lui faire l'impasse sur cette dimension en ce moment et s'en tenir à des fulminations sur les institutions. Au fait, tiens, une question toute bête : si le Modem était tellement "opposé" que ça à Sarkozy, verra t-on ses militants manifester demain ?
Ben quoi, ça ne les intéresse pas, les licenciements ? Ils ne se sentent pas concernés par les questions de pouvoir d'achat ? La colère sociale - qui est une colère politique, comme explicité hier -, ça leur dit rien ? Non ?...

Soyons sérieux.

Alors c'est peut-être bien pour toutes ces raisons, qu'on voit davantage la tronche du facteur en ce moment. Puisque lui - et ses militants - ont bien plus de choses à dire qu'un moulin à vent obnubilé par sa carrière politicienne.

Mais est-ce qu'un journaliste à Marianne peut comprendre ça ? Franchement ?

lundi 16 mars 2009

"ceux qui n'ont pas l'intention d'apaiser les esprits"

Article de la Pravda Sarkozyste qu'on lit avec ce demi-sourire méprisant réservé aux gesticulations de l'ennemi de classe quand on le voit désespérément tenter de mettre en garde le bon peuple contre le danger sournois du totalitarisme joufflu. La chose étant toutefois moins amusante que les gémissements hystériques d'un Jean Quatremer (qui va nous faire une rupture d'anévrisme un jour, le pauvre, à force que de s'agiter ainsi tout seul devant son clavier) ou l'indigence rhétorique d'un Hugues Serraf, lequel est complètement dépourvu du moindre argument dès qu'il s'agit de faire autre chose que dire du bien de Sarkozy (en se prétendant naturellement "de gauche, hein", parce qu'il se rend bien compte que se dire de droite est dégoûtant, d'où la caution morale, n'est-ce pas), mais dame, nous ne sommes pas sur un blog, mais dans un quotidien national "sérieux" (rires). Il faut bien y mettre les formes.

Alors il paraîtrait comme ça que notre Lider à vélo - ainsi que la cohortes de zombis assez égarés pour militer dans son parti, il va sans dire - voudrait faire du 19 mars "une journée politique". Vraiment. Bouh. Le vilain garçon. Naughty boy, Besancenot. Parce que franchement, vouloir ainsi politiser une simple journée de revendications, c'est en effet parfaitement déplacé.

Sauf que non, évidemment, puisque précisément tout ça est éminemment politique, un enfant de trois ans le comprendrait. Les réformes scélérates qu'on nous inflige sont elles on ne peut mieux "politiques". Ce sont des décisions "politiques", faites par des gens qui occupent les plus hautes fonctions du pays dans des institutions qui elle aussi sont des instances de décisions "politiques". Et il est donc parfaitement logique que la réaction à ce qui est une "politique" en tant que telle soient également....politique. Puisque si celle-ci se définit par l'art et la manière de faire vivre les gens le mieux possible dans le même espace social - définition de ce que la politique devrait être, idéalement parlant -, à partir du moment où on exprime un désaccord avec les choix des dominants, c'est aussi affaire de politique. D'ailleurs, nul ne s'y est trompé le 29 janvier dernier et il en sera de même le 19 mars prochain : les manifestants n'auront aucun besoin de nous pour voir la dimension politique de ces journées.
Disons qu'on y sera simplement comme des poissons dans l'eau.

On voit par ailleurs ici une certaine vision bien précise de la chose politique, puisque pour le roquet au ordres qui jappe dans le Figaro, la politique est avant tout affaire de gens polis et bien élevés qui prennent des décisions dans de confortables bureaux en compagnie de leurs pairs sortis des mêmes écoles. Ils ont fait de très longues études, ils sont été élus, et qu'on les laisse travailler au bien commun sans être dérangés sans cesse par ces foules braillardes qui s'obstinent à ne rien comprendre aux bienffaits qu'on leur dispense, les sombres ingrats. Derrière les lignes, c'est toute une conception de la démocratie bourgeoise qui s'exprime, d'un côté les élites qui savent, et de l'autre ce populo à qui on fait l'erreur de lui demander son avis de temps en temps, beurk. Ne savent donc t-ils pas où est leur place ? Mais si, justement, il savant. C'est précisément ça le problème, d'ailleurs.

Et que nous reproche t-on d'autre, également ?

"Pour mobiliser ses troupes, l'extrême gauche manie les symboles à gros traits"

Ce n'est pas très gentil de dire ça. Puisque franchement, nous aurions toutes les peines du monde à être plus outranciers et caricaturaux que notre président en exercice, qui multiplie les impairs les plus dispendieux quand tous les autres en bavent. Et pour ce qui est des "symboles à gros traits", Bernard Madoff, pour prendre un exemple très actuel, n'en est-il pas un beau, de symbole, de tout un système parti en roue libre qui permet à une poignée de s'enrichir éhontément quand la majorité se paupérise ? Ne seraient-ils pas plutôt de ce côté, les "gros traits" ? Mh ?

Quoi d'autre ?

"Récemment aussi la grève générale couronnée de succès en Guadeloupe a donné des ailes à l'extrême gauche. Elle rêve de faire plier le gouvernement en métropole de la même manière. «Le LKP est un exemple à suivre et à méditer. Il faudrait faire des collectifs contre la profitasyon partout en France», explique Besancenot en refusant la moindre critique contre le leader du LKP Elie Domota, qui a fait selon lui «un sans-faute»."

On peut croire avec raison que ça va leur rester longtemps en travers, cette histoire. Des grévistes qui ne lâchent rien et font plier un gouvernement, brrr ! Manquerait plus que ça arrive dans nos belles contrées, pareille horreur horrifiante ! Heureusement qu'il y'a des syndicalistes responsables avec qui on peut dialoguer entre grandes personnes, comme ce bon monsieur François Chérèque qui choisit d'abord de tempêter contre...le NPA, avant que de penser à critiquer - fort mollement - notre gouvernement de charognards. De quel centre d'élevage en batterie sort donc François Chérèque ? Et n'est-il pas plausible qu'à la fin, jusque ces propres troupes finissent par lui préférer un Elie Domota qui se casse vraiment le cul pour les travailleurs ? Lequel Domota est effectivement en tout point exemplaire, il n'y rien à redire là dessus, en effet.

Allons, finissons par une touche d'humour et de légèreté, puisque la dernière ligne nous offre l'occasion de nous détendre un peu, regardez :

"Les formations politiques seront représentées. Le PS prévoit une présence dans le défilé."

Ouf. Nous voilà pleinement rassurés. Le P"S" aura une "présence". La garantie d'une journée réussie. Il faudra tout de même que les militants socialistes "présents" se préparent un peu psychologiquement : on leur demande, rendez-vous compte, de descendre dans la rue à peine deux mois après le 29 janvier. Deux fois l'an, déjà ! Et l'année ne fait que commencer ! Il va donc encore falloir marcher, et c'est vrai que marcher, ben c'est fatiguant, hein...

Concluons. Puisqu'il ya tout de même une phrase avec laque le on ne peut qu'être en parfait accord. Nous faisons partie, en effet, c'est on ne peut plus exact, de "ceux qui n'ont pas l'intention d'apaiser les esprits".

Oui.
Ça, c'est bien vrai, ça.
T'imagines même pas à quel point.


dimanche 15 mars 2009

Désespoir


"Une petite ville américaine est ravagée par la fermeture de l’unique usine, délocalisée au Mexique. Jake Skowran a non seulement perdu son travail, mais aussi sa petite amie partie vers des cieux plus cléments. Autant dire qu’il est prêt à accepter n’importe quel « petit boulot » pour s’en sortir, y compris celui que lui propose Ken Gardocki : tuer sa femme. Avec sérieux et application, il s’attelle à son nouveau travail… et y prend goût, ce qui le plonge dans des situations complètement extravagantes.
Derrière ce burlesque s’impose un portrait au vitriol de l’Amérique des laissés-pour-compte, jusqu’au final inattendu."

Super bouquin, un petit extrait pour la mise en bouche :

"On se nourrit sur notre dos, c'est la pire de toutes les insultes. La destruction de ma vie, de ma ville, représente une bonne affaire pour quelqu'un d'autre. Il y'a neuf mois, cette femme qui rentre à pied dans le froid était probablement employée à l'usine, ou mariée à un employé, et ses enfants avaient la sécurité sociale, elle avait une voiture et achetait le lait le jour, avec son porte-monnaie. Je ressens tout à coup la nécessité urgente de trouver l'ordure qui possède EFS (Electronics Food Stamps Incorporated, société privée qui donne des cartes de paiement aux nécessiteux pour leurs achats vitaux, ce qui lui permet de toucher directement les allocations qui devraient revenir aux pauvres) et de tirer une balle dans sa sale gueule. Quelqu'un me doit une explication, et pas une explication genre relation publiques, l'explication de quelqu'un à genoux qui supplie qu'on le laisse vivre, la seule qui vaille la peine d'être entendue".

Récit d'un chômeur à qui on propose de se reconvertir en tueur à gages, Un petit boulot décortique la mécanique du désespoir social qui peut conduire à l'irréparable. L'avantage de la fiction étant de prendre des situations réelles et de pouvoir se demander "Et si ?". Sauf que en ce moment, la réalité est en train de dépasser la fiction, pour de bon, et même si il est du plus mauvais goût que de jouer les Cassandres, on peut d'ores et déjà avancer que oui, ça va mal, et que ça va empirer.

Regardez dans quelle époque nous vivons.

La sauvagerie des plans de licenciements détruit des régions entières.

La pression sur les salariés s'accentue de plus en plus, même dans les Pôles Emploi.

Une minorité d'aune arrogance délirante au sens psychiatrique du terme peut expliquer que le seul symbole de réussite d'une vie est une montre qui coûte dix SMIC.

Les 16-25 ans ne veulent plus croire que les choses vont aller mieux, et leur interdire tout et n'importe quoi n'arrangera rien.

Un gouvernement autiste veut coûte que coûte continuer ces saloperies de "réformes" qui nous prennent à la gorge.

Notre président est un guignol cynique de plus en plus coupé des réalités.

La gauche institutionnelle n'a plus rien ; ni crédibilité, ni figures de proues, ni même certainement d'avenir.

Les centrales syndicales ont de plus en plus de mal à canaliser la rage de leurs adhérents.

Tout ça pue le désespoir.
Et quand on est désespéré, quand on attend plus rien de l'avenir, quand on a le sentiment d'être une merde dont plus personne ne veut, on finit par faire des conneries.
Pour le moment, cette violence se retourne contre les exploités eux-mêmes. Dépressions, psychotropes, suicides. Zombification.

Ça, on en entend rarement parler, sauf quand ça devient trop voyant. Le mec qui se pend sur son lieu de travail, on ne peut pas le louper. Mais ceux et celles qui ouvrent le gaz dans leur appartement et dont personne, jamais, n'entendra parler ?

Mais nul besoin de boule de cristal pour voir que d'ici peu, d'ici très peu, même, cette violence va se retourner, un jour, obligatoirement, vers d'autres. On peut même être surpris que cela ne soit pas arrivé avant. Mais ça va arriver.

Nous allons droit vers des drames. C'est inévitable.

Parce que ce qui se passe, en ce moment, c'est la fabrication massive de bombes à retardement humaines dont certaines, un jour, pour rien, pour la goutte de trop, vont dégoupiller. Ce qui se passe, c'est qu'à force de fabriquer du chômage de masse, du licencié, de la fin de mois impossible, de l'angoisse pour le lendemain, de l'avenir bouché, du déclassement, de la peur, de la souffrance, cette société va devoir faire face bientôt à l'expression d'un désespoir qui explosera dans une violence incontrôlée. Et je suis très, très pessimiste sur ce qui va se passer. Mais on ne peut pas laisser toute une société pourrir, on ne peut pas plonger des milliers et des milliers de gens dans le désespoir social sans qu'un jour, quelque chose d'effrayant arrive. Et ça arrivera. Et c'est en train d'arriver.

Un jour, quelqu'un va dégoupiller. Et faire une grosse, grosse, grosse connerie.
Et là, à mon avis, on va vraiment en entendre parler.