samedi 28 février 2009

Les flagellants

Et l'on vit venir les flagellants. On les vit venir de loin, à l'horizon déjà l'on pouvait entendre les déchirants hurlements qui sortaient de leurs hâves carcasses. En nombre sans cesse croissant, ils arrivent, les estropiés, les souffreteux, les mutilés, les infirmes, les éclopés, les claudicants, les défectueux, et ce qui sort de leur bouche n'est que sanglots et lamentations, infinie douleur et imprécations. Voyez-les se griffer la poitrine de leurs ongles cassés ! Voyez-les s'arracher leurs cheveux par poignées ! Voyez les ravages d'un infini chagrin sur leurs visages épuisés, sur leurs corps meurtris de trop de macérations et d'austérités. Ils souffrent ! Et en vérité, nul ne vit oncques spectacle pareillement pathétique et poignant...

Car oui, ils sont bel et bien là et nous ne pouvons détourner le regard ce cette tragédie.

Ils sont ici désormais, les déçus de Sarkozy.

Voyez-les, faire halte devant les murs de la Cité. Voyez-les former un cercle pour entonner leur funèbres mélopées. Dans un long cri impuissant où chaque mot n'est que larmes et sang, ils s'exclament :

"Qu'avons nous fait ! Quelle funeste malédiction, quel infernal sortilège nous a fait voter pour cet apostat ! Nous fûmes trompés par d'enchanteresses promesses, nous fûmes enjôlés par des mots de lait et de miel, nous fûmes les crédules et les éblouis et à présent, incommensurable est notre peine, sans fond notre noire disgrâce ! Partout où nous passons, les passant se moquent de nous et détournent les yeux ! Dans chaque endroit que nous traversons, les enfants nous jettent des pierres en se riant de nos écorchures ! Nous sommes bannis de tous lieux et de tout foyer, nous errons ainsi dans une désolation sans fin et un deuil perpétuel...Maudit ! Maudit sois-tu, toi qui nous ensorcela ! Maudit sois-tu, qui nous fit miroiter d'exubérantes félicités pour mieux nous plonger dans le tourment et la confusion ! Et maudits soyons nous de t'avoir adoré...

Souvenez vous ! Souvenez vous, mes frères en misère ! Comme nous étions splendides et triomphants ! Comme nous étions beaux, alors...Nous l'avons porté au pinacle et avec lui, c'est nous tous qui nous considérions comme des Élus ! Enfin tout allait changer, enfin nous avions trouvé notre héros, enfin une vague immense et puissante allait assainir cette pauvre contrée...Ah ! Comme il est cruel d'y songer à présent...

Le miracle tant attendu n'eut pas lieu. Et nous ne voyons que trop bien, oui, trop bien en vérité, l'à quel point nous fûmes joués, mystifiés, abusés ! Nous, peuple de Drouâte, fiers fils et filles du Golisme, enfants chéris de la plus haute Morale et des plus exquises Valeurs, ne pouvons qu'assister impuissants qu'à notre propre déchéance. Les hordes barbares nous cernent de toutes parts ! La Grande Peste Rouge arrive au confins du pays, et terribles sont les rumeurs qui la précède. Mais le pis, ce fut de voir notre chevalier se lier d'amour avec une gourgandine qui n'était pas des nôtres. C'est à ce moment que nous aurions dû ouvrir les yeux. Las ! Nous espérions encore, insensés que nous fûmes...Notre chute n'en fut que davantage cruelle ! L'ouverture ! La relance ! Autant de mots qui sont comme coups de fouet sur nos fragiles épaules..Que n'avons nous mieux écouté nos mages ! Mais à présent, il est trop tard, et tout est perdu, tout est souillé, et déjà nous entendons les ricanements des féroces vandales au loin. Ils se rapprochent ! Nous tremblons ! Ô vous qui vivez dans les murs de votre fière citadelle, ayez pitié ! Laissez nous entrer ! Nous savons que nous fûmes durs à votre endroit et nous implorons votre clémence !!!".

Et tout ce que l'on entendit, ce fut un rire. Un rire de derrière ces hauts murs, et une voix s'éleva pour dire :

"Chiens ! Il est bien temps de se lamenter ! Votre châtiment est à la hauteur de vos forfaitures, et nous saurons nous réjouir de vous voir mis en pièces ! Partez ! Et ne revenez pas ! Nous n'ouvrirons nos portes qu'à ces Braves barbares et nous saurons les fêter dignement ! Fuyez ! Et accomplissez votre douloureux repentir !".

Après un silence lourd de chagrin et de résignation, la lugubre compagnie se remit en route. En sachant que long, bien long, sera ce voyage vers nulle part...


vendredi 27 février 2009

Ah les gros fils de pute !!! (et filles, aussi, sans doute)

Quand il s'agit d'imposer le moindre de ses caprices, on peut compter sur les représentants du patronat pour s'accrocher comme morpions aux tables de négociations. En revanche, dès qu'il commence d'être question d'éventuellement envisager de peut-être leur demander de lâcher quelque chose, là, ils se barrent, ces chiens vérolés ! Et qu'on ne se fasse nulle illusion, ce qui s'est passé en Guadeloupe cette nuit se passera de la même façon en métropole quand il s'agira pour les exploiteurs de cracher une partie du fric qu'ils nous ont volés.

La droite charognarde tente de pourrir le conflit social en le racialisant et en accusant Domota d'être un "incendiaire" ? Non mais quel sombre ramassis de gros bâtards qui mériteraient des coups de cravache en pleine gueule, décidément ! Et encore cela serait bien trop doux et trop clément encore, il faudrait imaginer des supplices longs et délicats et cruels façon Fu Manchu sous LSD pour cette engeance patronale et les caniches qui les soutiennent. Les incendiaires, les vrais responsables de la situation honteuse dans ces îles sont ces syndicats patronaux criminels, représentant de la domination la plus archaïque et la plus réactionnaire, supportés par ce gouvernement de vautours et les puants troubadours des médias de Serge Dassault. Rien, absolument rien au monde n'est plus méprisable que cette Réaction arrogante qui n'en finit jamais de vouloir plus, et plus, et plus encore, et peu importe les conséquences.

D'ailleurs, on parlait de supplices plus haut, mais quels pires tortures pour ces gens là que de les obliger à raquer ? Puisqu'il est là, véritablement là, le vrai noeud de l'histoire, l'enjeu de l'empoignade : l'argent. C'est toujours l'argent, le seul Dieu que vénère le patronat, la déité intouchable qu'ils adorent tellement qu'ils refuseront toujours catégoriquement d'en redistribuer à ceux qui en ont besoin. Rien n'est pire pour un représentant du MEDEF que ne serait-ce qu'envisager qu'il puisse ne pas obtenir satisfaction dans sa volonté de toujours plus d'exploitation, toujours plus de retours sur investissements, toujours plus d'abattement fiscaux et d'allègements de cotisations, toujours plus de ce qui écrase et spolie. Et quand il est confronté au résultat direct de son entreprise de démolition sociale, quand il s'agit de rendre des comptes, il s'enfuit et refuse tout dialogue, preuve si il en fallait qu'il n'y a rien à "négocier" avec cette tourbe. On lui impose un rapport de forces pour le prendre à la gorge et le forcer à donner satisfaction. Point barre.

Quand ? Quand est-ce que ça viendra enfin en métropole, ce superbe incendie ? Quand est-ce qu'on pourra assister au spectacle d'un patronat livide et décomposé, écrasé sous le talon de fer de la colère populaire, en train de ramper devant nous et de pleurer d'angoisse ? Quand est-ce qu'enfin nous aurons la force de briser les reins de la domination et lui faire tellement mal qu'elle devra se réfugier dans les égouts de l'Histoire où est sa vraie place pour ne plus jamais en sortir ? Quand est-ce que la majorité de ceux qui en chient tourneront enfin les têtes vers les vrais coupables pour les faire payer dans tous les sens du terme ?

Mais quand, cela, nul ne le sait.

En revanche, il n'est qu'une seule certitude : il faut tout, absolument tout faire pour que ça arrive.

jeudi 26 février 2009

La besancenisation des esprits


Pour une fois, un bouquin qui non seulement ne dit pas trop de conneries, mais qui en plus présente des analyses pour ainsi dire pertinentes : "L'effet Besancenot" s'attache à travers l'exploration de la figure de notre Lider à vélo d'essayer de décrypter les nouveaux rapports de force à gauche. Et c'est pas mal, franchement. De toutes façons, résolument au dessus du panier des éditoriaux et essais habituels sur la méchante esstrèmgôche qui 1) fait le jeu de la droite, 2) veut le totalitarisme, 3) les deux mon capitaine. Passons sur les limites de la sympathie que peut éprouver l'auteur pour nous : Denis Pingaud étant passé de la LCR à Opinion Way, on comprendra que celle-ci puisse être relative, et s'exprime dans quelque approximations qui font hausser le sourcil à certains moments (de nous ressortir par exemple le fameux épisode de la Taxe Tobin au parlement européen, comme quoi si celle-ci n'est pas passée, c'est uniquement la faute aux vilains trotskystes. Thèse ridicule abondamment battue en brèche, dont on peut même se demander si Pingaud la prend vraiment au sérieux au vu de la rigueur de l'ensemble du livre).

Denis Pingaud a cependant cette honnêteté de ne pas nous mettre dans le même sac que Le Pen, et d'une façon générale de ne pas céder aux facilités en cours : il pointe même des paradoxes intéressants, tel la personnalisation autour d'OB qui commence à devenir une vraie question, l'intéressé lui-même en étant le premier conscient. Et l'ouvrage ayant paru avant le congrès de fondation du NPA, certaines des questions qu'il se pose (par exemple, la LCR parviendra t-elle à se dépasser elle même dans un parti de 10 000 militants ?) ont déjà trouvé leure réponses (oui, dont acte).

La partie la plus intéressante du lire est celle qui s'intéresse à la redistribution des cartes en cours à gauche. Le tableau qu'il dresse de la faillite de la social-démocratie est à ce titre on ne peut plus pertinent, et explique en effet la montée d'OB et des idées qu'il représente ; sans un Parti Socialiste en chute libre qui s'obstine dans la voie sociale-libérale, c'est très simple : pas de NPA. Et Denis Pingaud, dans le dernier chapitre savoureusement intitulé "Les éléphants se trompent énormément", met en garde la direction du P"S" d'avoir garde de se focaliser sur les tentatives de séduction envers nous, et la tentation de faire semblant qu'on existe pas, puisque pour reprendre ses mots :

"La fidélité de sont électorat à la gauche gouvernementale n'est peut-être pas éternelle".

(Et il semble bien que nombre de socialistes et sympathisants de celui-ci commencent - trop tard ? - à s'en rendre compte, si l'on en juge par le fait que certains en perdent leurs petits nerfs...).

En conclusion : OB et le NPA sont là pour longtemps, ce n'est pas un épiphénomène politique, et en gros, ça va faire très très mal dans pas longtemps, cette histoire.

Puisque refermé l'ouvrage, je me permet de me risquer à deux projections. L'une relativement raisonnable, l'autre un peu plus audacieuse, encore que.

La première est que la NPA disposera avant la fin de l'année de 15 000 militants minimum.

La seconde...Et bien disons que dans le contexte actuel, et en ayant bien conscience que plusieurs paramètres peuvent entrer en jeu d'ici là...
La présence d'Olivier Besancenot au second tour des présidentielles de 2012 devient une hypothèse viable.

Et vous, je sais pas, mais rien que pour lire le Figaro du lendemain, j'ai hâte d'y être.

mercredi 25 février 2009

Su-sucre !

Ils n'ont jamais honte de rien, leur échine est d'une souplesse de gymnaste russe, ils n'ont ni orgueil, ni convictions, ils ne se trouvent là où ils sont que parce que les vents les y ont poussés, ils virevoltent en tout sens comme autant de démentes girouettes mais sauront toujours avec un infaillible flair où sont les bonnes places à prendre : vous les avez reconnus, ce sont les cadres du P"S".

Et certains font très très fort dans l'absence la plus complète des plus élémentaires scrupules ; ainsi, ceux-là.

Après avoir tempêté pendant des mois, s'être livré à de grotesques sorties sur la direction actuelle de leur parti en déréliction, avoir menacé de procès, être allé faire une manifestation qui fut le comble du grotesque rue de Solférino, après s'être roulés par terre en pleurnichant et avoir donné d'eux-même l'image la plus lamentable, les royalistes accourent quand on les siffle. C'est magnifique. C'est stupéfiant. C'est, comment dire, les mots peinent à décrire ce qu'on ressent devant pareil spectacle...
C'est tellement socialiste.

Et en lisant cet article, en regardant la photo qui l'illustre, en voyant la liste d'arrivistes qui vont répondre à l'appel des autres apparatchiks pour éviter de se prendre une trop grosse branlée aux européennes prochaines - l'échec étant d'ores et déjà avéré, cette touchante volonté d'ouverture n'étant qu'une manœuvre afin de limiter les dégâts -, je me suis posé une question. Une question toute bête et toute simple qui débouche sur d'autres questions. Je me suis demandé :

Quand est-ce que pour la dernière fois ces gens ont collé une affiche de leur parti ?

De fait : quand est-ce que ces encravatés ont milité pour la dernière fois ?

Quand est-ce qu'ils sont allé sur un marché le dimanche matin, hors séquences électorales, s'entend, pour differ des tracts ?

Depuis quand ne les a t'on pas vus dans une réunion de section ?

À quand remonte la dernière fois qu'ils ont pris un verre avec des militants "de base" ?

En un mot : à part être embarqués dans d'interminables luttes de cheffaillons à l'ego en roue libre, quel est leur travail concret sur le terrain ?

Et il est fort à craindre que la réponse ne soit dans la question.

Et oui, je peux me permettre de prendre ces gens de très très haut, et ce pour une raison très simple : dans l'organisation dans laquelle je milite, les "chefs" - porte-paroles élus et révocables - collent des affiches. Eux. Comme les copains. Vont sur les marchés le dimanche matin. Eux. Ne passent pas leur temps dans des mondanités avec des bourgeois pour se faire lécher le cul par leur groupies. Eux. Ne vivent pas de la politique en étant coupés depuis des décennies du monde du travail et des après réalités du salariat. EUX.
En un mot : font comme tout le monde dans leur parti. Pareil. Militent. Bossent. Se lèvent le matin pour gagner un smic et demi. Vont dans leur comité. Et se cassent le cul pour défendre leurs idées, et pas pour gagner encore plus de petits pouvoirs, de petites fonctions, de petits prestiges minables, des ces hochets qui justifient tous les reniements et toutes les scélératesses.

Et c'est là qu'on tient l'explication simple, simplissime, des échecs de cette gauche frelatée et de son inéluctable déclin : ça fait littéralement des années que les cadres sont coupés de la base. Qu'ils vivent dans un paramonde déconnecté au milieu de gens qui leur ressemblent. Qu'ils pataugent dans un marécage de compromissions et de coups bas, le regard verrouillé sur la prochaine élection, le prochain siège, la prochaine rente de situation, la prochaine baronnie qu'ils dirigeront.

Et surtout, surtout, ce qui plonge dans de noires humeurs, c'est de se rendre compte que ces gens, ces gens qui n'ont que miel à la bouche quand il s'agit de quémander nos voix pour mieux oublier leurs belles promesses une fois installés, ces gens n'en ont absolument rien à foutre de nous.

Ces gens n'en ont absolument rien à foutre de nous.

La voilà, la réalité laide du principal parti "d'opposition". Rien à foutre des gens comme nous. Rien à foutre de leurs propres militants. Rien à foutre des inégalités, rien à foutre des prix qui augmentent, rien à foutre des expulsions de sans-papiers, rien à foutre de tout hormis leurs mesquines ambitions.

Et dans ce cas, expliquez-moi donc pourquoi on devrait encore les aider à continuer ?

mardi 24 février 2009

Poignant

Copié/colle du mail envoyé à Monsieur Bernard Poignant, député européen (Parti Socialiste), maire de Quimper, président du groupe socialiste au parlement européen, président de la communauté d'agglomération Quimper Communauté, et tant d'autres choses.

"Monsieur le Maire,

Je vous adresse ce mail afin de vous remercier pour votre tribune parue sur le site de Rue89.com. Non seulement celle-ci a su me faire bien rire - et je gage que je ne suis pas le seul -, mais en plus, elle m'a donné à réfléchir. Divertissante et appelant à l'émulation intellectuelle, celle-ci est en effet une mine de précieux renseignements sur comment ça se passe dans les têtes de certains élus du Parti Socialiste auquel vous appartenez. Et on a pas tous les jours l'occasion d'avoir d'aussi pénétrants aperçus de l'état de santé de la social-démocratie.

Rien que le titre de la dite tribune vaut son pesant de livres d'Alexandre Adler : "La nouvelle France de Besancenot ressemblerait à l'ancienne Albanie". Mazette. Admettez que vous n'y allez pas de main morte. Et vous développez ensuite l'intéressante hypothèse que si le porte-parole du Nouveau Parti Anticapitaliste - dont je suis militant par ailleurs - venait au pouvoir, la France plongerait de facto dans les noirceurs du totalitarisme old-school à la mode Enver Hoxha, rien moins. Fichtre. On se prend en effet à trembler devant pareille possibilité, oui certes. Même si je me permet de penser que la chose n'apparaît pas tellement crédible. Mais vous avez bien évidemment le droit de dire ce que vous voulez, n'est-ce pas.

Je puis vous l'avouer, monsieur le Maire, je reste quelque peu sceptique quant à la pertinence de votre analyse : n'avez vous pas quelque peu le sentiment d'exagérer ? Ne serait-ce qu'un tout petit peu ? Et n'y aurait-il pas dans votre texte quelque chose de l'ordre d'un tant soit peu caricatural qui pourrait finir par desservir votre démonstration ? Et au vu des commentaires - fort nombreux - que suscite votre tribune, il semblerait bien que je ne sois pas isolé dans mes questionnements...

Ceci étant dit, ce n'est pas de cela dont je souhaitais vous entretenir.
Je voulais surtout vous exprimer ma profonde gratitude.
Puisqu'il est absolument évident que tant qu'Olivier Besancenot - et les militants de son parti - auront à affronter le genre d'argumentaire que vous déployez, cela ne pourra que contribuer encore à nous rendre encore plus crédibles au yeux du plus grand nombre, tout en risquant malheureusement de discréditer une social-démocratie bien mal en point...En effet, si celle-ci en est ainsi réduite à diaboliser son aile gauche sans vouloir l'affronter sur le plan politique, cela laisse mal augurer de sa capacité de propositions concrètes pour faire face à Monsieur Nicolas Sarkozy et à son gouvernement.

Or, mais vous le savez sans doute déjà, la nature politique a horreur du vide, n'est-ce pas ?

Dans cette optique, je me permets de vous encourager à publier le plus possible de tribunes, billets, éditoriaux, peu importe, qui iront dans le même sens. Et d'inciter le plus grand nombre de vos camarades socialistes à faire de même.

D'avance merci.

Veillez agréer Monsieur le Maire mes sentiments les meilleurs.

CSP."


Radical-chic et le NPA : démontage

C'est dommage, tout de même : ce garçon avait prouvé à plusieurs reprises qu'il était bien plus fin que ça et était par là même un des seul soc'-dem' lisible d'une blogosphère particulièrement indigente pour ce qui est de l'analyse politique. Mais avec cette enfilade de poncifs nous concernant, il déçoit quelque peu...Démontage en règle du dit billet, sans être trop méchant, je suis de quasi bonne humeur aujourd'hui :

"J'ai toujours trouvé rafraîchissante la brutalité trotskarde, surtout quand elle s'exprime dans cette parole politique lestée de théorie. Les troskos sont (presque) les seuls à dénoncer le règne de l'argent et de la marchandise, ils n'ont pas le fétichisme de l'industrie lourde comme les ex-stals, et ils ne sont pas compromis avec la bourgeoisie comme aujourd'hui le PS l'est. Du coup je regrette - ce que personne n'a dit - que le Nouveau Parti Anticapitaliste ne se soit pas plutot appelé le Parti Anticapitaliste Révolutionnaire, mais il manquait quelques voix."

(Malgré un côté un peu bourru qui marque un côté tout de même très borné - le social-démocrate étant il va sans dire d'une exquise finesse et comprend tellement bien les paradoxes post-modernes qu'il peut se dire de gauche ET avoir des stock-options -, ces trotskystes ne disent pas que des bêtises, et auraient même raison sur deux-trois choses, sachons être sport).

Ensuite, le jeune homme a connu ne serait-ce qu'une fois les cercles Leon Trotsky, et on comprend que ça laisse des traces. L'auteur de ces lignes n'est lui même pas complètement indemne, puisque personne ne peut sortir sans graves séquelles d'une formation sur Matérialisme et empiriocriticisme. Ce trauma commun lie les survivants d'une façon que les autres ne peuvent comprendre...

"Hélas, cette opération de rhabillage de la LCR en NPA repose sur une triple dissimulation."

(Le NPA se divisant entre trotskystes fourbes et cauteleux rompus à toutes les dialectiques, et innocents naïfs dépolitisés qui sont entré sans trop savoir pourquoi et sont manipulés sans état d'âme par des militants ourdissant d'obscurs complots dans les couloirs. Christian Picquet et sa bande reprennent également cet argumentaire pour expliquer leurs échecs à répétition depuis dix ans. C'est pratique, et ça évite sur tout de se remettre en question).

C'est un peu prendre les NPA pour des cons, mais voyons ce que nous dissimulons donc :

"Premièrement, un replâtrage discret de la vieille théorie, qui faisait pourtant le charme de l'organisation, et qu'aujourd'hui on cache soigneusement pour ne pas effrayer les nouveaux militants venus par la télé. Autant dire qu'ils risquent de déchanter assez vite une fois exposés aux meeting des sections locales, une fois rédigés les communiqués de soutiens aux "mouvements" du jour."

(Trotskystes = affreux menteurs, nouveaux NPA = glands).

Le gros problème de cet argument étant tout de même que les "nouveaux militants venus par la télé" sont on ne peut plus parfaitement au courant des finalités politiques de l'organisation dans laquelle ils militent. Je dirai même plus : on est fréquemment obligé de jouer les rabat-joie en leur disant que oui, on est on ne peut plus d'accord pour pendre les derniers actionnaires avec les tripes des derniers publicitaires, mais pas tout de suite, le contexte ne s'y prêtant pas encore complètement. On peut même aller jusqu'à avancer qu'au sein des comités, le débat réforme/révolution a été réglé depuis lurette ; et ce ne sera pas "réforme".

"Ensuite cette conception non assumée de la personnalisation du pouvoir, avec la sympathique figure de Besancenot qui, ayant abandonné l'idéologie sans céder à l'exercice bourgeois du programme, est le seul facteur (ah ah) de ralliement."

(En changeant de nom, on a abandonné tout corpus idéologique un tant soit peu construit et le NPA ne tient debout que parce que OB passe à la télé. Les résultats des dernières municipales montrant un début d'ancrage local sans qu'il y'a eu besoin que Besancenot se déplace ne sont qu'écume, puisque tenez vous le pour dit : le NPA, c'est rien que du mé-dia-tique. D'abord).

OB a exprimé à plusieurs reprises qu'il était on ne peut plus conscient du problème que finissait par poser la focalisation sur sa seule personne, et il est à souhaiter en effet que de nouveaux visages émergent le plus vite possible. Ensuite, il reste notre meilleur porte-parole, c'est indéniable. Cependant, nous somme au courant du problème que ça finit par représenter, merci.

"Enfin c'est bien sûr l'écart qui ne cesse de m'étonner entre le principe de "l'anticapitalisme" et la pratique corporatiste de la boutique - défendre coûte que coûte la petite fonction publique."

(Nous ne défendons QUE les fonctionnaires. Les autres catégories de salariés nous sont pour ainsi dire autant de terra incognita, et ce n'est pas parce que quasiment la moitié du NPA bosse dans le privé que ça va y changer quoi que ce soit).

On appréciera au passage l'emploi du mot "corporatiste" qu'on est davantage habitué à trouver dans les éditoriaux du Point, mais on aura compris qu'à ce stade de malentendus, on en est plus à ça près, hein.

"il y a comme un hiatus entre la prétention communiste et la défense acharnée du "service public", c'est à dire des statuts, tout en refusant au maximum la responsabilité du pouvoir."

(Ces gauchistes braillards sont incurables. Ce refus de "mettre les mains dans le cambouis" comme les grandes personnes finit par devenir agaçant, tout de même.)

Tant il es vrai que la présence de nos élus dans les conseils municipaux, régionaux et généraux attestent qu'en effet, nous ne voulons aucune responsabilité, brr.

"le premier souci du NPA, c'est de crier partout qu'il ne s'alliera pas - jamais, jamais - au PS, et de refuser tout "débouché électoral aux luttes des classes"

(Plutôt crever la gueule ouverte que de faire quoi que ce soit qui puisse débouche sur du concret. Puisque le "concret", ça ne peut passer que par s'allier avec les socialos et se présenter aux élections. Punto. Je veux dire, brailler dans la rue comme les premiers Guadeloupéens venus, c'est bien gentil, mais est-ce bien raisonnable ? Franchement ?).

Ça devient réellement agaçant, à la fin, cette vision de la chose politique qui ne passe que par les institutions bourgeoises et en dehors d'elles point de salut. On mesure ici à quel point une partie de la gauche a complètement abandonné la notion de "luttes" - et des efforts subséquents qu'elle demande - pour ne se consacrer exclusivement qu'à la course aux places. Avec les brillants résultats qu'on connaît. Cependant, nous ne nous interdisons pas de participer aux élections, considérant que certes celles-ci sont un moyen, mais en aucun cas l'alpha et l'omega de la politique telle que nous l'entendons.

"on voit vite que le but de la participation aux élections est soit de garantir le maintien d'un pouvoir de droite dure (bon pour la boutique, ça) tout en punissant la fausse-gauche-qui-nous-a-trahi, soit l'ambition de désorganiser le système électoral pour rendre le pouvoir à la rue."

(En plus, il font rien qu'à faire le jeu de la droite, ces abrutis. De toutes façons, à part foutre le bordel, ils veulent quoi ? Hein ? Hein ?).

Cette tentative de culpabilisation désormais habituelle nous laisse froid comme une couille d'eskimo. La gauche frelatée ne doit s'en prendre qu'à elle pour justifier ses échecs à répétition. À force de verser dans le sécuritaire et l'apologie du Joli Marché Qui Rend Heureux, elle s'est condamnée elle-même, et qu'on ne compte pas sur nous pour lui ripoliner la façade, non mais sans blague.

"Au fond, il faudrait que Besancenot prenne d'assaut le PS, seul véhicule capable de satisfaire son envie de pouvoir. Le PS est un parti sans leader, Besancenot un leader sans parti. Tout le monde gagnerait à un tel rapprochement".

(Le Parti Socialiste est le SEUL organe d'opposition, et il en sera ainsi jusqu'à la fin des temps. De tous âges et de toute éternité, rien, absolument rien ne saurait être envisagé sans lui, c'est comme ça et pas autrement. Il suffirait juste que les gauchistes soit un peu raisonnables, et se contentent d'accepter docilement leur rôle de piqûre de rappel pour "gauchir le P"S", lequel revivifié à coup sûr de cette façon pourrait presque redevenir de gauche un jour, tiens).

Et que gagnerait-on à ça ? Parce que désolé mon gars, mais finir comme les Verts, ça ne fait envie à personne, hein. Et tout ça pour au final servie de caution gauchisante à un appareil aux indéboulonnables apparatchiks, non merci. Servir la soupe aux Aubry, Hollande, Royal, Peillon, et autres pour qu'ils se refassent une virginité sur notre dos ? Tu as fumé de la drogue, là.

Bref. On voit donc que tout ça ne tiens pas la route une minute, et n'exprime au fond que la volonté de l'auteur de rester dans les clous du réformisme "de gauche" quand celui-ci n'a plus aucune existence concrète. Puisque mettons les choses au point d'un peu brutale façon : entre le social-libéralisme et nous, il n'y a plus rien. On peut comprendre que cela puisse mettre mal à l'aise bien du monde, mais dame : c'est bel et bien la réalité.

Je ne voudrais pas conclure sur une note trop méchante, et j'invite donc Radical-chic à venir un soir dans le comité le plus proche de chez lui ; à coup sûr, il verra vite que ses a priori seront vite dissipés, c'est un jeune homme intelligent.


lundi 23 février 2009

Insane clown


- Bonjour lépitinenfaaaaaaaants !!!!!!!!

- Bonjour Bozoooooooooo !!!!!!!!!

- Vouzalébienlépitinenfaaaaaaaants ?

- Ouiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!

- Vous voulez que je vous raconte une histoire lépitinenfaaaaaaaants ?

- Ouiiiiiii Bozooooo, ouiiiiiiiii !!!!!

- Vous voulez une histoire rigolote ?

- Oui, Bozo, ouiiiiiiiiii !!!!!!!!!
- Une histoire rigolote pour le petits et les grands ?

- Ouiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!

- Oh ben oui mais je sais pas si vous la méritez vraiment, hein....

- OOOOOOOOOOHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!

- ...paske c'est une histoire pour que les lépitinenfants y se tiennent sages et laissent tranquilles les grandes personnes...

- (silence perplexe dans l'assistance)

- ...alors bon je sais pas hein...

- (début de malaise...)

- ...mais je vais vous la raconter quand même, allez !

- (soulagement palpable) Ouaiiiiiiiiiiiiiis !!!!!!!!!!!

- Alors voilà : figurez vous que "Les études que nous avons montrent que les prix baissent depuis trois mois en France" !!!!!!! (roulement de tambour ponctué par un coup de cymbale).

- (silence de mort).

- «la baisse des prix est en marche» (roulement de tambour ponctué par un coup de cymbale).

- (nette crispation de l'assistance).

- «il y a encore quelques prix qui sont injustifiés» (pas de roulement. L'orchestre s'est arrêté et fixe Bozo l'oeil vitreux).

- (Brouhaha marqué).

- Et, et, et, attendez, c'est pas fini !!!!!!! Puisque je vous juuuuuure que j'ai "sentiment que l'immense majorité des acteurs (industriels et distributeurs, ndlr) jouent le jeu» de la baisse des prix. !!! TA-DAAAAAAAAAA !!!!!!!!

- ...

- Lépitinenfants ?

- ...

- Ben pourquoi vous dîtes plus rien, lépitinenfants ?

- ...

- Ah non lépitinenfants, y faut pas venir sur la piste, là.

- ...

- Bon d'accord, on va tous faire une ronde et...rangez ces couteaux, lépitinenfants, vous allez vous faire mal.

- ...

- Euh, ok, on a assez ri, là, ok ? ON A ASSEZ RI, PUTAIN !!! Attendez. Je vous raconte une autre histoire. Pitié. Je. Pitié. Non. NOOOOOOOONNNNNN LÉPITINENFAAAAAAAAANTS !!!!!!!!!!!!

(L'assistance empale Bozo et fout le feu au cirque. Tout le monde est content).


dimanche 22 février 2009

Les poubelles de l'Histoire débordent. Que font les éboueurs ?

Un petit jeune homme très prétentieux et très libéral s'est amusé un jour à faire un petit sondage auprès de ses lecteurs. La question consistait en une de ces lubies obsessionnelles qu'ont les libéraux lesquels rappelons-le sont systématiquement hérissés dès qu'il est question de prélever (un peu) de leur cher pognon afin que de financer des choses qui peuvent servir à des gens que les libéraux n'ont jamais rencontrés. Et ça, ils supportent pas. La question était donc : "Faut-il privatiser la sécurité sociale ?", et la réponse fut on ne peut plus parlante :

Ça, c'est fait.
Ce qui naturellement désole notre petit jeune homme : "Appartenir à la minorité de 29 % ne me convainc que d'une chose, c'est de la longueur du chemin qui reste à parcourir avant que l'État cesse de s'occuper de la Santé."
Tant il est vrai que tous les pays, notamment anglo-saxons qui ont voulu privatiser la santé en imposant des assurances privées sont une éblouissante réussite, n'est-ce pas. Et fort de cette certitude d'airain envers les joies austères du Joli Marché Qui Rend Heureux, bonhomme-la-lune va derechef entreprendre de s'attaquer au, je vous le donne en mille, "tabou qui entoure la Sécurité sociale".

(le libéral se reconnaît en effet à son emploi immodéré de ce terme - "tabou" - qui lui permet également de poser au rebelle en mie de pain face à tous ces "immobilistes" qui s'obstinent à refuser qu'on abandonne tout au logiques de profit. Le libéral est une sorte de croisé post-moderne qui a pour mission de pourfendre les "conformismes" sociaux, ce qui ne l'empêche nullement par ailleurs de se mettre servilement au service de la pensée dominante tout en étant intimement convaincu qu'il est en permanence persécuté par des hordes de fonctionnaires néo-bolcheviks stipendiés par l'Axe Du Mal Pyongyang-Caracas. Le libéral serait très distrayant si il n'était à ce point une nuisible vermine, oui certes).

L'argumentaire pour privatiser la Sécu offre un exemple assez frappant de l'indigence intellectuelle de cette tourbe : considérant que la santé est une affaire "personnelle" - dans la mesure où elle concerne l'individu mal-portant -, le libéral en conclut que c'est aux individus d'assumer la "responsabilité" de leur soins, et que l'État n'a certes pas à s'en mêler. D'abord. Na. Oui, c'est lamentable, je suis d'accord. Cette vision d'un "individu" déconnecté de tout contexte social et qui n'aurait que des liens accidentels et subis avec le monde qui l'entoure est quotidiennement démenti par l'expérience la plus immédiate, mais de ce point de vue, le libéral est dans sa logique (à la con) : le social et la société en général, ça n'existe pas. Non. Ça n'existe pas. On est des zindividus. Et les zindividus, ils sont tellement zindividus qu'ils n'ont nullement à faire le moindre effort pour les autres zindivdus. Donc, on veut pas donner des sous pour des zindividus qu'en plus on connaît même pas. Et on sera tous entre zindividus et comme ça c'es chacun pour sa gueule et ça sera le bonheur. Na.

Pas la peine d'aller bien loin pour discerner sous l'emphase de la théorisation un bon gros et gras égoïsme décomplexé. Puisque le libéralisme, ce n'est que cela : les passions viles et la mesquinerie la plus crasse déguisés en charabia pseudo-philosophique qui justifie le règne de ceux qui ont contre ceux qui n'ont pas. Vu que si ils n'ont pas, ce n'est pas la faute du social- qui n'existe pas - mais uniquement de la leur à eux, vu qu'on est des zindividus. Et certains sont simplement plus zindividus que d'autres, et ont les moyens de se payer des assurances privées.

Il faut rappeler une évidence simple : la santé n'a pas vocation à être rentable. C'est aussi con que ça. Ne pas comprendre cette simple évidence n'atteste que la déchéance et la petitesse d'esprit de nos néolibéraux, dont on peut à présent espérer, avec la crise qui monte et le discrédit grandissant de leur idéologie malfaisante, qu'ils rejoignent enfin bientôt leur juste place : les poubelles de l'Histoire.

samedi 21 février 2009

Vous savez quoi ?

Ben aujourd'hui, 'tain, j'ai une de ces flemmes, moi. Bouh. Rien qui vienne, là. Pff. Keud. Tiens, pour dire, j'étais à deux doigts de vous parler de ma vie amoureuse, c'est dire. Sauf que non, quand même, un peu de pudeur et de réserve, bordel à bite. D'autant que je n'ignore pas que certaines de mes innombrables maîtresses me lisent, pas envie d'avoir des emmerdes.

Ah, si, juste un truc en passant. Il paraîtrait que parfois dans mes billets, je serais presque proche d'une forme d'exagération. Si. On m'a fait cette remarque à deux ou trois reprises cette semaine. Des camarades, donc je ne le prends pas mal, slavadssoi. Bon. J'exagérerais. Moi. Franchement...

Je crois que vous ne vous rendez pas bien compte, en fait.

Il faudrait qu'un jour, dans un geste à la fois tragique et sublime, je décide de me suicider socialement en postant tous les billets que j'auto-censure. Vous seriez contents, tiens. J'en ai plusieurs sur mon disque dur qui traînent depuis quelque mois maintenant, et si vous pensez, ô innocents, que j'exagère, ouh.
Genre, quelques titres :
"Un bon libéral est un libéral mort".
"À bas le féminisme au sécateur entre les dents !".
"Fistfucking mental".
"Eric Zemmour gangbang".
(Tiens, allez, un extrait de cuilà : "...rêver de le jeter en pâture à des hordes de Rocco priapiques et défoncés à l'Angeldust dans la plus crasseuse backroom du plus glauque sex-club gay des ex-pays de l'Est, histoire lui faire rentrer dans sa gorge de ténia humain ses gobinesques théories sur les races à grand coups de golden showers, pour qu'il...". Ah oui, ça pique, hein).
"Docteur Guillotin iz in da house".
Ad lib...

Donc bon, vous voyez-bien que je suis un garçon plein de tact.
Finalement.
Allez, un peu de musique pour se détendre. Figurez vous qu'un jour, je me suis dit : "Hey ! Un groupe qui serait trop bien, ça serait une sorte de mix entre Marilyn Manson, Laibach et Rammstein. Genre. Nan, ça peut pas exister, un truc d'animaux furieux comme ça, si ?".
Si.
Savourez.



vendredi 20 février 2009

Toi : tout seul. Nous : plein

Tss...alors là, il ne t'en aura pas fallu beaucoup pour que tu baisses culotte, décidément. Quoi ? Un petit mois de grève générale de rien du tout et un seul mort, et tout de suite tu allonges le chéquier ? Bon, bien moins que quand il s'agit de sauver tes poteaux banquiers, bien sûr, faut pas déconner ; on trouvera toujours plus facilement de la maille pour sauver les riches que pour aider les gueux et de ce point de vue là, tu es dans ton rôle. Mais quand même, franchement...toi qui dans ta campagne n'en finissait pas de tonner contre "l'immobilisme à la française" et que quand tu serais élu, tu te faisais fort de briser les reins de toute cette chienlit syndicalo-bolchevique bourdieusotrotskyste pour imposer au knout les Réformes Nécessaires Du Joli Marché Qui Rend Heureux. C'était donc du vent tout ça ? Comme ils doivent être déçus, tes groupies qui pensaient qu'ils donnaient leur voix à un digne émule de Reagan, à un authentique continuateur de Thatcher...Elle les a fait chier pendant un an plein, les mineurs brittons, quand même. Et elle a rien lâché, elle, la satanée garce. Même pas fait semblant ni rien. Comme elle doit être triste en te voyant obligé de discuter avec des syndicalistes, et nègres en plus...

Tiens, pareil pour l'Université : tu avais, tactique connue, tenté le pourrissement en te disant que le mouvement allait s'essouffler, et zut, ça marche pas non plus. Ça s'étend. Et va continuer à s'étendre. Et tu vas reculer, ben oui. Et la grosse colère sociale qui monte, pareil aussi : tu gesticules en assurant que tu maintiendra le "cap des réformes", mais tu te sens quand même un peu acculé au point de saupoudrer d'insignifiantes miettes qui ne satisferont personne. Ah t'es pas dans la merde, là.

Et ça, c'est juste les amuse-gueules.

Puisqu'il n'y a aucune, et alors vraiment aucune raison que ça s'arrange.

Et tu le sais, ô combien.

Puisqu'il y'a un autre élément qui commence à te faire flipper, et sérieux : toute cette belle colère populaire n'est pas le moins du monde drivée par l'institutionnel. Tous ces gens qui descendent dans la rue et font des belles grosses grèves et de belles grosses manifs ne passent pas par les institutions bourgeoises pour te dire tout le bien qu'ils pensent de toi. Ça, c'est le pouvoir de la rue, et tu n'aimes pas, mais alors vraiment pas ça du tout. Les campagnes électorales, les batailles d'amendements à l'Assemblée nationale, les négociations avec les élus, les réunions entre gens "responsables", ça, tu peux gérer. Les millions de personnes qui se bougent le fion, ça...

Ça fait peur, hein ?

Et ce n'est vraiment que le tout début.

Non, décidément, tu ne vas pas vivre un quinquennat serein, toi.

Je veux dire : si tu arrives au bout, cela va de soi.

jeudi 19 février 2009

You know what you are

Non, vraiment, rien à faire. Je hais ces gens. J'insiste : ce n'est pas de la "détestation", ça n'a rien à voir avec de "l'indignation" je ne me sens même pas en "colère", ni quoi que ce soit de similaire qui puisse passer pour une émotion passagère et "présentable". Acceptable. Politiquement correcte avec la raie sur la côté, ce cri du coeur émotionnel qui fait semblant d'offenser deux ou trois personnes mais qui ne sert au final qu'à se donner bonne conscience à si peu de frais. Cette pose d'esthète à petit organe qui fait des phrases lues seulement par des gens qui s'auto-congratuleront d'être à ce point ceci et et tellement pas cela. Je hais, et j'assume. Ce que je ressens, c'est de la haine, et ressentir de la haine en ces temps de Réaction décomplexée, c'est normal. Mieux : c'est bien. Toute personne qui ne ressent pas, à un moment ou à un autre, de haine contre la vermine libérale au pouvoir a un problème. Ou est de droite, et partant mérite des crachats.

Je hais les réactionnaires.
Ceux qui s'auto-proclament comme tels, et se vantent de l'à quel point ils le sont. Sombres et pauvres déchets qui donnent des envies de goulags et de supplices même pas raffinés, pauvres étrons sur pattes qui parlent comme d'autres ont la diarrhée, célébrateurs onanistes d'un temps soi-disant enfui qui n'a jamais existé mais auquel ils ont tellement besoin de croire pour se tenir chaud dans leur sous-existence de cancrelats dépressifs, poseurs bellicistes qui chantent la guerre et la violence mais sont incapables d'aligner dix pompes, pauvres petites choses tremblantes qui se réfugient dans la "littérature" pour oublier qu'ils sont des couards infoutus de passer à l'acte dans quoi que ce soit. Vous êtes tous les mêmes et je rêve de marcher sur vos visages. Peut-être même qu'un jour les retournements toujours surprenants de l'Histoire m'autoriseront cette félicité, et nous mesurerons à ce moment tout ce qui nous sépare, vous et moi : ce que j'écris, je le pense. Et je n'hésiterai pas une seule seconde à le faire.

De Jalons à Causeur, la même tourbe de moyen-bourgeois prétentieux et cocasses à force de ridicule, sous-penseurs esthétisants et fafounets à lourde homosexualité refoulée, provocateurs de Franprix et éjaculateurs précoces du Web, chantres de la Force qui pèsent 45 kg tout mouillés et groupies du ténia humain Zemmour, défenseurs de l'Occident derrière les claviers humides de leur frustrations moites, tous ces gens qui se croient intelligents et tellement au dessus de la "masse" parce qu'un jour ils ont lu Nimier et Céline ne sont que de pitoyables pitres droitisants et pétochards qui se tripotent la nouille en rond en espérant qu'un beau jour un Homme, un Vrai, leur apparaissent et balaie toute cette chienlit populacière qui leur fait tant peur. Prose de cadrillons aliénés qui se font chier dans leur entreprise, pigistes serviles en plein fantasme de toute-puissance quand ils prennent un râteau dans un bar et autres pétasses à brushing qui rouspètent contre tout et contre rien juste histoire de masquer le néant de leur non-vie. Pouah. Aucune de ces personnes ne mérite décidément le titre d'être humain.

Il est bien évident que j'inclus dans ce zoo les pauvres décérébrés qui se proclament libéraux "de gôche" et autres manuelvallistes, puisque de toutes façons, ce sont les mêmes sous des différences de détail. La même vermine. La même sanie. Jamais ces gens ne mériteront d'être qualifiés "d'adversaires" puisque ce sont des ennemis. Et l'ennemi, on le combat jusqu'à son anéantissement.

De la même façon, je n'ignore pas que quand des blogueurs se rencontrent "IRL", même si ils se sont pourris la gueule sur le Net pendant des années, le simple fait de se voir pour de vrai dans des mondanités consanguines fait que tout le monde se réconcilie joyeusement en se tapant sur l'épaule et en papotant plaisamment histoire de dire que, allez, tout ça n'est pas bien méchant voyons.
Pas de ça avec moi.
Quand je vous en met plein la gueule dans un billet, c'est pour une raison très simple : je ne vous aime pas. Je n'aime pas vos idées. Je n'aime pas votre personne. Et d'une manière générale, que les choses soient bien claires : je ne vous veux aucun bien. Inutile de venir me voir la bouche en coeur sur l'air de "on-est-tous-potes". Inutile de chercher à me parler. Si je vous apprécie un tant soit peu, c'est moi qui viendrait vers vous. Sinon, oubliez. Je n'hésiterai pas une seule seconde à vous pourrir en public, et même le fait que vous vous teniez prudemment à l'écart ne vous met pas à l'abri d'une de mes saute d'humeur.

Je ne suis pas un gentil garçon.

Tenez-vous le pour dit : c'est fini, la gauche gentille et citoyenne.

Fini.


Jean Quatremer, européiste spongiforme

Jean Quatremer est journaliste. Ce qui au départ n'est pas bon signe, c'est vrai. Mais Jean Quatremer ne se contente pas d'être journaliste : il fait partie de ces pauvres ânes qui n'en finissent pas de sauter comme cabris en rut en bramant "Europe ! Europe !" à tout bout de champ et en ne supportant pas qu'on pense autrement qu'eux. Oui, Jean Quatremer appartient à cette espèce de pénibles. De ces européistes monomaniaques tout entier livés à une seule pauvre obsession et la rabâchent en boucle sous toute les formes et sous toutes les coutures. Les européistes sont chiants, de toute façon. Chiants et idiots. Et Jean Quatremer est européiste, donc.

Il s'est passé un drame dans la vie de Jean Quatremer, un jour : des gens n'ont pas voulu voter Oui au TCE en 2005. Le choc dût être cruel pour notre journaliste, qui ne s'en est jamais vraiment remis et a juré désormais de passer le reste de son insignifiante existence à pourfendre les méchants qui lui ont fait tant de peine. J'avais déjà exposé le cas ici, et décidément celui-ci ne s'arrange pas. Ce qui est très triste, quelque part, surtout pour Jean Quatremer, oui. Puisque celui-ci ne disposant à l'évidence que d'une intelligence pour le moins limitée et d'une absence flagrante de culture politique, il ne peut assouvir sa piteuse petite vengeance mesquine qu'en faisant de gros cacas nerveux en forme de billets (nuls) dans son blog (sans intérêt). En vérité, Jean Quatremer ferait presque pitié, allez.

Pour preuve de la totale indigence de Jean Quatremer et de sa vision pour le moins étriquée de la chose politique, on pourra prendre la crotte de nez suivante. Où l'on voit que Jean Quatremer n'aime pas mais alors pas du tout les vilains "groupuscules extrêmistes" - de droite ou de gauche, puisque les extrêmes n'est-ce pas - qui non seulement osent se présenter à des élections, mais en plus ont envie d'avoir des députés, figurez vous. Et il ne les aime pas surtout pour une raison simple, très simple, même, qui est en lien avec sa monomanie : tout ces méchants pas beaux réduiront la marge de manoeuvre des autres élus à Strasbourg. Qui comme Jean Quatremer sont des européistes. Et pour Jean Quatremer, le monde est divisé en deux catégories distinctes : les gentils européistes tout mignons qui sont pour la démocratie et le libre-échange ; et les enculés qui ne sont pas d'accord avec Jean Quatremer. Cette division vous semble quelque peu arbitraire, et aussi un peu naze ? Vous avez raison. Mais Jean Quatremer est un Ouiouiste, ne l'oublions pas ; c'est dire le niveau où s'ébat sa profonde médiocrité intellectuelle. Quant à sa vision de la démocratie en tant que telle, celle-ci se limite à l'expression des opinions qui vont dans le sens des siennes. Oui, Jean Quatremer fait partie de ces "démocrates" en peau de lapin qui accusent tout ceux qui ont l'audace de na pas partager leurs névroses de vouloir le totalitarisme, et rêvent secrètement de réserver la démocratie à une minorité de gens polis et bien élevés, parce que la démocratie, n'est-ce pas, c'est trop bien pour tout le monde s'en mêle.

Jean Quatremer serait presque un cas intéressant, savez-vous.
Presque.
En l'état, il se contente d'être un des ces imbécile vaniteux et bouffi de morgue qui s'étonnent candidement qu'après avoir injurié la moitié de la planète, il puisse se trouver des gens pour lui appliquer le même traitement. On pourra appeler cette attitude du huguesserrafisme, du nom d'un autre nombril qui lui aussi est Ouiouiste, quelle stupéfiante coïncidence.

Pauvres gens que ces Ouoiouistes, décidément. Détournons pudiquement le regard de ses tristes sires, à présent, voulez-vous ?...

mercredi 18 février 2009

La vérité sur les prix

C'était tout vu, et ça se passe donc exactement comme ce gouvernement de charognards le voulait dès le départ : laisser pourrir la situation aux Antilles, faire mine de s'indigner que ce mépris ostensible attise la colère en continuant de jeter du kérosène sur une situation déjà passablement explosive, et attendre l'inévitable qui s'est donc produit : de la vraie bonne grosse violence émeutière qui pourra justifier une répression féroce. Laquelle sera d'autant plus justifiée dans l'opinion publique métropolitaine qu'on souffle dans les médias qui mentent qu'au lieu de simplement "social", ce conflit pourrait avoir en fait des relents "racistes", puisqu'on serait ici confrontés à une manifestation de "racisme anti-blancs". On appréciera à sa juste valeur cette expression, qui renvoie dos-à-dos deux phénomènes sans le moins du monde en expliciter les fondements de départ, l'important étant d'exciter les bas instincts du franchouillard moyen au cerveau laminé par 25 ans de propagande anti-bronzés.

On ne le répétera jamais assez : le racisme, dès qu'il est mis en exergue par les dominants, est une politique de division de classe qui ne sert qu'à monter les dominés les uns contre les autres. Un ouvrier licencié blanc a plus de choses en commun avec un gréviste Guadeloupéen qu'avec un banquier qui a la même couleur de peau, il est donc urgent de déplacer la colère de l'exploité contre un autre exploité, dès fois que ces deux là se rendraient compte que leur ennemi véritable est le même. Et c'est pour ça également que tous les discours moralisants du type "le-racisme-c'est-pas-bien" n'ont jamais eu aucun impact sur la montée du FN, puisque le problème à la base n'était en rien "moral" mais bel et bien politique, ce que tout le monde à l'époque s'est soigneusement abstenu de souligner et pour cause. Puisque tout ça porte un nom archi-connu et qui fait toujours peur : lutte de classes. Et ce qui se passe aux Antilles en est un nouvel avatar particulièrement exemplaire dans l'abjection dont fait preuve une minorité nantie qui ne s'est à l'évidence jamais complètement faite à l'abolition de l'esclavage.

Ils sont en colère, les Antillais ? Ils vont "trop loin" ? Non mais on va où, là ? Pour information, vous savez combien ça coûte, un pack de quatre yaourts, là-bas ? 7 euros. Ouais, 7 € pour un petit pack de 4 yaourts. 1 kg de tomates = 10 €. Et le reste à l'avenant. On se prend à imaginer ce qui se passerait ici si les prix étaient similaires, n'est-ce pas ? Personnellement, je ne donne pas une semaine avant qu'on voit une préfecture brûler, et que le gouvernement n'accède en catastrophe aux revendications d'une population aux abois et qui en a tellement marre de se faire enfler qu'elle se dit qu'elle n'a plus grand' chose à perdre. Rajoutez une couche de de post-colonialisme par dessus, et on aura une idée un peu plus exacte des vrais tenants et aboutissants de ce qui se passe là-bas.

De ce point de vue, il est on ne peut plus normal et allant de soi que les grévistes antillais reçoivent le soutien le plus total des progressistes de métropole, en souhaitant de plus ardemment qu'il se passe le plus vite les mêmes choses en Sarkozie.
(Et les imbéciles Copé et Bertrand qui accusent OB de vouloir foutre le bordel en Guadeloupe - comme si ils nous avaient attendus, tiens - alors qu'il n'y a même pas encore mis un orteil devraient faire un peu attention, tout de même : ça va finir par vraiment se voir qu'ils nous font monter pour faire chier le P"S". Ça aussi ça porte un nom : jouer avec les allumettes. Qu'ils continuent...).

mardi 17 février 2009

Bucolisme socialiste (du XXIème siècle)

Est-ce un signe ? Une sorte de présage ? On sort enfin d'un hiver long et chiant pour entrer enfin dans un petit, timide, charmant et doux début de printemps. Le soleil s'est à nouveau repointé et les jupes vont raccourcir, on pourra fumer sa clope dehors sans risquer la pneumonie et s'asseoir aux terrasses avec le dernier Palahniuk. Ce sera chouette, youpi.

Mon para en sucre d'amour a demandé au peuple si il voulait encore de lui, et le peuple lui a répondu un Oui orgasmique. Il paraît qu'à l'annonce de la nouvelle, les envoyés spécieux du Monde Sarkozyste Paulo A. Paranagua et Marie Delcas ont été aperçus ivres morts dans une pharmacie de Caracas pour acheter des barbituriques.

Légèreté de l'air ambiant...

Aux Antilles, les manifestants commencent à réellement exprimer de façon pas du tout raisonnable qu'il en ont vraiment plein le cul d'être les larbins des descendants de colons. Ah, on se prends à rêver à ce qui arriverait à un François Chérèque qui se pointerait aux piquets de grèves pour faire de la "pédagogie" en tentant de défendre son point de vue d'un syndicalisme "d'accompagnement". Ah...Vivement que toute cette belle colère débarque sur nos rivages, oui, vivement.

Douceur, douceur, douceur...

Les ultra-libéraux perdent les derniers vestiges de santé mentale qui leur restaient et mettent en garde contre le bolchevisme qui vient. Car toutes ces histoires de redistribution de profits leur font mal, vraiment mal, et d'empoigner leurs claviers pour sangloter contre ce retour aux soviets. C'en est presque touchant, , et , aussi, et , tenez. Oui, chacune de ces gourmandises mériterait un billet spécifique, mais tout ceci est caricatural à souhait et je n'ai pas envie de m'énerver aujourd'hui, pâquerettes et toutes ces sortes de choses.

Le vent tourne, les enfants.

Oh, il ne souffle pas encore bien fort, allez. Mais c'est indéniable : il tourne. Dans le bon sens, cette fois.

Prenons nous tous par la main et faisons une ronde, autour d'un grand feu de joie avec les oeuvres complètes d'Alain Minc et l'auteur au milieu.

Tralala.


lundi 16 février 2009

JE T'AIME !

Mise au point

Copié/collé du mail envoyé ce matin à la rédaction de Marianne2.fr :

"Madame, Monsieur,

Je suis le blogueur CSP et je viens de m'aviser que vous avez repris une partie de mon billet du samedi 14 février 2009 intitulé "Tenir le cap" pour en faire un article qui fait la Une de votre site. Ce dont vous avez parfaitement le droit par ailleurs, ce que j'écris étant libre de droits et reproductible par quiconque en a le désir. J'aurais apprécié toutefois que vous m'en demandiez la permission, ne serait-ce que par politesse, mais ce n'est pas cela qui motive ce mail.

Je suppose que nombre de blogueurs seraient fort flattés de se retrouver ainsi cités par un journal en ligne qui a pignon sur rue ; pour l'essentiel, le blogueur est une personne proprement assoiffée de reconnaissance dont l'ego est le plus souvent inversement proportionnel à sa force de convictions. Je fréquente ce petit milieu depuis à présent suffisamment longtemps pour savoir à quoi m'en tenir sur ce microcosme, et partant n'avoir aucune illusion sur les gens qui s'y ébattent. Il suffit de voir dans quelles transes les jettent quelques points gagnés ou perdus dans d'obscurs classements dont tout le monde se fiche hormis eux pour constater que ce qui importe surtout pour le blogueur moyen, ce n'est ni la recherche d'un minimum de qualité dans ce qu'il écrit, ni de défendre des idées quand il en a par accident, mais que d'autres nombrils dans son genre lui confirment qu'il est bien des leurs. Ce qui est à la fois très triste et dans le même temps on ne peut plus en phase avec une époque où on veut être reconnu non pas pour ce qu'on accomplit, mais par simple désir de la notoriété en tant que telle et peu importe les moyens d'y parvenir.

Pour ma part, la découverte de mon billet en Une de votre journal m'a quelque peu chagriné, et les motifs de cette affliction sont fort simples.

En effet, votre journal s'est récemment distingué par des attaques particulièrement fielleuses sur le processus de construction du Nouveau Parti Anticapitaliste, organisation dont je suis militant. On trouve sous la plume de quelques uns de vos collaborateurs une série d'attaques en règle où la mauvaise foi le dispute à la désinformation pure et simple, quand elles n'expriment tout simplement le mépris le plus parfait pour les idées que nous défendons. Par exemple, Monsieur Philippe Cohen pour ne pas le citer, semble avoir une telle exécration envers le NPA qu'il n'hésite pas à reconstruire audacieusement la réalité et à déformer les faits dans des articles au ton dont la condescendance et l'arrogante prétention à savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous, finit par réellement exaspérer. Même le Figaro ne s'est pas permis autant de morgue.

Que des journalistes puissent écrire n'importe quoi plutôt que tenter des analyses, au lieu que de projeter leurs propres aigreurs, n'est en soi pas tellement étonnant ; n'est pas Jack London qui veut, la preuve. Et il est bien évident que tout un chacun à le droit d'exprimer en public ce qu'il veut, quand bien même ce serait de stupéfiantes bêtises.

Cependant, vous comprendrez que je ne peux décemment pas être associé à votre journal, ne serait-ce que par billet interposé.
C'est pourquoi je vous demande de retirer ledit billet de votre journal et d'en effacer toutes traces dans vos archives.
De plus, je vous serais extrêmement reconnaissant si vous évitiez à l'avenir de publier ma prose, quelle qu'elle soit.

Je suis certain que vous comprendrez ma requête, et vous remercie d'avance d'y accéder.

Salutations révolutionnaires

CSP."

dimanche 15 février 2009

Du consumérisme politique et autres nuisances afférentes

Hum...bon, admettez tout de même qu'on puisse vous trouver agaçants, parfois, mh ?
Je veux dire, moi, personnellement, je vous aime bien, hein. On s'entend bien et tout et on partage pas mal de choses humainement parlant, et puis on est très d'accord sur plein de choses en politique. Et en plus, personne ne vous force à prendre votre carte au NPA, non plus. On est pas dans le prosélytisme à tout crin pour recruter rien que pour faire du chiffre. Tout le monde est libre de venir - ou pas - et blablabla, quoi.

Non, ce qui fait faire un gros "Pfouuuuu" un chouïa exaspéré, c'est les "raisons" que vous mettez en avant. Je m'explique :

Qu'on soit, et depuis longtemps, dans une période qui voit une crise de l'engagement, c'est certain. La surconscience individualiste de nos temps libéralisés fait qu'on a effectivement plus de mal à s'investir dans un mouvement collectif, tant on est décidément follement épris de sa si chère et si particulière "individualité" qui fait de chacun de nous des êtres si tellement à part et ô combien uniques de partout. Mouais. Sauf que cette individualité doit reposer sur de bien fragiles bases pour avoir peur à ce point de la perdre quand on est réunis avec d'autres personnes pour faire des trucs ensemble. Misère du narcissisme moderne, qui exige d'être reconnu comme entité spécifique tout en étant traversé de mouvements contradictoires qui font que la plupart des gens dans la société occidentale sont de plus en plus occupés à essayer de maintenir un minimum de cohérence, histoire de pouvoir continuer à être exploités et à consommer pour se consoler.
Tout ça n'est pas bien joyeux.

Mais nous ne vivons pas des temps joyeux, il est vrai.
Et la crise, maintenant, en plus. Cela dit, on ne l'a pas attendu, cette crise, pour vivre dans une société anxiogénisée à mort, où les médias ne régurgitent que catastrophes et mauvaises nouvelles en assénant que de toutes façons, le pire est à venir, et où des gens très sérieux qui portent cravate nous expliquent que oui, en effet, ça va mal, et qu'en plus c'est comme ça on y peut rien. Angoisse, doutes, petites pilules qui mettent les choses à distance pour les rendre à peu près supportables, et repli généralisé.
Je prenais un verre l'autre soir avec un pote, dans un bar rock plutôt sympa du centre ville. Et en observant les groupes de gens autour de nous, c'était vraiment frappant : les gens sortent pour s'amuser, évidemment ; mais de plus en plus, ils ne le font qu'entre eux. Entre gens qui se connaissent. Des petits groupes hermétiques et homogènes où tout le monde se ressemble, et dont personne ne sort ni personne ne rentre. On se tient chaud, dans un entre-soi affinitaire qui fait oublier l'angoisse pour un temps. On se pelotonne dans sa petite bulle relationnelle où l'inconnu est soigneusement mis à l'écart. On a la trouille de tout, en fait.

Et pour s'engager quelque part, il faut avoir un minimum d'enthousiasme pour ce qu'on veut défendre. L'enthousiasme n'est pas une valeur très en cours en ce moment, c'est une réalité...Surtout pour les grands projets, les élans qui veulent que ça change pour de bon, et le XXème siècle a montré qu'on peut avoir une suspicion légitime vis-à-vis de ceux qui ont les yeux qui brillent et certifient que tout ira mieux quand...D'où l'amélipoulisme ambiant, la frilosité qui se masque en amour des "petites" choses, des "petits" plaisirs, des petites vies. Triomphe du "petisme" encouragé par le consumérisme qui n'a évidemment aucun intérêt à ce que le plus de monde possible passe du temps à faire autre chose que vouloir acheter d'inutiles merdes. Tout ça est terriblement compliqué, et assez pénible, aussi.

C'est pour ça aussi que c'est chiant, ben oui, c'est chiant de vous entendre dire des trucs comme "je m'engagerais bien, mais y'a des trucs qui me plaisent pas trop et je suis pas d'accord avec tout, alors je préfère attendre et voir, voilà...".
Ah ?
C'est rien que pour ça ?
C'est tout ce que vous avez trouvé ?
Ça troue un peu le cul, là, quand même.
Sommes-nous tellement habitués à tout considérer comme marchandise que même une organisation politique doit être objet de consommation ? En pesant le rapport coût/qualité et en calculant l'indice de satisfaction qu'on va en retirer ? Parce que cette attitude, c'est rien moins que celle du consommateur qui en vient à tout mesurer à l'aune de son désir consumériste et qui finit par faire le difficile devant un produit qui ne serait pas parfaitement adapté à ses goûts individuels...

Il y'avait des choses qui me gonflaient dans la LCR, figurez-vous. Notamment les discours jeunistes qui accordaient une importance que je continue à penser démesurée aux "jeunes", à l'implantation dans la "jeunesse", aux forces vives qu'on pouvait y trouver et blablabla. Ça m'a toujours semblé démago, comme démarche. Mais ça ne m'empêchais pas d'y être, toutefois, puisqu'il faut faire aussi la part des choses entre ce qu'on veut défendre comme idées, et ses propres attentes individuelles. Disons que de ce point de vue, la Ligue hier et à présent le NPA représentent à mes yeux non pas le parti parfait qui comble à la perfection tout mes désirs, mais le meilleur outil pour défendre les idées que je pense justes. Et en acceptant que oui, parfois, il y a des choses qui me plaisent moyen, voilà.

Mais penser comme ça, précisément, c'est ne pas être dans la consommation, mais dans les convictions. Ce n'est pas tout à fait la même chose.

Alors, qu'on ai pas envie de s'engager, je le comprends parfaitement. Encore une fois, on a jamais forcé personne, non plus.
Mais qu'au moins, ce soit pour de bonnes raisons.


samedi 14 février 2009

Tenir le cap

Très fort. Très très fort. Tu nous avais il est vrai habitués à pas mal d'exploits, mais là, non, vraiment, je suis soufflé. Je veux dire, en plein début de crise, quand le social commence à tanguer pour de bon, que les chercheurs ne vont pas tarder à être rejoints par les étudiants et certainement les lycéens d'ici peu, quand les DOM-TOM pètent les plombs, quand les multinationales engrangent des profits record, quand de moins en moins de gens t'apprécient et que monte une belle rage populaire contre toi et tes "réformes", toi, tout content, tu proposes..."une réflexion sur l'évolution du congé parental".

Très très fort.

Surtout la suite, quand tu "souhaite que ce soit «un congé plus court, que le Pôle emploi accompagne vraiment les jeunes mères dans leur retour à l’emploi, et que l’on privilégie l’aménagement des horaires de travail et le temps partiel plutôt que l’arrêt total de l’activité».

Oh oh oh.

Être maman, c'est bien gentil, mais faudrait pas que ces feignasses se prélassent dans l'assistanat - qui ruine la France - sous prétexte d'avoir mis bas, sans déconner. À l'instar de Rachida, une fois le lardon éjecté, on retourne au turf le plus vite possible, parce que va falloir trimer comme boeufs pour payer la crise, là.
Et comme souvent avec toi, c'est en regardant les choses plus en détail qu'on se rend bien compte de la splendide scélératesse que tu nous sors et surtout d'à qui profite le crime :

"Les entreprises ont été à l’origine des politiques familiales. Elles en sont les premières contributrices aujourd’hui. Il est souhaitable qu’elles fassent valoir leur point de vue. "

Savourez.
Mais ce n'est pas fini. Ouhlala non.

"Je voudrais à cet égard que l’on mène une réflexion sans tabou sur l’évolution du financement de la politique familiale. 30 milliards de cotisations patronales famille sont prélevés sur les salaires. 30 milliards. Ces cotisations peuvent être pénalisantes pour la croissance et l’emploi. Je souhaite confier à M. Yves BUR, député, une mission de réflexion sur ce sujet, afin qu’il puisse faire des propositions permettant de conforter le financement de notre politique familiale, tout en limitant son impact sur l’économie. Parce que si on ne garde pas d’emplois en France, ce ne sera pas bon non plus pour les familles".

Que ce chiffre de 30 milliards sorte comme d'habitude de ton chapeau, ça aussi, on commence à être habitué. Et on ne sera pas non plus surpris que le fond de ton discours soit un parfait copié/collé des caprices du patronat qui ne veulent plus raquer pour que des salopes osent ne pas vouloir retourner au turbin immédiatement après le passage à la clinique. Bon, c'est pas dit comme ça, naturellement, et il faut encore employer la grosse ficelle du chantage à l'emploi tout en oubliant pas de sortir une idée assez ébouriffante : les mamans et les papas plombent la croissance. Et ça, surtout, c'est très très mal, de plomber la croissance. Très très vilain. Vous voulez pas plombez la croissance, si ? Surtout en ce moment ? Bon, alors on fait un effort, allez. Sans blague.

Sauf que là, tu est peut-être allé un peu fort...
J'en veux pour preuves les réactions des lecteurs d'un quotidien à fort tirage, lesquels expriment comme une sorte de lassitude à ton endroit, regarde :

"Je finis par regretter Chirac ... "

"je vais vomir"

"Sarkozy, destructeur de la famille !"

"Dites adieu à vos allocs "

"depuis le temps qu'on vous dit que c'est un grand malade ! "

"J'en peux plus de ce guignol! "

"Honte à vous de faire de "l'exemple" Rachida un exemple !!!!"

"Sarkozy a définitivement dépassé les bornes"

"sarko se fout du peuple! "

"Du goudron et des plumes !"

"si ça continue il va diminuer nos congés payés aussi"

"ce qu'il y a vraiment de beaucoup plus urgent à raccourcir, ce n'est peut-être pas le congé parental, mais plutôt le mandat de Nicolas Sarkozy"

"Rendez-nous Chirac !!! ( à quelle extrémité en est-on réduit...)"

"complètement perdu les pédales"

"Je crois que les Français s'en souviendront longtemps de celui là !"

"N'y a-t-il personne dans son entourage pour le calmer ? "

"Il va se mettre toutes les catégories de la population Francaise à dos"

"sortez ce pitre , et vite!"

"2 conneries par jour : un as ! "

"Ras le bol , dehors!"

"Il commence à nous emmerder!!!!!!!!!"

Et il y en a des centaines de ce tonneau.
Et c'est dans le Figaro que ça se passe.
Oui. Même le lectorat du Figaro en a marre de ta gueule. Faut dire aussi que s'attaquer à ce pilier des Valeurs (rires) de la drouate qu'est La Famille, oups. Et je t'avouerai qu'il est quelque peu plaisant de voir des gens qui d'habitude n'ont pas de mots assez durs contre tout ce qui est social, vouloir à toute force maintenir le congé maternité...en exigeant la défense des acquis sociaux. Uh uh uh. Très rafraîchissant.

Bref.
Tout ça pour dire que ton opération d'enfumage non seulement est un fiasco et que non décidément non tu n'arriveras pas à détourner les regards du la mélasse dans laquelle tu es ;
Mais qu'en plus, dès que tu veux allumer des contre-feux, ceux-ci se transforment immédiatement en nouveau foyers d'incendie.

C'est pour ça qu'il faut absolument que tu continues comme ça. Surtout, il ne faut rien changer. Tu es génial, tu es parfait. On te veut tel que tu es, sois toi même : suffisant, arrogant, suintant de démagogie et bourré d'idées à la con que tu sors en ce moment à jet continu, avec ce côté un peu flippé qui commence à se voir du mec qui ne sait plus trop quoi faire pour se sortir de ce merdier qui monte mais qui va continuer à faire de grosses boulettes puisqu'il ne sait faire que ça.

C'est vraiment sympa de ta part de nous mâcher la besogne.
Tiens le cap, Nicolas.
On est grave avec toi.


vendredi 13 février 2009

Leçon de choses 2

Où l'on continue de constater que nous vivons décidément dans un monde d'une ébouriffante simplicité.

Et faisant suite à l'imparable démonstration d'hier sur les très très riches contre les très très dans la merde, vlan : une preuve supplémentaire. Admettez qu'il y a là quelque prodige. Puisque figurez-vous que :

"2008 est un bon millésime pour les entreprises du CAC 40. Les dividendes versés aux actionnaires n'ont enregistré qu'un très léger recul, totalisant 54,2 milliards d'euros contre 57,2 milliards en 2007".

Mazette.
Même en enregistrant "un très léger recul", c'est tout de même coquet.
Puisque mine de rien, cela signifierait donc que d'une année sur l'autre, les actionnaires du CAC40 palpent en tout dans les 55 milliards de dividendes tous les ans. En gros. Et qu'il y a donc une phénoménale pluie de pognon qui s'abat régulièrement, un peu comme la mousson en somme, sauf que ce serait une mousson qui ne moussonnerait que sur certains points géographiques précis en laissant tout le reste cramer sous la canicule. Tout ça pour dire que quand on est actionnaire du CAC40, on est pas malheureux, quoi.

Et là, tout de suite, on pense à la droite.
Qui va avoir décidément bien du mal à justifier de crédible façon les scélérates "réformes" qu'elle veut nous imposer.
Qui va avoir décidément bien du mal à expliquer que "les caisses sont vides".
Qui va avoir décidément bien du mal à exiger qu'on contrôle les chômeurs.
Qui va avoir décidément bien du mal à...
Qui va avoir décidément bien du mal.

Mais reprenons :
D'un côté, nous avons ceux qui ont trop - et pour le coup, là, vraiment trop -, et de l'autre, nous avons ceux qui n'ont vraiment pas assez.
Ce qui était certes déjà le cas bien avant cette fameuse crise, en effet, sauf que ça se voit de plus en plus et qu'une fraction non négligeable des populations de notre bas monde de commencer d'hausser le sourcil en finissant par se demander si on se foutrait pas un peu de sa gueule, quelque part. Et si partant, il ne serait pas envisageable qu'une partie de cette mousson ne vienne irriguer d'autres terrains plutôt que d'inonder de minuscules parcelles.
Sauf que.
Contrairement à un phénomène météorologique, les dividendes du CAC40 n'ont rien de naturel, et ce sont bel et bien des êtres humains qui sont derrière les mécanismes de tant d'opulence. Et ces êtres humains, si différents et diversifiés qu'ils puissent être pris un à un en tant qu'individus ont en revanche un énorme point commun :

Ils refuseront catégoriquement de lâcher la plus dérisoire miette.

C'est d'ailleurs bel et bien pour cette raison qu'on part d'un grand éclat de rire qui fait un peu grincer des dents aussi quand on lit que :

"Le médiateur national du crédit, René Ricol, chargé d'aider les entreprises qui ont des difficultés à accéder au crédit, a estimé que les actionnaires devaient faire preuve de "solidarité" en acceptant de ne pas percevoir "pendant un an ou deux" de dividendes, compte tenu de la situation économique. "

Oh le con.
Nan mais sans blague, il le croit vraiment ce qu'il raconte, là ?
Puisque jamais mais alors jamais au grand jamais ces rapaces n'accepteront de se passer de leur pluie de pognon "pendant un an ou deux", un enfant de trois ans le comprendrait.
Tss.

Bref.
Donc, nous revenons à notre situation de départ, toujours la même, eeeeeh oui :
Des très très très riches.
Et des très très dans la merde.

À présent, on en tire les conclusions qu'on veut. On peut parfaitement penser que tout ça est normal et que tel va le monde et que c'est comme ça et qu'on y peut rien. On peut.
Auquel cas, on est vraiment une pauvre merde.


Compliment



jeudi 12 février 2009

Leçon de choses

Nous vivons dans un monde d'une enchanteresse simplicité.
Contrairement aux sots qui se contentent de dissimuler leur paresse intellectuelle et leur inculture en ânonnant que "les choses sont plus complexes", nous pouvons en effet poser comme préalable à toute discussion sur l'état du monde que celui-ci se divise clairement en deux parties nettement séparées : ceux qui ont trop de fric, et ceux qui en ont de moins en moins. La ligne de partage ne passe pas par l'ethnie, par l'âge, par la religion ou par les mœurs, mais définitivement par rapport à la place qu'on occupe dans l'appareil de production - en l'occurrence capitaliste - et par ce qu'on en retire en terme de satisfactions des besoins élémentaires. Pour illustrer ce propos, disons par exemple qu'un Barack Obama, bien que métis, a plus de points communs de par l'appartenance sociale et la possession de capitaux - économiques, symboliques, etc. - avec un banquier blanc de Wall-Street qu'avec un métis d'un ghetto de Washington.

Il découle de ces présupposés indiscutables - puisque ancrés dans la solide expérience du quotidien que tout le monde peut constater - que cette division du monde en deux parties nettes ne peut à terme que poser certains problèmes. Puisque si d'un côté nous avons des gens - lesquels sont par ailleurs très peu, dès qu'on y regarde de plus près - qui se gavent d'éhontée manière, il ne faudrait pas oublier que la gabegie en question n'est possible que par la dépossession de tous les autres, qui eux sont bien plus nombreux. Ce qui ne manque pas de soulever moult paradoxes et poser également comme également indiscutable que les intérêts respectifs de ces deux groupes non seulement ne coïncident pas le moins du monde, mais en plus sont clairement antagonistes.

Deux exemples dans la presse d'aujourd'hui, eux aussi fort simples, illustrent ce propos :

-D'un côté, nous avons un groupe pétrolier français qui a fait rien moins que 13,9 milliards de bénéfices en 2008 ;

-De l'autre, on apprend que les prix des denrées "de base" continuent d'augmenter en dépit de la baisse du coût des matières premières agricoles.

Ce qui signifie très simplement que quand on doit mettre de l'essence dans sa bagnole en ne pouvant pas toujours faire un plein complet pour cause de prix de carburant trop élevé, avant d'aller au Lidl hésiter à s'acheter deux paquets de nouilles d'un coup pour cause que s'en sortir économiquement est de plus en plus difficile pour de plus en plus de gens - y compris par ailleurs une partie importante de ceux qui lisent ces lignes en ce moment -, il y'a, à l'autre bout de la chaîne, des gens qui ne se posent nullement ce genre de dilemme, puisque eux s'enrichissent sur la vente de ces choses que nous leur achetons.
On voit donc qu'il y a là une sorte de problème.

On pourra soulever qu'il pourrait être normal que les profits dispendieux de Total pourraient être lourdement taxés ; ou on pourrait légitimement exiger que le marges arrières des commerçants soient regardées de plus près. Certes. C'est précisément là qu'interviennent les ânes de la "complexité" qui viendront expliquer que mais mon bon monsieur vous n'y êtes pas du tout, taxer les profits c'est le retour à l'économie dirigée, pourquoi pas nationaliser pendant qu'on y est, c'est donc décourager les investisseurs qui créent de la richesse que vous voulez ???
Et comme ces gens, ou la plupart d'entre eux, sont au pouvoir, les choses de continuer comme décrit précédemment.

Des gens très très riches continuent de devenir très très riches. Et les autres clampins ont du mal à s'acheter des nouilles.

Nous vivons dans un monde d'une enchanteresse simplicité.

Et il découle quasi naturellement de tout ça qu'on puisse penser que les gens très très riches puissent être poussés à partager ce qu'ils ont, d'autant qu'ils en ont absurdement trop ; ce serait là simple logique et bon sens le plus élémentaire, certes.
Malheureusement, l'expérience passée atteste que ces personnes ne sont pas le moins du monde raisonnables. Et qu'on ne peut donc pas attendre d'eux le plus petit geste. Et même tout au contraire, puisqu'ils sont prêts à faire massacrer en masse si il le faut pour conserver tout ce qu'ils nous volent. Tout ça est bien triste, en effet.

Et c'est bien pour cela qu'au moment de présenter l'addition, il est fort possible qu'on ne soit pas d'une exquise politesse.

Puisque décidément, les choses sont simples, très simples même, et nous saurons être d'une grande clarté quand nous leur demanderons de cracher.
De gré.
Ou de force.

C'était la leçon de choses du jour de CSP, à demain pour une nouvelle aventure.

mercredi 11 février 2009

Manufacturing crétin

Ce n'est à coup sûr pas ce qui se passe de plus important en ce moment dans notre vaste monde, mais cette banale et affligeante news est quelque part tellement révélatrice de la triste société dans laquelle nous nous débattons et des mentalités qu'elle façonne qu'elle en devient un prisme de toutes les nuisances ; il suffit donc de tirer sur le fil le plus anodin pour systématiquement arriver au gros pull miteux du règne du Tout-Argent et de la fabrication de l'armée des petits zombies analphabètes sans lesquels tout le système s'effondrerait en deux heures.

L'exemple d'aujourd'hui : l'amuseur public Dany Boon.

Précisons avant toutes choses que je n'ai évidemment pas pollué mon cerveau à la vision de son navet sur les ch'tis : j'avais des choses plus importantes à faire, comme repasser mes chaussettes ou apprendre à faire du pédalo. À de rarissimes exceptions près, le cinéma français est à chier, et le pire du pire est dignement représenté par ces "comédies" pas drôles calibrées pour leur prochain passage sur TF1. Qu'un tiers de mes compatriotes se soient rués pour s'éplucher la rate devant ce bloc de néant restera un de ces mystères inquiétants qui hantent une vie entière, décidément.

Et pourquoi Dany Boon abdique t-il ainsi toute dignité et pleure à chaudes larmes dans les médias qui mentent ?
Parce que las ! son "film" - puisqu'il paraît que c'en est un mais passons - n'a pas eu l'heur de plaire suffisament aux jurés des Césars qui ne lui attribuent qu'une seule nomination. Ouin. Le Drame. Pauvre pauvre pauvre Dany Boon qui est tout malheureux, assis tout seul sur ses millions d'euros et qui voudraient en plus être reconnu par le versant "sérieux" (= chiant) de la profession. Et à l'instar de son film, ça pourrait être drôle, ce n'est que consternant. Un peu comme si Gérard de Villiers sanglotait son incompréhension d'être refusé à l'Académie Française, en somme.

Mais surtout, ce qui hérisse, ce qui démange les jointures, ce n'est pas tant la prétention bouffie du ch'clown, pas plus imbu de sa personne au fond que la cohorte de parasites qui pataugent dans le showbiz ; non, ce qui donnerait quasiment des désirs de pneu imbibé d'essence en guise de collier, c'est l'argument proprement bernardtapiste mis en avant pour expliquer tant de sombre morgue :

"Le problème des César et les Molière c'est pareil: quand on a du succès, ça créé une forme de jalousie."

Et voilà l'explication toute trouvée.
Prodige du poujadisme ambiant.
Pour Dany Boon, quand on a du "succès" (= quand on a gagné plein de pognon), on doit être reconnu et adulé pour ça. Critère de jugement du parfait lobotomisé qui n'a nulle honte de se revendiquer pur produit et ne peut raisonner qu'en terme de coûts/bénéfices tout en jouant sur la corde proprement poujadiste du p'tit gars d'la province bien sympatoche que ces gros snobs parisianistes veulent pas accepter parmi eux (tout en ne crachant pas sur les médailles en chocolat et la bise à Sarko, hein). Dany Boon est une victime. Dany Boon souffre. Dany Boon reste digne dans l'épreuve, et dieu sait pourtant qu'il serre les dents le pauvre. Et surtout, Dany Boon reproduit sans le savoir le parfait mécanisme de la droite populiste qui joue les "petits" contre les "gros". Lesquels gros en question ne sont jamais au grand jamais les puissances d'Argent, les banquiers, les traders ou les publicitaires gavés d'euros, ouhla malheureux, manquerait plus qu'on manque de respect à ceux qui produisent nos navets ; les "gros" en question sont les gens trop cultivés. Les snobs qui lisent des livres. Les prétentieux de la grande ville qui se croient mieux que les braves petites gens aux plaisirs simples, qui bossent, eux, pas comme ces feignants de fonctionnaires - qui sont la cible privilégiée des piques de ces amuseurs démagos qui fleurissent désormais à chaque coin de rue.

Voilà ce qui est proprement écoeurant quand on lit entre les lignes de ce genre de discours : le type richissime qui a tribune ouverte partout et ne s'emporte jamais contre les vrais dominants, tout en caressant dans le sens du poil la démagogie ambiante et ses poncifs anti-intellos, anti-fonctionnaires, anti-impôts, anti-grévistes, etc, etc, etc.

Le voilà donc, le résultat concret de la pollution idéologique qu'on subit depuis trente ans : un crétin inculte et fier de l'être, qui vénère le pognon comme seul critère de "réussite" et méprise violemment tout ce qui pourrait remettre en question sa situation d'esclave joyeusement consentant et consumériste. La voilà donc, la victoire d'une idéologie qui n'a que "liberté" à la bouche tout en fabriquant en série de pauvres et tristes individualités aigries et envieuses qui feront tout pour maintenir au pouvoir ceux qui les aliènent.

Vouloir éradiquer cette idéologie n'est pas qu'une question de société ou d'économie : c'est aussi une question d'hygiène mentale.