Bobos
"Bobos", c'est ce que le réac sortira pour opposer sa vision à lui - en connexion concrète avec le vrai pays réel des vrais gens de la vraie profonde France, en tout cas il le croit très fort - à celle du droidlhommiste irréaliste et niais et dangereux dans sa mièvrerie tant il est pas en phase avec le vrai pays réel des vrais gens. Le découpage, parfaitement spécieux et ne reposant sur rien d'un tant soit peu tangible, entre une droite proche du peuple (rires) et une gauche cultureuse et prétentieuse à la ramasse, est bien plus que l'injure facile du droitard qui n'a rien à dire : c'est le pivot de la démagogie poujadiste qui veut faire croire qu'elle sait mieux que tout le monde ce que vivent et pensent "les gens". En ayant colonisé les imaginaires à force de trente années de propagande néolibérale et de haine de la fonction publique, la droite à façonné un conscient collectif dont elle peut s'emparer ensuite pour dire : vous voyez bien ! Nous, on est en phase grave avec le peuple profond ! C'est pourquoi il faut poursuivre les réformes blablabla, logorrhée habituelle qui assène à coups de tractopelle les trois pauvres "idées" qui tournent en rond dans les cervelles en ruines de l'électorat de droite et se ses bouffons médiatiques.
Et là, il faut clairement arrêter la plaisanterie.
En phase avec le "peuple", des Eric Zemmour ou des Ivan Rioufol, prisonniers des leurs propres obsessions névrotiques identitaires et incapables de sortir de leur incurable ringardise passéiste ?
En phase avec le "peuple", un Nicolas Sarkozy et son gouvernement vendu au MEDEF, tous issus de la bourgeoisie ricanante qui hait la populace plus que tout et ne connaît d'autre maître que l'argent ?
En phase avec le "peuple", les macaques de cette farce nommée "réacosphère", théorie de singes hurleurs en décompensation permanente qui tremblent devant des hordes besancenobenladistes qui n'existent que dans leurs cervelles aussi pétillantes que de la salade cuite ?
Soyons un peu sérieux.
La construction idéologique qui sert de socle à la droite pour critiquer la gauche est une non-réalité. Un fantasme dont elle a un crucial besoin afin de se conforter dans l'idée qu'elle se fait d'elle même et de désigner un adversaire néfaste et décrédibilisé pour pouvoir dire et se dire : nous, on est pas des bobos - parisianistes, snobs, cultivés donc prétentieux donc pas proches des "gens", nous, on vit dans la vraie vérité des vraies choses.
Sauf qu'on aimerait bien savoir en quoi ces imbéciles vivraient davantage dans le monde réel que leurs opposants. Faire des blagues sur les fonctionnaires en rouspétant qu'on paie trop d'impôts tout en prétendant qu'on est pas raciste mais, ce n'est pas une théorie politique : ce sont des propos de piliers de bistrots défoncés au 51. Que cette diarrhée verbale de beaufs ait fini par devenir le marteau idéologique de la droite pour enfoncer tous les clous quels qu'ils soient en dit fort long sur son projet de société : fabriquer des cons abrutis par TF1 qui vont vagir des aigreurs d'aliénés leurs tristes et inutiles vies durant, pendant qu'une bourgeoisie satisfaite les enculera jusqu'au trognon. La baisse de niveau intellectuel et la destruction de toute velléité d'esprit critique n'est pas seulement une conséquence du lavage de cerveau généralisé à force de télé-réalité et de JT de Jean-Pierre Pernaut : c'est le préalable indispensable à l'exercice de la domination.
D'où l'absolue nécessité de jeter le discrédit sur tout ce qui prétend "réfléchir" - haine de la culture et moqueries acerbes envers ceux qui ne seraient pas en accord parfait avec l'idéologie dominante - afin d'installer dans les consciences l'évidence d'une nécessité de ne pas trop penser et de se mettre au boulot...
Et ce serait de pareils abrutis qui viendraient nous donner des leçons ?
Disons le clairement une bonne fois pour toutes : réacs en peau de lapin, cons de droite et spongiformes libéraux, nous vous pissons à la gueule. Nous sommes non seulement plus intéressés par la culture que par la volonté de faire de l'argent, mais les choix de carrières et de vies que nous faisons - santé, social, éducation, culture, services, militantisme - montrent que contrairement à vous, nous sommes soucieux du bien collectif et pas uniquement de notre gueule, ce qui démontre au passage notre incontestable supériorité morale. Vous êtes des cloportes et vivez dans un monde à votre niveau en essayant de rabaisser tout le monde pour vous tenir chaud, et il est parfaitement légitime pour ne pas dire nécessaire de tout faire pour ne pas vous ressembler. Nous vous méprisons, nous avons raison de le faire, et si tant est qu'il y ait désormais un seul objectif viable dans nos existences, c'est de reconstruire une gauche digne de ce nom pour imposer nos valeurs et éradiquer la purée froide qui vous sert d'idéologie, et aussi vous botter le cul.
So say we all.

