jeudi 12 novembre 2009

Bobos

Quand le réac est coincé dans les cordes et qu'il est à sec d'arguments, il ne fait jamais défaut de sortir le qualificatif qui tue : ceux qui ne sont pas d'accord avec sa vision de petit blanc étriqué et conformiste sont des "bobos". Vlan, et le réac est tout content de lui - tant il en faut fort peu pour que ce genre d'imbécile suffisant s'autocongratule de sa propre pauvreté intellectuelle - et pense qu'il a clôt le débat de définitive manière...La flaque Zemmour ne se prive jamais de traiter de bobos tous ses interlocuteurs qui osent le contredire, avant que de sourire de sa propre saillie en se frottant les mains avec ce rictus  si particulier sur le visage qui justifierait son découpage à la tronçonneuse séance tenante.

"Bobos", c'est ce que le réac sortira pour opposer sa vision à lui - en connexion concrète avec le vrai pays réel des vrais gens de la vraie profonde France, en tout cas il le croit très fort - à celle du droidlhommiste irréaliste et niais et dangereux dans sa mièvrerie tant il est pas en phase avec le vrai pays réel des vrais gens. Le découpage, parfaitement spécieux et ne reposant sur rien d'un tant soit peu tangible, entre une droite proche du peuple (rires) et une gauche cultureuse et prétentieuse à la ramasse, est bien plus que l'injure facile du droitard qui n'a rien à dire : c'est le pivot de la démagogie poujadiste qui veut faire croire qu'elle sait mieux que tout le monde ce que vivent et pensent "les gens". En ayant colonisé les imaginaires à force de trente années de propagande néolibérale et de haine de la fonction publique, la droite à façonné un conscient collectif dont elle peut s'emparer ensuite pour dire : vous voyez bien ! Nous, on est en phase grave avec le peuple profond ! C'est pourquoi il faut poursuivre les réformes blablabla, logorrhée habituelle qui assène à coups de tractopelle les trois pauvres "idées" qui tournent en rond dans les cervelles en ruines de l'électorat de droite et se ses bouffons médiatiques.

Et là, il faut clairement arrêter la plaisanterie.

En phase avec le "peuple", des Eric Zemmour ou des Ivan Rioufol, prisonniers des leurs propres obsessions névrotiques identitaires et incapables de sortir de leur incurable ringardise passéiste ?

En phase avec le "peuple", un Nicolas Sarkozy et son gouvernement vendu au MEDEF, tous issus de la bourgeoisie ricanante qui hait la populace plus que tout et ne connaît d'autre maître que l'argent ?

En phase avec le "peuple", les macaques de cette farce nommée "réacosphère", théorie de singes hurleurs en décompensation permanente qui tremblent devant des hordes besancenobenladistes qui n'existent que dans leurs cervelles aussi pétillantes que de la salade cuite ?

Soyons un peu sérieux.

La construction idéologique qui sert de socle à la droite pour critiquer la gauche est une non-réalité. Un fantasme dont elle a un crucial besoin afin de se conforter dans l'idée qu'elle se fait d'elle même et de désigner un adversaire néfaste et décrédibilisé pour pouvoir dire et se dire : nous, on est pas des bobos - parisianistes, snobs, cultivés donc prétentieux donc pas proches des "gens", nous, on vit dans la vraie vérité des vraies choses.

Sauf qu'on aimerait bien savoir en quoi ces imbéciles vivraient davantage dans le monde réel que leurs opposants. Faire des blagues sur les fonctionnaires en rouspétant qu'on paie trop d'impôts tout en prétendant qu'on est pas raciste mais, ce n'est pas une théorie politique : ce sont des propos de piliers de bistrots défoncés au 51. Que cette diarrhée verbale de beaufs ait fini par devenir le marteau idéologique de la droite pour enfoncer tous les clous quels qu'ils soient en dit fort long sur son projet de société : fabriquer des cons abrutis par TF1 qui vont vagir des aigreurs d'aliénés leurs tristes et inutiles vies durant, pendant qu'une bourgeoisie satisfaite les enculera jusqu'au trognon. La baisse de niveau intellectuel et la destruction de toute velléité d'esprit critique n'est pas seulement une conséquence du lavage de cerveau généralisé à force de télé-réalité et de JT de Jean-Pierre Pernaut : c'est le préalable indispensable à l'exercice de la domination.

D'où l'absolue nécessité de jeter le discrédit sur tout ce qui prétend "réfléchir" - haine de la culture et moqueries acerbes envers ceux qui ne seraient pas en accord parfait avec l'idéologie dominante - afin d'installer dans les consciences l'évidence d'une nécessité de ne pas trop penser et de se mettre au boulot...

Et ce serait de pareils abrutis qui viendraient nous donner des leçons ?

Disons le clairement une bonne fois pour toutes : réacs en peau de lapin, cons de droite et spongiformes libéraux, nous vous pissons à la gueule. Nous sommes non seulement plus intéressés par la culture que par la volonté de faire de l'argent, mais les choix de carrières et de vies que nous faisons - santé, social, éducation, culture, services, militantisme - montrent que contrairement à vous, nous sommes soucieux du bien collectif et pas uniquement de notre gueule, ce qui démontre au passage notre incontestable supériorité morale. Vous êtes des cloportes et vivez dans un monde à votre niveau en essayant de rabaisser tout le monde pour vous tenir chaud, et il est parfaitement légitime pour ne pas dire nécessaire de tout faire pour ne pas vous ressembler. Nous vous méprisons, nous avons raison de le faire, et si tant est qu'il y ait désormais un seul objectif viable dans nos existences, c'est de reconstruire une gauche digne de ce nom pour imposer nos valeurs et éradiquer la purée froide qui vous sert d'idéologie, et aussi vous botter le cul.

So say we all.

mercredi 11 novembre 2009

Névrose



Eric Zemmour, le ténia humain, le nabot racialiste, le minable et chetif personnage qui ose débonder son fiel de teckel aigri dans l'indigente émission de Ruquier, Eric Zemmour, cette flaque, parce que Eric Zemmour n'est même pas un être humain digne de ce nom, c'est une flaque, une flaque de vomi froid, une insulte sur pattes à 10 00 ans d'évolution, une petite et malsaine boule d'humeurs visqueuses qui s'épanche de ses frustrations dans des émissions débiles pour se libérer de sa situation de raté chronique et y répandre une bile jaunâtre de pétochard qui a peur de son ombre, Eric Zemmour qui traite tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui de "bobos" sans jamais quitter son arrondissement tant le reste du monde autour de son microcosme parisianiste le plonge dans de funestes angoisses, Eric Zemmour, Narcisse nombriliste plus solipcisé tu meurs qui projette ses troubles du comportement sur un pauvre monde qui ne lui avait pourtant rien demandé, Eric Zemmour se fait remonter les bretelles bien comme il faut, et c'est assez jouissif, il faut le dire.

"Névrose".

Peut-être même pas, d'ailleurs, parce que dans la névrose en tant que telle, la personne sait qu'il y a un truc qui cloche chez elle sans pouvoir mettre précisément le doigt dessus. Ici,on est plutôt dans ce qu'il est convenu de nommer "états limites" : d'apparence, on dirait que l'individu est à peu près normal excepté quelque tics un peu déconcertants, mais dès qu'on gratte, on voir un noyau dur de démence dure se faire jour. Quelle autre explication donner à certains comportements de notre droite ? Quand on lit, quand on entend que la France est sous la coupe de la gauche ; qu'elle est envahie par des hordes musulmanes ; que Sarkozy est collectiviste ; que ce qui préoccupe les français c'est cette question de l'identité nationale et pas les fins de mois ; que les subprimes, ce n'est pas la faute au libéralisme ; et on en passe des plus belles...
Comment ne pas voir que la droite mise au pied du mur de ses échecs successifs s'enfonce chaque jour un peu plus dans le déni de la réalité. Ce qu'on vit, ils s'en foutent : on est plus dans la raison mais dans une pensée magique totale qui s'arc-boute sur des présupposés bidons et qui les défend mordicus au prix de toute logique élémentaire...

Tout le monde s'en branle, de l'identité nationale.

Et on ne peut même plus espérer de ramener les Zemmour et consort à la raison : ces gens sont cuits et re-cuits. Il n y a plus rien à faire pour eux.


mardi 10 novembre 2009

Ce garçon est foutu

L'anniversaire de la chute du mur de Berlin n'aura pas été que l'occasion pour le Nain vagal d'encore se faire mousser sur du vent. On a pu voir en effet certains éditorialistes proprement délirer, au sens psychiatrique du terme, sur la commémoration de l'évènement, et en tête de gondole, arrivent bien évidemment premiers toutes catégories confondues les larbins sarkozyfiés du Figaro. De la vieille carne Mougeotte au poney désaxé Rioufol, tous d'entonner 1)la FIN du communisme, c'est FINI, promis, juré, bouh bouh bouh, ouf, on a eu chaud aux fesses mais heureusement c'est F.I.N.I., 2) Mais aaaattention : ça peut revenir, on sait jamais, vigilance vigilance, le totalitariiiiiiiiismeuuuuuuuhhhhh, la peste rouuuuuuugeuuuuuuh, nos démocratiiiiiiies sont fragiiiiiiiiileuh et le poison bolchèvique est encore dans le corps social, 3) c'est pourquoi il faut continuer les réformes. Nécessaires. Mais cruelles. Mais nécessaires.

Je vous jure qu'en gros c'est ça.

Et à leur suite, ou en tout cas dans leur immédiat prolongement, tous les excités monomaniaques du Joli Marché Qui Marche Pas En Fait de célébrer à leur manière la fin finale et définitive que y en aura plus jamais du tout nulle part du, euh, quoi déjà ? Ah oui : communisme.

Ainsi, ce blaireau.

Lequel il faut le lui reconnaître, est d'une opiniâtreté dans l'imbécillité niaise qui force l'admiration. Les subprimes ? Pas de problème : trop d'État. 1 milliard de gens qui crèvent de faim dans le monde ? Pas de problème : trop de régulation. Les suicides à France Télécom ? Pas de problème : c'est la faute aux syndicats. La baguette de pain qui augmente ? Pas de problème, vous dis-je : les trotskystes sont dans le coup...

Oui, c'est bien, hein, d'avoir une vision du monde de teckel trépané...On l'envierait presque, allez, ce bon garçon, de vivre ainsi dans sa jolie réalité parallèle à usage perso, un peu comme on est parfois attendri au spectacle de ces enfants trisomiques qui courent dans le jardin de leur centre, plein de fraîcheur et d'innocence sans se soucier du monde méchant derrière les murs...

L'occasion de cet anniversaire était vraiment trop belle pour notre "vrai" libéral pur jus que de comparer le funeste "communisme" (qui a fait des milliards de morts) et le joli Libéralisme (qui veut le bonheur des enfants). Lisez, sa prose est...assez unique. Somme toute.

"Là encore, les nostalgiques de la période froide viendront se lamenter sur les dégâts causés par l’ultranéolibéralisme et le capitalisme mangeur d’enfants et d’ouvriers dans les pays de l’Est qui, pourtant, n’ont pas reconduit les communistes au pouvoir quand on a demandé, pour de vrai, son avis au peuple. Mais c’est normal : il est con, le peuple. Non ?"

Il faut ici présenter une particularité de notre cas du jour : parfois, il se risque à tenter de faire une assez étrange chose qui se veut, comment dire..."humoristique". Oui. Je sais. On peine à comprendre en quoi les quolibets du garçon pourraient contenir une minidose de vrai humour, et en vérité on en est quelque peu gêné pour lui...Après, bon, ça a sans doute le mérite de le faire bien se poiler tout seul devant son clavier, et franchement, arriver à se faire rire tout seul, c'est déjà pas mal.

Mais entrons à présent dans le vif du sujet qui est grosso modo : le Libéralisme C'est Bien, D'abord :

"En vingt ans, des pays comme la Pologne, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie ou la Slovaquie ont montré toute l’horreur du capitalisme appliqué, à faibles ou fortes doses : des villes qui se couvrent de bâtiments neufs, des gens qui s’enrichissent, et toute l’abomination d’industries qui se développent, voire, horreur des horreurs, qui exportent des savoir-faire et des experts !"

Et on vit dans un monde merveilleux...

Bon, tout ne va pas SI bien que ça, évidemment, on peut toujours chipoter ; mais il est incontestable que ces pays se sont clairement rapprochés des standards de vie d'Europe occidentale : par exemple, leur taux de chômage est à peine plus élevé que le nôtre...
Les sociétés sont un tout petit peu plus exposées à des petits phénomènes de violences mafieuses de rien du tout, qui certes existaient déjà dans les temps soviétisés mais à qui l'économie de marché à su donner un coup de fraîcheur incomparable...
Nombre de ces pays qui ont connu les charmes austères d'une transition un peu brutale il est vrai vers le Joli Marché vont en prendre plein la gueule grâce à la crise, vu que le néolibéralisme ne les a pas vraiment préparés au bordel qu'il est capable de créer...ah oui, il est comme ça, le Marché, il donne, et il reprend sans prévenir...
Et puis bon, zut à la fin, oui, c'est vrai, il y a aussi cet embêtant souci de ces gens qui s'obstinent à sottement mourir pour cause d'inégalités sociales, ok, là, on l'a dit.

Mais à part ça, ça va, hein.

Vraiment.

D'ailleurs, il faut que ça aille. De gré ou de force. Le Marché, c'est Bien, et partout où il met les pieds il fait le bonheur de gens. Là. OK ?????

Sauf que non, évidemment. Partout où il passe, le néolibéralisme enchaîne les catastrophes, mais constater ça, c'est vivre dans le monde réèl. Le vrai monde. Pas le mignon paramonde des libertarés aigris en décompensation permanente qui veulent absolument que les pièces carrées entrent dans les trous ronds et prétendent devant l'échec patent de leurs piteuses tentatives que c'est la faute au trou qui n'est pas moderne...

Ainsi, notre pauvre garçon traîne son spleen de libéral qui ne comprend pas, non, vraiment, il ne comprends sincèrement pas que son modèle économique, à part une poignée de zinzins dans son genre, plus personne n'en veut...du coup, il lâche régulièrement des petits billets tout désappointés sur le méchant monde collectiviste qui le cerne de partout - oui, il est cerné par les collectivistes. Dont Nicolas Sarkozy. Qui est : un collectiviste. Oui, ce garçon a un mode de pensée assez original, quelque part...- et tourne en rond à l'intérieur de son petit cortex en ressassant de grises pensées...

Décidément, ce garçon est foutu.


vendredi 6 novembre 2009

All the king's men


Ça y est kids, c'est parti : le début de notre heure de gloire. La preuve : on en est déjà à se prendre la tête pour les groupies. L'étape suivante : la baston avec des morts dans la salle. Il nous faut notre Altamont, personne ne peut être pris au sérieux sans ça.

jeudi 5 novembre 2009

Élégance

On se tromperait lourdement en voyant dans CSP un gauchiste échevelé nourri aux mânes post-libertaires maisoixantehuitardes et qui à l'instar de ses forts nombreux congénères se mettrait à porter des bonnets en poils de lama ou un keffieh histoire de bien montrer qu'il est trop de gôche tu'ois. Mes dizaines de milliers de lecteurs et teuses l'ont bien compris : CSP, c'est le prototype du Socialiste Du XXIème Siècle, qui a lu ses classiques et a un MP3, et qui porte le poil ras et la chemise dans le pantalon avec une ceinture. Finissons en une bonne fois pour toutes avec cette désuète imagerie de l'activiste négligé et mettons nous du déo sous les bras, crénom.
En vérité je vous le dis et ne crains pas de l'affirmer à voix haute et claire : CSP, il est pas pour le bordel. CSP, il a une vision du monde en mode carré de chez carré, en un mot, le Socialisme Du XXIème Siécle, ce sera l'ordre.

Ce qui replace immédiatement au centre du débat le port de l'uniforme non pas seulement à l'école - ce qui constitue un préalable inévitable dont il n y a pas lieu de discuter - mais dans la société toute entière. Oui. C'est comme ça. Une société toute entière portant uniforme, ça me fait kiffer grave, j'adore cette idée, je vote pour, et vous allez subir l'explication du pourquoi de la chose.

Un article du Figaro nous expose le désarroi de ces chefs d'établissements scolaires confrontés à des ados déguisés en portemanteaux de marques et qui se demandent comment remédier à cette surenchère :

"Les révoltes adolescentes, on le sait, passent souvent par le vêtement. Et en la matière, la provocation est la règle. Les établissements de banlieue ont été montrés du doigt, il y a quelques années ans, avec la mode du string qui dépassait des pantalons. Les stars de musique R'n'B ont depuis imposé la mode moulante. Cependant, les responsables reconnaissent volontiers qu'ils ont tout autant de mal à faire respecter des «tenues décentes» dans les lycées chics de centre-ville. À leur sortie, c'est parfois à un véritable défilé de mode sexy que l'on assiste."

Où l'on voit donc que le consumérisme ne connaît pas de barrières de classes et affecte tout le monde. Certains peuvent simplement s'en payer plus et qui coûtent plus cher pour frimer davantage. Ce qui ne préservent toutefois pas du ridicule le plus achevé, ainsi :

"Du côté des garçons, partout, le pantalon large «baggy» qui entrave la marche continue à dévoiler des caleçons de marque. Cette mode importée des États-Unis pour singer les prisonniers américains à qui on subtilise la ceinture, fait un malheur dans les établissements de centre-ville. D'autres adoptent le look «Chal» : la mèche de cheveux qui cache une partie du visage est associée à un pantalon slim"

Et vous admettrez avec moi que la seule vision de ces boutonneux à deux doigts de se casser la gueule sur les trottoirs justifierait à elle seule le port du pantalon à pinces et du pull à col en V. Si. Vous ne pouvez que l'admettre, vous êtes homme ou femme de goût et de décence probe, la preuve : vous lisez CSP.

Il existe néanmoins des différences notables liées au statut social :

"Les jeunes de banlieue sont moins attachés à de grandes subtilités de distinction dans les vêtements. La panoplie du lycéen des beaux quartiers est plus large. Il se permet aussi une certaine outrance que l'on ne voit pas ailleurs», explique Michel Fize. En ZEP, les jeunes filles d'origine maghrébine, notamment, font tout pour camoufler leurs formes, sous des pantalons jogging de peur de passer pour des «filles faciles». À l'inverse, devant les adolescentes habillées de façon «très sexuée» des quartiers chics, les chefs d'établissements hésitent parfois sur l'attitude à adopter".

On peut penser cependant que si le jeune de lieuban est moins attaché à la "distinction" que ses petits camarades de centre-ville, c'est moins par rejet des superficialités de la mode pour se plonger dans les charmes austères de l'étude que par manque de moyens financiers. Ne doutons pas une seule seconde que si la situation monétaire parentale s'améliorait tout soudain, les collèges et lycées d'outre-périphérique ressembleraient à ces absurdes clips de R'n'B où une sorte de, disons, pauvre garçon, fait assaut de frime et de joncaille devant des pépéttes déguisée en Rihanna low-cost. Mais on me fait signe dans l'oreillette que ça semble déjà être le cas, le sac Vuitton étant un faux à un endroit, et un vrai à un autre.

En dehors du fait qu'on puisse légitimement s'émouvoir de voir des gamines de 12 ans porter mini-shorts et maquillage de putes, il faut pointer un aspect particulier et nullement anodin du vêtement quelqu'il soit : le vêtement est un message. Il "raconte" la personne et "signifie" sinon ce qu'elle est du moins une certaine place qu'elle occupe dans la société et de plus en plus la façon dont elle veut qu'on la perçoive. Même quand vous racontez avec ostentation que vous n'en avez "rien à foutre" et vous contentez d'un T-shit quand il fait chaud et d'un pull quand il fait froid, votre attitude est signifiante : vous exprimez quelque chose par ce rejet des codes en vigueur. Le paragon de cette attitude étant bien évidemment le militant étudiant au Mirail, habillé soigneusement comme un sac et qui clame partout que la société de consommation elle est méchante, en oubliant jamais de fustiger le porteur de polo Lacoste qu'il croiserait en manif. Mine de rien, ce garçon est très soucieux de son apparence et sa coquetterie teintée de snobisme se contente de prendre la forme d'un gros pull lâche et moche. Mais ne nous y trompons pas : c'est de la coquetterie...

Le vêtement est donc un message. Et plus on peut se payer de la sape de marque qui flashe, plus on envoie un message qui signifie : "je suis mieux habillé que toi, DONC, je vaux mieux que toi". Le vêtement devient ainsi discriminant. Il n'est plus commodité servant à se vêtir, il devient facteur de paraître, affirmation de sa domination socio-économique et vecteur de frustration pour ceux qui regardent parader dans la cour leurs petit-e-s camarades dont les parents sont dans la tranche d'imposition supérieure aux leurs.

Cette situation aussi absurde qu'anti-démocratique doit cesser.

C'est pourquoi quand nous serons au pouvoir, on mettra deux claques dans la gueule à ces morveux pour commencer, et tout le monde en pull à col en V avec l'écusson de la Nouvelle Éducation Socialiste brodé sur la poitrine. Ça sera très mignon, et ça résoudra plein de problèmes.

Mais s'occuper de la vêture de nos chères têtes blondes ne saurait être qu'un préalable : à terme, c'est la société toute entière qui doit porter uniforme non seulement au travail, mais dans son quotidien de tous les jours.

Et là, vous gueulez. Bien sûr. Que gnagnagna gné gne totalitarisme, gnagnagna chuis un zindividu et je m'habille comme je veux tu 'ois, gné la Corée du Nord/le Chili, et toutes sortes de fariboles.
Bien.
Bien.
Bien...

Si j'étais un peu méchant, je pourrais dire qu'envisager son identité par le vêtement peut paraître très similaire à ce que pense le boutonneux, mais je ne veux pas croire que vous en soyez encore là. Évidemment.

Ensuite, pour ce qui est de votre si particulier et unique statut de zindividus à part entière et tellement pas comme les autres dans leur zindividualité, je me permettrais juste de vous faire remarquer qu'à priori, au moment où vous me lisez, il y a à peu près 75 % de chances que vous portiez un jean's...

Non ?

À présent qu'est définie notre si unique individualité qui fait de nous des êtres tellement pas du tout comme les autres, convenons ensemble qu'en matière de vêtement, il n y a que des conformismes. Et que ce sont avant tout des marchands de tissus et des publicitaires qui ont enfoncé dans le crâne de tout le monde que la fringue était une "définition de soi".

Partant, une société véritablement progressiste se devra de jeter aux orties ces diktats marchands, et choisira donc la généralisation du port de l'uniforme pour tous et chacun. C'est parfaitement cohérent. Ainsi, plus de clivages de classes immédiatement visibles, une égalité de fait assumée comme telle, et entre nous, l'uniforme n'a t-il pas parfois un charme sexy propre à enflammer les imaginations, parfois ? Mh ?

Quant à l'argumentaire de "perte de l'individualité", celui-ci ne tient pas la route une seconde : tenez, regardez les facteurs. Ne portent-ils pas uniforme indiquant leur fonction ? Sont-ce pour autant de parfaits clones identiques et décervelés, tous moulés comme petits-suisses dans une asséchante dépersonnalisation ? Nullement ! On peut porter uniforme et rester une personne à part entière, que diable !

Vous voyez donc par cette impeccable démonstration que le Socialisme du XXIème siècle sera très joli, en veste trois boutons et épaulettes. Mais si.

mercredi 4 novembre 2009

Identité nationale

On pourrait passer un temps absolument infini à hurler à chaque saloperie que nous propose la droite charognarde dans son arrogance boursouflée et on ne réussirait qu'à se péter les cordes vocales de rage. Un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans, ce coup-ci ? Même si rien qu'à l'énoncé de cette "idée", on en voit immédiatement toute la profonde idiotie et la parfaite innaplicabilité ? Peu importe, il faut lancer un signal fort à l'électorat de la France À Angle Droit pour lui flatter la croupe, et tiens, la castration chimique dans la foulée qui pour l'instant est en "réflexion", mais peu importe : il faut faire jouer les biceps qui vont se faire pâmer les foules moisies qui trépignent pour un pouvoir fort et une France de France avec des bonnes valeurs françaises bien de chez nous.

Le "débat sur l'identité nationale" ? La seule véritable "identité" dans ce pays est qu'on est dans un pays de vioques. Où le gouvernement fait une politique de vioques à destination des vioques, et être "vieux" en France en 2009 n'est nullement une question d'âge. Entendre des gamines de 20 ans comme la jeune sarkozyste ci-dessous ânonner un "discours" de franchouillarde recroquevillée sur des "valeurs" de papy qui mouille ses couches chaque fois qu'il voit un drapeau tricolore est une véritable défaite de la pensée. La connerie et l'éducation familiale n'excusent pas tout,et d'ailleurs au bout d'un moment, il faut arrêter de chercher des excuses à tout le monde.

Dans ce pays de vieux dominé par des vieux qui ne pensent qu'aux vieux, nulle classe sociale ni nulle tranche d'âge n'est épargnée. Avoir 18 ans et se contenter d'être un gland consumériste sans la moindre idée sur quoi que ce soit et qui se vante de ne jamais lire un livre est également une victoire de la gérontocratie aux commandes, ne nous y trompons pas. Les djeun'z sont bêtes comme leurs pieds et ça serait la faute du laxisme de la gôche ? Mon cul. Sous-argument de droitard pleurnichard qui refusera de voir que c'est précisément les non-valeurs néolibérales d'individualisme et de concurrence qui fabriquent à la chaîne des crétins dépolitisés avachis devant M6 et dont le seul horizon est de se demander si quelqu'un veut devenir leur 1259 ème friend sur Facebook. Je ne partage et n'ai jamais partagé le jeunisme de la LCR qui a toujours eu un discours démago à ce sujet, la jeunesse force et enthousiasme révolutionnaire, ferments des luttes blablabla. Excepté une toute petite frange surconscientisée qui se démène au milieu d'une dépolitisation de masse comme jamais connue, rien à attendre de ces glands. Il s'agitent dans tous les sens en se pensant "jeunes", il sont déjà bons pour l'hospice.

Le vioquisme, le repli frileux sur ce qu'on connaît déjà et à quoi on se raccroche coûte que coûte, l'absence d'audace et d'imagination, le refus catégorique de remettre en question des modèles poussiéreux qui ont prouvé depuis des décennies leur parfaite inanité autant que leur inefficacité flagrante - une décennie entière de libéralisme planétaire et pour quels résultats concrets ? 1 milliard de personnes qui ont faim et une économie globale en lambeaux, le voilà le résultat réel du Marché triomphant -, cette idéologie sans idéologue ni corpus théorique à tout pourri sur son passage. Peur de l'avenir et du nouveau sous toutes ses formes, que ça prenne la forme du repli identitaire ou de la nostalgie d'un passé glorieux mais mort et enterré - pas vrais les camarades du PCF ou de LO ? -, incapacité à se sortir mentalement des chantiers archi-battus et hostilité de principe à toute tentative d'innovation, ne cherchez pas plus loin, elle est véritablement là, "l'identité nationale" de la France de 2009. On ne progresse pas : on régresse, chaque jour un peu plus, on se recroqueville en espérant ne pas prendre trop cher, un oeil sur le chômage de masse et l'autre sur un compte en banque famélique. Le triomphe de la droite n'a même plus besoin d'être ostentatoire, il est établi de fait dans les comportements : le peuple a peur, trop peur pour penser à quoi que ce soit d'autre que sa peur, et nul besoin de faire donner la troupe pour mater la populace : la soft-terreur idéologique relayée par la télé remplace fort efficacement la chiourme.

Le vioquisme est une barbarie, rien moins. Un état de régression politique et moral qui installe la défiance de tous contre chacun et le refus de solidarité au nom du "chacun sa merde" permanent. Cet immobilisme pétochard est notre pire ennemi et le défaire prendra des décennies. Triste constat ? Sans doute. Ensuite, qu'on vienne nous expliquer quoi faire d'autre ; personnellement, sans engagement concret sur le long terme avec cet objectif en tête, je ne vois pas quoi faire d'autre.

mardi 3 novembre 2009

Eric Le Boucher est malade de la tête

Ce qu'on savait déjà par ailleurs, mais il n'est jamais inutile de rappeler de solides évidences. La preuve par cet aveu qu'il nous soumet dans Slate.fr, dans un article assez étrange intitulé je cite :

"Je déteste Astérix et suis pour César".

Ah ?

Bon.

Ok...

On lit la chose d'un sourcil circonspect, en se disant qu'au moins pour une fois, le décalcifié ultra-libéral va faire pour une fois autre chose que nous chanter les louanges du Marché Qui Marche Pas Et Ruine L'économie Mondiale et nous exposer des vues ericlebouchesques sur la culture française de haute volée. Et on est pas déçus, tu m'étonnes :

"J'aime bien les gauloiseries, je vous assure, mais je déteste ce gaulois. Il m'horripile. Tout m'horripile dans ce micro village, réserve de furieux fiers d'eux. L'humour bâclé des noms d'abord: Astérix, Obélix, Assurancetourix... Franchement désopilant non? Non. Nul. Et ça devient pire plus loin: le marseillais Labeldecadix, et jusqu'au suisse Petisuix! Trop drôle. Quelle finesse."

Bon. Donc, entre autres symptômes de son délire permanent de grand zinzin placé d'office en Unité pour Malades Difficles - où il fait pavillon commun avec Pascal Salin et Nicolas Baverez -, Eric Le Boucher devient hystérique dès qu'est évoquée devant lui l'existence d'Astérix le Gaulois. Il dit même fuir l'endroit d'où par malheur serait abordé ce crucial autant que funeste sujet de conversation. Bien bien bien. N'importe qui de normal resterait dans la même pièce sans s'énerver et se contenterait de dire que lui bof non tu vois c'est pas mon kif, Eric Le Boucher entre dans des transes dostoïevskiennes et est obligé d'immédiatement quitter la place tant Astérix lui est odieusement insoutenable. Voilà voilà voilà. Eric le Bouche souffre de quelque chose, on ne sait pas exactement ce que c'est, mais en tout cas ça a l'air d'être original.

Creusons, on tient peut-être quelque chose, là :

"Mais le petit, il est malin. C'est la victoire du futé contre la force, celle des légionnaires. Ah bon? Sauf que c'est faux. Les armées romaines étaient admirables d'intelligence et elles ont, en vrai, battu des ennemis bien plus nombreux qu'eux. L'intelligence, elle est italienne! Aux yeux de l'histoire, donc à mes yeux, c'est le Gaulois qui représente la brute."

Houla, ça s'aggrave. Eric le Boucher voit des messages que seul lui peut déceler et en tire des interprétations pour le moins pittoresques. On finit tout de même par se demander si anguille sous roche quand même, puisque si personne d'un peu sensé ne pourrait considérer un Eric Le Boucher comme une personne "normale", on soupçonne que tout ça cache quelque chose à force...

Bingo : l'explication éblouissante un peu plus bas :

"Astérix m'énerve parce que c'est un monument de la franchouillardise la plus obtuse. Tout notre mauvais chauvinisme, tous nos travers nationalistes, notre conservatisme, sont concentrés là. Une célébration de la pire France. C'est ça qui est drôle?
Bah non, je ne trouve pas. Ça ne me fait pas rire, cela me désole."

Ayéééééééé, tout s'éclaire ! Si Eric Le Boucher il aime pas Astérix - le Gaulois -, c'est paske pour lui, dans les immenses spirales en délire qui touuuuuuuuurnent dans sa tête, c'est la résistance au progrès et à la civilisation, DONC = au libéralisme. TA-DAAAAAAA, on a trouvé, trop fort. Libéralisme = progrès, civilisation, culture, Bien Bon Beau, et Astérix il veut pas qu'on privatise la Poste. Voilà. Bon, il faut un peu connaître le, euh, monde intérieur de notre ami Eric pour finir par comprendre, mais dès qu'on a les bases, on tire un fil au hasard et c'est tout un pull qui vient, et mâtin ! quel pull, décidément...

Si il n'en reste qu'un ce sera lui, et quand le néolibéralisme aura tout détruit, il ne restera que Eric Le Boucher sur un tas de gravats en train de hurler tout seul qu'il faut absolument réduire les déficits.


lundi 2 novembre 2009

Morceau de bravoure

- Bonjour CSP.

- Bonjour Thierry, arf.

- Dis donc mon con, tu vas nous dire où tu étais passé ces derniers jours ou on peut aller se faire ?

- Vous pouvez aller.

- Et par les poils de cul de Lénine, mais qu'à tu donc bien pu commettre encore pour arborer ce sourire de satisfaction arrogante qui t'es si particulier et qui laisse sinistrement présager au minimum le saccage de toutes valeurs et l'atteinte aux bonnes mœurs ?

- En vérité je vous le dis, j'ai testé pour vous la sarkozyste de 20 ans.

- Jésus Marie Joseph.

- Et derechef, il me faut chanter cet exploit au monde. J'insiste.

- Euh, mais si le monde, il veut pas, là ?

- Je le sodomise. Lui aussi. Ah ah ah.

- Nous n'y couperons donc pas, hélas...

- Oui certes, parce qu'un truc pareil ma couille, espère bien que j'ai pas fini de m'en vanter. Alors voilà : dans des circonstances qui ne vous regardent pas, j'ai fait la connaissance d'une jeune fille de 20 ans, qui s'est mise en tête de me démontrer par A+B l'à quel point elle était sarkozyste de la tête aux pieds.

- Malheureuse créature...

- Et je te prie de croire que là, j'étais tombé sur un morceau de choix. Citations de mémoire mais que je jure exactes, je n'aurai pas pu les inventer :

"Je suis de droite, 100 % à droite !"

"Y'avait que Le Pen et Sarkozy qui peuvent nous sortir de la merde."

"J'aime pas les arabes et les Noirs. Je les trouve laids."

"Au dessus de mon lit, dans ma chambre, y'a la photo de Sarkozy avec plein de petites punaises bleue-blanc-rouge."

"Jean Sarkozy il avait toute sa place au truc de la Défense, là."

Et j'en oublie encore, un vrai festival.

- Ah fichtre, tout de même...

- Oui, hein ?

- Mais je ne comprends pas, ton premier mouvement en entendant pareil seau de conneries, n'a t-il point été de je sais pas moi, la défenestrer juste histoire de savoir le bruit que ça fait quand ça se crashe au sol ? Mh ?

- Nenni, mon ami, que non point ! J'étais comme hypnotisé...ça existe donc ! m'enchantais-je ! Je lui faisait répéter les meilleurs passages, la laisait tout me déballer, j'étais enivré et s'est faite jour en moi une absolue certitude : il FAUT que je me la fasse PARCE QUE ELLE EST TROP DE DROITE !!!!!! Comprends-tu mon émoi ?

- Ton cerveau est malade.

- Oui. Mais là n'est pas la question. Et donc, mon charme opérant, un rapprochement s'effectue sur un canapé...la conversation s'érotise, les regards se font plus directs, on a pas besoin de parler nos corps parlent à nos place..

- On tremble en imaginant aussi terrible tableau...

- Le plus splendide reste à venir. Elle parle. Je me rapproche à 10 cm de son visage. Et lui déclare calmement et fermement :

"Embrasse moi".

"Oui mais non mais tu comprends attends je veux dire que je me suis dis que..."

"Ta gueule. Embrasse-moi".

- Je refuse de croire que pareille manifestation d'hétérovirilisme dominant crypto-fasciste ait pu donner le moindre résultat !

- Tu rigoles ? Figure interdite de la miss, chopée par le colbac et pelle de compétition dans la foulée.

- Sang du Christ.

- Quand Jason Statham pense à moi, il pleure. Ok ?

- Non mais attends, un truc pareil, ça peut marcher qu'avec quelqu'un de droite paske elles sont éduquées dans l'ordre patriarcal de la soumission au phallus qui...

- Tu rigoles ? Je suis certain de pouvoir le refaire à une fille de gauche. Tu veux la suite, sinon ?

- Je préfère qu'on soit amis.

- Bref : enchanteresse soirée que celle-ci. La sarkozyste de 20 ans constitue un pinacle dans mon palmarès, et franchement je ne vois pas comment faire mieux. Sinon coucher avec un criminel de guerre Serbe, mais ceux-ci se font rares...

- C'est une abomination. Tu es un monstre sans cœur ni morale.

- Merci.

- Mais sinon, vous allez vous revoir ?

- T'es fou ? Elle est de droite.

- Eeeeet bien meeeeeerci CSP, c'était...atroce. Pauvre type dégénéré, va.

- Tout le plaisir fut pour moi. Enfin presque ! AH AH AH AH AH !!!!!

mardi 27 octobre 2009

Les idiots utiles de l'identité nationale

Plombé par les sordides histoires de son ministre touriste sexuel, décrédibilisé jusqu'en Chine par l'affaire de son cancre de rejeton qui lui démontre qu'en plus il ne peut pas faire absolument tout ce qui lui passe par la tête, entouré d'incapables incompétents et transparents dont la moitié le hait plus ou moins ouvertement, confronté à l'installation d'une crise financière dont personne ne peut plus croire qu'elle soit "derrière nous", flingué par les sondages même quand il sont truqués, parvenant à braquer même certains de ses députés quand il expulse de l'afghan, constatant avec une grandissante angoisse que sa base électorale se livre à une véritable compétition du "plus décu du sarkozysme que moi tu meurs" sous l'oeil ricanant de Marine Le Pen, Le Nain vagal que nous subissons n'est pas en grande forme. Bof bof, lui dit l'air du temps et les régionales qui s'annoncent sentent à plein nez le vote-sanction pour la majorité présidentielle, c'est à dire pour lui.

Mais Sarkozy a plus d'un tour dans son sac. Bon, enfin, non, pas vraiment. En fait, il n'en a que deux, mais des gros : l'insécurité - la France est livrée à l'Anarchie et il faut un homme un vrai avec des baloches comme des melons d'eau pour la sauver et cet homme providentiel ce sera moi Nicolas Sarkozy -, et quand ça marche pas, la grosse artillerie, celle qu'on sort pour les grandes occasions afin d'adresser un signal fort à la frange la plus moisie de l'électorat droitier : l'identité nationale. Traduire : quand ça va mal, sortir le drapeau tricolore en l'agitant très très fort pour ressouder autour le peuple de petits blancs pétochards qui flippe à cause de tout et lui faire penser qu'au moins, il lui reste la Nation, le Sol, le Sang, et les Valeurs Z'éternelles De La Fraaaaannnnnceuuuuuhhhhh.

Mais quoi de nouveau là dedans ?

Pas grand'chose, puisque les questions identitaires sont la tarte à la crème d'une Réaction qui la déballe à chaque fois que ça va mal pour sa gueule. Faire appel au sentiment national sur l'air de La Patrie En Danger permet toujours de mettre les vrais problèmes sous le tapis - un exemple parmi d'autres : la terrifiante montée d'un stress mortifère au travail - pour jouer la carte de la communauté soudée autour du Chef et du Drapeau. Tu es inquiet pour l'avenir ? Ton boulot est à chier et les conditions dans lesquelles tu vis se dégradent ? Ta fille de 12 ans s'habille comme un pute à force de regarder M6 et ton fils est au chômage ? Tu as un crédit-revolving sur le dos et tu as été obligé d'en faire un autre pour éponger le premier et tu te demandes quand tu vas être en sur-endettement tout en sachant que c'est imminent ? Tu regardes le JT qui te montre que ça va mal et tu te demande quand les Iraniens vont faire péter la bombe ? Ton monde est recroquevillé autour de ton consumérisme de blaireau et de ton aliénation de salarié exploité qui ne pense qu'à sa gueule ? Tu as voté Le Pen, et puis Sarkozy, et tu te dis que tu vas revoter Le Pen et tu ne sais plus où tu habites ni à quel saint te vouer ?

Pas de problèmes !

Parce qu'au moins, il te reste quelque chose à quoi te raccrocher.

Tu es Français, crénom !

Et c'est là que tu pètes un garde-à-vous frémissant, le menton haut et le regard humide, conscient de vivre dans un pays beau et fier et qui va bien mal Mâme Michu si c'est pas du malheur ça allez mais tu es Français, bordel ! Non, mieux que ça, tu es frrrrraaaaaannnnnçaiiiiisss de le Vraie France Des Vraies Valeurs Nationales De Ce Beau Pays Avec Ce Beau Drapeau Bleu Et Blanc Et Rouge et ça te fait quelque que chose dans les organes internes, une sorte d'émotion profonde et enracinée qui te fait prendre conscience que oui, Français tu es et pas qu'un peu fier de l'être, Allonz enfaaaaaannnnts deuuuuh laaaa Patriiiiiieuuuuuh !!!!!!

Bon, ensuite, tu est toujours aussi pauvre et con, hein.

Mais tu es fier d'être français.

Et ça c'est important.

Donc, plutôt que bêtement te demander si ceux qui lancent des débats à la con pour masquer leurs échecs successifs ne seraient pas un peu les mêmes qui te mettent dans la merde, tu vas pouvoir brave brebis t'affirmer dans ton identité de souchien décomplexé en agitant ton petit drapeau, là, et revoter UMP parce que c'est ça ou le chaos. À tous les coups ça marche. Bon, moins qu'avant, fût une époque où on pouvait te demander d'aller te faire étriper dans la Somme et dans la joie en agitant quelque hochets tricolores, l'époque a un peu changé et ce n'est plus tellement d'actualité. N'empêche : rien de tel que l'écran de fumée nationaliste pour faire oublier au populo que la bourgeoisie se fout ouvertement de sa gueule. Puisque la question de l'identité nationale, ça ne sert qu'à ça : occulter les vraies questions et détourner l'attention des vrais coupables assis sur leurs tas de billets.

Et puisqu'on ne me le demande pas, je vais derechef livrer mon sentiment sur cette question pour que ce soit bien clair :

lundi 26 octobre 2009

"Une très bonne nouvelle"

C'est donc plié : le PCF va comme prévu aller à la soupe pour sauver ses élus, et Mélenchon d'immédiatement s'enthousiasmer avec un élan qui finit par faire se demande si le fébrile sénateur dispose de trois neurones opérationnels :

"C’est une très bonne nouvelle. Le Front de Gauche continue. Il reste le point d’appui unitaire dont dispose l’autre gauche et les citoyens qui veulent un vrai changement dans notre pays vers les solutions de gauche à la crise. J’approuve la formule du texte communiste précisant que le but n’est pas d’opposer une gauche à l’autre dans la compétition qui va avoir lieu au premier tour mais qu’il s’agit de faire "bouger le curseur à gauche". Je ne l’aurais pas dit de cette façon, mais l’idée me va tout à fait. A présent les amis du NPA doivent eux-aussi faire l’effort qui est attendu d’eux".

En un mot comme en cent : connard.

"le point d’appui unitaire dont dispose l’autre gauche", meuh oui, prends tes pilules avec un grand verre d'eau ça ira mieux après. La révolution par les urnes, 6,5 % c'est bien ça ? Avec toi et ton mini-parti croupion à la ramasse qui est de toutes façons obligé de s'accrocher aux cocos pour espérer exister. Au moins, ces derniers ont fait effort de cohérence : il s'agit avant tout de sauver leurs élus et le pognon qui va avec pour encore retarder l'inéluctable agonie, et les listes "autonomes" du premier tour iront sagement frétiller de la queue avec les socialos aux deuxième. On voit donc désormais à quoi sert le Frondgôche : être un rabatteur de voix pour le P"S" et tenter d'isoler à tout prix un NPA qui lui n'envisage toujours pas, ben non désolé, de faire la pute pour quelques places dans les exécutifs. Mais c'est vrai, milles pardons, ce n'est pas explicité comme ça, on préfère dire : "le but n’est pas d’opposer une gauche à l’autre", rhoo ben non alors, surtout pas, c'est pas comme si les "socialistes" faisaient le boulot de la droite dès qu'il sont aux affaires, mais qu'allez-vous penser là ? L'hypocrisie à ce stade n'est même plus à son comble, elle déborde de partout en laissant de grosses flaques grasses dans son sillage. Qui peut penser sérieusement que ces listes à géométrie variable, où les aparatchiks locaux vont pouvoir faire ce qu'ils veulent, ne conduiront pas obligatoirement à des accords avec le P"S", voire dans certains cas à être présents au deuxième tour sur des listes d'union incluant Europe Ecologie et le Modem dans la foulée ?

Comme aux Européènnes, le Frondgôche va encore brailler tout ce qu'il peut contre les vilains sectaires alors que c'est lui qui bloque tout processus d'unitééééééé sous l'oeil attendri des socialos qui vont le gratter derrière les oreilles en faisant ché un bon toutou cha, oh voui alors, ché un brave chienchien à son maîmaître cha, va chercher les voix, va, brave Mabrouk.
Il reste au moins à espérer que de notre côté on ne va pas continuer à faire les gentils de service et qu'on ne ratera pas une occasion de leur mettre à chaque fois que c'est possible le nez bien profond dans leur caca.

jeudi 22 octobre 2009

Ah oui, en effet, il pleut...

Excellente occasion d'aller au cinema : 


Tiens ? Il pleut...

Vous savez ce que c'est, les adipocytes ? Ben moi, j'ai découvert ça récemment. Les adipocytes, c'est les cellules graisseuses qui font qu'on grossit, en fait. Alors voilà : en gros - ah ah -, vous mangez comme un goret, et des adipocytes se créent qui vont stocker tout ce vilain gras, et bien vous pourrir la vie si vous êtes soucieux-se de votre tour de taille. Et elles vont donc gentiment rester là et se multiplier à l'envie tant que vous vous goinfrerez devant la quatrième saison de Heroes - qui entre nous soit dit est à chier et même Robert Knepper ne parvient pas à sauver ce naufrage, mais bon. Ceci dit, Claire Bennett roule des pelles à sa coloc, on peut espérer que ça soit un peu kinky dans les prochains épisodes, arf.

Ou en étais-je ?

Ah, oui : les adipocytes.

Et donc là, vous vous dîtes : ben j'ai qu'à faire un régime à bouffer que du poisson bouilli et du riz complet, et hop, dehors les vilaines cellules graisseuses et je serai puissant et félin à la plage l'été prochain ! Hein, c'est bien ça que vous vous dites ?

Ô innocents...

Vous avez beau vous affamez tant que vous voulez à devenir aussi flippant de maigreur que Christian Bale dans The machinist, elle ne s'en vont pas, ces salopes ! Elles restent ! Elles sont encore présentes dans vos petits corps et elles attendent sournoisement le moment où vous allez bouffer une banane et là PAF ! Vous redevenez gras comme du saucisson ! D'où incompréhension, découragement, désespoir, vie en gris, teint cerné, militantisme à LO.

Le seul, je dis bien le seul moyen de les niquer, c'est purement et simplement de les détruire. Une à une. Patiemment et sans pitié. Parce que si ce n'est pas vous qui les niquez, c'est elles qui le feront en vous empêchant d'entrer dans vos jeans.

Donc, il faut faire du sport. Oui, c'est cruel. On vit dans un monde dégueulasse où le chocolat c'est meilleur que les haricots verts. Mais bon, quand on sera sous le Socialisme, tout ça s'arrangera et les légumes verts, ils deviendront bons. Si on vous le dit.

Pourquoi je vous dit ça ?

Oh pour rien. C'est juste que je n'ai aucune envie de parler politique aujourd'jui, alors je vous balance tous les trucs qui me passent par la tête. Voilà. Et puis ça change, non ? Je veux dire, c'est plus frais, là, on papote et tout, c'est sympa, quoi. Tenez, la prochaine fois, je chanterai les louanges de la méthode Lafay, et vous expliquerai à quel point ça va changer vos vies, ce truc. Et puis comme ça, on sera tous hyper-musclés et beaux et sains et contents. En plus, vous n'aurez pas le choix, j'ai décidé que pour commencer, mon entourage proche allait peiner sous un joug de sueur, de larmes, et de triceps saillants. Ils me remercieront, plus tard. Comme vous. Mais si.

Écoutez, c'est tellement sympa de discuter comme ça que je suis certain que vous ne m'en voudrez pas si je passe un Week-end loin de quoi que ce soit qui ressemble à une connexion Internet, allez. Depuis le temps, on se connaît, on ne va pas se faire la gueule pour si peu.

Have fun, kids.


mercredi 21 octobre 2009

Ah ! Les braves gens !

"Assez , la France n'a plus les moyens"

"ce qui scandalise, c'est qu'on leur donne, en plus, de l'argent pour rester chez eux ..."

"Ce serais moi , je commencerais par dissoudre toutes les associations pour le droit aux immigrés et clandestins"

"Ce qui anormal ce sont les régularisations"

"Désolé mais je n'arrive pas à avoir de la pitié pour ces gens là !"

"Félicitations Mr Besson , mais il en reste encore"

"Ces personnes sont des migrants économiques, lâches de surcroit"

"ceux qui quittent leur pays en guerre sont des déserteurs !"

"Les Bobos n'ont qu'à loger les Afghans chez eux !"

"Seulement Trois ? C'est une blague ?"

"On ne peut pas accueillir toutes les victimes de conflits mondiaux sans conditions, il doit y avoir des règles"

"On aurait dû embarquer aussi toutes ces associations"

"Trois c'est une goutte d'eau lorsqu'ils entrent par centaines.Leur mettre une puce afin de les repérer s'ils repassent en france"

"pourquoi polémiquer, le mot clandestin signifie hors la loie!"

"il faut commencer par éradiquer le fléau des associations, suceuses de subventions et paralysantes du corps national"

"nous français de souche européenne! aurons nous encore le droit d exister ou allons nous perdre toutes nos valeurs ;coutumes et traditions pour cause d une immigration exagérée depuis nombre d années?"

"C'est pas trop tôt , les français souhaitent plus d'efficacité pour les expulsions !"

"3 ? Et où sont les autres ???"

"ces associations nous gavent avec ce type de problèmes alors que la France va mal "

"tous les commentaires vont dans le bon sens"

"Ce gouvernement de nuls jette de la poudre aux yeux et c'est tout ce qu'il est capable de faire face aux invasions non controlées"

"Vous faites chiez avec les réfugiés .... il y en a marre de payer pour les autres !!!"

"mobilisation POUR l'expulsion d'AFGHANS par charter"

"toutes ces associations de défense, elles contribuent et sont responsable de toute la "chianlis" que nous avons actuellement dans notre pays"

"et je paierais pour des gens qui ne parlent pas Français?"

"il faut saisir et cloturer les comptes de ces associations de soutiens , les dissoudres, puis saisir et cloturer les comptes des citoyens membres de ces associations , les expulser avec eux et qu'ils se debrouillent pour vivre dans leur pays et on verra si il seront soutenus comme en france!! marre de cette invasion"

"Pourquoi que 3 ?"

"l'invasion a commencé grace a la faiblesse de nos institutions ,a la couardise de nos europolitiques et aux lobbys tiers mondistes"

"ces afghans sont des traitres à leur pays"

"si le gouvernement suivait la loi ce n'est pas 3 reconduite mais 300.000 qu'il faudrait réaliser"

"Ces personnes sont arrivées illégalement sur notre territoire ; il est donc normal qu'elles retournent d'où elles viennent"

"il y a des milliersde clandestins qui devraient profiter des voyages - payés par nos impôts - de retour au pays!"

"Il n'y a pas de raison de garder en France tous les immigrés clandestins afghans"

"Tous ces gens qui manifestent contre les expulsions, n'ont qu'à prendre à leurs frais s'ils ne veulent pas qu'on les expulsent...faut remettre de l'ordre dans ce pays"

"on n'a pas à imposer aux français de souche des invités indésirables"

"Il serait temps de condamner ces jeunes qui, au lieu de combattre dans leur pays laissent ce soin à nos jeunes soldats"

"Ils ont bafoué la loi en entrant illégalement en France !"

(Source...)

Ah...

Et dire qu'on trouve CSP violent...

Mais c'est que j'en ai encore, moi, du boulot, avant d'arriver à leur niveau.

mardi 20 octobre 2009

Exquise politesse

Quand il faut tonner contre le totalitarisme - y compris joufflu - et bramer comme cerf en rut en voyant du bolchevik derrière chaque lycéen qui manifeste, la droite n'est jamais en retard d'un amalgame nauséeux, ne passe jamais à côté de la moindre occasion de démagogie, et se permet de singuliers raccourcis avec une Histoire qu'elle maîtrise peu ou mal, ou en tout cas la tord dans suffisamment de sens pour lui faire dire ce qu'elle veut.

En revanche, elle ne voit nul inconvénient à chanter les louanges de criminels de guerre dans les colonnes fangeuses de sa presse du moment que ceux-ci ont été du "bon" côté de la politique, celle qui consiste à importer la "démocratie" à coup de tapis de bombes et de génocides dans des pays remplis de pauvres. Et qui le sont beaucoup moins, d'ailleurs, remplis, après le passage des bombardiers de l'US Army. La cas de la Pravda Sarkoyste de la ganache Mougeotte est à ce titre éclairant sur le deux poids-deux mesures de la "pensée" droitière, délirante au sens psychiatrique du terme quand elle parle d'une gouvernement de gauche, et d'une complaisance chantillesque quand elle se pâme devant d'authentiques bouchers. Chavez veut interdire les parcours de golfs inutiles et qui consomment trop d'eau ? C'est le totalitarisme. Le criminel de guerre Henry Kissinger est en goguette à Paris (puisque la France est un de ces pays où il peut encore mettre les pieds sans craindre d'être entendu par la justice pour deux ou trois atrocités commises sous sa responsabilité) ? Philippe Labro en dresse un portrait tellement enamouré que ça en devient gênant.

"Arrivant de Pékin, repartant pour Francfort, évoluant de colloques en séminaires, de conférences - chèrement rétribuées - en consultations au plus haut niveau - tout aussi bien payées -, Kissinger qui fut autant attaqué que respecté, accusé que célébré"

Kissinger offre un spectacle d'autant plus fascinant qu'il n'est pas spectaculaire, celui de la réflexion au travail. L'homme est inclassable, avec des lèvres à la fois gourmandes et sceptiques, un index de sa main droite épais et charnu comme si ce doigt avait pris du muscle à force de s'être agité, avoir tracé des lignes, conduit négociations et pourparlers, avec la même souplesse et autorité que le chef d'orchestre maniant sa baguette.

On dirait que ça rumine, ça phosphore, ça dissèque et ça passe à travers un tamis, on devine alors quel est son système de pensée. En fait, Kissinger organise son temps de riposte comme celui d'un métronome, dont les battements, réguliers mais silencieux, marquent la mesure de ses appréciations. Un tic, puis un tac, une affirmation, puis son antithèse. Kissinger étudie d'abord l'intention, pour construire sa rhétorique avant de la délivrer oralement, choisissant ses mots avec scrupule, avec la minutie d'un artisan du drap qui s'assure du bon agencement de la moindre rame sur un tissu."

C'est trop d'amour, décidément. Et en amour, on sait bien qu'il faut parfois fermer les yeux sur les petits défauts de l'autre, n'est-ce pas ? En l'occurrence, les petites imperfections du sémillant papy ont consisté dans quelques bagatelles comme un peu bombarder le Sud-Est asiatique en provoquant quelques centaines de milliers de morts, laisser faire gentiment un génocide au Timor-Oriental, soutenir Pinochet pendant son coup d'État et lui tenir la main quand il assassinait de l'opposant politique, et autres menues babioles dont quelqu'un d'aussi bien élevé que Philippe Labro ne fera même pas semblant d'effleurer. Or, en en parlant pas, il fait plus que jeter un voile pudique sur les agissements passés de Kissinger : en l'occurrence, ne pas dire, c'est cautionner. C'est même y apporter une forme de sympathie, puisqu'il faut un sacré gros tapis pour planquer tous les cadavres que l'artisan de la "realpolitik" à provoqué directement ou indirectement, et une assez admirable capacité d'hypocrisie pour faire semblant qu'ils ne sont pas là...

Ensuite, la réponse de la droite sera évidemment toute trouvée : le "communisme" ayant tué a peu près 15 milliards de personnes, il s'en trouvera obligatoirement certains pour répliquer sur ce terrain là et leur permettre commodément de faire passer la pilule, sans jamais expliquer plus avant comment il se fait qu'une aussi charmante démocratie que la France reçoit avec tous les égards des personnages qu'on imagine très bien dans un box d'accusés avec des écouteurs sur les oreilles, histoire qu'ils rendent un peu des comptes au lieu que de se pavaner sous les dorures républicaines.

Mais on pourra toujours compter sur l'exquise politesse de la droite pour ne jamais, au grand jamais, se permettre d'aussi flagrantes grossièretés sur la personne d'un hôte aussi prestigieux.

Méchante folle

Très bien écrit, d'une méchanceté jouissive qui ne fait pas de prisonniers, d'une rage frontale qui ne s'interdit pas l'analyse sociale et politique, c'est le blog de Didier Lestrade, fondateur de la branche française d'Act-Up, militant gay pas content et séropositif de combat. Entre autres, son analyse de feu Michaël Jackson et du mensonge tacite qui l'a entouré dès sa mort est définitivement ce que j'ai lu de plus juste et de plus percutant à ce jour :

"y’a personne qui va dire que c’était une folle lubrique ? Est-ce qu’on va aborder le sujet de la sexualité de MJ ? Oui, le fait que l’on n’ait pas insisté sur ce point est tout à fait normal, c’est un décès que l’on peut qualifier de…mondial, c'est un maxi-grief quoi! Mais c’est précisément là l’idée. Vous avez souvent des folles qui sont admirées par pratiquement 6,3 milliards d’habitants sur la planète ? Bon, imaginons, à la louche, qu’un milliard de Terriens ne savent pas qui est MJ, ou qui n’en ont rien à péter. Ça vous donne quand même 5 .3 milliards qui sont apeshit devant l’annonce de sa mort et qui s’engouffrent dans le cliché du Roi de la Pop alors que le mec n’a rien fait depuis 10 ans. C’était quand la dernière fois que vous avez eu une folle qui a ce degré de pénétration domestique ? Elton John au moment de la mort de Lady Di ? Même pas. Après tout, c’était pas lui la star N°1 même si c’est difficile de cacher Elton John dans le background d'une basilique. Non, MJ a réussi à mettre dans la poche 5.3 milliards d’habitants qui, pendant quelques jours, ont oublié la crise, la famine, la maladie, la soif, la guerre et le chargeur du portable qui est introuvable.

D’où mon point. Quand vous avez 5.3 milliards de personnes qui sont là à bramer parce que MJ est mort, ça veut dire que l’ensemble de la planète préfère ravaler le dégoût que leur inspire le visage de MJ qui, je vous l’assure, n’est pas quelque chose que vous avez envie de mettre dans n’importe quel cadre sur le mur. Même si on met de côté le conditionnement médiatique de cette affaire, ça veut dire que 5.3 milliards de personnes, avec des cultures très différentes, ont décidé d’occulter qu’ils étaient en train de chialer la disparition de la plus grande folle de tous les temps. Ce qui veut dire beaucoup de choses sur nos capacités d’absorption de la follitude en général. Ça dit beaucoup de choses sur la sublimation de l’homophobie. Ça veut dire que plus gros le mensonge est, plus il est accepté avec une ferveur sans précédent. MJ était un child molester et la condamnation était unanime lors de ses procès. Et il suffit qu’il disparaisse pour qu’un cordon de sécurité se forme tout de suite dans sa communauté pour faire taire la moindre rumeur qui puisse entacher sa sexualité.(...)

Ici, ce sont les gens qui l’admiraient qui ont fait office de cordon sanitaire, bien mieux que la famille, l’entourage proche ou les médias. Les 5.3 milliards de personnes avaient vraiment envie de soutenir et d’encourager ce mensonge. Ils n’avaient pas envie qu’on leur casse le plaisir de leurs émotions, ils ne cherchaient surtout pas à se rappeler cet étrange haut-le-coeur qu’ils ressentaient à chaque fois qu’ils voyaient MJ de son vivant. Pour moi, l’homosexualité de MJ ne fait pas de doute et ces centaines de millions de fans ont voulu absolument écarter cet aspect de leurs pensées au moment où ils étaient si occupés à célébrer son souvenir. D’un point de vue militant gay, c’est quand même un des rares moments de la culture moderne de masse : un homosexuel, ayant entériné depuis longtemps l’amalgame si redouté (homosexualité et pédophilie, eeeeeeeek!), se trouve amnistié par l’ensemble de la planète dans une oblitération complète de ce qui a fait de lui un freak."

Tenez, c'est tellement bien, son blog, qu'il est désormais dans les liens de CSP : autant dire, la consécration. N'est-ce pas ?

Proto-chaviste

Un grand moment bolivarien.



lundi 19 octobre 2009

The Glenn Beck Code

Nul me lisant ne peux ignorer la jubilation sournoise qui est mienne quand je vais baguenauder sur des sites libéraux. Je ris, mais je ris, Dieu ! qu'ils sont cocasses et amusants. Autant je puis me sentir compatissant et plein d'un sincère désir d'aide envers ceux qu'on nomme souvent abusivement "fous" - qui sont pour l'essentiel des personnes dans une grande souffrance et qui méritent surtout qu'on tente de leur apporter un soutien au quotidien -, autant les dispatchés du bulbe qui s'agitent frénétiquement en réclamant plus de Marché sur de désopilants forums n'arrivent même pas à me les faire prendre en pitié. Et bien évidemment, ce que je préfère entre tout, c'est quand ils inondent d'amères larmes leurs pauvres claviers innocents pour gémir l'à quel point il est cruel et douloureux de vivre ici, dans le Frankistan bolchévisé. Ça, c'est réellement très très drôle.

Cependant.

Si partis dans d'étranges dimensions qu'ils semblent être, ils ont encore bien du progrès à faire comparés à leurs homologues américains.
Qui eux peuvent faire très très fort.

Cf. Glen Beck, ex-alcoolique devenu mormon tendance fondamentaliste taré, et qui officie sur l'ultra-réactionnaire Fox.News en faisant son fond de commerce d'un néolibéralisme à faire faire des triples saltos arrière à Milton Friedman du fond de sa tombe, et en passant un temps absolument déraisonnable à traquer les moindres signes de communisme...euh, à peu près partout.
Parce que le communisme, il est comme ça :
Partout.
Et y compris dans les endroits les plus déconcertants, c'est dire l'atroce fourberie de la sinistre chose :



Oui. Sur le Rockfeller Center, il y a des traces de communisme.
Glenn Beck l'a vu. Glenn Beck sait. Et Glenn beck est parti en croisade pour convaincre le monde que l'hydre n'en finit pas de renaître.

Ok. Là, évidemment, on ne s'interroge même plus sur le degré de santé mentale de Glenn Beck : on a compris que non, ce n'est pas un sketch inédit des Monthy Pythons, ce type très agité est très sérieux, et il VOIT des symboles du communisme partout. Y compris sur le Rockfeller Center, et si il y en a jusque là, que penser du reste du monde ?

Et le mieux, c'est que ce n'est pas là un type isolé grimpé sur une caisse à savon dans un parc en train de s'égosiller devant des passants mi-hilares mi-épouvantés : il passe sur une chaîne d'informations nationale, et il est payé pour dire ça. Que la faucille et le marteau sont partout, que Barack Obama veut instaurer le socialisme, que les USA sont en Irak pour défendre la Démocratie. Ouais.

Et vient une autre question, du coup : est-ce que tous les Républicains sont aussi cinglés que lui ? Est-ce qu'au États-Unis, sur-puissance économique et militaire par excellence, il existe un nombre non-négligeable de personnes qui pensent que Glenn Beck a raison ?

Et on dirait bien au vu de la violence des attaques contre Obama que si ils ne sont pas tous aussi ravagés, néanmoins beaucoup le sont. Beaucoup beaucoup, même...

Nous laisserons le mot de la fin à l'excellent Bill Maher, autre présentateur d'émission à la télé US, qui a résumé bien des choses en une phrase :

"The Democrats have moved to the right, and the right has moved into a mental hospital."

dimanche 18 octobre 2009

C'est comme ça que ça commence...



...c'est ce que j'ai dit aux autres : "Lads, c'est comme ça que ça commence : 4 types au fond d'un bar avec des fils électriques partout et une dizaine de fans. Dans 6 mois, on est au Zénith de Toulouse. Dans deux ans, on fait Bercy. Dans 20 ans, on ne se parlera plus que par avocats interposés pour se réclamer des millions de royalties. Entretemps, on aura sombré dans la drogue et la déchéance, on aura fait les unes de tous les tabloïds du monde, on se réveillera dans des piscines de vomi froid avec des lycéennes à poil, on organisera des orgies backstage avec des saladiers de coke et des mannequins tchèques, la police débarquera et nous emmènera au poste - se faire prendre en photo à ce moment est hyper-important, c'est pour la postérité -, on ravagera toutes les chambres des Hilton dans lesquelles on débarquera, on fera semblant de s'engueuler en public pour faire croire qu'il y a des tensions internes et que le groupe est en péril, on fera des séances de magie noire en citant Aleister Crowley et on dira qu'Adolf Hitler en fait il est cool, Christel deviendra un mélange de Vivienne Westwood et de Phil Spector en encore pire - faut que tu te mettes à collectionner les armes à feu, Chris, ça aussi c'est super important - et pas une semaine ne doit s'écouler sans que d'épouvantables frasques sexuelles ne défraient la chronique. Faudra se faire violence, c'est la gloire qui veut ça.
Ensuite, il y a une partie pas cool : faut qu'il y en ai un qui meurt. Bon, ce sera Christophe vu que c'est le chef. Ben oui mon gars mais il nous faut un martyr, là. Étouffé dans ton propre vomi alors que tu es pendu par les pieds dans un donjon SM tenu par un transexuel, ça serait cool. Mais le mieux c'est d'être assassiné. Et puis on fera courir des rumeurs que ça serait toi qui a payé ton meurtrier parce que t'en pouvais plus de la gloire et de ton cinquième divorce. Ce serait un electrochoc terrible pour les autres, Lorenzo partirait se faire changer le sang en Suisse et je me convertirai au bouddhisme. On vivrait à l'ombre du leader disparu, en cultivant le respect de sa mémoire en public et en se déchirant pour de sordides histoires de pognon en privé.
Lads, dans 20 ans, des gamins de 18 ans et des quinquas à catogans viendront ici, dans ce bar, en osant à peine effleurer les chaises où on est assis, et en murmurant emplis d'une ferveur fascinée :

C'est ici qu'ils ont commencé...

Ouais. On tient un truc, là".

samedi 17 octobre 2009

Et là, je n'ai aucune idée brillante de titre pour ce billet.

Le Figaro est bien embêté : la polémique sur l'étudiant de 23 ans nommé à un poste pour lequel il n'a aucune compétence s'obstinant à ne pas retomber, il fallait bien sortir quelque chose pour ressouder un électorat de droite qui a tendance ces derniers temps à partir dans tous les sens. Et comme par hasard, que voit-on apparaître un Une du journal qui n'a jamais autant que ces derniers jours mérité l'appellation de Pravda Sarkozyste ? La Bête. Le Mal. La Grande Faucheuse Rouge Qui Va Semer l'Anarchie Et La Désolation En Ricanant. Le Bolchévisme Joufflu Qui Cache Son Couteau D'entre Les Dents Derrière Son Sourire De Communiant, enter :

Olivier Besancenot.

Bon, qu'est-ce qu'on a encore fait, là ?

"Les militants PS tenté par l'alliance avec Besancenot".

Ah bon ?
Première nouvelle, tiens.
Perso, je n'avais pas tellement senti un élan amoureux aussi flagrant envers nous, hein. Mais il est vrai que je ne peux prétendre connaître chaque militant P"S", c'est évident. Alors que peut-être que pendant que j'ai le dos tourné, ils se décident tout d'un coup à devenir de gauche et exigent qu'on se fasse des bisous. Bon. On est en politique et il s'est vu des revirements plus spectaculaires, comme quoi.

Non, bon, soyons sérieux : c'est sur la base d'un sondage bidon - Opinion Way, donc - avec une question évidemment biaisée, et les socialos en vrai n'ont absolument pas envie de faire quoi que ce soit avec nous, et ça tombe bien : nous non plus. Ce genre d'annonce, ça ne sert qu'à faire peur à l'électorat de droite pour ressouder les rangs, regardez regardez, pendant que vous vous engueulez, la gauche ouvre la porte à son extrême, c'est le retour de la malfaisance et bientôt très bientôt les MJS vont mettre les centre-villes à feu et à sang, tremblez braves gens. Alors que tout ce que nous on se contentera de faire, c'est faire perdre le P"S" en 2012 en espérant que le chèque de l'Élysée soit plus conséquent que la dernière fois. Krivine et Péf Grond n'ont pu partir que deux semaines à Ibiza, et Fred Borras a du se contenter d'une seule BMW et encore, un modèle de l'année passée. Il faut comprendre que maintenant qu'on a changé de braquet avec le NPA, nos critères de standing ont évolués, et Ralph Lauren s'obstine à refuser de nous faire des prix de gros. Quels ingrats, avec tout le fric qu'on claque chez eux, franchement.

Passons à autre chose, voulez-vous ?

Comme par exemple la Fête du NPA 31, évènement nécessaire auquel vous viendrez en nombre assurément. C'est à la salle de fêtes de Ramonville et maintenant qu'il y a un métro, vous n'avez aucune excuse. En plus j'y serai, c'est dire l'à quel point il faut que vous veniez. Je serai à la crèche, en train de garder les boutchous, et ça sera kromeugnon.



Mieux que la Corse

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