dimanche 12 juillet 2009

"Au bout de chaque fourchette"

Ce n'est pas tellement le billet d'Agnès qui m'a fait réfléchir, puisque pour l'essentiel je suis entièrement d'accord avec le contenu de celui-ci. Exposant que nos comportements sont déterminés par le contexte dans lequel nous vivons, que celui-ci vienne à changer brutalement et c'est une part de nous-mêmes - et pas toujours, voire rarement la plus jolie-jolie...- qui viendra brusquement se révéler. Ce qui au passage ventile façon puzzle toutes les sottes théorisations sur "l'individualité" qui serait "libre" de faire des "choix". L'individu, ça n'existe pas. Il y a des personnes, vous, moi, François Fillon, Trent Reznor, etc., qui vivent dans des endroits et des circonstances précises, et c'est avant tout ce contexte qui va déterminer ce que nous allons penser et agir. Penser qu'on est de charmants flocons de neige qui dansent au gré de nos envies sans que rien ne détermine la façon dont nous allons faire les choses est au mieux une touchante naïveté, au pire une cécité sur l'être humain particulièrement dangereuse.

Non, ce qui m'a rendu perplexe dans le billet, c'est que son interlocuteur soit capable de dire, je cite :

"je le sais, je ne pourrais jamais sombrer dans la barbarie".

Vraiment ?

Je veux dire : vraiment ?...

Parce que pour ma part, peut-être suis-je plus pessimiste sur la "nature" humaine, ou plus lucide vis-à-vis de moi-même, mais pas une seule seconde je ne doute de me métamorphoser en chien enragé si les circonstances m'y poussent...

Ça pourrait s'appeler le moment du Festin nu. Ce moment qui est défini par Burroughs comme "cet instant pétrifié et glacé où chacun peut voir ce qui est piqué au bout de chaque fourchette".
Et il se trouve que je sais très exactement ce qu'il y a au bout de ma fourchette.

J'aime beaucoup A. C'est une amie très proche, ma meilleure, sans aucun doute. Elle était sortie avec ce garçon, pas vraiment méchant mais franchement instable, et au bout d'une relation tumultueuse, avait enfin fini par jeter l'éponge, devant l'impossibilité de donner quelque chose à quelqu'un qui n'en voulait pas.
Ce qu'il a très mal pris.
Menaces, coups de fils à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, harcèlement, agressivité pleurnicharde promettant une vengeance sanglante, la grande classe. Commissariat, dépôt de plainte, convocation, re-harcèlement, re-menaces, bref : mon amie était proprement terrorisée.

Je n'aime pas quand elle est comme ça.
Ça me fait mal.
Ça fait hurler quelque chose en moi.
Le quelque chose qu'on a tous au fond de soi et qu'on préfère soigneusement éviter de fréquenter.

Et un soir, je suis tombé sur lui par hasard dans un bar.
Il a fallu qu'ils s'y mettent à quatre, dont deux piliers de rugby, pour m'empêcher de lui détruire la gueule.
L'épisode est authentique, je peux fournir des témoins. C'était il y a quoi ? Un an ? Et je suis certain que toutes les personnes dans le bar se souviennent encore de cet épisode...
Je n'ai pas "pété les plombs".
Je n'ai pas même été surpris par ce qui s'est passé.
Je sais ce qu'il y a piqué au bout de ma fourchette.
Et la seule chose que je regrette de cet épisode, c'est qu'il se soient trouvé des gens suffisamment vigoureux pour m'empêche de terminer cette ordure.

Alors vous êtes à l'évidence choqués, n'est-ce pas, par autant de brutalité assumée. Vous vous dites que jamais, au grand jamais, vous ne pourriez vous comporter de cette façon. Puisque c'est vrai, vous êtes tellement civilisés. Vous avez lu tellement de livres, vous avez une telle horreur de la violence, vous êtes des gens tellement pacifiques...
Comme moi.

Ah. Ah. Ah.

Soyons sérieux, voulez-vous ?
Il suffira que le contexte se mette à appuyer sur les bons boutons pour que vous aussi vous métamorphosiez en chose hurlante aux yeux injectés de sang.
La "culture" ? "l'éducation" ? La civilisation, la politesse, le respect de l'autre ?
Mon cul.
Il faut juste appuyer sur les bons boutons au bon moment, et vous aussi, vous découvrirez horrifiés ce qu'il y a piqué au bout de votre propre fourchette...

Et c'est important de le savoir. C'est même très important, puisque le sachant, on est déjà débarrassés d'un bon paquet d'illusions sur soi-même et les autres, ce qui est un progrès humain qui va beaucoup vous enrichir, au prix certes douloureux de l'abandon de la charmante idée que vous vous faisiez de vous-mêmes. D'une. Et d'autre part, on peut du coup prendre du recul en étant conscient de ce qu'on est capable de faire. Donc essayer de le dominer. Essayer. Limiter les dégâts, quoi. Parce que si vous n'êtes pas conscient de ce qui vit d'ombre en vous, quand celle-ci surgit par surprise, elle peut vous emmener très très, mais alors très loin...

Cela étant dit, rassurez-vous : on peut très bien être parfaitement conscient de ce qu'il en est, et l'assumer. Regardez-moi : dans d'autres circonstances historiques, dans des contextes différents, je ne doute pas une seule seconde de pouvoir devenir un personnage parfaitement effrayant.

Dans le moment de paix civile et de consensus "démocratique" que nous connaissons, je me contente d'être un blogueur pittoresque.


samedi 11 juillet 2009

Terme

Que l'appel d'Aubry au "rassemblement" n'ait aucun intérêt en soi et ne soit que la démonstration que le P"S" est complètement à la ramasse, tout le monde le sait y compris elle. On ne va donc pas insister. Cela dit, on dirait bien qu'elle a fini par comprendre que de notre côté, ce n'était même pas la peine de faire semblant de vouloir nous faire des bisous, on les renverrait chier de toutes façons. Et ils ont évidemment intérêt à chercher à nous isoler le plus possible, puisque ces satanés 5 % des européennes, c'est 5 % qu'ils n'ont pas eu quand ils en avaient tant besoin...

Il est donc bel et bien clair dans la tête de tout le monde que la coupure est avérée et définitive. Ce qui est la meilleure chose du monde. Je l'avais déjà exprimé quelque part, mais ce qui m'avait le plus agréablement surpris dans le lancement du NPA, c'est que les "nouveaux" étaient encore plus anti-socialos que nous, ce qui n'est pas peu dire...cela, plus le baptême du feu d'une campagne des européennes où les pires saloperies sont venues non seulement de la droite mais aussi d'une certaine gauche prostituée à la social-démocratie a crée en interne une saine lucidité sur ce qu'on était en droit d'attendre de ces partis cramponnées à leurs élus et qui tueraient père et mère pour les conserver. Maintenant, ils savent, et comme disait mon sergent instructeur dans les paras avec sa faconde poétique bien à lui : ça fait la bite.

Ce qui est le plus intéressant là-dedans, c'est qu'on pourrait - le conditionnel s'impose, puisque la politique est aussi affaire de surprises parfois tonitruantes - tabler dès maintenant sur une possible disparition du P"S" à terme...
Parce que là, vraiment, on a du mal à voir comment il va s'en sortir.
Les échecs à répétition signifient peu, de ce point de vue : nous même en avons pris plus que notre part du temps de la LCR, ce qui ne nous a jamais empêché de rebondir et d'exister. Le problème n'est pas tant dans ces revers qui semblent perpétuels que dans l'aspect d'un déclin qu'on pourrait qualifier de structurel : les apparatchiks ont complètement oublié et depuis longtemps ce qu'étaient la gauche et ne se battent plus que pour leurs places et leurs prébendes. Mais le signe que quelque chose est en train de pourrir, c'est que la base militante n'assure plus le contrepoids nécessaire à un rééquilibrage ; allez sur les blogs de socialistes : ils ne parlent plus que du P"S"et de quasiment rien d'autre...

Et on ne peut pas ne pas ressentir comme un sentiment de désespoir dans cet appel au rassemblement...

Le bateau est en train de couler, et personne n'a envie de leur porter secours.

Même le PCF d'ailleurs, qui est tellement lié à ce Titanic qu'il risque bel et bien de couler avec lui. Et au vu de la façon dont nous ont traité ses militants pendant la dernière campagne, on comprendra que notre capacité de compassion soit limitée quant à ce naufrage.

Ensuite, du calme : le temps politique est un temps long, et au moment où nous parlons, la sociale-démocratie reste, malheureusement, le principal référentiel "de gauche" dans ce pays. Elle dispose d'une armée d'élus et d'une logistique financière et matérielle qui va lui permettre de rester longtemps encore dans son rôle de poids lourd. Certes.
Sauf que là, ça risque bien de ne pas durer éternellement.

Pendant longtemps, il a fallu se positionner obligatoirement par rapport au P"S". Bon gré mal gré, en tant que force dominante à gauche, c'est lui qui donnait le "la" et les autres - dont nous - étaient contraints de suivre, en rouspétant souvent mais le rapport de forces était tellement inégal qu'on avait tout simplement pas le choix. Or, il semble bien que tout ça soit en train de changer...

Et tout le monde de le sentir à sa gauche, d'où le bouillonnement en cours avec ses créations de partis, ses engueulades terribles suivies de réconciliations torrides et tout le monde de tirer à hue et à dia sous l'oeil perplexe d'un peuple de gauche qui ne voit pas très bien où ça va tout ça...

Mais les choses vont se clarifier avec le temps. La situation va se décanter, et il se pourrait bien qu'à terme, pas tout de suite, on parle d'un processus étalé sur les 10 prochaines années, il n'y ait qu'une seule organisation politique qui soit en position d'hégémonie complète à la gauche d'un P"S" en voie de disparition.
Et j'ai une petite idée de laquelle ça pourrait être.


vendredi 10 juillet 2009

Summer of love (ou pas...)

Alors voilà : vous êtes en situation. Le moment est chaud bouillant, vous roulez ensemble dans les draps, à ce stade on en est même plus au torride, c'est incandescent. Et comme vous êtes un garçon sérieux et concerné, vous avez ce qu'il faut. Quelque peu fébrile comme on l'est tous dans ces moments, vous vous interrompez pour chercher un moyen de vous protéger et de protéger l'autre.
Et joie, ô joie, vous en avez.
Ceci.


Là, vous, je ne sais pas comment vous réagissez.
Mais moi, si je vois ça, ce truc, là, dans cet instant précis et particulier, c'est mort.
Et je veux dire : mort.
Parce que franchement, franchement, quel être humain parvenu dans les tréfonds de l'avilissement, dans ces zones crépusculaires où l'abjection rejoint la déchéance, quelle sorte de personne totalement dégénérées jusqu'au point de non retour...
Pourrait continuer à bander en voyant ça ?

Se peut-il que cela puisse exister ?
L'esprit vacille devant perspective à ce point noire et funeste.

Enfin bon, on dit ça parce qu'on est pas placé en situation réelle, aussi. Je sais pas, non plus. Peut-être que pris dans la frénésie de la chose, je pourrais passer outre, après tout. Mais peut-être qu'après, une terrible culpabilité au goût de cendres s'abattrait sur moi. Je ne sais pas.
Bon, le seul moyen de savoir, c'est de faire un test grandeur nature. Je vous tiens au courant, promis.


jeudi 9 juillet 2009

Die partei hat immer recht

Il parait que plus on prend en âge, plus on s'assagit...on prend du recul, on a une meilleure connaissance de la vie et partant on prend moins les choses à coeur. On est moins en forme, aussi, de moins en moins, on n'a de toute façon plus le temps ni tellement l'envie de s'agiter dans tous les sens. On mûrit. On est plus enclin aux concessions, aux compromis, on devient de moins en moins véhément. En bref, on commence à s'user tout doucement...

Il paraît.
Parce que moi, ce n'est pas, mais alors vraiment pas du tout le cas.

Tenez, aujourd'hui, j'ai 36 ans. Dernière ligne droite avant la quarantaine. Je devrais être anéanti devant le temps qui passe, et me lancer dans de cruelles et douloureuses remises en questions, et me demander ce que j'ai fait dans ma vie et est-ce que mes choix étaient les bons, blablabla. Ce genre de conneries.
Sauf que non.
En gros, plus j'avance, moins je doute.
Plus le temps passe, plus je suis absolument persuadé d'avoir raison.
Et plus je suis persuadé d'avoir raison, plus j'ai le vif désir de l'imposer de gré ou de force à mes contemporains.
C'est drôle, non ?

Tenez, par exemple, le NPA. Et bien pas une seule seconde je ne remet en question la pertinence de sa ligne majoritaire, dont je me flatte de faire partie. Nous avons raison, puisque nous tablons sur le terme. Et je puis affirmer que contrairement à ce qu'on peut lire ici ou là, il n'y pas une once d'hésitation dans ce courant pour ce qui est de notre analyse et de nos choix. Nous avons bien fait de faire cavalier seul aux européennes, car il vaut mieux faire 5 % avec ses idées que davantage sur des lignes politiques floues et opportunistes. De la même façon, nous ne pouvons certes que nous réjouir que Mélenchon souhaite faire alliance avec nous pour les régionales, oui da. Mais vraiment, pensez vous que Méluche s'est réveillé un matin en décidant qu'on était trop super sympas finalement et qu'on allait tous devenir une super bande de potes ? Voyons...il ne sait que trop bien que le PCF va le laisser tomber sans aucune hésitation pour les régionales, du coup, vu que le PG n'a ni logistique militante ni surface électorale propres, il est obligé de chercher des partenariats ailleurs, voilà tout. Et comme on est un peu les seuls avec qui il peut...
Ensuite, on ne peut que se réjouir, youpi, de voir se dessiner un début d'arc de contestation de gauche dans le paysage politique, et c'est un signal visiblement très bien reçu par tous ces gens qui veulent que se réveille la gauche dans ce pays. Et cela est fort bien, en vérité.

Surtout si c'est à nos conditions, il allait sans dire.

(et je ne peux pas cacher une maligne jubilation à imaginer les réactions offusquées que ne manquera pas de provoquer ce subtil mélange de patriotisme d'organisation aux limites du fanatisme, de cynisme décomplexé et de sectarisme idéologique obtus. Enfin, ça, c'est comme ça que vous le verrez, aussi. Perso, j'appelle ça cohérence politique basée sur l'analyse des rapports de forces. Mais bon, c'est chacun qui voit, pas vrai ?).

Et j'enfonce encore le clou à coup de masse : la preuve, irréfutable, que notre ligne est la bonne, c'est le torrent de boulechite qui dégoisent - et dégoiseront - les médias (qui mentent) à notre endroit. Cette histoire d'hémorragie militante, par exemple, basée sur une rumeur sortie de nulle part et dont ne voit absolument pas d'où ça pourrait venir, mais alors vraiment pas, non, là, je vois pas du tout du tout du tout c'est juste que c'est marrant là tout de suite je pense à quelqu'un dont le nom commencerait par "Christian" et finirait par "Picquet" mais je dis ça je dis rien et si ça se trouve je me trompe et en fait oui je dis certainement n'importe quoi c'est évident, bref :

Des conneries, donc. Basées sur les témoignages de deux (deux!) ex aigries et d'un ex responsable LCR qui passe son temps à critiquer le NPA oh mais quelle stupéfiante coïncidence c'est Christian Picquet justement ! Ça alors, pour une surprise...

Notre ligne est juste et notre direction éclairée nous montre le chemin. Et en plus je le pense.

Ah ah ah.

Sur ce, je vais passer des coups de fils pour organiser ma birthday party, et pour conclure en musique, je vous laisse avec un des mes groupes préférés.
J'ai 36 ans, et je me sens de mieux en mieux, moi, dites...


mercredi 8 juillet 2009

La liberté, c'est l'esclavage

Frédéric van Roekeghem est directeur de la caisse nationale d'assurance maladie. Le patron de la sécu, quoi. Lui et ses sbires ont pondu 25 "idées" - si on peu appeler ça des "idées" - pour "économiser 2,05 milliards par an". Trouver du pognon, en somme.
Et quelles sont-elles, ces brillantissimes idées ?
Dépenser moins. Bravo, vous aviez trouvé tous seuls, j'en suis certain.
Et dépenser moins, ça signifie ?
Tailler dans le gras des services publics et commencer à privatiser, vous voyez quand vous voulez.

En farfouillant, on trouve un portrait éclairant de ce Frédéric van Roekeghem : on apprend ainsi qu'il se proclame "libéral décomplexé" - rappelons que c'est ce genre d'individu qui est nommé à la tête de la Sécu, oui, moi aussi, ça m'a fait un peu saigner les gencives -, et "milite" pour que la sécu passe "d'une logique de coût à une logique de retour sur investissement".
Traduire : Frédéric van Roekeghem a la cervelle détruite par la propagande néolibérale, et est un zombie ne s'exprimant qu'en verbiage management/marketing/benchmark/bullshit/hole in your head, dont l'unique fonction est de briser les reins de la solidarité nationale. Il est payé pour ça. Détruire. Privatiser. Expliquer que c'est de la faute des gens et que c'est à eux de payer. Et sans jamais dire à voix haute que quand il s'agissait de renflouer des banques, on en a trouvé en claquant des doigts, des milliards.

Bien évidemment, ce n'est jamais dit ainsi. Jamais explicité comme tel. Et cela se comprend, puisque imaginons qu'un jour un Frédéric van Roekeghem, ou un Eric Woerth, décide de se déboutonner une bonne fois pour enfin dire les choses telles qu'elles sont, ça pourrait donner quelque chose comme :

"Nous libéraux sommes effarés que des gens y compris des sous-êtres comme les pauvres puisent encore avoir droit à des soins de qualité sans avoir à débourser de l'argent. Nous libéraux, qui avons une conception de la vie qui se résume en deux colonnes coûts/bénéfices, ce qui fait de nous de tristes rats méprisables pour qui l'argent est et doit être la seule et unique mesure de tout. Nous libéraux, ne supportons pas l'idée de devoir payer pour des gens que nous ne connaissons pas et dont nous n'avons rien à branler. Nous libéraux, concevons une épouvante sans borne à concevoir l'existence de quelque chose qui n'a pas vocation à être rentable, comme la Sécu, ce qui en dit long sur la pauvreté de nos existence de chiens crevés et nous exclut de fait de la notion d'être humains. Nous libéraux, savons bien à quel point la population de ce pays est rétive à se laisser tondre sans rouspéter, c'est pourquoi nous mentirons, nous truquerons les comptes, nous ne présenteront que des analyses partiales et biaisées issus d'organismes et d'institutions à notre botte. Nous libéraux, n'hésiteront jamais à faire un chantage éhonté vis-à-vis des gens normaux afin qu'ils se sentent coupables d'avoir des droits. Nous libéraux, avons clairement l'intention de mettre de la concurrence partout au détriment de la santé des malades, même si tous les systèmes de soins privatisés sont des échecs économiques et des catastrophes humaines, ce dont nous n'avons cure puisque si le Marché pense que c'est bien, il faut faire comme le Marché dit sans jamais, jamais ! constater que ce ramassis de conneries ne marche jamais et nulle part. Nous serons fourbes, nous serons cauteleux, nous serons au service du privé parce que celui-ci paie bien, nous méprisons tous ceux qui ne sont pas sortis de l'ENA, et notre plus grande réussite est d'avoir lavé le cerveau de milliers d'abrutis prêts à nous soutenir dans notre entreprise grandiose de démolition sociale et qui, quand on les foutra à la porte de leur clinique puisqu'ils ne peuvent plus payer, agoniseront comme des merdes sur le trottoir en continuant de fustiger l'assistanat. Nous sommes la lie de ce monde, nous sommes de stupéfiants fumiers, nous le savons et en tirons honneur et fierté, nous savons que dans une société digne de ce nom nos têtes se promèneraient au bout d'une pique, c'est pourquoi nous fabriquerons une société indigne et cruelle basée sur la peur. Nous ne subirons jamais les conséquences des politiques que nous appliquons, nous laissons ça aux pékins moyens que jamais nous ne fréquentons. Nous sommes libéraux. Nous sommes libéraux, et il n'y a aucune limite à notre désir de corruption".

Oui, ça serait...rafraîchissant. Quelque part.

mardi 7 juillet 2009

Viriles

(Le "Profession : conne" n'est pas de moi, évidemment, c'est sur la vidéo d'origine).

J'ai trouvé cette vidéo en me baladant sur des sites de pauvres réacosphéristes qui s'étranglaient d'horreur : bouuuuuh la vilaine féministe qui veut être "virile" et pas laisser leurs prés carrés aux mecs, bouuuuh !!!! S'en suivait les habituelles considérations de pauvres choupinous réacs, ouin ouin ouin y'a plus de femmes comme avant, ouin ouin ouin mais quelle époque vivons nous, ouin ouin ouin tout ça c'est la faute à la gauche blablabla, les conneries habituelles de vioques éxténués - dont l'âge importe peu, on peut très bien avoir 20 ans et penser comme un octogénaire - pour qui une femme c'est mignon, c'est gentil, ça fait la cuisine et ça s'occupe de son homme, et ça la ramène pas paske elle sait ou est sa place.

De la peur, en somme.

La peur angoissée de voir débarquer des nanas qui sortent du "rôle" social dans lequel on aimerait bien les voir rester pour aller se mesurer sur les mêmes terrains que les hommes. Faire les mêmes choses, et ne plus être les petits êtres charmants et délicats et inoffensifs qui restent dans leur coin pendant que les hommes s'occupent des choses sérieuses. Angoisse de castration et réaction d'une violence à la hauteur de ladite angoisse : mais on sera plus des hommes !!!

Sauf que si, on sera toujours des hommes. Encore faut-il considérer ce qu'on met précisément dans ce vocable. Et il est cocasse de considérer que ceux qui sont les plus attachés publiquement à une définition de "l'homme" old-school - le ténia humain Zemmour, Houellebecq, et leurs groupies - sont le plus souvent taillés sur le modèle crevette, ce qui explique sans doute leurs fantasmes masculinistes : ah ! Pouvoir enfin leur dire ta gueule, femelle ! Avant de la traîner par les cheveux pour l'honorer dans la grotte. Sauf que vu comme ils sont gaulés, ils ont toutes les peines du monde à discipliner un teckel. Alors une femme "virile", brr. Au fond, ceux qui réclament à corps et à cris le retour du Mâle De La Tradition, ce sont eux, les petites choses fragiles et tremblantes qui reprochent aux féministes de les avoir descendu de leur piédestal...Pauvres, pauvres et piteux réactionnaires. Ça se tripote sur la virilité perdue, et ça rougit en demandant une baguette à la boulangère. Infra-humains, va.

Puisque ce qu'entend sans doute Joy Sorman par cet adjectif, "viril" - qu'on aurait tort de confondre avec "beauferie" -, c'est la capacité à s'emparer du monde, à créer le rapport de forces, à taper du poing sur la table pour gueuler "Non ! Merde ! Je suis pas d'accord !", à pouvoir se marrer à voix haute et parler d'égal à égal à ses interlocuteurs masculins. Il est là, l'enjeu : l'égalité. Pas le gadget de la "parité" dont on sait que le plus souvent il n'est que le masque d'une domination obligée de faire semblant de concéder des miettes pour faire bien, non. L'égalité. Face à des hommes qui n'auraient plus peur d'admettre une part de "féminité" sans se sentir en danger pour autant. Ouais. Ça a de la gueule, comme projet. Je vote pour.

D'autant plus que perso, je vis déjà dans ce monde depuis des décennies, à présent. Celles qui m'entourent, que je cotoie et apprécie comme amies et plus si affinités ont indéniablement cette "virilité" féminine dont parle Joy Sorman, cette qualité d'être qui ne s'en laisse pas compter et ricane au nez de ceux qui aimeraient les voir plus "gentilles", plus "douces", plus "femmes", traduire : plus soumises...Alors oui, évidemment, ce sont d'abominables chieuses. La vie avec elles n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Ouh la la non. Mais comme j'ai moi même des côtés gonzesse assez marqués, ça finit par s'équilibrer.

Et puis de toutes façons, franchement, à part au fond de quelques PMU et autres Saint-Nicolas Du Chardonnet - et leur équivalent coranique -, qui est encore assez rétrograde pour ne pas voir que les lignes sont en train de bouger et que c'est une très bonne chose ? Amis hommes, réjouissons nous, plutôt : on va avoir des tonnes de potes en jupes avec qui on pourra causer politique, boire de l'alcool, et même coucher ensemble à l'occasion. C'est pas le futur le plus sympa du monde, ça, franchement ?


lundi 6 juillet 2009

Marianne la pute

Que Marianne2.fr soit un torche-cul virtuel spécialisé dans l'anti-sarkozysme stérile de droite, ça, on le savait déjà.

Que Marianne2.fr exige à corps et à cris plus et plus encore de sécuritaire dans une logique de démagogie sans fin, on le savait aussi.

Que Marianne2.fr sous couvert de "républicanisme" se fasse régulièrement porte-parole d'idées qui puent de la gueule sous la plume avariée de certains de ses rédacteurs les plus moisis, on le savait on ne peut mieux.

En résumé, que Marianne2.fr soit un site d'une exceptionnelle indigence où le degré zéro de la non-réflexion journalistique le dispute aux discours les plus rances, oui, en effet, on le savait.

Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Franchement ?

Puisque quand on est dans une logique de putréfaction hypocrite, autant aller jusqu'au bout. Et la publication in extenso d'un billet issu du site islamophobe d'extrême-droite "Riposte laïque" achève de convaincre que ce canard de merde ne se contente plus de toucher le fond : il empoigne une pioche pour creuser encore.

On appréciera au passage l'exquis pharisaïsme qui introduit l'article :
"Marianne2 ne partage pas forcément toute l'analyse développée ici. Mais elle a le mérite de souligner certaines contradictions de la politique supposée sécuritaire du gouvernement."
"Pas forcément", précise t-on. Mais on le publie quand même puisque n'est-ce pas, on y pose les fameuses bonnes questions qui dérangent, mh ?

S'ensuit une flaque de dégueuli issue en ligne directe des égouts de la droite extrême, où tous les clichés racistes et démagogiques sont alignés dans l'ordre : "des hordes de barbares", "la loi des communautarismes, en particulier islamique, apportés par les flux successifs et irraisonnés de l’immigration de peuplement et de l’immigration illégale", "un appareil judiciaire laxiste par morale « bien pensante »", "émargeant largement à l’assistanat social, rétifs à l’intégration et au travail"...et un paragraphe entre tous est un véritable chef d'oeuvre de lepénisme décomplexé :

"Et ne croyez pas que c’est « la misère » sociale qui les pousse au délit : ils ont plus qu’il ne faut pour vivre ( et ils agglutinent à eux tout le réseau familial, au sens large du terme), « roulent » voitures confortables et grosses cylindrées rutilantes, possèdent les derniers produits « higt-tech » à la mode, et dépensent joyeusement en amusements de toutes sortes des sommes rondelettes tout en veillant durement à l’intégrité de leur « territoire »."

"Ils".
Et nul besoin de préciser qui précisément recouvre ce "ils". Puisque même si ce n'est jamais dit explicitement, le lectorat de Riposte laïque sait très précisément à quoi s'en tenir.

Ici, il faut mettre les choses au point une bonne fois pour toutes : Riposte Laïque est un site d'extrême-droite. Point barre. Qui ne se revendique jamais comme tel, qui ne commet jamais l'erreur de se positionner politiquement dans cette case. Mais qui, par l'usage d'un vocabulaire spécifique et nullement anodin sait se faire reconnaître de sa cible de prédilection. Le billet de Robert Albadères repris dans Marianne est illustré par une photo de jeunes très énervés et visiblement d'origine nord-africaine avec comme légende "Chances pour la France ?". Or, il n'y a que l'extrême-droite qui emploie les termes "Chances pour la France" - ou CPF - pour désigner les populations immigrées. Que eux et seulement eux. Et non, cette légende précise avec cette photo précise ne doivent rien au hasard, puisque s'adressant à un public précis qui parle le même langage et saura décoder les vrais enjeux et les véritables intentions de l'auteur. Et tout Riposte Laïque procède ainsi : l'emploi d'artifices langagiers - "Dhimmis", autre terme bien marqué au coin du Pen et désignant les français qui "collaborent" avec "l'occupant" arabo-musulman...- et autres périphrases que le lecteur "initié" saura immédiatement cibler, puisque c'est son langage à lui qu'on lui parle.

Riposte laïque démontre par l'exemple l'imprégnation d'un discours xénophobe maquillé en islamophobie et démagogie sécuritaire qui permet de reprendre les idées du FN en disant le plus grand mal de Le Pen. Ivan Rioufol, Alain Finkielkraut, Elisabeth Lévy, Claude Imbert, et tant d'autres petits clercs frelatés ne se privent jamais de se faire passer pour des "anticonformistes" de choc en dénonçant l'islamisation de la France et le "racisme anti-blancs", autre fantasme issu des rangs d'une extrême-droite qu'on vilipende en public tout en reprenant ses thèses à la lettre.

Et en publiant cet article, le site Marianne2.fr semble bel et bien avoir choisi son camp. En publiant cet article, le site Marianne2.fr se fait la putain des idées xénophobes qui conduisent un FN à faire 48 % au deuxième tour à Hénin-Beaumont. Ils n'ont pas pris la mairie, la belle affaire : leurs idées sont répandues partout dans la presse "respectable".

L'une des spécificités de Marianne2.fr est de faire appel à des contributions de blogueurs pour étoffer sa ligne éditoriale. J'ai moi aussi été sollicité pour contribuer au site, et les ait évidemment renvoyé chier. Juste, j'aimerais demander à mes petits camarades blogueurs si ça ne les démange pas trop de collaborer à un torchon qui véhicule ce genre d'idées. Ça va ? Vous le vivez bien ?
Tant mieux pour vous.


dimanche 5 juillet 2009

Inoffensif



Ce qui est amusant, évidemment, c'est que le blondinet très agité qui cause dans le poste consacre dix minutes à descendre/faire la pub d'un bouquin qu'il n'a pas lu. Bon. Ensuite, on peut subodorer que l'essentiel de ceux qui parlent de livres au sens large à la télévision ne les lisent pas non plus et ce n'est pas ça le principal.

Non, ce qui est frappant, c'est voir à quel point certains néoconservateurs savent jouer à se faire peur pour pouvoir faire peur...aux autres. Puisque tel est le but de ce prêche apocalyptique : faire peur. Foutre la trouille en désignant un Nouvel Ennemi encore plus pernicieux que l'arabo-musulman benladesque, puisque provenant de l'intérieur. Brr. Et fabriquer du Nouvel Ennemi, c'est précisément la marque de fabrique de la droite la plus décomplexée, puisqu'il lui faut constamment de nouveaux adversaires plus dangereux et cinglés les uns que les autres pour relancer l'industrie de la Peur. De ce point de vue, le Nouvel Ennemi est une marque proposant divers produits qu'il s'agira de placer en tête de gondole régulièrement et ce afin d'entretenir ce si fameux - et hélas si efficace...- sentiment d'insécurité qui est la pierre d'angle de la domination : sans "insécurité, pas moyen de faire tenir tranquille les populations. Plus elles ont la trouille, plus elles se dirigeront vers ceux qui lui promettent la "sécurité" - en oubliant jamais de toujours créer de la peur, dans un cycle perpétuel qui est devenu, insistons là-dessus, le principal moyen de contrôle des foules. C'est quand un peuple commence d'entrevoir la possibilité d'un changement qu'il est dangereux. Tant qu'il est au fond du trou à trembloter, il est inoffensif.

Aussi inoffensif que "l'Insurrection qui vient".
Parce que c'est bel et bien ce qu'est cet ouvrage dont on fait tant de cas : un opuscule "contestataire" de plus, aux analyses moins fouillées que, disons, un Emmanuel Todd, et parce que infoutu de penser un projet d'émancipation collectif se contente de projeter des fantasmes petit-bourgeois et réactionnaires sur un futur de squats communautaristes avec option survivalisme dans un monde à la Mad Max. D'où l'intérêt que rencontrera certainement l'ouvrage dans les franges les plus hardcore des suprémacistes US, qui y verront une confirmation "de gauche" de leur délires de petits blancs pétochards collectionneurs de flingues.

Ensuite, si "L'insurrection qui vient" est d'une parfaite innocuité au plan politique, le fait qu'on en parle tant forme un symptôme, sans doute. Celui d'une exaspération croissante dans les pays riches face à la débâcle capitaliste en cours. Même les japonais se syndiqueraient, glapit notre néocon, ce qui est autrement plus parlant en terme d'évolution des mentalités que se tripoter la nouille en se contentant de se payer de mots flamboyants mais vides, ainsi que le fait ce "Comité invisible" sans intérêt.

Et c'est uniquement de ce point de vue qu'on peut se réjouir, sans doute, de voir ce que déclenche ce livre chez certains : nullement par rapport à son contenu, mais par ce qu'il exprime en filigrane.

samedi 4 juillet 2009

N'ayons pas peur des mots

Alors oui, c'est sûr que quand on se balade dans les recoins les moins bien fréquentés du Ouèb, il ne faut pas s'étonner de tomber sur des perles d'une ahurissante et noire bêtise, certes. Et depuis le temps qu'on en fréquente les parages, on ne devrait plus s'étonner le moins du monde d'y lire le mélange classique de frustrations en tout genre sublimées en théorisations creuses et boursouflées par de pauvres veaux incultes et lobotomisés. Certes, certes. On devrait être même franchement blasés, et on l'est d'ailleurs, puisque au bout d'un moment, on clique, on jette un oeil à un ou deux billets, on ricane devant tant de pauvreté et on passe à quelque chose de plus stimulant, comme par exemple ranger ses chaussettes.

Mais.

De temps en temps.

Vraiment.

Il y en a un qui perd ses petits nerfs.

Et qui en sort une bien bonne.

Comme par exemple lui, .

Qui trépigne sur une histoire de tarifs d'électricité mais peu importe ; non, ce qui imprime votre iris d'une indélébile stupéfaction, c'est cette simple phrase, qui quelque part est...sublime. N'ayons pas peur des mots.

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques".

Relisez cette phrase, je vous prie.

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques".

Relisez la encore. Prononcez là à voix haute pour mieux vous imprégner de toute sa substance.

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques"

Cette phrase, je veux, j'exige, que vous l'appreniez par coeur. Je veux qu'elle vous accompagne tout au long de la journée. Que vous en parliez à votre famille, à vos amis, à vos amants et maîtresses, à votre facteurs, à vos voisins. Je veux, j'exige, que vous méditiez cette phrase, qui tout d'un coup vous fera à coup sûr relativiser tous vos soucis, tous vos problèmes. Parce que vous venez de vous rendre compte, aujourd'hui, dans un mélange d'effroi et d'hilarité, qu'il existe de gens capable d'écrire sans moufter :

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques"

Et vous venez de prendre conscience qu'il y en a qui ont vraiment de gros, gros, problèmes...

Alors certes, on pourrait se dire que, quand même, il est possible, fort possible même, qu'il y ait une part non négligeable de provocation ; que l'auteur force - quelque peu et tout en nuance - le trait pour appuyer son propos (lequel propos consister à baver une sorte de gloubiboulga néolibéral pleunichard qui est la marque de fabrique du fafounet qui se répand en aigreurs diverses et variées sur le Net. Ces gens n'ont aucune pudeur, décidément). Donc oui, en effet, il pourrait y avoir là quelque ironie un peu lourde...

Qui dissimulerait mal toutefois que l'auteur de cette phrase mythique semble bel et bien convaincu, à l'instar de nombre de dégénérés de son espèce, qu'il vit

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques"

Et ça tue, un peu, quand même.

Puisque voyons ce que nous offre l'actualité :

Des catégories entières de salariés vont être obligées de travailler le dimanche ?

Mais nous somme pourtant "Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques".

La droite la plus réactionnaire se félicite de la tempérance des bureaucraties syndicales ?

Pourtant, zut, on ploie sous le joug d'une Bolchevie oppressante, "Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques".

Les retraites vont achever d'être pulverisées ?

On est "Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques", putain, c'est difficile à comprendre, ça ?

Nous constatons chaque jour un peu plus l'obscénité d'une droite en roue libre qui hache du salarié au kilo et s'étale dans une presse corrompue ?

On. Vit. Sous. Régime. Bourdieuso. Tchékiste. C'est. Comme. Ça. "Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques". Na.

Mais c'est vrai : tout ça, c'est la réalité. Et la réalité, ça n'intéresse pas les cas sociaux qui braillent dans cette piteuse "réacosphère" de mickeys sans cerveau ni talent ni rien. En même temps, les pauvres, comme ils n'en finissent pas de s'ennuyer dans leurs boulots ineptes de maître-chien dans un parking souterrain ou de cadrillon aliéné dans son open-space, il leur faut bien un peu d'espace pour rêver, évidemment...

Mais tout de même.

"Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques".

Allons.
Tout ça n'est pas très sérieux.
Et au final, après avoir bien ri, on passera à autre chose en secouant la tête et en se disant que quand même, y en a j'te jure...

vendredi 3 juillet 2009

Faillite

Ce qui se passe à Hénin-Beaumont est la cruelle et parfaite illustration de la complète faillite morale dans laquelle pataugent les partis institutionnels comme gorets dans leur auge. Une ville complètement laissée à l'abandon socialement et politiquement, un taux de chômage explosif, et un maire en taule pour détournement de fonds : qui, mais franchement qui n'aurait pas l'air "propre" à côté de cet égout ? Le FN tient là un fond de commerce idéal pour brailler son sempiternel "Tous pourris !" et comment s'en étonner ? Ceux qui tenaient la municipalité l'étaient bel et bien, pourris, et tous qui plus est.

Mais là où la ville tient lieu de révélateur de l'état d'une certaine gauche, c'est que précisément, Hénin-Beaumont devrait, ou aurait dû, être un terreau d'action pour des valeurs progressistes. Pour crucifier un patronat avide et arrogant responsable du chômage de masse dans la région, pour briser nette la spirale de corruption de certains élus, pour affirmer des valeurs sociales de solidarité et de restauration des services publics. Les problèmes de Hénin-Beaumont sont des problèmes sociaux et c'est la gauche qui est sensée être porteuse de ces valeurs et doit se donner les moyens de les affirmer. Au lieu de ça, c'est le FN qui menace de rafler la mise sur un programme indigent mais en faisant miroiter la promesse du moins pire. Et ils auraient tort de se priver, puisque tout le monde leur a déroulé le tapis rouge.

Et en face, ne parlons même pas de ce grotesque "Front républicain", qui n'a aucune crédibilité et ne sert qu'à blanchir moralement les propres artisans de la montée de l'extrême-droite. Tous ces gens qui n'ont fait que largement profiter du système municipal et qui tentent de se racheter une virginité en faisant mine de se dresser vent debout contre le "fascisme" ne parviennent, superbe exploit ! qu'à apparaître aussi écoeurants que les gens qu'ils prétendent combattre.

Et la voilà, la faillite, la vraie faillite d'un système politique où tout et tous sont mis à plat, au même niveau d'incompétence et de cupidité à force de patauger dans la même porcherie, à force de ne viser des places d'élus que pour en croquer à mort et par tous les moyens, et ce qui se passe à Hénin-Beaumont est logique. Oui, logique. Puisque quand existe une catégorie de gens qui ne vivent que de et par la politique, qui sont des politiciens professionnels n'ayant aucune autre activité, ils finissent tous, tous et immanquablement, dans des magouilles et des tripotages pour garder leurs précieuses places dans les mairies, dans les Conseils, dans les officines de gestion. C'est tout simplement inévitable. Et c'est précisément ce système de professionalisation de la politique qui ouvre grand les portes à la corruption. Et au final fait le lit du populisme.

jeudi 2 juillet 2009

Matière première

Parce que franchement, entre nous, quand on lit des trucs comme ça :

"C'est de la liberté de chacun qu'il s'agit. À ce titre, aucune interdiction, dans le respect de la durée légale du travail des salariés, ne devrait empêcher l'activité dominicale."

Franchement, rien que ces deux lignes, est-ce que ça ne vous donne pas envie d'en coller l'auteur devant un peloton d'exécution ? Allez, voyons, bien sûr que oui que ça vous a traversé l'esprit. De la même manière que depuis un peu plus de deux ans il vient, et c'est on ne peut plus légitime, des images d'échafaud dressé sur la place publique où des foules enthousiastes assisteraient dans la joie au raccourcissement de tous les gens qui chantent la "libéralisation". Et c'est normal de penser à ça. Ce n'est pas bien, vous êtes de gauche et vous vous en voulez d'avoir de si noires humeurs. Mais c'est normal, rassurez-vous.

Maintenant, on ne peut pas faire de genre de choses, heureusement ou malheureusement selon le point de vue, mais n'entrons pas dans ce débat. Partant, il faut faire preuve de davantage d'imagination si on veut châtier cruellement les troubadours du Joli Marché Qui Rend Heureux. Puisque entendons nous bien, n'est-ce pas : ces gens sont coupables. Coupables de répandre une idéologie mortifère qui saccage des millions de vies. Complices donc des souffrances infligées au nom de la rentabilité et de la valeur-travail à tout prix. Et étant indubitablement coupables de crimes, il doivent donc être punis sévèrement, ce point ne souffrant aucune discussion.

On pourrait par exemple prendre Yves Thréard par la peau du cul pour le coller à une caisse enregistreuse de supermarché à 40 kilomètres de son domicile, en horaires coupés il va sans dire, et le regarder travailler le dimanche. On ferait une vidéo très rigolote qu'on se passerait le soir entre amis pour se détendre.

Ou coincer Rachida Dati dans un HLM en lui octroyant un RSA pour elle et sa fille, ce afin qu'elle médite sur la grandeur et la décadence des courtisanes de nos soi-disant démocraties. On pourrait même faire un geste en lui filant gratos du Valium par poignées qu'elle gobera devant la Nouvelle Star. Et oui, imaginer ce genre de tableau est un enchantement, comme je vous comprend.

Ou faire goûter à un Brice Hortefeux ce qui se passe très précisément quand un tonfa s'abat sur des gencives, histoire qu'il en profite lui aussi, avant de le faire patienter quelques heures aux urgences d'un CHU pendant qu'il pisse le sang mais le service est débordé pour cause de compression de personel.

Ou prendre le Nain himself et lui péter le dos en le faisant creuser des trous toute la journée sur un chantier en compagnie de Kurdes sans-papiers obligés de travailler en France sous peine de renvoi dans leur pays où les attend une mort certaine (scène authentique : j'ai croisé ces gens "en vrai" et entendu le négrier qui s'occupait d'eux dire clairement et à voix haute que c'était ça ou le retour en Turquie où les menaces de morts pour eux ne sont pas que des mots...).

Comme on voit, on pourrait multiplier à l'envie les exemples et faire fleurir l'imagination en se demandant ce qui se passerait si toute cette vermine se mettait tout soudain à vivre au quotidien...et bien, ce que nous vivons. Tout simplement.

Parce que ces gens ne travaillent pas le Dimanche, eux. Ni eux, ni les éditorialistes du Figaro, ni les expats blogueurs qui tancent la feignantise de leurs compatriotes, ni d'une manière générale tous les geignards qui pleurent sur la paresse de ces chiens de français. Eux n'auront pas à être astreints à la "liberté" de travailler le Dimanche.

À ce stade, vous ne ressentez même plus de la "colère", et encore moins de "l'indignation" devant la morgue de cette minorité de parasites arrogants. Vous ressentez de la haine, ce qui non seulement est là aussi normal ;
Mais ce qui est surtout très bien.

Il faut laisser s'épanouir ce sentiment, je ne me lasserai jamais de le redire. Il faut le laisser se cristalliser lentement pour le transformer en petite bille noire, dure comme le diamant, qui sera utilisée comme intarissable source d'énergie.

Je sais que vous n'en êtes pas encore pleinement convaincus ; vous avez de bien curieux scrupules, face à des gens qui ne veulent que vous marcher sur la gueule. Mais je suis confiant :

Ils font tout pour que vous y veniez tôt ou tard.


mercredi 1 juillet 2009

The man you love to hate

- Bonjour CSP.

- Bonjour Thierry.

- CSP, tu es incontestablement le Meilleur Blogueur De Gauche, et personne n'est à la hauteur pour te disputer le titre, c'est un fait avéré.

- Tu m'étonne, Elton.

- D'où t'es venue cette idée d'une auto-interview ?

- On n'est jamais si bien servi que par soi-même. Et comme personne ne me demande mon avis, je le donne. En plus, c'est mon blog et je fais ce que je veux. Na.

- Comme je te comprends. Mais parlons politique, d'accord ? Et d'abord la nouvelle du jour : cette possibilité d'alliance PG/NPA qui ébouillante bien des esprits. Qu'a tu à répondre aux dizaines de milliers de lecteurs quotidiens qui ne vivent que dans l'espoir de tes billets qui sont la seule lueur qui éclaire leur vie de souffrance ?

- Ce qui me frappe, tout d'abord, c'est de sentir le nombre de personnes qui se réjouissent d'avance de me prendre en défaut là-dessus. Les pauvres. Je les imagine en train de se frotter les mains en jubilant "Hi hi hi, le voilà bien attrapé ce gros sectaire, et toc ! Comment va t-il pouvoir justifier son sectarisme à présent" et blablabla. Tss. J'ai un peu plus de ressource que ça, tout de même. C'est quoi, cette affaire ? Mélenchon se rend compte que le PC va le lâcher aux régionales pour se ruer dans les gros bras mous du P"S", alors il se tourne vers nous puisqu'il sait que tout seul, le PG n'est rien. Du coup, on pose nos conditions, et si, je dis bien si, ça se passe comme nous on le veut, alors ouais, on fera liste commune. C'est d'ailleurs comme ça que j'ai toujours vu "l'unitééééé", moi : à nos conditions. Sinon : non. Ah ah.

- C'est lumineux. Pourtant, c'est pas comme ça que c'est présenté dans les médias qui mentent.

- Tu veux parler du canard de merde de Philippe Cohen ? Ben c'est normal : c'est un canard de merde et ceux qui écrivent dedans sont des jean-foutre. Et quand on lit l'article de Libé, on trouve quoi ? Ça :

"A condition, insiste le porte-parole du NPA, d’accorder leurs violons sur «des bases clairement indépendantes du PS» et de «conclure un accord national, pas à géométrie variable». Et, enfin, de mutualiser ses forces, pas de les fusionner. "

Ben ouais : on est toujours aussi cons.

- Moui, mais on va te dire que c'est de la politique politicienne et que faut faire l'unitéatoupri gnagnagna, non ?

- Ouais. Et ? Depuis quand on est des anges, steuplé ? 'Tain, c'est pas vrai ça, on fait de la politique là, on est pas en train de vivre au pays des bisounours où on va tous devenir une chouette bande de copains en faisant une ronde, chié à la fin. Putain, le niveau de conscience politique est en chute libre depuis des années et c'est pas beau à voir, grr.

- Justement, justement, à ce propos, on dit que CSP n'aime pas les gens, que répond tu à celà ?

- Nan, c'est pas comme ça que ça se pose. C'est pas que j'aime pas "les gens", si tant est que ça signifie quelque chose, "les gens" : en revanche, je déteste ce que la société capitaliste fait d'eux, à savoir : des crétins incultes et individualistes jusqu'au vertige, qui se consolent de leur vie de consommateurs aliénés en croyant qu'ils ont des amis sur Facebook. La dépolitisation de masse, c'est-à-dire le désintérêt de la chose publique par ceux-même qui devraient s'y impliquer le plus est le moyen par excellence que rien ne change. D'où l'encouragement des "élites" au peuple à ce qu'il ne s'intéresse surtout pas à ce qui le regarde, pour qu'ils puissent rester entre eux. Ensuite, ça, c'est l'analyse rationnelle qu'on peut en tirer ; mais ça te crispe pas, toi, tous ces gens qui te disent que gnapolitik gnaminteressepa lol, à force ?

- Mais quand on est de gauche, on aime les gens, non ?

- Et t'as vu ça, où, pauvre noeud ? Et quand on est communiste, on veut le bonheur universel pour toute l'humanité, aussi ? Non mais je rêve, là ! Mais par les poils de cul de Lénine, c'est ça qui nous plombe depuis des années, ce truc ! "De gauche = gentil". Non. Non non non et NON ! Quand on est de gauche, on est pas gentil. On veut pas le bien de tout le monde. On veut pas faire des bisous et que tout le monde se tienne la main dans un grand élan fraternel de mon cul. Quand on est de gauche, on comprend qu'il y a d'un côté les dominants, et de l'autre les dominés, et que jamais, jamais, il ne pourra y avoir de compromis entre ces deux camps. Ja. Mais. Et au moment où on parle, un camp écrase l'autre, cherche pas plus loin, c'est comme ça que ça se passe. Et la seule solution pour que ça change, c'est faire en sorte que non seulement, ça s'inverse, mais qu'en plus on mette en place les structures politiques et économiques pour que ça n'arrive plus jamais, la mainmise d'une poignée de nantis sur la majorité. Et quand je pense qu'il y en a encore qui pensent que ça va se faire gentiment, je...bref. Ils dominent. Ils ont tous les pouvoirs. Qui peut penser qu'il l'abandonneront si on le leur demande poliment ? Et ouais, en effet, y a des chance qu'il faille les forcer à le faire. Et ils voudront pas. Et il faudra insister. Et pour avoir les moyens d'insister, faudra avoir le rapport de forces pour. Ceux qui pensent autrement sont des niais.

- Et que dis tu à ceux qui pensent que cette vision serait par trop manichéenne et que les choses sont plus complexes ?

- Je les encule.

- Tout en finesse, donc.

- Hein ?

- Ben ouais, le tact, quoi...

- Le quoi ? Attend, c'est toi qui parle de...finesse ?

- Heu, ouais, quand même, bon, parce que...

- Et toi, tu es plein de tact et de finesse quand tu dis à, tu sais, cette jeune femme là, la semaine dernière, c'était quoi déjà ? "Ce n'est qu'une question de temps mais te fais pas d'illusions : un jour on fera du sexe ensemble" ? T'es le dernier romantique, toi, dis-moi.

- Putain, attend, c'est pas comme ça, y avait un contexte !

- Hun hun.

- En plus, mais je la connais depuis des années, et, bon, mais, en plus c'est ces trucs là où on se tourne autour sans se le dire mais tout le monde a connu ça mais pourquoi je me justifie, moi ?

- Gniark gniark.

- Tu me fais passer pour, pour, je sais pas quoi, là.

- Pour un type qui ne s'intéresse qu'à la politique et au cul ? C'est vrai que c'est complètement pas toi, ça...

- Ok...bon, je suppose que ce genre d'exercice d'auto-satisfaction narcissique consistant à faire semblant de t'auto-interviewer va encore déchaîner des torrents de conneries dans les commentaires de ton blog, et que tu le sais,non ? Ouais, tu le sais, la façon dont tu souris dis tout.

- Vu que dernièrement les comms ont pris une tournure parfois particulièrement violente, je tiens à assurer les post-staliniens dépressifs, les puceaux libertariens, les groupies de Dieudonné, les sarkozystes hystériques et autres réacosphéristes à roulettes qui en sont les auteurs que eux aussi, je les encule. Et les assure de mon plus parfait mépris, aussi, il allait sans dire. Sinon, t'a pas maigri, toi ?

- Si, un peu. Et pour finir, CSP et la culture, toussa ?

- T'as raison, faut finir sur un supplément d'âme, ça fait smart. Se cultiver, c'est important. Et je suis sérieux. Ensuite, je refuse catégoriquement de faire étalage de mes lectures comme certains. Rien, absolument rien de plus vulgaire que ces gens, peu importe leur bord politique, qui n'en finissent pas d'étaler leur cuistrerie littéraire pour se faire passer pour des intellectuels. Qu'on aime les livres est une chose, et c'est mon cas. Qu'on prenne prétexte de ce noble goût pour se faire mousser en public, virtuel ou réel, est proprement dégoûtant.

- Un bouquin à recommander pour l'été, tout de même ?

- World War Z, de Max Brooks. Le meilleur truc que j'ai lu cette année, les témoignages, fictifs mais terriblement réalistes, des survivants après la guerre mondiale contre l'épidémie globale de zombies qui a dévasté l'humanité. Un grand livre, vraiment.

- Et bien merci CSP, bon, chais pas, on fait quoi, là ?

- On va voir Transformers 2 ? Ça déchire, y paraît.

- Avec Megan Fox en mini-short ? tu m'étonne qu'on y va.


mardi 30 juin 2009

I, zombie



Zoé est une djeun'z qui n'en veut. Elle boit son café la matin à la cafèt' avant d'aller à l'usine à larves Sup de Co où elle rencontrera tous ses amis qui sont des pauvres petites merdes libérales dans son genre. Zoé a très hâte d'assister au prochain cours de gestion de ressources humaines, "Le salarié est-il un véritable être humain ?", elle pense que ça va beaucoup lui apporter. Zoé est vraiment très heureuse et s'épanouit pleinement au milieu des rats de son espèce qui, comme elle, ont la saine et glorieuse ambition de devenir Managers. Elle sait que ça ne sera pas facile et qu'en plus en tant que femme, elle devra fournir deux fois plus de boulot que ses collègues masculins et faire preuve d'encore plus de soumission servile à sa direction que les autres cadres. Mais ça ne fait pas peur à Zoé, puisque dès son plus jeune âge, elle a été consciencieusement lobotomisée par des décennies de propagande et répète désormais comme un perroquet hystérique tous les poncifs jeanmichelapathesque sur les fonctionnaires et les déficits publics. Zoé est un zombie au cerveau détruit et elle ne s'en porte pas plus mal. Zoé est formatée pour devenir un rouage d'une grande machine à faire du pognon et elle adore ça. Zoé sait que pour devenir un Manageur efficace et bien vu de son patron, elle devra faire tous les jours preuve de sa parfaite incompétence et exceller dans l'art du harcèlement moral de ses subordonnés. Zoé a envie de relever ce challenge, puisque tout est challenge dans la vie, comme on le lui répète depuis des années dans le milieu d'abrutis cupides qui est le sien. Zoé est un petit soldat du libéralisme et elle a vaguement conscience que comme tous les soldats, elle peut devenir sacrifiable du jour au lendemain. Quand elle se pose trop de questions, Zoé s'enfile un ou deux Lexomil et téléphone à Philippe, son boyfriend, qu'elle ne voit pas beaucoup. Il est responsable de l'antenne locale des Jeunes Pop, c'est un garçon très occupé. Il est très gentil mais parle un peu trop de politique. Et la politique, Zoé n'en fait pas, ça l'embête. Zoé pense à avoir des enfants, mais elle veut faire passer sa carrière d'abord. Et puis au prix où sont les crèches, peut-être que sa future boîte aura sa propre nurserie cela dit. On verra.

Dans quelques années, Zoé sera un manager craint et respecté. Elle aura été obligé de raccourcir - un peu - ses jupes et de changer plusieurs fois de coiffure, parce dans l'entreprise toutes les armes sont permises et la séduction en est une. Zoé travaillera comme une folle et ne se plaindra jamais. Jamais. En public en tout cas. Elle est passée à quatre Valium par jour, mais sniffe un peu de coke de temps en temps histoire de se booster. Zoé cherche à concilier féminité et productivité, disponibilité au boulot et vie de famille, horaires à géométrie variable et cours de step. Zoé est cramée a même pas 34 ans. Zoé ne le sait pas encore, mais elle est en train de faire une dépression. Une vraie. Une grave, bien rampante, qui soit va lui exploser à la tronche au moment de la quarantaine, soit la grignoter lentement mais sûrement jusqu'au point de non retour. Et ce sera bien fait pour la gueule à Zoé.

Et quand Zoé se réveillera un matin en étant incapable de se lever, je te jure je sais pas ce que j'ai je ne peux pas me lever, et qu'elle passera son temps à pleurer sans pouvoir s'arrêter en ne comprenant pas ce qui lui arrive j'ai tout pour être heureuse merde, quand elle sera obligée de poser un congé maladie longue durée pour se faire soigner dans une maison de repos privée à ses frais, peut-être, peut-être, que Zoé repensera à ce matin dans la cafèt', avec son café, quand tout le monde lui disait qu'elle était l'avenir et elle ne comprendra pas, ne comprendra vraiment pas, ce qui a pu déconner à ce point.

lundi 29 juin 2009

Équilibre

C'est une vive émotion qui s'est emparée des forces démocratiques à l'annonce d'un coup d'État au Honduras. De partout s'élèvent des voix indignées pour réclamer d'urgence le retour à l'état de droit et pour que le nouveau régime, lourdement suspecté d'illégitimité et dont l'emploi de la force pour parvenir au pouvoir a vivement choqué les pays occidentaux, respecte le processus démocratique. Ainsi, Bernard Henri-Levy, jamais le dernier lorsqu'il s'agit de s'étrangler d'indignation devant les souffrances d'une population bafouée, a t-il vigoureusement posté deux vidéos sur Dailymotion, l'une en français incompréhensible et l'autre dans un espagnol qu'on qualifiera de hâtif, pour soutenir le peuple du Honduras. Alain Finkielkraut à bafouillé sur France-Inter sa colère devant ce déni de démocratie et tracé dans la foulée un vibrant parallèle avec la loi Hadopi, sur et certain qu'il est que "La clique oligarchique qui s'est emparée du pouvoir au Honduras aurait été contre la loi Hadopi, puisque tel est le lot commun de tous les poujadismes qu'ils soient de droite ou de gauche", avant de s'effondrer en sanglots confus. Alexandre Adler dans le Figaro n'a pas de mots assez durs pour : "Un régime rétrograde ne souhaitant que revenir par la force sur la sincère volonté de changement exprimée par les urnes, et l'on se demande bien pourquoi l'ONU n'envoie pas des casques bleus pour veiller au respect des institutions", suivi par un Ivan Rioufol déchaîné se contenant à grand'peine, tançant "le laxisme de nos démocraties essoufflées qui laissent se passer dans des pays lointains ce qui serait inadmissible si ça arrivait chez des gens qui sont nos amis à nous, d'ailleurs les lecteurs de mon blog sont tous d'accord avec moi, c'est dire si la France doit réagir et promptement".

On le voit, nos intellectuels ne mâchent pas leurs mots.

L'émoi s'est également emparé de la blogosphère, où ses acteurs les plus influents se sont empressés de soutenir la démocratie bafouée et les droits de l'homme en en parlant sur Twitter. Un groupe Facebook a immédiatement été mis en place, "Pour le respect de la légitimité populaire au Honduras, lol ptdr", qui compte déjà 12 friends, mdr. Le site de Marianne2.fr ne devrait pas tarder à publier des articles de blogueurs en vue qui analyseront la situation avec acuité en présentant également l'avantage de le faire gratos, puisque à quoi bon payer des pigistes quand des neuneus font le même boulot pour rien, franchement ?

Quant aux politiques, ils se sont évidemment dressés vent debout devant les terribles évènements. Le président Sarkozy le premier à condamné "un régime ne s'appuyant que sur une oligarchie de l'argent particulièrement réactionnaire et ne tenant aucun compte des souffrances de la population. Une démocratie digne de ce nom, ce n'est pas ça. Ce n'est pas comme ça que ça marche et je sais que les Français seront d'accord avec ce discours de vérité". Jean-François Kahn du Modem a agité très fort ses petits bras dodus en tempêtant des choses incompréhensibles, mais on voyait bien qu'il était tout vénère. François Hollande, plus sobre, s'est contenté d'un "Heu...je crois que c'est pas bien mais il faudra demander leur avis aux militants, d'abord". D'une manière générale, l'indignation est à son comble, comme on voit.

Les JT nationaux ont d'emblée prévu de consacrer la moitié des 20h à la situation au Honduras, Nonce Paolini s'étant vigoureusement exprimé hier soir : "Au vu de la tragédie en cours dans un pays qui devient de fait l'emblème du combat pour la démocratie, TF1 ne saurait rester indifférent. C'est pourquoi nous inviteront des experts très très savants qui expliqueront les enjeux géopolitiques de l'Amérique Latine en 30 secondes chacun, mais nous sauront également respecter les autres urgences de l'information en consacrant l'autre moitié du Journal à l'autopsie de Mickaël Jackson. Avec des gros plans". Serge Moati a exprimé son désir de consacrer tout un Ripostes à la nouvelle gauche américo-latine et puis s'est souvenu qu'il n'avait plus d'émission. Ce sera donc Yves Calvi qui s'y collera, avec un panel d'invités triés sur le volet et tous de droite.

Comme on le voit, ce n'est pas parce qu'il se passe des choses dans un pays vachement loin qu'il faut y être indifférent. Nous vivons fort heureusement dans une chouette démocratie super sympa où les principaux leaders d'opinion savent faire preuve de raison et de tact dans leur traitement des questions les plus graves. Et ça, ben c'est pas dans certain pays du Moyen-Orient qu'on le verrait, ça non alors.

dimanche 28 juin 2009

Tri selectif

Si il y a bien eu une bonne chose à tirer de la campagne des européennes, c'est qu'enfin on a pu mesurer la bulle de malveillance médiatique qui nous entoure ; on était bien conscients que le traitement relativement confortable dont bénéficiait notre porte-parole national ne durerait certes pas, on est désormais assurés d'un tir de barrage systématique dans les médias (qui mentent) dès qu'on remuera un orteil. Au moins, les choses se sont clarifiées et ce n'est pas plus mal. On peut dès lors espérer que les relations que nous entretenions avec certains journalistes vont être vues désormais d'un oeil nouveau, et qu'on pourra se poser la question de la pertinence de continuer à entretenir des relations avec certains d'entre eux.

Ainsi, Sylvia Zappi.

Qui saute sur l'éloignement d'une poignée de gens du NPA pour rédiger une crotte fielleuse - curieusement nommée "article" - où elle donne longuement et complaisamment la parole à une personne qui peut déballer ses "déceptions" et autres états d'âmes sans risquer le moins du monde d'être contredit, y compris par la réalité. Mais on sait que Sylvia Zappi est désormais coutumière de ce genre de procédés, puisque dès qu'il s'agit de taper sur le NPA, tout est bon, y compris monter en épingle de l'anecdotique et focaliser sur un ou deux mécontents, quand on ne fait pas purement et simplement dans le mensonge éhonté comme le premier Christian Picquet venu.

Au fait, à combien de personnes en tout se monte cette effrayante hémorragie ?
"quatre démissions de membres du conseil politique national"
Et ?
"huit militants de Clermont-Ferrand".
12, quoi.
Sur ? 9000, 10000 militants ?

On voit donc bien tout l'intérêt d'une Sylvia Zappi pour qui la seule chose qui importe c'est critiquer le "sectarisme" du NPA, à tout prix et de toutes les façons, histoire de pouvoir encore meugler "UNITÉÉÉÉÉÉ !!!!" et en ne donnant systématiquement la parole qu'à un ou deux pékins, toujours les mêmes, et en mettant toujours soigneusement de côté la bagatelle des milliers de gens qui ne sont pas "déçus" et continuent de soutenir le processus NPA. Mais ça, c'est la réalité, et la réalité, ça n'intéresse pas Sylvia Zappi.

Et nous sommes quelques uns à commencer de penser qu'il va bien falloir un jour arrêter de faire bisou-bisou avec des gens qui ne nous aiment pas et ne se privent pas de l'exprimer.
Il m'est souvenir d'avoir aperçu Sylvia Zappi à l'Université d'été de 2007, et déjà à l'époque elle ne se privait pas de critiquer l'orientation de la Ligue, ce en quoi elle avait parfaitement le droit par ailleurs. Hors, depuis lors, tous, absolument tous les articles - de merde - qu'elle pond sur nous, consistent à joyeusement nous chier dans les bottes en ne donnant la parole qu'à ceux, ultra-minoritaires et représentatifs de rien, qui ont des aigreurs à débonder. Et le procédé commence à lasser quelque peu...

Qu'elle ne soit pas d'accord avec nous et le dise, fort bien.

Mais encore une fois, ce n'est peut-être pas non plus la peine de la réinviter à nos boums.

Parce que c'est déja assez compliqué comme ça sans qu'on accueille à bras ouverts des gens qui ne nous veulent aucun bien, sans déconner.

Non, vous n'y couperez pas

Et à quoi ? Mais aux commentaires tout en nuance, tact, finesse et profondeur du Figaro.fr sur la Gay Pride, pardi ! Et là, comme toujours dés qu'est abordé le sujet-qui-fâche-encore par excellence qu'est l'homosexualité, c'est un véritable jaillissement de l'esprit qu'on découvre avec enchantement. Vous connaissez la procédure, attachez vos ceintures c'est parti, youhou :

"Une société homosexuelle est une société en dérive, sans futur et sans repères!"

"Je préfère voir une femme avec la burka que des hommes en froufrous et plumes roses "

"pourquoi nous imposent ils leurs vision du monde ?"

"Des canons à eau auraient eu vite fait de disperser joyeusement tous ces exhibiTionnistes"

"La nature a façonné l'homme et la femme pour vivre ensemble et se perpétuer"

"Exhibitionisme malsain"

"je ne vois pas la nécessité de faire toutes ces manifestations! "

"Veut on en faire une norme sociale ???"

"Ils sont fiers de leur immaturité, les pauvres... "

"je suis atteint d'une très grave maladie incurable depuis un an , s'il était possible d'échanger mon état en devenant homo , je garde ma maladie"

"Il y en a assez de ces gay pride qui sentent le communautarisme à plein nez !"

"tolerer les parades provocatrices des homosexuels et lesbiennes dans la rue,dans les écoles , la politique ,les églises c'est la preuve de l'acceptation de la décadence d'une société . Faites ça en silence chez vous ."

"Et la Hétéropride c'est quand ? "

"Je ne comprends pas la finalité de ce défilé; les personnes sont-elles pourchassées, persécutées en France?"

"Heureusement que les hétéros sont là pour la reproduction de la race humaine. "

"S'il n'y avait pas eu des hommes et des femme ordinaires pour faire des enfants, seriez-vous là aujourd'hui ?"

"Que les gays mettent en veilleuse leurs libido, pas la peine de faire une parade comme les coqs quand ils sont sur un tas de fumier !!"

"Rappelez vous que l'Empire Romain, très puissant, a sombré dans la pornographie et la pédérastie."

"Je suis convaincu de la complémentarité homme et femme, de la nécessité du mariage pour notre société et j'espère pour tous les enfants de la terre une famille unie avec un père et une mère."

"N'avons nous pas le droit de préserver nos enfants de telles abominations ?!"

Blablabla.

Oui. Je sais. C'est céder à une certaine facilité pour ne pas dire une facilité certaine. C'est d'une mauvaise foi en tungstène. C'est prendre l'opinion d'une minorité et la monter en épingle avec gourmandise. Voui. Je sais tout ça. Mais tout de même, franchement, quand on voit d'aussi splendides spécimens de sombre abrutissement, quand on voit de pareils joyaux étincelants de noire connerie, quand on fait l'effort de se demander ce qui peut se passer dans les cerveaux goût bulgare de ceux qui écrivent ça...
N'est-ce pas quelque peu tentant, tout de même ?

On notera toutefois un incontestable progrès dans l'évolution des mentalités : les rabougris très à droite n'exigent plus qu'on foute les pédés dans des camps, on en est plus là ; prenant acte de l'existence persistante du phénomène, ils ont semble t-il fini par se résigner et font même mine de faire semblant d'accepter ces erreurs de la nature. Cependant, et c'est le fil rouge qui traverse nombre de commentaires, ils n'ont rien contre les homossessuels, hein. La preuve, ils en connaissent un qui est très gentil. Vous voyez bien. C'est juste que ce n'est pas la peine de s'exhiber comme ça, n'est-ce pas, il y a des enfants. Ils pourraient tout de même se faire plus discrets et puis de quoi se plaignent-ils, on est pas en Iran !

D'une homophobie frontale et décomplexée, on est passé, évolution des mentalités oblige, à une homophobie indirecte qui aimerait bien que tout "ces gens-là" ne la ramènent pas et se cachent pour faire leurs cochonneries. Argumentaire se déployant en deux dimensions :

- l'homosexualité est désormais totalement acceptée, et il n'y a donc aucune raison de manifester une visibilité ostentatoire ;

- De quoi se plaignent ces gens puisque dans d'autres pays on les condamne à mort, ils devraient y penser avant de revendiquer quoi que ce soit.

Sauf que si par rapport à il y a mettons 30 ans d'indéniables progrès ont été faits, on entend pas parler de personnes se faisant casser la gueule ou virer de leur boulot pour hétérosexualité...
Quant à l'argument réactionnaire classique du "c'est pire ailleurs", il peut également servir pour ceux qui réclament des augmentations de salaires en invoquant les intrépides chinois qui travaillent sans se plaindre pour un bol de riz, eux. Comme finalement ce doit être confortable de vivre ainsi la nuque éternellement courbée en poussant l'aliénation jusqu'à prendre la défense de ceux qui vous écrasent...Enfin, confortable si on rêve d'une vie de cancrelat, il va sans dire.

Ensuite, d'un autre côté, on peut se poser des questions sur ce qu'est effectivement devenu la Gay pride, de manif outrancière et assumée comme telle pour revendiquer l'égalité des droits à parade consuméristo-festive célébrant un hédonisme complètement dépolitisé ; ainsi que sur le conformisme frontal d'une "communauté" gay devenue l'avant-garde éclairée de la société de consommation. De ce point de vue, il est surprenant qu'une minorité de militants conscientisés puissent encore considérer l'homosexualité relevant d'une quelconque "subversion" : cette grille de lecture reprenant les analyses datant des années 70 semble pour le moins obsolète puisque n'ayant rigoureusement aucune réalité effective : il n'y a absolument rien de "subversif" pour l'ordre établi à être gay, puisque comme dit dans le billet précédent, on peut être homo et con comme une huître, c'est à dire de droite. Et pour les initiés, oui, en effet, je parle de ce tract illisible et amphigourique du NPA que pour ma part je n'ai pas distribué, parce que quatre patés de textes incompréhensibles rédigés dans un langage nécessitant Bac+12, désolé mais de mon côté, hors de question que je diffe ce genre de kouglof.

Commençons donc à rédiger des propositions lisibles, et qui sait ? Peut-être qu'un jour, les présidents d'Act-Up voteront pour nous plutôt que pour Cohn-Bendit...


samedi 27 juin 2009

Gay et cons


Comme quoi, on peut être homo et parfaitement abruti, hein. Sincèrement, vous pensez qu'ils sont conscients de servir de caution à peine tolérée dans leur propre parti, histoire de ripoliner la droite avec du sociétal ? Oui, certainement que quelques uns en sont conscients, forcément, et d'autres sont vraiment idiots. L'UMP, le parti qui défend les libertés individuelles et émancipe les opprimés, nan, sans déconner, faut avoir sniffé beaucoup trop de poppers pour en arriver là. Tss. Tiens, ça me rappele quand j'étais bénévole à Aides, dans une autre vie. Le mec qui répondait à Sida Info Service de 19 à 23 heures le lundi, y avait des chances que ce soit ma pomme, à l'époque. Et bon, même si d'une manière générale tout le mode était très gentil, c'est quand même la première fois que j'ai rencontré des homos parfaitement obtus et réactionnaires à faire pleurer Ivan Rioufol. De drouate et très contents. À fond pour le sécuritaire et pour l'homoparentalité. Révoltés par les ratonnades homophobes et voulant foutre les sans-papiers dans des charters le plus vite possible. Prêt à faire toutes les marches possibles pour défendre leurs droits et crachant à longueur de temps sur les fonctionnaires. Des gens proprement insupportables, en somme. Et qui vont défiler cet aprèm', forcément.

Ne reste qu'à souhaiter qu'Act-Up les fasse encore bien chier cette année, tiens.

Avis de décès


Ah non là, ils sont vraiment morts.
Tant mieux.

vendredi 26 juin 2009

God is dead. And no one cares

Ce n'est pas que j'ai quoi que ce soit contre Michael Jackson. Ni pour par ailleurs, en vérité, je m'en contrefous un petit peu. Il est mort et c'est certes un drame humain - auquel nul d'entre nous n'échappera, c'est notre inéluctable destin biologique - mais bon, voilà. That's life.
En revanche, ce qui atterre dès qu'on apprend la nouvelle, c'est immédiatement on se dit que pendant une bonne semaine, minimum, on va en bouffer à toutes les sauces jusqu'à la nausée, du King of Pop.

Reprenons la recette du gavage dans l'ordre :

- Il était célèbre. Il est mort. Rien que ça, c'est la saturation assurée, puisque le célébrissime défunt était en plus encore en activité dans son domaine, contrairement à une Farah Fawcett qui s'est éteinte bien plus discrètement puisque plus sous les feux de la rampe depuis quelques lustres. Passer d'une relative actualité d'être vivant mondialement connu à celui de décédé vous assure d'une couverture planétaire immédiate dans un phénomène d'emballement médiatique où tout le monde va pouvoir se lâcher dans le sordide larmoyant. Parce que qui plus est :

- Il est mort mais brusquement. Pouf, comme ça, d'un coup d'un seul, sans prévenir. Et ça, c'est bon coco, parce que c'est du drame. C'est du trauma assuré, c'est de l'électrochoc qui va faire vendre du papier, de la part de marché, du Very Best Of par pelletées entières. La soudaineté de l'évènement crée la storysation et propulse d'emblée au rang de martyr de la Culture marchande. Si MJ avait été atteint notoirement d'une longue maladie et avait passé des années à agoniser lentement, nul doute qu'on en aurait pas fait toute une histoire. Mais en ce moment, l'équation : Célèbre + Bankable x Mort (Brutale) = Rentable² va trouver une application fulgurante. Marchandise de son vivant, la mort lui donne le plus produit qui va booster les ventes à des hauteurs stratosphériques, et soyons assurés que la première chose que bien des journalistes et autres publicitaires ont pensé, ce fut que passer à côté d'une pareille aubaine pour se remplir les fouilles est tout simplement impensable, puisque de toutes façons tout le monde va faire pareil.

- Qui plus est, il se dégageait un fort parfum de scandale du personnage, à coup d'accusations plus ou moins sordides dont peut-être certaines n'étaient pas toutes infondées. MJ est décidément une sorte de mort parfait puisque réunissant l'ensemble des qualités qu'on est en droit d'espérer du cadavre de star. Une forte odeur de soufre est l'ingrédient suprême qui rehaussera le fumet des hommages en cours, et nul ne peut prétendre à la gloire post-mortem sans cela. Le scandale, ça fait vendre, coco.

Au delà de l'évènement en soi, qui n'est pas spécifiquement intéressant, ce qui est actuellement en cours, c'est le processus de fabrication d'un nouveau dieu de la "culture" occidentale - puisque n'existent d'icônes que venant de cette partie du monde, impérialisme culturel oblige - qui va rejoindre le panthéon des idoles révérées pour des décennies et dont la célébrité en soi va occulter l'oeuvre crée de son vivant. Combien de gens ont vu un film avec Marilyn Monroe ou James Dean ? Et à la limite ce n'est même pas la peine, l'aura dont ils sont ceints étant une qualité se suffisant à elle même. Héros modernes présentant de plus le considérable intérêt d'être parfaitement dépolitisés - pas de polémiques sérieuses à redouter et installation d'un consensus qui sied tellement bien à cette époque obsédée par le refus du conflit...-, la médiatisation outrancière crée un culte certes profane dans son expression vulgaire, mais dont la dimension véritablement religieuse n'est nullement absente, loin de là. Ne plus croire à rien, absolument rien, sauf à un chanteur mort ? C'est mine de rien un pan entier de la mentalité occidentale moderne qui se dévoile ici.

Cela dit, c'est encore une occasion où je me félicite de ne pas avoir la télévision...

jeudi 25 juin 2009

Soldes


Jamais, au grand jamais, on ne dira assez de mal de ce qu'à produit la mitterrandie. Du neveu renégat et fier de l'être à Jacques Attali, de Laurent Joffrin à Martine Aubry, effroyablement longue est la triste et pénible liste de rejetons directs ou indirects de la crapule aux dents limées. Et personne n'oubliera que c'est grâce à cette enflure que la gauche est dans l'état où elle est actuellement. Comment s'étonner que ce sont précisément ceux qui ont été les plus proches de ce régime qui n'a eu de socialiste que le nom qui ont été les premiers à rejoindre Sarkozy en frétillant du croupion ? Habitués depuis des décennies à se briser l'échine à force de courbettes, les laquais qui dans d'autres temps ahanaient à Solutré pour se faire bien voir du monarque se jettent sans honte aucune aux pieds de la droite sans même que ça leur pose question une seule seconde. Les Lang, Kouchner, Attali encore lui, Rocard, tous ces sinistres sycophantes abrutis de gloriole sont au delà de tout dégoûts. Regarder s'avilir ces cloportes avec autant d'enthousiasme les exclut de fait de l'espèce humaine et partant du respect qui ne leur est plus dû.

Et pendant ce temps là, au Parti "Socialiste", on fait quoi ? On cherche des idées...

Oh les cons.

Il est temps, plus que temps, d'en finir avec cette bouillabaisse. Le P"S" a un genou à terre : il faut lui faire mettre les deux. Ce parti représente le principal obstacle à la refondation d'une gauche digne de ce nom. Tant qu'il disposera de sa capacité de nuisance et de la possibilité d'apparaître comme force "d'opposition", il sera en travers de notre chemin et fera tout pour préserver les privilèges des ses inutiles et grotesques apparatchiks. Il faut profiter, maintenant, au moment où j'écris ces lignes, de l'état de faiblesse et de désorganisation de ce parti pour l'enfoncer encore davantage. C'est tirer sur une ambulance ? Ouais, parfaitement, avec plaisir et au canon de 20 mm. Sans avoir la prétention de pouvoir l'achever à nous seuls, on peut encore l'affaiblir.

Et en plus, c'est un job qu'on pourra faire avec plaisir.

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