Et l'on vit venir les flagellants. On les vit venir de loin, à l'horizon déjà l'on pouvait entendre les déchirants hurlements qui sortaient de leurs hâves carcasses. En nombre sans cesse croissant, ils arrivent, les estropiés, les souffreteux, les mutilés, les infirmes, les éclopés, les claudicants, les défectueux, et ce qui sort de leur bouche n'est que sanglots et lamentations, infinie douleur et imprécations. Voyez-les se griffer la poitrine de leurs ongles cassés ! Voyez-les s'arracher leurs cheveux par poignées ! Voyez les ravages d'un infini chagrin sur leurs visages épuisés, sur leurs corps meurtris de trop de macérations et d'austérités. Ils souffrent ! Et en vérité, nul ne vit oncques spectacle pareillement pathétique et poignant...
Car oui, ils sont bel et bien là et nous ne pouvons détourner le regard ce cette tragédie.
Ils sont ici désormais, les déçus de Sarkozy.
Voyez-les, faire halte devant les murs de la Cité. Voyez-les former un cercle pour entonner leur funèbres mélopées. Dans un long cri impuissant où chaque mot n'est que larmes et sang, ils s'exclament :
"Qu'avons nous fait ! Quelle funeste malédiction, quel infernal sortilège nous a fait voter pour cet apostat ! Nous fûmes trompés par d'enchanteresses promesses, nous fûmes enjôlés par des mots de lait et de miel, nous fûmes les crédules et les éblouis et à présent, incommensurable est notre peine, sans fond notre noire disgrâce ! Partout où nous passons, les passant se moquent de nous et détournent les yeux ! Dans chaque endroit que nous traversons, les enfants nous jettent des pierres en se riant de nos écorchures ! Nous sommes bannis de tous lieux et de tout foyer, nous errons ainsi dans une désolation sans fin et un deuil perpétuel...Maudit ! Maudit sois-tu, toi qui nous ensorcela ! Maudit sois-tu, qui nous fit miroiter d'exubérantes félicités pour mieux nous plonger dans le tourment et la confusion ! Et maudits soyons nous de t'avoir adoré...
Souvenez vous ! Souvenez vous, mes frères en misère ! Comme nous étions splendides et triomphants ! Comme nous étions beaux, alors...Nous l'avons porté au pinacle et avec lui, c'est nous tous qui nous considérions comme des Élus ! Enfin tout allait changer, enfin nous avions trouvé notre héros, enfin une vague immense et puissante allait assainir cette pauvre contrée...Ah ! Comme il est cruel d'y songer à présent...
Le miracle tant attendu n'eut pas lieu. Et nous ne voyons que trop bien, oui, trop bien en vérité, l'à quel point nous fûmes joués, mystifiés, abusés ! Nous, peuple de Drouâte, fiers fils et filles du Golisme, enfants chéris de la plus haute Morale et des plus exquises Valeurs, ne pouvons qu'assister impuissants qu'à notre propre déchéance. Les hordes barbares nous cernent de toutes parts ! La Grande Peste Rouge arrive au confins du pays, et terribles sont les rumeurs qui la précède. Mais le pis, ce fut de voir notre chevalier se lier d'amour avec une gourgandine qui n'était pas des nôtres. C'est à ce moment que nous aurions dû ouvrir les yeux. Las ! Nous espérions encore, insensés que nous fûmes...Notre chute n'en fut que davantage cruelle ! L'ouverture ! La relance ! Autant de mots qui sont comme coups de fouet sur nos fragiles épaules..Que n'avons nous mieux écouté nos mages ! Mais à présent, il est trop tard, et tout est perdu, tout est souillé, et déjà nous entendons les ricanements des féroces vandales au loin. Ils se rapprochent ! Nous tremblons ! Ô vous qui vivez dans les murs de votre fière citadelle, ayez pitié ! Laissez nous entrer ! Nous savons que nous fûmes durs à votre endroit et nous implorons votre clémence !!!".
Et tout ce que l'on entendit, ce fut un rire. Un rire de derrière ces hauts murs, et une voix s'éleva pour dire :
"Chiens ! Il est bien temps de se lamenter ! Votre châtiment est à la hauteur de vos forfaitures, et nous saurons nous réjouir de vous voir mis en pièces ! Partez ! Et ne revenez pas ! Nous n'ouvrirons nos portes qu'à ces Braves barbares et nous saurons les fêter dignement ! Fuyez ! Et accomplissez votre douloureux repentir !".
Après un silence lourd de chagrin et de résignation, la lugubre compagnie se remit en route. En sachant que long, bien long, sera ce voyage vers nulle part...
Car oui, ils sont bel et bien là et nous ne pouvons détourner le regard ce cette tragédie.
Ils sont ici désormais, les déçus de Sarkozy.
Voyez-les, faire halte devant les murs de la Cité. Voyez-les former un cercle pour entonner leur funèbres mélopées. Dans un long cri impuissant où chaque mot n'est que larmes et sang, ils s'exclament :
"Qu'avons nous fait ! Quelle funeste malédiction, quel infernal sortilège nous a fait voter pour cet apostat ! Nous fûmes trompés par d'enchanteresses promesses, nous fûmes enjôlés par des mots de lait et de miel, nous fûmes les crédules et les éblouis et à présent, incommensurable est notre peine, sans fond notre noire disgrâce ! Partout où nous passons, les passant se moquent de nous et détournent les yeux ! Dans chaque endroit que nous traversons, les enfants nous jettent des pierres en se riant de nos écorchures ! Nous sommes bannis de tous lieux et de tout foyer, nous errons ainsi dans une désolation sans fin et un deuil perpétuel...Maudit ! Maudit sois-tu, toi qui nous ensorcela ! Maudit sois-tu, qui nous fit miroiter d'exubérantes félicités pour mieux nous plonger dans le tourment et la confusion ! Et maudits soyons nous de t'avoir adoré...
Souvenez vous ! Souvenez vous, mes frères en misère ! Comme nous étions splendides et triomphants ! Comme nous étions beaux, alors...Nous l'avons porté au pinacle et avec lui, c'est nous tous qui nous considérions comme des Élus ! Enfin tout allait changer, enfin nous avions trouvé notre héros, enfin une vague immense et puissante allait assainir cette pauvre contrée...Ah ! Comme il est cruel d'y songer à présent...
Le miracle tant attendu n'eut pas lieu. Et nous ne voyons que trop bien, oui, trop bien en vérité, l'à quel point nous fûmes joués, mystifiés, abusés ! Nous, peuple de Drouâte, fiers fils et filles du Golisme, enfants chéris de la plus haute Morale et des plus exquises Valeurs, ne pouvons qu'assister impuissants qu'à notre propre déchéance. Les hordes barbares nous cernent de toutes parts ! La Grande Peste Rouge arrive au confins du pays, et terribles sont les rumeurs qui la précède. Mais le pis, ce fut de voir notre chevalier se lier d'amour avec une gourgandine qui n'était pas des nôtres. C'est à ce moment que nous aurions dû ouvrir les yeux. Las ! Nous espérions encore, insensés que nous fûmes...Notre chute n'en fut que davantage cruelle ! L'ouverture ! La relance ! Autant de mots qui sont comme coups de fouet sur nos fragiles épaules..Que n'avons nous mieux écouté nos mages ! Mais à présent, il est trop tard, et tout est perdu, tout est souillé, et déjà nous entendons les ricanements des féroces vandales au loin. Ils se rapprochent ! Nous tremblons ! Ô vous qui vivez dans les murs de votre fière citadelle, ayez pitié ! Laissez nous entrer ! Nous savons que nous fûmes durs à votre endroit et nous implorons votre clémence !!!".
Et tout ce que l'on entendit, ce fut un rire. Un rire de derrière ces hauts murs, et une voix s'éleva pour dire :
"Chiens ! Il est bien temps de se lamenter ! Votre châtiment est à la hauteur de vos forfaitures, et nous saurons nous réjouir de vous voir mis en pièces ! Partez ! Et ne revenez pas ! Nous n'ouvrirons nos portes qu'à ces Braves barbares et nous saurons les fêter dignement ! Fuyez ! Et accomplissez votre douloureux repentir !".
Après un silence lourd de chagrin et de résignation, la lugubre compagnie se remit en route. En sachant que long, bien long, sera ce voyage vers nulle part...



