samedi 31 janvier 2009

Audace ! Courage ! Vaillance !




Ah la la, mais qu'ils sont donc de braves gens, les trépanés du MDI. Que d'audace il faut pour menacer un prof ! Quelle belle leçon de bravoure et de probité que de se mettre à plusieurs pour montrer qu'on est les plus forts et les plus balèzes en face d'un type qui n'a pas envie de se faire casser la gueule par les débiles profonds de se nanopuscule de mongoloïdes antisémites.

Alors voilà, les cons : tenez, moi aussi, j'affirme que le
MDI est un mouvement qui n'existe que grâce à des singes hurleurs planqués derrière leurs claviers. Et j'attends avec impatience que des spongiformes viennent en manif me demander des comptes. C'est pas compliqué : tu vois le gros costaud au crâne rasé en blouson noir, à côté de la banderole NPA ? C'est moi. Et bizarrement, j'ai comme le sentiment que ça risque d'être un peu plus délicat que faire le malin en vidéo. Vraiment, venez ; moi et mes potes, sincèrement, on attend qu'un chose : avoir enfin un prétexte. Gros connards décérébrés avec des grandes gueules larges comme ça quand il n'y a aucun risque. Vous êtes des faibles et des lâches, et je compisse votre gourou Kemi Seba et ses potes nazillons.

Mais suis-je sot ; jamais au grand jamais vous ne viendrez. Les rodomontades, c'est uniquement quand on est à plusieurs devant un mec tout seul, pas vrai ? Pauvres et pitoyables petites merdes, allez. Continuez à vous tenir chaud dans votre cabine téléphonique, les demeurés. Vous savez bien que dès que vous voulez faire les malins et que ça ne finit pas bien pour vous, tout ce que vous pouvez faire c'est inonder de larmes tout
l'Internet devant tous ces méchants qui vous aiment pas, ouin ouin ouin.

Le
MDI, c'est la preuve que décidément, il n y a pas de limites à la veulerie.


vendredi 30 janvier 2009

No Fucking Bisounours

Bon, pas la peine de revenir sur le succès de la jour née d'hier : même la Pravda Sarkozyste est obligée de reconnaître que c'est une réussite ; et dès le soir même, les "partenaires sociaux" sont invités à prendre le thé avec le Nain qui dit en substance qu'il n'en a rien à foutre et qu'il continuera à faire ce qu'il veut. Ce qui sera pris comme argument par les plus aigris pour démontrer que la journée d'hier n'a servi à rien, mais ces gens sont d'une flamboyante bêtise et ne voient la politique que par le seul prisme des institutions en place - auxquelles il ne faut suuuuuurtout pas toucher, pardi -, sans vouloir comprendre que face à de pareils charognards aux commandes, il ne faut rien négocier et tout mettre dans la construction du rapport de forces. Ce que nous allons faire, bien entendu.

Et construire un rapport de force passe principalement par se bouger le cul et descendre dans la rue, certes ; mais aussi par la présence aux élections histoire de montrer sa bobine et s'en servir de haut-parleur pour défendre ses idées. Cette hierarchisation des priorités politiques nous distingue d'autres formations qui voient essentiellement par l'électoralisme pour marquer des points et font du jeu électoral la pierre de touche de leur rapport au pouvoir et aux institutions bourgeoises. Comme par exemple, le Parti de Gauche de Méluche.

Lequel a commandé un sondage récemment qui pose que "une liste unie de la gauche radicale (Lutte ouvrière, NPA, Parti communiste français et Parti de gauche) obtiendrait 14,5 % des voix aux élections européennes."
Et là, on se dit : mazette.
14,5 %
Voilà qui semble bien alléchant, en effet.

À première vue.

Puisque quand on prend du recul et qu'on réfléchit deux secondes, on se demande à quoi sert précisément ce sondage et à qui il est destiné.

Passé le premier mouvement - légitime, par ailleurs - qui consisterait à se dire que ce serait super-sympa d'être une chouette bande de potes et qu'on va faire une ronde en se tenant par la main, il est légitime de hausser un sourcil circonspect devant ce qui n'est en l'état qu'un sondage ; à savoir un outil dont la non-fiabilité est désormais légendaire, ce que ne peuvent ignorer les personnes qui l'ont commandé.
Alors ? Il sert à quoi, au final, ce sondage ?

Oh, c'est très simple :

D'abord à mettre la pression sur les deux organisations d'extrême-gauche, Lutte Ouvrière et surtout NPA pour les pousser à intégrer un ticket commun pour les élections européennes avec le PCF et le PG afin de créer une coalition éphémère histoire de marquer un but.
Et ensuite, dans l'hypothèse plausible que l'invitation soit poliment mais fermement déclinée, pouvoir fustiger le sectarisme des méchants gauchistes en se présentant comme les artisans plein de bonne volonté d'une union de la gauche de gauche et vraiment, c'est pas de notre faute si les troskiss sont de pareils mulets.

Mouais.
Sauf que l'enjeu, il n'est pas là.
Parce que la question qu'on peut légitimement se poser, c'est que bon d'accord, on fait liste commune avec MGB et Méluche et on pète un score, disons, honorable. Et ensuite ?
Que ferons très vraisemblablement nos nouveaux partenaires dès les résultats connus ? Appeler à la grève politique (et générale, il va sans dire) ?
Non : ils iront négocier des places avec les socialos.
Et c'est là que ça coince.

Parce que c'est bien gentil tout ça, sauf qu'à un moment il faut être cohérent. Et on ne peut pas nous reprocher notre si fameux "sectarisme" tout en ayant des élus qui font bisou-bisou avec les sociaux-libéraux qui font en ce moment tout ce qu'il peuvent pour reprendre des couleurs, conscient qu'ils sont de leur intérêt à surfer sur le mécontentement. Afin de, comme toujours, faire la politique de la droite dés qu'ils seront de retour aux affaires.

Alors bon, au lieu de dépenser des sous dans des sondages qui ne valent que le poids du papier sur lesquels ils sont imprimés, peut-être qu'il y aurait avantage pour le PG à vraiment se poser les bonnes questions ; jouer le jeu biaisé de l'électoralisme en étant pas dupe, passe encore. Tout en attendre c'est s'exposer à de cruelles désillusions. Et décevoir encore plus de monde au final.

Ouais, c'est pas youpi-youpi, tout ça, je sais. Mais mieux vaut être chiant sur le moment qu'encore ramasser les morceaux plus tard, quand les grands élans colorés se sont encore cassé la gueule.


jeudi 29 janvier 2009

Pourquoi il faut faire grève

"C'est notre triste tradition sociale, quelles que soient les circonstances, bonnes ou mauvaises."
(Yves Thréard)

"le syndicat Sud-Rail a démontré la réalité de ces pratiques, qui méprisent les usagers. Une amélioration du "service minimum" doit aussi pouvoir être abordée."
(Ivan Rioufol)

"Quand on sait que cette grève va coûter près d'un demi-milliard d'euros, presque autant que la tempête de samedi, on se dit que les Français n'avaient vraiment pas besoin de cela."
(Etienne Mougeotte)

"Manifester et bloquer le pays quand on est en période de croissance et réclamer une meilleure redistribution de ses fruits est totalement entendable. Mais le faire en période de crise et de récession est dangereux pour l'économie et les entreprises."
(Marc Landré)

"Le rôle d'un gouvernement, c'est pas de faire des gestes, surtout dans une situation comme celle-là. Le rôle du gouvernement c'est de tenir le cap de la réforme"
(François Fillon)

"Je ne comprends pas l'esprit de la manifestation de demain."
(Laurence Parisot)

"Aujourd’hui, même si je ne suis pas d’accord avec la CGT, FO et tous les autres, l’Etat m’oblige à les financer massivement avec mes impôts. C’est un scandale !"
(Liberté Chérie)

"L'idée de base est la suivante : en faisant en sorte que tout les fonctionnaires arrêtent de travailler, et surtout, en mettant tout en œuvre pour que ceux qui veulent tout de même continuer ne le puissent pas, on va prouver au reste du monde et au gouvernement que, les bras croisés, le pays avance ! "
(Hashtable)

"Des nanarcho-branleurs qui vivent de la richesse capitaliste produite par autrui. "
(Libéraux.org)

"Nous sommes bien décidés à ce que l'abus du droit de grève soit sanctionné"
(Fréderic Lefebvre)

"Désormais, quand il y'a une grève en France, personne ne s'en aperçoit"
(Le Nain)

"La grève n'est pas une réponse à la crise"
(Eric Woerth)

Pourquoi il faut faire grève ? Oh, pour plein de chose, bien entendu.
Mais aussi pour les faire bien chier.

La drouate la plus bête du monde (à 71.67 %)


(ici, forcément)
Un jour, dans longtemps, des historiens se gratteront la tête en se demandant comment un parti a pu arriver au pouvoir en étant soutenu par de pareils débiles.

mercredi 28 janvier 2009

Happy birthday, motherfucker

Aujourd'hui, c'est ton anniversaire, et tu pourras te targuer d'avoir encore passé une année entière de ta vie à faire tout ton possible pour enrichir ceux qui n'en ont nul besoin en pressant ceux que tu méprises et dont tu te contrefous.

De ce point de vue, ton existence est d'une rare cohérence, et parfaitement à l'image de cette droite charognarde dont tu t'es auto-proclamé Grand Gourou : passions viles et goût délirant du pouvoir, mépris des faibles et révérence pour les nantis, soumission à l'ordre établi et renforcement des iniquités, on peine à dresser la longue et pénible liste de la Saloperie Majuscule dont tu t'es fait le symbole. Tu n'as qu'un seul programme, ruiner les acquis sociaux pour plaire à tes mandants qui exigent plus de pognon, et qu'une pauvre boîte à outils contenant quatre gros marteaux - déréglementations, privatisations, baisse des impôts, libre-échange - pour y parvenir. Que l'idéologie dont tu es le malfaisant troubadour prouve chaque jour un peu plus sa dangerosité et son échec patent, cela ne te touche même pas ; tant il est vrai qu'avec le néolibéralisme, on est pas dans la raison mais dans la foi fanatisée rétive à toute discussion. Les néolibéraux pensent capitalisme mais fonctionnent comme le faisait les pires staliniens avec lesquels ils partagent le même enthousiasme pathologique et le même déni du réel.

Tes tentatives récentes de te repeindre en néo-keynesien bon teint n'abusent évidemment personne, et toi le premier ; tu comprends bien que dans le contexte actuel, il faut faire mine de lâcher du lest ou en tout cas de faire semblant très fort. D'où récemment ton gros doigt grondeur en direction des banquiers, qui se sont un peu fait prier il est vrai, mais qui ont fini par obtempérer - pour le moment - puisqu'ils savent parfaitement bien, au fond, qu'avec toi ils n'ont aucun souci à se faire...Et au moins, on ne peut t'enlever que tu es on ne peut plus lucide sur la politique que tu mènes, quand tu fait ce touchant aveu :

«L'inquiétude, l'angoisse pour certains, les souffrances pour d'autres, je comprends parfaitement ça (...), mais je ne peux pas arrêter le mouvement des réformes»

Et tout n'est-il pas dit ?
"Je sais que vous en chiez et que vous êtes morts de peur pour un avenir de plus en plus sombre, mais quand bien même en tant que personne je pourrais éprouver une forme de compassion, il m'est tout à fait impossible de freiner et encore moins stopper le saccage en cours. Je ne suis que la partie visible d'un iceberg qui me dépasse et que personne ne contrôle, et même moi j'ai des comptes à rendre à ceux qui m'ont porté au pouvoir pour représenter leurs intérêts. Les réformes hideuses que je vous impose de force doivent continuer dans une fuite en avant permanente, parce que non seulement il y'a des enjeux économiques énormes derrière, mais en plus, moi et mes amis, on ne peut même plus penser qu'autre chose puisse être possible."

Pourrait-on traduire de ces mots.
Et nous de continuer de morfler...

Aujourd'hui c'est ton anniversaire et demain c'est grève, une grosse grève comme on en aura pas vue depuis quelque temps, et on ne peut pas te cacher que tout sera fait pour qu'elle soit prolongée et reconduite et encore prolongée et reconduite, etc. Une manif contre toi et ce que tu représentes, on ne s'en cache même pas. Une grosse grève dont on va tout faire pour qu'elle déborde les centrales syndicales vendues qui vont obligatoirement vouloir la canaliser pour aboutir à ce "dialogue social" dont on ne sait que trop bien désormais qu'il n'est que l'autre nom de la trahison. Une grosse grève dont on va tout faire pour qu'elle n'écoute pas les mots d'ordre des sociaux-démocrates qui vont sortir dans la rue pour la première fois depuis bien longtemps, avant de rentrer chez eux pour encore se repeindre en rose pâle et nous dire qu'il faut savoir être "raisonnable".
Une grosse grève dont on va tout faire pour qu'elle marque le début de ta chute.

Alors, aujourd'hui c'est ton anniversaire.
Mais demain, c'est ta fête.


mardi 27 janvier 2009

CSP Party

Camarade ! Tu lis CSP depuis désormais des lustres et ses billets sont la seule lueur qui éclaire ton humble quotidien de travailleur dans les tristes temps sarkozytes que nous subissons;
Camarade ! Quand tu te couche après une rude journée de labeur, tu touches ton corps en imaginant que CSP te fait des choses.
Camarade ! Tu as déjà rencontré CSP et cette expérience à laquelle tu ne peux repenser sans verser des larmes de joie a bouleversé ta vie.
Camarade ! Tu n'as pas encore rencontré CSP et tu rêves en vibrant d'amour du jour où arrivera enfin cette félicité.
Camarade ! Tu seras à Paris, ou pas trop loin, le WE du 6/7/8 février prochain.

Toutes les conditions sont donc réunies afin que tu puisses venir à la CSP Party qu'il donnera à l'occasion du lancement du Nouveau Parti Anticapitaliste, et puis de toutes façons, la tradition liguarde voulant qu'on se bourre la gueule pour un oui ou pour un non, y a pas de raison de pas perpétuer le meilleur de notre histoire, hein ?

Alors c'est très simple : tu m'envoie un joli mail, et je te dis où ça se passe. Et on se voit. Et on se prend dans les bras en se félicitant d'être là. Et on boit de l'alcool en parlant politique, culture, sexe, et en disant du mal de Simon Aubert. Et ensuite on se bat et on finit au poste. Et puis on vomit, et après on fait l'amour. Encore que l'ordre du jour ne soit pas complètement figé dans cet ordre, nous aviserons.

Camarade ! CSP compte sur ta présence ! Tous et toutes sont invité-eeeeee-eu : trotskystes priapiques, libertaires éthyliques, post-staliniens décomplexés, altermondialistes à poils drus et nostalgiques de la RDA, antisarkosytes pavloviens et même fans de Mélenchon, viendez, on est fous ce soir, blogueurs de gauche, mais aussi - de gauche (tu croyais quoi, là ?), nouvelles adhérentes NPA surtout si elles sont jolies et viennent avec des amies pas farouches - et de gauche - et nouveaux adhérents NPA si ils sont plutôt jolis garçons on sait jamais l'alcool aidant, pas NPA mais c'est pas grave, célibataires endurcis et femmes enceintes, étudiantes nymphomanes et policiers de gauche en délicatesse avec leur hiérarchie - ça existe, j'ai rencontré - BREF : de toutes les classes, de tous les âges, de toutes les couleurs et de tous les sexes :
TU VIENS !!!!!

(Je ne saurais toutefois écarter mes lecteurs ethno-différencialistes de cette occasion de rigoler ; c'est pourquoi ils sont conviés également. Si si. Leur est réservé un carré VIP juste dans la ruelle à côté du bar où nous serons plein d'amis à moi à les accueillir avec les égards. Pensez à vous munir de votre Carte Vitale, ça pourra servir).

Camarade. L'heure est solennelle. CSP te regarde là, en ce moment même, droit dans les pixels, et il te dit : ta place est parmi nous.

D'avance, merci.

Tête de con



Abah si, quand même, il a vraiment une tête de con, cuilà, c'est objectif, là.
Sinon, qu'en dire ?
Bof, non, rien. C'est assez édifiant comme ça, non ?

Et là, ça fait peur...

Jeter une pupille en pâture à la lecture régulière de la flaque de vomi froid néoconservateur d'Ivan Rioufol en deviendrait presque une sorte de gourmandise. C'est tellement caricatural, tellement bas du front, d'une telle nullité intellectuelle dans l'analyse et d'une telle pauvreté dans l'argumentaire que quelque part, c'en est jouissif. Qui prend Rioufol au sérieux, d'ailleurs ? Qui peut lire ça et se dire en toute sérénité qu'il s'agit d'une grille de lecture cohérente et structurée ? Sinon les franges les plus moisies de la droite la plus repliée sur elle-même, comme l'atteste les commentaires lyriques de ce blog pour le coup réellement décomplexé ?
Alors on pourrait encore une fois brocarder et démonter en deux coups de cuillères à pot cette non-pensée de petit droitard aigri et vaniteux qui patauge dans ses minables obsessions, certes ; sauf que...
Sauf que là, on est peut-être confronté à autre chose...

Il y'a une phrase, une simple phrase dans le billet du 25 janvier, qui accroche l'oeil et fait stopper net la lecture. Une phrase qu'on relit et qu'on remâche et qui en dit très très long sur comment c'est organisé dans la tête d'Ivan Rioufol et partant de ses groupies ;

Reprochant en gros à Sarkozy et à son parti de ne pas expulser massivement tous les bicots et les nègres qui menacent l'identité de la race blanche, il ne craint pas de dire :

"En réalité, le discours politique ne se presse pas d'identifier la totalité des sentiments d'abandon et d'exaspération ressentis par les gens. Il suffit de lire les interventions sur ce blog, ouvert à tous, pour en avoir un aperçu"

C'est la deuxième phrase, naturellement, qui fait hausser le sourcil ;
Puisque fustigeant une politique pas assez à droite à ses yeux, Rioufol prend comme référent de son argumentation la population qui s'épanche dans les commentaires de son blog. Ce qu'il a tout à fait le droit de faire, on a le lectorat qu'on mérite. Mais là où ça coince, c'est que les commentateurs en question sont clairement positionnés à la droite de la droite décomplexée ; l'extrême droite, quoi. Or, Ivan Rioufol, semble bel et bien convaincu que ces gens sont parfaitement représentatifs des français en général...

C'est là que ça commence à faire peur.

On pouvait, et fort légitimement, se poser des questions sur le degré de scission d'avec la réalité de la prose rioufolesque, illuminé notoire qui passe son temps à voir des islamogauchistes partout et craint le retour des chars russes à chaque grève de profs ; mais là, on semble bel et bien disposer d'une sorte de preuve, plutôt définitive, que ce type ne vit tout simplement pas dans le monde réel.

C'est comme si moi, CSP, je me basais sur les commentaires de mon joli blog pour asséner la preuve que tout le monde en France veut la tête de Sarkozy au bout d'une pique. Or, un simple regard sur l'extérieur suffit à démontrer que ce n'est pas le cas, malheureusement. Et il faudrait que je sois singulièrement bouché de partout pour penser que tout le monde a les mêmes idées que moi puisque mes commentateurs sont d'accord...

À l'évidence, Ivan Rioufol n'a pas ce genre de problèmes ; en revanche, il en a d'autres, et des gros. Il est tout bonnement et sincèrement persuadé que ces propos reflètent l'immense majorité...
Ce qui jette une lumière crue sur les mentalités d'une certaine droite, complètement autiste pour ne pas dire fanatisée, vivant dans un déni du réel permanent, et se tenant chaud grâce à la lecture de gens qui sont aussi nécrosés du bulbe qu'eux...

Et tout ce petit monde de s'ébrouer dans un entre-soi sclérosé en s'auto-encourageant en rond sans jamais, au grand jamais éprouver ne serait-ce que la tentation d'envisager qu'il puisse exister autre chose. C'est fascinant, quelque part. D'autant plus que ce sont des gens comme ça qui gueulent comme putois que ce sont eux qui doivent être pris comme la saine mesure de toutes choses alors que leurs cas relèvent à l'évidence de la psychiatrie.

Et dans le cas d'Ivan Rioufol, on peut d'emblée poser comme diagnostic que le patient est incurable.

lundi 26 janvier 2009

Ça a l'air bien



().
Le quatrième de couverture est une sorte de poème :

"Jeune journaliste d’investigation, Éric Sambaud, enquête sur l’Exception Française… Comme beaucoup de ses concitoyens, il est affligé de constater que la France – pays béni des dieux où tout est possible mais dont le peuple est le plus insatisfait de la planète – reste figée dans des schémas archaïques et s’accroche à son passé au risque de perdre pied dans une mondialisation libérale qui semble inexorable. Au cours de son enquête, Éric constate qu’une des raisons de cette exception semble être le pouvoir et le prestige, uniques au monde, d’une extrême gauche française pleine de vitalité. Il va s’apercevoir que l’avènement d’un communisme mondial est non seulement possible mais imminent. Cette découverte va le mener dans une étrange et périlleuse aventure !"

Ouh dediou ! "l’avènement d’un communisme mondial est non seulement possible mais imminent." ! 'Tain ! On est à deux doigt de dominer le monde et on a même pas eu le bulletin de débats, chié, quoi ! Bonbin, reste plus qu'à lire le livre, hein. C'est sûr que ça va être rigolo, en tout cas.

Le Nègre Est Violent. Et Tellement Brutâââl...

Dans la cohorte de singes hurleurs qui n'en finissent pas de pleurer toutes les larmes de leurs petits corps sur la Décadence De L'Occident Et L'Invasion Islamiste, on finit toujours par en trouver un qui se déboutonne un peu plus que d'habitude. Mais uniquement sur le Ouèb, puisque dès qu'il font mine de vouloir sortir de leur appartement pour brailler leur ethno-différencialisme en public, ils se font systématiquement remonter vigoureusement les bretelles au mieux, quand ils ne font pas un tour en service de traumatologie du CHU local à la suite de bêtes chutes dans d'opportuns escaliers. Déçu de voir à quel point il est en butte à l'incompréhension d'un monde trop violent pour sa sensibilité d'esthète à petit organe, il trouve refuge dans une micro-communauté virtuelle d'imbéciles frustrés et peut partager avec eux son dégoût du monde moderne et se petites haines recuites de post-ado qui fantasme sur des mannequins qu'il ne se tapera jamais. Et oui, en effet, ces pauvres garçons - on ne trouve que fort peu de femmes dans ces parages, ce qui accroît encore leur énervement, pauvres biquets - font pitié.

Cultivant une pose de provoc' qui sent son boutonneux de très loin, notre défenseur de la fierté blanche peut pondre de temps à autre une sorte de petite crotte racialiste, qu'il se met en devoir d'exhiber à la face du pauvre monde qui n'en demandait certes pas tant. On pense un peu à ces enfants à problèmes qui sont très fiers de leurs cacas et exigent de leur entourage qu'il admirent leur production rectale, à l'immense consternation de leurs malheureux parents.

Ainsi, ceci.

On appréciera à sa juste valeur l'alignement de poncifs proprement zemmouresques qui tient lieu de ligne générale du billet. Un extrait, édifiant :

"Trente ans plus tard, non seulement ce sont les Noirs qui sont sur la scène, mais ils sont aussi dans la salle et dans la rue. Ils sont beaucoup plus nombreux. Ils ont toujours des flingues, et ils s’en servent. Et on serait bien en peine de voir un seul Hell’s Angel à l’horizon."

Le Nègre Est Violent. Mais pas d'une violence structurée et assumée comme ces virils hell's angels dont la mâle brutalité plonge à l'évidence l'auteur du billet dans de troubles émois. Une violence tribale, primitive, non civilisée. Animale, pour ainsi dire. Puisqu'il est si vrai qu'au fond, ces gens n'ont jamais réellement évolué et en sont resté à un stade hélas trop proche du primate.
Et de recommencer de geindre devant La Perte de L'Identité Blanche Devant Ces Pas Comme Nous Qui Baisent Nos Femmes Et En Ont Des Plus Grosses Que Nous...

Puisque dans la cervelle en ébullition du réac rendu fou de non-baisance, l'Etranger est toujours viril, d'une virilité proprement bestiale qui fait très très peur à notre fafounet tout en exerçant sur lui une étrange fascination...La récurrence systématique dans la réacosphère de cette obsession d'envahisseurs à gros pénis semble en dire fort long sur la nature exacte des espoirs profonds qui hantent les soubassements du petit ethno-différencialiste. Tout comme son enthousiasme pour les body-buildés en slip de cuir du film 300, où la mythification d'une Femme idéale et inaccessible qui lui interdit comme par hasard une vraie rencontre épanouissante (le fafounet passe un temps fou à pleurer sur sa solitude affective, face à ces cruelles créatures qui blessent sa profonde sensibilité d'éternel incompris)...

Nous ne saurions trop recommander à nos amis de la réacosphère de se faire copieusement ramoner la rondelle afin que de mettre fin à tant de sourdes angoisses. Il est évident que ça leur fera un bien fou.


dimanche 25 janvier 2009

Rétablissons les faits, rien que les faits

Une rumeur insistante voudrait qu'hier à Paris, à la manif de solidarité avec le peuple palestinien , de fort peu fréquentables gens aient eu le dessein incongru de vouloir s'incruster dans le cortège.
Et encore, par "fort peu fréquentables", il faudrait plutôt dire "splendide brochette de gros cons patentés", puisqu'il s'agissait rien moins d'un rassemblement particulièrement dégoûtant de ce qui peut se faire de pire dans la crétinerie fangeuse. Qu'on en juge : des groupies de l'illuminé Kémi Seba au fan-club du clown frontiste Alain Soral, en passant par les nazillons de la Droite Socialiste et quelques autres fafounets en rupture de GUD, tout ce charmant petit monde s'était donné prétexte de manifester leur "soutien" aux palestiniens - comme si ceux-ci n'avaient pas assez de malheurs en ce moment - mais surtout pour brailler un bon gros antisémitisme décompléxé puisque le Chuif, n'est-ce pas, c'est de là que vient le Mal. Ah. On reste pantois que pareils rats aient décidé de sortir de leurs égouts identitaires pour affronter le grand jour, mais ces gens sont une inépuisable réserve de surprises du plus mauvais goût, décidément.

Toujours selon une rumeur insistante, le pique-nique ethno-différencialiste de nos spongiformes aurait rencontré quelques soucis avec le nez-à-nez impromptu d'avec le Service d'Ordre de la manif, qui les auraient, le plus courtoisement et démocratiquement du monde il va sans dire, quelque peu découragés de poursuivre leur entreprise plus avant. Il faut préciser ici que les sots ragots courant sur quelques débordements émotionnels imputés aux membres du SO de la manif ne sauraient à l'évidence être pris au sérieux. L'auteur de ces lignes ayant lui-même fait partie à son époque du service d'ordre d'une organisation d'extrême-gauche, il peut témoigner de la grande retenue et des qualités de tact et de tempérance dont savent faire preuve ces personnes en toutes circonstances.

Dépitée et déconfite, toute la meute de rentrer chez eux la queue entre les jambes, et de se précipiter sur leurs claviers pour noyer de larmes tout l'Internet en se lamentant de tant de méchanceté. Cherchez bien, c'est un spectacle bouleversant. Ces gens sont au fond d'un réelle sensibilité, c'est notoire.

Les faits tels qu'ils sont avérés sont désormais rétablis, et c'est tout l'honneur de ce blog que d'y avoir contribué. De rien, ce fut un plaisir.

Insoutenable suspense, oui, je sais

J'ai congrès local aujourd'hui, et puisque le cyclone est passé, on dirait bien que je vais y aller, tiens. Ce soir en rentrant, un gros Edit spécial dédicace aux camarades sur les amendements. Et bien évidemment, hors de question de remplacer "socialisme" par "écosocialisme", d'emblée. Mais bon, on discutera de tout ça toute à l'heure, les gens.

(Edit, et putain c'est pas trop tôt) : Puisque là, tel que vous me voyez, je rentre juste, et de 9 h à 22 h, c'est un peu violent, tout de même...
Je tiens par ailleurs à dédicacer ce billet aux personnes du NPA qui sont tellement soucieuses de démocratie interne qu'elles ont fait preuve d'une imagination littéralement débordante pour prolonger les débats plus que de raison par des interventions à répétition dont la pertinence mettra longtemps à m'apparaître, je pense...

Bref.

Bon, sinon, avec un peu de recul, tout de même, ce fût ô combien long mais précisément ô combien riche. Nous n'avons pas voté tous les amendements, et pourtant, on en a abattu un paquet. le bidule "écosocialisme" - qui proposait de remplacer systématiquement "socialisme" dans les textes par, justement "écosocialisme" n'est pas passé ; la chose apparaissant par trop démagogique et à destination exclusive d'une frange alter afin de lui faire la danse du ventre. Les préoccupations écologiques sont suffisamment centrales dans le programme pour ne pas avoir à en rajouter, voilà.
Le débat le plus animé fut celui du nom du parti, ce qui est dommage, quelque part ; même si derrière cette histoire du nom, il y'a des enjeux programmatiques non négligeables, en fait. Et j'ai voté pour "Parti de Gauche Révolutionnaire", qui semble arriver en tête. Il y'aura donc vraisemblablement "révolutionnaire", dans le titre, et vlan pour ceux qui pensent que, dixit "ça fait peur".
(Ce moment fut par ailleurs l'occasion pour moi de faire ma première intervention en congrès, sur le nom et ce qu'il doit porter comme représentations à mon humble avis, et il me semble que je n'ai pas dit de trop énormes bêtises...)
À noter un certain succès des amendements de la fraction l'Étincelle, ex de LO, assez surprenant somme toute, puisque celle-ci ne semble pas s'être imposé ailleurs.

Les débats les plus LONGS (et en écrivant ça, je ne peux m'empêcher de me dire qu'un jour, on en rira de ces moments, ah ah ah, tu te souviens au congrès comment ça a été l'horreur, ah. Ah. Ah. Oui. Un jour, on en rira. Un jour.) ont définitivement été ceux portant sur la démocratie interne du parti et sur son fonctionnement. Ce qui est très bon signe, en un sens. Et ce qui prouve également une certaine vitalité démocratique de notre organisation, certes. Disons que le souci a porté essentiellement sur les questions de démocratie directe et/ou représentative, quelle place pour les mandants, quels statuts et pourquoi du quand du comment. Je suppose pouvoir affirmer qu'on est parvenu à quelque chose. Dans la douleur, certes. Mais il semble qu'on soit parvenu à se mettre d'accord. Arg.

Et là, aaaaattention, spécial initiés et désolé pour les autres : je regrette très sincèrement que l'amendement n° 104, p.14 du tome 1 n'ai pas été présenté à notre jugement. Je me serais fait une joie rugissante de voter contre.

Et sur ce, CSP vous salue bien bas et va aller se pieuter. Bien le bonsoir, avec une pensée émue pour l'île de la Réunion, allez savoir pourquoi...


samedi 24 janvier 2009

Nombrilisme

Les deux derniers billets ayant provoqué bien des commentaires, une petite mise au point s'impose à l'évidence. Ce afin d'exprimer de la façon la plus claire et sans ambiguïté aucune de quoi il est question exactement. Alors voilà, vous allez voir, c'est très très simple :

Je ne m'excuse pas.

Je ne modifie ni ne supprime aucun billet.

Je ne négocie pas.

C'est lumineux, non ?

Puisque voyez-vous, chère lecteurs z'et trices, contrairement à moult personnes qui tempêtent sur leur jolis blogs en étant de parfaits agneaux "IRL", je me flatte pour ma part d'être au moins autant con et méchant dans la vraie vie que dans ce que j'écris. Ce qui fait également de moi quelqu'un d'assez difficile à vivre, en effet.
Le problème, c'est que dès qu'on commence de s'exprimer en public - y compris virtuellement et sur des matières aussi sensibles que la politique -, il faut commencer par assumer le risque de déplaire. Ce qui arrive inévitablement, puisqu'il y'aura toujours quelqu'un pour vous dire que ce tu dis dis c'est trop ceci et pas assez cela. Alors, je vous ai déplu, voire pour certain-EEEEEEEEEEEEEEEE-s, je vous ai "déçu" ?...

Mais mon dieu, ce genre de choses arrivent sans cesse dans la vie. Qu'y puis-je si je ne corresponds pas à la virgule à vos propres attentes ?
Quant aux donneurs de leçons professionnels qui détiennent la science militante et ont l'idée la plus exacte de ce qu'il est du meilleur goût d'être - ou de ne pas être - quand on est dans le même parti...
Bon, allez, vous voyez ce que je veux dire, mh ?

Souvent aussi, quand on s'exprime, il y'a immanquablement le risque de l'auto-censure. Nan, je peux pas dire ça paske ça va froisser. Nan, ça, c'est borderline, enlève le. On fait des concessions, des petits arrangements avec soi-même, on édulcore un peu, et on finit par se faner, petit à petit, même pas pour faire plaisir, mais en espérant que ça ne vexe pas trop...

Pas de ça ici. Lire CSP, c'est accepter qu'un jour une de mes humeurs vous heurte de plein fouet dans ce style tout en délicatesse qui est le mien. C'est comme ça. Et c'est pas autrement.

Ça n'a pas l'heur de vous plaire ?
Mais par la malepeste, vaste est l'Internet ! Nul, et surtout pas moi, ne vous obligent de venir ici ! Et dès le départ, je n'ai pas lancé CSP pour me faire des copains.
Pigé ?

Sur ce, vous voudrez bien m'excuser, mais je vais aller derechef au Forum Social toulousain en bravant la tempête.

Je vous souhaite un agréable week-end et vous renouvelle l'assurance que je ne tiendrai aucun compte de vos récriminations.

Bien à vous,

CSP

(Edit météorologique) : Oh ! Un arbre qui vole ! Oh ! Des gouttières métalliques qui dansent dans le vent ! Ouuuuuuuuhh, mais c'est que je vais rester chez moi, moi, tiens, finalement !


vendredi 23 janvier 2009

Le pouvoir tremble. Si. Il tremble. Si j'te l'dit.

C'est un sourcil consterné qu'on jette en pature à l'indigente lecture de l'énième "appel" à la "vigilance" anti-sarkozyste pondu par les cervelets en déroute de Libération. L'éditorial de l'âne Joffrin est de ce point de vue un véritable pensum d'une bêtise niaise à faire pleurer un myopathe. Qu'est-ce que donc que cela, encore ? Qu'est-ce que c'est que cet "appel" ? D'où vient-il, par qui est-il signé, qui parle, là ? On se sait pas. Des anonymes qui seraient, dixit :

"Les psychiatres, les professeurs, les magistrats, les créateurs on tous un motif d’exprimer leur refus et leur revendication, quand ce n’est pas leur révolte."

(Quand les ouvriers du BTP ou les caissières de supermarché n'auraient en effet nulle raison d'avoir eux aussi "un motif d’exprimer leur refus et leur revendication, quand ce n’est pas leur révolte", bah, penses-tu. Puisque de toutes façons, si tu veux exprimer ton "refus" et tes "revendications", et encore plus ta "révolte", mieux vaut que tu fasses partie des professions intellectuelles qui sont le lectorat du torchon libéral-libertaire qu'est Libé, lequel t'ouvrira grandes ses colonnes, et dans le cas contraire, il ne te reste plus qu'à tenter de lancer une grève dans ta boîte en priant pour ton antenne syndicale ne soit pas trop proche de la direction. Mais c'est vrai que tout ça est terriblement moins sexy qu'un "appel" grotesque qui ne sert qu'à rassurer une frange des classes moyennes éduquées qui ne s'émeut des réformes libérales que quand celles-ci commencent à les toucher directement).

Alors, bien évidemment qu'ils ont raison, les "psychiatres s’inquiètent d’une vision par trop naturaliste et carcérale du trouble mental, qui va à rebours d’une très longue tradition progressiste en ce domaine. Les magistrats s’émeuvent des tentations de contrôle qui percent dans certains gestes et surtout dans un projet de réforme de l’instruction qui mettait les enquêtes judiciaires à la merci de l’exécutif. Les professeurs ont été heurtés par l’extension à l’école du champ de recherche des familles de sans-papiers, déjà source d’indignation et de résistance dans l’ensemble du corps social." Oui. En effet. Et si il n'y avait que ça. Puisque la scélératesse de ce gouvernement ne semble pas avoir de fond et qu'il fait montre d'une inventivité sans faille dans la saloperie.
Mais.
Et ?
Un "appel" ? Et puis après ? Pour faire quoi, concrètement ? Sinon se donner encore une fois bonne conscience à peu de frais en agitant ses petits bras "indignés" et "citoyens" ?

Et de ce point de vue, la posture de Joffrin qui lance son bidule creux comme une forêt de bambous avec l'air bravache de celui qui est prêt à monter sur une barricade - pas trop haute, la barricade, quand même, hein - est tout simplement du dernier ridicule. Ce type est ridicule, tout simplement. Et comment lire : "Il s’agit surtout de porter haut les valeurs de droit et de solidarité qui font l’honneur de la culture politique française, dans ses meilleurs jours. Ces valeurs sont aussi celles de Libération." sans être partagé entre le fou rire et l'envie de lancer des pavés ? Car on a pas oublié que Libé avait publié, sous la plume de Serge July, au lendemain de la victoire du NON au TCE, un éditorial vermineux qui à lui seul signe le déshonneur et l'hypocrisie d'une presse vendue et corrompue jusqu'à la moelle.

Et fort heureusement qu'il existe d'autres moyens de s'opposer à Sarkozy qui dépassent les gesticulations stériles de la "morale", mais ça, ça s'appelle faire de la politique, au sens noble du terme, et c'est un peu plus compliqué, en effet, que se tripoter la nouille citoyenne en braillant à tous vents qu'on est vachement trop à fond dans la - très très molle - contestation.

jeudi 22 janvier 2009

Je vous demande de vous arrêter

Plongé-e en ce moment-e dans la lecture-e des amendement-e-s pour le prochain-e congré-e-s du NPA, j'ai pris-e une décision-e claire-e et net(te)-e : tou(t)-e-s les amendement-e-s qui veulent mettre des "e" partout-e dans l'optique-e de "féminiser-e" l(a)e(s) texte-e-s des débat-e-s, je vote contre-e. Tou(t)e-s, frontalement-e. Non seulement-e ça rend-e l(a)-e-s texte-e-s illisible-e-s et la lecture-e en devien-e-t très laborieuse-e, mais je ne vois pas ce que ça apporte-e concrètement-e, sinon de se dire qu'on fait des truc-e-s qui déconstruisen-e-t le genre-e et qu'on est contre-e l(a)e patriarca-e-t de la cave-e au grenier-e. Alor-e-s, je sais bi-e-n qu'on va encor-e me dir-e que j-e sui-e-s un(-e-) affreu-e-x(se) mach-e-o hétéro-e-fascist-e qui fai-e-t rien qu'à tourne-e-r en dérision-e le travail-e des cop(a)in-e-s et que c'est à moi-e de m'intérroge-e-r sur ma natur-e profond-e d'opresseur-e, sauf-e que désolé-e, ce genre (AAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHH !!!!!!!!) d'horreur-e-s grammatical-e-s, c'est niet-e. Il faudr-e-a auss-e-i que j'éxprim-e un jour-e dans un bill-e-t m(a)on profond-e scepticism-e quan-e-t aux question-e-s de sexe-et de genre(s)-e qui sont porté-e-s par certain-e/s(-e-) camarade-e-s lesque(ll/) si sympathique-e-s soi-e-nt-ils/elles/cochez la bonne réponse, ne me sembl-e-nt-e pas toujour-e-s pertinent-e-s dans leur volonté-e de nie-e-r toute-e dimension-e biologique-e à ces question-e-s et de ne voir que de la construction social-e partout-e. Mais ça sera pou-e-r une autr-e fois-e, parce-e-que c'est quand mêm(e) très chiant-e à écrir-e, ce type de bille(t)-e-s, et je m'attend-s-e à des débat-e- ass-e-z âpre-e-s. Bonjour-e chez vou(s)-e.


(Edit, histoire d'en rajouter une couche : j'ai consulté ma boule de cristal, et je vois l'avenir. Il y'aura deux sortes de réactions à ce billet dans mon entourage : celles/ceux qui me demanderont des comptes, plus ou moins gentiment ; et celles/ceux - la plupart militants de la LCR par ailleurs...- qui viendront me voir en ricanant sous cape pour me dire qu'ils sont d'accord avec moi, mais tu comprends, je peux pas le dire comme toi, tu vois...
Sisi, c'est ce qui va se passer. Pas vrai les gens ?


Pif Gadjet reloaded


(Merci à Raf pour l'illustration)

Nan, j'déconne

"Le mouvement islamiste ultra-conservateur du Moyen-Orient et le mouvement trotskiste-révolutionnaire français semblent même en totale opposition. Un examen attentif montre au contraire que de nombreux points les rapprochent
UN MEME OBJECTIF: LA DESTRUCTION DE LA SOCIETE OCCIDENTALE
Les "nazislamistes" du Hamas (Yvan Rioufol) et les "sociaux-fascistes" du NPA (Alexandre Adler) partagent en effet la même haine de notre système politique et philosophique: la démocratie libérale. Celle-ci est jugée dépravée par les premiers, asservissante par les seconds. Le principe selon lequel un ennemi commun créé plus de liens qu'une idéologie commune fait que des partisans de l'avortement n'hésitent pas à s'afficher avec des promoteurs de la Burka."

(Trouvé sur un blog très rigolo. Très très.)

Et tiens, pendant qu'on y est, dans un autre registre, certains nous rejouent le retour de l'hitlero-trotskysme :

"Quoi de plus normal venu des gauchistes de la LCR, dont le font de commerce est l'anticommunisme primaire et la haine du PCF. Le parti allié de TF1 et des grands médias capitalistes dit non "au nom d'un bon coup électoral". Même opposé à la stratégie du PCF issue du 34ème congrès, je me dois de dénoncer ces faux révolutionnaires et vrais amis du MEDEF."

Ouin ouin ouin, snif snif snif, personne ne nous aime, décidément.
Tant mieux.

mercredi 21 janvier 2009

Владимир Ильич Ульянов (Ленин)


Comme tous les 21 janvier, nous avons une pensée émue pour notre camarade Vladimir. Puisse son souvenir nous guider.

Gavage

Et pourtant, j'aurai essayé de passer au travers, j'aurai tenu jusqu'au bout et tenté toutes les diversions, j'ai serré les dents en grinçant "Non. Non. Non. Non..."...Pas moyen de passer à côté.
Faut parler d'Obama.
Ayant déjà exprimé ce qu'on pouvait en penser, et de plus n'étant pas spécialiste des États-Unis, il faudra s'avancer avec circonspection ; c'est pourquoi il sera peut-être plus intéressant de voir non spécifiquement le cas Obama, mais la façon dont il est perçu de ce côté de l'atlantique, et de voir à quel point il est frappant que tout le monde en veut sa part, comme ces gens qui se flattent de vaguement connaître une célébrité en espérant qu'un peu de sa notoriété rejaillissent sur eux...

Passons rapidement sur le cas Ségolène : cette femme a besoin d'un docteur, c'est désormais officiel. Meuh oui, allez, il s'est inspiré de ta brillante campagne de 2007 et de ses brillants résultats, voui voui voui. Un lexomil et au lit.

Que la quasi-totalité des éditorialistes de la presse (qui ment, salope) perdent leur petits nerfs à force d'explorer le moindre détail de Barack Obama et de tout ce qui tourne autour de lui - mention spéciale à Libération et l'âne Joffrin qui attendent visiblement qu'il multiplie les hamburgers et marche sur le Potomac - n'est somme toutes pas si étonnant, même si ça en devient relativement pénible : on sait que les rédactions se copient les unes les autres et font la course à l'échalote sur les mêmes sujets en boucle, avec comme conséquences de forts fâcheuses dérives dont "l'affaire" Outreau reste à ce jour l'exemple le plus cruel. Dans cette logique, un évènement de dimension planétaire comme la prise de pouvoir officielle dans le pays le plus balèze du monde n'est que le cran au dessus.
Mais on aurait tort d'oublier que tant d'enthousiasme a aussi des raisons très idéologiques, lesquelles sont comme toujours basées sur des fondements économiques et sur les acteurs des dits fondements.

Il est douteux qu'Obama ait été élu sans la crise financière qui continue de dévaster la planète ; face à des républicains discrédités qui n'osaient même plus défendre les joies âpres du Joli Marché Qui Rend Heureux, il représente l'espoir, non d'un changement de système - malheureux, c'est donc la Corée du Nord que vous voulez ? - mais de l'amélioration du dit système. Et surtout de l'amélioration de l'image d'un capitalisme qui a vu dernièrement ses charmes se faner à vitesse grand V. Il n'est de ce point de vue nullement anodin qu'Obama ait pu faire la campagne la plus coûteuse de l'Histoire, les banquiers d'affaires US ayant largement mis la main à la poche et on peut difficilement accuser ces gens de philanthropie désintéressée...Ce que les capitalistes et leurs troubadours attendent d'Obama, c'est de ripoliner la façade de l'économie de marché pour que les affaires puissent continuer coûte que coûte, quitte à faire le gros dos quelque temps et concéder des miettes, notamment sur les à-côté des rémunérations des dirigeants de grosses boiboites. En un mot, ce qu'on attend du nouveau président, c'est qu'il recrédibilise un système, et le candidat républicain n'était pas le bon cheval dans cette optique.

D'où certainement une des raisons, non exprimée comme telle mais bel et bien cruciale, du délire actuel autour du démocrate : personne n'en attend de miracle, en effet. Puisqu'on attend surtout de son administration qu'elle relance la machine, mais sans toucher aux fondamentaux ; ce qui correspond parfaitement au virage actuel de Sarkozy souhaitant "moraliser le capitalisme" (rires) et explique l'obamania jusque dans les colonnes de la presse de la droite française. Les démocrates ayant déjà prouvé par le passé qu'ils étaient de braves petits soldats du Marché, on pourra compter sur eux.

Du coup, le fait que le nouveau maître du monde soit Noir apparaît quelque peu secondaire...Peut-être est-ce une preuve que les mentalités ont suffisamment évolué. Peut-être. Et ce serait plutôt une bonne nouvelle. Mais comme le disait récemment une copine : "En fait, c'est comme si en France on avait élu un Bayrou arabe. Alors qu'il soit reubeu est une chose, mais il est surtout et avant toute chose centriste, c'est-à-dire de droite. Molle, mais de droite. Alors faudrait pas non plus attendre monts et merveilles d'un mec comme ça, non plus..."
Ce qui est une analyse plutôt très fine, me semble t-il.

C'est pour ça que voyez-vous, quand on lit que les français auraient voté à 80 % pour lui, une ombre de sain scepticisme se manifeste ; puisque c'est sûr qu'entre un néoconservateur cacochyme et un démocrate plutôt pas mal de sa personne - ce qui contribue à l'engouement actuel : y'aurait-il autant d'amour avec un Obama ayant 30 kilos de plus ? -, et oui, c'est clair qu'on se serait dit que bon, voilà, quoi...
Ensuite, les charmes du bipartisme à l'américaine, hein...


mardi 20 janvier 2009

Et si on leur pétait les genoux à la barre de fer ?

Ben oui, quoi ? Ces banquiers millionnaires qui glapissent parce que le gouvernement agite un gros doigt grondeur vers les vilains qui se gavent, alors que le message sous-jacent est tout simplement qu'ils peuvent continuer de cette indécente façon qui est leur style, mais en étant plus discrets...Alors oui, bien sûr que c'est une plaisanterie qu'un enfant de trois ans ne prendrait pas au sérieux, mais nos pauvres richissimes ont tellement la cervelle bouffée au néolibéralisme que le simple fait d'éventuellement évoquer la possibilité du peut-être qu'on pourrait si ils ne sont pas sages...les fait hurler à l'ingérence étatique, pour ne pas dire au retour du bolchevisme. Ils en seraient presque rigolos si ce n'étaient pas des banquiers, ces rats.

Un paragraphe mérite d'être cité en entier, tellement il fait rire :

"Le gouvernement semble décidé, cette fois-ci, à ne pas se voir accusé d’avoir accordé des cadeaux aux banques sans contrepartie. En décembre, 10,5 milliards d’euros avaient été distribués à six établissements avec pour seul engagement de continuer à prêter à leurs clients et de respecter le code de bonne conduite en matière de rémunération du Medef et de l’Afep (Association française des entreprises privées), qui est peu contraignant. Jeudi, à Vesoul, Sarkozy a indiqué qu’une nouvelle tranche de 10,5 milliards d’euros devrait être distribuée, mais à des conditions (un peu) plus dures. «Je demande aux banques de prendre de nouvelles initiatives», avait déclaré le Président. Et d’ajouter : «Suspendre en 2009 les parts variables des principaux dirigeants sur le résultat 2008 est bien le minimum que nous attendons d’elles.»

En résume : un gouvernement de droite demande à des capitalistes d'un peu moins la ramener et compte pour ça sur un "code de bonne conduite" mis en place par le patronat...
On aura compris que tout ça n'est pas bien sérieux.

Mais dame, il faut bien faire semblant d'adresser un signal au bon peuple, qui finirait par concevoir quelque irritation de voir des types bourrés de stock-options continuer de plastronner ; il leur est simplement demandé d'être un peu plus discrets dans cette obscénité...

Alors quoi, pour les contraindre à en lâcher un peu, il faudrait prendre des mesures autrement plus robustes, comme la nationalisation de toutes les banques, d'emblée, sur l'air de c'est comme ça et c'est pas autrement, et bien évidemment exiger la démission de ces affreuses personnes tout en demandant l'ouverture de leurs livres de comptes, dès fois qu'en plus ils auraient fait des malhonnêtetés ; oui, ça constituerait un bon et beau début.

Et aussi un peu leur péter les genoux à la barre de fer, mais bon, ça, c'est vrai, ça serait de la gourmandise...

lundi 19 janvier 2009

Soyons voyous, c'est coquin

Frédéric Lefebvre est en passe de devenir la bête noire d’à peu près tout le monde d’un peu censé dans ce pays – censé, c'est-à-dire de gauche, mais fallait-il préciser ? – et ce n’est que normal. Au sein d’une majorité présidentielle encombrée et sur encombrée de roquets arrivistes, Frédéric Lefebvre se devait de se distinguer et s’est trouvé le rôle de celui qui jappe le plus fort, surtout dès qu’il est question de la gauche. Sa dernière sortie de mini-matamore sur ces vilains syndicalistes qui, ô horreur ! "n'appliquent pas la loi, il va falloir qu'ils rendent des comptes à la justice, exactement comme quand des élus ne la respectent pas, ils sont déclarés inéligibles" ne va certes pas contribuer à le rendre populaire, sauf auprès des crétins spongiformes qui ont leurs cartes à l’UMP, mais qu’est-ce qu’on en a à foutre de ces gens, mh ?

Alors comme ça, si on est un vilain garçon et qu’on ne « respecte pas la loi », on sera sanctionné ?

Et bien voilà ce qu’on est bien tenté de lui répondre, à Frédéric Lefebvre :

Oui, définitivement oui, tes lois à la con, on te dirait bien où tu peux te les introduire, mais il y’a peut-être des enfants qui regardent.

Parce que ce n’est pas parce qu’il y’a une « loi » et tout un appareil institutionnel derrière qu’elle est nécessairement légitime, d’abord. Parce que le discours de droite qui dit qu’il faut respecter la loi ne provient que des couards qui ont envie de se planquer derrière des jupes bleues marines pour se sentir un peu plus en « sécurité », la leur à eux, la sécurité pour ceux qui sont comme eux et rien à foutre de ceux qui ne leur ressemblent pas. Et parce que quand une loi est inique, comme celle qui fait obligation de traquer du sans-papier ou de criminaliser du syndicaliste, c’est très très simple : on désobéit. Oui oui, vous avez bien entendu : on désobéit. À la loi. Au sens de : on fait même des choses qui pourraient presque être illégales, dites. Ouaou. La folie, non ?

Mais soyons clairs, et même très clairs, il y’a peut-être des gens de droite qui lisent et il faut expliquer les choses lentement avec des mots pas compliqués pour ces gens, quand on se dit de gauche, je veux dire VRAIMENT de gauche, on est pas mais alors pas du tout du tout censé respecter ce qu’il est convenu d’appeler « le légalisme bourgeois » : à savoir l’ensemble des textes et institutions qui n’ont pour finalité, non de protéger les citoyens mais bel et bien de protéger les intérêts de la minorité dominante. Voilà. Lesquels ont bien évidemment tout intérêt à ce que tout le monde la respecte, la « Loi », dame, c’est eux qui la font pour les protéger.

Partant, nous autres gens de la vraie gauche qui savons ce qu’il y’a à attendre des institutions en place, à savoir pas grand-chose – contrairement à ceux de la gauche frelatée qui y sont incrustés comme des moules depuis si longtemps -, nous pouvons exprimer sereinement que nous nous réservons le droit, pour ne pas dire le devoir parfois, de, oui, en effet, sortir du cadre quelque peu exigüe de la « légalité » pour imposer nos revendications.

Et si Frédéric Lefebvre n’est pas content…mais qu’est-ce qu’on en a à foutre, qu’il ne soit pas content, celui-là ? Mh ?


Bouh ! La vilaine esstrèmegôche !

Mais où les trouvent-ils ? Où est-ce que l'UMP, ce parti de chien galeux, parvient-il à dénicher pareilles têtes d'abrutis qu'on a envie de cravacher en pleine gueule sans qu'ils aient à ouvrir la bouche, juste à voir leurs sales tronches ? Dans quel tréfonds obscurs de plus bas recoins de l'humanité la plus déchue et la plus vile, dans quel bout du monde abandonné des hommes et de Dieu trouve t-on des spécimens aussi flamboyants d'imbécile pédanterie et de noire bêtise que ces misérables gens ? Existe t-il une sorte de serre, de parc d'élevage, de champs d'humains reproduits artificiellement comme dans Matrix, où des Frédéric Lefebvre, des Brice Hortefeux, ou des Jean-François Copé sont cultivés en batterie tels des poulets particulièrement hideux et sont lâchés sans précaution en pleine nature dans le seul et unique but de faire chier la terre entière de par leur simple sous-existence de parasites arrogants ?...

Le mystère reste entier.

Mais admettez que quelque soit la méthode, le résultat fait frémir.

Tenez, Copé, par exemple. Comment, mais comment ne pas avoir envie de réouvrir d'urgence le plus cruel goulag dès qu'on le voit ? Comment ne pas imaginer les sévices les plus raffinés dès qu'il ouvre la bouche ? Ou simplement le kidnapper, l'attacher à une chaise et lui passer Broken en boucle pendant des jours et des jours jusqu'à ce que son pauvre cervelet amoindri de sale gros con de droite tente de se barrer de sa boîte crânienne par ses oreilles. Oui, ces gens nous rendraient méchants, savez-vous, et ce serait bien de leur faute, définitivement.

Sa sortie sur la vilaine esstrèmgôche est relativement anodine, certes, et ne sert qu'à resserrer les boulons d'un électorat ranci en désignant Le Méchant De Service qui empêche le gentil gouvernement de faire passer les gentilles réformes du Joli Marché Qui Rend Heureux, en tentant de créer un opposant officiel pour faire chier le P"S". Recette archi-éculée que celle-ci ? Qu'importe. L'important, c'est de constater qu'à chaque fois qu'on veut se défendre contre les attaques qui nous sont faites, immanquablement, il y'aura toujours des Jean-François Copé pour nous reprocher notre "violence". Ce qu'attendent les Copé et consorts, ce qui est leur rêve humide récurrent de ces pourceaux, c'est qu'on se laisse briser par la loi d'airain du Marché sans rouspéter et même en en redemandant ; mais las : on ne se laisse pas faire, du coup, on est immanquablement des terroristes. Ces gens ne changeront jamais. La plus petite résistance, la plus anodine contradiction est ressentie par eux comme une injure personnelle, comme si elle allait sonner leur glas, alors qu'eux-mêmes se permettent une violence sociale pour laquelle ils n'éprouvent assurément aucun remord. Le pire étant évidemment que dans leurs minables cervelles cuites d'endives droitières, ils sont sincèrement convaincus de la légitimité des dégâts qu'ils infligent. Aux autres, s'entend, à eux : jamais.

La droite ne sert à rien. La droite est nuisible. La droite n'a jamais, en aucune façon, apporté quoi que ce soit de bien à l'humanité. Et le seul horizon viable qu'on puisse avoir envie d'atteindre est de parvenir enfin, un jour, à un monde où elle aura définitivement disparue, comme les dinosaures.

dimanche 18 janvier 2009

Antiphrastique


JE SUIS DE DROUAAAAAAAAATEUUUUH !!!!!!!!!!!!!!!!

"Être à droite… C’est quoi ? (...) Placer devant la responsabilité individuelle et refuser le caractère systématique de l’excuse sociale ? Ouais peut-être. Considérer que l’ordre doit être préservé et la sécurité assurée ? Aimer son pays ? Et vouloir le dire ? Ma conception de la laïcité ? Aimer les traditions, ou plutôt refuser de cracher dessus ? Être à droite, serait-ce être pour moins d’Etat ? Considérer que toute entreprise est avant tout une richesse nationale, plutôt qu’une tirelire où puiser et le lieu de toutes les injustices ? Penser qu’il est à aussi urgent de créer de la richesse que de la redistribuer ?"

(La suite, de la même eau, ).

Pratique, ce test. Très. Comme ça, on peut très bien se situer dans l'exact contraire et on tombe juste. Vraiment sympa, en définitive.


Pâtisserie

"ceux qui regardent les journalistes comme assujettis aux hommes politiques, vassalisés par les ministres ou asservis par les partis se trompent d’époque ou de lunettes. S’agissant des journalistes politiques, par principe les plus concernés, le fantasme le plus répandu consiste à les assimiler simplement au personnel politique, au sein d’une caste commune ou d’un clan solidaire. Tout ceci relève de l’imaginaire, de la polémique ou de l’archaïsme."

(Le reste ici).

Ça, voyez-vous, c'est la tranche de bonne humeur du matin. On lance son navigateur avec son café à côté, on va lire la presse en ligne (qui ment, la preuve), et on tombe sur ce genre de pâtisserie onctueuse qui n'est pas sans rappeler celles qu'on trouve dans les salons de thé arabes : un bon gros truc dégoulinant et grassouillet à souhait, délicieux en bouche mais un peu écœurant à la fin. Faut aimer.

Ensuite, quoi de plus logique et de plus cohérent que le gros et fat Duhamel vole au secours de sa propre corporation de vendus ? N'est-ce pas le rôle spécifique de ce genre de pseudo-élite - ou se pensant comme telle - que de se serrer les coudes devant le discrédit croissant de leur profession et le légitime mépris dans lequel les citoyens les tiennent chaque jour un peu plus ? Alain Duhamel lui même, perroquet européiste qui nous abreuva d'indigestes pamphlets arrogants au moment de la campagne du TCE, partisan déclaré de Bayrou - audace ! anticonformisme ! - pendant les dernières présidentielles, appartenant à la secte des terroristes de la dette publique qui n'ont de cesse d'exiger moins d'État et plus de Marché, et politologue analphabète qui voit dans la moindre grève de fonctionnaires le retour des Khmers rouges, est englué jusqu'au cou dans cette "connivence" dont il prétend qu'elle n'est que fantasme de cerveaux en surchauffe et distorsion du réel.

En proférant pareilles billevesées, de deux choses l'une : soit le gros plein de soupe est sincère, et cela jette une ombre sur sa santé tant mentale que physique - à son âge, une maladie neurologique ne peut être exclue - , soit c'est encore plus simple : il fait comme Philippe Val, à savoir qu'il ment en toute connaissance de cause et pour un objectif précis.
Ou bien. Une troisième hypothèse se fait jour. Alain Duhamel a tellement bien su se convaincre lui même de la viabilité des énormes bêtises qu'il assène qu'il peut désormais les sortir en public sans la moindre honte en les pensant le plus candidement du monde. Parce que franchement, comment sans ce processus accorder le moindre crédit à une phrase aussi ahurissante que :

"même s’il leur arrive de sortir des mêmes écoles, voire des mêmes milieux, politiques et journalistes ont des méthodes, des cultures et surtout des intérêts que tout oppose irrésistiblement."

Franchement ?

Et pendant qu'on y est, finissons en avec un mythe que Duhamel ne se prive pas de reprendre, à savoir que "La majorité des journalistes a le cœur à gauche, la majorité des médias a le portefeuille à droite."
À "gauche" ? Mais laquelle ? La vraie gauche, celle de l'égalité et de l'émancipation, ou la fausse gauche sociale-libérale qui hurle pour les "réformes" en défendant de fausses audaces sociétales histoire de se donner bonne conscience ? Et oui, en effet, la réponse est dans la question.

Ce qui fait d'Alain Duhamel, ainsi que de nombre de ses confrères en canaillerie journaleuse, un authentique mythomane au sens clinique du terme. Quelqu'un qui finit par croire à la pararéalité qu'il a lui-même contruite. Et comment ne le pourrait-il pas, par ailleurs ? N'évolue t-il pas en permanence depuis des décennies dans un minuscule milieu parisianiste où tout le monde est d'accord sur le fond avec d'insignifiants désaccords de forme ? Comme quoi, le déterminisme social est bel et bien une réalité, contrairement à ce que prétendent les sots qui ne jurent que par "l'individu"...

Une bête recherche sur Google fait s'affaisser le château de sable, puisque on trouve très facilement un article du Point où Alain Duhamel reprend son papier de Libé - ou il éditorialise - en le remaniant à peine pour saluer la sortie d'un livre de Laurent Joffrin - qui pourfend le "poujadisme antimédias", auquel participe d'ailleurs ce billet -, directeur de publication de Libé...

Tout ça ne serait qu'une grosse face dodue comme les fesses d'Alain Duhamel si de pareils cloportes ne tenaient pas le crachoir médiatique depuis des années en empoisonnant tout le pays d'idées à la con.

Alors encore une fois, les médias mentent, ce qu'on ne savait déjà que trop. Et de plus en plus de gens s'en rendent compte, ce qui est fort bien.