dimanche 25 juillet 2010

Départ







Lectures d'été et préparation à une semaine d'absence bloguesque : on se casse en Normandie avec Mamour, il faudra savoir être fort les enfants. Et aussi, une semaine sans connexion, franchement, ça va faire du bien.

Portez vous bien et surtout : ne soyez pas sages.

vendredi 23 juillet 2010

Là où tu sais

"Sous la pression des marchés financiers, Madrid met plein cap sur le réformisme libéral. Gel des retraites (avec relèvement de l'âge de départ à 67 ans), baisse du traitement des fonctionnaires, suppression de 10 000 postes de vacataires publics et surtout réforme du marché du travail dans le sens d'une plus grande flexibilité.
Les entreprises du pays pourront licencier plus facilement et donc, espère le gouvernement, n'hésiteront pas à réembaucher plus vite quand la conjoncture se retournera. Une réforme que la droite espagnole avait esquivée et qui sera donc mise en place par la gauche (...)
"Notre marché du travail est incompatible avec le nouveau modèle d'économie innovante et compétitive auquel nous aspirons", a expliqué le chef de gouvernement pour justifier qu'il adoptait une mesure qu'il avait récusée l'an dernier"


Bien ; à présent, nous savons donc pertinemment ce que ne manquerons pas de faire nos "socialistes" si jamais ils reviennent en 2012. Parce qu'ils feront évidemment exactement la même chose : des mesures de droite, comme ils ne savent d'ailleurs plus faire que ça. De ce point de vue, c'est vraiment très dommage que le saisissant raccourci "UMPS" ait été capté par le FN en premier puisque ça résume puissamment ce qu'on doit en penser. Ce sont les mêmes, exactement les mêmes, et refuser de voir cette réalité ne peut être dû qu'à un aveuglement désormais coupable, ou alors à un stade avancé de crétinerie naïve. Ou les deux.

Ou encore et c'est le point sur lequel je me pencherai : une bonne grosse dose de lâcheté bien épaisse. Lâcheté la mieux partagée par les électeurs des classes moyennes éduquées qui ne résolvent toujours pas à faire l'effort, pourtant pas bien violent tout de même, à ne serait-ce que voter pour des gens vraiment de gauche. Ce n'est pourtant pas l'offre qui manque ces derniers temps, celle-ci étant même plus que pléthorique et on ne risque que l'embarras du choix. Mais même ce choix, ils ne le font pas, ces pleutres. Ils préfèrent encore voter socialo en pleurant et en se couvrant la tête de cendres, pour après saouler tout le monde avec leurs minables états d'âmes en tentant de se justifier - encore...- d'avoir en toute connaissance de cause contribué à redonner un vernis de crédibilité à ces grosses putes. Lesquelles auront encore l'impudence de se vanter de leurs succès "face à la droite" avant de faire la même politique que cette dernière et d'agiter régulièrement quelques chiffons rouges comme en ce moment ce Tout Sauf Sarkozy qui est bel et bien la seule "idée" dont ils disposent pour revenir aux affaires.

Donc, "ami" électeur socialiste - "ami" étant évidemment entre guillemets puisqu'il est logique et naturel que je ne compte aucun électeur P"S" parmi mes proches, tous gens de bien et de bon goût qui méprisent les sociaux-démocrates -, toi qui parfois nous confie lors de diff' sur les marchés que "moi je vous aime bien mais voilà tu comprends...", tes petits scrupules et autres mesquins évitements, tu peux t'en faire un paquet très serré et te les introduire là où tu sais, pauvre connard.

La vérité c'est que tu es un faible. Ce qui ne pourrait que regarder que toi et ta triste conscience si malheureusement tu ne disposais pas du droite de voter, que tu emploie systématiquement et in fine à défendre tes intérêts de classe puisque la vraie et véritable raison de ton vote ne se trouve pas dans ta piteuse psychologie de pétochard chronique, mais dans l'espoir qu'avec la lie soc' dem au pouvoir tu en prendra un peu moins dans la gueule et qu'ainsi tu conservera ton pouvoir d'achat pour t'offrir les conneries indispensable à ton lifestyle de bobo complexé. Voter contre la droite, oui ; mais est-ce que l'Apple Store sera ouvert, après ? Hein ? Cet égoïsme de petit bourgeois qui préférerait voir crever les pue-la-sueur plutôt que renoncer à ses petites distinctions est sans doute parfaitement inconscient et maquillé en vibrante défense de la "démocratie" avec même parfois une nuance d'antilibéralisme sans conséquences ; pour autant, ça ne t'en rend pas moins méprisable, je te rassure.

De toutes façon, il est évident que 2012 pour moi consistera à voter au premier tour pour le candidat anticapitaliste - pas antilibéral "républicain" : anticapitaliste. Et ça tombe bien, il risque d'y en avoir un -, et au deuxième...à ne rien faire, comme d'habitude.

Et à encore, encore, et encore, te regarder aller voter en geignant pour le ou la crevard-E qui appliquera le programme de la droite.

Mais s'il te plait cette fois : ne viens pas me pleurer dessus. Tu es pathétique.


mercredi 21 juillet 2010

La (vraie) guerre civile

Bénies soient les émeutes et loués les émeutiers ; c'est ce que doivent se dire ces autres caïds qui eux ne se contentent pas de loisirs de petits bras comme braquer des banques mais disposent de la totalité des leviers institutionnels pour régulièrement effectuer de spectaculaires hold-ups sur l'ensemble d'une population. Sans doute même espèrent-ils que ces flambées vont finir par faire oublier le vaudeville estival des très riches qui se croient tout permis, même si malheureusement pour eux cette série à rebondissements semble se diriger vers une longévité à la Dynastie. En encore plus rigolo toutefois.

Et pendant que la pourriture d'en haut se gave joyeusement dans une telle insouciance qu'elle a du mal à comprendre qu'on puisse lui reprocher quoi que ce soit, on observe encore les résultats concrets de trente années de non-politique d'intégration et de construction de ghettos périurbains pour parquer les pauvres : oh mon Dieu mais ça "explose" donc encore ? Ah ça, c'est qu'en politique il faut faire des choix et soit on enrichit les riches, soit on s'occupe des pauvres ; de ce point de vue, tous les gouvernement s'étant succédés depuis la construction des cités ont toujours manifesté une exacte cohérence et ont toujours choisi. Ne pas voir le lien de causalité entre les deux, impudence des nantis et violence des gueux, c'est soit refuser de comprendre que quand on vit en société tout est relié par des dynamiques de rapports de forces, soit être commentateur chez Causeur et d'une façon générale être une chèvre qui ne comprend rien à rien. Les deux ne s'excluant nullement au passage.

Ce zoo réacophile, chèvres hystériques, singes hurleurs de la kévinopshère et autres gorets alcooliques ne manquera pas de se faire un régal de la lecture de cette interview d'un flic plus en service depuis 1981 mais à qui Marianne - ce canard de merde - n'en demande pas moins son opinion sur les violences ; mais quant parcourant la chose l'oeil semi-blasé par le robinet de lieux communs sécuritaires ainsi grand ouvert, on tombe sur :

"Il faut cesser de donner à cette situation des explications économiques et sociales"

Ici, on laisse dont tomber cette lecture et on ferme l'onglet : inutile de continuer plus avant et encore moins même de commenter la chose, tant est totalement discrédité tout le reste par cette seule phrase. Les cités flottent dans un éther déconnecté des problématiques politico-économiques c'est bien connu, et il ne faut pas chercher à discuter avec les guignols qui reprennent ce genre d'argument ; d'abord parce qu'on ne dialogue pas avec le vide, et ensuite parce qu'on privilégiera des gens un peu sérieux pour analyser ces phénomènes et pas les jean-foutre sécuritaires qui s'expriment dans des publication débiles.

"Répression répression répression !" braillent les cons ; mais au fait, qui est au pouvoir en ce moment ? Qui dispose de la Police, de la Gendarmerie et de la DCRI ? Qui également dispose des ministères en charge des politiques sociales ? Depuis des années que les nabots matamorent en promettant l'Ordre et la Justice, ces "banlieues à problèmes" devraient être complètement pacifiées...
Sauf à considérer que le chaos sert les buts de ce pouvoir et ce n'est pas un hasard si pour le moment Sarkozy évite soigneusement de se prononcer là-dessus en mettant ses ministres en avant ; plus c'est le bordel dans les cités, plus la situation va s'aggraver, plus elle sera complaisamment mise en avant par des médias qui évacueront la dimension politique de cette violence pour n'en rapporter que l'aspect de "fait-divers", plus les déclarations provocatrices et déploiements de force continueront, plus un Sarkozy en grande difficulté en ce moment pourra apparaître comme celui qui va reprendre énergiquement en main tout ce bazar.

La vérité est que Sarkozy a besoin de cette violence parce que c'est le dernier atout dont il dispose pour espérer se faire réélire en 2012. Ce n'est pas sur son bilan économique qu'il fera campagne, vous vous en doutez bien : ce sera sur la promesse de la grosse poigne. Il n'a donc surtout aucun, mais aucun intérêt à ce que les choses se calment et ne peut que vouloir qu'elles dégénèrent encore. Quitte à les y aider un petit peu puisque ce ne serait pas la première fois qu'un pouvoir aux abois utilisera de discrets offices pour mettre encore de l'essence sur les braises, en faisant appel cette fois à des société privées qui ne tarderont pas à être bientôt mises en avant pour "pallier aux carences de la force publique", on peut déjà imaginer le communiqué officiel. Accroissant encore le bordel puisque ces mercenaires de proximité vont à coup sûr se comporter avec les populations avec la même maîtrise de soi dont leurs homologues en treillis ont fait preuve au Moyen-Orient. On en reviendra à regretter les îlotiers, vous verrez, mais ceux-ci seront de toute façon trop débordés pour faire leur boulot.

La seule vraie guerre civile, c'est celle que les riches ont déclarés à tous les autres et qui va connaître un nouveau palier d'agressivité pour compenser la mise à nu de sa corruption. La seule vraie guerre civile, c'est celle d'un pouvoir acculé qui instrumentalise la violence et va y répondre par la force sous les applaudissements des petits blancs opprimés qui n'en seront peut-être même pas reconnaissants au final et choisiront l'original à la copie.

La seule vraie guerre civile, c'est celle que eux ont déclaré contre nous, et ce "nous" inclut aussi les pigeons qui hurlent à la répression, parce que eux non plus ce pouvoir ne les loupera pas.


lundi 19 juillet 2010

Pragmatique

C'est très bien, Agone, comme maison d'édition. Vraiment très bien, d'ailleurs je suis à peu près certain que mes délicieux lecteurs et trices ont lu Une histoire populaire des États-Unis d'Howard Zinn parue chez, vu que c'est indispensable. Donc oui, c'est vraiment très bien et on sait qu'un bouquin édité par eux sera toujours intéressant et instructif, et qu'on en ressortira moins sot qu'au départ. Admettez que la chose n'est pas si courante.

En revanche, ce qui agace prodigieusement, c'est ce genre d'interview d'un de ses salariés qui revient sur la micro-affaire de contentieux avec la branche Zones des éditions de la Découverte, où notre éditeur sourcilleux tance ses petits copains de en gros collusion objective avec le Grand Kapital :

"Grégoire Chamayou de Zones te dira sûrement qu’il ne pourrait toucher autant de lecteurs s’il n’était pas à La Découverte…

Peut-être. Mais ça n’est même pas sûr ! Il y a aussi de bons livres chez Fayard ou d’autres marques des grands groupes, et des auteurs comme Serge Halimi, Hervé Kempf ou François Ruffin, par exemple, qui ont des propos radicaux mais préfèrent publier chez de gros éditeurs en espérant être lus davantage, quitte à participer à l’économie d’une multinationale. Je pense pour ma part qu’il est impossible d’agir efficacement sur le monde de cette manière, qu’il vaut mieux prendre le temps, braver quelques difficultés. Qu’il est préférable de construire au début quelque chose d’artisanal, d’indépendant ; ça prendra du temps, mais une dynamique finira par se créer".

"Ça n'est même pas sûr" ? Euh, si, en fait, désolé mon gars mais : c'est sûr. De la même façon que faire une interview dans un canard national, ça touche plus de monde que dans un fanzine lu par le petit milieu militant qui connait son existence.

Gros agacement donc, puisque ça me renvoie aussi à ce gauchisme puriste qui est la plaie du milieu et qui se décline sous toutes les formes imaginables ; payant des cotisations dans un parti politique régulièrement vilipendé sur sa gauche pour trahisons à répétition du prolétariat et autres collaborations de classes de tous genres, je devrais pourtant être habitué voire blasé de la surenchère puriste de ces fougueux jeunes gens, mais voilà : ça ne passe toujours pas. Et entre les poses anti-électoralistes, le reproche de passer à la téloche, l'exhortation au forcing ouvriériste, la méfiance systématique vis-à-vis des moyens de communications actuels, et d'une manière générale la peur de se compromettre en faisant le moindre geste et ne parlons même pas d'essayer d'explorer d'autres formes que ce qu'on a déjà connu mille fois sans que ça marche jamais, on finirait presque par se demander si nos révolutionnaires d'acier ne seraient pas un chouïa très conservateurs et repliés sur ce qu'il connaissent en se méfiant de tous le reste. Zéro compromission et continuons de fabriquer nos petits espaces de résistance entre nous, on y est si bien...

De ce point de vue, les reproches d'Agone offre de grandes ressemblances avec ceux du défunt Plan B qui n'avait jamais de mots assez durs pour critiquer ceux qui osaient passer dans les médias de masse, vu que les médias de masse ils appartiennent à des capitaliss' et qu'on doit surtout jamais s'en approcher. Fort bien ; mais décider de se limiter à la confidentialité est un choix qui peut s'avérer politiquement douloureux et les espaces d'expression pour les idées progressistes ne sont pas si larges qu'on puisse s'offrir le luxe de les ignorer. C'est pourri ? Oui. C'est biaisé ? Certes. On ne peut s'exprimer que dans les cadres définis par d'autres ? C'est ça ou ne pas s'exprimer du tout. Vaut mieux dans ces conditions ne pas s'exprimer du tout ? C'est un choix ; mais à ce moment, il ne faut surtout pas se désoler qu'on est jamais entendus...

De même, je commence de ressentir un agacement croissant, et y compris en interne de mon parti bien-aimé, devant les très fortes réticences à l'utilisation de l'outil internet comme vecteur d'une propagande qui ne serait plus sur un mode défensif/pédagogique - avec tout le succès qu'on peut observer dans cette manière de faire les choses... - à un mode offensif/insolent pour ne plus être constamment sur la défensive mais imposer nos idées dans le débat public et les soutenir avec l'acharnement que ça requiert. Internet c'est bizarre et on y comprends rien ? Va falloir pourtant s'y mettre et fissa, vu qu'on doit être à peu près les derniers à ne pas l'utiliser de cette manière. Ça touche pas les classes populaires ? Faux, c'est surtout les vieux qui ont du mal et les vieux dans leur majorité, ils ne nous aiment pas. T'inquiète pas que les "classes populaires" elles ont l'ADSL depuis longtemps. Quant à cette "jeunesse" après laquelle on court sans arrêt, elle est sur Facebook. Mais on peut pas recruter des militants sur Facebook ? Ben si, on va mais faut s'en occuper. C'est un milliard d'inscrits dans une poignée d'années, Facebook ; admettez que ça serait ballot de négliger ce genre de réservoir, non ?

Oui, je sais, je mélange tout mais c'est les vacances et je suis agacé et d'ailleurs je vous dis zut ; ce que je veux dire, c'est que c'est très gentil tous ces discours vachement puristes qui font pas de compromis et qui vous toisent du haut de leur vision des choses à angle droit, mais qu'à force non seulement ça saoule mais qu'à un moment il va quand même falloir se décider à devenir pragmatique et à faire avec ce qui existe et pas avec ce qu'on voudrait idéalement.

Nous allons donc faire avec Agone exactement la même chose qu'avec le Plan B en son temps : hocher la tête en acquiesçant à ce qu'il disent ; leur dire que d'un certain point de vue ils ont complètement raison ; lire leurs publications avec intérêt ; et continuer ce qu'on a à faire.



dimanche 18 juillet 2010

Piètres et petits contre-feux...

Je m'interroge.
Je suis même quasi-perplexe les enfants.
C'est à dire que je viens de lire le bout de chronique d'Yves Thréard et passé le premier mouvement - rire -, il faut tout même admettre qu'un certain doute me taraude, quand même. En fait, je ne comprends pas le but exact de ce papier, voilà. Bon, extrait, c'est sur les aiguilleurs du ciel bientôt en grève :

"La France d'en haut, si jalousée, si décriée, si détestée, n'est pas toujours là où on l'imagine. Elle se cache aussi derrière les murs de citadelles imprenables. Celle-ci n'a pas la richesse ostentatoire, ne roule pas carrosse, ne fait pas la une des magazines. Non, elle vit dans le secret de ses privilèges, de ses avantages acquis, de son confort professionnel. C'est à cette autre France d'en haut qu'appartiennent les contrôleurs du ciel".

Oui, voilà, à présent vous comprenez mieux. Donc d'abord, on rit de bon coeur - aiguilleurs du ciel/Bettencourt = même combat, ah ah ah, oh oh oh, que donc Thréard est rigolo - et ensuite, on se demande. Puisque à part servir à l'auteur à cracher son jet de bile poujadiste et d'ailleurs peut-être ce genre de choses lui fait-il un bien fou qui sait ? Ils ne sont pas comme nous, ces gens là, vous savez -, quelle est franchement l'utilité de vouloir tordre la réalité de cette manière ? Las, le reste de l'article étant disponible en échange d'abonnement, nous ne pourrons pas approfondir la pensée thréardienne et savez vous qu'il m'a même traversé l'esprit pendant une microseconde l'idée de m'abonner au Figaro ? Avant que de me reprendre dans un frisson, cette chaleur ne me réussit décidément pas...

Ensuite, on peut extrapoler ce qui a vraisemblablement suivi : la tentative piteuse et indigente de mettre en parallèle les "privilégiés" de la fonction publique avec les privilégiés...tout court. La chose apparaissant quelque peu hardie, puisque si on imagine quelqu'un dans la rue en train de vous expliquer que le cheminot et l'héritière de l'Oréal en fait c'est kif-kif bourricot, vous allez regarder le type en souriant gentiment tout en vous demandant pourquoi on laisse ce genre de particulier sortir de son hôpital. Alors ? Essai de retourner un argumentaire en essayant de détourner l'attention d'affaires qui éclaboussent de plus en plus un gouvernement chaque jour un peu plus en slip ? Simple bêtise élémentaire, l'auteur nous ayant moult fois prouvé par le passé qu'il n'était pas vraiment une lumière ? Les deux ? Peu importe. Et puis bon, encore une fois ça fait rire et c'est déjà pas mal.

Toutefois, une précision quant à ces "privilèges" et nous prendront pour exemple ces catégories de travailleurs que sont les aiguilleurs du ciel, les cheminots, et aussi les pilotes d'avion allez.
Je n'ai pour ma part aucun, mais alors vraiment aucun problème à ce que ces gens travaillent dans les meilleures conditions possibles. Ayant un métier spécifique à charge d'âmes, j'ai en effet tendance à penser que mieux ils se portent dans tous les domaines, mieux ils pourront se concentrer sur les tâches leur incombant et ainsi amener sains et saufs les gens dont ils ont la responsabilité. Dont moi à l'occasion.
C'est pourquoi j'ai très envie que les aiguilleurs du ciel, les cheminots, et aussi les pilotes d'avion, aient le plus de RTT possible. Qu'ils aient un salaire encore meilleur. Que tout souci de quelque ordre ce soit leur soit épargné. Vous saviez qu'aux États-Unis, certains pilotes d'avions de transport de passagers sont obligés de prendre un deuxième boulot pour pouvoir s'en sortir ? Eh bien ce genre de chose, j'aime pas. Je veux que les gens qui m'ont en responsabilité soient chouchoutés à mort, que rien ne les distraie jamais, qu'ils n'aient aucun souci d'argent ou de fatigue ou d'inquiétude et que leurs supérieurs hiérarchiques leur fassent des bisous.

Et quand on y pense, se dire ça c'est du simple bon sens.


samedi 17 juillet 2010

Giraudeau

All your bases are belong to us

"Le Parlement des enfants du 5 juin dernier a été pour eux l'occasion de proposer des lois sur des sujets qui les touchent. Quoi de plus naturel donc que d'y trouver un texte traitant des jeux vidéo ?
"Afin de concrétiser ce travail de qualité, il est apparu opportun de présenter ce texte dans la présente proposition de loi. L'exposé des motifs reprend le texte qui avait été rédigé par les enfants de la classe de l'école Les Alpinias de Petite-Île", écrivent une dizaine de députés dans la proposition qui a été déposée officiellement le 13 juin dernier.
Relevée par TheInternets, elle vise à « responsabiliser les pouvoirs publics et les industries de jeux vidéo dans l'éducation à la santé et la protection des enfants et des adolescents contre la cyberaddiction ». Rien de moins.
Cette proposition prévient que « les jeux vidéo sont devenus des éléments incontournables de notre environnement [mais] ne sont pas sans danger. [...] Le jeu peut rapidement dégénérer en dépendance [et] présenter un risque en matière de santé publique». Dépendance fixée au seuil de deux heures de jeu par jour, par un « on » indéterminé.
Cette dépendance peut ainsi mener aux effets suivants : « fatigue visuelle, asociabilité, agressivité, nervosité, vertiges, troubles de la conscience et de l'orientation, voire crises d'épilepsie et nausées, repli sur soi, échec scolaire, perte de la notion du temps, déshydratation et sous-alimentation ». Une longue litanie où il est difficile de départager les effets prouvés du fantasme".


Fantasme ? Nullement : on possède les irréfutables preuves que non seulement le jeu vidéo rend agressif, nerveux, vertigeux, troublé de la conscience et désorienté, rend nul à l'école et méchant au travail, mais qu'en plus ceux qui s'y adonnent mangent leurs crottes de nez, poussent les petites vieilles dans les escaliers et rient en les voyant gémir à cause de leur fracture du bassin, et sacrifient des jeunes vierges à Satan et ils ont bien du mérite parce que trouver des jeunes vierges de nos jours, faut carrément taper niveau maternelle et encore. Bref : à l'instar de la musique qui fait du bruit dans les années 80, c'est maintenant le vidéoludique qui est la cible des gens qui plutôt que de se demander le pourquoi d'un truc se hâtent de poser un pansement inutile dessus. Et toujours comme la musique qui fait du bruit, évidemment rien ne vient étayer les présupposés hypothétiquement pathogènes des jeux vidéos. Alors qu'il est certain que l'écoute à très haute dose de Mika ou de Céline Dion rend irrémédiablement con, la simple observation des têtes d'endives de leurs fans l'atteste irréfutablement, et eux, personne ne s'avise de vouloir les "protéger" de ces pourtant funestes et tragiques mélodies. Teenage dreeeeeeeeams in a teenage circuuuuus, mon Dieu, les pauvres enfants...

Volonté, encore, de légiférer pour tout et surtout n'importe quoi en s'emparant de micro-phénomènes sociétaux secondaires - combien de burquas en France, déjà ? - afin de montrer qu'on fait quelque chose, cette proposition inepte reflète surtout une fébrilité très sarko-like de s'emparer de n'importe quelle question ou problème pour affirmer dans la plus parfaite précipitation qu'on est réactif et qu'on agit concrètement pour les résoudre, avant que de passer à autres chose en laissant derrière soi une mini-loi débile, sans intérêt ni impact véritable quand elle n'est pas inapplicable, mais voilà : on a fait quelque chose et on l'a fait vite. Satisfaction de col blanc stressé dans sa boiboite qui s'agite très très fort pour montrer à ses supérieurs qu'il est efficace et qu'il a du rendement, et exemple encore de la contagion des pseudo-valeurs du management et de la gestion qui ne raisonne qu'en terme de passif/actif, problème/solution, et n'a jamais le temps de penser les choses. Des gamins passent un temps déraisonnable dans des univers virtuels ? C'est peut-être parce que l'univers réel n'est pas sexy le moins du monde et que cet échappatoire prend sens dès qu'on se demande ce que ça peut bien être d'être un gamin dans une société dépressive à l'avenir bouché. Mais ça, c'est prendre le temps de se poser la question du pourquoi plutôt que de vouloir à toute vitesse répondre à un comment superficiel, et précisément poser cette question du pourquoi c'est tirer un fil qui aboutit comme par hasard au gros pull des politiques mises en oeuvre depuis trente ans.

Le "pourquoi" est décidément l'ennemi juré de cette société basée sur l'idéologie du "j'veux pas me prendre la tête" qui affecte du sommet de l'État jusqu'à ses couches les plus humbles, d'où une à peu près complète sclérose de la pensée et de l'action politique qui doit désormais réagir et a remplacé le temps de la maturation des idées et des actions par la réactivité décérébrée et l'urgentisme permanent qui ne voit que l'immédiat sans pouvoir se projeter dans aucun terme. Plus de recul ni de perspective, de l'action, des actes, et peu importe leur complète débilité puisqu'au moins, précisément, on a agi.

Tout ça est décidément exaspérant et il va bien falloir me refaire la mission "Goulag" de MW2 en mode Vétéran pour m'apaiser, tiens.
(Et merci à Agnès pour le lien)


jeudi 15 juillet 2010

Engagez-vous

"Dans un communiqué que l'on peut lire sur son site internet, le Front national annonce que Laurent Mosic, sergent-chef au 13ème régiment du génie, tué le 6 juillet en Afghanistan " fut un militant actif du Front national et du DPS" (département protection sécurité), le service d'ordre du parti d'extrême-droite, sans donner plus de détails. "Jean-Marie Le Pen et le bureau du Front national présente à ses proches leur plus sincères condoléances" poursuit le communiqué. Laurent Mosic s'était engagé en 1990, à l'âge de 18 ans".


Admirable exemple en vérité que celui de cet homme constant dans ses idéaux jusqu'au sacrifice. Lequel est peut-être un peu involontaire mais ce serait mesquin de le penser. Militant FN, membre de la milice perso du Borgne, et engagé volontaire parti bouter du Taliban sournois dans les hostiles montagnes là-bas très loin : ce Laurent Mosic avait au moins de la cohérence et il faut lui reconnaître ça.

C'est pour ça que vous, mes amis réacophiles, cas sociaux identitaires et autres ethnodifférencialistes à QI de brique, je vous le demande : n'êtes -vous pas édifiés, inspirés, bouleversés et motivés pour suivre ce glorieux exemple ? Vous qui avez la constitution physique d'une crevette asthmatique et le courage d'un lapin fermier, pour qui sortir de chez vous constitue une aventure traumatisante et voir trois Noirs dans le métro vous persuade du déclin de l'Occident, n'est-ce pas enfin là l'opportunité d'enfin faire quelque chose de vos vies sans intérêt ? Sincèrement, une mort pleine de panache au service de la Patrie et des Valeurs Françaises n'est-elle pas incommensurablement préférable à vos sous-existences d'aigris mal-baisants et polyfrustrés ? L'uniforme ! Le départ ! L'aventure ! Le danger ! Le frisson, enfin ! (et le retour dans plusieurs sacs en plastique, aussi, certes, mais n'y pensez pas trop ça va vous gâcher le sexy de la chose) : ENGAGEZ-VOUS ! POUR LA FRANCE ! Et tiens, je te met du tricolore, ça va te faire des choses :



C'est joli, hein ? Ça te fait des gouzi-gouzi tout partout, c'est tout ton petit corps qui vibre et frémit devant Ces Trois Couleurs Immortelles et tu ressens enfin quelque chose de plus vrai et de plus fort que quand tu évacue tes petites tensions devant Youporn. ENGAGE TOI ! Pars dans les pays lointains pour traquer du musulman fanatique au lieu de piauler devant ton clavier et de commenter sur Fsetouche : de l'action, enfin !

Et surtout, accepte les missions les plus dangereuses. Un grand garçon tout viril comme toi ne va pas faire sa grosse tapette, n'est-ce pas ?


mardi 13 juillet 2010

Ah ah ah ! Oh oh oh !


Bon, l'exercice de style était obligé, mais j'avoue que je ne m'attendais pas à ce genre de numéro : je voyais plutôt une stratégie de la meilleure défense, c'est l'attaque, avec un président qui regarde Pujadas - AKA la France - droit dans les yeux, ferme et droit, on a attaqué un de mes ministres Môsieur et c'est comme si on attaquait ma propre chair, la ligne bleue des Vosges, le sursaut national, l'effort de tous face aux funestes moments que nous traversons, ce gende conneries post-gaulliennes qui font frémir dans les caleçons ; au moins, ça vous aurait eu un peu plus de gueule.

Parce que ce numéro de victime avec le regard d'épagneul et cet air de s'excuser sans arrêt, pouah : c'était fort peu ragoûtant. Les retraites ? Cépamafote davidpujadas chuis bien obligé, rhalala, et puis j'ai pas eu de bol allez, quatre, quatre crises en deux ans sur mes pauvres frêles épaules, si c'est pas du malheur ça donc, et puis tous ces gens décidément complètement méchants qui disent rien que des trucs même pas vrais davidpujadas, si c'est pas de la sournoise sournoiserie tout pas gentille, ouin ouin ouin, pfou, déjà que regarder Sarkozy est pénible en soi, mais hier soir quelle purge ce fût. Cette petite comédie parviendra t-elle à convaincre et rassurer dans ses propres rangs ? Il faut dire que cette droite est désormais d'une bêtise telle que ça se peut bien, avec en plus la perspective de se prendre une rouste en 2012, tu m'étonnes que déjà là maintenant tout de suite, il faut d'urgence resserrer les rangs.

De la à convaincre l'ensemble des français qu'on est de fait dans une "république irréprochable" : faut pas déconner non plus.
C'est d'ailleurs la chose la plus positive à retirer de l'affaire Woerth-Bettencourt : la méfiance et défiance accrue envers un gouvernement de riches pour les riches, d'où sans doute la volonté de profil ultra-bas du Nain dans un moment qui tangue. C'est sur cette défiance et cette exaspération qu'il faut appuyer, c'est sur ce clou qu'il faut taper. Et je veux dire : vraiment taper, pas comme les socialos qui rouspètent mais pas trop fort, histoire qu'on aille pas voir de trop près dans leurs propres histoires de financement.

Je ne partage absolument pas les charmants scrupules de nombres de mes camarades sur cette question : il ne faut pas hésiter à faire du gros populisme de gauche qui tache et qui saigne. Si il y a un bon moment pour ça, c'est bien maintenant. Foin de nos pudeurs, mes amis ! Ébrouons nous de nos délicatesses et cognons, cognons, cognons, tels de joyeux charpentiers, sur les clous rouillés de la Réaction ! D'abord parce que ça fait du bien, et ensuite parce qu'il en sortira quelque chose au niveau des masses.

Sinon, ralentissement estival du rythme : pendant le mois qui vient, quelques billets seront postés selon l'humeur, les chose sérieuses reprennent en Août. Bien à vous, et surtout : ne soyez pas sages.

lundi 12 juillet 2010

Bien fait pour sa gueule

Non, il ne s'agit pas ici d'Eric Woerth parce que bon, à un moment donné il faut aussi parler d'un peu autre chose ; mais de l'administratrice territoriale qui a joyeusement craché dans la soupe en insultant tout le monde et qui pleurniche à présent que le monde est trop méchant. Résumons :

La pauvre petite Aurélie Boullet a connu le terrible fardeau de pouvoir faire de longues études payées par papa-maman, puisque au vu du cursus - prépa, Science-Po et l'École Territoriale d'Administration - pas question de bosser à côté dans des jobs merdiques comme la majorité des autres étudiants parce que bon, j'veux dire, on est trop charrette de trucs à réviser, quoi -, puis a directement intégré un poste de cadre A au conseil régional d'Aquitaine. L'enfer, on en conviendra. Mais là survient le drame : fifille à papa s'enquiquine. Puisque en effet ce qu'on lui demande est tellement en dessous de ses brillantes capacités intellectuelles, n'est-ce pas, et en plus ses collègues c'est rien que des crétins dont l'esprit n'est évidemment pas aussi affûté que le sien. Alors elle boude. Comme une sale gamine. Et sans trop se rendre compte - l'absence d'expérience concrète, sans doute - du gros bol qu'elle a d'avoir elle le cul au chaud dans un poste avec possibilités d'évolution quand d'autres nanas de son âge sont coincées à vie dans les travail de caissières ou d'aides soignantes avec comme perspectives de changement : zéro.

Mais ça c'est la réalité et Fifille a visiblement un peu de mal avec ce concept ; au point qu'elle se décide comme une fleur à écrire un livre qui va se moquer non seulement de sa hiérarchie mais dans la foulée de l'ensemble de la fonction publique. Qui lui file un salaire généreux tous les mois, mais Fifille se pense tellement intelligente qu'elle peut bien se permettre. Comme d'ailleurs de penser que mais non voyons, personne ne risque de se reconnaître dans les situations décrites, puisque elle met pas les vrais noms...
À ce stade, on peut tout de même se demander si Zoé Shepard - pseudo de la demoiselle - n'a pas quelque peu surestimé son intellect ; et la suite des évènements fait même franchement se demander si, pour quelque d'aussi auto-proclamée tellement plus brillante que l'ensemble de ses propres collègues, on a pas ici un exemple de bêtise arrogante confinant à une sorte d'Art.

Parce qu'Aurélie Boullet ne se contente pas de critiquer ses supérieurs sur leur incompétence et les passe-droits qu'ils s'autorisent : elle en profite pour cracher son mépris de tous ses subordonnés hiérarchiques qu'elle traite copieusement de veaux et de feignasses, et dans la foulée se met à cracher de long jets de bile sur l'ensemble de cette fonction publique qui à l'évidence est indigne d'accueillir quelqu'un d'aussi exceptionnel qu'une Aurélie Boullet. Malheureusement, certains de ses collègues en question savent encore lire et même mettre deux idées bout à bout, et l'ingrate et persifleuse cadre A est démasquée. Elle vient d'être suspendu pour deux ans, sans traitement, et décidément oui : bien fait pour sa gueule.

Critiquer les administrations, on le peut, certes ô combien. En oubliant pas au passage de préciser que gabegies et incompétences ne sont nullement l'apanage du public et que contrairement à la légende urbaine que colportent quelques dégénérés libéraux, le privé a sa part et plus que sa part de bureaucratisme et de petits privilèges octroyés par des chefaillons mesquins. Et pour le moment, on ne se suicide que dans les entreprises passées au privé, c'est à dire qu'il doit y faire bien moins bon vivre que dans la territoriale, entre autres. Mais en plus et c'est là ou fifille est indéfendable, c'est dans le mépris qu'elle affiche pour ses subordonnés qui n'ont pas eu la chance, non seulement d'être aussi intelligents que notre Aurélie n'est-ce pas, mais surtout de faire le long cursus supérieur qui l'avait amenée directement à un poste de direction.
Symptomatiquement, aucun syndicat, même de cadre, ne semble même s'être donné la peine de la soutenir ; mais c'est aussi sans doute qu'elle en a profité pour copieusement les injurier eux aussi.

Ne soyons toutefois pas trop cruels : ces deux années sans traitement vont peut-être lui être bénéfiques, puisque l'obligeant à prendre un job bien merdique où elle n'aura pas le temps de s'ennuyer à force d'être pressurée en tous sens - je recommencerai pour ma part cadre à Orange, elle mérite - et ainsi, ayant découvert tous les charmes du salariat dans sa part la plus cruelle, elle pourra revenir riche de l'expérience vécue, le cuir tanné par l'épreuve de la réalité et surtout nimbé de cette humilité de ceux qui ont connu et vécu des choses de la vie. Ainsi, son ego ramené à de plus justes proportions, elle comprendra quelle sotte prétentieuse elle a été et évitera à l'avenir de se prendre pour plus intelligente qu'elle ne l'est en réalité.

C'est évidemment tout le mal qu'on peut lui souhaiter.

jeudi 8 juillet 2010

Cette maladie

Camillé Sée est commentateur sur le Monde.fr. Il fait partie de ces centaines - plus probablement milliers d'ailleurs - d'individus qui interviennent, très régulièrement, dans les colonnes des articles pour donner leur avis et c'est bien évidemment son droit le plus élémentaire. Même si en l'occurrence le pseudonymé en question possède une assez prodigieuse capacité à débiter au kilomètre les piètres lieux communs qui servent d'arguments aux troubadours du Joli Marché Qui Ne Rend Personne Heureux et fait partie de ces amusants particuliers qui pensent que le Parti "Socialiste" est de gauche. Mais là aussi, si bête soit-il, il a complètement le droit de montrer à la face du monde qu'il l'est. Bête. Mais pas que, comme on va le voir.

En pleine collusion politico-affairiste qui démontre si on en doutaient encore que l'UMP n'a rigoureusement rien à envier aux plus exotiques dictatures africaines dans le registre de la captation de bon argent bien dodu, il n'était peut-être pas très habile d'annoncer un plan d'austérité en forme de spéciale dédicace aux plus nécessiteux. Tentative d'allumer un contre-feu, maladresse communicationelle ou volonté d'enfoncer un très gros clou avant les vacances sur l'air de "ça : c'est fait", peu importe : c'est voyant et au moment où on parle d'argent avec le million comme unité de base, taper sur les étudiants, les chômeurs et, suprême délicatesse, les handicapés, n'apparaît pas du goût le meilleur. L'enthousiasme dont fait montre la sarkozie à s'enfoncer elle même par tous les moyens est décidément le seul côté réjouissant de ces charognes dont il n'est nullement désormais impossible qu'on soit débarrassés en 2012. Tout en évitant de se réjouir trop vite vu ce qu'on risque de prendre à la place, mais c'est un autre débat.

Il faut quand même un peu s'arrêter sur au moins une des mesures en question afin de bien clarifier à quelle point la droite ne recule devant aucune saloperie : celle concernant les personnes handicapées, domaine que je connais puisque y travaillant. Pas tellement sur la risible augmentation de l'AAH de 3,5 % au lieu de 4,5 % - tout est dans le détail et ce 1 % en moins n'en est que plus odieux -, l'AAH étant déjà une farce pas drôle, 700 euros environ par mois pour des personnes dont beaucoup sont incapables de travailler. On comparera cette manne avec le bonus du trader moyen et on en tirera les conclusions qui s'imposent quant à toutes les choses qu'on pourrait faire avec un analyste financier et une perceuse mais c'est là encore un autre débat.

C'est la seconde mesure qui est réellement grave, puisque supprimer l'exonération de cotisations patronale sur les salaires ainsi que la suppression de l'abattement fiscal pour les aides à domicile signifie concrètement que les associations et les particuliers vont y réfléchir plus qu'à deux fois avant d'embaucher ; ce qui très concrètement se traduira dans le cas des personnes handicapées à moins de personnes pour s'occuper d'elles, une autonomie encore plus réduite, et une charge accrue pour les familles. Cette mesure va fabriquer du drame, tout simplement. La droite condamne des milliers de personnes en grande dépendance à encore plus de tourments et elle le fait en parfaite connaissance de causes. Qu'en pensent donc nos grands humanistes de droite qui sont sont toujours si prompts à faire semblant de s'offusquer de la méchante gauche ? Mais c'est vrai qu'il est tellement crucial de réduire la dépense publique qu'on peut bien passer sur quelque pleurnicheries en fauteuil roulant, n'est-ce pas ?

Pour les étudiants, pas mieux : concrètement, plus d'APL, c'est à dire la bouée de sauvetage qui permettait encore de presque s'en sortir. Et donc, déjà obligés pour plus de la moitié d'entre eux de travailler en plus de leurs études, ça signifie concrètement pour ceux dont les parents ne peuvent plus suivre d'abandonner leurs études et de rentrer sans diplôme dans un marché du travail en pleine descente. Là aussi, ruine de milliers d'espoirs et vies hypothéquées pour sauver le néolibéralisme.
Et c'est là que notre Camille Sée du début entre en scène, puisque réagissant promptement à l'article du Monde dans un commentaire qui en dit très long sur le degré de pathologie des gens de son espèce :

"C'est bien connu dans un monde d'assistés il n'y a que des victimes. Je vais être victime en tant que parent d'une étudiante qui pour la 1er fois pouvait prétendre à des allocations logement. Nous allons donc perdre 200 euros par mois.Nous sommes "victimes" mais il y a pire et il faut savoir qu'en France il y a bel et bien une"prime à la grande gueule" Ceux qui protestent le plus sont rarement les plus à plaindre, ils se croient les porte parole des exclus mais ne sont en fait que des privilégié"

(Commentaire copié-collé tel quel)

Touché lui aussi par les mesures de la droite charognarde, notre libéral de choc avoue qu'il en sera de 200 boules par mois de sa poche, ce qui sans prétendre à égaler une contribution de Mamie Liliane à l'UMP représente tout de même pour un ménage moyen une somme conséquente en moins. Mais notre ami libéral ne se démonte nullement et piaule derechef contre, non pas ceux qui l'enfoncent bien profond et mettent concrètement en danger l'avenir de sa propre fille, mais contre ceux qui "protestent".
On voit donc bel et bien qu'il ne s'agit même plus d'idéologie mais bel et bien de maladie. Les gens comme ce Camille Sée sont malades. Un libéral n'est qu'une personne défendant une idéologie particulière, c'est quelqu'un qui est devenu psychologiquement atteint et qui ne peut plus raisonner de façon normale.
Il est malade.

Et c'est quelque chose qu'il ne faut jamais oublier quand on a affaire à l'un d'entre eux : il faut avoir à l'esprit qu'on a quelqu'un de malade en face de nous.
Sans toutefois l'indulgence qu'on peut avoir pour d'autres malheureux souffrant de pathologies, puisque ces gens refusent de se faire soigner.


mercredi 7 juillet 2010

Wish

Une crise de nerfs de Bruno Roger-Petit

Bruno Roger-Petit est un guignol qui raconte n'importe quoi. Ce n'est même pas une opinion personnelle, c'est objectif et lui-même ne manque pas de le prouver régulièrement. Disposant d'une flagrante absence de talent et écrivant avec moins de style encore qu'un boutonneux de lycée peinant devant une dissertation, BRP ne propose que des analyses creuses et superficielles d'une vie politique pour lui réduite à ses figures médiatiques, puisque pour que BRP daigne parler de quelque chose ou de quelqu'un, il faut d'abord qu'il l'ait vu à la télé. Mais BRP ne se contente pas en sus d'être strausskahnien - c'est à dire insignifiant -: il lui arrive de piquer de petites colères aigries qu'il débonde sans pudeur aucune et apporte ainsi la preuve de ce qui est avancé au-dessus : c'est un guignol, et il raconte n'importe quoi.

Prenant connaissance de la drôlatique remise de sa laisse d'or à Pujadas par les potaches du Plan B, BRP s'emploie dans un texte qui a d'emblée toute sa place dans une anthologie de la bêtise outrée à faire des parallèles qui n'existent que dans sa pauvre cervelle et atteint par l'exagération débridée et le portenawak systématique à une forme d'Art inédite : le fascisme est à nos portes, les SA sont dans la rue, et bien évidemment, ils sont un peu plus à gauche que BRP. Ce qui n'est pas un exploit en soi par ailleurs, mais passons.

"C'est le genre de démonstration qui se veut drôle mais qui glace le sang. Je vais vous entretenir aujourd'hui d'un lynchage qui a eu lieu le 30 juin dernier dans les rues de Paris. Lynchage organisé par une bande de zozos extrémistes qui, sous couvert d'humour, ont fait étalage de lâcheté, de veulerie et se sont comportés comme des chiens de meute."

On frémit à l'annonce de pareille funeste ratonnade s'étant certainement terminée dans un service de traumatologie pour l'innocente victime. L'insécurité, n'est-ce pas.
Ensuite, il ne s'agit que d'un journaliste asservi moqué par des détracteurs. "Lynchage", ou la bouffissure langagière pour masquer l'aspect anodin de l'évènement. Mais passé ce préambule, BRP se lâche pour de bon, et c'est du très gras ; on se contentera de retenir son délicieux parallèle

"le scooter de la victime peint en or (vieille symbolique, pas de pitié pour les juifs adorateurs du veau d'or, ces êtres indignes). Cela pue. Le plan B fait l'apologie de la Milice médiatique des années 2000. Bravo ! Passons sur les ennuis judiciaires que cette agression pourrait valoir à leurs auteurs, si Pujadas était un brin procédurier"

Accusation d'antisémitisme et encouragement à la plainte : BRP déploie tout le charme et l'élégance dont il est coutumier. Si on était un peu méchant, on pourrait d'ailleurs retourner sa rhétorique sur un air de : passons sur les ennuis judiciaires que cette diffamation pourrait valoir à Bruno Roger-Petit, si Pierre Carles était un brin procédurier, ce qui vous a à la fois une toute autre allure et montre encore une fois qu'on peut certes dire tout et n'importe quoi sur Internet mais pas n'importe comment. J'adorerai pour ma part qu'un imbécile me traite franchement et massivement "d'antisémite", parce que là c'est procès direct et que je suis certain de gagner ; et ensuite, avec le pognon que je lui aurait extorqué, je partirai en vacances avec Mamour, ici. Mais revenons à notre BRP, qui pique sa petite crise de nerfs en lançant tout azimuts les habituels parallèles débiles en ne craignant pas d'en faire tellement que ça n'en devient même plus ridicule mais atteint à une forme de poésie : "Je suis partout", "lynchage", "meute", "extrémistes", "Milice", mais non, vraiment, sans déconner je suis Pierre Carles, je vais voir un avocat, y a forcément matière à faire quelque chose, là.

En fait, on sent bien que ce billet rédigé sous une forte émotion montre surtout que BRP a peur. Mais peur de quoi ? De qui ? Tentons d'approfondir et la conclusion nous aide à éclaircir les angoisses de notre Bruno :

"Cette action est violente, appelle la violence, incite à la violence, elle est donc intolérable. Et demain ? D'autres grands dénonciateurs des médias aux ordres estimeront-ils juste de couvrir Pujadas de goudron et de plumes ? Et après Pujadas ? A qui le tour ?"

Ah, d'accord : en fait, BRP a peur que ça lui arrive à lui. C'est vrai que voir son scooter recouvert de peinture dorée, brr, funeste perspective qui relègue Al-Qaida à des farces de collégiens. Là encore et si on était toujours un peu méchant, on pourrait avancer que BRP se fait peur tout seul dans sa tête et ce pour deux raisons simples :
D'abord parce que le simple nombre de journaleux vendus décourage d'avance. Si on commence de se mettre en tête de filer une laisse d'or à l'ensemble de cette profession corrompue, même en ne choisissant que ses klaxons les plus stridents, rien que penser à l'organisation d'un projet de ce genre nécessairement étalé sur plusieurs années aurait pour résultat de démonter net l'enthousiasme. Y en a trop. On peut en choisir un bien dodu de temps en temps, mais les faire tous, non, ce n'est pas raisonnable...

Et ensuite, employons nous à rasséréner Bruno Roger-Petit : il ne risque à l'évidence rien. David Pujadas est présentateur d'un JT regardé par des millions de personnes, ce qui explique son choix par le Plan B en tant que figure saillante et emblématique ; BRP émarge dans des lieux aussi glorieux que Le Post, le Figaro et Morandini...

Là où il est parfaitement à la place qu'il mérite.

mardi 6 juillet 2010

Conseil d'ami

Ce qu'il a de constant chez nos amis sociaux-démocrates, ce n'est pas leur acharnement à essayer de se faire passer pour gens de gauche, d'ailleurs plus personne ne les trouve crédible là-dessus ; non, leur spécialité et quel que soit le contexte ou le pays c'est d'expliquer leurs lamentables échecs à répétition et leur chute de crédibilité en la mettant sur le dos des petits copains. Les imbéciles "socialistes" français font régulièrement le coup de la vilaine esstrèmgôche qui fait le jeu de la droite, et logiquement leurs pendants teutons débitent de similaires conneries histoire de soigneusement éviter de se demander si des fois l'électeur de gauche du cru n'en aurait pas surtout très marre de leurs tronches de navet, ainsi que d'entendre leur indéfectible soutien au Joli Marché.

Fort heureusement pour ses madeleines pleurnichardes, ils peuvent toujours compter sur quelques claviers indigents pour les assurer de leur soutien : ne serait-ce qu'en France, c'est pléthore de politologues à roulettes et d'éditorialistes sourcilleux qui, devant les raclées à répétition des sociaux traitres, ne manqueront jamais d'en accuser la gauche radicale ; quand en plus un de ces indigent émarge chez Marianne - ce canard de merde -, on sait d'emblée qu'on va avoir droit à du très haut niveau :

"Alors que tous les observateurs ont souligné avec raison le camouflet subi par la chancelière lors de cette élection, d’autres, aussi aguerris, n’ont pas manqué de relever le jeu joué par la Linke. Qu’elle ne le nie ou pas, elle a favorisé la candidature de Christian Wulff à la présidence allemande. Malgré ses mille et unes raisons, peut-être toutes justifiées, de ne pas se désister pour Joachim Gauk, présenté en commun par le SPD et les Verts, la Linke est devenue ipso facto l’allié objectif de la droite allemande."

Traduire : ces enculés de gauchistes ont refusé d'appeler à voter pour la coalition rose-verte, et ce sont donc eux qui sont directement responsables de l'élection d'un droitard à la Présidence allemande. Thèse archi-éculée à l'électroencéphalogramme plat qui démontre surtout que l'auteur de cette piteuse démonstration n'entend rien à cette chose complexe qu'est la politique et ferait mieux de se reconvertir dans la manufacture de chaussettes. Également preuve au passage du néant intellectuel dans lequel pataugent les sociaux-démocrates depuis à présent des lustres, étant complètement incapables d'assumer leur trahisons à répétition et de comprendre que si des gens les débordent sur leur gauche, c'est d'abord du seul fait du rejet croissant de leurs saloperies. Les "socialistes" allemands à l'instar des nôtres s'étant fortement distingués dans leur enthousiasme à faire des politiques de droite, et bien aidés en cela par leur alliés Verts partisans d'un capitalisme vaguement repeint écolo, on pourrait comprendre que Die Linke fronce le nez à la perspective de se retrouver associés à pareils guignols, tout de même.

Mais l'accusation de collusion "objective" n'est pas suffisante : le soc' dem' ne renonce jamais à se vautrer dans le fiel et l'insinuation quand il en a besoin, renforçant ainsi le dégoût légitime qu'on peut - et doit - éprouver pour sa misérable personne :

"Bien qu’il lui fût âprement difficile de voter pour l’ancien responsable de « l’Office fédéral des archives de la Stasi », présidé durant dix ans par ce même Joachim Gauk, la Linke aurait pu saisir cette occasion unique pour prouver qu’elle est désormais capable d’assumer son propre travail de mémoire. En refusant cette opportunité historique, elle a en revanche démontré sa rigidité idéologique et son incapacité de faire le deuil du passé antidémocratique, répressif et corrompu de la RDA."

Rha, les résidus de bolchévisme old-school et l'admiration pour le totalitarisme des militants de Die Linke : voilà donc le fond de l'explication de ces forfaitures. À ce stade de la lecture, je me suis demandé si Hugues Serraf n'écrivait pas sous pseudonyme chez Marianne vu que le niveau de réflexion présente de troublantes similitudes. Mais il semblerait bel et bien que le Gilbert Casasus en question soit une personne "réelle" exprimant des idées bien à lui, ce dont d'ailleurs on ne le félicite pas.

Finissons par un petit conseil envers les klaxons du "socialisme" qui trahit : si comme c'est probable, le délicieux DSK soit le candidat P"S" en 2012, on ne saurait trop fortement leur conseiller de se mettre à une activité physique régulière et de faire attention à leur alimentation. Ainsi qu'à commencer de prendre de bonnes nuits de sommeil et de surveiller leur tension régulièrement ;

Parce qu'il leur faudra être vraiment en super-forme à ce moment pour nous expliquer qu'il est indispensable de voter pour un "socialiste" qui a ruiné des pays entiers.


lundi 5 juillet 2010

Drumont 2.0

À la base, c'était plutôt pour causer des deux fusibles qui viennent de sauter et de signifier une insatisfaction ricanante puisque personne n'est évidemment dupe de la manoeuvre, et que maintenant qu'on a eu les sous-fifres il est raisonnable de vouloir davantage.
Ça aurait pu être bien plaisant pour commencer la semaine dans la bonne humeur sauf que je suis tombé sur ça.
Ensuite, n'est-ce pas, ça vient de chez Égalité & Réconciliation, où se vautrer dans le sordide est devenu un des Beaux-Arts et dont il faudrait même éviter de parler tant les cas sociaux qui s'y ébattent sont autant de personnes hautement répugnantes qui jamais ne reculent devant la pire saloperie ; sauf que, parfois, ils parviennent à se surpasser et c'est bel et bien le cas ici.

"À l’origine, la Ligue Communiste fut fondée en 1969. Parmi les 12 membres fondateurs, 11 d’entre eux sont de confession juive"

Ce n'est qu'une phrase et elle est au milieu d'autres phrases avec d'autres mots ; mais cette phrase là, la façon dont les mots y sont agencés et le contexte dans lequel elle est écrite, ce n'est qu'une phrase mais elle pèse lourd. Elle dit beaucoup. Elle parle et ce qui sort de ces mots a une odeur de charogne.
L'antisémite est atteint de la même maladie que l'islamophobe : tous deux bavent sur des minorités ourdissantes et tremblent devant les mêmes fantasmes de domination dont il faut bien se défendre, dame, puisque ce sont "eux" qui ont commencé...quand le premier dégouline sa conspirationite incurable sur les Chuifs cauteleux, l'autre écume sa paranoïa des Muzz qui vont finir par remplacer la nation blanche. Mais ils auront beau se lancer mutuellement tous les noms d'oiseaux qu'il pourront, cette gueguerre de débiles ne peut guère cacher longtemps que structurellement et fondamentalement, ils fonctionnent de la même façon et pour cause : ils sont pareils. C'est juste que l'antisémitisme n'est plus guère de bon goût et qu'il faut bien remplacer des bouc-émissaires par d'autres ; de ce point de vue, le spongiforme lecteur de Fsetouche ou le malade mental adhérent de Riposte Laïque ne valent pas mieux que les Drumont 2.0 d'Égalité & Réconciliation.

Lesquels par ailleurs se sont trouvés un martyr de choc en la personne de Dieudonné, lequel s'est récemment encore illustré dans un désopilant nouveau spectacle, ah ah ah, où il s'en prend aux Chuifs, oh oh oh, comme c'est cocasse, tenez :

"Dès le début du spectacle, Dieudonné annonce s'être converti au judaïsme. "J'ai rejoint la religion du profit", lance-t-il, déclenchant l'hilarité du public."

Ach ! Ach ! Ach ! Kolossale rikoladeuh ! Non ? Vous, ça ne vous fait pas rire ? C'est que vous êtes des gens normaux, ne vous inquiétez pas.

Il y'a eu récemment aussi un épisode où deux guignols d'E&R ont tentés de s'incruster dans le cortège NPA d'une manif parisienne, et où les copains leur ont fait comprendre...assez fermement, disons, qu'ils n'étaient pas les bienvenus.
Nous ne voudrions évidemment pas que ce genre d'incident se reproduise. Je veux dire, imaginons, simplement imaginons, que de braves gens d'E&R viendraient nous voir pour discuter démocratiquement du mondialisme enjuivé et de nous demander des comptes quant à la présence de Chuifs au NPA ; imaginons.
Non, franchement, ça ne serait pas une bonne idée.

Quoique...

dimanche 4 juillet 2010

Kaamelott

(K.) - Rha, mais c'est insupportable ce gamin qui tourne autour du quartier sur son quad depuis deux heures !

(CSP) - Nan mais tu peux pas dire les choses comme ça Mamour, c'est pas de sa faute et il faut bien qu'il s'exprime le pauvre petit lapin.

- En faisant chier la terre entière ?

- C'est ça. Mais lui il est opprimé alors il peut.

- Bon, tu es sérieux ou pas, là ? Avec toi par moments c'est un peu difficile de savoir...

- Ah moi non, je sais très bien que le premier résultat de l'oppression c'est de rendre con, la preuve. Ensuite, y a effectivement des camarades qui, bon, sans penser comme ça exactement, sont pas bien loin...

- C'est décidément très pittoresque, ton parti. Mais vous attendez quoi de ce genre de gus, exactement ?

- Ah moi perso, rien du tout. Ceux là, on ne les aura jamais politiquement puisque tout le monde les rejette et les déteste et du coup ils détestent et rejettent tout le monde. Mais bon, y en a qui théorisent que c'est le nouveau prolétariat, en gros, et qu'il faut faire le forcing pour faire genre on est trop proche de la jeunesse des quartiers.

- Et vous êtes de fait genre trop proche de la jeunesse des quartiers ?

- Ah non, que dalle. On a zéro prise, comme tout le monde. On a une implantation quartiers naissante, avec des chouettes gens qui font du bon boulot et tout, mais sur le d'jeunz de téci, rien. Sauf qu'en plus on lui passe ce qu'on ne passerait jamais à d'autres.

- Comme ?

- Ben comme ce délicieux jeune homme qui pourrit la vie de tout un pâté d'immeubles en ce moment avec son quad. Quand on voit débarquer un Jacky avé sa voiture tunée, les néons bleus qui éclairent la route, l'aileron sur le coffre et la makina à fond, on est les premiers à le traiter de gros beauf et à se foutre de sa gueule. Le même avec une casquette qui fait péter le quad en filant des gros coups d'accélérateur au feu rouge histoire de montrer qu'il est dans la place, lui, ça passe, vu que c'est pas de sa faute et qu'il a besoin de s'exprimer.

- Alors qu'à la base, c'est exactement les mêmes.

- Voilà. À une nuance près toutefois : Jacky est plus susceptible ne voter pour nous vu qu'il est inscrit sur les listes électorales, lui. Alors faire du boulot de quartiers, oui. Mais se tripoter la nouille sur le potentiel révolutionnaire de la jeunesse des quartiers, non, laisse tomber.

- "Le potentiel révolutionnaire de la jeunesse des quartiers". Hun hun. Hum, je sais pas mais moi ça fait cinq ans que je vis en plein Mirail et j'ai un peu du mal à voir le truc, là...mais dis moi, entre ça et les nanas voilées, c'est rempli de théories follement originales dans ton parti, dis moi.

- Et encore, je te raconte pas la déconstruction du genre et l'Intersexe.

- De quoi tu parles ? C'est quoi ces trucs ?

- Non rien. Me lance pas là dessus Mamour, ça va encore me faire péter une durite.

- Mais sérieusement, comment on en vient à défendre le voile, sans déconner ?

- Plaquage de force de la théorie sur le réel : "elles ont le choix". En oubliant que dans d'autres riantes contrées, elles ont aussi le choix d'ailleurs : porter le voile ou se faire lapider à mort. Non, le truc je te l'ai déjà raconté, Mamour : dans les années 50, tu avais "l'ouvrier" comme sujet historique du prolétariat et il était de fait incritiquable. L'opprimé par excellence n'est pas accessible à la critique. Et on est en train de faire les mêmes conneries concernant la jeunesse des quartiers : on fantasme tellement sur elle - parce que là, on est plus dans de l'analyse dialectique de la dynamique des rapports de force mais bel et bien dans du fantasme - qu'on lui passe des trucs qui ne passeraient jamais avec d'autres. Ce qui d'ailleurs ne l'empêche nullement d'être opprimée et stigmatisée de fait. Mais le premier résultat de l'oppression, c'est pas de te donner l'envie de te révolter contre ton oppresseur, nan nan nan : d'abord, ça rend con.

- Et dans ton parti, ça passe comment quand tu exprime ce genre de point de vue ?

- Ben ça dépend. Parfois ça passe, parfois pas. Si par exemple je faisais un billet sur CSP pour retranscrire cette conversation, y en a qui vont gueuler, c'est certain.

- Mais parce qu'il y a des gens qui défendent vraiment ça dans ton parti ?

- Ouais. Tu comprends pourquoi on fait 3 % ?


samedi 3 juillet 2010

Bettencourt : le off

- Bonjour Liliane Bettencourt.

- Bonjour ma petite Claire Chazal, ça va bien ?

- Moui madame Bettencourt c'est bien aimable à vous de nous recevoir.

- Oh mais vous savez c'est à moi que ça fait le plus plaisir, hein, vous savez que les personnes de mon âge, elles sont toujours contentes de recevoir de la visite.

- Voui, en même temps, le prenez pas mal hein, mais c'est ma rédaction qui a eu un coup de fil de l'Élysée pour me dire de partir fissa, je cite, "interviewer la vioque avant qu'elle parte complètement en sucette", alors bon. Vous avez eu le temps de lire les questions que je vous ai préparé d'avance ?

- Voui ma petite, et ça me convient très bien. Si vous saviez comment les gens sont méchants en ce moment avec moi et mes gens...

- Ben en même temps, 30 millions d'abattement fiscaux, c'est rondelet hein mémère ? Faut dire que vous avez pas été finaude sur ce coup là, le prenez pas mal mais quand même quoi.

- Mais c'est tout de même mon droit de personne riche de ne pas avoir envie de payer des impôts qui vont encourager l'assistanat, zut à la fin ! On ne peut rien faire dans ce pays sans être odieusement ponctionné, c'est un monde tout de même ! L'Oréal, c'est un grand groupe qui crée de l'emploi, mademoiselle, on l'oublie trop souvent.

- Arf, de la part de quelqu'un qui s'est contenté d'être héritière toute sa vie, vous entendre parler de travail c'est piquant, mais bon. Après, c'est pas un reproche non plus : moi aussi je suis de droite, hein. Et puis ça pourrait être pire, comme quand on a reproché à votre papa d'avoir un peu fait fortune grâce aux Allemands à une certaine période.

- Ne m'en parlez pas, ça a été très difficile à ce moment. Tous ces journalistes qui étaient méchants avec papa, j'en tremble encore...et tout ça parce que oui, bon, d'accord, papa a un peu collaboré et écrivait des articles antisémites dans un journal pronazi. Voui. Ensuite, si on reste sur des trucs du passé, on avance jamais, non plus.

- Ah non mais moi je vous reproche rien, hein. D'ailleurs, on ne parlera pas de ça dans l'interview.

- C'est bien aimable. Si vous saviez comme j'en ai assez de ces choses, les histoires du passé, la Cagoule...

- Ça, c'est compréhensible, c'était pour faire face à ces enculés de communistes et on ne peut décemment pas condamner votre papa pour si peu, faut resituer le contexte.

- Je vois qu'on se comprend et ça fait chaud au coeur. Et une vielle personne comme moi en a bien besoin, allez, heureusement que ma fille est devenue soudain toute gentille...

- Mouais, même si de loin ça fait un peu la nana qui se rapproche de mamie avant qu'elle claque pour être bien sûre d'être sur le testament et qui s'aperçoit qu'un gigolo est en train de capter son héritage, mais je dis ça je dis rien et on en parlera pas non plus. Pas comme ça en tout cas.

- Vous êtes décidément très bien élevée. Un petit gâteau ?

- Purée, c'est vraiment comme quand on est en visite chez la grand-mère qui vous oblige à bouffer ses madeleines rances et ressasse ses histoires dont tout le monde se fout. Bon, on révise l'interview et après je me casse, moi. D'abord, le pitch : vous être en pleine forme et en pleine possession de vos moyens, et vous êtes une gentille mamie innocente, ok ?

- Oh regardez, le chat pisse sur les fleurs.

- Pfou. Ensuite, les comptes en Suisse, les ministres et leurs épouses, les histoire de bouclier fiscal qui vous file de la thune sans que vous soyez en même temps jamais contrôlée par le fisc, et le financement de l'UMP, tout ça : on oublie.

- Pourtant, ces Woerth sont des gens si charmants, et j'en ai économisé des sous grâce à eux, c'est bien la moindre des politesses de leur en redonner un peu...

- Ok : on oublie, j'ai dit, sinon mes employeurs vont tirer la gueule. L'idée, c'est que vous n'avez connaisance de rien, que vous n'être influencée par personne, et que vous faites ce que bon vous semble de vos milliards. Ça entre, la momie ?

-...

- Eh ? Mamie ? T'es là ?

- ...

- Putain mais qu'est-ce qu'elle a fixer le mur en souriant sans rien dire...rha, merde, elle bave maintenant, mais quelle mission pourrie ce truc, eh, EH, LA VIOQUE ! OH ! ON REDESCEND CHEZ LES VIVANTS, LÀ ! OH OOOOOOHHH ! RÉVEIL !

- Hein ? Quoi ? Oh, excusez moi ma petite, j'ai eu une petite absence...vous savez, à mon âge, ça arrive souvent hein...

- Bon, on reprend. Ça va aller ? Interview ? Télé ? Fraude fiscale ? On est toutes les deux en ligne, là ?

- Mais parfaitement mademoiselle, voyons. Vous êtes une journaliste venue pour m'interroger sur des rumeurs infondées d'évasion fiscale et autres malversations, et je vais balayer ces sottes rumeurs en prouvant ma complète lucidité vis-à-vis de ces histoires qui ne m'atteignent même pas.

- Eh ben voilà Mamie Nova, tu vois quand tu veux ! Bon, pour ces histoires d'enregistrements, là...

- C'est quand même drôlement chouette, cette invention.

- Euh ? Quelle invention ?

- Ben la télévision, pardi. Avec André, on en a acheté une la semaine dernière et c'est surprenant, cette petite boîte, tout de même. Les choses qu'on fait, de nos jours...mais bon, il ne faut pas se mettre en retard, j'ai rendez-vous avec madame Pompidou pour le thé.

-...putain c'est pas gagné...

vendredi 2 juillet 2010

Tu votes socialiste ?

"Lors d'un meeting à Roubaix pour défendre la réforme des retraites proposée par le PS, l'ancienne ministre des Affaires sociales a accusé la droite de caricature.
Le gouvernement a décidé de reporter de 60 à 62 ans l'âge légal de la retraite mais le PS ne veut conserver le départ à 60 ans que pour ceux qui ont commencé à travailler tôt ou qui ont eu des emplois pénibles, a-t-elle fait valoir.
"Nous allons vivre de plus en plus longtemps et donc il va falloir travailler plus longtemps: nous en sommes tous d'accord", a dit la maire de Lille aux journalistes, avant de le répéter à plusieurs reprises sur la scène du théâtre Pierre de Roubaix".


Tu es donc un sacré abruti, dis moi.
D'un autre côté, ce genre de nouvelles ne fait pas les unes, ce dont mes petits amis blogueurs "socialistes" se félicitent, puisqu'ils ferment tous soigneusement leurs gueules devant ce genre de déclarations. Tiens, oui, la bonne question que voilà : tous nos soc' dem' qui piaillent contre Eric Woerth en ce moment, ils auront quelque chose à dire sur cette énième félonie ? Mais je plaisante : bien sûr que non et ils vont continuer à bien la boucler, en braves petits soldats bien obéissants et en priant que ce genre de sortie soit oubliée le plus vite possible.

Lâches. Hypocrites. "Socialistes"...

Tu votes" socialiste" ?
Tu sera gentil : évite de venir me pleurer dessus quand tu te sentira obligé de "voter utile".

Pauvre con.


Bravo ! Tu es arrivé jusqu'en bas, récompense !

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