mercredi 10 décembre 2008

La Grèce, un bien beau pays ma foi

Ouhlala...

Mais c’est que ça chie très très dur, en Grèce, en ce moment, non ?

Bon, c’est pas une révolution, du moins pour le moment ; mais n’empêche : pour que des gamins de lycée se mettent à attaquer les commissariats, faut quand même avoir franchi une grosse étape au niveau de la rouspétance sociale, non ?

Et puis renseignements pris, ça a pas l’air folichon, la vie en Grèce : une vie politique empuantie de corruption menée par une clique qui mène une guerre de classe à coup de néolibéralisme en veux-tu en voilà, un déclassement social généralisé, des jeunes à qui on promet des salaires mirobolants de 600 € par mois alors qu’une caste de dominants s’en fout dans les poches de la plus éhontée des façons, et tu mets par-dessus l’ode de choc de la crise financière, plus des flics qui ont une fâcheuse tendance à la bavure…

Tiens, c’est marrant, dis-donc : on dirait chez nous, un peu.

Enfin, « chez nous », on s’entend, hein : on dirait surtout le résultat très concret de cures d’amaigrissement particulièrement brutales du social aux fin d’enrichir une minorité arrogante qu’on observe partout, voilà. T’as un salaire de merde dans un boulot à la con en CDD, ton horizon est bouché, on ne te promet que la descension sociale, et alors que tu galères comme un damné, des types en cravate passent à la télé pour t’expliquer qu’il faudra encore se la serrer parce que la conjoncture et la compétitivité des caisses qui sont vides dans la rigueur des réformes nécessaires blablabla : forcément, ça agace, au bout d’un moment.

D’autant plus que pour le coup, dernièrement, et en Grèce comme ailleurs, on a tous pu observer que les caisses n’étaient vides que pour nous, et surtout pas pour ceux qui avaient déjà trop de pognon. Là, normalement, l’énervement – on ne peut plus légitime – monte d’un gros cran.

Comme disait le Président Mao : « il suffit d’une étincelle pour enflammer toute la plaine ».

Alors bien évidemment, tu lis un peu la presse – française, vu qu’a priori tes connaissances en Grec moderne sont quelque peu lacunaires, disons – et tu vois dans l’Organe Officiel De la Charogne Réactionnaire, également appelé Le Figaro, les réactions outragées des lecteurs de droite qui exigent l’intervention de l’armée, la déportation des manifestants à Guantanamo et pourquoi pas quelques exécutions publiques pour l’exemple, et à un moment, tu as envie de leur dire – si tu parviens à adresser la parole à des gens de droite, et uniquement en te bouchant le nez derrière un hygiaphone, et tu prends une douche décontaminante après on est jamais trop prudent -, tu as envie de leur dire, donc :

« Mais dites-moi, ramassis de puants pleutres, ce qui se passe en Grèce, ne vous faites nulle illusion, chiens : ça va arriver ici.

Dans on sait pas combien de temps, certes. Impossible de parfaitement prévoir pareil embrasement. Mais une chose est sûre et certaine : ça va arriver. Et vous savez quoi ? Ce sera d votre faute. Oui oui, pas la peine de faire cette tête : de votre faute à vous, cons de droite. Ben quoi ? Ne réclamez vous pas une société dure aux faibles depuis des années et des années ? N’exigez-vous pas en couinant comme putois en rut PLUS de « réformes », PLUS de sécuritaire, PLUS de bleu marine, PLUS de dérégulation, PLUS de travail de merde avec PLUS de bas salaires ? Et ne poussez vous pas votre méprisable soumission à tout ce qui ressemble à de L’Ordre jusqu’à mettre au pouvoir de sombres démagogues que vous n’en finissez pas d’applaudir quand ils tondent le peuple, et y compris vous-mêmes par ailleurs, ce qui ne vous empêche nullement d’encore et toujours les soutenir ? Des agneaux qui vitupèrent que le loup n’est pas assez féroce, voilà en vérité ce que vous êtes.

Et pas la peine de ricaner dans votre coin, la gauche frelatée, non plus : quand vous êtes aux affaires, vous appliquez le programme de la droite et apportez votre grasse contribution au désespoir social. Ce n’est pas parce que vous tentez de vous repeindre en rose foncé en ce moment qu’on a oublié quoi que ce soit : vous avez aussi votre part là dedans.

Et ensuite, ils s’étonnent, ces abrutis, que ça finisse pas exploser un beau jour.

Non mais sans déconner.

Alors oui, mes bons cons : ce qui se passe en Grèce et ce qui va se passer ici, bientôt, c’est directement la conséquence de votre idéologie et de vos « valeurs ». Ensuite, on vous dit ça, mais sans espérer le moins du monde vous convaincre, cela va de soi : vous êtes au-delà de toute rédemption. Et exigerez la plus féroce répression le moment venu, naturellement. Tête baissée et droit dans le mur, comme d’hab’, youpi, pas vrai ? Crétins, va. »

Oui, voilà ce qu’on aurait presque envie de leur dire.

Et de notre côté, on ne peut que soutenir les djeun’z hyper vénères en Grèce en leur souhaitant ardemment de déposer leur gouvernement, c’est évident.

Et quand ça viendra en Sarkozie, ce genre de chose, en souhaitant qu’on évite d’en passant par la case assassinat de gamin par la police, disons qu’il est peu vraisemblable qu’on fasse partie de ceux qui appellent à l’unité nationale. Genre.


54 commentaires:

thé 10 décembre 2008 11:49  

Mao disait aussi :
"Lutte, échec, nouvelle lutte, nouvel échec, nouvelle lutte encore, et cela jusqu'à la victoire - telle est la logique du peuple."

thé 10 décembre 2008 12:03  

Grève générale prévue aujourd'hui.
Rien de tel en France.
Il y a bien eu le, je sais pas trop comment l'appeler, appel du pseudo conseil de la Résistance pour le 10 novembre
et le vain appel de FO en 2003

birahima2 10 décembre 2008 12:06  

"une étincelle peut mettre le feu à la plaine"
5 janvier 1930

Nobo 10 décembre 2008 12:09  

"Tiens, c’est marrant, dis-donc : on dirait chez nous, un peu." C'est vite dit... En France, la question sociale, racisme postcoloniale oblige, a été ethnicisée... La jeunesse "indigène", à son corps défendant, sert de contrefeu et d'épouvantail à tous mouvements sociaux... Le discours, particulièrement ambigu et malsain, notamment de la "gauche" concernant les émeutes de banlieue est emblématique à ce sujet !

thé 10 décembre 2008 12:12  

cette plaine-là?

thé 10 décembre 2008 12:17  

"Plaine, ma plaine,
Plaine, ô mon immense plaine
Où traîne encore le cri des loups,
Grande steppe blanche de chez nous.

Plaine, ma plaine,
Dans l'immensité de neige,
Entends-tu le pas des chevaux ?
Entends-tu le bruit de ces galops ?

Plaine, ma plaine,
Entends-tu ces voix lointaines ?
Les cavaliers qui vers les champs reviennent
Sous le ciel chevauchent en chantant.

Vent de ma plaine,
Va-t-en dire aux autres plaines,
Que le soleil et les étés reviennent
Pour tous ceux qui savent espérer..

Plaine, ma plaine,
Sous l'épais manteau de neige,
La terre enferme dans sa main la graine
Qui fait la récolte de demain.

Plaine, ma plaine,
Vent de la plaine
Tu peux gémir avec les loups
L'espoir est à nous plus fort que tout !"

birahima2 10 décembre 2008 12:29  

Cuba vous donne le sourire

thé 10 décembre 2008 12:41  

A Cuba, la question sociale n'a pas été ethnicisée...

L'Anonyme En Transit 10 décembre 2008 12:42  

Je me demandais quand tu allais un peu te pencher sur ce qu'il se passe là bas...
Pas que des commissariats (je veux dire en France aussi on a eu ça) mais également des banques et des ministeres. Il y a eu des banques cramées, des immeubles en partis détruit. Et tout le monde s'y met.
vols annulés sur la grece cette nuit. Sans doute les plus impressionnantes émeutes que l'Europe est connue depuis 68?
On va voir comment cela ce passe ces prochains jours, mais en tout ca ça peut donner des idées aux etudiants et lycéens qui manifestent aujourd'hui...

Mambo Joel 10 décembre 2008 13:05  

Ca peut arriver en France. Ca fera encore deux trois unes du NY Times, provoquera l'outrance des réacs, la compassion des bobos, le satisfecit naïve de l'extrême gauche. Et un mois après qu'est-ce qu'il restera? Cinq cents bagnoles cramées, un plan à 2 balles pour les banlieues, un dépôt à moquette brûlé, cinquante gosses en cabane, quelques billets vite oubliés...

birahima2 10 décembre 2008 13:13  

bin allez Mambo, sors-nous autre chose que tes beaux sabots qui font toc toc

Constantin 10 décembre 2008 13:40  

Un centriste traiter les gens de naïfs, voilà qui est toujours amusant.
Il faut bien rire un peu.

birahima2 10 décembre 2008 13:53  

reviens, c'était mieux que Nobo !

Mambo miam miam

pouet 10 décembre 2008 14:52  

Comment faire ?
Quand faire ?

Je veux dire : un type dont on connait bien l'idéologie et dont on sait quelles voix il est allé racler arrive au pouvoir : rien.
Il fait une politique raciste violente : rien.
Il vole allègrement l'argent du pauvre pour le filer au riche : rien.
Ajourd'hui, les grecs ont l'air de demander un changement sociétal profond (apparemment, le problème de lutte/haine de classes est bien posé) : comment faire pour décider que notre tentative, on veut la faire maintenant et avec eux.
Parce que oui, ça va arriver.
Mais aussi parce que les grecs sont seuls. Que nous serons seuls. Et que c'est pas la bonne façon de faire.

Comme on me faisait remarquer hier au soir : si toutes les personnes qu'on croise avant les manifs en train de dire "j'irai bien mais je pense qu'il n'y aura personne" y allaient vraiment...

Alex 10 décembre 2008 15:43  

J'étais à Athènes il y'a un an exactement et un grec très francophile pendant 45 minutes dans le métro m'avait dit que ici, on compte sur la France pour faire bouger des choses, c'est pas ici que ça va bouger, personne ne parle de politique ici, le gouvernement est corrompu et autiste! Je lui avais dit que quand même, les français avaient élu Sarkozy, qu'il fallait peut être chercher de l'espoir ailleurs... Oui mais au moins sur le plan international la France donnera toujours un autre son de cloche... je lui ai dit oui sûrement enfin j'espère.
Aujourd'hui, c'est moi qui, depuis mon pays de vieux cons, regarde la Grèce avec espoir..

Nobo 10 décembre 2008 15:48  

Toast à la jeunesse grecque pour ses leçons en matière de savoir-vivre; la révolte est légitime, lorsqu' on a une impasse pour seul horizon et qu'on n'aspire pas à se faire abattre comme un chien par n'importe quel flic venu... En Grèce, la plus européenne et la plus orientale des nations d'Europe, il n'y a pas d'indigènes proprement dit, mis à part 1 million d'immigrés de la première génération (Albanais, Bulgares, Roumains, Pakistanais, Bangladeshis,...) tout de même, pour noyer le poisson, aussi c'est toute la jeunesse qui devient indigène... Cette jeunesse, d'ailleurs, serait bien inspirée, cela l'honorerait, en lançant des liens de solidarité avec ses travailleurs immigrés pour qui la violence de la Police grecque est bien connue !

birahima2 10 décembre 2008 16:18  

pourquoi tu recopies ton blog ici Nobo ?

ici , on parle de tiercé
c'est une affaire d' hommes
tu veux des tuyaux pour un longchamp ?

je te rappelle qu'au tiercé, y'a pas de zéro !



ps :
c'est Pouet qui a commencé, il m'a fait penser aux Beattles. Fallait pas me faire penser aux Beattles !

Derrière l'hygiaphone 10 décembre 2008 16:22  

Que l'on critique la violence du libéralisme, je le conçois aisément. Mais que l'on soit béat devant la violence bête d'un groupe de pauv'gars qui cassent les vitrines des beurgeois pour exprimer leur mal être, c'est triste.
Vos rêves d'anarchie se transformeront vite en cauchemar : les hommes deviendront des loups. C'est comme avec le libéralisme, l'electricité en moins.

Basile Morton 10 décembre 2008 16:37  

Attendons cette vague qui vient. Immense,d'une puissance à éclater le vieux monde. La crise, l'arrogance des nantis, la suffisances des hommes de pouvoirs, la brutalité des bandes armées, tout cela fait exp;loser la grèce comme ça fera exploser la France et cette Europe du capital.
Attendons la vague venue de Grèce. Merci à Aris et à tous les combattants du rêve. Enfants de Grèce, vous nous redonnez l'espoir et l'envie de ne pas mourir tout de suite.

birahima2 10 décembre 2008 16:50  

le chiffon rouge

Mambo Joel 10 décembre 2008 17:04  

C'est fascinant cette phase euphorique qui revient régulièrement avec ces certitudes de grands soirs, ça va péter c'est évident. Et puis au final et bah rien du tout. Le reste du temps CSP (bon, et bien d'autres, avec dans les réactions un automatisme qui fait penser à un banc de poissons) a un regard plutôt pragmatique, critique (et on peut même oser le "juste") sur tout ce qu'on lui amène, on la lui fait pas en fait. Et puis soudain, vient cette transe et là c'est comme un gigantesque lâcher d'optimisme. Là où la méfiance ou la clairvoyance dominait tout à coup tout le monde se retrouve avec un slip sur la tête.

birahima2 10 décembre 2008 17:19  

de la faute à l'hygiaphone, Mambo

plaine ma plaine

Nobo 10 décembre 2008 17:46  

Birahima, tu sais quoi, je t'emmerde... Toi et ton humour gras et douteux...Toi et tes amis n'arrivez pas à la cheville des jeunes grecques, vous êtes une bande de bras cassés ramenards qui jactent, qui jactent, qui jactent...

birahima2 10 décembre 2008 17:59  

on dirait BHL qui vient de se prendre la tarte
c'est bien qu'on te voit comme ça
c'est bien

tu m'excuses mais

j'écoute

Plaine, ma plaine

Anonyme 10 décembre 2008 18:00  

IL FAUT ANNULER LE MARIAGE

birahima2 10 décembre 2008 18:04  

je ne suis pas mariée avec Nobo !

thé 10 décembre 2008 18:07  

"What doesn't NOBO do?

NOBO doesn't remove Back Orifice"
'(c'était trop tentant...)

Hugues 10 décembre 2008 18:11  

Et tu cites Mao maintenant ? C'est la preuve que tu connais à peu près aussi bien la Chine que la Grèce, je suppose.

Anonyme 10 décembre 2008 18:38  

Une solution contre la chienlit : l'enseignement obligatoire de l'économie dès le CP

Anonyme 10 décembre 2008 19:22  

Mambo Joël : et toi, tu proposes quoi ? Courber l'échine jusqu'à la mort ? Remettre son destin aux mains de ceux qui te promettront un poste de travail assis et chauffé après 50 ans ? Attendre la synthèse et le rassemblement ?

Tout ça pour que les petits fonctionnaires, les penseurs, les journalistes, les flics, les profs et les curés puissent vivre leur névrose en paix, à l'abri du vent, du froid et de l'effort ? Est-ce vraiment leur rendre service, à ceux-là qui furent mes frères humains et désormais se complaisent comme organes du parti ?

à quoi bon vivre alors ?

nicolas 10 décembre 2008 19:33  

Moi je pense que nos amis révolutionnaires de salon qui sont ici devraient se sortir les doigts et profiter de l'exemple grec pour mettre la France à feu et à sang pour prouver que ce ne sont pas des rigolos, et que tout ce qu'ils écrivent ici (et sans doute ailleurs) ce n'est pas que des mots.
Et instaurer la république populaire de France dont ils rêvent humidement toutes les nuits.
À moins que , et je n'ose le croire, vous n'attendiez que le froid parte pour faire la révolution. C'est vrai, ca caille dehors, et on est mieux derrière son écran. Surtout que passer à la télé avec une doudoune et un passe montagne, c'est pas l'idéal pour devenir célèbre et pouvoir dire à ses voisins: "Hé Michel! Je passe à la télé, viens voir!"

Une belle bande de révolutionnaires que vous faites!

birahima2 10 décembre 2008 19:36  

ils croivent que y savent troller ceux-là ?

Alors Nobo, maintenant que t'as réussi tes tests avec succès :
c'est le moment d'agir

envoie-leur un crucifix par exemple

thé 10 décembre 2008 19:58  

"dont ils rêvent humidement toutes les nuits."

Non, c'est quand on pense à Fernande

thé 10 décembre 2008 20:02  

19:22
"les petits fonctionnaires, les penseurs, les journalistes, les flics, les profs et les curés ",

ça te paraît pas un peu hétéroclite ?

birahima2 10 décembre 2008 20:09  

Des lives rances !

GouineMum 10 décembre 2008 21:17  

Contre le froid ya le feu, justement.

birahima2 10 décembre 2008 21:41  

mais Mao n'a pas dit que la France est jonchée de bois sec qui va s'embraser bientôt

"Certains camarades ne comprennent pas encore correctement comment il faut apprécier la situation actuelle et quelle action elle exige de nous.Ils croient à un essor inévtable de la révolution, mais ne croient pas qu'il puisse intervenir bientôt(...)
lettre du 5 janvier 1930, du camarade Mao Tsé-toung pour critiquer certaines tendances pessimistes existant alors dans le parti

birahima2 10 décembre 2008 21:53  

"les camarades atteints d'impétuosité révolutionnaire ont le tort de surestimer les forces subjectives de la Révolution et de sous-estimer les forces de la contre-révolution"

nb : par forces subjectives , le camarade mao entend ici les forces organisées de la révolution
il met en garde contre la dérive putschiste


m'enfin c'est aux éditions la Fabrique
Mao
de la pratique et de la contradiction

19:22 10 décembre 2008 22:43  

thé: J'ai certainement oublié quelques-uns de ceux d'entre nous qui auront préféré s'employer comme larbins d'un état tout entier dévoué au service du capital plutôt que de subir le rapport de force qu'il impose aux citoyens en faveur des capitalistes. Mais le coeur y est.

Aka 75 11 décembre 2008 07:43  
Ce message a été supprimé par l'auteur.
Aka 75 11 décembre 2008 07:57  

Dédicacé à la politique "de réforme moderne" de la racaille bleue

Mais ajoute-ton, on tire de l’étranger bien des articles, et il ne veut en paiement que de l’argent. Cela est faux ; le commerce s’est presque toujours fait par l’échange de marchandise contre marchandise, et du papier contre papier ; souvent même on a préféré des effets au numéraire. Les espèces métalliques qui circulent en Europe ne suffiraient pas, pour acquitter la cent-millième partie des billets qui sont en émission. Ainsi, il est clair comme le jour, que les agioteurs et les banquiers ne discréditent les assignats que pour vendre plus cher leur argent, pour trouver occasion de faire impunément le monopole et de trafiquer dan le comptoir du sang des patriotes, qu’ils brûlent de verser.

Mais l’on ne sait pas comment les choses tourneront. –Il est très certain que les amis de l’égalité ne souffriront pas toujours qu’on les fasse égorger au dehors et qu’au-dedans on les assiège par la famine. Il est très certains que toujours ils ne seront pas les dupes de cette peste publique, des charlatans qui nous rongent comme des vers, des accapareurs dont les magasins ne sont plus qu’un repaire de filous.

Mais, lorsque la peine de mort est prononcée contre quiconque tenterait de rétablir la royauté, lorsque des légions innombrables de citoyens soldats forment avec leurs armes une voûte d’acier, lorsqu’elles vomissent de toutes parts le salpêtre et le feu sur une horde de barbares, le banquier et l’accapareur peuvent-ils dire qu’ils ne savent pas comment les choses tourneront ? Au reste, s’ils l’ignorent, nous venons le leur apprendre. Le peuple veut la liberté et l’égalité, la république ou la mort ; et voilà précisément ce qui vous désespère, agioteurs, vils suppôts de la tyrannie.

N’ayant pu réussir à corrompre le cœur du peuple, à le subjuguer par la terreur et la calomnie, vous employez les dernières ressources des esclaves pour étouffer l’amour de la liberté. Vous vous emparez des manufactures, des ports de mer, de toutes les branches du commerce, de toutes les productions de la terre pour faire mourir de faim, de soif et de nudité, les amis de la patrie, et les déterminer à se jeter entre les bras du despotisme.

Mais les fripons ne réduiront pas à l’esclavage un peuple qui ne vit que de fer et de liberté, de privations et de sacrifices. Il est réservé aux partisans de la monarchie de préférer des chaînes antiques et des trésors à la République et à l’immortalité.

Les riches seuls, depuis quatre ans, ont profité des avantages de la Révolution. L’aristocratie marchande, plus terrible que l’aristocratie nobiliaire et sacerdotale, s’est fait un jeu cruel d’envahir les fortunes individuelles et les trésors de la république ; encore ignorons-nous quel sera le terme de leurs exactions, car le prix des marchandises augmente d’une manière effrayante, du matin au soir. Citoyens représentants, il est temps que le combat à mort que l’égoïste livre à la classe la plus laborieuse de la société finisse. Prononcez contre les agioteurs et les accapareurs. Ou ils obéiront à vos décrets ou ils n’y obéiront pas. Dans la première hypothèse, vous aurez sauvé la patrie ; dans le second cas, vous aurez encore sauvé la patrie, car nous serons à portée de connaître et de frapper les sangsues du peuple.

Ainsi, mandataires du peuple, l’insouciance que vous montreriez plus longtemps serait un acte de lâcheté, un crime de lèse-nation. Il ne faut pas craindre d’encourir la haine des riches, c’est-à-dire des méchants. Il ne faut pas craindre de sacrifier les principes politiques au salut du peuple, qui est la suprême loi.



Jacques Roux - 25 juin 1793

thé 11 décembre 2008 08:18  

19:22
Tu proposes quoi ?
Des fers à béton moins efficaces qu'un coup de mistral ou qu'un suicide sur les rails ?

francais jovial et aimant la bonne chaire 11 décembre 2008 10:19  

ha ;thé a raison . ici en premiere ligne pour se jeter corps et ames dans le premier bordel social qui nous parlera par son ampleur, on ne sais quoi faire pour le declencher,ni meme si ce serait le moment.C'est pas l'envie qui manque!
!!!meche courte!!!

birahima2 11 décembre 2008 10:34  

à NOBO :


Eric Hazan : « Regardez ce qui se passe en Grèce : c’est de ça dont ils ont peur. »

Nobo, t'as mis ton commentaire en dessous
jonction de deux jeunesses ; jeunesse étudiante et jeunesse des quartiers.
Hazan dit, c'est de ça qu'ils ont peur


le pont est difficile à faire
malgré la haine qui nous dissocie
mais c'est possible
la haine on la ressent tous
faut repartir quand même
ça viendra
malgré la honte continuelle

Nobo, moi aussi j'ai honte des discours bien-pensants de la gauche
t'entends ?
ah je te jure Nobo, vraiment toi, il faut se le farcir !!!!

birahima2 11 décembre 2008 10:39  

ça finira bien par un mariage cette affaire, Nobo ?

birahima2 11 décembre 2008 10:50  

la non demande en mariage

ramiro 11 décembre 2008 12:08  

pour les parisien-nes
rassemblement vendredi 12 décembre à 17 h 30 devant l’ambassade de Grèce ( 17 rue Auguste Vacquerie - 75017 Paris - métro Kléber).

19:22 11 décembre 2008 20:30  

"Tu proposes quoi ?"

Déjà, l'ostracisme pour les collabos, bourgeois, misérables petits intellectuels, éducateurs, redresseurs de déviants, et autres sbires des gouvernements asservis au capital. Qu'ils s'amusent donc entre eux avec leurs blogs, leurs journaux, leur pensée préfabriquée et leurs rêves d'ordre social avec eux tout en haut.

Nous sommes peut-être obligés de cirer leurs pompes, réparer leur voiture, faire cuire leurs pizzas puisqu'il parait que vivre est impossible autrement, mais qu'ils sentent bien qu'ils n'auront jamais rien d'autre que notre sueur.

Et surtout : aucune pitié, aucune compassion, aucun soutien. Laissons les seuls face à leur monde : ils se dévoreront entre eux.

Et ensuite, me diras-tu ? Je ne suis même pas certain qu'il sera nécessaire d'en faire plus.

thé 12 décembre 2008 01:06  

Les loups ne se mangent pas entre eux.

Anonyme 12 décembre 2008 16:58  

le fils de chien rouge qui cite Mao Zedong, le plus grand criminel contre l'humanité de l'histoire, 10 fois pire qu'Hitler le socialiste de droite !

sale rouge !

Anonyme 12 décembre 2008 16:58  

le fils de chien rouge qui cite Mao Zedong, le plus grand criminel contre l'humanité de l'histoire, 10 fois pire qu'Hitler le socialiste de droite !

sale rouge !

Anonyme 12 décembre 2008 16:58  

le fils de chien rouge qui cite Mao Zedong, le plus grand criminel contre l'humanité de l'histoire, 10 fois pire qu'Hitler le socialiste de droite !

sale rouge !

Hamilcarbarca 12 décembre 2008 21:40  

A MORT LA SALE VERMINE MARXISTE (GRECQUE ET DES AUTRES PAYS !

LA VERMINE ET LA SALE RACAILLE EN A RIEN A FOUTRE DES LIBERTES FONDAMENTALES, qu'elle aille se faire mettre cette pute !

thé 14 décembre 2008 21:23  

Pute, toi-même, Barca

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