La méthode
D'abord, faire du vent. Beaucoup, agiter les bras dans tous les sens, enjoindre à ses ministres de faire pareil. S'agiter, saturer l'espace physique, sonore, temporel, visuel. Devenir le principal point de mire de tout le monde, admirateurs comme opposants, enthousiastes comme sceptiques.
Ce afin de focaliser l'attention sur ce "bougisme" permanent.
Ensuite, dire des conneries en sachant que c'est des conneries, voir ce que ça donne, réfuter mollement les conneries quelques heures plus tard. Chacun son tour, sortir une énormité, puis la faire tiédir plus ou moins par un autre du même camp.
Ce, toujours à fin de donner une impression d'agitation confuse. Dans le lot, certain(e)s feront d'authentiques boulettes : tant mieux. Ça servira à accroître le sentiment de confusion.
Puis passer à autre chose, vite. Ne laisser à personne le temps de souffler, de prendre du recul, d'analyser sur le fond. Pour ce qui est des journalistes, qui ont la capacité de concentration d'un enfant de deux ans, ce sera parfait. Le public devra suivre, on ne lui laissera pas le choix.
Détourner l'attention sur des boucs-émissaires bien commodes sera très utile, et rassurera une bonne partie de la population. Ça coûtera des sous, mais en terme d'image, c'est ce qu'il y' a de mieux.
Puis, évidemment, faire peur. Mais pas trop, justement. L'opinion est déjà bien préparée depuis des années, inutile d'en rajouter à pleines louches. Juste laisser sous-entendre que la situation est plus grave qu'on ne le pensait, mais qu'on y travaille d'arrache-pied.
Ce qui permettra de faire passer les mesures en douceur, souple, par le côté. Jamais de frontal, de choc, de bas-du-front ; que du sinueux, par à-coups, noyer le poisson, un pas en arrière parfois, mais toujours suivi de deux pas en avant.
Parce qu'il faut voir sur le long terme : l'erreur des gouvernement précédents a été de vouloir mener ces réformes au pas de charge ; or, quand on sait qu'on dispose d'une marge de plusieurs années, on peut préparer le terrain en enfonçant des coins qu'on va faire rentrer petit à petit. Donc, commencer par poser les bases générales histoire de clarifier les choses dès le début, et approfondir au fur et à mesure.
Compter avec la division d'une opposition chaque jour un peu moins crédible et audible. Y contribuer, même. Les parentés idéologiques de fond seront la clé pour décrédibiliser durablement.
Enfin, toujours avoir à l'esprit l'idée maîtresse de la méthode : pendant que tout le monde regarde une main, agir de l'autre tout en détournant l'attention de ce qui se passe en réalité. Laisser croire que tout ça n'est que de l'esbroufe, du vent, de la comm', et maintenir une ligne d'action permanente pour atteindre l'objectif final.
À savoir : enfumer tout le monde...
Ce afin de focaliser l'attention sur ce "bougisme" permanent.
Ensuite, dire des conneries en sachant que c'est des conneries, voir ce que ça donne, réfuter mollement les conneries quelques heures plus tard. Chacun son tour, sortir une énormité, puis la faire tiédir plus ou moins par un autre du même camp.
Ce, toujours à fin de donner une impression d'agitation confuse. Dans le lot, certain(e)s feront d'authentiques boulettes : tant mieux. Ça servira à accroître le sentiment de confusion.
Puis passer à autre chose, vite. Ne laisser à personne le temps de souffler, de prendre du recul, d'analyser sur le fond. Pour ce qui est des journalistes, qui ont la capacité de concentration d'un enfant de deux ans, ce sera parfait. Le public devra suivre, on ne lui laissera pas le choix.
Détourner l'attention sur des boucs-émissaires bien commodes sera très utile, et rassurera une bonne partie de la population. Ça coûtera des sous, mais en terme d'image, c'est ce qu'il y' a de mieux.
Puis, évidemment, faire peur. Mais pas trop, justement. L'opinion est déjà bien préparée depuis des années, inutile d'en rajouter à pleines louches. Juste laisser sous-entendre que la situation est plus grave qu'on ne le pensait, mais qu'on y travaille d'arrache-pied.
Ce qui permettra de faire passer les mesures en douceur, souple, par le côté. Jamais de frontal, de choc, de bas-du-front ; que du sinueux, par à-coups, noyer le poisson, un pas en arrière parfois, mais toujours suivi de deux pas en avant.
Parce qu'il faut voir sur le long terme : l'erreur des gouvernement précédents a été de vouloir mener ces réformes au pas de charge ; or, quand on sait qu'on dispose d'une marge de plusieurs années, on peut préparer le terrain en enfonçant des coins qu'on va faire rentrer petit à petit. Donc, commencer par poser les bases générales histoire de clarifier les choses dès le début, et approfondir au fur et à mesure.
Compter avec la division d'une opposition chaque jour un peu moins crédible et audible. Y contribuer, même. Les parentés idéologiques de fond seront la clé pour décrédibiliser durablement.
Enfin, toujours avoir à l'esprit l'idée maîtresse de la méthode : pendant que tout le monde regarde une main, agir de l'autre tout en détournant l'attention de ce qui se passe en réalité. Laisser croire que tout ça n'est que de l'esbroufe, du vent, de la comm', et maintenir une ligne d'action permanente pour atteindre l'objectif final.
À savoir : enfumer tout le monde...
8 commentaires:
Cette méthode de manipulation est depuis longtemps conceptualisé chez les commerciaux et porte le nom de "pied dans la porte" complété par le concept de "porte au nez". Il est plus qu'étonnant qu'autant de monde se laisse prendre à ce piège finalement peu subtil quand on le subit au quotidien.
Embrouiller les esprits,faire en sorte que ce soit insurmontable puisqu'il y a toujours autre chose à gérer.
Très bien ce billet,CSP!
Quand tu es riche tu peux vivre dans une société socialiste.
Tu peux payer deux fois :
- avec tes impôts, des hôpitaux où tu n’iras jamais te faire hospitaliser ; avec ton argent, l’Hôpital Américain à Neuilly,
- avec tes impôts, des écoles où tu n’enverras pas tes enfants ; avec ton argent, l’Ecole Alsacienne ou Saint Jean de Passy,
- avec tes impôts, des flics à ton affût, avenue d’Iéna, quand tu circuleras sans ceinture ; avec ton argent, des installations d’alarme et des vigiles privés pour assurer la sécurité de ta famille et de tes biens.
Mais quand tu n’as que le SMIC que feras tu des 1003 € que tu touches par mois, sans savoir :
- que tu en as gagné 1891 € et que les hommes de l’Etat, déguisés en employeur, te prennent chaque mois 888 €, sans que tu t’en aperçoives,
- que sur les 1003 € qu’ils te laissent, ils te soutireront à nouveau 250 €, sous forme de TVA, de taxes sur l’essence et le tabac et d’impôts locaux,
- que le taux de prélèvement auquel tu es soumis est de 60 %...
- que pour la seule assurance maladie tu payes 3360 € de primes annuelles à la Sécu, alors que ton collègue d’Annemasse, travailleur frontalier en Suisse, peut faire jouer la concurrence entre 2000 mutuelles et ne payer que le 1/3, soit environ 1000 €/an,
- que pour t’assurer pour la vieillesse, on te prends 4020 € de primes annuelles alors que l’on te prive du droit (réservé aux fonctionnaires et aux politiciens avec leur PREFONDS) de t’organiser tout seul en capitalisant tes économies. Placée au taux de 5%, une économie de 4020 €, elle-même en augmentation de 5% l’an, t’assurerait au bout de 40 ans un capital de 1 250 000 € ! Tu peux rêver !
Le reste sur http://emilejappi.blogspot.com/2007/09/lettre-michel-rocard.html
ouh, fumant, ce blog où on trouve cette phrase sublime "j’ai pris conscience que le capitalisme et le libéralisme étaient faits pour les petits et les pauvres"
Sisi.
J'vous jure.
Bon, allez anonyme, tu t'es juste trompé de blog toulousain : pour pleurer sur les impôts qui étranglent la France et découragent l'entrepreneuriat, c'est chez Simon Aubert, pas ici.
Merci, Turandot !
@ alf : l'effet de brouillage des médias y est pour beaucoup, je pense. Pas de prise de recul, pas de réflexion, et hop!...
Ah ah ah trop fort le troll anonyme libertarien. Manque plus que le spam des banques nigérianes.
Sinon, je tiens à préciser que ma gamine, à deux ans, avait déjà une capacité de concentration bien supérieure à celle d'un journaliste moyen. Si si...
Je n'en doute pas une seule seconde; le "journaliste" semble être décidément de plus en plus proche de formes de vies...différentes, disons. Le plancton ?
Merci CSP de mettre encore une fois les mots justes derrière ce que je pense... Cet article, c'est le constat que je me fais depuis 3 ou 4 mois sans réussir à l'exprimer vraiment... Heureusement que tu es là pour éclaircir mon esprit taquin...
4toine, merci à toi; je pense que j'y suis allé à la hache comme d'hab', mais que ce n'est pas tout à fait faux, en effet...
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