Chabrolesque
Vous avez vu Masques, de Claude Chabrol ? L'immense et regretté Philippe Noiret y interprétait le rôle d'un animateur télé du dimanche, mix improbable et dégoulinant de Jacques Martin et de Drucker pour public de maisons de retraites. Sans vouloir trop en dire, la fin du film est un grand moment de jubilation : la confession-monologue, face caméra, du personnage de Noiret qui révèle toute la noirceur cynique de sa vraie personnalité. Du grand Noiret, de l'excellent Chabrol.
Et c'est juste que parfois, on se prend à rêver, comme ça, qu'enfin se produise ce genre de chose pour de vrai.
On pourrait imaginer, par exemple, que Philippe Val, qui se fait étriller en ce moment de fort plaisante façon, se mettrait à écrire dans un de ses éditoriaux-pensum du mercredi : "Oui, je l'admet et je l'assume, je suis une sombre ordure islamophobe qui méprise les pauvres, surtout quand ils sont bronzés. Mon mépris de classe et ma soif de reconnaissance sont tels que j'accepte avec enthousiasme toutes les invitations possibles, y compris celles du MEDEF, pour m'y ébrouer au milieu de gens avec je partage la même haine des gueux incultes qui osent voter Non au TCE. Et quand on me demande des comptes par rapport à mes dérives, j'ai une arme absolue dont je n'hésite jamais à me servir : je mens. En toute lucidité et toute connaissance de cause, je mens comme je respire, je le sais et ça ne me pose aucun problème. Sachez-le, je vous compisse et mon unique but désormais est de devenir LA référence dans la niche de l'aile gauche du discours dominant"...
Ça serait pas mal, hein ?
Ou bien Jack Lang pourrait s'y mettre, lui aussi, et ça donnerait : "Moi, Jack Lang, ça fait depuis toujours que je n'ai ni honneur ni intégrité ni convictions de quel ordre que ce soit, et je m'en porte fort bien. Je suis la girouette éternelle de toutes les coteries et de tous les pouvoirs, je le sais et cela me va à ravir. Je suis prêt à tout, je dis bien tout, pour être présent sur la scène médiatique car dans l'ombre mon bronzage s'étiole. Je suis fait pour la lumière, et je ne remercierai jamais assez la canaille aux dents limées de me l'avoir donnée, malgré la haine féroce que nous nous portions mutuellement. Je dois tout à Mitterrand, et je poursuis son héritage de pirouettes et de mensonges. Je le fait avec délices et il en sera ainsi jusqu'à mon trépas"...
Aaaaah, que ça serait bien...
Oh, et les quatres jaunes dans Libé, oh oui : "Nous, "socialistes" de droite, n'en pouvons plus de suffoquer dans ce parti de losers qui ne nous donne pas la place dont nous rêvons et qu'assurément de telles éminences que nous méritons. Depuis longtemps, nous avons abdiqué tout vernis de gauche, ce qui fut d'autant plus aisé que nous n'avons jamais au grand jamais su exactement ce que ça signifiait. Nous sommes des pragmatiques, et constatant que le pouvoir est à droite, nous jurons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour lécher le cul de ceux dont nous espérons récompenses et bonnes places. Ne nous traitez point de traîtres, cela est calomnie : nous n'avons rien trahi, n'ayant jamais eu la moindre conviction, excepté celle d'être fait pour partager les miettes que voudront bien nous accorder nos seigneurs et maîtres, quels qu'ils soient. Nous serons de droite quand la météo sera de droite, et si Besancenot venait par malheur aux affaires, nous saurons voir où est notre intérêt"...
Je rêve, je rêve...
Et c'est là qu'on voit que ce n'est peut-être pas une si bonne idée que ça, de vouloir virer Lang du P"S" comme certains le voudraient ; parce que, amis socialistes, réfléchissez-y : si vous commencez à lourder tout ceux qui courent après la droite dans votre parti, vous allez vite cruellement manquer de cadres...
Et c'est juste que parfois, on se prend à rêver, comme ça, qu'enfin se produise ce genre de chose pour de vrai.
On pourrait imaginer, par exemple, que Philippe Val, qui se fait étriller en ce moment de fort plaisante façon, se mettrait à écrire dans un de ses éditoriaux-pensum du mercredi : "Oui, je l'admet et je l'assume, je suis une sombre ordure islamophobe qui méprise les pauvres, surtout quand ils sont bronzés. Mon mépris de classe et ma soif de reconnaissance sont tels que j'accepte avec enthousiasme toutes les invitations possibles, y compris celles du MEDEF, pour m'y ébrouer au milieu de gens avec je partage la même haine des gueux incultes qui osent voter Non au TCE. Et quand on me demande des comptes par rapport à mes dérives, j'ai une arme absolue dont je n'hésite jamais à me servir : je mens. En toute lucidité et toute connaissance de cause, je mens comme je respire, je le sais et ça ne me pose aucun problème. Sachez-le, je vous compisse et mon unique but désormais est de devenir LA référence dans la niche de l'aile gauche du discours dominant"...
Ça serait pas mal, hein ?
Ou bien Jack Lang pourrait s'y mettre, lui aussi, et ça donnerait : "Moi, Jack Lang, ça fait depuis toujours que je n'ai ni honneur ni intégrité ni convictions de quel ordre que ce soit, et je m'en porte fort bien. Je suis la girouette éternelle de toutes les coteries et de tous les pouvoirs, je le sais et cela me va à ravir. Je suis prêt à tout, je dis bien tout, pour être présent sur la scène médiatique car dans l'ombre mon bronzage s'étiole. Je suis fait pour la lumière, et je ne remercierai jamais assez la canaille aux dents limées de me l'avoir donnée, malgré la haine féroce que nous nous portions mutuellement. Je dois tout à Mitterrand, et je poursuis son héritage de pirouettes et de mensonges. Je le fait avec délices et il en sera ainsi jusqu'à mon trépas"...
Aaaaah, que ça serait bien...
Oh, et les quatres jaunes dans Libé, oh oui : "Nous, "socialistes" de droite, n'en pouvons plus de suffoquer dans ce parti de losers qui ne nous donne pas la place dont nous rêvons et qu'assurément de telles éminences que nous méritons. Depuis longtemps, nous avons abdiqué tout vernis de gauche, ce qui fut d'autant plus aisé que nous n'avons jamais au grand jamais su exactement ce que ça signifiait. Nous sommes des pragmatiques, et constatant que le pouvoir est à droite, nous jurons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour lécher le cul de ceux dont nous espérons récompenses et bonnes places. Ne nous traitez point de traîtres, cela est calomnie : nous n'avons rien trahi, n'ayant jamais eu la moindre conviction, excepté celle d'être fait pour partager les miettes que voudront bien nous accorder nos seigneurs et maîtres, quels qu'ils soient. Nous serons de droite quand la météo sera de droite, et si Besancenot venait par malheur aux affaires, nous saurons voir où est notre intérêt"...
Je rêve, je rêve...
Et c'est là qu'on voit que ce n'est peut-être pas une si bonne idée que ça, de vouloir virer Lang du P"S" comme certains le voudraient ; parce que, amis socialistes, réfléchissez-y : si vous commencez à lourder tout ceux qui courent après la droite dans votre parti, vous allez vite cruellement manquer de cadres...
15 commentaires:
C'est taquin de ta part, CSP. ces gens sont bien incapables de l'exercice de lucidité de Philippe Noiret. Ils vivent à 10 bornes au dessus de la réalité.
Et puis, cet instant, même éphémère, de lucidité cruelle nécessite, c'est là le problème, une conscience. Et on me souffle dans mon oreillette qu'une conscience ne sert à rien, c'est pas elle qui va te rédiger une jolie contribution.
Pauvre petit chou. Tu devrais être ravi normalement. Il n'y aurait rien de plus à dire. Juste à récolter. Mais tu ne peux quand même t'empêcher de les dénoncer. Comme si tu y croyais encore. C'est mignon.
Quel con définitif ce Bluebeschmoll.
Comme Jack Lang.
Camarade Casper
Si cet exercice crée chez vous une intense jubiliation, il vous faut d'urgence vous précipiter sur l'EXCELLENT (petit) livre du regretté John Brunner :"VIRUS".
Dans une Angleterre en proie au néo-fascisme et aux sectes religieuses, il rassemble un petit groupe de rebelles : Ces humains de l'avenir se sont fixé un but. Répandre, surtout parmi les élites, une petite pilule qui a une particularité. Celui qui l'avale ne peut plus ni se mentir , ni mentir aux autres.
Des politiciens sur des estrades électorales se mettant, tout à coup, à nous dire la vérité.
VOus adorerez.
Je viens de vérifier : ce livre génial date de 1973.
http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Brunner
Mais?! CSP aime aussi- parfois- le cinéma français? ;-)
Mais oui ! Quand il est très bon, pourquoi pas ?
Val... Je l'ai connu chanteur à pseudo textes. Avec son complice Patrick Font. Je me souviens aussi d'une prise de bec avec eux à Bordeaux sur le contenu d'une de leur chansonnette pas vraiment sympas avec les femmes.
Je me demande qui a le plus changé des deux.
@ Le nonce
Oh la belle circonvolution pourrie : partir de Noiret pour venir dauber sur Besancenot, c'est non seulement ultra crétin mais également bien mesquin.
En fait et histoire de, un acteur joue un rôle : CSP ne parlait donc pas de Noiret directement mais du personnage interprété par Noiret. Ce qui rend ton post de merde nul et non avenu. Tocard.
Les commentaires sans intérêt aucun des sarkozystes égarés ici sont supprimés. Comme ça. Pour rien. Car tel est mon bon plaisir.
Rhoooo, mais c'est de la censure stalinienne et tout et tout.
C'est mal.
http://www.soutenir-sine.org/
A signer et à faire suivre.
@ piedo : ouais, c'en est. Ah ah ah.
car tel est mon bon plaisir...
CSP: le seul roi trotskiste de l'univers
comme ça c'est mieux
"Monsieur Jack Lang s’est demandé comment achever sa vie politique. Comme Lénine en son temps, il s’est posé l’épineuse question : « Que faire ? »
Jusqu’alors, il s’évertuait à ne pas montrer en télévision son profil droit (il le déteste), il aimait terriblement à être cité comme un Politique d’envergure (Il a inventé la formidable Fête de la Musique). Mais tout cela finissait par être pesant et très/trop répétitif.
A l’âge qu’il a - Ô vieillesse ennemie - et devant la perspective réelle d’un second Quinquennat promis au Petit Nikos,( Ce PS en plein foutoir n'entend rien de la rumeur sociale qui gronde), Jack Lang s’est longuement interrogé et a décidé de mettre le scotch Double-Face. Est-ce si étonnant ? Bien sur que non : Jack Lang ne s’est jamais soucié que d’une seule chose… de son existence médiatique, la seule qui compte à ses yeux de play-boy. Et pas de meilleure posture de bravitude que celle, très recherchée et très jouissive de Victime (et de personne calomniée)!
PS ! Quant à nos Penseurs de Droite qui pensent que la Chasse à l’Homme-Lang du PS est ignoble… doucement , doucement.Il y a pire : il y a les parties de chasse du Comte Hortefeux par exemple.
BiBi(http://www.pensezbibi.com)
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